I.
Centrale thermique à vapeur
Les turbines à vapeur fonctionnent avec un fluide compressible subissant des changements de
phase au cours du cycle thermodynamique. Ces transformations d’état entraînent des
variations élevées d’enthalpie, rendant possible la conversion de quantités importantes de
chaleur en énergie mécanique. La détente de la vapeur s’effectue de manière continue à
travers des rangées d’aubes, ce qui autorise des débits massiques élevés et une expansion
profonde sans limitation de course, contrairement aux machines alternatives.
II. Cycle théorique d’une machine à vapeur (cycle de Rankine)
Le fonctionnement idéal d’une turbine à vapeur est décrit par le cycle de Rankine, caractérisé
par un changement d’état et se déroulant principalement en régime de vapeur humide. Ce
cycle comprend deux transformations isobares associées aux échanges thermiques et deux
transformations adiabatiques correspondant aux phases de compression et de détente. Sur le
diagramme température–entropie (T-S), il est assimilable à un cycle de Carnot adapté aux
fluides condensables.
Éléments constitutifs d’une centrale thermique à vapeur
Une centrale thermique à vapeur repose sur quatre composants principaux : une chaudière
assurant la production de vapeur, une turbine convertissant l’énergie thermique en travail
mécanique, un condenseur permettant la liquéfaction de la vapeur en sortie de turbine, et une
pompe chargée d’élever la pression du fluide avant son retour vers la chaudière.
Limites du cycle théorique
En pratique, le cycle idéal est difficilement réalisable pour plusieurs raisons. La compression
isentropique d’un fluide diphasique est techniquement complexe, tout comme le contrôle
précis de la condensation afin d’atteindre un état de vapeur humide bien défini. De plus, la
présence de gouttelettes liquides lors de la détente peut provoquer une érosion prématurée des
aubages de la turbine.
Caractéristiques du cycle réel
Le cycle réel est conçu de manière à maximiser la surface délimitée dans le diagramme
température–entropie (T–S), laquelle représente le travail net du cycle. Dans ce cadre, le
travail de compression doit rester aussi faible que possible. La vapeur issue de la turbine est
donc entièrement condensée avant compression. Le liquide obtenu est ensuite comprimé de
façon quasi isentropique jusqu’à la pression de vaporisation, puis chauffé à pression constante
jusqu’à l’état de vapeur. Le travail de la pompe demeure négligeable devant celui fourni par la
turbine, en raison de la faible compressibilité du liquide, contrairement au cas des gaz.
II.1. Technologie des composants
Une centrale thermique classique à flamme comprend une pompe, une chaudière, une turbine
et un condenseur, parcourus par un débit massique identique d’eau. La pompe et la turbine
sont généralement considérées comme adiabatiques, tandis que les échanges thermiques dans
la chaudière et le condenseur sont supposés se dérouler à pression constante.
II.1.1. Pompe
La pompe est le plus souvent de type centrifuge et multi-étagée, afin de permettre l’élévation
importante de pression requise par le cycle.
II.1.2. Chaudière (générateur de vapeur)
La chaudière assure successivement le chauffage de l’eau pressurisée jusqu’à la température
de saturation, sa vaporisation, puis la surchauffe de la vapeur produite. Elle peut ainsi être
assimilée à un ensemble de trois échangeurs thermiques : un économiseur, un évaporateur et
un surchauffeur.
II.1.3. Turbine à vapeur
Les turbines à vapeur sont majoritairement des machines axiales multi-étagées, classées en
deux catégories principales : les turbines à action et les turbines à réaction. Installée entre la
chaudière et le condenseur, la turbine reçoit la vapeur produite à haute pression et haute
température, laquelle transmet son énergie aux aubages et fournit un travail mécanique au
système.
Au cours de son passage dans la turbine, la vapeur subit une détente accompagnée d’une
diminution de la pression et de la température, entraînant une augmentation de son volume
spécifique. Afin de s’adapter à cette évolution volumique, la géométrie de la turbine est
conçue de manière progressive : l’espacement entre les aubages et le rayon des roues
augmentent dans le sens de l’écoulement de la vapeur.