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Le Contrat de Vente D'Immeuble: À Madagascar

Cours de contrats civils et commerciaux

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LE CONTRAT DE VENTE D’IMMEUBLE À

MADAGASCAR

Introduction
Le contrat de vente d’immeuble, juridiquement qualifié de cession, est l’acte par
lequel la propriété d’un bien immobilier est transférée d’une personne à une
autre, avec une contrepartie , en d’autre terme c’est la convention
synallagmatique par laquelle le vendeur transfère la propriété d’un bien
immobilier à l’acquéreur moyennent un prix convenu . À Madagascar, ce contrat
ne se limite pas à un simple échange de consentements ; il s’inscrit dans un
système rigoureux de publicité foncière.
L’importance de cette transaction est cruciale pour l’économie nationale, car elle
repose sur le titre foncier, document qui constitue le point de départ unique et
indiscutable des droits réels sur un immeuble.

Historique :
Le texte original qui régit la vente d’immeuble à Madagascar est l’Ordonnance
60-146 du 3 octobre 1960 relative au régime foncier à Madagascar qui a été
modifié et complété par plusieurs textes successifs, notamment :
-l'ordonnance n° 62-036 du 19 septembre 1962,
-l'ordonnance n° 66-022 du 19 décembre 1966,
-l'ordonnance n° 74-034 du 10 décembre 1974,
-la loi n°2005-019 du 17 octobre 2005,
-la loi n°2017-046 fixant le régime juridique de l’immatriculation et de la
propriété foncière titré, désormais le texte principal en vigueur s’appliquant
aux propriétés foncières titrées. Pour les propriétés privées non titrées ou PPNT,
leur régime juridique est régi par la loi n°2021-016 portant refonte de la loi
n°2006 fixant le régime juridique de la propriété foncière privée non titré.
La réforme foncière actuelle vise d’ailleurs à moderniser ce système pour
garantir une sécurité juridique totale aux usagers.

I. La formation du contrat de vente d’immeuble


La formation de la vente immobilière repose sur la rencontre des volontés,
encadrée par le droit commun des obligations (LTGO) et des formalités foncières
impératives.

A. Les conditions de validité selon le droit commun (LTGO)


Pour être valide, le contrat doit respecter les conditions de fond dictées par la Loi
sur la Théorie Générale des Obligations :

a) Le consentement des parties


Le consentement constitue le pilier fondamental de tout contrat, spécialement
en matière immobilière où les enjeux économiques sont conséquents. Pour être
valable, ce consentement doit être libre et éclairé. Il ne doit résulter ni de
violence, ni de dol, ni d’erreur. En matière immobilière, les vices du
consentement ont de graves conséquences. L’erreur peut porter sur la substance
du bien vendu, sa nature, ou encore sur ses qualités essentielles. Par exemple,
une erreur sur la superficie. De même, le dol, défini comme des manœuvres
frauduleuses destinées à tromper l’acquéreur, entraîne la nullité du contrat.
Enfin, la violence peut être physique ou morale et vicie également la volonté
contractuelle. Le consentement doit donc se manifester par des échanges clairs,
souvent matérialisés par une promesse de vente ou un compromis, qui fixent
l’accord avant la signature définitive.

b) La capacité juridique
La capacité juridique des parties est indispensable pour conclure un contrat de
vente immobilière. Toute personne majeure et saine d’esprit est présumée
capable. Les mineurs non émancipés et les majeurs protégés (sous tutelle ou
curatelle) ne peuvent vendre ou acheter un immeuble qu’avec l’assistance ou
l’autorisation de leur représentant légal ou du juge. En matière commerciale, les
personnes morales doivent également être représentées par un organe
compétent pour conclure un tel engagement. De ce fait, la capacité dépend de
leur objet social : elles ne peuvent vendre ou acquérir un immeuble que si cela
entre dans les opérations qu’elles sont autorisées à réaliser.

c) L’objet : le bien immobilier


L’objet du contrat doit être déterminé ou déterminable et doit être un bien
certain. Le bien immobilier vendu doit être clairement décrit : il peut s’agir d’une
maison, d’un appartement, d’un terrain ou d’un immeuble commercial. Cette
description comporte les limites du bien, sa localisation, sa superficie, et ses
éventuelles dépendances. Le bien doit également être licite : il ne peut porter sur
des biens hors du commerce juridique ou frappés de restrictions légales. Le bien
doit être légalement aliénable : il ne doit pas être frappé d’une interdiction de
vente. Par exemple d'une saisie, d'un litige successoral non résolu.
L’identification précise dubien, souvent accompagnée d’un plan cadastral,
garantit la sécurité de la transaction.

d) Le prix
Le prix doit être réel, sérieux et déterminé ou déterminable. Il doit représenter
une valeur économique réelle, faute de quoi la vente peut être requalifiée ou
annulée. Ainsi, un prix dérisoire ou fictif rend le contrat nul. En matière
immobilière, il est en principe fixé librement entre les parties, mais il doit être
mentionné clairement dans l’acte de vente. Le prix peut être payé comptant, par
échelonnement, ou avec recours à un prêt bancaire. Si un prêt est nécessaire au
financement, une condition suspensive est généralement intégrée au contrat. Le
prix doit également apparaître clairement dans l’acte notarié.
B. Les formalités spécifiques de la vente immobilière
Au-delà des conditions générales, la vente immobilière obéit à des
formalités strictes destinées à assurer la sécurité juridique des parties et à
rendre la transaction opposable aux tiers.

a) L’acte écrit
Contrairement à certaines ventes mobilières qui peuvent se conclure oralement,
la vente immobilière nécessite impérativement un écrit. Cet écrit peut prendre la
forme d’un compromis de vente, d’une promesse unilatérale ou d’un acte
définitif. Plus précisement, cet écrit se fait par un acte notarié ou un acte sous
seing privé, mais seul l’acte notarié permet de transférer définitivement la
propriété et de procéder à la publicité foncière. L’acte écrit garantit la preuve du
contrat et détaille toutes les obligations des parties : prix, délais de paiement,
conditions suspensives, description du bien, servitudes éventuelles, etc.

b) Le rôle du notaire
Le notaire joue un rôle essentiel dans la formation du contrat immobilier. En tant
qu’officier public, il confère à l’acte de vente une force authentique. Il vérifie la
capacité des parties, la validité juridique du bien, l’existence d’éventuelles
hypothèques, servitudes, ou charges. Il réalise également les formalités
administratives comme le paiement des taxes, enregistrement, publicité foncière,
etc. Le notaire garantit ainsi la sécurité juridique de l’opération et protège les
deux parties. Il sécurise la transaction en s’assurant de la conformité de l’acte à la
loi. Aussi, il conserve l’original de l’acte et transmet des copies aux parties.

c) La publicité foncière
Après la signature de l’acte authentique, celui-ci doit être publié au service de la
publicité foncière ou conservation foncière. Cette formalité rend la transaction
opposable aux tiers et permet de leur informer de la mutation de propriété. La
publicité foncière confère à la vente son opposabilité à tous. Sans cette formalité,
l’acquéreur ne peut pas faire valoir son droit de propriété à l’égard des tiers.

d) Les documents nécessaires à la vente


La vente immobilière nécessite la production de plusieurs documents préalables.
Parmi les principaux, on retrouve : • Le titre de propriété du vendeur • Le
certificat de situation juridique ou état hypothécaire • Les documents cadastraux
ou plans cadastraux • Les diagnostic techniques (amiante, termites, performance
énergétique, état du bâtiment, installations électriques, risques naturels, etc) •
L’autorisation du conjoint si le bien est commun • Les statuts de la société si le
vendeur ou l’acheteur est une personne morale Ces documents permettent
d’assurer la transparence de la transaction et la protection
II. Les effets juridiques du contrat de vente d’immeuble
Une fois formé, le contrat crée des obligations réciproques et produit des effets
garantis par l’État.

A. Les obligations du vendeur


Le vendeur est tenu à deux obligations majeures selon l’article 15 de la Loi n°
2017-046 :
1. L’obligation de délivrance : Elle consiste à remettre les documents
de propriété (duplicata du titre foncier) et à permettre à l’acquéreur
d’entrer physiquement en possession du bien. Si le vendeur ne livre
pas le bien dans un délai de trois mois, l’acheteur peut demander la
résolution du contrat ou une inscription conservatoire.

2. L’obligation de garantie : Le vendeur doit garantir une possession


paisible et pleine. Il répond de l’éviction et des charges non déclarées
lors de la vente.
B. Les obligations de l’acheteur

• Le paiement du prix : L’acheteur doit payer le prix convenu selon les


termes du contrat. Le vendeur peut légitimement suspendre la délivrance du
bien tant que le prix n'est pas versé.

• Le paiement des frais : Sauf convention contraire, l’acquéreur supporte


les frais de la procédure et les taxes de publicité foncière.
C. La sécurité juridique et les sanctions

• L’opposabilité et la bonne foi : Le droit de l’acquéreur qui inscrit son


titre prime sur celui d’un acheteur précédent qui aurait négligé cette
formalité. La loi définit le tiers de bonne foi comme celui qui ignore
l'existence d'un litige ou d'un autre contrat au moment de son acquisition.

• Le Stellionat : Pour lutter contre l’insécurité, la loi punit sévèrement le


stellionat (vendre un bien que l’on sait ne pas nous appartenir ou omettre
sciemment des charges). Les sanctions peuvent inclure des dommages-
intérêts s’élevant au triple de la valeur du bien.

• Le caractère définitif du titre : Une fois l’immatriculation effectuée, le


titre foncier est définitif et inattaquable. Aucune revendication de droit
réel non révélée pendant la procédure n'est recevable après un délai de
trois ans suivant l'inscription.
La formation du contrat de vente d’immeuble Introduction La vente immobilière
constitue l’un des contrats les plus importants du droit civil et commercial. Elle
obéit à des règles strictes visant à assurer la sécurité juridique des parties et la
transparence de la transaction. En effet, c'est un contrat par lequel un vendeur
s’engage à transférer la propriété d’un immeuble à un acquéreur moyennant un
prix. Le présent ouvrage expose de manière détaillée la formation du contrat de
vente d’immeuble, en suivant une structure claire permettant de comprendre les
conditions générales de validité ainsi que les formalités spécifiques propres à ce
type de contrat.

III. Approche pratique : étude de terrain


1-Sur la procédure de vente quelles sont les principales étapes d’une vente
d’immeuble ?
-La phase précontrat : d’abord il y a les pourparlers qui est une discussion libre
où les parties disent leurs points de vue. (Toutefois il est à noter qu’une rupture
abusive des négociations peut engager la responsabilité civile, dans certain
domaine comme l’immobilier il peut y avoir des avant-contrats on signe une
promesse unilatérale de vente ou un compromis de vente qui fixe les conditions
avant l’acte final). C’est dans cette étape le vendeur a une obligation d’informer
l’acheteur sur les caractéristiques essentielles des biens.

-Le moment de la vente (formation du contrat) :il faut que l’immeuble ou le


terrain soit indiquer (licite et certain) c’est-à-dire doit exister ou future et être
dans le commerce il on précise également dans le contrat le prix (déterminé ou
déterminable et réelle).

-L’après-vente :il y a ici l’exécution et les garanties par le vendeur, ainsi il doit
respecter l’obligation de délivrance : le vendeur met la chose à disposition de
l’acheteur et lui remet les clés.
Ensuite la garantie d’éviction qui assure àl’acheteur une possession paisible du
bien.
Enfin la garantie des vices cachés : protège l’acheteur contre les défauts non
apparents.

2-Quels documents sont exigé pour vendre un immeuble ?


A-Pour les documents relatifs au bien
Ce sont les dossiers fonciers à savoir :
. Le certificat juridique de moins de 3 mois qui est délivré par le Service des
Domaines. IL prouve que le vendeur est réellement le propriétaire et précise si le
bien est frappé d’une hypothèque, d’une saisie ou d’une interdiction de vendre.
. Le titre foncier ou son duplicata, document original attestant la propriété
immatriculée.
. Le plan de situation c’est-à-dire un plan visé par les services topographiques
pour identifier avec précision les limites de la parcelle.

B-Pour les documents relatifs au vendeur et à l’acquéreur


. Pièce d’identité c’est-à-dire soit une copie certifiée de la CIN ou celui du
passeport est aussi admise.
. Certificat de résidence de moins de 3 mois aussi pour les deux parties.
. Si le vendeur est marié sous le régime matrimonial du Zara-mira aussi appelé
communauté des biens, le consentement du conjoint est obligatoir pour que le
vente soit valide

3- A part cela est ce qu’il y a d’autre document administratifs ou fiscaux


nécessaire ?
Oui il faut :
-Un certificat de l’urbanisme délivré par la mairie ou le Ministère de
l’Aménagement du Territoire qui indique les règles de constructions applicables
à la zone.
-la quittance de l’impôt foncier (IFPB) : qui donne la preuve que les impôts sur
la propriété bâties sont en règle.
-l’acte de vente sous seing privé ou notarié : bien que souvent rédigé sous
seing privé puis légalisé, le recours à un notaire est fortement recommandé pour
la sécurité juridique et est obligatoire pour toutr vente immobilière dont le prix
est supérieur à 15 millions d’Ariary.

4- Combien de temps dure généralement une vente immobilière ?


Entre 3 à 6 mois pour la phase de conclusion , mais le processus complet de
transfert de propriété ou mutation peut s’étendre sur plusieurs mois , voire plus
d’un an selon la complexité du dossier foncier.

Conclusion

En conclusion, le contrat de vente d’immeuble à Madagascar est une opération


fortement encadré à Madagascar en raison de la valeur des biens, en outre c’est
un acte solennel qui lie les principes de la Théorie Générale des Obligations
(consentement, capacité) à la rigueur du régime foncier de l’immatriculation.
La sécurité de la transaction repose sur la publicité foncière, car c’est
l’inscription au livre foncier qui "crée" le droit aux yeux de tous. Ce système
protège l’acquéreur de bonne foi et assure la stabilité de la propriété
immobilière, indispensable au développement du crédit et de l’économie
malgache.

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