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Exercice 3: Opérateur Coercif Dans Un Espace de Hilbert

Cet exercice traite des propriétés d'un opérateur coercif dans un espace de Hilbert, démontrant que si une application linéaire continue f satisfait à une condition d'inégalité, alors elle est une bijection de l'espace sur lui-même. La démonstration repose sur des résultats tels que l'inégalité de Cauchy-Schwarz, la fermeture de l'image de f, et l'absence d'éléments non nuls orthogonaux à cette image. En conclusion, un opérateur linéaire continu vérifiant la condition donnée est un isomorphisme de Hilbert.

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Exercice 3: Opérateur Coercif Dans Un Espace de Hilbert

Cet exercice traite des propriétés d'un opérateur coercif dans un espace de Hilbert, démontrant que si une application linéaire continue f satisfait à une condition d'inégalité, alors elle est une bijection de l'espace sur lui-même. La démonstration repose sur des résultats tels que l'inégalité de Cauchy-Schwarz, la fermeture de l'image de f, et l'absence d'éléments non nuls orthogonaux à cette image. En conclusion, un opérateur linéaire continu vérifiant la condition donnée est un isomorphisme de Hilbert.

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Exercice 3 : Opérateur coercif dans un espace de Hilbert

Rappels de cours
Définition 0.1 (Espace de Hilbert). Un espace de Hilbert E est un espace vectoriel p muni d’un
produit scalaire ⟨·, ·⟩ (ou (·, ·)) qui le rend complet pour la norme associée ∥x∥ = ⟨x, x⟩.
Définition 0.2 (Opérateur coercif). Une application linéaire continue f : E → E est dite
coercive (ou fortement monotone dans le cas réel) s’il existe α > 0 tel que

∀x ∈ E, ⟨f (x), x⟩ ≥ α∥x∥2 .

Ici, l’énoncé donne α = 1 : ⟨f (x), x⟩ ≥ ∥x∥2 .

Théorème 0.1 (Théorème de Lax-Milgram). Soit E un espace de Hilbert et a : E × E → K


une forme bilinéaire continue et coercive. Alors pour toute forme linéaire continue φ ∈ E ′ , il
existe un unique u ∈ E tel que a(u, v) = φ(v) pour tout v ∈ E.

Exercice 3
Soit E un espace de Hilbert réel ou complexe et soit f une application linéaire continue de
E dans E vérifiant :
∀x ∈ E, |(f (x), x)| ≥ ∥x∥2 .
Remarque : Dans le cas réel, la valeur absolue est superflue car la condition devient
(f (x), x) ≥ ∥x∥2 (car (f (x), x) est réel). Dans le cas complexe, on a seulement le module.

1. Montrer que pour tous x, y ∈ E, on a : ∥f (x) − f (y)∥ ≥ ∥x − y∥.


Solution détaillée. Soient x, y ∈ E. Posons h = x − y. Par linéarité de f ,

f (x) − f (y) = f (h).

On veut montrer ∥f (h)∥ ≥ ∥h∥.


D’après l’hypothèse sur f , on a pour tout z ∈ E :

|(f (z), z)| ≥ ∥z∥2 .

En particulier pour z = h :
|(f (h), h)| ≥ ∥h∥2 .
Par l’inégalité de Cauchy-Schwarz,

|(f (h), h)| ≤ ∥f (h)∥ · ∥h∥.

1
Ainsi,
∥f (h)∥ · ∥h∥ ≥ |(f (h), h)| ≥ ∥h∥2 .
Si ∥h∥ ̸= 0, on divise par ∥h∥ et on obtient ∥f (h)∥ ≥ ∥h∥.
Si ∥h∥ = 0, alors h = 0 et l’inégalité ∥f (0)∥ ≥ 0 est triviale.
Finalement, pour tous x, y ∈ E :

∥f (x) − f (y)∥ ≥ ∥x − y∥.

Interprétation : f est une isométrie de dilatation (expansion) : elle augmente strictement


les distances sauf si la différence est nulle.

2. En déduire que f (E) est une partie fermée de E.


Solution détaillée. Soit (yn )n≥1 une suite de f (E) convergeant vers y ∈ E. Pour chaque n, il
existe xn ∈ E tel que yn = f (xn ).
Montrons que (xn ) est une suite de Cauchy.
Pour tous n, m ∈ N, d’après la question 1 :

∥xn − xm ∥ ≤ ∥f (xn ) − f (xm )∥ = ∥yn − ym ∥.

Comme (yn ) converge, elle est de Cauchy. Par l’inégalité ci-dessus, (xn ) est également de
Cauchy.
E étant un espace de Hilbert (donc complet), (xn ) converge vers un certain x ∈ E.
Par continuité de f :
 
f (x) = f lim xn = lim f (xn ) = lim yn = y.
n→∞ n→∞ n→∞

Donc y = f (x) ∈ f (E). Ainsi, toute limite d’une suite de f (E) appartient à f (E).

f (E) est fermé dans E.

3. Montrer qu’il n’existe aucun élément non nul a de E orthogonal à


f (E).
Solution détaillée. Raisonnons par l’absurde. Supposons qu’il existe a ∈ E, a ̸= 0, tel que
a ⊥ f (E), c’est-à-dire :
∀y ∈ f (E), (a, y) = 0.
En particulier pour y = f (a) (car f (a) ∈ f (E)), on a (a, f (a)) = 0.
Mais l’hypothèse sur f donne :

|(f (a), a)| ≥ ∥a∥2 .

Or (f (a), a) = 0 (car le produit scalaire est symétrique à conjugaison près, mais en module
c’est 0). Donc 0 ≥ ∥a∥2 , ce qui force a = 0.
Contradiction avec a ̸= 0.

Aucun élément non nul de E n’est orthogonal à f (E).

2
4. En déduire que f est une bijection de E sur E.
Solution détaillée. On a déjà f (E) fermé (question 2). De plus, f (E) est un sous-espace vectoriel
fermé de E (car f est linéaire).
Dans un espace de Hilbert, pour tout sous-espace fermé F ⊂ E, on a l’orthogonal F ⊥ et

E = F ⊕ F ⊥.

Ici, prenons F = f (E). La question 3 montre que f (E)⊥ = {0}.


Donc E = f (E) ⊕ {0} = f (E).
On a montré f (E) = E, c’est-à-dire que f est surjective.
Injectivité : Soit x ∈ E tel que f (x) = 0. D’après la question 1,

∥x∥ = ∥x − 0∥ ≤ ∥f (x) − f (0)∥ = ∥0 − 0∥ = 0,

donc x = 0. Ainsi f est injective.


Surjective + injective =⇒ bijective.

f : E −→ E est une bijection linéaire continue.

5. Conclure.
Conclusion détaillée. Nous avons démontré qu’un opérateur linéaire continu f sur un espace
de Hilbert E satisfaisant
∀x ∈ E, |(f (x), x)| ≥ ∥x∥2
est nécessairement bijectif.
De plus, on peut montrer que f −1 est également continu (car f est une bijection linéaire
continue entre Banach, donc f −1 est continue d’après le théorème de Banach). En effet, l’in-
égalité de la question 1 donne ∥f −1 (y)∥ = ∥x∥ ≤ ∥f (x)∥ = ∥y∥ pour tout y ∈ E, ce qui montre
que ∥f −1 ∥ ≤ 1.
Résultat final :

Un opérateur linéaire continu vérifiant |(f (x), x)| ≥ ∥x∥2 ∀x ∈ E est un isomorphisme de Hilbert.

Remarque importante :
— Dans le cas réel, la condition (f (x), x) ≥ ∥x∥2 signifie que f est coercif avec constante
1.
— Dans le cas complexe, on ne peut pas avoir (f (x), x) réel positif pour tout x, mais
l’hypothèse sur le module suffit.
— Ce résultat est un cas particulier du théorème de Lax-Milgram pour les opérateurs
linéaires.
— On peut aussi démontrer que f est inversible et que ∥f −1 ∥ ≤ 1.

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Synthèse de l’exercice
Schéma logique de la démonstration :

1. Inégalité ∥f (x) − f (y)∥ ≥ ∥x − y∥ (découle de Cauchy-Schwarz + hypothèse)


2. ⇒ f est injective et f (E) est fermé (car f inverse lipschitzienne sur son image)
3. Orthogonal de f (E) est nul (sinon contradiction avec l’hypothèse en a)
4. ⇒ f (E) = E (car f (E) est un sous-espace fermé d’égal à son orthogonal nul)
5. ⇒ f bijective

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