Machine synchrone
Une machine synchrone est une machine électrique qui :
soit produit un courant électrique dont la fréquence est
déterminée par la vitesse de rotation du rotor :
fonctionnement en « génératrice » dans deux
1, 2, 3
quadrants du plan couple-vitesse . L'alternateur
est une application particulière de la machine
synchrone, fonctionnant en génératrice dans un seul
quadrant du plan couple-vitesse ;
soit absorbe un courant électrique dont la fréquence
détermine la vitesse de rotation du rotor :
4, 5, 3
fonctionnement « moteur » .
Au-delà de quelques kilowatts, les machines synchrones sont
généralement des machines triphasées. Le rotor, souvent appelé
« roue polaire », est alimenté par une source de courant continu ou
Machine triphasée, le rotor est alimenté en
équipé d'aimants permanents.
courant continu.
Sommaire
Invention
Principes généraux
Machine synchrone triphasée
Mise en équation
Méthode utilisée
Notations
Hypothèse
Les courants
Au stator
Au rotor
Les flux
Flux à travers un enroulement statorique
Flux à travers un enroulement rotorique
Les tensions
Tension aux bornes d'une phase du stator
Modélisation
Le modèle équivalent de Behn-Eschenburg
Le modèle équivalent de Potier
Le modèle de Blondel à deux réluctances
Stabilité statique
Notes et références
Bibliographie
Annexes
Articles connexes
Liens externes
Invention
La machine synchrone est inventée par Nikola Tesla. Son concept figure dans un dépôt de sept brevets du 1er mai 1888 où il en
6
décrit plusieurs variantes ainsi que le principe du courant alternatif biphasé et triphasé et leur distribution . Tesla aurait développé
6
cette idée de machine électrique quand il était étudiant à l'École polytechnique de Graz (1875-1876).
Principes généraux
La machine synchrone se compose d'une partie tournante, le rotor, et d'une partie fixe, le stator. Le rotor peut se composer
d'aimants permanents ou être constitué d'un bobinage alimenté en courant continu et d'un circuit magnétique (électro-aimant).
Pour produire du courant, on utilise une force extérieure pour faire tourner le rotor : son champ magnétique, en tournant, induit un
courant électrique alternatif dans les bobines du stator. La vitesse de ce champ tournant est appelée « vitesse de synchronisme ».
Il n'est pas possible de faire démarrer correctement, sans aide extérieure, une machine synchrone en connectant ses enroulements
statoriques directement sur un réseau alternatif. Mais si l'on n'entraîne pas le rotor par une force extérieure, il est possible de la
faire tourner en alimentant ses enroulements statoriques par un courant alternatif dont la fréquence augmente progressivement de
zéro à la fréquence de synchronisme et en faisant en sorte que la tension aux bornes des enroulements soit proportionnelle à la
fréquence. Sa vitesse de synchronisme sera directement liée à la fréquence de l'alimentation électrique.
Un autre moyen est de réaliser l'auto-pilotage de la machine, c'est-à-dire de
maintenir l'orthogonalité du flux magnétique rotorique par rapport au flux
7
statorique , par exemple, en disposant sur son axe un capteur qui délivre une
information de la position du rotor. Cette information est traitée par un
convertisseur électronique qui fournit le courant statorique à la machine, en
7
phase avec sa force contre-électromotrice .
Machine synchrone triphasée
Mise en équation
Méthode utilisée
Notations
Toutes les grandeurs statoriques sont repérées soit par l'indice S soit par des indices en majuscules.
Toutes les grandeurs rotoriques sont repérées soit par l'indice r soit par des indices en minuscules.
L'angle correspond au décalage angulaire entre le stator et le rotor.
: Inductances propres d'un enroulement du stator ; d'un enroulement du rotor.
: Inductance mutuelle entre deux enroulements du stator.
: Valeur maximale de l'inductance mutuelle entre l'enroulement du rotor et un du stator (correspondant à
une position pour laquelle θ = 0 ± 2π/3 ).
Hypothèse
La mise en équation n'est opérable que pour une machine à pôles lisses et dont le circuit magnétique est non saturé. Pour les
autres machines, on apportera des correctifs permettant (avec plus ou moins d'exactitude) la prise en compte de leurs complexités.
Pour la suite on considère une machine pour laquelle :
Son circuit magnétique est homogène (entrefer constant) et non saturé. De ce fait, les diverses inductances
sont constantes (entrefer constant).
Les courants des trois phases statoriques ont la même valeur efficace IS (la machine est assimilable à un
récepteur triphasé parfaitement équilibré).
Elle possède une seule paire de pôles (machine bipolaire). Les machines multipolaires se ramènent à une
machine bipolaire au prix d'une transformation angulaire.
Représentation schématique
de la machine.
Les courants
Au stator
On fixe l'origine des temps de manière à pouvoir écrire :
On en déduit les courants des deux autres phases du stator :
Avec : , et : pulsation des courants statoriques.
Au rotor
Au rotor, il n'y a que le courant continu Ir alimentant la bobine du rotor par l'intermédiaire d'un contact glissant sur deux bagues
collectrices.
Il n'y a pas de glissement dans le cas d'un moteur synchrone, seulement un léger angle de déphasage.
Remarque
Si le rotor est constitué d'un aimant, on considérera une bobine produisant un moment
magnétique équivalent, c’est-à-dire traversée par un courant Ir que l'on détermine à l'aide
de la méthode d'Hopkinson (application du théorème d'Ampère à un circuit magnétique).
C’est-à-dire :
la longueur de l'aimant
respectivement la section moyenne de l'aimant et celle de la bobine
On pose :
En supposant que la bobine et l'aimant ont la même section, on obtient :
Les flux
Flux à travers un enroulement statorique
Comme :
, alors ,
On pose
: inductance cyclique
L'expression du flux devient alors
l'expression du nombre complexe représentant le flux est
avec la représentation complexe d'un courant sinusoïdal « fictif » de valeur maximale et de pulsation .
En toute rigueur, cette substitution n'est valable qu'en régime établi : aucune modification de la charge ou de l'alimentation. C'est
une condition nécessaire pour affirmer que la fréquence de rotation est exactement égale à la fréquence de l'alimentation.
Flux à travers un enroulement rotorique
Le flux traversant le rotor est le résultat de deux champ magnétiques :
Le champ tournant, créé par les enroulements statoriques ;
Le champ propre, créé par l'enroulement rotorique qui est constant (courant continu) mais qui tourne
mécaniquement à la même vitesse que le précédent (machine synchrone). Avec la même limite qu'au
paragraphe précédent : aucune modification de la charge ou de l'alimentation.
Les tensions
Tension aux bornes d'une phase du stator
On pose la tension à vide, c’est-à-dire la tension lorsque (tension créée par le seul champ rotorique)
Modélisation
Il existe plusieurs modèles équivalents de la machine synchrone suivant le nombre de paramètres dont on veut tenir compte.
Le modèle équivalent de Behn-Eschenburg
Le modèle de Behn Eschenburg ne s'applique que si la machine est non saturée et à pôles lisses. C'est le plus simple, il ne tient
compte d'aucune saturation ni variation de l'entrefer. Il consiste à remplacer chaque phase de la machine par un ensemble de trois
dipôles en série tels que la tension aux bornes de ce dipôle est égale à :
avec :
et constants et indépendants du fonctionnement de la machine.
uniquement proportionnelle à la fréquence de rotation et au courant
d'excitation (courant rotorique).
Ce modèle convient bien aux gros turboalternateurs de forte puissance. On peut encore simplifier le modèle (et les calculs qui en
découlent) en négligeant devant .
Le modèle équivalent de Potier
Ce modèle est plus complet que celui de Behn-Eschenburg. Il tient compte de la
saturation en faisant varier le courant d'excitation en fonction du courant
traversant les bobines du stator. Cette modification du courant excitateur fait
varier la fcem.
Dans ce modèle on a :
Détermination des paramètres du
triangle de Potier.
Le modèle de Blondel à deux réluctances
Il permet de prendre en compte les variations angulaires de réluctance des
machines synchrones à pôles saillants.
Stabilité statique
La stabilité en régime dynamique du réseau électrique est son aptitude à éviter tout régime oscillatoire divergent et à revenir à un
état stable acceptable. Ceci inclut l’intervention éventuelle des protections et automatismes divers fonction des perturbations
8
envisagées .
La puissance active délivrée par une machine synchrone à ses bornes est égale
à:
Avec les notations du schéma ci-contre, c'est-à-dire E la tension électromotrice
du générateur, son impédance, I le courant, la tension à ses Schéma électrique équivalent d'un
générateur synchrone.
bornes, le déphasage entre courant et tension et l'angle interne du générateur,
autrement dit l'angle entre Ubornes et E.
Ce générateur reçoit une
puissance mécanique,
typiquement d'une turbine,
notée Pm. À l'équilibre, la
puissance entrante, mécanique,
est égale à la puissance sortante,
électrique. On néglige ici les
8
pertes . Pour cet équilibre deux
angles internes sont possibles
Les flèches en vert indiquent la Deux angles internes sont possibles
direction que prend l'angle interne (cf. image). quand la puissance délivrée par le
dans les différentes zones. On voit générateur est égale à la puissance
clairement que le point A est stable, L'angle interne du générateur mécanique qui lui est fournie.
9 est régi par l'équation
le point B ne l'est pas
8
suivante :
Où est la vitesse mécanique du rotor, J le moment d'inertie du rotor, p le nombre de pôles du générateur et Pe la puissance
électrique. D'après cette équation si la puissance mécanique est supérieure à la puissance électrique consommée, alors l'angle
interne augmente et inversement. On en déduit le diagramme ci-contre quant à la direction que prend l'angle interne en cas de
petite variation autour du point d'équilibre.
Notes et références
1. Les quadrants II ou IV du plan couple-vitesse (dit des « quatre quadrants »), figurant dans l'article « Quadrant
(mathématiques) », avec la vitesse en ordonnée et le couple en abscisse. Comme toutes les machines
électriques — qui sont par nature réversibles —, une machine synchrone passe sans discontinuité du
fonctionnement « moteur » au fonctionnement « générateur » par simple inversion du signe du couple (charge
entraînée ou entraînante, par exemple pendant les phases d'accélération ou de freinage) ou du signe de la
vitesse (inversion du sens de rotation).
2. BTS Électrotechnique (deuxième année) – Machine à courant continu – Quadrants de fonctionnement ([Link]
[Link]/BTS/[Link]?page=mcc6), site [Link], consulté le 8 août 2012.
3. Robert Chauprade, Francis Milsant, Commande électronique des moteurs à courant alternatif – À l'usage de
l'enseignement supérieur, écoles d'ingénieurs, facultés, CNAM, Paris, éd. Eyrolles, coll. « Ingénieurs EEA »,
1980, 200 p., p. 86-92.
4. Dans les quadrants I ou III du plan couple-vitesse défini dans la note ci-dessus.
5. Description d'un moteur synchrone ([Link] sur le site [Link], 7
septembre 2001, consulté le 28 mars 2012.
6. Pavel 2013, p. 18-28.
7. (en) P. Zimmermann, « Electronically Commutated D.C. Feed Drives for Machines Tools », Robert Bosch GmbH
– Geschäftsbereich Industrieaurüstung, Erbach, Germany, p. 69-86, dans Proceding of PCI Motorcon, septembre
1982, p. 78-81.
8. « Stabilité dynamique des réseaux électriques industriels » ([Link]
cal-publications/fr/shared/electrotechnique/savoir-electrotechnique/haute-tension-plus-1kv/[Link]) (consulté le
18 décembre 2012) [PDF].
9. Diagramme inspiré du polycopié Grundlagen der Hochspannungs- und Energieübertragungstechnik de la TU
Munich, p. 246.
Bibliographie
Mikhail Kostenko et Ludvik Piotrovski, Machines électriques, t. II, Machines à courant alternatif, Éditions de
Moscou (MIR), 1969 ; 3e édition, 1979, 766 p.
Ilarion Pavel, « L'invention du moteur synchrone par Nikola Tesla » ([Link]
ult/files/[Link]) [PDF], sur [Link] ([Link] bibnum
([Link]
ikola-tesla), janvier 2013.
Annexes
Articles connexes
Moteur sans balais
Machine asynchrone
Machine à courant continu
Moteur pas à pas
Compensateur synchrone
Commande vectorielle
Commande directe du couple
Liens externes
Contraintes mécaniques sur un rotor de turbo-alternateur ([Link]
sur le site [Link]
[PDF] Les Machines synchrones autopilotées - Préparation à l’agrégation de génie électrique ([Link]
[Link]/IMG/pdf/MSAP_ENS_Multon.pdf) sur le site [Link]
[PDF] Cours et Problèmes sur les machines électriques dont la machine synchrone ([Link]
ectricite/[Link]) sur le site [Link]
Se souvenir de Nikola Tesla. L'inventeur des moteurs à courants alternatifs. ([Link]
[Link]/2017/02/[Link])
Ce document provient de « [Link] ».
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