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Thème 2

Le document traite des relations conflictuelles en droit de la consommation, en se concentrant sur les modes de résolution des conflits, tant extrajudiciaires que judiciaires. Il explore divers mécanismes tels que la médiation, la conciliation, l'arbitrage et les actions individuelles, tout en soulignant l'importance de l'information des consommateurs et les spécificités des litiges transfrontaliers. Enfin, il aborde le rôle des associations de consommateurs dans la défense des intérêts collectifs.

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Thème 2

Le document traite des relations conflictuelles en droit de la consommation, en se concentrant sur les modes de résolution des conflits, tant extrajudiciaires que judiciaires. Il explore divers mécanismes tels que la médiation, la conciliation, l'arbitrage et les actions individuelles, tout en soulignant l'importance de l'information des consommateurs et les spécificités des litiges transfrontaliers. Enfin, il aborde le rôle des associations de consommateurs dans la défense des intérêts collectifs.

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Sylvie BERNIGAUD Droit de la consommation Semestre 2

Thème 2 : Les relations conflictuelles entre les acteurs en


matière de droit de la consommation

Section 1. La résolution extra-judiciaire des conflits


Celle-ci a été fortement encouragée par le législateur européen.

- Directive n°2008-52 : contient certains aspects en matière de médiation, a été


transposée par l’ordonnance du 16 novembre 2011 n°2011-1640

- Directive n°2013-11 relative au règlement extrajudiciaire des litiges en matière de


consommation. A été transposé en droit interne par l’ordonnance n°2015-1033 du 20
août 2015

I) Diversité des modes de règlement non judiciaire du litige

1) La recherche d’une solution avec le professionnel


Il est toujours possible, quel que soit la nature du différent, de pouvoir envisager une
solution alternative au procès.
Il est possible de recourir à la transaction.

Pour que l’accord favorisant la sortie du différend, il est important que chaque partie fasse
des concessions réciproques ce qui peut poser problème pour le consommateur
Transaction peut nécessiter l’appel à un rédacteur (= tiers, peut être un professionnel du
droit).
A l’inverse d’autres modes de résolution du conflit représentent comme avantage d’être
gratuit et n’impose pas l’obligation de concessions réciproques.

Conséquence : transaction est peu utilisée.

Dans le cadre de son obligation d’information, il est important que le professionnel puisse
faire connaître au consommateur les moyens alternatifs qui peuvent être mobilisés dans
l’hypothèse où un différend lié à la mauvaise exécution du contrat opposerait professionnel
et non-professionnel.

2) Le recours à la conciliation et la médiation


Article 1530 CPC : en cas de différend opposant 2 parties, il est possible de s’inscrire dans
une démarche de conciliation/médiation conventionnelle en dehors de toute procédure
judiciaire
En droit de la consommation, rien n’interdit à l’une des parties (consommateur le plus
souvent) de proposer le recours à un mode amiable selon les voies de droit commun.
Cependant, en matière de médiation il ne faut pas oublier que le législateur prévoit dans des
secteurs économiques précis (transport, bancaire, énergie, loyers…) à l’échelon national la
possibilité de faire appel à un conciliateur/médiateur. La nature du conflit peut nécessiter de
faire appel à un médiateur national.
Les tiers auxquels une médiation peut être demandée, sont envisagés de 2 manières
- Branche professionnelle

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- Entreprise elle-même
Problème : peut être mis en doute l’indépendance du médiateur
Solution :
Il existe également un processus de médiation externe, est fait appel à un médiateurs
externe n’ayant aucun lien avec la branche professionnelle et le consommateur.

Directive européenne 21 mai 2013 sur le règlement extrajudiciaire des processus de


médiation exclut le processus de médiation interne pour privilégier l’appel à un médiateur
externe formé, inscrit, contrôlé sur les listes établies par la commission d’évaluation de la
médiation

3) L’existence de clauses de médiation et de conciliation


De telles clauses ne peuvent qu’inciter à des règlements extrajudiciaires de conflits en
matière de consommation. Elles ne peuvent ni empêcher le recours en justice ni imposer un
préalable obligatoire.

Il reste toutefois intéressant de préciser dans un contrat (CGV notamment) de rappeler les
modalités retenues pour tenter conventionnellement de se concilier ou arriver à une solution
médiane.
Il est important que le professionnel puisse faire état de l’ensemble des dispositifs existants
au sein d’une branche.

Remarque : les tribunaux et jurisprudence (chambre commerciale et mixte) rappellent que le


recours à un MARD ne s’entend qu’à partir de l’instant où il y a eu du côté du consommateur
une plainte.
Il y a souvent une fin de non-recevoir aux demandes de conciliation/médiation si le
consommateur ne s’est pas manifesté d’une manière ou une autre auprès du professionnel.

4) L’arbitrage
L’arbitrage est une forme de justice privée
Rien dans la loi n’interdit, dès lors que le litige est d’origine contractuelle et patrimoniale
d’envisager le recours à l’arbitrage par anticipation en insérant une clause compromissoire
Les contractants peuvent également envisager le recours à l’arbitrage par l’établissement
d’un compromis d’arbitrage
Force est de constater que dans les faits très peu de litiges font l’objet d’un renvoi à un juge
arbitre/tribunal arbitral
Freins à l’arbitrage :
- Les consommateurs recherchent la gratuité
- La place de la négociation n’est pas celle habituelle des MARD
- La nature des litiges (litiges ne sont pas généralement compliqués)

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II) Le cas particulier de la médiation de la consommation


Sources :
Ordonnance 20 août 2015 a favorisé en droit interne la transposition de la directive n°2013-
11 relative aux règlements extrajudiciaires des litiges en matière de droit de la
consommation
Ce sont ces textes qui ont permis d’insérer dans le Code de la consommation un certain
nombre d’articles = articles L611-1 à L616-3 Code de la consommation et articles R612-1 à
R616-2 du Code de la consommation

La commission d’évaluation et de contrôle de la médiation a estimé qu’au titre de l’année


2022 il y a eu plus de 122 000 demandes pour les litiges en matière de consommation

1) Le champ d’application
Remarques :
Il est possible d’envisager cette médiation de nature conventionnelle soit pour les litiges
nationaux ou les litiges transfrontaliers (supposent un minimum d’extranéité)
La loi prend le soin d’ajouter que se sont le plus souvent des litiges portant sur
l’exécution/mauvaise exécution d’un contrat.
La loi parle de contrat de vente ou contrat de fourniture de services.
A été mis l’accent sur ce que peut relever de médiation et a aussi indiqué les circonstances
où il est impossible de recourir à une médiation conventionnelle

Cas où la médiation est exclue :


- Litiges entre professionnels

- Lorsqu’il y a eu à propos d’un contrat des négociations engagées directes entre le


consommateur et le professionnel

- Consommateurs ayant effectué une réclamation/plainte auprès du service clientèle


du professionnel. Cependant, il est possible pour les professionnels de préciser dans
ses CGV de permettre aux consommateurs de s’inscrire dans ce type de démarches

- Litiges déjà portés devant une juridiction/tribunal : il ne s’agit pas d’interdire tout
recourt à des MARD, il s’agit d’exclure le recours à un mécanisme particulier

- Il faut faire état de la demande introduite par un professionnel souhaitant résoudre le


différend par le biais de la médiation. Cependant, l’initiative/demandes ne peuvent
émaner que de ceux ayant la qualité juridique de consommateur

La loi a précisé que certains litiges ayant un lien plus au moins direct avec le droit de la
consommation sont exclus de la médiation. C’est le cas pour :
- Les services rendus en matière de santé
- Les services d’intérêt général non-économique (exemple : service de fourniture
d’énergie)
- Les établissements publics d’enseignement supérieur, faisant appel à des prestataires

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2) L’information des consommateurs


Il appartient aujourd'hui à tout professionnel proposant la vente de biens ou une prestation
de service (matérielle ou juridique), de mentionner dans l’offre de contractualisation et le
contrat les conditions de recours à un médiateur.
Il existe une information particulière pour les cybercommerçants. S’ajoute un texte
supplémentaire = décret 30 octobre 2015, obligeant les cybercommerçants de faire
apparaître la mention de la possibilité de faire appel à un médiateur, l’information doit être
lisible et visible.
La loi n’interdit pas par ailleurs à un commerce d’informer directement en boutique/magasin
sur la possibilité de saisir un médiateur agréé.
Pour autant, le droit français n’interdit pas le recours à des médiateurs internes. Lorsqu’il y a
appel à un médiateur interne le professionnel doit faire part de toutes les informations du
médiateur = éléments d’évaluation
Va être déterminé s’il existe un lien hiérarchique, s’il est bien indépendant/impartial, la
stabilité en termes de présence.

3) Les conditions d’exercice de la mission


Rappel :
Le médiateur qui sera choisi, est un médiateur présentant les garanties d’indépendance et
d’impartialité.
Le Code de la consommation n’interdit pas que l’on puisse faire appel au médiateur proposé
par les fédérations professionnelles

Attrait principal = gratuité de la médiation

Il est demandé au médiateur de se prononcer sur la recevabilité de l’action du


consommateur. Il dispose d’un délai de 3 semaines pour le faire
Il est important qu’il y ait eu préalablement à la demande de médiation une
plainte/réclamation adressée à l’entreprise elle-même tout en exprimant l’intérêt de voir un
médiateur désigné.
A partir de l’instant où le dossier est considéré comme recevable, c’est-à-dire :
- Aucun différend avec un professionnel
- Aucune solution proposée au consommateur
Le délai total pour un médiateur de la consommation = 3 mois, pour proposer des solutions
au consommateur et professionnel

4) Les modalités de la procédure suivie


Lorsque c’est un consommateur qui a saisi le médiateur, alors médiateur en informe le
professionnel qui est libre d’accepter ou refuser le processus de médiation.

Caractère écrit du recours à la médiation


- Écrit pour saisir le médiateur
- Écrit pour acter la désignation du médiateur
- Écrit pour acter la recevabilité/irrecevabilité de la demande de la médiation
- Écrit pour enjoindre le professionnel
Ce sont les parties elles-mêmes qui peuvent être menées à se rencontrer.

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Loi n’interdit pas à l’un comme à l’autre (professionnel comme consommateur) d’être assisté
par la personne de son choix (notamment par un avocat)
- Convention de médiation classique
- Accord partiel entre les parties : médiateur peut proposer à partir de là une solution
au conflit

Le Code de la consommation fait part d’un médiateur qui va communiquer aux parties par
courrier simple la solution/éléments de solution proposé

Loi oblige le médiateur de rappeler aux parties qu’elles sont libres d’accepter/refuser cet
accord.
Chacune des parties doivent être informées de la possibilité de faire appel à un autre MARD

Médiateur ne doit pas se contenter d’exposer les différents schémas procéduraux. Il doit en
expliquer le déroulement/effets

Le délai de réflexion : le Code de la consommation, rappel et doit rappeler aux parties quel
délai est le leur.

Quel que soit l’issu : échec/réussite, il s’agit d’une alternative comme une autre

Section 2. La résolution judiciaire des conflits


I) L’action individuelle

1) L’application du droit commun procédural


Application du droit commun procédural amène à constater que les principaux motifs
procéduraux sont relatifs à des problèmes de paiement et de livraison.
Parmi les procédures rapides on retrouve :
- Paiement rapide
- Exécution en nature rapide
Articles 1420 à 1424 du Code civil.
Différents types d’injonction :
>injonction de payer articles 1405 à 1424 CPC
> injonction de faire cf articles 1425-1 à 1425-9 CPC

Remarques :
 A partir de l’instant où l’une des juridictions est saisie, il est possible que l’affaire soit
jugée dans le cadre des procédures rapides (recours aux procédures d’urgences,
procédures sur le fond, procédure accélérée sur le fond)

 Articles 1221 et 1222 Code civil évoquent la possibilité d’obtenir pour le créancier
d’une obligation après mise en demeure du contractant défaillant l’exécution en
nature. Celle-ci doit demeurer possible (impossibilité est un motif d’inexécution) et
doit également être apprécié s’il n’existe pas une disproportion manifeste. Il existe un
certain nombre de gardes fous :

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- Autorisation préalable du juge


- Dans l’hypothèse où le débiteur aurait déjà engagé des dépenses, alors
remboursement des dépenses

 Les outils habituels peuvent être empruntés pour la résolution des litiges
Article L218-2 Code de la consommation : actions des professionnels se prescrivent par un
délai de 2 ans

2) Les litiges transfrontaliers


Articles L611-1 et L611-4 du Code de la consommation

Litige transfrontalier =litige de nature contractuel entre un consommateur et un


professionnel qui porte sur l’exécution d’un contrat de vente ou de fourniture de service
lorsqu’au moment de la conclusion du contrat le consommateur réside dans un État membre
différent de celui du professionnel

Particularité des litiges frontaliers : sur le terrain du droit de l’union, règlement CE n°861-
2007 du 11 juillet 2007 relatif à la procédure des règlements des petits litiges visant à faciliter
à l’échelle européenne

Ce règlement applicable au sein de l’Union Européenne ne concerne pas le Danemark ni les


collectivités d’outre-mer en France (attention collectivités d’outre-mer ≠ départements
d’outre-mer)

Ne sont pas concernés par ce règlement :


- Les créances
- Matière fiscale
- Droit douanier
- Droit administratif
- Droit des personnes et de la famille
- Droit des baux
- Droit du travail et de l’arbitrage

Volonté de cantonner l’application de ce règlement aux contrats classiques

Petit litige car montant de la valeur de la demande ne peut excéder 5 000 €.

Le mécanisme et dispositif mis en place par le règlement européen s’inscrit pour l’essentiel
dans une procédure écrite (formulaires de demande sont disponibles sur le site de l’Union
Européenne) par laquelle le demandeur s’adresse à son pays de résidence en invoquant la
nature du litige et du professionnel concerné

La juridiction saisie sera chargée de transmettre la demande dans une des langues que le
professionnel est susceptible de comprendre.
Professionnel sollicité dispose d’un délai de 30 jours pour faire connaître ses dispositions qui
pourront être acceptées ou refusées par le demandeur.

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Ce type de procédure est gratuite en France (pas le cas dans tous les pays, exemple
Allemagne)

Intérêt procédure :
- Caractère écrit
- Rôle d’intermédiaire des juridictions
- Avocat non-obligatoire
- Si propositions consommateur ont fait objet d’acceptation (totale ou partielle) la
juridiction doit, dans un délai de 30 jours à partir de la fin des échanges écrits,
transmettre la décision écrite et motivée

II) L’action des associations de consommateurs

1) La défense d’intérêts collectifs


Observations :
 La loi ne donne pas de définition légale de l’intérêt collectif des consommateurs. Il y a
des positions doctrinales en la matière
Professeur callais aux lois… « L’intérêt collectif est à mi-chemin entre l’intérêt général et
individuel des consommateurs »

 Intérêt collectif n’est pas seulement la somme des intérêts individuels des
consommateurs, il s’agit d’intérêts susceptibles d’affecter d’une manière ou d’une
autre la communauté de consommateurs. Cf article L621-1 alinéa 1er du Code de la
consommation les associations de consommateurs régulièrement déclarées agrées
pour la défense de l’intérêt des consommateurs « peuvent exercer les droits reconnus
à la partie civile relativement au fait portant un préjudice direct ou indirect à l’intérêt
collectif des consommateurs »

 Le fait qu’une association soit autorisée à exercer les droits reconnus à une partie
civile laisse penser qu’elle peut se manifester au cours d’une instance pénale sur le
terrain indemnitaire

 Sur le terrain civil, ces associations ont l’habilité d’exercer une action préventive à
savoir
- L’action en cessation d’agissements illicites des professionnels
- L’action en suppression de clauses abusives en matière de contrat Article L621-7 du
Code de la consommation

Arrêts du 26 septembre 2019, 1ère chambre civile de la Cour de cassation n°1810-890 et


n°1810-891 --> sont venus rappeler ce qu’on entend par intérêt collectif
- En termes de réparation, lorsqu’il s’agit de sanctionner la voie privilégiée, c’est la voie
indemnitaire, c’est-à-dire le droit à réparation, qui sera appliqué

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2) La défense d’intérêts individuels


L’action en représentation conjointe
 Dispositions légales = articles L622-1 à L622-4 du Code de la consommation
 Dispositions réglementaire = articles R622-1 à R622-10 du Code de la consommation
Les associations autorisées à agir sont les associations qualifiées de plus représentatives.
Ce sont ces associations agréées qui ont la possibilité d’agir au nom et pour le compte
d’acteurs lésés
Représentation signifie que l’association qui agit, agira au nom et pour le compte de
consommateurs qui lui ont donné mandat à agir.
A partir de l’instant où le choix est fait de donner mandat à telle association agréée les
consommateurs renoncent à défendre eux-mêmes leurs droits individuels

Ces associations interviennent dans un cadre spécifique.


Le Code de la consommation nous rappelle que cette action en représentation conjointe vise
à réparer un préjudice imputable à un professionnel.
A la différence d’autres actions, l’action en représentation conjointe ne limite pas la
réparation de ce préjudice à la réparation d’un préjudice patrimonial. La loi n’écarte pas la
possibilité de réparer d’autres préjudices (préjudices corporels ou moraux par exemple).

Ce qui est commun tout de même c’est qu’il y a un professionnel (vendeur, fabricant,
prestataire de service) à qui est reproché un certain comportement. C’est l’identité de fait
imputable à ce même professionnel qui va permettre de la signer devant un tribunal.

Action en représentation conjointe : cela signifie que si le mandat est réduit, le fait que l’un
d’entre eux se désiste en cours de procédure il ne sera plus possible pour le mandataire
restant de recourir à la représentation conjointe

Question : une association de consommateur peut-elle solliciter des


Cour de cassation, civ 1ère 26 mai 2011 n°1015676
 Les associations ne peuvent pas/ne sont pas autorisées à faire de la sollicitation
personnalisée car cela s’apparenterait à du démarchage passif. Aucun mandat ne
peut donc être solliciter.
Dans les faits qu’un consommateur transmet à l’association qui pourrait la représenter, il
n’est pas nécessaire que ces faits soient constitutifs d’une infraction pénale.
Lorsque l’action peut être exercée, mise en œuvre et couronnée de succès, alors les
dommages et intérêts seront distribués au consommateur lésé. Tribunaux peuvent recourir à
un jugement commun. Le jugement commun ne dispense pas les tribunaux de préciser la
part de dommages et intérêts attribuée à chaque consommateur.

Dans l’hypothèse où l’association agréée n’obtient pas de gain de cause devant le tribunal
alors les consommateurs lésés ne pourront pas entreprendre une nouvelle action sur les
mêmes fondements juridiques de manière individuelle (résulte de l’autorité de la chose
jugée).

Remarque : aujourd'hui, l’action en représentation conjointe tend à reculer. Le législateur lui


a préféré, depuis la loi du 17 mars 2014 (loi Hamon), de mettre en place l’action de groupe.
Ainsi les consommateurs ont le choix.

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III) L’action de groupe (C. cons., L. 623-1 à L. 623-32 ; R 623-1 à R 623-33)


L’action de groupe est de création récente (loi Hamon de 2014)

1) Objet, domaine et conditions d’application


Les manquements peuvent être des manquements aux obligations légales ou contractuelles
du professionnel.
Le souhait du législateur n’a pas été d’étendre le champ d’application de l’action de groupe.
La loi est venue apporter à plusieurs reprises (2016, 2017 et 2019) pour venir compléter le
dispositif mis en place en 2014 en matière d’action de groupe.
Limites :
- Tous les champs du droit ne donnent pas lieu à une action de groupe. Domaine
d’intervention = Droit de la consommation, de l’environnement ou de la santé
- L’entité juridique qualifiée de requérant/demandeur = les associations de
consommation agréées depuis au moins 5 ans
- Lorsque l’association initie l’action devant un tribunal, alors le groupe qu’elle est
censé représenter n’est pas définitivement constitué.

Éléments propres à l’action de groupe :


- Choix du législateur a été de limiter. Loi prend en considération 2 situations :
 Dommages subis par le consommateur = dommages patrimoniaux
 Amener le professionnel mis en cause de cesser les agissements à l’origine de ces
préjudices
Dans le cadre de ce régime juridique, le Code de la consommation et le CPC sont venus
compléter les dispositions préliminaires à l’action de groupe.

2) Dispositions préliminaires à l’action de groupe


Le législateur a complété la loi de 2014 pour à partir de 2016 compléter le régime procédural
de l’action de groupe. Cf articles 849 à 849-16 du CPC
Le législateur a prévu de pouvoir permettre à un professionnel de ne pas subir l’action de
groupe en se mettant en conformité avec la législation qui lui est applicable. L’association de
consommateurs peut privilégier en propriété la notification d’une mise en demeure adressée
à un professionnel pour laisser un temps suffisant au professionnel (légalement de 4mois)
pour respecter la loi et ses engagements professionnels.

Cas où du professionnel n’ayant pas répondu à la mise en demeure (ou du moins pas
totalement) : l’association agréée est autorisée, par voie d’assignation, de saisir le tribunal et
d’assigner le professionnel. La loi oblige l’association d’exposer les cas individuels.

Article 849-2 du CPC : à partir de l’instant où le tribunal est saisi, la demande est formée,
instruite et jugée selon les règles de la procédure écrite ordinaire.

3) Cessation du manquement et réparation du préjudice


Cf articles 849-3. s CPC : il appartient tout d’abord à l’association de consommateurs de
constater en quoi le comportement du professionnel peut être qualifié d’agissement illicite
ou d’un manquement de ses obligations légales/professionnelles.
En sollicitant du juge les mesures d’instruction pour faire apparaitre l’étendue de ces
agissements illicites et leurs conséquences devant le préjudice subi

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Il appartient au tribunal saisi d’enjoindre par voie d’injonction au défendeur (c’est-à-dire le


professionnel) de cesser tout comportement illicite, de prendre les mesures utiles. En
enjoignant le professionnel de respecter ces engagements légaux/professionnels le tribunal
peut assortir son injonction d’un délai et assigner un tiers pour apprécier si le professionnel a
pris les mesures qui s’imposent.

Ces types de demandes peuvent également être accompagnées d’une demande de


réparation pour les préjudices occasionnés par le professionnel. Rien n’interdit que dans un
même jugement le tribunal statue sur la responsabilité du défendeur et sur les préjudices qui
lui sont imputables. Dans le jugement concernant la réparation des préjudices, la décision
devra préciser les personnes visées comme victimes (autorisées à demander réparation) et la
compensation monétaire qui leur sera versé.

4) L’action de groupe spéciale : la réparation des préjudices patrimoniaux résultant des


dommages matériels subis par les consommateurs (C. cons. L. 623-2)
Disposition Code de la consommation trouve à s’appliquer cf article 623-2 du Code de la
consommation : lorsque l’association agit/prend l’initiative d’une demande faite par le
tribunal, il s’agit d’imputer les manquements du professionnel.
Pour ces types d’actions, les manquements résultent soit de la vente de biens ou de
fourniture de services ainsi que la location de biens immobiliers.
NB : première action de groupe qui a été menée était dirigée contre le groupe Foncia

Loi est venu préciser qu’il existe la possibilité de se référer à des pratiques anti-
concurrentielles à l’origine de préjudices subis par plusieurs consommateurs.

L’action vise à réparer un préjudice de nature patrimoniale imputable à un même


professionnel.
Sont pris en compte tous les dommages matériels (n’est pas pris en compte les dommages
matériels). Cela signifie que tout autre dommage/manquement imputable à un professionnel
suscitant une réparation ne pourra l’être dans le cadre de l’action de groupe.
Lorsqu’un jugement a été rendu suite à une initiative prise en matière d’action de groupe,
cette décision a autorité de la chose jugée à l’égard de chacun des membres du groupe.

Section 3 : Les procédures d’enquête et de contrôle : le rôle de la DGCCRF


= Direction Générale de la Concurrence Consommation et Répression des Fraude

Cf Article L511-3 et s. du Code de la consommation


Les agents de cette administration sont des agents pouvant être dotés de pouvoirs d’enquête

I) Les pouvoirs d’enquête ordinaire


Loi donne aux agents de la DGCCRF la possibilité de mener des enquêtes, de chercher s’il y a
une infraction au droit de la consommation.

Pour pouvoir mener ce genre d’enquête, les agents de contrôle vont pouvoir
- Pénétrer dans des locaux professionnels
- Exiger la communication de documents

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- Intervenir incognito (c’est-à-dire, sans révéler leur identité ou leur appartenance à


cette administration)
Depuis l’adoption de la loi du 3 décembre 2020 : loi DDADUE (Diverses Dispositions
d’Adaptation au Droit de l’Union Européenne en matière économique et financière)
 Vient renforcer les pouvoirs des agents de cette administration notamment sur les
enquêtes menées sur les sites en ligne
 La DGCCF peut exiger de la part des navigateurs… que soit publié un message
d’avertissement aux consommateurs, la suppression de conduites, blocage de noms
de domaine
Pour démontrer un manquement/infraction la loi autorise les agents de prendre des
échantillons de marchandises/biens, peuvent consigner des marchandises à titre provisoire
(c’est-à-dire ne pas permettre pour une période déterminée et dans le temps des résultats,
ne pas permettre la distribution de marchandises).
Les agents ont une compétence générale et non spéciale dans tous les domaines. De ce fait
la loi les autorise à se faire accompagner d’une personne spécialisée dans tel ou tel domaine

II) Les pouvoirs d’enquête sur autorisation du juge


2 hypothèses où l’appel du juge peut être recensé :
Agents de la DGCCRF sont demandeurs : il s’agit d’accéder à des lieux protégés (code d’accès,
protection…). Ces agents vont être autorisés à réaliser des perquisitions.
A l’inverse, au cours d’une instance juridictionnelle, il s’avère nécessaire dans le cadre de
mesures d’instruction que des enquêtes supplémentaires soient réalisée par ces agences qui
vont être saisies d’un contentieux spécifique.

NB : ces enquêtes effectuées à la demande d’un magistrat aux fins de rechercher et de


constater le cas échéant d’infractions ne peuvent être effectuées que par des fonctionnaires
de catégorie A de cette administration.
Texte de référence dans le Code de la consommation = article L511-4

III) Les suites données aux enquêtes


On peut les regrouper en 3 grandes catégories
- Infractions de faible gravité
- Mesures coercitives
- Nouvelles prérogatives

1) L’avertissement en cas de manquement ou infraction de faible gravité


Lorsqu’il y a des obligations non respectées/des interdiction méconnues ou violées, l’agent
en charge de l’enquête peut établir un procès-verbal
 Cette possibilité de dresser un PV peut être envisagée pour les infractions de faible
gravité
Dans le PV, l’agent doit citer précisément l’infraction et peines maximales encourues.
L’agent ne sera pas celui qui prononcera la peine car cela relève
 Soit de l’administration elle-même

Pour les amendes plus importantes l’agent devra rappeler qu’un juge/tribunal pourra être
saisi soit au civil ou au pénal au vu de prononcer des mesures de nature coercitive.

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2) Les mesures coercitives


Peuvent être regroupées en 3 catégories :
 Mesures de police administrative c’est-à-dire de procéder par voie d’injonction.
L’administration peut exiger qu’il se mette en conformité avec la législation applicable
exemple : adopter des mesures d’hygiène
Comme toute mesure coercitive, il est d’usage pour l’agence d’impartir d’un délai au
fabricant/vendeur. De lui rappeler au besoin qu’un contrôle sera effectué.
De plus, l’injonction peut être une manière d’accélérer le processus --> exemple :
sanction pécuniaire par jour de retard, saisir le préfet pour une fermeture temporaire
d’un établissement

 Mesures de saisine de l’autorité judiciaire : on retrouve ici principalement 2 registres


dans lesquels l’autorité administrative intervient
- Sanctions de nature civile
- Demande en justice de la suppression de certaines clauses

 Mesures de l’administration qui peut être autorisée dans des domaines déterminés à
prononcer elle-même certaines sanctions de nature civile ou administrative
= compétence du juge
Les sanctions applicables doivent obéir au principe de proportionnalité, c’est-à-dire
que le montant exigé doit être proportionnel
La CCRF va s’appuyer sur les constats des agents dans les PV, les faits constatés par les
intervenants…

3) Les nouvelles prérogatives issues de la loi n° 2020-1508 du 3 décembre 2020


portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en
matière économique et financière (JORF du 4 déc.)
Un pouvoir a été donné à cette entité de pouvoir transiger en matière administrative c’est-à-
dire pouvoir accepter qu’une amende/sanction pécuniaire soit moins forte si le fabricant ou
le vendeur se met en conformité avec la loi.
La loi de 2020 a rappelé que le fait de transiger sur le terrain des sanctions, n’empêche pas
pour autant les consommateurs lésés de pouvoir demander réparation de leur préjudice
individuel.

Loi 2020 permet à la DGCCRF d’adresser toutes les injonctions nécessaires à ceux qui
développent les plateformes de commerce en ligne
S’agissant des contraventions, les auteurs sont exposés à des amendes pouvant aller jusqu’à
2284 €

A été complété dans le Code de la consommation l’article L511-10 : invite les autorités
administratives à communiquer avec ses partenaires européens sur le nombre de
consommateurs par années et sur le nombre d’infractions repérées par États membres

Université Lyon 2 2023-2024

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