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Cours 06

Le document traite des tubes électroniques, en particulier des triodes, et explique leur fonctionnement, notamment le rôle de la grille dans le contrôle du flux électronique. Il aborde également la dissipation de puissance maximale des tubes, en fournissant des formules et des courbes pour éviter de dépasser les limites de sécurité. Enfin, il souligne l'importance d'une approche graphique pour comprendre les caractéristiques des tubes et leur utilisation dans les circuits électroniques.

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Cours 06

Le document traite des tubes électroniques, en particulier des triodes, et explique leur fonctionnement, notamment le rôle de la grille dans le contrôle du flux électronique. Il aborde également la dissipation de puissance maximale des tubes, en fournissant des formules et des courbes pour éviter de dépasser les limites de sécurité. Enfin, il souligne l'importance d'une approche graphique pour comprendre les caractéristiques des tubes et leur utilisation dans les circuits électroniques.

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6 ÈME

PARTIE
Et si on parlait : «tubes» © La reproduction et l’utilisation même partielle de tout article extrait de la revue Electronique Pratique sont interdites - LED 178

MUSIC OR
NOT MUSIC ?
THAT IS THE
QUESTION !
Patience les amis, on y arri-
ve ! Peut-être lentement,
mais sûrement !
L’idée de base est la suivan-
te : tenter de répondre à tout
ce que vous voulez savoir
sur les tubes sans jamais
oser le demander... Sacré
programme !

Or si vous nous avez suivis depuis le


début (N° 174 de Led), vous avez com-
pris que nos électrons émis par la catho-
de, stockés dans la charge d’espace
sont précipités vers l’anode positive, non
sans être passés à travers les mailles du
filet que représente la grille plus ou moins
négative. Vous avez compris (du moins je
l’espère !) que cette dernière va jouer le
rôle primordial de maître incontesté de la
circulation du flux électronique, donc du
courant traversant le circuit, et, cerise sur
le gâteau, même l’annuler si elle est ren-
due suffisamment négative pour repous-
ser les électrons dans la charge d’espa-
ce (cut off du tube en bon franglais !). Ce
mécanisme physique d’une extraordinai-
re souplesse, s’il est convenablement
conçu et qui n’emprunte aucune énergie
à la source qui lui donne naissance, fait
Triode audio WE251A. Western Electric
dire à certains (je leur laisse la responsa-
(Collection Balatou).
Ce monstre créé par la Western en 1936 est une bilité de leur assertion) que si le tube
triode à chauffage direct au filament en thung- avait été inventé après le transistor, il
stène thorié plus spécialement destiné à l’audio.
aurait été considéré comme une véritable
Un push-pull de 251A en classe B fournissait la
modeste puissance de 2 kilowatts (!) pour une révolution en électronique !...
haute tension de 3 000 V, une polarisation de Mais laissons là les considérations phy-
grille de -250 V. La puissance à fournir au tube
losophico-ésotériques et reprenons nos
était de 100 W (!). Un sacré booster.
A côté 2 tubes qui font figure de liliputh : cogitations là où nous les avions aban-
une déjà grosse 845 et une 12AX7. données lors de notre dernière causerie.

6
LA PUISSANCE DISSIPÉE QU’EST-CE QUE C’EST ?
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Figure 1 :
tracé de la courbe de
dissipation maximale
de la 12AU7/ECC82
que nous utilisons pour
nos essais.
Les zones cernées par
des hachures sont
interdites sous peine
de détérioration du
tube (Pa = 2,75 W).

tensions croissantes de 0 à 500 V nous pour U = 150 V


LA FAMILLE DE COURBES chercherons pour chaque tension l’inten-
2,75
«Ia» = F (Va) À sité correspondante : I = —— = 0,0183 A, soit 18,3 mA
Vg = CONSTANTE 150
P etc...
I=—
Encore ! dites vous... Oui, encore et enco- U
re, car c’est cette famille de courbes qui va En joignant les points, nous obtenons ce
nous donner la clé de l’amplification sans Le constructeur nous indique que la que l’on appelle «l’hyperbole de dissipa-
tout casser de nos «chers» tubes électro- puissance maximale pouvant être dissi- tion maximale» à ne dépasser sous
niques (au propre comme au figuré !). pée par le tube est de 2,75 W. Nous aucun prétexte. Attention, cette courbe
Reprenons donc notre petit montage appliquerons donc la formule suivante : est théorique, elle ne tient pas compte des
d’essais et notre brave 12AU7 (voir limitations naturelles du tube lui même,
Nos 177 et 178 de Led). Pour tracer ce 2,75 c’est une courbe de dissipation maximale.
I = ——
réseau, rien de plus simple, nous en U Rien ne nous aurait empêché de la tracer
avons d’ailleurs parlé rapidement dans en partant par exemple de 50 V jusqu’à
notre dernière causerie. J’insiste, ceci est valable pour tous les 1 000 V. Pour les valeurs estimées nous
Mais attention, souvenez-vous que pour tubes sans exception, triodes, tétrodes, aurions obtenu respectivement 55 mA
ne pas tuer votre tube, avant toute chose pentodes, hexodes, etc... Du plus pour 50 V et 2 mA pour 1 000 V. Inutile de
nous devons porter sur notre feuille de modeste au plus puissant des tubes vous dire qu’à 55 mA la cathode aurait
papier millimétré ce que l’on appelle la d’émission (plusieurs kilowatts). rendu l’âme en quelques secondes et à
courbe de dissipation maximale de la Dans notre cas, nous allons calculer une 1 000 V, un magnifique éclair bleu aurait
12AU7. Pour ce faire, rien de plus simple, dizaine de points afin de tracer cette pulvérisé votre tube... sans jamais dépas-
il suffit de calculer la puissance maximale courbe en partant d’une valeur raisonna- ser la dissipation maximale de plaque !...
qui peut être dissipée par le tube pour blement basse, jusqu’à la valeur maxi- Ceci est fondamental et est très souvent
chaque valeur de la tension et de l’inten- male que nous avons fixée (ici 500 V) oublié involontairement par certains
sité en appliquant la formule archi simple : pour tracer notre famille de courbes constructeurs et parfois volontairement ce
P = U.I (figure 1). qui est beaucoup plus grave.
avec P en watts, Par exemple, pour U = 100 V Une fois cette courbe définie, nous allons
U en volts, tracer 2 lignes droites perpendiculaires.
2,75
I en ampères I = —— = 0,0275 A, soit 27,5 mA La première sera perpendiculaire à l’axe
Comme nous portons des valeurs de 100 des intensités, c’est l’intensité maximale

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ET SI ON PARLAIT : «TUBES»
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un arc de parabole et non pas une droi-


Figure 2 : le réseau complet «Ia» = f(Va) à Vg = Cte de la 12AU7/ECC82.
te. Cela nous le savions déjà, mais beau-
Remarquez la courbe de dissipation maximale (Pa = 2,75 W).
coup plus ennuyeux, l’écartement entre
chaque courbe n’est pas identique, ceci
est fondamental nous verrons pourquoi
plus loin. Cela provient du fait que les
coefficients µ, ρ et S ne sont pas
constants. C’est pour cette raison que
pour simplifier les calculs d’approches,
on a imaginé le réseau idéalisé (figure 3).
Pour ce faire, on a assimilé les caracté-
ristiques à des droites parallèles et équi-
distantes. Il est évident que cela simplifie
les calculs, car dans ce cas µ, ρ et S res-
tent des constantes tout au long du
réseau. Toutes les formules que vous
trouverez dans les calculs effectués sur
les circuits à tubes partent de ce réseau
idéalisé ; cela suffit à approcher la réalité
mais en aucun cas cela ne peut être
considéré comme exact. C’est pour cela
que l’on préfère, surtout en basse fré-
quence (ce qui nous intéresse au premier
chef) utiliser des méthodes graphiques
d’investigation. Ce sont ces méthodes
que nous développerons tout au long de
du courant pouvant être débité par en dépassant allègrement la zone dite de notre étude. Le réseau «Ia = f(Va) à Vg =
la cathode. Pour la 12AU7, le construc- «sécurité» d’utilisation du tube. constante est la représentation «person-
teur nous indique 20 mA maximum. La L’explication en est la suivante : il s’agit nalisée» de notre tube, si je peux m’ex-
seconde sera perpendiculaire à l’axe hori- du réseau fourni par les constructeurs. Il primer ainsi, il va nous permettre graphi-
zontal des tensions et correspondra à a été tracé en utilisant une technique quement d’extraire tous les paramètres
la tension maximale pouvant être appli- particulière qui fait intervenir des ten- de fonctionnement, en accolant les deux
quée sans danger entre l’anode et la sions pendant un temps extrêmement réseaux «Ia» = f(Va) à Vg = constante
cathode du tube. Pour la 12AU7 cette court. Les impulsions sont suffisamment et «Ia» = f(Vg) à Va = constante.
tension est de 300 V. Nous avons donc courtes pour ne pas tuer le tube en essai. Nous pourrons trouver les coefficients
défini trois zones interdites délimitées par Pour information, la 12AU7/ECC82 peut µ, ρ et S au point de fonctionnement
l’intersection de la courbe de dissipation supporter en impulsion une tension de choisi (figure 4). Mais parlons un peu
maximale, le courant maximum de catho- plaque maximale de 1 200 V, et un cou- des tubes voulez-vous, de la manière de
de et la tension maximale d’anode. En rant de crête cathodique de 60 mA, tout «bien les utiliser» et ceci à travers le
restant dans ces limites de sécurité, nous en restant en dessous des 2,75 W pou- réseau. Revenons tout d’abord sur la
allons maintenant pouvoir tracer le réseau vant être dissipés par le tube, impulsion courbe de dissipation maximale.
«Ia» = f(Va) à Vg = constante en partant de ou non !... Ceci ne vous concerne pas à
Vg = 0, puis Vg = -2,5 V, Vg = -5 V, etc... moins que vous ne vouliez vous construi- LA PUISSANCE DISSIPÉE
En faisant varier «Va» nous relèverons les re un ordinateur à tubes ou un téléviseur PAR UN TUBE :
points «Ia» correspondants. «antique». Ceci dit, la 12AU7 est un tube QU’EST-CE QUE C’EST ?
particulièrement robuste (ainsi que son
CE QUE NOUS DIT équivalent octal la célèbre 6SN7), et Car il faut bien le dire, nous avons tracé
LE RÉSEAU (figure 2) c’est bien pour cela que nous l’avons ces courbes un peu bêtement sans
choisi pour nos essais. Revenons au essayer de comprendre la réalité phy-
Plein de choses ! Mais je vous sens per- réseau voulez-vous ? Que constatons- sique du processus.
plexe ! Le réseau en question a été tracé nous tout d’abord : chaque courbe est La puissance maximale pouvant être dis-

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LA PUISSANCE DISSIPÉE QU’EST-CE QUE C’EST ?
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Figure 3 : réseau idéalisé de notre ECC82/12AU7. C’est une série de lignes droites parallèles. En rouge les courbes réelles. Comme
vous le constatez on est très loin de la vérité en utilisant ce réseau. Son avantage : les droites étant parallèles on considère que les
constantes µ, ρ et S sont effectivement constantes tout au long du réseau ce qui aide lors de l’approche mathématique des calculs
de circuits. L’erreur est de considérer les résultats obtenus comme acquis bien qu’ils ne soient qu’approchés. C’est le problème
majeur de tous les logiciels informatiques sans exception, qui ne peuvent utiliser que ce réseau, d’où pas mal d’erreurs grossières
dans la conception des circuits qui s’appuient uniquement sur des résultats souvent très loin de la réalité physique. La seule
approche valable et exacte est une approche purement graphique. C’est celle que nous développerons tout au long de nos cause-
ries. Il faut le dire encore et encore, le développement mathématiquement d’étude d’un circuit ne sert qu’à dégrossir l’approche du
fonctionnement réel. Cette approche est nécessaire mais n’est pas obligatoire, surtout en audio.

Figure 4 : en accolant les deux réseaux «Ia» = f(Vg) à Va = Cte et «Ia» = f(Va) à Vg = Cte, on peut passer de l’un à l’autre réseau instanta-
nément. Pour l’instant nous en resterons là, mais familiarisez vous avec ce jeu de construction géométrique car nous utiliserons ce
principe lorsque nous ferons travailler notre tube pour de bon avec une charge. On parlera alors de «courbe de transfert» du tube, de la
linéarité de la courbe «Ia» = f(Vg) (à gauche sur la figure) dépendra la transmission sans distorsions du signal audio amplifié par le tube.

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ET SI ON PARLAIT : «TUBES»
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astuces de construction tient essentielle-


ment aux valeurs de µ, ρ et S et aux cou-
Figure 5 : réseau imaginaire «Ia» = Va à Vg = Cte les zones numérotées de 1 à 6
sont à éviter si vous tenez à la vie de vos chers tubes ! (voir texte).
rants mis en jeu. Tout dépend de la puis-
sance dont on veut disposer ; en effet
rien n’empêche de demander à une
12AU7 de délivrer de la puissance à
condition de se contenter des 2,75 W

Di
ss
Courant maximum que sa plaque peut dissiper.

ipa
maximum
En règle générale pour un tube «amplifi-
tio
de
n
cathode cateur de tension» on va chercher un
m
coefficient d’amplification. «µ» élevé,
ax
im ceci au détriment de la résistance interne
al
e «ρ» et de la pente «S». Par exemple la
célèbre 12AX7/ECC83 créée dans les
années 40 (donc bien avant la grille
cadre) à un «µ» de 100 et un «S» de
1,25 mA par volt, pour une résistance
Air
ed
ef
on interne «ρ» de 80 000 Ω (à Va = 250 V,

Tension maximale de plaque


cti
on Vg = -2 V).
nem
ire

ent
Ce tube est très utilisé en audio car son
ato
alé

coefficient d’amplification «µ» est relati-


ne

vement constant sur une très large plage


Zo

d’utilisation.
A l’opposé, pour un tube dit de «puis-
sance», on va chercher une résistance
interne faible, ce qui va entraîner un «µ»
petit et «S», la pente, relativement élevé
(pas de trop ! on verra cela plus tard). Par
exemple, la célèbre 300B Western
sipée par un tube électronique dépend Or la cathode ne peut fournir qu’un Electric, au point de fonctionnement Ua
essentiellement de la géométrie de la nombre limité d’électrons (ils sont tout de = 300 V, Ug = -61 V a une résistance
plaque, de sa taille, de sa capacité à éva- même plusieurs milliards !). C’est pour Ω
interne «ρ» = 700 , un coefficient d’am-
cuer les calories provoquées par le choc cette raison que le courant maximum plification «µ» = 3,85 et une pente «S» =
des électrons la percutant à plusieurs pouvant être supporté par la cathode est 5,5 mA/V.
milliers de kilomètres par seconde et fort aussi important sinon plus important que La dissipation maximale de plaque de ce
peu par le courant qui la traverse contrai- la puissance maximale dissipable par tube atteint 40 W, mais attention, le cou-
rement à l’idée communément admise. l’anode. Nous verrons plus tard et en rant maximum de cathode est limité à
Or, bien que le courant qui traverse la particulier pour les tubes de puissance 100 mA, ce qui ne permet en aucun cas
plaque, ne soit pas le premier respon- mal utilisés, qu’en restant en deçà de la d’atteindre les 40 W de dissipation maxi-
sable de son échauffement, le nombre puissance maximale dissipable par male du tube.
d’électrons qui la percutent est directe- l’anode on peut atteindre aisément le
ment proportionnel à l’intensité de ce courant maximum de cathode. Pour le LES ZONES DE SÉCURITÉ
courant. tube c’est la mort assurée à plus ou D’UTILISATION
C’est pour cette raison que, sans se moins brève échéance. Cela dit la classi- D’UN TUBE
tromper, on peut définir une puissance fication des tubes en «amplificateurs de
maximale dissipée (sans crainte pour la tension» et en «amplificateurs dits de D’autres facteurs qu’il faut connaître vont
vie du tube) proportionnelle au courant puissance» est purement conventionnel- intervenir lors de l’utilisation des tubes
«Ia» qui le traverse en appliquant la for- le. électroniques, ce sont les facteurs dits
mule classique de la puissance : Tous les tubes quels qu’ils soient peu- «préjudiciables et aléatoires».
vent amplifier des tensions et délivrer de Ces facteurs n’apparaissent pas dans
Pmax = U(Volts) x I (Ampères) la puissance ; la différence, hors les les datas fournis par les constructeurs

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LA PUISSANCE DISSIPÉE QU’EST-CE QUE C’EST ?
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qui se bornent à indiquer «les valeurs à tiques deviennent aléatoires et souvent pérature maximale). En principe, on limi-
ne pas dépasser». Ces facteurs sont incontrôlables. De plus, avec une polari- te la température aux environs de 150°C,
existants et absolument nuisibles à des sation de grille aussi faible, le tube va tra- ce qui laisse une grande marge de sécu-
degrés divers, essentiellement liés à la vailler avec des forts courants, il risque rité.
construction du tube. Pour compléter donc de sur-chauffer. La zone (4) est délimitée par la tension
notre réseau «Ia» = f(Va) à Vg = constan- Les gaz inclus dans les parties métal- maximale appliquée entre la plaque et la
te, nous allons faire intervenir ces fac- liques du tube vont être diffusés dans le cathode du tube. Elle ne doit être dépas-
teurs qui vont limiter encore un peu plus vide du tube et seront donc percutés par sée sous aucun prétexte et en particu-
la zone de sécurité que nous avons défi- les électrons lancés à grandes vitesses. lier à froid, lorsque le tube ne débite pas
nie précédemment. En perdant un ou plusieurs électrons encore, sa cathode étant froide.
Reportez-vous à la figure 5. Nous avons périphériques, les grosses molécules de Nous verrons plus tard que, dans ce cas,
tracé un réseau imaginaire «Ia» = f(Va) à gaz deviendront positives et se précipite- la totalité de la haute tension est appli-
Vg = constante, caractéristique des ront vers la grille polarisée négativement. quée entre l’anode et la cathode du tube.
tubes triodes. Vous voyez apparaître des Ce courant ionique rendra la grille enco- Dans ces conditions une ionisation des
zones numérotées de 1 à 6. Etudions les re plus positive, le courant global aug- résidus de gaz inclus dans l’enveloppe
une par une afin de comprendre physi- mentera. de la lampe provoque un amorçage entre
quement les phénomènes mis en jeu. Dans certains cas le tube deviendra ses électrodes, se traduisant par un
Vous trouverez d’abord la zone hachurée incontrôlable, le courant atteignant des éclair bleuté du plus bel effet, suivi
(1) qui est limitée à sa gauche par la valeurs insupportables. Nous verrons d’étincelles particulièrement destruc-
courbe «Ia» = f(Va) pour Vg = 0. Si en plus tard comment éviter cet effet nui- trices. C’est une cause fréquente de
fonctionnement vous entrez dans cette sible, surtout dans les amplis de puis- pannes sur des amplificateurs mal
zone, vous ne risquez pas d’abîmer votre sance fonctionnant en classe A. conçus. Les datas des constructeurs
tube puisque vous vous trouvez dans la La zone (2) à l’inverse est la zone des très vous indiquent cette tension maximale
zone théoriquement autorisée par le faibles courants. Dans cette zone, les qui peut être différente pour le même
constructeur du tube. Et pourtant souve- caractéristiques des tubes peuvent type de tube portant cependant une
nez-vous, nous avons évoqué ce problè- changer dans d’énormes proportions dénomination différente. Par exemple : la
me lors de l’étude de la structure interne d’un tube à l’autre, surtout dans le cas célèbre 6L6/6L6G ne peut supporter
des triodes. d’une polarisation fixe de grille. En audio, qu’une tension maximale de 360 V, alors
Lorsque la grille se trouve à un potentiel on doit faire très attention à cette zone que la version 6L6GB en supporte 400,
négatif trop faible par rapport à la catho- dans le cas des amplificateurs push-pull quant à la 6L6GC elle peut supporter
de, certains électrons ayant acquis une fonctionnant en classe AB ou B. Dans 500 V.
vitesse initiale relativement élevée lors de toute la mesure du possible, on main- La zone (5) représente le courant maxi-
leur émission par la cathode vont heurter tiendra une valeur de courant minimale mum de cathode, nous nous sommes
les spires de la grille qui, de par son au repos au-dessus de cette zone. suffisamment étendus sur le sujet sans
potentiel négatif faible, ne pourra pas les La zone (3) est la zone proche de la dis- en rajouter !
repousser dans la charge d’espace. Un sipation maximale du tube. Attention, Quant à la zone (6) elle est signalée ici
courant de grille va alors prendre nais- dans certaines conditions, la températu- pour vous montrer que l’on peut
sance. re maximale extérieure de l’enveloppe en atteindre et parfois dépasser le courant
Par construction, dans tous les tubes, verre du tube peut être dépassée bien maximum de cathode sans atteindre la
le courant de grille arbitrairement appelé que l’on se trouve en dessous de la dis- dissipation maximale du tube.
«Potentiel de contact» (car dépendant de sipation maximale du tube. Les tubes Une fois toutes ces catastrophes annon-
la constitution de la cathode, de sa tem- doivent être convenablement ventilés, cées, je vais vous mettre un peu de
pérature) est de l’ordre de 0,1 µA pour les supports doivent être prévus en fonc- baume au cœur... Ne vous inquiétez pas !
une tension de grille de l’ordre de -1,3 V. tion du type de fonctionnement de l’ap- Les tubes sont des composants incroya-
A 0 V, le courant est de l’ordre de 0,1 mA. pareil. Par exemple, dans le cas d’un blement robustes, vous pouvez entrer
En pratique ce courant nuisible représen- préamplificateur entièrement enfermé sans crainte pendant des courtes durées
te une impédance dynamique variable de dans une boîte quasiment sans ventila- dans les zones interdites. Le tube n’ap-
grille. Il est une cause de fortes distor- tion, on veillera à rester en deçà de la préciera pas, ni le montage, mais
sions dans les basses fréquences. courbe de puissance maximale afin de contrairement aux transistors ou aux
Conclusion, éviter de faire travailler un maintenir la température du bulbe des FET, vous pourrez reprendre vos travaux
tube dans cette zone, ses caractéris- tubes bien en dessous des 220°C (tem- sans problèmes.

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ET SI ON PARLAIT : «TUBES»
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Figure 6 : montage. la cathode va traverser le tube, cela nous


le savons, et va rejoindre le pôle positif
(+) de l’alimentation «Vb». Le pôle moins
(-) de cette alimentation étant réuni à la
cathode le circuit va être fermé, et nos
électrons vont donc circuler dans le cir-
cuit formé par le tube, la résistance Ra et
l’alimentation. Or Ra est une honnête
résistance, et comme toute résistance
elle va s’opposer au passage du courant
«Ia» ; on trouvera donc à ses bornes une
tension égale au produit de «Ia» par Ra
selon la célèbre loi d’Ohm :

U = R.I.

Une première observation s’impose


alors, si l’on regarde le schéma. Cette
chute de tension à travers la résistance
va diminuer la tension «Va» aux bornes
du tube, donc la tension positive appli-
quée à l’anode de ce dernier.
La valeur de la tension anodique «Va»
sera donc égale à la tension d’alimenta-
tion «Vb» diminuée de la chute de ten-
sion dans la résistance de charge Ra. Ce
qui s’écrit :

travail que nous allons lui demander d’ac- Va = Vb - [Link]


ET MAINTENANT NOUS complir avec insistance et détermination.
ALLONS FAIRE Sur la figure 6, nous avons reproduit en Deuxième observation : vous compren-
FONCTIONNER NOTRE haut le montage qui nous a servi à définir drez aisément que la tension anodique
TUBE POUR DE VRAI ! les paramètres statiques de notre triode d’un tube chargé par une résistance Ra
12AU7/ECC82. sera toujours inférieure à la tension d’ali-
En effet, jusqu’à présent nous avons fait En bas, voici le schéma correspondant à mentation «Vb». Vous ne ferez donc pas
fonctionner notre tube comme une l’utilisation réelle (dynamique) de notre l’erreur (qui est souvent commise) de
simple «bête de foire», ou de laboratoire tube. C’est apparemment le même sché- confondre la tension anodique «Va» avec
au choix ! Utilisé tel quel, notre tube ne ma sauf que nous avons ajouté en série la haute tension générale d’un circuit
sert strictement à rien sauf à amuser la dans le circuit d’anode une résistance «Vb». La tension «Va», ne va être égale à
galerie et à comprendre comment il fonc- dite de «charge» : Ra. «Vb» que dans un seul cas : si le courant
tionne... ce qui n’est déjà pas si mal ! Un La présence de cette résistance qui est s’annule dans le circuit.
tube tout seul c’est beau, ça brille, ça donc traversée par le courant anodique Or, pour annuler le courant dans le circuit,
peut être mis dans une vitrine et c’est «Ia» va bouleverser radicalement les il n’y a que deux méthodes. La première
tout. Enfin pas tout à fait, car nos pérégri- caractéristiques du circuit. Notre tube consiste à rendre la grille très négative par
nations laborieuses nous ont permis va enfin pouvoir «travailler». Comment rapport à la cathode afin de repousser
d’établir les caractéristiques dites «sta- cela ? Avant d’entrer dans les détails tous les électrons dans la charge d’espa-
tiques» du tube et croyez moi, au fond (majeurs !) essayons de comprendre ins- ce. La seconde consiste à ne pas alimen-
c’est bougrement important, car ce sont tinctivement ce qui va se passer. Fixons- ter le filament qui chauffe la cathode du
ces caractéristiques et ces paramètres nous une tension négative de la grille afin tube. Dans ce cas, pas de chauffage, pas
qui vont nous permettre de choisir tel que le courant se stabilise à une valeur d’électrons émis par la cathode, donc
tube, plutôt que tel autre pour effectuer le moyenne. Le flux électronique émis par pas de courant. S’il n’y a pas de courant

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(«Ia» = 0) la chute de tension dans Ra est tension «Va» augmente et se rapproche moins négative), plus la tension sur
inexistante donc dans ce cas la tension de «Vb». A l’inverse, lorsque «Ia» aug- l’anode va décroître. A l’inverse plus la
au point (A) de notre schéma est égale à mente, la chute de tension dans Ra aug- tension sur la grille va décroître (grille
la totalité de la haute tension «Vb». Vous mente et la tension «Va» diminue. plus négative), plus la tension sur l’anode
comprenez maintenant l’importance de la Je prie ceux qui sont familiarisés avec le va croître. Cela est fondamental c’est la
zone (4) figure 5 du précédent para- fonctionnement des tubes électroniques base de tout le processus d’amplification
graphe. Sachez que dans un amplifica- de bien vouloir m’excuser d’insister lour- en tension d’un tube électronique, ce qui
teur de puissance par exemple, il n’est dement sur tous ces points, mais l’expé- peut se résumer ainsi :
pas rare de trouver des tensions de l’ordre rience prouve que ce processus pourtant Lorsqu’un tube est chargé, toute
de 600 V ; ces tensions élevées sont des- très simple est souvent mal compris. variation de la tension de la grille va
tinées à l’alimentation des tubes de puis- De ces observations nous allons pouvoir entraîner une variation proportionnelle
sance. Les autres tubes de l’ampli ne maintenant toucher de près la fonction de sa tension d’anode.
peuvent fonctionner qu’avec des tensions amplificatrice d’un tube électronique.
bien inférieures et ne peuvent en aucun Supposons que nous ayons choisi une Vous pouvez constater dès maintenant
cas supporter ces tensions. valeur de la tension de grille «Vg» (néga- que la variation de la tension d’anode est
Nous verrons plus tard que nous alimen- tive) afin de fixer une intensité «Ia» dans le reflet inversé de la tension de grille,
terons ces tubes au travers de cellules le circuit, ce qui va impliquer une tension cela sera fondamental lorsque nous
composées de résistances et de anodique. ferons fonctionner notre tube avec des
condensateurs destinés à faire chuter tensions alternatives (ou musicales),
ces tensions, lorsque les tubes débitent Va = Vb - [Link] appliquées sur sa grille : on dira alors
du courant. Or, lorsque vous allumez qu’un tube chargé dans son circuit de
l’ampli, il n’y a aucun débit donc aucune «Vb» et Ra, étant constants, faisons plaque est un inverseur de phase.
chute de tension puisque les tubes sont varier la tension de la grille en la rendant Il faut préciser ici un point qui est souvent
encore froids. Si le circuit n’a pas été étu- moins négative. Les électrons moins frei- mal compris : la présence de la résistan-
dié en conséquence, la totalité des 600 V nés par cette dernière vont se précipiter ce de charge dans le circuit n’affecte en
selon notre exemple, va être appliquée vers l’anode et le courant «Ia» va croître. aucune manière les constantes du tube
sur tous les tubes y compris les malheu- Cet accroissement du courant anodique telles qu’elles ont été définies. Le tube est
reux qui ne peuvent en supporter que ∆Ia (delta) va entraîner une variation ∆Va toujours le même et sa carte d’identité est
300... Bonjour les dégâts !... A chaud une de la tension anodique. Quelle va être la identique, mais en revanche ce qui va être
bonne habitude à prendre est de ne valeur de cette variation ? D’après ce bouleversé c’est sa caractéristique cou-
jamais faire fonctionner un tube en mode que nous avons vu précédemment : si rant de plaque en fonction de la tension
bloqué avec une haute tension supérieu- «Va» varie, c’est à cause de la présence de grille : «Ia» = f(Vg), la tension «Va»
re à ce qu’il peut supporter. Vous me de la résistance de charge Ra, la varia- variant en fonction de «Ia» par la présen-
répondrez qu’en audio on ne voit pas tion ∆Va sera donc égale à Ra.∆Ia. Mais ce de Ra. On parlera alors de la caracté-
très bien à quoi pourrait servir un tube comme ∆Ia a été une croissance positive ristique dynamique du tube.
bloqué ! Nous verrons plus tard que cela du courant, ce courant ayant augmenté, Dans la prochaine causerie nous vous
est fréquent dans les montages push- la chute de tension dans Ra aura aug- apprendrons à maîtriser cette résistance
pull fonctionnant en classe AB et B, sans menté elle aussi. On pourra donc écrire de charge qui bien évidemment n’est pas
oublier qu’un tube peut toujours se trou- dans le cas où «Ia» croit que : choisie au hasard.
ver bloqué par une défaillance du circuit. Vous découvrirez que la valeur de cette
Mais reprenons notre circuit dont la ∆Ia
∆Va = - Ra.∆ résistance va influer directement sur la
résistance Ra est parcourue par le cou- qualité des sons que vous traiterez avec
rant «Ia». Le signe moins signifie que la tension vos tubes.
Troisième observation : c’est la plus anodique «Va» est une fonction décrois- Nous parlerons donc des caractéris-
importante. Comme la chute de tension sante du courant, en d’autres termes tiques dynamiques d’un tube chargé. A
dans Ra varie avec l’intensité du courant plus «Ia» va croître, plus «Va» va propos, dynamique cela signifie mouve-
«Ia», on peut en déduire que la tension décroître, et à l’inverse plus «Ia» va ment et qui dit mouvement laisse
anodique «Va», varie en fonction du cou- décroître plus «Va» va croître. ∆Va et ∆Ia entendre que l’on va peut-être faire de la
rant anodique «Ia». sont des accroissements algébriques, ce musique avec nos tubes ? Patience... On
En d’autres termes, lorsque «Ia» diminue, qui signifie en pratique que plus la ten- y arrive !
la chute de tension dans Ra diminue, la sion sur la grille du tube va croître (grille Rinaldo Bassi

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