LES SOINS DE SANTÉ PRIMAIRES
I – Le contexte d’implantation de la stratégie des SSP
Depuis la haute antiquité, la santé a été l’une des préoccupations essentielles de l’humanité et certains
des premiers documents écrits connus font état de la lutte contre la maladie.
Les sciences de la santé ont récemment fait des progrès importants. Nous disposons aujourd’hui de
connaissances et de moyens nécessaires pour prévenir de nombreuses maladies. Nous savons ce qu’il
faut faire pour bénéficier d’une meilleure santé. Nous connaissons désormais les facteurs de risque
associés à de nombreuses affections et l’on dispose d’une meilleure information épidémiologique en ce
qui concerne l’état de santé, la mauvaise santé et les décès prématurés dans les différentes couches de
la société.
Cependant, ces connaissances et ces moyens ne sont pas répartis de façon égale parmi l’humanité. Ils ne
sont pas toujours bien mis à profit ou ne bénéficient pas de la priorité qu’ils méritent.
De plus, au fil des ans, on s’est aperçu qu’il était impossible d’obtenir des progrès substantiels en
matière de santé sans améliorer parallèlement les conditions socio-économiques. La pauvreté, la
précarité, le manque d’instruction, l’analphabétisme ou l’illettrisme (notamment dans le domaine de la
santé) et l’impossibilité faute d’informations ou de moyens de prendre des décisions concernant sa
propre santé constituent autant d’obstacles majeurs aux progrès sanitaires.
C’est dans ce contexte que l’OMS a été créé en 1948 avec comme finalité d’amener tous les peuples au
niveau de santé le plus élevé possible.
La santé étant entendue non pas seulement comme absence de maladie ou d’infirmité mais comme
étant un état complet de bien-être physique, mental et social.**
II – Historique des soins de santé primaires
a) La déclaration de ALMA – ATA (URSS)
Le besoin vital d’une plus grande justice sociale afin d’améliorer la santé a pour la première fois été mis
en lumière lors de la trentième Assemblée Mondiale de la santé réunie à GENEVE (SUISSE) en Mai 1977.
C’est là en effet qu’il a été décidé que le principal objectif social des gouvernements et de l’OMS au
cours des décennies suivantes devait être d’amener tous les peuples du monde d’ici l’an 2000 à un
niveau de santé qui leur permette de mener une vie socialement et économiquement productive. Cet
objectif a rapidement été désigné en bref par l’expression **« la santé pour tous en l’an 2000 »
L’année suivante, l’OMS et le fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ont pris l’initiative
conjointe de tenir à ALMA-ATA en ex URSS une conférence internationale sur la stratégie des soins de
santé primaires (SSP) à laquelle ont participé les délégués de 134 pays.
A la fin de la conférence, ils ont unanimement souscrit à la déclaration historique qui est désormais
connue sous le nom de Déclaration d’ALMA-ATA.
Il est dit notamment que l’humanité toute entière pourra accéder à un niveau acceptable de santé en
l’an 2000 si l’on utilise de façon complète et plus efficace les ressources mondiales dont une part
considérable est actuellement dépensée en armements et en conflits armés. Un appel puissant a été
également lancé en faveur d’une politique authentique d’indépendance, de paix, de détente et de
désarmement qui permettrait de dégager des ressources supplémentaires en vue d’accélérer le
développement économique et social.
C’est à ALMA-ATA qu’il a été affirmé que l’approche SSP était essentielle pour parvenir à travers le
monde dans un avenir prévisible à un niveau de santé acceptable dans le cadre d’un développement
empreint d’un véritable esprit de justice sociale.
Le lourd fardeau de la maladie, le coût élevé de la technologie médico-sanitaire et l’insuffisance de la
couverture assurée par les services de santé exigeaient une approche nouvelle et résolue. Les SSP
constituent un moyen rationnel et pratique tant pour les nations en développement que pour le monde
industrialisé d’aller vers « la santé pour tous ».
Les SSP mettent l’accent sur 8 composantes essentielles :
1. Une éducation concernant les problèmes de santé qui se posent ainsi que les méthodes de
prévention et de lutte qui leur sont applicables
2. La promotion de bonnes habitudes alimentaires et nutritionnelles
3. Un approvisionnement suffisant en eau saine et des mesures d’assainissement de base
4. La protection maternelle et infantile y compris la planification familiale
5. La vaccination contre les grandes maladies infectieuses
6. La prévention et le contrôle des endémies locales
7. Le traitement des maladies et des lésions courantes
8. La fourniture de médicaments essentiels
III – Définition des SSP
Ce sont des soins de base de premier niveau universellement accessible à toutes les populations,
communautés et familles à un moindre coût avec une pleine participation de la communauté à l’effort
de santé.
Les SSP constituent le premier niveau de contact des individus, de la famille et de la communauté avec
le système national de santé rapprochant le plus possible les soins de santé des lieux où les gens vivent
et travaillent
IV – Les 4 piliers des soins de santé primaires
L’OMS a défini 4 piliers sur lesquels doit s’appuyer toute action menée en faveur de la santé :
* L’engagement des hommes politiques et de la société et leur détermination à faire de la « santé pour
tous » l’objectif social et primordial des prochaines décennies.
* La participation communautaire CAD l’intervention active de la population et la mobilisation des
forces de la société pour le développement sanitaire.
* La coopération du secteur de la santé avec les autres secteurs clés de développement en particulier
ceux de l’agriculture, de l’enseignement, des communications, de l’industrie, de l’énergie, des
transports, des travaux publics et de l’habitat.
* Un soutien des principaux acteurs de façon que les soins essentiels et les techniques scientifiquement
valables et d’un coût supportable soient rendus accessibles à tous sans exclusion.
V – Les objectifs de SSP
Les soins de santé primaires sont axés sur la population. Leur succès est donc subordonné au concours
de celle-ci. Dans les pays en développement comme dans les pays industrialisés, cette approche a un
quadruple objectif :
1. Permettre à tous de parvenir à un meilleur état de santé
2. Prévenir la maladie et éviter les traumatismes au lieu de s’en remettre au médecin une fois le mal
accompli
3. Amener les populations à reconnaître et à exercer ses droits et responsabilités face à la santé et à
adopter un mode de vie favorable à l’amélioration de la santé
4. Permettre à tous les acteurs de participer à la gestion des systèmes de santé et rendre accessibles à
tous les soins de santé et les éléments de base indispensables à la santé.
Composante 1 : Éducation concernant les problèmes de santé qui se posent ainsi que les méthodes de
prévention et de lutte qui leur sont applicables.
Objectifs de cours :
1) Donner la justification de l’importance de la composante
2) Définir les objectifs de la composante EPS
**I – Justification de la composante EPS**
L’éducation pour la promotion de la santé et la prévention des maladies est la première des 8
composantes des SSP énumérées dans la déclaration de ALMA-ATA.
Etant donné que la santé de l’individu peut être influencée positivement ou négativement par plusieurs
facteurs d’ordre socio-économiques, politiques, environnementaux et socio-culturels (croyances,
religion, tabous), l’éducation et l’information en matière de santé constitue une arme très efficace pour
la maîtrise de ces principaux facteurs influençant la santé en vue de l’adoption d’un comportement
favorable à la bonne santé.
Les communautés ont le droit d’accéder à l’information pour pouvoir connaître les risques et les moyens
de prévention des maladies et de restauration d’un bon état de santé.
Il serait vain de prétendre maintenir la bonne santé et promouvoir une vie saine sans changer les
mauvaises habitudes et agir sur les influences extérieures défavorables à la santé.
Donc, l’information et l’éducation en matière de santé doivent tendre non seulement à provoquer les
changements nécessaires mais aussi à faire conserver les modes de vie appropriés.
**II – Les objectifs de la composante**
* Faire acquérir aux communautés les connaissances essentielles pour la valorisation et la préservation
de la santé.
* Amener les populations à prendre conscience des facteurs de risque et les mesures à prendre.
* Encourager et faciliter par le biais de la communication l’auto-responsabilisation et la participation
des familles et des communautés à l’effort de santé.
* Inciter les populations à prendre en charge leur santé en leur donnant des conseils pour leur faire
adopter des comportements favorables à la santé.
* Fournir une information adéquate en matière de santé.
* Organiser des activités formelles d’éducation pour la santé en utilisant l’approche pluridisciplinaire.
* Tisser une étroite collaboration avec les Mass-Médias pour favoriser la diffusion d’informations
valables concernant la santé.
### Composante 2 : Promotion de bonnes conditions alimentaires et nutritionnelles
**Objectifs de cours :**
1) Expliquer la justification de l’importance de la composante
2) Définir les objectifs de la composante
**I – Justification de l’importance de la composante**
La nutrition est l’un des plus importants facteurs influant sur la qualité de la vie dans la majeure partie
du monde. Le terme malnutrition signe de maladie comporte 2 composantes essentielles : la
surnutrition et la dénutrition.
Si la surnutrition peut poser des problèmes de santé due à une alimentation en excès (diabète,
cholestérolémie, maladies cardio-vasculaires (HTA) etc...), la dénutrition traduisant une carence
alimentaire quant à elle, restera probablement l’une des principales causes contribuant à une très forte
mortalité surtout parmi les nourrissons et les jeunes enfants dans les pays en développement où on
estime que plus de 200 millions d’enfants de moins de 5 ans sont modérément ou gravement malnutris.
Parmi les facteurs responsables de la malnutrition, on peut citer le mode d’allaitement maternel ou
allaitement maternel mal conduit : préférence de l’allaitement artificiel à l’allaitement maternel, les
mauvaises conditions de sevrage (non respect des règles du sevrage progressif = défaut d’introduction à
temps d’aliments complémentaires équilibrés) etc...), observance de coutumes et interdits alimentaires
néfastes à la santé.
Chez les femmes enceintes et allaitantes, la malnutrition par carence est principalement due aux
croyances, aux tabous, au faible revenu et à la sous-information.
Les conséquences de la malnutrition sont désastreuses. Elles sont chez le jeune enfant facteur de retard
de croissance et de développement psychomoteur avec des complications telles que le KWARSHIORKOR
et le marasme nutritionnel. Mais aussi, elles entraînent une réduction de la résistance aux infections et
exposent aux risques environnementaux (diarrhée).
La malnutrition maternelle très répandue présente beaucoup de dangers à cause de ses sérieuses
répercussions sur la santé des mères et des nourrissons. La malnutrition chez les adultes diminue leur
capacité de travail et par conséquent et par conséquent nuit au développement socio-économique.
Les carences nutritionnelles spécifiques ou carences en micro-nutriments (Fer, iode, vitamine A,
vitamine D, calcium etc...) sont responsables des maladies telles que :
* Carence en FER : anémie et ses conséquences (asthénie, vertiges, céphalées, décompensation
cardiaque)
* Carence en vitamine A = Retard de la croissance, fragilité aux infections, Héméralopie (cécité
crépusculaire), Xérophtalmie (altération de l’œil), tâches de Bitôt = apparition de tâches blanches au
niveau de la cornée de l’œil.
* Carence en vitamine D = rachitisme
* Carence en calcium = décalcification des os, os mous.
**II – Objectifs de la composante :**
* Susciter la collaboration multisectorielle pour amener les différents acteurs intervenant dans la
nutrition à améliorer le statut nutritionnel des populations
* Faire une bonne éducation nutritionnelle afin d’améliorer le mode d’alimentation surtout des
membres des familles (enfants, femmes enceintes et allaitantes)
* Promouvoir les disponibilités alimentaires au niveau des familles et des communautés.
* Lutter contre la malnutrition protéino-calorique et les carences en micro-nutriments
* Corriger les mauvaises pratiques alimentaires chez les enfants de 0 à 5 ans, les femmes enceintes et
allaitantes
* Effectuer la récupération nutritionnelle des enfants malnutris
* Assurer de manière continue la surveillance nutritionnelle et pondérale des enfants par le suivi de la
croissance
* Traiter et prévenir les maladies courantes d’origine nutritionnelle comme l’anémie, l’avitaminose A, le
marasme nutritionnel, le KWARSHIORKOR, la carence en iode
* Lutter contre certaines maladies qui contribuent à la malnutrition telles que les maladies diarrhéiques
et autres maladies infectieuses, les parasitoses etc...
* Promouvoir une bonne nutrition chez les enfants, les femmes enceintes et allaitantes
* Encourager l’allaitement maternel et les bonnes pratiques du sevrage.
### Composante 3 : Approvisionnement suffisant en eau saine et mesures d’assainissement de base
**Objectifs de cours :**
1) Expliquer la justification de la composante
2) Définir les objectifs de la composante
**I – Justification de la composante**
**a) Les raisons du besoin d’approvisionnement suffisant en eau**
Les maladies évitables liées à la consommation d’une eau mal saine et au manque de salubrité posent
des problèmes majeurs de santé dans les pays en développement.
Chaque année, 500 millions de personnes dans le monde sont atteints de maladies dues à la
consommation d’eau non potable.
Ces maladies sont responsables en grande partie de la forte mortalité infantile et sont le plus souvent
dues aux mauvaises conditions de vie (insalubrité du milieu, difficultés d’accès à une eau saine etc...).
Il existe 2 sources de provenance des eaux :
* **les eaux de surface ou de ruissellement** (rivière, mare, fleuve, eaux de pluie (citerne).
Ces eaux du fait de leur exposition à l’air libre et à la nature sont habituellement souillées par les
déchets de toute nature d’origine humaine ou animale (déchets organiques = ordures ménagères,
excrétas, déchets des hôpitaux, déchets chimiques d’origine industrielle).
Ces déchets constituent aussi des nids pour les parasites, les insectes, les microbes et les substances
chimiques.
Ils sont principalement responsables des **maladies bactériennes** : Fièvres Typhoïdes et
paratyphoïdes, dysentéries, choléra, dematoses, diarrhées infectieuses, de maladies virales :
poliomyélite et hépatite etc..., de **maladies parasitaires** (amibiase, lambliase, helminthiase,
paludisme, bilharziose éléphantiasis, maladie du sommeil etc...).
Ceci est dû au fait que l’homme facteur parfois polluant réutilise ces eaux pour des besoins d’eaux de
boisson, d’alimentation, de soins corporels et vestimentaires.
Voici la transcription des documents fournis, organisée par composantes et sections :
### **Composante 4 : PROTECTION MATERNELLE ET INFANTILE ET PLANIFICATION FAMILIALE**
**I - Justification de la composante**
L'Action de santé maternelle et infantile et planification familiale (SMI/PF), actuellement Santé de la
Reproduction (SR) menée dans les SSP, vise à promouvoir et protéger les femmes en âge de procréer et
celle des enfants. L'objectif est d'amener tous les enfants à avoir une croissance saine et que les femmes
puissent connaître un bien-être pendant leur période de procréation.
* La mortalité maternelle est très élevée dans les pays en développement (99% des décès maternels
mondiaux).
* Au Sénégal, elle est estimée à **510 décès pour 100 000 naissances vivantes** (94ème rang sur 106
pays africains).
* **Définition :** Tout décès de femme survenu au cours de la grossesse, de l'accouchement et dans
les 42 jours après l'accouchement, peu importe la cause.
**Causes de la mortalité maternelle :**
* **Causes directes :** Hypertension (Maladie Gravidique Tardive), travail dystocique, infections,
hémorragies, avortements à risque.
* **Causes indirectes :** Facteurs socio-économiques et culturels (manque d'accès aux ressources,
mariages précoces, croyances, travaux pénibles).
**II - Les objectifs de la composante**
Agir sur les **3 retards** et appliquer les **7 piliers de la maternité à moindre risque**.
**Les 3 retards :**
1. Retard pour décider de consulter.
2. Retard pour arriver à l'établissement de santé.
3. Retard pour recevoir un traitement adéquat.
**Les 7 piliers (Sénégal) :**
1. **Soins prénatals :** Fer, vaccination antitétanique, déparasitage, prévention du paludisme.
2. **Soins obstétricaux et néonataux d’urgence :** Personnel qualifié, utilisation du partogramme.
3. **Soins post-natals :** Jusqu'à 60 jours après l'accouchement, identifier les signes de danger,
conseils en nutrition.
4. **Soins après avortement :** Pratique de l'AMIU, traitement rapide des infections.
5. **Planification familiale :** Espacement des naissances, mise à jour des compétences des
prestataires.
6. **Lutte contre les IST/SIDA :** Tests volontaires, dépistage de la Syphilis chez les femmes enceintes.
7. **Soins de santé primaires :** Participation des populations.
### **Composante 5 : Vaccination contre les grandes maladies infectieuses**
**I - Justification de la composante**
Réduire la morbidité et la mortalité en immunisant contre les fléaux majeurs. Chaque pays définit sa
liste de maladies évitables par la vaccination.
**Informations sur l'Haemophilus Influenzae Type B (Hib) :**
* Responsable de 90% des infections graves (méningites, pneumopathies) chez les enfants de moins de
5 ans.
* Symptômes : Méningite bactérienne (létalité élevée, séquelles neurologiques 15 à 30%), pneumonie,
épiglottite (mortelle si non traitée).
* Transmission : Gouttelettes de salive, partage de jouets.
**Informations sur l’hépatite B :**
* Transmission sanguine ou oro-fécale. Complications : Cirrhose ou Cancer Primitif du Foie (CPF).
**II - Les objectifs du programme PEV :**
* Immuniser les enfants de 0 à 11 mois (et rattrapage jusqu'à 23 mois).
* Immuniser les femmes enceintes contre le tétanos.
**Stratégies :**
* Information et éducation des populations.
* Stratégies fixe, avancée et mobile.
* Équipement (chaîne de froid) et formation du personnel.
### **Composante 6 : Prévention et contrôle des endémies locales**
**(Note : Le document s'interrompt après l'introduction de la justification de cette composante).**
### **Assainissement de base et Approvisionnement en eau**
**Définition Eau Potable :** Eau limpide, sans odeur ni saveur désagréable, bactériologiquement et
chimiquement acceptable.
**Procédés de potabilisation domestique :**
* **Décantation :** Stabilisation pour recueillir la partie limpide.
* **Filtration :** Passage à travers un filtre (ex: bougie de Chamberland).
* **Désinfection par ébullition :** Sûr mais onéreux.
* **Désinfection chimique :** 3 gouttes d'eau de Javel pour 10 litres d'eau.
**Problèmes d’assainissement :**
1. **Excrétas :** Manque de latrines menant à la défécation à l'air libre et au **péril fécal** (germes
transportés par les mouches sur les aliments).
2. **Ordures ménagères :** Favorisent la prolifération des insectes et rongeurs.
3. **Eaux usées :** Stagnation favorisant les germes, parasites et la divagation des animaux.
**Objectifs de l'assainissement :**
* Assurer un approvisionnement suffisant en eau saine.
* Élimination hygiénique des excrétas et déchets.
* Protéger les points d'eau et promouvoir l'hygiène personnelle.
Voici la transcription des documents demandés, organisée par composantes :
### Composante 7 : Traitement des maladies et lésions courantes
**a) Les maladies diarrhéiques**
**I – Justification de la composante**
Dans la perspective des SSP, le traitement des maladies et lésions courantes vise à prévenir les décès et
les incapacités qu’elles entraînent et ainsi à assurer à tous les enfants la possibilité d’une croissance et
d’un développement sains.
La prévention de la morbidité et de la mortalité due aux diarrhées constitue un aspect vital des
stratégies nationales des SSP. Etant donné que dans chaque pays en voie de développement, les
maladies diarrhéiques affectent la quasi-totalité des enfants de moins de 5 ans, lutter contre elles est
indispensable pour garantir la santé des générations futures. Le programme de lutte contre les maladies
diarrhéiques pour être efficace doit englober d’importants éléments d’autres composantes des SSP
telles que « Promotion de bonnes conditions alimentaires et nutritionnelles », « Approvisionnement
suffisant en eau saine et assainissement de base », « Protection maternelle et infantile et planification
familiale ».
La lutte proprement dite contre les maladies diarrhéiques implique 3 grandes fonctions au moins :
* Diagnostic et traitement approprié des cas
* Éradication des poussées épidémiques
* Prévention des maladies responsables
**II – Objectifs de la composante**
Les activités à mener font appel non seulement aux professionnels de santé mais aussi à la
communauté.
**Au niveau des familles et communautés :**
* Alimenter correctement l’enfant souffrant de diarrhée (cad poursuivre l’allaitement au sein et
maintenir une ration adéquate de liquides à l’aide de solutions sans danger et appropriées)
* Savoir déceler la déshydratation et prendre les mesures adéquates quand elle se présente à savoir :
* Recourir au personnel de santé pour se procurer des sachets de sels de réhydratation par voie orale
(SRO) et les utiliser correctement, à défaut savoir préparer et utiliser correctement la solution salée
sucrée (SSS)
* Savoir observer les règles d’hygiène individuelles et collectives y compris le traitement des aliments et
de l’eau, l’utilisation des latrines etc…
* Aviser le plus rapidement possible les autorités sanitaires des poussées épidémiques des maladies
diarrhéiques.
**Au niveau des services de santé :**
* Déterminer autant que possible la cause de chaque maladie diarrhéique et offrir un traitement
correspondant à cette cause et au degré de déshydratation
* Mettre en sachets et fournir des sels de réhydratation par voie orale
* Rechercher les causes des poussées épidémiques des maladies diarrhéiques et déterminer les
solutions appropriées
* Former et superviser les agents de santé de toutes catégories professionnelles sur les méthodes de
lutte et de traitement des maladies diarrhéiques
* Eduquer les familles et les communautés sur l’importance de l’approvisionnement en eau saine,
l’assainissement de base et le respect des règles d’hygiène individuelles et collectives.
**b) les lésions courantes**
**I - Justification de la composante**
Les accidents figurent parmi les 10 principales causes de décès dans la majorité des pays. Chez les
enfants, ils se classent souvent au premier rang de ces causes aussi bien dans les pays développés que
dans les pays en développement et, pour une large part se produisent à la maison ou aux alentours. Ils
entraînent fréquemment des incapacités qui durent toute la vie et les soins aux blessés ou handicapés
absorbent une proportion notable du budget de la santé dans beaucoup de pays.
Les types d’accidents domestiques les plus fréquents sont :
* Les coupures, les brûlures, les empoisonnements.
**II – Les objectifs de la composante**
L’objectif doit donc être non seulement d’assurer les premiers secours sur place et un traitement
adéquat au niveau approprié de soins mais encore de prévenir la répétition d’accidents similaires dans
l’avenir et d’offrir des moyens de réadaptation aux handicapés enfants ou adultes.
**2.1 – Au niveau des familles**
* Suivre des cours de secourisme ou participer aux activités éducatives
* Reconnaître la nature et l’étendue de la blessure
* Prendre un nombre limité de mesures urgentes en s’abstenant de tout acte susceptible d’être nuisible
* Prendre les dispositions nécessaires pour éviter que ne se reproduisent des accidents similaires
* Poursuivre à la maison au besoin des actions de réadaptation et de rééducation fonctionnelle
**2.2 – Au niveau des agents de santé**
* Ils doivent répondre aux appels d’urgence et dispenser des soins adaptés
* Informer les familles des moyens de prévention des accidents
* Soutenir les actions de réadaptation après le traitement.
### Composante 8 des SSP : Fourniture de médicaments essentiels
**I Justification de la composante**
L’approvisionnement en médicaments absorbe la plus grande part du budget national de santé. Trop
souvent, la fabrication et la distribution de médicaments visent à préserver les intérêts des industries
pharmaceutiques et non à répondre aux exigences des priorités de la politique nationale de santé.
D’où la nécessité de mettre en place un système d’approvisionnement en médicaments basé sur les SSP
en vue de rendre les coûts plus abordables, d’améliorer la disponibilité des médicaments aux
populations mais aussi d’assurer la qualité des produits et la sécurité d’emploi des médicaments.
**[Objectifs et Gestion]**
* Une distribution respectant le circuit d’approvisionnement, les délais de livraison, les quantités
commandées, les normes de conditionnement, le respect des mesures d’hygiène lors de la manipulation
* La tenue correcte et à jour des outils de gestion etc….
* Affecter un personnel qualifié à l’occurrence un pharmacien comme responsable de la gestion de la
PNA, des PRA et des pharmacies des districts sanitaires
* Assurer la formation initiale et la supervision continue des dépositaires chargés de la gestion des
dépôts de médicaments des postes de santé.
### [Lutte contre le Paludisme]
L’ endémie locale qui pose le plus grand problème de santé publique au Sénégal est le paludisme et les
formes les plus graves de paludisme sont en partie due au **Plasmodium Falciparum**. Parmi les
principales causes de propagation de cette maladie, nous pouvons citer les problèmes de manque
d’hygiène et d’assainissement et qui favorisent la pullulation du moustique à savoir :
* La stagnation des eaux usées et des eaux de ruissellement abritant les gîtes larvaires,
* Le manque de désherbage,
* La vie en promiscuité occasionnant la reproduction du moustique dans les endroits obscurs et
insalubres,
* Le manque d’utilisation de moustiquaires imprégnées etc …
Les conséquences du paludisme sont désastreuses au Sénégal. En effet, il constitue l’endémie la plus
répandue d’autant plus qu’il représente 35 % des motifs de consultation au niveau des structures
sanitaires et la première cause de morbidité et mortalité au Sénégal avec 8000 cas de décès par an. Les
enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes sont les couches les plus vulnérables. En effet, le
paludisme est un des principaux facteurs de la mortalité maternelle et néonatale et est en grande partie
responsable de beaucoup de cas de morts-nés, d’avortements, de décès maternels par suite d’atteinte
cérébrale = Neuropaludisme, du foie = ictère et anémie et d’atteinte cardiaque = décompensation
cardiaque.
**II Objectifs de la composante**
Objectif général : Réduire le taux de morbidité et de mortalité élevée lié au paludisme par :
* La promotion de l’utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticide (MII)
* L’application de la TPI (traitement préventif intermittent) chez la femme enceinte = une
recommandation de l’OMS qui consiste à administrer 2 doses de SP (sulfadoxine-pyriméthamine =
Fansidar
* Le dépistage et la prise en charge précoce des cas pour éviter les complications et obtenir le
rétablissement rapide du malade surtout des groupes vulnérables
* La promotion des actions communautaires d’hygiène individuelle et collective et d’assainissement du
milieu en collaboration les secteurs compétents
* Organiser de concert avec les secteurs compétents des actions de pulvérisations d’insecticide
* Effectuer des visites à domicile pour identifier et résoudre les comportements à risque
* Mener des activités d’éducation et de communication pour faire adopter aux populations des
comportements favorables à la prévention du paludisme
* Former les agents de santé et les relais communautaires à pouvoir exécuter des actions préventives et
prise en charge du paludisme
Voici une proposition détaillée pour l'introduction et le développement des trois grandes parties de
votre cours sur les **Soins de Santé Primaires (SSP)**, conçue pour un exposé médiatisé et structurée
selon votre plan de cours.
# **Cours : Les Soins de Santé Primaires (SSP)**
## **Introduction**
La santé est un droit fondamental de l'être humain, pourtant, des inégalités profondes subsistent à
travers le monde dans l'accès aux soins de base. Face à ce constat, la conférence internationale d'Alma-
Ata en 1978 a marqué un tournant historique en définissant une nouvelle approche : les Soins de Santé
Primaires (SSP).
Loin d'être une "médecine au rabais" pour les pays pauvres, les SSP constituent la pierre angulaire des
systèmes de santé performants. Ils visent à offrir des soins essentiels, accessibles et acceptables, en
plaçant l'individu et la communauté au cœur du processus. Ce cours a pour objectif de vous donner les
clés de compréhension de ce modèle, de ses fondements historiques à ses composantes
opérationnelles, afin de mieux appréhender les défis de la santé publique contemporaine.
## **Développement du Cours**
### **Partie I : Définition des Concepts**
Pour bien comprendre les SSP, il est indispensable de clarifier les termes qui les composent :
1. **La Santé :** Selon l'OMS (1946), elle ne se définit pas seulement par l'absence de maladie, mais
comme un état de complet bien-être physique, mental et social. C'est une ressource de la vie
quotidienne.
2. **Les Soins :** Ils représentent l'ensemble des moyens mis en œuvre pour promouvoir, maintenir ou
rétablir la santé. Dans le contexte des SSP, ils incluent aussi bien la prévention que le traitement et la
réadaptation.
3. **Les Soins de Santé Primaires (SSP) :** C'est une stratégie de santé publique qui repose sur des
soins essentiels, fondés sur des méthodes pratiques et scientifiquement valables. Ils doivent être
universellement accessibles et impliquer une pleine participation des populations.
### **Partie II : Historique et Principes des SSP**
L'évolution des SSP est marquée par des engagements internationaux majeurs :
* **Alma-Ata (1978) :** Le cri de ralliement "La santé pour tous en l'an 2000" est né ici. Cette
conférence a établi que la santé est un moteur du développement socio-économique.
* **L'Initiative de Bamako (1987) :** Face aux difficultés de financement, cette initiative a introduit la
notion de recouvrement des coûts et de gestion communautaire des médicaments essentiels, visant à
rendre les centres de santé plus autonomes et mieux approvisionnés.
* **Les principes directeurs :**
* **L'Équité :** Priorité aux plus vulnérables pour réduire les écarts de santé.
* **L'Action intersectorielle :** Reconnaître que la santé dépend aussi de l'éducation, de l'accès à
l'eau potable et de l'agriculture.
* **La Participation communautaire :** Les citoyens ne sont pas des récepteurs passifs, mais des
acteurs de leur propre santé.
### **Partie III : Les Composantes des Soins de Santé Primaires**
L'application concrète des SSP repose sur huit piliers fondamentaux identifiés à Alma-Ata, complétés par
des approches modernes :
1. **L'Éducation pour la santé :** Apprendre aux populations à identifier et prévenir les problèmes de
santé locaux (hygiène, nutrition, comportements à risque).
2. **La Promotion de la nutrition :** Assurer la sécurité alimentaire et lutter contre les carences (ex:
carence en Fer ou Vitamine A).
3. **L'Assainissement et l'Eau Potable :** La base de la prévention des maladies hydriques (diarrhées,
choléra).
4. **La Santé Maternelle et Infantile (SMI) :** Incluant la planification familiale et la **Consultation
Prénatale Recentrée (CPNR)** pour réduire la mortalité néonatale et maternelle.
5. **La Vaccination :** Protection contre les grandes maladies évitables (rougeole, poliomyélite,
tétanos).
6. **La Lutte contre les endémies locales :** Stratégies de prévention et de traitement du paludisme,
de la tuberculose ou du VIH.
7. **Le Traitement des maladies courantes :** Capacité des centres de santé de premier contact à
soigner les pathologies fréquentes.
8. **Les Médicaments Essentiels :** Garantir que les médicaments de base soient toujours disponibles
et à un coût abordable pour tous.
### **Conclusion**
Les Soins de Santé Primaires ne sont pas une simple étape du système de santé, mais sa base. En
intégrant la prévention, la participation citoyenne et la collaboration entre secteurs (santé, eau,
éducation), ils restent l'outil le plus efficace pour atteindre une couverture sanitaire universelle.