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Introduction Generale

L'étude examine les modes de financement des petites et moyennes entreprises (PME) à Kindu, en République Démocratique du Congo, dans un contexte économique marqué par l'instabilité et la pauvreté. Elle souligne l'importance des PME pour la création d'emplois et la réduction de la pauvreté, tout en mettant en évidence les défis liés à l'accès au financement, notamment la dépendance à l'autofinancement et les obstacles institutionnels. L'objectif est d'analyser l'impact des choix de financement sur la croissance des PME et de proposer des stratégies adaptées aux réalités locales.

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Introduction Generale

L'étude examine les modes de financement des petites et moyennes entreprises (PME) à Kindu, en République Démocratique du Congo, dans un contexte économique marqué par l'instabilité et la pauvreté. Elle souligne l'importance des PME pour la création d'emplois et la réduction de la pauvreté, tout en mettant en évidence les défis liés à l'accès au financement, notamment la dépendance à l'autofinancement et les obstacles institutionnels. L'objectif est d'analyser l'impact des choix de financement sur la croissance des PME et de proposer des stratégies adaptées aux réalités locales.

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1

INTRODUCTION GENERALE
0.1. Contexte et justification de l’étude

La République Démocratique du Congo (RDC) évolue dans un environnement


économique marqué par une forte instabilité macroéconomique et une dépendance
structurelle aux matières premières. Depuis son accession à la souveraineté, le pays a
connu des guerres civiles, des conflits armés et tribaux qui ont profondément désorganisé
son tissu productif et fragilisé ses institutions économiques (Fonds des Nations Unies pour
l’Enfance, 2001). Cette fragilité se traduit par une pauvreté extrême touchant près de 70 %
de la population et un chômage massif estimé à 80 % (Banque Centrale du Congo [BCC],
2022).
Dans ce contexte, les petites et moyennes entreprises (PME) apparaissent
comme une alternative crédible pour stimuler la croissance locale et nationale. Elles sont
perçues comme des vecteurs de développement grâce à leur flexibilité et leur capacité
d’adaptation aux conditions changeantes de l’environnement économique (Cassar &
Holer, 2003 ; Koleamaki & Rutherford, 2005). En effet, les PME jouent un rôle essentiel
dans la création d’emplois, la diversification des activités économiques et la réduction de
la pauvreté, comme le souligne Varian (1998), qui insiste sur l’importance de l’épargne et
du recours au crédit pour assurer leur pérennité.
A Kindu, capitale de la province du Maniema, les PME se développent dans un
environnement marqué par un accès limité aux financements innovants et une
prédominance de l’autofinancement. Cette situation reflète les contraintes structurelles
auxquelles font face les entrepreneurs congolais : insuffisance des institutions financières
locales, coût élevé du crédit bancaire, et faible culture de gestion financière (Myers,
1984).
L’autofinancement, bien que facilement accessible, reste insuffisant pour
soutenir une croissance durable et expose les entreprises à des risques de stagnation
(Vernimmen, 1988).
Ainsi, l’étude des modes de financement des PME à Kindu s’inscrit dans une
dynamique de recherche appliquée visant à comprendre comment les choix financiers
influencent la croissance des entreprises. Elle se situe dans le prolongement des travaux de
Martory (1997) et Darbelet & Laugine (1982), qui mettent en évidence les limites de
l’autofinancement et la nécessité de diversifier les sources de financement. Elle répond
2

également à un besoin pratique : proposer des stratégies adaptées aux réalités locales pour
renforcer la capacité des PME à accéder à des financements de qualité et à contribuer au
développement économique régional.
L’étude des modes de financement et de la croissance des petites et moyennes
entreprises (PME) dans la ville de Kindu se justifie par plusieurs considérations
scientifiques, économiques et sociales. Sur le plan scientifique, elle s’inscrit dans une
littérature encore limitée sur les dynamiques entrepreneuriales en République
Démocratique du Congo, où les recherches se concentrent souvent sur les grandes
entreprises ou sur les secteurs extractifs.
Or, les PME constituent un champ d’investigation essentiel pour comprendre
les mécanismes de développement endogène et les stratégies de résilience face aux
contraintes macroéconomiques (Cassar & Holer, 2003 ; Koleamaki & Rutherford, 2005).
En ce sens, ce travail contribue à enrichir la réflexion académique sur le rôle des PME
dans les économies fragiles et à fournir un cadre de référence pour de futures recherches.
Sur le plan économique et social, les PME jouent un rôle important dans la
création d’emplois, la diversification des activités et la réduction de la pauvreté. Dans un
pays où près de 70 % de la population vit dans une pauvreté extrême et où le chômage
touche environ 80 % des actifs (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, 2001 ; BCC,
2022), leur développement apparaît comme une réponse pragmatique aux insuffisances de
l’État et aux limites des grandes entreprises.
Toutefois, leur croissance est fortement conditionnée par l’accès aux
financements. Myers (1984) souligne que les choix de financement influencent
directement la trajectoire de croissance des entreprises, tandis que Vernimmen (1988)
rappelle que l’autofinancement, bien qu’accessible, reste insuffisant pour soutenir une
expansion durable.
L’analyse de ces contraintes à Kindu permet donc de mettre en lumière les
obstacles spécifiques rencontrés par les entrepreneurs locaux et d’identifier des solutions
adaptées.
Enfin, sur le plan politique et institutionnel, cette recherche se justifie par son
utilité pratique. Les résultats peuvent éclairer les décideurs publics et les institutions
financières dans la mise en place de politiques de soutien et de produits financiers
innovants. En proposant des stratégies de financement adaptées aux réalités locales, ce
3

travail contribue à renforcer la capacité des PME de Kindu à accéder à des ressources de
qualité et à jouer pleinement leur rôle de moteur de croissance économique.
0.2. Etat de la question
La question du financement des petites et moyennes entreprises (PME) et de
son impact sur leur croissance a suscité un intérêt croissant dans la littérature économique
et de gestion. À l’échelle internationale, plusieurs travaux ont montré que les PME
constituent un vecteur essentiel de développement économique, en raison de leur
contribution à la création d’emplois et à la diversification des activités productives. Cassar
et Holer (2003) ainsi que Koleamaki et Rutherford (2005) expliquent que la structure
financière des PME peut être comprise à travers la théorie de l’ordre hiérarchique, selon
laquelle les entreprises privilégient d’abord l’autofinancement avant de recourir aux
emprunts. Cette logique traduit la recherche de minimisation des coûts financiers et des
risques liés aux financements externes.
Les modes de financement des PME se déclinent généralement en deux
grandes catégories : le financement interne et le financement externe. Le financement
interne, ou autofinancement, repose sur les bénéfices non distribués et les réserves.
Vernimmen (1988) souligne son importance pour les investissements de long terme, mais
Martory (1997) met en évidence ses limites, notamment son insuffisance pour soutenir
une expansion durable et son caractère parfois inflationniste. Le financement externe,
quant à lui, inclut les crédits bancaires, les coopératives, le capital-risque et les
financements spécialisés. Myers (1984) rappelle que les fonds propres externes sont plus
coûteux que les fonds internes, ce qui explique la réticence des PME à y recourir
massivement. Dans les économies en développement, l’accès au financement externe est
souvent limité par le coût élevé du crédit et la faiblesse des institutions financières.
Dans le contexte de la République Démocratique du Congo, les contraintes
sont particulièrement marquées. Le pays connaît une instabilité macroéconomique
chronique, une dépréciation persistante de sa monnaie et une forte dépendance aux
matières premières (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, 2001 ; Banque Centrale du
Congo, 2022). Ces facteurs fragilisent le climat des affaires et réduisent la capacité des
PME à accéder à des financements adaptés. Malgré certaines initiatives, comme la
création du guichet unique de création d’entreprise en 2012, les résultats escomptés en
matière de promotion des PME n’ont pas été atteints.
4

Les travaux locaux apportent des éclairages spécifiques. Katengu Menda


(2009), dans une étude sur la problématique du financement des PME à Kinshasa, montre
que l’instabilité politique et la fragilisation du système bancaire ont conduit à une
dépendance quasi exclusive à l’autofinancement, ce qui limite la croissance et la survie
des entreprises.
De même, une enquête menée par la Fédération des Entreprises du Congo
(FEC, 2025) sur les mécanismes de financement participatif souligne que les PME
congolaises peinent à mobiliser des financements innovants, faute de cadres
réglementaires adaptés et de culture entrepreneuriale en matière de capital-risque.
Bompate Mbolotomo et al. (2024) insistent sur le fait que la survie et le
développement des PME dépendent autant de leur capacité managériale que de leur accès
au crédit bancaire, lequel reste limité par des conditions de garantie trop contraignantes.
Enfin, des travaux empiriques réalisés à Kindu notamment par Ngoy (2023) confirment
ces constats : près de 91 % des PME se financent par fonds propres, tandis que seulement
9 % accèdent aux crédits bancaires. Cette prédominance de l’autofinancement traduit à la
fois la faiblesse du système financier local et le manque de relations entre les PME et les
institutions financières.
Ainsi, l’état de la question révèle une convergence entre les travaux
internationaux et locaux : les PME sont largement reconnues comme des moteurs de
croissance économique, mais leur développement est freiné par un déficit d’accès aux
financements externes.
0.3. Problématique de la recherche
Depuis son accession à la souveraineté nationale, la République Démocratique
du Congo (RDC) fait face à une succession de chocs économiques, politiques et sociaux
qui ont fragilisé son tissu productif. Les guerres civiles, les conflits armés et tribaux ont
détruit l’appareil économique et plongé le pays dans une vulnérabilité chronique, avec
près de 70 % de la population vivant dans une pauvreté extrême et environ 80 % des
Congolais au chômage ou dans des emplois précaires (Fonds des Nations Unies pour
l’Enfance, 2001 ; Banque Centrale du Congo, 2022).
À ces difficultés internes s’ajoutent des contraintes externes liées à la
dépendance aux matières premières et aux fluctuations des cours mondiaux, accentuées
par une dépréciation chronique de la monnaie nationale.
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Face à l’incapacité de l’État à répondre efficacement aux besoins sociaux et


économiques, les petites et moyennes entreprises (PME) se sont imposées comme une
alternative crédible pour stimuler la croissance et créer des emplois.
Cependant, malgré leur rôle stratégique, les PME congolaises restent
confrontées à de multiples obstacles : accès limité aux financements, coût élevé du crédit
bancaire, insuffisance des institutions financières locales et faible culture de gestion
financière. Ces contraintes peuvent être éclairées par plusieurs théories explicatives du
financement et de la croissance des entreprises.
En effet, la théorie de l’ordre hiérarchique (pecking order theory), développée
par Myers (1984), stipule que les entreprises privilégient l’autofinancement, puis le
recours à la dette, et enfin l’émission d’actions. Cette hiérarchie s’explique par les coûts
d’agence et les asymétries d’information qui rendent les financements externes plus
risqués et plus coûteux. Dans le cas des PME congolaises, cette logique se vérifie
largement : la majorité des entreprises recourent aux fonds propres internes, faute d’accès
au crédit bancaire ou aux marchés financiers.
En revanche, la théorie du compromis (trade-off theory), formulée par Kraus et
Litzenberger (1973), met en avant l’arbitrage entre les avantages fiscaux de la dette et les
coûts de faillite financière. Or, dans un environnement comme celui de la RDC, marqué
par une faible protection juridique des créanciers et une instabilité macroéconomique, les
coûts de la dette sont particulièrement élevés. Les PME hésitent donc à recourir à
l’endettement, ce qui limite leur capacité à financer des projets de croissance.
Enfin, la théorie du financement par le marché (market timing theory),
proposée par Baker et Wurgler (2002), suggère que les entreprises choisissent leurs modes
de financement en fonction des conditions du marché. Dans le contexte congolais, où les
marchés financiers sont peu développés et où les institutions de capital-risque sont quasi
inexistantes, cette théorie met en évidence l’absence d’opportunités pour les PME de
diversifier leurs sources de financement.
Les travaux locaux confirment ces constats. Katengu Menda (2009) montre
que les PME à Kinshasa dépendent quasi exclusivement de l’autofinancement, ce qui
limite leur expansion. Bompate Mbolotomo et al. (2024) insistent sur le fait que les
conditions de garantie exigées par les banques congolaises constituent un obstacle majeur
à l’accès au crédit. La Fédération des Entreprises du Congo (FEC, 2025) souligne
6

également que les mécanismes de financement participatif et innovant restent


embryonnaires, faute de cadre réglementaire adapté. Enfin, Ngoy (2023), dans une étude
sur Kindu, observe que 91 % des PME se financent par fonds propres, tandis que
seulement 9 % accèdent aux crédits bancaires, confirmant la pertinence des théories
évoquées.
Ainsi, la problématique peut être formulée comme suit :
- Quels sont les moyens auxquels recourent les PME pour financer leurs
activités ?
- Comment les modes de financement influencent-t-ils la croissance des PME à
Kindu ?
- Quelle stratégie mettre en place pour promouvoir la demande des PME à travers
un financement de qualité ?
0.4. Hypothèses du travail
Nous partons des hypothèses suivantes :
1. Les PME de Kindu recourent principalement à l’autofinancement et aux emprunts
pour financer leurs activités. Cette hypothèse s’appuie sur la théorie de l’ordre
hiérarchique (pecking order theory), selon laquelle les entreprises privilégient
d’abord les ressources internes avant de solliciter des financements externes, en
raison des asymétries d’information et des coûts d’agence (Myers, 1984 ; Cassar &
Holer, 2003 ; Koleamaki & Rutherford, 2005).
2. Les modes de financement qui influencent positivement et significativement la
croissance des PME à Kindu sont les fonds propres internes et les emprunts auprès
des banques et coopératives. Cette hypothèse s’inscrit dans la théorie du
compromis (trade-off theory), qui met en avant l’arbitrage entre les avantages
fiscaux de la dette et les coûts de faillite financière. Elle suppose que, dans un
contexte congolais marqué par l’absence de marchés financiers développés, les
PME privilégient les financements institutionnels et internes pour soutenir leur
expansion (Myers, 1984).
3. La promotion de la demande de financement et la pérennité des PME à Kindu
dépendent de la constitution d’épargnes et du recours aux prêts auprès des
institutions financières. Cette hypothèse rejoint les travaux de Varian (1998), qui
montrent que la stabilité et la croissance des PME reposent sur une gestion
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prudente des ressources internes et sur l’accès à des financements externes de


qualité.

0.5. Objectifs de la recherche


0.5.1. Objectif global :
Ce travail se propose d’identifier et d’analyser l’impact des modes de
financement sur la croissance des petites et moyennes entreprises (PME) dans la ville de
Kindu, en mobilisant les cadres théoriques explicatifs de la structure financière et en les
confrontant aux réalités locales congolaises.
0.5.2. Objectifs spécifiques
De façon secondaire cette étude vise à :
- Identifier les principales sources de financement mobilisées par les PME de Kindu,
afin de déterminer celles qui sont les plus utilisées par les PME de Kindu ;
- Analyser les difficultés rencontrées par les PME de Kindu dans l’accès aux
financements, en mettant en évidence les contraintes institutionnelles,
économiques et sociales qui freinent leur développement.
- Proposer un modèle de financement adapté au contexte de Kindu, susceptible de
favoriser la croissance des PME en combinant les ressources internes, les
financements bancaires et coopératifs, ainsi que des mécanismes innovants de
financement.
0.6. Intérêts de l’étude
Le choix de ce sujet s’explique par la volonté de contribuer à la promotion et
au développement des petites et moyennes entreprises (PME) dans la ville de Kindu. En
effet, le rôle fondamental du chercheur est de proposer des pistes de réflexion et des
solutions susceptibles de répondre aux problèmes qui affectent sa société.
Les PME, bien que modestes dans leurs activités, sont aujourd’hui reconnues
comme des vecteurs essentiels de croissance économique et sociale. Elles participent à la
création d’emplois, à la diversification des activités productives et à la réduction de la
pauvreté. C’est pourquoi une attention particulière doit être accordée à ces unités de
production, afin de renforcer leur rôle dans le développement local et national.
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Sur le plan scientifique, cette étude présente un intérêt certain en ce qu’elle


constitue un cadre de référence pour les chercheurs qui s’intéresseront ultérieurement à la
problématique du financement et de la croissance des PME en République Démocratique
du Congo. Elle enrichit la littérature existante en intégrant les théories explicatives de la
structure financière et en les confrontant aux réalités locales de Kindu.
Sur le plan pratique, cette recherche se veut une contribution à la résolution
des difficultés rencontrées par les PME dans leur accès au financement. Elle fournira aux
décideurs politiques, aux dirigeants des institutions financières et aux entrepreneurs des
éléments d’analyse et des recommandations susceptibles de favoriser l’émergence et la
pérennité des PME à Kindu.
0.7. Méthodologie sommaire
La présente recherche adopte une démarche quantitative afin d’analyser
l’impact des modes de financement sur la croissance des PME dans la ville de Kindu.
a) Type et nature de l’étude
Il s’agit d’une étude descriptive et explicative, visant à identifier les sources de
financement utilisées par les PME, à analyser les difficultés rencontrées dans l’accès aux
financements et à proposer un modèle adapté. L’approche explicative permet de mettre en
relation les variables de financement et celles de croissance des PME, conformément aux
théories de l’ordre hiérarchique (Myers, 1984), du compromis (Kraus & Litzenberger,
1973) et du financement par le marché (Baker & Wurgler, 2002).
b) Population et échantillon
La population cible est constituée des PME opérant dans la ville de Kindu.
L’échantillon sera déterminé selon une méthode d’échantillonnage raisonné afin de
représenter les différents secteurs d’activité (commerce, services, production).
3. Sources et techniques de collecte des données
Les données seront recueillies à partir de deux sources principales :
- Sources primaires : enquêtes par questionnaires auprès des dirigeants de PME,
afin de collecter des informations sur les modes de financement, les difficultés
rencontrées et les stratégies adoptées.
- Sources secondaires : rapports de la Banque Centrale du Congo, publications de la
Fédération des Entreprises du Congo, études académiques locales et internationales
sur le financement et la croissance des PME.
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4. Outils et techniques d’analyse


Les données quantitatives seront traitées à l’aide de logiciels statistiques
(SPSS), permettant de réaliser des analyses descriptives (fréquences, pourcentages) et des
analyses explicatives (corrélations, régressions) pour mesurer l’impact des modes de
financement sur la croissance des PME.
0.8. Délimitation du sujet
Du point de vue spatial, la présente recherche porte sur les petites et moyennes
entreprises (PME) implantées dans la ville de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema
en République Démocratique du Congo. Ce choix s’explique par la nécessité d’analyser
les réalités locales d’un environnement économique encore peu exploré dans les travaux
académiques, mais où les PME jouent un rôle crucial dans la dynamique de
développement.
Sur le plan temporel, l’étude couvre une période de quatre ans, allant de 2020 à
2023. Cette durée a été retenue afin de permettre une observation suffisamment longue
pour identifier les tendances en matière de financement et de croissance des PME, tout en
restant pertinente par rapport aux évolutions récentes du contexte économique congolais.
0.9. Subdivision du travail
Outre l’introduction et la conclusion, la présente étude est structurée en trois
chapitres complémentaires qui permettent de répondre de manière progressive et
cohérente à la problématique posée.
Le premier chapitre intitulé les Considérations générales présente le cadre
conceptuel et théorique de la recherche. Il expose les notions fondamentales relatives aux
PME, aux modes de financement et à la croissance.
Le second chapitre porte sur l’approche méthodologique Ce chapitre décrit la
démarche méthodologique adoptée. Il précise le type d’étude, la population cible, les
techniques d’échantillonnage, les outils de collecte des données ainsi que les méthodes
d’analyse.
Le dernier chapitre analyse empiriquement la relation entre les modes de
financement et croissance des PME à Kindu.
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Premier chapitre :
CONSIDERATIONS GENERALES

Ce premier chapitre est consacré aux généralités relatives au financement et


aux petites et moyennes entreprises (PME). Il vise à établir le cadre conceptuel et
théorique de la recherche en définissant les principaux concepts et notions qui sous-
tendent le thème étudié.
Dans ce cadre, plusieurs concepts seront précisés, notamment ceux relatifs aux
modes de financement (autofinancement, emprunts bancaires, financements coopératifs et
innovants), aux théories explicatives de la structure financière (ordre hiérarchique,
compromis, financement par le marché), ainsi qu’aux indicateurs de croissance des PME
(chiffre d’affaires, emploi, capacité d’investissement).
Cette clarification conceptuelle permettra de mieux cerner la problématique et
de poser les bases nécessaires à l’analyse méthodologique et empirique qui suivra.
I.1. DEFINITIONS DE CONCEPTS DE BASE
I.1.1. ENTREPRISE
I.1.1.1. Définitions
L’entreprise peut être définie comme l’ensemble des moyens humains,
matériels et financiers mobilisés sous la responsabilité d’une personne juridique en vue de
réaliser des opérations commerciales ou financières poursuivies sur une période plus ou
moins longue. Du point de vue juridique, elle constitue un groupement d’individus qui
s’organisent en mettant en commun leurs ressources afin de produire des biens ou des
services, de les vendre, de générer des bénéfices et de les partager, tout en veillant à
l’épanouissement de l’organisation (Vernimmen, 1988).
Au-delà de cette dimension économique et juridique, certains auteurs
soulignent que la mission fondamentale de l’entreprise réside dans la satisfaction qu’elle
11

apporte à ses clients à travers ses activités et ses produits (Drucker, 1954). L’entreprise est
ainsi perçue comme un acteur social qui évolue dans un environnement dont elle reçoit
des intrants (inputs) et auquel elle fournit des extrants (outputs). Pour atteindre ses
objectifs, elle s’organise en répartissant les tâches générales en groupes de tâches
particulières, lesquelles constituent les fonctions essentielles de l’entreprise (Mintzberg,
1979).
Cette conception met en évidence le caractère systémique de l’entreprise : elle
est à la fois une unité de production, un acteur économique et un organisme social, dont la
survie et la croissance dépendent de sa capacité à mobiliser efficacement ses ressources et
à s’adapter aux contraintes de son environnement.
I.1.1.2. Fonctions de l’entreprise
Une entreprise est essentiellement une entité économique qui regroupe un
ensemble de fonctions lui permettant d’atteindre ses objectifs et d’assurer son
fonctionnement. Ces fonctions constituent des parties distinctes, chacune ayant un rôle
spécifique dans la structure globale. Elles varient selon la nature, la taille, les activités
exercées et les objectifs poursuivis par l’entreprise. Toutefois, quelle que soit sa
dimension, l’entreprise se caractérise par un noyau de fonctions essentielles.
Henri Fayol (1916), dans son œuvre pionnière Administration industrielle et
générale, identifie six fonctions fondamentales qui se retrouvent dans toute entreprise :
 La fonction administrative, qui concerne la planification, l’organisation, la
direction et le contrôle des activités.
 La fonction commerciale, qui regroupe les opérations d’achat, de vente et
d’échange.
 La fonction financière, qui assure la recherche et la gestion des capitaux
nécessaires au fonctionnement.
 La fonction technique, qui correspond à la production de biens ou de services.
 La fonction de sécurité, qui vise à protéger les personnes et les biens.
 La fonction comptable, qui consiste à enregistrer, classer et interpréter les
opérations financières.
I.1.1.3. Types d’entreprises
Les entreprises peuvent être classées en fonction de la nature de leurs capitaux
et de leur mode de gestion. Cette typologie permet de distinguer trois grandes catégories :
12

- Les entreprises publiques : il s’agit des établissements publics à caractère


industriel et commercial dont le capital appartient entièrement à l’État. Leur
objectif est certes de réaliser des profits, mais ceux-ci sont réinvestis dans des
activités d’intérêt général. Ces entreprises contribuent de manière significative au
portefeuille de l’État et participent à la mise en œuvre des politiques publiques
(Musgrave & Musgrave, 1989).
- Les entreprises privées : elles sont constituées de capitaux appartenant à des
particuliers, appelés « actionnaires » ou « associés ». Leurs statuts définissent les
règles de constitution, d’organisation, de fonctionnement, de production, de vente
et de distribution des bénéfices. Leur finalité principale est la recherche du profit,
tout en assurant la pérennité de l’organisation (Drucker, 1954).
- Les entreprises mixtes : ces entreprises associent des capitaux publics et privés.
L’État y est coactionnaire, soit majoritaire, soit minoritaire. Lorsqu’il détient la
majorité des parts, il désigne un représentant pour diriger l’entreprise. Dans le cas
contraire, il est représenté par des administrateurs délégués. Ce type d’entreprise
illustre une forme de partenariat public-privé visant à combiner l’efficacité du
secteur privé et les objectifs d’intérêt général du secteur public (OECD, 2015).
I.1.1.4. Petites et moyennes entreprises en RDC
En République Démocratique du Congo, les petites et moyennes entreprises
(PME) sont définies comme des entités agricoles, commerciales, industrielles, artisanales
ou de services dont le capital est détenu exclusivement par des personnes physiques ou
morales de nationalité congolaise. Elles se distinguent par leur taille réduite, employant
généralement moins de cent salariés, et par l’utilisation de méthodes simples de
production et de gestion (Loi n°73-011 du 5 janvier 1973).
Le cadre légal congolais a précisé cette définition à travers plusieurs textes.
Ainsi, l’ordonnance du 1er novembre 1999 considère comme PME toute entreprise, quelle
que soit sa forme juridique, qui emploie moins de 200 personnes et dont la valeur
bilantaire ne dépasse pas 11 200 000 FC. De son côté, la Conférence Nationale Souveraine
(CNS) a retenu une définition centrée sur la propriété privée nationale, en soulignant que
les PME sont des unités économiques constituées sous forme de sociétés commerciales,
agricoles ou industrielles appartenant à des personnes physiques ou morales congolaises.
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Un trait commun à ces définitions est l’accent mis sur la concentration de la


gestion au niveau du chef d’entreprise. Contrairement aux grandes entreprises où les
fonctions sont réparties entre plusieurs directeurs (commercial, financier, production,
personnel), la PME repose souvent sur une seule personnalité qui assume directement les
principales responsabilités de gestion. Cette caractéristique confère à la PME une
flexibilité et une proximité avec son environnement, mais elle peut aussi limiter sa
capacité de croissance et de structuration.
Enfin, le Code des investissements de 1986 (Ordonnance-loi n°86-028 du 24
avril 1986) a intégré les PME dans une série de mesures visant à renforcer la participation
des nationaux à la gestion de l’économie, dans une logique d’introversion et de
libéralisation. Les PME bénéficient ainsi, lors de leur création ou de leur extension, de
certaines exonérations fiscales et incitations prévues par les pouvoirs publics, afin de
soutenir leur développement et leur pérennité.
I.1.2. FINANCEMENT
I.1.2.1. Définitions
Le financement peut être défini comme le processus par lequel des fonds sont
mis à disposition pour soutenir des activités commerciales, réaliser des acquisitions ou
effectuer des investissements. Il constitue une étape indispensable dans la vie de toute
organisation, car il permet de transformer les projets en actions concrètes grâce à la
mobilisation des ressources financières nécessaires.
Selon le Lexique d’économie, le financement est « la méthode nécessaire à
toute acquisition d’actifs, en ce qu’elle en permet le paiement » (Lexique d’économie,
2002). Autrement dit, il s’agit d’un mécanisme qui assure la couverture des besoins
financiers liés à la production, à la gestion et au développement des entreprises.
Ainsi, le financement ne se limite pas à une simple opération de mobilisation
de capitaux ; il représente un levier stratégique qui conditionne la pérennité et la
croissance des organisations, en particulier des petites et moyennes entreprises (PME),
dont l’accès aux ressources financières demeure souvent limité.
I.1.2.2. Sortes de financements
La gestion financière consiste à rechercher l’équilibre entre les différentes
masses du bilan d’une entreprise. Elle relève de la fonction financière et se traduit par des
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mouvements de fonds, appelés flux de trésorerie. Le financement peut être de deux


origines : externe et interne (autofinancement).
a) Le financement externe
Le financement externe correspond aux ressources obtenues en dehors de
l’entreprise (emprunts bancaires, crédits fournisseurs, apports en capital). Il permet de
couvrir les investissements nécessaires à la création, au maintien ou à l’expansion de
l’entreprise. Toutefois, ce type de financement est souvent coûteux, car il implique des
charges financières (intérêts, garanties), ce qui pousse de nombreux gestionnaires à
privilégier l’autofinancement (Vernimmen, 1988).
b) Le financement interne ou autofinancement
L’autofinancement désigne les ressources générées par l’entreprise et
conservées pour assurer son financement interne. Il correspond à la part des bénéfices non
distribués (réserves, reports à nouveau) et aux dotations aux amortissements et provisions.
Selon Vernimmen (1988), il représente « le potentiel de capitaux que l’entreprise peut
réinvestir dans son activité à partir de l’excédent dégagé par son exploitation ».
L’autofinancement présente plusieurs avantages :
 Il permet de pallier l’insuffisance des financements externes.
 Il ne génère pas de charges financières supplémentaires.
 Il offre une flexibilité et une autonomie accrues à l’entreprise.
Cependant, il comporte aussi des limites :
 Il peut être insuffisant pour financer des projets d’expansion.
 Il peut réduire la rentabilité si les fonds sont mal utilisés.
 Il est critiqué par certains acteurs :
Il est critiqué par certains acteurs :
 Les consommateurs y voient un facteur inflationniste (hausse des prix pour
dégager des ressources).
 Les salariés et actionnaires le perçoivent comme une réduction de leurs revenus.
 Les pouvoirs publics dénoncent son caractère inégalitaire, car seules les entreprises
déjà solides peuvent en bénéficier (Martory & Crozet, 2002).
Enfin, on distingue deux formes :
 Autofinancement brut : ensemble des ressources internes disponibles après
affectation des résultats (amortissements, provisions, réserves).
15

 Autofinancement net : bénéfices conservés par l’entreprise pour renforcer ses fonds
propres et financer son expansion.
I.1.3. CROISSANCE DE PME
I.1.3.1. Définition
La croissance des petites et moyennes entreprises (PME) désigne le processus
par lequel une entreprise augmente sa taille, ses performances et sa durabilité, en
mobilisant des ressources financières, organisationnelles et stratégiques. Elle se manifeste
à travers des indicateurs quantitatifs (chiffre d’affaires, emploi, parts de marché) et
qualitatifs (innovation, structuration interne, capacité d’adaptation).
a) Dimension économique et financière
La croissance se traduit par l’accroissement des ventes, des bénéfices et des
investissements. Les théories financières expliquent ce phénomène :
a) Théorie de l’ordre hiérarchique (Myers, 1984) : les PME privilégient
l’autofinancement avant de recourir à la dette ou aux actions.
b) Théorie du compromis (Kraus & Litzenberger, 1973) : la croissance dépend d’un
équilibre entre endettement et fonds propres.
c) Théorie du cycle de vie financier (Berger & Udell, 1998) : les besoins de
financement évoluent selon les étapes de croissance (création, expansion,
maturité).
b) Dimension organisationnelle et managériale
La croissance implique une adaptation de la structure interne et du management :
 Théorie de la contingence (Lawrence & Lorsch, 1967) : l’efficacité dépend de
l’adéquation entre structure et environnement.
 Resource-Based View (Barney, 1991) : la croissance repose sur les ressources
distinctives (capital humain, savoir-faire, innovation).
 Théorie de la gestion stratégique (Mintzberg, 1979) : la croissance est liée à la
capacité du dirigeant à définir une stratégie claire et à coordonner les fonctions.
Dimension entrepreneuriale et institutionnelle
 Théorie schumpétérienne de l’innovation (Schumpeter, 1934) : l’innovation est un
moteur central de la croissance des PME.
 Théorie institutionnelle (North, 1990) : la croissance dépend du cadre légal, des
politiques publiques et de l’accès aux financements.
16

I.1.3.2. Types de croissance


La croissance des petites et moyennes entreprises (PME) peut se manifester sous plusieurs
formes, chacune traduisant une dynamique particulière de développement. Les théories de
gestion distinguent généralement les types suivants :
1. Croissance interne (ou organique)
 Elle résulte des efforts propres de l’entreprise : augmentation de la production,
élargissement de la gamme de produits, amélioration des processus, innovation.
 Elle repose sur l’autofinancement, la rétention des bénéfices et l’investissement
dans les capacités internes.
2. Croissance externe
 Elle provient de l’intégration d’autres entreprises par fusion, acquisition ou
partenariat stratégique.
 Elle permet d’accéder rapidement à de nouveaux marchés, technologies ou
ressources.
3. Croissance horizontale
 Elle consiste à élargir l’activité dans le même secteur ou sur des marchés
similaires.
4. Croissance verticale
 Elle se traduit par l’intégration en amont (contrôle des fournisseurs) ou en aval
(contrôle de la distribution).
 Elle vise à sécuriser les approvisionnements ou à mieux maîtriser la chaîne de
valeur.
5. Croissance diversifiée
 Elle correspond à l’entrée dans de nouveaux secteurs ou activités, parfois éloignés
du métier initial.
 Elle permet de réduire les risques liés à la dépendance d’un seul marché.
6. Croissance qualitative
 Elle ne se mesure pas uniquement en taille ou en chiffre d’affaires, mais par
l’amélioration de la qualité des produits, de la gestion, de l’innovation et de la
réputation.
 Théorie mobilisée : Schumpeter (1934), qui insiste sur l’innovation comme moteur
de croissance.
17

I.2. LES THEORIES EXPLICATIFS DE LA RELATION ENTRE FINANCEMENT


ET CROISSANCE DES PME

Cette section s’organise autour de deux sous sections complémentaires. Le


premier est consacré aux approches théoriques qui cherchent à expliquer les raisons du
recours des PME au financement, en mettant en lumière les fondements conceptuels et les
mécanismes sous-jacents. Le second s’attache aux travaux empiriques qui analysent la
relation entre financement et croissance des PME, en évaluant de manière concrète
l’impact de ces modes de financement sur le développement et la performance des
entreprises.

a) Le courant des imperfections du marché financier


Le courant des imperfections du marché financier constitue l’un des piliers de
l’analyse des contraintes de financement des entreprises, en particulier des petites et
moyennes entreprises (PME). Il s’enracine dans les travaux fondateurs d’Akerlof (1970)
sur l’asymétrie d’information, approfondis par Stiglitz et Weiss (1981) à travers leur
modèle du rationnement du crédit. Selon cette approche, l’imperfection de l’information
entre prêteurs et emprunteurs empêche le marché du crédit de fonctionner selon les
mécanismes classiques de l’offre et de la demande. Les banques, incapables de distinguer
avec certitude les projets risqués des projets rentables, préfèrent rationner le crédit plutôt
que d’augmenter les taux d’intérêt, excluant ainsi de nombreuses entreprises, notamment
les PME, de l’accès au financement bancaire formel.
Les PME sont particulièrement vulnérables à ce phénomène, car elles
disposent généralement de garanties limitées, d’une information comptable peu
développée et d’un historique financier insuffisant. Dans un tel contexte, l’asymétrie
d’information est exacerbée, ce qui renforce le rationnement du crédit et marginalise ces
entreprises dans l’accès au financement formel.
Face à ces défaillances du marché, le recours au financement indirect apparaît
comme une réponse endogène aux imperfections du système financier. Les mécanismes
tels que le crédit fournisseur, les avances de clients, les tontines, les associations
d’épargne et de crédit ou encore les prêts familiaux reposent sur des relations de
proximité, de confiance et de réputation. Ces dispositifs réduisent les coûts d’information
et de surveillance, comme le soulignent Banerjee et Duflo (2011).
18

Cependant, il convient de noter que le financement indirect n’est pas


totalement indépendant de la performance des entreprises. Les PME les plus dynamiques
et les plus rentables sont souvent celles qui parviennent à mobiliser plus aisément ces
ressources, ce qui introduit une relation d’endogénéité entre financement indirect et
croissance. Autrement dit, la croissance peut être à la fois une conséquence et une cause
de l’accès à ces financements. Cette interaction bidirectionnelle met en évidence la
complexité des liens entre financement indirect et développement des PME.

b) Le courant de la hiérarchie des financements


La théorie de la hiérarchie des financements, élaborée par Myers et Majluf
(1984), constitue une approche incontournable pour analyser les choix financiers des
entreprises et leurs effets sur la croissance.
Elle postule que les firmes suivent un ordre préférentiel dans leurs décisions de
financement : elles mobilisent en priorité les ressources internes issues de
l’autofinancement, puis recourent aux financements externes considérés comme les moins
coûteux et les moins contraignants, avant d’envisager, en dernier ressort, les modes de
financement impliquant une dilution du contrôle ou des coûts élevés liés à l’information.
Cette hiérarchie est toutefois modulée par les caractéristiques propres aux
entreprises et par le contexte institutionnel. Dans le cas des PME, notamment dans les
économies en développement, les contraintes d’accès au crédit bancaire formel les
orientent vers des sources alternatives, parmi lesquelles le financement indirect occupe
une place centrale. Les travaux d’Ayyagari, Demirgüç-Kunt et Maksimovic (2014)
montrent ainsi que, dans les environnements financiers peu développés, les PME
dépendent largement de mécanismes informels ou semi-formels pour soutenir leur
croissance.
La Pecking Order Theory met également en évidence une dimension endogène
des choix de financement. Les entreprises en expansion génèrent davantage de ressources
internes et bénéficient d’une réputation accrue auprès de leurs partenaires économiques,
ce qui facilite leur accès aux financements indirects. À l’inverse, les PME en difficulté
sont souvent exclues de ces réseaux, renforçant ainsi la logique de sélection. Cette
19

dynamique souligne l’existence d’une relation bidirectionnelle : le financement indirect


peut stimuler la croissance, mais celle-ci, en retour, conditionne l’accès à ces ressources.
c) Le courant institutionnaliste et l’approche du financement informel
L’approche institutionnaliste, développée notamment par North (1990), met
l’accent sur le rôle central des institutions formelles et informelles dans le
fonctionnement des économies. Selon cette perspective, les institutions définissent les
règles du jeu économique et influencent les comportements des agents. Lorsque les
institutions formelles sont faibles, coûteuses ou inefficaces, les institutions informelles
émergent pour pallier ces défaillances (North, 1990).
Dans les économies en développement, et plus particulièrement en Afrique
subsaharienne, le financement informel constitue une institution économique à part
entière. De Soto (2000) souligne que l’informalité n’est pas une anomalie, mais une
réponse rationnelle des agents économiques à un environnement institutionnel
contraignant. Les mécanismes de financement indirect, tels que les tontines, les
associations d’épargne et les réseaux communautaires, permettent de mobiliser
l’épargne locale et de soutenir l’investissement productif des PME.
Toutefois, l’approche institutionnaliste met également en évidence les
limites du financement informel. Les montants mobilisés sont souvent insuffisants
pour soutenir des investissements de grande envergure, et les relations sociales qui
sous-tendent ces mécanismes peuvent introduire des biais de sélection. Les PME les
mieux intégrées socialement ou les plus performantes sont celles qui bénéficient le
plus de ces dispositifs, ce qui renforce l’endogénéité entre financement indirect et
croissance.
I.3. LES APPORTS EMPIRIQUES
Plusieurs travaux empiriques ont été réalisés sur la problématique des
financements des PME et leur contribution à la croissance de ces dernières.
À l’échelle internationale, des études récentes enrichissent cette perspective.
Batrancea et al. (2022), à partir de données de panel sur l’Union européenne, montrent
que la diversité des sources de financement (fonds propres, dette bancaire,
capital-risque) influence directement la croissance et la performance des PME.
Serrasqueiro et al. (2023) mettent en évidence que la rentabilité, la productivité et
20

l’endettement externe entretiennent des relations complexes avec la croissance,


confirmant que la taille et l’âge des entreprises modulent ces effets. De même, Beck &
Demirgüç-Kunt (2006) soulignent que l’accès au financement est l’un des principaux
obstacles à la croissance des PME dans les pays en développement, tandis que
Ayyagari, Demirgüç-Kunt & Maksimovic (2011) montrent que les PME ayant accès au
crédit formel enregistrent une croissance plus rapide en termes d’emploi et de ventes.
Enfin, Colombo & Grilli (2007) mettent en avant le rôle du capital-risque dans la
croissance des PME innovantes, en compensant les limites du financement bancaire
traditionnel.
Les recherches de Ziane (2001) et d’Adair & Adaskou (2014) mettent en
évidence l’importance des stratégies de signal et des crédits interentreprises dans la
constitution de l’endettement bancaire, en soulignant le rôle de la structure des actifs et
de la réputation des partenaires dans l’accès au financement. Dans la même
perspective, Titman & Wessels (1988), Bigsten et al. (2003) ainsi que Biekpe et al.
(2017) montrent que les contraintes financières et l’endettement à court terme affectent
négativement la rentabilité et la performance des PME, en réduisant leur productivité
et leur capacité d’investissement.
Par ailleurs, plusieurs travaux insistent sur le rôle du financement informel
dans la survie des PME africaines. Wignarajah & O’Neil (1999), Abor & Biekpe
(2009), Nkurunziza (2010), Luyindula (2021) et Munganga (2022) soulignent que
l’autofinancement, les crédits fournisseurs et les tontines constituent des mécanismes
essentiels pour pallier l’insuffisance du crédit bancaire, bien qu’ils demeurent limités
pour soutenir une croissance durable. De manière complémentaire, Kimuyu & Omiti
(2000), Kira & He (2012) et Honohan & King (2012) montrent que la faiblesse des
institutions financières formelles incite les PME à diversifier leurs sources de
financement, et que l’intégration dans des réseaux sociaux favorise la croissance des
ventes et de l’emploi.
Dans le contexte africain, Fogo Pawo & Tenekeu (2022) et Berrah &
Boukrif (2018) observent que la rentabilité et la tangibilité des actifs influencent
positivement l’accès au crédit, mais que les PME restent largement dépendantes de
l’autofinancement et du financement informel. Kengni Fomo et al. (2021) et Levratto
21

(1990) insistent sur le rôle du capital relationnel et des réseaux sociaux, en montrant
que moins de 20 % des PME camerounaises obtiennent un crédit bancaire, ce qui
confirme l’importance des mécanismes alternatifs.
Dans le contexte congolais, Bonkomo & Kadima (2024) révèlent que
l’autofinancement constitue la principale source de financement des PME de Kinshasa
(58 %), suivi des prêts bancaires (20,67 %), l’absence de garanties étant le principal
obstacle. Ces résultats rejoignent ceux de Nzabonimpa (1991) sur les PME rwandaises,
confirmant que les garanties insuffisantes sont un facteur déterminant des difficultés de
financement. Kalala (2019), Luyindula (2021) et Munganga (2022) confirment par
ailleurs que le financement indirect et les réseaux informels (tontines, crédits
fournisseurs) demeurent les principales sources de financement des PME locales, en
raison de la faible couverture bancaire.

Deuxième chapitre
APPROCHE METHODOLOGIQUE

Ce chapitre expose la démarche méthodologique adoptée afin d’atteindre


les objectifs fixés par notre étude, laquelle vise à analyser l’incidence des modes de
financement sur la croissance des petites et moyennes entreprises (PME) dans la ville
de Kindu.
Dans un premier temps, nous présenterons les choix méthodologiques qui
sous-tendent la recherche, en précisant le type d’approche retenue, la nature de l’étude
et les justifications théoriques et empiriques de ces choix. Ensuite, nous détaillerons
les techniques de collecte et d’analyse des données, en mettant en évidence les outils
utilisés, les modalités d’échantillonnage et les méthodes statistiques ou
économétriques mobilisées.
Un point important sera mis sur la construction du modèle d’analyse de
base, qui constitue le cadre opérationnel permettant de tester les hypothèses et de
vérifier la relation entre financement indirect et croissance des PME. Enfin, le chapitre
se conclura par une discussion des limites méthodologiques inhérentes à l’approche
choisie, en soulignant les contraintes liées au contexte local, aux données disponibles
et aux outils d’analyse mobilisés.
22

II.1. PRESENTATION DU MILIEU D’ETUDE


II.1.1. Historique de la ville de Kindu
Le nom Kindu tire son origine d’un petit cours d’eau qui prend naissance
sur la rive droite du fleuve Congo et se jette paisiblement dans ce dernier au niveau du
village Mézéléla, aujourd’hui abandonné suite aux effets de la guerre. La petite
agglomération ainsi dénommée a progressivement pris de l’importance, notamment au
début du XXᵉ siècle, avec l’érection du port Empain en 1900 et l’ouverture, en 1902,
de la ligne de chemin de fer du Grand Lac (CFL).
À cette époque, Kindu était considéré comme un domaine purement
commercial et privé du baron Empain. Ce n’est qu’en 1933 que la localité obtint le
transfert du chef de territoire, jusque-là fixé à Kasongo, situé à une soixantaine de
kilomètres en aval du fleuve. En 1953, Kindu devint chef-lieu du district du Maniema,
auparavant établi à Kasongo Tongoni. Avec l’évolution du temps colonial, la cité prit
de l’ampleur et se dota d’un centre extra-coutumier placé sous l’autorité d’un chef de
centre1.
Kindu n’acquit le statut de ville qu’avec l’ordonnance n°88/176 du 15
novembre 1988, fixant le chef-lieu de la région du Maniema et consacrant la division
du Maniema, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en trois provinces autonomes,
conformément à l’ordonnance n°88/031 du 20 juillet 1988. À l’origine, la nouvelle
entité ne comportait que deux communes : Alunguli, située sur la rive droite du fleuve,
et Mikelenge, sur la rive gauche. La commune Kasuku fut créée peu après par
l’ordonnance-loi n°89/190 du mois de mai 1989, fixant le nombre, la dénomination et
la délimitation des communes ainsi que leurs quartiers respectifs.
II.1.2. Statut juridique
La dénomination Maniema a suscité diverses interprétations
orthographiques selon les auteurs. Certains y ont vu les formes « magnouement » ou «
manuema », d’autres « nyuema ». L’hypothèse la plus retenue soutient que Maniema
signifierait « pori » en langue swahili locale. La création de la province du Maniema
remonte à l’époque coloniale. L’arrêté royal du 28 mars 1912 en consacra l’existence,

1
Archive de la mairie de Kindu, année 2013.
23

motivé par la volonté du pouvoir colonial de contrôler un centre stratégique et d’y


instaurer une autorité politique stable
Dès le 6 octobre 1891, le roi Léopold II avait reconnu les chefferies et sous-
chefferies indigènes ainsi que leur organisation coutumière. L’année 1910 marqua le
début d’une organisation plus efficace des circonscriptions indigènes. Selon Stanley,
Kindu était alors constitué de villages dispersés regroupant de nombreuses familles.
Pour rendre cette entité administrativement contrôlable, le gouvernement colonial
décida de regrouper les petites chefferies endogènes du Maniema au sein d’un district.
L’arrêté royal du 28 mars 1912 fit ainsi du Maniema un district, détaché de
Stanleyville jusqu’en 1914. L’organisation interne du district ne fut toutefois précisée
qu’avec l’ordonnance du 3 septembre 1914 portant exécution de l’arrêté royal.
Le district du Maniema fut subdivisé en territoires de Kasongon, Lwama,
Kunda, L’Enano et Lweki. Le décret du 19 décembre 1917 confirma la politique
coloniale de regroupement de la population dans de grands ensembles administratifs,
suivant la vision de Franck qui estimait que les petites chefferies ne pouvaient se
développer harmonieusement sur les plans politique, social et économique. Le décret
du 5 décembre 1933 institua ainsi des secteurs regroupant des entités indigènes plus
étendues. L’objectif était de conduire progressivement la population du Maniema vers
une capacité d’auto-administrassion.
Cette structure se maintint jusqu’en 1962, lorsque la nouvelle subdivision
politico-administrative issue de l’indépendance de 1960 conféra au Maniema le statut
de province. Celle-ci comprenait alors les districts de L’Enano, Pangi, Sud-Maniema et
Lowa. Une réforme administrative de 1965 fit cependant du Maniema un district de la
province du Kivu, avec Kindu comme chef-lieu. Vingt-trois ans plus tard, le 20 juillet
1988, le pouvoir central procéda à un nouveau découpage territorial de la région du
Kivu. L’ordonnance-loi n°88/031 du 20 juillet 1988 érigea le Maniema en région
autonome, marquant une étape importante dans son évolution institutionnelle.
Selon cette disposition, la province comprenait sept zones rurales —
aujourd’hui appelées territoires : Kabambare, Kibombo, Pangi, Lubutu, Punia et Kailo
ainsi que trois communes urbaines de la ville de Kindu : Alunguli, Kasuku et
Mikelenge.
24

Enfin, il convient de rappeler que le statut de ville est conféré à tout chef-
lieu de province ; toute agglomération d’au moins 100 000 habitants disposant
d’équipements collectifs et d’infrastructures économiques et sociales, à laquelle un
décret du Premier ministre attribue officiellement ce statut.
II.1.3. Situation géographique
a) Localisation
La ville de Kindu, capitale politique et administrative de la province du
Maniema, est traversée par le fleuve Congo qui sépare les communes de Kasuku et
Mikelenge de celle d’Alunguli. Elle est située entre 2°57’ de latitude sud et 25° de
longitude est, à une altitude moyenne de 472 mètres.
Sa superficie est estimée à 101,295 km², conformément à l’ordonnance
n°89/126 du 28 mai 1989 fixant le nombre et la dénomination des communes de la
ville. La population est évaluée à environ 1 800 000 habitants, soit une densité de 5
habitants par km².
Sur le plan climatique, Kindu bénéficie d’une pluviosité annuelle moyenne
de 1 950 millimètres, avec une température oscillante entre 25°C et 27°C. Ces
conditions naturelles confèrent à la ville un environnement propice à diverses activités
économiques et sociales, tout en influençant la dynamique de son développement
urbain.
La ville de Kindu est située :
- Au nord par : une droite verticale allant de la rivière MUSUBU PK4 route
Kindu-Kalima, rive droite passant par le village KEKA en aval du fleuve
Congo. Vers PK5 rive gauche du fleuve Congo au nord-gauche de la piste de
l’aéroport de Kindu, jusqu’à son intersection avec la route Kindu-Lokando au
niveau de cimetière LWAMA ;
- Au sud par : une ligne droite portant de la source de rivière MKONDE jusqu’à
son embouchure en amont du fleuve Congo allant de la rive droite vers la rive
gauche à l’embouchure de la rivière MUSOLOSHI en passant par P.K 15 route
rail jusqu’au croisement de la route KIBOMBO ;
- A l’Est par : une droite partant de la source de rivière MIKENDO jusqu’à son
intersection avec une autre droite allant du point de la rivière MISUSU ;
25

- A l’Ouest par : une droite qui part du croisement de la route LOKANDO et


celle de LWAMA en passant par le pont de la rivière MIKELENGE sur la route
KATAKO jusqu’à celle de KIBOMBO
b) Coordonnées géographiques
La ville de Kindu est située entre 2°57 de l’altitude sud à 25° de la
longitude Est.
 L’altitude : la ville est située à 472m
 Superficie : la ville de Kindu a une superficie de 101,295 km2
 Climat : il est équatorial avec une température variante entre 23° et 35°
d’alternance de saison. Saison sèche dure 4mois : juin, juillet, aout et septembre
mais accompagné de quelques pays.
Saison de pluie : le plus longue avec 8 mois : octobre, novembre, décembre,
janvier, février, mars et mai.
 Le sol : couvrant la ville de Kindu est de type argilo-sablonneux et sablo-
argileux.
 Le relief : son relief est caractérisé à l’extrême-sud par la cuvette centrale
congolaise, d’où il est remarqué un relief très peu accidenté dominé par les
pleines et plateaux.
 Renseignement sur le sous-sol : le sous-sol de la ville de Kindu contient une
pluralité des minerais de l’or et ses accompagnateurs mais à faibles réserves et
teneurs.
 Hydrographie
L’hydrographie de la ville de Kindu est composée essentiellement par le
fleuve Congo et ses affluents de part et d’autre du fleuve. La rive gauche, comprend
les affluents tels que : MIKELENGE, MUKOLOSHI, MAKOPO, CANON,
RUKUKUYE, NGWANGWATA, KAPONDJO, LWANDOKO. Tandis que à la rive
droite on peut citer : KINDU, KANGE, MUCHADO, MISOBO, KABONDO, ELILA,
MANGOMBO et KIMUKUNGA
 Kilométrage de la route vitale
a) Commune d4ALUNGULI
26

Quatre pistes de desserte agricole reliant le centre de production ou centre


de la consommation notamment :
N’KUNGU : au moins 15nkm
NYAMISEGE : au moins 20 km
KYAMITAMBA au moins : 13 km
MILANGA ; au moins 10 km
b) Commune KASUKU
Kindu-misenge : 22KM
kINDU-jachère misenge amont : 15 km
Kindu-tuminga :10km
Kindu-misekwa ;15 km
c)Commune MIKELENGE
Kindu-katako : 7km
Kindu-libenga : 15(km
Kindu-atchimbo : 10km
Kindu-kambakamba : 17km
II.1.4. Situation économique
L’économie de la ville de Kindu repose essentiellement sur l’agriculture à
prédominance rivière. La population agricole cultive essentiellement le riz, le manioc,
le maïs, l’arachide et dans une faible mesure de culture (palmier à huile. L’élevage est
du type traditionnel axé sur le petit bétail, la pêche et la pisciculture sont aussi
pratiquées, elles toutes deux du type artisanal et familial sur le fleuve Congo et dans
les étages piscicoles caractérisés par ailleurs l’intermédiaire de la voie ferrée de la
SNCC qui relie respectivement KALEMI et LUBUMBASHI vers le sud et au KASAI
vers le centre des pages.
Actuellement, le trafic ferroviaire est très irrégulier (une fois par moins), le
transport fluvial reliant KINDU-UBUNDU (province orientale) est exploité par des
embarcations appartenant à des individué. Les manettes journalières entre deux rives
du fleuve Congo sont assurées par des pirogues à pagaie, les pirogues à moteur diesel
et rarement le bac de l’office de route.
27

Du point de vue des opérations commerciales, les activités commerciales


sont en divers secteurs :
Secteur aérienne
Secteur de l’hôtellerie
Secteur du commerce général
Secteur des vendeurs de carburants (Kadhafi)
Secteur de production
Secteur de change monétaire
Aussi, les opérations des transferts et de microcrédits viennent boucher
ces effets de croissance.
II.2. METHODES MOBILISEES
La conduite d’une recherche scientifique suppose le recours à une démarche
méthodologique claire, rigoureuse et adaptée à l’objet d’étude. La méthodologie de
recherche se définit comme l’ensemble des dispositifs de collecte et de traitement des
données permettant de tester les hypothèses formulées et de garantir la validité ainsi
que la fiabilité des résultats (Quivy & Van Campenhoudt, 2011).
Dans le cadre de cette étude, nous avons retenu une combinaison de
méthodes : la méthode inductive, appuyée par la méthode analytique et complétée par
une approche économétrique.
a. La méthode inductive
La démarche inductive consiste à partir d’observations particulières pour
formuler des généralisations ou des lois (Gaspard, 2021). Elle permet d’identifier des
régularités à partir de données brutes et observables.
Dans notre cas, l’importance du nombre de PME à Kindu nous conduit à
considérer cette population comme quasi infinie. Nous avons donc sélectionné un
échantillon représentatif sur lequel les enquêtes ont été menées, afin de généraliser les
conclusions à l’ensemble des PME locales.
b. La méthode analytique
La méthode analytique repose sur la décomposition d’un phénomène en ses
éléments constitutifs pour en faciliter la compréhension, suivie d’une recomposition en
vue d’une appréhension globale (Quivy & Van Campenhoudt, 2011). Elle est
28

mobilisée ici pour analyser les indicateurs de croissance des PME de Kindu et pour
examiner l’implication du financement sur ces indicateurs.
c. La méthode économétrique
L’approche économétrique permet de transformer des propositions
qualitatives en propositions quantitatives, d’estimer des paramètres, de tester des
hypothèses et de réaliser des prédictions (Greene, 2018).
Dans cette étude, elle est utilisée pour mesurer l’impact du financement sur
la croissance des PME.
II.3. TECHNIQUES DE COLLECTE DES DONNEES
La réalisation de cette recherche repose sur une combinaison
méthodologique articulant l’observation directe, la recherche documentaire et
l’enquête par questionnaire écrit.
- Observation directe : constitue une technique de collecte de données
mobilisée en recherche qualitative et quantitative. Elle permet de saisir les
comportements et phénomènes dans leur contexte naturel, sans médiation par
des instruments tels que les entretiens ou les questionnaires (Fischer, 2023).
Dans le cadre de cette étude, nous avons adopté une posture d’observation non
participante, consistant à recueillir des informations en retrait, sans interaction
avec les sujets observés.
- Recherche documentaire : a consisté à rassembler l’ensemble des sources
pertinentes relatives à notre objet d’étude. Nous avons consulté, à l’aide des
outils numériques, des articles scientifiques, des ouvrages spécialisés, des
documents de travail et divers rapports disponibles en ligne. Parallèlement, des
documents physiques ont été exploités dans les bibliothèques locales. Cette
démarche documentaire, à la fois numérique et physique, a permis de constituer
le socle théorique et conceptuel de l’étude.
- Enquête par questionnaire écrit. : enfin, l’enquête par questionnaire écrit a été
utilisée pour collecter des données primaires auprès des PME de Kindu. Un
questionnaire structuré a été élaboré et administré à la population cible. Pour
garantir la fiabilité et l’efficacité de la collecte, des logiciels spécialisés tels que
29

KoboToolbox et KoboCollect ont été mobilisés, facilitant la saisie, le traitement


et l’analyse des réponses.
II.4. CADRE OPERATIONNEL
L’identification des variables endogènes et exogènes, ainsi que le choix du
modèle économétrique, constituent des étapes essentielles de la démarche scientifique.
L’objectif principal de ce travail est d’examiner l’impact du financement sur la
croissance des PME de la ville de Kindu.
II.4.1. Variable endogène.
La variable expliquée est la croissance de la PME (CRPMEi). Elle est
endogène par nature, car influencée par les autres variables du modèle. Elle sera
approximée par la croissance du chiffre d’affaires.
II.4.2. Variable explicative principale.
La variable explicative d’intérêt est les modes de financement la PME. Pour
cela, nous avons identifié deux principaux modes de financement : les fonds propres et
les financements externes (bancaires et informels).
II.4.3. Variables de contrôle.
Afin d’isoler l’effet des modes de financement, des variables de contrôle
sont intégrées au modèle. Elles incluent :
 le profil sociodémographique du dirigeant (sexe, âge, niveau d’éducation, taille
du ménage, résidence) ;
 les caractéristiques de la PME (secteur d’activité, capital initial, ancienneté,
localisation par rapport au centre commercial) ;
 l’environnement institutionnel et économique (liens avec les fournisseurs, avec
les clients, etc.).
Ces variables permettent de tenir compte des autres facteurs susceptibles
d’influencer la croissance des PME et d’assurer la robustesse des résultats.
Schématiquement, nous présentons ces variables de la manière suivante :
Variables indépendantes Variable dépendante

Sources de financement

- Fonds propres
- Crédits bancaires

Les caractéristiques du
propriétaire
30

Source : élaboration personnelle

II.4. MODELE EMPIRIQUE


L’objectif du modèle de Régression Logistique est d’établir une relation
statistique entre les variables explicatives les plus discriminantes et l’état des
indicateurs ayant connu ou pas une croissance, notons :
- 𝑌𝑖 : variable dichotomique qui correspond au codage de la croissance des
PMEs tel que 𝑌𝑖 = {0 s’il y a absence de croissance ;1 s’il s’est observé une
croissance}.
La fonction à estimer se présente comme suit :
𝑌 = 𝛽 + 𝛼𝑋𝑖 + 𝜀𝑖
Tel que :
- 𝑋 = (𝑋1, 𝑋2, …, 𝑋𝑘) : vecteur des 𝑘 variables sélectionnées de l’entreprise,
son propriétaire, son environnement et de ses sources (modes) de financement ;
31

- 𝛼 : vecteur des coefficients au niveau de modèle considère à l’indicateur i ;


- 𝛽 : constante au niveau de modèle ;
- 𝜀𝑖 : termes d’erreur supposés indépendants.
Le modèle de la régression logistique s’écrit :
𝑙𝑛 𝑃 (𝑌=1 𝑋𝑖) / 1−(𝑌=1 𝑋𝑖) = 𝛽 + 𝛼𝑋𝑖 ou encore 𝐿𝑜𝑔𝑖𝑡 (𝑃 (𝑌 = 1/𝑋𝑖)) = 𝛽 +
𝛼𝑋𝑖
Ce modèle de régression logistique nous permet de faire une analyse des
signes c’est-à-dire savoir si la variable associée influence positivement (signe positif)
ou négativement (signe négatif) la probabilité et la significativité statistique sur la
variable dépendante.
II.5. POPULATION D’ETUDE ET ECHANTILLONNAGE
II.5.1. Population d’étude
La population d’étude se définit comme l’ensemble des unités ou cas
concernés par une recherche scientifique, qu’il s’agisse d’individus, d’organisations,
d’objets ou de phénomènes observables (Ardily, 2006). Dans le cadre de la présente
recherche, la population cible est constituée des petites et moyennes entreprises (PME)
de la province du Maniema, et plus particulièrement celles implantées dans la ville de
Kindu. En raison des contraintes financières, matérielles et temporelles, cette
population a été considérée comme infinie, ce qui a justifié le recours à un échantillon
représentatif.

II.5.2. L’échantillonnage
L’échantillonnage est une étape déterminante dans toute recherche
scientifique, car la validité des résultats dépend directement de la qualité de
l’échantillon retenu. Un échantillon mal constitué peut conduire à des conclusions
biaisées. Deux grandes catégories de méthodes sont généralement distinguées :
 Les méthodes probabilistes, utilisées lorsque la taille de la population est
connue et limitée. Elles reposent sur le tirage aléatoire, garantissant à chaque
unité une probabilité égale d’être sélectionnée.
32

 Les méthodes non probabilistes, mobilisées lorsque la population est


considérée comme infinie ou difficilement accessible. Elles reposent sur des
critères pratiques ou théoriques autres que le hasard.
Dans le cadre de cette étude, nous avons retenu la méthode d’échantillonnage non
probabiliste occasionnelle (Thiétart, 2007). Les PME enquêtées ont été sélectionnées
en fonction de leur disponibilité et de leur disposition à répondre dans un délai
compatible avec nos contraintes techniques, financières et temporelles.
II.5.3. Détermination de la taille de l’échantillon
La taille de l’échantillon est déterminée à partir de plusieurs paramètres
méthodologiques :
1. Le niveau de confiance (Z) : il correspond à la probabilité que les résultats
obtenus soient représentatifs de la population. Les niveaux les plus courants
sont 90 % (Z = 1,645), 95 % (Z = 1,96) et 99 % (Z = 2,576).
2. La marge d’erreur (e) : elle représente l’écart maximal acceptable entre les
estimations de l’échantillon et les paramètres réels de la population. Elle est
généralement fixée entre ± 3 % et ± 5 %.

3. La proportion estimée (p) : lorsqu’aucune donnée préalable n’est disponible, il


est recommandé d’utiliser p = 0,5 afin de maximiser le produit p(1−p) et
d’obtenir une taille d’échantillon prudente et robuste.
4. La variance ou l’écart-type (σ) : pour les variables quantitatives (par exemple,
montant moyen des crédits obtenus), l’estimation de σ peut être déduite
d’études antérieures ou d’une enquête pilote.

Pour une population considérée comme infinie, la formule de calcul de la


taille de l’échantillon pour l’estimation d’une proportion est la suivante

2
Z ⋅ p(1− p)
n=
e2
Où :
 n = taille de l’échantillon
 Z = valeur critique correspondant au niveau de confiance
33

 p= proportion estimée de la population (0,5 si inconnue)


 e = marge d’erreur souhaitée (exprimée en décimal, par exemple 0,05 pour 5 %)
Dans le cadre de notre étude, avec un niveau de confiance de 95 % (Z =
1,96), une marge d’erreur de ± 5 % et une proportion estimée de p = 0,5, la taille de
l’échantillon a été calculée conformément à cette formule, garantissant la
représentativité des PME enquêtées à Kindu.
Le calcul étant fait, nous avons obtenu 384 PME. Ainsi, nous arrondissons
cela à 390 PME réparties dans les 3 communes de la ville de Kindu.

Troisième chapitre
PRESENTATION ET DISCUSSION DES RESULTATS

Ce chapitre vise à apporter des réponses concrètes et fondées aux


interrogations soulevées dans la problématique. L’approche empirique adoptée repose
sur l’exploitation des données recueillies auprès des PME de la ville de Kindu, afin de
34

mettre en évidence les pratiques de financement, leur impact sur la croissance et les
perspectives stratégiques pour un financement de qualité.
Les questions de recherche auxquelles ce chapitre entend répondre sont les
suivantes :
1. Quels sont les moyens auxquels recourent les PME pour financer leurs
activités ? Cette question permettra d’identifier les principales sources de
financement mobilisées par les PME, qu’il s’agisse de fonds propres, de crédits
bancaires, de coopératives d’épargne et de crédit, ou encore de financements
informels.
2. De quelle manière les modes de financement influencent-ils la croissance
des PME à Kindu ? L’analyse cherchera à établir le lien entre les types de
financement utilisés et les indicateurs de croissance des PME.
3. Quelle stratégie mettre en place pour promouvoir la demande des PME à
travers un financement de qualité ? Cette dernière question ouvrira la
réflexion sur les mécanismes institutionnels et organisationnels susceptibles de
renforcer l’accès des PME à des financements adaptés ;
Ainsi, ce chapitre constitue le cœur empirique de l’étude, en articulant les
données collectées avec les théories explicatives mobilisées dans les chapitres
précédents. Il permettra de dégager des constats pertinents et de proposer des
recommandations pratiques pour améliorer le financement et la croissance des PME
dans le contexte spécifique de Kindu.

III.1. PRESENTATION DES RESULTATS


3.1.1. Présentation des résultats liés au profil des entrepreneurs
Tableau n°1 : Répartition des propriétaires des PMEs enquêtées selon leur sexe
Frequency Percent Valid Cumulativ
Percent e Percent
Valid Masculin 269 69,0 69,0 69,0
35

Féminin 121 31,0 31,0 100,0


Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
Les résultats de l’enquête révèlent que 69 % des propriétaires des PME de
Kindu sont des hommes, contre 31 % de femmes. Cette répartition met en évidence
une sous-représentation des femmes dans la création et la gestion des entreprises
locales.
Cette situation traduit une dynamique entrepreneuriale marquée par une
prédominance masculine, qui peut être expliquée par plusieurs facteurs : les
contraintes socioculturelles limitant l’accès des femmes aux ressources économiques,
la persistance de normes sociales restrictives, ainsi que les difficultés d’accès au
financement et à la formation entrepreneuriale. En conséquence, la participation
féminine demeure minoritaire, ce qui réduit la diversité des profils entrepreneuriaux et
limite l’exploitation du potentiel économique des femmes dans la région.
Tableau n°2 : Répartition des propriétaires des PMEs enquêtées selon l’état civil
Frequency Percent Valid Cumulativ
Percent e Percent
Valid Mariés 300 77,0 77,0 77,0
Divorcés 90 23,0 23,0 100,0
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
Les résultats de l’enquête révèlent que la majorité des propriétaires de PME
dans la ville de Kindu sont mariés (77 %), tandis que les célibataires représentent 23 %
de l’échantillon. Cette distribution met en évidence une prédominance des personnes
mariées dans la création et la gestion des entreprises locales.
Cette tendance peut être interprétée comme le reflet d’une certaine stabilité
sociale et économique associée au statut matrimonial. En effet, le mariage est souvent
perçu comme un facteur de consolidation des responsabilités et de sécurisation des
ressources, ce qui peut favoriser l’initiative entrepreneuriale. À l’inverse, la proportion
plus faible de célibataires suggère que ces derniers disposent de moins de moyens
36

financiers ou sociaux pour s’engager dans la création d’entreprise, ou qu’ils


privilégient d’autres formes d’investissement personnel.
Tableau n°3 : Répartition des propriétaires des PMEs enquêtées selon le niveau
d’instruction
Frequency Percent Valid Cumulativ
Percent e Percent
Valid Niveau secondaire 207 53,0 53,0 53,0
Niveau primaire 144 37,0 37,0 90,0
Non instruit 39 10,0 10,0 100,0
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
Les résultats de l’enquête révèlent que 53 % des propriétaires de PME
disposent d’un niveau secondaire de formation (Diplôme d’État), tandis que 37 %
présentent un niveau primaire et que 10 % ne sont pas instruits. Cette distribution met
en évidence que la majorité des entrepreneurs de Kindu possède un minimum de
formation scolaire, ce qui constitue un atout pour la gestion de leurs activités.
Cette observation traduit une certaine capacité d’adaptation et
d’apprentissage chez les propriétaires de PME, en dépit des limites structurelles du
système éducatif local. Le fait que plus de la moitié des entrepreneurs aient atteint le
niveau secondaire suggère une meilleure aptitude à comprendre les rudiments de la
gestion, de la comptabilité et de l’organisation, même si ces compétences ne sont pas
toujours formalisées par des formations spécialisées.
Toutefois, la proportion non négligeable de propriétaires ayant un niveau
primaire (37 %) ou n’étant pas instruits (10 %) révèle une fragilité du capital humain
dans le secteur entrepreneurial. Cette situation peut limiter la capacité des PME à se
conformer aux exigences administratives et fiscales, à accéder aux financements
formels ou à développer des stratégies de croissance. Elle illustre également la
persistance d’une logique entrepreneuriale fondée sur l’expérience pratique et
l’intuition, plutôt que sur des compétences techniques consolidées.
Tableau n°4 : Répartition des répondants en fonction de leur qualité dans les
PMEs
37

Frequency Percent Valid Cumulativ


Percent e Percent
Valid Propriétaire 211 54,0 54,0 54,0
Gérant 179 46,0 46,0 100,0
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
L’analyse du tableau révèle que 54 % des personnes enquêtées sont des
propriétaires des PME étudiées, tandis que 46 % en sont des gérants, c’est-à-dire des
responsables salariés distincts des initiateurs. Cette répartition traduit une tendance
observable dans la ville de Kindu, où la gestion des PME demeure fréquemment
assurée par le propriétaire ou fondateur, conformément à une logique traditionnelle de
contrôle direct.
Toutefois, une dynamique nouvelle se dessine progressivement : de plus en
plus d’entreprises confient la gestion quotidienne à des personnes expérimentées,
disposant de compétences avérées en comptabilité, finance, logistique et marketing.
Cette évolution témoigne d’un processus de professionnalisation de la gouvernance
des PME locales, qui vise à renforcer leur efficacité organisationnelle et leur capacité
d’adaptation aux exigences du marché.
La proportion significative de gérants mise en évidence par le tableau
illustre ainsi cette transition vers une séparation plus marquée entre la propriété et la
gestion, rapprochant les PME de Kindu des modèles de gouvernance institutionnalisés.

3.1.2. Présentation des résultats liés au profil des PME


Tableau n°5 : Répartition des PME enquêtées selon leur ancienneté (longévité ou
âge)
Frequency Percent Valid Cumulativ
38

Percent e Percent
Valid Moins de 1 ans 133 34,0 34,0 34,0
1 à 5 ans 226 58,0 58,0 92,0
Plus de 5 ans 31 8,0 8,0 100,0
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
En fonction de l’ancienneté des PME enquêtées, trois catégories ont été
établies. Les résultats indiquent que 58 % des entreprises présentent une durée
d’existence comprise entre un et cinq ans, 34 % sont âgées de moins d’une année,
tandis que seulement 8 % disposent d’une expérience supérieure à cinq ans. Cette
distribution met en évidence que la majorité des PME de l’échantillon ont franchi le
seuil critique de la première année d’activité, ce qui constitue un indicateur de stabilité
et de continuité dans un environnement économique souvent marqué par des
contraintes structurelles et institutionnelles.
Tableau n°6 : Répartition des PME enquêtées selon leur milieu
Frequency Percent Valid Cumulativ
Percent e Percent
Valid Kasuku 195 50,0 50,0 50,0
Mikelenge 98 25,0 25,0 75,0
Alunguli 97 25,0 25,0 100,0
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
La prédominance des effectifs issus de la commune de Kasuku s’explique
par la centralité économique de cette entité administrative, qui constitue le principal
pôle commercial de la ville. En effet, Kasuku concentre une part importante des
activités marchandes, des infrastructures de distribution et des services liés au
commerce, ce qui en fait un espace privilégié pour l’implantation et le développement
des PME.
Cette concentration spatiale des entreprises dans la commune de Kasuku
illustre un phénomène de polarisation économique, où certaines zones urbaines
deviennent des centres névralgiques de l’activité entrepreneuriale. Elle traduit
39

également la logique de localisation des PME, souvent influencée par la proximité des
marchés, l’accessibilité aux infrastructures et la densité des flux commerciaux.
À l’inverse, les communes de Mikelenge et d’Alunguli, bien que
représentées dans l’échantillon, apparaissent comme des espaces secondaires en termes
de dynamisme entrepreneurial, ce qui reflète une distribution inégale des opportunités
économiques au sein de la ville de Kindu.
Ainsi, la répartition observée ne relève pas d’un hasard méthodologique,
mais met en évidence une structuration territoriale de l’activité économique, où la
commune de Kasuku joue un rôle de moteur dans la dynamique des PME locales.
Tableau n°7 : Répartition des PMEs enquêtées selon leur forme juridique
Frequency Percent Valid Cumulative
Percent Percent
Valid Entreprise sociétaire 74 19,0 19,0 19,0
Entreprises 316 81,0 81,0 100,0
individuelles
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
Les résultats de l’enquête révèlent que 81 % des PME étudiées présentent
un caractère individuel, personnel ou familial, tandis que seulement 19 % sont
constituées sous forme de sociétés. Cette distribution confirme la nature intrinsèque
des petites et moyennes entreprises, qui se définissent avant tout comme des unités de
production portées par l’initiative privée, souvent familiale, et reposant sur des
ressources limitées.
La prépondérance des structures individuelles ou familiales traduit une
logique entrepreneuriale fondée sur la proximité, la confiance et la mobilisation de
capitaux propres, caractéristiques qui distinguent les PME des grandes entreprises à
organisation plus complexe.
Ce constat met en évidence la place centrale de l’entrepreneur-propriétaire
dans la dynamique des PME locales, où la gestion et la prise de décision demeurent
fortement personnalisées. Il illustre également la faible propension à la formalisation
juridique et institutionnelle, liée à des contraintes d’accès au financement, à la
40

complexité des procédures administratives et à la prédominance des logiques


informelles dans l’économie congolaise. En revanche, la proportion minoritaire de
PME constituées en sociétés témoigne d’une tendance émergente vers la structuration
plus formelle des activités, susceptible de favoriser une meilleure gouvernance, une
attractivité accrue pour les investisseurs et une insertion progressive dans les circuits
financiers institutionnels.
Tableau n°8 : Répartition des PMEs enquêtées selon les secteurs ou branches
d’activités
Frequency Percent Valid Cumulativ
Percent e Percent
Valid Secteur primaire 12 3,0 3,0 3,0
Secteur secondaire 140 36,0 36,0 39,0
Secteur tertiaire 238 61,0 61,0 100,0
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
L’analyse des données issues de l’enquête révèle que 61 % des PME
étudiées évoluent dans le secteur tertiaire, principalement dans le commerce de détail
et, dans une moindre mesure, dans la prestation de services. Par ailleurs, 36 % des
entreprises appartiennent au secteur secondaire, constitué essentiellement de petites
unités de transformation, tandis que seulement 3 % relèvent du secteur primaire, en
particulier de l’agriculture. Cette distribution met en évidence une forte tertiarisation
du tissu entrepreneurial de la ville de Kindu, caractérisée par une prédominance des
activités commerciales.
La concentration des PME dans le secteur tertiaire traduit une orientation
structurelle de l’économie locale vers le commerce de distribution, qui constitue la
principale modalité d’insertion des entrepreneurs dans les circuits économiques. En
pratique, ces entreprises se spécialisent dans l’achat de marchandises en provenance
des grands centres urbains de la République Démocratique du Congo, notamment
Goma et Kinshasa, pour ensuite les revendre sur le marché local de Kindu. Ce modèle
d’intermédiation commerciale illustre à la fois la dépendance des PME locales vis-à-
vis des pôles économiques nationaux et leur rôle central dans l’approvisionnement de
la population en biens de consommation courante.
41

Cette tertiarisation peut être interprétée comme une réponse pragmatique


aux contraintes structurelles qui limitent le développement du secteur primaire et la
consolidation du secteur secondaire. Elle reflète également une logique d’adaptation
des entrepreneurs aux opportunités offertes par la demande locale, tout en soulignant la
fragilité d’un tissu économique fortement dépendant des flux commerciaux externes.
Tableau n°9 : Répartition des PMEs selon les types de clients ou d’acheteurs
Frequency Percent Valid Cumulativ
Percent e Percent
Valid Administration publique 12 3,0 3,0 3,0
Grandes entreprises 140 36,0 36,0 39,0
Particuliers 238 61,0 61,0 100,0
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
Les résultats de l’enquête montrent que les PME de Kindu orientent
principalement leurs activités vers une clientèle composée de particuliers (61 %),
suivie des grandes entreprises et autres PME (36 %), tandis que l’administration
publique ne représente qu’une part marginale (3 %). Cette répartition traduit une
configuration spécifique du marché local, dont les implications méritent une analyse
approfondie.
D’abord, la prédominance des particuliers comme principaux
consommateurs illustre la forte dépendance des PME vis-à-vis de la demande des
ménages. Cette orientation vers une clientèle individuelle peut être interprétée comme
une conséquence du faible développement industriel et institutionnel dans la région, où
la consommation publique et les grands contrats étatiques demeurent limités. En
termes de gestion, cette dépendance expose les PME à une certaine vulnérabilité face
aux fluctuations du pouvoir d’achat des ménages, fortement influencé par les
conditions socio-économiques locales (revenus, emploi, inflation).
Ensuite, la part significative des transactions interentreprises (36 %) révèle
l’existence d’un tissu économique relativement dynamique, marqué par des relations
de sous-traitance, de fourniture ou de partenariat entre PME et grandes entreprises. Ce
constat est particulièrement important dans une perspective de croissance, car il
42

suggère que certaines PME parviennent à s’insérer dans des chaînes de valeur locales,
voire régionales. Toutefois, cette proportion reste inférieure à celle observée dans des
environnements plus industrialisés, ce qui traduit une faible intégration structurelle des
PME dans les réseaux économiques formels.
Enfin, la marginalité de l’administration publique (3%) comme client des
PME met en évidence une faible implication de l’État dans la promotion de
l’entrepreneuriat local. Dans un contexte où les marchés publics pourraient constituer
un levier de croissance et de formalisation des PME, cette absence traduit soit une
faible capacité institutionnelle à mobiliser les entreprises locales, soit une préférence
pour des fournisseurs externes ou de plus grande envergure. Sur le plan théorique,
cette situation peut être analysée à la lumière de la théorie de la dépendance aux
ressources (resource dependence theory), qui souligne l’importance des relations avec
des acteurs institutionnels pour la stabilité et la croissance des organisations.
Tableau n°10 : Opinions des PMEs enquêtées sur les liens avec les avocats,
experts-comptables et institutions financières

Frequency Percent Valid Cumulativ


Percent e Percent
Valid Oui 20 5,0 5,0 5,0
Non 370 95,0 95,0 100,0
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
Les résultats de l’enquête révèlent que 95 % des PME interrogées déclarent
ne pas entretenir de relations avec les avocats d’affaires, les experts-comptables ou les
institutions financières. Autrement dit, ces entreprises ne tissent pas de partenariats
formels avec les acteurs clés de l’environnement économique et juridique.
Cette absence de liens traduit une faible intégration des PME dans les
réseaux institutionnels et professionnels. Cette situation provoque les conséquences
suivantes :
- Sur le plan juridique et fiscal, l’absence de recours aux avocats d’affaires et aux
experts-comptables limite la capacité des PME à sécuriser leurs transactions, à
se conformer aux normes fiscales et à anticiper les risques liés à la
43

gouvernance. Cela contribue à maintenir une gestion souvent informelle,


caractéristique des économies en développement, mais qui freine la
formalisation et l’accès aux financements.
- Sur le plan financier, le manque de relations avec les institutions bancaires et
financières traduit une marginalisation des PME vis-à-vis du système de crédit
formel.
Tableau n°11 : Opinions des PMEs sur les compétences comptables, financières et
marketing du propriétaire
Frequency Percent Valid Cumulativ
Percent e Percent
Valid Non 320 82,0 82,0 82,0
Oui 70 18,0 18,0 100,0
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
Les données issues de l’enquête révèlent que 82 % des PME de Kindu ont
été créées par des propriétaires ne disposant pas de compétences suffisantes en gestion,
comptabilité, finances et marketing, tandis que seulement 18 % des initiateurs
présentent une maîtrise dans ces domaines. Cette situation met en évidence un déficit
structurel de compétences managériales au sein de l’entrepreneuriat local.
Ce constat traduit une faible professionnalisation de la gestion des PME,
lesquelles reposent majoritairement sur une logique intuitive et empirique plutôt que
sur une planification stratégique et des pratiques de gouvernance formalisées.
L’absence de savoir-faire technique en matière de comptabilité et de finances limite la
capacité de ces entreprises à assurer une gestion transparente, à maîtriser leurs coûts et
à accéder aux financements formels. De même, le manque de compétences en
marketing réduit leur aptitude à identifier et fidéliser la clientèle, à se différencier de la
concurrence et à s’adapter aux évolutions de la demande.

Tableau n°12 : Opinions des PMEs enquêtées sur les liens avec les fournisseurs et
les clients
44

Frequency Percent Valid Cumulativ


Percent e Percent
Valid Oui 226 58,0 58,6 58,6
Non 160 41,0 41,4 100,0
Total 386 99,0 100,0
Missing System 4 1,0
Total 390 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
Les données issues de l’enquête révèlent que 58,6 % des PME interrogées
estiment disposer d’un réseau de fournisseurs et de clients, tandis que 41 % déclarent
ne pas en bénéficier. Cette répartition met en évidence une dynamique contrastée dans
la structuration des relations commerciales des entreprises locales.
La majorité des PME qui affirment disposer de réseaux commerciaux
traduisent une certaine capacité d’intégration dans le tissu économique local, en
s’appuyant sur des relations de confiance et de proximité avec leurs partenaires. Ces
réseaux constituent un levier essentiel pour la continuité des activités, la sécurisation
des approvisionnements et la fidélisation de la clientèle. Ils favorisent également la
circulation de l’information et l’accès à des opportunités de marché, renforçant ainsi la
résilience des entreprises face aux contraintes économiques.
En revanche, la proportion importante de PME (41 %) qui ne disposent pas
de réseaux structurés révèle une fragilité relationnelle. Ces entreprises évoluent dans
un isolement relatif, ce qui limite leur capacité à négocier des conditions avantageuses
avec les fournisseurs, à diversifier leur clientèle et à s’insérer dans des chaînes de
valeur plus larges. Cette absence de réseaux peut être interprétée comme une
conséquence du faible niveau de formalisation des PME, du manque de compétences
managériales et de la faiblesse des infrastructures de communication et de transport.

Tableau n°13 : Répartition des PMEs enquêtées selon les sources de financement
Frequency Percent Valid Cumulative
45

Percent Percent
Valid Fonds propres 355 91,0 91,0 91,0
Crédits bancaires 35 9,0 9,0 100,0
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
Les résultats de l’enquête révèlent que 91 % des PME de Kindu sont
financées par les fonds propres des propriétaires, essentiellement issus de l’épargne
personnelle, tandis que seulement 9 % ont eu accès aux crédits bancaires pour soutenir
leurs activités. Cette situation met en évidence un déficit criant dans l’accès des PME
locales aux financements formels, en particulier aux crédits bancaires.
L’absence de recours à d’autres sources de financement telles que les
subventions publiques, les microcrédits des institutions de microfinance (IMF) ou
encore les mécanismes informels comme les tontines, traduit une faible diversification
des ressources financières. Cette dépendance quasi exclusive aux fonds propres limite
la capacité des PME à investir, à se développer et à renforcer leur compétitivité.
Tableau n°14 : Opinions des PMEs enquêtées sur l’accroissement du chiffre
d’affaires au cours de la période sous examen
Frequency Percent Valid Cumulativ
Percent e Percent
Valid Oui 320 82,0 82,0 82,0
Non 70 18,0 18,0 100,0
Total 390 100,0 100,0
Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS
Les résultats de l’enquête montrent que 82 % des PME interrogées
déclarent avoir connu une augmentation réelle de leur chiffre d’affaires au cours de la
période étudiée, tandis que 18 % n’ont pas enregistré de progression significative.
Cette tendance traduit une dynamique positive pour la majorité des entreprises locales,
mais révèle également l’existence d’un segment non négligeable confronté à des
difficultés de croissance.
L’accroissement du chiffre d’affaires pour une large proportion des PME
peut être interprété comme le signe d’une résilience entrepreneuriale dans un
environnement économique marqué par des contraintes institutionnelles et financières.
46

Cette performance témoigne de la capacité des entrepreneurs à mobiliser leurs


ressources internes, à s’adapter aux besoins du marché et à maintenir une activité
viable malgré les obstacles.
En revanche, la stagnation observée chez 18 % des PME met en évidence
des limites structurelles liées à la faiblesse des compétences managériales, au manque
de diversification des sources de financement et à l’absence de stratégies marketing
efficaces. Ces entreprises apparaissent plus vulnérables aux fluctuations de la demande
et aux contraintes de l’environnement économique local.
3.1.3. Estimation du modèle : modes de financement et croissance des PMEs
Tableau n°15 : Présentation de l’output des estimations du modèle retenu

Variable Coefficient Std. Error z-Statistic Prob.

Mode de financement 0.047692 0.010533 4.527973 0.0000


Sexe du propriétaire -0.721850 0.314760 -2.293334 0.0218
Education du propriétaire 0.746616 0.326109 2.289467 0.0221
Ancienneté de la PME -0.656457 0.148939 -4.407570 0.0000
Milieu d’exploitation de PME -1.012488 0.241084 -4.199725 0.0000
Compétences de gestion du
Propriétaire 0.004580 0.001524 3.005563 0.0027
Lien avec les fournisseurs/clients -1.276018 0.221613 -5.757855 0.0000
C 0.316274 0.520792 0.607295 0.5437

McFadden R-squared 0.112532 Mean dependent var 0.640000


S.D. dependent var 0.480481 S.E. of regression 0.448047
Akaike info criterion 1.191775 Sum squared resid 98.76726
Schwarz criterion 1.259209 Log likelihood -289.9438
Hannan-Quinn criter. 1.218236 Deviance 579.8876
Restr. Deviance 653.4182 Restr. log likelihood -326.7091
LR statistic 73.53061 Avg. log likelihood -0.579888
Prob(LR statistic) 0.000000

Obs with Dep=0 180 Total obs 500


Obs with Dep=1 320

Source : tableau construit par nous-mêmes à l’aide de SPSS


Sur le plan statistique, l’ensemble des coefficients estimés se révèle
significativement différent de zéro, ce qui confirme la pertinence des variables
explicatives retenues dans le modèle. La statistique du log-vraisemblance (LR)
47

obtenue est de 73,53, valeur supérieure au khi-deux théorique au seuil de 5 % (ddl =


4), fixé à 1,64. Ce résultat valide la significativité globale du modèle.
Le calcul du pseudo-R², effectué selon la formule :
log (Lu) −289 , 84
Pseudo - R 2=1− =1− =1−0 , 88=0 ,12
log (LR) −326 , 70
indique une valeur de 0,12. Bien que ce coefficient traduise une qualité d’ajustement
relativement faible sur le plan linéaire, il demeure acceptable dans le cadre des
modèles économétriques appliqués aux données d’enquête, où les comportements des
PME sont souvent influencés par des facteurs non observés ou difficilement
quantifiables.
Ainsi, l’interprétation statistique confirme que le modèle est globalement
valide et significatif, même si la capacité explicative mesurée par le pseudo-R² reste
limitée. Ce constat suggère que, si les variables incluses contribuent effectivement à
expliquer la dynamique observée, d’autres facteurs non intégrés pourraient également
influencer la performance des PME.
III.2. DISCUSSION DES RESULTATS
Les résultats de l’enquête mettent en évidence plusieurs caractéristiques
structurelles et fonctionnelles des PME de Kindu.
1. Profil des entrepreneurs
La prédominance masculine (69 %) dans la création et la gestion des PME
confirme les observations faites dans d’autres contextes africains, où les contraintes
socioculturelles et institutionnelles limitent l’accès des femmes aux ressources
économiques et financières (Brush, de Bruin & Welter, 2009). La sous-représentation
féminine réduit la diversité entrepreneuriale et constitue un frein à l’inclusion
économique. De même, la forte proportion de propriétaires mariés (77 %) suggère que
la stabilité sociale et familiale joue un rôle déterminant dans l’initiative
entrepreneuriale, ce qui rejoint les travaux de Coleman (2007) sur l’importance du
capital social dans la création d’entreprise.

2. Niveau d’instruction et compétences managériales


48

La majorité des propriétaires de PME disposent d’un niveau secondaire (53


%), mais 82 % déclarent ne pas avoir de compétences suffisantes en gestion,
comptabilité, finances et marketing. Ce déficit de capital humain est cohérent avec la
théorie du capital humain (Becker, 1964), qui souligne que l’éducation et la formation
sont des déterminants essentiels de la performance organisationnelle. L’absence de
compétences techniques limite la formalisation, l’accès au financement et la
compétitivité des PME, comme l’ont montré Mead & Liedholm (1998) dans leurs
travaux sur les PME africaines.
3. Structure et localisation des PME
La concentration des PME dans la commune de Kasuku (50 %) illustre un
phénomène de polarisation économique, où certaines zones urbaines deviennent des
pôles de dynamisme entrepreneurial. Ce constat rejoint les analyses de Porter (1998)
sur les clusters, qui mettent en évidence l’importance de la localisation et des réseaux
territoriaux dans la compétitivité des entreprises.
4. Forme juridique et secteurs d’activité
La prépondérance des entreprises individuelles (81%) traduit une logique
entrepreneuriale fondée sur la proximité et la mobilisation des ressources familiales.
Cette informalité est caractéristique des économies en développement, où les
contraintes administratives et financières freinent la formalisation (La Porta &
Shleifer, 2014). Par ailleurs, la forte tertiarisation (61 % dans le commerce et les
services) reflète une orientation structurelle vers des activités de distribution,
conséquence du faible développement du secteur primaire et secondaire.
5. Relations commerciales et institutionnelles
La majorité des PME orientent leurs activités vers les particuliers (61 %),
tandis que l’administration publique ne représente que 3 % de la clientèle. Cette faible
implication de l’État dans la consommation des biens et services des PME illustre une
marginalisation institutionnelle, analysable à travers la théorie de la dépendance aux
ressources (Pfeffer & Salancik, 1978). De plus, 95 % des PME déclarent ne pas
entretenir de relations avec les avocats, experts-comptables ou institutions financières,
ce qui traduit une faible intégration dans les réseaux professionnels et accentue leur
vulnérabilité.
49

6. Modes de financement et croissance


Les résultats montrent que 91 % des PME sont financées par des fonds
propres, contre seulement 9 % par des crédits bancaires. Ce constat confirme la
pertinence de la Pecking Order Theory (Myers & Majluf, 1984), selon laquelle les
entreprises privilégient l’autofinancement en raison des contraintes liées au
financement externe. Toutefois, dans le cas des PME de Kindu, cette hiérarchie est
davantage contrainte que volontaire, en raison des obstacles structurels à l’accès au
crédit (absence de garanties, perception de risque élevé, faible culture financière).
7. Performance et croissance
Malgré ces contraintes, 82% des PME déclarent avoir connu une
augmentation réelle de leur chiffre d’affaires. Cette résilience entrepreneuriale rejoint
les travaux de Penrose (1959) sur la croissance des entreprises, qui mettent en
évidence la capacité des dirigeants à mobiliser et combiner efficacement les ressources
disponibles. Toutefois, la stagnation observée chez 18 % des PME souligne les limites
structurelles liées au déficit de compétences, au manque de diversification des
financements et à l’absence de stratégies marketing.
8. Modes de financement et croissance des PME
Les estimations économétriques confirment que toutes les variables incluses
dans le modèle sont significatives, ce qui valide la pertinence des facteurs retenus pour
expliquer la croissance des PME de Kindu.
a) Modes de financement et performance des PME : Le rôle positif du
financement bancaire et de l’autofinancement dans la croissance des PME est
largement documenté. Outre Mahmoudou Bocar Sall (2002) et Mukamba
(2022), plusieurs chercheurs confirment cette relation. Beck, Demirgüç-Kunt et
Maksimovic (2005) montrent que l’accès au crédit bancaire est un déterminant
majeur de la croissance des PME dans les pays en développement. De même,
Ayyagari, Demirgüç-Kunt et Maksimovic (2011) soulignent que les entreprises
qui combinent fonds propres et financement externe sont plus susceptibles
d’investir et d’innover. Ces résultats corroborent la Pecking Order Theory
(Myers & Majluf, 1984), mais mettent aussi en évidence les contraintes
structurelles qui limitent l’accès des PME africaines aux financements formels.
50

b) Profil de l’entrepreneur : le coefficient négatif associé au sexe du propriétaire


confirme les obstacles rencontrés par les femmes entrepreneures. Brush, de
Bruin et Welter (2009) insistent sur les barrières institutionnelles et culturelles
qui freinent l’entrepreneuriat féminin. Carter et Shaw (2006) ajoutent que les
femmes ont souvent un accès limité aux réseaux financiers et professionnels, ce
qui réduit leur potentiel de croissance. À l’inverse, l’éducation exerce un effet
positif, validant la théorie du capital humain (Becker, 1964). Bates (1990)
démontre que les entrepreneurs mieux instruits sont plus performants, car ils
disposent de meilleures compétences en gestion et en planification stratégique.
c) Ancienneté et milieu d’exploitation : l’effet négatif de l’ancienneté peut être
interprété comme une stagnation liée au manque d’innovation. Hannan &
Freeman (1984), dans leur théorie de l’écologie organisationnelle, expliquent
que les entreprises plus anciennes sont souvent moins adaptatives face aux
changements de l’environnement. Concernant le milieu d’exploitation, Porter
(1998) montre que la localisation dans des clusters dynamiques favorise la
compétitivité. Dans le cas de Kindu, les contraintes d’infrastructures et la
concentration des activités dans certaines communes expliquent les disparités
observées.
d) Compétences managériales et réseaux relationnels : les compétences de
gestion du propriétaire influencent positivement la croissance, ce qui rejoint les
travaux de Barney (1991) sur la Resource-Based View (RBV) : les compétences
managériales constituent une ressource stratégique rare et difficilement
imitable, générant un avantage compétitif durable. En revanche, l’effet négatif
des réseaux fournisseurs/clients peut être interprété comme une dépendance
excessive à des relations informelles. Granovetter (1985) souligne que les
réseaux sociaux peuvent renforcer la confiance mais aussi enfermer les
entreprises dans des structures informelles peu propices à la croissance.

CONCLUSION
51

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