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Le document traite de la mécanique des structures, en abordant des concepts tels que l'isostaticité et l'hyperstaticité, ainsi que les méthodes d'analyse comme la méthode des forces et la méthode des déplacements. Il présente également des théorèmes énergétiques, des dispositifs de libération d'effort, et des exemples d'applications pratiques. Enfin, il explique comment déterminer le degré d'hyperstaticité et les équations de compatibilité nécessaires pour résoudre des structures hyperstatiques.

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Le document traite de la mécanique des structures, en abordant des concepts tels que l'isostaticité et l'hyperstaticité, ainsi que les méthodes d'analyse comme la méthode des forces et la méthode des déplacements. Il présente également des théorèmes énergétiques, des dispositifs de libération d'effort, et des exemples d'applications pratiques. Enfin, il explique comment déterminer le degré d'hyperstaticité et les équations de compatibilité nécessaires pour résoudre des structures hyperstatiques.

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Mécanique des structures

Viet-Ha NGUYEN
[Link]@[Link]
2-2026

1
Mécanique des structures
1. Introduction
2. Théorèmes généraux – Méthodes énergétiques
3. Méthode des forces
4. Méthode des déplacements
5. Méthode de Cross
6. Ligne d’influence
7. Analyse plastique

2
1. Introduction

Exemples introductifs

Avantages et inconvénients de I’isostaticité et de l’hyperstaticité

Identification et calcul du degré d’hyperstaticité

Structures hyperstatiques planes usuelles

Connaître les différentes façons de rendre une structure isostatique


3
Introduction
Exemples introductifs
Déterminer les composantes de réaction dans les structures suivantes:

4
Les liaisons surabondantes: celles qu’il faudrait supprimer du système hyperstatique pour
obtenir un système isostatique
2 types de liaisons surabondantes :
extérieures dans les appuis (les réactions) intérieures provenues des contours fermés

Mécanisme

Vérifier des appuis et des liaisons: isostaticité/hyperstaticité intérieure/extérieure


5
Mécanisme

Vérifier des appuis et des liaisons: isostaticité/hyperstaticité intérieure/extérieure

6
Avantages et inconvénients de I’isostaticité et de l’hyperstaticité
Structures isostatiques: pas sollicitées par les variations globales de
température, ni par les tassements d’appui
 simple à calculer
 standardisation (préfabriqué)

 Structures hyperstatiques: efforts intérieurs généralement mieux répartis,


plus faibles
 moins de matière, plus économiques
 plus rigides, moins déformables, plus résistantes aux sollicitations
exceptionnelles, résistent plus longtemps en cas d’incendie;
 réserve de résistance
7
• Le nombre de liaisons surabondantes représente le degré d’hyperstaticité du
système
• Le degré d'hyperstaticité est indépendant des charges extérieures appliquées au
système
• L'hyperstaticité extérieure et l’autre intérieure: il y a des inconnues
supplémentaires liées aux appuis (réactions inconnues) et aussi liées aux efforts
internes.

Calcul du degré d’hyperstaticité:


 Suppression des liaisons surabondantes: supprimer des liaisons jusqu’à ce que
la structure devienne isostatique.
 Formule: h=f–e
f : nombre de forces qu'il faudrait connaitre pour pouvoir calculer, en tout point
d'une structure, l'ensemble des réactions, forces de liaisons et efforts intérieurs
e : nombre d'équations d'équilibre disponibles 8
• Les dispositifs de libération d’effort:
La rotule: annule le moment fléchissant (M=0)

La glissière tangente: annule l’effort tranchant (V=0)

La coulisse normale: annule l’effort normal (N=0)

La coupure totale : annule tous les efforts

9
• Structures hyperstatiques planes usuelles
poutre continue

cadre ou portique

cadre ou portique retroussé


déformation d'ensemble
meilleure répartition de M
10
cadre fermé

Noeuds rigides & encombrants: coûteux


Poutre triangulée correspondante: plus rigide,
moins esthétique, plus rationnelle

11
-1 -1

+1 +1

h=1 h=3

• différentes façons de rendre une structure isostatique +1 +1

• coupurer, construire les équations de compatibilité,


les résoudre 12
13
• Treillis plan
soutenant une toiture une des dimensions dominante

h = b+r – 2n
b: Le nombre de barres ou
membrures
r : Le nombre de réactions
n: Le nombre de nœuds
fermes poutres en treillis

14
2. Théorèmes généraux – Méthodes énergétiques

• Principe des travaux virtuels


• Travail accompli par une force extérieure
• Théorème de Betty (réciprocité des travaux)
• Théorème de Maxwell (réciprocité des déplacements)
• Expression générale des déplacements

15
Théorèmes généraux – Méthodes énergétiques

• Principe des travaux virtuels


Soit une structure en équilibre solliciétée par des actions extérieures et tel que les
liaisons sont parfaites
forces de surface
Champs d’intérêt: efforts de liaison à distance
déplacements de liaison
déformations
contraintes

dans un champ de
déplacement virtuel

16
Déplacements virtuels
cinématiquement admissibles
Déplacements virtuels
= les matériaux restent continus et les cinématiquement NON admissibles
conditions limites sont satisfaites

17
Travail accompli par une force extérieure
accroissement infinitésimal 𝑑𝑃

dépend de 𝑃, ∆= 𝛼𝑃
schéma statique

forces extérieures: force pontuelle, couple, force répartie Energie potentielle


Loi de conservation de
l’énergie: Tout le travail A
des forces extérieures se
transforme en énergie
𝑝𝑜𝑡𝑒𝑛𝑡𝑖𝑒𝑙 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑛𝑒 𝑜𝑢 é𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 𝑑𝑒 𝑑é𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 é𝑙𝑎𝑠𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒
potentielle W de
déformation du système

18
Théorème de Betty (réciprocité des travaux)
charge statique d’abord

charge statique

: déplacement suivant la direction de la


sollicitation m causé par la sollicitation n

Les mêmes travaux exprimés en fonction des efforts intérieurs engendrés dans les sections
transversales

19
Le travail accompli par des forces extérieures de l’état n suivant la direction des
déplacements de l’état m

Théorème de Betty (réciprocité des travaux)

20
Théorème de Maxwell (réciprocité des déplacements)
Du théorème de Betty
si cas général:

Expression générale des déplacements

𝑀 𝑁 𝑉
𝐴 =∆ = 𝑀 𝑑𝑠 + 𝑁 𝑑𝑠 + 𝑉 𝑑𝑠
𝐸𝐼 𝐸𝐴 𝐺𝐴

𝑀 ; 𝑁 ; 𝑉 indiquent des efforts intérieurs engendrés par une charge unitaire

Généraliser pour un déplacement suivant la direction de la sollicitation unitaire 𝑃 causé


par les sollicitations réelles du groupe 𝑘.
𝑀 𝑁 𝑉
∆ = 𝑀 𝑑𝑠 + 𝑁 𝑑𝑠 + 𝑉 𝑑𝑠
𝐸𝐼 𝐸𝐴 𝐺𝐴
21
Si les sections transversales restent constantes sur toute la longueur d’un même élément:

Formule de Mohr

Si un système travaille surtout à la flexion (poutre droite, portique, arc surbaissé)

Si un système travaille surtout à l’effort normal (treillis)

22
3. Méthode des forces

Possibilités de rendre isostatique une structure hyperstatique


Equations de compatibilité, leurs solutions
Utilisation de la symétrie
Poutres continues - Méthode de Clapeyron

23
Méthode des forces
h=f–e
nombre d'inconnues nombre d'équations issues de la statique
il est nécessaire d’établir h équations supplémentaires (dites équations de compatibilités)

Equivalent à

Système hyperstatique, Système isostatique de référence,


Déficit de h équations en remplaçant les liaisons surabondantes;
h équations supplémentaires pour calculer
toutes les inconnues
24
Système hyperstatique Plusieurs choix de système de référence/base/principal
𝟑

𝟏 𝟐
ou
𝟏
𝟑
réactions surabondantes
(externes/internes) 𝟐

𝟑
𝟏 𝟐

Système isostatique de référence


le principe de superposition du système isostatique simple avec les
charges réelles et des systèmes virtuels avec une charge unitaire 25
Rendre isostatique une structure hyperstatique
Equations de compatibilité, leurs solutions

26
• Exemples: déterminer les systèmes isostatiques de référence

27
• Principe de la méthode des forces
Equations canoniques:
• forme analytique:
Chaque équation exprime la condition selon laquelle
dans un système hyperstatique, le déplacement
généralisé correspondant à chacune des forces
généralisées superflues inconnues 𝑋 (𝑖 = 1,2, … , 𝑛)
est égal à zéro.

• coefficient de flexibilité 𝛿 représente le déplacement produit dans la section 𝑖 selon la direction de la


force 𝑋 causée par une force 𝑋 = 1
• ∆ représente le déplacement produit dans la section 𝑖 du système de référence sous l’effet des charges
appliquées (charges extérieures)
• forme matricielle:
;
: matrice des coefficients de flexibilité 28
Evaluation des intégrales de Mohr par l'emploi de tableaux

> 0 (toujours !)

Conventions : compter positivement les déplacements (généralisés) dans le


sens de définition des inconnues hyperstatiques.

Les tableaux suivants permettre d’évaluer ces intégrales pour certaines cas
de charges extérieures.
29
Variantes
Déplacement : appliquer une force unitaire
Déplacement relatif : appliquer un couple de forces unitaires
Rotation : appliquer un moment unitaire
Rotation relative : appliquer un couple de moments unitaires

30
Ne pas oublier
de multiplier les
𝟏
résultats par
𝑬𝑰

31
Ne pas
oublier de
multiplier
les
résultats
𝒍
par
𝑬𝑰

32
Déformée et diagrammes d’efforts internes obtenus par recombinaison.

Après trouver les inconnues hyperstatiques, on peut recombiner les


réponses sous chacune des charges. Par exemple, le diagramme des
moments :

33
Exemples: déterminer le diagramme des moments des structures suivantes

34
Utilisation de la symétrie
Structure symétrique chargée symétriquement
Pour une barre qui traverse l’axe de symétrie perpendiculairement :

• pas de déplacement
perpendiculaire à l’axe
de symétrie

• pas d’effort
V
tranchant, V = 0

Encastrement
à rouleau

35
Structure symétrique chargée anti-symétriquement
Pour une barre qui traverse l’axe de symétrie perpendiculairement :

• pas de moment
de flexion, M = 0

• pas d’effort axial, V


N=0

36
Poutres continues - Méthode de Clapeyron

utiliser les moments sur appuis comme inconnues hyperstatiques

37
, , ,

où , sont établis en fonction des sollicitations sur


les travées, à partir des Tables de Mohr.

Chacune des équations de compatibilité prend la forme

Pour une poutre à inertie constante et travées de portées égales, cette expression se
simplifie en

38
4. Méthode des déplacements

• Différenciation de l’indétermination statique et cinématique


• Degré de liberté, nœud
• Equilibre d’une structure par ses noeuds
• Résolution d’une structure

39
Méthode des déplacements
 Intérêt de la méthode:
- réduction considérable du nombre des inconnues surabondantes;
- matrice de rigidité unique du système
 Inconnues: rotations et translations
Le nombre d’inconnues: nombre de rotations des nœuds et le nombre de translations

nombre de nœuds intermédiaires rigides nombre de translations possibles

Noeud: «Séparation entre deux parties de structure dont le comportement est bien
compris de façon analytique»
…généralement : partie rectiligne de structure dont les propriétés géométriques et mécaniques sont
constantes et soumise à des sollicitations simples (force ou moment concentré, sollicitation répartie)

Degré de liberté: déplacement ou rotation en un nœud, on n’utilise que les degrés de


liberté directement utiles 40
La structure cinématique de référence est la structure obtenue en bloquant tous les
degrés de liberté choisis.
Degré d’indétermination cinématique n = nombre de blocages nécessaires pour
rendre la structure cinématiquement déterminée
Chaque blocage supprime un degré de liberté : soit une rotation, soit une translation.
(force ← un déplacement, moment ← une rotation).
Dans le cadre du présent cours, on traite essentiellement les structures planes

41
Exemples: déterminer les structure cinématique de référence

42
Coefficient de rigidité (ou de raideur) : réaction produite au degré de liberté i,
lorsqu’on impose uniquement un déplacement unitaire du degré de liberté j, tous
les autres degrés de liberté restant bloqués (égaux à 0).
Coefficient de sollicitation : réaction produite au degré de liberté i, par les
forces extérieures appliquées et lorsque tous les degrés de liberté sont bloqués
(donc calculé dans la structure cinématique de référence).
Dans la structure cinématique de référence, à chaque blocage, il existe une série
de réactions :
• pour chaque déplacement , j = 1, · · · , n (toujours inconnu à ce stade)
• pour les forces extérieures.
Ces forces aux blocages doivent équilibrer les forces extérieures (s’il y en a)
appliquées sur le noeud et associées à ce degré de liberté. Donc:

43
𝐩
forme matricielle
forme condensée
ou forme analytique:

est appelée matrice de rigidité


NB : une matrice de raideurs est symétrique en vertu du théorème de Betti-Maxwell

Conventions : compter positivement les réactions (généralisés) dans le sens de


définition des déplacements inconnus. 44
𝑅 𝑅 𝑅 𝑅
𝑅 𝑅

𝑅 𝑅 𝑅 𝑅
𝑅 𝑅
6𝐸𝐼 3𝐸𝐼
𝑅 =𝑅 = 𝜑 𝑅 =𝑅 = 𝜑 𝑅 =𝑅 =0
𝑙 𝑙

𝑅 𝑅 𝑅
𝑅

𝑅 =𝑃 𝑅 = 𝑞𝑙 𝑅 =0

𝑅 =0 𝑅 =0 𝑅 =0

12𝐸𝐼 3𝐸𝐼
𝑅 =𝑅 = 𝜑 𝑅 =𝑅 = 𝜑
𝑙 𝑙 45
Les barres soumises aux sollicitations spéciales

𝑅 𝑅 𝑅 𝑅 𝑅 𝑅 𝑅 𝑅 𝑅 𝑅 𝑅
𝑅

𝑃𝑏(𝑎 + 2𝑎𝑏 + 2𝑙 ) 5𝑞𝑙 3𝑀(𝑙 − 𝑏 )


𝑅 = 𝑅 = 𝑅 =𝑅 =
6𝐸𝐼 𝑞𝑙 6𝑎𝑏𝑀 2𝑙 8 2𝑙
𝑅 =𝑅 = 𝑅 =𝑅 = 𝑅 =𝑅 =
𝑙 2 𝑙
𝑃(2𝑎 + 3𝑏)𝑎 3𝑞𝑙
𝑅 = 𝑅 =
𝑙 2𝑙 8
Si 𝑎=𝑏=
2 𝑙
Si 𝑎=𝑏=
𝑃𝑙 2
𝑀 =𝑀 = 6𝑃𝑙
8 𝑀 =
32
𝑃 11𝑃 5𝑃
𝑅 =𝑅 = 𝑅 = ;𝑅 =
2 16 16

46
Méthodologie

1. Déterminer le degré d’indétermination cinématique m


2. Identifier, numéroter les degrés de liberté (DDL) à bloquer  la structure cinématique
de référerence
Un DDL associé à un noeud; max: 3 DDL/nœud (en plan)
les éléments qui partagent un même noeud partagent les mêmes DDL
3. Imposer un déplacement unitaire à chaque DDL pour obtenir la matrice de raideur de
la structure puis le vecteur des charges équivalentes 𝐩
4. Ecrire les équations d’équilibre des noeuds 𝐩 , et les résoudre pour obtenir
les déplacements/rotations des DDL
5. Calculer les efforts internes à partir des relations entre efforts internes et
déplacements/rotations aux bornes d’un élément. Par exemple, le diagramme des
moments :
𝐏 𝐢

47
Détails : Equation d’Equilibre (Assemblage)

Etablir la matrice et le vecteur 𝐩 par « assemblage » :


• Imposer un déplacement unitaire à chaque DDL (un à la fois !)
• Calculer les forces (réactions) ainsi nécessaires pour maintenir chaque DDL en place
les éléments de la matrice de raideur
• Calculer les forces (réactions) ainsi nécessaires pour maintenir chaque DDL en place
sous l’effet des charges entre noeuds
les éléments du vecteur des sollicitations 𝐩

48
Principe de parcimonie
EA = ∞ sur les poteaux, donc la traverse ne se déplace pas verticalement
EA = ∞ sur la traverse, donc ses deux extrémités se déplacent de la même quantité
→ deux noeuds (n = 2), trois DDLs (m = 3)

• à un DDL → on regarde toutes les barres qui se déforment


• Si les DDL i et j appartiennent à des noeuds qui ne sont pas reliés par une
barre ou poutre, alors =0 49
−𝐹
𝐹𝐿

𝐩 8
𝐹𝐿
8

50
Exemple: tracer les diagrammes des efforts internes de la structure suivante
(on néglige les déformations d’effort tranchant et d’effort axial dans les éléments fléchis)

𝐹𝐿
16
𝐩 𝐹𝐿 

16

51
V

52
Tableau comparatif des deux méthodes générales d’analyse globale
Concept Méthode des Forces Méthodes des Déplacements
Degré hyperstatique cinématique
d’indétermination …
Nature des De type statique, soit les efforts intérieurs De type cinématique, soit les déplacements
inconnues nodaux Xj libérés par les coupures simples nodaux. uj empêchés par les blocages simples
réalisées réalisés
indice j: pas le le numéro d’une coupure la direction d’un déplacement
numéro d’un nœud
Structure de statiquement déterminée – isostatique cinématiquement déterminée, obtenue en
référence … bloquant les DDL (déplacements) des nœuds
Quelle que soit la efforts intérieurs qui en résultent peuvent déplacements qui en résultent peuvent y être
sollicitation, tous y être obtenus à partir des seules obtenus à partir des seules équations de
les… équations d’équilibre compatibilité
Spécificité éventuel non univoque  envisageable pour un Univoque  aucun choix n’est laissé à
du système de calcul manuel mais très peu propice à la l’utilisateur, d’où tout indiqué pour servir de base
référence base d’un logiciel d’analyse globale aux logiciels d’analyse globale
Sens physique des Compatibilité des déplacements relatifs Equilibre des forces nodales extérieures, agissant
équations des lèvres de chaque coupure j associée à au nœud dans la direction de chacun des
l’inconnue Xj dans le système de référence déplacements dans le système de référence 53
5. Méthode de Cross
 hypothèse maîtresse: la déformabilité due à N et à V sont négligeables devant la
déformabilité due au M
- une méthode d’application manuelle pour l’analyse globale de structures planes.
D’un point de vue physique, elle consiste à résoudre le système d’équations
linéaires de la Méthode des Déplacements par voie itérative.
- les inconnues soient les rotations des nœuds, la méthode permet de trouver
directement les moments de flexion aux extrémités des barres.

 deux règles fondamentales :


• La transmission d’un moment de flexion appliqué à une extrémité d’une barre
vers l’autre extrémité de cette barre
• La répartition d’un moment extérieur, appliqué en un nœud, entre les barres
aboutissant en ce noeud.

54
Règle de transmission
Barre AB (de référence) bi-encastrée, on libère le blocage
de l’extrémité A pour lui imposer une rotation donnée

 substituer un appui simple à cette extrémité à


condition d’extérioriser le moment de flexion MA à
appliquer en A pour générer la rotation dont question

Autre type de barre:

55
Règle de répartition
Soit un noeud où aboutissement barres bi-encastrées et
barres appuyées à l’autre extrémité
Soit la rotation imposée à un noeud. La somme des
moments internes dans les barres aboutissant au noeud vaut

Le moment dans une barre est


et aussi
( )

conseillé: exprimer avec au plus trois décimales 56


Mise en œuvre de la Méthode de Cross

Moments initiaux Correction Moments


d’encastrement parfait valeur de correction
significative finaux
aux extrémités non articulées

Préparation du Schéma de Cross


- identifie clairement les divers nœuds de la structure à l’aide de quelconques symboles,
(des lettres majuscules recommandées)
- une colonne de travail aux deux extrémités de toutes les barres
- En chaque nœud de la structure, on reporte en tête de chaque colonne la valeur du
𝒆
𝒊𝒊
coefficient de partage (sur fond grisé dans l’illustration)
𝒊𝒊
- on reporte des moments d’encastrement parfait aux extrémités des barres soumises à
des charges extérieures directement appliquées
57
322,5 kN/m

6,1m 8,8m
0,73I 0,73I 5,3m
23,9 𝑀𝑁𝑚 16,6 𝑀𝑁𝑚 2,12I
80 𝑀𝑁𝑚
où I est une valeur de 9,3m,
référence d’inertie 0,61I
13,1 𝑀𝑁𝑚
Raideur flexionnelle de
référence EI = 50 MNm²

coefficients de rigidité barre

AB 4.50.0,73
= 23,9 𝑀𝑁𝑚
6,1
BC 4.50.0,73
= 16,6 𝑀𝑁𝑚
8,8
BD 4.50.0,61
= 13,1 𝑀𝑁𝑚
9,3
CE 4.50.2,12
= 80 𝑀𝑁𝑚 58
5,3
Conventions de signes
Efforts intérieurs:
𝑥 𝑥
𝑀 𝑥 = −𝑀 1− +𝑀 +𝑚 𝑥
𝐿 𝐿

𝑀 +𝑀
𝑉 𝑥 = +𝑣 𝑥
𝐿 V V V V

où 𝑚 𝑥 et 𝑣 𝑥 sont respectivement
le moment isostatique et
l’effort tranchant isostatique Méthode de Cross Résistance des Matériaux
59
322,5 kN/m
coefficients de partage
6,1m 8,8m
0,73I 0,73I 5,3m
23,9 𝑀𝑁𝑚 16,6 𝑀𝑁𝑚 2,12I Nœud C,
80 𝑀𝑁𝑚 barre:
où I est une valeur de 9,3m,
CB 16,6
référence d’inertie. 0,61I = 0,172
13,1 𝑀𝑁𝑚 16,6 + 80
Raideur flexionnelle de
CE 80
référence EI = 50 MNm² = 0,828
16,6 + 80
Somme 1
Nœud B,
barre:
23,9 322,5. 6,1
BA = 0,446 12
= 1000 𝑘𝑁𝑚
23,9 + 16,6 + 13,1
BC 16,6
= 0,309
23,9 + 16,6 + 13,1
BD 13,1
= 0,245 B
23,9 + 16,6 + 13,1 A
Somme 1 60
Procédure de la distribution des moments: principe de superposition des effets
Etape 1: Rendre la structure cinématiquement déterminée en bloquant les nœuds en rotation
Etape 2: A cette état, calculer les moments d’encastrement parfait dans les barres chargées par
des forces non nodales.
Etape 3:

débloquer bloquer en
un nœud A quelconque avec un
autres nœuds
moment de flexion de déséquilibre M rotation
libérer
𝑘 l’autre
(1) 𝑘 𝑀 extrémité
𝑴𝑨 = −𝑴 𝑀 𝑘
moment de réparti 𝑘
A (2)
flexion règle de répartition A
extérieur (3) au prorata des raideurs
𝑘
𝑀
𝑘 61
Procédure de la distribution des moments:
attaquer le nœud
souligne les valeurs des - moments de
moments équilibrés déséquilibre

Etape 4: Bloquer le nœud libéré à l‘étape 3, libérer un quelconque autre nœud où existe un
moment de déséquilibre. On répète les opérations de l’étape 3.
Etape 5 et suivantes : Répéter les opérations décrites à l’étape 4 en libérant successivement un
nœud à la fois qui aurait été remis en déséquilibre sous l’effet de moments de flexion issus de
la transmission. On procède de manière récurrente jusqu’à ce que les moments de déséquilibre
qui subsistent soient suffisamment faibles (négligeables).
Etape 6: Effectuer la somme algébrique des valeurs reportées dans les colonnes associées aux
extrémités des barres.
moment de flexion résultant
en cette extrémité
62
moment
𝟏
𝟏 attaquant
𝟐
𝟐

moment de
déséquilibre moment
 Mextérieur distribué
de +1000 kNm
s’appliquant
au nœud B 𝟏
𝟐

moment 𝟏 moment
attaquant 𝟐 distribué

𝟏
𝟐

63
𝟏
𝟐
𝟏 moment
𝟐
attaquant
moment
distribué

𝟏
𝟐

moment
distribué

𝟏
𝟐
Ordre de déblocage
des nœuds: B, C
B, C
64
Etape 6 : la somme des valeurs de moments reportées dans chaque colonne

65
Vérification des résultats en chaque nœud
 L’équilibre en rotation: ce qui garantit le caractère statiquement admissible de la
distribution des moments ;
 L’égalité des angles de rotation de toutes les barres qui y convergent, ce qui assure la
compatibilité cinématique.

L’équilibre des nœuds


Au nœud B: -548 + 300 + 248 = 0 donc satisfait
Au nœud C: +130-130 = 0 donc satisfait

66
Calcul des rotations des nœuds: Nœud B,
, é
barre:
𝜙 > 0; en vertu de la
é BA 446 + 6 𝑘𝑁𝑚
= 18,91 𝑚𝑟𝑎𝑑 convention de signe de la
23,9 𝑀𝑁𝑚
Méthode de Cross – elle se
BC 309 + 4 𝑘𝑁𝑚
= 18,86 𝑚𝑟𝑎𝑑 produit donc dans le sens
16,6 𝑀𝑁𝑚 trigonométrique.
Remarques pratiques BD 245 + 3 𝑘𝑁𝑚
= 18,93 𝑚𝑟𝑎𝑑
 L’ordre de déblocage des 13,1 𝑀𝑁𝑚 pas strictement identiques,
nœuds permet Nœud C, dû aux arrondis lors des
répartitions et de la
éventuellement de contrôler barre: troncature
et de dépister et/ou corriger CB −26 − 0 𝑘𝑁𝑚
= −1,57 𝑚𝑟𝑎𝑑
d’éventuelles erreurs. 16,6 𝑀𝑁𝑚 𝜙 < 0: se produit dans
CE −128 − 2 𝑘𝑁𝑚 le sens horlogique.
 L’ordre de déblocage des 80 𝑀𝑁𝑚
= −1,63 𝑚𝑟𝑎𝑑
nœuds est a priori
quelconque.
Il est particulièrement judicieux d’adopter un ordre de déblocage des nœuds tel que, à chaque
étape, on débloque le nœud où le moment de déséquilibre reste le plus grand (valeur absolue)67
6. Ligne d’influence

• Trouver des configurations de chargement extrême

complet en damier

Utilité
• Trouver la position la plus défavorable d’une charge concentrée
déterminer sa valeur de l’effet

• Trouver les zones à charger par une charge distribuée pour avoir l’effet maximum
déterminer la valeur de l’effet

68
Ligne d’influence

- charges mobiles (essieux de convoi sur un pont routier ou ferroviaire, galets de pont
roulant sur la poutre de roulement, ….)
- effet: de nature mécanique (M, N, V) ou géométrique (flèche, pente, rotation, …)

- une section donnée atteint une valeur extrême, donc une valeur maximale ou minimale
𝑃
- charges // à une direction fixe - prise verticale ( d’action de la gravité)
- Une ligne d’influence est toujours relative à un effet donné dans une section donnée
Par convention:
- une charge gravitaire et unitaire (P = 1) mobile, à abscisse variable s (ou x); on étudie
l’effet dans la section d’abscisse fixe α. s 𝑃=1

- ordonnées positives: au-dessus de la ligne repère Ox 

69
Position la plus défavorable d’une charge mobile ?

De charges variables?

Abscisse Diagramme Ligne d’influence


α de la section variable fixée
x de la charge fixée variable
mobile
𝑦 𝑠
70
Le chargement d’une ligne d’influence
repose sur le principe de superposition

comportement élastique au premier ordre

𝑦 𝑠

• Effet maximum positif: en chargeant les plages positives de la ligne d’influence et


en s’abstenant (autant que faire se peut) d’en charger les plages négatives
• Effet minimum: en chargeant au maximum les plages négatives
en évitant si possible de charger les plages positives
Détermination des lignes d’influences
- en répétant l’analyse un grand nombre de fois (→ possibilité de déterminer plusieurs
lignes d’influence d’un coup)
- directement, à l’aide du théorème de Land (Robert Land, Dresden, 1888, sur base des
travaux de Muller-Breslau) 71
Effets Géométriques
La ligne d’influence d’un effet géométrique s’obtient en appliquant une force unitaire
conjuguée à l’effet recherché. La déformée de la structure ainsi obtenue donne la ligne
d’influence recherchée.
Ligne d’influence Appliquer
d’un déplacement une force dans la direction du déplacement recherché
d’une rotation un moment
s
=𝑦 𝑠
Démonstration:
Théorème de Maxwell (réciprocité des déplacements) 
𝑀 =1

flèches 𝛿

rotations
𝑃 =1

𝜙 72
Effets Mécaniques
Théorème de Land : la ligne d’influence d’un effet mécanique s’obtient en coupurant la
structure selon l’effet recherché et en imposant un déplacement unitaire des lèvres de la
coupure. La déformée de la structure ainsi obtenue donne la ligne d’influence recherchée.

Ligne d’influence …  Relâcher  Et imposer …


d’une réaction la réaction un déplacement unitaire au niveau de et dans le sens de la
réaction
d’un moment d’encastrement la réaction une rotation unitaire
d’un effort tranchant l’effort interne un déplacement relatif unitaire au niveau de la coupure

d’un moment de flexion l’effort interne une rotation relative unitaire aux lèvres de la coupure

73
Démonstration
Soit 𝒔 la ligne d’influence à construire dans la structure 𝟎 à degré d’hyperstaticité.
Soit 𝟏 la structure coupurée obtenue à partir de 𝟎 en coupurant à l’effet mécanique
recherché. 𝟏 est alors à degré d’hyperstaticité
𝑆 𝑆 𝑆

𝑯 = 𝒚𝒔 2 𝑯
1 𝑥
𝑧
Méthode des forces: l’éq. de compatibilité dans 𝟏 : le déplacement conjugué à l’effet
mécanique étudié doit s’annuler sous l’effet combiné de la sollicitation unitaire à
l’abscisse et de la valeur de l’effet mécanique extériorisé :

Théorème de réciprocité de Maxwell:

74
𝑆
𝒔 adimensionnelle
2
𝑯 1 Si 
𝑥

indépendante du point 2 

En pratique : réaction déplacement


• imposer un déplacement ou une rotation moment d’encastrement rotation
unitaire aux lèvres de la coupure → =1 effort tranchant / axial déplacement relatif
• la déformée ainsi obtenue est la ligne moment de flexion rotation relative 𝜙
d’influence (au signe près)

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Cas particulier: Structures isostatiques
La ligne d’influence d’un effet mécanique (efforts internes, réactions) dans une structure
isostatique est composée de lignes droites. Attention, ce n’est pas vrai pour un effet
géométrique (déplacements, rotations)!

Exemple 1

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Exemple 2
Considérons une poutre à 3 appuis A, B, C.
• Recherchons par exemple
𝑦 =𝑅
la ligne d’influence de
la réaction , noté

Théorème de Land

déformée par dans


• la ligne d’influence de la réaction

𝑦 =𝑀
𝑦
𝐿 
𝑥 𝐿
𝐿
• la ligne d’influence du moment de flexion

𝛼
1− 𝑦 .𝛼
𝐿

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Autres exemples des lignes d’influence de…

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Références:
• Cours "Mécanique des structures", Pr. Pierre Latteur, UCLouvain
• Notes de cours: MECANIQUE DES STRUCTURES-PREMIERE PARTIE, Pr. Maquoi,
J.-M. Franssen, ULg
• Introduction à l’analyse des structures, M-A. Studer et François Frey, Presses
polytechniques et universitaires romandes
• Aide-mémoire Mécanique des structures, A. Delaplace, F. Gatuingt,
[Link], Dunod
• Analyse des Structures 1, V. Denoël, ULiège
• Calcul des structures hyperstatiques, Cours et exercices corrigés, M. Mekki

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