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Rapport de mission :
20–24 juin 2016
WHO/WHE/CPI/2017.3
évaluaTion extERNe conjointe des
principales capacités rsi
du
ROYAUME DU MAROC
Rapport de mission :
20–24 juin 2016
WHO/WHE/CPI/2017.3
Le secrétariat de l’évaluation externe conjointe OMS tient à remercier de leur appui et de leur engagement
en faveur des principes du Règlement sanitaire international (2005) les entités et organisations ci-après
qui ont permis à la mission d’évaluation d’atteindre ses objectifs :
• le Gouvernement et les experts du Royaume du Maroc pour leur appui et les efforts qu’ils ont consenti
pour préparer la mission d’évaluation ;
• les Gouvernements égyptien, français, grec et tunisien et le Gouvernement des États-Unis d’Amérique
qui ont fourni des experts techniques pour le processus d’examen par les pairs ;
• l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), l’Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche
(UNITAR) et l’Organisation mondiale de la Santé animale (OIE), pour la contribution apportée par leurs
experts et pour leurs compétences techniques ;
• les bureaux de l’OMS au Royaume du Maroc et en République islamique du Pakistan, le Bureau régional
OMS de la Méditerranée orientale, le Bureau régional OMS de l’Europe et le Département du Siège de
l’OMS Préparation des pays aux urgences sanitaires et RSI ;
• le Programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale pour sa collaboration et son soutien.
Table des matières
Abréviations--------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 3
Introduction---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 1
Résumé d’orientation – Conclusions de l’évaluation extérieure conjointe-------------------------------------- 1
Scores du Maroc---------------------------------------------------------------------------------------------------------- 5
PRÉVENIR————————————————————————— 7
LÉGISLATION, POLITIQUE ET FINANCEMENT NATIONAUX-------------------------------------------------------- 7
COORDINATION, COMMUNICATION ET PROMOTION DU RSI-------------------------------------------------- 10
RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS-------------------------------------------------------------------------------- 12
ZOONOSES--------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 15
SÉCURITÉ SANITAIRE DES ALIMENTS------------------------------------------------------------------------------- 19
SÉCURITÉ ET SÛRETÉ BIOLOGIQUES-------------------------------------------------------------------------------- 21
VACCINATION----------------------------------------------------------------------------------------------------------- 24
DÉTECTER———————————————————————— 26
SYSTÈME NATIONAL DE LABORATOIRES--------------------------------------------------------------------------- 26
SURVEILLANCE EN TEMPS RÉEL------------------------------------------------------------------------------------- 30
NOTIFICATION----------------------------------------------------------------------------------------------------------- 33
DÉVELOPPEMENT DU PERSONNEL---------------------------------------------------------------------------------- 36
RIPOSTER———————————————————————— 38
PRÉPARATION----------------------------------------------------------------------------------------------------------- 38
INTERVENTIONS D’URGENCE---------------------------------------------------------------------------------------- 41
LIEN ENTRE LA SANTÉ PUBLIQUE ET LES AUTORITÉS CHARGÉES DE LA SÉCURITÉ------------------------- 44
MOYENS MÉDICAUX ET DÉPLOIEMENT DE PERSONNEL-------------------------------------------------------- 47
COMMUNICATION SUR LES RISQUES------------------------------------------------------------------------------- 50
AUTRES————————————————————————— 57
POINTS D’ENTRÉE------------------------------------------------------------------------------------------------------ 57
ÉVÉNEMENTS D’ORIGINE CHIMIQUE------------------------------------------------------------------------------- 60
SITUATIONS D’URGENCE RADIOLOGIQUE------------------------------------------------------------------------- 64
Abréviations
vi
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Introduction
L’évaluation extérieure conjointe des capacités requises au titre du Règlement sanitaire international
(2005) permet aux pays de définir les besoins les plus urgents de leur système de sécurité sanitaire et
de hiérarchiser les possibilités à saisir pour améliorer la préparation, la détection et le renforcement de la
capacité d’intervention, notamment en fixant des priorités nationales et en allouant les ressources néces-
saires sur la base des conclusions auxquelles on est parvenu.
Le Maroc est le neuvième pays au niveau mondial et le troisième de la Région OMS de la Méditerranée
orientale à se soumettre volontairement à une évaluation extérieure conjointe. Une équipe multisectorielle
d’experts de l’OMS a pris part à une évaluation d’une semaine du 20 au 24 juin 2016 à Rabat. Avant la
mission, le Gouvernement marocain a procédé, sur la base de l’outil d’évaluation extérieure conjointe, à
une autoévaluation dont les résultats ont été soumis à l’équipe d’évaluation extérieure, en s’attribuant un
score pour chacun des 19 domaines techniques de l’outil. L’équipe d’évaluation extérieure et les experts
marocains ont ensuite collaboré et procédé conjointement à la détermination des points forts actuels du
pays, des domaines à renforcer et des mesures à prendre en priorité et à l’attribution d’un score pour les
19 domaines techniques. On trouvera un résumé des résultats de cet examen dans chacune des cinq sec-
tions techniques du présent rapport.
L’équipe d’évaluation extérieure a pris note et a félicité l’engagement résolu du Maroc en faveur de la lutte
transfrontalière contre la propagation des maladies conformément au RSI Ce contexte favorable est l’abou-
tissement de plusieurs décennies d’engagement en faveur de la santé publique et des services sociaux en
général, reposant sur un haut niveau de développement institutionnel.
1
Le présent rapport sera publié sur les sites Web du Ministère marocain de la santé ([Link]), de l’Organisation mondiale de la Santé
([Link]), de l’Organisation mondiale de santé animale ([Link]), de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
([Link]) et du Programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale ([Link]).
1
Les conclusions de la mission sur les 19 domaines techniques évalués conformément au mandat reproduit
à l’annexe 1 sont en résumé les suivantes :
• Le Maroc dispose d’un cadre législatif et réglementaire bien développé permettant d’appliquer le RSI,
notamment constitué du décret royal de 2009 pour l’application du RSI, la loi cadre N° 34-09 de
2011 et la Constitution de 2011. Le pays est en train de renforcer son système de réglementation et
notamment d’améliorer la coordination et la communication entre tous les secteurs concernés. Il est
fortement recommandé d’accélérer l’adoption du projet de loi de santé publique pour que l’ensemble
de la législation nécessaire soit en place.
• Un mécanisme de coordination de la riposte aux urgences de santé publique de portée internationale
potentielles entre les différents secteurs est assuré par l’intermédiaire du poste de coordination central
(PCC) au niveau national et par les postes de coordination préfectoraux ou provinciaux (PCP) au niveau
régional avec une représentation de haut niveau et un mandat bien défini. Ces entités disposent
de protocoles détaillés permettant de faire appel à la police ou à l’armée en cas de catastrophe
majeure. Dans le cas de l’épidémie d’Ebola, le PCC s’est révélé fonctionnel et efficace, en veillant
à la coordination et à la communication rapide entre les différents secteurs pour mettre en place
les mesures de préparation voulues face au risque de cas importés de cette maladie et prévenir la
transmission du virus sur le territoire marocain.
• Une surveillance et un commandement bien développés sont toutefois insuffisants en l’absence d’un
point focal national RSI (PFN RSI) dont les fonctions et les modes opératoires normalisés (MON) sont
clairement établis et fixent les modalités de coordination avec les responsables des autres secteurs.
La création d’un comité multisectoriel RSI avec des rôles et des responsabilités bien définis est donc
nécessaire pour faciliter et suivre l’application des capacités requises au titre du RSI, tous secteurs
confondus. Par exemple, un tel comité instituerait un mécanisme type en bonne et due forme pour
la coordination et l’échange rapide de l’information concernant les événements courants entre les
secteurs de la santé, de l’élevage, de l’agriculture et les autres secteurs , ainsi que la prévision et le
renforcement rapide des interventions qui s’imposent.
• Les systèmes de laboratoire en place peuvent effectuer au moins cinq des 10 tests définis par le RSI et un
mécanisme de transport des échantillons est en place. Le Maroc a accès aux laboratoires internationaux
et la réglementation des transports internationaux est suivie par le personnel qui bénéficie régulièrement
d’une formation. Le Maroc maîtrise les techniques diagnostiques – bactériologie, sérologie, réaction
en chaîne par polymérase (PCR) – dans des laboratoires déterminés. Une unité indépendante doit
toutefois être établie au niveau central pour coordonner les activités des laboratoires et assurer la
mise en œuvre de systèmes de gestion de la qualité, de la sûreté et de la sécurité biologiques dans
tous les laboratoires du secteur public et du secteur privé. En outre un plan stratégique national et une
politique nationale pour les laboratoires, comprenant notamment une politique de sûreté et de sécurité
biologiques doivent, être définis pour améliorer les capacités de laboratoire nationales.
• La résistance aux antimicrobiens est une préoccupation nationale. Le recours aux antibiotiques dans
l’élevage à des fins de croissance sera interdit sur le territoire marocain à partir de juillet 2017. Un plan
d’action multisectoriel national de lutte contre cette résistance n’est toutefois pas en place même si
l’on a dans l’ensemble pris conscience du risque grave que constitue le phénomène pour le Maroc et
la communauté mondiale.
• Le système de surveillance marocain veille au respect des priorités sanitaires nationales et internationales,
et notamment du RSI. Il s’agit d’un système décentralisé avec une chaîne de notification ascendante
des provinces aux régions et au Ministère de la santé. Il faut accélérer la numérisation du système de
surveillance national et appliquer les MON en veillant à fournir des ressources humaines et financières
suffisantes et à établir en bonne et due forme un système de surveillance fondé sur les événements.
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• Le Maroc présente d’excellents niveaux de couverture vaccinale et prévoit des activités de formation
spécialisée et une incitation à la participation communautaire. Il convient désormais de constituer des
stocks de vaccins et d’assurer leur distribution au niveau régional pour refléter la nouvelle restructuration
politique régionale. Le programme d’assurance de la qualité et le suivi et l’évaluation de la couverture
vaccinale doivent aussi être renforcés.
• La cartographie des dangers est réalisée et en cours d’actualisation sur la base des dangers émergents
et des menaces internationales. Des plans de préparation et de riposte à des événements spécifiques
sont en place, mais il n’y a pas de plan de santé publique national pour la préparation et la riposte aux
événements de santé publique notamment aux points d’entrée. L’élaboration d’un tel plan s’impose
avec la participation de tous les secteurs concernés et il doit être éprouvé et modifié en fonction des
résultats des tests. Le Maroc a démontré et éprouvé sa capacité d’activer des interventions de santé
publique d’urgence dans des délais types avec un personnel dédié qui a reçu la formation nécessaire
et conformément aux pratiques courantes. Un manuel du centre d’opérations d’urgence doit toutefois
être établi et évalué par des exercices de simulation. L’adaptation au niveau d’intervention voulu et
l’octroi des ressources nécessaires doivent être assurés en conséquence.
• Le Maroc a procédé à une évaluation des besoins aux niveaux national, régional et local pour définir
les priorités en matière de développement des ressources humaines et veiller à ce qu’un plan d’action
pour le développement du personnel soit intégré à la nouvelle stratégie du Ministère de la santé. Il faut
un programme de formation durable à l’épidémiologie de l’intervention qui appuie une infrastructure
de formation durable, un réseau national de formateurs/responsables et les capacités d’ensemble dans
le pays.
• Une division de la communication existe dans le cadre du Secrétariat général du Ministère de la santé,
et des plans de communication spécifiques ont été établis, par exemple concernant la maladie à virus
Ebola et les pandémies de grippe. La stratégie de communication sur les risques reste à finaliser et un
plan national multidanger de communication sur les risques doit aussi être élaboré.
• Un centre de toxicovigilance bien établi est opérationnel 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. La capacité
d’analyse toxicologique existe au niveau national, mais pas au niveau régional. Une commission
interministérielle sur les événements chimiques doit être mise en place. Le Profil national sur la gestion
des produits chimiques n’est pas régulièrement mis à jour. Un système général obligatoire pour la
classification et l’étiquetage des produits chimiques doit être élaboré dans tous les secteurs.
• L’Agence marocaine de sûreté et de sécurité nucléaires et radiologiques est l’organe chargé de la sûreté,
de la sécurité, de la préparation et de la riposte en matière radiologique. Les ressources humaines sont
suffisantes et un plan d’action d’urgence est en place pour les urgences radiologiques. Il s’inscrit dans
le cadre du plan national de gestion des catastrophes. Un mécanisme de suivi continu des risques
radiologiques dans les produits de consommation est également en place. Des MON pour détecter et
gérer les urgences radiologiques et mener des enquêtes doivent être élaborés et des établissements
médicaux désignés pour traiter les sujets contaminés par des matériels radioactifs ; ceux-ci doivent être
dotés de ressources adéquates et d’un personnel qualifié.
• La majorité des points d’entrée ont des mesures d’urgences opérationnelles pour la prise en charge des
cas suspects, mais ne sont pas écrites. Des ports désignés ont été dotés de la capacité de délivrer des
certificats de contrôle sanitaire de navire. L’évaluation des risques vectoriels aux points d’entrée doit
être menée et les plans nécessaires pour la surveillance et la lutte antivectorielles doivent être élaborés
et mis en œuvre.
En conclusion, l’équipe extérieure reconnaît le rôle de chef de file que le Maroc peut jouer dans le renfor-
cement des capacités requises au titre du RSI aux niveaux régional et mondial et constate que la plupart
des obligations en vertu du RSI sont respectées. D’une manière générale, il reste à formaliser les MON et
à élaborer des plans qui soient communiqués, mis à l’épreuve et officiellement adoptés. Ces plans doivent
3
Évaluation extérieure conjointe
revêtir un caractère multisectoriel et suivre les procédures décentralisées en place. Les capacités des res-
sources humaines doivent être renforcées, notamment par une formation régulière et par des exercices de
simulation.
La mission tient à remercier chaleureusement les autorités sanitaires nationales de l’appui qu’elles ont
apporté et de l’esprit d’ouverture dont elles ont fait preuve dans la conduite de la mission qui reflète vrai-
ment l’esprit de la résolution EM/RC62/R.3 du Comité régional OMS de la Méditerranée orientale fondé
sur l’indépendance et la transparence.
4
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Scores du Maroc
Note sur les scores attribués aux domaines techniques selon l’outil d’évaluation extérieure conjointe
L’évaluation extérieure conjointe est un processus d’examen par les pairs. La première étape est une au-
toévaluation qui consiste pour le pays concerné à fournir des informations sur ses capacités sur la base
des indicateurs et des questions techniques figurant dans l’outil d’évaluation extérieure conjointe. Il peut
proposer un score à ce stade ou pendant la consultation sur site avec l’équipe extérieure. L’évaluation
extérieure dans son ensemble – surtout les discussions relatives au score à attribuer, aux points forts, aux
domaines à renforcer et aux mesures prioritaires – doit être fondée sur la collaboration et la recherche d’un
accord entre les membres de l’équipe d’évaluation extérieure et les experts nationaux.
En cas de désaccord important ou insurmontable entre l’équipe extérieure et les experts nationaux, le
responsable de l’équipe extérieure décidera du score final et il en sera fait état dans le rapport final avec
un exposé sur la position de chacune des parties.
Capacités Indicateurs
Législation, P.1.1 La législation, les lois, la réglementation, les prescriptions administratives, les
politique et politiques ou autres instruments du gouvernement en place sont suffisants pour pouvoir 2
financement appliquer le RSI
nationaux P.1.2 L’État peut démontrer qu’il a adapté et aligné la législation, les politiques et les dispo-
sitions administratives au niveau national pour permettre l’application du RSI (2005) 3
Coordination, P.2.1 Un mécanisme fonctionnel est en place pour la coordination et l’intégration des sec-
communication et teurs concernés dans la mise en œuvre du RSI 4
promotion du RSI
Résistance aux P.3.1 Détection de la résistance aux antimicrobiens 2
antimicrobiens P.3.2 Surveillance des infections causées par des agents pathogènes résistants aux antimi-
crobiens 2
P.3.3 Programme de prévention et de lutte contre les infections associées aux soins de santé 2
P.3.4 Activité de gestion des antimicrobiens 1
Zoonoses P.4.1 Systèmes de surveillance en place pour les zoonoses/agents pathogènes prioritaires 4
P.4.2 Personnels vétérinaires et de santé animale 4
P.4.3 Mécanismes établis et fonctionnels pour riposter aux zoonoses infectieuses et aux
zoonoses potentielles 3
Sécurité sanitaire P.5.1 Mécanismes existants et fonctionnels de détection et de riposte aux maladies d’ori-
des aliments gine alimentaire et à la contamination des aliments 4
Sécurité et sûreté P.6.1 Existence d’un système de sécurité et de sûreté biologiques impliquant l’ensemble du
biologiques gouvernement pour les structures humaines, animales et agricoles 2
P.6.2 Formation et pratiques dans le domaine de la sécurité et de la sûreté biologiques 2
Vaccination P.7.1 La couverture vaccinale (rougeole) fait partie intégrante d’un programme national 5
P.7.2 Accès et délivrance de vaccins au niveau national 5
Système national D.1.1 Analyses en laboratoire pour la détection des maladies prioritaires 4
de laboratoires D.1.2 Système pour le transfert et le transport d’échantillons 4
D.1.3 Tests diagnostiques modernes et efficaces sur les lieux de soins et en laboratoire 4
D.1.4 Système de qualité des laboratoires 3
Surveillance en D.2.1 Systèmes de surveillance basés sur des indicateurs et de surveillance des événements 3
temps réel D.2.2 Système de notification électronique en temps réel interopérable et interconnecté 2
D.2.3 Analyse des données de surveillance 3
D.2.4 Systèmes de surveillance syndromique 3
5
Évaluation extérieure conjointe
Capacités Indicateurs
Notification D.3.1 Système efficace de notification à l’OMS, à la FAO et à l’OIE 4
D.3.2 Réseaux et protocoles de notification dans le pays 4
Développement du D.4.1 Des ressources humaines sont disponibles pour assurer les principales capacités
personnel requises au titre du RSI
4
D.4.2 Un programme de formation en épidémiologie appliquée est en place (type FETP) 3
D.4.3 Stratégie pour les personnels 4
Préparation R.1.1 Un plan national multidanger de préparation et d’action en cas d’urgence de santé
publique existe et est appliqué 4
R.1.2 Les risques et les ressources de santé publique prioritaires sont cartographiés et
exploités 4
Interventions R.2.1 Capacité à activer des interventions d’urgence 4
d’urgence R.2.2 Procédures et plans opérationnels du centre d’opérations d’urgence 3
R.2.3 Programme d’interventions d’urgence 4
R.2.4 Procédures de prise en charge des cas appliquées pour les dangers relevant du RSI 5
Lien entre la santé R.3.1 La santé publique et les autorités chargées de la sécurité (par exemple, les services
publique et les chargés de faire appliquer la loi, le contrôle aux frontières et les douanes) sont en liaison
autorités chargées lors d’un événement biologique suspecté ou confirmé 4
de la sécurité
Moyens médicaux R.4.1 Système en place pour l’envoi et la réception de moyens médicaux lors d’une urgence
et déploiement de de santé publique 5
personnel R.4.2 Système en place pour l’envoi et la réception de personnels de santé lors d’une
urgence de santé publique 5
Communication sur R.5.1 Systèmes de communication sur les risques (plans, mécanismes, etc.) 2
les risques R.5.2 Communication et coordination internes et avec les partenaires 4
R.5.3 Communication publique 4
R.5.4 Communication pour faire participer les communautés touchées 3
R.5.5 Écoute dynamique et gestion des rumeurs 3
Points d’entrée PoE.1 Capacités de routine présentes aux points d’entrée 3
PoE.2 Action de santé publique efficace aux points d’entrée 3
Événements CE.1 Mécanismes fonctionnels en place pour la détection et la riposte à des événements/
d’origine chimique urgences d’origine chimique 3
CE.2 Environnement favorable à la gestion d’événements d’origine chimique 2
Situations RE.1 Mécanismes fonctionnels en place pour la détection et la riposte aux situations
d’urgence d’urgence radiologique et nucléaire 3
radiologique RE.2 Environnement favorable à la gestion des situations d’urgence radiologique 4
6
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
PRÉVENIR
Législation, politique et financements nationaux
Introduction
Le RSI (2005) prévoit les obligations et les droits des États Parties. Dans certains d’entre eux, l’application
du RSI (2005) pourra nécessiter une législation nouvelle ou la modification de la législation existante.
Même lorsqu’une législation nouvelle ou révisée n’est pas spécifiquement requise, un État Partie peut
choisir de réviser certains règlements ou d’autres instruments afin de faciliter une application plus efficace
du RSI. L’application des lois peut permettre d’institutionnaliser et de renforcer le rôle du RSI (2005) et des
opérations au sein de l’État Partie et faciliter aussi la coordination entre les différentes entités concernées.
À cet égard, on se référera au Guide pour l’application du RSI (2005) dans le cadre de la législation
nationale à l’adresse [Link] Par ailleurs, les politiques visant
des structures et des responsabilités nationales ainsi que l’allocation de ressources financières adéquates
ont également leur importance.
Cible
Les États Parties doivent disposer d’un cadre juridique adéquat pour les appuyer et leur permettre de
s’acquitter de leurs obligations et de faire valoir leurs droits, afin de respecter et d’appliquer le RSI (2005).
Dans certains États Parties, la mise en œuvre du RSI (2005) peut nécessiter une législation nouvelle ou
une modification de la législation existante. Même lorsqu’une législation nouvelle ou révisée n’est pas
spécifiquement requise en vertu du système juridique d’un État Partie, celui-ci peut choisir de réviser une
partie de la législation, de la réglementation ou d’autres instruments afin de faciliter l’application du RSI
et son maintien de manière plus efficiente, efficace et bénéfique.
Les États Parties doivent garantir la mise à disposition de fonds suffisants pour mettre en œuvre le RSI,
qu’ils proviennent du budget national ou d’un autre mécanisme.
7
Évaluation extérieure conjointe
Il est possible de remédier à ces carences au moyen d’un ou de plusieurs instruments juridiques et il faudra
le faire. Le Maroc s’est engagé sans réserve en faveur de la mise en œuvre du RSI comme l’illustrent la
réforme actuelle de son système de santé et l’élaboration d’un plan national du secteur de la santé pour
2017-2021 et du projet de loi sur la santé publique.
Indicateurs et scores
P.1.1 La législation, les lois, la réglementation, les prescriptions administratives, les politiques
ou autres instruments du gouvernement en place sont suffisants pour pouvoir appliquer le
RSI
Score 2 : Capacité limitée. Le Maroc s’est résolument engagé à appliquer pleinement le RSI. Une évaluation
de la législation, de la réglementation, des prescriptions administratives et des autres instruments de l’État
comme prévu par le RSI a été effectuée en 2011. Elle a conduit à l’élaboration du projet de loi sur la santé
publique. L’adoption et l’application effective de cette loi permettront au Maroc d’atteindre le niveau 3
pour cet indicateur.
P.1.2 L’État peut démontrer qu’il a adapté et aligné la législation, les politiques et les
dispositions administratives au niveau national pour permettre l’application du RSI (2005)
Score 3 : Capacité développée. L’évaluation législative et réglementaire effectuée en 2011 a mis en
lumière des problèmes qui sont abordés dans le projet de loi sur la santé publique. Le Maroc applique la
législation et les politiques pertinentes dans divers secteurs concernés par la mise en œuvre du RSI.
8
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Points forts/meilleurs pratiques
• Une évaluation des lois et des mesures de réglementation dans tous les secteurs concernés a été
effectuée en 2011. Les ajustements à apporter ont été identifiés et sont prévus dans le projet de loi
sur la santé publique.
• Le Maroc met sur pied un système réglementaire renforcé qui améliorera la coordination et la
communication entre tous les secteurs intéressés. Un système de notification et de surveillance intégré
sera également mis en place avec la création d’un organisme de santé publique national.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La coordination multisectorielle pour la mise en œuvre du RSI devrait être améliorée.
• Des politiques supplémentaires devraient être adoptées pour faciliter les fonctions de base et les
fonctions élargies du PFN RSI.
Documentation pertinente
• Politique de santé publique au Maroc et définitions des éléments du projet de loi sur la santé publique
PRéVENIR
dans le cadre de la mise en œuvre du RSI (2005), décembre 2011. Ce document comporte une liste
détaillée des lois et mesures réglementaires dans tous les secteurs concernés.
• Loi-cadre N° 34-09 de 2011.
• Constitution du Royaume du Maroc de 2011.
• Décret royal N° 1-09-212 de 2009.
9
Évaluation extérieure conjointe
Cible
Pour que les systèmes d’alerte et d’action soient efficaces, l’application effective du RSI (2005) nécessite
des approches multisectorielles/pluridisciplinaires à travers des partenariats nationaux. La coordination des
ressources dans tout le pays, y compris le fonctionnement pérenne d’un point focal national RSI (PFN) qui
est un centre national de communication pour le RSI (2005), est une exigence clé de l’application du RSI
(2005). Le PFN doit être accessible à tout moment pour communiquer avec les points de contact régionaux
RSI de l’OMS et avec tous les secteurs et autres parties prenantes concernées dans le pays. Les États Parties
doivent fournir à l’OMS les coordonnées des PFN qu’ils doivent mettre à jour continuellement et confirmer
tous les ans.
Le rôle de PFN RSI est assuré par la Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies (DELM),
dont le directeur est le point focal principal. Le PFN RSI comprend également le chef de la section de la
surveillance au sein de la Direction. Les coordonnées des représentants du PFN RSI ont été communiquées
à l’OMS et sont continuellement mises à jour et confirmées tous les ans. Les rôles et responsabilités du PFN
RSI ne sont cependant pas suffisamment bien définis et mis en œuvre.
Les mécanismes et procédures de base pour la collaboration et la communication intersectorielles passent
par le poste de coordination central (PCC) pour les événements de santé publique pouvant avoir une portée
internationale (mais non pour des événements ordinaires). La coordination et la communication entre les
différents secteurs et avec les points d’entrée ont été testées et renforcées à la suite d’incidents réels.
L’aéroport Mohammed V à Casablanca est un pôle principal pour les vols internationaux en provenance de
l’Afrique de l’Ouest. Lors de la récente épidémie de maladie à virus Ebola, le Maroc a décidé de maintenir
les vols provenant de cette région. La coordination et la communication entre les secteurs concernés et
l’aéroport sur le suivi des cas suspects d’Ebola – et la communication en temps utile entre l’aéroport et le
PFN RSI – se sont avérées fonctionnelles et efficaces dans cet aéroport ainsi qu’aux autres points d’entrée.
Plusieurs exercices de simulation et entraînements ont été organisés pour renforcer le niveau de préparation
et la coordination multisectorielle avec les secteurs chargés des événements de caractère chimique ou
radiologique, mais aucun événement réel n’a permis d’en vérifier la fonctionnalité.
Un comité RSI multisectoriel doit être établi pour faciliter la mise en œuvre des capacités au titre du RSI. Le
PCC pourrait assumer ce rôle, sous réserve d’une révision de son mandat dans ce sens.
Le PFN RSI est habilité à recevoir et à communiquer les informations sur le plan interne, du fait de sa
position hiérarchique et de sa participation au PCC. Celui-ci relève du Ministère de l’intérieur et comprend
des membres de tous les secteurs concernés par la mise en œuvre des capacités au titre du RSI. Les
informations sur les événements de santé publique pouvant avoir une portée internationale sont échangées
en temps utile aux réunions du PCC. Des mécanismes d’échange informel des informations existent entre
les unités de surveillance de la santé animale et humaine, les laboratoires et les autres secteurs concernés
par les risques zoonosiques et les urgences liées aux zoonoses. Sans reposer sur des documents, ces
mécanismes sont respectés en pratique.
On a constaté une sensibilisation insuffisante au RSI lors des entraînements au Maroc en vue de l’évaluation
extérieure conjointe, ce qui peut être attribué au renouvellement des effectifs et à la promotion insuffisante
du RSI et de son application auprès des nouveaux personnels. Il apparaît aussi que le PFN RSI et ses
10
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
fonctions sont mal connus du personnel aux différents niveaux administratifs des secteurs concernés.
Indicateurs et scores
P.2.1 Un mécanisme fonctionnel est en place pour la coordination et l’intégration des
PRéVENIR
secteurs concernés dans la mise en œuvre du RSI
Score 4 : Capacité démontrée. Une loi concernant le RSI est en vigueur. Les mécanismes de coordination
et de communication multisectoriels et pluridisciplinaires ont été testés par des exercices en temps réel.
Les mécanismes multisectoriels pour la mise en œuvre du RSI ne sont pas en place et des mises à jour sur
l’état de la mise en œuvre ne sont pas disponibles.
11
Évaluation extérieure conjointe
Introduction
Les bactéries et autres microbes évoluent en fonction de leur environnement et acquièrent inévitablement
des mécanismes pour résister aux agents antimicrobiens. Pendant des décennies, le problème était gérable
car la résistance progressait lentement et l’industrie pharmaceutique continuait à mettre au point de
nouveaux antibiotiques.
Au cours des dix dernières années, le problème s’est transformé en crise. La résistance aux antimicrobiens
évolue désormais à un rythme alarmant et plus rapidement que la mise au point de nouveaux moyens
de vaincre les infections humaines. Cette situation constitue une menace pour les soins aux patients, la
croissance économique, la santé publique, l’agriculture, la sécurité économique et la sécurité nationale.
PRéVENIR
Cible
Appuyer le travail coordonné par l’OMS, la FAO et l’OIE pour préparer un ensemble intégré d’activités à
l’échelle mondiale pour combattre la résistance aux antimicrobiens, couvrant les domaines de l’humain,
de l’animal, de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement (approche « Un monde, une santé »),
notamment : a) mise en œuvre, dans chaque pays, d’un plan national global pour combattre la résistance
aux antimicrobiens ; b) renforcement de la surveillance et des capacités des laboratoires aux niveaux
national et international en suivant les normes internationales convenues, élaborées dans le cadre du
plan d’action mondial et en tenant compte des normes existantes ; et c) amélioration de la conservation
des traitements existants et de la collaboration pour soutenir le développement durable de nouveaux
antibiotiques, de traitements alternatifs, de mesures préventives, de tests diagnostiques rapides sur le lieu
des soins, y compris de systèmes pour conserver les nouveaux antibiotiques.
12
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Indicateurs et scores
P.3.1 Détection de la résistance aux antimicrobiens
Score 2 : Capacité limitée. Ce score reflète la constatation selon laquelle le Maroc, tout en ayant la
capacité de détection et de notification de certains agents pathogènes prioritaires (score 3), ne s’est pas
encore doté d’un plan national (score 1).
PRéVENIR
• Il faut veiller à la collaboration entre les secteurs de la santé animale et humaine.
• Un laboratoire national devrait être désigné pour tester la résistance aux antimicrobiens.
P.3.2 Surveillance des infections causées par des agents pathogènes résistants aux
antimicrobiens
Score 2 : Capacité limitée. Comme dans le cas précédent, le score reflète l’absence d’un plan national
(score 1), alors que le Maroc dispose de sites sentinelles de surveillance de certains agents pathogènes
prioritaires (score 3).
P.3.3 Programme de prévention et de lutte contre les infections associées aux soins de santé
Score 2 : Capacité limitée. Le Maroc dispose d’un plan national pour les infections associées aux
soins de santé. Une stratégie nationale mise en œuvre en 2005 est en cours d’actualisation. Comme pour
les catégories précédentes, les progrès sont relativement rapides grâce à la volonté et à l’engagement
politiques.
13
Évaluation extérieure conjointe
Documentation pertinente
• Règlement intérieur des hôpitaux ; Arrêté de 2010 (pour les infections associées aux soins de santé).
• Manuel d’hygiène hospitalière, 2010 (pour les infections associées aux soins de santé).
• Rapport final de la Consultation pour l’élaboration du plan stratégique national de prévention et de
contrôle de la résistance aux antimicrobiens.
14
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
ZOONOSES
Introduction
Les zoonoses sont des maladies infectieuses transmises entre l’animal et l’homme. Elles sont provoquées
par des bactéries, des virus, des parasites et des champignons dont des animaux sont porteurs et parfois
transmises par l’intermédiaire d’insectes ou de vecteurs inanimés. Les trois quarts environ des récentes
maladies humaines infectieuses émergentes sont d’origine animale et quelque 60 % des agents pathogènes
de l’homme sont d’origine zoonosique.
Cible
Adoption de comportements, de politiques et/ou de pratiques mesurables qui minimisent la transmission
PRéVENIR
de zoonoses de l’animal à l’homme.
15
Évaluation extérieure conjointe
• Définir un cadre type pour la détection des zoonoses et la riposte, et appuyer la mise au point de
procédures intersectorielles pour la définition des rôles, responsabilités et activités des différents
acteurs. De telles procédures devront être mises à l’épreuve par des exercices de simulation associant
les centres d’opérations d’urgence aux niveaux central et régional.
• Encourager les plans d’intervention multisectoriels – associant le Ministère de la santé, l’ONSSA et le
Ministère de l’intérieur – qui ne visent pas qu’une maladie déterminée.
• Encourager la formation conjointe en ce qui concerne l’épidémiologie, l’intervention rapide, la gestion
des risques, la communication conjointe et toutes les autres fonctions essentielles à la gestion des
événements zoonosiques afin de faciliter la coordination entre les acteurs.
Indicateurs et scores
P.4.1 Système de surveillance en place pour les zoonoses/agents pathogènes prioritaires
Score 4 : Capacité démontrée. Des réseaux de surveillance passive des zoonoses sont bien établis et
PRéVENIR
couvrent l’ensemble du territoire par des structures décentralisées, des services provinciaux et des brigades
mobiles. En outre, le secteur de la santé animale a recours à des personnels paravétérinaires et à des
vétérinaires privés auxquels a été confié un mandat sanitaire pour les activités de santé publique vétérinaire,
notamment la surveillance des maladies endémiques et émergentes. Des techniciens vétérinaires se rendent
régulièrement sur les marchés aux bestiaux, ainsi que dans les souks et abattoirs.
Des programmes de surveillance active des principales zoonoses comme la tuberculose, la brucellose et
la grippe aviaire sont en place et pourraient être complétés par de nouveaux programmes contre d’autres
zoonoses. Des enquêtes entomologiques ou sur la faune sauvage (notamment sur les chiens errants) moins
fréquentes sont par exemple effectuées à l’occasion de projets de recherche ou de programmes ciblés.
La notification sur les zoonoses de la liste prioritaire est obligatoire. Les canaux d’information sont connus
et utilisés et les protocoles doivent être respectés sous peine de sanctions. Les activités de surveillance sont
cependant propres à chaque secteur et l’échange d’informations entre les secteurs de la santé animale et
humaine est limité. Une amélioration de la coordination permettrait au Maroc d’atteindre le niveau 5 pour
cet indicateur.
16
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Un programme de formation continue du personnel de l’ONSSA et un catalogue de formation sur mesure
permettent de renforcer les compétences. Les vétérinaires privés auxquels l’ONSSA fait appel n’ont
cependant qu’un accès limité à ce type de formation. Des améliorations, notamment en matière de lutte
contre les zoonoses, permettraient d’atteindre le niveau 5 pour cet indicateur.
PRéVENIR
• Malgré les effectifs en apparence satisfaisants, de plus en plus de vétérinaires s’occupent de tâches
spécifiques liées à la croissance rapide du secteur de la production alimentaire, ce qui peut diminuer
l’attention accordée à la surveillance des maladies animales, et notamment des zoonoses.
• Les vétérinaires privés ne sont pas tenus de suivre les programmes de formation continue à la
surveillance et à la lutte contre les maladies animales, alors qu’ils sont astreints à des activités de
sécurité sanitaire et d’inspection des aliments.
P.4.3 Mécanismes établis et fonctionnels pour riposter aux zoonoses infectieuses et aux
zoonoses potentielles
Score 3 : Capacité développée. Les services vétérinaires ont démontré leur capacité de réagir rapidement
à l’introduction d’agents pathogènes et de combattre et même d’éradiquer plusieurs pathologies animales
majeures (fièvre aphteuse, peste équine, peste des petits ruminants), qui ne sont toutefois pas des zoonoses.
L’ONSSA applique un plan national cohérent de riposte aux grandes épizooties, qui comprend un cadre
type et des plans, manuels et procédures détaillés concernant les principales maladies animales. S’il couvre
certaines zoonoses importantes, comme les virus de la grippe aviaire hautement pathogènes, ce plan n’est
pas coordonné avec le secteur de la santé humaine. Des mécanismes d’intervention multisectorielle ont
été décrits contre certaines zoonoses (rage et virus A(H5N1) par exemple) ou lors d’événements récents
comme l’émergence du virus A(H9N2) ou du charbon. Ces mécanismes ont fait leurs preuves en situation
de crise, mais doivent être mieux structurés et établis en bonne et due forme.
En conclusion, certaines des capacités propres aux niveaux 4 et 5 de l’indicateur sont en place, mais le
score du Maroc reste de 3 en l’absence d’un mécanisme officiel de coordination.
17
Évaluation extérieure conjointe
• La riposte à une situation de crise n’existe actuellement qu’au cas par cas.
• Une formation aux interventions rapides doit être offerte aux équipes intersectorielles.
Documentation pertinente
• Rapport d’évaluation des performances des services vétérinaires au Maroc, Organisation mondiale de
la Santé animale, 2013.
• Loi No 25-08 portant création de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires
promulguée par le dahir No 1-09-20 du 18 février 2009.
• Loi No 28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires, promulguée par le dahir No 1-10-
08 du 11 février 2010.
• Dahir portant loi No 1-75-292 du 19 septembre 1977, édictant les mesures propres à garantir les
animaux domestiques contre les maladies contagieuses.
• Plan national contre les épizooties, ONSSA, 2009.
PRéVENIR
18
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Sécurité sanitaire des aliments
Introduction
Les maladies diarrhéiques d’origine alimentaire ou hydrique figurent parmi les principales causes de morbidité
et de mortalité, notamment dans les pays moins avancés. La rapide mondialisation de la production et du
commerce des aliments a entraîné un risque accru d’incidents internationaux impliquant la contamination
de produits alimentaires. La détermination de la source d’une flambée et son endiguement revêtent une
importance primordiale pour les combattre et il faut disposer d’une capacité de gestion des risques pour
la lutte tout au long de la chaîne alimentaire. Si une analyse épidémiologique repère un aliment comme
source d’un événement, des mesures de gestion des risques doivent alors être mises en place sur la base
d’une évaluation des risques afin de prévenir des cas humains (ou des cas supplémentaires).
Cible
PRéVENIR
Les États Parties doivent avoir la capacité de surveiller et de riposter aux événements/risques de maladies
d’origine alimentaires ou véhiculées par l’eau. Cela nécessite une communication et une collaboration
efficaces entre les secteurs chargés de la sécurité sanitaire des aliments, de la sécurité de l’eau et de
l’assainissement.
19
Évaluation extérieure conjointe
et dans leurs laboratoires. Des liens opérationnels sont établis entre le personnel de surveillance et de
riposte, la sécurité sanitaire des aliments, la santé animale et les laboratoires. Les départements ministériels
travaillent en équipe, chacun ayant son mandat propre, aux niveaux central, régional et local. Les personnels
de ces institutions collaborent pour déterminer les risques et les interventions : le Ministère de l’agriculture
s’occupe surtout de la production, du traitement et de la vente au détail des produits primaires, des
produits alimentaires et des fourrages alors que les Ministères de la santé et de l’intérieur interviennent
surtout au niveau de la vente au détail des vivres et de la restauration. La coordination doit encore être
renforcée, tout comme l’échange rapide des informations sur la détermination des risques et l’analyse
entre les parties prenantes.
PRéVENIR
plantes ou à l’environnement.
Cible
Mise en place d’un système national de sécurité et sûreté biologiques impliquant l’ensemble du
gouvernement, qui soit en mesure de stocker, de sécuriser et de surveiller les agents pathogènes
particulièrement dangereux dans un nombre réduit de structures conformément aux meilleures pratiques ;
dispensation de formations et sensibilisation par l’éducation à la gestion des risques biologiques afin de
promouvoir une culture partagée de la responsabilité, de réduire les risques de double usage, de limiter
la prolifération biologique et les menaces liées à un usage délibéré, et d’assurer le transfert des agents
biologiques en toute sécurité ; mise en place d’une législation sur la sécurité et la sûreté biologiques propre
à chaque pays, de l’homologation des laboratoires et de mesures de lutte contre les agents pathogènes.
21
Évaluation extérieure conjointe
• Cartographier tous les laboratoires et établir une base de données des agents pathogènes étudiés.
• Établir ou améliorer un programme national de formation de base et de formation continue à la
sécurité et à la sûreté biologiques et vérifier régulièrement les compétences.
Indicateurs et scores
P.6.1 Existence d’un système de sécurité et de sûreté biologiques impliquant l’ensemble du
gouvernement pour les structures humaines, animales et agricoles
Score 2 : Capacité limitée. Si les laboratoires ONSSA de sécurité sanitaire des aliments sont dotés
de programmes et de politiques de sécurité et de sûreté biologiques, les laboratoires de santé humaine
commencent à peine à les introduire. Les laboratoires de l’Institut national d’hygiène (INH) ont établi
une liste et procédé à une évaluation des risques et introduisent actuellement des politiques de sûreté
biologique élaborées dans chaque laboratoire. L’Institut Pasteur et le laboratoire de virologie de l’hôpital
universitaire Mohammed V commencent aussi à le faire ; tous utilisent des techniques de pointe pour le
diagnostic.
PRéVENIR
22
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• Une formation universitaire doit être offerte durablement aux personnes qui manipulent des agents
pathogènes et toxines dangereux.
• Une formation supplémentaire devrait être prévue pour le secteur privé.
Documentation pertinente
• Arrêté de la ministre de la santé No 2598-10 du 27 ramadan 1431 (7 septembre 2010) relatif au guide
de bonne exécution des analyses de biologie médicale.
PRéVENIR
23
Évaluation extérieure conjointe
Vaccination
Introduction
La vaccination constitue l’une des interventions sanitaires mondiales les plus réussies et l’un des moyens
les plus rentables de sauver des vies et de prévenir la maladie. On estime qu’elle permet d’éviter plus de
deux millions de décès dans le monde chaque année.
Cible
Un système national performant de délivrance de vaccins – envergure nationale, distribution efficace,
accès à des populations marginalisées, chaîne du froid adaptée et contrôle systématique de la qualité – en
mesure de répondre aux nouvelles menaces de maladies.
PRéVENIR
Indicateurs et scores
P.7.1 La couverture vaccinale (rougeole) fait partie intégrante d’un programme national
Score 5 : Capacité pérenne. Il ressort des données administratives que 99 % des enfants marocains
ont reçu au moins une dose de vaccin à valence rougeole à 12 mois. Plus de 80 % de toutes les unités
infranationales (districts) sont couvertes.
24
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• La sensibilisation à la vaccination est assurée socialement et par le gouvernement marocain au plus
haut niveau.
• Les guides sur les pratiques de gestion des vaccins sont régulièrement mis à jour.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La surveillance de la paralysie flasque aiguë doit être améliorée, parallèlement à un renforcement
général du suivi et de l’évaluation de la couverture vaccinale.
PRéVENIR
Points forts/meilleures pratiques
• La chaîne du froid est assurée à tous les niveaux.
• Aucune rupture de stock n’a été constatée et les prévisions des besoins sont fiables.
• On observe une forte demande pour la vaccination et la capacité existe de mener des campagnes
à grande échelle ; une campagne à l’échelle nationale contre la rougeole et la rubéole a permis de
vacciner 11 millions de personnes avec une excellente mobilisation sociale, une forte participation
communautaire et une bonne collaboration avec les organisations non gouvernementales.
• Une bonne couverture des populations marginalisées a été assurée grâce à des stratégies fixes et
mobiles et à des campagnes de vaccination réduites.
• Les facilitateurs du programme aux niveaux national et régional assurent le suivi continu du programme
de vaccination.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La chaîne du froid devrait être améliorée en favorisant la réfrigération spécifique à chaque vaccin.
• Les stocks de vaccins et les moyens de distribution devraient être situés stratégiquement au niveau
régional, pour que la distribution reflète la nouvelle restructuration politique régionale.
Documentation pertinente
• Profil national de vaccination OMS :
• [Link]
countries?countrycriteria %5Bcountry %5D %5B %5D=MAR.
• Stratégie sectorielle de santé 2012/2016 ; axe 2, action 35.
• Santé en chiffres 2013, édition 2014, partie 4.4.
• Manuel du programme PEV.
25
Évaluation extérieure conjointe
DÉTECTER
Système national de laboratoires
Introduction
Les laboratoires de santé publique assurent des services essentiels, notamment la détection des maladies
et des flambées, les interventions d’urgence, la surveillance de l’environnement et la surveillance des
maladies. Les laboratoires de santé publique nationaux et locaux peuvent servir de point focal pour un
système national par le biais de leurs fonctions de base pour la sécurité humaine et animale et la sécurité
sanitaire des aliments, notamment la prévention, la lutte et la surveillance concernant les maladies ;
la gestion intégrée des données ; les tests spécialisés et de référence ; la surveillance en laboratoire ;
les interventions d’urgence ; la recherche en santé publique ; la formation et l’enseignement ; et les
partenariats et la communication.
La sécurité vétérinaire dans le secteur animal et alimentaire est assurée par les laboratoires de l’ONSSA et
non par les laboratoires de santé.
Cible
Surveillance biologique en temps réel avec un système national de laboratoires et des tests diagnostiques
DéTECTER
26
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Mesures recommandées en priorité
• Établir une unité indépendante au niveau central doté d’une ligne budgétaire et de ressources humaines
appropriés afin de coordonner l’ensemble des activités des laboratoires et de veiller à la mise en œuvre
de systèmes de gestion de la sécurité et de la sûreté biologiques de qualité dans tous les laboratoires
publics et privés. Cette unité serait également en mesure de coordonner les contrôles extérieurs de la
qualité nécessaires pour tous les laboratoires de santé humaine au niveau national et d’y donner suite
en fonction des résultats afin de dégager une bonne vue d’ensemble de leurs capacités.
• Établir un groupe de travail national comprenant des représentants issus des laboratoires de santé
humaine et vétérinaire, de sécurité sanitaire des aliments, de recherche et de l’environnement pour
rédiger une politique nationale des laboratoires, englobant la sécurité et la sûreté biologiques et un
plan stratégique national pour améliorer les capacités des laboratoires nationaux.
• Mettre en œuvre des systèmes de qualité dans les laboratoires aux niveaux régional et provincial et
établir un système extérieur de contrôle de la qualité que tous les laboratoires sont tenus de respecter.
• Établir un système de contrôle des laboratoires pour veiller au respect des normes nationales dans les
laboratoires privés et publics.
• Prévoir une ligne budgétaire spécifique pour les activités des laboratoires dans le cadre des systèmes
de laboratoire (transport d’échantillons, contrôle extérieur de la qualité, étalonnage, entretien du
matériel, etc.).
Indicateurs et scores
DéTECTER
D.1.1 Analyses en laboratoire pour la détection des maladies prioritaires
Score 4 : Capacité démontrée. Les laboratoires des systèmes à plusieurs niveaux ont la capacité de
diagnostiquer les maladies prioritaires au Maroc. Des réseaux de laboratoires sont en place pour le VIH,
la tuberculose et le paludisme. Les laboratoires cliniques dans les hôpitaux ont introduit un système à
plusieurs niveaux.
27
Évaluation extérieure conjointe
D.1.3 Tests diagnostiques modernes et efficaces sur les lieux de soins et en laboratoire
Score 4 : Capacité démontrée. Des tests rapides de dépistage du VIH et du paludisme sont disponibles
sur les lieux de soins. Tous les laboratoires au niveau central sont équipés d’un matériel moderne et
utilisent des techniques de diagnostic modernes. Lors de la menace due au virus Ebola, on a eu recours
aux techniques de pointe pour éviter autant que possible toute contamination lors de la manipulation des
échantillons.
devrait être centralisée. Plusieurs systèmes de laboratoire existent, mais les laboratoires de référence
nationaux n’ont pas été clairement définis.
28
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Documentation pertinente
• Arrêté de la ministre de la santé N° 2598-10 du 27 ramadan 1431 (7 septembre 2010) relatif au guide
de bonne exécution des analyses de biologie médicale.
• WHO/EMRO Regional external quality assessment scheme, survey 2016-1: microbiology and
bacteriology reports.
• Manuel de prélèvements médicaux et manuel de prélèvements santé environnement de l’INH.
• Guide de supervision des laboratoires de santé publique de l’INH.
DéTECTER
29
Évaluation extérieure conjointe
Introduction
Le but de la surveillance en temps réel est d’améliorer la sûreté, la sécurité et la résilience du pays grâce à
un effort intégré de surveillance biologique facilitant l’alerte précoce et la sensibilisation aux événements
biologiques.
Cible
Renforcement de l’indicateur fondamental – et systèmes de surveillance des événements qui soient en
mesure de détecter des événements intéressant la santé publique, la santé animale et la sécurité sanitaire ;
amélioration de la communication et de la collaboration à travers les secteurs et entre les autorités aux
niveaux infranational, national et international dans le domaine de la surveillance des événements relevant
de la santé publique ; amélioration des capacités aux niveaux national et régional pour l’analyse et la
mise en relation des données provenant de systèmes renforcés de surveillance en temps réel, notamment
de systèmes de notification électronique interopérables et interconnectés. Ces données peuvent être des
données épidémiologiques, cliniques, de laboratoire, d’analyses environnementales, de sécurité et de
qualité des produits, et bioinformatiques ; enfin, poursuite du développement des principales capacités
pour répondre aux exigences en matière de surveillance conformément aux normes établies par le RSI et
DéTECTER
l’OIE.
30
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Indicateurs et scores
D.2.1 Systèmes de surveillance basée sur des indicateurs et de surveillance des événements
Score 3 : Capacité développée. La surveillance basée sur des indicateurs ou la surveillance des
événements est en place pour détecter les menaces pour la santé publique. Le Maroc est en mesure de
mettre en œuvre cette surveillance de manière systématique et d’améliorer son score.
DéTECTER
actuellement entre la santé animale et d’autres secteurs, mais surtout au cas par cas. Des MON
devraient donc être élaborés et adoptés.
• La surveillance des événements devrait être mise en œuvre pour atteindre l’objectif d’une détection,
d’une évaluation et d’une riposte précoces aux événements de santé publique.
• Des rapports détaillant les indicateurs de la santé sont rédigés chaque année.
• Les capacités d’analyse au niveau central sont satisfaisantes.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Les rapports sont parfois en retard et la ponctualité devrait être améliorée.
• Les analyses sont souvent effectuées au cas par cas et devraient être systématiques.
• La capacité au niveau provincial et régional doit être renforcée.
Documentation pertinente
• Stratégie sectorielle de santé 2012-2016.
• Livre blanc pour une nouvelle gouvernance du secteur de la santé (2013).
• Santé en chiffres 2013, édition 2014.
32
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Notification
Introduction
Les menaces pour la santé à l’interface homme-animal-écosystème se sont aggravées au cours des
dernières décennies à mesure que les agents pathogènes ont évolué et se sont adaptés à des hôtes
et un environnement nouveaux, imposant une charge pour les systèmes de santé animale et humaine.
Par ailleurs, les menaces liées aux contaminations accidentelles ou délibérées par des agents chimiques,
radiologiques et nucléaires suscitent des préoccupations croissantes. La notification pluridisciplinaire sur
les événements de santé publique fondée sur la collaboration réduit le risque de maladies et de leur
propagation internationale.
Cible
La notification précise et en temps utile des événements de santé publique, conformément aux exigences de
l’OMS, et la coordination systématique avec la FAO, l’OIE, l’AIEA et les autres organisations internationales
concernées augmente la probabilité d’une riposte rapide et coordonnée, à l’échelle du pays et du monde
entier.
DéTECTER
Le Maroc a désigné un point focal national RSI qui est actuellement opérationnel. Le point focal pour l’OIE
et le Réseau international de l’autorité de sécurité sanitaire des aliments (INFOSAN) relève de l’ONSSA au
Ministère de l’agriculture et de la pêche maritime. Les points focaux de l’AIEA relèvent du Centre national
de protection radiologique (CNRP) au Ministère de la santé.
Les points focaux du RSI, de l’OIE, de l’INFOSAN et de l’AIEA échangent des informations liées aux
événements zoonosiques, aux urgences de maladies d’origine alimentaire et aux situations d’urgence
radiologique, quand il y a lieu. En pratique, ces échanges s’effectuent aux différents niveaux administratifs,
mais ne sont pas fondés sur des protocoles écrits, ce qui pourrait affecter les délais de notification et de
prise de décisions.
Les événements infectieux et zoonosiques survenus au Maroc ont été notifiés en temps utile à l’OMS par
le PFN RSI, conformément au RSI. L’instrument de décision à l’annexe 2 du RSI est mal connu ou n’est pas
utilisé par tous les secteurs concernés. De ce fait, l’évaluation des risques et la notification en temps utile
des événements de santé publique d’origine inconnue, chimique ou radiologique pouvant constituer pour
l’OMS un événement de portée internationale risquent d’être retardées.
Le pays dispose d’un système pour faciliter la riposte aux événements de santé publique de manière
coordonnée.
33
Évaluation extérieure conjointe
• Veiller à ce que les effectifs soient suffisants pour gérer l’évaluation des risques concernant des
événements inconnus :
m Assurer une formation à l’emploi de l’instrument de décision (annexe 2 du RSI) et l’utiliser
davantage pour repérer les événements pouvant constituer des urgences de santé publique de
portée internationale ;
m Élaborer des MON pour des enquêtes conjointes.
• Mener des exercices de simulation pour tester la capacité de détection précoce, d’évaluation des
risques et de notification en temps utile à l’OMS des événements chimiques et radiologiques par le
PFN RSI.
Indicateurs et scores
D.3.1 Système efficace de notification à l’OMS, à la FAO et à l’OIE
Score 4 : Capacité démontrée. Le Maroc s’est doté de points focaux opérationnels pour le RSI, la
FAO, l’OIE et l’AIEA. Le PFN RSI est représenté au PCC qui reçoit toutes les notifications des événements
pouvant constituer des urgences de santé publique de portée nationale ou internationale. Une fois qu’il a
été identifié, le PFN RSI est autorisé à notifier l’événement à l’OMS dans les 24 heures. Le Maroc a accès
aux capacités de mener une évaluation des risques pour les événements de santé publique, y compris ceux
d’origine inconnue.
• Il existe aussi des points focaux FAO, OIE et AIEA dotés d’un mandat bien défini.
• Les laboratoires nationaux ont la capacité de confirmer certains agents pathogènes ; ils sont établis
en réseau et ont accès aux laboratoires internationaux et de référence pour confirmer les événements
de santé publique.
• Les secteurs de la santé humaine et animale ainsi que les secteurs alimentaire, chimique et radiologique
jouissent d’une bonne coordination pour identifier les événements pouvant constituer des urgences de
santé publique de portée nationale ou internationale dans ces différents domaines.
• Le Maroc a accès à une expertise internationale pour faciliter l’évaluation des risques d’événements de
santé publique d’origines diverses.
• Des liens directs et étroits de communication existent entre les programmes de santé publique aux
points d’entrée avec le Ministère de la santé, y compris le PFN RSI.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La capacité nationale en ressources humaines pour mener des évaluations des risques d’événements
de santé publique d’origine inconnue devrait être renforcée.
• L’instrument de décision (annexe 2 du RSI) reste mal connu et peu utilisé pour identifier les événements
pouvant constituer des urgences de santé publique de portée internationale et il convient de remédier
à ce problème.
• Il faudrait encourager des mécanismes plus réguliers et formels pour l’échange d’informations entre les
points focaux RSI, FAO, OIE et AIEA.
34
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
chargé de notifier en temps utile à l’OMS les événements de santé publique liés aux maladies infectieuses,
zoonosiques et d’origine alimentaire. Les points focaux nationaux FAO, OIE et AIEA sont également chargés
de notifier à leur organisation les événements liés à leur domaine technique. Aucun événement chimique
ou radiologique majeur n’est survenu au Maroc. La notification à l’OMS ne peut donc être comparée aux
événements mentionnés précédemment puisqu’ils relèvent de secteurs différents. Des mécanismes pour
l’échange d’informations entre les différents secteurs au niveau national par le biais du PCC, et au niveau
régional par les PCP, sont en place mais ne sont pas standardisés.
DéTECTER
• Des MON pour les équipes d’intervention rapide sont clairement définis et permettent de réagir à des
événements spécifiques, y compris aux points d’entrée.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Le pays n’a jamais été confronté à un événement de santé publique réel d’origine chimique ou
radiologique ; la notification à l’OMS en temps utile de tels événements par le biais du PFN RSI pourrait
donc poser des problèmes.
• La documentation de la notification et de la communication des événements de santé publique n’est
pas en place ; le pays ne dispose donc pas d’un processus durable pour entretenir et améliorer ces
capacités et mécanismes.
Documentation pertinente
• Dahir No 1-09-210, octobre 2009 – adoption du RSI.
• Mandats des points focaux OIE, FAO et AIEA.
• Mandats des centres de coordination en cas de crise (PCC et PCP).
35
Évaluation extérieure conjointe
Développement du personnel
Introduction
Le développement du personnel est important pour instaurer progressivement un système de santé
publique durable en assurant et en gardant un personnel de santé publique hautement qualifié ayant
bénéficié d’une formation appropriée et doté de compétences scientifiques et d’une expertise spécifique.
Cible
Pour assurer durablement et efficacement les activités de surveillance de la santé publique et de riposte, à
tous les niveaux du système de santé, et la mise en œuvre effective du RSI (2005), les États Parties doivent
disposer de personnels de santé compétents.
Le Maroc applique un programme national de formation à l’épidémiologie de terrain (FETP) depuis 2010
(trois cohortes) avec l’appui des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis et participe à des
programmes régionaux d’épidémiologie de terrain comme le Programme méditerranéen d’épidémiologie
d’intervention MediPIET et le réseau EMPHNET. Le modèle FETP marocain de formation postuniversitaire
en santé publique prévoit des cours universitaires sur deux ans intégrant un travail de terrain et aboutit à
un diplôme de maîtrise en santé publique (MPH).
Indicateurs et scores
D.4.1 Des ressources humaines sont disponibles pour assurer les principales capacités
requises au titre du RSI - Score 4 : Capacité démontrée.
36
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Il faudrait ouvrir les programmes de formation aux autres agents de santé publique concernés par
les capacités requises au titre du RSI et mettre l’accent sur des programmes de formation spécifiques
destinés aux cliniciens et ciblant les niveaux intermédiaire et local en vue de constituer un réseau de
formateurs et de responsables pour l’ensemble des capacités RSI.
DéTECTER
et local.
37
Évaluation extérieure conjointe
RIPOSTER
Préparation
Introduction
La préparation comprend l’élaboration et le maintien de plans de riposte à des urgences de santé publique
aux niveaux national, intermédiaire et communautaire/primaire, pour faire face aux dangers biologiques,
chimiques, radiologiques et nucléaires. Elle concerne aussi la cartographie des dangers potentiels, la
recherche et le maintien des ressources disponibles, notamment des réserves nationales, et la capacité
d’appuyer des interventions aux niveaux intermédiaire et communautaire/primaire d’action, pendant une
situation d’urgence de santé publique.
Cible
Pour que les systèmes d’alerte et d’action soient efficaces, l’application effective du RSI (2005) nécessite
des approches multisectorielles/pluridisciplinaires à travers des partenariats nationaux. La coordination des
ressources dans tout le pays, y compris le fonctionnement pérenne d’un point focal national RSI (PFN), qui
est un centre national de communication pour le RSI (2005), est une exigence clé de l’application du RSI
(2005). Le PFN doit être accessible à tout moment pour communiquer avec les points de contact régionaux
RSI de l’OMS et avec tous les secteurs et autres parties prenantes concernés dans le pays. Les États Parties
doivent fournir à l’OMS les coordonnées des PFN qu’ils doivent mettre à jour continuellement et confirmer
tous les ans.
38
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
les opérations d’intervention. Il doit aussi refléter la capacité de renforcement et d’extension efficace
– lorsqu’il y a lieu – des opérations d’intervention contre tout événement de santé publique de portée
internationale.
Le plan national doit être éprouvé lors d’exercices de simulation et modifié en conséquence. En outre, avec
les parties prenantes et les ressources définies, il doit être régulièrement réexaminé sur la base du profil de
risque national et international compte tenu des menaces émergentes.
Indicateurs et scores
R.1.1 Un plan national multidanger de préparation et d’action en cas d’urgence de santé
RIPOSTER
publique existe et est appliqué
Score 4 : Capacité démontrée. Le plan de préparation mentionne les procédures, les plans ou la
stratégie pour allouer, réaffecter ou mobiliser des ressources des niveaux national et/ou intermédiaire à
l’appui de l’ensemble des mesures nécessaires au niveau de la riposte locale. La capacité d’élargir la riposte
aux niveaux national et local est également intégrée à ces procédures.
39
Évaluation extérieure conjointe
• La cartographie des dangers n’est pas régulièrement actualisée mais fondée sur l’évolution des
menaces internationales émergentes.
R.1.2 Les risques et les ressources de santé publique prioritaires sont cartographiés et
exploités
Score 4 : Capacité démontrée. Les ressources nationales ont été cartographiées (ressources logistiques,
experts, ressources financières, etc.) pour les dangers relevant du RSI et les risques prioritaires, et un plan
de gestion et de distribution des réserves nationales est en place.
40
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Interventions d’urgence
Introduction
Un centre d’opérations d’urgence est un pôle qui coordonne l’information et les ressources opérationnelles
pour la gestion stratégique des urgences de santé publique et des exercices les concernant. Les centres
d’opérations d’urgence offrent des outils et des services de communication et d’information et un système
de gestion au cours d’une intervention ou d’un exercice d’urgence, en assurant aussi d’autres fonctions
essentielles pour appuyer la prise de décisions et l’application, la coordination et la collaboration.
Cible
Existence d’un centre d’opérations d’urgence de santé publique dans chaque pays, dont le fonctionnement
suit des normes communes minimales ; maintien d’équipes d’intervention d’urgence multisectorielles
formées et fonctionnelles, de réseaux de laboratoires pour la surveillance biologique et de systèmes
d’information en temps réel ; et présence de personnel au sein du centre d’opérations d’urgence en mesure
d’activer une intervention d’urgence coordonnée dans un délai de 120 minutes à compter de l’identification
d’une situation d’urgence de santé publique.
RIPOSTER
et multisectorielles ainsi que de réseaux de surveillance biologique en temps réel ; et maintien de systèmes
d’ information et d’un personnel du centre d’opérations d’urgence en mesure d’activer une intervention
d’urgence coordonnée dans un délai de 120 minutes à compter de l’identification d’une situation d’urgence
de santé publique.
Le centre d’opérations d’urgence opère sur la base de procédures visant à déterminer quand une
intervention d’urgence de santé publique doit être activée. Son organisation, la structure opérationnelle et
le point de contact sont définis et disponibles 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour orienter l’intervention.
Les procédures du centre d’opérations d’urgence s’inscrivent dans le cadre d’une structure définie de
gestion des incidents dont la fonctionnalité est éprouvée par des exercices et lors d’événements réels. Le
centre d’opérations d’urgence gère les événements sur la base de lignes directrices pour la prise en charge
des cas disponibles applicables aux maladies à tendance épidémique prioritaires.
Le personnel suit une formation continue à la gestion des différentes situations d’urgence. Le centre
d’opérations d’urgence dispose de plans qui sont en place et des ressources nécessaires notamment en
matière de santé publique et d’expertise des questions visées, de communication publique et d’accès à
tous les partenaires.
Le centre d’opérations d’urgence peut être activé dans un délai de 120 minutes à compter de l’identification
d’une situation d’urgence de santé publique afin de coordonner les interventions d’urgence.
41
Évaluation extérieure conjointe
Indicateurs et scores
R.2.1 Capacité à activer des interventions d’urgence
Score 4 : Capacité démontrée. Des tests ont été effectués et la capacité d’activer des interventions de
santé publique avec un personnel dédié dans les délais et la structure exigés a été démontrée.
• L’équipe du centre d’opérations d’urgence est formée à la gestion des urgences de santé publique de
portée internationale et peut activer une intervention dans un délai de deux heures.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Des exercices multisectoriels conjoints devraient être fréquemment organisés pour tester l’activation
par le centre d’opérations d’urgence et ses fonctions.
R.2.4 Procédures de prise en charge des cas appliquées pour les dangers relevant du RSI
Score 4 : Capacité démontrée. La prise en charge des cas, l’orientation et le transport des patients, et
la prise en charge et le transport des patients potentiellement infectieux sont réalisés conformément aux
lignes directrices.
RIPOSTER
Points forts/meilleures pratiques
• Le centre d’opérations d’urgence prend en charge les cas lors d’événements en suivant des lignes
directrices mises en œuvre pour les principales maladies à tendance épidémique et assure la fonctionnalité
dans le cadre du processus d’application, y compris le transport des patients potentiellement infectieux
dans la communauté et aux points d’entrée.
• Le pays a la capacité d’orientation et de transport des patients atteints de maladies infectieuses ou
contaminés à la suite d’une exposition à des risques chimiques ou radiologiques.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Des efforts accrus s’imposent pour que le fonctionnement du centre d’opérations d’urgence soit
toujours assuré par le personnel et les ressources appropriés dans la gestion des urgences pertinentes
prévues par le RSI.
Documentation pertinente
• Plan et structure du centre d’opérations d’urgence.
• Procédure de fonctionnement du centre d’opérations d’urgence, avec plans, plans subsidiaires, décrets
et description de postes correspondants.
43
Évaluation extérieure conjointe
Introduction
Les urgences de santé publique posent un problème particulier pour l’application des lois, que la menace
soit d’origine humaine (comme lors d’une attaque terroriste utilisant la bactérie du charbon) ou naturelle
(comme dans le cas d’une pandémie de grippe). Lors d’une urgence de santé publique, il faudra pour
appliquer la loi rapidement coordonner la riposte avec les responsables de la santé publique et des soins
médicaux pour réduire dans la mesure du possible le nombre des morts et des blessés et assurer un
maximum de sûreté et de sécurité.
Cible
En cas d’événement biologique d’origine suspectée ou confirmée délibérée, un pays sera capable de mener
une action rapide et multisectorielle, notamment en établissant un lien entre la santé publique et les services
chargés de faire appliquer la loi, et de fournir et/ou demander une assistance internationale efficace en
temps utile, notamment pour mener des investigations sur les événements liés à l’usage présumé détourné.
44
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Le mandat du PCC et des PCP est clairement défini. Les membres se réunissent régulièrement et par ailleurs
lorsqu’il y a lieu pour échanger des informations et prendre des décisions concernant les événements
survenus dans le pays, notamment les événements de santé publique. Les secteurs concernés dirigent la
riposte aux événements en coordination avec les autres secteurs.
Une cartographie des menaces est mise au point sur la base des risques internationaux émergents/
réémergents et des risques potentiels, notamment de flambées de maladies, et des sources les plus
probables sur le territoire national. Le plan national de préparation et de riposte déjà en place est actualisé
conformément aux mises à jour de la cartographie des menaces. Le plan actualisé est communiqué aux
secteurs concernés de manière confidentielle.
Les rôles et responsabilités de chaque secteur sont définis dans le plan. En outre, des MON ont été établis
et sont accessibles à tous les secteurs. Des exercices sont régulièrement organisés et le plan est adapté en
conséquence. Il existe aussi des plans sectoriels qui ne sont toutefois pas intégrés au plan national.
Au cours de l’épidémie d’Ebola, le Maroc n’a pas interrompu ses vols à destination et en provenance des
pays touchés, ce qui a nécessité une préparation multisectorielle associant les parties prenantes aux plans
national et international. La participation de la sécurité nationale, des forces armées et de la gendarmerie
royale a joué un rôle majeur dans l’application des mesures de préparation. Au sein des pouvoirs publics,
les systèmes de santé publique et de santé animale à tous les niveaux peuvent demander l’appui et la
participation des services chargés de faire appliquer la loi pour assurer la gestion d’événements de santé
ou de menaces par l’intermédiaire du PCC et des PCP.
Des protocoles génériques, à savoir des MON visant à accélérer la coordination nécessaire pour une riposte
rapide et appropriée, ne sont pas en place, à la différence de MON concernant des événements spécifiques.
Ceux-ci – flambées de maladies, événements aux points d’entrée, contaminations des aliments, menaces
d’ordre chimique et radiologique. – nécessitent tous l’échange d’informations, des enquêtes conjointes,
des évaluations conjointes des risques, des activités de lutte coordonnées et l’application des lois.
Les protocoles précisent aussi les modalités de la collaboration avec les entités internationales et les
mécanismes comme Interpol, les organisations du système des Nations Unies et le mécanisme permettant
au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies d’enquêter sur les allégations d’emploi d’armes
RIPOSTER
chimiques, biologiques et à toxines.
45
Évaluation extérieure conjointe
Indicateurs et scores
R.3.1 La santé publique et les autorités chargées de la sécurité (par exemple, les services
chargés de faire appliquer la loi, le contrôle aux frontières et les douanes) sont en liaison
lors d’un événement biologique suspecté ou confirmé
Score 5 : Capacité pérenne. Le PCC coordonne par décret ministériel la riposte aux événements majeurs
de santé publique. Le Comité dispose de tous les pouvoirs nécessaires et d’une représentation à un niveau
élevé de plusieurs secteurs doté d’un mandat bien défini. Une coordination étroite et des échanges
d’informations sont assurés entre les membres du Comité sur les mises à jour et la prise de décisions. Il se
réunit régulièrement et lorsque la situation l’exige. Des protocoles entre les autorités chargées de la santé
publique et de la sécurité existent dans le pays et ont été utilisés de manière officielle.
sur l’évaluation des risques de chaque événement, ce qui pourrait retarder l’échange de l’information.
• Il y a lieu de renforcer la formation conjointe entre les différents secteurs notamment les services
chargés de faire appliquer la loi et les services de sécurité.
Documentation pertinente
• Mandat et structure du Comité d’urgence permanent.
• Mandat et structure du Conseil suprême de la défense civile.
• Plan d’intervention national.
• Protocoles et modes opératoires normalisés pour l’échange d’informations, les enquêtes et la riposte
aux différents dangers.
46
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Moyens médicaux et déploiement de personnel
Introduction
Les moyens médicaux sont essentiels à la sécurité nationale et protègent les pays contre les menaces
potentiellement catastrophiques liées aux maladies infectieuses. Les investissements en faveur des moyens
médicaux offrent des occasions d’améliorer la santé publique dans son ensemble. Il est en outre important
de pouvoir disposer de personnels qualifiés susceptibles d’être déployés en situation d’urgence dans le
cadre de la riposte.
Cible
Un cadre national pour le transfert (envoi et réception) de moyens médicaux et de personnels de santé
publique et médical parmi les partenaires internationaux lors d’urgences de santé publique
Ces procédures doivent être intégrées dans une politique (ou un plan) définissant les MON et la prise de
décisions concernant l’envoi et la réception de moyens médicaux pendant les urgences de santé publique,
qui devra étayer et incorporer tous les ordinogrammes et/ou accords avec les organisations, les fabricants,
les distributeurs et les autres parties prenantes afin de déployer les personnels et/ou les moyens médicaux
RIPOSTER
au cours d’une urgence de santé publique présentant des risques prioritaires. Cette politique devra aussi
être intégrée au plan de préparation complet multisectoriel multidanger pour la santé publique selon
l’approche « un monde, une santé ».
Les procédures de déploiement de personnels se sont révélées fonctionnelles lors des événements
nationaux et internationaux. Il y a eu deux interventions d’urgence utilisant les procédures de déploiement
et de réception de moyens et de personnels médicaux. Le Maroc participe aussi à un partenariat régional/
international et a conclu des accords en bonne et due forme avec l’Organisation mondiale de la Santé, le
Comité international de la Croix-Rouge et l’Espagne énonçant les critères et les procédures pour l’envoi et
la réception de personnels de santé et de moyens médicaux.
47
Évaluation extérieure conjointe
• Mettre au point et tester une politique d’urgence sur le déploiement et la réception des moyens
médicaux et des personnels de santé associant toutes les parties intéressées. Cette politique devra
clairement énoncer un ordinogramme, un calendrier, un échéancier et les aspects logistiques concernant
le déploiement et la réception.
• Établir des accords et/ou un réseau de riposte internationale couvrant les moyens médicaux, le personnel
de santé ou l’expertise qui seraient nécessaires pour la sécurité sanitaire mondiale et le Maroc.
Indicateurs et scores
R.4.1 Système en place pour l’envoi et la réception de moyens médicaux lors d’une urgence
de santé publique
Score 5 : Capacité pérenne. La capacité et l’efficacité du système de déploiement pour l’envoi et la
réception de moyens médicaux au cours d’une urgence de santé publique ont été démontrées et éprouvées.
R.4.2 Système en place pour l’envoi et la réception de personnels de santé lors d’une urgence
de santé publique
Score 5 : Capacité pérenne. La capacité du système de déploiement pour l’envoi et la réception de
personnels de santé au cours d’une urgence de santé publique a été démontrée et éprouvée et des accords
existent énonçant les critères, les procédures et les MON à suivre.
48
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La disponibilité et la répartition des personnels de santé devraient être déterminées sur la base des
risques nationaux spécifiques et des besoins en matière de riposte.
• Il convient d’actualiser et de renforcer les accords et/ou le réseau existant pour la riposte internationale
concernant les personnels de santé ou l’expertise nécessaires.
• Il serait utile de procéder à des exercices pour évaluer les MON et actualiser la politique en matière de
personnels en ce qui concerne l’envoi hors du pays et la réception dans le pays.
Documentation pertinente
• Décret concernant l’accord international avec l’Espagne.
• Liste et procédure de déploiement des moyens médicaux et du personnel de santé.
• Procédures de déploiement des hôpitaux mobiles.
RIPOSTER
49
Évaluation extérieure conjointe
Introduction
La communication sur les risques doit être un processus multiniveau et multiforme comportant différents
aspects ayant pour objet d’aider les parties prenantes à définir les risques, à repérer les menaces, à évaluer
les vulnérabilités et à promouvoir la résilience communautaire en favorisant ainsi la capacité de faire face à
une urgence de santé publique émergente. Une part essentielle de la communication sur les risques consiste
à diffuser l’information au grand public sur les risques et événements sanitaires, par exemple les flambées
de maladies. Pour être efficace, toute communication sur des risques liés à un événement spécifique doit
tenir compte des aspects sociaux, religieux, culturels, politiques et économiques associés à l’événement
ainsi que de l’avis des groupes touchés. Les communications de ce type sont de nature à promouvoir la
mise en place de mesures appropriées de prévention et de lutte par des interventions communautaires aux
niveaux individuel, familial et communautaire. Il est indispensable que les informations soient diffusées par
les voies appropriées. Les partenaires de la communication et les parties prenantes dans le pays doivent
être définis et des mécanismes de coordination et de communication fonctionnels doivent être établis. En
outre, la publication des informations en temps utile et la transparence en matière de prise de décisions
sont essentielles pour renforcer la confiance entre les autorités, la population et les partenaires. Un plan de
communication sur les risques doit être évaluer et mis à jour dans selon besoin.
Cibles
Les États Parties doivent avoir une capacité de communication sur les risques qui soit multiniveau et
multiforme, un échange d’informations, de conseils et d’avis en temps réel entre experts et représentants/
personnes faisant face à une menace ou un danger pour leur survie, leur santé ou leur bienêtre économique
ou social de manière à pouvoir prendre des décisions éclairées pour limiter les effets de la menace ou du
danger et adopter des mesures de protection et de prévention. Cela implique un ensemble de stratégies de
communication et de collaboration, comme la communication dans les médias et les médias sociaux, les
RIPOSTER
50
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
peuvent ainsi être prises en connaissance de cause pour atténuer les effets d’un risque ou d’une menace
et intervenir dans un but de protection et de prévention.
La stratégie décrit en outre plusieurs mesures à prendre pour renforcer les capacités et l’échange
d’informations nécessaires pour planifier des activités efficaces de communication sur les risques. Son
application constituera un pas important en vue de l’organisation du système national de communication
sur les risques visant à améliorer la sensibilisation aux risques afin de réduire et d’atténuer l’impact des
risques pour la santé avant, pendant et après un événement de santé publique. Le but en fin de compte est
de mettre en place un plan national de communication sur l’ensemble des risques.
Malgré l’absence d’un comité intersectoriel spécifique chargé de la communication sur les risques, la
coordination multisectorielle et multiniveau est bien organisée par le poste de coordination central (PCC)
et par plusieurs comités qui se réunissent régulièrement pour échanger des informations notamment sur
des questions relatives à la communication sur les risques. Ainsi le « comité tripartite » réunit les Ministères
de la santé, de l’agriculture et de l’intérieur.
La communication destinée au grand public à travers les canaux multimédias est assurée par la DICom et
relayée au niveau régional. Des partenariats avec les parties prenantes et les représentants de la société
civile, y compris des notables religieux, ont en outre été établis pour assurer la diffusion des messages
concernant la santé. La communauté est associée au niveau local grâce aux agents de communication
locaux et les messages concernant la santé sont relayés par les dispensaires mobiles.
Enfin, une collaboration est assurée avec les journalistes et la DICom veille au suivi des rumeurs par un point
de presse quotidien et une gestion communautaire active des médias sociaux du Ministère de la santé. Une
permanence téléphonique est également désormais disponible pour le suivi de la santé publique.
RIPOSTER
• Finaliser la stratégie de communication sur les risques, notamment les MON et les lignes directrices sur
les meilleures pratiques à cet égard.
• Mettre en place un plan national de communication multidanger sur les risques comprenant des
recommandations sur la communication en situation d’urgence.
• Mettre au point et appliquer un programme de formation intersectoriel de communication sur les
risques.
• Associer les communautés à la préparation et à la mise à l’épreuve de matériels de campagne
concernant la communication sur les risques.
• Mettre au point un programme d’évaluation des activités de communication.
Indicateurs et scores
R.5.1 Systèmes de communication sur les risques (plans, mécanismes, etc.)
Score 2 : Capacité limitée. Malgré l’existence de plans de préparation et de riposte à plusieurs maladies
et des arrangements officiels en bonne et due forme, le Maroc ne dispose pas encore de plan national
multidanger concernant la communication sur les risques d’urgence comme prévu pour le niveau 2 dans
l’outil d’évaluation extérieure conjointe.
51
Évaluation extérieure conjointe
RIPOSTER
Points forts/meilleures pratiques
• La DICom comprend trois services : l’information et l’éducation pour la santé, la communication
institutionnelle et la production de matériels d’information et de communication. L’existence de
plusieurs plans de communication a conduit à la production de nombreux guides de communication
sur des risques et des cibles spécifiques. Des plaidoyers ad hoc pour la santé ont été renforcés pour
contribuer aux activités de sensibilisation au niveau régional et à la méthodologie de mise au point de
ces plans.
• Des efforts sont consentis pour adapter les messages à des cibles spécifiques, en matière de langues
(français, arabe et amazigh), de vocabulaire et de comportements notamment.
• Divers canaux de communication multimédias ont été mis en place, notamment les médias sociaux,
grâce une équipe spéciale veillant à une couverture régulière des questions et des risques sanitaires.
• Un large réseau de presse a été mis sur pied et il est régulièrement activé au moyen de séances
d’information. En 2011–2013, plusieurs séances ont été organisées à l’intention des journalistes dans
des zones à risque. Les principaux porte-parole du Ministère de la santé ont par ailleurs été formés à
la communication avec la presse.
• L’existence des URIC et les mécanismes de coordination informels avec les parties prenantes
permettent une large communication au grand public. En particulier, la participation d’un agent de
la communication aux dispensaires mobiles contribue à la diffusion aux communautés des messages
concernant la santé.
53
Évaluation extérieure conjointe
communauté sont en place (permanence téléphonique, enquêtes par exemple). La cartographie des
parties prenantes au niveau local doit encore être établie et les MON formellement précisés concernant
la participation des communautés et des principales parties prenantes pour la mise au point de matériels
d’information, d’éducation et de communication (IEC).
Points forts/meilleures pratiques
• L’existence des URIC et de mécanismes de coordination informels avec les parties prenantes aux niveaux
régional et provincial permet un système favorisant la participation en matière de communication
de base. En particulier, la participation d’un agent chargé de la communication aux dispensaires
mobiles contribue à la diffusion de messages sanitaires aux communautés. Certains responsables
communautaires ont été définis de manière informelle, surtout au niveau régional.
• Certains mécanismes de consultation de la communauté existent, par exemple une permanence
téléphonique pour le suivi sanitaire.
• Tous les préposés à la communication sur le système de santé ont suivi une formation au changement
de comportement.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Une cartographie en bonne et due forme des parties prenantes et des responsables communautaires
aux niveaux intermédiaire et local doit être établie et communiquée en collaboration avec les autres
54
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
secteurs afin que les recommandations sanitaires atteignent mieux les groupes cibles de manière
rapide, efficace et économique.
• L’élaboration de matériels d’information, d’éducation et de communication avec la communauté et les
principales parties prenantes doit faire l’objet d’un MON.
• Des séances d’information et des formations en bonne et due forme avec la participation d’équipes
multisectorielles de mobilisation sociale doivent être organisées (avec notamment des volontaires, des
responsables communautaires, etc.).
• Les communautés devraient être associées aux exercices de simulation afin de vérifier l’efficacité et la
rapidité de la mobilisation et de la communication de l’information.
RIPOSTER
• Il serait utile d’élaborer des lignes directrices sur la collecte des rumeurs privilégiant la communication
sur les risques pour éviter de mettre l’accent sur les plaintes et les questions de réputation au lieu de
réunir les fausses nouvelles et les rumeurs potentiellement néfastes sur les recommandations sanitaires.
Les rumeurs peuvent conduire à des mises au point utiles coordonnées du secteur de la santé.
• Les rumeurs et fausses informations sont actuellement recueillies par différentes sources (permanences
téléphoniques, partenaires, informateurs au sein de la population, etc.). Elles ne sont toutefois pas
coordonnées pour donner lieu à des décisions et des interventions gérées à la source au moyen
d’informations fondées sur des données factuelles.
Documentation pertinente
• Bulletin official annonçant la création de la division de l’information et de la communication relevant
du Secrétariat général.
• Organigramme de la division de l’information et de la communication et des URIC.
• Circulaire sur l’organisation de la communication au niveau régional.
• Plans de riposte aux situations d’urgence sanitaire (par exemple. Ebola, Zika, Mers-Cov).
• Projet de stratégie de communication sur les risques, juin 2016.
• Plan de renforcement des capacités en communication destiné aux équipes régionales.
55
Évaluation extérieure conjointe
56
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
AUTRES
Points d’entrée
Introduction
L’ensemble des principales capacités et la gestion des menaces potentielles s’appliquent aux points d’entrée
et permettent ainsi l’application efficace de mesures sanitaires visant à éviter la propagation internationale
des maladies. Les États Parties sont tenus de maintenir les principales capacités requises dans les ports et
aéroports internationaux désignés (et lorsque la situation l’exige pour des motifs de santé publique, dans
des postes-frontières désignés) visant à appliquer les mesures de santé publique nécessaires face à divers
risques pour la santé publique.
Cible
Les États Parties doivent désigner et maintenir les principales capacités requises dans les aéroports et les
ports internationaux (et lorsque la situation l’exige pour des raisons de santé publique, un État Partie peut
désigner des postes-frontières) chargées d’appliquer des mesures de santé publique nécessaires pour gérer
divers risques pour la santé publique
et les opérations d’urgence et l’on a relevé une coordination régulière avec les autres secteurs (comme
on a également pu l’observer lors de la récente crise de la maladie à virus Ebola). En particulier, le Maroc
a souscrit aux recommandations de l’OMS et de l’Organisation de l’aviation civile internationale au cours
de la crise et n’a pas appliqué de mesures de restriction des déplacements et des échanges commerciaux
avec les pays touchés.
Un nouveau plan national visant la restructuration du contrôle sanitaire aux frontières pour 2016-2020 est
actuellement à l’étude.
Une capacité exceptionnelle a été relevée au port de Tanger Med, en particulier en matière de préparation
aux situations d’urgence au moyen d’exercices de simulation approfondis et de nombreux plans d’urgence
spécifiquement adaptés à la situation. Le plan de santé publique d’urgence peut servir d’exemple pour les
autres points d’entrée.
57
Évaluation extérieure conjointe
Indicateurs et scores
PoE.1 Capacités de routine présentes aux points d’entrée
Score 3 : Capacité développée. Dans l’ensemble, la capacité aux points d’entrée marocains est
satisfaisante. Au cours de la mission, des visites ont été effectuées sur les sites des aéroports de Fès et
de Marrakech et des ports de Casablanca et de Tanger Med. Les discussions et les visites sur sites ont
confirmé que la capacité de routine en place respectait en grande partie les dispositions de l’annexe 1B
du RSI. Les membres de l’équipe d’évaluation extérieure et leurs homologues marocains ont conclu que si
certains des éléments nécessaires pour obtenir la note maximale de 5 pour cet indicateur étaient réunis,
les agents qualifiés pour l’inspection des moyens de transports ainsi que les capacités en matière de lutte
antivectorielle établie et systématique correspondant à la note de 4 faisaient encore défaut.
Points forts/meilleures pratiques
• Les points d’entrée disposent de la capacité d’assurer l’accès aux services et personnels médicaux,
au matériel diagnostique et au transport de cas suspects vers les centres médicaux appropriés par
différents types d’ambulances spécialisées – comme on a pu le constater au cours de la crise due à
l’épidémie d’Ebola.
• La plupart des points d’entrée entretiennent des liens avec les centres de santé locaux et les services
vétérinaires pour la prise en charge des cas suspects.
• Des agents qualifiés sont disponibles pour inspecter les moyens de transport.
AUTRES
• Les ports désignés ont la capacité établie de délivrer des certificats d’hygiène des navires.
• Les points d’entrée offrent un environnement sûr aux voyageurs – toilettes propres, eau potable et
bonne hygiène dans la restauration. La sensibilisation aux questions de santé publique se fait en
français et en arabe.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Les accords et dispositions de coopération spécifiques pour les points d’entrées devraient être consignés
par écrit et bien diffusés sous forme de MON et de mémorandums d’accord afin d’éviter des lacunes
dans le fonctionnement dues au renouvellement du personnel ou à des changements affectant les
ressources humaines.
58
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• La désinfection et la dératisation des moyens de transport sont souvent sous-traitées à un tiers sous
supervision directe ; une lutte antivectorielle systématique devrait toutefois être introduite dans tous
les points d’entrée désignés jusqu’à 400 mètres conformément aux capacités systématiques prévues
à l’annexe 1B du RSI. Les mesures existantes devraient aussi être coordonnées avec les autres parties
responsables ainsi qu’avec les villes avoisinantes.
• La coordination entre les points d’entrée et les établissements de soins, laboratoires, cellules provinciales
et services de santé publique régionaux devrait encore être renforcée.
Documentation pertinente
• Dahir no 1-09-210, octobre 2009 – Adoption du RSI.
• Dahir du 5 janvier 1916 – police sanitaire maritime.
• Arrêté viziriel du 23 novembre 1946 – Contrôle sanitaire aux frontières terrestres, maritimes et
aériennes.
AUTRES
59
Évaluation extérieure conjointe
Introduction
La prévention des événements d’origine chimique incontrôlés constituant une menace significative pour
la santé publique, les secteurs des services et l’infrastructure suppose une mobilisation en temps utile des
moyens de riposte interorganisations. Les États Parties sont donc tenus d’avoir des capacités de surveillance
et de riposte aux événements/risques d’origine chimique par une communication et une collaboration
efficaces entre les secteurs chargés de la sécurité chimique, de l’industrie, des transports et de l’élimination
sans risque des produits, y compris la protection de la santé
Cible
Les États Parties doivent avoir des capacités de surveillance et de riposte aux événements/risques d’origine
chimique. Cela nécessite une communication et une collaboration efficaces entre les secteurs chargés de la
sécurité chimique, de l’industrie, des transports et de l’élimination sans risque des produits.
pharmaceutiques font l’objet d’une réglementation spécifique. On dispose également d’une législation
adéquate pour combattre les déchets chimiques toxiques, mais la capacité technique nécessaire pour une
bonne gestion laisse à désirer. Le Maroc s’est doté d’une politique de sécurité chimique et a élaboré une
stratégie et un plan d’action nationaux (20072020). Il a ratifié les Conventions de Bâle, de Rotterdam et
de Stockholm, ainsi que la Convention de Paris sur les armes chimiques ; la Convention de Minamata sur
le mercure est en cours de ratification. Il souscrit à l’approche stratégique de la gestion internationale des
produits chimiques et s’efforce de déployer ses efforts en vue de la mise en œuvre du Système général
harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques. L’amendement à la Convention de
Bâle a été ratifié et incorporé à la législation sur les déchets toxiques. Les Conventions 170 et 174 de
l’Organisation internationale du travail ne sont pas entrées en vigueur. Les guides et procédures pour
une bonne gestion des substances chimiques ont été élaborés mais leur application n’est que partielle.
L’accès aux bases de données internationales comme INTOX, INCHEM, Poisindex, TOXbase et Toxinz est
60
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
satisfaisant et le suivi environnemental de l’air et de l’eau est assuré même s’il n’en va que partiellement
de même du suivi des autres éléments.
Le Maroc dispose d’un comité interministériel fonctionnel sur les biphényles polychlorés (PCB) et
d’autres substances spécifiques, et ses compétences pourraient être élargies. Un plan national est en
cours d’introduction pour la mise en œuvre de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques
persistants (POP).
La coordination avec les autres secteurs RSI est en place même si les dispositifs de consultation concernant
les événements d’origine chimique entre parties prenantes et la communication sur les risques chimiques
doivent encore être renforcés. La sensibilisation aux risques chimiques et aux événements d’origine chimique
reste insuffisante et leurs effets sont mal perçus au niveau de la prise de décisions dans les régions. Une
meilleure formation des ressources humaines à la communication sur les risques serait souhaitable.
La capacité des laboratoires à repérer les risques chimiques au moyen des MON existe au niveau national,
mais reste insuffisante au niveau périphérique.
Un centre national bien développé de toxicovigilance et de pharmacovigilance a été établi et constitue
un important élément pour définir et surveiller les risques 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, notamment
les expositions aiguës (avec des informations sur plus d’un demi-million de cas d’exposition chimique).
La capacité de repérer et de surveiller les risques chimiques consécutifs à une exposition chronique,
susceptibles de devenir des événements d’origine chimique, doit être renforcée. La capacité existe de
repérer les risques chimiques associés à la contamination des produits alimentaires, même s’il faut encore
renforcer les capacités d’analyse des échantillons toxicologiques cliniques.
Le secteur de la santé coopère avec les services d’urgence (coordonnés par le Ministère de l’intérieur)
concernant la préparation et la riposte aux événements d’origine chimique intéressant le RSI et leur
notification. Chaque grande installation industrielle dispose d’un plan de préparation et de riposte aux
événements d’origine chimique pour le site et les alentours, mais des tests réguliers et des exercices de
simulation permettraient de l’améliorer.
Mesures recommandées en priorité
• Mettre en place sur la base d’une loi une commission nationale interministérielle chargée des
événements d’origine chimique avec un programme de travail et un budget afin d’assurer notamment :
m la collecte et l’échange systématiques d’informations sur les événements d’origine chimique et
leur gestion, et l’analyse régulière de ces informations en vue de se prévaloir de l’expérience
acquise ;
m l’évaluation des risques liés aux événements d’origine chimique et la communication à ce sujet
aux décideurs concernés pour suite à donner ;
m l’éducation du public et une meilleure sensibilisation des décideurs aux risques d’origine chimique,
à leur identification, à leur atténuation et aux mesures de riposte disponibles en cas d’urgence,
AUTRES
61
Évaluation extérieure conjointe
Indicateurs et scores
CE.1 1 Mécanismes fonctionnels en place pour la détection et la riposte à des événements/
urgences d’origine chimique
Score 3 : Capacité développée. Un système de surveillance est en place pour les événements d’origine
chimique, les intoxications et les empoisonnements, avec des capacités de laboratoire – ou l’accès à des
capacités de laboratoire – pour confirmer les événements prioritaires d’origine chimique
Points forts/meilleures pratiques
• Les lignes directrices de surveillance et un centre national antipoison offrent les capacités nécessaires
pour justifier ce score. Il n’y a toutefois pas d’échange d’informations en temps réel entre les parties
concernées ; le système de surveillance des événements d’origine chimique et la notification laissent
encore à désirer.
• Le Centre antipoison dispose d’une importante base de données couvrant plus d’un million de cas
d’exposition chimique réunis en temps réel 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
ans.
62
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• Des exercices de simulation pour la riposte aux événements d’origine chimique devraient être organisés
tous les deux ans.
Documentation pertinente
• Revue Toxicologie Maroc, N° 27 – 4e trimestre 2015 Publication officielle du Centre antipoison du
Maroc, Ministère de la Santé.
• Revue Toxicologie Maroc, N° 23 – 4e trimestre 2014 Publication officielle du Centre antipoison du
Maroc, Ministère de la santé.
• Revue Toxicologie Maroc, N° 22 – 4e trimestre 2013 Publication officielle du Centre antipoison du
Maroc, Ministère de la santé.
• Programme on Chemical Safety, guidelines on the prevention of toxic exposure, education and public
awareness activities, publié par l’Organisation mondiale de la Santé en collaboration avec le Programme
des Nations Unies pour l’environnement et l’Organisation internationale du travail.
• Circulaire : Organisation nationale de la lutte antipoison et de pharmacovigilance, Ministère de la
santé, Direction de la réglementation et du contentieux, division des affaires juridiques.
AUTRES
63
Évaluation extérieure conjointe
Introduction
Les États Parties doivent avoir des capacités de surveillance et de riposte aux dangers/événements/
urgences radionucléaires, ce qui suppose une communication et une collaboration efficaces parmi les
secteurs responsables de la gestion des produits radionucléaires.
Cible
Les États Parties doivent avoir des capacités de surveillance et de riposte aux dangers/événements/
urgences radionucléaires. Cela nécessite une communication et une collaboration efficaces parmi les
secteurs responsables de la gestion des produits radionucléaires
64
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• Allouer des ressources humaines et financières supplémentaires pour couvrir l’utilisation accrue et plus
étendue des moyens radiologiques en médecine, dans l’industrie et dans d’autres secteurs.
Indicateurs et scores
RE.1 Mécanismes fonctionnels en place pour la détection et la riposte aux situations
d’urgence radiologique et nucléaire
Score 3 : Capacité développée. Un plan de riposte d’urgence aux urgences radiologiques existe dans
le cadre du Plan national de gestion des catastrophes. En outre, les normes internationales de planification
d’urgence sont étroitement suivies. L’évaluation et l’actualisation des MON pour la gestion des urgences
radiologiques, la révision et l’actualisation périodiques des plans d’urgence et l’échange systématique de
données entre les autorités radiologiques compétentes et les unités de surveillance de la santé humaine
sur les événements radiologiques et les risques potentiels d’événements de santé publique de portée
internationale restent limités. L’amélioration de ces pratiques permettrait au Maroc d’accéder au niveau 5
pour cet indicateur.
Points forts/meilleures pratiques
• Le CNRP est un institut expressément chargé de la sécurité radiologique, de la surveillance, de la
préparation et de la riposte en matière radiologique avec des ressources disponibles adéquates.
• Le CNRP procède à des évaluations de la sécurité des services médicaux et des installations industrielles
en matière radiologique débouchant sur des rapports périodiques sur la sécurité soumis à examen.
• Le système de gestion des urgences nucléaires du plan national de gestion des catastrophes est chargé
de la gestion des urgences nucléaires et autres urgences radiologiques.
• Le CNRP est habilité à évaluer les installations, à accorder ou révoquer des licences, à fixer des normes
et des dispositions pour la gestion des déchets et à suivre leur application.
• Les autorités nationales chargées des événements radiologiques et nucléaires ont défini un point focal
pour la coordination et la communication avec le Ministère de la santé et le PFN RSI.
prévues pour la surveillance, les analyses de laboratoire, les évaluations des dangers et l’organisation
d’exercices et d’entraînements.
• Un mécanisme d’échange systématique d’informations entre les autorités compétentes en matière
radiologique et les unités de surveillance de la santé humaine devrait être mis en place pour couvrir
les urgences radiologiques et les risques potentiels d’événements de santé publique de portée
internationale.
65
Évaluation extérieure conjointe
communication avec le PFN RSI. Le Maroc accédera au niveau 5 dès que des services médicaux pour le
traitement des victimes d’urgences radiologiques ou des sujets contaminés seront disponibles et dotés de
ressources adéquates et d’un personnel ayant reçu une formation spécifique, ainsi qu’un mécanisme de
coordination avec des parties intéressées aux niveaux national et infranational.
Points forts/meilleures pratiques
• Les autorités nationales chargées des événements radiologiques et nucléaires ont défini un point
focal pour la coordination et la communication avec le Ministère de la santé. La coordination et la
communication de ce point focal avec le PFN RSI sont en place.
• Un plan de riposte aux urgences radiologiques existe (qui pourrait être intégré au plan national de
riposte aux situations d’urgence), de même que des politiques, stratégies ou plans nationaux pour
le transport national et international de matériels et d’échantillons radioactifs et pour la gestion des
déchets radioactifs, notamment ceux des hôpitaux et services médicaux.
• La coordination avec toutes les parties intéressées et tous les secteurs intéressés aux niveaux national
et infranational est en place, par exemple entre les services de santé, de l’environnement et les services
d’urgence et les laboratoires de référence.
Documentation pertinente
• Évaluation et certification de l’AIEA (conclusions).
• Rapports sur les exercices et entraînements.
• Législation.
• Système de gestion des urgences nucléaires et radiologiques.
AUTRES
66
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Annexe 1 : Données sur l’évaluation extérieure
conjointe
67
Évaluation extérieure conjointe
• Khalid Abu Hamaid, Consultant en soins médicaux d’urgence, soins préhospitaliers, regroupements de
masse et gestion des catastrophes, Ministère de la santé, Arabie saoudite
• Kleio Stoidou, Conseiller juridique en santé publique, Grèce
Objectifs
• Évaluer la mise en œuvre des capacités RSI de surveillance et d’action concernant les événements de
santé publique notamment aux points d’entrée.
• Passer en revue l’ensemble de la documentation pertinente.
• Établir un rapport décrivant les progrès accomplis et les lacunes qui subsistent dans la mise en œuvre
des capacités RSI.
• Recommander des mesures prioritaires pour l’actualisation et la finalisation d’un plan national de mise
en place et de maintien des capacités RSI pour la sécurité sanitaire mondiale.
68
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
participé à l’évaluation a été organisée pour présenter les résultats de l’évaluation, les meilleures
pratiques et les mesures prioritaires.
• Un communiqué de presse a été diffusé sur la participation du Maroc à l’évaluation extérieure conjointe,
mettant l’accent sur les principaux points forts, lacunes et mesures prioritaires qui doivent être en place
pour respecter les dispositions concernant les 19 domaines techniques.
69
Évaluation extérieure conjointe
Département/organe Nom
Noureddine Sakhri
Ministère de la santé, Santé publique (Programme de formation à l’épidémiologie de
Issam Ahadi
terrain)
Ouafae Alaoui Ismaili
Ministère de la santé, Direction de la population Mohammed Ben Azzouz
Ministère de la santé, Direction des médicaments et de la pharmacie Mohamed Wadie Zerhouni
Ministère de la santé, Direction, Secrétariat général, Division de l’information et de la Jamila Jbili
communication Hala Benjelloun
Ministère de la santé, Secrétariat général, Division de l’approvisionnement Fatima Zahra Abdennaim
Abderrahmane Maaroufi (PFN RSI)
Rachid Wahabi
Mohammed Youbi
Ahmed Rguig
Driss Machraa
Hind Ezzine
Ministère de la santé, Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies
Houda Moumni Abdou
Rabia Lahlawti
Nawal Regrag
Moncef Ziani
Bouchaib Benbakhta
Zakia Sebban
Mohammed Rhajaoui
Larbi Baassi
Institut national d’hygiène (INH) Nezha Barakate
Amal Barakate
Ghizlane Selka
Hanane Chaoui
Naima Rhalem
Centre national antipoison et de pharmacovigilance
Oumayma El Bouazzi
Semlali Ilham
Institut Pasteur du Maroc Jalal Nourlil
Mohamed Tazi
Centre national de radioprotection
Houriya El Badaoui
Centre national de transfusion sanguine Khadija Lahjouji
Organisation non gouvernementale, Association marocaine de biosécurité (AMABIOS) Samira Senouci
Abdelkrim Filali Maltouf
Organisation non gouvernementale, Association marocaine, de biosécurité (AMBS)
Mohamed Benbouida
Anissa Ben Aouda
Secteur privé, Hôpital Cheikh Zaid
Mohamed Benbachir
Aéroport Mohammed V, Casablanca Mohamed Moussif
Mohamed Bellout
Aéroport Ménara, Marrakech
Mohamed Zaffa
Aéroport de Rabat-Salé El Amine El Bacha
Aéroport de Fès Sais Saad Mekouar
Mohamed Chikhaoui
Port de Casablanca
Ali Nouaman
Port de Tanger Med Abderrahim Rachdi
Yves Souteyrand
OMS Ahmed Chahir
Abdelaziz Barkia (Consultant)
70
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Documentation d’appui fournie par le pays hôte
Domaine technique Documents de base/d’appui
Événements chimiques - Réglementation
- Bases de données nationales et rapports nationaux
- Lignes directrices internationales
- Lignes directrices des Conventions ratifiées par le Maroc
- Les systèmes de surveillance existants (environnement, santé)
- Alertes déjà produites
Sécurité sanitaire des aliments - Circulaire du Ministère de la santé sur les TIAC
- Circulaire conjointe Santé Agriculture Intérieur sur les cellules de veille
sanitaire
- Procédure interne de gestion des TIAC spécifique à chaque intervenant
- Loi No 28-07 sur la sécurité sanitaire des aliments et ses textes d’application
- Coordination intersectorielle et communication des risques entre les parties
prenantes
Notification - Réglementation, RSI
- Rapport de notification
- Développer des mécanismes de coordination entre le Ministère de la santé et
l’ONSSA quant à la notification
Législation - Élaboration des textes d’application
Liens entre santé publique et sécurité - PCC et Ministère de l’intérieur
- Réglementation
- Développer un mémorandum entre la santé et l’autorité chargée de la sécurité
au niveau national
Coordination, communication et - Réglementation
sensibilisation concernant le RSI - Rapport d’évaluation
- Développer et mettre en application les procédures de coordination et de
communication multisectorielle
Préparation, interventions d’urgences, - Dahirs, arrêtés, Plan stratégique 2012-2016, circulaires
mesures médicales de riposte et
déploiement du personnel
Surveillance - Réglementation,
- Rapport d’évaluation
- Suivi
- Directives et documents techniques
- Notifications électroniques
- Analyse systématique des données avec évaluation des risques
- Surveillance basée sur les événements
Zoonoses - Guides de programmes
- Rapports d’investigations
- Rapports de programmes
- Textes réglementaires
Vaccination - Plan stratégique du Ministère de la santé
- Guides du programme
- Rapports
- Enquêtes population
- JRF
71
Évaluation extérieure conjointe
- Ports (ANP, validée par la DELM) : Procédure de la libre pratique des bâtiments
en cas d’urgence de santé publique de portée internationale.
- Plans d’urgence de santé publique à tous les points d’entrée
- Plans de surveillance et d’action en cas d’urgence pour les vecteurs
Sécurité et sûreté biologiques - Loi (GBEA)
- Loi sur le transport des matières dangereuses
- Loi N° 28-00 et décrets d’application
- CWA
- Développement des compétences en biosécurité et biosûreté
72
évalutation extérieure conjointe
des principales capacités rsi
du
ROYAUME DU MAROC
Rapport de mission :
20–24 juin 2016
WHO/WHE/CPI/2017.3