Cours MK
Cours MK
FACULTÉ DE TECHNOLOGIE
D ÉPARTEMENT : P ÉTROCHIMIE
AU : 2018/2019
N OTES DE C OURS
Diagnostic des systèmes linéaires
Nota bene : Ce cours est à usage personnel. Il est strictement interdit de le reproduire ou de le publier sans mon
autorisation.
Table des matières
Notations ix
1 Généralités et définitions 1
1.1 Automatisation intégrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Automatisation et diagnostic . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Définitions du Diagnostic . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3.1 Contexte médical . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3.2 Contexte d’automatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Objectif de diagnostic . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.5 Du principe de cohérence au problème des connaissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.6 Terminologies et définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.7 Les différentes étapes du diagnostic d’un système . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
B Calcul Matriciel 69
B.1 Three Lemmas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
Bibliographie 71
2.1 Schéma de classification des méthodes de diagnostic de défauts basées sur le modèle. . . . 10
2.2 Principe de la méthode quantitative. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.3 Principe de la redondance materielle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.4 Redondance analytique et matérielle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.5 Architecture générale de la détection de défaut à base de modèle. . . . . . . . . . . . . . . 13
2.6 Principe de la redondance analytique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.7 Principe de détection et localisation des défauts. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.8 Structure générale d’un générateur de résidus. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.9 Comparaison des résidus à un seuil de détection. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.10 Table des signatures. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.11 Détection et localisation des défauts. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.12 Génération de résidus structurés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Les notations sont, dans la mesure du possible, des notations standards. Elles sont dé-
finies au fur et à mesure de leur utilisation dans le présent document et sont conser-
vées tout au long de celui-ci. Il nous a cependant paru utile de les rassembler ici.
N : Ensemble des nombres naturels.
R : Ensemble des nombres réels.
Z : Ensemble des nombres entiers.
Z : Ensemble des nombres entiers positifs.
R𝑛 : ensemble des vecteurs réels de dimension 𝑛.
𝑛×𝑚
R : Ensemble des matrices réelles de dimension 𝑛 × 𝑚.
𝑀𝑇 : Transposée de la matrice 𝑀 .
𝑀 ≻ : 𝑀 Matrice définie positive.
𝑀 ⪰ : 𝑀 Matrice semi définie positive.
𝑎×𝑏 : Matrice nulle de dimension 𝑎 × 𝑏.
𝑎 : Matrice nulle de dimension 𝑎 × 𝑎.
𝐼𝑎×𝑏 : Matrice identité de dimension 𝑎 × 𝑏.
𝐼𝑎 : Matrice identité de dimension 𝑎 × 𝑎.
𝐼 : Matrice identité de taille appropriée.
‖𝜒‖ ≜ 𝜒𝑇 𝜒.
𝑥 𝑘 : Vecteur du signal échantillonné 𝑥 à l’instant k.
∙ : Valeur estimée de la variable ou du paramètre ∙.
𝛾𝑖 𝑘 : Valeur du facteur de perdre de puissance sur le i-ème actionneur.
∙− : L’inverse généralisée de la matrice ∙.
D
Généralités et définitions
HE
Le grave défaut est d’avoir des défauts et
de ne pas s’efforcer de s’en corriger.
Confucius
Décisions Observations
M
• Fiabilité : l’aptitude d’un système à accomplir sa mission dans des conditions données d’utilisation ;
A l’automatisation, doit donc être associée une stratégie de maintenance qui permet d’assurer un certain
niveau de disponibilité. Il faut :
D
• soit prévoir le temps de bon fonctionnement moyen (MTBF 1 ) ;
HE
Ces approches donnent lieu à différentes stratégies de maintenance :
2. la maintenance selon état : entre autres la maintenance intelligente, c’est la prise en compte de l’état
actuel du systè[Link]
La force de la maintenance intelligente (dite aussi diagnostic en temps réel) réside dans l’analyse et le
suivi de la santé des équipements aux travers d’un ensemble de données issues des systèmes de surveillance
basés sur la mesure de grandeurs physiques à partir de capteurs dont l’objectif : Analyser en temps réel
l’évolution de l’état actuel du procédé à surveiller.
Dans la suite, on s’intéresse à la maintenance intelligente conditionnelle basée sur la surveillance en continu
de l’évolution du système considéré. Ce type d’approche nécessite la conception d’un système de diagnos-
tic permettant la détection précoce de déviations faibles par rapport à une caractérisation du système en
EN
fonctionnement nominal, afin de prévenir un dysfonctionnement avant qu’il n’arrive (voir figure 1.2).
Grandeur mesurée : y
yn + ∆y
yn
yn - ∆y
yn : valeur nominale de y
M
t1 t2 Temps
F IGURE 1.2 – Déviation d’une grandeur mesurée par rapport à sa valeur nominale.
• bon fonctionnement des capteurs et des actionneurs, des chaînes d’acquisition et de mise en forme ;
1. Mean Time Between Failure
• justesse des modèles globaux de fonctionnement : pas de variation des paramètres descripteurs des
processus (vieillissement, dérive...) ;
Lorsqu’un défaut affecte un de ces niveaux, il doit être détecté le plus rapidement possible, ensuite il doit
être localisé et identifié si possible w Procédure de diagnostic en temps réel
D
Selon, le contexte et le domaine d’application, le mot diagnostic peut avoir plusieurs interprétations.
HE
Définition 1
Selon le dictionnaire :
Le diagnostic est l’identification de la cause probable de la (ou des) défaillance(s) à l’aide d’un
EN
raisonnement logique fondé sur un ensemble d’informations provenant d’une inspection, d’un contrôle ou
d’un test
De manière générale, lorsqu’on parle de diagnostic des défauts, on se réfère à la procédure de détection
et d’isolation (localisation) de ces derniers, que l’on retrouve souvent sous le nom : en anglais FDI (Fault
Detection and Isolation)
M
D
nombre d’indicateurs, ou symptômes, permettant de caractériser l’état de fonctionnement (ou de santé) du
système. Le résultat de cette analyse débouche, dans le cadre de la maintenance intelligente sur une prise
de décision destinée à un retour à la normale de l’installation jugée défaillante.
La mise en œuvre d’une telle approche (voir figure 1.3) nécessite de générer des indicateurs de défauts
HE
ou symptômes, puis à interpréter correctement ces symptômes afin de déterminer l’origine de défaut, c’est
à dire l’élément présentant un fonctionnement anormal et enfin à prendre une décision pour un retour à un
fonctionnement normal de l’installation.
Système de Diagnostic
Interprétation Génération
Prise de
décision des d’indicateurs
symptômes de défauts
IG
Acquisition des grandeurs
Défaut
Actions sur le système caractéristiques du système
entrées sorties
Procédé Industriel
EN
L’élaboration d’une structure telle que celle présentée à la figure 1.3 nécessite l’exploitation de l’en-
semble des connaissances disponibles sur l’installation. Ce dernier point fait l’objet du paragraphe suivant.
L’objectif du diagnostic est donc de constater l’apparition d’un défaut, d’en trou-
M
ver la cause puis d’en déduire la marche à suivre afin d’assurer la sûreté de fonc-
tionnement de l’installation.
En dernière analyse, toute procédure de diagnostic consiste finalement à vérifier s’il y a cohérence
entre l’ensemble des connaissances, reflétant le fonctionnement nominal du système, et le comportement
effectivement observé sur celui-ci (voir figure 1.4).
Connaissances sur le Observations
Test de cohérence
Symptômes
D
F IGURE 1.4 – Principe de cohérence.
En cas d’incohérence, on pourra conclure à l’apparition d’une défaillance dont il s’agira de détermi-
ner l’origine. Ceci soulève bien entendu le problème des connaissances nécessaires à la conception d’un
système de diagnostic.
HE
L’approche moderne du diagnostic repose sur l’utilisation de modèles quantitatifs et/ou qualitatifs ob-
tenus en exploitant l’ensemble des connaissances disponibles sur l’installation à surveiller (voir figure 1.5).
L’approche quantitative consiste à utiliser un modèle mathématique du système et/ou des signaux, pour réa-
liser la détection et la localisation des défauts. L’approche qualitative repose sur l’utilisation des connais-
sances difficilement modélisables à l’aide des lois de la physique.
Connaissances
quantitatives
IG
Défauts : f(t)
Perturb. : d(t) Détection et
Localisation
Connaissances
EN
qualitatives
F IGURE 1.5 – Ensemble des connaissances disponibles pour le diagnostic d’un système.
L’approche quantitative repose sur l’idée que les grandeurs mises en jeu sont mesurables et qu’il existe
une loi mathématique permettant de calculer les unes en fonction des autres. L’approche qualitative repose,
M
quant à elle, sur l’expérience sensible des indicateurs, elle tente d’imiter les comportements cognitifs hu-
mains, et est de ce fait qualifiée d’intelligence artificielle. Toute la difficulté réside dans une modélisation
et un traitement adéquat des connaissances qualitatives. Les systèmes experts, les systèmes d’inférences
floues (raisonnement par induction déduction), la reconnaissance de formes (raisonnement par analogie)
sont des tentatives de représentation et de traitement des connaissances sensées simuler les processus cog-
nitifs humains.
D
Entrée Sortie
Actionneurs Système Capteurs
HE
F IGURE 1.6 – Différents types de défauts agissants sur un système à surveiller.
Défaillance : une défaillance est l’altération ou la cessation de l’aptitude d’un ensemble à accomplir sa
ou ses fonctions requises avec les performances définies dans les spécifications techniques. Une défaillance
est un dysfonctionnement du système, le processus présente alors un fonctionnement inacceptable du point
de vue des performances. Il est clair qu’une défaillance implique l’apparition d’un défaut puisqu’il existe
IG
un écart entre la caractéristique mesurée et théorique. Par contre, un défaut n’implique pas nécessairement
une défaillance puisque le dispositif peut très bien continuer à assurer sa fonction principale.
Panne : une panne est l’inaptitude d’un dispositif à accomplir une fonction requise. Une panne résulte
toujours d’une défaillance et donc d’un défaut : Défaut → Défaillance → Panne.
Dans le cadre de la maintenance préventive conditionnelle, il est clair que le diagnostic doit permettre
de détecter et de localiser un défaut avant que celui-ci ne conduise à une défaillance ou à une panne qui
EN
entraînerait l’arrêt du système.
Détection de défauts : la détection d’un défaut consiste à décider si le système se trouve ou non dans
un état de fonctionnement normal.
Localisation d’un défaut : à l’issue de la détection d’un défaut, il s’agit de déterminer le ou les élé-
ments à l’origine du défaut.
Défaut actionneur : un défaut actionneur représente une perte totale ou partielle d’une action de com-
mande agissant sur le système.
M
Défaut capteur : un défaut capteur est une altération de l’information de l’état physique du système.
Défaut additif : un défaut est additive si on peut la modéliser comme une déviation inconnue d’un
signal du système.
Défaut multiplicatif : un défaut est multiplicatif si on peut la modéliser comme une déviation (varia-
tion) inconnue d’un paramètre du système.
Diagnostic : le diagnostic consiste à déterminer le type, la taille, le lieu et l’instant d’occurrence d’un
défaut, il suit la détection de défauts et inclut l’isolation et l’identification.
Surveillance : la surveillance est une tâche continue, réalisée en temps réel, qui permet de déterminer
l’état d’un système physique, elle consiste en l’enregistrement des informations ainsi qu’en la reconnais-
sance et l’indication des anomalies du comportement.
Supervision : la supervision est la surveillance d’un système physique et la prise de décisions appro-
priées en vue de maintenir son opération lors de l’apparition de défauts.
Biais : un défaut biais est un écart constant par rapport à la valeur nominale du signal. Il correspond à
une panne brutale (dysfonctionnement total ou partiel d’un élément).
Dérive ou graduel : un défaut dérive est une croissance lente et continue d’un signal par rapport à sa
valeur nominale. Il caractérise un encrassement ou une usure d’une pièce.
Résidu : le résidu est un signal conçu pour être un indicateur d’anomalies fonctionnelles ou comporte-
mentales, sensiblement nul en absence de défauts et non nul en leur présence. En d’autres termes, le signal
résidu est un indicateur de présence défauts basé sur la différence entre les mesures ou les observations, qui
sont des informations sur le comportement du système, et les valeurs calculées ou estimées de ces mesures.
D
1.7 Les différentes étapes du diagnostic d’un système
Le diagnostic d’un système industriel nécessite un certain nombre d’étapes résumées à la figure 1.7.
HE
Système sous surveillance
Grandeurs
Capteurs
Acquisition des données
Génération
de résidus
Mesures
Observations
IG Génération d’indicateurs
de défauts
Résidus ou
Symptômes
Détection de défauts
Evaluation
Résidus ≠0
des résidus
EN
défaillant
Prise de décision
Changement de Adaptation des lois Arrêt normal pour Arrêt d’urgence
Actions correctrices
M
D
simple, est réalisé à l’aide d’un seuillage.
- Etape de localisation : Il s’agit, à partir des résidus détectés non statistiquement nuls, de localiser
le défaut, c’est à dire de déterminer le ou les éléments défaillants. On appelle signature d’un défaut l’effet
de celui-ci sur un ou plusieurs résidus. Si l’on dispose de la connaissance de la signature des défauts, il est
HE
possible, à partir de celui-ci, de remonter des effets (résidus non nuls) aux causes (les éléments défaillants).
Cette étape nécessite donc un modèle des défauts du système permettant la résolution du problème inverse.
Ceci peut être réalisé à l’aide d’un arbre de défaillance, d’un classiffieur construit à l’aide d’un réseau
de neurone, d’un système d’inférences floues, etc. En résumé, quelle que soit la méthode employée, une
procédure de diagnostic comprend deux étapes, une étape de génération de résidus et une étape d’évaluation
des résidus.
- Etape de prise décision : Le fonctionnement incorrect du système étant constaté, il s’agit de décider
de la marche à suivre afin de conserver les performances souhaitées du système sous surveillance. Cette
IG
prise de décision doit permettre de générer, éventuellement sous le contrôle d’un opérateur humain, les
actions correctives nécessaires à un retour à la normale du fonctionnement de l’installation. Ces actions
peuvent être : l’adaptation paramétrique de la loi de commande dans le but de conserver les performances
de l’installation, un changement de point de consigne afin de compenser l’effet d’un défaut, une procédure
normale d’arrêt ou encore un arrêt d’urgence en cas de détection d’une anomalie sévère mettant en danger
les personnes ou le matériel, etc.
EN
M
D
Les méthodes de diagnostic
HE
2.1 Introduction
La demande croissante de sûreté de fonctionnement justifie l’intérêt porté à des techniques avancées de
conduite de processus incluant des méthodes performantes de diagnostic de défauts.
Lorsqu’un défaut apparaît, il doit être détecté le plus rapidement possible, ensuite il doit être localisé
et identifié. Les défauts ne peuvent pas toujours être détectés par la seule analyse individuelle des signaux
IG
acquis sur le système. D’où la nécessité de la redondance d’informations (matérielle ou analytique) liant
différentes variables mesurées qui fournit au système plusieurs informations différentes sur une même va-
riable. Des tests vont alors permettre de vérifier la cohérence de ces informations. La confiance dans les
résultats du diagnostic dépend de la fiabilité des mesures.
Deux approches de redondance d’information existent :
EN
∙ redondance matérielle utilisant plusieurs capteurs ;
Si la prise de décision conduit à déclarer le composant du procédé défaillant, il convient alors de sélec-
tionner une méthode de diagnostic. Les méthodes de diagnostic peuvent être classées en plusieurs grandes
familles.
Nlethodesdedétection
diagnosticdedéfauts
rMethodesbaséessurles
D
(Métholem
deso
bdèéleessui
as donnes A
Nlethodesquainilatives Nlétliodesqualitatives
HE
Estimation Estimationde e Estimation Espacede Hiiaidu
d'état
r N
a
i
2.3 Les méthodes qualitatives : (connaissance l heuristique)
Les modèles qualitatifs permettent d’abstraire le comportement du l procédé avec un certain degré d’abs-
traction à travers des modèles non plus mathématiques mais des modèles a de type symbolique. Ces modèles
décrivent d’une manière qualitative l’espace d’état continu du système. Contrairement aux modèles de type
numérique, les modèles qualitatifs ne représentent pas la physique du n
M
Le principe de ces méthodes, repose sur la prise en compte des observations sur les entrées 𝑢 et les
sorties mesurées 𝑦 pour remonter au paramètre ou à son vecteur d’état interne 𝑥. Les éléments et 𝑥
ayant par définition un sens physique ou quasi-physique, la cause exacte de la défaillance devient aisée à
identifier et à localiser.
u: Entrées Processus y: Sorties
Θ, X
Estimations
de paramètre ou d’état
D
Comparaison avec
les valeurs nominales
HE
Décision
mesurant la même grandeur physique sur un même organe du système. Les comparaisons par différence
des mesures des capteurs deux à deux forment alors les résidus. Si un des capteurs est défaillant, il est
alors détecté et isolé facilement, car il affecte tous les résidus où il intervient. De nombreuses applications
industrielles appliquent cette méthode de diagnostic. Cette méthode est principalement dédiée à des sys-
tèmes présentant des hauts risques, tels les centrales nucléaires, l’aéronautique, etc. Il s’agit de systèmes
sur lesquels la sécurité prime sur le coût et la maintenance des capteurs.
V ariable
x
M
Capteur 1
m1 r1
m2 r2 Résultat
Capteur 2 Comparaison Vote Capteur défaillant
Capteur 3
m3 r3
𝑟 𝑚 − 𝑚 ,𝑟 𝑚 − 𝑚 ,𝑟 𝑚 −𝑚
D
① Afin de pouvoir isoler le défaut, la redondance matérielle doit être d’ordre impair ;
② Méthode fiable et simple à implanter mais le coût et l’encombrement ainsi qu’un champ d’application
strictement limité aux défauts de capteurs constituent les inconvénients majeurs de cette méthode.
HE
2.5.2 Redondance analytique
La redondance analytique présente une alternative intéressante à la redondance matérielle. La redon-
dance d’information dans ce cas est assurée par un modèle du système par opposition à la redondance
matérielle qui s’appuie sur une duplication des instruments.
Le concept de redondance analytique repose donc sur l’utilisation d’un modèle mathématique du sys-
tème à surveiller. Elle consiste à développer des algorithmes de détection et de localisation des défauts en
IG
utilisant des informations supplémentaires issues de modèles générant des grandeurs homogènes à celles
provenant de capteurs du système.
Mesure 1
Mesure 2
EN
Mesure validée
Traitement
Entrée 1
Entrée 2 ”Mesure 3”
Modèle
Entrée 3
M
Remarque 2.2
① Le champ d’application de la redondance analytique ne se limite pas aux défauts capteurs, mais
s’étend aux défauts actionneurs ou à celles du procédé lui-même.
② L’approche utilisant la redondance analytique se décompose généralement en deux phases distinctes :
(a) La première concerne la génération de résidus caractéristiques du défaut ;
(b) La seconde étape concerne la prise de décision qui a trait à la détection et éventuellement à la
localisation d’un élément défaillant. Elle met en œuvre des techniques de détection de ruptures
et de tests d’hypothèses.
D
HE
IG
F IGURE 2.5 – Architecture générale de la détection de défaut à base de modèle.
[Link] Observateurs
• La problématique repose :
EN
Surveillance de l’évolution des paramètres. Exemple : système du premier ordre avec connaissance de
𝐾 et 𝜏 . Si les valeurs de ces deux paramètres restent constantes au cours du temps,
M
• Cela indique que les relations d’entrées-sorties (statique et dynamique) demeurent inchangées : c’est
le fonctionnement normal.
• Si l’un des paramètres (ou les deux) change de valeur, nous devons considérer que les relations d’en-
trées - sorties ont changé : c’est l’apparition d’un défaut.
• L’amplitude et le sens des variations de ces paramètres sont des indications utiles pour élaborer le
diagnostic.
• Il est contrairement à l’approche observateur établit à partir des 𝐸 et 𝑆 connues du système, exemple
𝑦 𝐶𝑥 𝑓 , donc il existe une matrice orthogonale 𝑉 à 𝐶 telle que 𝑉 𝐶 soit le 𝑟 ̸ si 𝑓 ̸
La génération de résidus consiste à comparer les mesures issues du système à leurs estimations issues
d’un modèle.
D
Entrée Comportement observé observations
Système physique
en ligne
Ecart=détection Isolation
Modèle de fonction
HE
Comportement prédit
normal du système ou attendu
estimations
Un seul résidu permet la détection d’une défaillance au niveau d’un sous-système. Cependant, la loca-
lisation d’un défaut nécessite un ensemble de résidus structurés. Ces résidus doivent être conçus pour être
sensibles à certains défauts et insensibles à d’autres, permettant ainsi la localisation de l’élément défaillant :
IG
des symptômes sont générés et comparés à des signatures de défauts.
l’aide d’un modèle mathématique du système, les grandeurs mesurées sur celui-ci. Si le modèle reflète
bien le comportement du système sain, tout écart entre les grandeurs estimées et mesurées traduira l’appa-
rition d’un ou plusieurs défauts. Les défauts sont alors détectés par comparaison des résidus à des seuils
convenablement choisis.
d(t) f(t)
à surveiller
Dans ce paragraphe, nous présentons différentes méthodes permettant la réalisation des deux principales
étapes d’un système de diagnostic : la génération de résidus et leurs évaluations (figure 2.7). Nous verrons
également comment il est possible de rendre le système de diagnostic peu sensible aux entrées inconnues
𝑑 𝑡 et sensible aux défauts que l’on souhaite détecter 𝑓 𝑡.
D
Dans cette relation, 𝑥 représente le vecteur d’état, 𝑢 le vecteur de commande et 𝑦 le vecteur de sortie.
Dans la suite, sauf mention contraire, la matrice 𝐷 sera supposée nulle. Le problème de la génération de
résidus peut alors posé de la manière suivante : étant donné les entrées et les sorties du système, on suppose
qu’il est possible de générer, en utilisant le modèle (2.1) un ensemble des signaux, appelés résidus, notés
HE
𝑟 𝑡 ∈ R𝑞 , permettant de mettre en évidence l’apparition d’un éventuel défaut sur le processus. Cette tâche
est d’autant plus difficile que le modèle mathématique du système est imparfait, ce qui est toujours le cas
en pratique. En effet, le modèle (2.1) ne prend en compte, ni les incertitudes de modélisation toujours
présentes, ni les différentes perturbations auxquelles le système est inévitablement soumis. Cela nécessite
par conséquent une certaine robustesse du générateur de résidus par rapport à ces différentes incertitudes.
Le terme de robustesse des résidus doit être compris comme une insensibilité de ceux-ci par rapport aux
incertitudes de modélisation et des perturbations non mesurables. L’obtention de cette insensibilité passe
nécessairement par la prise en compte des incertitudes sur le comportement du système nominal. Une
IG
hypothèse très courante est de considérer ces différentes incertitudes comme des entrées perturbatrices (ou
entrées inconnues) agissant de manière additive sur la dynamique de l’état et les sorties. On adopte alors
généralement le modèle suivant permettant la prise en compte des diverses incertitudes :
⎧
⎨𝑥 𝑡 𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡 𝒟𝑥 𝑑 𝑡
⎪
𝑦 𝑡 𝐶𝑥 𝑡 (2.2)
EN
𝑥 𝑡 ∈ R𝑛 , 𝑢 𝑡 ∈ R𝑚 , 𝑦 𝑡 ∈ R𝑝 , 𝑑 𝑡 ∈ R𝑛𝑑
⎪
⎩
où 𝑑 𝑡 est le vecteur des perturbations généralement dénommé le vecteur des entrées inconnues, il renferme
toutes le variables d’entrées non mesurable ou supposées être telles. La matrice 𝒟𝑥 d’application des entrées
inconnues sur l’état et supposée connue et de rang plein colonne. Ce type de représentation permet de
modéliser une large classe d’incertitudes.
Bien entendu, l’accroissement de la robustesse vis-à-vis des perturbations ne doit pas se faire au dé-
M
triment de la sensibilité des résidus vis-à-vis des défauts que l’on souhaite détecter et localiser. Ceci ne
peut être fait que si l’on dispose d’un modèle faisant apparaître l’effet des défauts 𝑓 𝑡 sur le comporte-
ment du système nominal. De façon analogique au cas des entrées inconnues, l’influence des défauts sur
le comportement du système peut être modélisée comme une perturbation agissant de manière additive sur
la dynamique de l’état et les sorties. On adopte alors le modèle (2.3), permettant la prise en compte des
incertitudes et des défauts sur le comportement du système nominal :
⎧
⎪
⎪ 𝑥 𝑡 𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡 ℱ𝑥 𝑓 𝑡 𝒟𝑥 𝑑 𝑡
⎪
⎨𝑦 𝑡 𝐶𝑥 𝑡 ℱ𝑦 𝑓 𝑡
(2.3)
⎪
⎪ 𝑥 𝑡 ∈ R𝑛 , 𝑢 𝑡 ∈ R𝑚 , 𝑦 𝑡 ∈ R𝑝
⎪
𝑑 𝑡 ∈ R𝑛𝑑 , 𝑓 𝑡 ∈ R𝑛𝑓
⎩
Dans cette relation, ℱ𝑥 et ℱ𝑦 sont les matrices d’action ou de distribution des défauts 𝑓 𝑡 à détecter.
Le problème est alors de construire un dispositif, appelé générateur de résidus, permettant d’élaborer, à
partir des grandeurs d’entrées et de sorties mesurées sur le système, un vecteur d’indicateurs de défauts ou
vecteurs des résidus, noté 𝑟 𝑡 ∈ R𝑞 , tel que :
D
{︃
𝑟 𝑡 ̸ si 𝑓 𝑡 ̸
(2.4)
𝑟 𝑡 si 𝑓 𝑡
HE
Système à surveiller
f(s) Gf(s)
défauts
y(s)
u(s) Gu(s)
entrées sorties
d(s) Gd(s)
perturbations
IG Générateur de résidus
Hy(s)
Hu(s) r(s)
résidus
La figure 2.8 donne la structure d’un générateur de résidus. Les matrices de transfert 𝐻𝑢 𝑠 et 𝐻𝑦 𝑠,
supposées stables et propres doivent êtres telles que les conditions (2.4) soient vérifiées. L’expression gé-
nérale du générateur de résidus est la suivante :
Afin que les conditions (2.4) soient vérifiées, les matrices 𝐻𝑢 𝑠 et 𝐻𝑦 𝑠 doivent satisfaire :
⎧
⎨𝐻𝑢 𝑠 𝐻𝑦 𝑠𝐺𝑢 𝑠
M
⎪
𝐻𝑦 𝑠𝐺𝑑 𝑠 (2.6)
⎪
⎩ 𝐻𝑦 𝑠𝐺𝑓 𝑠 ̸
Notons que 𝐻𝑦 𝐺𝑓 représente la matrice de transfert entre le vecteur des défauts et le vecteur des résidus.
Comme nous le verrons, elle permet de définir la table des signatures des défauts, qui sera exploité pour la
localisation des défauts.
La synthèse du générateur de résidus consiste finalement en un choix correct des matrices 𝐻𝑢 et 𝐻𝑦
telles que les conditions (2.6) soient vérifiées.
dispose d’un générateur de résidus à trois composantes 𝑟 , 𝑟 et 𝑟 . Supposons, par exemple, que la matrice
de transfert 𝐻𝑦 𝐺𝑓 entre le vecteur des résidus et le vecteur des défauts soit définie par :
⎛ ⎞ ⎛ ⎞⎛ ⎞
𝑟 𝑠 𝐺 𝑠 𝐺 𝑠 𝑓 𝑠
𝑟 𝑠 ⎝𝑟 𝑠⎠ ⎝ 𝐺 𝑠 ⎠ ⎝𝑓 𝑠⎠ (2.7)
𝑟 𝑠 𝐺 𝑠 𝐺 𝑠 𝑓 𝑠
où 𝐺 , 𝐺 , 𝐺 , 𝐺 et 𝐺 sont des fonctions de transfert stables et propres. D’après cette relation, lorsque
l’un des défauts est nul, le vecteur des résidus est non nul. On peut alors penser qu’il suffit de tester la non
nullité des résidus pour décider de l’apparition d’un défaut. En réalité, les grandeurs mesurées étant toujours
entachées de bruits et le modèle utilisé étant imparfait, les résidus sont généralement non nuls même en
absence de défaut. En considérant ces différentes sources d’incertitudes comme des entrées perturbatrices
D
notées 𝑒𝑟 , agissant de manière additive sur le vecteur des résidus, la relation précédente devient :
⎛ ⎞ ⎛ ⎞⎛ ⎞ ⎛ ⎞
𝑟 𝑠 𝐺 𝑠 𝐺 𝑠 𝑓 𝑠 𝑒𝑟 𝑠
𝑟 𝑠 ⎝𝑟 𝑠⎠ ⎝ 𝐺 𝑠 ⎠ ⎝𝑓 𝑠⎠ ⎝𝑒𝑟 𝑠⎠ (2.8)
𝑟 𝑠 𝐺 𝑠 𝐺 𝑠 𝑓 𝑠 𝑒𝑟 𝑠
HE
Cette relation montre bien que le résidu est non nul en l’absence de défaut. La détection d’un défaut
peut toutefois être réalisée en comparant les résidus à un certain seuil de détection 𝑇 dépendante de 𝑒𝑟 , 𝑒𝑟
et 𝑒𝑟 . Ce seuil de détection doit être tel que 𝑇 ≻ |𝑒𝑟𝑖 𝑡| pour 𝑖 , , . La détection de défauts s’opère
alors de la façon suivante : {︃
|𝑟 𝑡| ⪯ 𝑇 → 𝑓 𝑡
(2.9)
|𝑟 𝑡| ≻ 𝑇 → 𝑓 𝑡 ̸
IG
ce qui donne lieu, par exemple, à des résultats tels que ceux de la figure 2.9, où les résidus sont nuls jusqu’à
l’instant 𝑡𝑓 , au-delà, seul le résidu 𝑟 est détecté non nul.
Résidu
f=0 f≠0
T
EN
tf Temps
-T
Le résultat de la comparaison à un seuil est une grandeur booléenne, on écrira symboliquement que le
résidu 𝑟𝑖 si |𝑟𝑖 𝑡| ≻ 𝑇 et 𝑟𝑖 si |𝑟𝑖 𝑡| ⪯ 𝑇 .
Par exemple, dans le cas de la figure 2.9, on a 𝑟 𝑡 > 𝑡𝑓 𝑇 , qui représente la signature du
M
défaut. Cette signature peut alors être exploitée pour déterminer le défaut qui en est à l’origine, c’est l’étape
de localisation du défaut.
Lorsqu’un défaut est détecté, il faut ensuite le localiser. Cette localisation est réalisée à partir de la table
des signatures, définie par la matrice de transfert 𝐻𝑦 𝐺𝑓 entre les défauts et les résidus. Dans l’exemple
considéré, la table des signatures est donnée par la figure 2.10.
⎛ ⎞ ⎛ ⎞⎛ ⎞ 𝑓 𝑓 𝑓
𝑟 𝑠 𝐺 𝑠 𝑠 𝐺
𝑓 𝑠
⎝𝑟 𝑟 1 0 1
𝑠⎠ ⎝ 𝐺 𝑠 ⎠ ⎝ 𝑓 𝑠⎠ −−−−→
𝑟 0 1 0
𝑟 𝑠 𝐺 𝑠 𝐺 𝑠 𝑓 𝑠
⏟ ⏞ ⏟ ⏞ ⏟ ⏞ 𝑟 0 1 1
𝑟 𝑠 𝐻𝑦 𝑠𝐺𝑓 𝑠 𝑓 𝑠
f
f
r
Entrées u Sorties mesurées y
= Système •
0 »
[ à surveiller
D
1
-
1
Table natures
t Résidus s des sig
2 12 A
V
A 0 I
HE
r
] ir 1' 0
1
1r2 I0f - 14 4
Signature 0 .
Générateur
r
2 1 11
de résidus o de décision
la illia .mmu d ill>
..1 1 1 .
1 _L eo l
o m M I
,
g i
q u
IG Fonction de classifie ation
e
𝑟 𝑡 𝐻𝑢 𝑢 𝑡 𝐻𝑦 𝑦 𝑡
de façon à satisfaire à un cahier des charges donné. Ce cahier des charges est généralement formulé en
terme de spécifications de robustesse vis-à-vis des perturbations internes (telles que les incertitudes para-
métriques, les dynamiques mal connues, etc.) et externes (perturbations exogènes) et de sensibilité vis-à-vis
des défauts. Dans cette formulation, 𝑦 ∈ R𝑝 et 𝑢 ∈ R𝑚 désignent respectivement les vecteurs de mesure et
de commande, et 𝐻𝑦 et 𝐻𝑢 sont des filtres dynamiques stables. L’analyse du comportement temporel et/ou
fréquentiel du vecteur 𝑟 𝑡 doit alors permettre de remplir complètement la tâche de diagnostic.
De nombreuses approches ont été élaborées durant ces trente dernières années permettant la génération
de résidus à l’aide de la redondance analytique. Ces différentes approches reposent finalement soit sur une
estimation d’état du système (approches 1 et 2) soit sur une estimation des paramètres (approche 3), ces
approches peuvent être classées comme suit :
D
1. Approche par espace de parité ;
2. Approche à base d’observateurs ;
3. Approche par estimation paramétrique.
HE
2.8 Evaluation des résidus
La phase d’évaluation des résidus consiste à déterminer si le système surveillé se trouve dans un état de
fonctionnement normal ou pas. En cas de détection d’une anomalie, il s’agit de déterminer quel est l’élément
du système présentant un défaut. C’est cet aspect que nous allons maintenant examiner succinctement.
IG d f T = [f1, ...., fnf ]
u(t) y(t)
Système
N 01
0 1 0 1 0 1 0 1 1
r3 0 0 1 r3 1 1 0 Structure minimale
Structure 1-diag Structure 0-diag
D
inconnues n’est augmenté que de 1 au lieu de 𝑛𝑓 − dans le cas précédent, ce qui est beaucoup moins
contraignant pour la synthèse des générateurs de résidu.
Enfin, toujours dans le cas des défauts non simultanés, il est possible de générer un nombre minimum
de résidus permettant la localisation de tous les défauts. Cette approche conduit à une table des signatures
HE
ayant une structure minimale. D’une manière générale, le nombre maximum de défauts localisables au
moyen d’un nombre 𝑞 de résidus est de 𝑞 − , alors que pour les autres structures il est nécessaire de
générer autant de résidus indépendants que de défauts à localiser.
IG
EN
M
D
Génération de résidu à base d’observateurs d’état
HE
Il est préférable d’avoir de très gros défauts
que de toutes petites qualités.
Frédéric Dard
3.1 Introduction
IG
La génération de résidus à l’aide d’une estimation d’état consiste à reconstruire l’état ou, plus générale-
ment, la sortie du procédé à l’aide d’observations et à utiliser l’erreur d’estimation comme signal de résidu.
Cette méthode s’est beaucoup développée car elle donne lieu à la conception de générateurs de résidus
flexibles.
De très nombres travaux concernant la conception d’observateurs pour tout type de systèmes ont été
EN
développés depuis les travaux fondateurs de Luenberger(1971) et la détection de défauts à base de modèle.
Dans la pratique, afin de pouvoir localiser les défauts affectant un système, plusieurs résidus sont
construits, chacun, ayant comme tâche de surveiller un défaut particulier. Dans la suite, nous présentons la
structure générale d’un observateur, puis quelques difficultés sont signalées, comme l’influence des bruits
de mesures.
M
Le principe de génération de résidu à base d’observateur consiste à estimer une partie ou l’ensemble des
grandeurs mesurables du système à surveiller. Le résidu est calculé alors en faisant la différence, éventuel-
lement filtrée, entre les sorties réelles et celles estimées. L’observateur revient alors à un modèle parallèle
au système avec une contre réaction qui pondère l’écart de sortie. Ce principe est illustré sur la figure 3.1.
Cette approche offre des propriétés très intéressantes car elle donne lieu à des résidus très flexibles et la
souplesse, dans le choix des paramètres, permet de s’affranchir de certaines entrées inconnues, améliorant
ainsi les caractéristiques des résidus telles que leur robustesse vis-à-vis des perturbations et leur sensibilité
aux défauts.
Le signal résidu 𝑟 𝑡 est donné par la formule suivante :
(︀ )︀
𝑟 𝑡 𝑄 𝑦 𝑡 − 𝑦 𝑡 où 𝑄 : une matrice de pondération choisie (stable) (3.1)
défauts défauts
u y: Sortie du système
Actinneurs Système Capteurs
+
erreur Matrice de r: Résidus
Gain
pondération
-
Modèle du système
D
ŷ : Sortie estimée
Estimateur
F IGURE 3.1 – Schéma de principe général du diagnostic des défauts à base d’observateur.
HE
3.3 Structure d’un observateur proportionnel
On se place dans le cas où le système à observer a une structure et des paramètres parfaitement connus,
possédant ainsi un modèle parfait. C’est une situation idéale permettant de s’affranchir des erreurs de mo-
délisation en construisant un observateur avec des matrices d’état exactes.
Considérons le modèle linéaire continu, en absence de bruits et de perturbations, du système donné
comme suit :
IG ⎧
⎨ 𝑥 𝑡 𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡
⎪
𝑦 𝑡 𝐶𝑥 𝑡 (3.2)
⎪
𝑥 𝑥
⎩
où 𝑥 ∈ R𝑛 , 𝑦 ∈ R𝑝 , 𝑢 ∈ R𝑚 et les matrices 𝐴, 𝐵, 𝐶 ont des dimensions appropriées.
Un observateur de Luenberger d’ordre plein (tous les états sont reconstruits) de type proportionnel de
EN
gain 𝐿 a la forme suivante :
⎧ (︁ )︁
⎨ 𝑥 𝑡 𝐴
𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡 𝐿 𝑦 𝑡 − 𝑦 𝑡
⎪
⎪
𝑦 𝑡 𝐶 𝑥 𝑡 (3.3)
⎪
⎪
𝑥 𝑥
⎩
où 𝑥 ∈ R𝑛 et 𝐿 ∈ R𝑛×𝑝
Remarque 3.1
M
On rappelle que la matrice de gain 𝐿 est généralement déterminée en imposant des spécifications sur la
qualité de la reconstruction de l’état ; en particulier, il est souhaitable que l’état reconstruit tende asymp-
totiquement vers l’état réel du système et ceci avec une certaine vitesse, sous réserve d’observabilité du
système.
𝑥 𝑡 𝑥 𝑡 − 𝑥 𝑡 (3.4a)
A partir de l’équation (3.2), (3.3) et (3.4a), on peut établir l’équation d’évolution de 𝑥 𝑡.
D
𝑥 𝑡 𝐴 − 𝐿𝐶𝑥 𝑡 (3.4b)
HE
Dans le domaine de Laplace
(︀ )︀−
𝑥 𝑠 𝑠𝐼 − 𝐴 𝐿𝐶 𝑥 − 𝑥 (3.4c)
L’expression (3.4c) montre ainsi que, très généralement, l’erreur de reconstruction n’est pas nulle ; en effet,
l’état initial de l’observateur est choisi arbitrairement et celui du système est inconnu. Cependant, si l’on
choisit une matrice 𝐿 stabilisant la matrice 𝐴 − 𝐿𝐶, on peut garantir la convergence asymptotique vers
IG
zéro de l’erreur de reconstruction d’état.
D’un point de vue pratique, il est impossible de générer l’estimation d’état ; l’état du procédé réel étant
en effet inconnu. Par contre, l’erreur de reconstruction de la sortie est calculable et peut être exploitable
pour le diagnostic.
EN
𝑦 𝑡 𝑦 𝑡 − 𝑦 𝑡 (3.5)
Remarque 3.2
Etant donné le système ayant une structure parfaitement connue, la matrice de pondération 𝑄 dans (3.1) est
M
considérée comme matrice identité ; dans ce cas l’erreur d’estimation de la sortie sera utilisée comme signal
de résidu ; on prend donc : 𝑟 𝑡 𝑦 𝑡.
(︁ )︁ (︁ )︁ (︁ )︁
𝑦 𝑠 𝐼 − 𝐶 𝐾 𝐿𝐶− 𝐿 𝐶𝐾 − 𝐵𝑢 𝑠 𝑥 − 𝐶 𝐾 𝐿𝐶− 𝐵𝑢 𝑠 𝑥
D
𝑃 𝑈 𝑉 − 𝑃 − − 𝑃 − 𝑈 𝐼 𝑉 𝑃 − 𝑈 − 𝑉 𝑃 −
HE
(︁ )︁
𝑦 𝑠 𝐼 𝐶𝐾 − 𝐿 𝐶𝐾 − 𝑥 − 𝐶 𝐾 𝐿𝐶− 𝑥
(︁ )︁−
𝑦 𝑠 𝐼 𝐶𝐾 − 𝐿 𝐶𝐾 − 𝑥 − 𝑥
(︁ )︁−
𝑦 𝑠 𝐶 𝐾 𝐿𝐶 𝑥 − 𝑥 (3.6b)
L’expression (3.6b) est évidente compte tenu de (3.4c) et du lien existant entre erreurs de reconstruction
de l’état et de la sortie du système. Cependant, l’erreur de reconstruction de la sortie est directement liée à
IG
l’erreur de reconstruction d’état à l’instant initial comme le montre (3.6b). Si cette erreur sur l’état initial
est nulle, l’erreur de reconstruction de la sortie est nulle à chaque instant. Dans le cas contraire, l’expression
(3.6b) fournit un moyen d’analyser le transitoire dû à l’erreur sur l’état initial ; on peut approfondir cette
analyse en explicitant le rôle du gain 𝐿 de l’observateur sur la dynamique de ce transitoire. En particulier, il
peut être tentant d’imposer aux valeurs propres de la matrice 𝐴 − 𝐿𝐶 une partie réelle négative très faible
de façon à tendre très rapidement l’erreur de reconstruction vers zéro ; on verra qu’il faudra modérer cette
prétention si l’on veut conserver une certaine immunité du générateur de résidus au bruit aléatoire affectant
EN
les mesures.
⎧
⎪
⎨ 𝑥 𝑡 𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡
𝑦 𝑡 𝐶𝑥 𝑡 (3.7)
⎪
𝑥 𝑥
⎩
où le bruit de mesure 𝑏 𝑡 est considéré comme la réalisation d’une variable aléatoire d’espérance
mathématique nulle. Avec la même structure de l’observateur donnée par l’expression (3.3), on a toujours
les définitions suivantes : {︃
𝑥 𝑡 𝑥 𝑡 − 𝑥 𝑡
(3.8)
𝑦 𝑡 𝑦 𝑡 − 𝑦 𝑡
En dérivant 𝑥 𝑡 par rapport au temps et en utilisant les équations (3.7) et (3.3), on obtient :
Dans le cas où l’on néglige le régime transitoire dû aux conditions initiales des états, l’influence des erreurs
D
de mesure sur l’estimation de l’état ou de la sortie est définie par :
⎧ (︁ )︁−
⎨ 𝑥 𝑠 − 𝑠𝐼 − 𝐴 𝐿𝐶
⎪ 𝐿𝑏 𝑠
(︁ )︁ (3.13)
HE
⎩ 𝑦 𝑠
⎪ 𝐼 − 𝐶 𝑠𝐼 − 𝐴 𝐿𝐶− 𝐿 𝑏 𝑠
A partir du lemme d’inversion de matrice, une forme plus simple pour l’erreur de sortie est :
(︁ )︁−
𝑦 𝑠 𝐼 𝐶 𝑠𝐼 − 𝐴− 𝐿 𝑏 𝑠
Ainsi, à partir de (3.13), il apparaît clairement que le bruit de mesure influence sur les erreurs de recons-
truction de l’état et de la sortie. Cependant, on peut étudier, d’un point de vue fréquentiel ou temporel,
l’influence des bruits de mesure 𝑏 𝑡 sur les erreurs de reconstruction d’état et de sortie du système. En
IG
particulier, on peut construire le diagramme de Bode du transfert et en étudier les propriétés de filtrage en
fonction de la bande passante des erreurs de mesure et en fonction du gain de réglage 𝐿 (on peut chercher
à régler le gain 𝐿 de façon à placer la pulsation de coupure du filtre de sorte que l’influence du bruit soit
réduite).
EN
3.7 Influence d’un défaut capteur
On considère de nouveau le système (3.2) où certaines mesures sont entachées d’un biais de capteur
noté 𝑓𝑐 𝑡 d’amplitude inconnue et apparaissant à instant inconnu :
⎧
⎨ 𝑥 𝑡 𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡
⎪
𝑦 𝑡 𝐶𝑥 𝑡 𝐻 (3.14)
⎪
𝑥 𝑥
⎩
M
où 𝐻 la matrice de distribution des défauts capteurs. On peut directement utiliser les expressions (3.13) pour
traduire l’influence des biais. Pour ce faire, il suffit de remplacer 𝑏 𝑡 par 𝑓𝑐 𝑡. L’erreur de reconstruction
de la sortie s’explicite en fonction de 𝑓𝑐 𝑡 :
forme de calcul du résidu :
𝑦 𝑠 𝑦 𝑠 − 𝑦 𝑠 (3.15a)
forme explicative du résidu :
(︁ )︁
−
𝑦 𝑠 𝐼 − 𝐶 𝑠𝐼 − 𝐴 𝐿𝐶 𝐿 𝐻𝑓𝑐 𝑠 (3.15b)
ou de façon équivalente
(︁ )︁−
𝑦 𝑠 𝐼 𝐶 𝑠𝐼 − 𝐴− 𝐿 𝐻 𝑓𝑐 𝑠 où 𝑄 𝑠 : matrice de transfert (3.15c)
⏟ ⏞
q
𝑄 𝑠
D
commandes des actionneurs d’un système. Ces défauts peuvent se traduire par une perte de puissance totale
ou partielle, voire un blocage d’un ou plusieurs de ces actionneurs. Leur criticité impose que ceux-ci soient
traités dans les plus brefs délais. A cet égard, il serait souhaitable de mesurer les sorties des actionneurs
puis de comparer celles-ci aux signaux de commande élaborés par les contrôleurs ; un écart supérieur à un
seuil pouvant signifier l’apparition d’un défaut.
HE
On considère la situation où la commande appliquée au système est mal interprétée par l’actionneur ; ce
dernier introduit un biais 𝑓𝑎 𝑡 que l’on veut mettre en évidence au moyen d’un résidu d’observateur. Pour
cela, examinons le système affecté par un défaut actionneur donné par le modèle suivant :
⎧
⎨ 𝑥 𝑡
⎪ 𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡 𝐸
𝑦 𝑡 𝐶𝑥 𝑡 (3.17)
⎪
𝑥 𝑥
⎩
IG
où 𝑓𝑎 𝑡 ∈ R𝑛𝑓𝑎 et 𝐸 sa matrice de distribution
Pour la génération de résidu, prenons la structure de l’observateur donnée par :
⎧ (︁ )︁
⎪
⎪
⎨ 𝑥
𝑡 𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡 𝐿 𝑦 𝑡 − 𝑦
𝑡
𝑦 𝑡 𝐶 𝑥 𝑡 (3.18)
EN
⎪
⎪
𝑥 𝑥
⎩
Pour des conditions initiales nulles des états, l’expression de l’erreur de reconstruction de la sortie est
donnée par :
𝑦 𝑠 𝐶 𝑠𝐼 − 𝐴 𝐿𝐶− 𝐸𝑓𝑎 𝑠 (3.20)
M
Il apparaît clairement que l’erreur de reconstruction de la sortie est sensible à un défaut actionneur. Le signal
résidu, 𝑟 𝑡 𝑦 𝑡, ainsi généré peut donc servir de détecteur de défaut.
d’éviter le déclenchement de fausses alarmes, pour ceci il est impératif que les résidus soient découplés des
perturbations non mesurables mais par contre il faut qu’ils soient sensibles aux éventuels défauts.
D’un point de vue pratique, cette approche s’applique aussi au cas de systèmes à entrées toutes connues
mais pour lesquels on voudrais reconstruire l’état avec seulement une partie des entrées ; cela permet no-
tamment de découpler l’influence des entrées sur la reconstruction et constitue le principe de base de la
génération de bancs d’observateurs pour le localisation de défauts d’actionneurs ou de capteurs.
D
Pour le système à entrée inconnue 𝑑 𝑡 qui a la forme suivante :
{︃
𝑥 𝑡 𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡 𝐹
(3.21)
𝑦 𝑡 𝐶𝑥 𝑡
HE
où 𝑑 𝑡 ∈ R𝑛𝑑 le vecteur regroupant les entrées inconnues (de perturbation et les erreurs de modélisation,
etc). 𝐹 représente la matrice de distribution des entrées inconnues supposée de rang plein colonne et la paire
𝐶, 𝐴 est observable.
Nous commençons par donner un aperçu rapide de l’utilisation de l’observateur de Luenberger afin de
justifier le choix de celui que nous utiliserons par la suite.
𝑥 𝑡 𝑥 𝑡 − 𝑥 𝑡
(3.22)
𝐴 − 𝐿𝐶𝑥 𝑡 𝐹 𝑑 𝑡
EN
D’après l’expression (3.22), l’erreur de reconstruction d’état (ou de sortie) est sensible aux entrées
inconnues 𝑑 𝑡.
⇒ observateur de Luenberger n’est pas valide pour ce genre de problème (possibilité de découplage), il
faut donc trouver une autre structure d’observateur.
A partir de ce point de départ concernant les perturbations, nous allons utiliser un observateur robuste à
entrées inconnues pour la reconstruction d’état.
M
Solution adoptée :
𝑥 𝑡 𝑥 𝑡 − 𝑧 𝑡 𝐻𝑦 𝑡
(3.24)
𝑥 𝑡 𝐼 𝐻𝐶𝑥 𝑡 − 𝑧 𝑡
D
(︁ )︁ (︁ )︁
𝑥 𝑡 𝑁 𝑥 𝑡 𝑃 𝐴 − 𝑁 𝑃 − 𝐿𝐶 𝑥 𝑡 − 𝑃 𝐵 − 𝐺 𝑢 𝑡 𝑃 𝐹 𝑑 𝑡
L’erreur de reconstruction 𝑥 𝑡 tend, de façon asymptotique, vers zéro, si les conditions suivantes sont
satisfaites :
HE
⎧ A partir des équations (*) et (**)
⎪ 𝑃 𝐼 𝐻𝐶 . . . * (︁ )︁
𝑃 𝐼 𝐻𝐶 × 𝐹 ⇒ ⏟𝑃 𝐹 𝐼 𝐻𝐶𝐹 ⇒ 𝐼 𝐻𝐶𝐹
⎪
⎪
⎨ 𝐿𝐶 𝑃 𝐴 − 𝑁 𝑃
⎪
⎪ ⏞
⎪
q
𝐺 𝑃𝐵
⎪
⎪
⎪ 𝑃 𝐹 . . . ** ⇒ 𝐹 𝐻𝐶𝐹 . . . (‡)
⎪
⎪
𝑁 est Hurwitz 1
⎪
⎩
(3.25)
IG
La solution à cet observateur à entrées inconnues existe si l’inverse généralisé de 𝐶𝐹 existe :
(︁ )︁−
A partir de l’expression (‡) 𝐹 𝐻𝐶𝐹 ⇒ 𝐻 −𝐹 𝐶𝐹 − −𝐹 𝐶𝐹 𝑇 𝐶𝐹 𝐶𝐹 𝑇
[︁ ]︁
EN
La matrice 𝐻, n’existe que si la matrice 𝐶𝐹 𝑇 𝐶𝐹 est inversible. Cette matrice étant de dimension
𝑛𝑑 × 𝑛𝑑 , elle n’est inversible que si 𝑟𝑎𝑛𝑔 𝐶𝐹 𝑛𝑑 , où 𝑛𝑑 représente le nombre d’entrées inconnues.
Finalement, le découplage n’est possible que si le rang de la matrice 𝐶𝐹 est égal au nombre d’entrées à
découpler.
On en déduit la solution de (3.25)
⎧ 𝑃 𝐴 − 𝑁𝑃 𝐿𝐶
𝑃 𝐼 − 𝐹 𝐶𝐹 − 𝐶
𝐾 − 𝑁 𝐻𝐶
⎪
⎪
⎪
𝐺 𝑃𝐵
M
⎪
⎪
𝑃 𝐴 − 𝐾𝐶 𝑁 𝑃 − 𝐻𝐶
⎪
⎨
en posant 𝐿 𝐾 − 𝑁𝐻 ⏟ ⏞
q
(3.26)
𝐼
⎪
⎪
⎪
⎪
⎪ 𝑁 𝑃 𝐴 − 𝐾𝐶
⎪
⎩ 𝑁 est Hurwitz
2. en déduire 𝑃 , puis 𝐺 ;
4. déduire de 𝐾 la matrice 𝐿.
D
A des fins de reconstruction d’état, les conditions nécessaires et suffisantes d’existence d’un UIO sont :
HE
2. la paire 𝐶, 𝐴 est détectable 2 .
Remarque 3.3
La condition (1) indique que le nombre de lignes indépendantes de la matrice d’observation 𝐶 ne doit pas
être inférieur au nombre de colonnes indépendantes de la matrice 𝐹 . En d’autres termes, le nombre des
perturbations à découpler ne doit pas être supérieur au nombre des mesures indépendantes.
Exemple 3.1 La représentation du système en présence d’entrées inconnues et de défauts de capteur et/ou
IG
d’actionneur peut se mettre sous la forme :
⎧
⎪
⎪ 𝑥 𝑡 𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡 𝐸 𝐹
⎨
𝑦 𝑡 𝐶𝑥 𝑡 𝐸 (3.27)
⎪
⎪
𝑥 𝑥
⎩
𝑓 𝑡 défaut et 𝑑 𝑡 entrée inconnue. Les matrices de distribution des entrées inconnues et de défauts sont
EN
Compte tenu des conditions pour lesquelles tend 𝑥 𝑡, de façon asymptotique, vers zéro, on peut écrire :
(︁ )︁
𝑥 𝑡 𝑁 𝑥 𝑡 𝑃 𝐸 − 𝐾𝐸 𝑓 𝑡 𝐻𝐸 𝑓 𝑡
Influence du défaut 𝑓 𝑡 sur 𝑥 𝑡, par conséquent le résidu 𝑟 𝑡 𝑦 𝑡 associé est influencé aussi par ce
défaut, il peut donc servir comme détecteur de défaut.
2. les modes non observables sont stables
Soit un système représenté dans le cas continu par la représentation d’état suivante :
⎧
⎪
⎪ 𝑥 𝑡 𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡 𝐹 𝐸
⎨
𝑦 𝑡 𝐶𝑥 𝑡 (3.29)
⎪
⎪
𝑥 𝑥
⎩
D
𝑓𝑎 𝑡 ∈ R𝑛𝑓𝑎 le vecteur des défauts actionneurs et 𝑑 𝑡 ∈ R𝑛𝑑 le vecteur regroupant les entrées inconnues
(perturbations, variations de paramètres, bruits de mesure, interactions, ...). Les matrices de distribution des
entrées inconnues et de défauts sont notées respectivement 𝐹 et 𝐸 supposées toutes deux de rang plein
colonne et la paire 𝐶, 𝐴 est observable. De plus, toute technique de diagnostic basée sur la génération
de résidus, est tributaire du nombre de sorties du système nécessaire pour détecter et isoler les défauts.
HE
Une condition nécessaire de détection des défauts est que le nombre de sorties du système soit strictement
supérieur au nombre de défauts à détecter.
Le défaut 𝑓𝑎 𝑡 𝑒 𝑡 − 𝑡𝑓 𝑓 𝑡 est considéré comme un défaut additif, la fonction indicatrice 𝑒 𝑡 − 𝑡𝑓
est donnée par : {︃
, 𝑡 ≤ 𝑡𝑓
𝑒 𝑡 − 𝑡𝑓
. 𝑡 > 𝑡𝑓
La dynamique de l’erreur d’estimation entre le système (3.29) et l’UIO (3.30) s’exprime par :
EN
𝑥 𝑡 𝑥 𝑡 − 𝑥 𝑡
𝑥 𝑡 − 𝑧 𝑡 𝐻 𝑦 𝑡 (3.31)
(︁ )︁ )︁
𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡 𝐹 𝑑 𝑡 𝐸𝑓𝑎 𝑡 − 𝑁 𝑧 𝑡 𝐺𝑢 𝑡 𝐿𝑦 𝑡 − 𝐻 𝑦 𝑡
En remplaçant :
M
∙ 𝑧 𝑡 𝑥 𝑡 𝐻𝑦 𝑡
∙ 𝐿 𝐿 𝐿
D
L’erreur d’estimation d’état 𝑥 𝑡 𝑥 𝑡 − 𝑥 𝑡 dépend uniquement des défauts, par conséquent le résidu
associé dépend aussi des défauts.
HE
Les conditions d’existences de UIO : A des fins de diagnostic, les conditions nécessaires et suffisantes
d’existence d’un UIO :
1) condition de découplage : 𝑟𝑎𝑛𝑔 𝐶𝐹 𝑟𝑎𝑛𝑔 𝐹 𝑛𝑑 , i.e, qu’il ait autant de mesures indépen-
dantes que d’entrées inconnues ;
2) condition de détectabilité : la paire 𝐶, 𝐴 est détectable où :
[︁ ]︁−
𝑇
IG 𝐴 𝐴 − 𝐸 𝐶𝐸 𝐶𝐸 𝐶𝐸𝑇 𝐶𝐴
Remarque 3.4
Dans le cas où la paire 𝐶, 𝐴 n’est pas observable, la solution générale présentée précédemment ne peut
être employée. Une alternative a été proposée consiste alors à utiliser un changement de base 𝑇 tel que :
[︂ ]︂
𝐴
M
−
𝑇 𝐴𝑇 , 𝐶𝑇 − 𝐶 *
𝐴 𝐴
Plus généralement, pour isoler les défauts, il est possible de concevoir pour chaque défaut particulier
des résidus directionnels qui restent dans une direction spécifique de l’espace des résidus. Avec les résidus
directionnels, le problème de l’isolation de défauts est de déterminer celle dont les résidus générés sont les
plus proches parmi tous les résidus directionnels.
Une autre approche pour isoler les défauts est de concevoir un ensemble de résidus structurés, chaque
D
résidu étant conçu pour être sensible à un sous-ensemble de défauts mais reste insensible aux autres. Une
telle conception consiste en deux étapes : la première est de spécifier la relation de sensibilité et insensibilité
entre résidus et défauts d’après la tâche d’isolation désirée, et la seconde est de concevoir un ensemble de
générateurs de résidus selon cette relation de sensibilité et insensibilité. L’avantage est que l’analyse du
HE
diagnostic revient simplement à déterminer lesquels de ces résidus sont non-nuls.
[Link] Définition
Soit 𝐹 𝑓 , · · · , 𝑓𝑚 l’ensemble des défauts. La structure d’un résidu 𝑟 par rapport à un ensemble
de défauts 𝐹 est :
𝑠𝑡𝑟𝑢𝑐𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑟 𝑏 , 𝑏 , · · · , 𝑏𝑚
où ∀𝑖, 𝑏𝑖
IG
, 𝑟 est affecté par la présence de 𝑓𝑖 .
Exemple
Exemple
[Link] Définition
[Link] Définition
L’ensemble des structures des résidus ℛ {𝑟 , 𝑟 , · · · , 𝑟𝑚 } sur les défauts 𝐹 constitue la table des
signatures. La signature théorique d’un défaut peut être envisagée comme la trace attendue du défaut sur les
différents résidus. Autrement dit la signature théorique d’un défaut peut être envisagée comme les résultats
de détection lorsque tous les tests sensibles au défaut réagissent.
Exemple
structure(𝑟 ) = , structure(𝑟 ) =
𝑇
𝑟 𝑟 , 𝑟
Résidus
𝑓 𝑓 𝑓 𝑓
𝑟 1 0 0 1
𝑟 0 1 0 1
[Link] Définition
D
La signature d’un défaut 𝑓𝑖 est la colonne associée au défaut 𝑓𝑖 dans la tables des signatures des défauts.
Exemple
HE
(︂ )︂ (︂ )︂
𝑟 𝑡
• la signature 𝑟 𝑡 est associé au défaut 𝑓 .
𝑟 𝑡
(︂ )︂ (︂ )︂
𝑟 𝑡
• la signature 𝑟 𝑡 est associé au défaut 𝑓 .
𝑟 𝑡
La détection d’un défaut nécessite un seul observateur pour générer le résidu, mais il y a un inconvé-
nient lorsque nous entamons l’étape de localisation, puisque la forme des résidus de reconstruction de sortie
montre leur indépendance vis-à-vis des défauts à détecter. Comme ces derniers sont multiples, il convient
D
de répondre au problème d’isolation des défauts de capteur où des défauts d’actionneur. Le nombre d’ob-
servateurs à intégrer dans le banc dépend du nombre de défauts à détecter et à isoler. Trois possibilités sont
envisagées :
Cas général : les défauts doivent être détectés mais pas localisés : dans cette configuration le banc d’ob-
HE
servateur est composé d’un unique observateur qui doit être affecté par tous les défauts et insensible
aux perturbations.
Cas de défauts uniques : la détection et la localisation de tous les défauts, lorsque ceux-ci ne peuvent se
produire simultanément (c.-à-d. se produire séparément), nécessitent un banc d’observateurs qui sera
alors constitué d’autant d’observateurs qu’il y a de défauts à isoler. Chacun de ces observateurs sera
synthétisé de manière à être sensible à tous les défauts sauf un. Ainsi, le i-ème observateur sera obtenu
en considérant le i-ème défaut 𝑓𝑖 comme entrée inconnue. La table de codage des défauts sera alors
IG
composée de à l’exception d’une diagonale de .
Cas de défauts multiples : ce cas de figure, très fréquemment étudié, est moins restrictif qu’il n’y parait.
En effet, il est rare, mais pas impossible, que plusieurs capteurs, actionneurs ou composants du sys-
tème tombent en panne simultanément. Dans ce cas, la détection et la localisation de tous les défauts
(défauts multiples), lorsque ceux-ci peuvent se produire simultanément, nécessitent de pouvoir dé-
coupler chaque observateur de tous les défauts sauf un. Cette hypothèse est très contraignante quant
EN
à la synthèse des UIO car le nombre de degrés de liberté restants après le découplage des entrées
inconnues est souvent insuffisant pour permettre le découplage vis-à-vis de tous les défauts sauf un.
Lorsque le banc d’observateurs peut être obtenu, la table de codage des défauts sera alors composée
de à l’exception d’une diagonale de .
∙ Défauts uniques : dans ce cas, le banc d’observateurs à entrées inconnues peut être construit
suivant l’architecture GOS (Generalized Observer Scheme) présentée sur la figure 3.3(a), le
i-ème observateur est piloté par toutes les entrées sauf la i-ème et toutes les sorties. La sortie de
cet observateur est donc sensible aux défauts de toutes les entrées sauf ceux de la i-ème, chaque
résidu issu d’un UIO est insensible à un défaut actionneur particulier et sensible à tous les autres.
Il est donc possible de détecter et localiser les défauts actionneurs lorsque ceux-ci interviennent
séparément.
∙ Défauts multiples : le banc d’observateurs pourra être construit suivant l’architecture DOS (De-
dicated Observer Scheme) présentée sur la figure 3.3(b), le i-ème observateur est piloté par la
i-ème entrée et toutes les sorties ; les 𝑚 − autres entrées sont considérées comme inconnues
et la sortie de ce i-ème observateur est insensible aux défauts des entrées non utilisées donc
chaque résidu issu d’un UIO est sensible à un et un seul défaut actionneur ce qui permet de
détecter et localiser les défauts même quand ceux-ci interviennent simultanément.
D
HE
(a) Structure GOS (b) Structure DOS
Dans le cas des résidus structurés, les tests d’hypothèses (par exemple, tester le résidu par rapport
à un seuil de détection) peuvent être réalisés sur chaque résidu pris séparément. Le résultat est une
valeur booléenne, qui selon les hypothèses choisies pourra, par exemple, être égale à " " si le test est
IG
vérifié (la valeur du résidu a dépassé le seuil fixé) et à "" sinon (la valeur du résidu est en dessous du
seuil). La combinaison des différents tests permet la définition d’un code ou signature expérimentale
du défaut.
Ainsi dans le cas des résidus structurés ; généralisés 3 ou dédiés 4 ; on obtient les tables de codage ou
des signatures théoriques suivantes :
EN
" " : signifie “résidu sensible au défaut” ;
"" : signifie “résidu insensible ou robuste au défaut”.
𝑇 𝑇
𝑟 𝑟 , 𝑟 , 𝑟 𝑟 𝑟 , 𝑟 , 𝑟
Résidus Résidus
𝑓 𝑓 𝑓 𝑓 𝑓 𝑓
𝑟 0 1 1 𝑟 1 0 0
𝑟 1 0 1 𝑟 0 1 0
𝑟 1 1 0 𝑟 0 0 1
M
TABLE 3.1 – Table des signatures : TABLE 3.2 – Table des signatures :
structure Off-diag pour GOS. structure On-diag pour DOS.
Une condition minimale pour l’isolation des défauts est que tous les codes soient distincts. Alors, on
parlera d’isolation faible. Du fait des bruits ou des incertitudes, cette isolation peut ne pas être suffi-
sante ; aussi, pour diminuer le risque de mauvaise isolation, il faut s’assurer que les codes dégradés
des défauts (du fait du bruit ou des erreurs de modèle) ne soient pas non plus identiques. Si tel est le
cas, on parlera d’isolation forte.
La localisation des défauts est basée sur la comparaison, à chaque instant, de la signature de dé-
faut expérimentale avec les différentes signatures théoriques. L’hypothèse de défaut la plus vraisem-
blable est désignée par la signature de défaut théorique la plus proche de la signature expérimentale.
3. le résidu 𝑟𝑖 est sensible à tous les défauts sauf le i-ème
4. le résidu 𝑟𝑖 est sensible à l’unique défaut 𝑓𝑖
∙ Défauts uniques : dans ce cas, le banc d’observateurs peut être construit selon l’architecture
GOS présentée à la figure 3.4(a), le i-ème observateur est piloté par toutes les sorties sauf la
i-ème, et toutes les entrées. La sortie de cet observateur est donc sensible aux défauts de toutes
les capteurs sauf ceux de la i-ème. Il est donc possible de détecter et de localiser les défauts
capteurs lorsque ceux-ci interviennent séparément.
D
∙ Défauts multiples : le banc d’observateurs peut être construit selon le schéma DOS présenté sur
la figure 3.4(b), le i-ème observateur est piloté par la i-ème sortie et toutes les entrées ; la sortie
de ce i-ème observateur est insensible aux défauts des sorties non utilisées donc chaque résidu
issu d’un observateur est sensible à un et un seul défaut capteur ce qui permet de détecter et
localiser les défauts capteurs même lorsqu’ils surviennent de façon simultanée.
HE
IG
(a) Structure GOS (b) Structure DOS
EN
1. La détectabilité : est l’aptitude du système de diagnostic à pouvoir déceler la présence d’une dé-
faillance particulière sur le processus. Elle est fortement liée à la notion d’indicateurs de défauts
(résidus) : le générateur de résidus doit, d’une certaine manière, être sensible à la défaillance que
l’on souhaite détecter. Il faudra en fait se fixer un compromis entre le taux de fausses alarmes et
celui de non-détection.
2. L’isolabilité : est la capacité du système de diagnostic à distinguer (c’est à dire localiser) plu-
sieurs défauts sous réserve que ces défauts soit détectables et à remonter directement à l’origine
du défaut. Une défaillance engendre souvent une cascade d’alarmes et il peut être difficile de
remonter à l’organe défaillant. Le degré d’isolabilité des défaillances est lié à la structure des
résidus rendus disponibles et à la procédure de détection mise en œuvre.
3. La sensibilité : caractérise l’aptitude du système de diagnostic à détecter des défauts d’une
certaine amplitude, elle dépend non seulement de la structure des résidus mais aussi du rapport
entre le bruit de mesure et le défaut.
D
HE
IG
EN
M
D
HE
4.1 Introduction
L’idée de base de l’approche par espace de parité est de tester ou de vérifier la cohérence des mesures
issues des capteurs par rapport à leurs estimées 1 données par le modèle mathématique formant des
relations mathématiques que l’on appelle Relations de Redondance Analytique (RRA) (on parle de
consistance des mesures, de leur parité 2 ). Supposons en effet, qu’une mesure puisse s’exprimer en
fonction des autres par une relation connue.
IG
Une relation de redondance analytique est une équation mathématique dans laquelle toutes les va-
riables sont connues ou mesurables à l’avance. En d’autres termes, une relation analytique qui ne
faisant intervenir que des variables disponibles à savoir les entrées et les sorties du système. La gé-
nération de ces relations permet donc de déterminer des résidus statistiquement nuls en l’absence de
défauts ; c.-à-d. les mesures sont cohérentes par rapport au modèle ; et évoluent d’une manière signi-
ficative lorsqu’un défaut apparaît (résidu non nul). L’approche par espace de parité se base donc sur
un modèle mathématique du système à surveiller ; supposé parfait dans notre étude.
EN
◇ La redondance statique : ensemble de relations algébriques entre les mesures fournies par les
différents capteurs ;
Pour
⇒ détection et localisation des défauts de capteurs.
◇ La redondance dynamique : ensemble d’équations différentielles ou récurrentes entre les sor-
ties des capteurs et les entrées du système.
M
Pour
⇒ détection et localisation des défauts de capteurs et/ou d’actionneurs.
𝑦 𝑡 𝐶𝑥 𝑡 𝜀 𝑡 𝐹 𝑓 𝑡 (4.1)
1. Valeurs calculées à l’aide du modèle.
2. Le terme "parité" a été emprunté au vocabulaire employé pour les systèmes de télécommunication où la géné-
ration de bits de parité permet la détection d’erreur de transmission.
La redondance matérielle est un moyen efficace pour éprouver le fonctionnement des appareils de
mesures. Le nombre de mesures est en général supérieur au nombre de variables physiques à mesurer
de façon à se placer dans une situation de redondance statique (cette condition est suffisante mais non
nécessaire). L’objet de cette méthode ne concerne pas uniquement la génération des relations de re-
D
dondance, elle explicite également leur utilisation pour la détection et la localisation des défaillances
de capteurs.
La génération des équations de redondance statique liant les différentes mesures consiste à éliminer
les variables physiques inconnues 𝑥 𝑡 (i.e. génération du vecteur parité). Ceci n’est possible que si
HE
les conditions suivantes sont vérifiées :
On souhaite analyser la consistance des mesures et détecter la présence des défauts ; pour cela on
cherche à établir des relations entre les mesures qui sont indépendantes des grandeurs inconnues
mais qui restent sensibles aux défauts.
IG
Dans ces conditions, il est possible de trouver une matrice de projection dans l’espace de parité notée
𝑉 ; dite matrice de parité, orthogonale à 𝐶 (c’est à dire telle que 𝑉 𝐶 ), permettant de trouver des
relations indépendantes liant les mesures entre elles. En effet, en multipliant les deux membres de la
relation (4.1) par une matrice 𝑉 , on obtient le vecteur parité 𝑝 𝑡 :
forme du calcul : en fonction des mesures disponibles
EN
𝑝 𝑡 𝑉 𝑦 𝑡 (4.2a)
𝑝 𝑡 ⏟𝑉 ⏞𝐶 𝑥 𝑡 𝑉 𝜀 𝑡 𝑉 𝐹 𝑓 𝑡 𝑉 𝜀 𝑡 𝑉 𝐹 𝑓 𝑡 (4.2b)
q
On note que ; dans le cas idéal c.-à-d. en l’absence de défauts et de bruits de mesure ; le vecteur parité
est nul. Par conséquent, l’équation (4.2a) traduit l’ensemble des redondances liant les mesures 𝑦 𝑡
(i.e redondances entre les capteurs) :
𝑝 𝑡 ⇒ 𝑉 𝑦 𝑡 (4.3)
La violation de cette équation par une ou plusieurs mesures 𝑦𝑖 𝑡 entaché par un ou des défauts
implique l’apparition d’un défaut.
Remarque 4.1 On peut noter que la forme de calcul (4.2a) permet de calcul numérique du vecteur
parité à partir des mesures disponibles ; comme les bruits 𝜀 𝑡 sont à valeur moyenne nulle, la forme
explicative ou d’évaluation (4.2b) explique l’influence des défauts et fournit un moyen pour détecter
et estimer les défauts éventuels 𝑓 𝑡. Pour cela, on voit alors la nécessité d’étudier avec soin le rang
de la matrice 𝑉 𝐹 qui doit être régulière.
La matrice carrée 𝐶𝑛 de la relation (4.4) est construite à partir de 𝑛 lignes indépendantes de 𝐶, ceci
afin d’assurer l’existence de son inverse. La matrice 𝐶𝑝−𝑛 est obtenue à l’aide de 𝑝 − 𝑛 lignes
restantes de 𝐶. Nous avons alors :
𝑥 𝑡 𝐶𝑛− 𝑦𝑛 𝑡
(︂ )︂ (︂ )︂ {︂ {︂
′ ′ 𝑦𝑛 𝑡 𝐶𝑛 𝑦𝑛 𝑡 𝐶𝑛 𝑥 𝑡
𝑦 𝑡 𝐶 𝑥 𝑡 ⇒ 𝑥 𝑡 ⇒ ⇒
D
𝑦𝑝−𝑛 𝑡 𝐶𝑝−𝑛 𝑦𝑝−𝑛 𝑡 𝐶𝑝−𝑛 𝑥 𝑡 𝑦𝑝−𝑛 𝑡 𝐶𝑝−𝑛 𝑥 𝑡
HE
Cette relation est indépendante des inconnues et permet de vérifier la cohérence des mesures. La
relation (4.5) peut encore s’écrire sous la forme suivante :
(︂ )︂ (︂ )︂
[︀ −
]︀ 𝑦𝑛 𝑡 [︀ −
]︀ 𝑦𝑛 𝑡
−𝐶𝑝−𝑛 𝐶𝑛 𝐼𝑝−𝑛 ou bien 𝐶𝑝−𝑛 𝐶𝑛 −𝐼𝑝−𝑛
𝑦𝑝−𝑛 𝑡 𝑦𝑝−𝑛 𝑡
(4.6)
Remarque 4.2
IG
① La forme des équations de redondance n’est pas unique ;
② D’autres équations de redondance, ne faisant pas apparaître les mêmes variables, peuvent être
écrites par combinaison linéaire des équations précédentes ;
EN
③ La remarque ② est la base de la "structuration" des résidus ; qui permet de structurer les résidus
et en conséquence de faciliter l’isolation des défauts.
④ Nombre des Relations de Redondance Analytique Statique : 𝑅𝑅𝐴𝑆 𝑝 − 𝑟𝑎𝑛𝑔 𝐶 (où 𝑝 :
nombre de lignes de 𝐶).
⎡ ⎤
𝜈𝑇
⎢ 𝜈𝑇 ⎥
′ ′
⑤ 𝑟𝑎𝑛𝑔 𝑉 𝑝 − 𝑛 ; 𝑉 ⎢ .. ⎥, 𝑉 ′ 𝐶 ⇐⇒ 𝜈𝑖𝑇 𝐶 , ∀𝑖 , , . . . , 𝑝 − 𝑛
⎢ ⎥
M
⎣ . ⎦
𝑇
𝜈𝑝−𝑛
On a alors :
⎛ ⎞
𝑦
[︂ ]︂ (︂ )︂ ⎜𝑦 ⎟
− − 𝑦𝑛 ⎜ ⎟
𝐶𝑝−𝑛 𝐶𝑛−
[︀ ]︀
−𝐼𝑝−𝑛 et ⎜𝑦 ⎟ (4.9)
D
− − 𝑦𝑝−𝑛 ⎜ ⎟
⎝𝑦 ⎠
𝑦
D’où la génération de deux équations de redondance statiques liant les composantes 𝑦𝑖 du vecteur de
HE
mesure :
−𝑦 𝑘 𝑦 𝑘 − 𝑦 𝑘
(4.10)
− 𝑦 𝑘 𝑦 𝑘 − 𝑦 𝑘
En l’absence de défaut, ces deux relations sont identiquement nulles, il y a cohérence des mesures.
Lorsqu’un défaut capteur apparaît, ces relations ne sont généralement plus vérifiées. Dans les équa-
tions précédentes, si on élimine 𝑦 𝑘, on obtient :
−𝑦 𝑘 𝑦 𝑘
IG
Nous remarquons que l’élimination de 𝑦 𝑘 entraîne l’élimination de 𝑦 𝑘. Il est donc impossible
de différencier les défauts intervenant sur ces deux mesures (problème d’isolation).
Par ailleurs, un défaut sur 𝑦 𝑘 ne sera pas détectable car cette mesure n’intervient dans aucune des
équations de redondance (4.10).
Notons que la nécessité d’avoir un nombre de mesures supérieure à la dimension de l’état limite
EN
l’intérêt pratique de la redondance statique. Avec la redondance dynamique cette contrainte disparaît,
car l’on prend en compte l’évolution des mesures et des entrées au cours du temps, on parle alors
aussi de redondance dynamique ou temporelle.
fournies par les différents capteurs et les entrées du système à différents instants. En d’autres termes,
ce sont des équations du modèle direct entrée-sortie réarrangées, sujettes à des transformations dyna-
miques linéaires. Les résidus issus de cette transformation mènent au diagnostic.
Considérons à cet effet un système supposé correctement représenté par le modèle d’état discret
suivant : ⎧
⎨𝑥 𝑘 𝐴𝑥 𝑘 𝐵𝑢 𝑘 𝐹 𝑑 𝑘
⎪
𝑦 𝑘 𝐶𝑥 𝑘 𝐹 𝑑 𝑘 (4.11)
𝑛 𝑚 𝑝 𝑛𝑑
⎪
𝑥 𝑘 ∈ R , 𝑢 𝑘 ∈ R , 𝑦 𝑘 ∈ R , 𝑑 𝑘 ∈ R
⎩
où 𝑢 𝑘 le vecteur d’entrée des actionneurs et 𝑦 𝑘 le vecteur des sorties délivrées par les capteurs
sont connus (𝑢 𝑘 et 𝑦 𝑘 deux données disponibles), 𝑥 𝑘 représente le vecteur d’état inconnu, 𝑑 𝑘
le vecteur de défauts additifs. On suppose aussi que la paire 𝐶, 𝐴 est observable.
Une représentation discrète est utilisée, mais l’ensemble des résultats de ce paragraphe se transcrit
sans difficulté au cas continu.
D
..
.
ℎ
[︃ ]︃
∑︁
𝑥 𝑘 ℎ 𝐴ℎ 𝑥 𝑘 𝐴ℎ−𝑖 𝐵𝑢 𝑘 𝑖 − 𝐹 𝑑 𝑘 𝑖 −
𝑖
HE
sur un horizon d’observation 𝑘, 𝑘 ℎ , les sorties aux différents instants 𝑘 à 𝑘 ℎ peuvent être
regroupées sous la forme condensée donnée par la fonction génératrice suivante :
𝒴 𝑘, ℎ − 𝒢 ℎ𝒰 𝑘, ℎ ℋ ℎ𝑥 𝑘 ℱ ℎ𝒟 𝑘, ℎ (4.12)
où les vecteurs 𝒲 𝑘, ℎ avec 𝒲 ∈ {𝒴, 𝒰, 𝒟} et la matrice d’observabilité généralisée ℋ, sont définis
par :
IG ⎛
𝑤 𝑘
⎞ ⎛
𝐶
⎞
⎜𝑤 𝑘 ⎟ ⎜ 𝐶𝐴 ⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜𝑤 𝑘 ⎟ ⎜𝐶𝐴 ⎟
𝒲 𝑘, ℎ ⎜ ⎟ , ℋ ℎ ⎜ ⎟
⎜ .. ⎟ ⎜ .. ⎟
⎝ . ⎠ ⎝ . ⎠
𝑤 𝑘 ℎ 𝐶𝐴ℎ
EN
𝐹 ···
⎛ ⎞ ⎛ ⎞
···
⎜ 𝐶𝐵 ··· ⎟ ⎟ ⎜ 𝐶𝐹 𝐹 ··· ⎟
...
⎜ ⎜ ⎟
𝒢 ℎ
⎜
⎜ 𝐶𝐴𝐵 𝐶𝐵 ··· ⎟ ⎟ , ℱ ℎ ⎜ 𝐶𝐴𝐹
⎜
𝐶𝐹 ⎟
⎟
⎜ .. .. .. ⎟ ⎜ . .. ... .. ⎟
⎝ . . . ⎠ ⎝ .. . 𝐹 .⎠
𝐶𝐴ℎ− 𝐵 𝐶𝐴ℎ− 𝐵 · · · 𝐶𝐵 ℎ−
𝐶𝐴 𝐹 𝐶𝐴 𝐹 ℎ−
· · · 𝐶𝐹 𝐹
Avec la relation (4.12), on est alors ramené au cas de la redondance statique.
La génération des équations de redondance liant 𝒴 et 𝒰 consiste à éliminer les états 𝑥 𝑘 dans l’équa-
M
tion (4.12). Ceci revient, en multipliant les deux membres de cette relation par une matrice de parité
𝛺 orthogonale à la matrice ℋ. Cependant, l’existence de 𝛺 dépend du rang de la matrice ℋ :
𝛺ℋ ℎ (4.13)
La figure 4.1 illustre les calculs précédents sous forme de schéma bloc. Ainsi, les entrées et les
sorties 𝒰 et 𝒴 sont obtenues en projetant les signaux correspondants sur une fenêtre d’observation.
u(k) y(k)
x(k + 1) = Ax(k) + B(k)u(k)
y(k) = Cx(k)
U - + Y
ΩG Ω
r(k)
D
F IGURE 4.1 – Principe de la génération de résidus par espace parité.
HE
Remarque 4.3
∙ Ce vecteur parité généralisé caractérise toutes les relations existant entre les entrées et les sorties
du système ;
∙ Ce vecteur parité a une valeur moyenne nulle en l’absence de défauts ;
∙ Lorsqu’un défaut (capteur ou actionneur) apparaît, ce vecteur parité devient non nul et s’oriente
vers une direction privilégiée en fonction du défaut ;
∙ Il est souvent plus judicieux de rechercher des équations de redondance en prenant les sorties
IG
une par une (relations d’auto-redondance), puis les relations de redondance entre différentes
sorties (relations d’inter-redondance) ;
∙ Cette structure peut être utilisée pour faciliter l’isolation des défauts affectant les capteurs ou les
actionneurs.
En l’absence de défaut, le vecteur parité est nul (au bruit de mesure près), et différent de zéro si
EN
non. On peut donc l’utiliser comme résidu dans le but de détecter et de localiser, par exemple, un
défaut capteur ou actionneur. Toutefois, les relations ainsi obtenues à partir de (4.14a) et (4.14b) ne
sont pas toutes nécessairement indépendantes, surtout si la fenêtre d’observation est importante. Les
techniques d’auto-redondance et d’inter-redondance permettent alors de contourner cette difficulté.
La recherche des équations de redondance peut être affinée en recherchant tout d’abord les relations
de redondance pour chaque sortie prise isolément (auto-redondance), puis les relations de redondance
entre différentes sorties (inter-redondance). Cette hiérarchisation peut être mise à profit dans l’étape
d’isolation des défauts affectant capteurs et actionneurs.
M
La notion d’auto-redondance est importante car elle est liée à la génération de relations exprimant au
cours du temps la sortie d’un seul capteur.
Toutefois, les relations d’auto-redondance sont obtenues en écrivant la relation (4.12) pour chacun des
capteurs. On ne conserve alors, pour un capteur donnée, que les relations indépendantes permettant
d’exprimer une partie de l’état. Pour faire apparaître que les mesures aux divers instants, issues du
capteur considéré et les entrées ; il suffit d’extraire la j-ème composante du vecteur d’observations en
sélectionnant dans 𝐶 la ligne 𝐶𝑗 . L’équation (4.12) se réduit alors sous la forme condensée suivante :
⎛ ⎞ ⎛ ⎞⎛ ⎞
𝑦𝑗 𝑘 ··· 𝑢 𝑘
⎜ 𝑦𝑗 𝑘 ⎟ 𝐶𝑗 𝐵 ··· ⎟⎟ ⎜𝑢 𝑘 ⎟
⎜ ⎜ ⎟
⎜ ⎟ ⎜
⎜ 𝑦𝑗 𝑘 ⎟ 𝐶𝑗 𝐴𝐵 𝐶𝑗 𝐵 ··· ⎟
⎟−⎜ ⎟ ⎜𝑢 𝑘 ⎟
⎜ ⎜ ⎟
⎜
⎜ .. ⎟ ⎜ .. .. .. ⎟⎜ .. ⎟
⎝ . ⎠ ⎝ . . . ⎠ ⎝ . ⎠
𝑦𝑗 𝑘 ℎ 𝐶𝑗 𝐴ℎ− 𝐵 𝐶𝑗 𝐴ℎ− 𝐵 · · · 𝐶𝑗 𝐵 𝑢 𝑘 ℎ
𝐹 𝑗 ···
⎛ ⎞ ⎛ ⎞ ⎛ ⎞
𝐶𝑗 𝑑 𝑘
⎜ 𝐶𝑗 𝐴 ⎟ ⎜ 𝐶𝑗 𝐹 𝐹 𝑗 ··· ⎟ ⎟ ⎜𝑑 𝑘 ⎟
D
⎜ ⎟
..
⎜ ⎟ ⎜
⎜ 𝐶𝑗 𝐴 ⎟
⎟ 𝑥 𝑘 ⎜ 𝐶𝑗 𝐴𝐹 𝐶𝑗 𝐹 . ⎟ ⎜𝑑 𝑘 ⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜
⎜ .. ⎟ ⎜ . . .. .. ⎠ ⎝ ..
.. ..
⎟ ⎜ ⎟
⎝ . ⎠ ⎝ . 𝐹 𝑗 . . ⎠
ℎ
𝐶𝑗 𝐴 ℎ− ℎ−
𝐶𝑗 𝐴 𝐹 𝐶𝑗 𝐴 𝐹 · · · 𝐶𝑗 𝐹 𝐹 𝑗 𝑑 𝑘 ℎ
HE
où 𝐶𝑗 représente le vecteur ligne numéro 𝑗 de la matrice 𝐶 et 𝐹 𝑗 représente le vecteur ligne
numéro 𝑗 de la matrice 𝐹 .
Dans ce cas, si 𝛺𝑗 est une matrice orthogonale à ℋ𝑗 ℎ, l’unique relation de parité relative au j-ème
capteur est définie par : (︁ )︁
𝒫𝑗 𝑘 𝛺𝑗 𝒴𝑗 𝑘, ℎ − 𝒢𝑗 ℎ𝒰 𝑘, ℎ (4.16)
⎧ (︁ )︁
⎨si
⎪
⎪ ℎ < ℎ𝑗 𝑟𝑎𝑛𝑔 ℋ𝑗 ℎ ℎ
(︁ )︁
et si ℎ ≥ ℎ𝑗 𝑟𝑎𝑛𝑔 ℋ𝑗 ℎ
ℎ𝑗
EN
⎪
⎪
ℎ𝑗 :représente le rang maximum de ℋ𝑗 ℎ,c.-à-d. le nombre des premières lignes indépendantes de ℋ𝑗 ℎ
⎩
⎜ ⎟
𝛺𝑗 ℋ𝑗 ℎ𝑗 ⇒ 𝛺 𝑗 ⎜ 𝐶𝑗 𝐴 (4.17)
⎜ ⎟
⎟
⎜ .. ⎟
⎝ . ⎠
𝐶𝑗 𝐴ℎ𝑗
avec ⎛ ⎞
···
⎜
⎜ 𝐶𝑗 𝐵 ··· ⎟
⎟
𝒢𝑗 ℎ𝑗
⎜
⎜ 𝐶𝑗 𝐴𝐵 𝐶𝑗 𝐵 ··· ⎟
⎟
⎜ .. .. ... ⎟
⎝ . . ⎠
𝐶𝑗 𝐴ℎ𝑗 − 𝐵 𝐶𝑗 𝐴ℎ𝑗 − 𝐵 · · · 𝐶𝑗 𝐵
Les relations inter-redondance permettent de relier les mesures provenant de plusieurs capteurs. On
D
les obtient en considérant les ℎ𝑗 (𝑗 , , . . . , 𝑝) relations indépendantes.
Pour chaque matrice d’observation ℋ𝑗 construite à partir d’une seule sortie et de toutes les entrées,
retenons uniquement les ℎ𝑗 premières lignes indépendantes (ℎ𝑗 a été défini par le théorème de Cayley-
Hamilton). A partir de (4.15), on obtient donc, pour le j-ème capteur avec 𝑗 , ,...,𝑝 :
HE
𝒴𝑗 𝑘, ℎ𝑗 − − 𝒢𝑗 ℎ𝑗 − 𝒰 𝑘, ℎ𝑗 − ℋ𝑗 ℎ𝑗 − 𝑥 𝑘 ℱ𝑗 ℎ𝑗 − 𝒟 𝑘, ℎ𝑗 − (4.19)
Pour obtenir une formulation (︁unique regroupant toutes les sorties, on peut introduire des vecteurs
communs 𝒰 𝑘, 𝜂 et 𝒟 𝑘, 𝜂 où 𝜂 = max ℎ , ℎ , . . . , ℎ𝑝 pour toutes les entrées 𝒰 𝑘, ℎ𝑗 − et
)︁
𝒟 𝑘, ℎ𝑗 − ; dans certains cas, cela ne peut être possible qu’en complétant les matrices 𝒢𝑗 avec des
colonnes de "zéros". Avec des définitions évidentes, le système peut s’écrire de façon condensée :
IG
𝒴 𝑘, ℎ , . . . , ℎ𝑝 − 𝒢 ℎ , . . . , ℎ𝑝 𝒰 𝑘, 𝜂 ℋ ℎ , . . . , ℎ𝑝 𝑥 𝑘 ℱ ℎ , . . . , ℎ𝑝 𝒟 𝑘, 𝜂 (4.20)
avec
⎛ ⎞ ⎛ ⎞
𝒴 𝑘, ℎ − 𝒢 𝑘, ℎ −
⎜ 𝒴 𝑘, ℎ − ⎟ ⎜𝒢 𝑘, ℎ − ⎟
𝒴 𝑘, ℎ , . . . , ℎ𝑝 𝒢 𝑘, ℎ , . . . , ℎ𝑝
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜ .. ⎟ ⎜ .. ⎟
. .
EN
⎝ ⎠ ⎝ ⎠
𝒴𝑚 𝑘, ℎ𝑝 − 𝒢𝑝 𝑘, ℎ𝑝 −
Comme dans le cas précédent, définissons une matrice orthogonale à ℋ 𝑘, ℎ , . . . , ℎ𝑝 de telle sorte :
𝛺ℋ 𝑘, ℎ , . . . , ℎ𝑝
[︀ ]︀
Exemple 4.2 Considérons pour l’horizon d’observation 𝑘, 𝑘 l’exemple suivant :
[︂ ]︂ [︂ ]︂ [︂ ]︂
. .
𝐴 𝐵 𝐶
.
Dans cet exemple, le système dispose de deux sorties (deux capteurs) 𝑝 donc 𝑗 , et une
entrée (un actionneur) 𝑚 . [︀ ]︀
∙ Pour la première sortie 𝐶 , avec la largeur de la fenêtre d’observation ℎ , on a :
⎡ ⎤
ℋ𝑗 ℎ ℋ ⎣ . . ⎦
. .
le rang ℎ de la matrice d’observabilité ℋ est égal à . La troisième ligne de la matrice ℋ
peut s’exprimer par une combinaison linéaire des deux précédentes ; cette dépendance peut donc être
explicitée en déterminant 𝛺 à partir de l’équation (4.13). Puis en appliquant les équations (4.14a)
et (4.14b), on obtient l’équation de parité et par conséquent la relation d’auto-redondance de cette
sortie : (︀ )︀
𝑝 𝑘 . − . 𝑞 𝑞 𝑦 𝑘 − . 𝑢 𝑘
où 𝑞 représente l’opérateur avance 3 .
[︀ ]︀
∙ Pour la deuxième sortie 𝐶 , on obtient la relation d’auto-redondance de cette sortie
comme suit : (︀ )︀
𝑝 𝑘 − 𝑞 𝑦 𝑘 − 𝑢 𝑘
D
(︂ )︂ (︂ )︂ (︂ )︂ (︂ )︂
𝑝 𝑘 𝑟 𝑘 . 𝑦 𝑘 − 𝑦 𝑘 𝑦 𝑘 − 𝑢 𝑘
𝒫 𝑘
𝑝 𝑘 𝑟 𝑘 𝑦 𝑘 − . 𝑦 𝑘 − 𝑢 𝑘
HE
L’analyse de ce vecteur permet de construire la table des signatures de défauts. Soit 𝑓𝑦 , 𝑓𝑦 et 𝑓𝑢 les
défauts agissant respectivement sur le capteur 𝑦 , le capteur 𝑦 et le seul actionneur d’entrée 𝑢.
On a donc :
𝑓𝑦 𝑓𝑦 𝑓𝑢
𝑟 1 0 1
𝑟 0 1 1
IG
TABLE 4.1 – Table des signatures de défauts.
Qui signifie, par exemple, que 𝑝 𝑘 𝑟 𝑘 est sensible aux défauts 𝑓𝑦 et 𝑓𝑢 et insensible
au défaut 𝑓𝑦 . Notons que ce vecteur parité permet de localiser facilement les défauts de capteur
EN
et d’actionneur, leurs signatures 4 étant différente. D’après le tableau 4.1, les signatures associées à
chaque défaut sont :
(︂ )︂ (︂ )︂
𝑟 𝑘
• la signature 𝑟 𝑘 est associé au défaut 𝑓𝑦 .
𝑟 𝑘
(︂ )︂ (︂ )︂
𝑟 𝑘
• la signature 𝑟 𝑘 est associé au défaut 𝑓𝑦 .
𝑟 𝑘
M
(︂ )︂ (︂ )︂
𝑟 𝑘
• la signature 𝑟 𝑘 est associé au défaut 𝑓𝑢 .
𝑟 𝑘
En cas des signatures identiques, cela signifie que le vecteur parité ne permet pas de localiser
un défaut, et au lieu de traitement "Tout Ou Rien" du vecteur parité ; on peut s’intéresser à son
orientation dans l’espace de parité. En effet, en présence de défaut, le vecteur parité s’oriente, en
régime permanent, suivant des directions particulières ou privilégiées. Dans le cas de l’exemple
traité et en présence de défauts capteurs ou d’actionneurs, le vecteur parité prend donc, en régime
permanent, des directions privilégiées (tableau 4.2). Il est important de noter que les trois directions
de référence, correspondant aux trois situations de défaut, sont distinctes ; cela garantit ainsi la
localisation théorique des trois défauts.
3. L’opérateur avance q est l’application qui, au signal discret w(kh), fait correspondre le signal discret :
qw(kh) = w(kh + h) ; ℎ période d’échantillonnage.
4. D’une manière générale, la signature d’un défaut correspond à l’une des colonnes de la table des signatures
𝒴𝑗 𝑘, ℎ𝑗 − ℋ𝑗 ℎ𝑗 − 𝑥 𝑘 𝒢𝑗 ℎ𝑗 − 𝒰 𝑘, ℎ𝑗 − (4.22)
D
Pour le premier capteur, i.e,𝑗 : 𝒴𝑗 𝑘, ℎ𝑗 − =𝒴 𝑘, ℎ − avec ℎ , on a donc :
(︂ )︂ (︂ )︂ (︂ )︂ (︂ )︂
𝐶 𝑦 𝑘 𝑢 𝑘
𝒴 𝑘, 𝑥 𝑘 𝒰 𝑘, avec 𝒴 𝑘, et 𝒰 𝑘,
𝐶𝐴 𝐶𝐵 𝑦 𝑘 𝑢 𝑘
HE
Après simplification on obtient :
(︂ )︂ (︂ )︂ (︂ )︂
𝐶 𝑦 𝑘
𝒴 𝑘, 𝑥 𝑘 𝑢 𝑘 avec 𝒴 𝑘,
𝐶𝐴 𝐶𝐵 𝑦 𝑘
Pour le deuxième capteur, i.e, 𝑗
IG : 𝒴𝑗 𝑘, ℎ𝑗 − =𝒴 𝑘, ℎ − avec ℎ , on a donc :
𝒴 𝑘, 𝐶 𝑥 𝑘 avec 𝒴 𝑘, 𝑦 𝑘
En combinant ces équations, on obtient :
⎛ ⎞ ⎛ ⎞
(︂ )︂ (︂ )︂ 𝐶
𝒴 𝑘, ℎ − 𝒴 𝑘, ⎝𝐶 𝐴⎠ 𝑥 𝑘 ⎝𝐶 𝐵 ⎠ 𝑢 𝑘
𝒴 𝑘, ℎ , ℎ 𝒴 𝑘, ,
𝒴 𝑘, ℎ − 𝒴 𝑘,
𝐶
EN
soit numériquement
⎛ ⎞ ⎞ ⎛ ⎛ ⎞
(︂ )︂ 𝑦 𝑘
𝒴 𝑘, ⎝𝑦 𝑘 ⎠
𝒴 𝑘, , ⎝ . . ⎠ 𝑥 𝑘 ⎠ 𝑢 𝑘
⎝
𝒴 𝑘,
𝑦 𝑘
(︀ )︀
L’élimination du vecteur d’état inconnu 𝑥 𝑘 est obtenu avec 𝛺 . − ce qui génère la
relation d’inter-redondance suivante :
𝑝 𝑘 . 𝑦 𝑘 − 𝑦 𝑘 𝑦 𝑘
M
Notons que ce vecteur parité permet aussi de localiser facilement les défauts de capteur et de l’ac-
tionneur, leurs signatures étant différentes également. D’après le tableau 4.3, les signatures associées
à chaque défaut sont :
𝑓𝑦 𝑓𝑦 𝑓𝑢
𝑟 1 0 1
𝑟 0 1 1
𝑟 1 1 0
⎛ ⎞ ⎛ ⎞
𝑟 𝑘
D
• la signature 𝑟 𝑘 ⎝𝑟 𝑘⎠ ⎝⎠ est associé au défaut 𝑓𝑦 .
𝑟 𝑘
⎛ ⎞ ⎛ ⎞
𝑟 𝑘
• la signature 𝑟 𝑘 ⎝𝑟 𝑘⎠ ⎝ ⎠ est associé au défaut 𝑓𝑦 .
HE
𝑟 𝑘
⎛ ⎞ ⎛ ⎞
𝑟 𝑘
• la signature 𝑟 𝑘 ⎝𝑟 𝑘⎠ ⎝ ⎠ est associé au défaut 𝑓𝑢 .
𝑟 𝑘
L’analyse du vecteur parité associé à ces équations montre qu’il s’oriente dans des directions privilé-
giées selon les défauts à analyser (tableau 4.4)
Défaut
IG aucun
⎛ ⎞ ⎛ 𝑓𝑦 ⎞ ⎛ 𝑓𝑦 ⎞ ⎛ 𝑓𝑢 ⎞
. −
Direction du vecteur parité ⎝⎠ ⎝ ⎠ ⎝. ⎠ ⎝− ⎠
− .
TABLE 4.4 – Direction du vecteur parité en fonction des défauts.
EN
Si les actionneurs sont en fonctionnement normal, la première équation est seulement sensible aux
défauts du premier capteur alors que la seconde est affectée par les défauts du second capteur. Ainsi,
ces deux équations fournissent un moyen d’identifier les défauts des capteurs. La troisième équation
est seulement affectée par les défauts de capteurs, même si l’actionneur est défectueux ; il est ainsi
possible d’isoler les défauts capteurs et d’actionneurs puisque leurs signatures sont différentes.
Remarque 4.4 On peut noter, sur l’exemple considéré, que les équations d’inter-redondance peuvent
M
aussi s’obtenir par combinaison linéaire des équations d’auto-redondance en ayant soin d’éliminer les
entrées 𝑢.
𝑝 𝑘 𝑦 𝑘 − 𝐶 𝑞𝐼 − 𝐴− 𝐵𝑢 𝑘 (4.24)
Cette formulation présente l’intérêt de fournir directement les relations de redondance pour chaque
sortie, ce qui permet l’isolation des défauts de chaque capteur.
Le problème peut également être formulé en s’inspirant du cas statique. Après réarrangement des
équations d’état, on peut séparer les variables inconnues 𝑥 𝑘, des variables connues 𝑢 𝑘 et 𝑦 𝑘 :
(︂ )︂ (︂ )︂ (︂ )︂
𝐶 𝐼 𝑢 𝑘
𝑥 𝑘 (4.25)
𝑞𝐼 − 𝐴 𝐵 𝑦 𝑘
D
⏟ ⏞
𝐻 𝑞
La technique de projection, largement utilisée dans le cas des systèmes statiques, permet d’éliminer
l’état 𝑥. On cherche deux vecteurs 𝛼 et 𝛽, polynômes en la variable 𝑞, tels que :
HE
(︁ )︁ (︁ 𝐶
)︂ )︁ (︂
𝛼 𝑞 − 𝛽 𝑞 𝐻 𝑞 𝛼 𝑞 − 𝛽 𝑞
(4.26)
𝑞𝐼 − 𝐴
(︁ )︁
En multipliant à gauche l’équation (4.25) par le vecteur 𝛼 𝑞 − 𝛽 𝑞 , il vient :
IG 𝛼 𝑞𝑦 𝑘 − 𝛽 𝑞𝐵𝑢 𝑘
Exercice corrigé
On considère le système dynamique décrit, en temps discret, par le triplet de matrices 𝐴, 𝐵 et 𝐶
avec :
⎡ ⎤
/ ⎡ ⎤
⎢ / [︂ ]︂
/ ⎥
EN
𝐴 ⎢
⎣
⎥, 𝐵 ⎣ ⎦, 𝐶
/ ⎦
/
Solution
M
Si l’on utilise les techniques de calcul symbolique, l’établissement de l’équation d’auto- redondance
relative à la première mesure nécessite la détermination d’un vecteur ligne 𝛺 𝑞 orthogonale à la
matrice polynomiale :
⎛ ⎞
⎜ ⎟
(︂ )︂ ⎜ 𝑞− ⎟
𝐶 ⎜ ⎟
𝐻 𝑞 ⎜ ⎟
𝑞𝐼 − 𝐴 𝑞−⎜
⎜ ⎟
⎟
⎝ ⎠
𝑞−
Pour cet exemple, la détermination d’un tel vecteur est aisé ; on a par exemple :
(︁ )︁
𝛺 𝑞 𝑞− 𝑞− − 𝑞− − 𝑞−
Pour des situations plus complexes, l’emploi d’un logiciel de calcul formel permet d’effectuer aisé-
ment cette détermination. En accord avec (4.25), l’équation d’auto-redondance s’écrit :
(︂ )︂ (︂ )︂
𝐼 𝑢 𝑘
𝑝 𝑘 𝛺 𝑞
𝐵 𝑦 𝑘
⎛ ⎞
⎟⎛ ⎞
𝑢 𝑘
⎜
(︁ )︁ ⎜ ⎟
𝑝 𝑘 𝑞− 𝑞− − 𝑞− − 𝑞− ⎜ ⎟ 𝑢 𝑘⎠
⎜ ⎟⎝
⎟
⎠ 𝑦 𝑘
⎜
⎝
D
𝑝 𝑘 𝑞 − 𝑞 − 𝑦 𝑘 − 𝑞− 𝑢 𝑘 − 𝑞 − 𝑢 𝑘
L’équation d’auto-redondance relative à la seconde mesure s’obtient de manière analogue ; un vecteur
HE
ligne 𝛺 𝑞 orthogonal à :
⎛ ⎞
⎜ ⎟
(︂ )︂ ⎜ 𝑞 − ⎟
𝐶 ⎜ ⎟
𝐻 𝑞 ⎜ ⎟
𝑞𝐼 − 𝐴 ⎜
⎜ 𝑞 − ⎟
⎟
⎝ ⎠
𝑞−
s’écrit :
IG
𝛺 𝑞
(︁
𝑞 − 𝑞 − − 𝑞 − − 𝑞 −
)︁
Pour établir les équations d’inter-redondance, on cherche ensuite la matrice polynomiale orthogo-
nale à :
EN
⎛ ⎞
⎜ ⎟
⎜ ⎟
⎜ ⎟
⎜ 𝑞−
(︂ )︂
𝐶 ⎟
𝐻 𝑞 ⎜ ⎟
𝑞𝐼 − 𝐴 ⎜
⎜
⎟
⎜ 𝑞− ⎟
⎟
⎝ ⎠
𝑞−
M
On peut, cette fois, exprimer le vecteur orthogonal sous une forme paramétrique :
[︂ (︁ )︁ (︁ )︁
𝛺 𝑞 𝑞− 𝑞 − 𝑎 − 𝑞 − 𝑏 𝑞 − 𝑞 − 𝑏 − 𝑞 − 𝑎 − 𝑞 − 𝑏
]︂
− 𝑞 − 𝑎 − 𝑞 − 𝑏
Pour différents jeux de paramètres 𝑎 et 𝑏, on retrouve l’ensemble des équations de redondance. Par
exemple, l’équation d’auto-redondance de la première mesure s’obtient avec 𝑎 / et 𝑏 , tandis
que l’équation d’inter-redondance correspond à 𝑎 − et 𝑏 − (en divisant l’équation obtenue
par le polynôme 𝑞 − commun à tous les cœfficients).
D
HE
IG
EN
M
D
Synthèse de l’observateur à entrées inconnues
HE
Soit un système linéaire décrit par les équations suivantes :
{︃
𝑥 𝑡 𝐴𝑥 𝑡 𝐵𝑢 𝑡 𝐸𝑑 𝑡
𝑠 ≡ (A.1)
𝑦 𝑡 𝐶𝑥 𝑡
Perturbations
TB K H
D
(︁ )︁
dependent 𝑛 𝑟𝑎𝑛𝑘 𝑊 𝑊 is the observability matrix of 𝐶, 𝐴 row vector 𝑝𝑇 , · · · , 𝑝𝑇𝑛
from 𝑊 , together other 𝑛 − 𝑛 row vector 𝑝𝑇𝑛 , · · · , 𝑝𝑇𝑛 to construct an non-singular matrix
as :
𝑃 𝑝 , · · · , 𝑝𝑛 𝑝𝑛 , · · · , 𝑝𝑛 𝑇
HE
5. Perform an observable canonical decomposition on 𝐶, 𝐴 :
[︂ ]︂
− 𝐴
𝑃𝐴 𝑃 , 𝐶𝑃 − 𝐶 *
𝐴 𝐴
6. Check the detectability of 𝐶, 𝐴 : if any one of the eigenvalues of 𝐴 is unstable, a UIO does
not exist and go to 10.
7. Select 𝑛 desirable eigenvalues and design them to 𝐴 − 𝐾𝑝 𝐶 * using pole placement.
IG ]︀𝑇
𝑃 − 𝐾𝑝 𝑃 − 𝐾 𝑝 𝑇
[︀
8. Compute 𝐾 𝐾𝑝 𝑇 , where 𝐾𝑝 can be any 𝑛 − 𝑛 × 𝑚 matrix
not-null.
9. Compute 𝐹 and 𝐾
{︃
𝐹 𝐴 −𝐾 𝐶
EN
(A.3)
𝐾 𝐾 𝐾 𝐾 𝐹𝐻
10. Stop.
M
D
HE
B.1 Three Lemmas
Lemma 1 : Matrix Inversion :
)︀− )︀−
𝐴− − 𝐴− 𝐵 𝐶 − 𝐷𝐴− 𝐵 𝐷𝐴−
(︀ (︀
𝐴 𝐵𝐶𝐷
Proof :
IG
(︀ )︀(︀
𝐴 𝐵𝐶𝐷 𝐴 𝐵𝐶𝐷
)︀−
𝐼
)︀−
𝐴 𝐴 𝐵𝐶𝐷−
(︀
𝐼 − 𝐵𝐶𝐷 𝐴 𝐵𝐶𝐷
)︀− )︀−
𝐴− − 𝐴− 𝐵𝐶𝐷 𝐴 𝐵𝐶𝐷
(︀ (︀
𝐴 𝐵𝐶𝐷
)︀−
𝐴− − 𝐴− 𝐵𝐶𝐷 𝐼 𝐴− 𝐵𝐶𝐷 𝐴−
(︀
)︀−
𝐴− − 𝐴− 𝐵 𝐷− 𝐶 − 𝐴− 𝐵 𝐴−
(︀
)︀−
𝐴− − 𝐴− 𝐵 𝐶 − 𝐷𝐴− 𝐵 𝐷𝐴−
(︀
EN
Lemma 3 :
M
(︀ )︀− (︀ )︀−
𝐼 −𝐴 𝐼 𝐴 𝐼 𝐴
𝐼 − 𝐶 𝑠𝐼 − 𝐴 𝐿𝐶− 𝐿 𝑏 𝑠
[︀ ]︀
𝑒 𝑠
En utilisant le lemme de l’inversion matricielle :
)︀− )︀−
𝑃− − 𝑃− 𝑈 𝐼 𝑉 𝑃− 𝑈 𝑉 𝑃−
(︀ (︀
𝑃 𝑈𝑉
D
)︀− )︀−
C𝑃 − − C𝑃 − 𝐿 𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿 𝐶𝑃 −
(︀ (︀
C × 𝑃 𝐿𝐶
)︀− )︀−
𝐶𝑃 − L − 𝐶𝑃 − 𝐿 𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿 𝐶𝑃 − L
(︀ (︀
𝐶 𝑃 𝐿𝐶 ×L
)︀− )︀−
𝐶𝑃 − 𝐿 × I − 𝐶𝑃 − 𝐿 𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿 𝐶𝑃 − 𝐿
(︀ (︀
𝐶 𝑃 𝐿𝐶 𝐿
D’après la propriété suivante : 𝐴.𝐴− 𝐴− .𝐴
HE
𝐼, on peut mettre donc :
)︀− (︀
𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿 . 𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿
(︀ )︀
I
)︀− )︀−
I − 𝐶𝑃 − 𝐿 𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿
(︀ (︀
𝐼 − 𝐶 𝑃 𝐿𝐶 𝐿
I
⏞ ⏟
)︀− )︀−
𝐼 𝐶𝑃 𝐿 . 𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿
−
−𝐶𝑃 − 𝐿 𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿
(︀ )︀ (︀ (︀
)︀− )︀−
𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿 . 𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿 − 𝐶𝑃 − 𝐿 𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿
(︀ )︀ (︀ (︀
:::::::::::::::: ::::::::::::::::
(︂ )︂
−
M
𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿 − 𝐶𝑃 − 𝐿 𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿
(︀ )︀ (︀ )︀
::::::::::::::::
− 𝐿 𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿 −
−
(︀ )︀(︀ )︀
𝐼 𝐶𝑃 𝐿 − 𝐶𝑃
)︀− )︀−
𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿
(︀ (︀
𝐼(︂− 𝐶 𝑃 𝐿𝐶 𝐿 )︂
)︀− )︀−
𝐼 𝐶𝑃 − 𝐿 𝑏 𝑠
(︀ (︀
𝐼 − 𝐶 𝑃 𝐿𝐶 𝐿 𝑏 𝑠
(︂ )︂ (︂ )︂−
)︀−
𝐼 𝐶 𝑠𝐼 − 𝐴− 𝐿
(︀
𝐼 − 𝐶 𝑠𝐼 − 𝐴 𝐿𝐶 𝐿 𝑏 𝑠 𝑏 𝑠
D
[1] R. Beard, Failure accommodation in linear systems through self-reoganization. PhD thesis,
Massachusetts Institute of Technology. Dept. of Aeronautics and Astronautics, 1971.
HE
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Springer-Verlag, 2003.
[3] M. Blanke, M. Kinnaert, J. Lunze, and M. Staroswieki, Diagnosis and Fault-Tolerant Control.
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HE
IG
EN
M