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Cours Fractions Rationnelles

Ce document traite des fractions rationnelles, y compris leurs définitions, propriétés, et opérations algébriques. Il aborde également la décomposition en éléments simples et les concepts de racines et pôles associés à ces fractions. Enfin, il présente des théorèmes et des propositions concernant les représentants irréductibles et les formes normalisées des fractions rationnelles.

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Ce document traite des fractions rationnelles, y compris leurs définitions, propriétés, et opérations algébriques. Il aborde également la décomposition en éléments simples et les concepts de racines et pôles associés à ces fractions. Enfin, il présente des théorèmes et des propositions concernant les représentants irréductibles et les formes normalisées des fractions rationnelles.

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Fractions rationnelles

10 juin 2026

Table des matières


1 Généralités 2
1.1 Vocabulaire de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 Définitions : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.2 Représentants irréductibles d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.3 Racines et pôles d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.4 Degré d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Opérations algébriques sur les fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.1 Somme de fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.2 Produit et produit par un scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.3 Opérations et degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3 Fonction rationnelle associée à une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4 Dérivation formelle des fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

2 Décomposition en éléments simples d’une fraction rationnelle 12


2.1 Partie entière d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Décomposition en éléments simples : La théorie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.3 Décomposition en éléments simples : Aspect pratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3.1 Les cas K = C et K = R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3.2 Cas d’un pôle simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.3.3 Cas de deux pôles conjugués d’une fraction rationnelle de R (X) . . . . . . . . . . 21
2.3.4 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

1
K désigne l’un des corps R ou C.

1 Généralités
1.1 Vocabulaire de base
1.1.1 Définitions :

Définition
On appelle fraction rationnelle à coefficients dans K, à l’indéterminée X, toute fonction F de la forme

A
F =
B
2
où (A, B) ∈ K [X] et B ̸= 0

Notation et vocabulaire :

• L’ensemble des fractions rationnelles à coefficients dans K est noté K (X)


A
Comme pour les polynômes, une fraction rationnelle F = de K (X) est une fonction de A dans A,
B
où A est l’extension de K associée à l’indéterminée X.

Elle a comme ensemble de définition {x ∈ A / B (x) ̸= 0}.


A
• Si F = est une fraction rationnelles à coefficients dans K, alors le polynôme A [resp. B] est dit un
B
numérateur [resp. un dénominateur] de F .

Remarques :
A
(i) Pour tout A ∈ K [X], on a A = ; où 1 est le polynôme constant unité.
1
Donc les polynômes de K [X] sont des fractions rationnelles à coefficients dans K particulières. En d’autres

termes on a :
K [X] ⊂ K (X)

En particulier, les polynômes 0 et 1 sont des fractions rationnelles à coefficients dans K particulières.
2 A λ.A
(ii) Soit F ∈ K (X) et (A, B) ∈ K [X] tel que B ̸= 0 et F = . Alors pour tout λ ∈ K∗ , on a F =
B λ.B
A
Donc l’écriture F = n’est pas unique et le couple (A, B) n’est qu’un représentant, parmi d’autres, de
B
la fraction F . On dit que (A, B) est un représentant de la fraction rationnelle F

(iii) Puisque R [X] ⊂ C [X], on a R (X) ⊂ C (X).

Définition :
A C
Soit F = et G = deux fractions rationnelles à coefficients dans K.
B D
On dit que F est égale à G si et seulement si A.D = B.C
On écrit F = G

2
Remarque :
A
Soit F = ∈ K (X) et λ ∈ K.
B
Alors F = λ si et seulement si A = λ.B
λ
En effet, en tant que fractions rationnelles, λ = ; donc :
1

F = λ ⇐⇒ A.1 = B.λ ⇐⇒ A = λ.B

Comme cas particuliers : 


F = 0 ⇐⇒ A = 0
F = 1 ⇐⇒ A = B

Proposition :

La relation R définie sur K (X) par :

2
∀ (F, G) ∈ K (X) , F RG ⇐⇒ F = G

est une relation d’équivalence sur K (X).

Preuve :

Elle est laissé en exercice.

1.1.2 Représentants irréductibles d’une fraction rationnelle

Définition :
2
Soit F ∈ K (X). Un couple (A, B) ∈ K [X] , tel que B ̸= 0, est dit un représentant irréductible de F
si et seulement si 
F = A
B
A ∧ B = 1

Exemple :
X2 − 1
Soit F =
X3 + 1
(X − 1) (X + 1) X −1  
On a : F = = 2 , car (X − 1) (X + 1) X 2 − X + 1 = (X + 1) X 2 − X + 1 (X − 1)
(X + 1) (X 2 − X + 1) X −X +1

De plus (X − 1) ∧ X 2 − X + 1 = 1

Donc, X − 1, X 2 − X + 1 est un représentant irréductible de F

Vocabulaire :
A A
Si F = ∈ K (X) et A ∧ B = 1 on dit que la fraction est une fraction irréductible ou, par abus de
B B
A
langage, que est un représentant irréductible de la fraction F .
B

3
Théorème :
A
Soit F = une fraction irréductible de K (X). Alors :
B
λA
1. Les représentants irréductibles de F sont les ; où λ ∈ K∗
λB
D.A
2. Les représentants de F sont les ;où D ∈ K [X] ∖ {0}
D.B

Preuve :
λA b (A ∧ B) = 1.1 = 1
1. Soit λ ∈ K∗ , F = et (λA) ∧ (λB) = λ.
λB
λA
Donc, est un représentant irréductible de F .
λB
C A C
Réciproquement, soit un représentant irréductible de F . On a donc = , d’où AD = BC
D B D
On en déduit : 
B / A.D
A ∧ B = 1

D’après le théorème de Gauss, on a B / D. De même D / B. Soit donc λ ∈ K tel que D = λB

Notons que λ ̸= 0 car D ̸= 0. En portant la valeur D = λB dans l’égalité AD = BC, on trouve


C λA
λAB = BC puis, sachant que B ̸= 0 : C = λA ; ce qui montre que = . CQFD
D λB
A DA DA
2. Soit D ∈ K [X] ∖ {0} . On a A. (DB) = B. (DA), donc F = = : est un représentant de F
B DB DB
P A
Réciproquement, soit un représentant de la fraction F =
Q B
A P
On a = , d’où AQ = BP
B Q
Ainsi 
B /AQ
B ∧ A = 1

Donc, d’après le théorème de Gauss, B /Q. Posons alors Q = DB ; où D∈ K [X].

Notons que D est forcément non nul, car Q ̸= 0. Portons maintenant la valeur Q = DB dans la relation

AQ = BP ; d’où A.(DB) = BP puis P = DA (car B ̸= 0).


P DA
Ainsi = . CQFD
Q DB

Proposition :

Soit F ∈ K (X). Alors :


A
1. Il existe une fraction irréductible qui représente la fraction F
B
A
2. il n’existe qu’une seule fraction irréductible telle que :
B

F = A
B
B est unitaire

Preuve :

1. Pour obtenir une fraction irréductible de F , il suffit de procéder comme suit :

• On calcule D = A ∧ B

4
• On calcule les quotients A1 et B1 par D de A et B respectivement : A = D.A1 , B = D.B1

Alors 
F = A = D.A1 = A1

B D.B1 B1

A 1 ∧ B 1 = 1

A1
Donc est une fraction irréductible représentant F .
B1
2. Laissé en exercice.

Vocabulaire :

Soit F ∈ K (X) ; son écriture unique


A
F = ;
B
où (A ∧ B = 1 et B est unitaire) est appelée la forme irréductible normalisée de F .

1.1.3 Racines et pôles d’une fraction rationnelle

Proposition et définition :
A
Soit F ∈ K (X) et une fraction irréductible représentant F . Alors :
B
Les racines de A et leurs multiplicités ainsi que les racines de B et leur multiplicités ne dépendent pas
A
de la fraction irréductible représentant F .
B
Les racines de A s’appellent les racines (ou zéros) de la fraction F ; et les racines de B s’appellent les
pôles de la fractions F .

Preuve :
A
Si est un représentant irréductible de la fraction F alors ses autres représentants irréductibles sont
B
λA
les ; où λ décrit K∗ , en sorte que λA et A [resp. λB et B] possèdent les mêmes racines ainsi que
λB
leurs multiplicités

N.B

Les racines et pôles d’une fraction rationnelle F ∈ K (X) n’ont de sens que par rapport un représentant

irréductible de F

N.B
A
Soit λ ∈ K et F = une fraction irréductible.
B
• Supposons que λ est une racine de F .

On appellera multiplicité de λ en tant que racine de F , sa multiplicité en tant que racine de A

• Supposons que λ est un pôle de F .

On appellera multiplicité de λ en tant que pôle de F , sa multiplicité en tant que racine de B

On parle de pôle [resp. racine] simple, double, triple, quadruple,....etc, lorsque ce pôle [resp. racine]

est de multiplicité, respectivement 1,2,3,4,....etc

5
Remarque :

Une fraction rationnelle F ∈ K (X) n’admet qu’un nombre fini de pôles ; et si elle est non nulle, elle

n’admet qu’un nombre fini de racines

Remarque :

Les seules fractions de C (X) n’ayant pas de pôles sont les polynômes de C [X]

Notation :

Soit F ∈ K (X). L’ensemble des pôles de F est noté PK (F ) ou simplement P (F ) s’il n’y a pas d’ambiguïté.
A
Si F = est une fraction irréductible, PK (F ) n’est rien d’autre que l’ensemble ZK (B) des racines de B
B
dans K. Cela explique pourquoi il dépend du corps K.

Remarque

Toute fraction rationnelle F de R (X) pourra être vue comme une fraction rationnelle de C (C) et on a

PR (F ) ⊂ PC (F )

Exercice :

Pour a ∈ K et r ∈ R∗+ , on note B (a, r) = {x ∈ K / |x − a| < r} ( on l’appelle la boule ouverte de centre


a et de rayon r). On remarquera que dans le cas K = R, B (a, r) est l’intervalle ouvert ]a − r, a + r[ et
dans le cas K = C, il s’agit du vrai disque du plan complexe délimité par le cercle de centre a et de
rayon r. On remarquera aussi que a ∈ B (a, r)
Soit F ∈ K (X) et a ∈ K un pôle de F de multiplicité m
1. Montrer qu’il existe r > 0 tel que a soit le seul élément de B (a, r) qui soit un pôle de F .
Dans la suite on fixe un tel r et on remarquera que ]a − r, a + r[ ∖ {a} ⊂ B (a, r) ∖ {a} ⊂ DF et que la
fonction φ : ]−r, r[ ∖ {0} −→ K, t 7−→ F (a + t) est bien définie
2. Montrer que φ n’a pas de limite dans K au point 0
3. Montrer que la multiplicité m du pôle a est le plus petit entier naturel non nul k tel que la fonction
t 7−→ tk φ (t) ait une limite finie en 0.

1.1.4 Degré d’une fraction rationnelle

Proposition et définition :
A
Soit F = ∈ K (X)
B
A
Alors le nombre deg (A) − deg (B) ne dépend pas du représentant de F .
B
On l’appelle le degré de la fraction F ; on note

deg (F ) = deg (A) − deg (B)

Preuve :

Soit F ∈ K (X)
A1 A1
On se donne une fraction irréductible fixée représentant la fraction F : F =
B1 B1

6
A
Soit un représentant quelconque de F . Alors (voir la démonstration d’un théorème précédent), on
B
dispose d’un polynôme D non nul de K [X] tel que A = D.A1 et Q = D.B1

D’où
deg (A) − deg (B) = deg (D.A1 ) − deg (D.B1 )
= (deg (D) + deg (A1 )) − (deg (D) + deg (B1 ))
= deg (A1 ) − deg (B1 )
car deg (D) ∈ N (puisque D ̸= 0)
A
deg (A) − deg (B) est donc indépendant du choix du représentant de F .
B

Exemples :
X2 − X + 1 X 4 + 3X + 5 X 5 − 2X 3 − X
Les fractions , et ont pour degrés −1, 0 et 3
X3 2 3
+ 2X + X − 2 (X + 1) (X − X) X2 + X − 7
respectivement

Remarques :

(i) Le degré d’une fraction rationnelle est un élément de Z ∪ {−∞}

(ii) Pour deux polynômes A et B de K [X] , tels que B ̸= 0, on a deg (B) ∈ N ; donc

deg (A) − deg (B) = −∞ ⇐⇒ deg (A) = −∞

On en déduit que
 
A A
deg = −∞ ⇐⇒ deg (A) = −∞ ⇐⇒ A = 0 ⇐⇒ =0
B B

Autrement dit la seule fraction rationnelle à coefficients dans K de degré −∞ est la fraction nulle.

(iii) On a   

 A

 deg = 0 ⇐⇒ deg (A) = deg (B)

 B 
 A
deg < 0 ⇐⇒ deg (A) < deg (B)

 B 

 A


deg > 0 ⇐⇒ deg (A) > deg (B)
B
A
(iv)Soit A ∈ K [X]. On sait qu’en tant que fraction rationnelle on a : A = et deg (A) = deg (A)−deg (1)
1
Et comme deg (1) = 0, il s’avère que le degré de A en tant que fraction rationnelle est égal à son degré

en tant que polynôme.

1.2 Opérations algébriques sur les fractions rationnelles


1.2.1 Somme de fractions rationnelles

Théorème et Définition :
A C
Soit F = et G = deux fractions rationnelles à coefficients dans K. Alors :
B D
A.D + B.C A C
la fraction rationnelle ne dépend pas des représentants et de F et G ; on l’appelle
B.D B D
la fraction somme de F et G et on la note F + G

7
Preuve :
A1 C1
Fixons deux fractions irréductibles et qui représentent F et G respectivement :
B1 D1
A A1 C C1
F = = et G= =
B B1 D D1
D’après un théorème du paragraphe 1.1, on dispose de deux polynômes non nuls P et Q tels que :

A = P A et B = P B
1 1
C = QC1 et D = QD1

A.D + B.C P QA1 D1 + P QB1 C1 P Q (A1 D1 + B1 C1 ) A 1 D 1 + B 1 C1


D’où = = =
B.D P QB1 D1 P QB1 D1 B1 D 1
CQFD.

1.2.2 Produit et produit par un scalaire

Théorème et Définition :
A C
Soit F = et G = deux fractions rationnelles à coefficients dans K. Alors :
B D
AC A C
La fraction rationnelle ne dépend pas des représentants et de F et G ; on l’appelle
BD B D
la fraction produit de F et G ; on la note F × G

Preuve :

Elle est laissée en exercice (utiliser des représentants irréductibles fixés de F et G).

N.B

On retient que dans K (X) (tout comme dans l’ensemble Q des nombres rationnels) on additionne et

on multiplie les fractions suivant les règles


A C AD + BC

 + =

B D BD



 A × C = AC
B D BD

A C A+C
On a aussi, comme cas particulier : + = (prendre D = B et réduire)
B B B

Remarque :

On dispose donc de deux l.c.i + et × sur K (X) et on constate que Les restrictions de ces deux lois à

K [X] coïncident avec l’addition et la multiplication des polynômes

Remarque :
A
Soit F = ∈ K (X) et λ ∈ K
B
λ
On sait qu’en tant que fraction rationnelle on a : λ =
1
λ.A λA
Donc λ × F = = .
1.B B
Par abus de notation, on notera λ.F (ou simplement λF ) pour λ × F et F.G pour F × G

8
Théorème
L’ensemble K (X) est un corps pour les l.c.i + et ×, et K [X] en est un sous anneau

Preuve :

Elle est laissée en exercice.

N.B
A B 1
On vérifiera aisément que pour F = ∈ K (X) ∖ {0}, l’inverse de F est F −1 = . On la note
B A F
On rappelle que : F =
̸ 0 signifie A ̸= 0.

Notation :
2 F 1
Pour (F, G) ∈ K (X) tel que G ̸= 0, on note =F× = F × G−1
G G

Remarque :
4
Pour (A, B, C, D) ∈ K [X] tel que B ̸= 0, C ̸= 0 et D ̸= 0, on a

A
B = A×D
C B C
D

1.2.3 Opérations et degré

Théorème :
2
Soit (F, G) ∈ K (X) et λ ∈ K∗ . Alors :
1. deg (F + G) ≤ max (deg (F ) , deg (G))
2. deg (λ.F ) = deg (F )
3. deg (F.G) = deg (F ) + deg (G)

Preuve :

Elle est laissée en exercice.

Exercice :
2
Soit (F, G) ∈ K (X) et (λ, µ) ∈ K2 .
1. Si l’on suppose que deg (F ) ̸= deg (G), a-t-on deg (F + G) = max (deg (F ) , deg (G))
2. Montrer que deg (λ.F + µ.G) ≤ max (deg (F ) , deg (G))

1.3 Fonction rationnelle associée à une fraction rationnelle


Proposition et Définition
A
Soit F = une fraction irréductible de K (X) et P (B) l’ensemble des pôles de F
B
Alors F induit une application Fe de K∖P (B) dans K. Cette application s’appelle la fonction rationnelle
associée à la fraction rationnelle F .

9
Preuve
A (x)
En effet pour tout x ∈ K ∖ P (B), F (x) = ∈ K car (A (x) , B (x)) ∈ K × K∗ .
B (x)

Remarque
A
Si F = est une fonction rationnelle irréductible de K [X].
B
e
A
Alors Fe = , où A e et B
e sont les fonctions polynômes associées respectivement à A et B.
Be
En particulier, si B = 1, c’est à dire que F ∈ K [X], Fe = A.
e Cela signifie que la fonction polynôme d’un

polynôme de K [X] est aussi sa fonction rationnelle si on le considère comme fraction rationnelle.

Proposition
2
Soit (F, G) ∈ K (X) et λ ∈ K. Alors :


^ 
F Fe
(i) F^
+ G = Fe + G
e ; (ii) f = λFe
λF ; (iii) g = Fe .G
F.G e ; (iv) si G ̸= O, =
G Ge

Preuve

Elle est laissée en exercice.

Remarque

Comme synthèse de (i) et (ii) dans la proposition précédente, on a

∀ (F, G) ∈ K (X) , ∀ (λ, µ) ∈ K2 , λF^


2
+ µG = λFe + µG
e

Théorème
2
Soit (F, G) ∈ K (X) .
Alors
F =G si et seulement si Fe = G
e

Preuve

L’implication F = G =⇒ Fe = G
e étant claire, il suffit de montrer la réciproque.

e Posons F = A et G = C ; où (A, B, C, D) ∈ K [X]4 , B ̸= O, D ̸= O, A ∧ B = 1


Supposons que Fe = G.
B D
et C ∧ D = 1.

En notant P (F ) (resp. P (G)) l’ensemble des pôles de F (resp. G), on a par hypothèse P (F ) = P (G) et pour

tout x ∈ K ∖ P (F ) = K ∖ P (G) :
A (x) C (x)
=
B (x) D (x)
c’est à dire
A (x) D (x) = B (x) C (x)
Le polynômes AD − BC admet donc une infinité de racines (car K ∖ P (F ) = K ∖ P (G) est infini !).
A C
Il est donc nul. Il vient AD = BC, donc = , c’est à dire F = G.
B D

10
1.4 Dérivation formelle des fractions rationnelles
Théorème et définition :
A
Soit F = ∈ K (X).
B
A′ B − AB ′ A
Alors la fraction rationnelle 2
ne dépend pas du représentant de F ; on l’appelle la fraction
B B
dérivée de F et on la note F ′

Preuve :

Elle est laissée en exercice (utiliser un représentant irréductible fixé de F )

On retient

 ′
A A′ B − AB ′
=
B B2

Théorème :
2
Pour tout (F, G) ∈ K (X) et pour tout λ ∈ K, on a :

1. (F + G) = F ′ + G′

2. (λ.F ) = λ.F ′

3. (F.G) = F ′ .G + F.G′

Preuve :

Elle est laissée en exercice (utiliser des représentants irréductibles fixés de F et G).

Définition :
Soit F ∈ K (X) et n ∈ N.
On appelle fraction rationnelle dérivée d’ordre n de F la fraction rationnelle noté F (n) définie par :

F (0) = F
F (n) = F (n−1) ′ ; si n ≥ 1

′
Ainsi F (1) = F (0) = F′

On utilisera aussi les notations F ′′ ,F ′′′ , ....etc pour signifier respectivement F (2) , F (3) , ....etc

Théorème :
2
Soit (F, G) ∈ K (X) , λ ∈ K et n ∈ N. Alors :
(n)
1. (F + G) = F (n) + G(n)
(n)
2. (λ.F ) = λ.F (n)
(n) Pn n

3. (F.G) = k=0 k F (k) .G(n−k) (Formule de Leibnitz)

Preuve :

Elle est laissé en exercice (Utiliser des récurrences).

11
Exercice :

Soit a ∈ K. Montrer que pour tout n ∈ N, on a :


 (n) n
1 (−1) n!
= n+1
X −a (X − a)

2 Décomposition en éléments simples d’une fraction rationnelle


2.1 Partie entière d’une fraction rationnelle
Théorème et définition :
Soit F ∈ K (X).
Alors il existe un unique polynôme E de K [X] tel que deg (F − E) < 0 ; ce polynôme E est appelé la
partie entière de la fraction rationnelle ; on le note E = Ent (F ).

Preuve :

Unicité : Supposons donné (E1 , E2 ) ∈ K (X)2 tel que



deg (F − E ) < 0
1
deg (F − E2 ) < 0

on déduit que deg ((F − E1 ) − (F − E2 )) ≤ max (deg (F − E1 ) , deg (F − E2 )) < 0

soit : deg (E2 − E1 ) < 0

et puisqu’il s’agit là d’un polynôme, on a E2 − E1 = 0, donc E2 = E1

Existence :
A
Posons F = ; où (A, B) ∈ K [X]2 et B ̸= 0
B
Par division euclidienne de A par B, on dispose d’un couple (E, R) de polynômes de K [X] tel que :

A = BE + R
deg (R) < deg (B)

BE + R BE R R
Alors : F = = + =E+
B B B B
 
R
Le polynôme E, ainsi défini, convient car deg (F − E) = deg <0
B

N.B

Ent (F ) n’est rien d’autre que le quotient dans la division euclidienne du numérateur par le dénominateur

de F .

Remarque :

Si la fraction F est en particulier un polynôme alors Ent (F ) = F , car deg (F − F ) = deg (0) = −∞ < 0.

Proposition :
2
Soit (F, G) ∈ K (X) et (λ, µ) ∈ K2 . Alors : :
1. Ent (F ) = 0 si et seulement si deg (F ) < 0
2. Ent (λF + µG) = λEnt (F ) + µEnt (G)

12
Preuve :

Laissée en exercice.

Exercice :

Déterminer la partie entière de la fraction F dans les cas suivants :

X3 − X2 + X − 1 X +2
(i) F = ; (ii) F =
X +1 X 2 + 5X + 6
X 5 − 2X 4 + 3X 3 + X nX n+1 − (n + 1) X n
(iii) F = ; (iv) F =
X2 + X + 1 X −1
nX n + X n−1 + ... + X + 1 2X n+1 + X n + ... + X + 1
(v) F = 2 n ; (vi) F = n n
n X + X n−1 + 2X n−2 + ... + (n − 1) X + n X − X n−1 + .... + (−1)

où n ∈ N∗ est un paramètre donné.

2.2 Décomposition en éléments simples : La théorie


Définition :
Une fraction rationnelle F ∈ K (X) est dite un élément simple si elle de la forme

A
F =

où α ∈ N∗ , A ∈ K [X], Q ∈ K [X] est irréductible et deg (A) < deg (Q)

Remarque :

Connaissant les polynômes irréductibles de C [X] et de R [X], on peut énoncer :

• Les éléments simples de C [X] sont tous d’une même espèce :

a
α;
(X − λ)

où (a, λ) ∈ C2 et α ∈ N∗

• Les éléments simples de R [X] sont soit du type

a
α;
(X − λ)

où (a, λ) ∈ R2 et α ∈ N∗ (première espèce)

soit du type
aX + b
α;
(X 2 + pX + q)
où (a, b, p, q) ∈ R4 , avec p2 − 4q < 0, et α ∈ N∗ (deuxième espèce)

13
Lemme 1 :
Soit n ∈ N∗ , C1 , ..., Cn , Q1 , ..., Qn des polynômes de K (X) tels que


 Les Qi (1 ≤ i ≤ n) sont premiers entre eux deux à deux


P our tout i ∈ J1, nK , deg (Ci ) < deg (Qi )


 C1
 Cn
+ ... + =0
Q1 Qn

Alors C1 = ... = Cn = 0

Preuve :

On raisonne par récurrence.


C1
• Pour n = 1, il n’y a rien à démontrer car = 0 ⇐⇒ C1 = 0.
Q1
• Soit n ∈ N∗ ; supposons le résultat acquis au rang n.

Soit C1 , ..., Cn+1 , Q1 , ..., Qn+1 des polynômes de K (X) tels que


 Les Qi (1 ≤ i ≤ n + 1) sont premiers entre eux deux à deux (1)


P our tout i ∈ J1, n + 1K , deg (Ci ) < deg (Qi ) (2)

 C C

 1 + ... + n+1 = 0 (3)
Q1 Qn+1
Montrons que C1 = ... = Cn+1 = 0, ce qui montre que le résultat vrai au rang n + 1.

En multipliant dans (3) par le produit Q1 ...Qn+1 , on obtient :


n
!
X Ci
Q1 ...Qn+1 + Q1 ...Qn .Cn+1 = 0
i=1
Qi
| {z }
polynôme divisible par Qn+1

On en déduit que Qn+1 / Q1 ...Qn .Cn+1 , puis, sachant par (1) que Qn+1 est premier avec Q1 ...Qn , on a

Qn+1 / Cn+1 . Mais, par (2), deg (Cn+1 ) < deg (Qn+1 ) ; donc Cn+1 = 0

À présent la situation est




 Les Qi (1 ≤ i ≤ n) sont premiers entre eux deux à deux


P our tout i ∈ J1, nK , deg (Ci ) < deg (Qi )


 C1 + ... + Cn = 0

Q1 Qn
et l’hypothèse de récurrence permet de conclure que C1 = ... = Cn = 0

Ainsi C1 = ... = Cn+1 = 0. CQFD

Lemme 2 :
A 2
Soit F = ∈ K (X) et (Q1 , Q2 ) ∈ K [X] tel que Q1 ∧ Q2 = 1 et Q = Q1 .Q2
Q
2 A1 A2
Alors il existe (A1 , A2 ) ∈ K [X] tel que F = +
Q1 Q2

Preuve :

D’après le Bézout, on dispose d’un couple (U, V ) ∈ K [X]2 , tel que Q1 .U + Q2 .V = 1.

Il vient : A.Q1 .U + A.Q2 .V = A


A A.Q1 .U + A.Q2 .V A.V A.U
puis : F = = = +
Q Q1 .Q2 Q1 Q2
Alors, en posant A1 = A.V et A2 = A.U , on a le résultat.

14
Théorème :
A n
Soit n ∈ N∗ , F = ∈ K (X) et (Q1 , ...., Qn ) ∈ K [X] tel que les Qi (1 ≤ i ≤ n) sont premiers entre
Q
eux deux à deux et Q = Q1 ...Qn .
Alors la fraction F se décompose de manière unique sous la forme :

A1 An
F =E+ + ... + ;
Q1 Qn
n+1
où (E, A1 , ..., An ) ∈ K [X] tel que pour tout i ∈ J1, nK , deg (Ai ) < deg (Qi ).

Preuve :

Unicité :

Supposons donnée (E, A1 , ..., An ) ∈ K [X]n+1 et (H, B1 , ..., Bn ) ∈ K [X]n+1 tels que :
 A1 An

F = E + Q + ... + Q


(1)
 1 n
(Hn ) : B1 Bn
 F =H+ + ... + (2)

 Q1 Qn


∀i ∈ J1, nK , [deg (Ai ) < deg (Qi ) et deg (Bi ) < deg (Qi )] (3)

et montrons que (E, A1 , ..., An ) = (H, B1 , ..., Bn ).

Par différence de (1) et (2), on a


C1 Cn
(∗) : P + + ... + = 0;
Q1 Qn
où P = E − H et Ci = Ai − Bi (1 ≤ i ≤ n)

On en déduit en calculant la partie entière

0 = Ent 
(0) 
C1 Cn
= Ent P + + ... +
 Q1  Qn  
C1 Cn
= P + Ent + ... + Ent
Q1 Qn
 
Ci
Mais pour tout i ∈ J1, nK ,on a deg (Ci ) ≤ max (deg (Ai ) , deg (Bi )) < deg (Qi ), donc Ent = 0.
Qi
Alors 0 = P , donc E = H.

Il vient, d’après (∗) :


C1 Cn
+ ... + =0
Q1 Qn
Alors, avec


 Les Qi (1 ≤ i ≤ n) sont premiers entre eux deux à deux


P our tout i ∈ J1, nK , deg (Ci ) < deg (Qi ) ,


 C1 + ... + Cn = 0

Q1 Qn
le lemme 1 s’applique et fournit Ci = 0, donc Ai = Bi , pour tout i ∈ J1, nK.

Ainsi (E, A1 , ..., An ) = (H, B1 , ..., Bn ). CQFD

Existence :

On raisonne par récurrence sur n.

• Pour n = 1, on n’a qu’à prendre comme (E, A1 ) le couple (quotient, reste) dans la division euclidienne

de A par Q = Q1 : on a A = Q.E + A1 = Q1 .E + A1 avec deg (A1 ) < deg (Q) = deg (Q1 )
A Q1 .E + A1 A1
Avec ce couple (E, A1 ), on a F = = =E+ .
Q Q1 Q1
• Soit n ∈ N∗ ; supposons l’existence acquise au rang n.
A
Soit F = ∈ K (X) et (Q1 , ...., Qn+1 ) ∈ K [X]n+1 tel que les Qi (1 ≤ i ≤ n + 1) sont premiers entre
Q

15
eux deux à deux et Q = Q1 ...Qn+1 .

Comme Qn+1 est premier avec chacun des Qi (1 ≤ i ≤ n), il est premier avec Q1 ...Qn et le lemme 2
B Bn+1
s’applique. On dispose donc d’un couple (B, Bn+1 ) ∈ K [X]2 tel que F = +
Q1 ...Qn Qn+1
Maintenant, sachant que les Qi (1 ≤ i ≤ n) sont premiers entre eux deux à deux, l’H.R assure l’existence
B B1 Bn
de (B1 , ..., Bn ) ∈ K [X]n tel que = + ... +
Q1 ...Qn Q1 Qn
B1 Bn+1
Ainsi ce (n + 1) −uplet (B1 , ..., Bn , Bn+1 ) de polynômes de K [X] vérifie : F = + ... +
Q1 Qn+1

Finalement, par division euclidienne de Bi par Qi , on dispose d’un couple (Ei , Ai ) ∈ K [X]2 tel que :

Bi = Qi .Ei + Ai , avec deg (Ai ) < deg (Qi ), et cela pour tout i ∈ J1, n + 1K
Q1 .E1 + A1 Qn+1 .En+1 + An+1 A1 An
D’où F = + ... + =E+ + ... + ; où E = E1 + ... + En+1
Q1 Qn+1 Q1 Qn
Le (n + 1) −uplet (E, A1 , ..., An ) convient et l’existence est prouvée au rang n + 1.

Théorème :
A
Soit n ∈ N∗ et F = ∈ K (X) ; où A ∈ K [X], Q ∈ K [X] ∖ {0}.
Qn
Alors la fraction F se décompose de manière unique sous la forme :

A1 A2 An
F =E+ + 2 + ... + n ;
Q Q Q
n+1
où (E, A1 , ..., An ) ∈ K [X] et deg (Ai ) < deg (Q) (1 ≤ i ≤ n)

Preuve :

Existence :

On raisonne par récurrence sur n.

• Pour n = 1, On prend comme couple (E, A1 ) le couple (quotient, reste) de la division euclidienne de
A E.Q + A1 A1
A par Q = Q ; on a : F = = =E+ et deg (A1 ) < deg (Q)
Q Q Q
L’existence est vérifiée au rang n = 1.

• Soit n ∈ N∗ ; supposons l’existence acquise au rang n.


A
Soit F = ∈ K (X) ; où A ∈ K [X], Q ∈ K [X] ∖ {0}. Par division euclidienne de A par Q, on
Qn+1
dispose d’un couple (B, An+1 ) de polynômes de K [X] tel que : A = B.Q + An+1 et deg (An+1 ) < deg (Q).
A B.Q + An+1 B An+1
D’où F = = = n + n+1
Qn+1 Qn+1 Q Q
Maintenant, et par HR, soit (E, A1 , ..., An ) ∈ K [X]n+1 tel que :


deg (Ai ) < deg (Q) (1 ≤ i ≤ n)
 B A1 A2 An
 n =E+ + 2 + ... + n
Q Q Q Q

Donc, le (n + 1) −uplet (E, A1 , ..., An+1 ) ∈ K [X]n+2 défini ci-dessus vérifie :



F = E + A1 + A2 + ... + An+1

Q Q2 Qn+1

deg (Ai ) < deg (Q) (1 ≤ i ≤ n + 1)

L’existence est démontrée au rang n + 1.

Unicité :

16
On raisonne là aussi par récurrence sur n.

• Cas n = 1.
A
Supposons donnée une fraction F = ∈ K (X).
Q
Pour tout (E, A1 ) ∈ K [X]2 , on a :
  
F = E + A 1
  A = E.Q + A1
 A = EQ + A
1
Q ⇐⇒ Q Q ⇐⇒

deg (A1 ) < deg (Q) 
deg (A1 ) < deg (Q) deg (A1 ) < deg (Q)

 
A1
Donc F =E+ et deg (A1 ) < deg (Q) si et seulement si (E, A1 ) est le couple (quotient, reste) de
Q
la division euclidienne de A par Q, ce qui prouve l’unicité dans le cas n = 1.

• Soit n ∈ N∗ ; supposons l’unicité acquise au rang n.


A
Soit n ∈ N∗ et F = ∈ K (X) ; où A ∈ K [X], Q ∈ K [X] ∖ {0}.
Qn+1
On se donne (E, A1 , ..., An+1 ) ∈ K (X)n+2 et (H, B1 , ..., Bn+1 ) ∈ K (X)n+2 tels que :
 
F = E + A1 + A2 + ... + An+1

(i) F = H + B1 + B2 + ... + Bn+1

(iii)
Q Q2 Qn+1 et Q Q2 Qn+1

deg (Ai ) < deg (Q) (1 ≤ i ≤ n + 1) (ii) 
deg (Bi ) < deg (Q) (1 ≤ i ≤ n + 1) (iv)

An+1 A − An+1
On note G = F − =
Qn+1 Qn+1
A1 A2 An C
D’après (i), G = E + + 2 + ... + n = n ; où C = [Link] + A1 .Qn−1 + ... + An−1 .Q + An ∈ K [X]
Q Q Q Q
En multipliant par Qn+1 dans (i) et (iii), on a :

A = [Link]+1 + A1 .Qn + ... + An Q + An+1


= [Link]+1 + B1 .Qn + ... + Bn Q + Bn+1

Alors par unicité du reste dans la division euclidienne de A par Q, on a : An+1 = Bn+1
An+1 Bn+1
D’où, déjà G = F − = F − n+1
Qn+1 Q
A1 A2 An B1 B2 Bn
D’après (i) et (ii), On a G = E + + 2 + ... + n = H + + 2 + ... + n
Q Q Q Q Q Q
Or, par HR, il y a unicité de la décomposition ; donc (E, A1 , ..., An ) = (H, B1 , ..., Bn )

et donc (H, A1 , ..., An+1 ) = (H, B1 , ..., Bn+1 ).

L’unicité est démontré au rang n + 1.

Théorème (de D.E.S, cas général) :

A 2
Soit F = ∈ K (X) ; où (A, B) ∈ K [X] et B est non constant.
B α1
Soit B = Q1 ...Qαn la factorisation canonique de B en facteurs irréductibles, en sorte que les poly-
n

nômes
Qi (1 ≤ i ≤ n) sont deux à deux non associés et les αi (1 ≤ i ≤ n) sont des entiers naturels non nuls.
Alors la fraction F se décompose de manière unique sous la forme :
 
X αi
n
X
 A i,j 
(D) : F = E + j
;
i=1 j=1 Q i

où E et les Ai,j (1 ≤ i ≤ n et 1 ≤ j ≤ αi ) sont des polynômes de K [X] vérifiant deg (Ai,j ) < deg (Qi )

17
N.B
Ai,j
Les quantités sont des éléments simples de K (X) et la formule (D) est dite la décomposition en
Qji
éléments simples de F
Le polynôme E est, clairement, la partie entière de la fraction F car
  
X n X αi
Ai,j 
deg (F − E) = deg  
j
<0
i=1 j=1 Qi

Vocabulaire :
P
αi A
i,j
Dans la formule (D) le paquet est appelé la partie polaire de F relative au facteur irréductible
j=1 Qji
Qi , en sorte que la décomposition en éléments simples d’une fraction rationnelle de K (X) traduit que
celle-ci est somme de sa partie entière et de ses parties polaires.
A
Si l’écriture F = est celle d’une fraction irréductible et pour un certain i ∈ J1, nK, il existe ai ∈ K
B
Pαi A
i,j
tel que Qi = X − ai alors ai est un pôle de F de multiplicité αi et la partie polaire j
s’écrit
j=1 Qi

Pαi Ai,j
j
, où les Ai,j sont des scalaires. On dit dans ce cas qu’elle est la partie polaire relative
j=1 (X − ai )

au pôle ai

Preuve du théorème :
A αi
On a F = αn ; de plus, sachant que les Qi sont irréductibles et deux à deux non associés, les Qi
Qα 1
1 ...Qn
sont deux à deux premiers entre eux.

D’après le premier théorème de ce paragraphe, Il existe un unique (A1 , ..., An ) ∈ K [X]n tel que :

Xn
Ai
F = αi
i=1
Q i

Ai
D’autre part, d’après le deuxième théorème de ce paragraphe, on a, pour tout i ∈ J1, nK, α se
Qi i
décompose sous la forme :
Xαi
Ai Ai,j
α = E i + j
;
Qi i j=1 Qi

où pour tout j ∈ J1, αi K, Ai,j ∈ K [X] et deg (Ai,j ) < deg (Qi )

D’où    
n
X αi
X n
X αi
X
Ai,j Ai,j
F =  Ei + =E+  
i=1 j=1 Qji i=1 j=1 Qji
et cela en posant
n
X
E= Ei
i=1
Les polynômes E et Ai,j (1 ≤ i ≤ n, 1 ≤ j ≤ αi ) conviennent à la décomposition souhaitée.

D’où l’existence.

Concernant l’unicité, supposons données deux décompositions de F du type (D) :


 !

 Pn Pαi Ai,j

F = E + i=1
 j=1
Qji !
;

 P P αi B i,j
 n
F = H + i=1
 j=1
Qji

18
où E, H, les Ai,j et Bi,j (1 ≤ i ≤ n, 1 ≤ j ≤ αi ) sont des polynômes de K [X] vérifiant :

deg (A ) < deg (Q )
i,j i
deg (Bi,j ) < deg (Qi )

D’après une remarque précédente, on a forcément :

E = Ent (F ) = H

Il s’en suit que    


n
X αi
X n
X αi
X
Ai,j Bi,j
 =  
i=1 j=1 Qji i=1 j=1 Qji
Pour chaque i ∈ J1, nK, et en réduisant au même dénominateur, on peut écrire :
P Ai,αi
 αi Ai,j Ai,1 Ai,2 Ai

 j=1 = + + ... + α = αi
Qji Qi Q2i Qi i Qi
Pαi Bi,j Bi,1 Bi,2 Bi,αi Bi ;


 j=1 = + + ... + α = αi
Qji Qi Q2i Qi i Qi

où (Ai , Bi ) ∈ K [X]2 .

L’égalité
Xn Xn
Ai Bi
αi = α
i=1
Qi i=1
Qi i
et l’unicité dans le premier théorème de ce paragraphe permettent de déduire que

∀i ∈ J1, nK , Ai = Bi

Par suite,
Ai,1 Ai,2 Ai,αi Bi,1 Bi,2 Bi,αi
+ + ... + α = + + ... + α
Qi Q2i Qi i Qi Q2i Qi i
Donc, par unicité dans le deuxième théorème de ce paragraphe,

∀j ∈ J1, αi K , Ai,j = Bi,j

Ainsi 
E = H
∀i ∈ J1, nK , ∀j ∈ J1, αi K , Ai,j = Bi,j

D’où l’unicité de la décomposition de F en éléments simples.

Remarque :
A
Le résultat ne suppose pas forcément que soit un représentant irréductible de la fraction F , mais
B
il est bien clair que la réalisation de la décomposition serait plus commode et moins calculatoire si on

part d’un représentant irréductible de F .

Exercice :
A
Montrer que si dans le théorème est un représentant irréductible de la fraction F alors dans la
B
décomposition (D) on a : ∀i ∈ J1, nK , Ai,αi ̸= 0

2.3 Décomposition en éléments simples : Aspect pratique


2.3.1 Les cas K = C et K = R

Connaissant la nature des polynômes irréductibles de C [X] et R [X], et celle des éléments simples de

C (X) et R (X), le théorème de décomposition en éléments simples a les deux versions suivantes

19
Théorème (de D.E.S dans C [X]) :

A 2
Soit F = ∈ C (X) ; où (A, B) ∈ C [X] et B est non constant.
B α α
Soit B = µ (X − a1 ) 1 ... (X − an ) n la factorisation de D’Alembert de B, en sorte que les nombres
ai (1 ≤ i ≤ n) sont les racines distinctes de B et les αi (1 ≤ i ≤ n) sont leurs multiplicités.
Alors la fraction F se décompose de manière unique sous la forme :
 
n
X Xαi
 bi,j ;
(D) : F = E + j
i=1 j=1 (X − ai )

où E ∈ C [X] et les bi,j (1 ≤ i ≤ n et 1 ≤ j ≤ αi ) sont des nombres complexes

Théorème (de D.E.S dans R [X]) :

A 2
Soit F = ∈ R (X) ; où (A, B) ∈ R [X] et B est non constant.
B β1 β m
α α
Soit B = µ (X − a1 ) 1 ... (X − an ) n X 2 + p1 X + q1 ... X 2 + pm X + qm la factorisation de
D’Alembert-
Gauss de B, en sorte que les ai (1 ≤ i ≤ n) sont les racines distinctes de B, les αi (1 ≤ i ≤ n) sont
leurs
multiplicités et les (pj , qj ) sont des couples distincts de réels tels que p2j − 4qj < 0.
Alors la fraction F se décompose de manière unique sous la forme :
!  
n αi m βj
X X bi,k X X cj,k X + dj,k
(D) : F = E + +  ;
k 2 k
i=1 k=1 (X − ai ) j=1 k=1 (X + pj X + qj )

où E ∈ R [X], les bi,k (1 ≤ i ≤ n, 1 ≤ k ≤ αi ) sont des réels et les (cj,k , dj,k ) (1 ≤ j ≤ m, 1 ≤ k ≤ βj )


sont des couples de réels

2.3.2 Cas d’un pôle simple

Proposition
A
Soit F = une fraction rationnelle de K (X) et a ∈ K un pôle simple de F , en sorte que
B

B = (X − a) C, où C ∈ K [X] et C (a) ̸= 0

Alors la partie polaire de F relative au pole a est

α A (a) A (a)
, où α = = ′
X −a C (a) B (a)

Preuve

D’après le théorème général de D.E.S, il existe une fraction rationnelle G de K (X) n’ayant pas le pôle a et un scalaire
α ∈ K tel que
α
F = +G
X −a
D’où en multipliant par X − a :
(X − a) F = α + (X − a) G

20
c’est à dire
A
= α + (X − a) G
C
Il vient en substituant à X a :
A (a)
= α + 0.G (a) = α
C (a)
D’autre part, on a
B ′ = ((X − a) C)′ = C + (X − a) C ′
D’où
B ′ (a) = C (a)
Donc
A (a) A (a)
α= = ′
C (a) B (a)
CQFD.

Notation
A (a) A (x)
La relation α = s’écrit aussi α = ⌋x=a
C (a) C (x)

Remarque
A m
Pour un pôle multiple a de F = , il existe m ∈ N ∖ {0, 1} et C ∈ K [X] tel que B = (X − a) C et
B
C (a) ̸= 0.

La partie polaire de F relative au pôle a est de la forme

α1 α2 αm
+ + ... + m
X − a (X − a)2 (X − a)

Là aussi la D.E.S de F permet d’écrire

α1 α2 αm
F = + 2 + ... + m +G
X − a (X − a) (X − a)

où G est une fraction rationnelle de K (X) n’ayant pas le pôle a.

Comme dans le cas m = 1 d’un pôle simple, On a

m A m−1 m
(X − a) F = = α1 (X − a) + ... + αm−1 (X − a) + αm + (X − a) G
C

On en déduit la valeur de αm en substituant à X a :

A (a) A (x)
αm = = ⌋x=a
C (a) C (x)

bien sûr, cette formule ne concerne pas les coefficients αi , 1 ≤ i ≤ m − 1

2.3.3 Cas de deux pôles conjugués d’une fraction rationnelle de R (X)

Proposition

Soit F ∈ R (X) et z ∈ C ∖ R un pôle complexe non réel de F . Alors


1. z est aussi un pôle de F de même multiplicité que z.
Pα Aj
2. Soit j
la partie polaire de F relative au pôle z dans C (X), où les Aj ∈ C.
j=1 (X − z)
Pα Aj
Alors la partie polaire de F relative au pôle z dans C (X) est j
j=1 (X − z)

21
Preuve
A
Posons F = , où (A, B) ∈ R [X]2 , B ̸= O et A ∧ B = 1.
B
1. z est une racine complexe non réelle du polynôme B. On sait alors, sachant que B est à coefficients
réels, que z est une racine de B de même multiplicité que z. Cela fait de z un pôle de F de même multiplicité que le pôle z.
2. La D.E.S de F dans C (X) s’écrit
α α r αi
!
X Aj X Bj X X bi,k
F = E+ + +
j=1 (X − z)j j=1 (X − z)j i=1 k=1 (X − ai )k

où E est la partie entière de F (qui est forcément dans R [X] ! !), les a1 , ..., ar sont les pôles complexes de F distincts de z
et z, les α1 , ..., αr sont leurs multiplicités respectives et les Aj , Bj bi,k sont des nombres complexes.
Pour tout u ∈ C ∖ {z, z, a1 , ..., ar }, on a
α α r αi
!
X Aj X Bj X X bi,k
F (u) = E (u) + j
+ +
j=1 (u − z) j=1 (u − z)j i=1 k=1 (u − ai )k

Sachant que E ∈ R [X] et F ∈ R (X), on a en conjuguant


α α r αi
!
X Aj X Bj X X bi,k
F (u) = E (u) + + +
j=1 (u − z)j j=1 (u − z)j i=1 k=1 (u − ai )k

Comme PC (F ) = C ∖ {z, z, a1 , ..., ar } est stable par la conjugaison u 7→ u ( ! !), on a


α α r αi
!
X Aj X Bj X X bi,k
∀ u ∈ u ∈ PC (F ) , F (u) = E (u) + + +
j=1 (u − z)j j=1 (u − z)j i=1 k=1 (u − ai )k

Il s’agit là de l’égalité de deux fonctions rationnelles associées à deux fractions rationnelles.


D’après théorème du paragraphe 1.3, ces deux fractions sont égales :
α α r αi
!
X Aj X Bj X X bi,k
F = E+ j
+ j
+
j=1 (X − z) j=1 (X − z) i=1 k=1 (X − ai )k

On déduit par unicité de la D.E.S que


∀j ∈ J1, αK , Aj = Bj
P
α Bj P
α Aj
Donc la partie polaire de F relative au pôle z est = .CQFD.
j=1 (X − z)j j=1 (X − z)j

2.3.4 Exemples

Exemple 1
X3 − X2
Soit F =
X2 − X − 2
On a B = X 2 − X − 2 = (X + 1) (X − 2) ; il est scindé et ses seules racines −1 et 2 ne sont pas racines
de A = X 3 − X 2 . Donc A ∧ B = 1 et la fraction F est irréductible.
α
La D.E.S de F est la somme de la partie entière E = Ent (F ) et des deux parties polaires et
X +1
β α β
relatives aux pôles −1 et 2 respectivement : F = E + +
X −2 X +1 X −2
E s’obtient comme quotient dans la division euclidienne de A par B.
X3 − X2 X2 − X − 2
−X 3 + X 2 + 2X X D’où E = Ent (F ) = X
2X
A (x) A (−1) 2 A (x) A (2) 4
De plus, on a α = ⌋x=−1 = = et β = ⌋x=2 = =
x−2 −1 − 2 3 x+1 2+1 3
D’où
X3 − X2 2 4
F = 2
=X+ +
X −X −2 3 (X + 1) 3 (X − 2)

22
Exemple 2
X2 + 1
Soit F = 2
X (X − 1) (X 2 + X + 1)
F est une fraction de R (X) dont les facteurs irréductibles du dénominateur sont X, X − 1 et X 2 + X + 1.

Elle est irréductible et ses pôles sont 0 et 1.

La partie entière de F est nulle car deg (F ) < 0. Donc la D.E.S de F se réduit à

α β γ δX + µ
F = + + + 2 (∗)
X X − 1 (X − 1)2 X +X +1

Partie polaire relative au pôle 0

Il s’agit de α
X et il est question de déterminer α. Comme le pôle 0 est simple, on a

x2 + 1 02 + 1
α= 2 ⌋x=0 = 2 =1
(x − 1) (x2 + x + 1) (0 − 1) (02 + 0 + 1)

Calcul du coefficient γ dans la partie polaire relative au pôle 1


β γ
Il s’agit de la fraction + . On a
X − 1 (X − 1)2

X2 + 1 2
γ= 2
⌋x=1 =
X (X + X + 1) 3

Calcul du reste des coefficients

À présent, (∗) s’écrit


1 β 2 δX + µ
F = + + + 2
X X − 1 3 (X − 1)2 X +X +1
On a
x2 + 1 βx 2x δx2 + µx
∀ x > 1, xF (x) = 2 =1+ + +
(x − 1) (x2 + x + 1) x − 1 3 (x − 1)2 x2 + x + 1
Alors, quand x tend vers +∞ :
0=1+β+δ

D’autre part, en considérant que F peut-être aussi considérée comme une fraction rationnelle de C (X),
on a
z2 + 1 βz 2z δz 2 + µz
∀ z ∈ C ∖ {1} , zF (z) = 2 =1+ + 2 + 2
(z − 1) (z 2 + z + 1) z − 1 3 (z − 1) z +z+1
D’où pour z = i, on a
βi 2i δi2 + µi
0=1+ + 2 + 2
i − 1 3 (i − 1) i +i+1
D’où
βi (−1 − i)
0=1+ − i (−δ + µi)
2
c’est à dire  
β β
0=1+ +µ+i − +δ
2 2
Alors
β β
1+ +µ=0 et − +δ =0
2 2

23
Ainsi 

 β+δ = −1


 β
− +δ =0 =0

 2

 β
 +µ = −1
2
On en déduit
2 1 2
β = − , δ = − et µ = −
3 3 3
En conclusion, la D.E.S de F est

1 2 2 X +2
F = − + −
X 3 (X − 1) 3 (X − 1)2 3 (X 2 + X + 1)

Exercice
x2 + 1
Montrer que la fonction f : x 7→ 2 n’est pas intégrable sur ]0, 1[ ni sur ]1, +∞[.
x (x − 1) (x2 + x + 1)
Déterminer une primitive de f sur ]1, +∞[.
Z +∞
Montrer que l’intégrale f (t) dt converge et calculer sa valeur.
2

Exemple 3
1
Soit F =
X6+1
F est une fraction irréductible de R (X) de partie entière O car deg (F ) < 0. et sans pôles dans R

Le but ici est de décomposer F en éléments simples dans R (X), en utilisant sa D.E.S dans C (X).

(i) D.E.S de F sur C

Les pôles de F sont les racines 6-ièmes de −1. Comme i est une racine 6-ièmes de −1, les pôles de F
 
2kπ kπ kπ π (2k+3)π
i 3 +2
sont donc les iei 6 = iei 3 =e = ei 6 , k ∈ J0, 5K.
1
On ainsi F =  
Q
5 (2k+3)π
X − ei 6
k=0

La D.E.S ne comporte que les parties polaires de F relatives aux pôles cités ci-dessus :

a b c d e f
F = π + 5π + 7π + 3π + 11π + 13π
i2
X −e X− ei 6 X− ei 6 X− ei 2 X− ei 6 X − ei 6

a b c d e f
= + 5π + 12π−π + + 12π−π + 
12π+π

X −i X +i
X− ei 6 X −e i 6 X −e i 6 X + ie
i 6

a b c d e f
= + + + + +
X −i 5π 5π X + i X − e−i π6 π
X − ei 6
X− ei 6 X− e−i 3

Ici le six pôles complexes sont non réels et conjugués deux à deux (comme attendu puisque F ∈ R (X)).

Mais là en utilisant le théorème précédent, on a d = a, c = b et f = e.

Il suffit donc de déterminer a, b et e.

Or tous les pôles de F sont simples. Donc en notant A = 1 et B = X 6 +1 les numérateur et dénominateurs

24
de F , on a
π 5π
A (u) 1 i A (u) 1 e−i 6 A (u) 1 ei 6
a= ′ ⌋u=i = 5 = − , b= ′ ⌋ 5π = 25π = , e= ′ ⌋ π =
5π =
B (u) 6i 6 B (u) u=ei 6 6 B (u) u=e−i 6 6
6ei 6 6e−i 6

D’où
π π 5π 5π
i e−i 6 ei 6 i ei 6 e−i 6
F =− +  +  + +  π + π
6 (X − i) 5π 5π 6 (X + i) 6 X − e−i 6 X − ei 6
6 X − ei 6 6 X − e−i 3

(ii) D.S.E de F sur R

En groupant 2 à 2 les termes conjugués dans la D.S.E sur C obtenue en (i), on a


 
 
  π 5π π 5π
i i  e−i 6  e i 6
ei 6 e −i 6
F = − + +
  +  
+
  π +  π

6 (X − i) 6 (X + i) 5π
i 6

−i 6 6 X − e −i 6
6 X − e i6
6 X −e 6 X −e

!  
  π
−i 6
π 5π 5π
i 1 1 1 e e i6
1 ei 6 e−i 6 
= − − + + + +
6 X −i X +i 6 5π 5π 6 X − e−i π6 π
X − ei 6
X− ei 6 X− e−i 6
 
π 5π
2 cos
X +2 2 cos X +2
1 6  6
= +  +  π 
3 (X 2 + 1) 5π 6 X 2 − 2 cos X +1
6 X 2 − 2 cos X +1 6
6

Soit √ √
1 3X + 2 3X − 2
F = + √ − √ 
6 (X 2 + 1) 6 X 2 + 3X + 1 6 X 2 − 3X + 1

25

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