ISESOD –GOMA
COURS DE MICROECONOMIE
Dispensé par Master Marc MBILIZI
consultant indépendant et chercheur en analyse économique
ANNEE ACADEMIQUE : 2025-2026
1
O. Introduction
O.1 Objectifs du cours
La microéconomie est un niveau d’analyse de la science économique qui s’intéresse aux
choix des individus pris comme consommateurs et producteurs et à la formation des prix pour
aboutir à l’optimum économique et à la formulation de la politique économique.
Il importe de rappeler que la microéconomique s’intéresse à la théorie des prix et procède
de l’individualisme méthodologique contrairement à la macroéconomie qui procède du
globalisme. Deux postulats fondent le raisonnement microéconomique : la rationalité
individuelle et l’échange marchand. La microéconomie recours au calcul économique à la
marge.
Ce cours de Microéconomie permet à l’étudiant de disposer des bases théoriques
nécessaires à l’analyse de la demande du consommateur et l’offre de l’entreprise en
concurrence parfaite, la compréhension de l’équilibre partiel et l’équilibre général en
concurrence parfaite et l’étude du fonctionnement des marchés imparfaits .
Le cours de microéconomie introduit l’étudiant à l’analyse des faits et phénomènes
économiques. Il lui permet de comprendre l’objet et la construction à travers le temps de la
science économique, les propriétés de l’équilibre du consommateur et du producteur, le
fonctionnement de la loi de l’offre et de la demande, le rôle de la monnaie, du crédit et du
commerce international dans l’économie.
Au terme de ce cours, l’étudiant qui l’aura suivi, sera capable de :
définir l’Economie politique ;
préciser le sens de certains concepts fondamentaux tels que le besoin, le bien, le
système économique et la valeur ;
montrer comment s’est formée la science économique à travers le temps ;
préciser les propriétés de l’équilibre du consommateur ;
préciser les déterminants de la demande d’un bien ;
préciser les propriétés de l’équilibre du producteur ;
2
définir certaines formes de concurrences imparfaites, notamment le monopole,
l’oligopole et la concurrence monopolistique ;
montrer comment l’Etat intervient dans la formation des prix ;
préciser le rôle de la monnaie et du crédit dans la vie économique ;
préciser le rôle du commerce international dans une formation économique donnée.
O.2. Plan du cours
Ce cours s’articule autour des chapitres suivants :
Chapitre 1. Objet et méthodes de l’Economie politique
Chapitre 2. a. Introduction à la théorie du consommateur et de la demande
b. Introduction à la théorie du producteur et de l’offre
Chapitre 3. Introduction à la théorie des marchés et formation des prix
Chapitre 4. Rôle de la monnaie et du commerce international dans l’activité économique
nationale
O.3. Bibliographie
1. Abraham-Frois, G. (2001), Dynamique économique, Paris, Dalloz.
2. Abraham-Frois, G. (2004), Introduction à la microéconomie, Paris, Economica.
3. Archinard, G. et B. Guerrien, (1999), Analyse mathématique pour économistes, Paris,
Economica.
4. Bosserelle, E. (2017), Economie générale, Paris, Hachette Education.
5. Gabszewicz, J. (1989), Théorie microéconomique, Bruxelles, De Boeck.
6. Généreux, J. (2008),Economique politique, Tome 2, Microéconomie, Paris,Hachette.
7. Friedman, M. (1982), Prix et théorie économique (Traduction française), Paris, Tendances
Actuelles.
8. Jacquemin, A. et H. Tulkens (1993), Fondements d’économie politique, 2ème Ed.,
Bruxelles, De Boeck.
3
9. Malinvaud, E. (1982), Leçons de théorie microéconomique, Paris, Dunod.
10. Mankiw, G.N et M.P. Taylor (2011), Principes de l’économie, (traduction française), De
Boeck, Bruxelles.
11. Varian,H-R. (2014), Introduction à la microéconomique, Bruxelles, De Boeck.
12. Walliser, B. et Prou, C. (1988), La science économique, Paris, Seuil.
13. Weber, L. (1997),L’Etat acteur économique, Paris, Economica.
14. Quaden, G. (2000), Politique économique, Bruxelles,Labor.
CHAPITRE PREMIER : LA THEORIE DU CONSOMMATEUR ET DE LA
DEMANDE EN CONCURRENCE PARFAITE
Avant d’aborder la théorie du consommateur il importe de rappeler que la
microéconomique s’intéresse à la théorie des prix et procède de l’individualisme
méthodologique contrairement à la macroéconomie qui procède du globalisme.
Dans ce chapitre, nous allons aborder la théorie du consommateur en concurrence
parfaite en partant du problème du consommateur, des propriétés qui découlent de la résolution
de ce problème, de l’analyse des effets des revenus et de substitution et du choix inter- temporel
du consommateur.
I.1. FORMULATION DU PROBLEME DU CONSOMMATEUR
Le consommateur est un individu (ou un ménage soumis) à des contraintes en matière
d’affectation de ses ressources pour l’acquisition des biens et services qui lui sont utiles.
Soit un individu i qui dispose d’un revenu noté Ri . L’individu éprouve des besoins
qui sont par nature illimités. Pour les couvrir, il achète un assortiment des biens.
Notons par xh la quantité du bien h consommé par l’individu.
4
Soit P h le prix du bien h(h 1, ......... L) . Le problème du consommateur est formulé
comme suit : étant donné le revenu dont il dispose et les prix des biens sur les marchés, quelles
quantités de biens l’individu va-t-il acquérir en vue de maximiser son utilité ?
On suppose que l’individu est rationnel (l’individu poursuit l’objectif de maximiser son utilité
et même de minimiser les dépenses) et on raisonne en concurrence parfaite (on suppose que les
prix sont donnés, l’individu est « price tacker »).
En outre, on pose les hypothèses ci- après :
- La convexité des courbes d’indifférences (à l’origine des axes) : un individu qui
consomme deux biens en quantité respectives x1 et x2
On a la figure suivante :
Fig. 1 : La convexité des courbes d’indifférences.
.A
x 2 .C
.B
0 x1
Le panier C constitue la moyenne pondéré de A et B. C= A+ (1- )B, avec
0 1. Il se trouve sur une courbe supérieure mais reste dans l’ensemble délimité
par la courbe d’indifférence.
Partant de deux biens, il existe une relation inverse entre x 1
et x .
2
En effet, si x1 augmente, x 2 diminue. Cela se justifie parce qu’un individu rationnel ne pousse
jamais la consommation d’un bien jusqu’au point ou l’utilité marginale est
négative. Si l’utilité marginale est toujours positive, la diminution de la quantité d’un bien a pour
effet de diminuer la satisfaction de l’individu. Pour la maintenir constante, l’individu augmente
la consommation de l’autre bien.
4
5
Une courbe convexe signifie que les biens sont des substituts imparfaits.
- On suppose que la fonction d’utilité est continue et dérivable au moins deux fois. Muni
de ces hypothèses, on peut écrire le problème du consommateur :
Max (Q)
i i
(Q)
ℓ
S/c h 1
ph .xh Ri , (Q) = (x1, x2 , x3..... xn.......... xi) si on réduit le nombre des
biens à deux, le problème du consommateur devient
6
1.2 Rappel sur l’Objet et méthodes de l’Economie politique
Dans ce chapitre, nous allons définir l’Economie politique et présenter son objet et les
méthodes qu’elle emprunte pour se solidifier.
1.1. Objet de l’Economie politique
Economie vient de « oikonomia » qui comporte deux termes, à savoir « oikos » et
« nomos » signifiant respectivement maison et normes, règles. L’Economie s’entend ainsi
comme la science de l’administration du patrimoine de la maisonou de l’ensemble de règles qui
régissent l’administration du patrimoine d’une maison.
L’expression « économie politique »a été utilisée pour la première fois au début du XVIIème
siècle (en 1615) par le Français Antoine Monchrestien en étendant l’objet de l’Economie à la
cité, la nation et à n’importe quelle entité. L’économie politiquedésigne donc la science de
l’administration du patrimoine de la cité.
Au-delà de ces définitions d’ordre étymologique, il existe des définitions purement
scientifiques de la science é[Link], avec J.B Say, on note que l’Economie politique est
une science qui s’intéresse à la production, l’échange, la répartition et la consommation des
biens et services en vue de satisfaire les besoins humains.
Aujourd’hui, on préfère à l’expression « Economie politique » les termes « Economie » ou
« Economique » en référence aux auteurs anglo-saxons et pour éviter des confusions avec des
aspects récents couverts par des disciplines auxquelles l’Economie politique traditionnelle a
donné naissance.
Scientifiquement, pour bien comprendre l’objet de l’Economie politique, il faut distinguer la
conception formelle et celle réelle de cette discipline scientifique. Comme le soutiennent A.
Jacquemin et H. Tulkens, dans la conception formelle, le fondement de tout raisonnement
économique se trouve dans la simple constatation selon laquelle la rareté caractérise la
disponibilité des moyens alors que les besoins humains sont multiples et illimités.
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Face à la limitation des moyens, l’insatiabilité des besoins semble la règle. C’est pourquoi
des choix individuels permettent de retenir les besoins auxquels les ressources rares seront
consacrées, d’une part, et des choix collectifs permettent de déterminer les êtres humains ou
catégories d’êtres humains à qui des biens disponibles seront attribués. De cette nécessité
d’économiser les ressources rares découle l’existence de la science appelée Economie politique
qui étudie comment réaliser la meilleure combinaison des ressources rares en vue de réaliser ou
d’atteindre des objectifs désirés.
Dans cette conception formelle, Lionel Robbins définit l’Economie comme la science qui
étudie le comportement humain en tant que relation entre des fins et des moyens rares à usage
alternatif. Même si la définition de Robbins dégage l’objet de la science économique, elle peut
pousser à une confusion entre l’Economie politique et la science politique par ce que les termes
fins et moyens peuvent être compris dans un sens très général.
En tant que la science sociale, l’Economie s’intéresse aux problèmes économiques dont la
solution implique la coopération, l’interaction de plusieurs individus. Elle s’intéresse aux
comportements d’agents (ménages, entreprises non financières, institutions financières,
administrations publiques, associations sans but lucratif) qui poursuivent des objectifs qui leur
sont propres et qui sont aussi soumis à des contraintes que la société et ses institutions (d’ordre
religieux, coutumier, juridique, politique, social, technique, économique) leur imposent.
Pour Edmond Malinvaud, l’Economie est la science qui étudie comment les ressources
rares sont employés pour satisfaire les besoins des hommes vivant dans la société ; elle
s’intéresse, d’une part, aux opérations essentielles que sont la production, la distribution et la
consommation des biens et, d’autre part, aux institutions et aux activités ayant pour objet de
faciliter ces opérations.
Cette définition présente l’avantage de ressortir clairement l’objet réel de l’Economie
politique : elle s’intéresse aux opérations de production, de répartition et de consommation et aux
institutions et activités qui facilitent ces opérations. A noter que cette définition ne présente pas
l’Economie politique comme une forme de comportement où le politique, le militaire ou le
religieux se confondent avec l’économique.
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1.2. Méthodes de l’Economie politique
L’Economie politique utilise deux grandes méthodes à savoir la déduction et l’induction.
Par la déduction, l’économiste part des propositions générales aux propositions particulières.
Avec cette méthode de raisonnement, l’économiste utilise des formalisations mathématiques.
Avec induction, l’économiste part des cas particuliers pour l’élaboration des lois générales.
Le recours à l’induction s’accompagne de l’utilisation des techniques statistiques
(échantillonnage, tests,). L’induction est surtout utilisée comme voie méthodologique propre au
raisonnement économique.
L’Economie politique est une forme systématisée de la connaissance qui explore trois
niveaux à savoir : l’observation des faits, l’explication des faits observés et l’élaboration des lois
qui facilitent des prévisions.
L’analyse économique est généralement subdivisée en microéconomie et en macro
économie. La microéconomie, théorie des prix et d’allocation des ressources, s’intéresse à
chaque individu, agent ou bien et décrit l’activité des agents en tant que producteurs et
consommateurs (théorie de l’équilibre partiel et général) et recherche ce qui pourrait être une
organisation optimale de la production, de la consommation et des échanges tout en étudiant les
propriétés d’un état de l’économie qui réaliserait cette organisation optimale (théorie de
l’optimum dite encore théorie du rendement social).
La macroéconomies ’intéresse aux agrégats des biens et des agents. Entre ces deux
niveaux d’analyse se place la mésoéconomie qui cherche à appréhender les économies
sectorielles, régionales ou industrielles. Entre ces deux niveaux se situe la mésoéconomie. Cette
dernière s’intéresse au fonctionnement des branches d’activité économique.
La science économique a éclaté en plusieurs disciplines qui se réclament chacune un objet (ex :
Economie monétaire, Economie publique, Economie financière, Economie rurale, Economie du
travail, Economie de la santé, Economie du développent, Economie sociale, Economie de
l’éducation, Economie agricole, Economie de l’environnement, etc.).
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1.3. Quelques concepts fondamentaux
Dans ce point, nous allons parcourir certains concepts utilisés en Economie politique en
vue de bien comprendre le contenu des chapitres qui suivront. Ces concepts sont ceux de
besoins, biens, valeur et système économique.
1. Concepts de besoin et bien économiques
1. Besoin économique : le besoin désigne le sentiment de privation qui porte à désirer un
bien ou un service. La satisfaction des besoins constitue le but de l’activité économique.
On distingue les besoins selon plusieurs points de vue :
- Du point de vue de la nature du sujet économique, notamment au niveau de l’individu ou
de la collectivité qui éprouve le besoin, il y a lieu d’opérer la distinction entre les besoins
individuels et ceux collectifs.
Un besoin individuel concerne une seule personne. Ex : l’alimentation individuelle. Un
besoin collection est celui qui porte sur un bien indivisible nécessaire à la conservation et
au progrès de la société. Ex : la sécurité, l’éclairage publique.
- Selon la nature du besoin, on distingue des besoins physiologiques et des besoins
psychologiques. Les besoins physiologiques sont fondamentaux et portent sur les biens
de première nécessité. Ex : Le besoin de se nourrir. Un besoin psychologique est celui qui
est secondaire. Ex : être bien dans sa courte jupe.
- Selon la finalité des besoins ; on distingue les besoins, les besoins de subsistance
et les besoins de sécurités et les besoins de confort et ceux de dépassement.
- 2. Bien économique
Un bien économique est toute chose rare capable de satisfaire un besoin. Le bien est ainsi
défini en référence au besoin. Un bien économique répond aux critères ci-après :
- La rareté : la chose doit être rare pour qu’elle fasse l’objet de transaction. Pour
l’économiste, la rareté d’un bien ne désigne pas un degré d’abondance physique dans la
nature ; mais plutôt la relation entre une telle abondance et l’intensité des besoins
éprouvés par les hommes à l’égard du bien.
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2. Concept de valeur d’un bien
La valeur d’un bien désigne l’utilité appréciée de ce bien. On distingue la valeur d’usage et la
valeur d’échange. La valeur d’usage porte sur l’utilité absolue du bien. La valeur d’échange porte
sur l’utilité relative d’un bien, est due à la préférence ou à l’appréciation sociale d’un bien par
rapport à des autres. Elle se ramène à la notion de prix relatif.
La valeur d’échange ne traduit pas toujours la valeur d’usage des biens. En effet, certains
biens à forte valeur d’usage possèdent une faible valeur d’échange (cfr. Le paradoxe de l’eau et
des diamants). On constate que la définition de la valeur d’un bien est faite en référence à la
notion d’utilité que nous verrons plu s tard.
3. Concept de système économique
Un système économique désigne un ensemble cohérent d’institutions sociales, techniques
et juridiques au sein duquel se réalisent les actes économiques à savoir : la production, la
répartition et la consommation des biens. On distingue plusieurs types de systèmes
économiques. Pour les différencier, on recourt à deux éléments à savoir :
- Le mode de régulation : il a pour but d’adapter la production aux besoins. Cette adaptation
peut être faite par l’Etat, à travers son plan, ou par le marché.
- La mode d’appropriation des moyens de production : les moyens de production peuvent
faire l’objet d’une appropriation privée ou d’une appropriation collective.
En combinant ces deux éléments, on obtient le tableau ci-après :
Tableau 1. Combinaison modes d’appropriation- modes de régulation.
Mode de régulation
Plan de l’Etat Marché
Mode d’appropriation
Appropriation privée Economie capitaliste Economie capitaliste du
planifiée marché
Appropriation collective Economie planifiée du Economie socialiste du
Centre marché.
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Les caractéristiques institutionnelles du système d’économie planifiée du centre sont les
suivantes :
- L’organisation de la production est essentiellement aux mains d’administrateurs ou
fonctionnaires et non d’entrepreneurs individuels ;
- Les conventions entre individus sont remplacées par les procédures administratives qui
assurent l’exécution du plan central
- La propriété des ressources et facteurs de production doit nécessairement être collective :
donner à un individu un droit exclusif sur un bien quelconque n’a plus de signification
puisque cet individu doit pouvoir être mobilisé dans le sens prévu par l’autorité
planificatrice.
1. 3 Présentation du circuit économique
Le circuit constitue une représentation du schéma de l’activité économique. Cette activité
comporte des agents et des actes économiques.
Les agents dont il est question sont :
- Les entreprises : elles produisent des biens et services utiles à l’homme. L’homme est au
cœur de l’activité économique. Les entreprises sont des agents dont la fonction est la
production des biens et des services et rassemblent des moyens nécessaires à cette
production. Autrement dit, elles engagent des travailleurs, se procurent des matières
premières et des équipements et éventuellement des capitaux financiers.
- Les ménages : ils regroupent des individus en cellules familiales et ont pour fonction
principale la consommation des biens et services en vue de la satisfaction de leurs
besoins.
- Les administrations : non seulement elles s’occupent de la régulation mais aussi elles
produisent des biens publics et d’autres services.
- Les détenteurs des ressources : la définition stricte des agents économiques par leurs
fonctions spécifiques, à savoir la production et la consommation, devrait inclure une autre
fonction ; il s’agit de la détention des ressources. Cette fonction est passive par rapport
aux deux autres ; mais, elle pose des problèmes caractéristiques comme ceux du prêt, de
la mise en location, de la propriété, etc. Même si les ressources sont détenues par les
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ménages ou les administrations, les détenteurs des ressources peuvent être considérés
comme des agents distincts.
On peut donc différencier les actes ci-après :
- La production des biens : il s’agit de l’acte de création des biens et services utiles à
l’homme ;
- L’échange des biens : c’est le transfert d’un bien d’une entreprise à un agent
économique à partir d’un prix ;
- La consommation des biens : C’est l’utilisation d’un bien ou service par un agent
économique qui satisfait un besoin (une entreprise ou un ménage) ;
- La répartition du revenu : elle concerne la rémunération des facteurs de production
CHAPITRE PREMIER : LA THEORIE DU CONSOMMATEUR ET DE LA
DEMANDE EN CONCURRENCE PARFAITE
Avant d’aborder la théorie du consommateur il importe de rappeler que la
microéconomique s’intéresse à la théorie des prix et procède de l’individualisme
méthodologique contrairement à la macroéconomie qui procède du globalisme.
Dans ce chapitre, nous allons aborder la théorie du consommateur en concurrence
parfaite en partant du problème du consommateur, des propriétés qui découlent de la résolution
de ce problème, de l’analyse des effets des revenus et de substitution et du choix inter- temporel
du consommateur.
I.2. FORMULATION DU PROBLEME DU CONSOMMATEUR
Le consommateur est un individu (ou un ménage soumis) à des contraintes en matière
d’affectation de ses ressources pour l’acquisition des biens et services qui lui sont utiles.
Soit un individu i qui dispose d’un revenu noté Ri . L’individu éprouve des besoins
qui sont par nature illimités. Pour les couvrir, il achète un assortiment des biens.
Notons par xh la quantité du bien h consommé par l’individu.
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Soit P h le prix du bien h(h 1, ......... L) . Le problème du consommateur est formulé
comme suit : étant donné le revenu dont il dispose et les prix des biens sur les marchés, quelles
quantités de biens l’individu va-t-il acquérir en vue de maximiser son utilité ?
On suppose que l’individu est rationnel (l’individu poursuit l’objectif de maximiser son utilité
et même de minimiser les dépenses) et on raisonne en concurrence parfaite (on suppose que les
prix sont donnés, l’individu est « price tacker »).
En outre, on pose les hypothèses ci- après :
- La convexité des courbes d’indifférences (à l’origine des axes) : un individu qui
consomme deux biens en quantité respectives x1 et x2 .
On a la figure suivante :
Fig. 1 : La convexité des courbes d’indifférences.
.A
x 2 .C
.B
0 x1
Le panier C constitue la moyenne pondéré de A et B. C= A+ (1- )B, avec
0 1. Il se trouve sur une courbe supérieure mais reste dans l’ensemble délimité
par la courbe d’indifférence.
Partant de deux biens, il existe une relation inverse entre x 1
et x .
2
En effet, si x1 augmente, x 2 diminue. Cela se justifie parce qu’un individu rationnel ne pousse
jamais la consommation d’un bien jusqu’au point ou l’utilité marginale est
1
13
négative. Si l’utilité marginale est toujours positive, la diminution de la quantité d’un bien a pour
effet de diminuer la satisfaction de l’individu. Pour la maintenir constante, l’individu augmente
la consommation de l’autre bien.
1
1
Une courbe convexe signifie que les biens sont des substituts imparfaits.
- On suppose que la fonction d’utilité est continue et dérivable au moins deux fois. Muni
de ces hypothèses, on peut écrire le problème du consommateur :
Max (Q)
i i
(Q)
ℓ
S/c
h 1
ph .xh Ri , (Q) = (x1, x2 , x3..... xn.......... xi) si on réduit le nombre des
biens à deux, le problème du consommateur devient :
Max (x1 , x2)
i
(x1 , x2 )
0
A. Introduction à la théorie du consommateur et de la
demande
3.1 Théorie de la courbe d’indifférence
A partir de la relation de préférence, on dérive une courbe d’indifférence. Il s’agit
de l’ensemble des points représentant des paniers qui procurent la même satisfaction au
consommateur. Ces points donnent le même niveau d’utilité. C’est pourquoi les courbes
d’indifférence traduisent des niveaux d’utilité. Ces courbes possèdent comme propriétés :
- La décroissance ; elle se justifie du fait de la décroissance de l’utilité marginale.
Sur une même courbe d’indifférence, la diminution de la quantité consommée d’un
bien entraîne une augmentation de celle de l’autre. Soit un individu qui consomme
deux biens A et B. Si l’individu pousse au loin la consommation du bien A, il peut
arriver que l’utilité marginale de ce bien devienne négative. Pour ne pas atteindre
une utilité marginale négative, l’individ u réduit la quantité consommée de ce bien.
Pour maintenir constante son utilité totale, l’individu doit augmenter la quantité de
l’autre bien.
- La convexité : Les courbes d’indifférences sont convexes à l’origine des axes
signifiant que l’analyse s’intéresse principalement aux substituts imparfaits. A partir
de cette propriété, on démontre que la moyenne pondérée de deux points situés
sur une même courbe d’indifférence se trouve sur une courbe d’indifférence située
à droite.
- La dominance : Comme plus est préféré à moins, une courbe d’indifférence située
à droite d’une autre pour le même individu représente un niveau d’utilité plus élevé.
L’ensemble de courbes d’indifférence représente une courbe d’indifférence. On obtient
la représentation graphique suivante.
1
Figure 7. Moyenne pondérée de deux points d’une courbe d’indifférence.
X2
Quantité du bien B
X
Zone moyenne de X et Y.
Y
0 X1 Quantité du bien A
- A noter que deux courbes d’indifférences correspondant à des niveaux d’utilité
différents ne peuvent pas se croiser. Pour vérifier cette propriété, on raisonne par
l’absurde. Partons de deux courbes d’indifférence qui se croisent.
-
Figure 8. Courbes d’indifférence sécantes
X2
.D .B
I2
.A .E
.C
I1²
0 X1
Sur la courbe I1 les paniers correspondant aux produits A, B et C sont équivalents
parce qu’ils conduisent au même niveau d’utilité. Sur la courbe I2, les paniers
correspondant aux points A, D et E sont aussi équivalents. Or le panier E domine le
panier C alors que B domine D. Donc ces courbes ne devraient pas se croiser dès lors
qu’elles correspondent à des niveaux d’utilité différents.
2
3.3. Equilibre du consommateur
Pour bien comprendre l’équilibre du consommateur, il convient de maîtriser le
concept de taux marginal de substitution (TMS) et la notion de contrainte (droite)
budgétaire.
1. Concept de taux marginal de substitution entre biens
Le taux marginal de substitution entre deux biens désigne le taux auquel l’individu
est disposé à substituer un bien à l’autre tout en maintenant constante son utilité. Il
mesure de combien l’individu est disposé à diminuer la quantité d’un bien tout en
augmentant celle de l’autre d’une unité sans modifier son utilité.
Ce taux est mesuré comme suit :
TMS = x 2
où x2 est quantité consommée du bien 2 etx1 celle du bien 1.
x 1
En partant d’une courbe d’indifférence, on peut déterminer ce taux comme suit :
Figure [Link] d’indifférence et taux marginal de substitution
X2
X2b B
X2a A
0 X1b x1a x1
x 2
Le TMS= est négatif. Le passage du point A au point B s’accompagne
x1
d’une diminution de la quantité du bien x2et d’une augmentation du bien [Link] rapport
entre ces deux variations traduit le taux marginal de substitution. Ce rapport est négatif
parce qu’il s’agit d’un quotient de deux variations des signes opposés.
3
Lorsque la fonction d’utilité est continue et dérivable, on peut montrer que le
taux marginal de substitution entre deux biens correspond au rapport de leurs utilités
marginales.
2. Contrainte budgétaire du consommateur
Le revenu de l’individu constitue une contrainte dans la mesure où il limite ses
différentes consommations. La même consommation est soumise au jeu de forces du
marché. En effet, le prix exerce une influence sur la quantité à consommer. La contrainte
budgétaire représente l’ensemble de paniers conduisant à la même dépense.
Notons par Ri le revenu de l’individu et supposons que cet individu consomme
deux biens en quantité x1 et x2. Notons par p1 le prix du bien 1et p2 celui du bien 2.
La contrainte budgétaire égalise la dépense et le revenu de l’individu : soit Ri=
p1.x1+p2.x2.
Ri P1
On en déduit :p2.x2=Ri- p1.x1 = x 2 x1
P2 P2
dx2 P1
La pente de cette équation est donnée par : .
dx1 P 2
Cette contrainte budgétaire se représente graphiquement comme suit :
Figure [Link] de budget du consommateur
X2
Ri P1
X2 x1
P2 P2
R/P2
ZoneZone non accessible
accessible
0 Ri/P1 x1
4
La contrainte budgétaire délimite les deux zones à savoir : une zone accessible
par l’individu et une autre qui ne lui est pas accessible. La contrainte budgétaire se
déplace lorsque le revenu et/ou le prix varient. Si le revenu varie, les choses restantes
égales, on obtient la configuration ci-après :
3. Conditions d’équilibre du consommateur
Le consommateur est un agent économique qui poursuit la maximisation de son
utilité ou sa contrainte du budget. Pour définir don équilibre, on rapproche sa contrainte
budgétaire et un ensemble de courbes d’indifférence. Il existe deux façons d’examiner
l’équilibre du consommateur, à savoir ’approche graphique et les conditions marginales.
II Conditions marginales
Pour définir l’équilibre du consommateur, il faut d’abord écrire son problème : étant
donné le système de prix sur le marché et le revenu dont dispose l’individu, quelle
quantité de ces biens doit-il acquérir en vue de maximiser son utilité ?
On en déduit le problème :
MaxUi Ui ( X 1 , X 2 )
( X1, X 2 )
S/c p1 x1 p2 x2 Ri
3.4. Demande du consommateur
1. Concept de demande d’un bien
Le plus souvent, on confond la demande et la quantité demandée. La quantité
demandée d’un bien est celle que le consommateur envisage d’acheter à un prix donné.
La demande désigne la relation entre la quantité demandée d’un bien et son prix. Ainsi
toute variation du prix du bien provoque un mouvement le long de la courbe de demande
alors que toute variation d’un facteur supposé fixe traduit un déplacement de la courbe de
demande.
Il existe un certain nombre d’exceptions à cette loi. Il y a lieu de retenir les cas ci-
après :
5
- Le cas des biens achetés en période hyper inflationniste : pendant pareille
période, les quantités demandées de biens augmentent car les agents anticipent
des hausses futures de prix.
- Le cas des biens achetés par imitation : le problème d’imitation a été développé
par Veblen au début du XXème siècle lorsqu’ il étudiait l’habillement féminin. Cet
auteur constate que certains biens sont achetés pour des motifs différents de ceux
auxquels ils sont destinés. On est en présence des biens achetés par imitation des
classes de sorte que leurs quantités consommées augmentent lorsque leur prix
augmente. En consommant ces biens, les individus prétendent passer d’un groupe
à l’autre.
- Le cas des biens de Giffen : les biens de Giffen constituent un cas particulier des
biens inférieurs. Un bien est inférieur lorsque sa quantité consommée par un
individu diminue lorsque le revenu de ce dernier augmente. Il existe certains biens
inférieurs dont la quantité consommée augmente avec leur prix étant donné
l’insuffisance du revenu.
2. Autres déterminants de la demande d’un bien.
A part le prix du bien considéré, il existe plusieurs facteurs qui influencent la
quantité demandée d’un bien. On peut noter les facteurs suivants :
- Les prix d’autres biens : à ce niveau on peut distinguer le prix de complément et
le prix de substitution. Deux biens sont complémentaires lorsqu’ils sont
consommés ensemble dans des proportions plus au moins fixes. Lorsque le prix
d’un complément augmente, la quantité consommée du bien de référence diminue.
Deux biens sont substituables lorsque les consommateurs peuvent remplacer l’un
par l’autre. Il existe une relation positive entre la quantité consommée d’un bien et
l’augmentation du prix du bien de référence.
- Le revenu de l’individu : en général, il existe une relation positive entre la
quantité consommée et le revenu de l’individu. Mais, comme dit ci haut, les biens
inférieurs font exception à cette loi.
6
- L’effectif des consommateurs : lorsque cet effectif augmente, la quantité
consommée des biens augmente.
- Les goûts des consommateurs : ces goûts varient avec l’âge, le sexe, la classe
sociale, le milieu d’habitation, la race, la religion, etc.
B. Introduction à la théorie du producteur et de l’offre
La théorie du producteur est vaste. Elle examine le problème de l’entreprise, étudie
la formation de l’offre d’une entreprise et met en évidence, non seulement les propriétés
de l’équilibre du producteur mais aussi les caractéristiques des fonctions des coûts, le
profit et l’offre de l’entreprise.
4.1. Facteurs de production
Pour produire un bien donné, l’entreprise combine plusieurs facteurs de
production. On retient généralement le travail, le capital, les ressources naturelles,
l’entreprise elle-même, et la technologie.
1. Travail
Le facteur travail est fourni par l’homme. Il varie d’un individu à l’autre en fonction
des compétences, des caractéristiques physiologiques, etc. On peut distinguer le travail
d’invention, d’exécution et d’organisation. Le travail d’invention consiste à la conception
et à la mise sur pieds des nouveaux procédés et produits. Le travail d’organisation est
réalisé par les cadres et concerne la mise en œuvre des procédés élaborés par les
inventeurs. Le travail d’exécution se traduit par la réalisation de différentes tâches
nécessaires au fonctionnement de l’entreprise. Le travail d’exécution est souvent en
compétition avec des machines dans certains pays développés.
On apprécie l’importance quantitative du facteur travail à travers la pyramide des
âges et de sexes. Une pyramide des âges et de sexes constitue un graphique qui répartit
l’effectif de la population d’une entité donnée par tranches d’âges pour les sexes masculin
et féminin. La pyramide des âges et de sexes d’une population à un moment donné peut
présenter une forme régulière, une base large et un sommet rétréci ou une base rétrécie
7
et un sommet large selon l’évolution de sa population au cours du temps et les conditions
matérielles et sociales dans lesquelles se trouve cette population. Dans beaucoup de
pays pauvres, la base de la pyramide des âges et de sexes est large, ce qui montre que
la population y est en majorité jeune. Dans certains pays riches, la forme de la pyramide
est renversée, la population y étant majoritairement vieille.
2. Capital
Le facteur capital désigne tous les biens destinés à servir directement ou
indirectement sous forme de matières ou d’instruments à une production ultérieure. Il
s’agit de l’ensemble des biens utilisés par l’entreprise. Il peut s’agir des capitaux fixes ou
des capitaux circulants. Il se forme à partir de l’épargne et se renouvelle par voie de
l’amortissement et à travers la gestion des stocks. Il désigne aussi le patrimoine géré et
fructifié par l’entrepreneur et que ce dernier devra remettre à qui de droit.
Sur le plan physique, le capital comprend un ensemble des biens et des services
utilisés par l’entreprise pour produire ; il s’agit des équipements, des machines, de
l’outillage et des stocks existants à un moment donné et qui accroissent l’efficacité du
travail humain dans son rôle productif.
Sous l’aspect financier, le capital est constitué par les sommes monétaires utilisées
par l’entreprise pour acquérir son capital physique. Les aspects physique et financier du
capital sont intimement complémentaires, et le terme capital, en tant que facteur de
production, les recouvre tous les deux.
3. Ressources naturelles
Il s’agit de différentes ressources du sol, du sous-sol et des éléments naturels
comme le climat, le relief, etc. A ces facteurs on ajoute l’emplacement de l’entreprise et le
moment qu’elle traverse. Au sens strict, les ressources naturelles comprennent la terre et
tous les minéraux qu’elle contient à l’état brut. Les ressources naturelles et le travail sont
souvent appelés facteurs primaires car ils ne sont le fruit d’aucune activité économique
antérieure ; ils ne sont en rien des outputs.
8
1. Profit de l’entreprise
Le profit de l’entreprise est la différence entre la recette totale et le coût total. Notons
par π le profit et RT, la recette totale. Nous obtenons la formule suivante :
RT CT (Q), commeRT P.Q, alors P.Q CT (Q).
9
Chapitre 2.
Introduction à la théorie des marchés et formation des prix
Dans ce chapitre, nous allons présenter brièvement et de manière introductive la
théorie de la formation du prix. Il s’agira de définir le terme marché et certains types de
marchés abordés par la science économique pour analyser la réalité.
1.1. Notion de marché
Le terme marché comporte plusieurs définitions. Il peut désigner le lieu sur lequel
se réalisent des transactions (les échanges des biens). Il peut aussi désigner un accord
entre deux parties au tour de la réalisation d’une certaine activité. Dans ce cours, le
marché sera défini comme la rencontre de l’offre et de la demande d’un bien donnant lieu
à un échange sur base d’un prix. Le marché est donc défini en référence à un bien (par
exemple, le marché du riz). Pour qu’il y ait échange, il faut au moins deux personnes qui
tombent d’accord : tout marché est ainsi le lieu d’un comportement collectif de divers
agents économiques à l’égard du bien considéré.
L’étude économique du marché d’un bien consiste à fournir une réponse convaincante
à quatre questions que suscite son fonctionnement :
- Qui choisit le prix ?
- Comment s’explique le niveau auquel le prix se situe ?
- Qui choisit la quantité ?
- Comment s’explique le volume de cette quantité ?
On remarque que les deux premières questions concernent le prix et les deux
dernières la quantité.
Plusieurs cas de fixation de prix et quantités sont possibles. Pour ce qui est du
prix, il peut être fixé par les offreurs (qui deviennent price makers, les demandeurs
devenant price takers, comme c’est le cas de prix des repas dans certains
restaurants), les demandeurs (qui deviennent alors price makers, les offreurs
devenant price takers, comme c’est le cas de ce qui se passe souvent dans le secteur
public de notre marché du travail), à la suite des discussions y relatives entre les
offreurs et les demandeurs (il y a soit marchandage direct entre ces agents
10
économiques soit organisation de la discussion entre ces agents économiques sous
forme d’enchères ou de criées) et l’extérieur du marché, notamment l’Etat.
Pour comprendre la formation des prix, il faut d’abord maîtriser les différentes
structures de marché. Il existe quatre facteurs principaux à partir des quels on différencie
les structures de marché. Ces critères sont les suivants :
- Le nombre d’acheteurs et des vendeurs : certains marchés mettent en présence
un très grand nombre d’agents économiques, d’autres un petit nombre. Le nombre
de partenaires n’est pas lié à leur effectif physique sur le lieu concerné. Les
adjectifs « grand » et « petit » ne désignent pas un dénombrement précis des
agents économiques en cause. Ces adjectifs renvoient plutôt à la manière
qualitativement différente selon laquelle ils anticipent l’effet de leurs décisions
individuelles sur celles de leurs concurrents.
La distinction entre petit nombre et grand nombre est donc pertinente.
L’expression petit nombre signifie que chaque agent sait que les membres de son
groupe réagiront à ses décisions en matière de prix et/ou de quantités ; ils’agit
donc d’une situation où chaque agent se considère comme obligé de tenir compte
du fait que ses concurrents, situés du même côté du marché que lui (offreurs ou
demandeurs), réagissent à ses décisions de prix et/ou de quantités.
L’expression grand nombre signifie que chaque agent estime qu’il n’y aura
pas de réaction à ses décisions de prix et/ou de quantités considérées comme
négligeables. Dans cette situation, chaque agent économique agit comme s’il n’y a
pas de réaction de la part de ses concurrents du même côté que lui (offreurs ou
demandeurs) sur le marché. Le fait que ces concurrents soient nombreux l’amène
à considérer que ses seules décisions sont négligeables pour eux et n’influencent
pas leur comportement.
Il y a lieu de partir du tableau de Stackelberg ci- après en vue de distinguer
certains types de marchés à partir du critère nombre de participants (en prenant
soin de ne pas confondre les expressions grand nombre et petit nombre à effectif
physique élevé et effectif physique réduit d’offreurs et demandeurs du bien
présents sur le marché au moment considéré).
11
Tableau 2. Types de marchés selon le nombre de participants
Demandeurs Un Petit nombre Grand nombre
Offreurs
Un Monopole bilatéral Monopole contrarié Monopole (absolu)
Petit nombre Monopsone Oligopole bilatéral Oligopole
contrarié
Grand nombre Monopsone Oligopsone Concurrence
- La nature du bien échangé : les conditions dans lesquelles se déroulent les
échanges des biens sont fortement influencées par les caractéristiques physiques
intrinsèques de ces biens comme leur degré de périssabilité, de durabilité, leur
caractère stockable ou non, leur degré de durabilité ou non, les conditions dans
lesquelles ils sont présentés, etc. Dans ce cas, on distingue des marchés où les
biens sont homogènes et les marchés où les biens font l’objet de différenciations
de plusieurs natures.
- Le degré d’information des agents économiques : la connaissance que les agents
économiques ont des prix pratiqués ailleurs ou antérieurement sur le marché, des
quantités disponibles au moment même ou plus tard sur le marché ou encore
ailleurs ainsi que des qualités des biens, peut être très diverse. Les conditions de
fonctionnement du marché sont affectées par cette connaissance.
L’information peut ainsi être parfaite (tous les agents sont parfaitement
informés des conditions du marché) ou imparfaite (certains agents sont plus au
moins informés que d’autres). On appelle souvent marchés cloisonnés les
marchés dans lesquels le degré d’information est faible et les marchés non
cloisonnés ceux dans lesquels le degré d’information est fort.
- La mobilité des agents économiques sur le marché : les comportements des
demandeurs et des offreurs sont affectés par les possibilités de déplacement dont
ils disposent en vue d’obtenir ou de ne pas obtenir ailleurs les meilleures
conditions d’échange des biens. La mobilité peut être parfaite ou imparfaite selon
qu’il n’y a pas ou qu’il y a des certaines barrières sur le marché. Les marchés
12
appelés souvent marchés segmentés ou protégés sont ceux dont l’accès ou la
sortie sont difficiles.
Ainsi, les structures de marché désignent les différentes formes alternatives que
peut prendre un marché en fonction de la manière dont s’y réalisent les quatre
caractéristiques fondamentales ci-haut exposées. On peut alors parler de concurrence
pure et parfaite ou structure concurrentielle, de structure de monopole, monopsone,
monopole bilatéral, oligopole, oligopsone
1.2. Structure de marché de concurrence pure et parfaite
1. Définition
Le marché de concurrence pure et parfaite est celui qui vérifie les hypothèses ci-
après :
- L‘atomicité : le marché comporte un grand nombre d’offreurs et des demandeurs ;
- L’homogénéité du produit : le produit est le même et possède la même
caractéristique quel que soit l’offreur. Il n’y a pas de différenciation du produit.
- L’information parfaite : tous les agents économiques sont parfaitement informés et
disposent de la même information qu’ils acquièrent sans coût.
- La mobilité parfaite : il y a liberté d’entrée sur le marché. Cette hypothèse nie la
présence des barrières sur le marché.
- La parfaite mobilité de facteurs de production d’un secteur ou d’une entreprise ou d
’une industrie à l’autre :
La concurrence pure et parfaite suppose l’absence de l’Etat. Sur ce marché le prix se
forme librement, par le mécanisme de la concurrence. Il résulte de la rencontre de l’offre
et de la demande. Sur un marché de concurrence pure et parfaite, le prix se forme donc
selon la loi de l’offre et de la demande. Ce prix qui se forme ainsi est appelé prix de
l’équilibre classique. En effet, dans une économie de marchés à l’état pur, ces marchés
fonctionnent selon la loi de l’offre et de la demande. Cette loi se définit comme le
mécanisme par lequel le prix et les quantités échangées d’un bien (produit ou facteur)
sont déterminés sur son marché, lorsque seuls interviennent les offreurs ou les
demandeurs.
13
La figure suivante illustre l’équilibre d’un marché en concurrence pure et parfaite :
Figure 29. Equilibre d’un marché en concurrence parfaite
P
Offre
SC E
P*
SP
Demande
Q
Q*
La courbe de demande est appelée « demande inverse ». Cette courbe indique le
prix le plus élevé que les consommateurs sont prêts à payer à chaque quantité. La
courbe d’offre représente le prix le plus bas possible que les entreprises sont prêtes à
accepter à chaque quantité. P* est le prix d’équilibre et Q* la quantité échangée à
l’équilibre. A partir de cette figure, on remarque que l’échange est avantageux pour les
consommateurs et les producteurs.
Les demandeurs étaient disposés à payer un prix élevé, grâce à l’échange, ils
payent le prix P*. Les producteurs étaient aussi disposés à offrir le bien à un prix bas,
mais grâce à l’échange ils les vendent à un prix élevé P*. On peut donc calculer le
surplus des consommateurs (c’est –à –dire leur gain ou rente) comme la différence entre
la dépense qu’ils étaient prêts à effectuer et celle qu’ils effectuent réellement.
Q
P(Q).dQ P .Q
SC
0
Il convient de distinguer le contenu du surplus des producteurs à court terme et à
long terme à partir de la construction de la courbe d’offre de l’entreprise à court et à long
terme. L’offre du marché est la somme des offres individuelles des entreprises, qu’il
s’agisse du court ou du long terme. Si à court terme, le surplus de producteurs contient
14
encore le coût fixe des entreprises, à long terme, il correspond à la somme de leurs p
rofits et on a : SP P.Q CT (Q ).
2. Equilibre à long terme du marché de l’entreprise en concurrence pure et
parfaite
Au paragraphe précédent, on a noté que les prix se forment librement en
concurrence pure parfaite. Les différentes entreprises sont « price–takers ». On peut
montrer qu’à long terme, le prix d’équilibre correspond au minimum du coût moyen de
long terme.
La figure suivante permet de comprendre la formation de l’équilibre du marché de
l’entreprise à long terme. Supposons que toutes les entreprises possèdent la même
technologie, elles ont la même fonction du coût total.
Figure 30. Equilibre de l’entreprise et du marché en concurrence parfaite
Cm, CM Cm
Entreprise – type P Marché
O1 O2
E1
P1 P.1
CM E2
P2 P2 OLT
CM ELT
PLT
0 Q2Q1Q 0 Q1Q2QL
Sur le marché ou au niveau de l’industrie, l’équilibre initial se trouve au point E1. A
ce point, le prix d’équilibre est P1 et la quantité échangée est Q1. Cette quantité est
produite par les entreprises présentes sur le marché. Notons par N1 leur effectif. Au prix
P1, l’entreprise type (ou représentative) produit la quantité Q1 (obtenue par égalisation du
prix et du coût marginal).
15
On constate que, l’entreprise type réalise un profit positif. Ce profit attire de
nouvelles entreprises. Ces dernières entrent sur le marché. L’entrée de nouvelles firmes
provoque un déplacement de la courbe d’offre vers la droite (O2). Il se forme un nouvel
équilibre E2 et la quantité échangée augmente et devient (Q2). L’entreprise type produit la
quantité q2 et son profit diminue. La quantité produite par l’entreprise type diminue, mais
son profit est positif. Cette entrée s’arrête lorsque le profit devient nul, c’est –à- dire,
quand le prix est égal au minimum du coût moyen de long terme. L’équilibre de long
terme se trouve au point ELT, la quantité produite est QLT. Le prix est PLT et correspond au
minimum du coût moyen de long terme.
Aperçu des structures de marchés imparfaits
En réalité, les hypothèses de la concurrence pure et parfaite sont violées. C’est
pourquoi on observe de nombreuses situations de concurrence imparfaite. On peut citer
les situations des monopoles, d’oligopoles, de concurrence monopolistique, de
monopsone, etc. Nous allons insister sur le monopole pur et simple et la concurrence
monopolistique.
1.2.1. Structure de monopole
1. Définition
Un monopole désigne un marché qui compote un seul offreur et un grand nombre
de demandeurs. L’hypothèse d’atomicité est remise en question. La liberté d’entrée se
trouve aussi violée. Contrairement aux entreprises en concurrence pure et parfaite qui
sont « price-takers », les entreprises en situations de monopole sont « price-
makers » ; elles sont libres dans la fixation de prix de leurs biens mais elles doivent
tenir compte de la réaction de la demande leur adressée, autrement dit l’élasticité- prix
directe de la demande. L’existence de monopole s’explique par plusieurs facteurs
dont :
- Le contrôle d’une ressource rare par une entreprise où la détention d’un brevet sur
un produit donné ;
- La présence d’économies d’échelles dans une activité : il y a économie d’échelle
lorsque le coût moyen diminue avec l’augmentation de la quantité produite. Dans
ce cas, il est justifié de confier l’activité à une seule entreprise plutôt que d’établir la
16
concurrence dans le secteur (l’Etat peut contrôler le monopole en l’amenant à fixer
un prix raisonnable) ;
- Le monopole légal : il résulte de certaines dispositions qui confient à une
entreprise le pouvoir de fonctionner seule dans un secteur donné;
- Le mécanisme de concurrence : une entreprise peut développer des stratégies en
vue d’éliminer les concurrents et de conserver le monopole d’une activité donné.
2. Equilibre du monopole
L’entreprise poursuit l’objectif de maximisation du profit. Ce profit s’écrit
RT (Q) CT (Q).
A l’équilibre Rm(Q ) Cm(Q ) .
La figure suivante illustre l’équilibre du monopole :
Figure 31. Equilibre du monopole
C Cm(Q)
P, Rm, CM, Cm B CM(Q)
Ec
A E
P(Q)
CM(Q*)
Q
Q* Qc
Rm(Q)
A l’équilibre, l’entreprise égalise la recette marginale au coût marginal et produit la
quantité Q*. Le profit correspond à la surface A B C D E. Si on était en présence d’un
17
marché de concurrence pure et parfaite, le prix serait égal au coût marginal. La quantité
produite serait de Qc.
En comparant le monopole et la concurrence pure et parfaite, on constate que :
- La quantité produite est plus élevée en concurrence pure et parfaite qu’en
monopole ;
- Le prix est très élevé en monopole qu’en concurrence pure et parfaite ;
- Le surplus des consommateurs est plus élevé en concurrence pure et parfaite
qu’en monopole ;
Le monopole constitue donc une forme inefficace d’organisation de la production : il
crée moins des richesses qu’il vend à un prix élevé comparativement à la concurrence
pure et parfaite. On remarque que, l’entreprise en monopole réalise un profit élevé : on
parle de surprofit ou de rente de monopole.
5.3.2. Marché de concurrence monopolistique
Un marché de concurrence monopolistique est celui qui comprend un grand
nombre d’offreurs dont les produits sont différenciés. Deux biens sont différenciés,
lorsqu’ils sont étroitement substituables. La concurrence monopolistique constitue une
forme intermédiaire de marché entre la concurrence parfaite et le monopole.
En effet, comme la concurrence parfaite, la concurrence monopolistique comporte un
grand nombre des vendeurs et l’entrée sur ce marché est libre. En concurrence
monopolistique, de nombreuses entreprises rivalisent pour capter le même groupe
d’acheteurs. Sur ce marché, les entreprises peuvent entrer sans restriction ; le nombre de
firmes varie jusqu’à ce que les profits économiques deviennent nuls.
Comme en monopole, chaque entreprise est en face des demandeurs qui préfèrent sa
marque ou sa variété par rapport à d’autres. Chaque entreprise produit ainsi un bien qui
est légèrement différent de celui de ses concurrents et est donc price maker. De ce fait, la
demande à chaque entreprise est décroissante. La différenciation des produits procède
de plusieurs techniques. On retient :
- La différenciation objective : il s’agit de modifier les propriétés de son produit par
rapport à d’autres (ex. la résistance du produit, sa couleur, ...)
18
- La différenciation subjective : il s’agit de chercher à convaincre le client que son
produit est plus adapté que les autres.
- La différenciation dans l’environnement du produit : il s’agit de modifier
certaines conditions de vente ou de livraison du produit (exemple : services après-
vente, le sourire de la vendeuse,).
5.3.3. Autres structures de marchés imparfaits
Les marchés imparfaits sont nombreux. Dans ce paragraphe, nous allons nous
mettre à définir certaines situations courantes comme le monopole bilatéral, l’oligopole, le
monopsone et l’oligopsone.
- Le monopole bilatéral : il s’agit d’un marché qui comprend un seul vendeur et un
seul acheteur (un offreur et un seul demandeur). L’exemple type est le marché du
travail caractérisé par la présence d’un syndicat de travail et celui des employeurs.
- L’oligopole : c’est un marché qui comprend un petit nombre d’offreurs de sorte que
chacun estime que les concurrents réagiront à ses décisions. Ce petit nombre peut
s’accompagner d’une différenciation des produits. L’oligopole le plus réduit
s’appelle « duopole ». Il s’agit d’un marché qui comprend deux offreurs.
- Le monopsone : c’est un marché qui comprend un seul demandeur et plusieurs
offreurs. Par exemple, une entreprise qui se trouve seule à demander un facteur
de production.
- L’oligopsone : c’est un marché qui comprend un petit nombre de demandeurs.
5.5. Intervention de l’Etat dans la fixation des prix
L’Etat intervient dans la formation de prix de plusieurs façons. Son intervention
peut être directe ou indirecte.
1. Intervention directe
Cette intervention revêt trois grandes formes :
- La fixation d’un prix maximum : il s’agit d’un prix que les agents économiques ne
doivent pas dépasser dans leurs transactions. Ce prix est fixé en vue de
sauvegarder le bien être de consommateurs ;
19
- La fixation d’un prix minimum : il s’agit d’un prix au-dessous duquel on ne peut pas
effectuer les transactions (par exemple : le salaire minimum dans le pays où il est
effectif). Ce prix est fixé en vue de sauvegarder le bien être des offreurs ;
- La fixation d’un prix déterminé : il s’agit d’établir un prix auquel devront se réaliser
les transactions. Le plus souvent ces formes d’intervention directe de l’Etat
aboutissent à un échec. De plus, elles supposent une administration fortement
organisée.
2. Intervention indirecte
Il s’agit d’une action sur l’offre ou la demande d’un produit. L’Etat peut agir ainsi par
voie de propagande, par des restrictions ou par voie règlementaire comme nous le
verrons au dernier chapitre du cours.
20
Chapitre 3.
Rôle de la monnaie et du commerce international dans
l’activité économique nationale
Dans ce chapitre, nous allons présenter brièvement les fonctions de la monnaie,
quelques théories sur la valeur de la monnaie et les rôles du crédit dans l’activité
économique.
6.1. Monnaie et activité économique nationale
1. Définition de la monnaie
Dérivée de « moneta », la monnaie désigne une marchandise qui sert
d’intermédiaire dans les échanges, d’unité de compte et de réserves des valeurs. Etant
qu’instrument d’échange, la monnaie facilite la circulation des marchandises et le transfert
de toute autre richesse. Dans son rôle d’unité de compte, la monnaie permet d’exprimer
les valeurs en unité commune. De ce fait, les inconvénients du troc. Dans sa fonction de
réserve des valeurs et des liquidités, la monnaie permet de conserver des richesses et
d’honorer immédiatement des engagements.
Sur le plan historique, la monnaie a connu une importante évolution. Les sociétés ont
utilisé :
- des monnaies marchandises : des marchandises comme des coquilles, les
perles ont joué la fonction de monnaie.
- des monnaies métalliques : il s’agit des monnaies faites des métaux comme l’or
et l’argent. A l’époque de la circulation métallique, il a été observé que l’or avait à
un certain moment une valeur supérieure à celle de l’argent si bien que les agents
économiques préféraient réaliser leurs transactions avec l’argent et conserver l’or.
C’est ce qui a conduit des auteurs comme Gresham à formuler la loi
suivante : « Dans une économie où circulent deux monnaies à la fois, la mauvaise
chasse la bonne ».
- La monnaie fiduciaire : il s’agit des billets de banque dont la valeur repose sur la
confiance du public.
21
- La monnaie scripturale : elle représente les écritures qu’on rencontre dans des
institutions financières. Cette monnaie est créée chaque fois qu’il y a des dépôts à
vue ou lorsqu’une somme est inscrite au crédit du compte d’un client qui peut y
recourir sans préavis en vue de régler une dette par un simple jeu d’écriture.
2. Masse de monnaie et niveau général des prix
Notons par M la masse de monnaie, V la vitesse de circulation de cette monnaie, T le
volume de transaction et P le niveau général de prix. L’équation des échanges s’écrit
comme suit : M.V=T.P. Si la vitesse de circulation de la monnaie et le volume de
transaction sont constants, la variation de la masse de monnaie se répercute sur le
niveau général de prix. En effet : P=M.V/T. Toute augmentation de M’entraîne une
hausse de P. Si cette hausse du niveau général de prix devient durable, on est en
présence d’une inflation d’origine monétaire. La masse de monnaie devient le facteur
causal et exclusif de l’inflation.
6.2. Commerce international et activité économique nationale
Cette section constitue une introduction aux théories explicatives du commerce
international et la politique commerciale internationale.
6.2.1. Aperçu des théories explicatives du commerce international
1. A. Smith et les avantages absolus
A. Smith a élaboré la théorie des avantages absolus, naturels ou acquis en vue
d’expliquer le fondement du commerce international. Pour Smith, chaque pays a intérêt à
se spécialiser selon ses aptitudes particulières, autrement dit, les pays doivent se
spécialiser dans les productions leurs conférés par la nature. Cette idée est simple et
pourrait justifier la division internationale du travail.
Cependant, cette idée soulève la question ci – après : qu’arriverait – il si un pays a
été défavorisé par la nature ? Participera – t – il au commerce international ou croisera-t-il
les bras ? David Ricardo a tenté de répondre à cette question.
2. D. Ricardo et les avantages comparatifs
Le modèle ricardien des avantages comparatifs explique comment les différences
dans les productivités du travail entre pays donnent lieu à un échange entre- eux et
22
pourquoi cet échange est bénéficiaire à chacun. Dans un raisonnement simplifié à deux
biens, deux pays et un seul facteur de production : le travail, D. Ricardo montre que
chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production qui lui procure un avantage
comparatif à terme de productivité relative du travail.
D. Ricardo compare les quantités relatives d’un bien qu’un pays puisse obtenir soit en
le produisant lui – même, soit en l’achetant à l’étranger par échange d’une autre
production. Il compare donc le coût de production de deux biens d’un même pays d’une
part et le coût de production d’un bien en termes d’un autre qui serait obtenu en échange.
Ainsi, chaque pays peut avoir intérêt à acheter à l’extérieur, un bien qu’il produit mieux
que son partenaire dès lors que le prix qu’il paye (en termes de l’autre produit) représente
un coût moindre que son propre coût de production.
Cette contribution de David Ricardo repose sur les hypothèses suivantes :
- Les facteurs de production sont immobiles internationalement et disponibles en
quantités fixes et homogènes ;
- Le marché des facteurs en en concurrence parfaite, ce qui implique notamment la
mobilité parfaite des facteurs de production au sein d’un même pays entre les
productions de divers biens ;
- Les rendements d’échelle sont constants dans la production des biens : lorsque la
quantité des facteurs de production est multipliée par un scalaire, la quantité
produite est aussi multipliée par ce même scalaire ;
- Tous les marchés sont à l’équilibre dans chaque pays, il y a plein emploi des
facteurs de production ;
- Les fonctions de production d’un même bien diffèrent d’un pays à l’autre et restent
différentes après l’échange ; les pays possèdent des technologies différentes ;
- Tous les facteurs existants peuvent être ramenés à un facteur unique sous forme
d’équivalent-travail ; ce qui permet de raisonner en termes de productivités
relatives de travail.
Partant de ces hypothèses, si chaque pays se spécialise dans la production du bien
pour lequel son coût d’opportunité est le plus faible, la quantité totale des biens produits
est plus grande que si tous les pays produisent tous les biens considérés ; après
spécialisation, chacun peut obtenir l’autre bien par voie d’échange, et ce en plus grande
quantité que s’il l’avait produit lui-même.
23
Ricardo conclut donc qu’il n’y a pas de pays totalement mauvais, car dans une
gamme de production, chaque pays peut avoir une production qui lui procure une
productivité relative grande. Chaque pays obtient des gains de l’échange international
dans la mesure où il est moins coûteux pour une nation d’importer un produit dans lequel
il n’a pas un avantage comparé en le payant avec celui qui lui offre un avantage
comparatif. La politique de Ricardo recommande l’ouverture des pays au commerce
international.
6.2.2. Notion de politique commerciale internationale
La politique commerciale d’un pays ou d’un groupe des pays constitue le principe
de référence qui détermine ses relations avec les autres pays en matière de commerce.
On distingue le libre- échange, l’autarcie et le protectionnisme.
Le libre-échange et l’autarcie sont des politiques tendancielles externes. Le libre-
échange découle de la doctrine libérale et de la théorie de la division internationale du
travail. L’autarcie est l’opposé du libre – échange et désigne la politique des pays qui se
replient sur eux – même.
Le protectionnisme constitue la vraie politique commerciale externe. On affirme
qu’un Etat est fort lorsque son économie est diversifiée, la spécialisation condamne le
pays à l’égard des autres pays. Il est nécessaire de protéger certaines activités contre la
concurrence étrangère. L’exemple le plus fréquent porte sur la thèse de List relative à la
protection de l’industrie naissante.
Il existe plusieurs instruments de protection contre la concurrence étrangère. On peut
en retenir :
- Les droits de douane : ce sont des taxes levées à l’occasion de l’importation d’un
bien. Le droit de douane élève le prix des biens importés. Son objectif est de
protéger certains secteurs économiques.
- Le quota à l’importation : il s’agit d’une restriction directe sur la quantité d’un bien
qui peut être importée. Il se matérialise par l’octroi des licences d’importation.
Comme le droit de douane, le quota à l’importation a pour effet d’augmenter le prix
du produit à l’intérieur du pays importateur.
- Les proscriptions sont des interdictions formelles d’importer ou d’exporter un
produit.
24