Revue Française d’Economie et de Gestion
ISSN : 2728-0128
Volume 3 : Numéro 1
Effets de la Quasi-absence de cabinets d’expertise comptable sur la performance
financière des Petites & Moyennes Entreprises à Kindu dans le Maniema en RDC
Effects of the Quasi-Absence of Accounting Firms on the Financial
Performance of Small and Medium Enterprises in Kindu, Maniema
Province, DRC
KABULUTA KYALIMBA John
Doctorant et enseignant
Faculté de Sciences Economiques et de Gestion
Université de Kindu, République Démocratique du Congo
Tél : +243 970 184 525
Courriel : johnkabuluta@[Link]
KASIMU MUHOYA Frédéric
Chercheur
Faculté de Sciences Economiques et de Gestion
Université Mapon, République Démocratique du Congo
Tél : +243 243 817 920 493
Courriel : frederickkasimu@[Link]
Pr. ILUNGA BAKAJIKA Alphonse
Professeur Ordinaire
Université Pédagogique Nationale
Faculté de Sciences Economiques et de Gestion
République Démocratique du Congo
Tél : +243 820055505
Courriel : [Link]@[Link]
Date de soumission : 17/08/2025
Date d’acceptation : 30/10/2025
Pour citer cet article :
KABULUTA KYALIMBA, J., KASIMU MUHOYA, J., et ILUNGA BAKAJIKA, A., (2025) « effets
de la quasi-absence de cabinets d’expertise comptable sur la performance financière des
petites et moyennes entreprises à Kindu dans le Maniema, RDC », Revue Française
d’Economie et de Gestion, Vol 3(1), pp : 25-40
Digital Object Identifier (DOI) : [Link]
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Volume 3 : Numéro 1
Résumé
Cet article examine l'impact de l'absence de cabinets d'expertise comptable sur la performance des
Petites et Moyennes Entreprises (PME) à Kindu, Maniema, en République Démocratique du Congo.
L'approche méthodologique combine une analyse exploratoire, des tests d'association (chi-deux) et
une régression logistique binaire, appliquée à un échantillon de 329 PME locales. Les résultats
montrent que 31,6 % des PME utilisent des services comptables formels, et plus de 53 % ne
produisent jamais d'états financiers. L'absence de services comptables est associée à une mauvaise
exactitude des états financiers, à des amendes fiscales, à un accès restreint aux financements
bancaires et à une performance amoindrie. La régression logistique confirme la signification de
variables liées à l'accès aux conseils financiers, à l'existence d'un service comptable, à la
connaissance financière des dirigeants et à la demande de crédit dans la performance comptable et
financière. L'étude contribue à la littérature sur la gouvernance financière des PME en milieux peu
desservis, soulignant le rôle central de l'expertise comptable dans la professionnalisation et la
compétitivité des PME. Elle propose également des implications pratiques : renforcer la culture
comptable des dirigeants et soutenir la création de cabinets comptables ou de centres mutualisés par
des mesures incitatives et des formations.
Mots clés : Expertise comptable, Performance financière, Accès au financement, Certification
comptable, Gouvernance financière, Régression logistique, Informalité
entrepreneuriale, PME.
Abstract
This article examines the impact of the absence of accounting firms on the
performance of Small and Medium Enterprises (SMEs) in Kindu, Maniema,
Democratic Republic of Congo. The methodological approach combines
exploratory analysis, association tests (chi-square), and binary logistic
regression, applied to a sample of 329 local SMEs. The results show that 31.6%
of SMEs use formal accounting services, while more than 53% never produce
financial statements. The lack of accounting services is associated with poor
accuracy of financial statements, tax penalties, restricted access to bank
financing, and reduced performance. Logistic regression confirms the
significance of variables related to access to financial advice, the existence of
an accounting service, the financial knowledge of managers, and credit
demand in shaping accounting and financial performance. The study
contributes to the literature on financial governance of SMEs in underserved
environments, highlighting the central role of accounting expertise in the
professionalization and competitiveness of SMEs. It also proposes practical
implications : strengthening the accounting culture of managers and
supporting the creation of accounting firms or shared service centers through
incentive measures and training programs.
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Volume 3 : Numéro 1
Keywords : Accounting expertise, SME financial performance, Access
to finance, Financial reporting certification, Corporate
financial governance, Logistic regression analysis, Informal
entrepreneurship, Small and Medium Enterprises (SMEs)
1. Introduction
Au regard des analyses économiques, plus de 80 % de l’économie congolaise est dominée par les PME,
essentielles pour la création d'emplois et la lutte contre la pauvreté (Radio Okapi, 2015). Cependant, ces
entreprises rencontrent de nombreux défis, notamment en matière de gestion financière, de transparence et
d'accès au financement. L'absence de services comptables professionnels complique la production d'états
financiers fiables, compromettant leur viabilité et leur capacité à attirer des investissements. De plus, un
manque de formation en gestion financière entraîne des erreurs budgétaires et de trésorerie. La complexité
des exigences fiscales et la méconnaissance des normes comptables limitent encore davantage leur accès au
financement formel.
La profession d’expert-comptable en RDC a connu une structuration progressive, notamment avec la
création de l’Ordre National des Experts-Comptables (ONEC) en 2011. Cet organisme est chargé de réguler
et de promouvoir la profession, avec l'obligation de certification des états financiers par des experts-
comptables agréés, imposée par la DGI. Ces mesures visent à améliorer la fiabilité de l'information
financière, à lutter contre la fraude fiscale, et à assurer une meilleure transparence économique. De plus, la
RDC applique le SYSCOHADA révisé depuis 2018, qui impose des normes comptables harmonisées.
L’organisation du Congrès des experts-comptables à Kinshasa en novembre 2024 a renforcé cette dynamique
en réunissant des professionnels africains pour discuter des enjeux contemporains tels que la digitalisation et
la lutte contre la corruption. Ces évolutions traduisent une volonté de professionnalisation et de
modernisation du secteur comptable, essentielle pour la crédibilité de l’information financière et le soutien à
la bonne gouvernance économique.
Cependant, à Kindu, une crise persistante affecte les PME, exacerbée par la quasi-absence de cabinets
d’expertise comptable. Cette situation entraîne des erreurs dans la gestion financière, un manque de
transparence et des difficultés d'accès au financement, limitant ainsi le potentiel de croissance des entreprises
locales. La Banque Mondiale souligne que « l'absence de services comptables professionnels nuit à la
qualité des états financiers, constituant un obstacle majeur à l'accès au financement formel ».
La présence d’experts-comptables est nécessaire pour produire une information financière fiable et conseiller
les entreprises dans leur gestion. À Kindu, le déficit en infrastructures comptables et en ressources humaines
qualifiées freine le développement des PME, aggravant l'informalité et la sous-bancarisation. Cette étude
vise à mettre en lumière ces disparités régionales et à identifier des leviers d'action pour renforcer la
gouvernance économique locale. Elle ambitionne également d'apporter des recommandations concrètes pour
encourager l’installation de cabinets d’expertise comptable dans des zones à faible couverture, contribuant
ainsi à un développement durable et inclusif.
L'analyse de ce sujet révèle des problèmes systémiques alarmants. En 2024, seulement 200 entreprises ont
déposé leurs états financiers, un chiffre en chute par rapport à environ 89 en 2025, en raison d'un manque de
culture fiscale parmi les opérateurs. Les cabinets d'expertise comptable, censés garantir la conformité des
états financiers, ne réalisent pas de suivi adéquat, favorisant ainsi la fraude comptable et la non-conformité,
ce qui entrave l'accès au financement formel. Actuellement, Kindu ne compte que 3 cabinets pour plus de
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2000 PME, soit un ratio de 1 cabinet pour 667 PME. Cette situation compromet la fiabilité des états
financiers et la performance globale des entreprises, soulignant l'urgence d'interventions pour renforcer la
transparence et la conformité fiscale. Ces préoccupations montrent l'importance des services comptables et
amènent à la question centrale de cette étude : Quel est l’impact de la quasi-absence de cabinets d’expertise
comptable sur la performance financière des PME dans la ville de Kindu ?
Le reste de cet article se structure de la manière suivante, hormis l’introduction et la conclusion assortie des
recommandations : revue de la littérature (2), la méthodologie du travail (3) et les résultats (4).
2. Revue de la littérature
Cette revue de littérature étudie les effets de la quasi-absence de cabinets d'expertise comptable sur
la croissance des PME à Kindu. En éclairant les déterminants de cette situation, nous visons à
comprendre comment l'absence de services d'expertise comptable influence la viabilité et la
compétitivité des entreprises locales. Les études empiriques révèlent des conséquences
significatives du manque d'expertise comptable sur la performance des PME. L'absence de pratiques
comptables adéquates limite leur capacité à évaluer efficacement leur performance, entraînant des
décisions sous-optimales et un accès restreint aux financements. Par exemple, Indriani et al. (2021)
montrent que « les PME qui négligent la comptabilité rencontrent des difficultés dans l'allocation
des ressources ». Jayawardane et Gamlath (2020) soulignent également que « le manque de
compétences en comptabilité financière chez les propriétaires peut mener à une mauvaise gestion
des ressources ».
Des études internationales confirment ces constats. Une enquête de ONECCA Burkina Faso (2023)
révèle que dans les zones urbaines où des experts-comptables sont présents, les entreprises affichent
un taux de bancarisation et de formalisation supérieur de 45 % par rapport aux zones rurales. De
plus, le rapport IFAC & PAFA (2024) démontre que la densité de professionnels comptables est
positivement corrélée à l’augmentation du PIB par habitant et à la mobilisation des recettes fiscales.
Kpogli et Kodjo (2021) mettent en évidence que le simple respect des obligations légales ne garantit
pas l'adhésion des PME aux services d'expertise comptable. Cette situation est particulièrement
pertinente à Kindu, où l'absence de cabinets d'expertise comptable limite la formalisation des états
financiers des PME.
En RDC, plusieurs études illustrent l'importance des services d'expertise comptable. Nkongolo
(2020) montre que la présence de cabinets d’expertise comptable améliore la transparence
financière et facilite l’accès au crédit, avec une croissance annuelle moyenne de 12 % pour les
entreprises suivies par des cabinets, contre 4 % pour celles sans encadrement. Kahambu et Kakule
(2023) constatent une consommation limitée des services d’audit à Butembo, avec un taux de
seulement 4,6 %, soulignant la nécessité d'améliorer la recherche d'informations fiables. Paluku
Vihonoku (2023) révèle que les micros et très petites entreprises de Beni souffrent d'un manque de
clarté dans la gestion de leurs informations comptables, renforçant l'importance de faire appel à des
experts-comptables.
La littérature actuelle montre plusieurs lacunes concernant l'impact de l'absence de services
d'expertise comptable. Peu d’études se sont intéressées à l’impact territorial de la profession
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comptable dans des zones enclavées comme Kindu. La majorité des recherches n’intègrent pas les
déterminants institutionnels et culturels propres aux zones à faible formalisation. Cette étude entend
répondre à ces manques en analysant les effets concrets de l’absence de cabinets d'expertise
comptable sur la croissance des PME à Kindu.
Cette étude s'appuie sur plusieurs théories pertinentes pour analyser l'impact de la quasi-absence de
services d'expertise comptable sur la croissance des PME à Kindu. La théorie d'agence, développée
par Jensen et Meckling (1976), est utile pour comprendre les conflits d'intérêts entre les
propriétaires (actionnaires) et les agents (dirigeants) dans une entreprise. Dans le contexte des PME
à Kindu, la séparation entre propriété et gestion peut inciter les dirigeants à poursuivre des objectifs
personnels, nuisant à la performance financière des entreprises. L'absence de cabinets d'expertise
comptable exacerbe cette situation en limitant l'accès à une information financière fiable, ce qui
rend difficile pour les propriétaires d'évaluer la performance de leurs investissements (Shleifer et
Vishny, 1997). La théorie d'agence montre donc la nécessité d'un encadrement professionnel pour
réduire les asymétries d'information et améliorer la transparence des décisions de gestion.
La théorie de la croissance endogène, développée par Paul Romer en 1990, met en avant
l'importance du capital humain et des institutions pour favoriser une croissance économique
durable. Dans le cadre des PME à Kindu, la présence d'experts-comptables qualifiés est cruciale
pour améliorer leur performance financière. Romer soutient que l'investissement dans le capital
humain stimule l'innovation et la productivité. En l'absence de services d'expertise comptable, les
PME rencontrent des difficultés pour évaluer leur performance et prendre des décisions éclairées, ce
qui limite leur capacité à allouer efficacement leurs ressources.
La théorie de la légitimité organisationnelle, formulée par Suchman en 1995, postule que les
organisations cherchent à maintenir une légitimité perçue par leur environnement externe pour
assurer leur pérennité. Pour les PME à Kindu, la certification financière par un expert-comptable est
essentielle pour renforcer leur crédibilité. Deephouse (1996) souligne que les entreprises qui
s'alignent sur les attentes des parties prenantes, notamment les autorités fiscales, sont mieux
positionnées pour attirer des investissements. L'absence de professionnels qualifiés nuit à cette
légitimité, limitant ainsi les opportunités de financement et entravant le développement des PME.
Introduite par DiMaggio et Powell en 1983, la théorie de la conformité institutionnelle met en avant
les pressions coercitives et normatives qui influencent les décisions organisationnelles. À Kindu, les
PME doivent s'adapter aux normes de leur environnement pour survivre. Les pressions
réglementaires les incitent à adopter des pratiques de certification, même en l'absence de
professionnels qualifiés, renforçant ainsi la transparence financière et la gestion des ressources.
Cette conformité est cruciale pour assurer la durabilité des PME dans un environnement
concurrentiel.
Ces théories fournissent une base conceptuelle pour formuler les hypothèses de cette étude et
comprendre l'impact de l'absence de services d'expertise comptable sur la croissance des PME à
Kindu. La théorie d'agence justifie l'hypothèse H0 en soulignant les risques liés à l'absence
d'encadrement professionnel. La théorie de la croissance endogène soutient H₁ en mettant en avant
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l'importance des experts-comptables pour une bonne gestion financière. De même, la théorie de la
légitimité organisationnelle éclaire l'hypothèse H₂, tandis que la théorie de la conformité
institutionnelle renforce l'argument de l'hypothèse H₃. Ensemble, ces théories permettent de mieux
comprendre les enjeux auxquels les PME de Kindu sont confrontées et d'explorer les implications
de l'absence de services comptables sur leur performance globale.
L’hypothèse principale (H0) retenue dans cette étude est la suivante : La quasi-absence de cabinets
d’expertise comptable a un effet négatif significatif sur la performance financière des PME à Kindu.
Les hypothèses spécifiques sont les suivantes :
H₁ : Effet qualité de l’information financière : L’absence de cabinets d’expertise
comptable impacte significativement à la qualité de la tenue de la comptabilité et à la
production régulière d’états financiers dans les PME à Kindu.
H₂ : Effet financement : L’absence d’experts-comptables limite significativement l’accès
des PME de Kindu aux financements formels (banques, IMF, etc.).
H₃ : Effet croissance et fiscal : La non-disponibilité de conseils comptables professionnels
impacte négativement la performance financière (croissance, rentabilité, pérennité) et la
fiscalité des PME à Kindu.
Hypothèses et Énoncés Références et résultats
signe empiriques antérieurs
H0 (-) La quasi-absence de cabinets d’expertise Sem (2025) : La majorité des
comptable a un effet négatif significatif sur PME ne se conforment pas aux
la performance financière des PME à normes réglementaires, affectant
Kindu. leur performance.
H₁ (+) L’absence de cabinets d’expertise St-Pierre et al. (2005) : Effets
comptable impacte significativement la positifs sur la qualité de
qualité de la tenue de la comptabilité et la l’information financière.
production régulière d’états financiers dans
les PME à Kindu.
H₂ (+) L’absence d’experts-comptables limite Bréchet (2010) : Lien entre
significativement l’accès des PME de expertise comptable et accès aux
Kindu aux financements formels (banques, financements.
IMF, etc.).
H₃ (+) La non-disponibilité de conseils Fabre & Kerjosse (2006) : Impact
comptables professionnels impacte de l’expertise comptable sur la
négativement la performance financière performance des PME.
(croissance, rentabilité, pérennité) et la
fiscalité des PME à Kindu.
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Source : À partir de la littérature et des enquêtes sur le terrain
3. Méthodologie
Cette étude s’inscrit dans le paradigme post-positiviste, qui reconnaît l’existence d’une réalité
objective tout en admettant que notre connaissance de cette réalité est toujours imparfaite,
influencée par le contexte et les perceptions du chercheur. Contrairement au positivisme strict, le
post-positivisme accepte que la connaissance soit provisoire et contextualisée.
La présente recherche adopte une approche mixte, à la fois exploratoire et explicative. Elle vise à
explorer un phénomène peu documenté, à savoir les effets de la quasi-absence de cabinets
d’expertise comptable sur les PME en milieu semi-urbain. Elle cherche également à expliquer
statistiquement les relations causales entre les variables observées à travers des techniques
Statistique. Ce positionnement méthodologique permet de produire des résultats empiriques,
mesurables et généralisables dans une certaine mesure à des contextes similaires.
Pour atteindre les objectifs fixés, nous avons utilisé la technique du questionnaire, l’analyse
documentaire, d’interview et la technique statistique. La technique documentaire a consisté en la
consultation de documents, ouvrages et articles relatifs à la problématique de recherche. L’interview
a permis de recueillir des informations auprès des personnes ressources et d'institutions telles que
l'ANADEC, la Division provinciale de PME, et la Mairie de la Ville de Kindu.
La population cible de cette étude est constituée de toutes les PME opérant dans la ville de Kindu,
quel que soit leur secteur d’activité. Un échantillon a été sélectionné selon une méthode
d’échantillonnage probabiliste, garantissant que chaque membre de la population a une chance
connue d’être inclus. Les critères d’inclusion sont les suivant :
Existence légale ou semi-formelle de l’entreprise.
Minimum d’une année d’existence.
Présence d’un responsable disposé répondre au questionnaire.
Activité continue dans la ville de Kindu.
La taille de l’échantillon a été déterminée à l’aide de l’équation suivante, tenant compte des
paramètres statistiques usuels (Sem et Cornet, 2017) et du nombre de PME identifiées auprès de la
DGI/Maniema, qui est de 2047 PME (Rapport DGI, 2024).
Équation 1 : Détermination de l’échantillon théorique
2
t p ( 1− p )
n=
m2
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Où : n : échantillon théorique ; t : niveau de confiance =1,96 (soit 95 %) ; p : proportion estimée
=0,50 et m : marge d’erreur =0,054.
Le calcul a conduit à un effectif théorique de 329 PME. Pour pallier les non-réponses, 523 PME ont
été contactées, avec 394 réponses, soit un taux de 75,3 %. Seuls 329 questionnaires valides ont été
retenus pour l’analyse statistique. Les données ont été collectées via un questionnaire structuré
adressé aux responsables d’entreprise. Il est composé de cinq sections, qui aborde le profil de
l’entreprise, la tenue de la comptabilité, la gestion financière et l’impact de l’absence de services
d’expertise comptable. Les données ont été traitées avec le logiciel statistique SPSS. Les analyses
comprenaient l’analyse descriptive incluant une analyse univariée et une autre bivariée afin de
tester le lien de dépendance entre certaines variables. La Régression logistique binaire pour
évaluer l’impact entre les variables explicatives sur la probabilité que la PME ait consomme le
service d’expertise comptable.
La spécification du modèle logistique binaire est le suivant : la variable dépendante est Y, où Y=1 si
la PME a consommé le service d’expertise comptable et Y=0 si non. L’équation du modèle est la
suivante :
Équation 1 : Equation de base pour le modèle régression logistique binaire
log =
( P ( Y =1 )
1−P ( Y =1 ) )
=β 0 + β 1 X 1+ β 2 X 2 + β 3 X 3+ …+ β k X k + ɛ
Où :
P(Y=1) : Probabilité qu'une PME ait consommé les services d'expertise comptable.
β0 et βi : Sont respectivement la constante du modèle. Et les coefficients estimés pour chaque
variable indépendante.
Xi : Les variables dépendantes à consulter au tableau 1 de l’opérationnalisation des variables.
ɛ : L’erreur d’estimation, il capture la variation dans la variable dépendante Y qui ne peut
pas être expliquée par les variables indépendantes Xi
4. Principaux résultats
4.1. Profil des PME enquêtées
L’analyse sectorielle des PME à Kindu révèle des tendances significatives. Le secteur tertiaire
prédomine, représentant 44,1 % des entreprises, cela montre l'importance des services dans
l'économie locale. Le secteur secondaire, bien que notable, ne représente que 34,7 %, indiquant une
industrialisation limitée. Le secteur primaire est faible, avec 11,6 % des PME, ce qui reflète des
défis économiques et d'accès aux ressources. Enfin, le secteur quaternaire, à 9,7 %, montre une
présence modeste d'activités liées à l'innovation et aux technologies, signalant un potentiel de
croissance pour diversifier l'économie locale.
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Concernant le statut légal des PME à Kindu, 80,9 % des entreprises sont enregistrées à la Direction
Générale des Impôts (DGI), indiquant un bon niveau de formalisation et une volonté de se
conformer aux obligations fiscales. En revanche, 16,4 % sont enregistrées à la Fédération des
Entreprises du Congo (FEC), ce qui reste inférieur à celles de la DGI. Les PME semi-formelles et
non enregistrées représentent respectivement 0,6 % et 2,1 %, suggérant des obstacles à
l'enregistrement, comme des coûts ou des difficultés administratives.
L'analyse de l'effectif des employés des PME à Kindu montre que 49,8 % d'entre elles comptent
entre 1 et 5 employés, indiquant une prédominance des petites entreprises, typique des économies
émergentes. Les PME ayant entre 6 et 50 employés représentent 34,7 % de l'échantillon, montrant
une certaine croissance au-delà du stade de micro-entreprise. En revanche, seulement 7,9 %
emploient entre 51 et 500 employés, et 7,6 % comptent plus de 200 employés. Ces faibles
pourcentages soulignent des limitations de croissance, liées à des facteurs tels que l'accès au
financement, aux marchés et aux ressources humaines qualifiées.
4.2. Organisation de la comptabilité
L’étude révèle que 58,4 % des PME disposent d'un service comptable, tandis que 41,6 % n'en ont
pas. L'absence d'un service comptable dans une proportion significative d'entreprises pose des
enjeux majeurs pour la gestion financière. Les PME sans ce service risquent de rencontrer des
difficultés dans le suivi de leurs finances, rendant ainsi la prise de décision plus complexe. Cela
peut également les exposer à des problèmes de conformité fiscale, particulièrement préoccupants
dans un environnement où les régulations évoluent.
Concernant la satisfaction des dirigeants par rapport à leur niveau de connaissance en gestion
financière, 54,4 % se disent satisfaits, tandis que 45,6 % ne le sont pas. Cette insatisfaction peut
refléter un besoin d'amélioration des compétences financières, ce qui est capital dans un
environnement où la concurrence est accrue et où les PME doivent naviguer dans des défis
complexes pour rester viables.
Parlant de la consommation des services d’expertise comptable, 68,4 % des PME ne consomment
pas de services d'expertise comptable, tandis que 31,6 % le font. Ce faible recours à des experts
limite l'accès à des conseils financiers stratégiques et essentiels pour optimiser la gestion des
ressources et prendre des décisions éclairées. Le manque d'expertise conduit également à des erreurs
coûteuses, nuisant ainsi à la croissance et à la durabilité des PME dans la ville.
Parlant de la consommation des services d’expertise comptable, 68,4 % des PME ne consomment
pas de services d'expertise comptable, tandis que 31,6 % le font. Ce faible recours à des experts
limite l'accès à des conseils financiers stratégiques et essentiels pour optimiser la gestion des
ressources et prendre des décisions éclairées. Le manque d'expertise conduit également à des erreurs
coûteuses, nuisant ainsi à la croissance et à la durabilité des PME dans la ville.
4.3. Estimation du modèle logistique
Tableau 1: Résultat de la régression logistique binaire
B S.E. Wald df Sig. Exp(B)
Step 1 Secteur 2,369 3 ,499
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Secteur(1) -,527 ,723 ,531 1 ,466 ,590
Secteur(2) ,198 ,579 ,117 1 ,732 1,219
Secteur(3) ,283 ,563 ,252 1 ,616 1,327
Statut ,320 3 ,956
Statut(1) -,405 1,110 ,133 1 ,715 ,667
Statut(2) -,297 1,163 ,065 1 ,799 ,743
Statut(3) -1,051 2,127 ,244 1 ,621 ,350
Année ,013 ,068 ,037 1 ,847 1,013
Effectif 1,810 3 ,613
effectif(1) -,920 ,715 1,656 1 ,198 ,399
effectif(2) -,834 ,768 1,179 1 ,278 ,434
effectif(3) -,382 ,892 ,183 1 ,669 ,683
CA ,000 ,000 ,000 1 ,992 1,000
service_compta(1) 1,362 ,365 13,945 1 ,000 3,903
production_étatfin 5,522 2 ,063
production_étatfin(1) ,421 ,531 ,628 1 ,428 1,524
production_étatfin(2) ,869 ,372 5,449 1 ,020 2,385
Exactitude_etat 1,601 2 ,449
Exactitude_etat(1) -,658 ,520 1,600 1 ,206 ,518
Exactitude_etat(2) -,408 ,489 ,698 1 ,404 ,665
logiciel_compta(1) -,405 ,348 1,352 1 ,245 ,667
amendes_du_auretard(1) -,356 ,333 1,144 1 ,285 ,700
acces_conseil_fin(1) ,722 ,335 4,640 1 ,031 2,059
frequenc_evaluation_perforfin 5,438 2 ,066
frequenc_evaluation_perforfin(1) -,113 ,525 ,046 1 ,829 ,893
frequenc_evaluation_perforfin(2) ,934 ,543 2,955 1 ,086 2,544
method_suivi_fluxtresorerie 8,014 3 ,046
method_suivi_fluxtresorerie(1) 22,804 28064,038 ,000 1 ,999 8008983976,945
method_suivi_fluxtresorerie(2) 21,836 28064,038 ,000 1 ,999 3041801682,084
method_suivi_fluxtresorerie(3) 21,755 28064,038 ,000 1 ,999 2804653168,295
CA_ds_réinvestissement 1,188 3 ,756
CA_ds_réinvestissement(1) -25,452 28152,503 ,000 1 ,999 ,000
CA_ds_réinvestissement(2) -25,254 28152,503 ,000 1 ,999 ,000
CA_ds_réinvestissement(3) -24,755 28152,503 ,000 1 ,999 ,000
defi_gererdépenseetrevenu(1) -,510 ,677 ,569 1 ,451 ,600
interet_formation(1) 2,900 ,674 18,521 1 ,000 18,175
demande_créditbancaire(1) -1,886 ,760 6,157 1 ,013 ,152
obtention_crédit_demande(1) 1,347 ,537 6,296 1 ,012 3,847
impact_de_absence_expertise_sur_cr
-,372 ,539 ,476 1 ,490 ,690
edit(1)
contriconseil_compta_sur_crois_perf
12,402 2 ,002
or
contriconseil_compta_sur_crois_perf
16,948 40192,970 ,000 1 1,000 22925196,311
or(1)
contriconseil_compta_sur_crois_perf
-1,631 ,463 12,402 1 ,000 ,196
or(2)
niveau_connai_gestion_fin(1) ,786 ,332 5,601 1 ,018 ,456
solutio_accès_servicescompta ,312 2 ,856
solutio_accès_servicescompta(1) -,275 ,608 ,204 1 ,651 ,759
solutio_accès_servicescompta(2) -,360 ,645 ,311 1 ,577 ,698
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souhait_d_caninet ,675 2 ,714
souhait_d_caninet(1) -20,914 40194,455 ,000 1 1,000 ,000
souhait_d_caninet(2) -20,604 40194,455 ,000 1 1,000 ,000
Constant -1,700 56531,952 ,000 1 1,000 ,183
Source : Elaboré à l’aide du logiciel IBM SPSS Statistics 20
Selon nos résultats le coefficient pour l'accès au conseil financier est de 0,722 avec une signification
de 0,031. Cela indique que les PME ayant un meilleur accès à ces conseils ont une probabilité plus
élevée de performance. En parallèle, l’existence d’un service comptable a également un impact
significatif, avec un coefficient de 1,362 ce qui signifie que l’absence d’un service comptable pour
ne pas dire le non-recours aux services d’expertise comptable nuit à la performance des PME, en
réduisant leur capacité à produire des états financiers fiables. En parallèle, le statut de l'entreprise a
également un impact, bien que moins significatif, avec un coefficient de 0,320. En revanche,
l'effectif présente un coefficient de 1,810, soulignant que les petites entreprises sont
particulièrement vulnérables à l'absence de soutien comptable. Le test Chi-deux voir le tableau 10 a
été utilisé pour examiner la relation entre le statut légal des PME et l'accès aux services comptables.
Les résultats montrent une association significative, avec une p-value de 0,003. Cela renforce l'idée
que les PME formellement enregistrées bénéficient davantage de services comptables, ce qui est
essentiel pour une gestion efficace et une meilleure performance financière.
En résumé, l’hypothèse principale a été confirmé de manière significative via deux voies la
régression logistique et le test de Chi-deux.
Les résultats indiquent que le coefficient du service comptable est de 1,362 avec une signification
de 0,000, ce qui confirme que l'absence de services comptables affecte fortement la qualité des états
financiers. La fréquence de production des états financiers a également un impact significatif, avec
un coefficient de 0,869 (p-value = 0,020), indiquant que les PME qui produisent des rapports
financiers régulièrement présentent une meilleure exactitude. Le chiffre d'affaires, bien qu'il ait un
coefficient de 0,000, montre qu'il ne modifie pas la relation entre ces variables. Le tableau 9 révèle
une association significative entre l'existence d'un service comptable et le niveau d'exactitude des
états financiers, avec une p-value de 0,002. Cela indique que les PME disposant de services
comptables produisent des états financiers de meilleure qualité, confirmant ainsi l'impact positif de
ces services sur la qualité de la comptabilité. En bref, l’hypothèse est confirmée.
Les résultats révèlent que le coefficient pour la demande de crédit est de -1,886 avec une
signification de 0,013, indiquant que les PME sans services comptables rencontrent des difficultés
pour obtenir des financements. L'utilisation de logiciels comptables a un coefficient de -0,405, ce
qui suggère que les entreprises qui n'utilisent pas ces outils sont également désavantagées. Les
amendes, bien qu'elles n'aient pas de coefficient significatif, peuvent impacter indirectement l'accès
au crédit. Le tableau 10 montre une forte association entre la demande de crédit et l'obtention de
financement, avec une p-value de 0,000. Cela montre que les PME sans expertise comptable
rencontrent des difficultés significatives pour obtenir des financements, ce qui peut entraver leur
croissance et leur développement. Ces observations confirment ainsi l’hypothèse secondaire.
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Les résultats montrent que le coefficient du niveau de connaissance des dirigeants en gestion
financière est de 0,786 avec une signification de 0,018, indiquant que les PME qui investissent dans
la formation de leurs dirigeants en comptabilité améliorent leur performance financière. Le
coefficient de la contribution des conseils comptables sur la performance financière est de -1,631,
indiquant que les PME qui ne sollicitent pas ces conseils subissent des conséquences financières
sérieuses. L’hypothèse est confirmée partiellement, car bien que des résultats significatifs soient
observés, le suivi des flux financiers et d’autres variables n’ont pas été significatif.
5. Conclusion et recommandations
Au terme de cette étude portant sur les effets de la quasi-absence de cabinets d’expertise comptable
sur la performance financière des Petites et Moyennes Entreprises (PME) à Kindu, dans la province
du Maniema en République Démocratique du Congo, il a été démontré que cette carence
structurelle constitue un frein notable à la formalisation, à la performance et à la durabilité des PME
locales. Partant du constat d’un environnement entrepreneurial marqué par un faible recours aux
services professionnels d’expertise comptable, l’étude s’est attachée à analyser les implications de
cette situation sur la qualité de la gestion financière, l’accès au financement et la performance
globale des entreprises.
Les résultats ont confirmé les trois hypothèses d’effet formulées. Premièrement, l’hypothèse H₁
(effet dégradation de l’information financière) a été pleinement validée : l’absence de services
comptables est significativement associée à une production irrégulière et inexacte des états
financiers, limitant la transparence et la maîtrise des flux. Deuxièmement, l’hypothèse H₂ (effet
financement) a également été confirmée : les PME sans certification ou conseil financier et
comptable sont pénalisées dans leur accès aux financements bancaires et aux crédits formels.
Troisièmement, l’hypothèse H₃ (effet performance) est partiellement vérifiée : l’absence de conseils
comptables professionnels affecte négativement certaines dimensions de la performance financière
(croissance, rentabilité, pérennité), mais cette relation est modulée par le niveau de formation des
dirigeants et la capacité de suivi de la trésorerie.
Néanmoins, l’étude comporte certaines limites. D’une part, les résultats sont centrés sur la ville de
Kindu, ce qui limite la généralisation à d’autres contextes urbains ou ruraux de la RDC. D’autre
part, les données étant en grande partie auto-déclarées, elles peuvent être sujettes à des biais
d’appréciation. Enfin, certains déterminants structurels ou informels n’ont pas été intégrés dans le
modèle estimé. Pour des recherches futures, il serait pertinent d’élargir l’étude à d’autres villes
secondaires de la RDC afin de permettre une comparaison régionale, d’approfondir les dimensions
institutionnelles (régulation, offre éducative en comptabilité, fiscalité locale), et de conduire une
analyse longitudinale des trajectoires de performance des PME selon leur niveau
d’accompagnement comptable. Une attention particulière pourrait également être portée à l’effet de
la digitalisation des services comptables sur la performance des PME en contexte de faible
bancarisation.
6. Bibliographie
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