Cours 06
Cours 06
PARTIE
Et si on parlait : «tubes» © La reproduction et l’utilisation même partielle de tout article extrait de la revue Electronique Pratique sont interdites - LED 178
MUSIC OR
NOT MUSIC ?
THAT IS THE
QUESTION !
Patience les amis, on y arri-
ve ! Peut-être lentement,
mais sûrement !
L’idée de base est la suivan-
te : tenter de répondre à tout
ce que vous voulez savoir
sur les tubes sans jamais
oser le demander... Sacré
programme !
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LA PUISSANCE DISSIPÉE QU’EST-CE QUE C’EST ?
Toute demande à autorisation pour reproduction, quel que soit le procédé, doit être adressée à la société éditrice TRANSOCEANIC - LED 178
Figure 1 :
tracé de la courbe de
dissipation maximale
de la 12AU7/ECC82
que nous utilisons pour
nos essais.
Les zones cernées par
des hachures sont
interdites sous peine
de détérioration du
tube (Pa = 2,75 W).
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Figure 3 : réseau idéalisé de notre ECC82/12AU7. C’est une série de lignes droites parallèles. En rouge les courbes réelles. Comme
vous le constatez on est très loin de la vérité en utilisant ce réseau. Son avantage : les droites étant parallèles on considère que les
constantes µ, ρ et S sont effectivement constantes tout au long du réseau ce qui aide lors de l’approche mathématique des calculs
de circuits. L’erreur est de considérer les résultats obtenus comme acquis bien qu’ils ne soient qu’approchés. C’est le problème
majeur de tous les logiciels informatiques sans exception, qui ne peuvent utiliser que ce réseau, d’où pas mal d’erreurs grossières
dans la conception des circuits qui s’appuient uniquement sur des résultats souvent très loin de la réalité physique. La seule
approche valable et exacte est une approche purement graphique. C’est celle que nous développerons tout au long de nos cause-
ries. Il faut le dire encore et encore, le développement mathématiquement d’étude d’un circuit ne sert qu’à dégrossir l’approche du
fonctionnement réel. Cette approche est nécessaire mais n’est pas obligatoire, surtout en audio.
Figure 4 : en accolant les deux réseaux «Ia» = f(Vg) à Va = Cte et «Ia» = f(Va) à Vg = Cte, on peut passer de l’un à l’autre réseau instanta-
nément. Pour l’instant nous en resterons là, mais familiarisez vous avec ce jeu de construction géométrique car nous utiliserons ce
principe lorsque nous ferons travailler notre tube pour de bon avec une charge. On parlera alors de «courbe de transfert» du tube, de la
linéarité de la courbe «Ia» = f(Vg) (à gauche sur la figure) dépendra la transmission sans distorsions du signal audio amplifié par le tube.
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Di
ss
Courant maximum que sa plaque peut dissiper.
ipa
maximum
En règle générale pour un tube «amplifi-
tio
de
n
cathode cateur de tension» on va chercher un
m
coefficient d’amplification. «µ» élevé,
ax
im ceci au détriment de la résistance interne
al
e «ρ» et de la pente «S». Par exemple la
célèbre 12AX7/ECC83 créée dans les
années 40 (donc bien avant la grille
cadre) à un «µ» de 100 et un «S» de
1,25 mA par volt, pour une résistance
Air
ed
ef
on interne «ρ» de 80 000 Ω (à Va = 250 V,
ent
Ce tube est très utilisé en audio car son
ato
alé
d’utilisation.
A l’opposé, pour un tube dit de «puis-
sance», on va chercher une résistance
interne faible, ce qui va entraîner un «µ»
petit et «S», la pente, relativement élevé
(pas de trop ! on verra cela plus tard). Par
exemple, la célèbre 300B Western
sipée par un tube électronique dépend Or la cathode ne peut fournir qu’un Electric, au point de fonctionnement Ua
essentiellement de la géométrie de la nombre limité d’électrons (ils sont tout de = 300 V, Ug = -61 V a une résistance
plaque, de sa taille, de sa capacité à éva- même plusieurs milliards !). C’est pour Ω
interne «ρ» = 700 , un coefficient d’am-
cuer les calories provoquées par le choc cette raison que le courant maximum plification «µ» = 3,85 et une pente «S» =
des électrons la percutant à plusieurs pouvant être supporté par la cathode est 5,5 mA/V.
milliers de kilomètres par seconde et fort aussi important sinon plus important que La dissipation maximale de plaque de ce
peu par le courant qui la traverse contrai- la puissance maximale dissipable par tube atteint 40 W, mais attention, le cou-
rement à l’idée communément admise. l’anode. Nous verrons plus tard et en rant maximum de cathode est limité à
Or, bien que le courant qui traverse la particulier pour les tubes de puissance 100 mA, ce qui ne permet en aucun cas
plaque, ne soit pas le premier respon- mal utilisés, qu’en restant en deçà de la d’atteindre les 40 W de dissipation maxi-
sable de son échauffement, le nombre puissance maximale dissipable par male du tube.
d’électrons qui la percutent est directe- l’anode on peut atteindre aisément le
ment proportionnel à l’intensité de ce courant maximum de cathode. Pour le LES ZONES DE SÉCURITÉ
courant. tube c’est la mort assurée à plus ou D’UTILISATION
C’est pour cette raison que, sans se moins brève échéance. Cela dit la classi- D’UN TUBE
tromper, on peut définir une puissance fication des tubes en «amplificateurs de
maximale dissipée (sans crainte pour la tension» et en «amplificateurs dits de D’autres facteurs qu’il faut connaître vont
vie du tube) proportionnelle au courant puissance» est purement conventionnel- intervenir lors de l’utilisation des tubes
«Ia» qui le traverse en appliquant la for- le. électroniques, ce sont les facteurs dits
mule classique de la puissance : Tous les tubes quels qu’ils soient peu- «préjudiciables et aléatoires».
vent amplifier des tensions et délivrer de Ces facteurs n’apparaissent pas dans
Pmax = U(Volts) x I (Ampères) la puissance ; la différence, hors les les datas fournis par les constructeurs
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qui se bornent à indiquer «les valeurs à tiques deviennent aléatoires et souvent pérature maximale). En principe, on limi-
ne pas dépasser». Ces facteurs sont incontrôlables. De plus, avec une polari- te la température aux environs de 150°C,
existants et absolument nuisibles à des sation de grille aussi faible, le tube va tra- ce qui laisse une grande marge de sécu-
degrés divers, essentiellement liés à la vailler avec des forts courants, il risque rité.
construction du tube. Pour compléter donc de sur-chauffer. La zone (4) est délimitée par la tension
notre réseau «Ia» = f(Va) à Vg = constan- Les gaz inclus dans les parties métal- maximale appliquée entre la plaque et la
te, nous allons faire intervenir ces fac- liques du tube vont être diffusés dans le cathode du tube. Elle ne doit être dépas-
teurs qui vont limiter encore un peu plus vide du tube et seront donc percutés par sée sous aucun prétexte et en particu-
la zone de sécurité que nous avons défi- les électrons lancés à grandes vitesses. lier à froid, lorsque le tube ne débite pas
nie précédemment. En perdant un ou plusieurs électrons encore, sa cathode étant froide.
Reportez-vous à la figure 5. Nous avons périphériques, les grosses molécules de Nous verrons plus tard que, dans ce cas,
tracé un réseau imaginaire «Ia» = f(Va) à gaz deviendront positives et se précipite- la totalité de la haute tension est appli-
Vg = constante, caractéristique des ront vers la grille polarisée négativement. quée entre l’anode et la cathode du tube.
tubes triodes. Vous voyez apparaître des Ce courant ionique rendra la grille enco- Dans ces conditions une ionisation des
zones numérotées de 1 à 6. Etudions les re plus positive, le courant global aug- résidus de gaz inclus dans l’enveloppe
une par une afin de comprendre physi- mentera. de la lampe provoque un amorçage entre
quement les phénomènes mis en jeu. Dans certains cas le tube deviendra ses électrodes, se traduisant par un
Vous trouverez d’abord la zone hachurée incontrôlable, le courant atteignant des éclair bleuté du plus bel effet, suivi
(1) qui est limitée à sa gauche par la valeurs insupportables. Nous verrons d’étincelles particulièrement destruc-
courbe «Ia» = f(Va) pour Vg = 0. Si en plus tard comment éviter cet effet nui- trices. C’est une cause fréquente de
fonctionnement vous entrez dans cette sible, surtout dans les amplis de puis- pannes sur des amplificateurs mal
zone, vous ne risquez pas d’abîmer votre sance fonctionnant en classe A. conçus. Les datas des constructeurs
tube puisque vous vous trouvez dans la La zone (2) à l’inverse est la zone des très vous indiquent cette tension maximale
zone théoriquement autorisée par le faibles courants. Dans cette zone, les qui peut être différente pour le même
constructeur du tube. Et pourtant souve- caractéristiques des tubes peuvent type de tube portant cependant une
nez-vous, nous avons évoqué ce problè- changer dans d’énormes proportions dénomination différente. Par exemple : la
me lors de l’étude de la structure interne d’un tube à l’autre, surtout dans le cas célèbre 6L6/6L6G ne peut supporter
des triodes. d’une polarisation fixe de grille. En audio, qu’une tension maximale de 360 V, alors
Lorsque la grille se trouve à un potentiel on doit faire très attention à cette zone que la version 6L6GB en supporte 400,
négatif trop faible par rapport à la catho- dans le cas des amplificateurs push-pull quant à la 6L6GC elle peut supporter
de, certains électrons ayant acquis une fonctionnant en classe AB ou B. Dans 500 V.
vitesse initiale relativement élevée lors de toute la mesure du possible, on main- La zone (5) représente le courant maxi-
leur émission par la cathode vont heurter tiendra une valeur de courant minimale mum de cathode, nous nous sommes
les spires de la grille qui, de par son au repos au-dessus de cette zone. suffisamment étendus sur le sujet sans
potentiel négatif faible, ne pourra pas les La zone (3) est la zone proche de la dis- en rajouter !
repousser dans la charge d’espace. Un sipation maximale du tube. Attention, Quant à la zone (6) elle est signalée ici
courant de grille va alors prendre nais- dans certaines conditions, la températu- pour vous montrer que l’on peut
sance. re maximale extérieure de l’enveloppe en atteindre et parfois dépasser le courant
Par construction, dans tous les tubes, verre du tube peut être dépassée bien maximum de cathode sans atteindre la
le courant de grille arbitrairement appelé que l’on se trouve en dessous de la dis- dissipation maximale du tube.
«Potentiel de contact» (car dépendant de sipation maximale du tube. Les tubes Une fois toutes ces catastrophes annon-
la constitution de la cathode, de sa tem- doivent être convenablement ventilés, cées, je vais vous mettre un peu de
pérature) est de l’ordre de 0,1 µA pour les supports doivent être prévus en fonc- baume au cœur... Ne vous inquiétez pas !
une tension de grille de l’ordre de -1,3 V. tion du type de fonctionnement de l’ap- Les tubes sont des composants incroya-
A 0 V, le courant est de l’ordre de 0,1 mA. pareil. Par exemple, dans le cas d’un blement robustes, vous pouvez entrer
En pratique ce courant nuisible représen- préamplificateur entièrement enfermé sans crainte pendant des courtes durées
te une impédance dynamique variable de dans une boîte quasiment sans ventila- dans les zones interdites. Le tube n’ap-
grille. Il est une cause de fortes distor- tion, on veillera à rester en deçà de la préciera pas, ni le montage, mais
sions dans les basses fréquences. courbe de puissance maximale afin de contrairement aux transistors ou aux
Conclusion, éviter de faire travailler un maintenir la température du bulbe des FET, vous pourrez reprendre vos travaux
tube dans cette zone, ses caractéris- tubes bien en dessous des 220°C (tem- sans problèmes.
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U = R.I.
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(«Ia» = 0) la chute de tension dans Ra est tension «Va» augmente et se rapproche moins négative), plus la tension sur
inexistante donc dans ce cas la tension de «Vb». A l’inverse, lorsque «Ia» aug- l’anode va décroître. A l’inverse plus la
au point (A) de notre schéma est égale à mente, la chute de tension dans Ra aug- tension sur la grille va décroître (grille
la totalité de la haute tension «Vb». Vous mente et la tension «Va» diminue. plus négative), plus la tension sur l’anode
comprenez maintenant l’importance de la Je prie ceux qui sont familiarisés avec le va croître. Cela est fondamental c’est la
zone (4) figure 5 du précédent para- fonctionnement des tubes électroniques base de tout le processus d’amplification
graphe. Sachez que dans un amplifica- de bien vouloir m’excuser d’insister lour- en tension d’un tube électronique, ce qui
teur de puissance par exemple, il n’est dement sur tous ces points, mais l’expé- peut se résumer ainsi :
pas rare de trouver des tensions de l’ordre rience prouve que ce processus pourtant Lorsqu’un tube est chargé, toute
de 600 V ; ces tensions élevées sont des- très simple est souvent mal compris. variation de la tension de la grille va
tinées à l’alimentation des tubes de puis- De ces observations nous allons pouvoir entraîner une variation proportionnelle
sance. Les autres tubes de l’ampli ne maintenant toucher de près la fonction de sa tension d’anode.
peuvent fonctionner qu’avec des tensions amplificatrice d’un tube électronique.
bien inférieures et ne peuvent en aucun Supposons que nous ayons choisi une Vous pouvez constater dès maintenant
cas supporter ces tensions. valeur de la tension de grille «Vg» (néga- que la variation de la tension d’anode est
Nous verrons plus tard que nous alimen- tive) afin de fixer une intensité «Ia» dans le reflet inversé de la tension de grille,
terons ces tubes au travers de cellules le circuit, ce qui va impliquer une tension cela sera fondamental lorsque nous
composées de résistances et de anodique. ferons fonctionner notre tube avec des
condensateurs destinés à faire chuter tensions alternatives (ou musicales),
ces tensions, lorsque les tubes débitent Va = Vb - [Link] appliquées sur sa grille : on dira alors
du courant. Or, lorsque vous allumez qu’un tube chargé dans son circuit de
l’ampli, il n’y a aucun débit donc aucune «Vb» et Ra, étant constants, faisons plaque est un inverseur de phase.
chute de tension puisque les tubes sont varier la tension de la grille en la rendant Il faut préciser ici un point qui est souvent
encore froids. Si le circuit n’a pas été étu- moins négative. Les électrons moins frei- mal compris : la présence de la résistan-
dié en conséquence, la totalité des 600 V nés par cette dernière vont se précipiter ce de charge dans le circuit n’affecte en
selon notre exemple, va être appliquée vers l’anode et le courant «Ia» va croître. aucune manière les constantes du tube
sur tous les tubes y compris les malheu- Cet accroissement du courant anodique telles qu’elles ont été définies. Le tube est
reux qui ne peuvent en supporter que ∆Ia (delta) va entraîner une variation ∆Va toujours le même et sa carte d’identité est
300... Bonjour les dégâts !... A chaud une de la tension anodique. Quelle va être la identique, mais en revanche ce qui va être
bonne habitude à prendre est de ne valeur de cette variation ? D’après ce bouleversé c’est sa caractéristique cou-
jamais faire fonctionner un tube en mode que nous avons vu précédemment : si rant de plaque en fonction de la tension
bloqué avec une haute tension supérieu- «Va» varie, c’est à cause de la présence de grille : «Ia» = f(Vg), la tension «Va»
re à ce qu’il peut supporter. Vous me de la résistance de charge Ra, la varia- variant en fonction de «Ia» par la présen-
répondrez qu’en audio on ne voit pas tion ∆Va sera donc égale à Ra.∆Ia. Mais ce de Ra. On parlera alors de la caracté-
très bien à quoi pourrait servir un tube comme ∆Ia a été une croissance positive ristique dynamique du tube.
bloqué ! Nous verrons plus tard que cela du courant, ce courant ayant augmenté, Dans la prochaine causerie nous vous
est fréquent dans les montages push- la chute de tension dans Ra aura aug- apprendrons à maîtriser cette résistance
pull fonctionnant en classe AB et B, sans menté elle aussi. On pourra donc écrire de charge qui bien évidemment n’est pas
oublier qu’un tube peut toujours se trou- dans le cas où «Ia» croit que : choisie au hasard.
ver bloqué par une défaillance du circuit. Vous découvrirez que la valeur de cette
Mais reprenons notre circuit dont la ∆Ia
∆Va = - Ra.∆ résistance va influer directement sur la
résistance Ra est parcourue par le cou- qualité des sons que vous traiterez avec
rant «Ia». Le signe moins signifie que la tension vos tubes.
Troisième observation : c’est la plus anodique «Va» est une fonction décrois- Nous parlerons donc des caractéris-
importante. Comme la chute de tension sante du courant, en d’autres termes tiques dynamiques d’un tube chargé. A
dans Ra varie avec l’intensité du courant plus «Ia» va croître, plus «Va» va propos, dynamique cela signifie mouve-
«Ia», on peut en déduire que la tension décroître, et à l’inverse plus «Ia» va ment et qui dit mouvement laisse
anodique «Va», varie en fonction du cou- décroître plus «Va» va croître. ∆Va et ∆Ia entendre que l’on va peut-être faire de la
rant anodique «Ia». sont des accroissements algébriques, ce musique avec nos tubes ? Patience... On
En d’autres termes, lorsque «Ia» diminue, qui signifie en pratique que plus la ten- y arrive !
la chute de tension dans Ra diminue, la sion sur la grille du tube va croître (grille Rinaldo Bassi
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