XIXe
XIXe
LITTERATURE FRANÇAISE
19EME – 21EME SIECLES
TABLE DES MATIERES
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Le XIXème Siècle
Bleu → lié aux PWP
INTRODUCTION
Etudier les productions littéraires du XIXe siècle implique : la considération d’un contexte complexe et en
perpétuel mouvement.
1789 : Révolution française = coupure historique radicale.
Ancien Régime s’écroule avec l’organisation sociale vielle de plusieurs siècles.
Il y a une instabilité politique jusqu’en 1870 à la IIIe République. Pourquoi ? La France tarde à trouver le système
qui remplacera l’ancien (l’instauration de la IIIe République en 1870).
Ce basculement historique provoque des modifications profondes dans la société, la pensée et la littérature :
la France a perdu les repères qui étaient les siens et en cherche de nouveaux.
Il y a un décalage entre les dirigeants politiques et la population → l’insurrection de la Commune de Paris (fin
mars – fin mai 1871) le témoigne.
La période de 1789 – 1799 : peut être considérée comme la période révolutionnaire au sens large. Le basculement
historique de 1789 provoque des modifications profondes dans la société, la pensée et la littérature.
L’alternance de révolution et de succession de régime s autoritaires ne prendra fin qu’avec la Troisième République
qui émergera dans des conditions difficiles.
• La convocation des Etats Généraux par Louis XVI pour régler la crise financière.
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• 4 août : prise de la Bastille → on vote la fin des privilèges féodaux, la déclaration des Droits de
l’Homme (26 août).
17 juillet 1791 :
La garde nationale fait feu sur les manifestants du Champs-de-Mars → envenime les choses.
14 septembre 1791 :
Louis XVI jure fidélité à la première constitution française.
Pas de rétablissement de la France pour autant. Difficultés sur le plan économique.
Engagement dans une guerre avec l’Autriche.
11 juillet 1791 :
Le Duc d’Autriche avertit les Parisiens que s’ils ne soumettent pas Paris sera promis à une exécution miliaire et à
une subversion totale et les révoltés aux supplices qu’ils méritent.
Le roi est suspecté de collaborer avec la Prusse et d’être contre l’Assemblée nationale.
10 août 1792 :
Une foule d’insurgés prend le palais des Tuileries.
Contrainte de prononcer la suspension du roi. La famille royale est détenue.
Massacres de septembre : les révolutionnaires français exécutent des prêtres, monarchistes et autres perturbateurs
détenus dans les prisons parisiennes.
L’Assemblée législative met en place une convention élue : 2-6 septembre
21 septembre 1792 :
La Convention nationale décrète que « la royauté est abolie en France » et que « l’An I de la République française
»
1793 – 1794 :
Période de la Terreur, sombre, de répression virulente, exécutions de suspects. La Révolution entre dans une
période de répression politique sauvage.
27 juillet 1794 :
Mort de Robespierre → entraine un sentiment de liberté.
1795 – 1799 :
Le Directoire : système répartissant le pouvoir exécutif entre 5 directeurs et rétablissant le suffrage censitaire.
Suffrage censitaire : droit de vote autorisé aux citoyens payant un certain impôt.
Il s’agit d’une période plus libre sur le plan des mœurs.
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1799 :
Fin du Directoire.
Coup d’Etat de Napoléon Bonaparte.
Instauration du Consulat : le pouvoir est théoriquement divisé en 3 consuls. Bonaparte qui dirige l’armée con-
trôle en réalité tout.
En 1802 : il est nommé consul à vie.
1804 : il est sacré Empereur (nommé Napoléon Ier) et établit l’Empire.
Historique de Napoléon Bonaparte après son sacrement :
Napoléon Ier se lance dans une campagne militaire en Europe (victoires et défaites).
Les puissances Européennes POUR l’Ancien Régime s’allient contre lui. Elles gagnent. Napoléon abdique.
Règne de Louis XVIII. (1814)
Napoléon s’est exilé sur une île mais il s’en échappe et va Paris. C’est la période des Cent Jours (1815).
Relancement de la guerre contre Napoléon. Défaite pour Napoléon et il doit à nouveau abdiquer. Il retourne sur
son île.
(petit bref de cette partie : 1814: Abdication de Napoléon. Début de la Restauration (Louis XVIII). Du 1er mars
au 18 juin 1815 (Waterloo), période des « Cent-Jours ».)
1.2. La Restauration
La Restauration correspond à un retour à la monarchie après la période républicaine postrévolutionnaire et la
chute de Napoléon Ier.
Règne de Louis XVIII :
1814 : Louis XVIII entre triomphalement dans Paris en tant que roi de France. Il octroie au peuple français une
charte constitutionnelle censée concilier :
o Les principes de l’Ancien Régime : monarchie du droit divin.
o Les acquis de la Révolution : abolition des privilège.
Règne de Charles X :
Il est très attaché aux privilèges de l’Ancien Régime et lutte contre-révolutionnaire.
Règne marqué par un renforcement de la politique réactionnaire et autoritaire → contribue à son impopularité.
Sa chute la fin du règne des Bourbons.
(En bref : 1830 : Charles X renversé au cours des « trois glorieuses » (27-29 juillet). Remplacé par Louis-Phi-
lippe d’Orléans, le « roi-citoyen ».)
Tout au long du siècle :
3 clans se disputent le pouvoir :
o Les légitimistes / Bourbons : persuadés que le pouvoir doit se transmettre de gé-
nération en génération.
o Les Orléanistes : famille des ducs d’Orléans ; partisans de la Monarchie constitu-
tionnelle.
o Les Bonapartistes : Empire.
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1.3. De l’éphémère Deuxième République à l’Empire
Février 1848 :
Les émeutes font chuter Louis-Philippe.
Naissance de la Deuxième République.
Période troublée. Les principes de 1789 et le suffrage universel masculin sont de nouveau d’application. Pour-
quoi ? c’est une régence collective qui vise cela.
Avril 1848 :
Elections des membres de l’Assemblée Constituante voient les Républicain l’emporter
Décembre 1848 :
Premières élection présidentielles.
Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l’Empereur, est élu Président de la République. Il établit le Second Empire
en 1851.
Historique de Louis-Napoléon Bonaparte :
Il est sensible aux conditions de vie du peuple (écrit Pour l’extinction du paupérisme).
Il séduit l’électorat de gauches et s’attire les faveurs de la droit pour son peu d’expérience et est peu stratège
donc facile à manipuler.
Il a les faveurs de Victor Hugo (écrit L’évènement).
Il déconstruit la politique républicaine et tente de revenir à un système monarchique.
Il réduit l’électorat et la liberté de presse → Victor Hugo déçu.
La constitution l’empêche de se représenter aux élections pour 1852 alors il tente un coup d’Etat le 2 décembre
1851 en dissolvant l’Assemblée et en établissant une nouvelle constitution.
1852, il est sacré Empereur. C’est le commencement du Second Empire.
Marque la transformation de Paris et se soldera par une guerre désastreuse contre la Prusse.
Il a engagé la France dans une campagne militaire qu’elle ne peut mener. Il perd et se fait emprisonner. Il est
contraint de faire capituler son armée.
3 jours après la capitulation, début la Troisième République.
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2. Situation culturelle
[Link] et savoirs
19ème siècle, la langue est le sujet d’une réflexion qui va en s’amplifiant et en s’élargissant du point de vue du
lectorat.
La Révolution a vu l’avènement d’une société de la « parole publique » et a favorisé la représentation typiquement
française d’une société de la libre expression et du débat publique.
La conscription obligatoire favorise le brassage sociale et l’accélération de l’unification linguistique.
Centralisation. Pairs devient la capitale politique, administrative, économique et politique.
Mouvement d’unification progressive sur le plan linguistique, de l’éducation, de l’administration.
L’alphabétisation progresse.
1881-1882 : Jules Ferry rend l’école gratuite et la primaire obligatoire. Période marquée par le développement des
mesures de démocratisations des savoirs.
L’essor de la presse est capital. Apparition d’une civilisation du journal.
Essor de la connaissance scientifique, qui s’organise en un savoir autonome, et du discours qui la supporte.
L’homme de lettres et le savant ne communiquent plus directement, ce qui n’était pas le cas à la période des
Lumières.
Développement de l’histoire comme discipline et des sciences sociales.
Plusieurs travaux ont montré comment le développement du journal infléchit la production littéraire de
l’époque :
• La presse est investie par de nombreux aspirants écrivains. Ces « Rousseau du ruisseau » (selon
l’expression de Darnton) trouvent là un moyen de vivre de leur écriture.
• Le monde du journal va rapidement devenir un univers romanesque, un sujet dont vont traiter les
romanciers (chez Balzac, les Goncourt, Maupassant, Vallès…).
• La production littéraire va également être accueillie par la presse, à la faveur de nouveaux formats (cf.
l’invention du roman-feuilleton et le succès des Mystères de Paris dans Le Journal des Débats, 1842-
1843).
Le développement de la presse inspire de cette façon à Baudelaire un double sentiment de fascination et de mépris,
qu’un extrait célèbre de Mon cœur mis à nu (publication posthume, 1887) résume avec force :
« Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n’importe quel jour, ou quel mois, ou quelle année,
sans y trouver, à chaque ligne, les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même temps que les
vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées, relatives au
progrès et à la civilisation. Tout journal, de la première ligne à la dernière, n’est qu’un tissu d’horreurs. »
Cela dit, le poète prend acte du caractère incontournable de la presse. Fataliste, il se résigne : puisqu’il est
impossible d’échapper au journal, autant essayer de le déjouer en profitant de ses possibilités lucratives. Baudelaire
propose donc à Arsène Houssaye, directeur de L’Artiste et de La Presse, de publier dans ses colonnes des poèmes
en prose, à la manière d’un feuilleton.
[Link] la littérature
19ème siècle, émergence du concept de littérature pour la première dans un essaie de Germaine de Staël.
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Avant : désigne l’ensemble des textes.
Madame de Staël : plus de précision ; désigne l’ensemble des textes à visée esthétique et relevant d’une démarche
artistique ; distinction entre littérature d’imagination et littérature d’idées.
Les écrits, classés en trois catégories : Lettres Sacrées, Lettres Savantes, Belles-Lettres.
La structure du savoir lors de la Révolution tend à se détacher de la littérature des disciplines : l’histoire, la
philosophie, les lettres classiques. Ces disciplines deviennent des disciplines d’étude et d’enseignement. La
littérature ne s’enseigne pas.
La littérature = art de l’écrit.
La circulation de cette conception d’une discipline qui ne s’apprend entretient une mythologie. Si ça ne s’apprend
pas c’est un don. Fascination pour les écrivains.
Les conflits
Valeur esthétique Valeur commerciale
➔ Sa valeur littéraire ➔ Son succès de vente
Conflit manifeste pour la mouvance parnassienne qui prône « l’art pour l’art ». Ce principe est fondamental pour
comprendre une logique de production culturelle élitiste en opposition au modèle de consommation bourgeois.
Pierre Bourdieu, sociologue, 1992, dégage tout cela dans son ouvrage Les Règles de l’art.
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La métaphore électromagnétique du champ de force. → un espace tendant à l’autonomie et fonctionnant
comme un espace de luttes. L’individu fonctionne comme un électron dont la position est défini suivant ses
interactions avec les autres électrons et leur position. L’individu est agi et agissant.
Le champ littéraire est autonome et plus ou moins pas touché par les demandes sociales extérieures. Ce sont les
écrivains et autres acteurs autour du livre qui établissent les règles de la pratique littéraire.
L’autonomie n’est jamais totale mais à différents degrés.
Le champ littéraire = un champ de luttes. Quelques querelles célèbres. Objet des luttes : la définition de la
littérature. Ces représentations de la littérature finissent par s’imposer, remplacent d’autres représentations.
La division du champ :
Sphère de production restreinte Sphère de grande production
Littérature élitaire Littérature industrielle
En plus de structurer des logiques économiques et des stratégies d’édition et de publication, l’opposition entre
valeur marchande et valeur littéraire infléchit les représentations liées au milieu littéraire.
La fracture avec la logique économique s’incarne en deux groupes qui refusent de soumettre aux exigences du
public :
Le rentier Le bohème
Ecrivain qui possède déjà une fortune (par héritage). Un acteur de la vie intellectuel vivant dans la
Il peut se consacrer à la seule littérature sans le soucis précarité.
du profit. Selon eux, c’est un choix : une existence dédiée à
Permet de risquer des œuvres touchant un petit public l’art refusant les compromissions économiques et
mais vaudront une plus grande légitimité. acceptant les difficultés matérielles.
➔ Signes d’une pureté artistique.
Se consacre à la poésie peu rentable mais
prestigieuse.
Le roman a une place intermédiaire. Procure des
revenus parfois important.
Technique de subsistance : publier dans la presse car on est payé à la ligne. Places rares.
Notes cours
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Les écrivains deviennent peu à peu les juges de leurs productions. Rupture complète avec le modèle du 18e s où
l’écriture était plutôt un discours pour glorifier. La littérature devient autonome. Cette autonomie n’est pas totale.
Il y a toujours des formes de censures.
Le champ littérature est un champ de luttes.
Le classicisme met en avant la raison. Le romantisme met en avant les sentiments, les émotions, la subjectivité. Il
va y avoir un phénomène de mode. Une mode dans laquelle des poètes ne vont pas s’y retrouver.
Après le romantisme, il y a l’envie d’imposer quelque chose de nouveau. Tentative de dépasser ce qui précède pas
une forme de lutte.
Tableau de Pierre Bourdieu
Le capital symbolique → ce que l’on possède.
Rentabilité financière → veut être le plus proche possible de ce que souhaite le publique. Peu importe le talent, les
ventes sont plus importantes.
L’historicité de l’auteur peut aider à la popularité de l’auteur.
La situation de l’auteur joue beaucoup. Être bourgeois comme Flaubert (qui travaillait son écriture en disant les
phrases à voix hautes pour voir si elles sont biens) permet de se consacrer pleinement à l’écriture sans regarder à
la rentabilité. Tandis que Rimbaud venant d’une famille plus modeste a besoin de cette rentabilité.
Balzac est quelqu’un qui court après l’argent mais d’un autre côté c’est quelqu’un qui crée son monde à lui en
s’enfichant de l’avis des autres.
Le rentier : celui qui vit des rentes et qui n’a plus besoin de se soucier de ces rentes.
C’est important de connaitre les personnes en contact avec les écrivains. Certains écrivains ne seraient rien sans
une connaissance.
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De ce groupe peut naître une école ou un mouvement. A ce stade, le groupe souhaite défendre publiquement sa
doctrine et cherche à susciter de nouvelles adhésions.
• Permet de saisir des constantes, des effets de cohésion entre des acteurs partageant des intérêts communs
et donne à voir, en contraste, ce qui distingue telle tendance d’une autre.
• L’appréhension par « mouvements » est également pertinente en ce qu’elle reprend généralement des
classements qui ont été proposés par les contemporains eux-mêmes.
Elle favorise le questionnement des représentations de la littérature véhiculées par ces derniers, à travers
une série de supports et de matériaux prolongeant ou anticipant les œuvres et se révélant pleinement
constitutifs du fait littéraire : des préfaces, des manifestes, des déclarations d’intention, des échanges
épistolaires, mais aussi des réseaux et des rites.
Cette approche et ses revers :
• Il est réducteur de tenir ces mouvements et courants comme des réalités distinctes et successives.
L’histoire littéraire traditionnelle abuse volontiers, d’une part, d’un découpage chronologique trop strict
et, d’autre part, de cloisonnements esthétiques et axiologiques pour distinguer des mouvements qui, dans
les faits, entretiennent souvent un dialogue.
• A tendance à affiler des individus à des mouvements desquels ils restent éloignés.
Exemple : Charles Baudelaire ou Arthur Rimbaud, de cette façon, ne rentrent dans aucune de ces « écoles » tout
en entretenant avec certaines d’entre elles des relations étroites. De cette façon, Baudelaire est une sorte d’électron
libre, qui s’est nourri de romantisme (tant d’un point de vue formel qu’en matière de lyrisme), a été proche des
Parnassiens (jusqu’à donner plusieurs poèmes à l’anthologie du Parnasse Contemporain) et est considéré par les
symbolistes comme leur chef de file.
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Eléments d’histoire littéraire
1. Poésie et modernité : l’âge romantique
Début 19ème siècle, la poésie française est endormie.
L’étymologie de romantisme :
• L’étymologie du romantisme lie le « moi » et le paysage.
• Le paysage romantique ne se distingue bientôt plus de la subjectivité qui le perçoit : il éveille la sensibilité
et l’imagination dans une médiation philosophique, religieuse, etc…
(courant apparu en Allemagne et en Angleterre)
Modernité et romantisme :
Sur le plan lexicale, il met un terme à l’usage classique qui utilisait un vocabulaire jugé plus noble à la poésie
interdisant les mots concrets et règlementant l’emploi des figures de style. Les romantiques comprennent que ces
innovations seront plus faciles à réaliser en laissant le côté les genres les plus liés au style noble et au classicisme
pour privilégier les genres brefs comme la ballade et le sonnet.
La modernité poétique a sa grande figure : Baudelaire. Il a définit la modernité.
Baudelaire a forgé le concept mais il n’est pas inutile de faire remonter le cette modernité au romantisme qui fait
œuvre de rupture et d’innovation en conférant au discours lyrique un véritable pouvoir cohésif, révolutionnaire
et politique.
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Les romantiques sont les premiers à tenter de concilier l’indépendance de la littérature et son articulation à la
sphère sociale (capacité à jouer un rôle actif dans la vie sociale) selon une logique contradictoire avec laquelle
toutes les formes de poésie qui suivront devront composer, en la refusant ou en y réagissant.
L’édition originale ne comprend que 24 poèmes. Son succès est aussi immédiat
qu’inattendu, mais peut s’expliquer en revenant au contexte sociohistorique.
Au XVIIIe s., la poésie s’en tient souvent à un commentaire ou à une traduction d’épisodes de l’A.T. ou de psaumes
(Louis Racine, Jean-Baptiste Rousseau, Lefranc de Pompignan), transformant la poésie en discours de service, en
soutien d’une instance extérieure au milieu littéraire.
Avec la Révolution apparaît une nouvelle figure, quoique peu représentée: celle du poète-citoyen, qui répond
approximativement au chantre catholique. La poésie permet alors davantage l’expression d’un individu, mais elle
n’est pas une finalité en soi (elle est, dans ce cas, l’instrument d’une cause politique, qui la dépasse).
Les Méditations poétiques témoignent d’une place retrouvée: l’individu peut affirmer sa subjectivité et ses
capacités propres (et sensibles) à dire le monde et la place qu’il y occupe. Il peut penser l’existence selon ses
propres modes, en recherchant sa vérité propre (comme la philosophie) et une forme de sacralité (comme le
discours religieux).
➔ Lamartine substitue aux figures du théologien et du philosophe celle du poète. La modernité de son œuvre
tient au changement d’énonciation : ce n’est plus Dieu ou un substitut qui parle à travers la poésie, mais
le Poète.
➔ Le titre, en contexte, tient de l’oxymore: la méditation n’est pas le fait de la poésie. Lamartine confère à
cette dernière un rôle nouveau.
Le lyrisme :
Dans Médiations poétiques, Lamartine revendique son rôle de précurseur dans une double
démarche démocratisation et re-subjectivation de la poésie :
« Je suis le premier qui ai fait descendre la poésie du Parnasse, et qui ai donné à ce qu’on nommait la Muse, au
lieu d’une lyre à sept cordes de convention, les fibres mêmes du cœur de l’homme, touchées et émues par les
innombrables frissons et de l’âme et de la nature. »
➔ Définition personnelle du lyrisme → une expression de la subjectivité, des sentiments personnels, des
passions. Ceux-ci seront les marques de fabrique du romantisme.
Chez Lamartine, ce lyrisme se mesure ne particulier dans « Le Lac » (poème de 16 quatrains) qui est un hommage
terrible à Julie Charles qu’il a fréquenté au Lac du Bourget. Elle meurt avant qu’il puisse la revoir.
« Le Lac » représente à travers Julie une réflexion éplorée sur le passage du temps, la violence du deuil et la
solitude.
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[Link]-Augustin Sainte-Beuve – 1804-1869
Connu en tant qu’historien de la littérature et de romancier plus que poète. Ses
recueils de poésie n’ont pas un très grand succès.
Il devient un collaborateur du journal littéraire Le Globe dès sa fondation.
• Mener une enquête objective et exhaustive avec tous les documents et procédés de la plus sérieuse critique
historique.
• Eprouver une sorte de sympathie intuitive par laquelle le critique cherche à atteindre les préoccupations
profondes d’un artiste.
Le reste de sa vie :
La fin de sa vie se conjugue en honneurs multiples et haines diverses (rallié au Second Empire, cela fait polémique
(Napoléon III)).
• Partie 1 : Journal écrit, commenté et mis en forme par Sainte-Beuve qui éprouve sa méthode du portrait.
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1.3. Marceline Desbordes-Valmore
[Link] de Vigny
Né dans une famille de vielle noblesse ruinée.
Il est sous-lieutenant et est toujours en porte-à-faux avec ses hommes.
1820 : intègre le cercle du Conservateur littéraire → le journal des frères Hugo.
Son premier texte : Le Bal.
Un unique recueil :
1822, il publie son recueil de poèmes étoffés en Poèmes antiques et modernes en 1826.
Il ne cessera de retravailler son ouvrage jusqu’à être complété par Les destinées.
Se compose de 3 parties :
• Mystique : 3 poèmes.
• Antique : 7 poèmes.
• Moderne : 10 poèmes.
Les moment de l’Histoire s’y retrouvent :
• Récit de presse : Les Amants de Montmorency (avant-dernière pièce inspirée d’un fait divers).
Plus que d’être des poèmes antiques d’un côté et des modernes de l’autre, on peut se demander si ce recueil
n’assemble pas des poèmes qui sont à la fois antiques et modernes.
Si les cadres et les contextes évoluent au fil de l’œuvre en se modernisant, les mêmes problèmes fondamentaux
réapparaissent, qui expriment le malheur inéluctable de la condition humaine.
Le poème Paris :
Ce poème marque l’entrée dans la poésie de la grande ville comme paysage compact et éclaté mais aussi comme
un espace d’un brassage incessant des hommes et des idées.
Un espace fourmillant où se juxtaposent tours et donjons, clochers, kiosques, obélisques …
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Genre et engagement :
Il s’engage sur différents plans et dans différents genres :
➔ Poésie ; théâtre ; adaptation en vers ; prose ; roman historique ; roman polyphonique.
Relation avec Hugo :
Il est ami avec lui et assistera à son mariage en tant que témoin.
Il vivra dans l’ombre de Hugo.
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[Link] de Musset – 1810-1857
Né dans une famille aristocratique libérale et cultivée (père lui-même écrivain et éditeur des œuvres de Rousseau).
Il fait des études classiques et se dirige vers la poésie. Il fréquente le salon de l’Arsenal de Nodier et le Cénacle de
la rue de Notre-Dame des Champs.
Il est considéré comme l’espoir de la littérature française.
Contes d’Espagne et d’Italie ET pièces :
Premier recueil poétique : Contes d’Espagne et d’Italie.
Il y parle des topiques romantiques français dans ces pays.
Malgré sa réputation, sa première pièce La Nuit vénitienne connait un échec.
Musset prend une singulière position, exprimant ses amours et ses haines, et se prononçant contre la poésie
sentimentaliste. → pourtant, on lui reprochera souvent le contraire.
Nouvelle poésie :
Il perd son père et devient l’héritier de la famille. Il prend plus au sérieux ses études de lettres.
Sa poésie devient plus torturée, sombre → La nuit de décembre met en scène la mort de son père.
Evolution des pièces et des poésies :
La rencontre de la romancière George Sand lui inspire une pièce Lorenzaccio, un drame où le héros décide
d’assassiner son cousin mais échoue.
On ne badine pas avec l’amour → pièce à rebondissements, passant de la comédie sentimentale au drame.
Rolla (1833) → long poème consacré à Jacques Rolla, le plus grand débauché de Paris. Grand succès. Sa figure
centrale est de celles qui ont mythifié le romantisme.
Jacques Rola incarne le symbolique du ratage et de la malédiction correspondant à la situation même de
la poésie dans le champ littéraire (le roman monte dans le champ littéraire).
Pièce qui oscille entre poésie et conte philosophique.
Les Chants de Maldoro (1868) → œuvre en prose foisonnante, hallucinée, parodique, virulente, débordante
d’humour et difficile à circonscrire. Il va la signé sous le pseudonyme : Comte de Lautréamont.
Poésies (I et II) (1870) → méta poétiques et pleines d’ironie.
Son seul roman :
La Confession d’un enfant → met en scène la figure du poète maudit ; autofiction sur sa relation avec George
Sand.
Ce roman est symptomatique de la position de Musset.
➔ Il n’a pas la vocation de méditer, de prophétiser ou de raisonner.
➔ Son propos est fondé sur l’amour, le désir et l’importance de goûter l’instant présent.
Il ne va pas développer l’œuvre. Un talent qu’il ne parviendra jamais à confirmer.
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[Link] continent Victor Hugo – 1802-1885
Victor Hugo est un écrivain immense à l’égo surdimensionné et à la force de
travail extraordinaire, qui traverse la quasi-totalité du XIXe siècle.
Il occupait tant l’espace littéraire qu’il avait tendance à éclipser les autres
écrivains. Il est omniprésent dans l’espace publique. Il donne son nom à des
avenues, des places, des écoles et autres monuments officiels.
Il est l’écrivain qui incarne la littérature française du XIXe siècle.
Aujourd’hui, il est moins lu que vu.
Sa vie peut s’appréhender à grands traits, 3 âges, 3 étapes de sa vie :
• La jeunesse – la conquête
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Cromvell :
Un drame pratiquement injouable.
Fondé sur la figure d’Olivier Cromvell → militaire et homme politique du 18ème siècle.
On en retient surtout le préface. Hugo y :
• fonde une dramaturgie nouvelle sur le refus de la règle des unités et de la classique distinction des genres
Préface :
Quoi de plus invraisemblable et de plus absurde en effet que ce vestibule, ce péristyle, cette antichambre,
lieu banal où nos tragédies ont la complaisance de venir se dérouler, où arrivent, on ne sait comment, les
conspirateurs pour déclamer contre le tyran, le tyran pour déclamer contre les conspirateurs, chacun à leur
tour […] L’unité de temps n’est pas plus solide que l’unité de lieu. L’action, encadrée de force dans les
vingt-quatre heures, est aussi ridicule qu’encadrée dans le vestibule. Toute action a sa durée propre comme
son lieu particulier. Verser la même dose de temps à tous les événements ! appliquer la même mesure sur
tout ! On rirait d’un cordonnier qui voudrait mettre le même soulier à tous les pieds. Croiser l’unité de
temps à l’unité de lieu comme les barreaux d’une cage, et y faire pédantesquement entrer, de par Aristote,
tous ces faits, tous ces peuples, toutes ces figures que la providence déroule à si grandes masses dans la
réalité ! c’est mutiler hommes et choses, c’est faire grimacer l’histoire. […]. Le christianisme amène la
poésie à la vérité. Comme lui, la muse moderne verra les choses d’un coup d’œil plus haut et plus large.
Elle sentira que tout dans la création n’est pas humainement beau, que le laid y existe à côté du beau, le
difforme près du gracieux, le grotesque au revers du sublime, le mal avec le bien, l’ombre avec la lumière.
[…] Elle se mettra à faire comme la nature, à mêler dans ses créations, sans pourtant les confondre,
l’ombre à la lumière, le grotesque au sublime, en d’autres termes, le corps à l’âme, la bête à l’esprit ; car
le point de départ de la religion est toujours le point de départ de la poésie. Tout se tient. […] Ainsi voilà
un principe étranger à l’antiquité, un type nouveau introduit dans l’être modifie l’être tout entier, voilà
une forme nouvelle qui se développe dans l’art. Ce type, c’est le grotesque. Cette forme, c’est la comédie.
Et ici, qu’il nous soit permis d’insister ; car nous venons d’indiquer le trait caractéristique, la différence
fondamentale qui sépare, à notre avis, l’art moderne de l’art antique, la forme actuelle de la forme morte,
ou, pour nous servir de mots plus vagues, mais plus accrédités, la littérature romantique de la littérature
classique. […] Rubens le comprenait sans doute ainsi, lorsqu’il se plaisait à mêler à des déroulements de
pompes royales, à des couronnements, à d’éclatantes cérémonies, quelque hideuse figure de nain de cour.
Cette beauté universelle que l’antiquité répandait solennellement sur tout n’était pas sans monotonie ; la
même impression, toujours répétée, peut fatiguer à la longue. Le sublime sur le sublime produit
malaisément un contraste, et l’on a besoin de se reposer de tout, même du beau. Il semble, au contraire,
que le grotesque soit un temps d’arrêt, un terme de comparaison, un point de départ d’où l’on s’élève vers
le beau avec une perception plus fraîche et plus excitée. La salamandre fait ressortir l’ondine ; le gnome
embellit le sylphe. Et il serait exact aussi de dire que le contact du difforme a donné au sublime moderne
quelque chose de plus pur, de plus grand, de plus sublime enfin que le beau antique ; et cela doit être. »
(Victor Hugo, préface de Cromwell)
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Le récit espagnol Hermani :
L’action se situe à Saragosse en 1519. Hernani, le héros aime Dona Sol, promise au vieux Ruy Gomez de Silva et
aimée par le roi Don Carlos. Ce dernier s’introduit chez elle de nui, et y rencontre son rival. Instruit de la passion
qui lie les jeunes gens, Ruy Gomez respecte pourtant les règles de l’homme d’honneur castillan, et refuse de livrer
Hernani au roi. En échange, celui-ci promet au vieillard de lui faire don de sa vie ; il n’aura, pour ce faire, qu’à
souffler le cor. Hernani et Ruy Gomez participent à une conjuration contre le roi. Celui-ci les découvre, leur
pardonne et accorde Doña Sol à Hernani. Subitement, le vieux Ruy Gomez est jaloux, et décide de réclamer son
dû : il fait sonner le cor, et contraint les deux amants à se suicider.
La relecture du texte est remise à Charles Briffaut, un censeur et académicien. Il dit cela de la pièce :
« Cette pièce abonde en inconvenances de toute nature. Le roi s’exprime souvent comme un bandit, le
bandit traite le roi comme un brigand. La fille du roi d’Espagne n’est qu’une dévergondée. […] Toutefois,
malgré de vices capitaux, je suis d’avis qu’il n’y a aucun inconvénient à autoriser la représentation de
cette pièce, mais qu’il est de bonne politique de n’en pas retrancher un mot. Il est bon que le public voie
jusqu’à quel point d’égarement peut aller l’esprit humain, affranchi de toute règle et de toute bienséance.
»
Le ministre de l’Intérieur ne suit pas cet avis. La pièce ne pourra être joué qu’avec des modifications et des
suppressions.
Pour la représentation, Hugo rassemble les membres du Cénacle et la jeunesse littéraire (reviendra sous le nom le
Jeunes-France). Elle est rentrée dans la légende. Bataille entre les supporters du romantisme et les supporters aux
classiques. Elle est remportée par les romantiques.
Les représentation qui suivent prolongent le succès. Mais il y a un grand nombre d’ennemis du romantisme.
La poésie de Hugo :
Les Orientales 1829.
Recueil composé de 41 poèmes.
Grand succès.
C’est tourné vers l’Orient, l’exotisme de la Grèce et de la Turquie. Inspire plusieurs textes. Il y essaie des
techniques.
Le Dernier Jour d’un condamné :
Un livre unique et inclassable, réaliste et fantastique. Il marque étape dans la marche vers l’abolition de la peine
de mort en France.
Il n’écrit pas un mémoire politique ou social. Il passe sous silence la question du crime, celle de l’innocence comme
celle du remords, pour se placer tout entier du côté de l’homme dans un compte à rebours angoissant.
Sans avenir le condamné est aussi à peu près sans passé, vivant dans une sorte de présent pur impossible à
concevoir comme dans une prison dont les murs se rapprochent. Cet anonymat facilite l’identification du lecteur
et l’incite à prendre position.
Notre-Dame de Paris – 1831 :
Hugo s’affirme comme l’un des plus importants romanciers de son temps. Il s’éloigne vite du roman historique
pour construire la « cathédrale de poésie » (qualificatif utilisé par Jules Michelet).
Les Feuilles d’automne – 1832 :
Un recueil réalisé à l’âge où la jeunesse s’éloigne. C’est une manière pour Hugo de se positionner comme un
écrivain capable de briller dans tous les genres.
Les Voix intérieures – 1837 :
Un recueil de 32 poèmes.
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Les « voix » sont celles de l’homme, de la nature et des évènements que Hugo veut faire entendre. Il appelle aussi
à maintenir la spiritualité.
Les Rayons et les ombres – 1840 :
Un recueil de 44 pièces.
Souvent considéré comme le chef-d’œuvre du lyrisme d’avant l’exil.
Il marque un pas vers l’engagement de Hugo. Il expose un enjeu politique de la littérature mais part du principe
que le poète est d’aucun parti. Le rôle du poète est de concilier progrès et tradition et d’exalter la vertu.
Evènement important de 1841 :
Hugo est élu à l’Académie française.
La période noire de l’auteur : 1843 – 1852 :
Hugo ne publiera aucun livre durant cette période sombre de sa vie avec des épisodes tragiques et défavorables.
La mort de sa fille Léopoldine et de son mari (1843) le plonge dans un moment charnière où il s’enferme dans un
mutisme et nourrira ses poésies.
Sa réputation prend un coup lorsqu’il est découvert avec une seconde maitresse.
• Nox : de la nuit.
• Du coup d’Etat.
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Son orgueil gonfle et il a la certitude qu’il doit continuer à écrire les chefs-d’œuvre que le monde attend de lui.
Hauteville Houe, île de Guernesey :
Hugo tire profit de son exil. Il a retrouvé sa réputation, s’est éloigné des obligations de la vie parisienne, s’est
remis à écrire. Il en vient à refuser l’amnistie de 1859.
Les Contemplations – 1856 :
Recueil en deux parties : Autrefois (poésie pure) et Aujourd’hui (flagellation de tous ces drôles et du drôle en chef).
Offre certaines de plus puissantes réalisation de Hugo :
• Engagement littéraire.
• Epanchements endeuillés.
La deuxième pièce de la section « Aujourd’hui » est un poème de circonstance, prononcé à l’occasion du mariage
de Léopoldine ; construit sur une poétique de l’antithèse emblématique de la pratique hugolienne, il oppose la
tristesse du père voyant sa fille quitter le foyer familial à la joie de la belle-famille accueillant un nouveau membre.
La Légende des Siècles – 1859 :
Epopée retraçant l’histoire de l’humanité, de la création à l’Apocalypse.
Inspiration biblique.
La Bible et Dieu sont des défis selon lui à sa hauteur.
Les Misérables – 1861 :
Le roman français le plus connu mais pas le plus lu. Ce livre contient tout et s’adresse à tout.
« Partout où l’homme ignore et désespère, partout où la femme se vend pour du pain, partout où l’enfant souffre
faute d’un livre qui l’enseigne et d’un foyer qui le réchauffe, le livre Les Misérables frappe à la porte et dit :
Ouvrez-moi, je viens pour vous. » Hugo à son éditeur.
Les personnages présentent toute la société. Un personnage sert de point central. C’est une sorte de système
planétaire autour d’une âme géante qui résume toute la misère sociale actuelle.
Les Chansons des rues et des bois – 1865 :
C’est le dernier recueil de l’exil. Fait en deux livres :
• Jeunesse : 6 parties
• Sagesse : 4 parties
22
Mort de Hugo – 1885 :
Sa vie se termine tranquillement dans la richesse, la sérénité et la consécration. Il est inhumé au Panthéon.
On estime qu’un million de personnes sont descendues dans les rues pour suivre son enterrement.
2. L’essor du roman
[Link]é de Balzac – 1799-1850
2.1.1. Qui est Balzac ?
En temps, il est traité comme « le plus fécond des romanciers ». Il est craint des étudiants pour ses longues
descriptions.
Aujourd’hui, il est considéré comme l’inventeur du roman sous sa forme moderne. Sa tâche première au genre est
de peindre les mœurs sans rompre avec les dimensions fictionnelles qui lui sont propres.
Le daguerréotype est l’ancêtre de la photographie, ce que Balzac veut faire c’est rendre en mots la réalité.
Il est l’auteur de La Comédie humaine qui est inachevée.
Personnalité :
Il est une personnalité littéraire haute en couleurs, tirant parti de l’originalité de sa manière de vivre (cliché).
➔ Travail nocturne, consommation excessive de café, canne, robe de moine, habitations excentriques, …
Il est hédoniste voir gargantuesque. Il profite de la vie et écrit pour continuer son train de vie. Il fait des pavés et
écrit énormément.
Pourquoi écrire autant ? Avec l’invention de la presse, il est payé au nombre de pages.
Il y a une tentation de collectivité et d’un autre temps un régime de singularité.
• Etudes de mœurs
• Etudes philosophiques
• Etudes analytiques
Balzac veut faire l’inventaire des espèces humaines en dressant une nomenclature du genre humain (à la manière
des animaux).
Toutes catégories sociales, classes, élite, professions, milieux, sont des objets d’étude.
Caractéristiques personnages :
Balzac donne un trait distinctif à chaque personnage et choisit minutieusement leur façon de vivre et manière
d’être, créant ainsi de véritables types sociaux.
Exemples :
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Ces personnages qui vont et viennent d’un livre à l’autre donnent naissance à une société imaginaire aussi
organisée que la société réelle.
L’ambition de Balzac :
Son ambition dépasse la simple description. Il cherche à comprendre les rouages et les lois qui régissent l’espèce
humaine.
La description doit s’accompagner de l’explication.
La fiction permet aussi de dénoncer l’hypocrisie, la vanité, l’ambition, l’égoïsme qui gouvernent la société.
Les aspects de l’œuvre :
Chaque partie explore un aspect particulier :
• Les Scènes de la vie de province → âge des passions, des calculs, des intérêts, de l’ambition.
• Les Scènes de la vie parisienne → tableau des goûts, des vices, des choses excitant les mœurs particulières
aux capitales.
• Les Scènes de la vie politique ET militaire → les existences d’exception hors de la loi commune.
24
C’est la partie des désillusions. Lucien n’est plus qu’un « grand homme de province à Paris », il se lance dans le
journalisme.
Troisième partie :
Lucien finit par retourner à Angoulême et est tenté de se jeter dans la Charente mais est sauvé pa un prêtre de
passage, Carlos Herrera.
Une multitude de sujets :
Le roman sera prolongé par Splendeurs et misères des courtisanes.
Le roman parle d’une multitude de sujets.
Philippe Berthier dit :
« L’œuvre est tour à tour confrontation morale de la province et de Paris, étude d’un couple, analyse du
fonctionnement de la librairie et de la presse, exposé technique de problèmes industriels, méditation sir
les obstacles auxquels se heurte le génie, dénonciation de certains abus juridiques. Le concept de départ
est simple : montrer comment Paris, révélateur sans pitié, étalon et pierre de touche des capacités
réelles, parce qu’à chaque instant tout y bouge, s’y mesure et s’y reclasse, dissipe les mirages provinciaux
et remet chacun à sa place en élargissant brusquement un horizon borné. Etre parisien, selon un mot
connu, ce n’est pas y être, c’est en être : et c’est bien là toute la question. »
La dichotomie à l’œuvre :
La manière dont Balzac sent et expose la dichotomie de l’œuvre dans le milieu littéraire est finie et lucide.
Elle annonce la façon dont le sociologue Pierre Bourdieu problématisera le champ littéraire avant d’affermir sa
modélisation dans l’ouvrage majeur : Les Règles de l’art – 1992. Cet ouvrage porte que la littérature française du
19ème et 20ème siècles.
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[Link] Beyle, dit Stendhal – 1783-1842
Il est un contemporain de la Révolution, partisan de la Révolution.
Il débute une carrière de fonctionnaire et un admirateur de Napoléon. Mais il se fait une petite carrière littéraire
sous le pseudonyme : Stendhal.
Il écrit deux romans qui entrent dans l’histoire de la littérature du 19 ème :
• Le Rouge et le Noir
• La Chartreuse de Parme
De 1836 à 1839, il revient en France et écrit les Chroniques italiennes, les Mémoires d’un touriste, et surtout La
Chartreuse de Parme, publié en 1840, et dont Balzac fait l’éloge. Au moment de sa mort, en 1842, Stendhal
s’apprêtait à reprendre du service pour le ministère des Affaires étrangères et à écrire une série de nouvelles pour
la Revue des deux-mondes. Il commençait à peine à être connu comme écrivain, et il ne devint réellement célèbre
que dans les années qui suivirent sa mort. Jusqu’au milieu du XXe siècle, les éditions successives de ses essais
inédits, de sa correspondance, de ses journaux intimes et de ses notes de voyage le firent peu à peu connaître pour
un des écrivains majeurs du XIXe siècle, un grand historien de l’art, mais aussi un des maîtres du réalisme en
littérature.
Destin lié à Napoléon et à la guerre – histoire :
Il est d’abord un partisan de la Révolution.
Il va Paris (quitte Grenoble) à la prise du pouvoir par Napoléon. Il va commencer à écrire un journal où il y note
ses ambitions, sa vie étudiante et son parcours d’écrivain contrarié.
Il entre au ministère de la Guerre grâce à son cousin et suit l’armée en Italie où il est bouleversé par leurs paysages
et cultures artistiques.
Sa vie est liée à Napoléon et à l’armée qu’il va quitter et réintégrer à plusieurs reprises.
Il est engagé dans l’administration de la Grande armée et prend part aux campagnes napoléoniennes (1806-1806)
mais s’ennuie.
Revient à Paris en 1810 avec un poste d’auditeur au Conseil d’Etat. Un poste lui permettant d’écrire : Histoire de
la peinture en Italie.
Ses écrits :
Rome, Naples et Florence :
Un récit de voyage. A cette époque il vit à Milan et est considéré comme admirateur de Napoléon et soupçonné
d’être un partisan de l’unité italienne. Il est donc surveillé avant d’être expulsé en France (1821).
Le Rouge et le Noir : 1830
Les thèmes : amour déçu, quête désespérée d’une ascension sociale → cela dans une France constituée en classes
sévèrement cloisonnées.
Fils de Charpentier, Julien Sorel rêve d’une brillante carrière militaire. Mais les guerres napoléoniennes
ont pris fin et la société de la Restauration ferme ses portes aux roturiers.
En habit de séminariste, à force d’adresse et de conquêtes amoureuses, il parvient à s’élever dans la
société. La chute n’en sera que plus rude.
Le roman est publié peu après la Monarchie de Juillet et saisit la senteur cadavéreuse d’une société qui s’éteint.
La Chartreuse de Parme : 1839
Mélange des évènements historiques réels avec une Italie fantasmée.
Fabrice del Dongo, jeune noble milanais et véritable héros romantique se rêvant général de Napoléon.
Prisonnier de son amour Clédia Conti, qui le pousse à se retirer dans une chartreuse, il finira par mourir,
en proie à de terrible remords.
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C’est une histoire dramatique et aussi un livre politique visant la société française et la politique italienne.
Le passage le plus important du roman :
Bataille de Waterloo. Après s’être enfui du château de son père pour aller soutenir Napoléon, Fabrice se
retrouve, un peu par hasard, au milieu du champ de bataille de Waterloo. Vêtu d’un uniforme récupéré
sur un cadavre, il se fait passer pour un soldat français et exulte d’être placé au cœur de l’action, alors
qu’il ne connaît rien à la guerre et qu’il est incapable de comprendre ce qui se passe sur le champ de
bataille. Les soldats rient de lui, et seules les cantinières de l’armée, émues par son extrême jeunesse,
semblent vouloir le protéger, par pur instinct maternel. Par hasard, Fabrice se retrouve à la suite du
maréchal Ney, et passe tout près du comte d’A…, l’ancien lieutenant qui avait courtisé sa mère peu avant
sa naissance, et qui est sans 39 doute son véritable père. Il ne le reconnaîtra pas, pas plus qu’il ne sera
capable de voir Napoléon qu’il vénère pourtant. Épuisé, Fabrice finit par s’endormir, comme un enfant,
en plein milieu de la bataille
➔ Fabrice devient en cela l’incarnation de l’homme incapable de prendre la mesure de l’histoire qui se fait
devant lui.
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Censure :
Le texte parait dans la Revue de Paris sous la forme d’un feuilleton.
La censure est choquée par :
• Noirceur de l’intrigue
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Extrait 4 : manigances de Rodolphe
« – Je le crois très bête. Elle en est fatiguée sans doute. Il porte des ongles sales et une barbe de trois jours.
Tandis qu’il trottine à ses malades, elle reste à ravauder des chaussettes. Et on s’ennuie ! on voudrait habiter
la ville, danser la polka tous les soir! Pauvre petite femme ! Ça bâille après l’amour, comme une carpe après
l’eau sur une table de cuisine. Avec trois mots de galanterie, cela vous adorerait, j’en suis sûr ! ce serait tendre
! charmant !... Oui, mais comment s’en débarrasser ensuite ? » [Partie 2, ch. VII]
➔ Rodolphe décide de séduire Emma.
« – Ainsi, nous, disait-il, pourquoi nous sommes-nous connus ? quel hasard l’a voulu ? C’est qu’à travers
l’éloignement, sans doute, comme deux fleuves qui coulent pour se rejoindre, nos pentes particulières nous
avaient poussés l’un vers l’autre.
Et il saisit sa main ; elle ne la retira pas.
« Ensemble de bonnes cultures ! » cria le président.
– Tantôt, par exemple, quand je suis venu chez vous...
« À M. Bizet, de Quincampoix. »
– Savais-je que je vous accompagnerais ?
« Soixante et dix francs ! »
– Cent fois même j’ai voulu partir, et je vous ai suivie, je suis resté.
« Fumiers. »
– Comme je resterais ce soir, demain, les autres jours, toute ma vie !
« À M. Caron, d’Argueil, une médaille d’or ! »
– Car jamais je n’ai trouvé dans la société de personne un charme aussi complet.
« À M. Bain, de Givry-Saint-Martin ! »
– Aussi, moi, j’emporterai votre souvenir.
« Pour un bélier mérinos... »
– Mais vous m’oublierez, j’aurai passé comme une ombre.
« À M. Belot, de Notre-Dame... »
– Oh ! non, n’est-ce pas, je serai quelque chose dans votre pensée, dans votre vie ?
« Race porcine, prix ex aequo : à MM. Lehérissé et Cullembourg ; soixante francs ! »
Rodolphe lui serrait la main, et il la sentait toute chaude et frémissante comme une tourterelle captive qui
veut reprendre sa volée ; mais, soit qu’elle essayât de la dégager ou bien qu’elle répondît à cette pression,
elle fit un mouvement des doigts ; il s’écria :
– Oh ! merci ! Vous ne me repoussez pas ! Vous êtes bonne ! vous comprenez que je suis à vous !
Laissez que je vous voie, que je vous contemple ! »
Extrait 5 : un roman d’apprentissage (sur la lecture et la condition féminine)
« Il y avait au couvent une vieille fille qui venait tous les mois, pendant huit jours, travailler à la lingerie. […]
Elle savait par cœur des chansons galantes du siècle passé, qu’elle chantait à demi-voix, tout en poussant son
aiguille. Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville vos commissions, et prêtait
aux grandes, en cachette, quelque roman qu’elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne
demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de sa besogne. Ce n’étaient qu’amours,
amants, amantes, dames persécutées s’évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu’on tue à tous
les relais, chevaux qu’on crève à toutes les pages, forêts sombres, troubles du cœur, serments, sanglots, larmes
et baisers, nacelles au clair de lune, rossignols dans les bosquets, messieurs braves comme des lions, doux
comme des agneaux, vertueux comme on ne l’est pas, toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes.
Pendant six mois, à quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux cabinets de lecture.
» [Partie 1, ch. VI]
➔ Il s’agit d’un roman lié à une dimension élitiste (restreinte) mais évoque des lectures liées la dimension
populaire (grande production). Emma est une grande lectrice de paralittérature.
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La dimension populaire et féministe de Flaubert :
Son roman à une satire, à une dénonciation de la littérature populaire → ce qu’on dit de Flaubert.
Cependant, il y a une charge dans ce texte. C’est plutôt contre une société capable de mener à une lecture de ces
textes aussi naïve que celle faite par Emma.
DONC :
• Contre une société où les filles sont paquées dans des couvents.
• Contre une société où la femme est accrochée à un statut subordonné, depuis lequel le destinées
amoureuses des princes et des princesses qui rythment les romans sentimentaux tiennent moins de la
distraction que de l’idéal intangible, de l’espoir, de l’objectif.
Ce roman peut apparaître féministe avant l’heure.
Un roman érotique : le fiacre
« immorale » → terme qui la conduit au procès.
Montre la dimension sexuelle des textes.
La scène la plus célèbre est celle du rendez-vous dans la Cathédrale de Rouen (Emma et Léon).
Le lecteur, comme le cocher, n’a pas directement accès à ce qui se passe à l’intérieur de la voiture, mais,
davantage que le malheureux chauffeur (décontenancé par les ordres qu’il reçoit et perdu dans la ville),
comprend aisément que la promenade n’est qu’un prétexte permettant aux amants de s’unir
➔ Rien n’est dit explicitement de cette union mais elle est suggérée par l’habile jeu d’euphémisme et de
sens du détail.
Cette scène est tout en voilement et en charge implicite. Les plans et brouillons de Flaubert montrent la puissante
dimension érotique de certains passages. Il lissé les passages pour la publications.
Un roman sur la bêtise :
Développement d’une galerie d’imbéciles.
• Emma naïve, statut de victime mais construite avec une certaine bienveillance par Flaubert.
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Il fait partie de la lignée de bourgeois bruyants et imbus d’eux-mêmes. Il s’avance en portant les couleurs de sa
stupidité, confiant dans la pertinence de leurs propos absurdes.
A travers Homais, Flaubert dépeint sa vision d’une partie de la bourgeoisie.
La dimension tragique de Homais :
Le malheur vient avec Homais. Charles finit par amputer un homme car Homais l’a encouragé à tenter une
opération qu’il était incapable de réaliser. Cela conduit Charles à sa perte.
Emma prendra l’arsenic de Homais qui la fera agoniser de longues heures.
Une fin heureuse pour Homais :
C’est lui qui s’en tire le mieux comme le montre l’explicit :
« Depuis la mort de Bovary, trois médecins se sont succédés à Yonville sans pouvoir y réussir, tant M.
Homais les a tout de suite battus en brèche. Il fait une clientèle d’enfer ; l’autorité le ménage et l’opinion
publique le protège. Il vient de recevoir la croix d’honneur. »
Il triomphe de la bêtise.
C’est un imposteur qui finit par dominer l’espace social → Flaubert agit presque en masochiste.
Conclusion :
Flaubert dépeint une dystopie où l’abrutissement tient lieu de norme et le pouvoir est réservé aux crétins.
Avec Homais, il donne corp à la bêtise et l’érige en donnée tangible dont il étale les signes et les symptômes dans
chacun des gestes et des discours de son personnage. En tant que crétin ultime, Homais peut aussi devenir un
possible antidote à l’idiotie pour le lecteur qui pourra y reconnaitre ses propres failles.
3. La nébuleuse parnassienne
3.1. Le Parnasse
Le parnasse s’apparente à une nébuleuse. C’est un réseau plus ou moins cohérent, difficile à pénétrer, mêlant les
individus aux visées et aux esthétiques parfois différentes.
La mouvance parnassienne attire des jeunes désireux de participer au projet.
C’est un nouvel espace dédié à la création poétique.
Une école :
Ce n’est pas qu’une école définie avec un programme, c’est une aventure collective qui s’appréhende à travers :
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Gautier ; Leconte de Lisle ; Banville ; Baudelaire
➔ assurent symboliquement la fédération de la nouvelle génération.
➔ Sont forts différents ; différents lieux de sociabilité et projets collectifs qui permettent à des jeunes
littéraires de se constituer.
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Les jeunes commencent à s’intéresser grâce à lui à l’héritage antique. Ils se réunissent chez Leconte de Lisle et le
réseau qui se crée s’amplifie.
L’héritage antique :
Leconte de Lisle puise des mythes et des formes dans le répertoire de la tradition gréco-latine.
Pourquoi ? Car il méprise son époque et marquer cela et mettre en valeur ses idéaux d’ordre, de pureté et de rigueur,
il se tourne vers les âges héroïques.
Poèmes antiques :
Donne un aperçu de sa manière et de ses tics.
Poèmes barbares – 1862 :
Recueil dans une l’esthétique amorcée 10 ans plus tôt.
➔ Dans le même genre que Le rêve du jaguar où le poète n’a pas voyagé, offre une carte de la jungle
fantasmée.
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3.6. L’évolution des Parnassiens
Ils imposent leurs critères et leurs vues au champ littéraire.
Une poésie élitiste et réactionnaire.
Années 70 : apparaissent comme prescripteurs de la norme.
Divergence esthétique et politique au moment de la Commune.
Période 1866-1876 : l’esprit évolue. Clique dogmatique.
Quelques poètes du groupes s’en vont chercher toutes les possibilités de la poésie.
4. Post-romantisme et modernité
4.1. Charles Baudelaire – 1821-1967
Poète parfois tenu pour le dernier romantique et parfois le fossoyeur du mouvement.
Il est associé au Parnasse.
Considéré comme l’instigateur du symbolise.
Il joue avec chacun de ces mouvement (parnasse, romantique, symbolisme) → électron libre refusant les logiques
de la collectivité littéraire.
Ecrivain paria, poète sensible et violant, comblant ses déceptions par l’humour noir et la provocation.
Il fait connaissance de Balzac, Nerval et des plaisirs du Quartier latin. Pour le détourner de ça, son beau-père,
Aupick, il organise un voyage (1841) : Île Maurice, La Réunion, Le Cap. → marquera l’imaginaire de Baudelaire.
Les dettes :
Il reçoit l’héritage de son père.
Il épouse Jeanne Duval.
Il est décidé à vivre dans le lux mais s’endette vite.
1844 : mis sous tutelle du notaire Ancelle à la demande de sa famille.
1845 : il tente de se suicider → la fatigue lui est insupportable et qu’il se sent inutile aux autres.
1845-1846 : critiques des œuvres au Salon de l’Académie des Beaux-Arts. S’en prend à l’incompétence des
journalistes et des bourgeois. Il veut réunir la littérature et la peinture.
1848 : journées de février, il invitait à tuer le général Aupick. Il investit la presse mais rapidement la déteste.
1861 : il dépose sa candidature à l’Académie française. Il revendique sa consécration. Mais il renonce finalement
à sa candidature → perçu comme attentat symbolique.
➔ Il dynamite les traditions et valeurs du champ littéraire, témoigne avec la volonté de réinventer les règles
du jeu.
1862 : présente Spleen de Paris dans les journaux. La presse lui inspire fascination et mépris.
Comme il est impossible d’échapper au journal, il va tenter de le déjouer. Il y publie donc des poèmes en prose à
la manière d’un feuilleton.
1864 : s’exile en Belgique pour donner une série de conférences. Il est malheureux et travail sur la physiologie du
pays qu’il ne termine pas. il décrit les lieux avec agressivité et comme laid, lourd, sale, bêtise.
Les Fleurs du Mal – 1857 :
Chef-d’œuvre est aujourd’hui le recueil le plus célèbre de la poésie française.
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Condamné pour outrage à la sortie → jugé ignoble, odieux, infect, monotone, peu innovant.
La conception de la poésie se modifie avec lui.
Il est composé de plusieurs de ses œuvres antérieures.
Procès : accusé d’avoir porté offense à la morale religieuse et outrage à la morale public et aux bonnes mœurs.
Baudelaire et l’éditeur sont condamnés à payer une amende et au retrait de 6 poèmes de la version originale.
La nouvelle version possède 35 nouvelles productions.
6 parties :
• Tableaux parisiens (« Les Sept vieillards », « Les Aveugles », « À une passante »,… 18 poèmes)
• La Mort (« La Mort des amants », « La Mort des artistes », « Le Voyage »,… 6 poèmes)
Les particularités de Baudelaire :
Il propose un rapport neuf à l’écriture → faussement simple, ordonnée, équilibrée MAIS est déroutante,
provocatrice, inquiétante.
Met en tension beauté et malsain.
Le poète est simplement et littéralement obscène → un oiseau du malheur.
Poète de la ville, des foules, du spleen, du ratage, du luxe et de la luxure, du blasphème, de la révolte, de la cruauté,
de l’humour noir et des actes gratuits, Baudelaire a renouvelé en profondeur l’espace des possibles thématiques de
la poésie. Tenu pour « le roi des poètes » et « un vrai Dieu » par Rimbaud, qui tentera de prolonger son expérience
du dépassement des limites, il est perpétuellement au cœur du jeu littéraire et au-delà de celui-ci, refusant les
traditions, les codes et les habitudes qui font le monde des lettres.
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4.2. Paul Verlaine (1844-1896)
Il rejoint la mêlée parnassienne. Cherche à respecter les codes et valeurs.
Rupture avec Leconte de Lisle lors de la Commune. Lassé de la rigidité du parnassien et dégouté de ses privilèges.
1871 : il invite le poète Arthur Rimbaud à Paris pour lui faire découvrir la ville.
Cette rencontre impacte son écriture et sa vie.
La poésie de Verlaine :
Sa poésie est souvent déconsidérée. L’éclectisme (intérêt à plusieurs sujets) fait la singularité d’une œuvre
reconnaissable à la manifestation d’une voix multiple et changeante. Un univers poétique feutré.
Poésie du dialogue. Nourrie d’apports extérieurs variés.
Articulation poésie et chanson encouragé par le romantisme.
Influence de d’autres arts.
Verlaine s’inspire des maitres en s’affirmant un mode mineur, mâtiné de naïveté et de gaucherie.
Relation avec Rimbaud :
Rimbaud marque sa vie et ses écrits.
Il quitte sa femme et part sur les routes avec Rimbaud.
Ils font des bêtises tout deux comme quand Verlaine finit en prison à Mons pour avoir tiré par accident sur son
ami.
Il est exclu de la parnasse.
Exemple, Verlaine ? :
Quand il sort de prison, il est vu comme un modèle pour la jeune génération. Elle lui trouve un métricien expert.
Il n’est pas pour autant chef de file.
La fin de sa vie :
Il développe une sociabilité de cafés et d’hôpitaux, et donne des conférences sur la poésie.
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4.3. Arthur Rimbaud
Il est un échec total à ses débuts.
La photo représentant Rimbaud est fort connue. Il porte des vêtements qui ne lui appartiennent pas. La pose est la
pose typique des écrivains. Regard vers l’horizon. Il mort ses lèvres et rentre ses joues pour s’affiner. Il veut être
bien sur la photo. Il se dote d’une belle-gueule éternelle.
Arthur Rimbaud durant le temps de son existence est un raté mais après sa mort, il devient une figure de cet art.
Résumé de sa vie :
Arthur Rimbaud apparaît comme une figure majeure de l’histoire des lettres françaises, tout en n’étant pas parvenu
à s’imposer dans le champ littéraire de son époque.
Sa trajectoire fascine autant que ses écrits, à tel point qu’on a pu parler de « Mythe Rimbaud » (selon le travail
mené par Etiemble). On le retient pour « Le dormeur du val », les lettres dites « du voyant », « Le Bateau ivre »
ou Une saison en enfer, mais aussi parce qu’il fut un brillant élève réfractaire à l’institution scolaire, se morfondant
à Charleville et rêvant de capitale ; invité à Paris par Verlaine, mais incapable de se plier aux logiques du milieu
littéraire ; embarqué avec Verlaine dans une vie de bohème qui se clôturera, en juillet 1873, par une rixe mémorable
(« l’affaire de Bruxelles ») ; déserteur de la vie littéraire à vingt-et-un ans seulement pour partir sur les routes
(d’Europe, d’Afrique) et mener une carrière de négociant ; mort en 1891, à trente-sept ans, des suites d’un cancer
de la jambe…
Il incarne une logique de la révolte, de la liberté. Une vie qui dure 37 ans mais il écrit seulement 6 ans. Age de
20/21 ans il a composé toute son œuvre et a ensuite arrêté car ça ne fonctionnait pas.
Il a une écriture de jeunesse.
Il est jeune mais d’une grande maturité.
Dans un premier temps, il est reconnu comme un explorateur. Les premiers discours à propos de lui parle d’un
explorateur.
Il a d’abord une visée parnassienne.
L’œuvre une saison Enfer est la plus marquante.
Il gagne de nombreux prix comme des écrits en langue latine. Il y a quelque chose chez lui qui fait qu’il a une
facilité de composition.
Relation avec Verlaine :
Il sait que pur devenir écrivain, il doit aller à Paris, là où l’activité et l’actualité poétique se fait. Cela, lui tendance
à la fugue. Il prend le train en fraudant et plusieurs fois. Une fois, il se fait prendre. Il appelle donc son prof de
français en le suppliant de payer l’amende. Il lui dit qu’il est comme un frère et en payant il sera comme un père.
Exil :
Verlaine tombe amoureux de Rimbaud. Un amour qui va les mener à l’exil en Italie. Rimbaud étant difficile à vivre
au quotidien, Verlaine le quitte pas. Rimbaud seul à Londres et sans argent cherche Verlaine qu’il retrouve en
Irlande. Ils boivent beaucoup. Sans le faire exprès, Verlaine tire dans la jambe de Rimbaud. Il se fait soigner. Une
seconde fois, il croise Verlaine. Rimbaud a peur alors appelle un policier en disant que cet homme lui a déjà tiré
dessus, ceci était une encore une farce. Verlaine se fait prendre, enfermé, jugé, 2 ans en prison à Mons. Pourquoi ?
pas pour la blessure mais pour la nature de sa liaison avec Verlaine et ses choix politiques.
Rimbaud fait des farces de mauvais goût parfois méchantes ce qui ne plait pas du tout aux amis de Verlaine.
Bref de leur histoire :
• Vivent en Angleterre avec quelques retours en France durant 1 ans. Une dispute éclate.
• 1873 : Verlaine en a marre des frasques et des grossièretés de Rimbaud. Il part pour la Belgique. Ils en
viennent aux mains plusieurs fois.
• 1 mois plus tard : Verlaine, ivre, tire sur Rimbaud. Rimbaud ne dénonce par Verlaine.
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• Plus tard : Verlaine menace de tirer à nouveau. Rimbaud appelle un policier.
• Une saison en Enfer → dit où Rimbaud en est dans sa vie et où il va (étonnant pour un jeune de 19 ans)
• Les illuminations → publié 11 plus tard. Le titre définit bien ce qui y est écrit. Des poèmes en proses.
(référence : Jean-Jacques Lefrère)
Un réalisme paradoxale :
Hallucination simple : Il s’agit d’observer et de transformer pour voir mieux et autrement.
Textes métapoétiques :
Il tente de définir une manière d’affronter le réel et s’engage en poésie, persuadé qu’elle a les ressources pour
bouger les structures déjà établies. Il veut mettre à mal les normes.
Il croit pouvoir transformer le monde.
« Changer le monde » -- relation avec Verlaine :
Citation de Une saison en enfer.
Se fonde sur la prosopopée → donner la parole à une entité ne pouvant s’exprimer.
➔ La parole donnée à Vierge folle racontant son histoire avec L’époux infernal. Couple ressemblant au
couple Verlaine – Rimbaud.
➔ Sorte d’autoportrait.
« Parfois il parle, en une façon de patois attendri, de la mort qui fait repentir, des malheureux
qui existent certainement, des travaux pénibles, des départs qui déchirent les cœurs. Dans les
bouges où nous enivrions, il pleurait en considérant ceux qui nous entouraient, bétail de la
misère. Il relevait les ivrognes dans les rues noires. Il avait la pitié d’une mère méchante pour
les petits enfants. — Il s’en allait avec des gentillesses de petite fille au catéchisme. — Il feignait
d’être éclairé sur tout, commerce, art, médecine. — Je le suivais, il le faut ! »
Dans cet extrait apparait l’idée de changer la vie :
« Quand il me semblait avoir l’esprit inerte, je le suivais, moi, dans des actions étranges et
compliquées, loin, bonnes ou mauvaises : j’étais sûre de ne jamais entrer dans son monde. À
côté de son cher corps endormi, que d’heures des nuits j’ai veillé, cherchant pourquoi il voulait
tant s’évader de la réalité. Jamais l’homme n’eut pareil vœu. Je reconnaissais, — sans craindre
pour lui, — qu’il pouvait être un sérieux danger dans la société. — Il a peut-être des secrets pour
changer la vie ? Non, il ne fait qu’en chercher, me répliquais-je. »
➔ Ce n’est pas exposer des procédés révolutionnaires. C’est plutôt une quête du Graal.
➔ L’envie de changer la vie vient d’un sentiment d’insatisfaction et d’un désir de bouleversement que la
poésie doit pouvoir combler.
Prendre congé de la littérature :
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1875, à la sortie de prison de Verlaine, Rimbaud lui donne le manuscrit Illuminations. Il arrête la littérature à 20 et
ne revient jamais sur sa décision.
Les Illuminations – 1886 :
Une suite de poèmes hallucinés principalement en prose.
Porté par des enjeux politiques.
Engage un renouveau poétique sur le plan formel.
Le symbolisme :
Les symbolistes des années 1880 se rendent compte de l’importance de l’œuvre de Rimbaud. Ils tentent de le
contacter mais il refuse.
Certains journaux vont publier du faux-Rimbaud pour augmenter leurs ventes.
Notes :
Ses œuvres et ses pensées :
Ses premières œuvres sont de facture généralement.
Vénus Anadyomène → Vénus sortant de l’eau. Rimbaud en fait une prostituée sortant d’une
baignoire et mourant d’une cancer à l’anus.
A cette époque, il y a une remise en question des codes de la beauté. On juxtapose la beauté
et la laideur (Victor Hugo : notre dame de Paris). Rimbaud va montrer la beauté dans la laideur.
Dans ses premiers textes il y a aussi un engagement contre les bourgeois alors qu’il est lui-
même bourgeois.
Il déteste l’église car il y a un été trainé. Il n’aime pas car ce ne sont que des règles et des codes
et que lui ne pense pas y trouver sa place. Il va écrire des textes sur les prêtres embêter par leur
libido.
Le Dormeur du Val : le soldat. Petit retournement de situation à la dernière phrase. L’homme
ne dort pas mais est mort.
Le Mal : texte qui se compose d’une seule phrase. Absurdité de la guerre.
Lettre de mai 1871, 2 lettres que l’on combine. C’est une sorte programme. Il explique son
programme non esthétique mais une démarche. Il y écrit qu’il veut vraiment être poète.
Il adore Baudelaire. Pour lui c’est un vrai voyant. Baudelaire a une manière classique de
pensée la poésie. C’est un héritier de Racine.
Rimbaud va plutôt aller vers la nouveauté. Pourquoi ? Car il s’est attaché au dernier vers de
Fleurs du mal de Baudelaire.
Le Bateau ivre : texte où Rimbaud a vraiment mis toute sa personne. C’est une prosopopée
(faire parler des entités qui ne sont pas censés parler). Ici, c’est le bateau qui parle.
Refus de la subjectivité.
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5. Emile Zola (1840-1902) et le naturalisme (1866)
Le naturaliste complexifie la pensée réaliste et est lié à Zola.
Zola crée le terme naturalisme.
1868 : il fait partie d’un groupe d’écrivains naturalistes.
Ses modèles : Balzac, Taine, les frères Goncourt.
1875-1881 : Il est un romancier militant du naturalisme dans ses propos et à travers la création du groupe.
Naturalisme : ne s’intéresse pas qu’à la nature au sens écologique. C’est une méthode d’observation et
d’investigation du réel.
➔ Zola se documente et observe.
Historique :
Né en Aix-en-Provence, à 6 ans, orphelin de père.
Il est déclassé mais fréquente des jeunes bourgeois aisés.
Déclassement plus difficile lors de son déplacement à Paris pour que sa mère puisse subvenir à leurs besoins.
Premier travail : service de publicité de la librairie Hachette. Il y monte les échelons mais la quittera après s’être
fait des contacts et toucher au monde du livre.
Il publie quelques textes dans la presse, critique, chroniques, nouvelles, romans feuilletons.
Il fréquente le milieu de la peinture et les ateliers.
Ses œuvres :
Thérèse Raquin – 1868 : il y pose les bases du naturalisme dans le préface. Point de départ du roman naturaliste.
Rougon-Macquart – 1871 : projet de publier 20 titres en 20 ans. Zola y parle du Second Empire qui s’écroule.
Dresse l’inventaire de la société en y sortant les forces produites.
Roman expérimental : recueil d’articles. Zola en formule sa doctrine basé sur les proposition du médecin Claude
Bernard.
➔ Romancier semblable au scientifique. Personnage = objet d’expérimentation → épreuves, détermine un
lieu. Le romancier note les réactions du personnage.
➔ Le schéma que Zola préfère : personnage dans un lieu inconnu.
La théorie du recueil est critiquée car repose sur un illusion → personnage imaginaire dont tout ce qui se passe est
construit par le romancier.
➔ DONC : romancier =/ savant, scientifique. → trop de subjectivité.
Comédie humaine – 19ème siècle : projet balzacien de faire l’inventaire de la société française, engagé dans une
perspective scientifique.
L’essoufflement du naturalisme :
Il s’essouffle car il repose juste sur Zola.
1887 : un groupe de romanciers réagissent à la Terre → dénoncent les prétentions scientifiques de Zola et ses
obsessions charnelles.
Le Docteur Pascal – 1893 : dernier volume de Rougon-Macquart, sonne le glas de la mouvance naturaliste.
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6. La mêlée symboliste (1875/85) et l’esprit fumiste
Verlaine, Cros et Mallarmé sont virés de la Parnasse → provoque l’ouverture de l’espace des possibles dans le
champ littéraire.
Ils sont contraints de trouver de nouveaux espaces.
Ils vont favoriser le développement de tendances : décadentisme verlainien, fumisme de Cros, la démarche
symboliste de Mallarmé.
Le symbolisme :
Se distingue de la Parnasse.
Pas un mouvement totalement unifié ou fédéré par un manifeste.
C’est plutôt un réseau rassemblant des personnes productives et avides de consécration mais incapables de
cohésion et de conception d’un programme.
Se méfie du formalisme associé au Parnasse.
Rompe avec la structure métrique.
Opte pour le vers libre.
Le monde = réalité complexe qui ne peut être réduite à la raison.
Distance avec la réalité complète.
Porté par le rire, l’ironie, la dérision.
Partage malgré tout des points communs avec la parnasse et le naturalisme.
L’expression « mêlée symboliste :
Vient de Ernest Raynaud, poète.
Signifie un ensemble d’individus associés poussant dans direction parfois différentes.
Revues éphémères : La Plume, La Vogue, Le Décadent, Le Symbolisme, … :
La période symboliste est marquée par ces revues parfois fortement illustrées.
➔ Témoigne d’une vitalité littéraire.
Ainsi, le symbolisme apparait plus comme une pléiade de groupes éphémères.
L’échec de la fédération du symbolisme :
L’échec se mesure dans son pseudo-manifeste.
Un manifeste littéraire. Le Symbolisme.
Il tacle les concurrents qui n’en sont pas.
Il n’arrive pas à définir le mouvement.
La conclusion est un flou artistique avec l’utilisation de mots rares et de références exotiques :
« La conception du roman symbolique est polymorphe : tantôt un personnage unique se meut
dans des milieux déformés par ses hallucinations propres, son tempérament ; en cette
déformation gît le seul réel. Des êtres au geste mécanique, aux silhouettes obombrées, s’agitent
autour du personnage unique : ce ne lui sont que prétextes à sensations et à conjectures. Lui-
même est un masque tragique ou bouffon, d’une humanité toutefois parfaite bien que rationnelle.
– Tantôt des foules, superficiellement affectées par l’ensemble des représentations ambiantes,
se portent avec des alternatives de heurts et de stagnances vers des actes qui demeurent
inachevés. Par moments, des volontés individuelles se manifestent ; elles s’attirent,
s’agglomèrent, se généralisent pour un but qui, atteint ou manqué, les disperse en leurs éléments
primitifs. – Tantôt de mythiques phantasmes évoqués, depuis l’antique Démogorgôn jusques à
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Bélial, depuis les Kabires jusques aux Nigromans, apparaissent fastueusement atournés sur le
roc de Caliban ou par la forêt de Titania aux modes mixolydiens des barbitons et des octocordes.
» (Jean Moréas, « Un manifeste littéraire. Le Symbolisme », dans Le Figaro. Supplément
littéraire, 18 septembre 1886, pp. 1-2.)
« décadent » VS « symbolistes » :
Selon Jean-Nicolas Illouz :
« décadent » « symboliste »
Anatole Baju → décadisme Gustave Kahn → symbolisme
➔ Pas de succès
Développent un sentimentalisme vague et aiment les Ont une certaine ambition théorique et aiment les
jeux parodiques innovations formelles (vers libre)
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6.3. Les écrivains symbolistes et leur projet
Veulent écrire un livre vidé de sa substance, renverser les règles habituelles du réalisme.
Plus d’intrigue aux rebondissement et personnages héroïques engagés dans la société. On a un personnage souvent
seul, oisif, souffrant, en retrait du monde.
Type de roman qualifié de « décadent ». Atypique.
La grande question des écrivains de l’époque :
➔ Est-il encre possible de faire du roman après Zola.
Pour remédier à ça, pour continuer le projet de créer quelque chose de nouveau, les symbolistes vont dans une
pratique romanesque hybride et resserrée.
➔ Optent pour l’instant, le statisme, l’inaction.
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6.6. Alphonse Allais (1854-1905)
Ecrivain humoriste, conteur, inventeur d’aventures et de récits brefs.
Un surdoué de l’humour.
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XXème siècle
1. Eléments de périodisation
1.1. Les historiens de la littérature française sont davantage
partagés :
Deux périodisations :
• 1898 : mort de Mallarmé sonnant le glas du symbolisme → dernière grande école du 19ème siècle
Les modernismes apparaissent dans cette perspective. Tentatives de renouvellement de la poésie.
• 1918 : fin de la Première Guerre Mondiale, correspond à l’émergence de deux courants majeurs :
o Surréalisme (1920) : refonte de la poésie, apparait suite à une crise des valeurs symbolistes
agitant les milieux poétiques depuis la mort de Mallarmé.
o La légitimation du roman par La Nouvelle Revue française (1909).
La date la plus souvent avancé : début années 1980
➔ Les dernières avant-gardes se dissolvent, fort renouvellement générationnel chez les écrivains, nouvelles
esthétiques.
Dans le cours : XXème siècle → 1918-1980.
(aborde tout de même la période 1898-1918.)
2. Contexte sociopolitique
L’histoire marquée par deux guerres mondiale :
• Première Guerre Mondiale : guerre industrielle à cause de l’usage d’armement lourd et du nombre
important de victimes.
Guerre de tranchées entre Allemagne et France. Combats aussi en mer et sur d’autres continents.
Conséquences géopolitiques : 4 empires Européens disparaissent (russe, ottoman, austro-hongrois
et prussien) ; les nationalismes s’enflamment.
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o Zone sud : dite « libre »
3. Contexte socioéconomique
• Les conditions de vie des classes populaires sont un enjeu politique et économique.
Les conditions en usine de plus en plus difficiles MAIS le Front Populaire permet l’obtention de congés
payés et la réduction du temps de travail.
• La reconstruction de la France après la Seconde Guerre Mondiale permet un essor économique sans
précédent durant les Trente Glorieuses (1950-1980).
Cet essor profite pour la classe moyenne dont les conditions de vie s’améliorent.
• Années 70 et 80 : les conditions économiques se dégradent pour les ouvriers et les fractions dominées de
la bourgeoisie dont l’extrême-droite profitera.
4. Contexte culturel
Une surpolitisation de la vie intellectuelle :
Années 20, opposition gauche internationaliste et pacifiste ET droite nationaliste et belliciste.
Montée en puissance du communisme soviétique et des fascismes qui recompose le paysage idéologique.
Multiplication des rencontres entre intellectuels favorisant un brassage idéologique et des formes vairées
d’engagement.
Sartre :
Après la DGM, Sartre incarne la figure de l’intellectuel « total », capable de se prononcer sur tous les sujets.
L’ouverture aux cultures extra)européennes :
L’Europe était le centre du monde, mais la Grande Guerre amorce son déclin, démographique, économique,
financier.
Avant la guerre, les plasticiens s’étaient déjà tournés vers les arts primitifs et les cultures africaines qui ont joué
un rôle dans l’avènement du cubisme.
Apparition de nouvelles épistémologies :
Ces nouvelles traduisent une crise des modèles de pensée antérieurs.
La psychanalyse et le marxisme notamment mettent à bas l’idéalisme rationaliste du XIX e siècle, en postulant que
la conduite humaine est déterminée par des facteurs qui échappent au contrôle conscient de la raison ou à la
décision individuelle : l’inconscient, l’infrastructure socio-économique.
Les thèses du structuralisme :
Elles se répandent dans tous les milieux intellectuels sonnant la fin de la représentation du langage comme outil
de communication transparent.
Emergence de nouvelles pratiques artistiques :
Cinéma, radio, bande dessinée, …
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La télévision :
Emergence et développement de la télévision à partir des années 50.
La télé offre des émissions littéraires et écrivaines : Apostrophes.
➔ Plusieurs auteurs y seront interviewés.
Avancées sur les droits des femmes :
Droite vite : 1944.
Droit au travail : 1965
Autorisation de la contraception : 1969
Dépénalisation de l’avortement : 1975
Reconnaissance du viol entre époux par le code pénal : 1990
Le 20ème siècle va être un siècle d’avancées et de régression du droit des femmes, avec les différents régimes, les
politiques, etc. Les choses commencent à changer après la seconde guerre mondiale, parce que beaucoup
d’hommes sont morts. Droit au congé de maternité et droit de vote apparaissent. Le droit au travail sans le
consentement de son mari date de 1965 en France.
Sous Vichy les femmes sont voués à devenir des poules pondeuses et des ménagères. Ce qui va pousser de plus en
plus de femmes à manifester.
De plus en plus de femmes vont entrer dans le milieu littéraire.
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Chapitre 1 :
Le sacre du roman (1900-1940)
1. Historique
18ème siècle :
Le roman est au bas de l’échelle littéraire. Il est déprécié par la plupart des écrivains. Les romanciers passent après
les poètes.
MAIS tout de même un développement → pourquoi ? :
• Intérêt du public.
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La Nouvelle Revue Française (instance 2) :
Fondée en 1909 par un groupe d’écrivains dont : André Gilde et Jean Schlumberger.
Fonction d’émergence car contribue à faire connaitre de nouveaux auteurs et est un lieu de reconnaissance (grands
débats critiques).
Durant la guerre 14-18, pas de Revue.
Les directeurs :
Ces deux instances légitimisent les œuvres mais sans œuvres, elles ne seraient rien.
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2. Les maîtres du roman
2.1. André Gide (1869-1951)
Historique :
Etudes peu brillantes, voyage en Afrique dont les paysages seront idéalisés dans Les Nourritures terrestres (1897)
et où il y découvre une de liberté morale et sexuelle.
Il épouse sa cousine Madelaine Rondeaux.
Il voyage beaucoup et s’écarte de la religion, contre le colonialisme (Voyage au Congo 1927). Cofondateur de la
NRF et reçoit le Prix Nobel en 1947.
Il participe d’abord au symbolisme mais privilégie rapidement le roman à la poésie.
Il fréquente des poètes mais il se rend vite compte qu’il n’y a plus grand-chose à
apporter en poésie.
Paludes – 1894 :
Premier roman avec la tentative d’être sans intrigue, refusant les ingrédients
romanesques au profit d’une réflexion sur le genre lui-même.
Relate les pérégrinations et les hésitations d’un narrateur autodiégétique écrivant
Paludes.
Récit réflexif présenté comme une satire de quoi → pourrait représenté dans le milieu
littéraire comme une satire de l’univers littéraire.
Le personnage principal présente son projet littéraire de façon imprécise et se perd en
voulant se corriger.
Instabilité du texte + perpétuel retardement → s’agit d’écrire, de finir, de terminer
Paludes, de mettre ou pas un tel élément.
➔ Récit habité par une pluralité de romans possibles qui ne commencent jamais.
Récit d’inachèvement présenté comme cyclique.
➔ Se termine presque comme il commence.
Toute la ménagerie littéraire qui en prend pour son garde :
• Ecrivain ambitieux, incertain, incapable de faire un texte cohérent et à tenir son objectif.
• Ce sont ses proches, le cénacle qui s’informent de ses projets pour mieux les déconsidérer en son absence.
➔ Inconnus peu avares en critiques et en conseils : « On m’a parlé de Paludes ! […] Des amis… tu sais, ça
n’a pas beaucoup plu ; on m’a même dit que tu ferais mieux d’écrire autre chose. »
Seul Angèle, maitresse du salon, a un avis qui permet de saisir la légèreté : « J’ai peur que ce ne soit un
peu ennuyeux, votre histoire »
Les possibilités du roman :
Paludes questionne les conditions et l’espace des possibles du roman.
Les Caves du Vatican (1914) : caricature et incongruité, remise en question des règles du réalisme.
Les Faux-Monnayeurs (1926) : procédé de mise en abyme consistant à feindre que le roman soit écrit par l’un des
personnages.
Le roman n’est plus juste un récit d’aventure mais l’aventure d’un récit.
➔ Formule de Jean Ricardou pour définir le Nouveau roman.
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L’intérêt n’est plus de raconter une histoire mais d’éprouver les limites, nier le romanesque et faire du dispositif
narratif l’enjeu même de la littérature.
Notes :
Il publie à la fin du 19ème siècle « Paludes », il a l’idée d’écrire un roman sur quelqu’un qui écrit un roman, enfin
essaie d’écrire Paludes, il va en parler dans le milieu littéraire (donc fait référence à nombre de ces contemporains).
Ceux-ci disent dans son dos qu’il ne va jamais y arriver.
C’est un roman sans véritable intrigue, le milieu est plus suggéré qu’autre chose, il est un peu moqueur ; Mais il
construit petit à petit une idée sur ce que peut le genre lui-même. Ce mets en place progressivement une vision de
l’écriture, donc plus sur la façon d’écrire (espace d’abord formel) que sur le thème ou le contenu.
Gide s’illusionne complètement, il change parfois de regard sur le monde, il va faire un voyage au Maroc et en
revenir avec l’idée que les jeunes hommes prostitués sont des dieux vivant, etc.
Les caves du Vatican est un livre très caricaturale, il met les personnages en scènes de façon satirique. Dans les
Faux-Monnayeurs, il y a un jeu de mise en abime fort présent.
La fin de sa vie va surtout se passer dans la réminiscence de sa gloire d’entend. Il est passé à côté de Proust. Gide
lit le roman que Proust lui a envoyé mais Gide n’aime pas. Quand Proust va l’envoyer à Gallimard.
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2.2. Marcel Proust (1871 – 1922)
Historique :
Père prof de médecine. Mère fille d’une riche agent de change. Enfant en milieu aisé, très grande aristocratie,
société mondaine de la Belle Epoque avec déclin de l’aristocratie et développement d’une bourgeoisie dite
vulgaire. Fait des études et obtient la fortune familiale qui lui permet une vie tranquille et de s’essayer à l’écriture.
Il ne fait que lire et participer à l’activité mondaine.
Refusé à la NRF.
Publié chez Grasset 1913 : Du côté de chez Swann et A la Recherche du temps perdu.
Prix Goncourt 1919 : A l’ombre des jeunes filles en fleurs.
Il n’a pas écrit beaucoup de roman. Il avait une santé fragile et est mort à 51 ans. Il a écrit un ensemble en 7
volumes. Les 3 derniers ayant été publiés à titre posthume.
Son œuvre fait environ 3000 pages.
Proust voit la recherche comme une quête de la vérité. Marcel énonce une vérité : « L’art est plus important que la
vie ». c’est un écrivain esthète mais aussi philosophique.
A la Recherche du Temps perdu :
Roman de mémoire : récit rétrospectif :
➔ Commence à la fin de l’histoire où le héros devient
écrivain et se met à écrire le roman que le lecteur vient
de lire.
Quête de la vérité → roman philosophique répondant à la
doctrine esthétique : l’art est sans commune mesure avec la vie,
il la transcende car il est la vraie vie.
L’œuvre raconte l’histoire d’un homme qui fait peu à peu la
découverte de la prééminence de l’art sur la vie.
Prééminence des sensations et du sensible dans l’appréhension du
monde.
La mémoire de Proust émerge des sensations.
Recherche :
L’histoire d’une vie, de l’enfance à l’âge adulte.
L’histoire d’une vocation d’écrivain.
Le Temps :
Dénouement de l’histoire commencée dans Recherche.
➔ Comment le héros devient écrivain : l’axe de l’ensemble du récit jusqu’au dernier tome où le héros à la
faveur d’une série d’extases qui lui rendent le « temps perdu », comprend que le seul statut est dans
l’art.
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Notes :
Un roman de mémoire :
Le souvenir à quelque chose de physique, il nous revient en mémoire de manière physique. On le voit notamment
dans le Madeleine de Proust. Le souvenir serait plus lié au gout et à l’odorat comme de côté de la vue, elle est
saturée (il a vu des madeleines depuis). Son but de rechercher est de gravé par l’écrit tous les souvenirs qui lui
reviennent en mémoire quand ils lui reviennent en mémoire.
Albertine occupe la moitié de l’espace du roman alors que dans son brouillon, elle n’apparaissait pratiquement
pas. Elle aura transformé la recherche, le roman était dirigé vers l’aristocratie française et la très grande
bourgeoisie. Proust avait très bien compris les deux mondes.
Un roman « régi par un sens du social étonnamment aiguisé et critique » :
L’aristocratie à une étiquette morale limite, ceux qui ont la conduite répréhensible sont pardonnés. C’est son sang
qui ouvre la porte des salons et pas la conduite morale. Les aristocrates sont refusés chez les bourgeois.
Les aristocrates préfèreraient marier leur fille à un homme pauvre qu’à un riche sans sang noble. Quand
l’aristocratie est en déclin, elle continue tout de même de fermer ses portes à la grande bourgeoisie.
A l’ombre des jeunes filles en fleurs :
Peut-être est un terme qui revient souvent. Il émet de nombreuses hypothèses. Albertine donne l’air d’avoir
plusieurs visages.
Albertine est libre sexuellement, ce qui va renforcer la jalousie de Marcel, il va même finir par la cloîtrer chez lui.
Il s’est trompé sur la sociale d’Albertine qui peut aussi bien paraitre voyou que bourgeoise.
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Les trois-quarts des hommes du faubourg Saint-Germain passent aux yeux d'une partie de la
bourgeoisie pour des décavés crapuleux (qu'ils sont d'ailleurs quelquefois individuellement)
et que, par conséquent, personne ne reçoit. La bourgeoisie est trop honnête en cela car leurs
tares ne les empêcheraient nullement d'être reçus avec la plus grande faveur là où elle ne le
sera jamais. Et eux s'imaginent tellement que la bourgeoisie le sait qu'ils affectent une
simplicité en ce qui les concerne, un dénigrement pour leurs amis particulièrement « à la côte
» [= sans argent], qui achève le malentendu. Si par hasard un homme du grand monde est en
rapport avec la petite bourgeoisie parce qu'il se trouve, étant extrêmement riche, avoir la
présidence des plus importantes sociétés financières, la bourgeoisie qui voit enfin un noble
être digne d’être grand bourgeois jurerait qu'il ne fraye pas avec le marquis joueur et ruiné
qu’elle croit d'autant plus dénué de relations qu'il est plus aimable. Elle n’en revient pas
quand le duc, président du Conseil d'administration de la colossale Affaire, donne pour
femme à son fils la fille du marquis joueur, mais dont le nom est le plus ancien de France, de
même qu’un souverain fera plutôt épouser à son fils la fille d'un roi détrôné que d'un président
de la République en fonction. C'est dire que les deux mondes ont l'un de l'autre une vue aussi
chimérique que les habitants d'une plage située à une des extrémités de la baie de Balbec, ont
de la plage située à l'autre extrémité […]. » (À l’ombre des jeunes filles en fleurs, p. 271-
272)
Albertine est de la petite bourgeoisie en ascension sociale et dont les loisirs plus sportifs et ludiques que des classes
que fréquente le narrateur (et Proust lui-même). Ces loisirs l’induisent d’abord en erreur parce qu’il la prend, elle
et ses amies pour les très jeunes maîtresses de coureurs cyclistes.
Après cela, Marcel aiguise son sens du social, se montrant attentif au moindre comportement, à l’allure des corps
ou encore aux inflexions de la voix.
Il fait de la Recherche un lieu d’enregistrement de la passation du pouvoir à l’œuvre dans la société
➔ Aristocratie en déclin et haute bourgeoisie culturelle voient l’apparition d’une classe prendra plus
d’importance dans la vie culturelle française.
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Prix Renaudot, le roman est revendiqué par la gauche comme par la droite.
Exil :
Céline publie (1937) Bagatelles pour un massacre → antisémite.
Céline a durant la guerre dénoncé des résistants et était contre les juifs, pour l’extrême droite. Il est condamné à la
Libération en exil.
Quand il rentre en France, banlieue parisienne, décharné et loqueteux.
Ses derniers romans ont pour cadre cet exil et se muent en une plainte contre une société qui refuse le génie de
l’écrivain.
Il écrit avec une haine de tout et de tout le monde « surtout de cette société qui a refusé son génie littéraire. »
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MAIS : Maigret a l’art de faire parler les suspects et d’explorer à travers leurs confessions, le fonctionnement de
la petite bourgeoisie.
La petite bourgeoisie : classe laborieuse rêvant d’un avenir meilleur.
Cette classe est le personnage principal de ces romans policiers d’un style nouveau.
Le roman dur :
1933, Simenon se lance dans le roman dur dont il attend une reconnaissance littéraire.
Publié chez Gallimard. André Gide le voit comme le plus grand romancier français de son temps.
Simenon délaisse l’intrigue comme dans Maigret mais met en scène des personnages en crise qui se laissent
entrainer au crime.
Fiançailles de Monsieur Hire – 1933 : M. Hire tombe amoureux de Alice mais elle est l’amante d’un criminel.
Elle séduit Hire pour le faire accuser du crime de son ami.
Quitte Gallimard :
Il quitte Gallimard pour avoir plus de liberté. Il se tourne pour les Presses de la Cité qui sont moins littéraires.
Pour avoir publié dans les journaux dirigés par l’Occupant, à la Libération, il part aux Etats-Unis puis va en Suisse.
1940-1980 : il continue de publier des romans durs tout en revenant aux Maigret.
Conclusion :
Romancier prolifique et populaire, se considérant + artisan que écrivain, il n’obéit pas vraiment aux règles de l’art.
Mise à part Gide, le milieu littéraire le reconnaitra que tardivement.
Entre à la Pléiade 2003.
Il est l’un des romanciers les plus importants du 20ème siècle par son exploration lucide et sans concession
de la petite bourgeoisie.
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Chapitre 2 :
Changer la poésie, changer la vie (1900-1940)
INTRODUCTION
Première partie du 20ème siècle :
Le roman → genre littéraire majeur.
Le champ poétique en mouvement et milieu concurrentiel. Les poètes innovent constamment → « révolution
permanente » des esthétiques.
Entre la période du symbolisme (…-1898) et la période du surréalisme (1924) : course à l’invention sur le plan des
thématiques et des formes.
Période de la course souvent dans l’oubli :
Pourquoi ?
Mort de Guillaume Apollinaire (1918) → poète fort important. Certains auteurs viennent salir sa réputation.
➔ Blaise Cendras : Apollinaire m’a copié → après une étude génétique : ce n’est pas le cas.
➔ Paul Valéry : ne mentionne les apports de Apollinaire au lyrisme dans son essai dans la NRF. Il y définit
la poésie qui y est héritière du symbolisme.
Il redéfinit aussi la poésie avec le surréalisme dans une autre direction que celle d’Apollinaire ce qui
donnera une mauvaise image de ce dernier.
Le surréalisme et Valéry vainqueurs dans les luttes pour la définition légitime de la poésie.
Deux conceptions de la poésies :
Les approches savantes dégagent 2 conceptions de la poésie et de l’art :
Modernismes Avant-gardes
Toutes œuvres ont en commun leurs efforts Toutes œuvres sont en rupture avec la tradition artistique,
d’innovation poétique dans une tradition littéraire. même l’art.
➔ Veulent faire table rase du passé.
Accompagnent leurs œuvres d’une réflexion critique
nuancée et ouverte à plusieurs courants. Se lient à un credo esthétique qui les distingue des autres
courants.
Evitent la violence.
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Donc, ce chapitre :
Ce chapitre offre une synthèse de la création poétique de la première moitié du 20 ème siècle construite en deux
temps :
• Vers libre
• Innovation
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Soutient le cubisme → Picasso surtout.
Alcools – 1913 :
Premier grand recueil.
Poèmes datant 1898 – 1913.
Zone :
Poème du recueil daté de 1898 → mort de Mallarmé. Pas choisi ai hasard.
Souligne la rupture avec Mallarmé.
Fait allusion aux paroles de Mallarmé disant que la poésie se trouve partout sauf dans les affiches publicitaires
et les journaux.
Esthétique :
Il s’éloigne de l’esthétique symboliste pour son attention au monde contemporain.
Il multiplie les prosaïsmes et les figures de style. Beaucoup d’éléments inattendus dans ses vers.
Il ne rompe pas complètement avec le symbolisme et la tradition poétique.
Exemple : « Bergère Ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin »
➔ Reprise de la tradition poétique mais fait l’éloge d’un monument moderne et le costume en bergère avec
ironie.
Moderniste, il est :
Il cherche à faire synthèse des recherches artistiques de son temps.
Il est inventeur de formes nouvelles
➔ calligrammes : dessin formé de mots jouant de typographie et spatialité de la page. Fondé sur les rapports
sens des mots et figures dessines.
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La liaison est courte. Breton rompe avec Dada.
2.2. Le surréalisme
Au lancement de la revue Littérature, il y a plusieurs expériences d’écriture.
Breton et Soupault essaie l’écriture automatique → « dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par
la raison, en dehors de toutes préoccupation esthétique ou morale. »
Les Champs magnétiques (1920) de Breton et Soupault parlera de ces expériences.
1922 :
L’expérience des sommeils : endormissement sous hypnose. Le poète répond librement et absurdement aux
question.
Expérience décisive pour Breton → la poésie est le produit de l’inconscient et il faut lui permettre de s’exprimer.
C’est l’un des fondement du surréalisme.
1924 :
Le groupe augmente.
Revue L a Révolution surréaliste : bureau de recherches surréalistes.
Création du Manifeste du surréalisme : déclaration de la personnalité du groupe et de sa politique, sa doctrine
esthétique.
Doctrine esthétique : opposée au roman, à la poésie moderniste.
Ce que veut le surréalisme :
Prendre la relève du modernisme.
Permettre à l’imagination de reprendre ses droits sur la raison.
Breton fait procès du réalisme, de la logique du monde, du rationalisme. Les oppose au rêve, au valeur, à
l’imagination.
➔ « Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées
jusqu’à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. »
Ethique de la révolte. Hostile au conformisme (aussi en sexualité mais tous n’étaient de la même ouverture
d’esprit).
Il y aura des bastions internes et externes.
Définition du surréalisme :
Récits de rêve, les cadavres exquis, l’écriture automatique.
Définition :
SURRÉALISME, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit
verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée
de la pensée, en dehors de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation
esthétique ou morale.
Le mouvement a marqué par ses œuvres et ses polémiques :
Paul Eluar : « La terre est bleue comme une orange » → image déconcertante (poète).
Louis Aragon : ses rêveries ; le paysage urbain parisien devient magique.
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2.2.1. André Breton – Nadjia
Récit autobiographique.
Ce récit combat la NRF et la poésie moderniste.
3 parties qui ne répondent pas vraiment à la définition d’une autobiographie.
Partie 1 :
« Qui suis-je ? »
N’y parle pas de son enfance.
Ne parle que des évènements marquants de sa vie.
Il retrace certains épisodes fondateurs du surréalisme.
Partie 2 :
Consacré à Nadjia. De leur rencontrer à leur séparation quand elle se fait interner.
Elle est décrite comme une apparition fantastique, c’est un électron libre, femme à la constitution et à la
santé mentale fragile, passée par la prostitution.
Breton la définit comme un « génie libre ».
Breton est conscient de l’état de santé de Nadjia et de son pour lui. Il est incapable de répondre à cet amour.
Mais il a le besoin d’être toujours avec elle. Il se refuse à l’abandonner mais finit par se détacher d’elle.
Partie 3 :
La plus originale du livre.
La rencontre de Suzanne Muzard. Un coup de foudre.
Breton a alors cette formule, devenue célèbre, du livre « battant comme une porte » (p. 185) : il entend
ainsi signifier que l’écriture doit être en phase avec la vie, et accueillir en ses pages les changements qui
se produisent dans celle-là : ainsi de sa rencontre avec Suzanne Muzard, qui devient la destinataire de la
dernière partie de Nadja.
Dans cette dernière partie, il propose une nouvelle définition de la beauté éloignée du modèle classique et
du modèle moderne :
« La beauté sera CONVULSIVE ou ne sera pas. »
➔ Il n’explique le terme convulsive mais l’esthétique de Nadjia, fragmentaire, intrigante, ouverte à
la vie permet de comprendre.
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3. Survivances modernistes (1918-1940)
Avec l’avant-garde surréaliste, le champ de la poésie s’est redéfini.
Les modernistes sont secondaires face au groupe de Breton. Certains se réorientent vers d’autres genres.
Quelques œuvres survivent, moins radicales que le surréalisme, avec l’appui de Jean Paulhan en contact
avec des revues modernistes → dont celle d’Henri Michaux.
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Chapitre 3 :
La guerre des écrivains (1940-1953)
• Les jeunes : moins connus, positionnements selon le succès commercial (journalisme soutenant
activement l’Occupant ou Vichy) ou littéraire (+ novateur, + valorisé, résistance).
• Agés : disposent d’une œuvre reconnue. Positionnement selon la reconnaissance de cette œuvre
avant la guerre par leurs pairs (attitude de retrait, sympathie pour la Résistance) ou par un public
bourgeois (ne se préoccupent pas de la politique, collaborent parfois).
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Les plus anciens auteurs n’ont plus d’impact dans le champ littéraire et laissent place à la nouvelle
génération.
Conclusion :
La période de crise qu’est, pour le milieu littéraire, la Seconde Guerre Mondiale affaiblit donc l’autonomie
du milieu littéraire mais ne remet pas pour autant en cause ses principes de fonctionnement ni ses
hiérarchies, puisque ce sont ceux-ci qui, très largement (des exceptions existent bien sûr toujours),
conditionnent les choix politiques des écrivains.
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Henri Michaux :
Moins engagé dans la Résistance.
Ce poète peu connu avant la guerre est devenu à la fin des conflits un acteur majeur de la contrebande.
La poésie de contrebande >< poésie de résistance.
Les œuvres de contrebande ne sont pas à première vue des œuvres qui prônent la résistance comme la
censure ne les a pas refusés
Epreuves, exorcismes :
Parle de cette grande voix à qui Michaux ne veut pas appartenir, il veut pouvoir parler à l’écart de cette
immense voix. Donc parler en son propre nom, et dire ce qu’il veut. C’est d’abord une figure paternelle
(mais un père despotique, le poème peut se lire d’abord comme une rébellion d’un fils contre son père), en
apparence le poème dit qu’il n’est pas patriotique ni catholique, il est comme un champ de non-
appartenance, ce pourquoi la censure n’a pas censuré le texte.
65
La littérature engagée ; qu’est-ce que la littérature ?
Théorie que Sartre expose en 1947.
Constat : tout écrivain a une responsabilité parce qu’il a un public à qui il s’adresse.
Ignorer cette responsabilité = acte de mauvaise foi.
Admettre cette responsabilité = défend ses choix politiques dans son œuvre sans renoncer à la qualité
littéraire.
Après la guerre :
Il abandonne le roman et théâtre.
Multiplie les critiques et s’engage dans des fronts : contre les guerres coloniales, soutient les
révolutions cubains, …
Il incarne la figure de l’intellectuel total : penseur, écrivain, journaliste, critique.
Il se prononce sur tous les sujets avec la hauteur de vue que lui confère son savoir et ses compétences.
Albert Camus (1913-1960) :
Grand romancier de la période.
D’origine modeste. Né en Algérie. Famille pied-noir. Milite dans le Parti Communiste avant de le
quitter.
Journaliste et veut devenir écrivain.
L’Etranger – 1940 :
Accueil critique favorable.
Narration homodiégétique (Meursault) mais de façon détachée et pas d’accès aux pensées.
Inaugure le cycle absurde → destiné à démontrer l’absence de sens des existences humaines.
Le mythe de Sisyphe :
Il fait face à l’absurde dans son livre. Face à l’absurde, la seule solution de l’homme est le suicide, mais
pour Camus, il vaut mieux se révolter (un peu comme Sisyphe qui pousse son rocher pour toujours). Il
faudra toujours se révolter car le monde sera toujours absurde.
La Peste – 1947 :
Témoigne une modification philosophique de Camus.
Allégorie de l’engagement, la collaboration et la résistance, expose plusieurs choix :
• Accepter le mal.
66
3. Ecrire après les camps
Plusieurs récits jusque dans les années 60 témoignent des horreurs dans les camps.
Quelques récits :
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Chapitre 3 :
L’apogée du roman artiste (1953-1980)
INTRODUCTION
L’année 1953 : charnière dans l’histoire de la littérature.
➔ Un passage au second plan des problématiques de la guerre et de la Libération. Retour des logiques
artistes.
➔ La doctrine sartrienne et la parnasse → Parti Communiste → perde leur importance.
Evènements actant dans cette transformation :
• Beaucoup de méfiance.
• Libération de collaborateurs. Perte d’influence des anciens résistants dans la sphère politique et
culturelle.
68
Aragon VS Breton :
Aragon fut exclut du surréalisme par Breton.
Aragon veut réinventer le roman.
Il écrit La Défense de l’infini qu’il détruit car Breton s’y oppose. (3000p ; 1000p furent retrouvée)
L’absurde (années 30) :
Renonce souvent à l’intrigue.
Renouvelle les techniques narratives.
Influence du roman américain.
L’étranger.
Résumé :
Les recherches littéraires sur le roman n’ont pas attendu les années 1950 pour apparaître ; mais elles atteignent, à
partir de cette période et pendant trois décennies, une intensité et une inventivité inédites dans l’histoire.
1. Le Nouveau Roman
Un roman sans intrigue, langage miné, questionnement métaphysiques.
Souhait de développer de nouvelles techniques narratives.
➔ Voir conclusion Nouveau Roman.
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L’Innommable – 1953 :
Met en scène un être seul dans le noir, sans nom, ni corps bien défini.
L’incipit annonce être un méta-roman→ un texte réfléchit aux formes mêmes dont il est constitué.
« Où maintenant ? Quand maintenant ? Qui maintenant ? Sans me le demander. Dire je. Sans le
penser. Appeler ça des questions, des hypothèses. Aller de l’avant, appeler ça aller, appeler ça
de l’avant. Se peut-il qu’un jour, premier pas va, j’y sois simplement resté, où, au lieu de sortir,
selon une vieille habitude, passer jour et nuit aussi loin que possible de chez moi, ce n’était pas
loin. Cela a pu commencer ainsi. Je ne me poserai plus de questions. […]. J’ai l’air de parler, ce
n’est pas moi, de moi, ce n’est pas de moi. Ces quelques généralisations pour commencer.
Comment faire, comment vais-je faire, que dois-je faire, dans la situation où je suis, comment
procéder ? Par pure aporie ou bien par affirmations et négations infirmées au fur et à mesure, ou
tôt ou tard. […] À remarquer, avant d’aller plus loin, de l’avant, que je dis aporie sans savoir ce
que ça veut dire. Peut-on être éphectique autrement qu’à son insu ? Je ne sais pas. Les oui et
non, c’est autre chose, ils me reviendront à mesure que je progresserai, et la façon de chier
dessus, tôt ou tard, comme un oiseau, sans en oublier un seul. On dit ça. Le fait semble être,
[…], que je vais avoir à parler de choses dont je ne peux parler, mais encore, ce qui est encore
plus intéressant, que je, je ne sais plus, ça ne fait rien. Cependant je suis obligé de parler. Je ne
me tairai jamais. Jamais. »
➔ Les questions : renvoient aux éléments précisés dans début de roman (lieu, date, personnages,
…) MAIS ils ne sont pas précisés mais interrogés.
Un roman normal → débute avec un évènement déclencheur = une péripétie
Le nouveau roman → débute avec une péripétie se réduisant à une sortie du personnage de chez lui.
Samuel Becket :
Acteur de la littérature artiste → roman et théâtre.
En attendant Godot :
Pièce de théâtre.
Scandale.
Succès critique du théâtre absurde.
En deux actes avec deux clochards dont la vie n’a pas de sens (Vladimir et Estragon). Le temps est meublé
par des discussions sur la métaphysique et les digressions burlesques. Pozzo et Lucky qu’il tient en laisse
et est dépourvu de parole et de raison arrivent.
La pièce illustre de manière pessimiste la condition humaine, privée de sens.
➔ « Mais à cet endroit, en ce moment, l’humanité, c’est nous, que ça nous plaise ou non. Profitons-
en, avant qu’il soit trop tard. Représentons dignement pour une fois l’engeance où le malheur
nous a fourrés. Qu’en dis-tu ? (Estragon n’en dit rien.) Il est vrai qu’en pesant, les bras croisés,
le pour et le contre, nous faisons également honneur à notre condition. Le tigre se précipite au
secours de ses congénères sans la moindre réflexion. Ou bien il se sauve au plus profond des
taillis. Mais la question n’est pas là. Que faisons-nous ici, voilà ce qu’il faut se demander. Nous
avons la chance de le savoir. Oui, dans cette immense confusion, une seule chose est claire :
nous attendons que Godot vienne. »
C’est suite à la critique de Alain Robbe-Grillet dans la revue Les Temps Modernes que Lindon contacte
l’auteur.
70
Lindon et Becket :
Lindon aime l’esprit vif, l’humour et la volonté d’un renouvellement des formes romanesques de Becket.
Becket devient le conseiller éditorial de Lindon (1955).
Le duo fait un catalogue romanesque et théâtral.
Les débuts du mouvement grâce à Becket :
Les critiques de Becket sont rassemblées en 1963 → Pour un Nouveau Roman.
➔ Dit que les notion héritées du passé sont périmées. Les romanciers doivent aller en quête
d’innovation.
1.2.1. La Jalousie
Intrigue réduite à une expression : le narrateur épie sa femme qui semble porter de l’intérêt à Franck.
Alterne descriptions géométriques du lieu et des descriptions froides des faits et geste de la femme.
Joue sur le double sens de jalousie :
• Renvoie au sentiment
Intérêt pour la psychologie des personnages pourtant l’intériorité, les pensées des personnages sont
inaccessibles.
Ce n’est pas une analyse de la jalousie. C’est juste de rendre la jalousie sensible à travers la pulsion
scopique du narrateur.
71
1.2.2. Tropisme de Nathalie Sarraute (1900-1999)
Russe dans une famille bourgeoise juive cultivée. Elle vit entre la France, la Suisse et la Russie. Mariée
et devenue avocate. Elle se fixe à Paris.
Les œuvres de Proust, Joyce et Woolf la marquent.
Tropisme passe inaperçu (mais des écrivains comme Sartre l’encourage).
Durant la guerre, avec la loi anti-juive, elle quitte son mari pour le protéger. Il vit un peu partout avec
plusieurs identités tout en écrivant.
Avec le soutien de Sartre, à la Libération, elle publie chez Gallimard :
• Martereau 1953
72
Extrait :
Le matin elle sautait de son lit très tôt, courait dans l’appartement, âcre, serrée, toute chargée de
cris, de gestes, de halètements de colère, de « scènes ». Elle allait de chambre en chambre,
furetait dans la cuisine, heurtait avec fureur la porte de la salle de bain que quelqu'un occupait,
et elle avait envie d'intervenir, de diriger, de les secouer, de leur demander s'ils allaient rester là
une heure ou de leur rappeler qu'il était tard, qu'ils allaient manquer le tram ou le train, que
c'était trop tard, qu'ils manquaient quelque chose par leur laisser-aller, leur négligence, ou que
leur déjeuner était servi, qu'il était froid, qu'il attendait depuis deux heures, qu'il était glacé... Et
il semblait qu’à ses yeux il n'y avait rien de plus méprisable, de plus bête, de plus haïssable, de
plus laid, qu’il n’y avait pas de signe plus évident d’infériorité, de faiblesse, de que de laisser
refroidir, que de laisser attendre le déjeuner.
Ceux qui étaient des initiés, les enfants, se précipitaient. Les autres, insouciants et négligents
envers ces choses, ignorant leur puissance dans cette maison, répondaient poliment, d’un air
tout naturel et doux : « Merci beaucoup, ne vous inquiétez pas, je prends très volontiers du café
un peu froid. » Ceux-là, les étrangers, elle n’osait rien leur dire, et pour ce seul mot, pour cette
petite phrase polie par laquelle ils la repoussaient doucement, négligemment, du revers de la
main, sans même la considérer, sans s’arrêter un seul instant à elle, pour cela seulement elle se
mettait à les haïr.
Les choses ! les choses ! C’était sa force. La source de sa puissance. L’instrument dont elle se
servait, à sa manière instinctive, infaillible et sûre, pour le triomphe, pour l’écrasement.
Quand on vivait près d’elle, on était prisonnier des choses, esclave rampant chargé d’elles, lourd
et triste, continuellement guetté, traqué par elles.
Les choses. Les objets. Les coups de sonnette. Les choses qu’il ne fallait pas négliger. Les gens
qu’il ne fallait pas faire attendre. Elle s’en servait comme d’une meute de chiens qu’elle sifflait
à chaque instant sur eux : « On sonne ! On sonne ! Dépêchez-vous, vite, vite, on vous attend. »
Même quand ils étaient cachés, enfermés dans leur chambre, elle les faisait bondir : « On vous
appelle. Vous n’entendez donc pas ? Le téléphone. La porte. Il y a un courant d’air. Vous n’avez
pas fermé la porte, la porte d’entrée ! » Une porte avait claqué. Une fenêtre avait battu. Un
souffle d’air avait traversé la chambre. Il fallait se précipiter, vite, vite, houspillé, bousculé,
anxieux, tout laisser là et se précipiter, prêt à servir.
73
1.2.3. La Modification de Michel Butor
Ed. Minuit.
Professeur de français tenté par l’écriture.
Il écrit :
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1.2.4. Claude Simon (1913-2005)
Hérite d’une fortune familiale, orphelin à 11 ans.
Ecrit et peint.
Duran la Seconde Guerre Mondiale : mobilisé dans le 13ème Dragons de la cavalerie française. Tombe en
embuscade, perd son capitaine et est fait prisonnier.
Il écrit des romans de facture classique qu’il renie plus tard.
Par Robbe-Grillet, il entre aux Ed. de Minuit avec Le Vent : tentative de restitution d’un retable baroque 1957.
La Route des Flandres 1960 → lui permet de trouver sa manière.
La Route des Flandre 1960 :
Incipit :
« Il tenait une lettre à la main, il leva les yeux me regarda puis de nouveau la lettre puis de
nouveau moi, derrière lui je pouvais voir aller et venir passer les taches rouges acajou ocre des
chevaux qu'on menait à l'abreuvoir, la boue était si profonde qu'on enfonçait dedans jusqu'aux
chevilles mais je me rappelle que pendant la nuit il avait brusquement gelé et Wack entrait dans
la chambre en portant le café disant Les chiens ont mangé la boue, je n'avais jamais entendu
l'expression, il me semblait voir les chiens, des sortes de créatures infernales mythique leurs
gueules bordées de roses leurs dents froides et blanches de loups mâchant la boue noire dans les
ténèbres de la nuit, peut-être un souvenir les chiens dévorants nettoyant faisant place nette :
maintenant elle était grise et nous nous tordions les pieds en courant, en retard comme toujours
pour l'appel du matin, manquant de nous fouler les chevilles dans les profondes empreintes
laissées par les sabots et devenues aussi dures que de la pierre, et au bout d'un moment il dit
Votre mère m'a écrit. »
Revient de façon fictionnelle sur le drame vécu de 1940 par l’auteur.
Le narrateur se souvient de cet évènement ainsi que d’autres.
La phrase qui est longue mêle plusieurs temporalités.
➔ C’est le cas tout au long du récit.
75
1.3. Conclusion Nouveau Roman 1957
1957 : première fois qu’apparait le nom « Nouveau Roman » → Le Monde l’utilise pour qualifier La Jalousie et
Tropisme.
Robbe-Grillet devient le chef de fille de la nouvelle école littéraire.
C’est quoi le Nouveau Roman ?
Les Nouveaux Romanciers se fréquentent peu >< aux surréalistes et Romantiques.
Ils n’élaborent rien en collectivité, pas de manifeste.
Seule la critique les réunit et leur éditeur qui les met sur la scène littéraire → Robbe-Grillet montre le courant une
école dans les médias.
Les points communs dans ce « groupe » :
Les œuvres des néo-romanciers ont des points communs :
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Ses œuvres :
Les Imprudents 1941 :
Premier roman sous le nom Duras.
La Douleur 1985 :
Raconte l’année où elle soigne Antelme.
Les premiers romans publiés chez Gallimard :
Proches de l’existentialisme : Les Imprudents, La vie tranquille.
Proches du behaviorisme : Un barrage contre le pacifique Le Marin de Gribraltar.
Cherchent à expurger le roman du psychologisme en réduisant les personnages à leurs paroles ou à leurs
regards.
Scénario :
1956 : rupture avec Mascolo ; travaille avec le cinéma.
➔ Hiroshima mon amour, film d’Alain Resnais qui fera partie de la sélection officielle du Festival
de Cannes en 1959.
Moderato Cantabile 1958 ; Le ravissement de Lol V. Stein 1964 ; Le Vice-Consul 1966 :
Plus abstrait, sensible, froid.
Associé au Nouveau Roman.
Yann Andréa Steiner 1992 :
Récit consacré à son autre mari Yann Lemée qu’elle nomme Yann Andréa.
Il restera au près d’elle jusqu’à sa mort.
77
2.1. Le Ravissement de Lol V. Stein 1964
Un roman qui surprend par sa narration, son intrigue et son écriture.
Intrigue :
Tenue mystérieuse, plusieurs scènes difficiles à comprendre avec précision.
Duras lors de ses interviews gardera le mystère sur Lol qui ne se comprend pas elle-même. Duras ne la
comprend pas vraiment non plus.
Ecriture :
Tend vers l’obscurité.
Une histoire sortie d’une traite ?
C’est ce que veut nous faire croire Duras. Mais les manuscrits démontrent qu’il y a eu énormément de
travail derrière.
Ravissement :
L’ambivalence règne avec le titre qui veut dire deux choses :
L’obscurité :
L’obscurité a été voulue. Les manuscrits démontrent l’effacement progressif d’infos.
L’obscurité est présente dans le titre avec « ravissement » .
L’obscurité est présente dans le sens tenu au personnage de Lol. Elle qui s’exprime peu et sans cesse
présentée au lecteur comme fuyante, indéfinie et incertaine.
L’obscurité est présente dans le choix de la narration. Un narrateur homodiégétique au début. Histoire
reposant sur le témoignage de Tatiana qu’il juge faux. Ce narrateur n’est pas fiable. Il disparait ensuite et
revient plus tard. On comprend que le narrateur inconnu est Jacques Hold.
L’obscurité est présente par le fait que le texte participe à un régime poétique renonçant à expliquer pour
privilégier les résonnances.
L’obscurité est présente dans le langage qui manque de mots pour dire la réalité de Lol.
La conséquence de l’obscurité, de l’instabilité :
La conséquence principale est que les lecteurs font l’épreuve du ravissement plus qu’ils ne reçoivent
l’explication.
La folie :
La folie est exemplatif du fonctionnement du texte.
On y lit les étapes d’une folie → de l’apparition, à l’adolescence, des premiers signes d’aliénation aux
crises – celle du bal puis celle de la scène finale, où Lol se dissocie pour être à la fois Tatiana et Lol.
Mais la folie ne trouve pas d’explication sinon dans la compulsion névrotique qui conduit Lol à réaménager
sans cesse les conditions de son exclusion iinitale.
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