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HISTOIRE DE LA

LITTERATURE FRANÇAISE
19EME – 21EME SIECLES
TABLE DES MATIERES

2
Le XIXème Siècle
Bleu → lié aux PWP
INTRODUCTION
Etudier les productions littéraires du XIXe siècle implique : la considération d’un contexte complexe et en
perpétuel mouvement.
1789 : Révolution française = coupure historique radicale.
Ancien Régime s’écroule avec l’organisation sociale vielle de plusieurs siècles.
Il y a une instabilité politique jusqu’en 1870 à la IIIe République. Pourquoi ? La France tarde à trouver le système
qui remplacera l’ancien (l’instauration de la IIIe République en 1870).
Ce basculement historique provoque des modifications profondes dans la société, la pensée et la littérature :
la France a perdu les repères qui étaient les siens et en cherche de nouveaux.
Il y a un décalage entre les dirigeants politiques et la population → l’insurrection de la Commune de Paris (fin
mars – fin mai 1871) le témoigne.
La période de 1789 – 1799 : peut être considérée comme la période révolutionnaire au sens large. Le basculement
historique de 1789 provoque des modifications profondes dans la société, la pensée et la littérature.
L’alternance de révolution et de succession de régime s autoritaires ne prendra fin qu’avec la Troisième République
qui émergera dans des conditions difficiles.

1. Situation politique / sociopolitique

1.1. De la Révolution à l’Empire


Tout au long du 19ème siècle : alternance de révolutions et de régimes autoritaires, traduisant l’instabilité politique
de la France.
Fin 18ème siècle :
Moment complexe et animé (10 ans).
Nombreux types de gouvernements sont éprouvés : monarchie, démocratie, dictature et autres expérimentations
+/- novatrices.
1787 :
Constitution des Etats-Unis votée ; révolution étatsunienne considérée comme un exemple ; c’est quoi ? →
inspirée de philosophes français
1789 :
Evènements cruciaux :

• La convocation des Etats Généraux par Louis XVI pour régler la crise financière.

• Le tiers-état est las d’être ignoré :


o prend l’engagement de s’unir pour faire valoir leurs droits.
o Met en place l’Assemblée nationale constituante.

3
• 4 août : prise de la Bastille → on vote la fin des privilèges féodaux, la déclaration des Droits de
l’Homme (26 août).

• Nous sommes aux premières heures de la Révolution marquées :


o Processus de déchristianisation.
20 juin 1791 :
Louis XVI refuse d’abdiquer et fuit la capitale. Le roi est retrouvé. Il refuse d’avouer qu’il a fui. Il apprend que
s’il signe la nouvelle constitution, il sera rétabli dans ses fonctions.
La nouvelle constitution : un projet de monarchie constitutionnelle → l’idée d’une république progresse.
Plusieurs votent contre le retour du roi à ses fonctions.

17 juillet 1791 :
La garde nationale fait feu sur les manifestants du Champs-de-Mars → envenime les choses.
14 septembre 1791 :
Louis XVI jure fidélité à la première constitution française.
Pas de rétablissement de la France pour autant. Difficultés sur le plan économique.
Engagement dans une guerre avec l’Autriche.
11 juillet 1791 :
Le Duc d’Autriche avertit les Parisiens que s’ils ne soumettent pas Paris sera promis à une exécution miliaire et à
une subversion totale et les révoltés aux supplices qu’ils méritent.
Le roi est suspecté de collaborer avec la Prusse et d’être contre l’Assemblée nationale.
10 août 1792 :
Une foule d’insurgés prend le palais des Tuileries.
Contrainte de prononcer la suspension du roi. La famille royale est détenue.
Massacres de septembre : les révolutionnaires français exécutent des prêtres, monarchistes et autres perturbateurs
détenus dans les prisons parisiennes.
L’Assemblée législative met en place une convention élue : 2-6 septembre
21 septembre 1792 :
La Convention nationale décrète que « la royauté est abolie en France » et que « l’An I de la République française
»
1793 – 1794 :
Période de la Terreur, sombre, de répression virulente, exécutions de suspects. La Révolution entre dans une
période de répression politique sauvage.
27 juillet 1794 :
Mort de Robespierre → entraine un sentiment de liberté.
1795 – 1799 :
Le Directoire : système répartissant le pouvoir exécutif entre 5 directeurs et rétablissant le suffrage censitaire.
Suffrage censitaire : droit de vote autorisé aux citoyens payant un certain impôt.
Il s’agit d’une période plus libre sur le plan des mœurs.

4
1799 :
Fin du Directoire.
Coup d’Etat de Napoléon Bonaparte.
Instauration du Consulat : le pouvoir est théoriquement divisé en 3 consuls. Bonaparte qui dirige l’armée con-
trôle en réalité tout.
En 1802 : il est nommé consul à vie.
1804 : il est sacré Empereur (nommé Napoléon Ier) et établit l’Empire.
Historique de Napoléon Bonaparte après son sacrement :
Napoléon Ier se lance dans une campagne militaire en Europe (victoires et défaites).
Les puissances Européennes POUR l’Ancien Régime s’allient contre lui. Elles gagnent. Napoléon abdique.
Règne de Louis XVIII. (1814)
Napoléon s’est exilé sur une île mais il s’en échappe et va Paris. C’est la période des Cent Jours (1815).
Relancement de la guerre contre Napoléon. Défaite pour Napoléon et il doit à nouveau abdiquer. Il retourne sur
son île.
(petit bref de cette partie : 1814: Abdication de Napoléon. Début de la Restauration (Louis XVIII). Du 1er mars
au 18 juin 1815 (Waterloo), période des « Cent-Jours ».)

1.2. La Restauration
La Restauration correspond à un retour à la monarchie après la période républicaine postrévolutionnaire et la
chute de Napoléon Ier.
Règne de Louis XVIII :
1814 : Louis XVIII entre triomphalement dans Paris en tant que roi de France. Il octroie au peuple français une
charte constitutionnelle censée concilier :
o Les principes de l’Ancien Régime : monarchie du droit divin.
o Les acquis de la Révolution : abolition des privilège.
Règne de Charles X :
Il est très attaché aux privilèges de l’Ancien Régime et lutte contre-révolutionnaire.
Règne marqué par un renforcement de la politique réactionnaire et autoritaire → contribue à son impopularité.
Sa chute la fin du règne des Bourbons.
(En bref : 1830 : Charles X renversé au cours des « trois glorieuses » (27-29 juillet). Remplacé par Louis-Phi-
lippe d’Orléans, le « roi-citoyen ».)
Tout au long du siècle :
3 clans se disputent le pouvoir :
o Les légitimistes / Bourbons : persuadés que le pouvoir doit se transmettre de gé-
nération en génération.
o Les Orléanistes : famille des ducs d’Orléans ; partisans de la Monarchie constitu-
tionnelle.
o Les Bonapartistes : Empire.

5
1.3. De l’éphémère Deuxième République à l’Empire
Février 1848 :
Les émeutes font chuter Louis-Philippe.
Naissance de la Deuxième République.
Période troublée. Les principes de 1789 et le suffrage universel masculin sont de nouveau d’application. Pour-
quoi ? c’est une régence collective qui vise cela.
Avril 1848 :
Elections des membres de l’Assemblée Constituante voient les Républicain l’emporter
Décembre 1848 :
Premières élection présidentielles.
Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l’Empereur, est élu Président de la République. Il établit le Second Empire
en 1851.
Historique de Louis-Napoléon Bonaparte :
Il est sensible aux conditions de vie du peuple (écrit Pour l’extinction du paupérisme).
Il séduit l’électorat de gauches et s’attire les faveurs de la droit pour son peu d’expérience et est peu stratège
donc facile à manipuler.
Il a les faveurs de Victor Hugo (écrit L’évènement).
Il déconstruit la politique républicaine et tente de revenir à un système monarchique.
Il réduit l’électorat et la liberté de presse → Victor Hugo déçu.
La constitution l’empêche de se représenter aux élections pour 1852 alors il tente un coup d’Etat le 2 décembre
1851 en dissolvant l’Assemblée et en établissant une nouvelle constitution.
1852, il est sacré Empereur. C’est le commencement du Second Empire.
Marque la transformation de Paris et se soldera par une guerre désastreuse contre la Prusse.
Il a engagé la France dans une campagne militaire qu’elle ne peut mener. Il perd et se fait emprisonner. Il est
contraint de faire capituler son armée.
3 jours après la capitulation, début la Troisième République.

[Link] Troisième République et la Commune


La défaite de Sedan et la proclamation de la Troisième République ne sonne pas l’apaisement pour la totalité du
peuple.
Les conditions de vie sont désastreuses :
o Augmentation des pris des denrées alimentaires (on jusqu’à manger les
animaux du Jardin des Plantes.)
Il y a de nouveaux de fortes violences. Commune de Paris, Guerre civile. (1871)
Le peuple rêve d’une vie meilleure, plus juste, plus libre jusqu’à la constitution d’un enseignement gratuit, laïc et
obligatoire en passant par une série d’allégements des conditions de travail.
Cette émergence d’une démocratie alternative au cœur de la République provoque une rupture avec le gouverne-
ment versaillais. La capitale est divisée et le conflit se mue en guerre civile.
L’espoir de cette utopie sociale concrétisée, les brèches qu’elle a ouvertes et la violence de sa répression seront
évacuées par la plupart des écrivains et artistes de la période (Flaubert, Zola, …).

6
2. Situation culturelle
[Link] et savoirs
19ème siècle, la langue est le sujet d’une réflexion qui va en s’amplifiant et en s’élargissant du point de vue du
lectorat.
La Révolution a vu l’avènement d’une société de la « parole publique » et a favorisé la représentation typiquement
française d’une société de la libre expression et du débat publique.
La conscription obligatoire favorise le brassage sociale et l’accélération de l’unification linguistique.
Centralisation. Pairs devient la capitale politique, administrative, économique et politique.
Mouvement d’unification progressive sur le plan linguistique, de l’éducation, de l’administration.
L’alphabétisation progresse.
1881-1882 : Jules Ferry rend l’école gratuite et la primaire obligatoire. Période marquée par le développement des
mesures de démocratisations des savoirs.
L’essor de la presse est capital. Apparition d’une civilisation du journal.
Essor de la connaissance scientifique, qui s’organise en un savoir autonome, et du discours qui la supporte.
L’homme de lettres et le savant ne communiquent plus directement, ce qui n’était pas le cas à la période des
Lumières.
Développement de l’histoire comme discipline et des sciences sociales.
Plusieurs travaux ont montré comment le développement du journal infléchit la production littéraire de
l’époque :

• La presse est investie par de nombreux aspirants écrivains. Ces « Rousseau du ruisseau » (selon
l’expression de Darnton) trouvent là un moyen de vivre de leur écriture.

• Le monde du journal va rapidement devenir un univers romanesque, un sujet dont vont traiter les
romanciers (chez Balzac, les Goncourt, Maupassant, Vallès…).

• La production littéraire va également être accueillie par la presse, à la faveur de nouveaux formats (cf.
l’invention du roman-feuilleton et le succès des Mystères de Paris dans Le Journal des Débats, 1842-
1843).
Le développement de la presse inspire de cette façon à Baudelaire un double sentiment de fascination et de mépris,
qu’un extrait célèbre de Mon cœur mis à nu (publication posthume, 1887) résume avec force :
« Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n’importe quel jour, ou quel mois, ou quelle année,
sans y trouver, à chaque ligne, les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même temps que les
vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées, relatives au
progrès et à la civilisation. Tout journal, de la première ligne à la dernière, n’est qu’un tissu d’horreurs. »
Cela dit, le poète prend acte du caractère incontournable de la presse. Fataliste, il se résigne : puisqu’il est
impossible d’échapper au journal, autant essayer de le déjouer en profitant de ses possibilités lucratives. Baudelaire
propose donc à Arsène Houssaye, directeur de L’Artiste et de La Presse, de publier dans ses colonnes des poèmes
en prose, à la manière d’un feuilleton.

[Link] la littérature
19ème siècle, émergence du concept de littérature pour la première dans un essaie de Germaine de Staël.

7
Avant : désigne l’ensemble des textes.
Madame de Staël : plus de précision ; désigne l’ensemble des textes à visée esthétique et relevant d’une démarche
artistique ; distinction entre littérature d’imagination et littérature d’idées.
Les écrits, classés en trois catégories : Lettres Sacrées, Lettres Savantes, Belles-Lettres.
La structure du savoir lors de la Révolution tend à se détacher de la littérature des disciplines : l’histoire, la
philosophie, les lettres classiques. Ces disciplines deviennent des disciplines d’étude et d’enseignement. La
littérature ne s’enseigne pas.
La littérature = art de l’écrit.
La circulation de cette conception d’une discipline qui ne s’apprend entretient une mythologie. Si ça ne s’apprend
pas c’est un don. Fascination pour les écrivains.

[Link] marché des biens symboliques


L’émergence de la notion d’écrivain est liée à la professionnalisation de cette activité. Cela donne un statut
identifiable qui fait de lui un professionnel.
Cela pose la question des ressources que l’écrivain dispose pour mener son activité.
Sous l’Ancien Régime : les revenus du droit d’auteur sont une part mineure des moyens de subsistance et soutient
sous forme de pouvoir.
L’émergence du marché du livre : modifie la situation de l’écrivain. Il est désormais possible de tirer un revenu
important. Plus d’autonomie à l’égard du pouvoir. Dépendance plus forte à l’égard des attentes du public, au succès
économique.
Commerce du livre en un marché fin 19ème siècle. L’écrivain s’adresse désormais à un public indéfini de lecteurs
potentiels. Apparition d’un intermédiaire (lecteur/auteur) : l’éditeur qui assure la divulgation et la vente
d’une œuvre.
DONC : émergence d’un conflit entre valeur esthétique (valeur littéraire) et valeur commerciale (succès
commerciale). → c’est fondamentale dans l’appréhension de la modernité artistique.

Les conflits
Valeur esthétique Valeur commerciale
➔ Sa valeur littéraire ➔ Son succès de vente

Conflit manifeste pour la mouvance parnassienne qui prône « l’art pour l’art ». Ce principe est fondamental pour
comprendre une logique de production culturelle élitiste en opposition au modèle de consommation bourgeois.
Pierre Bourdieu, sociologue, 1992, dégage tout cela dans son ouvrage Les Règles de l’art.

La métaphore électromagnétique du champ de force – Pierre Bourdieu :

8
La métaphore électromagnétique du champ de force. → un espace tendant à l’autonomie et fonctionnant
comme un espace de luttes. L’individu fonctionne comme un électron dont la position est défini suivant ses
interactions avec les autres électrons et leur position. L’individu est agi et agissant.
Le champ littéraire est autonome et plus ou moins pas touché par les demandes sociales extérieures. Ce sont les
écrivains et autres acteurs autour du livre qui établissent les règles de la pratique littéraire.
L’autonomie n’est jamais totale mais à différents degrés.
Le champ littéraire = un champ de luttes. Quelques querelles célèbres. Objet des luttes : la définition de la
littérature. Ces représentations de la littérature finissent par s’imposer, remplacent d’autres représentations.
La division du champ :
Sphère de production restreinte Sphère de grande production
Littérature élitaire Littérature industrielle

Sous-champ de production restreinte Sous-champ de grande production


Estime que la littérature est destinée à une élite. Apparait avec l’essor de la presse et de
Littérature destinée à leurs pairs. l’industrialisation de l’imprimerie (première moitié
Importance extrême de la valeur esthétique. du 19ème siècle).
« vivre pour la littérature » Régi par le marché et la rentabilité immédiate.
Fabrication en série.
« vivre de la littérature »
Capital symbolique Rentabilité financière
Le principe autonome : Le principe bétéronome :
Hiérarchise en fonction de critères internes. Hiérarchise en fonction de critères externes (succès
Favorise les écrivains reconnus par leurs pairs. commercial).
Sans concession avec le grand public. Logique économique qui privilégie la diffusion et le
Logique de l’économie financière déniée visant à long profit à court terme.
terme l’accumulation de capital symbolique. Le principe de roman-feuilleton :
Moins d’œuvre formellement impeccable.

En plus de structurer des logiques économiques et des stratégies d’édition et de publication, l’opposition entre
valeur marchande et valeur littéraire infléchit les représentations liées au milieu littéraire.
La fracture avec la logique économique s’incarne en deux groupes qui refusent de soumettre aux exigences du
public :
Le rentier Le bohème
Ecrivain qui possède déjà une fortune (par héritage). Un acteur de la vie intellectuel vivant dans la
Il peut se consacrer à la seule littérature sans le soucis précarité.
du profit. Selon eux, c’est un choix : une existence dédiée à
Permet de risquer des œuvres touchant un petit public l’art refusant les compromissions économiques et
mais vaudront une plus grande légitimité. acceptant les difficultés matérielles.
➔ Signes d’une pureté artistique.
Se consacre à la poésie peu rentable mais
prestigieuse.
Le roman a une place intermédiaire. Procure des
revenus parfois important.

Tous les écrivains ne sont pas l’un ou l’autre.


Le plus souvent, ils sont contraints de prendre un second métier.
DONC : compromis entre valeur économique et valeur littéraire.

Technique de subsistance : publier dans la presse car on est payé à la ligne. Places rares.

Notes cours

9
Les écrivains deviennent peu à peu les juges de leurs productions. Rupture complète avec le modèle du 18e s où
l’écriture était plutôt un discours pour glorifier. La littérature devient autonome. Cette autonomie n’est pas totale.
Il y a toujours des formes de censures.
Le champ littérature est un champ de luttes.
Le classicisme met en avant la raison. Le romantisme met en avant les sentiments, les émotions, la subjectivité. Il
va y avoir un phénomène de mode. Une mode dans laquelle des poètes ne vont pas s’y retrouver.
Après le romantisme, il y a l’envie d’imposer quelque chose de nouveau. Tentative de dépasser ce qui précède pas
une forme de lutte.
Tableau de Pierre Bourdieu
Le capital symbolique → ce que l’on possède.
Rentabilité financière → veut être le plus proche possible de ce que souhaite le publique. Peu importe le talent, les
ventes sont plus importantes.
L’historicité de l’auteur peut aider à la popularité de l’auteur.
La situation de l’auteur joue beaucoup. Être bourgeois comme Flaubert (qui travaillait son écriture en disant les
phrases à voix hautes pour voir si elles sont biens) permet de se consacrer pleinement à l’écriture sans regarder à
la rentabilité. Tandis que Rimbaud venant d’une famille plus modeste a besoin de cette rentabilité.
Balzac est quelqu’un qui court après l’argent mais d’un autre côté c’est quelqu’un qui crée son monde à lui en
s’enfichant de l’avis des autres.
Le rentier : celui qui vit des rentes et qui n’a plus besoin de se soucier de ces rentes.
C’est important de connaitre les personnes en contact avec les écrivains. Certains écrivains ne seraient rien sans
une connaissance.

[Link] sociabilité littéraire


L’activité de l’écrivain présente 2 facettes :

• Assimile la pratique littéraire à la solitude.


Mythologie de l’auteur seul face à la page blanche. Travail exigent distance et retraite.

• Facette collective → sociabilité littéraire


La sociabilité littéraire désigne l’ensemble des relations d’un écrivain.
Avec l’autonomisation de la littérature, la vie littéraire se structure autour d’un certain nombre d’instance
spécifiques.

Certaines instances ont un caractère officiel : identifiables, codifiées explicitement :


Il y a des :
o associations professionnelles : adhérents volontaires, garantissent la défense des droits des
écrivains.
o institutions : se consacrent à l’élaboration de la valeur littéraire en distribuant des marques de
reconnaissances (prix et bourses).

Certaines instances ont un caractère informel : les groupes littéraires :


Généralement constitués d’une assemblée déterminée autour d’un idéal strictement défini.
Le groupe se solidifie lorsque les rencontres deviennent régulières.
On y débat de littérature, présente des textes, élabore un programme collectif.

10
De ce groupe peut naître une école ou un mouvement. A ce stade, le groupe souhaite défendre publiquement sa
doctrine et cherche à susciter de nouvelles adhésions.

Mouvements, découpage en littérature :


L’histoire de la littérature française a été construite et relatée suivant un certain découpage : la succession des
grands mouvements, des grandes écoles qui ont dicté les tendances esthétiques.
Ce découpage est utile pour interroger les logiques à l’œuvre au cœur du champ littéraire au 19 ème siècle.
Le fait d’étudier l’histoire culturelle en termes de mouvement et de courant a des intérêts :

• En relativisant la conception romantique de l’écrivain-génie, cette démarche inscrit l’activité littéraire et


artistique dans un contexte sociohistorique et dans une perspective collective qui dépasse la trajectoire
singulière.
Inscription de l’activité littéraire et artistique dans un contexte sociohistorique et une perspective
collective.

• Permet de saisir des constantes, des effets de cohésion entre des acteurs partageant des intérêts communs
et donne à voir, en contraste, ce qui distingue telle tendance d’une autre.

• L’appréhension par « mouvements » est également pertinente en ce qu’elle reprend généralement des
classements qui ont été proposés par les contemporains eux-mêmes.
Elle favorise le questionnement des représentations de la littérature véhiculées par ces derniers, à travers
une série de supports et de matériaux prolongeant ou anticipant les œuvres et se révélant pleinement
constitutifs du fait littéraire : des préfaces, des manifestes, des déclarations d’intention, des échanges
épistolaires, mais aussi des réseaux et des rites.
Cette approche et ses revers :

• Il est réducteur de tenir ces mouvements et courants comme des réalités distinctes et successives.
L’histoire littéraire traditionnelle abuse volontiers, d’une part, d’un découpage chronologique trop strict
et, d’autre part, de cloisonnements esthétiques et axiologiques pour distinguer des mouvements qui, dans
les faits, entretiennent souvent un dialogue.

• A tendance à affiler des individus à des mouvements desquels ils restent éloignés.
Exemple : Charles Baudelaire ou Arthur Rimbaud, de cette façon, ne rentrent dans aucune de ces « écoles » tout
en entretenant avec certaines d’entre elles des relations étroites. De cette façon, Baudelaire est une sorte d’électron
libre, qui s’est nourri de romantisme (tant d’un point de vue formel qu’en matière de lyrisme), a été proche des
Parnassiens (jusqu’à donner plusieurs poèmes à l’anthologie du Parnasse Contemporain) et est considéré par les
symbolistes comme leur chef de file.

11
Eléments d’histoire littéraire
1. Poésie et modernité : l’âge romantique
Début 19ème siècle, la poésie française est endormie.

L’épisode des Médiations poétiques :


1820, les Médiations poétiques de Lamartine sont un succès immédiats. Elle
marquent symboliquement le début d’une nouvelle ère poétique et la renaissance
presque miraculeuse de la versification (la poésie).
Dans le préface des Médiations poétiques : Lamartine fait de la nature le cadre où
éclot le cri de l’âme « dans la solitude, dans les bois, sur la mer ».

L’étymologie de romantisme :
• L’étymologie du romantisme lie le « moi » et le paysage.

• Fin 18ème siècle, ce mot a un sens pictural et caractérise un paysage


pittoresque, progressivement il s’affranchit de sa seule valeur
descriptive.

• Le paysage romantique ne se distingue bientôt plus de la subjectivité qui le perçoit : il éveille la sensibilité
et l’imagination dans une médiation philosophique, religieuse, etc…
(courant apparu en Allemagne et en Angleterre)

• Le romantisme supplante l’esprit classique et a pour objet de mettre en valeur la subjectivité de le


personne qui s’exprime.

• Privilégie le sentiment au détriment de la raison, la passion à la mesure, la folie à la conformité. Cherche


à sonder les profondeurs des individus, à trouver la beauté et à la chanter , à s’échapper du quotidien pour
toucher à l’extraordinaire.

Le romantisme dans notre littérature :


Le romantisme ne représente qu’un bref épisode de notre littérature.
En 1820, on y rattache quelques poètes. C’est une mode. Sous la Troisième République, il va perdre sa place de
prédilection. Ce moment de gloire du romantisme est en réalité capital pour ce qu’il engage puisque toutes les
formes de poésie qui le suivent en découlent.
DONC : les courants qui suivent se sont inspirés du romantisme.
Le mouvement romantique va favoriser une série d’audaces littéraires qui contribuent à une libération des dogmes
classiques. Ainsi en ce qui concerne les vers, la métrique (les régularités caractéristiques de la poésie) romantique
découple le rythme syllabique et la structure syntaxique de la phase.
DONC : la parole du poète est libérée de la régularité artificielle imposée.

Modernité et romantisme :
Sur le plan lexicale, il met un terme à l’usage classique qui utilisait un vocabulaire jugé plus noble à la poésie
interdisant les mots concrets et règlementant l’emploi des figures de style. Les romantiques comprennent que ces
innovations seront plus faciles à réaliser en laissant le côté les genres les plus liés au style noble et au classicisme
pour privilégier les genres brefs comme la ballade et le sonnet.
La modernité poétique a sa grande figure : Baudelaire. Il a définit la modernité.
Baudelaire a forgé le concept mais il n’est pas inutile de faire remonter le cette modernité au romantisme qui fait
œuvre de rupture et d’innovation en conférant au discours lyrique un véritable pouvoir cohésif, révolutionnaire
et politique.

12
Les romantiques sont les premiers à tenter de concilier l’indépendance de la littérature et son articulation à la
sphère sociale (capacité à jouer un rôle actif dans la vie sociale) selon une logique contradictoire avec laquelle
toutes les formes de poésie qui suivront devront composer, en la refusant ou en y réagissant.

[Link] et Saine-Beuve, une « révolution prudente »


Publiées en 1820, les Méditations poétiques d’Alphonse de Lamartine actent la
naissance de la poésie romantique. C’est une nouvelle vision du monde qui
s’annonce, alliant simplicité et radicalité, tout en mettant en exergue une nouvelle
figure, humaine et non divine, du « Poëte ». Lamartine, dès le titre, confère à la poésie
un rôle de questionnement, de réflexion personnelle nimbée de mélancolie et de
doute.

L’édition originale ne comprend que 24 poèmes. Son succès est aussi immédiat
qu’inattendu, mais peut s’expliquer en revenant au contexte sociohistorique.

Au XVIIIe s., la poésie s’en tient souvent à un commentaire ou à une traduction d’épisodes de l’A.T. ou de psaumes
(Louis Racine, Jean-Baptiste Rousseau, Lefranc de Pompignan), transformant la poésie en discours de service, en
soutien d’une instance extérieure au milieu littéraire.
Avec la Révolution apparaît une nouvelle figure, quoique peu représentée: celle du poète-citoyen, qui répond
approximativement au chantre catholique. La poésie permet alors davantage l’expression d’un individu, mais elle
n’est pas une finalité en soi (elle est, dans ce cas, l’instrument d’une cause politique, qui la dépasse).

Les Méditations poétiques témoignent d’une place retrouvée: l’individu peut affirmer sa subjectivité et ses
capacités propres (et sensibles) à dire le monde et la place qu’il y occupe. Il peut penser l’existence selon ses
propres modes, en recherchant sa vérité propre (comme la philosophie) et une forme de sacralité (comme le
discours religieux).
➔ Lamartine substitue aux figures du théologien et du philosophe celle du poète. La modernité de son œuvre
tient au changement d’énonciation : ce n’est plus Dieu ou un substitut qui parle à travers la poésie, mais
le Poète.
➔ Le titre, en contexte, tient de l’oxymore: la méditation n’est pas le fait de la poésie. Lamartine confère à
cette dernière un rôle nouveau.

Le lyrisme :
Dans Médiations poétiques, Lamartine revendique son rôle de précurseur dans une double
démarche démocratisation et re-subjectivation de la poésie :
« Je suis le premier qui ai fait descendre la poésie du Parnasse, et qui ai donné à ce qu’on nommait la Muse, au
lieu d’une lyre à sept cordes de convention, les fibres mêmes du cœur de l’homme, touchées et émues par les
innombrables frissons et de l’âme et de la nature. »
➔ Définition personnelle du lyrisme → une expression de la subjectivité, des sentiments personnels, des
passions. Ceux-ci seront les marques de fabrique du romantisme.
Chez Lamartine, ce lyrisme se mesure ne particulier dans « Le Lac » (poème de 16 quatrains) qui est un hommage
terrible à Julie Charles qu’il a fréquenté au Lac du Bourget. Elle meurt avant qu’il puisse la revoir.
« Le Lac » représente à travers Julie une réflexion éplorée sur le passage du temps, la violence du deuil et la
solitude.

13
[Link]-Augustin Sainte-Beuve – 1804-1869
Connu en tant qu’historien de la littérature et de romancier plus que poète. Ses
recueils de poésie n’ont pas un très grand succès.
Il devient un collaborateur du journal littéraire Le Globe dès sa fondation.

Relation avec Victor Hugo :


Il se lie d’amitié avec Victor Hugo suite à son article sur les Odes et Balades.
Sainte-Beuve envoie des fragments de son Joseph Delorme à Hugo qui répond :
« De quel beau livre vous allez doter l’art ! »
Quelle entre les deux hommes. Sainte-Beuve a relation adultère avec l’épouse de
Hugo.

La critique selon Sainte-Beuve :


Pour comprendre une œuvre, la critique doit commencer par appréhender la biographie de l’auteur et en faire le
portrait. L’œuvre s’expliquer avant tout par l’homme : « Tel arbre, tel fruit. ».
Double démarche :

• Mener une enquête objective et exhaustive avec tous les documents et procédés de la plus sérieuse critique
historique.

• Eprouver une sorte de sympathie intuitive par laquelle le critique cherche à atteindre les préoccupations
profondes d’un artiste.

Le reste de sa vie :
La fin de sa vie se conjugue en honneurs multiples et haines diverses (rallié au Second Empire, cela fait polémique
(Napoléon III)).

Vie, poésies et pensées de Joseph Delorme :


Formule inédite → déplacer l’énonciation lyrique dans une construction fictive qui relève du récit.
La parole poétique est la médiée à travers la figure d’un poète imaginaire → motif de l’authenticité de la voix du
poète qui domine l’époque romantique.
L’œuvre multiplie les instances de l’énonciation.
3 parties :

• Partie 1 : Journal écrit, commenté et mis en forme par Sainte-Beuve qui éprouve sa méthode du portrait.

• Parties 2 et 3 : présentent les œuvres laissées en état par le pseudo-poète décédé.


Sainte-Beuve y désigne l’assemblée des poètes romantique par la métaphore du Cénacle en les appelant :
« Les Apôtres réunis dans l’adversité après la mort du Christ. »
➔ C’est une analogie hyperbolique permettant d’appuyer les oppositions auxquelles les poètes doivent faire
face et la nécessité de développer une véritable camaraderie.

14
1.3. Marceline Desbordes-Valmore

Fille d’un peintre d’ornements et armoiries d’église ruiné et reconverti en tisserand.


Elle est d’abord comédienne et chanteuse se produisant sur des scènes prestigieuses.
Elle écrit de la poésie romantique avant Lamartine avec Elégies et romance en 1819
(Lamartine en 1820). Pourtant est relégué au second plan de l’histoire littéraire.
Baudelaire dit : « la grande sœur des poètes romantiques ».
Elle écrit des registres typiques de la période : lyrisme, intimité, rapport à la nature,
mélancolie.
Elle estime la Révolution comme responsable de la faillite de son père et des malheurs de sa famille. Mais elle
chérit les valeurs d’égalité et de fraternité, et consacre un cycle à la révolte des canuts (ouvriers tisserands) qui
sont réprimés à cette époque.
Les thématiques amoureuses rythment son œuvre mais sa singularité se mesure dans certaines pièces qu’on
qualifie de féministes.
Elle est célébrée par Verlaine pour l’audace de sa métrique et est présentée (relève de la misogyne) comme « la
seule femme de génie et de talent de ce siècle ».

[Link] de Vigny
Né dans une famille de vielle noblesse ruinée.
Il est sous-lieutenant et est toujours en porte-à-faux avec ses hommes.
1820 : intègre le cercle du Conservateur littéraire → le journal des frères Hugo.
Son premier texte : Le Bal.
Un unique recueil :
1822, il publie son recueil de poèmes étoffés en Poèmes antiques et modernes en 1826.
Il ne cessera de retravailler son ouvrage jusqu’à être complété par Les destinées.
Se compose de 3 parties :

• Mystique : 3 poèmes.

• Antique : 7 poèmes.

• Moderne : 10 poèmes.
Les moment de l’Histoire s’y retrouvent :

• Temps bibliques : Moïse ; Le Déluge ; Le Bain de Suzanne.

• Epoque contemporaine : Paris.

• Récit de presse : Les Amants de Montmorency (avant-dernière pièce inspirée d’un fait divers).
Plus que d’être des poèmes antiques d’un côté et des modernes de l’autre, on peut se demander si ce recueil
n’assemble pas des poèmes qui sont à la fois antiques et modernes.
Si les cadres et les contextes évoluent au fil de l’œuvre en se modernisant, les mêmes problèmes fondamentaux
réapparaissent, qui expriment le malheur inéluctable de la condition humaine.
Le poème Paris :
Ce poème marque l’entrée dans la poésie de la grande ville comme paysage compact et éclaté mais aussi comme
un espace d’un brassage incessant des hommes et des idées.
Un espace fourmillant où se juxtaposent tours et donjons, clochers, kiosques, obélisques …

15
Genre et engagement :
Il s’engage sur différents plans et dans différents genres :
➔ Poésie ; théâtre ; adaptation en vers ; prose ; roman historique ; roman polyphonique.
Relation avec Hugo :
Il est ami avec lui et assistera à son mariage en tant que témoin.
Il vivra dans l’ombre de Hugo.

16
[Link] de Musset – 1810-1857
Né dans une famille aristocratique libérale et cultivée (père lui-même écrivain et éditeur des œuvres de Rousseau).
Il fait des études classiques et se dirige vers la poésie. Il fréquente le salon de l’Arsenal de Nodier et le Cénacle de
la rue de Notre-Dame des Champs.
Il est considéré comme l’espoir de la littérature française.
Contes d’Espagne et d’Italie ET pièces :
Premier recueil poétique : Contes d’Espagne et d’Italie.
Il y parle des topiques romantiques français dans ces pays.
Malgré sa réputation, sa première pièce La Nuit vénitienne connait un échec.
Musset prend une singulière position, exprimant ses amours et ses haines, et se prononçant contre la poésie
sentimentaliste. → pourtant, on lui reprochera souvent le contraire.
Nouvelle poésie :
Il perd son père et devient l’héritier de la famille. Il prend plus au sérieux ses études de lettres.
Sa poésie devient plus torturée, sombre → La nuit de décembre met en scène la mort de son père.
Evolution des pièces et des poésies :
La rencontre de la romancière George Sand lui inspire une pièce Lorenzaccio, un drame où le héros décide
d’assassiner son cousin mais échoue.
On ne badine pas avec l’amour → pièce à rebondissements, passant de la comédie sentimentale au drame.
Rolla (1833) → long poème consacré à Jacques Rolla, le plus grand débauché de Paris. Grand succès. Sa figure
centrale est de celles qui ont mythifié le romantisme.
Jacques Rola incarne le symbolique du ratage et de la malédiction correspondant à la situation même de
la poésie dans le champ littéraire (le roman monte dans le champ littéraire).
Pièce qui oscille entre poésie et conte philosophique.
Les Chants de Maldoro (1868) → œuvre en prose foisonnante, hallucinée, parodique, virulente, débordante
d’humour et difficile à circonscrire. Il va la signé sous le pseudonyme : Comte de Lautréamont.
Poésies (I et II) (1870) → méta poétiques et pleines d’ironie.
Son seul roman :
La Confession d’un enfant → met en scène la figure du poète maudit ; autofiction sur sa relation avec George
Sand.
Ce roman est symptomatique de la position de Musset.
➔ Il n’a pas la vocation de méditer, de prophétiser ou de raisonner.
➔ Son propos est fondé sur l’amour, le désir et l’importance de goûter l’instant présent.
Il ne va pas développer l’œuvre. Un talent qu’il ne parviendra jamais à confirmer.

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[Link] continent Victor Hugo – 1802-1885
Victor Hugo est un écrivain immense à l’égo surdimensionné et à la force de
travail extraordinaire, qui traverse la quasi-totalité du XIXe siècle.
Il occupait tant l’espace littéraire qu’il avait tendance à éclipser les autres
écrivains. Il est omniprésent dans l’espace publique. Il donne son nom à des
avenues, des places, des écoles et autres monuments officiels.
Il est l’écrivain qui incarne la littérature française du XIXe siècle.
Aujourd’hui, il est moins lu que vu.
Sa vie peut s’appréhender à grands traits, 3 âges, 3 étapes de sa vie :

• La jeunesse – la conquête

• La période d’exil – l’exil

• La vieillesse au retour de l’exil – le troisième âge

1.6.1. La conquête : 1820-1851


C’est l’âge de l’action. Les étapes de sa conquête.
Les premiers pas de Hugo :
Il accumule rapidement les réussite, obtient prix et récompenses. Son premier recueil Odes est édité à l’âge de 20
ans et son premier roman connait le succès.
1822 : il épouse Adèle Foucher. Ils auront 5 enfants.
Les Odes deviennent avec les rééditions → Odes et Ballades : une poésie de circonstance, de facture classique.
➔ Production qui semble déroger à la réputation de poète visionnaire et audacieux que se taillera Hugo.
➔ Coup de maitre car il y flatte les grands hommes de la Restauration. Hugo entend être « bien en cour ». il
finit par obtenir une pension royale importante lui permettant de se donner plus de liberté à l’écriture. Il
peut désormais laisser de côté la flagornerie.
Hugo est royaliste, conservateur et chrétien littéraire.
Certaines pièces des Odes assument toutefois un tour frénétique et permettent de déceler l’originalité de Hugo.
Le Cénacle :
Groupe fait de collègues et amis qui se nomment Cénacle. On y trouve les écrivains et les artistes les plus doués
de la génération.
Hugo y passe pour le chef d’une école romantique qui sème le trouble dans les rangs des conservateurs. Il fait de
ce lieu un creuset et un laboratoire. Il encourage les débats, attire les nouveaux talents.
C’est dans le Cénacle que se constitue d’armée romantique.
Cette armée est décidée à partir à l’assaut des classiques.

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Cromvell :
Un drame pratiquement injouable.
Fondé sur la figure d’Olivier Cromvell → militaire et homme politique du 18ème siècle.
On en retient surtout le préface. Hugo y :

• définit l’esprit moderne du théâtre

• dénonce l’Ancien Régime littéraire

• revendique la liberté de création de l’artiste

• fonde une dramaturgie nouvelle sur le refus de la règle des unités et de la classique distinction des genres
Préface :

Quoi de plus invraisemblable et de plus absurde en effet que ce vestibule, ce péristyle, cette antichambre,
lieu banal où nos tragédies ont la complaisance de venir se dérouler, où arrivent, on ne sait comment, les
conspirateurs pour déclamer contre le tyran, le tyran pour déclamer contre les conspirateurs, chacun à leur
tour […] L’unité de temps n’est pas plus solide que l’unité de lieu. L’action, encadrée de force dans les
vingt-quatre heures, est aussi ridicule qu’encadrée dans le vestibule. Toute action a sa durée propre comme
son lieu particulier. Verser la même dose de temps à tous les événements ! appliquer la même mesure sur
tout ! On rirait d’un cordonnier qui voudrait mettre le même soulier à tous les pieds. Croiser l’unité de
temps à l’unité de lieu comme les barreaux d’une cage, et y faire pédantesquement entrer, de par Aristote,
tous ces faits, tous ces peuples, toutes ces figures que la providence déroule à si grandes masses dans la
réalité ! c’est mutiler hommes et choses, c’est faire grimacer l’histoire. […]. Le christianisme amène la
poésie à la vérité. Comme lui, la muse moderne verra les choses d’un coup d’œil plus haut et plus large.
Elle sentira que tout dans la création n’est pas humainement beau, que le laid y existe à côté du beau, le
difforme près du gracieux, le grotesque au revers du sublime, le mal avec le bien, l’ombre avec la lumière.
[…] Elle se mettra à faire comme la nature, à mêler dans ses créations, sans pourtant les confondre,
l’ombre à la lumière, le grotesque au sublime, en d’autres termes, le corps à l’âme, la bête à l’esprit ; car
le point de départ de la religion est toujours le point de départ de la poésie. Tout se tient. […] Ainsi voilà
un principe étranger à l’antiquité, un type nouveau introduit dans l’être modifie l’être tout entier, voilà
une forme nouvelle qui se développe dans l’art. Ce type, c’est le grotesque. Cette forme, c’est la comédie.
Et ici, qu’il nous soit permis d’insister ; car nous venons d’indiquer le trait caractéristique, la différence
fondamentale qui sépare, à notre avis, l’art moderne de l’art antique, la forme actuelle de la forme morte,
ou, pour nous servir de mots plus vagues, mais plus accrédités, la littérature romantique de la littérature
classique. […] Rubens le comprenait sans doute ainsi, lorsqu’il se plaisait à mêler à des déroulements de
pompes royales, à des couronnements, à d’éclatantes cérémonies, quelque hideuse figure de nain de cour.
Cette beauté universelle que l’antiquité répandait solennellement sur tout n’était pas sans monotonie ; la
même impression, toujours répétée, peut fatiguer à la longue. Le sublime sur le sublime produit
malaisément un contraste, et l’on a besoin de se reposer de tout, même du beau. Il semble, au contraire,
que le grotesque soit un temps d’arrêt, un terme de comparaison, un point de départ d’où l’on s’élève vers
le beau avec une perception plus fraîche et plus excitée. La salamandre fait ressortir l’ondine ; le gnome
embellit le sylphe. Et il serait exact aussi de dire que le contact du difforme a donné au sublime moderne
quelque chose de plus pur, de plus grand, de plus sublime enfin que le beau antique ; et cela doit être. »
(Victor Hugo, préface de Cromwell)

Le drame selon Hugo :


Le drame doit faire éclater les frontières entre tragédie et comédie. Il doit peindre une réalité totale sans écarter le
laid tout en conservant l’exigence de la composition en vers.

19
Le récit espagnol Hermani :
L’action se situe à Saragosse en 1519. Hernani, le héros aime Dona Sol, promise au vieux Ruy Gomez de Silva et
aimée par le roi Don Carlos. Ce dernier s’introduit chez elle de nui, et y rencontre son rival. Instruit de la passion
qui lie les jeunes gens, Ruy Gomez respecte pourtant les règles de l’homme d’honneur castillan, et refuse de livrer
Hernani au roi. En échange, celui-ci promet au vieillard de lui faire don de sa vie ; il n’aura, pour ce faire, qu’à
souffler le cor. Hernani et Ruy Gomez participent à une conjuration contre le roi. Celui-ci les découvre, leur
pardonne et accorde Doña Sol à Hernani. Subitement, le vieux Ruy Gomez est jaloux, et décide de réclamer son
dû : il fait sonner le cor, et contraint les deux amants à se suicider.
La relecture du texte est remise à Charles Briffaut, un censeur et académicien. Il dit cela de la pièce :
« Cette pièce abonde en inconvenances de toute nature. Le roi s’exprime souvent comme un bandit, le
bandit traite le roi comme un brigand. La fille du roi d’Espagne n’est qu’une dévergondée. […] Toutefois,
malgré de vices capitaux, je suis d’avis qu’il n’y a aucun inconvénient à autoriser la représentation de
cette pièce, mais qu’il est de bonne politique de n’en pas retrancher un mot. Il est bon que le public voie
jusqu’à quel point d’égarement peut aller l’esprit humain, affranchi de toute règle et de toute bienséance.
»
Le ministre de l’Intérieur ne suit pas cet avis. La pièce ne pourra être joué qu’avec des modifications et des
suppressions.
Pour la représentation, Hugo rassemble les membres du Cénacle et la jeunesse littéraire (reviendra sous le nom le
Jeunes-France). Elle est rentrée dans la légende. Bataille entre les supporters du romantisme et les supporters aux
classiques. Elle est remportée par les romantiques.
Les représentation qui suivent prolongent le succès. Mais il y a un grand nombre d’ennemis du romantisme.
La poésie de Hugo :
Les Orientales 1829.
Recueil composé de 41 poèmes.
Grand succès.
C’est tourné vers l’Orient, l’exotisme de la Grèce et de la Turquie. Inspire plusieurs textes. Il y essaie des
techniques.
Le Dernier Jour d’un condamné :
Un livre unique et inclassable, réaliste et fantastique. Il marque étape dans la marche vers l’abolition de la peine
de mort en France.
Il n’écrit pas un mémoire politique ou social. Il passe sous silence la question du crime, celle de l’innocence comme
celle du remords, pour se placer tout entier du côté de l’homme dans un compte à rebours angoissant.
Sans avenir le condamné est aussi à peu près sans passé, vivant dans une sorte de présent pur impossible à
concevoir comme dans une prison dont les murs se rapprochent. Cet anonymat facilite l’identification du lecteur
et l’incite à prendre position.
Notre-Dame de Paris – 1831 :
Hugo s’affirme comme l’un des plus importants romanciers de son temps. Il s’éloigne vite du roman historique
pour construire la « cathédrale de poésie » (qualificatif utilisé par Jules Michelet).
Les Feuilles d’automne – 1832 :
Un recueil réalisé à l’âge où la jeunesse s’éloigne. C’est une manière pour Hugo de se positionner comme un
écrivain capable de briller dans tous les genres.
Les Voix intérieures – 1837 :
Un recueil de 32 poèmes.

20
Les « voix » sont celles de l’homme, de la nature et des évènements que Hugo veut faire entendre. Il appelle aussi
à maintenir la spiritualité.
Les Rayons et les ombres – 1840 :
Un recueil de 44 pièces.
Souvent considéré comme le chef-d’œuvre du lyrisme d’avant l’exil.
Il marque un pas vers l’engagement de Hugo. Il expose un enjeu politique de la littérature mais part du principe
que le poète est d’aucun parti. Le rôle du poète est de concilier progrès et tradition et d’exalter la vertu.
Evènement important de 1841 :
Hugo est élu à l’Académie française.
La période noire de l’auteur : 1843 – 1852 :
Hugo ne publiera aucun livre durant cette période sombre de sa vie avec des épisodes tragiques et défavorables.
La mort de sa fille Léopoldine et de son mari (1843) le plonge dans un moment charnière où il s’enferme dans un
mutisme et nourrira ses poésies.
Sa réputation prend un coup lorsqu’il est découvert avec une seconde maitresse.

1.6.2. L’exil : 1851-1870


Pourquoi fuir la France ?
Hugo fut élu à l’Assemblée nationale (1848) et soutenait Louis-Napoléon Bonaparte aux présidentielles. Mais plus
tard, il s’offusque de la gestion totalitaire du pouvoir et se mue en ennemi du chef de l’Etat.
Après l’annonce de la dissolution de l’Assemblée (1851), Hugo est recherché par la police alors il fuit le pays
pour Bruxelles avec un faux passeport.
En Belgique :
Il renoue avec l’écriture. Il écrit L’Histoire d’un crime. Ce projet n’avance pas assez vite pour lui alors il écrit en
un mois Napoléon le Petit. Récit corrosif dont la publication l’oblige à quitter la Belgique qui l’a accueilli sous
condition de se tenir sage.
Exil sur l’île de Jersey :
Il y possède une villa où il y vit 3 ans.
Période de création poétique intense.
Les Châtiments – 1853 :
Recueil publié à Bruxelles. Editions complète clandestine et composée dans de conditions difficiles.
Hugo s’en prend à Napoléon (« chacal, bandit, … ») et aux bourgeois, journalistes, soldats, curés, hollandais, juifs,
juges, …
Il dresse une sorte de « comédie inhumaine ».
Le mouvement de recueil :

• Nox : de la nuit.

• Du coup d’Etat.

• Vers la lumière Lux de la République à venir.


Période de spiritisme :
Table avec d’autres personnes. Il consacre ses nuits à dialoguer avec les esprits : Molière, JC, Shakespeare.

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Son orgueil gonfle et il a la certitude qu’il doit continuer à écrire les chefs-d’œuvre que le monde attend de lui.
Hauteville Houe, île de Guernesey :
Hugo tire profit de son exil. Il a retrouvé sa réputation, s’est éloigné des obligations de la vie parisienne, s’est
remis à écrire. Il en vient à refuser l’amnistie de 1859.
Les Contemplations – 1856 :
Recueil en deux parties : Autrefois (poésie pure) et Aujourd’hui (flagellation de tous ces drôles et du drôle en chef).
Offre certaines de plus puissantes réalisation de Hugo :

• Réflexions sur la voix poétique.

• Engagement littéraire.

• Epanchements endeuillés.
La deuxième pièce de la section « Aujourd’hui » est un poème de circonstance, prononcé à l’occasion du mariage
de Léopoldine ; construit sur une poétique de l’antithèse emblématique de la pratique hugolienne, il oppose la
tristesse du père voyant sa fille quitter le foyer familial à la joie de la belle-famille accueillant un nouveau membre.
La Légende des Siècles – 1859 :
Epopée retraçant l’histoire de l’humanité, de la création à l’Apocalypse.
Inspiration biblique.
La Bible et Dieu sont des défis selon lui à sa hauteur.
Les Misérables – 1861 :
Le roman français le plus connu mais pas le plus lu. Ce livre contient tout et s’adresse à tout.
« Partout où l’homme ignore et désespère, partout où la femme se vend pour du pain, partout où l’enfant souffre
faute d’un livre qui l’enseigne et d’un foyer qui le réchauffe, le livre Les Misérables frappe à la porte et dit :
Ouvrez-moi, je viens pour vous. » Hugo à son éditeur.
Les personnages présentent toute la société. Un personnage sert de point central. C’est une sorte de système
planétaire autour d’une âme géante qui résume toute la misère sociale actuelle.
Les Chansons des rues et des bois – 1865 :
C’est le dernier recueil de l’exil. Fait en deux livres :

• Jeunesse : 6 parties

• Sagesse : 4 parties

1.6.3. Le Troisième âge : 1870-1885


La chute de Napoléon III et de l’Empire permet à Hugo de rentrer en France , auréolé du prestige du résistant après
19 ans d’exil.
Fin de sa carrière, il continue de régner sur le champ littéraire.
L’Année terrible – 1872 :
Recueil sur les évènements de la Commune où il a pris la cause du peuple.
Hugo est un homme du monde à la personnalité appréciée et est un des grands représentants de la IIIe République.
L’Art d’être grand-père – 1877 :
Le dernier recueil.
Observation bienveillante de ses petits-enfants.

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Mort de Hugo – 1885 :
Sa vie se termine tranquillement dans la richesse, la sérénité et la consécration. Il est inhumé au Panthéon.
On estime qu’un million de personnes sont descendues dans les rues pour suivre son enterrement.

2. L’essor du roman
[Link]é de Balzac – 1799-1850
2.1.1. Qui est Balzac ?
En temps, il est traité comme « le plus fécond des romanciers ». Il est craint des étudiants pour ses longues
descriptions.
Aujourd’hui, il est considéré comme l’inventeur du roman sous sa forme moderne. Sa tâche première au genre est
de peindre les mœurs sans rompre avec les dimensions fictionnelles qui lui sont propres.
Le daguerréotype est l’ancêtre de la photographie, ce que Balzac veut faire c’est rendre en mots la réalité.
Il est l’auteur de La Comédie humaine qui est inachevée.
Personnalité :
Il est une personnalité littéraire haute en couleurs, tirant parti de l’originalité de sa manière de vivre (cliché).
➔ Travail nocturne, consommation excessive de café, canne, robe de moine, habitations excentriques, …
Il est hédoniste voir gargantuesque. Il profite de la vie et écrit pour continuer son train de vie. Il fait des pavés et
écrit énormément.
Pourquoi écrire autant ? Avec l’invention de la presse, il est payé au nombre de pages.
Il y a une tentation de collectivité et d’un autre temps un régime de singularité.

2.1.2. La Comédie humaine – 1842 :


Titre général décalqué de Dante et contrastant avec celui-ci. Forme une grande fresque divisée en trois parties :

• Etudes de mœurs

• Etudes philosophiques

• Etudes analytiques
Balzac veut faire l’inventaire des espèces humaines en dressant une nomenclature du genre humain (à la manière
des animaux).
Toutes catégories sociales, classes, élite, professions, milieux, sont des objets d’étude.
Caractéristiques personnages :
Balzac donne un trait distinctif à chaque personnage et choisit minutieusement leur façon de vivre et manière
d’être, créant ainsi de véritables types sociaux.
Exemples :

• Grandet l’avare ; Goriot le patriarche ; Gaudissart le voyageur ;…

Société imaginaire, bourgeoisie :


Il excelle dans la peinture de cette bourgeoisie moyenne qui par le commerce et l’industrie marche à la fortune et
monte à la conquête du pouvoir.

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Ces personnages qui vont et viennent d’un livre à l’autre donnent naissance à une société imaginaire aussi
organisée que la société réelle.
L’ambition de Balzac :
Son ambition dépasse la simple description. Il cherche à comprendre les rouages et les lois qui régissent l’espèce
humaine.
La description doit s’accompagner de l’explication.
La fiction permet aussi de dénoncer l’hypocrisie, la vanité, l’ambition, l’égoïsme qui gouvernent la société.
Les aspects de l’œuvre :
Chaque partie explore un aspect particulier :

• Les Scènes de la vie privée → l’enfance, l’adolescence et leurs fautes.

• Les Scènes de la vie de province → âge des passions, des calculs, des intérêts, de l’ambition.

• Les Scènes de la vie parisienne → tableau des goûts, des vices, des choses excitant les mœurs particulières
aux capitales.

• Les Scènes de la vie politique ET militaire → les existences d’exception hors de la loi commune.

• Les Scènes de la vie de campagne → sont le soir d’une longue journée.


On trouve dans le live, les purs caractères et l’application des grands principes d’ordre, de politique, de moralité.
Conclusion :
Projet colossal.
Balzac le résume ainsi :
« J’ai entrepris l’histoire de toute la Société. J’ai exprimé souvent mon plan dans cette seule phrase : une
génération est un drame à quatre ou cinq mille personnages saillants. Ce drame, c’est mon livre. »

2.1.3. Illusions perdues – 1837-1843


Aujourd’hui considéré comme un des chefs-d’œuvre de Balzac.
Il considérait ce roman sur l’ambition littéraire et le monde impitoyable de la presse comme « l’œuvre capitale
dans l’œuvre ».
On y trouve des personnages de La Comédie humaine car les Illusions perdues se situent à la charnière des Scènes
de la vie parisienne et des Scènes de la vie de province.
➔ Le héros → Lucien vit en province et à Paris.
Les contemporains ont lu sous la forme de trois romans :

• Illusions perdues 1837

• Un grand homme de province à Paris 1839

• Eve et David 1843


Première partie du roman :
Se déroule en province, en Angoulême.
Davis Séchard essaye d’inventer un nouveau mode de fabrication du papier tandis que Lucien Charbon se rêve
poète, fréquente la bonne société d’Angoulême et devient l’amant de Mme de Bargeton. Face aux médisances,
Lucien et Mme de Bargeton partent pour Paris.
Deuxième partie du roman :

24
C’est la partie des désillusions. Lucien n’est plus qu’un « grand homme de province à Paris », il se lance dans le
journalisme.
Troisième partie :
Lucien finit par retourner à Angoulême et est tenté de se jeter dans la Charente mais est sauvé pa un prêtre de
passage, Carlos Herrera.
Une multitude de sujets :
Le roman sera prolongé par Splendeurs et misères des courtisanes.
Le roman parle d’une multitude de sujets.
Philippe Berthier dit :
« L’œuvre est tour à tour confrontation morale de la province et de Paris, étude d’un couple, analyse du
fonctionnement de la librairie et de la presse, exposé technique de problèmes industriels, méditation sir
les obstacles auxquels se heurte le génie, dénonciation de certains abus juridiques. Le concept de départ
est simple : montrer comment Paris, révélateur sans pitié, étalon et pierre de touche des capacités
réelles, parce qu’à chaque instant tout y bouge, s’y mesure et s’y reclasse, dissipe les mirages provinciaux
et remet chacun à sa place en élargissant brusquement un horizon borné. Etre parisien, selon un mot
connu, ce n’est pas y être, c’est en être : et c’est bien là toute la question. »
La dichotomie à l’œuvre :
La manière dont Balzac sent et expose la dichotomie de l’œuvre dans le milieu littéraire est finie et lucide.
Elle annonce la façon dont le sociologue Pierre Bourdieu problématisera le champ littéraire avant d’affermir sa
modélisation dans l’ouvrage majeur : Les Règles de l’art – 1992. Cet ouvrage porte que la littérature française du
19ème et 20ème siècles.

Rappel : Pierre Bourdieu


Bourdieu mobilise la métaphore électromagnétique du champ pour mettre en lumière la façon dont, au sein de
l’univers littéraire, doté de ses propres logiques et mécanismes, l’individu (écrivain, éditeur, critique, etc.)
fonctionne comme un électron, dont la position n’est pas définie de façon ontologique mais est fonction de la
position des individus avec lesquels il interagit: au sein de cet espace, l’individu est à la fois agi (sa place dépend
de celle des autres) et agissant (il contribue, en retour, à définir la position de ses confrères).
Selon Bourdieu, le champ littéraire est autonome, c’est-à-dire qu’il est (relativement) imperméable aux demandes
sociales extérieures (politiques, économiques, religieuses, etc.). Ce sont les écrivains eux-mêmes (et les autres
acteurs du champ : éditeurs, critiques, lecteurs) qui établissent la plupart des règles de fonctionnement de la
pratique littéraire, qui, avec l’essor de la modernité, n’est plus soumise aux directives des puissants ou du marché.
L’autonomie de la littérature (en l’occurrence française) n’est toutefois jamais totale. Le champ littéraire est un
champ de luttes.
Avant Bourdieu, les dissensions et polémiques dynamisant le monde des lettres, en dehors de quelques querelles
célèbres, n’avaient jamais été tenues pour fondamentales et étaient surtout traités comme des anecdotes. Ces luttes
ont pour objet la définition de la littérature : chaque écrivain, chaque école littéraire s’engage dans ces luttes de
définition en proposant sa manière de voir et de penser la littérature (la forme qu’elle doit prendre, les objectifs
qu’elle doit viser, etc.)
Dans cette perspective, les écrivains qui remportent un conflit finissent aussi par imposer leur façon de voir les
choses. Ces représentations de la littérature (de son rôle, de son histoire, de ses traits caractéristiques), qui finissent
par s’imposer, remplacent d’autres représentations.

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[Link] Beyle, dit Stendhal – 1783-1842
Il est un contemporain de la Révolution, partisan de la Révolution.
Il débute une carrière de fonctionnaire et un admirateur de Napoléon. Mais il se fait une petite carrière littéraire
sous le pseudonyme : Stendhal.
Il écrit deux romans qui entrent dans l’histoire de la littérature du 19 ème :

• Le Rouge et le Noir

• La Chartreuse de Parme
De 1836 à 1839, il revient en France et écrit les Chroniques italiennes, les Mémoires d’un touriste, et surtout La
Chartreuse de Parme, publié en 1840, et dont Balzac fait l’éloge. Au moment de sa mort, en 1842, Stendhal
s’apprêtait à reprendre du service pour le ministère des Affaires étrangères et à écrire une série de nouvelles pour
la Revue des deux-mondes. Il commençait à peine à être connu comme écrivain, et il ne devint réellement célèbre
que dans les années qui suivirent sa mort. Jusqu’au milieu du XXe siècle, les éditions successives de ses essais
inédits, de sa correspondance, de ses journaux intimes et de ses notes de voyage le firent peu à peu connaître pour
un des écrivains majeurs du XIXe siècle, un grand historien de l’art, mais aussi un des maîtres du réalisme en
littérature.
Destin lié à Napoléon et à la guerre – histoire :
Il est d’abord un partisan de la Révolution.
Il va Paris (quitte Grenoble) à la prise du pouvoir par Napoléon. Il va commencer à écrire un journal où il y note
ses ambitions, sa vie étudiante et son parcours d’écrivain contrarié.
Il entre au ministère de la Guerre grâce à son cousin et suit l’armée en Italie où il est bouleversé par leurs paysages
et cultures artistiques.
Sa vie est liée à Napoléon et à l’armée qu’il va quitter et réintégrer à plusieurs reprises.
Il est engagé dans l’administration de la Grande armée et prend part aux campagnes napoléoniennes (1806-1806)
mais s’ennuie.
Revient à Paris en 1810 avec un poste d’auditeur au Conseil d’Etat. Un poste lui permettant d’écrire : Histoire de
la peinture en Italie.
Ses écrits :
Rome, Naples et Florence :
Un récit de voyage. A cette époque il vit à Milan et est considéré comme admirateur de Napoléon et soupçonné
d’être un partisan de l’unité italienne. Il est donc surveillé avant d’être expulsé en France (1821).
Le Rouge et le Noir : 1830
Les thèmes : amour déçu, quête désespérée d’une ascension sociale → cela dans une France constituée en classes
sévèrement cloisonnées.
Fils de Charpentier, Julien Sorel rêve d’une brillante carrière militaire. Mais les guerres napoléoniennes
ont pris fin et la société de la Restauration ferme ses portes aux roturiers.
En habit de séminariste, à force d’adresse et de conquêtes amoureuses, il parvient à s’élever dans la
société. La chute n’en sera que plus rude.
Le roman est publié peu après la Monarchie de Juillet et saisit la senteur cadavéreuse d’une société qui s’éteint.
La Chartreuse de Parme : 1839
Mélange des évènements historiques réels avec une Italie fantasmée.
Fabrice del Dongo, jeune noble milanais et véritable héros romantique se rêvant général de Napoléon.
Prisonnier de son amour Clédia Conti, qui le pousse à se retirer dans une chartreuse, il finira par mourir,
en proie à de terrible remords.

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C’est une histoire dramatique et aussi un livre politique visant la société française et la politique italienne.
Le passage le plus important du roman :
Bataille de Waterloo. Après s’être enfui du château de son père pour aller soutenir Napoléon, Fabrice se
retrouve, un peu par hasard, au milieu du champ de bataille de Waterloo. Vêtu d’un uniforme récupéré
sur un cadavre, il se fait passer pour un soldat français et exulte d’être placé au cœur de l’action, alors
qu’il ne connaît rien à la guerre et qu’il est incapable de comprendre ce qui se passe sur le champ de
bataille. Les soldats rient de lui, et seules les cantinières de l’armée, émues par son extrême jeunesse,
semblent vouloir le protéger, par pur instinct maternel. Par hasard, Fabrice se retrouve à la suite du
maréchal Ney, et passe tout près du comte d’A…, l’ancien lieutenant qui avait courtisé sa mère peu avant
sa naissance, et qui est sans 39 doute son véritable père. Il ne le reconnaîtra pas, pas plus qu’il ne sera
capable de voir Napoléon qu’il vénère pourtant. Épuisé, Fabrice finit par s’endormir, comme un enfant,
en plein milieu de la bataille
➔ Fabrice devient en cela l’incarnation de l’homme incapable de prendre la mesure de l’histoire qui se fait
devant lui.

[Link] Flaubert – 1821-1880


Il vient d’une famille bourgeoise catholique (père chirurgien-chef, mère fille de médecin, frère ainé fera chirurgien-
chef).
Flaubert est moins brillant (renvoyé du lycée).
A la homme de son père (1846), il reçoit un héritage conséquent et vivra de rentes.
Il perd sa sœur (1846) dont la fille vivra chez le frère ainé et la grand-mère. Dans le même temps, il commence
une liaison de 9 ans avec Louise Colet. Il maintiendra une correspondance avec elle où est développé son point de
vue sur le travail de l’écrivain, et décrit l’avancée et les objectifs de ses projets.
Quand il échoue aux examens de 2ème en 1843, il se retire hors du monde avec l’intention de se consacrer à la
littérature. Il veut se conformer à une morale personnelle qui mêle insatisfaction et refus des règles de la société
avec la volonté d’indépendance.
Voyage en orient – 1849-1851 :
Il voyage avec Maxime Du Camp.
Ce voyage est sa première expérience de la liberté complète. Il va lui donner le recul nécessaire pour méditer son
système littéraire.
Madame Bovary – 1857 (commencé en 1851) :
Choix d’une histoire banale avec pour cadre un quotidien de la Normandie contemporaine.
Processus d’écriture :
1. Flaubert se documente, fait un plan et développe le scénarios.
2. Lutte avec la langue, nombreuses réécritures, énoncé chaque phrase dans son « gueuloir ».
Inspiration :
Un fait-divers : le suicide d’une jeune bourgeoise mariée à un officier de province.
Résumé :
Emma Rouault, fille de paysans, enivrée par ses lectures de désirs romantiques, épouse Charles Bovary,
médecin veuf. Elle est exaspérée par l’ennuie d’une vie de province et la médiocrité de son mari et de sa fille
Berthe. Elle rêve de Paris et d’Italie, d’amours et de luxe. Elle croit trouver l’issu avec Rodolphe Boulanger.
Il la quitte lorsqu’elle prévoit de fuir avec elle. Elle se tourne vers Léon Dupuis, clerc de notaire.
Elle a des dettes, est désespérée mais enfin lucide, elle se suicide à l’arsenic. Charles la suit. Il n’aura cessé
de l’aimer.

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Censure :
Le texte parait dans la Revue de Paris sous la forme d’un feuilleton.
La censure est choquée par :

• Noirceur de l’intrigue

• Immoralité des personnages

• Neutralité narrative refusant norme et vérité définitive


Flaubert, le gérant de la revue et l’imprimeur sont jugés pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux
bonnes mœurs ».
Cette censure ne fait qu’accroître le succès de l’œuvre.
L’incipit :
« Nous étions à l’Étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de
classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans
son travail. »
« C’était une de ces coiffures d’ordre composite, où l’on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska,
du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la
laideur muette a de ces profondeurs d’expression comme le visage d’un imbécile. »
➔ Donne le ton d’une œuvre où le style s’articule à l’ironie. Le texte est ironique et trompeur.
Extrait 1 : les tragédies d’Emma
« La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient
dans leur costume ordinaire, sans exciter d’émotion, de rire ou de rêverie. Il n’avait jamais été curieux,
disait-il, pendant qu’il habitait Rouen, d’aller voir au théâtre les acteurs de Paris. Il ne savait nager, ni
faire des armes, ni tirer le pistolet, et il ne put, un jour, lui expliquer un terme d’équitation qu’elle avait
rencontré dans un roman. » [Partie 1, Ch. VII]
« Elle se sentait, d’ailleurs, plus irritée de lui. Il prenait, avec l’âge, des allures épaisses; il coupait, au
dessert, le bouchon des bouteilles vides; il se passait, après manger, la langue sur les dents; il faisait, en
avalant sa soupe, un gloussement à chaque gorgée, et comme il commençait d’engraisser, ses yeux, déjà
petits, semblaient remontés vers les temps par la bouffissure de ses pommettes. » [Partie 1, ch. IX]
➔ Le récit de la vie d’Emma est celui de multiples déceptions tragiques.
➔ Première déception : la découverte de la médiocrité de Charles (statut de médecin se révélant être un
incompétent doublé d’un crétin).
Extrait 2 : le bal
La scène du bal est comme un catalyseur du malheur.
Le temps d’une soirée, elle peut intégrer la société d’apparat qui la fait rêver. MAIS son mari n’y a pas sa place et
c’est le retour à la réalité d’un quotidien décevant.
Extrait 3 : je veux un fils
« Elle souhaitait un fils ; il serait fort et brun, elle l’appellerait Georges ; et cette idée d’avoir pour enfant un
mâle était comme la revanche en espoir de toutes ses impuissances passées. Un homme, au moins, est libre ;
il peut parcourir les passions et les pays, traverser les obstacles, mordre aux bonheurs les plus lointains. Mais
une femme est empêchée continuellement. Inerte et flexible à la fois, elle a contre elle les mollesses de la chair
avec les dépendances de la loi. Sa volonté, comme le voile de son chapeau retenu par un cordon, palpite à tous
les vents ; il y a toujours quelque désir qui entraîne, quelque convenance qui retient. » [Partie 2, Ch. III]
➔ Autre tragédie d’Emma. Elle souhaite un fils. Elle a une fille.

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Extrait 4 : manigances de Rodolphe
« – Je le crois très bête. Elle en est fatiguée sans doute. Il porte des ongles sales et une barbe de trois jours.
Tandis qu’il trottine à ses malades, elle reste à ravauder des chaussettes. Et on s’ennuie ! on voudrait habiter
la ville, danser la polka tous les soir! Pauvre petite femme ! Ça bâille après l’amour, comme une carpe après
l’eau sur une table de cuisine. Avec trois mots de galanterie, cela vous adorerait, j’en suis sûr ! ce serait tendre
! charmant !... Oui, mais comment s’en débarrasser ensuite ? » [Partie 2, ch. VII]
➔ Rodolphe décide de séduire Emma.
« – Ainsi, nous, disait-il, pourquoi nous sommes-nous connus ? quel hasard l’a voulu ? C’est qu’à travers
l’éloignement, sans doute, comme deux fleuves qui coulent pour se rejoindre, nos pentes particulières nous
avaient poussés l’un vers l’autre.
Et il saisit sa main ; elle ne la retira pas.
« Ensemble de bonnes cultures ! » cria le président.
– Tantôt, par exemple, quand je suis venu chez vous...
« À M. Bizet, de Quincampoix. »
– Savais-je que je vous accompagnerais ?
« Soixante et dix francs ! »
– Cent fois même j’ai voulu partir, et je vous ai suivie, je suis resté.
« Fumiers. »
– Comme je resterais ce soir, demain, les autres jours, toute ma vie !
« À M. Caron, d’Argueil, une médaille d’or ! »
– Car jamais je n’ai trouvé dans la société de personne un charme aussi complet.
« À M. Bain, de Givry-Saint-Martin ! »
– Aussi, moi, j’emporterai votre souvenir.
« Pour un bélier mérinos... »
– Mais vous m’oublierez, j’aurai passé comme une ombre.
« À M. Belot, de Notre-Dame... »
– Oh ! non, n’est-ce pas, je serai quelque chose dans votre pensée, dans votre vie ?
« Race porcine, prix ex aequo : à MM. Lehérissé et Cullembourg ; soixante francs ! »
Rodolphe lui serrait la main, et il la sentait toute chaude et frémissante comme une tourterelle captive qui
veut reprendre sa volée ; mais, soit qu’elle essayât de la dégager ou bien qu’elle répondît à cette pression,
elle fit un mouvement des doigts ; il s’écria :
– Oh ! merci ! Vous ne me repoussez pas ! Vous êtes bonne ! vous comprenez que je suis à vous !
Laissez que je vous voie, que je vous contemple ! »
Extrait 5 : un roman d’apprentissage (sur la lecture et la condition féminine)
« Il y avait au couvent une vieille fille qui venait tous les mois, pendant huit jours, travailler à la lingerie. […]
Elle savait par cœur des chansons galantes du siècle passé, qu’elle chantait à demi-voix, tout en poussant son
aiguille. Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville vos commissions, et prêtait
aux grandes, en cachette, quelque roman qu’elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne
demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de sa besogne. Ce n’étaient qu’amours,
amants, amantes, dames persécutées s’évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu’on tue à tous
les relais, chevaux qu’on crève à toutes les pages, forêts sombres, troubles du cœur, serments, sanglots, larmes
et baisers, nacelles au clair de lune, rossignols dans les bosquets, messieurs braves comme des lions, doux
comme des agneaux, vertueux comme on ne l’est pas, toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes.
Pendant six mois, à quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux cabinets de lecture.
» [Partie 1, ch. VI]
➔ Il s’agit d’un roman lié à une dimension élitiste (restreinte) mais évoque des lectures liées la dimension
populaire (grande production). Emma est une grande lectrice de paralittérature.

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La dimension populaire et féministe de Flaubert :
Son roman à une satire, à une dénonciation de la littérature populaire → ce qu’on dit de Flaubert.
Cependant, il y a une charge dans ce texte. C’est plutôt contre une société capable de mener à une lecture de ces
textes aussi naïve que celle faite par Emma.
DONC :

• Contre une société qui mène la lecture.

• Contre une société où les filles sont paquées dans des couvents.

• Contre une société où la femme est accrochée à un statut subordonné, depuis lequel le destinées
amoureuses des princes et des princesses qui rythment les romans sentimentaux tiennent moins de la
distraction que de l’idéal intangible, de l’espoir, de l’objectif.
Ce roman peut apparaître féministe avant l’heure.
Un roman érotique : le fiacre
« immorale » → terme qui la conduit au procès.
Montre la dimension sexuelle des textes.
La scène la plus célèbre est celle du rendez-vous dans la Cathédrale de Rouen (Emma et Léon).
Le lecteur, comme le cocher, n’a pas directement accès à ce qui se passe à l’intérieur de la voiture, mais,
davantage que le malheureux chauffeur (décontenancé par les ordres qu’il reçoit et perdu dans la ville),
comprend aisément que la promenade n’est qu’un prétexte permettant aux amants de s’unir
➔ Rien n’est dit explicitement de cette union mais elle est suggérée par l’habile jeu d’euphémisme et de
sens du détail.
Cette scène est tout en voilement et en charge implicite. Les plans et brouillons de Flaubert montrent la puissante
dimension érotique de certains passages. Il lissé les passages pour la publications.
Un roman sur la bêtise :
Développement d’une galerie d’imbéciles.

• Emma naïve, statut de victime mais construite avec une certaine bienveillance par Flaubert.

• Excrément de la bourgeoisie pour sa suffisance illégitime, la capacité de ses représentants à


affirmer qu’ils ont raison.
La bêtise chez Flaubert n’est pas dans l’erreur. Elle est fonction d’un déséquilibre entre une posture d’autorité
exhibée et un discours truffé d’à-peu-près, d’imprécisions, de croyances erronées.

• Charles est dépeint comme un raté.

• Rodolphe dépeint comme un cynique.

• Léon dépeint comme médiocre.

• Homais le pharmacien est le champion des imbéciles.


Homais, l’imbécile :
« Un homme en pantoufles de peau verte, quelque peu marqué de petite vérole et coiffé d’un bonnet de velours
à gland d’or, se chauffait le dos contre la cheminée. Sa figure n’exprimait rien que la satisfaction de soi-même,
et il avait l’air aussi calme dans la vie que le chardonneret suspendu au-dessus de sa tête dans une cage d’osier
: c’était le pharmacien. » (Partie 2, ch. II)
Personne ne veut d’Homais comme voisin. Il est le citoyens que les villageois respectent, convaincus du savoir de
ce penseur qui utilise des termes rares pour se forger une image de savant, manie l’argot parisien (pour montrer à
quel point il est moderne). Il se dit scientifique et se targue d’avoir écrit une œuvre importante (une brochure sur
le cidre restée à l’état de manuscrit).

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Il fait partie de la lignée de bourgeois bruyants et imbus d’eux-mêmes. Il s’avance en portant les couleurs de sa
stupidité, confiant dans la pertinence de leurs propos absurdes.
A travers Homais, Flaubert dépeint sa vision d’une partie de la bourgeoisie.
La dimension tragique de Homais :
Le malheur vient avec Homais. Charles finit par amputer un homme car Homais l’a encouragé à tenter une
opération qu’il était incapable de réaliser. Cela conduit Charles à sa perte.
Emma prendra l’arsenic de Homais qui la fera agoniser de longues heures.
Une fin heureuse pour Homais :
C’est lui qui s’en tire le mieux comme le montre l’explicit :
« Depuis la mort de Bovary, trois médecins se sont succédés à Yonville sans pouvoir y réussir, tant M.
Homais les a tout de suite battus en brèche. Il fait une clientèle d’enfer ; l’autorité le ménage et l’opinion
publique le protège. Il vient de recevoir la croix d’honneur. »
Il triomphe de la bêtise.
C’est un imposteur qui finit par dominer l’espace social → Flaubert agit presque en masochiste.
Conclusion :
Flaubert dépeint une dystopie où l’abrutissement tient lieu de norme et le pouvoir est réservé aux crétins.
Avec Homais, il donne corp à la bêtise et l’érige en donnée tangible dont il étale les signes et les symptômes dans
chacun des gestes et des discours de son personnage. En tant que crétin ultime, Homais peut aussi devenir un
possible antidote à l’idiotie pour le lecteur qui pourra y reconnaitre ses propres failles.

3. La nébuleuse parnassienne
3.1. Le Parnasse
Le parnasse s’apparente à une nébuleuse. C’est un réseau plus ou moins cohérent, difficile à pénétrer, mêlant les
individus aux visées et aux esthétiques parfois différentes.
La mouvance parnassienne attire des jeunes désireux de participer au projet.
C’est un nouvel espace dédié à la création poétique.
Une école :
Ce n’est pas qu’une école définie avec un programme, c’est une aventure collective qui s’appréhende à travers :

• certains auteurs-clefs : Gautier ; Leconte de Liste ; Banville

• un éditeur stratège : Alphonse Lemerre

• des lieux de sociabilité

• des œuvres spécifiques


Une logique d’une opposition au romantisme :
Le Parnasse considéré dans la logique d’une opposition au romantisme.
Objectif de la mouvance parnassienne :
Renouveler le champ poétique.
Hérite des maîtres romantiques à l’image de Théophile Gautier.
4 auteurs importants :

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Gautier ; Leconte de Lisle ; Banville ; Baudelaire
➔ assurent symboliquement la fédération de la nouvelle génération.
➔ Sont forts différents ; différents lieux de sociabilité et projets collectifs qui permettent à des jeunes
littéraires de se constituer.

3.2. Théophile Gautier – 1811-1872 :


Charnière entre les deux mouvances.
Pessimiste et antibourgeois.
Mademoiselle de Maupin :
Le préface est emblématique d’une époque et de toute une conception de la littérature.
Un discours singulier qui n’expose pas vraiment le sens, les sources, les objectifs du roman.
En pleine période romantique, il traite : « l’art pour l’art ».
Sur le plan esthétique : faire rupture au système des valeurs établi en s’opposant frontalement à l’esprit bourgeois
de la monarchie de Juillet, à sa morale et à sa manière de juger l’œuvre pour son utilité.
Gautier propose une théorie du Beau fondée sur une conception artistique anti-utilitaire.
➔ « L’endroit le plus utile d’une maison, ce sont les latrines. »
➔ « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid. »
Les Grotesques :
Série du Constitutionnel sur ses études sur Villon et Théophile de Viau → indécentes et immorales
L’auteur le prend mal et en fait une affaire personnelle. Il s’en prend à la fonction critique : « l’antipathie naturelle
du critique contre le poète ».
Emaux et camées – 1852 :
Recueil qui compare l’écriture et l’art de l’orfèvrerie → chaque poème est associé à un bijou ciselé.
Gautier voit dans l’art une consolation et fait de la Beauté un rempart contre la vulgarité de la foule et les
prétentions de la politique.

3.3. Charles-Marie Leconte de Lisle – 1818-1894


Poète.
Goût pour l’excellence et rejet de l’utilitarisme littéraire.
Contre la poésie romantique et estime la dépasser.
Il présente des études sur les modes de l’impersonnalité et la neutralité. Il veut rompre avec les maîtres
romantiques.
Il est en appelle à une communauté nouvelle.
« Les poètes nouveaux enfantés dans la vieillesse précoce d’une esthétique inféconde, doivent sentir la
nécessité de retremper aux sources éternellement pures l’expression usée et affaiblie des sentiments
généraux »
Il sera le seul Parnassien à assumer un discours anti-romantique.
Il méprise son époque.

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Les jeunes commencent à s’intéresser grâce à lui à l’héritage antique. Ils se réunissent chez Leconte de Lisle et le
réseau qui se crée s’amplifie.
L’héritage antique :
Leconte de Lisle puise des mythes et des formes dans le répertoire de la tradition gréco-latine.
Pourquoi ? Car il méprise son époque et marquer cela et mettre en valeur ses idéaux d’ordre, de pureté et de rigueur,
il se tourne vers les âges héroïques.
Poèmes antiques :
Donne un aperçu de sa manière et de ses tics.
Poèmes barbares – 1862 :
Recueil dans une l’esthétique amorcée 10 ans plus tôt.
➔ Dans le même genre que Le rêve du jaguar où le poète n’a pas voyagé, offre une carte de la jungle
fantasmée.

3.4. Théodore de Banville :


Poète.
Il est attaché à l’antique mais cherche des nouvelles formes.
Opposé aux épanchements romantiques mais se distingue par sa propension à la fantaisie.

3.5. Le Parnasse contemporain


Le réseau créé par les jeunes gens s’est amplifié.
L’éditeur Alphonse Lemerre rassemble les auteurs pour créer la première série dédiée au culte de la forme (1866).
Un renouveau poétique.
Deux autres séries suivront.
Ces recueils mêlent des propositions venues de partout. Ils s’organisent à la manière du Salon officiel des beaux-
arts qui honore les uns, admet les autres, et qui exclut sans pitié les œuvres jugées indignes.
Le premier volume – 1866 :
Réalisé par Mendès e Ricard.
37 poètes.
Quelques personnes sont contre le projet.
➔ Article de jules Barbey d’Aurevilly Le Nain jaune : la poésie parnassienne se signal surtout par un manque
radical d’originalité et une absence totale d’invention.
Ennemis :
On se moque d’eux, les appelle « impassible » ou « formiste ».
Ce surnom, certains souhaiterons s’en débarrasser mais le calme de Leconte de Lisle amuse le monde littéraire.
Deuxième volume – 1869 → publié 1871 :
Le volume est prêt mais la livraison est interrompue à cause de la guerre franco-prussienne.
56 poètes dont 24 étaient présents dans le premier volume.

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3.6. L’évolution des Parnassiens
Ils imposent leurs critères et leurs vues au champ littéraire.
Une poésie élitiste et réactionnaire.
Années 70 : apparaissent comme prescripteurs de la norme.
Divergence esthétique et politique au moment de la Commune.
Période 1866-1876 : l’esprit évolue. Clique dogmatique.
Quelques poètes du groupes s’en vont chercher toutes les possibilités de la poésie.

4. Post-romantisme et modernité
4.1. Charles Baudelaire – 1821-1967
Poète parfois tenu pour le dernier romantique et parfois le fossoyeur du mouvement.
Il est associé au Parnasse.
Considéré comme l’instigateur du symbolise.
Il joue avec chacun de ces mouvement (parnasse, romantique, symbolisme) → électron libre refusant les logiques
de la collectivité littéraire.
Ecrivain paria, poète sensible et violant, comblant ses déceptions par l’humour noir et la provocation.
Il fait connaissance de Balzac, Nerval et des plaisirs du Quartier latin. Pour le détourner de ça, son beau-père,
Aupick, il organise un voyage (1841) : Île Maurice, La Réunion, Le Cap. → marquera l’imaginaire de Baudelaire.
Les dettes :
Il reçoit l’héritage de son père.
Il épouse Jeanne Duval.
Il est décidé à vivre dans le lux mais s’endette vite.
1844 : mis sous tutelle du notaire Ancelle à la demande de sa famille.
1845 : il tente de se suicider → la fatigue lui est insupportable et qu’il se sent inutile aux autres.
1845-1846 : critiques des œuvres au Salon de l’Académie des Beaux-Arts. S’en prend à l’incompétence des
journalistes et des bourgeois. Il veut réunir la littérature et la peinture.
1848 : journées de février, il invitait à tuer le général Aupick. Il investit la presse mais rapidement la déteste.
1861 : il dépose sa candidature à l’Académie française. Il revendique sa consécration. Mais il renonce finalement
à sa candidature → perçu comme attentat symbolique.
➔ Il dynamite les traditions et valeurs du champ littéraire, témoigne avec la volonté de réinventer les règles
du jeu.
1862 : présente Spleen de Paris dans les journaux. La presse lui inspire fascination et mépris.
Comme il est impossible d’échapper au journal, il va tenter de le déjouer. Il y publie donc des poèmes en prose à
la manière d’un feuilleton.
1864 : s’exile en Belgique pour donner une série de conférences. Il est malheureux et travail sur la physiologie du
pays qu’il ne termine pas. il décrit les lieux avec agressivité et comme laid, lourd, sale, bêtise.
Les Fleurs du Mal – 1857 :
Chef-d’œuvre est aujourd’hui le recueil le plus célèbre de la poésie française.

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Condamné pour outrage à la sortie → jugé ignoble, odieux, infect, monotone, peu innovant.
La conception de la poésie se modifie avec lui.
Il est composé de plusieurs de ses œuvres antérieures.
Procès : accusé d’avoir porté offense à la morale religieuse et outrage à la morale public et aux bonnes mœurs.
Baudelaire et l’éditeur sont condamnés à payer une amende et au retrait de 6 poèmes de la version originale.
La nouvelle version possède 35 nouvelles productions.
6 parties :

• Spleen et idéal (« L’Albatros », « L’Ennemi », « L’Homme et la mer », « La Beauté », « Une charogne »,


« Le Vampire », « Les Chats », « L’Horloge », … 85 poèmes)
➔ La plus imposante partie. Se fonde sur un terme clef : rate et mauvaise humeur. Croyance selon chaque
partie du corps est liée à un sentiment. Spleen → état affectif de mélancolie sans cause pouvant aller de
l’ennui à la triste, dégoût de l’existence.
« Ce que je sens, c’est un immense découragement, une sensation d’isolement
insupportable, une peur perpétuelle d’un malheur vague, une défiance complète de mes
forces, une absence totale de désirs, une impossibilité de trouver un amusement
quelconque. »

• Tableaux parisiens (« Les Sept vieillards », « Les Aveugles », « À une passante »,… 18 poèmes)

• Le Vin (« Le Vin de l’assassin », « le Vin des amants »,… 5 poèmes)

• Fleurs du mal (« Femmes damnées », « Un voyage à Cythère »… 9 poèmes)

• Révolte (« Le Reniement de saint Pierre », « Abel et Caïn », « Les Litanies de Satan »)

• La Mort (« La Mort des amants », « La Mort des artistes », « Le Voyage »,… 6 poèmes)
Les particularités de Baudelaire :
Il propose un rapport neuf à l’écriture → faussement simple, ordonnée, équilibrée MAIS est déroutante,
provocatrice, inquiétante.
Met en tension beauté et malsain.
Le poète est simplement et littéralement obscène → un oiseau du malheur.
Poète de la ville, des foules, du spleen, du ratage, du luxe et de la luxure, du blasphème, de la révolte, de la cruauté,
de l’humour noir et des actes gratuits, Baudelaire a renouvelé en profondeur l’espace des possibles thématiques de
la poésie. Tenu pour « le roi des poètes » et « un vrai Dieu » par Rimbaud, qui tentera de prolonger son expérience
du dépassement des limites, il est perpétuellement au cœur du jeu littéraire et au-delà de celui-ci, refusant les
traditions, les codes et les habitudes qui font le monde des lettres.

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4.2. Paul Verlaine (1844-1896)
Il rejoint la mêlée parnassienne. Cherche à respecter les codes et valeurs.
Rupture avec Leconte de Lisle lors de la Commune. Lassé de la rigidité du parnassien et dégouté de ses privilèges.
1871 : il invite le poète Arthur Rimbaud à Paris pour lui faire découvrir la ville.
Cette rencontre impacte son écriture et sa vie.
La poésie de Verlaine :
Sa poésie est souvent déconsidérée. L’éclectisme (intérêt à plusieurs sujets) fait la singularité d’une œuvre
reconnaissable à la manifestation d’une voix multiple et changeante. Un univers poétique feutré.
Poésie du dialogue. Nourrie d’apports extérieurs variés.
Articulation poésie et chanson encouragé par le romantisme.
Influence de d’autres arts.
Verlaine s’inspire des maitres en s’affirmant un mode mineur, mâtiné de naïveté et de gaucherie.
Relation avec Rimbaud :
Rimbaud marque sa vie et ses écrits.
Il quitte sa femme et part sur les routes avec Rimbaud.
Ils font des bêtises tout deux comme quand Verlaine finit en prison à Mons pour avoir tiré par accident sur son
ami.
Il est exclu de la parnasse.
Exemple, Verlaine ? :
Quand il sort de prison, il est vu comme un modèle pour la jeune génération. Elle lui trouve un métricien expert.
Il n’est pas pour autant chef de file.
La fin de sa vie :
Il développe une sociabilité de cafés et d’hôpitaux, et donne des conférences sur la poésie.

36
4.3. Arthur Rimbaud
Il est un échec total à ses débuts.
La photo représentant Rimbaud est fort connue. Il porte des vêtements qui ne lui appartiennent pas. La pose est la
pose typique des écrivains. Regard vers l’horizon. Il mort ses lèvres et rentre ses joues pour s’affiner. Il veut être
bien sur la photo. Il se dote d’une belle-gueule éternelle.
Arthur Rimbaud durant le temps de son existence est un raté mais après sa mort, il devient une figure de cet art.
Résumé de sa vie :
Arthur Rimbaud apparaît comme une figure majeure de l’histoire des lettres françaises, tout en n’étant pas parvenu
à s’imposer dans le champ littéraire de son époque.
Sa trajectoire fascine autant que ses écrits, à tel point qu’on a pu parler de « Mythe Rimbaud » (selon le travail
mené par Etiemble). On le retient pour « Le dormeur du val », les lettres dites « du voyant », « Le Bateau ivre »
ou Une saison en enfer, mais aussi parce qu’il fut un brillant élève réfractaire à l’institution scolaire, se morfondant
à Charleville et rêvant de capitale ; invité à Paris par Verlaine, mais incapable de se plier aux logiques du milieu
littéraire ; embarqué avec Verlaine dans une vie de bohème qui se clôturera, en juillet 1873, par une rixe mémorable
(« l’affaire de Bruxelles ») ; déserteur de la vie littéraire à vingt-et-un ans seulement pour partir sur les routes
(d’Europe, d’Afrique) et mener une carrière de négociant ; mort en 1891, à trente-sept ans, des suites d’un cancer
de la jambe…
Il incarne une logique de la révolte, de la liberté. Une vie qui dure 37 ans mais il écrit seulement 6 ans. Age de
20/21 ans il a composé toute son œuvre et a ensuite arrêté car ça ne fonctionnait pas.
Il a une écriture de jeunesse.
Il est jeune mais d’une grande maturité.
Dans un premier temps, il est reconnu comme un explorateur. Les premiers discours à propos de lui parle d’un
explorateur.
Il a d’abord une visée parnassienne.
L’œuvre une saison Enfer est la plus marquante.
Il gagne de nombreux prix comme des écrits en langue latine. Il y a quelque chose chez lui qui fait qu’il a une
facilité de composition.
Relation avec Verlaine :
Il sait que pur devenir écrivain, il doit aller à Paris, là où l’activité et l’actualité poétique se fait. Cela, lui tendance
à la fugue. Il prend le train en fraudant et plusieurs fois. Une fois, il se fait prendre. Il appelle donc son prof de
français en le suppliant de payer l’amende. Il lui dit qu’il est comme un frère et en payant il sera comme un père.
Exil :
Verlaine tombe amoureux de Rimbaud. Un amour qui va les mener à l’exil en Italie. Rimbaud étant difficile à vivre
au quotidien, Verlaine le quitte pas. Rimbaud seul à Londres et sans argent cherche Verlaine qu’il retrouve en
Irlande. Ils boivent beaucoup. Sans le faire exprès, Verlaine tire dans la jambe de Rimbaud. Il se fait soigner. Une
seconde fois, il croise Verlaine. Rimbaud a peur alors appelle un policier en disant que cet homme lui a déjà tiré
dessus, ceci était une encore une farce. Verlaine se fait prendre, enfermé, jugé, 2 ans en prison à Mons. Pourquoi ?
pas pour la blessure mais pour la nature de sa liaison avec Verlaine et ses choix politiques.
Rimbaud fait des farces de mauvais goût parfois méchantes ce qui ne plait pas du tout aux amis de Verlaine.
Bref de leur histoire :

• Vivent en Angleterre avec quelques retours en France durant 1 ans. Une dispute éclate.

• 1873 : Verlaine en a marre des frasques et des grossièretés de Rimbaud. Il part pour la Belgique. Ils en
viennent aux mains plusieurs fois.

• 1 mois plus tard : Verlaine, ivre, tire sur Rimbaud. Rimbaud ne dénonce par Verlaine.

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• Plus tard : Verlaine menace de tirer à nouveau. Rimbaud appelle un policier.

• Août : Verlaine est jugé à Mons et emprisonner pendant 2 ans. Rimbaud


Rimbaud est un personnage romanesque dont on ne cesse de raconter son histoire.
(film avec Leonardo Diccaprio jouant Rimbaud)
Une Saison en enfer – 1873 :
L’œuvre est en opposition avec une certaine idée de la religion.
Le récit se présente comme une longue confession, un journal intime en prose.
3 moments dans l’œuvre de Rimbaud :

• Poésie (on les appelle souvent ses œuvres de jeunesses)

• Une saison en Enfer → dit où Rimbaud en est dans sa vie et où il va (étonnant pour un jeune de 19 ans)

• Les illuminations → publié 11 plus tard. Le titre définit bien ce qui y est écrit. Des poèmes en proses.
(référence : Jean-Jacques Lefrère)
Un réalisme paradoxale :
Hallucination simple : Il s’agit d’observer et de transformer pour voir mieux et autrement.
Textes métapoétiques :
Il tente de définir une manière d’affronter le réel et s’engage en poésie, persuadé qu’elle a les ressources pour
bouger les structures déjà établies. Il veut mettre à mal les normes.
Il croit pouvoir transformer le monde.
« Changer le monde » -- relation avec Verlaine :
Citation de Une saison en enfer.
Se fonde sur la prosopopée → donner la parole à une entité ne pouvant s’exprimer.
➔ La parole donnée à Vierge folle racontant son histoire avec L’époux infernal. Couple ressemblant au
couple Verlaine – Rimbaud.
➔ Sorte d’autoportrait.
« Parfois il parle, en une façon de patois attendri, de la mort qui fait repentir, des malheureux
qui existent certainement, des travaux pénibles, des départs qui déchirent les cœurs. Dans les
bouges où nous enivrions, il pleurait en considérant ceux qui nous entouraient, bétail de la
misère. Il relevait les ivrognes dans les rues noires. Il avait la pitié d’une mère méchante pour
les petits enfants. — Il s’en allait avec des gentillesses de petite fille au catéchisme. — Il feignait
d’être éclairé sur tout, commerce, art, médecine. — Je le suivais, il le faut ! »
Dans cet extrait apparait l’idée de changer la vie :
« Quand il me semblait avoir l’esprit inerte, je le suivais, moi, dans des actions étranges et
compliquées, loin, bonnes ou mauvaises : j’étais sûre de ne jamais entrer dans son monde. À
côté de son cher corps endormi, que d’heures des nuits j’ai veillé, cherchant pourquoi il voulait
tant s’évader de la réalité. Jamais l’homme n’eut pareil vœu. Je reconnaissais, — sans craindre
pour lui, — qu’il pouvait être un sérieux danger dans la société. — Il a peut-être des secrets pour
changer la vie ? Non, il ne fait qu’en chercher, me répliquais-je. »
➔ Ce n’est pas exposer des procédés révolutionnaires. C’est plutôt une quête du Graal.
➔ L’envie de changer la vie vient d’un sentiment d’insatisfaction et d’un désir de bouleversement que la
poésie doit pouvoir combler.
Prendre congé de la littérature :

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1875, à la sortie de prison de Verlaine, Rimbaud lui donne le manuscrit Illuminations. Il arrête la littérature à 20 et
ne revient jamais sur sa décision.
Les Illuminations – 1886 :
Une suite de poèmes hallucinés principalement en prose.
Porté par des enjeux politiques.
Engage un renouveau poétique sur le plan formel.
Le symbolisme :
Les symbolistes des années 1880 se rendent compte de l’importance de l’œuvre de Rimbaud. Ils tentent de le
contacter mais il refuse.
Certains journaux vont publier du faux-Rimbaud pour augmenter leurs ventes.

Notes :
Ses œuvres et ses pensées :
Ses premières œuvres sont de facture généralement.
Vénus Anadyomène → Vénus sortant de l’eau. Rimbaud en fait une prostituée sortant d’une
baignoire et mourant d’une cancer à l’anus.
A cette époque, il y a une remise en question des codes de la beauté. On juxtapose la beauté
et la laideur (Victor Hugo : notre dame de Paris). Rimbaud va montrer la beauté dans la laideur.
Dans ses premiers textes il y a aussi un engagement contre les bourgeois alors qu’il est lui-
même bourgeois.
Il déteste l’église car il y a un été trainé. Il n’aime pas car ce ne sont que des règles et des codes
et que lui ne pense pas y trouver sa place. Il va écrire des textes sur les prêtres embêter par leur
libido.
Le Dormeur du Val : le soldat. Petit retournement de situation à la dernière phrase. L’homme
ne dort pas mais est mort.
Le Mal : texte qui se compose d’une seule phrase. Absurdité de la guerre.
Lettre de mai 1871, 2 lettres que l’on combine. C’est une sorte programme. Il explique son
programme non esthétique mais une démarche. Il y écrit qu’il veut vraiment être poète.
Il adore Baudelaire. Pour lui c’est un vrai voyant. Baudelaire a une manière classique de
pensée la poésie. C’est un héritier de Racine.
Rimbaud va plutôt aller vers la nouveauté. Pourquoi ? Car il s’est attaché au dernier vers de
Fleurs du mal de Baudelaire.
Le Bateau ivre : texte où Rimbaud a vraiment mis toute sa personne. C’est une prosopopée
(faire parler des entités qui ne sont pas censés parler). Ici, c’est le bateau qui parle.
Refus de la subjectivité.

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5. Emile Zola (1840-1902) et le naturalisme (1866)
Le naturaliste complexifie la pensée réaliste et est lié à Zola.
Zola crée le terme naturalisme.
1868 : il fait partie d’un groupe d’écrivains naturalistes.
Ses modèles : Balzac, Taine, les frères Goncourt.
1875-1881 : Il est un romancier militant du naturalisme dans ses propos et à travers la création du groupe.
Naturalisme : ne s’intéresse pas qu’à la nature au sens écologique. C’est une méthode d’observation et
d’investigation du réel.
➔ Zola se documente et observe.
Historique :
Né en Aix-en-Provence, à 6 ans, orphelin de père.
Il est déclassé mais fréquente des jeunes bourgeois aisés.
Déclassement plus difficile lors de son déplacement à Paris pour que sa mère puisse subvenir à leurs besoins.
Premier travail : service de publicité de la librairie Hachette. Il y monte les échelons mais la quittera après s’être
fait des contacts et toucher au monde du livre.
Il publie quelques textes dans la presse, critique, chroniques, nouvelles, romans feuilletons.
Il fréquente le milieu de la peinture et les ateliers.
Ses œuvres :
Thérèse Raquin – 1868 : il y pose les bases du naturalisme dans le préface. Point de départ du roman naturaliste.
Rougon-Macquart – 1871 : projet de publier 20 titres en 20 ans. Zola y parle du Second Empire qui s’écroule.
Dresse l’inventaire de la société en y sortant les forces produites.
Roman expérimental : recueil d’articles. Zola en formule sa doctrine basé sur les proposition du médecin Claude
Bernard.
➔ Romancier semblable au scientifique. Personnage = objet d’expérimentation → épreuves, détermine un
lieu. Le romancier note les réactions du personnage.
➔ Le schéma que Zola préfère : personnage dans un lieu inconnu.
La théorie du recueil est critiquée car repose sur un illusion → personnage imaginaire dont tout ce qui se passe est
construit par le romancier.
➔ DONC : romancier =/ savant, scientifique. → trop de subjectivité.
Comédie humaine – 19ème siècle : projet balzacien de faire l’inventaire de la société française, engagé dans une
perspective scientifique.
L’essoufflement du naturalisme :
Il s’essouffle car il repose juste sur Zola.
1887 : un groupe de romanciers réagissent à la Terre → dénoncent les prétentions scientifiques de Zola et ses
obsessions charnelles.
Le Docteur Pascal – 1893 : dernier volume de Rougon-Macquart, sonne le glas de la mouvance naturaliste.

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6. La mêlée symboliste (1875/85) et l’esprit fumiste
Verlaine, Cros et Mallarmé sont virés de la Parnasse → provoque l’ouverture de l’espace des possibles dans le
champ littéraire.
Ils sont contraints de trouver de nouveaux espaces.
Ils vont favoriser le développement de tendances : décadentisme verlainien, fumisme de Cros, la démarche
symboliste de Mallarmé.
Le symbolisme :
Se distingue de la Parnasse.
Pas un mouvement totalement unifié ou fédéré par un manifeste.
C’est plutôt un réseau rassemblant des personnes productives et avides de consécration mais incapables de
cohésion et de conception d’un programme.
Se méfie du formalisme associé au Parnasse.
Rompe avec la structure métrique.
Opte pour le vers libre.
Le monde = réalité complexe qui ne peut être réduite à la raison.
Distance avec la réalité complète.
Porté par le rire, l’ironie, la dérision.
Partage malgré tout des points communs avec la parnasse et le naturalisme.
L’expression « mêlée symboliste :
Vient de Ernest Raynaud, poète.
Signifie un ensemble d’individus associés poussant dans direction parfois différentes.
Revues éphémères : La Plume, La Vogue, Le Décadent, Le Symbolisme, … :
La période symboliste est marquée par ces revues parfois fortement illustrées.
➔ Témoigne d’une vitalité littéraire.
Ainsi, le symbolisme apparait plus comme une pléiade de groupes éphémères.
L’échec de la fédération du symbolisme :
L’échec se mesure dans son pseudo-manifeste.
Un manifeste littéraire. Le Symbolisme.
Il tacle les concurrents qui n’en sont pas.
Il n’arrive pas à définir le mouvement.
La conclusion est un flou artistique avec l’utilisation de mots rares et de références exotiques :
« La conception du roman symbolique est polymorphe : tantôt un personnage unique se meut
dans des milieux déformés par ses hallucinations propres, son tempérament ; en cette
déformation gît le seul réel. Des êtres au geste mécanique, aux silhouettes obombrées, s’agitent
autour du personnage unique : ce ne lui sont que prétextes à sensations et à conjectures. Lui-
même est un masque tragique ou bouffon, d’une humanité toutefois parfaite bien que rationnelle.
– Tantôt des foules, superficiellement affectées par l’ensemble des représentations ambiantes,
se portent avec des alternatives de heurts et de stagnances vers des actes qui demeurent
inachevés. Par moments, des volontés individuelles se manifestent ; elles s’attirent,
s’agglomèrent, se généralisent pour un but qui, atteint ou manqué, les disperse en leurs éléments
primitifs. – Tantôt de mythiques phantasmes évoqués, depuis l’antique Démogorgôn jusques à

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Bélial, depuis les Kabires jusques aux Nigromans, apparaissent fastueusement atournés sur le
roc de Caliban ou par la forêt de Titania aux modes mixolydiens des barbitons et des octocordes.
» (Jean Moréas, « Un manifeste littéraire. Le Symbolisme », dans Le Figaro. Supplément
littéraire, 18 septembre 1886, pp. 1-2.)
« décadent » VS « symbolistes » :
Selon Jean-Nicolas Illouz :

« décadent » « symboliste »
Anatole Baju → décadisme Gustave Kahn → symbolisme
➔ Pas de succès

+ bohèmes + proches de Mallarmé


+ fidèles à Verlaine

Doctrine : pessimismes négateurs Doctrine : affirment sa foi en un idéal ou une réalité


supérieure

Développent un sentimentalisme vague et aiment les Ont une certaine ambition théorique et aiment les
jeux parodiques innovations formelles (vers libre)

6.1. Stéphane Mallarmé (1842-1888)


L’auteur qui incarne le plus le symbolisme.
Historique :
Modèle : Baudelaire.
Devient professeur de langues, 1863.
Est associé au début à la Parnasse. Refusé plus tard à la Parnasse.
Il devient un modèle d’une veine poétique exigeante, complexe, sinueuse sur le plan syntaxique et rare sur le plan
lexical, d’une poésie refusant l’immédiateté et la langue du quotidien.
C’est chez lui que se regroupes les auteur de l’avant-garde.

6.2. Joris-Karl Huysmans (1848-1907)


Célèbre pour son activité de critique d’art et de romancier.
Le drageoir aux épices – 1874 : recueil de poésie en prose.
Marthe – 1876 : premier roman ; l’histoire d’une parisienne contrainte à la prostitution.
Les sœurs Vatard – 1878 : dédié à Zola (ami).
A vau-l’eau – 1882 : marque un tournant → exprime les visées pessimistes d’un auteur nourri par la pensée de
Schopenhauer.
A rebours – 1884 : rompt avec le naturalisme.
Œuvre symbolistes :
La suite de ses œuvres vont vers le symbolisme sombre, pessimiste.
Projet de renouveler le genre. Déjouer le modèle naturaliste.

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6.3. Les écrivains symbolistes et leur projet
Veulent écrire un livre vidé de sa substance, renverser les règles habituelles du réalisme.
Plus d’intrigue aux rebondissement et personnages héroïques engagés dans la société. On a un personnage souvent
seul, oisif, souffrant, en retrait du monde.
Type de roman qualifié de « décadent ». Atypique.
La grande question des écrivains de l’époque :
➔ Est-il encre possible de faire du roman après Zola.
Pour remédier à ça, pour continuer le projet de créer quelque chose de nouveau, les symbolistes vont dans une
pratique romanesque hybride et resserrée.
➔ Optent pour l’instant, le statisme, l’inaction.

6.4. La dimension élitaire du symbolisme – tendance autodérision


Cette dimension est relativisée à l’autodérision.
Rire et surjeu.
Fin 19ème siècle :
Dédié au comique.
L’âge d’or du fumisme.
Fumisme : pseudo-école littéraire et artistique d’acteurs avec un esprit frondeur et potache.
➔ Espèce de folie intérieure, bouffonnerie ; lié à l’idée du déguisement ; un carnaval lucide dont les
membres mettent le costume du fou feignant d’être fou pour asséner des vérités sans crainte d’être menacé
par le pouvoir en place.
MAIS : on ne rit pas de la même façon suivant l’auteur
➔ Il y a de la potacherie et de l’ironie, du calembour et du mot d’esprit, de la parodie explicite et de l’allusion
cryptée, de l’humour noir et du rire jaune, bref, une gamme de comique assez large dont certaines
occurrences sont parfois antagonistes.

6.5. Charles Cros (1842-1888)


Frère d’un sculpteur et d’un médecin.
Grande figure fumiste.
Talent de linguiste.
Il expose un télégraphe automatique, une notre programmatique liée à la reproduction des couleurs, des formes et
des mouvements.
Instigateur de nombreux rassemblements d’écrivains et d’artistes.
A une bonne relation avec Rimbaud et Verlaine jusqu’au jour où le couple s’en va en Belgique.
Œuvres :
Le Coffret de Santal (1873) et Le Collier de griffes (1908) : recueils doux-amers, ironie et lyrisme, monologues
comiques, ancêtres du stand-up.

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6.6. Alphonse Allais (1854-1905)
Ecrivain humoriste, conteur, inventeur d’aventures et de récits brefs.
Un surdoué de l’humour.

6.7. La collectivité et la camaraderie fumiste


L’aventure fumiste repose sur des formules de collectivités.
Club des Hydropathes – 1878 : crée Emile Goudeau. Il crée ensuite L’Hydropathe revue du groupe. Chaque
livraison = un membre du groupe et une caricature, le reste des pages → poésie, notules, blagues, chroniques
décalées.
Emile Goudeau est le rédacteur en chef du Le Chat Noir → icône de Paris (goodies, poster, …).
➔ Lié à Montmartre (cabaret) → Pensé comme une République indépendante. Associe modernité,
expérimentation et plaisir.
Cabaret : chansons inédites, théâtre de l’ombre, rire.
Journal : piques vers ceux qui dominent le monde des lettres, s’essaie à des fictions drolatiques,
hybridation des genres littéraires, de formes journalistiques et de traditions comiques.
Surtout, cette spectacularisation de littérature connaîtra une descendance fructueuse, au siècle suivant, dans une
logique d’exhibition, d’expérimentation, de provocation, de goût pour le jeu, les ruptures fracassantes et les effets
de scandale que goûteront particulièrement les avant-gardes, du dadaïsme au lettrisme, en passant par le
surréalisme, le collège de ‘Pataphysique ou la revue Le Grand jeu… Mais c’est une autre histoire.

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XXème siècle

1. Eléments de périodisation
1.1. Les historiens de la littérature française sont davantage
partagés :
Deux périodisations :

• 1898 : mort de Mallarmé sonnant le glas du symbolisme → dernière grande école du 19ème siècle
Les modernismes apparaissent dans cette perspective. Tentatives de renouvellement de la poésie.

• 1918 : fin de la Première Guerre Mondiale, correspond à l’émergence de deux courants majeurs :
o Surréalisme (1920) : refonte de la poésie, apparait suite à une crise des valeurs symbolistes
agitant les milieux poétiques depuis la mort de Mallarmé.
o La légitimation du roman par La Nouvelle Revue française (1909).
La date la plus souvent avancé : début années 1980
➔ Les dernières avant-gardes se dissolvent, fort renouvellement générationnel chez les écrivains, nouvelles
esthétiques.
Dans le cours : XXème siècle → 1918-1980.
(aborde tout de même la période 1898-1918.)

2. Contexte sociopolitique
L’histoire marquée par deux guerres mondiale :

• Première Guerre Mondiale : guerre industrielle à cause de l’usage d’armement lourd et du nombre
important de victimes.
Guerre de tranchées entre Allemagne et France. Combats aussi en mer et sur d’autres continents.
Conséquences géopolitiques : 4 empires Européens disparaissent (russe, ottoman, austro-hongrois
et prussien) ; les nationalismes s’enflamment.

• Seconde Guerre Mondiale : + monstrueuse, + de victimes, extermination des juifs, élaboration de


l’arme atomique.
Conséquences géopolitiques :
o Partage de l’Europe en 2 ; guerre froide
o Naissance de l’OTAN 1949 ; usage stratégique du nucléaire.
o Création du Conseil de l’Europe 1949
Les différents régimes en France durant le XXe siècle :

• Troisième République 1870-1940

• Durant l’Occupation, la France est coupé en deux :


o Zone nord : gouvernée par l’Allemagne

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o Zone sud : dite « libre »

• Quatrième République 1946-1958 : lancement du programme de reconstruction de la France mais


s’enlise dans les guerres coloniales.

• Cinquième République 1958 : Le Général de Gaulle prend le pouvoir.

3. Contexte socioéconomique

• Les conditions de vie des classes populaires sont un enjeu politique et économique.
Les conditions en usine de plus en plus difficiles MAIS le Front Populaire permet l’obtention de congés
payés et la réduction du temps de travail.

• La reconstruction de la France après la Seconde Guerre Mondiale permet un essor économique sans
précédent durant les Trente Glorieuses (1950-1980).
Cet essor profite pour la classe moyenne dont les conditions de vie s’améliorent.

• Années 70 et 80 : les conditions économiques se dégradent pour les ouvriers et les fractions dominées de
la bourgeoisie dont l’extrême-droite profitera.

4. Contexte culturel
Une surpolitisation de la vie intellectuelle :
Années 20, opposition gauche internationaliste et pacifiste ET droite nationaliste et belliciste.
Montée en puissance du communisme soviétique et des fascismes qui recompose le paysage idéologique.
Multiplication des rencontres entre intellectuels favorisant un brassage idéologique et des formes vairées
d’engagement.
Sartre :
Après la DGM, Sartre incarne la figure de l’intellectuel « total », capable de se prononcer sur tous les sujets.
L’ouverture aux cultures extra)européennes :
L’Europe était le centre du monde, mais la Grande Guerre amorce son déclin, démographique, économique,
financier.
Avant la guerre, les plasticiens s’étaient déjà tournés vers les arts primitifs et les cultures africaines qui ont joué
un rôle dans l’avènement du cubisme.
Apparition de nouvelles épistémologies :
Ces nouvelles traduisent une crise des modèles de pensée antérieurs.
La psychanalyse et le marxisme notamment mettent à bas l’idéalisme rationaliste du XIX e siècle, en postulant que
la conduite humaine est déterminée par des facteurs qui échappent au contrôle conscient de la raison ou à la
décision individuelle : l’inconscient, l’infrastructure socio-économique.
Les thèses du structuralisme :
Elles se répandent dans tous les milieux intellectuels sonnant la fin de la représentation du langage comme outil
de communication transparent.
Emergence de nouvelles pratiques artistiques :
Cinéma, radio, bande dessinée, …

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La télévision :
Emergence et développement de la télévision à partir des années 50.
La télé offre des émissions littéraires et écrivaines : Apostrophes.
➔ Plusieurs auteurs y seront interviewés.
Avancées sur les droits des femmes :
Droite vite : 1944.
Droit au travail : 1965
Autorisation de la contraception : 1969
Dépénalisation de l’avortement : 1975
Reconnaissance du viol entre époux par le code pénal : 1990
Le 20ème siècle va être un siècle d’avancées et de régression du droit des femmes, avec les différents régimes, les
politiques, etc. Les choses commencent à changer après la seconde guerre mondiale, parce que beaucoup
d’hommes sont morts. Droit au congé de maternité et droit de vote apparaissent. Le droit au travail sans le
consentement de son mari date de 1965 en France.
Sous Vichy les femmes sont voués à devenir des poules pondeuses et des ménagères. Ce qui va pousser de plus en
plus de femmes à manifester.
De plus en plus de femmes vont entrer dans le milieu littéraire.

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Chapitre 1 :
Le sacre du roman (1900-1940)

1. Historique
18ème siècle :
Le roman est au bas de l’échelle littéraire. Il est déprécié par la plupart des écrivains. Les romanciers passent après
les poètes.
MAIS tout de même un développement → pourquoi ? :

• Intérêt du public.

• Aide à la propagation des idées des lumières.

• Une certaine plasticité pour une intrigue ou un débat.


Malgré ça, pour les Lumières, il restait un genre mineur.
19ème siècle :
Succès du roman. → Comment ?

• Grâce au roman-feuilleton dans la presse en plein essor.


Tous les sous-genres n’en profitent pas de la même façon.
➔ Roman sentiment ou de cape et d’épées se vendent bien.
➔ Roman aux ambitions esthétiques plus affirmés se vendent moins bien.
Reste dans l’ombre malgré tout.
20ème siècle :
Le siècle du roman → le genre privilégié du public. Le genre le plus rentable.
Les classes populaire ont + accès à la lecture.
Légitimité littéraire se renforce. Le roman bénéficie sur ce point du travail de valorisation par plusieurs instances
et d’un contexte favorable :
➔ Crise des valeurs symbolistes à la mort de Mallarmé à cause d’une instabilité dans le champ poétique.
Plusieurs auteur de ce champ le quitte et se tourne vers le roman.
Prix Goncourt (instance 1) :
Edmond de Goncourt (1822-1896)
Prix attribué chaque année depuis 1903 au « meilleur ouvrage d’imagination en prose paru dans l’année ».
Décerné par l’Académie Goncourt.
Regroupe 10 écrivains dits emblématiques dans leur temps.
Le prix est remis par testament, c’est le premier littéraire du genre qui récompense des œuvres en prose.
Cette instance va jouer un rôle de plus en plus important, même s’il n’est pas tout de suite considéré.
Instance de consécration important pour la légitimité du roman.

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La Nouvelle Revue Française (instance 2) :
Fondée en 1909 par un groupe d’écrivains dont : André Gilde et Jean Schlumberger.
Fonction d’émergence car contribue à faire connaitre de nouveaux auteurs et est un lieu de reconnaissance (grands
débats critiques).
Durant la guerre 14-18, pas de Revue.
Les directeurs :

• Premier gestionnaire 1911 : Gaston Gallimard (1881-1975).

• Relancement 1919 : Jacques Rivières (1886-1925).

• 1925 : Jean Paulhan (1884-1968).


La NRF intègre l’édition Gallimard.
Autre moyen de valorisation du roman :
Les écrivains eux-mêmes avec leurs créations et leurs apports stylistiques et techniques.
Les propositions les plus modernes :

• André Gide (1869-1951)

• Marcel Proust (1871-1922)


Ces deux auteurs ne furent pas les seuls maitres du roman de l’entre-deux guerres. D’autres romanciers moins
dotés socialement contribuèrent par leurs innovations ou par les sujets qu’ils abordèrent dans leurs histoires à
l’essor du genre.

Ces deux instances légitimisent les œuvres mais sans œuvres, elles ne seraient rien.

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2. Les maîtres du roman
2.1. André Gide (1869-1951)
Historique :
Etudes peu brillantes, voyage en Afrique dont les paysages seront idéalisés dans Les Nourritures terrestres (1897)
et où il y découvre une de liberté morale et sexuelle.
Il épouse sa cousine Madelaine Rondeaux.
Il voyage beaucoup et s’écarte de la religion, contre le colonialisme (Voyage au Congo 1927). Cofondateur de la
NRF et reçoit le Prix Nobel en 1947.
Il participe d’abord au symbolisme mais privilégie rapidement le roman à la poésie.
Il fréquente des poètes mais il se rend vite compte qu’il n’y a plus grand-chose à
apporter en poésie.
Paludes – 1894 :
Premier roman avec la tentative d’être sans intrigue, refusant les ingrédients
romanesques au profit d’une réflexion sur le genre lui-même.
Relate les pérégrinations et les hésitations d’un narrateur autodiégétique écrivant
Paludes.
Récit réflexif présenté comme une satire de quoi → pourrait représenté dans le milieu
littéraire comme une satire de l’univers littéraire.
Le personnage principal présente son projet littéraire de façon imprécise et se perd en
voulant se corriger.
Instabilité du texte + perpétuel retardement → s’agit d’écrire, de finir, de terminer
Paludes, de mettre ou pas un tel élément.
➔ Récit habité par une pluralité de romans possibles qui ne commencent jamais.
Récit d’inachèvement présenté comme cyclique.
➔ Se termine presque comme il commence.
Toute la ménagerie littéraire qui en prend pour son garde :

• Ecrivain ambitieux, incertain, incapable de faire un texte cohérent et à tenir son objectif.

• Ce sont ses proches, le cénacle qui s’informent de ses projets pour mieux les déconsidérer en son absence.
➔ Inconnus peu avares en critiques et en conseils : « On m’a parlé de Paludes ! […] Des amis… tu sais, ça
n’a pas beaucoup plu ; on m’a même dit que tu ferais mieux d’écrire autre chose. »
Seul Angèle, maitresse du salon, a un avis qui permet de saisir la légèreté : « J’ai peur que ce ne soit un
peu ennuyeux, votre histoire »
Les possibilités du roman :
Paludes questionne les conditions et l’espace des possibles du roman.
Les Caves du Vatican (1914) : caricature et incongruité, remise en question des règles du réalisme.
Les Faux-Monnayeurs (1926) : procédé de mise en abyme consistant à feindre que le roman soit écrit par l’un des
personnages.
Le roman n’est plus juste un récit d’aventure mais l’aventure d’un récit.
➔ Formule de Jean Ricardou pour définir le Nouveau roman.

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L’intérêt n’est plus de raconter une histoire mais d’éprouver les limites, nier le romanesque et faire du dispositif
narratif l’enjeu même de la littérature.

Notes :
Il publie à la fin du 19ème siècle « Paludes », il a l’idée d’écrire un roman sur quelqu’un qui écrit un roman, enfin
essaie d’écrire Paludes, il va en parler dans le milieu littéraire (donc fait référence à nombre de ces contemporains).
Ceux-ci disent dans son dos qu’il ne va jamais y arriver.
C’est un roman sans véritable intrigue, le milieu est plus suggéré qu’autre chose, il est un peu moqueur ; Mais il
construit petit à petit une idée sur ce que peut le genre lui-même. Ce mets en place progressivement une vision de
l’écriture, donc plus sur la façon d’écrire (espace d’abord formel) que sur le thème ou le contenu.
Gide s’illusionne complètement, il change parfois de regard sur le monde, il va faire un voyage au Maroc et en
revenir avec l’idée que les jeunes hommes prostitués sont des dieux vivant, etc.
Les caves du Vatican est un livre très caricaturale, il met les personnages en scènes de façon satirique. Dans les
Faux-Monnayeurs, il y a un jeu de mise en abime fort présent.
La fin de sa vie va surtout se passer dans la réminiscence de sa gloire d’entend. Il est passé à côté de Proust. Gide
lit le roman que Proust lui a envoyé mais Gide n’aime pas. Quand Proust va l’envoyer à Gallimard.

51
2.2. Marcel Proust (1871 – 1922)
Historique :
Père prof de médecine. Mère fille d’une riche agent de change. Enfant en milieu aisé, très grande aristocratie,
société mondaine de la Belle Epoque avec déclin de l’aristocratie et développement d’une bourgeoisie dite
vulgaire. Fait des études et obtient la fortune familiale qui lui permet une vie tranquille et de s’essayer à l’écriture.
Il ne fait que lire et participer à l’activité mondaine.
Refusé à la NRF.
Publié chez Grasset 1913 : Du côté de chez Swann et A la Recherche du temps perdu.
Prix Goncourt 1919 : A l’ombre des jeunes filles en fleurs.
Il n’a pas écrit beaucoup de roman. Il avait une santé fragile et est mort à 51 ans. Il a écrit un ensemble en 7
volumes. Les 3 derniers ayant été publiés à titre posthume.
Son œuvre fait environ 3000 pages.
Proust voit la recherche comme une quête de la vérité. Marcel énonce une vérité : « L’art est plus important que la
vie ». c’est un écrivain esthète mais aussi philosophique.
A la Recherche du Temps perdu :
Roman de mémoire : récit rétrospectif :
➔ Commence à la fin de l’histoire où le héros devient
écrivain et se met à écrire le roman que le lecteur vient
de lire.
Quête de la vérité → roman philosophique répondant à la
doctrine esthétique : l’art est sans commune mesure avec la vie,
il la transcende car il est la vraie vie.
L’œuvre raconte l’histoire d’un homme qui fait peu à peu la
découverte de la prééminence de l’art sur la vie.
Prééminence des sensations et du sensible dans l’appréhension du
monde.
La mémoire de Proust émerge des sensations.
Recherche :
L’histoire d’une vie, de l’enfance à l’âge adulte.
L’histoire d’une vocation d’écrivain.
Le Temps :
Dénouement de l’histoire commencée dans Recherche.
➔ Comment le héros devient écrivain : l’axe de l’ensemble du récit jusqu’au dernier tome où le héros à la
faveur d’une série d’extases qui lui rendent le « temps perdu », comprend que le seul statut est dans
l’art.

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Notes :
Un roman de mémoire :
Le souvenir à quelque chose de physique, il nous revient en mémoire de manière physique. On le voit notamment
dans le Madeleine de Proust. Le souvenir serait plus lié au gout et à l’odorat comme de côté de la vue, elle est
saturée (il a vu des madeleines depuis). Son but de rechercher est de gravé par l’écrit tous les souvenirs qui lui
reviennent en mémoire quand ils lui reviennent en mémoire.
Albertine occupe la moitié de l’espace du roman alors que dans son brouillon, elle n’apparaissait pratiquement
pas. Elle aura transformé la recherche, le roman était dirigé vers l’aristocratie française et la très grande
bourgeoisie. Proust avait très bien compris les deux mondes.
Un roman « régi par un sens du social étonnamment aiguisé et critique » :
L’aristocratie à une étiquette morale limite, ceux qui ont la conduite répréhensible sont pardonnés. C’est son sang
qui ouvre la porte des salons et pas la conduite morale. Les aristocrates sont refusés chez les bourgeois.
Les aristocrates préfèreraient marier leur fille à un homme pauvre qu’à un riche sans sang noble. Quand
l’aristocratie est en déclin, elle continue tout de même de fermer ses portes à la grande bourgeoisie.
A l’ombre des jeunes filles en fleurs :
Peut-être est un terme qui revient souvent. Il émet de nombreuses hypothèses. Albertine donne l’air d’avoir
plusieurs visages.
Albertine est libre sexuellement, ce qui va renforcer la jalousie de Marcel, il va même finir par la cloîtrer chez lui.
Il s’est trompé sur la sociale d’Albertine qui peut aussi bien paraitre voyou que bourgeoise.

Selon Jacques Dubois dans Les Romanciers du réel :


La Recherche est le grand tableau d’une époque et rapports entre classes mais aussi une œuvre régie par un sens
du social aiguisé et critique.
Rénove la visée esthétique de ses prédécesseurs (Balzac, Flaubert, Zola).
➔ Diversifie son propos avec une extrême subtilité dans ses modes de figuration et d’analyse perçu surtout
dans A l’ombre des jeunes filles en fleurs.
Dans son essai Pour Albertine : Proust et le sens du social :
Constat : Albertine a pris une importance qui ne lui était pas dévolue dans les premières ébauches de la Recherche.
Finalement, elle est présente dans plusieurs volumes.
Albertine met à l’épreuve le sens du social de Proust qui s’était jusqu’alors concentré sur la haute bourgeoisie et
la noblesse dont il montre encore ce qui les sépare dans A l’ombre des jeunes filles en fleurs.

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Les trois-quarts des hommes du faubourg Saint-Germain passent aux yeux d'une partie de la
bourgeoisie pour des décavés crapuleux (qu'ils sont d'ailleurs quelquefois individuellement)
et que, par conséquent, personne ne reçoit. La bourgeoisie est trop honnête en cela car leurs
tares ne les empêcheraient nullement d'être reçus avec la plus grande faveur là où elle ne le
sera jamais. Et eux s'imaginent tellement que la bourgeoisie le sait qu'ils affectent une
simplicité en ce qui les concerne, un dénigrement pour leurs amis particulièrement « à la côte
» [= sans argent], qui achève le malentendu. Si par hasard un homme du grand monde est en
rapport avec la petite bourgeoisie parce qu'il se trouve, étant extrêmement riche, avoir la
présidence des plus importantes sociétés financières, la bourgeoisie qui voit enfin un noble
être digne d’être grand bourgeois jurerait qu'il ne fraye pas avec le marquis joueur et ruiné
qu’elle croit d'autant plus dénué de relations qu'il est plus aimable. Elle n’en revient pas
quand le duc, président du Conseil d'administration de la colossale Affaire, donne pour
femme à son fils la fille du marquis joueur, mais dont le nom est le plus ancien de France, de
même qu’un souverain fera plutôt épouser à son fils la fille d'un roi détrôné que d'un président
de la République en fonction. C'est dire que les deux mondes ont l'un de l'autre une vue aussi
chimérique que les habitants d'une plage située à une des extrémités de la baie de Balbec, ont
de la plage située à l'autre extrémité […]. » (À l’ombre des jeunes filles en fleurs, p. 271-
272)

Albertine est de la petite bourgeoisie en ascension sociale et dont les loisirs plus sportifs et ludiques que des classes
que fréquente le narrateur (et Proust lui-même). Ces loisirs l’induisent d’abord en erreur parce qu’il la prend, elle
et ses amies pour les très jeunes maîtresses de coureurs cyclistes.
Après cela, Marcel aiguise son sens du social, se montrant attentif au moindre comportement, à l’allure des corps
ou encore aux inflexions de la voix.
Il fait de la Recherche un lieu d’enregistrement de la passation du pouvoir à l’œuvre dans la société
➔ Aristocratie en déclin et haute bourgeoisie culturelle voient l’apparition d’une classe prendra plus
d’importance dans la vie culturelle française.

2.3. Louis-Ferdinand Céline (1894-1961)


Dans les années 30 : deux longs romans révolutionnant la prose narrative en l’ouvrant à l’oralité :

• Voyage au bout de la nuit (1932) → Prix Goncourt

• Mort à crédit (1936)


Une nouvelle prose narrative :
L’incipit de Voyage au bout de la nuit commence : « ça a débuté comme ça ».
➔ A l’usage à l’écrit, il est mieux « cela ». « ça » est rare et est utilisé lors de dialogues de personnages de
classes populaires.
L’intégrer au discours narratif et oraliser le discours narratif, Céline invente une nouvelle prose.
La nouvelle prose : accueille des éléments de syntaxe et du lexique du français populaire réservé à l’oral.
Le style célinien : style très travaillé, oralise la langue écrite plus qu’il ne reproduit la langue orale.
Voyage au bout de la nuit :
Bardamu est le narrateur. Il dépeint la condition humaine de façon pessimiste. Parcours où l’absurdité et la violence
sont de plus présents. Il est soldat de 14-18, témoin de l’horreur. Il va en Afrique coloniale, puis en Amérique. Il
revient en France, va en banlieue et devient médecin des pauvres.
Aucun système social ni aucun groupe humain ne trouve grâce à ses yeux, qui ne voient que folie, pourriture et
désespoir partout.
Il dépeint l’amour et la vie de manière pessimiste.

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Prix Renaudot, le roman est revendiqué par la gauche comme par la droite.
Exil :
Céline publie (1937) Bagatelles pour un massacre → antisémite.
Céline a durant la guerre dénoncé des résistants et était contre les juifs, pour l’extrême droite. Il est condamné à la
Libération en exil.
Quand il rentre en France, banlieue parisienne, décharné et loqueteux.
Ses derniers romans ont pour cadre cet exil et se muent en une plainte contre une société qui refuse le génie de
l’écrivain.
Il écrit avec une haine de tout et de tout le monde « surtout de cette société qui a refusé son génie littéraire. »

2.4. Sidonie-Gabrielle Colette (1873-1954)


Elle commence à écrire sous le nom de son mari Willy dirigeant un atelier de romans sentimentaux pour un large
public.
Elue à l’Académie Goncourt 1945 : en sera présidente à partir de 1949.
Première écrivaine à recevoir l’honneur des funérailles nationales.
1984 : son œuvre entre dans la Bibliothèque de la Pléiade.
Elle fait de spectacles où elle est souvent peu vêtue. Elle va avoir des relations avec des hommes et des femmes.
Ses œuvres :
Claudine à l’école (1900) : immense succès ; ton léger et scandaleux étonnant.
Le Blé en herbe (1923)
Chéri (1920) : le milieu littéraire l’impose comme une romancière de premier plan.
Particularité de ses œuvres :
Colette adopte une prose narrative proche de l’écriture journalistique et se montre excellente dialoguiste.
➔ Figure riches et complexes de femmes libres sexuellement et socialement mises en scène dans ses romans.

2.5. Georges Simenon (1903-1989)


Un belge qui est allé à Paris.
Auteur de romans populaires sous pseudonymes.
Années 30 : atteint la célébrité sous son vrai nom avec la série des Maigret.
La série des Maigret – le roman policier :
Maigret : renouvelle le genre du roman policier.
Roman policier classique :
Un meurtre met en échec la police mais un détective de génie arrive et démêle l’enquête rapidement.
Roman policier de Simenon :
Rien avoir avec le roman policier classique.
Meurtre banal, policier banal, enquête traditionnelle.

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MAIS : Maigret a l’art de faire parler les suspects et d’explorer à travers leurs confessions, le fonctionnement de
la petite bourgeoisie.
La petite bourgeoisie : classe laborieuse rêvant d’un avenir meilleur.
Cette classe est le personnage principal de ces romans policiers d’un style nouveau.
Le roman dur :
1933, Simenon se lance dans le roman dur dont il attend une reconnaissance littéraire.
Publié chez Gallimard. André Gide le voit comme le plus grand romancier français de son temps.
Simenon délaisse l’intrigue comme dans Maigret mais met en scène des personnages en crise qui se laissent
entrainer au crime.
Fiançailles de Monsieur Hire – 1933 : M. Hire tombe amoureux de Alice mais elle est l’amante d’un criminel.
Elle séduit Hire pour le faire accuser du crime de son ami.
Quitte Gallimard :
Il quitte Gallimard pour avoir plus de liberté. Il se tourne pour les Presses de la Cité qui sont moins littéraires.
Pour avoir publié dans les journaux dirigés par l’Occupant, à la Libération, il part aux Etats-Unis puis va en Suisse.
1940-1980 : il continue de publier des romans durs tout en revenant aux Maigret.
Conclusion :
Romancier prolifique et populaire, se considérant + artisan que écrivain, il n’obéit pas vraiment aux règles de l’art.
Mise à part Gide, le milieu littéraire le reconnaitra que tardivement.
Entre à la Pléiade 2003.
Il est l’un des romanciers les plus importants du 20ème siècle par son exploration lucide et sans concession
de la petite bourgeoisie.

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Chapitre 2 :
Changer la poésie, changer la vie (1900-1940)

INTRODUCTION
Première partie du 20ème siècle :
Le roman → genre littéraire majeur.
Le champ poétique en mouvement et milieu concurrentiel. Les poètes innovent constamment → « révolution
permanente » des esthétiques.
Entre la période du symbolisme (…-1898) et la période du surréalisme (1924) : course à l’invention sur le plan des
thématiques et des formes.
Période de la course souvent dans l’oubli :
Pourquoi ?
Mort de Guillaume Apollinaire (1918) → poète fort important. Certains auteurs viennent salir sa réputation.
➔ Blaise Cendras : Apollinaire m’a copié → après une étude génétique : ce n’est pas le cas.
➔ Paul Valéry : ne mentionne les apports de Apollinaire au lyrisme dans son essai dans la NRF. Il y définit
la poésie qui y est héritière du symbolisme.
Il redéfinit aussi la poésie avec le surréalisme dans une autre direction que celle d’Apollinaire ce qui
donnera une mauvaise image de ce dernier.
Le surréalisme et Valéry vainqueurs dans les luttes pour la définition légitime de la poésie.
Deux conceptions de la poésies :
Les approches savantes dégagent 2 conceptions de la poésie et de l’art :

• Les modernistes (début 20ème siècle)

• Les avant-gardes (1910)


Le surréalisme passera au-dessus de ces courants.
Les différences : modernismes, avant-gardes, surréalisme

Modernismes Avant-gardes

Toutes œuvres ont en commun leurs efforts Toutes œuvres sont en rupture avec la tradition artistique,
d’innovation poétique dans une tradition littéraire. même l’art.
➔ Veulent faire table rase du passé.
Accompagnent leurs œuvres d’une réflexion critique
nuancée et ouverte à plusieurs courants. Se lient à un credo esthétique qui les distingue des autres
courants.
Evitent la violence.

Malmènent ses adversaires. Violents

Embrassent une cause révolutionnaire placée dans


l’extrême.
Point commun
Les deux courants multiplieront les prises de contact et les expérimentations artistiques avec d’autres champs
artistiques.

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Donc, ce chapitre :
Ce chapitre offre une synthèse de la création poétique de la première moitié du 20 ème siècle construite en deux
temps :

• L’émergence des modernismes ; Guillaume Apollinaire

• Les avant-gardes artistiques et le surréalisme.

1. Les modernismes poétiques (1898-1918)


La mort de Mallarmé 1898 et la fin du symbolisme en poésie sont suivis d’une période d’incertitude.
Chaque poète et chaque groupe, s’essaie à renouveler la poésie dans le champ de la production restreinte.
C’est la course à l’invention de nouvelles formes poétiques.
3 tendances se dessinent dans ce champ :

• Vers libre

• Innovation

• Symbolisme → sera conservé par les modernistes.


Symbolisme :
Généralisé par les modernistes.
Réemploi de formes anciennes sur des contenus nouveaux et dans des schémas métriques plus souples.
Exemple : bloc de deux vers comprenant un énoncé complet.
Les frontières entre les genres et les arts :
Ces frontières s’estompent.
Les poètes de cette période sont souvent polygraphes.
➔ Contes, récits, critiques, essais, romans, … → ont souvent une dimension poétique.
+ de collaboration entre poètes et artistes.
Recueils poétiques :
Beaucoup à cette période mais c’est Surtout Apollinaire que la postérité retient comme le grand poète de ce temps.

1.1. Guillaume Apollinaire (1880-1918)


Né à Rome et appartient grâce à sa mère à la petite noblesse polonaise, citoyenne de l’empire russe.
Va à 7 ans à Monaco où sa mère gâche toute leur fortune en casino.
Va à Paris où il brille à l’école, travaille en tant que précepteur dans une famille allemande et après comme employé
de poste. Il vendra ses textes.
Il a le sens du déplacement, la prise de risque, moins conformiste et plus habile. Pourquoi ?
➔ Plusieurs cultures ; parle plusieurs langues ; fréquente plusieurs milieux.
Rapidement, poète de premier plan et brillant critique.

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Soutient le cubisme → Picasso surtout.
Alcools – 1913 :
Premier grand recueil.
Poèmes datant 1898 – 1913.
Zone :
Poème du recueil daté de 1898 → mort de Mallarmé. Pas choisi ai hasard.
Souligne la rupture avec Mallarmé.
Fait allusion aux paroles de Mallarmé disant que la poésie se trouve partout sauf dans les affiches publicitaires
et les journaux.
Esthétique :
Il s’éloigne de l’esthétique symboliste pour son attention au monde contemporain.
Il multiplie les prosaïsmes et les figures de style. Beaucoup d’éléments inattendus dans ses vers.
Il ne rompe pas complètement avec le symbolisme et la tradition poétique.
Exemple : « Bergère Ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin »
➔ Reprise de la tradition poétique mais fait l’éloge d’un monument moderne et le costume en bergère avec
ironie.
Moderniste, il est :
Il cherche à faire synthèse des recherches artistiques de son temps.
Il est inventeur de formes nouvelles
➔ calligrammes : dessin formé de mots jouant de typographie et spatialité de la page. Fondé sur les rapports
sens des mots et figures dessines.

2. Les avant-gardes artistiques (1916-1940)


2.1. Le mouvement Dada (1916)
Une des premières avant-gardes historiques.
Un groupe avec le poète Tristan Tzara (1896-1963) prennent une salle : Cabaret voltaire. → se situe à Zurich
Lieu d’amusement populaire et de chanson → ce que renvoie le nom.
Que veut Dada ?
Ruiner l’art.
S’oppose à la bourgeoisie et à la raison.
Associe plusieurs pratiques artistiques dissonantes, scandaleuses, iconoclastes et refusent le moindre sens.
Mépris pour la religion, l’institution cléricale, l’armée, le mariage.
Liaison avec la revue Littérature :
Chassé de Zurich, trouve refuge en France.
Accueilli par la revue Littéraire animée par un trio de poètes : André Breton (1896-1966), Louis Aragon (1897-
1982) et Philippe Soupault (1897-1990).
La revue publie : Vingt-trois manifestes du mouvement dada.

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La liaison est courte. Breton rompe avec Dada.

2.2. Le surréalisme
Au lancement de la revue Littérature, il y a plusieurs expériences d’écriture.
Breton et Soupault essaie l’écriture automatique → « dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par
la raison, en dehors de toutes préoccupation esthétique ou morale. »
Les Champs magnétiques (1920) de Breton et Soupault parlera de ces expériences.
1922 :
L’expérience des sommeils : endormissement sous hypnose. Le poète répond librement et absurdement aux
question.
Expérience décisive pour Breton → la poésie est le produit de l’inconscient et il faut lui permettre de s’exprimer.
C’est l’un des fondement du surréalisme.
1924 :
Le groupe augmente.
Revue L a Révolution surréaliste : bureau de recherches surréalistes.
Création du Manifeste du surréalisme : déclaration de la personnalité du groupe et de sa politique, sa doctrine
esthétique.
Doctrine esthétique : opposée au roman, à la poésie moderniste.
Ce que veut le surréalisme :
Prendre la relève du modernisme.
Permettre à l’imagination de reprendre ses droits sur la raison.
Breton fait procès du réalisme, de la logique du monde, du rationalisme. Les oppose au rêve, au valeur, à
l’imagination.
➔ « Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées
jusqu’à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. »
Ethique de la révolte. Hostile au conformisme (aussi en sexualité mais tous n’étaient de la même ouverture
d’esprit).
Il y aura des bastions internes et externes.
Définition du surréalisme :
Récits de rêve, les cadavres exquis, l’écriture automatique.
Définition :
SURRÉALISME, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit
verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée
de la pensée, en dehors de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation
esthétique ou morale.
Le mouvement a marqué par ses œuvres et ses polémiques :
Paul Eluar : « La terre est bleue comme une orange » → image déconcertante (poète).
Louis Aragon : ses rêveries ; le paysage urbain parisien devient magique.

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2.2.1. André Breton – Nadjia
Récit autobiographique.
Ce récit combat la NRF et la poésie moderniste.
3 parties qui ne répondent pas vraiment à la définition d’une autobiographie.
Partie 1 :
« Qui suis-je ? »
N’y parle pas de son enfance.
Ne parle que des évènements marquants de sa vie.
Il retrace certains épisodes fondateurs du surréalisme.
Partie 2 :
Consacré à Nadjia. De leur rencontrer à leur séparation quand elle se fait interner.
Elle est décrite comme une apparition fantastique, c’est un électron libre, femme à la constitution et à la
santé mentale fragile, passée par la prostitution.
Breton la définit comme un « génie libre ».
Breton est conscient de l’état de santé de Nadjia et de son pour lui. Il est incapable de répondre à cet amour.
Mais il a le besoin d’être toujours avec elle. Il se refuse à l’abandonner mais finit par se détacher d’elle.
Partie 3 :
La plus originale du livre.
La rencontre de Suzanne Muzard. Un coup de foudre.
Breton a alors cette formule, devenue célèbre, du livre « battant comme une porte » (p. 185) : il entend
ainsi signifier que l’écriture doit être en phase avec la vie, et accueillir en ses pages les changements qui
se produisent dans celle-là : ainsi de sa rencontre avec Suzanne Muzard, qui devient la destinataire de la
dernière partie de Nadja.
Dans cette dernière partie, il propose une nouvelle définition de la beauté éloignée du modèle classique et
du modèle moderne :
« La beauté sera CONVULSIVE ou ne sera pas. »
➔ Il n’explique le terme convulsive mais l’esthétique de Nadjia, fragmentaire, intrigante, ouverte à
la vie permet de comprendre.

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3. Survivances modernistes (1918-1940)
Avec l’avant-garde surréaliste, le champ de la poésie s’est redéfini.
Les modernistes sont secondaires face au groupe de Breton. Certains se réorientent vers d’autres genres.
Quelques œuvres survivent, moins radicales que le surréalisme, avec l’appui de Jean Paulhan en contact
avec des revues modernistes → dont celle d’Henri Michaux.

3.1. Henri Michaux (1899-1984)


Famille de la moyenne bourgeoisie. Déménage à Bruxelles.
Epris de poésie et de spiritualité, aime la science.
Il rentre dans le revue moderniste belge Disque vert. Il y publie des textes et codirige la revue depuis Paris.
Il se tient loin des surréalistes.
Il fait un premier recueil de poèmes et ensuite essaie différents genres.
Il teste les limites de l’écriture.
Constances dans ses œuvres :
Ses œuvres déconcertent les critiques.
➔ Exploration par l’écrit ou le dessin.
➔ Exploration de l’intériorité du poète.
➔ Défiance envers le langage commun et l’air du temps.
➔ Invente sa propre manière de dire.
➔ Langage neuf délivré de tout ancrage social.
➔ Refus des codes génériques.
➔ Mélange de fiction, de poésie et de réflexion.
Après la guerre 45-45 :
➔ Elargit l’exploration de sa personnalité et de son imaginaire par le langage et par les traits.
Sa passion pour les sciences le pousse à prendre sous prescription médicale un hallucinogène.
➔ But : comprendre le fonctionnement de la pensée et la perception à partir des états de la
conscience.
Sa dernière œuvre porte sur une réflexion sur la difficulté à conserver son originalité, son talent, sa curiosité
lorsqu’augmentent la reconnaissance et la notoriété.

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Chapitre 3 :
La guerre des écrivains (1940-1953)

1. Une autonomie fragilisée : le milieu littéraire durant la Guerre


Seconde Guerre Mondial impacte l’activité littéraire. La zone nord subit un ensemble de mesures dont
certaines touchent l’autonomie du champ littéraire.
Censure de + en + stricte dans toute la France → écrits, fictionnels ou non qui touchent l’Occupant.
➔ Une liste des interdits est donnée aux éditions (auteurs juifs, communistes, opposés aux intérêts
de l’Allemagne.
La NRF :
Les nazis comprennent l’importance de la NRF. Paulhan est donc recherché.
Jean Paulhan arrête la NRF et entre dans la résistance.
« La France a trois puissances : la banque, les communistes et la NRF. »
Pierre Drieu La Rochelle (1893-1945) : est à la tête de la revue avec l’intention de se servir de la culture
française pour convertir les intellectuels aux valeurs de l’Ordre Nouveau.
Il parvient à relancer la revue mais à trouver des contributeurs qui ne soient pas des collaborateurs.
Pourquoi ?
Beaucoup d’écrivains hésitent : s’exiler/rester en France, publier/se taire, s’abstenir/prendre parti,
collaborer/résister.
Une littérature de combat :
Une littérature de combat apparait.
➔ Privilégie la poésie brève propice aux supports en petit format pour faire circuler clandestinement.
Apparition de revues de résistance. → durent rarement longtemps.
Divers projets éditoriaux apparaissent en passant par l’étranger.
Pratiques de contrebande → jouer le jeu de l’Occupant en apparence. Les projets sont soumis à la censure
mais les auteurs sont suffisamment polysémiques et feutrés n’évoquant la guerre qu’à demi-mots.
Autorisation de publier.
Le champ littéraire :
L’autonomie est fragilisée mais pas abolie. Elle a toujours ses effets.
Les choix politiques des écrivains sont déterminés par leur place dans le champ.
On peut identifier des fractions chez les écrivains :

• Les jeunes : moins connus, positionnements selon le succès commercial (journalisme soutenant
activement l’Occupant ou Vichy) ou littéraire (+ novateur, + valorisé, résistance).

• Agés : disposent d’une œuvre reconnue. Positionnement selon la reconnaissance de cette œuvre
avant la guerre par leurs pairs (attitude de retrait, sympathie pour la Résistance) ou par un public
bourgeois (ne se préoccupent pas de la politique, collaborent parfois).

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Les plus anciens auteurs n’ont plus d’impact dans le champ littéraire et laissent place à la nouvelle
génération.
Conclusion :
La période de crise qu’est, pour le milieu littéraire, la Seconde Guerre Mondiale affaiblit donc l’autonomie
du milieu littéraire mais ne remet pas pour autant en cause ses principes de fonctionnement ni ses
hiérarchies, puisque ce sont ceux-ci qui, très largement (des exceptions existent bien sûr toujours),
conditionnent les choix politiques des écrivains.

2. Vainqueurs et vaincus à la libération


La libération est l’occasion d’une restructuration rapide du champ littéraire.
Le Comité National des Ecrivains, organe issu de la Résistance, met en place un tribunal.
➔ Inquiète les écrivains ayant collaboré l’Occupant. Ces écrivains mourront ou s’exileront.
La plupart des exilés écrivent mais n’interviennent plus dans la vie littéraire française.
Les écrivains âgés du champ disparaissent du champ après la guerre.
Nouvelle génération d’écrivains (1900-1915) :
Ce sont les vainqueurs de la guerre. Rejoint la Résistance ou la soutenu durant la guerre.
A la Libération, ses écrivains sont célébrés ouvertement et reçoivent les positions littéraires les plus
valorisées.
Avec leurs écrits et leurs esthétiques qu’ils défendent, ils réorganisent le champ littéraire.

2.1. Les vainqueurs en poésie (Louis Aragon, Paul Eluard, Henri


Michaux)
Louis Aragon :
Aragon et Breton se rencontrent lors de la première guerre mondiale, et vont devenir deux amis pour leur
gout en littérature. Malgré ça, les deux écrivains vont toujours chercher à surpasser l’un et l’autre. Ils
essaient de déprécier les œuvres de l’autre, ils veulent devenir le leadeur du surréalisme. Breton va devenir
ce leader du surréalisme
Il quitte le groupe surréaliste. S’en retire lorsqu’il rejoint avec sa compagne romancière le Parti
Communiste. Il se libère des entraves de Breton avec le cycle romanesque Monde réel.
Il rejoint tôt la Résistance.
Il renoue une activité de poète. Il n’utilise plus les formes avant-gardistes. Il utilisent les formes lyriques
traditionnelles et le vers régulier (Le Crève-cœur – 1941).
Maitre de la poésie révolutionnaire qui aide les soldats.
Paul Eluard (1896-1952) :
Ancien surréaliste.
Rejoint vite la Résistance.
Dirige l’anthologie L’honneur des poètes 1943 Ed. de Minuit → organe clandestin de la Résistance.
➔ Met à l’honneur des poètes communistes, engagés dans la Résistance.
Son poème le plus célèbre : Liberté 1942.

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Henri Michaux :
Moins engagé dans la Résistance.
Ce poète peu connu avant la guerre est devenu à la fin des conflits un acteur majeur de la contrebande.
La poésie de contrebande >< poésie de résistance.
Les œuvres de contrebande ne sont pas à première vue des œuvres qui prônent la résistance comme la
censure ne les a pas refusés
Epreuves, exorcismes :
Parle de cette grande voix à qui Michaux ne veut pas appartenir, il veut pouvoir parler à l’écart de cette
immense voix. Donc parler en son propre nom, et dire ce qu’il veut. C’est d’abord une figure paternelle
(mais un père despotique, le poème peut se lire d’abord comme une rébellion d’un fils contre son père), en
apparence le poème dit qu’il n’est pas patriotique ni catholique, il est comme un champ de non-
appartenance, ce pourquoi la censure n’a pas censuré le texte.

2.2. Les vainqueurs en roman (Jean-Paul Sartre, Albert Camus)


Jean-Paul Sartre (1905-1980) :
Entre en littérature avec La nausée 1938.
➔ Format journal intime de Roquentin, jeune bourgeois pris de nausée devant ce monde. Il finit par
en comprendre la raison : le monde est dépourvu de sens contrairement aux histoires que nous
racontons (ce qu’on raconte sont des mensonges) :
« Quand on vit, il n’arrive rien. Les décors changent, les gens entrent et sortent, voilà tout. […]
Les jours s’ajoutent aux jours, sans rime ni raison, c’est une addition interminable et monotone.
[…] Ça, c’est vivre. Mais quand on raconte la vie, tout change […] »
Est avec la NRF → attentif à la littérature américaine → la traduit, commente et fait connaitre.
Début de la guerre, il est un grand écrivain et critique. Il se libère de la narration hétérodiégétique.
Devient philosophe avec L’Être et le Néant 1943 → rien ne donne sens à la vie humaine.
Se tourne vers le théâtre pour plus largement diffuser sa réflexion.
➔ Huis clos 1944 : 1 acte et 5 scène avec 3 personnages qui se rendent de compte progressivement
qu’ils sont en enfer. Étonnés de ne pas y trouver de bourreau, ni d’y subir les sévices que la
religion leur avait annoncé de leur vivant, ils finissent par se rendre compte, par la bouche d’Inès,
que : « Le bourreau, c'est chacun de nous pour les deux autres. »
C’est là le sens de la célèbre formule, qui apparaît quelques répliques plus loin, dans une
intervention de Garcin cette fois :
« L’enfer, c’est les autres. »
Souvent comprise comme une forme de misanthropie (l’autre est mon ennemi), elle a en fait,
dans le contexte de la pièce, une portée bien différente. Elle intervient au terme d’une réflexion
de Garcin qui s’ouvre par le constat suivant :
« Tous ces regards qui me mangent… ».
C’est le regard d’autrui sur soi, le jugement d’autrui qui est ainsi visé. Et la formule promet à
tous l’enfer du fait de ne jamais pouvoir s’extraire du regard d’autrui.
La façon dont nous utilisons notre liberté, nous définit.

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La littérature engagée ; qu’est-ce que la littérature ?
Théorie que Sartre expose en 1947.
Constat : tout écrivain a une responsabilité parce qu’il a un public à qui il s’adresse.
Ignorer cette responsabilité = acte de mauvaise foi.
Admettre cette responsabilité = défend ses choix politiques dans son œuvre sans renoncer à la qualité
littéraire.
Après la guerre :
Il abandonne le roman et théâtre.
Multiplie les critiques et s’engage dans des fronts : contre les guerres coloniales, soutient les
révolutions cubains, …
Il incarne la figure de l’intellectuel total : penseur, écrivain, journaliste, critique.
Il se prononce sur tous les sujets avec la hauteur de vue que lui confère son savoir et ses compétences.
Albert Camus (1913-1960) :
Grand romancier de la période.
D’origine modeste. Né en Algérie. Famille pied-noir. Milite dans le Parti Communiste avant de le
quitter.
Journaliste et veut devenir écrivain.
L’Etranger – 1940 :
Accueil critique favorable.
Narration homodiégétique (Meursault) mais de façon détachée et pas d’accès aux pensées.
Inaugure le cycle absurde → destiné à démontrer l’absence de sens des existences humaines.
Le mythe de Sisyphe :
Il fait face à l’absurde dans son livre. Face à l’absurde, la seule solution de l’homme est le suicide, mais
pour Camus, il vaut mieux se révolter (un peu comme Sisyphe qui pousse son rocher pour toujours). Il
faudra toujours se révolter car le monde sera toujours absurde.
La Peste – 1947 :
Témoigne une modification philosophique de Camus.
Allégorie de l’engagement, la collaboration et la résistance, expose plusieurs choix :

• Accepter le mal.

• S’éloigner du mal par la religion ou par l’action.

• Se dévouer au bien commun → le choix que prend Camus


Relation avec Sartre :
Fort proche malgré la différence d’âge et de classe sociale.
Camus condamne alors les goulags soviétiques, ce que lui reproche Sartre, pour lequel la fidélité à
l’idéal révolutionnaire du communisme prévaut par-dessus tout autre considération.
L’homme révolté (1950) et sa réception très négative par Les Temps Modernes mettent fin à leur amitié.

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3. Ecrire après les camps
Plusieurs récits jusque dans les années 60 témoignent des horreurs dans les camps.
Quelques récits :

• L’univers concentrationnaire ; 1946 ; David Rousset.

• L’Espèce humaine ; 1947 ; Robert.

• Antelme et La nuit ; 1958 ; Elie Wiesel.


Les auteurs se heurtent aux limites du langage → incapables de rendre compte la déshumanisation.
Alors, ils posent des questions ouvertement sur la possibilité d’écrire après les camps
➔ L’espèce humaine : 1947 ; Robert Anterlme
« Il y a deux ans, durant les premiers jours qui ont suivi notre retour, nous avons été, tous je
pense, en proie à un véritable délire. Nous voulions parler, être entendus enfin. On nous dit que
notre apparence physique était assez éloquente à elle seule. Mais nous revenions juste, nous
ramenions avec nous notre mémoire, notre expérience toute vivante et nous éprouvions un désir
frénétique de la dire telle quelle. Et dès les premiers jours cependant, il nous paraissait
impossible de combler la distance que nous découvrions entre le langage dont nous disposions
et cette expérience que, pour la plupart, nous étions en train de poursuivre dans notre corps.
Comment nous résigner à ne pas tenter d’expliquer comment nous en étions venus là? Nous y
étions encore. Et cependant c’était impossible. À peine commencions-nous à raconter que nous
suffoquions. À nous-mêmes, ce que nous avions à dire commençait alors à nous paraître
inimaginable. »
Levi aimait l’idée que le véritable témoin d’Auschwitz est celui qui est mort. Ceux qui ont survécu ont
réussi à combattre et à rester humains malgré tout. Ce sont eux les vrais témoins, les survivants n sont à
côté que des usurpateurs.

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Chapitre 3 :
L’apogée du roman artiste (1953-1980)

INTRODUCTION
L’année 1953 : charnière dans l’histoire de la littérature.
➔ Un passage au second plan des problématiques de la guerre et de la Libération. Retour des logiques
artistes.
➔ La doctrine sartrienne et la parnasse → Parti Communiste → perde leur importance.
Evènements actant dans cette transformation :

• Beaucoup de méfiance.

• Libération de collaborateurs. Perte d’influence des anciens résistants dans la sphère politique et
culturelle.

• Conséquence milieu littéraire :


o NRF autorisée à reprendre ses activités (Jean Paulhan) → occasion de réaffirmer les
problématiques artistes dégagées de la politique.
o Essais développant une critique des conceptions sartriennes pour renouer avec une conception
artiste de la littérature → succès.
Retour à une pratique littéraire artiste :
Retour à une pratique littéraire artiste centrée sur la réflexivité formelle et éloignée des préoccupations sociales et
politiques de sont temps (surtout dans le roman).
Réfléchissent aux potentialités et aux fonctions du genre et aux techniques.
Peu d’intérêt à l’intrigue, aux personnages, à l’analyse psychologique.
Se concentre sur la découverte de nouvelles techniques romanesques.
Touche la paralittérature surtout le néo-polar.
Souhait d’un roman débarrassé du romanesque et qui vaut pour son style ou le degré d’élaboration technique
narrative.
Edition et auteurs :
Editions de Minuit → principal acteur du Nouveau Roman.
Marguerite Duras / Jean Giono / Louis Aragon / Raymond Queneau / Georges Perec
Ce n’est pas la première génération de romanciers avec ces caractéristiques :
Flaubert disait déjà à Colet qu’il souhaitait écrire un livre sur rien.
Les anciens symbolistes et naturalistes avaient aussi ce souhait.
+ d’intérêt pour la psychologie des personnages et les techniques narratives (surtout le monologue intérieur).
Le surréalisme exclut :
S’oppose à l’esthétique réaliste (présente dans le roman psychologique, roman cyclique).
Breton exclut le genre.

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Aragon VS Breton :
Aragon fut exclut du surréalisme par Breton.
Aragon veut réinventer le roman.
Il écrit La Défense de l’infini qu’il détruit car Breton s’y oppose. (3000p ; 1000p furent retrouvée)
L’absurde (années 30) :
Renonce souvent à l’intrigue.
Renouvelle les techniques narratives.
Influence du roman américain.
L’étranger.
Résumé :
Les recherches littéraires sur le roman n’ont pas attendu les années 1950 pour apparaître ; mais elles atteignent, à
partir de cette période et pendant trois décennies, une intensité et une inventivité inédites dans l’histoire.

1. Le Nouveau Roman
Un roman sans intrigue, langage miné, questionnement métaphysiques.
Souhait de développer de nouvelles techniques narratives.
➔ Voir conclusion Nouveau Roman.

1.1. Les Editions de Minuit (1941)


Fondées clandestinement en 1941 par Jean Bruller et Pierre de Lescure.
➔ Vingtaine d’ouvrages d’écrivains de la Résistance.
A la Libération, quittent la clandestinité et étoffent le catalogue.
Une des enseignes les plus novatrices et avant-gardistes de la seconde moitié du 20ème siècle.
Jérôme Lindon prend le relai quand Vercors en a marre des problèmes financiers.
Quand Lindon meurt, sa fille, Irène reprend mais vend à Gallimard 2021.
Jérôme Lindon :
Lance la collection Document → cultive l’héritage critique de la Résistance
➔ Textes de rescapés des camps de concentration ; de déserteurs ; d’opposant la guerre d’Algérie.
1960 : signe avec le Manifeste des 121 → défend le droit à l’insoumission dans le contexte de la guerre d’Algérie
pensée par les signataire comme injuste.
1951 : publie le premier roman d’un auteur irlandais Molloy
➔ Succès, publication de la suite Malone meurt et L’Innommable
➔ Personnages humains pas dotés d’une identité civile et sociale identifiable.

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L’Innommable – 1953 :
Met en scène un être seul dans le noir, sans nom, ni corps bien défini.
L’incipit annonce être un méta-roman→ un texte réfléchit aux formes mêmes dont il est constitué.
« Où maintenant ? Quand maintenant ? Qui maintenant ? Sans me le demander. Dire je. Sans le
penser. Appeler ça des questions, des hypothèses. Aller de l’avant, appeler ça aller, appeler ça
de l’avant. Se peut-il qu’un jour, premier pas va, j’y sois simplement resté, où, au lieu de sortir,
selon une vieille habitude, passer jour et nuit aussi loin que possible de chez moi, ce n’était pas
loin. Cela a pu commencer ainsi. Je ne me poserai plus de questions. […]. J’ai l’air de parler, ce
n’est pas moi, de moi, ce n’est pas de moi. Ces quelques généralisations pour commencer.
Comment faire, comment vais-je faire, que dois-je faire, dans la situation où je suis, comment
procéder ? Par pure aporie ou bien par affirmations et négations infirmées au fur et à mesure, ou
tôt ou tard. […] À remarquer, avant d’aller plus loin, de l’avant, que je dis aporie sans savoir ce
que ça veut dire. Peut-on être éphectique autrement qu’à son insu ? Je ne sais pas. Les oui et
non, c’est autre chose, ils me reviendront à mesure que je progresserai, et la façon de chier
dessus, tôt ou tard, comme un oiseau, sans en oublier un seul. On dit ça. Le fait semble être,
[…], que je vais avoir à parler de choses dont je ne peux parler, mais encore, ce qui est encore
plus intéressant, que je, je ne sais plus, ça ne fait rien. Cependant je suis obligé de parler. Je ne
me tairai jamais. Jamais. »
➔ Les questions : renvoient aux éléments précisés dans début de roman (lieu, date, personnages,
…) MAIS ils ne sont pas précisés mais interrogés.
Un roman normal → débute avec un évènement déclencheur = une péripétie
Le nouveau roman → débute avec une péripétie se réduisant à une sortie du personnage de chez lui.
Samuel Becket :
Acteur de la littérature artiste → roman et théâtre.
En attendant Godot :
Pièce de théâtre.
Scandale.
Succès critique du théâtre absurde.
En deux actes avec deux clochards dont la vie n’a pas de sens (Vladimir et Estragon). Le temps est meublé
par des discussions sur la métaphysique et les digressions burlesques. Pozzo et Lucky qu’il tient en laisse
et est dépourvu de parole et de raison arrivent.
La pièce illustre de manière pessimiste la condition humaine, privée de sens.
➔ « Mais à cet endroit, en ce moment, l’humanité, c’est nous, que ça nous plaise ou non. Profitons-
en, avant qu’il soit trop tard. Représentons dignement pour une fois l’engeance où le malheur
nous a fourrés. Qu’en dis-tu ? (Estragon n’en dit rien.) Il est vrai qu’en pesant, les bras croisés,
le pour et le contre, nous faisons également honneur à notre condition. Le tigre se précipite au
secours de ses congénères sans la moindre réflexion. Ou bien il se sauve au plus profond des
taillis. Mais la question n’est pas là. Que faisons-nous ici, voilà ce qu’il faut se demander. Nous
avons la chance de le savoir. Oui, dans cette immense confusion, une seule chose est claire :
nous attendons que Godot vienne. »
C’est suite à la critique de Alain Robbe-Grillet dans la revue Les Temps Modernes que Lindon contacte
l’auteur.

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Lindon et Becket :
Lindon aime l’esprit vif, l’humour et la volonté d’un renouvellement des formes romanesques de Becket.
Becket devient le conseiller éditorial de Lindon (1955).
Le duo fait un catalogue romanesque et théâtral.
Les débuts du mouvement grâce à Becket :
Les critiques de Becket sont rassemblées en 1963 → Pour un Nouveau Roman.
➔ Dit que les notion héritées du passé sont périmées. Les romanciers doivent aller en quête
d’innovation.

1.2. L’émergence du mouvement (1957)


Roman des Editions de Minuit de ce mouvement :

• La Jalousie d’Alain Robbe-Grillet,

• Le Vent de Claude Simon,

• Tropismes de Nathalie Sarraute

• La Modification de Michel Butor

1.2.1. La Jalousie
Intrigue réduite à une expression : le narrateur épie sa femme qui semble porter de l’intérêt à Franck.
Alterne descriptions géométriques du lieu et des descriptions froides des faits et geste de la femme.
Joue sur le double sens de jalousie :

• Renvoie à la raison de ces observations à travers une fenêtre.

• Renvoie au sentiment
Intérêt pour la psychologie des personnages pourtant l’intériorité, les pensées des personnages sont
inaccessibles.
Ce n’est pas une analyse de la jalousie. C’est juste de rendre la jalousie sensible à travers la pulsion
scopique du narrateur.

71
1.2.2. Tropisme de Nathalie Sarraute (1900-1999)
Russe dans une famille bourgeoise juive cultivée. Elle vit entre la France, la Suisse et la Russie. Mariée
et devenue avocate. Elle se fixe à Paris.
Les œuvres de Proust, Joyce et Woolf la marquent.
Tropisme passe inaperçu (mais des écrivains comme Sartre l’encourage).
Durant la guerre, avec la loi anti-juive, elle quitte son mari pour le protéger. Il vit un peu partout avec
plusieurs identités tout en écrivant.
Avec le soutien de Sartre, à la Libération, elle publie chez Gallimard :

• Portrait d’un inconnu 1947

• Martereau 1953

• Les Fruits d’or 1963


Tropisme réapparition chez les Ed. Minuit 1957 :
Il est augmenté de 6 textes.
Pas d’intrigue ni personnage nommés.
Vise à rendre compte des tropismes → foisonnement innombrable de sensations, d’images, de sentiments,
de souvenirs, d’impulsions, de petits actes larvés qu’aucun langage intérieur n’exprime, qui se bousculent
aux portes de la conscience, s’assemblent en groupes compacts et surgissent tout à coup, se défont
aussitôt, se combinent autrement et réapparaissent sous une nouvelle forme, tandis que continue à se
découler de nous le flot interrompu de mots.
Ces tropismes n’ont jamais été saisies selon elle par les techniques de la psychologie humaine.
➔ Il faut développer de nouvelle techniques d’écriture pour en rendre compte.

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Extrait :
Le matin elle sautait de son lit très tôt, courait dans l’appartement, âcre, serrée, toute chargée de
cris, de gestes, de halètements de colère, de « scènes ». Elle allait de chambre en chambre,
furetait dans la cuisine, heurtait avec fureur la porte de la salle de bain que quelqu'un occupait,
et elle avait envie d'intervenir, de diriger, de les secouer, de leur demander s'ils allaient rester là
une heure ou de leur rappeler qu'il était tard, qu'ils allaient manquer le tram ou le train, que
c'était trop tard, qu'ils manquaient quelque chose par leur laisser-aller, leur négligence, ou que
leur déjeuner était servi, qu'il était froid, qu'il attendait depuis deux heures, qu'il était glacé... Et
il semblait qu’à ses yeux il n'y avait rien de plus méprisable, de plus bête, de plus haïssable, de
plus laid, qu’il n’y avait pas de signe plus évident d’infériorité, de faiblesse, de que de laisser
refroidir, que de laisser attendre le déjeuner.
Ceux qui étaient des initiés, les enfants, se précipitaient. Les autres, insouciants et négligents
envers ces choses, ignorant leur puissance dans cette maison, répondaient poliment, d’un air
tout naturel et doux : « Merci beaucoup, ne vous inquiétez pas, je prends très volontiers du café
un peu froid. » Ceux-là, les étrangers, elle n’osait rien leur dire, et pour ce seul mot, pour cette
petite phrase polie par laquelle ils la repoussaient doucement, négligemment, du revers de la
main, sans même la considérer, sans s’arrêter un seul instant à elle, pour cela seulement elle se
mettait à les haïr.
Les choses ! les choses ! C’était sa force. La source de sa puissance. L’instrument dont elle se
servait, à sa manière instinctive, infaillible et sûre, pour le triomphe, pour l’écrasement.
Quand on vivait près d’elle, on était prisonnier des choses, esclave rampant chargé d’elles, lourd
et triste, continuellement guetté, traqué par elles.
Les choses. Les objets. Les coups de sonnette. Les choses qu’il ne fallait pas négliger. Les gens
qu’il ne fallait pas faire attendre. Elle s’en servait comme d’une meute de chiens qu’elle sifflait
à chaque instant sur eux : « On sonne ! On sonne ! Dépêchez-vous, vite, vite, on vous attend. »
Même quand ils étaient cachés, enfermés dans leur chambre, elle les faisait bondir : « On vous
appelle. Vous n’entendez donc pas ? Le téléphone. La porte. Il y a un courant d’air. Vous n’avez
pas fermé la porte, la porte d’entrée ! » Une porte avait claqué. Une fenêtre avait battu. Un
souffle d’air avait traversé la chambre. Il fallait se précipiter, vite, vite, houspillé, bousculé,
anxieux, tout laisser là et se précipiter, prêt à servir.

➔ Les tropismes sont : gestes, tonalités, comportements de la tenancière.


Le comportement n’est pas l’objet de l’instance narrative. Pas de marque de discours direct de
la tenancière faisant comprendre ce comportement.
C’est le style en longues phrases hachées par les virgules qui permet de ressentir la nervosité de
la tenancière et l’angoisse des résidents.

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1.2.3. La Modification de Michel Butor
Ed. Minuit.
Professeur de français tenté par l’écriture.
Il écrit :

• Passage de Milan 1954

• L’Emploi du temps 1956


Il s’arrête tôt pour aller aux Etats-Unis enseigner, ensuite ne France et après en Suisse.
Ses écrits se limiteront à des essais critiques de livre d’art ou de recueils de poésie.
La Modification :
Pas d’intrigue très développée, ni la psychologie des personnages.
Un homme prend le train pour Rome et, durant ce voyage, réfléchit à sa vie et à sa situation personnelle
– il hésite entre l’amour qu’il porte à sa femme, Henriette, et à une promesse de vie nouvelle incarnée par
sa maîtresse, Cécile – il entend d’ailleurs, au début de son voyage, quitter sa femme pour vivre avec Cécile
à Rome. Ce trajet – et la réflexion qu’il permet – sera le lieu d’une modification de sa vie, puisqu’à son
arrivée à Rome il ne rejoint pas sa maîtresse mais se lance dans l’écriture d’un livre devant rendre compte
de la modification que son caractère a connue.
Le roman a un début singulier et nouveau → ne décrit pas le personnage de l’extérieur et pas d’analyse de son
comportement.
Le roman s’adresse à l’homme (personnage) à la seconde personne.
Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre, et de votre épaule droite vous essayez en vain de pousser
un peu plus le panneau coulissant.

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1.2.4. Claude Simon (1913-2005)
Hérite d’une fortune familiale, orphelin à 11 ans.
Ecrit et peint.
Duran la Seconde Guerre Mondiale : mobilisé dans le 13ème Dragons de la cavalerie française. Tombe en
embuscade, perd son capitaine et est fait prisonnier.
Il écrit des romans de facture classique qu’il renie plus tard.
Par Robbe-Grillet, il entre aux Ed. de Minuit avec Le Vent : tentative de restitution d’un retable baroque 1957.
La Route des Flandres 1960 → lui permet de trouver sa manière.
La Route des Flandre 1960 :
Incipit :
« Il tenait une lettre à la main, il leva les yeux me regarda puis de nouveau la lettre puis de
nouveau moi, derrière lui je pouvais voir aller et venir passer les taches rouges acajou ocre des
chevaux qu'on menait à l'abreuvoir, la boue était si profonde qu'on enfonçait dedans jusqu'aux
chevilles mais je me rappelle que pendant la nuit il avait brusquement gelé et Wack entrait dans
la chambre en portant le café disant Les chiens ont mangé la boue, je n'avais jamais entendu
l'expression, il me semblait voir les chiens, des sortes de créatures infernales mythique leurs
gueules bordées de roses leurs dents froides et blanches de loups mâchant la boue noire dans les
ténèbres de la nuit, peut-être un souvenir les chiens dévorants nettoyant faisant place nette :
maintenant elle était grise et nous nous tordions les pieds en courant, en retard comme toujours
pour l'appel du matin, manquant de nous fouler les chevilles dans les profondes empreintes
laissées par les sabots et devenues aussi dures que de la pierre, et au bout d'un moment il dit
Votre mère m'a écrit. »
Revient de façon fictionnelle sur le drame vécu de 1940 par l’auteur.
Le narrateur se souvient de cet évènement ainsi que d’autres.
La phrase qui est longue mêle plusieurs temporalités.
➔ C’est le cas tout au long du récit.

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1.3. Conclusion Nouveau Roman 1957
1957 : première fois qu’apparait le nom « Nouveau Roman » → Le Monde l’utilise pour qualifier La Jalousie et
Tropisme.
Robbe-Grillet devient le chef de fille de la nouvelle école littéraire.
C’est quoi le Nouveau Roman ?
Les Nouveaux Romanciers se fréquentent peu >< aux surréalistes et Romantiques.
Ils n’élaborent rien en collectivité, pas de manifeste.
Seule la critique les réunit et leur éditeur qui les met sur la scène littéraire → Robbe-Grillet montre le courant une
école dans les médias.
Les points communs dans ce « groupe » :
Les œuvres des néo-romanciers ont des points communs :

• Renoncent à développer une intrigue soutenue.

• Renoncent à créer des personnages complets.

• Se passent des techniques narratives et discursives fort établies.


➔ Narrations identifiables, discours direct ou indirect libre, monologue intérieur, narration à la deuxième
personne, narration descriptive.

• Attention sur le langage et ses apories.


Les différences au sein du « groupe » :
Rien de commun entre :

• Textes beckettiens : de plus en plus courts et abstraits.

• Textes de Claude Simon : plus réalistes par le sujet et souvent longs.

2. Marguerite Duras (Donnadieu) (1914-1996)


Ne fait pas partie du Nouveau Roman → preuve qu’il y a d’autres courants qui se sont lancés dans la voie
de la réflexion sur les techniques et formes de la narration.
Duras est la figure la plus marquante pour cette réflexion.
➔ Elle a inventé un nouvel art de la prose.
Historique :
Né en Indochine française. Son père meurt tôt et est enterré à Duras.
Duras rentre en France 1933.
Epouse Robert Antelme 1939.
Diplômée en droit public et en économie politique, elle entre comme agent administratif au Ministère des
Colonies 1937-1940.
1942 : rejoint le Comité d’Organisation du Livre → partie de la censure allemande. Mais, Dionys Mascolo
est son amant et militant communiste. Ils se lient à plusieurs résistants.
1944 : guet-apens. Antelme et d’autres sont arrêtés. Duras s’enfuie et se cache. Elle fréquente l’agent de la
Gestapo qui a arrêté son mari. Elle fait ça pour sauver son mari.
Après la guerre, Antelme a survécu aux camps.

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Ses œuvres :
Les Imprudents 1941 :
Premier roman sous le nom Duras.
La Douleur 1985 :
Raconte l’année où elle soigne Antelme.
Les premiers romans publiés chez Gallimard :
Proches de l’existentialisme : Les Imprudents, La vie tranquille.
Proches du behaviorisme : Un barrage contre le pacifique Le Marin de Gribraltar.
Cherchent à expurger le roman du psychologisme en réduisant les personnages à leurs paroles ou à leurs
regards.
Scénario :
1956 : rupture avec Mascolo ; travaille avec le cinéma.
➔ Hiroshima mon amour, film d’Alain Resnais qui fera partie de la sélection officielle du Festival
de Cannes en 1959.
Moderato Cantabile 1958 ; Le ravissement de Lol V. Stein 1964 ; Le Vice-Consul 1966 :
Plus abstrait, sensible, froid.
Associé au Nouveau Roman.
Yann Andréa Steiner 1992 :
Récit consacré à son autre mari Yann Lemée qu’elle nomme Yann Andréa.
Il restera au près d’elle jusqu’à sa mort.

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2.1. Le Ravissement de Lol V. Stein 1964
Un roman qui surprend par sa narration, son intrigue et son écriture.
Intrigue :
Tenue mystérieuse, plusieurs scènes difficiles à comprendre avec précision.
Duras lors de ses interviews gardera le mystère sur Lol qui ne se comprend pas elle-même. Duras ne la
comprend pas vraiment non plus.
Ecriture :
Tend vers l’obscurité.
Une histoire sortie d’une traite ?
C’est ce que veut nous faire croire Duras. Mais les manuscrits démontrent qu’il y a eu énormément de
travail derrière.
Ravissement :
L’ambivalence règne avec le titre qui veut dire deux choses :

• Désigne un rapt ou une grande joie.

• Renvoie au fait que Lol est l’objet du ravissement.

L’obscurité :
L’obscurité a été voulue. Les manuscrits démontrent l’effacement progressif d’infos.
L’obscurité est présente dans le titre avec « ravissement » .
L’obscurité est présente dans le sens tenu au personnage de Lol. Elle qui s’exprime peu et sans cesse
présentée au lecteur comme fuyante, indéfinie et incertaine.
L’obscurité est présente dans le choix de la narration. Un narrateur homodiégétique au début. Histoire
reposant sur le témoignage de Tatiana qu’il juge faux. Ce narrateur n’est pas fiable. Il disparait ensuite et
revient plus tard. On comprend que le narrateur inconnu est Jacques Hold.
L’obscurité est présente par le fait que le texte participe à un régime poétique renonçant à expliquer pour
privilégier les résonnances.
L’obscurité est présente dans le langage qui manque de mots pour dire la réalité de Lol.
La conséquence de l’obscurité, de l’instabilité :
La conséquence principale est que les lecteurs font l’épreuve du ravissement plus qu’ils ne reçoivent
l’explication.
La folie :
La folie est exemplatif du fonctionnement du texte.
On y lit les étapes d’une folie → de l’apparition, à l’adolescence, des premiers signes d’aliénation aux
crises – celle du bal puis celle de la scène finale, où Lol se dissocie pour être à la fois Tatiana et Lol.
Mais la folie ne trouve pas d’explication sinon dans la compulsion névrotique qui conduit Lol à réaménager
sans cesse les conditions de son exclusion iinitale.

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