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Cours 05

Le document discute des tubes électroniques, en particulier de la triode 12AU7, et de leur fonctionnement, notamment en ce qui concerne la polarisation de la grille. Il met en garde contre l'utilisation de tensions de grille positives qui peuvent endommager le tube et explique l'importance d'une résistance de fuite pour protéger la grille. Enfin, il souligne que tout courant de grille absorbe de la puissance, ce qui nuit à l'efficacité des tubes par rapport aux semi-conducteurs.

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Cours 05

Le document discute des tubes électroniques, en particulier de la triode 12AU7, et de leur fonctionnement, notamment en ce qui concerne la polarisation de la grille. Il met en garde contre l'utilisation de tensions de grille positives qui peuvent endommager le tube et explique l'importance d'une résistance de fuite pour protéger la grille. Enfin, il souligne que tout courant de grille absorbe de la puissance, ce qui nuit à l'efficacité des tubes par rapport aux semi-conducteurs.

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5 ÈME PARTIE

Et si on parlait : «tubes» © La reproduction et l’utilisation même partielle de tout article extrait de la revue Electronique Pratique sont interdites - LED 178

TUBE ! EN AVANT... MARCHE !

Figure 1 : jusque dans les années 60 le tube a été la vedette incontestable de l’électro-
nique toutes utilisations confondues. Ceci est un module d’ordinateur IBM (eh oui !).
Plusieurs milliers de ces modules interconnectés sur plusieurs étages d’un batiment
dégageaient une chaleur intense... Mais ça fonctionnait ! Concorde a été conçu sur un
ordinateur de ce type...

Ça y est vous avez osé ! Vous avez réalisé le petit montage


que nous vous avions proposé lors de notre dernière cau-
serie. Vous êtes allés chez le marchand de tubes du coin
pour acheter une 12AU7/ECC82.
e dernier en se frottant les

C mains s’est empressé de


vouloir vous caser le tube
«Machin chose» bien meilleur
subjectivement que le tube «Truc
muche» car provenant d’un stock caché
LA TRIODE MARTYRISÉE
Reprenons voulez-vous le montage d’es-
sai, figure 2 que nous reproduisons ici
afin que vous n’ayez pas à fouiller dans
dans la cave à vin d’un vieux monsieur le tas de papiers et de journaux pour
de 90 ans qui les a retournés régulière- retrouver le précédent numéro de Led. Si
ment pendant cinquante ans afin que vous n’avez pas d’alimentation haute
les électrodes ne se déforment pas ; ce tension stabilisée variable de laboratoire,
à quoi vous avez répondu, je l’espère, je ne saurais trop vous recommander de
que vous désiriez une simple, petite, réaliser l’alimentation variable très simple
modeste, honnête 12AU7, vierge de pré- que nous vous avons proposée à la fin
férence afin de faire subir à cette de la précédente causerie. Cette haute
pauvre enfant tous les outrages suggé- tension variable est représentée sur le
rés par le sadique pervers qui sévit schéma par la batterie «Vb» (la flèche
dans la revue Led, sous le fallacieux pré- indique la notion : «variable»). Dans le cir-
texte de nous apprendre à utiliser les cuit de grille nous avons installé une bat-
tubes... terie (ou une alimentation variable) de

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LA TRIODE MARTYRISÉE
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24 V shuntée par un potentiomètre de



Figure 2a : schéma du montage à réaliser pour faire fonctionner une triode et
10 000 permettant de faire varier la mesurer ses paramètres statiques (le chauffage filament n’est pas reproduit).
tension de grille de -24 V à zéro ; le pôle
«moins» de cette alimentation étant diri-
gé vers la grille et le pôle «plus» vers la -
cathode, permettant ainsi de polariser la
1/2 12AU7
grille plus ou moins négativement par
rapport à la cathode. Eh bien justement +
inversons la polarité de cette batterie, ce
qui revient à rendre la grille du tube posi-
tive par rapport à la cathode (pendant un
temps très court car le tube n’aime pas
ça du tout !)...
Circuit de grille Circuit d’anode

• LA GRILLE POSITIVE
Fixons tout d’abord la tension de plaque Figure 2b : disposition des électrodes.
«Vb» à 100 V et la tension de grille «Vg»
à 0 V. Le courant anodique «Ia» se stabi-
lise à 11 mA. Et du côté du courant de
grille «Ig», qu’arrive-t-il ? Tiens ! Une très (Prise
petite déviation. Si votre milliampère- médiane)
mètre situé dans le circuit de grille est
suffisamment sensible, vous enregistre- (Prise médiane)

rez un courant de l’ordre de 0,1 à 0,5 mA.


Embase miniature 9 broches (Noval)
Que se passe-t-il ? Et bien, certains élec-
trons entraînés par leur élan vers l’anode Photo tube
12AU7
vont percuter la grille ; quelques-uns
seulement, car la grande majorité va
passer sans encombre à travers les
mailles du filet ; cependant un léger cou-
rant va s’établir entre la cathode et la
grille. Il n’y a pas de quoi fouetter un
chat, me direz-vous !... Et bien si juste-
ment, vous apprendrez plus tard, si vous
avez le courage de nous lire jusqu’au
bout, que ce petit courant de grille prend
naissance dans tous les tubes électro-
niques sans exception dès que le poten-
tiel de la grille descend en dessous de
-1 V ; et lorsque nous étudierons les cir-
cuits électroniques proprement dits,
vous verrez que, particulièrement en
audio, surtout dans les étages préampli- Figure 3 : la 2C40, la 211/VT4C, la 811, et dans une moindre mesure la 845 sont des
ficateurs ou inverseurs de phase, on doit triodes de puissance pouvant fonctionner avec des tensions de grille positives, ce
fonctionnement leur assure une linéarité remarquable au détriment de la puissance
fuir comme la peste ce courant de grille, demandée à la source ; c’est pour cette raison que l’on pilote souvent ces tubes par
source de distorsions et de perturbations des tubes de petite puissance. La 845 et la 811 sont toujours fabriquées de nos jours.
diverses. Ce principe élémentaire qui
consiste à ne jamais faire travailler un modernes. D’où pas mal de mauvaises commande à + 5 V. Le courant d’anode
tube au-delà du -1 V fatidique semble surprises. Mais n’anticipons pas ! «Ia» grimpe allègrement jusqu’à 30 mA.
d’ailleurs avoir été oublié par beaucoup Continuons notre expérience. Portons Du côté du courant de grille «Ig», les
de concepteurs d’amplificateurs froidement le potentiel de la grille de choses se corsent : le courant grimpe

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ET SI ON PARLAIT : «TUBES»
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Figure 4 : courbe rarement publiée. En pointillés le courant Figure 5 : tube 12U7. Ce tube qui ressemble comme deux
de grille correspondant à la tension positive de grille. Les gouttes d’eau à une vulgaire 12AU7 a partout une particularité
courbes sont tracées en employant la technique des impul- remarquable : il est prévu pour fonctionner avec une haute
sions. Remarquez que plus le courant de grille diminue plus tension de 12 V sur son anode. La 12U7 était employée comme
la tension d’anode augmente ce qui est normal, la vitesse préamplificatrice BF dans les autoradios à tubes des années
des électrons augmente lorsque la tension de plaque grim- 50. Son cœfficient d’amplification est un honnête «20», pour un
pe, la grille en capte alors de moins en moins.

courant de 1 mA, sa pente est de 1,6 mA/V et sa résistance
interne de 12,6 k ... Pas de quoi épuiser la batterie !...

jusqu’à 4 mA. Ramenez vite la grille à 0 V +30 V et une tension de plaque de 100 V, à l’époque du noir et blanc pour la trans-
car le tube ne supporterait pas long- le courant de grille aurait grimpé à près mission des «tops» de synchronisation.
temps un tel traitement et réfléchissons de 50 mA. Inutile de vous dire qu’une Certains tubes construits spécialement
un peu. Que s’est-t-il passé ? telle intensité de courant va porter la possèdent une grille supplémentaire
Le changement de polarité de la grille de grille à l’incandescence. Adieu 12AU7!... polarisée positivement et placée entre la
commande a changé le sens du champ Et pourtant, il me faut signaler ici que cathode et la grille de commande afin
électrostatique entre la grille et la cathode. dans certains montages particuliers qui d’accélérer à grande vitesse les élec-
Lorsque la grille était négative, les élec- ne concernent pas l’audio mais la tech- trons de la charge d’espace. Ce procédé
trons regroupés dans la charge d’espace nique des impulsions, on utilise parfois a permis de construire des tubes desti-
étaient plus ou moins repoussés dans des tubes comme la 12AU7 avec des nés aux autoradios dont la haute tension
cette dernière mais en changeant la courants de grille de cet ordre mais pen- d’anode ne dépassait pas 12 V (figure 5).
polarité, donc le champ électrostatique, dant des temps très courts, de l’ordre de Mais revenons à l’utilisation honnête
les électrons vont au contraire être accé- la micro-seconde afin que la grille n’ait d’une brave triode lambda.
lérés par la grille et traverser cette der- pas le temps de s’échauffer.
nière à grande vitesse et en grand C’est d’ailleurs de cette manière en utili- POUR RÉSUMER
nombre. Cependant la grille étant deve- sant des impulsions qu’ont pu être tracé
nue positive, elle va se comporter les courbes de la figure 4, en relevant les Ne jamais faire fonctionner un tube avec
comme une anode pour les électrons courants instantanés de grille et d’ano- une tension de polarisation inférieure à
passant au plus près de ses mailles. Un de. Ces courbes sont très rarement -1 V. Nous verrons ultérieurement que la
courant va donc s’établir, proportionnel à publiées et ne sont pas d’une grande uti- tension de polarisation plus le signal
la tension positive de la grille. Certains lité pour les audiophiles que nous alternatif à amplifier ne doivent pas
tubes sont construits spécialement pour sommes, mais étaient primordiales à dépasser cette tension de -1 V.
supporter des courants de grille impor- l’époque des ordinateurs à tubes où des
tants (les tubes d’émission en particulier dizaines de milliers de ceux-ci devaient • NE JAMAIS FAIRE
qui peuvent fonctionner en grille positi- réagir hyper-rapidement aux trains d’im- FONCTIONNER...
ve), figure 3, mais notre pauvre 12AU7 pulsions numériques (figure 1). Toujours un tube en grille positive car la grille sou-
qui n’est pas conçue pour cela va voir sa dans cette même optique le fonctionne- mise au bombardement des électrons
grille rougir. Si on avait poussé l’expé- ment de tubes de type 12AU7 en impul- qu’elle capte s’échauffe et risque d’être
rience avec une tension de grille de sions positives a été utilisé en télévision détruite.

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LA TRIODE MARTYRISÉE
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ce qui, comme vous le savez, est consti-


Figure 6 : réseau de caractéristiques statiques de la 12AU7/ECC82
Ia = f(Vg) à Va constante tuée par cette foule d’électrons émis par
la cathode, donc négative. La grille va se
charger négativement jusqu’à atteindre
pratiquement le potentiel négatif du
nuage électronique. A ce moment elle
aura la possibilité de repousser la quasi-
totalité des électrons dans la charge
d’espace, le tube va se bloquer ; c’est
pourquoi il est toujours nécessaire de
réunir la grille à la cathode afin de per-
mettre aux charges négatives accumu-
lées sur cette dernière de s’écouler dans
le circuit. En pratique, on réunit toujours
la grille à la cathode à l’aide d’une résis-
tance dite de «fuite de grille» de l’ordre
de plusieurs centaines de milliers
d’ohms. La présence de cette résistance
dans le circuit présente un autre avanta-
ge : dans le cas où on serait amené acci-
dentellement, ou parfois volontairement,
à appliquer des tensions positives sur la
grille, la résistance placée en série dans
le circuit va limiter le courant de fuite de
la grille à des valeurs non dangereuses
pour cette dernière. Mais attention : la
En règle générale, tout courant de grille Avant de vous parler des caractéris- valeur de cette résistance ne sera pas
«Ig» absorbe de la puissance, ce qui fait tiques fondamentales de la triode, il nous choisie au hasard car il y a toujours un
perdre un des avantages majeurs des faut faire une dernière expérience... faible courant de grille qui circule dû aux
tubes sur les semi-conducteurs, qui est de électrons égarés qui heurtent les mailles
ne demander aucune puissance à la sour- • LA GRILLE FLOTTANTE du filet.
ce du signal à amplifier. La présence d’un Déconnectons la source de tension de la Qui dit courant dans une résistance dit
courant de grille va rendre la variation du grille ; on dit à ce moment que la grille est chute de tension dans cette dernière,
courant anodique «Ia» non proportionnelle «en l’air» ou «flottante». Portons la ten- d’après la célèbre loi d’ohm : U=R.I (U en
à la variation de la tension de grille «Vg» sion de la plaque «Va» à 100 V, le courant volts, R en ohms, I en ampères). Plus la
(surtout lorsque «Vg» devient très positi- de la plaque «Ia» va grimper et se stabili- résistance aura une valeur élevée, plus la
ve) : c’est une source de distorsions. ser comme précédemment à 11 mA. tension à ses bornes grimpera et la ten-
De toute façon, les tubes que nous utili- Evidemment, me direz-vous, le tube est sion produite s’ajoutera à la tension nor-
sons en audio ne sont pas construits comparable à une diode, la grille ne sert male de polarisation de la grille «Vg», fai-
pour supporter en permanence un cou- plus à rien. Pas si vite ! Pendant que sant changer le point de fonctionnement
rant de grille. En règle générale, évitez de nous discutions, le courant «Ia» a bougé. du tube donc le courant «Ia» dans le cir-
porter les grilles à un potentiel positif, Regardez le milliampèremètre. Curieux ! cuit du tube. Ce changement de polari-
sauf pendant un temps très court (fonc- L’intensité «Ia» descend ! 10 mA, 8 mA, sation incontrôlable sera une source
tionnement en classe AB2). 6 mA. supplémentaire de distorsions et c’est
Dans certains cas, avec des tubes spé- Que se passe-t-il ? Les lois de l’électro- pour cela que pour les tubes de puissan-
cialement construits pour cet usage, le nique sont-elles mises en défaut ? Bien ce en particulier on limite la valeur de la
fonctionnement avec grille positive per- au contraire ! Il faut raisonner ici en résistance de fuite de grille à des valeurs
met d’atteindre des rendements très éle- termes de charge d’espace. Le dévelop- parfois très basses, ce qui n’est pas sans
vés. C’est le cas des tubes d’émission et pement mathématique est assez com- poser des problèmes aux circuits d’at-
en particulier les célèbres 211/VT4C et plexe mais sachez que la grille en l’air se taque. Nous étudierons tout cela plus
845 utilisés en audio (figure 3). charge au potentiel de la charge d’espa- tard dans le détail.

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ET SI ON PARLAIT : «TUBES»
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pauvre tube torturé avec sa grille positive,


Figure 7 : courbe de variation du cœfficient d’amplification «µ» pour
différentes valeurs de «Ia». ou en l’air ! Patience ! On y arrive, mais
déjà notre petite expérience vous a appris
quelque chose : un tube, c’est bougre-
ment solide vous ne croyez pas ?...
Non, non, je ne me moque pas de vous,
mais j’essaie de différer le plus possible
la suite de mon propos, car il va encore
falloir faire quelques essais, et ... Aie !...
Utiliser quelques petites (toutes petites !
rassurez-vous) formules mathématiques
élémentaires. Ceci afin de vous per-
mettre de jongler avec n’importe quel
tube choisi parmi les trente mille réfé-
rences à votre disposition !
Combien de références ? Oui, euh...
30 000, à peu près ! Au fond, c’est peu
comparé aux centaines de milliers de
références de transistors et de circuits
intégrés. Rassurez-vous vous n’aurez pas
à utiliser 30 000 tubes pour créer l’ampli-
ficateur qui vous permettra d’écouter vos
disques ou vos CD préférés.
En audio, on utilise régulièrement une
lignes droites (ce sont des arcs de para- cinquantaine de références, toujours les
ET MAINTENANT... PASSONS boles) ; nous verrons plus tard que c’est mêmes qui ont été, soit créées spéciale-
AUX CHOSES SÉRIEUSES là la cause majeure des distorsions qui ment pour cet usage, soit qui sont choi-
affectent les circuits électroniques. sies pour leurs qualités dites «subjec-
Munissez-vous d’une feuille de papier mil- Deuxième remarque : plus la tension tives», mais qui sont en réalité des quali-
limétré et, avec beaucoup de patience, je «Va» est élevée, plus le courant «Ia» tés bien physiques, et absolument quan-
vous propose de tracer ce qu’on appelle s’établit rapidement pour des valeurs de tifiables.
le réseau de caractéristiques statiques de plus en plus importantes de «Vg». («Va» Tout ceci c’est pour vous faire com-
notre 12AU7/ECC82. Pour ce faire, vous = 100 V : «Ia» démarre à -7,5 V ; pour prendre que si vous le désirez et si vous
allez fixer la tension de plaque «Va» à une «Va» = 150 V : «Ia» démarre à -11 V ; «Va» maîtrisez bien les quelques paramètres
valeur fixe, par exemple 100 V. = 200 V : «Ia» démarre à -15 V). Ces qui vont suivre, vous pourrez utiliser pra-
Puis vous ferez varier la tension de grille valeurs de «Vg» : -7,5 V, -11 V, -15 V sont tiquement n’importe quel tube (et en
à partir de -10 V. Vous verrez alors que le appelées les tensions de blocage du particulier des triodes) pour «faire» de la
courant «Ia» commence à apparaître tube (tension de cut off en bon franglais). musique avec des résultats il est vrai
pour une tension «Vg» de -7,5 V. Relevez Sachez d’ores et déjà que tout le jeu va plus ou moins heureux. Tous les tubes
pour chaque valeur de la tension «Vg» la consister à faire fonctionner notre tube électroniques quels qu’ils soient ont en
valeur du courant «Ia». Vous obtiendrez au-delà de ce point de cut off, ce qui est commun le même principe de fonction-
alors une courbe «Ia» =f (Vg) (f signifie logique, en fixant sa polarisation pour un nement : une forte variation du courant
fonction de...) à «Va» = constante. fonctionnement correct vers le milieu de d’anode pourra être contrôlée par une
Vous recommencerez l’opération pour la caractéristique, là où elle ressemble le faible variation de la tension de la
plusieurs valeurs de «Va» ; par exemple plus à une droite (par exemple si «Va» = grille de commande... C’est ce que l’on
150 V, puis 200 V, sans jamais dépasser 200 V, on choisira une polarisation à appelle : l’amplification.
pour «Ia» 15 mA : il est inutile de tuer -7 V). On dira alors que le tube fonction-
votre tube. Vous obtiendrez alors le ne en classe A (figure 6). • L’AMPLIFICATION
réseau de la figure 6. Pourquoi me regardez-vous comme C’est certainement la caractéristique la
Deux remarques s’imposent immédiate- cela ? Je vous sens frustré ! Tout cela plus importante d’un tube électronique.
ment : ces courbes ne sont pas des c’est bien joli, les petites courbes, notre Reprenons voulez-vous la famille de

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LA TRIODE MARTYRISÉE
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courbes que «vous» avez tracées en par- tension grille nécessaires pour main- tions de travail du tube, c’est pour cela
tant de notre petit montage (figure 6). Ce tenir le courant anodique à une valeur qu’il faut toujours préciser à quelle ten-
sont les courbes «Ia» = f(Vg) à «Va» constante». sion de plaque, de grille, et à quelle
constante. J’ouvre ici une parenthèse car Ceci c’est la définition officielle (et exac- intensité il a été mesuré.
j’entends les puristes bougonner ; c’est te) qui peut se traduire plus physique- Reportez-vous aux caractéristiques offi-
vrai, ce n’est pas avec cette famille de ment de la façon suivante : cielles de la 12AU7/ECC82 que nous
courbes que l’on fait habituellement la «Le cœfficient d’amplification est le avons publiées dans la dernière causerie,
démonstration, mais, au risque de leur rapport des variations des tensions vous constaterez que pour deux utilisa-
déplaire, cette approche est beaucoup d’anode et de grille qui provoquent la tions différentes, «µ» est de 20 dans un
plus simple. même variation du courant anodique». cas et de 17 dans l’autre.
Prenons une valeur de courant, par Ce qui veut dire strictement la même Rien ne nous empêche de choisir un
exemple 5 mA et regardons la courbe chose ; cela s’écrit : autre point «Ia» sur le réseau de caracté-

∆Va
correspondant à la tension d’anode ristiques statiques de la figure 6, par

∆Vg
«Va» = 150 V. Nous voyons que pour éta- µ = —— exemple 10 mA au lieu de 5 mA.
blir le courant de plaque à 5 mA, il nous En reproduisant le calcul

∆Va
faut fixer la polarisation de la grille de à «Ia» = constant

∆Vg
commande du tube à -5 V. Augmentons µ (qui se prononce MU) est parfois rem- µ = —— pour Ia = 10 mA
maintenant la tension d’anode sans tou- placé par la lettre «K».
cher à la tension de la grille, par exemple «∆» (Delta) signifie : «faible variation». nous obtiendrons une autre valeur de «µ».
à 200 V. Pourquoi faible ? Tout simplement parce On pourra donc tracer la courbe de varia-
Le courant va grimper, c’est logique jus- que les caractéristiques étant des arcs tion de «µ» en fonction du courant «Ia» :
qu’à 11,5 mA. Que faire pour ramener le de paraboles, on choisit une faible varia- c’est la courbe de la figure 7. Or dans la
courant à sa valeur de 5 mA ? Comme tion de «Va» et de «Vg» sur une portion pratique, pour simplifier les calculs, beau-
vous avez bien compris le fonctionne- de courbe que l’on peut assimiler à une coup de théoriciens du tube considèrent
ment d’une triode, vous me répondrez : droite. que les courbes de la caractéristique sta-
en rendant la grille plus négative. Bravo ! Ce cœfficient «µ» est fondamental, c’est tique sont des droites également espa-
Vous avez raison : allez-y, agissez sur la un nombre pur, c’est en quelque sorte cées et inclinées. Dans ce cas il est bien
tension de la grille en surveillant «Vg» et l’identité du tube. Ce coefficient d’ampli- évident que «µ» n’est plus variable mais
«Ia»... Vous y êtes, «Ia» a diminué et se fication pour les triodes est générale- constant. C’est faux, mais on ferme les
stabilise à 5 mA ; pour quelle tension de ment de l’ordre de quelques dizaines yeux. On verra plus loin dans notre étude
grille ? Un peu plus de - 8 V, exactement (12AT7/ECC81 : µ = 60) (6DJ8/ECC88 : que beaucoup de différences dites «sub-
-8,25 V. µ = 33) (12AX7/ECC83 : µ = 100). Nous jectives» dans la transmission du son
Si nous avions fait l’inverse, c’est-à-dire verrons plus tard que les pentodes attei- entre différents amplificateurs et surtout
en partant de -8,25 V avec «Va» = 200 V gnent des «µ» de plusieurs milliers. préamplificateurs viennent de cette
et en portant la tension de grille à -5 V Maintenant nous allons le calculer au approche trop élémentaire dans l’appré-
(donc en l’augmentant vers les valeurs point que nous avons choisi pour notre ciation de la variation du cœfficient d’am-
positives), il nous aurait fallu réduire la 12AU7 plification en fonction du point de fonc-
tension «Va» à 150 V pour conserver ∆Va = 50 V ; ∆Vg = 3,25 V pour Ia = 5 mA tionnement choisi pour les tubes dans un
notre courant constant à 5 mA. µ = 50/3,25 = 15,38. circuit donné. En résumé «µ» représente le
On peut donc dire qu’une variation de la Le «µ» officiel de la 12AU7 est de 17 ; gain maximum en tension que l’on peut
tension de grille de 8,25 - 5 = 3,25 V si pourquoi cette différence ? Uniquement obtenir d’un tube donné. En pratique, le
«Va» était restée identique, aurait entraî- parce que nous avons choisi des varia- gain réel est toujours inférieur au gain
né la même variation de courant qu’une tions ∆Va et ∆Vg trop grandes (pour vous maximum théorique. Mais continuons nos
variation de la tension de plaque de faire comprendre le processus). Nous expériences voulez-vous ?
200-150 = 50 V si «Vg» avait été mainte- sommes donc tombés dans le piège de
nue constante. En d’autres termes, voici la courbure des caractéristiques. Si nous LA RÉSISTANCE INTERNE
la définition exacte du coefficient d’am- avions choisi un ∆Va et un ∆Vg beaucoup (figure 8) ρ = f (Ia)
plification d’un tube : plus petit, nous nous serions rapprochés
«Le cœfficient d’amplification est le de cette valeur de µ = 17 sans jamais C’est le second facteur fondamental
rapport entre les variations de la ten- l’atteindre car il faut savoir que cette qui va nous permettre de compléter la
sion de plaque et les variations de la valeur de «µ» eut changé selon les condi- carte d’identité de notre tube. Récupérez

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ET SI ON PARLAIT : «TUBES»
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Figure 8 : courbe de variation de la résistance interne «ρρ» en fonction du courant d’anode Souvenez-vous : nous avions calculé la
«Ia», remarquez la non linéarité et la décroissance importante de «ρ ρ» des petites valeurs de résistance interne d’une diode en préci-
«Ia» vers des valeurs plus importantes, ceci est dû à la courbure importante de la caracté-
ristique «Ia» = f(Vg) fig 6 lorsque l’on se rapproche du point de «cut off» du tube. Au «cut sant bien qu’un tube n’était pas fait pour
off» plus aucun courant ne circule dans le tube, la résistance interne tend alors vers l’infini. être exposé sur une étagère et que sa
résistance dite «statique» ne servait à
rien (sauf à calculer le courant traversant
un tube au repos). Ce qui est vrai pour la
diode l’est encore plus pour notre triode
qui est un tube amplificateur et qui va
donc «voir» en permanence des tensions
variables à amplifier.
Documentairement, nous allons tout de
même calculer la «résistance statique»
de notre tube à un point donné.
Par exemple, sur notre famille de
courbes figure 6, reprenons pour «Vg» =
-5 V et «Va» = 150 V, le courant stabilisé
à 5 mA (0,005 A). Appliquons la sempi-
ternelle loi d’Ohm sans laquelle l’électro-
nique n’existerait pas :
U = R.I

Nous savons que R = U/I (R en , U en V,
I en A). Donc au point considéré :
R = 150/0,005 = 30 000 Ω
Si vous déclarez à cet instant : la résis-
tance interne de ma triode est de

30 000 , vous avez tout faux ! Et vous
risquez d’avoir de très mauvaises sur-
prises lorsque votre ampli se mettra à
fumer ! En effet, la «résistance dyna-
mique» du tube a une valeur bien diffé-
rente ; voyons un peu cela.
Conservons la valeur de «Vg» = -5 V et
augmentons la tension «Va» jusqu’à
200 V. Comme prévu, le courant «Ia» va
Figure 9 : cour- passer de 5 mA à 11,5 mA. Donc à «Vg»
be de variation
de la pente S = constante (-5 V) une variation de «Va»
(en mA/V) en de 50 V entraîne une variation de courant
fonction du cou- de 11,5 - 5 = 6,5 mA. C’est le quotient de
rant anodique
«Ia». A l’inverse ces deux variations qui va définir la
de la résistance «résistance dynamique» du tube. Dans
interne la pente notre exemple :
augmente avec
le courant ano- R dynamique = 50/0,0065 = 7 692 . Ω
dique. Valeur bien plus faible que la résistance
statique de 30 000 Ω (vous comprenez
pourquoi votre ampli fume ?). D’où la défi-
nition de la résistance interne d’une triode.
«La résistance interne d’une triode est
le quotient d’une petite variation de
le numéro 176 de la revue si vous ne nous nous ferons un plaisir de vous en tension anodique par la variation de
l’avez pas jeté (dans le cas contraire «vendre» un autre !). courant correspondante du courant

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LA TRIODE MARTYRISÉE
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de plaque, la tension de la grille de ristiques, cette résistance peut avoir une que la valeur de la pente augmente à
commande restant constante». Ω
valeur de 100 k par exemple pour une mesure que «Ia» augmente (donc pour
Cela s’écrit : 12AX7/ECC83 et peut prendre une valeur des valeurs de «Vg» se rapprochant de

∆Va
très faible pour des triodes de puissance zéro) et diminue à l’inverse pour des
ρ = ——
∆Ia
pour Vg = Cte Ω
(de 200 à 1 000 ). valeurs négatives.
Et maintenant complétons la fiche signa- A propos de la pente, les anglo-saxons
ρ (qui se prononce rhô) étant la résistan- létique de notre triode en parlant du troi- utilisent le terme : «transconductance»
ce interne dynamique du tube exprimée sième facteur fondamental : qu’ils notent «Gm» et dont l’unité est le

en (ohms). «mho». Cette unité bizarre que ne renie-
Attention, nous avons écrit : «petite • LA PENTE (figure 9) S = f (Ia) rait pas un jeune rappeur opérant dans le
variation de tension anodique». Lorsque nous avons parlé du coefficient 93 est tout simplement le terme «Ohm»
Toujours dans le but de vous faire com- d’amplification, nous vous avons précisé épelé à l’envers !
prendre le processus, nous avons choisi qu’il s’agissait d’un nombre pur ; on Je vous rassure tout de suite, il y a une
une variation de tension de 50 V, ce qui pourrait comparer cela à l’approche élé- logique dans tout cela. En effet :

∆Ia
est beaucoup trop (ces damnées mentaire de l’appréciation d’un individu.

∆Vg
courbes ne sont pas toujours des Vous pouvez dire : cet homme est fort S = —— , or
droites). Il nous aurait fallu choisir une mais vous n’avez aucune référence vous
plus petite variation de tension pour permettant d’apprécier ni sa force ni sa c’est juste l’inverse de la loi d’Ohm
obtenir une valeur rigoureusement exac- taille.
te (7 000 Ω pour le 12AU7), cela dit La pente d’un tube va exprimer numéri-
U
Ω Ω
R=— c’est tout !
7 000 et 7 692 sont des valeurs quement la propriété fondamentale de la I
assez proches. Pourquoi ? Parce que triode : sa capacité à contrôler un grand
mathématiquement on démontre que la courant de plaque par une petite varia- Malheureusement le «mho» est trop
pente de la courbe caractéristique est la tion de la tension de grille. grand. Dans notre exemple au point
tangente de l’angle qu’elle forme avec Examinons de nouveau nos courbes choisi, notre 12AU7 a une pente :
l’axe horizontal. Sur notre famille de figure 6 «Ia» = f(Vg) à «Va» constante. S = 2,2 mA/V
courbes on peut donc considérer qu’au Plaçons-nous sur la courbe «Va» = 150 V Ce qui représenterait en «mho» :
point choisi les courbes «Va» = 200 V et à «Vg» = -5 V, le courant «Ia» est de Gm = 0,0022.
«Va» = 150 V sont à peu près parallèles 5 mA.
donc que leur pente peut être considérée Réduisons la tension «Vg» de 1 V, passons Ce «mho» a quelque chose de vexant, il
comme identique (pour les mathémati- donc à -4 V. Comme prévu, on enregistre est beaucoup plus compliqué à écrire
ciens : «ρ» est la cotangente de l’angle une augmentation du courant «Ia» qui que notre «S» à nous suivi du terme
formé par «Va» et l’axe horizontal, «ρ» est passe de 5 mA à 7,2 mA soit une aug- «mA/volt». Les anglo-saxons ont donc
donc l’inverse de la pente). En partant de mentation de 2,2 mA, on dira que la pente adopté une unité plus petite qui est le
cette constatation on peut considérer du tube à ce point est de 2,2 mA par V. «micromho» qui s’écrit «µmho».
que sur les parties à peu près droites des Ce qui peut s’énoncer de la façon sui- Du coup notre 12AU7 aura une transcon-
caractéristiques la valeur de la résistance vante : ductance de :
dynamique est la même pour une large «La pente est le quotient d’une petite Gm = 2 200 µmho.
plage de travail du tube. variation de courant anodique par la Si vous divisez par 1 000 vous retombe-
Attention ! Je dis bien : «dans la plage variation correspondante de la tension rez sur : S = 2,2 mA/V.
de travail du tube» de grille à tension d’anode invariable», Si je vous parle de cela c’est que vous
Dès que l’on arrive dans la portion cour- et cela s’écrit : trouverez le terme Gm en µmho dans

∆Ia
be de la caractéristique (figure 6) il n’y a tous les recueils de caractéristiques

∆Vg
plus de tangente ou de cotangente qui S = —— en mA / V anglo-saxons.
tienne !... La résistance interne grimpe Bon ! C’est pas tout ça, vous commen-
très vite. à Va = constante. cez à avoir une indigestion mais il faut
Nous verrons plus tard qu’en audio dite tout de même terminer avec les para-
«subjective» on se sert de ce phénomè- La caractéristique n’étant pas une droite mètres, car on en parlera tout le temps,
ne. Soyez patients ! mais un arc de parabole, vous pouvez mais promis, juré, on ne reviendra pas
Dans la plage de travail normale c’est-à- vous amuser à faire le calcul en différents sur leurs définitions. Encore un petit
dire dans la partie «droite» des caracté- points de la courbe. Vous constaterez effort s’il vous plaît.

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ET SI ON PARLAIT : «TUBES»
© La reproduction et l’utilisation même partielle de tout article extrait de la revue Electronique Pratique sont interdites - LED 178

Figure 10 : courbes de variations des trois fac-


ρ» et S en fonction du courant «Ia» pour
teurs µ, «ρ LES RELATIONS
une tension de plaque précise, ici 250 V. Comme FONDAMENTALES
ENTRE µ, ρ ET S
vous pouvez le constater les «constantes» ne
sont pas des «constantes» loin s’en faut !...

Des paramètres isolés, c’est parfait, ils


définissent en quelque sorte la carte
d’identité de notre tube, mais là où cela
devient passionnant, c’est de savoir que
quelques formules extrêmement simples
les lient entre eux. La démonstration
mathématique est simple elle aussi, mais
nous ne la reproduirons pas ici car elle
alourdirait inutilement notre propos, qui
est de vous donner les éléments pra-
tiques de l’utilisation des tubes électro-
niques.
Sachez que le cœfficient d’amplification
d’un tube est égal au produit de la résis-
tance interne ρ (rhô) exprimée en ohms
Figure 11 : 1957, naissance de la


grille cadre avec la ECC88/6DJ8.
Dès 1958 arrivent sur le marché les ( ) par la pente exprimée en mA/volt.
équivalences industrielles E88CC,
E188CC aux caractéristiques légère- Cela s’écrit :

µ = ρ.S.
ment différentes. Ici la 6922 encore
construite de nos jours qui équipe
les trois quarts de nos préamplis et
amplificateurs. A l’origine ces tubes
ont été mis au point pour un fonc- Il en découle que la résistance interne ρ
tionnement en cascode dans les
tuners télévision VHF et UHF. En
d’un tube exprimée en Ω
est égale au
audio un tri sévère est obligatoire, quotient du coefficient d’amplification µ
ces tubes sont malheureusement par la pente S en milliampères par volt :
La Radiotechnique : Coprim - R.T.C. souvent microphoniques.
ρ = µ/S

Figure 12 : caractéristiques statiques d’anode I = f(Va) à Vg = constante.


Ce sont ces courbes que nous utiliserons désormais pour faire de la De même, la pente S (en mA/volt) est
musique avec nos tubes. En pointillés la courbe de dissipation maxi- égale au quotient du cœfficient d’amplifi-
mum à ne pas dépasser afin de ne pas tuer notre tube.
cation µ par la résistance interne ρ en : Ω
ρ
S = µ/ρ

Ce sont les trois formules fondamentales


de «tous» les tubes électroniques, quel
que soit le nombre d’électrodes : rete-
nez-les par coeur, c’est fondamental (et
simple !) : ce qui fait dire à certains philo-
sophes de l’électronique qu’avec la loi
d’Ohm : U = R.I et la formule magique :

µ = ρ.S.

On peut tout créer ! C’est presque vrai...


en théorie !
La Radiotechnique : Coprim - R.T.C. Car attention comme nous venons de le

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LA TRIODE MARTYRISÉE
Toute demande à autorisation pour reproduction, quel que soit le procédé, doit être adressée à la société éditrice TRANSOCEANIC - LED 178

voir, ces constantes µ, ρ et S ne sont pas sont pas non plus équidistantes ; et s’il La résistance interne sera plus faible,
des constantes, si j’ose m’exprimer fallait faire intervenir la loi de Child- ainsi malheureusement que la pente S et
ainsi ! Elles ne sont constantes que pour Langmuir, et intégrer la notion d’arcs de le cœfficient d’amplification «µ». C’est la
un point précis et unique de notre tube. paraboles semi cubiques dans les cal- quadrature du cercle ! D’où les astuces
La figure 10 en est l’illustration parfaite, culs, il y aurait de quoi déclencher une de constructions diverses ; la grille cadre
pour tracer ces courbes on a fixé la ten- méningite à l’ordinateur le mieux disposé. en particulier qui a permis de rapprocher
sion d’anode de la 12AU7 à 250 V puis En plus, cela ne servirait strictement à rien simultanément la grille et l’anode de la
on a fait varier la tension de grille de 0 à car les courbes caractéristiques d’un tube cathode, donc d’obtenir des tubes à fort
-20 V, d’où la courbe «Ia» qui représente sont issues d‘une moyenne établie à tra- cœfficient d’amplification, à forte pente
la variation du courant en fonction de la vers une centaine d’individus testés. Alors et à résistance interne faible (ECC88,
tension de grille. Vous constaterez en pour les calculs on a une fois pour toutes EC86, EC88, etc...) figure 11.
vous déplaçant de 0 à -20 V que les adopté la notion de réseau idéalisé. Grâce à cette grille cadre on arriva dans
valeurs de ρ, µ(k) et S varient dans des Nous en parlerons lors de la prochaine les années 60 à atteindre des pentes de
proportions non négligeables. causerie. 30 à 40 mA/volt dans des petits tubes
Dans les recueils de caractéristiques amplificateurs de tension ce qui présen-
vous trouverez ces valeurs de µ, ρ et S • DE QUOI DÉPENDENT µ, ρ ET S te d’énormes avantages (on verra cela
pour une valeur bien précise de la haute La valeur des paramètres µ, ρ et S plus tard), mais attention ne pas
tension Ua, de la polarisation -Ug, et du dépend essentiellement de la construc- confondre la pente d’un tube avec son
courant débité à ce point : «Ia». Je vous tion mécanique du tube, et de sa géo- aptitude à délivrer de la puissance
rassure tout de suite : le constructeur a métrie. (c’est une erreur communément faite).
choisi là un point de fonctionnement Si vous nous avez suivi depuis le début, Cela n’a rien à voir, c’est même parfois
moyen correspondant à une utilisation vous comprendrez qu’en fonction du incompatible. Mais ne brûlons pas les
standard de son tube. Malheureusement principe même d’un tube électronique, étapes. Nous en resterons là pour
ce point moyen n’est pas nécessaire- en admettant que le vide à l’intérieur de aujourd’hui après cet exposé un peu
ment le point de fonctionnement optimal l’enveloppe soit quasi parfait, les fac- austère (il faut bien être sérieux de temps
au sein d’un circuit donné, d’où les mau- teurs suivant vont être déterminants : en temps !). Pour terminer, voici un petit
vaises surprises de bien des débutants, exercice, nous allons tracer un autre
et de certains constructeurs «hâtifs» en * La surface émissive de la cathode et réseau de caractéristiques c’est celui
terme de bande passante, distorsions et sa température que nous utiliserons dorénavant).
perturbations diverses qui altèrent un De ce facteur dépendra l’alimentation en C’est le réseau «Ia» = f(Va) à «Vg» =
grand nombre d’amplificateurs. électrons de la charge d’espace. constante (figure 12). Pour ce faire, nous
Je vois ici certains lecteurs, qui ont déjà * La distance cathode/anode. allons choisir plusieurs valeurs de «Vg»
«tâté» du tube électronique (avec sou- * La distance cathode/grille en partant de zéro (0 V-2,5 V-5 V-7,5 V-
vent d’excellents résultats) se gratter la Plus la grille sera proche de la cathode, etc) et pour chaque valeur de «Vg» que
tête avec perplexité. plus son action de contrôle sur la charge nous garderons constante, nous relève-
Mais alors me diront ceux-ci : les pages d’espace sera importante, de même que rons toutes les valeurs de «Ia» en faisant
noircies de calculs savants, démontrant * Le pas de la grille et le diamètre du fil varier «Va» de 0 à 400 V par exemple.
que tel circuit fonctionne mieux que tel de grille Attention ne dépassez jamais la courbe
autre, est-ce un simple jeu de l’esprit, ou En agissant sur tous ces facteurs, le en pointillés qui apparaît sur la figure 12,
bien est-ce totalement inutile ? Bien sûr constructeur d’un tube peut faire varier c’est la courbe de dissipation maximum
que non ! Mais tout électronicien sérieux ses propriétés, quasiment à l’infini ; de la 12AU7 que je vous apprendrai à
vous dira que ces calculs ne sont utiles cependant il n’est absolument pas maître tracer dans le prochain numéro où nous
que pour dégrossir l’approche d’un cir- des relations liant les paramètres entre commencerons à jouer et à jongler avec
cuit donné et qu’en aucun cas ils ne don- eux. Par exemple, en augmentant le pas tous les coefficients dont nous avons
neront une réponse précise sur l’en- de la grille, ce qui revient à écarter les parlé aujourd’hui afin de faire fonctionner
semble des facteurs intervenants. mailles du filet, les électrons seront notre tube en amplificateur.
Pourquoi ? Tout simplement parce que moins influencés par cette dernière et En attendant, je vais me servir un verre et
les constantes sont «variables», et pour- l’influence de la tension d’anode sera allumer la télévision... pour changer un
quoi ces constantes varient-elles, tout plus importante, donc le courant : peu !...
simplement parce que les caractéris- A bientôt.
Ia = f (Ua).
tiques ne sont pas des droites, elles ne Rinaldo Bassi

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