DOMAINE INFORMATIQUE — INFRASTRUCTURE
Le Cloud Computing
Modèles, architectures et choix de déploiement
Document de synthèse — Septembre 2022
1. Qu'est-ce que le Cloud Computing ?
Le cloud computing désigne la mise à disposition à la demande de ressources informatiques (serveurs,
stockage, bases de données, réseaux, logiciels) via Internet, avec une facturation à l'usage. Plutôt que
d'acheter et de maintenir une infrastructure physique, une organisation loue de la capacité auprès d'un
fournisseur (AWS, Microsoft Azure, Google Cloud, OVHcloud, etc.) et peut l'ajuster dynamiquement
selon ses besoins.
2. Les modèles de service
• IaaS (Infrastructure as a Service) : location de machines virtuelles, de stockage et de réseaux
bruts ; l'utilisateur gère lui-même le système d'exploitation et les applications.
• PaaS (Platform as a Service) : environnement d'exécution prêt à l'emploi (bases de données
managées, runtime applicatif) qui décharge l'utilisateur de la gestion de l'infrastructure
sous-jacente.
• SaaS (Software as a Service) : logiciel complet accessible directement via un navigateur
(messagerie, ERP, CRM), sans aucune gestion technique côté client.
3. Les modèles de déploiement
• Cloud public : ressources partagées entre plusieurs clients, gérées par un fournisseur tiers ; coût
d'entrée faible, scalabilité élevée.
• Cloud privé : infrastructure dédiée à une seule organisation, hébergée sur site ou chez un
prestataire ; contrôle et conformité renforcés.
• Cloud hybride : combinaison des deux, par exemple des données sensibles conservées sur un
serveur local (comme un Windows Server on-premise) et des charges de calcul ponctuelles
déportées vers le cloud public.
Critère Sur site (on-premise) Cloud public
Coût initial Élevé (matériel) Faible (paiement à l'usage)
Scalabilité Limitée, planifiée Quasi instantanée
Contrôle des données Total Partagé avec le fournisseur
Maintenance À la charge de l'organisation Déléguée au fournisseur
4. Conteneurisation et orchestration
Docker permet d'encapsuler une application avec toutes ses dépendances dans une image portable,
garantissant un comportement identique du développement à la production. Pour une organisation
disposant déjà d'un serveur Windows Server avec Docker, cela permet de déployer plusieurs
applications (web, API, base de données) de manière isolée et reproductible sur la même machine
physique, sans recourir nécessairement à un cloud public.
Lorsque le nombre de conteneurs augmente, des outils d'orchestration comme Kubernetes ou Docker
Compose permettent de gérer leur cycle de vie, leur mise à l'échelle et leur résilience
automatiquement.
5. Avantages et points de vigilance
• Avantages : élasticité, réduction des coûts d'investissement initial, haute disponibilité
géographique, mises à jour de sécurité gérées par le fournisseur.
• Points de vigilance : dépendance à un fournisseur (« vendor lock-in »), nécessité d'une bonne
connexion Internet, questions de souveraineté des données pour les organismes publics, et
risques accrus si la configuration de sécurité (pare-feu, droits d'accès) est mal gérée.
6. Recommandation pour un déploiement on-premise/hybride
Pour une organisation publique mauritanienne disposant déjà d'un serveur Windows Server 2019 avec
Docker, une approche pragmatique consiste à conteneuriser l'application (front-end [Link], API, base
PostgreSQL) localement pour garder le contrôle des données sensibles, tout en envisageant un cloud
public uniquement pour des fonctions non critiques telles que l'envoi d'e-mails transactionnels, le
stockage de sauvegardes chiffrées hors site, ou la mise à disposition de rapports publics.