Institut COFID Année Académique 2025 - 2026
Filière : IDE, SF, ATS
Niveau : Licence 3
Enseignant : Dr Valentin BASGA
COURS D’UROLOGIE / NEPHROLOGIE
PLAN DU COURS
Chapitre 1 : Introduction et Rappel Anatomique en Urologie/Néphrologie
Chapitre 2 : Etude Sémiologique en Urologie/Néphrologie
Chapitre 3 : Rétention Aigue d’Urine (RAU)
Chapitre 4 : Adénome de la prostate ou Hypertrophie Bénigne de la
Prostate
Chapitre 5 : Cancer de la Prostate
Chapitre 6 : Insuffisance Rénale Aigue
Chapitre 1 : Introduction et Rappel Anatomique en
Urologie/Néphrologie
I. Introduction en Urologie/ Néphrologie
L’Urologie : est une discipline médico-chirurgicale qui, traite des
maladies de l’appareil urinaire masculin et féminin, puis de l’appareil
génital masculin.
Exemple : Rétention Aigue d’Urine, Cancer de la prostate
La Néphrologie : est une spécialité médicale dédiée au
fonctionnement des reins, incluant la prévention, le diagnostic et le
traitement des maladies rénales
Exemple : Insuffisance rénale, Glomérulonéphrite
NB : L’objectif général en Urologie/Néphrologie est : de Veiller sur le capital
néphrotique en protégeant les reins et Assurer un confort mictionnel aux
patients
II. Rappel Anatomique en Urologie /Néphrologie
1) Situation de l’Appareil urinaire
L’appareil uro-génital est en grande partie contenu dans l’espace rétro-
péritonéal et sous-péritonéal.
Le rétro péritoine est une région située en arrière de la grande cavité
péritonéale. C’est un espace limité :
En haut par le diaphragme
En bas par le coccyx
En avant par le péritoine pariétal postérieur
En arrière par le plan ostéo-articulaire.
L’appareil urinaire est classiquement divisé en deux unités fonctionnelles
en continuité l’une avec l’autre : le haut appareil urinaire (bilatéral et
symétrique) et du bas appareil (unique et médian).
Le haut appareil urinaire est rétro-péritonéal et comprend ; les deux
reins et les uretères
Le bas appareil urinaire est sous péritonéale et contient ; la vessie,
l’urètre et la prostate chez l’homme
2) Anatomie des organes de l’Appareil Urinaire
a) Le Rein
Les reins sont au nombre de deux (droit et gauche). Ce sont des
organes « nobles » de l’organisme.
Le rein joue plusieurs rôles dans l’organisme tels que :
Rôle important dans l’équilibre du corps humain et dans le maintien
de l’homéostasie par la sécrétion et l’excrétion des urines,
Participent au métabolisme de l’eau, à l’élimination des déchets
toxiques provenant des différents métabolismes (notamment
catabolisme protidique), à l’équilibre acide-base, aux électrolytes,
glucose, calcium,
Glande endocrine avec le système rénine-angiotensine dans la
régulation de la tension artérielle, la sécrétion de substances
multiples comme l’érythropoïétine, rénine.
b) L’uretère
C'est un canal musculo-membraneux, cylindrique de 25 à 30 cm de long qui
fait suite au bassinet et s'abouche à la vessie sur sa face postérieure, au niveau du
trigone vésical par les méats urétéraux
c) La Vessie
De forme ovoïde, elle est située dans le petit bassin. C'est le réservoir dans
lequel s'accumule l'urine fabriquée en continu par les reins, dans l'intervalle
entre 2 mictions.
Chapitre 2 : Etude Sémiologique en Urologie/Néphrologie
1) La Diurèse
On parle de diurèse pour désigner le volume de la sécrétion urinaire (on peut
parler aussi de "débit urinaire").
La diurèse normale est comprise entre 800 et 1 500 ml par 24 heures (selon la
quantité d’eau absorbée). Certaines maladies peuvent s'accompagner d'une
anomalie du débit urinaire.
2) La polyurie
Augmentation de volume des urines émises par 24 heures, > 3 litres/jours
pour un adulte (et parfois beaucoup plus !)
On parle de syndrome polyuro-polydipsique quand la polyurie s’associe à une
soif impérieuse (ce qui est souvent le cas, la soif que l'on peut ressentir pour
compenser une diurèse de 8 litres par jour !).
3) Oligurie et Anurie
Diminution de la quantité d'urines émise par 24 heures. On parle généralement
d'oligurie lorsque la diurèse des 24 heures est inférieure à 500 ml, chez un
adulte· On parle d'oligo-anurie ou d'anurie lorsque la diurèse tombe au-dessous
de 100 ml par 24 heures
NB : Attention à ne pas commettre une erreur de langage très fréquente !
Un malade qui n'a pas uriné depuis 24 heures n'est pas forcément anurique.
Il peut s'agir aussi d'un blocage des mictions, on parle de rétention d'urine : le
débit urinaire existe, mais rien ne sort !
Donc avant de dire "anurie", demandez au malade s’il ressent l'envie d'uriner et
palpez bien la région hypogastrique à la recherche d'un globe vésical !
Il ne s'agit pas d'une petite nuance sémantique : le malade anurique sera pris en
charge dans un milieu néphrologique, le malade en rétention d'urine sera pris en
charge en milieu urologique
4) La Miction
La miction normale est volontaire, ne nécessite pas de poussée abdominale et
permet à la vessie de se vider complètement. La fréquence des mictions est
d’environ 4 à 6 fois par jour.
On peut remplir la vessie jusqu’à 500 à 600 ml, mais l’envie d’uriner est
ressentie à partir de 300 ml. Les anomalies de la miction recherchées par
l'interrogatoire sont les suivantes :
a) La Dysurie
Il s’agit d’un « trouble de la miction »
Les mictions sont lentes, pénibles, en plusieurs temps,
Diminution de la force et du calibre du jet
Il faut pousser pour uriner
Sensation de vidange incomplète de la vessie
b) Pollakiurie
Besoin anormalement fréquent d'uriner (> 6 mictions par jour) pour de
petites quantités à chaque fois (le patient urine souvent, un peu)
Le patient peut décrire une envie d’uriner permanente, non satisfaite par les
mictions répétées.
c) Brûlures mictionnelles
Ce sont des brûlures accompagnant la miction, dont la présence oriente vers
une pathologie urinaire.
d) Rétention Aigue d’Urine (RAU)
Impossibilité d'évacuer, en totalité ou en partie, l'urine contenue dans la
vessie. Quand la rétention d'urines est dite complète, toute miction est
impossible
e) Incontinence urinaire :
Perte d'urine involontaire ou inconsciente On distingue deux grands types
d’incontinence urinaire
Incontinence urinaire d’effort : Survient à l’occasion d’un effort
physique, à la toux et aux éternuements, fuite en jet, peu abondante, pas
de sensation de besoin préalable
Incontinence urinaire par urgences mictionnelles (ou par hyperactivité
vésicale) : immédiatement précédée d’un besoin urgent et irrépressible
d’uriner, perte d'urine en général abondante (totalité du contenu vésical).
Le patient toujours conscient de l'émission d'urine.
f) Impériosité mictionnelle : besoin urgent et irrépressible d’uriner
g) Nycturie : c’est une émission d'urine plus importante la nuit que le jour, à
l'inverse du rythme normal du débit urinaire
h) Hématurie macroscopique
La présence de sang en excès dans l'urine définie l'hématurie. L’hématurie est
macroscopique lorsque le sang colore l'urine en rouge, L’hématurie peut être
d’origine urologique ou néphrologique (atteinte glomérulaire).
i) Hématurie initiale
Coloration des urines plus marquée en début de miction. L’Origine plutôt urétro-
prostatique ou cervicale
j) Hématurie terminale
Coloration des urines plus marquée en fin de miction. Son Origine plutôt
vésicale
k) Hématurie totale
Coloration des urines constante au cours de la miction
l) Pyurie
Urines d’aspect trouble. Correspond à la présence de leucocytes altérés dans les
urines (pus)