Les approches en RI et les relations Nord Sud
Plan de séance
1. L’étude des relations entre les pays développées et les pays en développement
dans les théories des RI
- Réalisme – intérêt national grandes puissances, sécurité internationale,
- Libéralisme – interdépendance, la coopération internationale et les régimes
- Néo- marxisme – rapports de domination
- Constructivisme – les idées et les identités
2. Réalisme subalterne (Ayoob 2002)
3. Une approche située des RI ou « Voir les RI autrement » (Tickner 2003)
Le réalisme et le néoréalisme
Thucydide (471-400 av. J.-C) : Histoire de la guerre du Péloponnèse
Machiavel (1469 – 1527) : Le Prince ; Renaissance, développement États-nations
monarchiques en Europe ; les États sont des monstres froids, n’ont ni d’amis ni
d’ennemis, seulement des intérêts nationaux à défendre ; souveraineté raison
d’État
Hobbes (1588-1670) : Le Léviathan ; en l’absence d’un pouvoir organisé, individus
une partie de leur dépendance à un pouvoir central capable leur sécurité
Néoralisme : Kenneth Waltz
- Le système international = anarchique ; les rapports de puissance
- Les États = acteurs unitaires, rationnels et poursuivent leur intérêt national
- Accumulation de la puissance pour assurer leur survie et sécurité
- Dilemme de sécurité, les causes des guerres, l’étude des grandes puissances,
la sécurité internationale et la compétition
- Kenneth Waltz : « Une théorie générale de la politique internationale repose
nécessairement sur les grandes puissance »
- Peu d’attention portée aux États en développement
- La poursuite de l’intérêt national par les États développés justifie l’aide au
développement → instrument de poursuite des intérêts stratégiques et
commerciaux
- Favorise le statut quo, maintien de l’équilibre de la puissance
Le libéralisme
- En contexte d’anarchie la coopération est possible, moins couteuse que la
guerre
- Les institutions internationales, l’interdépendance économique, le droit
international favorisent la paix
- La nature humaine n’est pas fondamentalement conflictuelle
- Immanuel Kant, Woodrow Wilson; Robert Keohane et Joseph Nye
- Paix démocratique ; interdépendance complexe ; institutions internationales
et soft power
- La guerre est évitable
- La coopération est possible via normes, règles et institutions
- L’anarchie est surmontable par les régimes et normes internationales
Les inégalités Nord-Sud constituent des sources de tensions importantes
Approche qui s’intéresse aux enjeux du développement et au clivage Nord-Sud
S’intéresse à l’économie
À une multiplicité d’acteurs y compris les Organisations internationales
À la coopération internationale et l’interdépendance
Importance de l’interdépendance entre Nord et Sud : Le Nord dépend su Sud au
plan politique, sur le plan économique et aussi au plan environnemental
C’est une approche qui est ouverte aux revendications des pays en
développement, dans la poursuite des biens communs
Enfin, comme les inégalités profondes entre les pays du Nord et ceux du Sud
représentent une tension importante dans la politique mondiale, il est important
de les combattre
Mettre en place des mesures d’intervention au niveau international, calquées sur
le modèle des expériences des pays développés
Redistribution de la richesse :
- Mécanismes de l’économie globale / une redistribution des ressources
équitable
- L’aide au développement = instrument de redistribution de l’État providence
à l’échelle globale
- Importance des valeurs démocratiques (promues dans discours démocratie
libérale
Le néo- marxisme
L’expansion de l’impérialisme mènerait nécessairement au conflit (Lénine) car
compétition pour les marchés entre puissances coloniales
- Notions de centre et périphérie : impérialisme a créé et renforcé la division
du monde entre centre et périphérie
- La division internationale du travail – lutte des classes plus complexe que
prévue
Les rapports de domination découlant du système capitaliste définissent la
politique mondiale
Développement capitalisme dans les pays du Nord est responsable du sous-
développement dans les pays du Sud
Insertion du Sud dans capitalisme global – conditions très inégales
- Colonisation : Sud = fournissent matières premières achète manufacturés
- Colonisation : Nord – Exportateurs produits manufacturés
- Division inégale du travail, continue après indépendances
- Domination économique : facteur explicatif des inégalités Nord-Sud
Aide au Développement – intérêts des pays développés plus que pays en
développement
L’aide liée – aide conditionnée à la conso de celle-ci dans pays donateurs
Mondialisation aux pays développés
Post – coloniales
- Domination Nord sur Sud
- Conception du monde Centre / périphérie
- Inégalités structurelles de la colonisation et décolonisation
- Exclusion liée aux enjeux de la culture, la race et la genre
- Objet d’étude : les marges, les marginalisés
- Caractère euro-centric de la production des connaissances : mise en place
d’une infrastructure du savoir, des techniques de production et de
reproduction de cette domination Nord- Sud)
- Seeing IR differently
Le constructivisme
Les structures internationales sont socialement construites
Les identités et les normes façonnent le comportement des États
Nicholas Onuf et Alexander Wendt
• Les théories classiques de la politique mondiale sont héritées des modèles
occidentaux (européens et ne reflètent pas les réalités historiques, les
préoccupations et perspectives du Sud.
• Cependant, cela ne veut pas dire que les penseurs sur la politique mondiale
n’existent pas dans le Sud.
• Non seulement penser le Sud à partir des réalités du Sud, mais aussi tenir en
compte ce que le Nord dit sur le Sud…
La théorie de la modernisation
- Contexte de la guerre froide
- Modèle de développement basé sur l’expérience des pays occidentaux
- Dichotomie sociétés traditionnelles vs. modernes
- Approche de développement adoptée par la Banque Mondiale et le FMI au
milieu du 20e siècle
- Selon cette approche les valeurs, institutions, et les modes d’action des sociétés
traditionnelles sont à la fois l’expression et la cause du sous-développement et
qu’elles constituent les obstacles majeurs à la modernisation (Valenzuela et
Valenzuela 1979).
Développement : une succession linéaire de 5 étapes vers la croissance économique
• 1. Les sociétés traditionnelles
• Activités économiques primaires, agriculture de subsistance, peu de
mobilité sociale,
• Faible productivité et technologies rudimentaires, structures sociales
rigides avec pouvoir centralisé entre les mains des élites propriétaires
terriennes
• Une croissance quasi - inexistante
• 2. Les conditions préalables au décollage
• L’introduction des technologies étrangères et des capitaux,
• Création d’infrastructures et début de l’urbanisation,
• Construction d’un État moderne ayant des pouvoirs extractifs,
• Introduction des investissements étrangers
• 3. Le décollage
• Phase cruciale où la croissance devient auto-entretenue,
• Croissance rapide dans les secteurs moteurs (chemins de fer, textile,
acier)
• 4. La marche vers la maturité
• Diversification industrielle technologique,
• Développement des secteurs de pointe,
• Économie intégrée dans le commerce mondial,
• Hausse de niveau de vie et la montée d’une classe moyenne
• 5. L’ère de consommation de masse
• Hausse du niveau de vie /revenu par habitant,
• Généralisation de la consommation de biens durables (automobiles et
électroménagers),
• Expansion du secteur tertiaire (services, loisirs, culture de masse),
• Et répartition plus égalitaire des bénéfices de la croissance
• Or, critique des dependentistas
• Devient l’approche dominante dans les cercles intellectuels latino-américains à
partir des années 1960
• André Gunder Frank fait connaître la perspective de la dépendance aux
chercheurs américains
• Raul Prebisch (CEPAL), Theotonio Dos Santos (Brésil) ; Fernando Enrique Cardoso
(président Brésilien)
• Pas lieu de manière spontanée et modernisant les sociétés
• Structures économiques capitalistes → structures politiques et les relations
sociales mises en place en Amérique Latine
• La perspective de la dépendance :
• Le sous-développement en Amérique Latine comme conséquence des
inégalités échanges entre exportateurs des matières premières et
exportateurs des biens manufacturés
• Le sous-développement est un produit du développement : les pays du
centre – pays développés - se développement au détriment des pays de la
périphérie – pays sous-développés
• Relations asymétriques : l’insertion des pays de l’Amérique Latine dans
une économie dominée par les puissances industrielles créé une
dépendance structurelle commerciale, mais aussi technologique et
financière
• Les élites économiques nationales maintiennent cette dépendance car
servent les intérêts des puissances étrangères
• Le réalisme subaltèrne (Ayoob 2002)
• Différence entre pays Nord-Sud quant à la poursuite de l’intérêt national
• S’intéresse aux États du Sud, postcoloniaux, contrairement aux réalistes
et néoréalistes qui se concentrent sur les grandes puissances
• Une perspective dont le postulat de base est que les enjeux de conflit et
d’ordre entre les États = inséparables des enjeux de conflit et d’ordre à
l’intérieur de ceux-ci :
• Constructions nationales inachevées
• Dépendance militaire et économique des États du Sud vis à vis
d’un acteur régional puissant
• Assurer survie au niveau régional
• Expliquer les enjeux d’ordre et de conflit dans le système international
doit inclure à la fois les relations entre les États et le niveau d’anarchie et
d’ordre à l’intérieur de ceux-ci.
• États du Sud → construction étatique reste inachevée → dilemme de
sécurité à l’intérieur
• Fragilité interne et conflit intra - étatiques
• Mouvements sécession
• Fragilité des institutions
• Faiblesse de l’État et des régimes, typiques des stades précoces de la
formation de l’État
• Lien entre anarchie du système régionale, international et domestique :
• Le désordre qui émane de ces facteurs domestiques est exacerbé
par les interventions extérieures dont les puissances globales et
régionales, menant d’une fragilité de l’État à l’effondrement ce
celle-ci
Voir les RI différemment (Tickner 2003)
- RI sont largement une science américaine (Hoffmann, Wæver).
- Savoirs du Sud = marginalisés ou réduits à de simples « études de cas »
- Les critères de publication, le langage académique et les institutions = portes et
gardiens excluant les perspectives du Sud.
- Les approches dominantes ignorent des réalités décisives du Sud (pauvreté,
violence quotidienne, héritages coloniaux).
- Déplacer le « locus d’énonciation » (le lieu à partir duquel on produit du savoir)
permet de voir des problèmes globaux autrement.
Les apports du Sud: -
Culture les visions du monde (islam, confucianisme, hindouisme, etc.) posent d’autres
questions.
Hybridité : les sociétés du Sud vivent une combinaison d’éléments traditionnels,
modernes et postcoloniaux, ce qui produit des lectures innovantes des catégories
comme État, souveraineté, autonomie.
Vie quotidienne : la violence, l’instabilité et la pauvreté vécues façonnent la réflexion
académique différemment (ex. en Colombie, en Afrique).
La discipline n’est pas neutre ni universelle, mais située.
Les perspectives du Sud global ne remplacent pas celles du Nord, mais elles permettent
de compléter, nuancer et transformer les compréhensions dominantes.
Les inégalités d’accès à la production de la connaissance représentent un défi