Poeme: Sous ma peau
Personne ne voit la pluie
qui tombe sous ma peau.
Les mots qu’on m’a jetés
ont poussé comme des ronces.
On a dit que j’étais trop,
pas assez, jamais comme il faut.
Alors j’ai cherché sur mes bras
une preuve que j’existais encore.
Ce n’est pas la mort que je cherche.
C’est la vie qui pèse trop lourd.
Alors je grave sur ma chair
ce que ma bouche ne sait pas dire.
La lame devient voix,
la brûlure devient cri.
Je dessine l’invisible
pour qu’il arrête de crier en moi.
Je cache mes bras sous des manches,
je cache mon cœur sous des sourires.
Mais la nuit, quand tout se tait,
je porte mes plaies comme des prières muettes.
Les autres voient des cicatrices.
Ils ne savent pas que chaque ligne
est un chapitre de ma survie,
un poème que personne n’a lu.
Un jour, une main s’est posée
là où j’avais le plus mal.
Sans juger. Sans sauver.
Juste… présente.
Et pour la première fois,
j’ai senti que ma douleur
pouvait être accueillie,
pas cachée.
Je n’ai pas jeté la lame ce jour-là.
Mais je l’ai regardée différemment.
J’ai compris que mes cicatrices
ne sont pas des fautes —
elles sont des preuves
que je me suis battue.
Aujourd’hui, je pose les doigts
sur mes bras, sur mes peurs, sur mon histoire.
Je ne suis plus la douleur.
Je suis celle qui l’a traversée.
Mes cicatrices brillent,
comme des racines au soleil.
Je ne les cache plus.
Elles racontent d’où je viens,
pas où je vais.
Et maintenant,
quand la tristesse revient
car elle revient parfois
je pose une main sur mon cœur,
je ferme les yeux,
et je murmure :
« Tu es lumière.
Tu es lumière.
Même dans l’ombre,
tu es lumière. »
M.