COURS D'ÉLECTROTECHNIQUE
LA MACHINE SYNCHRONE
Cours complet couvrant : Constitution · Principe de fonctionnement · Modélisation · Régimes de
fonctionnement · Puissance & rendement · Démarrage & régulation
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CHAPITRE 1 — Généralités sur la machine synchrone
1.1 Définition et place dans les systèmes électriques
La machine synchrone est une machine électrique à courant alternatif dont la vitesse de rotation du rotor
est strictement égale à la vitesse de synchronisme, définie par la fréquence du réseau et le nombre de
paires de pôles. Elle constitue l'élément fondamental de la production d'énergie électrique : on l'appelle
alors alternateur. En fonctionnement moteur, elle est utilisée dans des applications à vitesse constante de
haute puissance.
1.2 Domaines d'application
Application Exemples
De quelques kVA à plusieurs GVA (centrales nucléaires,
Alternateurs de centrale
hydrauliques, thermiques)
Alternateurs embarqués Automobile, aéronautique, navale
Moteurs synchrones Cimenteries, laminoirs, pompes haute puissance
Compensateurs synchrones Réglage de la puissance réactive sur réseau
Machines à aimants permanents Éoliennes, traction ferroviaire, véhicules électriques
1.3 Rappels : champ tournant
Un système de courants triphasés équilibrés parcourus par des courants sinusoïdaux déphasés de 2π/3
produit, dans un stator à 3 enroulements décalés de 120°, un champ magnétique tournant à vitesse
angulaire Ωs = 2πf / p, où f est la fréquence du réseau et p le nombre de paires de pôles.
Vitesse de synchronisme :
ns = 60 f / p (tr/min) Ωs = 2π f / p (rad/s)
f (Hz) p ns (tr/min)
50 1 3 000
50 2 1 500
50 3 1 000
50 4 750
50 6 500
60 1 3 600
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CHAPITRE 2 — Constitution de la machine synchrone
2.1 Le stator (inducteur fixe ou armature)
Le stator est la partie fixe de la machine. Il est constitué d'un circuit magnétique feuilleté en tôles de
fer-silicium (pour réduire les pertes par courants de Foucault) et de trois enroulements triphasés logés
dans des encoches. Ces enroulements, décalés spatialement de 120°, produisent ou reçoivent l'énergie
électrique alternative.
2.2 Le rotor (inducteur tournant)
Le rotor tourne à la vitesse de synchronisme. Il crée le champ magnétique principal d'excitation. On
distingue deux types de rotor :
Rotor à pôles saillants Rotor à pôles lisses (cylindrique)
• Faible nombre de paires de pôles (p ≥ 2) • Grande vitesse (1 500 ou 3 000 tr/min)
• Vitesse lente à moyenne (≤ 1 500 tr/min) • Turboalternateurs (vapeur, gaz)
• Alternateurs hydrauliques, moteurs lents • Entrefer constant → pas de réactance de
• Entrefer variable → réactance de reluctance reluctance
• Modèle monophasé simplifié valide
2.3 Systèmes d'excitation
Le champ d'excitation est créé par un courant continu parcourant l'enroulement rotorique. Trois procédés
sont utilisés :
• Excitation par bagues et balais : Courant continu fourni par une source externe via des bagues
collectrices. Simple mais nécessite un entretien régulier.
• Excitatrice accouplée : Petite génératrice à courant continu montée sur le même arbre. Autonomie
totale.
• Excitation statique à thyristors : Redresseur alimenté par le stator lui-même. Réponse rapide, pas
de pièce tournante supplémentaire.
• Aimants permanents : Pas de source d'excitation externe. Utilisé pour les petites et moyennes
machines (éoliennes, véhicules électriques).
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CHAPITRE 3 — Force électromotrice et modèle monophasé
3.1 Force électromotrice (f.é.m.) à vide
Lorsque le rotor tourne à vitesse de synchronisme et que le stator est en circuit ouvert, la variation du flux
à travers les enroulements statoriques induit une f.é.m. sinusoïdale. La valeur efficace de cette f.é.m. par
phase est :
E = 4,44 · f · N · kb · Φmax
avec : f = fréquence (Hz), N = nombre de spires par phase,
kb = facteur de bobinage (0,85 à 0,96), Φmax = flux maximal (Wb)
La f.é.m. est proportionnelle au courant d'excitation Iexc tant que le circuit magnétique n'est pas saturé.
La courbe E = f(Iexc) est appelée caractéristique à vide.
3.2 Réaction d'induit
Lorsque le stator débite un courant I, le champ créé par les enroulements statoriques (champ d'induit) se
superpose au champ rotorique. Ce phénomène, appelé réaction d'induit, modifie le flux résultant et donc
la tension aux bornes. Son effet dépend du déphasage φ entre V et I :
Facteur de puissance Nature du courant Effet sur le flux
Distorsion du champ (pas de
cos φ = 1 (résistif) I en phase avec E
variation de flux)
cos φ = 0 (inductif) I en retard de 90° Champ démagnétisant → V < E
cos φ = 0 (capacitif) I en avance de 90° Champ magnétisant → V > E
3.3 Schéma équivalent monophasé
On modélise la machine synchrone à pôles lisses par un générateur de f.é.m. E en série avec une
résistance statorique Rs et une réactance synchrone Xs :
Équation des tensions (convention générateur) :
■ = V■ + Rs·■ + j·Xs·■
En négligeant Rs (souvent valable pour les grandes machines) :
■ = V■ + j·Xs·■
La réactance synchrone Xs est la somme de la réactance de dispersion Xσ et de la réactance de réaction
d'induit Xa. Elle caractérise la réponse de la machine en régime permanent. Sa valeur en p.u. est
typiquement comprise entre 0,8 et 1,5.
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3.4 Diagramme vectoriel de Behn-Eschenburg
Le diagramme de Fresnel illustre les relations entre E, V, Rs·I et Xs·I pour différents facteurs de puissance.
En négligeant Rs :
E2 = (V cos φ)2 + (V sin φ + Xs·I)2 (charge inductive)
E2 = (V cos φ)2 + (V sin φ − Xs·I)2 (charge capacitive)
L'angle de charge δ (ou angle de puissance) est l'angle entre E et V. Il mesure le déphasage entre le
champ rotorique et le champ statorique résultant. En régime normal : 0 < δ < 90°.
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CHAPITRE 4 — Puissances et couple électromagnétique
4.1 Expressions des puissances
Pour une machine triphasée en régime permanent, en négligeant les pertes statoriques (Rs ≈ 0) :
Puissance active transmise (par phase) :
P = (E · V / Xs) · sin δ
Puissance active totale (3 phases) :
Ptot = 3 · (E · V / Xs) · sin δ
Puissance réactive (par phase) :
Q = (V / Xs) · (E cos δ − V)
4.2 Couple électromagnétique
La puissance électromagnétique convertie est égale au produit du couple électromagnétique par la vitesse
angulaire :
Cem = Ptot / Ωs = 3 · (E · V) / (Xs · Ωs) · sin δ
Le couple est maximum pour δ = 90° : Cmax = 3 E V / (Xs · Ωs)
Stabilité : la machine est stable pour δ < 90°. Au-delà, le couple électromagnétique diminue alors que le
couple mécanique augmente : la machine décroche. La limite de stabilité statique correspond à δ = 90°.
4.3 Courbe P = f(δ) — Puissance–angle
La courbe de puissance en fonction de l'angle de charge est une sinusoïde. Elle présente un maximum à δ
= 90°. Pour les machines à pôles saillants, une composante de puissance de reluctance s'ajoute :
Machine à pôles saillants (Xd ≠ Xq) :
P = (3EV/Xd) sin δ + (3V2/2) · (1/Xq − 1/Xd) · sin 2δ
avec Xd = réactance d'axe direct, Xq = réactance d'axe en quadrature
4.4 Bilan de puissance
Grandeur Symbole Expression
Puissance mécanique absorbée (moteur) Pmec Pmec = Cmoteur · Ωs
Pertes mécaniques (frottements,
Pméca Données constructeur
ventilation)
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Pertes dans le fer (hystérésis + Foucault) Pfer Données constructeur
Puissance électromagnétique Pem Pmec − Pméca − Pfer
Pertes Joule au stator PJs 3 · Rs · I²
Pertes Joule au rotor (excitation) PJr Uexc · Iexc
Puissance utile électrique (alternateur) Putil Pem − PJs
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CHAPITRE 5 — Rendement et caractéristiques
5.1 Rendement
En alternateur : η = Putil / Pabs = Putil / (Putil + ΣPpertes)
En moteur : η = Putil mec / Pélectrique absorbée
Les pertes totales comprennent : pertes Joule stator, pertes Joule rotor (excitation), pertes fer, pertes
mécaniques, pertes supplémentaires (charges). Le rendement d'un alternateur de grande puissance
dépasse souvent 98 %.
5.2 Caractéristiques en charge
Trois caractéristiques importantes définissent le comportement de l'alternateur :
Caractéristique à vide
Expression : V = f(Iexc) à I = 0 et n = ns
Permet de déterminer la f.é.m. E pour un courant d'excitation donné. Présente une zone linéaire puis une
saturation magnétique.
Caractéristique en court-circuit
Expression : Icc = f(Iexc) à V = 0
Linéaire (pas de saturation car flux faible). Permet de calculer Zs = E / Icc.
Caractéristique externe
Expression : V = f(I) à Iexc = cste et cos φ = cste
Montre la chute de tension en fonction du courant de charge. Décroissante pour charge inductive, peut
être croissante pour charge capacitive.
5.3 Réactance synchrone — Méthode des essais
La réactance synchrone non saturée se détermine expérimentalement :
Zs = E0 / Icc Xs = √(Zs2 − Rs2)
En p.u. (valeur relative) : xs = Xs · In / Vn
La réactance synchrone saturée est obtenue à partir de la tangente à la caractéristique à vide au point
de fonctionnement nominal, pour tenir compte de la saturation du circuit magnétique.
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CHAPITRE 6 — Fonctionnement en alternateur
6.1 Couplage au réseau infini
Un réseau infini est un réseau dont la tension et la fréquence restent constantes quelle que soit la
puissance échangée. Le couplage d'un alternateur à ce réseau nécessite de respecter quatre conditions
de synchronisation :
• Même amplitude de tension (E = Vréseau)
• Même fréquence (n = ns)
• Même ordre de succession des phases
• Même phase (décalage angulaire nul, δ = 0°)
6.2 Réglage de la puissance active
Pour augmenter la puissance active P débitée :
→ Augmenter le couple moteur fourni par la turbine (augmenter la vapeur, l'eau, le carburant…)
→ L'angle δ augmente jusqu'au nouvel équilibre
P = 3 · (E · V / Xs) · sin δ → la vitesse reste constante (réseau infini)
6.3 Réglage de la puissance réactive
Pour augmenter la puissance réactive Q fournie :
→ Augmenter le courant d'excitation Iexc → E augmente
→ Q = 3V·(E cos δ − V) / Xs augmente
Machine surexcitée (E·cos δ > V) : fournit de la puissance réactive inductive
Machine sous-excitée (E·cos δ < V) : absorbe de la puissance réactive (capacitive)
6.4 Diagramme de fonctionnement (courbe en D)
La courbe en D (ou diagramme de Mordey) représente les limites de fonctionnement de l'alternateur dans
le plan P–Q pour une tension nominale fixée. Elle est délimitée par :
• Limite thermique stator : I ≤ In → cercle P² + Q² = (3V·In)²
• Limite thermique rotor : Iexc ≤ Iexc,max → limite en surexcitation
• Limite de stabilité : δ ≤ δmax → hyperbole dans le demi-plan Q < 0
• Limite de sous-excitation : Absorber trop de réactif déstabilise la machine
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CHAPITRE 7 — Fonctionnement en moteur synchrone
7.1 Principe du moteur synchrone
En fonctionnement moteur, la machine absorbe de la puissance électrique et fournit de la puissance
mécanique. Le champ statorique tourne à Ωs et entraîne le rotor exactement à cette vitesse par
interaction magnétique. L'angle δ est maintenant négatif (le champ rotorique est en retard sur le champ
statorique).
Équation des tensions (convention récepteur) :
V■ = ■ + Rs·■ + j·Xs·■
Puissance mécanique développée (par phase) :
P = (E · V / Xs) · sin |δ| − Rs · I²
7.2 Avantages et inconvénients
Avantages
• Vitesse rigoureusement constante (synchronisme)
• Facteur de puissance réglable (surexcitation → cos φ = 1 ou capacitif)
• Rendement élevé (grande puissance)
• Peut fonctionner comme compensateur de puissance réactive
Inconvénients
• Démarrage complexe (ne démarre pas seul en synchrone)
• Décrochage possible en cas de surcharge soudaine
• Source d'excitation nécessaire
• Coût plus élevé que le moteur asynchrone
7.3 Démarrage du moteur synchrone
Le moteur synchrone ne peut pas démarrer seul car, à l'arrêt, il n'y a pas de couple moyen. Trois
méthodes sont utilisées :
• Démarrage asynchrone :
On court-circuite l'enroulement d'excitation et on démarre comme un moteur asynchrone grâce à une cage
d'amortissement (cage de Gorges). On excite ensuite au voisinage de la vitesse synchrone pour
accrocher la synchronisation.
• Démarrage par convertisseur de fréquence :
Un variateur de fréquence fait varier f de 0 à fn. La machine reste synchrone à tout instant. Solution
moderne la plus courante (entraînements à vitesse variable, éoliennes).
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• Démarrage par moteur auxiliaire :
Un moteur auxiliaire (asynchrone ou à courant continu) amène la machine synchrone à la vitesse de
synchronisme, puis on effectue le couplage au réseau.
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CHAPITRE 8 — Régimes transitoires et stabilité
8.1 Oscillations et décrochage
Lors d'une perturbation (variation de charge, court-circuit, etc.), le rotor oscille autour de sa position
d'équilibre. Ces oscillations sont amorties par la cage d'amortissement (courants induits dans la cage de
Gorges). Si la perturbation est trop importante, le rotor décroche et la machine n'est plus synchrone.
8.2 Réactances transitoire et subtransitoire
En régime transitoire, le comportement de la machine est différent du régime permanent. On définit trois
réactances selon la durée du phénomène :
Valeur typique en
Réactance Symbole Durée typique
p.u.
Synchrone (permanent) Xd Régime établi 0,8 à 1,5
Transitoire X'd 0,1 à 1 s 0,15 à 0,4
Subtransitoire X''d < 0,1 s (quelques cycles) 0,05 à 0,2
La connaissance de X''d est essentielle pour le calcul des courants de court-circuit, qui servent au
dimensionnement des protections électriques.
8.3 Courant de court-circuit triphasé
Courant subtransitoire de court-circuit (valeur de crête) :
icc,max ≈ (√2 · E) / X''d + composante apériodique
La composante apériodique s'amortit avec la constante de temps τa = La / Rs
8.4 Stabilité transitoire — Critère des aires égales
Le critère des aires égales permet de déterminer graphiquement si la machine reste stable après une
perturbation. Il s'applique sur la courbe P = f(δ) :
Aire accélératrice Aacc = ∫ (Pméc − Pél) dδ (pendant la perturbation)
Aire décélératrice Adéc = ∫ (Pél − Pméc) dδ (après élimination du défaut)
Stabilité garantie si Aacc ≤ Adéc
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CHAPITRE 9 — Régulation et protection
9.1 Régulation de tension (AVR)
Le régulateur automatique de tension (Automatic Voltage Regulator, AVR) maintient la tension
statorique à sa valeur de consigne en ajustant le courant d'excitation. Il agit en boucle fermée :
Vmes → Comparateur → Amplificateur → Excitatrice → Iexc → E → Vsortie ■
Le signal d'erreur ε = Vref − Vmes commande le système d'excitation.
L'AVR inclut généralement un stabilisateur de système de puissance (PSS) pour amortir les
oscillations basse fréquence inter-zones (0,1 à 2 Hz).
9.2 Régulation de fréquence (vitesse)
La fréquence du réseau est maintenue par le régulateur de vitesse (gouverneur) de la turbine. En
fonctionnement sur réseau infini, la vitesse est imposée par le réseau. En îlotage (réseau isolé), le
gouverneur règle la puissance active pour maintenir f = 50 Hz :
Statisme : σ = (f0 − fn) / fn (typiquement 4 à 5 %)
Le statisme permet le partage de charge entre alternateurs en parallèle :
∆P = −(1/σ) · (∆f / fn) · Pn
9.3 Protections principales
Code ANSI Protection Rôle
87G Différentielle générateur Détecte les courts-circuits internes à la machine
40 Perte d'excitation Détecte la sous-excitation dangereuse
21 Distance Protège contre les courts-circuits réseau
51V Surintensité à tension contrôlée Protection de secours courant de défaut
59 Surtension Protège contre les surtensions (rejet de charge)
27 Sous-tension Détecte les chutes de tension anormales
Détecte les défauts d'isolement de l'enroulement
64 Défaut terre rotor
d'excitation
78 Désynchronisation (out-of-step) Détecte le décrochage de synchronisme
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CHAPITRE 10 — Exercices résolus
Exercice 1 — Alternateur sur réseau infini
Données : Alternateur triphasé, Sn = 50 MVA, Vn = 11 kV (tension ligne), cos φn = 0,85 (inductif), Xs
= 1,2 p.u., Rs négligeable.
Questions :
1. Calculer le courant nominal In
2. Calculer la f.é.m. E en valeur efficace par phase
3. Calculer l'angle de charge δ
4. Calculer la puissance réactive fournie
Solution :
1. Tension de phase : Vph = 11 000 / √3 = 6 351 V
In = Sn / (3 · Vph) = 50×106 / (3 × 6 351) = 2 625 A
2. Xs (ohms) = 1,2 × Vph / In = 1,2 × 6351 / 2625 = 2,903 Ω
φ = arccos(0,85) = 31,79° → sin φ = 0,527
E = √[(V cos φ)² + (V sin φ + Xs·I)2]
E = √[(6351×0,85)² + (6351×0,527 + 2,903×2625)²]
E = √[5398² + (3347 + 7620)²] = √[29,14×106 + 120,3×106] ≈ 11 063 V
3. tan δ = (Xs·I·cos φ) / (V + Xs·I·sin φ)
tan δ = (2,903×2625×0,85) / (6351 + 2,903×2625×0,527)
tan δ = 6471 / (6351 + 4003) = 6471 / 10354 = 0,625 → δ ≈ 32°
4. Q = 3 · Vph · In · sin φ = 3 × 6351 × 2625 × 0,527 ≈ 26,3 MVAr
Exercice 2 — Détermination de Xs par essais
Données : Essai à vide : V0 = 400 V (ligne) pour Iexc = 5 A
Essai en court-circuit : Icc = 100 A pour Iexc = 5 A
Rs = 0,1 Ω / phase
Calculer Zs et Xs
E0 (phase) = 400 / √3 = 231 V
Zs = E0 / Icc = 231 / 100 = 2,31 Ω
Xs = √(Zs2 − Rs2) = √(2,312 − 0,12) = √(5,336 − 0,01) ≈ 2,308 Ω
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CHAPITRE 11 — Récapitulatif des formules essentielles
Grandeur Formule Unité
Vitesse synchrone ns = 60 f / p tr/min
f.é.m. à vide E = 4,44 · f · N · kb · Φmax V
Équation des tensions (alt.) ■ = V■ + Rs·■ + jXs·■ V
Puissance active (alt.) P = 3(EV/Xs) sin δ W
Puissance réactive (alt.) Q = 3V(E cos δ − V)/Xs VAr
Couple électromagnétique Cem = Ptot / Ωs N·m
Réactance synchrone Xs = √(Zs2 − Rs2) Ω
Impédance synchrone Zs = E0 / Icc Ω
Rendement η = Putil / Pabs %
Statisme du gouverneur σ = (f0 − fn) / fn p.u.
Glossaire des symboles
E Force électromotrice (f.é.m.) par phase [V]
V Tension aux bornes par phase [V]
I Courant statorique par phase [A]
Iexc Courant d'excitation [A]
Xs, Xd, Xq Réactance synchrone, d'axe direct, d'axe en quadrature [Ω]
δ Angle de charge / angle de puissance [°]
φ Déphasage courant/tension (facteur de puissance) [°]
p Nombre de paires de pôles
Ωs Vitesse angulaire synchrone [rad/s]
P, Q, S Puissance active [W], réactive [VAr], apparente [VA]
kb Facteur de bobinage
Φmax Flux maximal [Wb]
Cours réalisé avec Claude · Contenu à caractère pédagogique · Toutes les formules sont valables en régime permanent sinusoïdal.
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