DYNAMIQUE DE L’OCCUPATION DU SOL ET EVOLUTION
DES TERRES AGRICOLES DANS LA COMMUNE DE SINENDE
AU NORD-BENIN
Gildas Louis Djohy, Henri Sourou Totin Vodounon, Nickson Esther Kinzo
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Gildas Louis Djohy, Henri Sourou Totin Vodounon, Nickson Esther Kinzo. DYNAMIQUE DE L’OCCUPATION
DU SOL ET EVOLUTION DES TERRES AGRICOLES DANS LA COMMUNE DE SINENDE AU NORD-BENIN.
Cahiers du CBRST / Cahiers du CBRSI, 2016, 9, pp.101-121. ⟨hal-01567316⟩
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Centre Béninois de la Cahiers du CBRST, N° 9 Juin 2016
Recherche Scientifique Lettres, Sciences Humaines et Sociales
et Technique ISSN : 1840-703X, Cotonou (Bénin)
DYNAMIQUE DE L’OCCUPATION DU SOL ET
EVOLUTION DES TERRES AGRICOLES DANS
LA COMMUNE DE SINENDE AU NORD-BENIN
Gildas L. DJOHY1, Henri S. TOTIN VODOUNON1,2,
Nickson E. KINZO1
1
Département de Géographie et Aménagement du Territoire,
Université de Parakou, 03BP 303, Bénin, gildasdjohy@[Link]
2
Laboratoire Pierre PAGNEY, Climat, Eau, Ecosystèmes et
Développement, Université d’Abomey-Calavi, 03BP 1122, Cotonou,
sourouhenri@[Link]
RESUME
L’occupation des sols est l’un des principaux facteurs qui entraîne la
dégradation des différentes formations végétales. Cette dégradation
est d’autant plus inquiétante du fait des conditions climatiques et des
pressions démographiques. L’objectif de ce travail est d’analyser la
dynamique de l’occupation du sol et l’évolution des espaces
agricoles afin de caractériser la variation du couvert végétal dans la
Commune de Sinendé. Cette étude est basée sur l’analyse des images
satellitaires prises en 1990, 2000 et 2010 et des données statistiques
des espaces agricoles de 1995 à 2012. Les résultats de la dynamique
d’occupation du sol montrent une régression de la forêt galerie
(97,28 %), de la forêt dense semi-décidue (99,61 %) et de la savane
saxicole (79,32 %) d’une part et une progression des espaces de
cultures et jachères (51,31 %) et agglomérations (97,01 %) d’autre
part. La régression des formations végétales est due à l’extension
des espaces agricoles notamment la recherche de terre fertile, les
pressions démographiques et les techniques culturales encore
traditionnelles. Les principales espèces à valeur économique,
épargnées dans les champs sont Vitellaria paradoxa, Parkia
biglobosa, Anacardium occidentale et Mangifer aindica. Cette étude
diachronique de l’occupation du sol permet d’apprécier les
modifications du couvert végétal, les facteurs déterminants et en
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perspective de prévoir des stratégies de préservation des ressources
naturelles dans les zones semi-arides.
Mots-clés : Sinendé, dynamique, occupation du sol, analyse
diachronique, espace agricole
ABSTRACT
Land use is one of the main factors causing degradation of different
vegetation formations. This degradation is particularly worrying
because of the weather, human activities especially the expansion of
agricultural areas and population pressure. The aim of this study is
to analyze the dynamics of land use and the development of
agricultural areas in order to characterize the variation in
vegetation cover in the district of Sinendé. This study is based on
analysis of satellite images taken in 1990, in 2000 and 2010 and
statistics in agricultural areas sown in the district of Sinendé from
1995 to [Link] results of the land use dynamics showed a
regression of the gallery forest (97.28 %), the semi-deciduous dense
forest (99.61 %) and saxicole savannah (79.32 %) on one hand and
growth of crops and fallow areas (51.31 %) and urban areas (97.01
%). The significant regression of vegetation is due to the expansion
of agricultural areas and demographic pressures. The principal
species spared by farmers are Vitellaria paradoxa, Parkia
biglobosa, Anacardium occidentale and Mangifera indica. These
different species make very significant economic services to the
population, through the marketing and processing of fruit.
Keywords : Sinendé, dynamic, land cover, diachronic analysis,
agricultural land
INTRODUCTION
L’évolution des formations naturelles est de plus en plus critique à
cause du déboisement, du surpâturage, de la surexploitation des
ressources fourragères, des feux de végétation et des techniques
culturales (Bationo et al., 2006 ; Akoegninou et Akpagana, 1997).
Au Bénin, la destruction des ressources naturelles évolue à un
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rythme assez inquiétant. En 1991, les estimations faisaient état d’une
destruction annuelle moyenne de 100000 hectares de végétation
naturelle à des fins culturales (Houndagba et al., 2007).
Les pratiques culturales entraînent la destruction de plusieurs
centaines d’hectares de formations naturelles (Geny et al., 1992). Les
producteurs n’ont pas trouvé un équilibre entre leurs systèmes de
productions et l’exploitation de l’espace. Ainsi, leur milieu demeure
l’agent principal de l’évolution régressive des formations végétales à
travers les activités agricoles et les exploitations forestières. La
formation végétale fait l’objet de pression permanente liée aux
activités anthropiques (Akoegninou, 1984). La probabilité qu’une
unité d’occupation des terres soit transformée en champ ou en
jachère est forte et varie de 30 à 53 % au centre du Bénin (Oloukoï et
al., 2007).
La commune de Sinendé connaît une forte pression sur les ressources
naturelles végétales et surtout celle forestière à cause des activités
anthropiques et celles agricoles en particulier. Le but de la présente
étude est donc d’analyser la dynamique de l’occupation du sol et
l’évolution des espaces agricoles dans la Commune de Sinendé au
Nord du Bénin.
1. DONNEES ET METHODES
1.1. Présentation du secteur d’étude
La Commune de Sinendé au Nord-Bénin (figure 1) est située entre
10°20'41'' de latitude Nord et 2°22'45'' de longitude Est, et couvre
une superficie de 2289 km² avec une population estimée à 88 383
habitants en 2013. Elle est limitée au Nord par la Commune de
Gogounou, au Sud par celle de N’Dali, à l’Est par la Commune de
Bembéréké et à l’Ouest par les Communes de Ouassa-Pehunco et
Djougou. Le climat est de type soudano-guinéen avec deux saisons :
une saison pluvieuse s’étendant de mai à octobre et une saison sèche
allant de novembre à avril (Boko, 1988). Le maximum des
précipitations est enregistré au mois de juillet et d’août qui sont
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respectivement de 213 mm et 227 mm. Les hauteurs annuelles de
pluie varient entre 1000 et 1200 mm (Gounou, 1985). Le régime des
vents est caractérisé par le mouvement alternatif de l’harmattan qui
souffle pendant la saison sèche et le vent humide qui souffle pendant
la saison des pluies (Kora, 2006). La température moyenne varie tout
au long de l’année entre 24,2 °C (septembre) et 29,5 °C (mars) soit
une amplitude thermique de 5 °C (Kora, 2006).
Les sols sont de type ferrugineux tropicaux peu lessivés
hydromorphes (29,47 %) et ferrugineux tropicaux lessivés à
concrétions (25,43 %). Ces sols conviennent aux cultures de
l’igname, du maïs, de l’arachide et du niébé, qui représentent les
spéculations les plus cultivées dans la région (Ouorou Barre, 2010).
Le principal cours d’eau qui traverse la Commune est l’Alibori sur
306 km avec ses affluents que sont Niyori, Souédarou, Dandarou et
Daousso (Kora, 2006). Il traverse la forêt classée de l’Alibori
supérieur en passant par Gessoubani Gorobani. La végétation est
caractérisée par des formations de savanes arborées, arbustives et
herbeuses, de forets galeries et des mosaïques de champs et jachères
(Kora, 2006).
1.2. Données utilisées
Les cartes d’occupation du sol des 1990, 2000 et 2010 ont été
utilisées. Des statistiques sur l’évolution des espaces agricoles de
1995 à 2012 pour la Commune de Sinendé sont extraites de la base
de données de la FAO disponibles en ligne (FAOSTAT, 2015). La
caractérisation des différents types d’occupation du sol dans la
Commune de Sinendé est faite à partir de la superposition des
différentes cartes réalisées.
Toutes ces données ont été complétées par une enquête de terrain
d’octobre 2014 à janvier 2015. L’enquête de terrain auprès de 121
individus a permis d’inventorier les espèces ligneuses à valeur
économique sur les espaces agricoles dans la Commune de Sinendé.
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Figure 1 : Situation géographique de la Commune de Sinendé
1.3. Méthodes de traitement des données
La dynamique spatiale est basée sur l’appréciation de l’évolution des
états et la comparaison de la superficie des différentes unités
d’occupation du sol. Pour l’analyse statistique de la dynamique
d’occupation du sol, le taux de stabilité, de régression ou de
progression des unités paysagiques est d’abord calculé d’une année à
une autre. Ce calcul a été fait à l’aide de la formule appliquée par
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Oloukoï et al. (2007), pour mesurer la croissance des agrégats
macroéconomiques entre deux périodes données.
La variable considérée ici est la superficie (S). Ainsi, pour S1 et S2,
correspondant respectivement à la superficie d’une catégorie
d’occupation des sols en 1990, 2000 et 2010, les taux de variation
des superficies ont été calculés par la formule :
S2
Tv(%) = − 1.100
S1
S2 - S1 = négatif, on conclut une régression du couvert végétal de
l’année 1 à 2.
S2 - S1= positif, on parle d’une augmentation du couvert végétal
de l’année 1 à 2.
S2 - S1= nul, on parle de stabilité du couvert végétal de l’année 1
à 2.
Les différentes espèces présentes sur les espaces agricoles ont été
identifiées. Ainsi, les peuplements ligneux à valeur économique sur
les terres agricoles sont faits à partir des principaux axes du milieu
d’étude : Fô-Bouré-Sikki ; Sikki-Sinendé et Sinendé-Sèkèrè.
2. RESULTATS
2.1. Dynamique de l’occupation du sol
Les cartes d’occupation du sol de 1990 à 2010 ont permis de
caractériser l’évolution du couvert végétal et des activités
anthropiques dans la Commune de Sinendé.
2.1.1. Etat de l’occupation du sol en 1990
La figure 2 permet de caractériser l’évolution de l’état d’occupation
du sol en 1990.
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Figure 2 : Occupation du sol dans la Commune de Sinendé en 1990
La forêt dense semi-décidue prédomine de 92716 ha et se répartir sur
environ 39,34 % de toute la superficie de la Commune. Les savanes
arborées et arbustives et les champs et jachères représentent
respectivement 67889 ha soit 28,81 % et 61131 ha soit 25,95 %. La
galerie forestière occupe 9435 ha soit 4 % et la forêt claire et savane
boisée 2003 ha soit 0,85 %. La savane saxicole représente 1557 ha
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soit 0,66 %, l’agglomération 737 ha soit 0,31 % et la plantation 184
ha soit 0,08 %.
2.1.2. Etat de l'occupation du sol en 2000
La figure 3 a permis d’apprécier le niveau de dégradation du couvert
végétal et l’occupation du sol dans la Commune de Sinendé au cours
des années 2000.
Figure 3 : Occupation du sol dans la Commune de Sinendé en 2000
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L’analyse de la figure 3 montre que les savanes arborées et
arbustives constituent les formations végétales dominantes avec
162001 ha soit 68,74 % de la superficie totale de la Commune de
Sinendé. Les champs et jachères et la forêt claire et savane boisée
occupent respectivement 68745 ha soit 29,17 % et 2638 ha soit 1,11
%. L’agglomération occupe 853 ha soit 0,36 % et la forêt dense
semi-décidue 424 ha soit 0,20 %. La galerie forestière, la savane
saxicole et la plantation représentent respectivement 468 ha soit 0,20
%, 322 ha soit 0,13 % et 201 ha soit 0,09 %.
2.1.3. Etat de l'occupation du sol en 2010
Les images satellitaires prises en 2010 (figure 4) dans la Commune
de Sinendé révèlent une importante variation du couvert végétal
comparativement aux images prises en 1990 et 2000.
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Figure 4 : Occupation du sol dans la Commune de Sinendé en 2010
La figure 4 montre que les savanes arborées et arbustives sont de
138394 ha soit 58,73 %. Elles sont suivies respectivement par les
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champs et jachères de 92496 soit 39,25 %, la forêt claire et savane
boisée de 1835 ha soit 0,78 %, l’agglomération de 1452 ha soit 0,62
% et la plantation de 535 ha soit 0,23 %. La forêt dense semi-décidue
occupe 361 ha soit 0,15 %. La savane saxicole et la galerie forestière
occupent respectivement 322 ha soit 0,13 % et 257 ha soit 0,11 %.
2.2. Bilan de l’occupation du sol entre 1990 et 2000
L’évolution des superficies d’unités d’occupation du sol entre 1990
et 2000 (figures 2 et 3) est présentée dans le tableau I.
Tableau I : Etat de l’occupation du sol entre 1990 et 2000
Taux de
Etat de Progression ou
Unités d'occupation variation
Régression (1990-2000)
du sol (1990-2000)
En ha (%) (%)
Agglomération 116 0,05 15,74
Forêt claire et savane 635 0,26 31,70
boisée
Forêt dense semi- -92292 -39,14 -99,54
décidue
Galerie forestière -8967 -3,8 -95,04
Savane arborée et 94112 39,93 138,63
arbustive
Savane saxicole -1235 -0,53 -79,32
Plantation 17 0,01 9,24
Champs et jachères 7614 3,22 12,46
Source : IGN, 1990 et 2000
Le bilan des périodes 1990 et 2000 montre que les forêts denses
semi-décidues ont connu une régression de 39,14 %, car elles sont
les plus exploitées. Les savanes arborées et arbustives ont connu une
progression de 39,93 %. La galerie forestière au cours de la même
période a régressé de 3,8 %. Les champs et jachères ont connu une
progression de 3,22 %, en raison des défrichements des formations
végétales naturelles à des fins agricoles. Les formations végétales
(forêt dense semi-décidue ; galerie forestière et savane saxicole) sur
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la période de 1990 à 2000 ont régressé de 79,32 % à 99,54 % au
profit des savanes arborées et arbustives (138,63 %) et les forêts
claires et savanes boisées (31,7 %).
2.3. Bilan de l’occupation du sol entre 2000 et 2010
Le tableau II présente la synthèse statistique de l’occupation du sol
entre 2000 et 2010 (figures 3 et 4) dans la Commune de Sinendé.
Tableau II : Etat de l’occupation du sol dans la Commune de
Sinendé entre 2000-2010
Taux de
Etat de progression ou
Unités d'occupation variation
régression (2000-2010)
du sol (2000-2010)
En ha (%) (%)
Agglomération 599 0,26 70,2
Forêt claire et savane -803 -0,33 -30,4
boisée
Forêt dense semi- -63 -0,05 -14,9
décidue
Galerie forestière -211 -0,09 -45,1
Savane arborée et -23607 -10,01 -14,6
arbustive
Savane saxicole 0 0 0
Plantation 334 0,14 166,2
Champs et jachères 23751 10,08 34,5
Source : IGN, 2000 et 2010
Le bilan des deux périodes 2000 et 2010 montre que les savanes
arborées et arbustives ont connu une régression de 10,01 %. Les
champs et jachères ont connu une progression de 10,08 %, en raison
de la mauvaise gestion des formations végétales. Ce qui entraîne la
régression du couvert végétal selon 53 % des enquêtés. Les activités
agricoles constituent les causes majeures de la dégradation du
couvert végétal dans la Commune de Sinendé. Les savanes et les
forêts disparaîtraient à ce rythme de régression, combiné aux impacts
des changements et variabilités climatiques. Les formations
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végétales naturelles (forêt claire et savane boisée ; forêt dense semi-
décidue ; galerie forestière ; savane arborée et arbustive ; savane
saxicole) ont régressé de 14,6 % à 45,1 % au profit des
agglomérations (70,2 %) et des champs et jachères (34,6 %).
2.4. Dynamique de l’occupation du sol entre 1990 et 2010
La synthèse de l’occupation du sol (figures 2 et 4) entre 1990 et
2010, est présentée dans le tableau III.
Tableau III : Etat de l’occupation du sol entre 1990 et 2010
Taux de
Etat de Progression ou
Unités d'occupation variation
Régression (1990-2010)
du sol (1990-2010)
En ha (%) (%)
Agglomération 715 0,31 97,01
Forêt claire et savane -168 -0,07 -8,39
boisée
Forêt dense semi- -92355 -39,19 -99,61
décidue
Galerie forestière -9178 -3,89 -97,28
Savane arborée et 70505 29,92 103,85
arbustive
Savane saxicole -1235 -0,53 -79,32
Plantation 351 0,15 190,76
Champs et jachères 31365 13,3 51,31
Source : IGN, 1990 et 2010
Les périodes 1990 et 2010 montrent que les forêts denses semi-
décidues ont connu une régression de 39,19 %. Or, les champs et
jachères ont connu une progression de 13,3 %, en raison de
l’augmentation des espaces agricoles. Les formations végétales
naturelles (forêt claire et savane boisée ; forêt dense semi-décidue ;
galerie forestière et savane saxicole) ont régressé de 8,39 % à 99,61
% au profit des agglomérations (97,012 %), des savanes arborées et
arbustives (103,85 %), des plantations (190,76 %) et des champs et
jachères (51,31 %).
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2.5. Synthèse de l’occupation du sol à Sinendé en 1990, 2000 et
2010
La figure 5 présente en proportion les différentes unités d’occupation
des terres dans la Commune de Sinendé. Les différentes formations
végétales (forêts et savanes) ont connu une régression entre 1990 et
2010, contrairement aux unités de cultures et jachères qui ont
progressé. Les champs et jachères sont passés de 25,95 % en 1990 à
29,17 % en 2000 et à 39,25 % en 2010. Cette augmentation des
espaces de culture a entraîné une régression des formations
végétales. Ainsi, les savanes arborées et arbustives sont passées de
28,81 % en 1990 à 68,74 % en 2000 et à 58,73 en 2010. La
diminution du couvert végétal est liée à l’augmentation considérable
des terres agricoles et la pratique des feux de végétation.
L’augmentation des espaces de culture contribue à la diminution des
formations végétales naturelles. L’accroissement rapide de la
population constitue également un agent de destruction du couvert
végétal. Au Recensement Général de la Population et de l’Habitation
(RGPH4), la population de Sinendé a augmenté considérablement de
88383 habitants en 2013 contre 63373 habitants en 2002, 40769
habitants en 1992 et 24407 habitants en 1979. Cette croissance
démographique a pour conséquence la forte demande en ressources
alimentaires et en espaces d’habitation, deux faits très perceptibles
dans l’environnement de Sinendé.
1990
0,31 0,85 Ag
Fc-Sb
25,95 Fdsd
0,08 39,34
0,66
Gf
Saa
28,81 Ss
Pl
Cj
4
114
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1,11 0,2 2000
0,36 0,2
Ag
Fc-Sb
Fdsd
29,17 Gf
Saa
0,09 Ss
68,74 Pl
0,13
Cj
0,15% 2010
0,78%
Ag
0,62% 0,11%
Fc-Sb
Fdsd
Gf
39,25%
Saa
Ss
58,73%
Pl
0,23%
Cj
0,13%
Figure 5 : Unités d’occupation du sol en 1990, 2000 et 2010 à
Sinendé
Ag = Agglomération
Fc-Sb = Forêt claire et savane boisée
Fdsd = Forêt dense semi-décidue
Gf = Galerie forestière
Saa = Savane arborée et arbustive
Ss = Savane saxicole
Pl = Plantation
Cj = Champs et jachères
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2.6. Evolution des espaces agricoles des principales cultures
La production agricole constitue la première activité et occupe plus
de 80 % des populations de la Commune de Sinendé. La figure 6
montre l’évolution des superficies emblavées, un des facteurs
principaux de l’extension des paysages de champs et jachères.
Coton
50000
Igname
40000
Superficie (ha)
Maïs
30000
20000
10000
0
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
Sorgho
12000
10000 Niébé
Superficie (ha)
8000 Arachide
6000
4000
2000
0
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
Figure 6 : Variation interannuelle des terres culturales emblavées
L’analyse de la figure 6 montre que sur la période de 1995 à 2012,
les terres emblavées pour la production du coton ont augmenté de
12257 ha en 1995 à 41268 ha en 2001, soit un écart de 29011 ha,
puis un déclin de 26315 ha sur la période de 2001 à 2012. L’espace
emblavé pour la culture de l’igname a connu une hausse de 7077 ha
de 1995 à 2012. Quant à l’espace de production du maïs, il a
augmenté de 16656 ha sur la période de 1995 à 2012. L’espace de
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production du sorgho a connu un déclin de 792 ha de 1995 à 2012 et
l’espace de production du niébé a connu une hausse de 8388 ha de
1995 à 2006, puis un déclin de 8395 ha de 2006 à 2012. L’aire de
production de l’arachide a connu une hausse de 1677 ha de 1995 à
2008. Le besoin permanent en nouvelles terres pour les différentes
cultures est à l’origine de la dégradation de l’environnement surtout
du couvert végétal (photo 1).
a b
Photo 1 : Indicateurs de la destruction du couvert végétales au profit
des champs de coton (a) et par les exploitants forestiers (b) dans la
Commune de Sinendé
Source : Djohy G. L., Novembre 2014
La pression des populations sur le couvert végétal entraîne l’absence
du peuplement ligneux sur les espaces agricoles et dans les forêts ou
galeries forestières. La disparition des formations végétales entraîne
l’augmentation des gaz à effet de serre tel que le dioxyde de carbone
(CO2) et le Méthane (CH4) dans l’atmosphère. L’équilibre
écologique est ainsi rompu avec comme corollaires : la récession
pluviométrique, l’augmentation de la température, l’érosion hydrique
qui favorise la dégradation des éléments fertilisants du sol, la baisse
des rendements sur les sols dégradés. Les espèces ligneuses
forestières épargnées de la destruction par les agriculteurs dans les
champs et autour des agglomérations sont celles à valeur
économique comme notamment le Vitellaria paradoxa, Anacardium
occidentale, Parkia biglobosa, Mangifera indica et Adansonia
digitata.
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3. DISCUSSION
L’analyse des cartes d’occupation du sol (1990, 2000 et 2010)
montre une augmentation des espaces culturaux et une diminution
des formations végétales naturelles. Pour Adjonou et al. (2010), les
forêts denses sèches et galeries forestières connaissent une régression
de 1,29 % par an, tandis que les savanes et champs connaissent une
augmentation de 1,77 % par an. Les causes de la dégradation du
couvert végétal sont d’origine anthropique et peuvent aussi être
d’origine climatique lorsque la zone écologique ne bénéficie pas de
la pluviosité minimale devant permettre la reconstitution spontanée
des formations végétales (Kokou et al., 2006 ; Adjonou et al., 2010).
Les activités agricoles constituent les causes majeures de la
dégradation de la végétation (Arouna et al., 2010 ; Tente et al.,
2011). Ainsi, la superficie des formations végétales (savanes et
forêts) régresse en faveur de celle des activités anthropiques
notamment les champs et jachères et les agglomérations (Amakpe,
1998 ; Sagbo, 2000 ; Gominan, 2011). De même l’émondage
incontrôlé de certaines espèces végétales entraîne à long terme la
disparition de ces espèces (Houndagba et al., 2007). Cette régression
des formations végétales naturelles s’accompagne de la perte de la
biodiversité et de la dégradation des terres.
La modification des paramètres climatiques ces dernières années,
notamment la baisse des précipitations et la hausse des températures
induit une diminution de la disponibilité des ressources en eau et par
conséquent influence la production agricole et les formations
végétales. L’instabilité climatique en provoquant un changement de
comportement des paysans, constitue le principal facteur de
dégradation à l’intérieur et autour des réserves forestières (Tabopda
et al., 2005). Etant donné que le Nord du Bénin connaît un climat
soudanien à une saison sèche et une saison pluvieuse, les
modifications climatiques affectent non seulement les activités
anthropiques mais également les formations végétales.
Les réserves forestières et bon nombre d’aires protégées sont de plus
en plus soumises aux contraintes de la sécheresse et de la
démographie qui entraînent leur dégradation (Tabopda et al., 2005).
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L’accroissement rapide de la population entraîne une augmentation
des besoins alimentaires et des besoins en logement (habitation).
Cela est également à l’origine des différents problèmes
environnementaux (MEHU, 2001). Ainsi, les formations végétales,
malgré leur grande utilité pour les communautés sont menacées par
la déforestation, la production du charbon de bois, l’utilisation
abondante de bois de chauffe, la culture itinérante sur brûlis et
l’exploitation illégale de bois (FAO, 1999). Ces pratiques
contribuent à la diminution des formations végétales dans la
Commune de Sinendé.
CONCLUSION
L’analyse de l’état d’occupation du sol dans la Commune de Sinendé
a montré une régression sensible des formations végétales naturelles
(forêts et savanes) et une progression des paysages aménagés. Les
formations végétales sont passées de 173600 ha en 1990 à 165853 ha
en 2000 et 141169 ha en 2010, soit une régression de 32431 ha (6,75
%) entre 1990 et 2010, tandis que les activités anthropiques ont
connu une augmentation de leur superficie passant de 61131 ha en
1990 à 68745 ha en 2000 et 92496 ha en 2010, soit 14,10 %. Cette
régression des formations végétales est particulièrement critique. Les
savanes boisées et les forêts sont détruites dans le but d’obtenir des
terres cultivables afin de développer particulièrement la culture du
coton. Cette destruction du couvert végétal entraîne la dégradation
du sol.
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