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Ce rapport présente les résultats de l'évaluation extérieure conjointe des capacités du Royaume du Maroc en matière de Règlement sanitaire international (RSI) réalisée du 20 au 24 juin 2016. L'évaluation a révélé que le Maroc dispose d'un cadre législatif solide et d'une coordination efficace pour la riposte aux urgences de santé publique, mais nécessite des améliorations dans la surveillance et la gestion des laboratoires. Des recommandations ont été formulées pour renforcer les capacités existantes et établir des mécanismes de coordination multisectoriels.

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Ce rapport présente les résultats de l'évaluation extérieure conjointe des capacités du Royaume du Maroc en matière de Règlement sanitaire international (RSI) réalisée du 20 au 24 juin 2016. L'évaluation a révélé que le Maroc dispose d'un cadre législatif solide et d'une coordination efficace pour la riposte aux urgences de santé publique, mais nécessite des améliorations dans la surveillance et la gestion des laboratoires. Des recommandations ont été formulées pour renforcer les capacités existantes et établir des mécanismes de coordination multisectoriels.

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évaluation extErNE conjointe des

principales capacités rsi


du
ROYAUME DU MAROC

Rapport de mission :
20–24 juin 2016

WHO/WHE/CPI/2017.3
évaluaTion extERNe conjointe des
principales capacités rsi
du
ROYAUME DU MAROC

Rapport de mission :
20–24 juin 2016
WHO/WHE/CPI/2017.3

© Organisation mondiale de la Santé 2017


Certains droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’uti-
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Citation suggérée. évaluation extérieure conjointe des principales capacités RSI du Royaume du Maroc. Genève :
Organisation mondiale de la Santé ; 2017. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO.
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territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les traits discontinus formés
d’une succession de points ou de tirets sur les cartes représentent des frontières approximatives dont le tracé peut ne pas
avoir fait l’objet d’un accord définitif.
La mention de firmes et de produits commerciaux ne signifie pas que ces firmes et ces produits commerciaux sont agréés
ou recommandés par l’OMS, de préférence à d’autres de nature analogue. Sauf erreur ou omission, une majuscule initiale
indique qu’il s’agit d’un nom déposé.
L’Organisation mondiale de la Santé a pris toutes les précautions raisonnables pour vérifier les informations contenues
dans la présente publication. Toutefois, le matériel publié est diffusé sans aucune garantie, expresse ou implicite. La
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tenue responsable des préjudices subis du fait de son utilisation.
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REMERCIEMENTS

Le secrétariat de l’évaluation externe conjointe OMS tient à remercier de leur appui et de leur engagement
en faveur des principes du Règlement sanitaire international (2005) les entités et organisations ci-après
qui ont permis à la mission d’évaluation d’atteindre ses objectifs :
• le Gouvernement et les experts du Royaume du Maroc pour leur appui et les efforts qu’ils ont consenti
pour préparer la mission d’évaluation ;
• les Gouvernements égyptien, français, grec et tunisien et le Gouvernement des États-Unis d’Amérique
qui ont fourni des experts techniques pour le processus d’examen par les pairs ;
• l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), l’Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche
(UNITAR) et l’Organisation mondiale de la Santé animale (OIE), pour la contribution apportée par leurs
experts et pour leurs compétences techniques ;
• les bureaux de l’OMS au Royaume du Maroc et en République islamique du Pakistan, le Bureau régional
OMS de la Méditerranée orientale, le Bureau régional OMS de l’Europe et le Département du Siège de
l’OMS Préparation des pays aux urgences sanitaires et RSI ;
• le Programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale pour sa collaboration et son soutien.
Table des matières
Abréviations--------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 3
Introduction---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 1
Résumé d’orientation – Conclusions de l’évaluation extérieure conjointe-------------------------------------- 1
Scores du Maroc---------------------------------------------------------------------------------------------------------- 5

PRÉVENIR————————————————————————— 7
LÉGISLATION, POLITIQUE ET FINANCEMENT NATIONAUX-------------------------------------------------------- 7
COORDINATION, COMMUNICATION ET PROMOTION DU RSI-------------------------------------------------- 10
RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS-------------------------------------------------------------------------------- 12
ZOONOSES--------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 15
SÉCURITÉ SANITAIRE DES ALIMENTS------------------------------------------------------------------------------- 19
SÉCURITÉ ET SÛRETÉ BIOLOGIQUES-------------------------------------------------------------------------------- 21
VACCINATION----------------------------------------------------------------------------------------------------------- 24

DÉTECTER———————————————————————— 26
SYSTÈME NATIONAL DE LABORATOIRES--------------------------------------------------------------------------- 26
SURVEILLANCE EN TEMPS RÉEL------------------------------------------------------------------------------------- 30
NOTIFICATION----------------------------------------------------------------------------------------------------------- 33
DÉVELOPPEMENT DU PERSONNEL---------------------------------------------------------------------------------- 36

RIPOSTER———————————————————————— 38
PRÉPARATION----------------------------------------------------------------------------------------------------------- 38
INTERVENTIONS D’URGENCE---------------------------------------------------------------------------------------- 41
LIEN ENTRE LA SANTÉ PUBLIQUE ET LES AUTORITÉS CHARGÉES DE LA SÉCURITÉ------------------------- 44
MOYENS MÉDICAUX ET DÉPLOIEMENT DE PERSONNEL-------------------------------------------------------- 47
COMMUNICATION SUR LES RISQUES------------------------------------------------------------------------------- 50

AUTRES————————————————————————— 57
POINTS D’ENTRÉE------------------------------------------------------------------------------------------------------ 57
ÉVÉNEMENTS D’ORIGINE CHIMIQUE------------------------------------------------------------------------------- 60
SITUATIONS D’URGENCE RADIOLOGIQUE------------------------------------------------------------------------- 64

Annexe 1 : Données sur l’évaluation extérieure conjointe------------------------------------------------------- 67


Évaluation extérieure conjointe

Abréviations

AIEA Agence internationale de l’énergie atomique


CNRP Centre national de radioprotection
DELM Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies
DICom division de l’information et de la communication
FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
INFOSAN Réseau international des autorités de sécurité sanitaire des aliments
INH Institut national d’hygiène du Maroc
LEHM DachverbandLehm e. V. (tous les quatre ans l’Association allemande pour les
constructions en terre organise la conférence internationale LEHM dans une région de
l’Allemagne utilisant les constructions en terre)
MERS-CoV coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient
MON modes opératoires normalisés
OIE Organisation mondiale de santé animale
OMS Organisation mondiale de la Santé
ONSSA Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires.
PCB polychlorobiphényles
PCC poste de coordination central
PCP postes de coordination préfectoraux ou provinciaux
PCR réaction en chaîne par polymérase
PFN point focal national
POP polluants organiques persistants
RSI Règlement sanitaire international (2005)
VIH virus de l’immunodéficience humaine

vi
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Introduction
L’évaluation extérieure conjointe des capacités requises au titre du Règlement sanitaire international
(2005) permet aux pays de définir les besoins les plus urgents de leur système de sécurité sanitaire et
de hiérarchiser les possibilités à saisir pour améliorer la préparation, la détection et le renforcement de la
capacité d’intervention, notamment en fixant des priorités nationales et en allouant les ressources néces-
saires sur la base des conclusions auxquelles on est parvenu.
Le Maroc est le neuvième pays au niveau mondial et le troisième de la Région OMS de la Méditerranée
orientale à se soumettre volontairement à une évaluation extérieure conjointe. Une équipe multisectorielle
d’experts de l’OMS a pris part à une évaluation d’une semaine du 20 au 24 juin 2016 à Rabat. Avant la
mission, le Gouvernement marocain a procédé, sur la base de l’outil d’évaluation extérieure conjointe, à
une autoévaluation dont les résultats ont été soumis à l’équipe d’évaluation extérieure, en s’attribuant un
score pour chacun des 19 domaines techniques de l’outil. L’équipe d’évaluation extérieure et les experts
marocains ont ensuite collaboré et procédé conjointement à la détermination des points forts actuels du
pays, des domaines à renforcer et des mesures à prendre en priorité et à l’attribution d’un score pour les
19 domaines techniques. On trouvera un résumé des résultats de cet examen dans chacune des cinq sec-
tions techniques du présent rapport.
L’équipe d’évaluation extérieure a pris note et a félicité l’engagement résolu du Maroc en faveur de la lutte
transfrontalière contre la propagation des maladies conformément au RSI Ce contexte favorable est l’abou-
tissement de plusieurs décennies d’engagement en faveur de la santé publique et des services sociaux en
général, reposant sur un haut niveau de développement institutionnel.

Résumé d’orientation – Conclusions de


l’évaluation extérieure conjointe1
La présente évaluation extérieure conjointe du Royaume du Maroc par des experts marocains et de l’exté-
rieur a été effectuée en utilisant l’outil d’évaluation extérieure conjointe du Règlement sanitaire inter-
national (RSI) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Une équipe internationale multisectorielle
composée d’experts de différents pays choisis sur la base de leurs compétences techniques reconnues et de
conseillers représentant les organisations internationales ont effectué leur mission du 20 au 24 juin 2016,
avec des exposés techniques interactifs couvrant les résultats de l’autoévaluation, des discussions multi-
sectorielles conjointes, ainsi que des visites sur site aux laboratoires et points d’entrée. Le rapport décrit
les recommandations établies conjointement en priorité par l’équipe extérieure et les experts marocains
concernant les mesures à prendre et couvrant les 19 domaines techniques du RSI tels qu’ils figurent dans
l’outil d’évaluation.
Le Maroc a une capacité RSI bien développée, comme l’illustre son action remarquable et mondialement
reconnue face à l’épidémie d’Ebola en 2015 et aux alertes mondiales antérieures, comme la coordination
de la mobilisation de ressources pour faire face au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et à la grippe
aviaire et pandémique.

1
Le présent rapport sera publié sur les sites Web du Ministère marocain de la santé ([Link]), de l’Organisation mondiale de la Santé
([Link]), de l’Organisation mondiale de santé animale ([Link]), de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
([Link]) et du Programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale ([Link]).

1
Les conclusions de la mission sur les 19 domaines techniques évalués conformément au mandat reproduit
à l’annexe 1 sont en résumé les suivantes :
• Le Maroc dispose d’un cadre législatif et réglementaire bien développé permettant d’appliquer le RSI,
notamment constitué du décret royal de 2009 pour l’application du RSI, la loi cadre N° 34-09 de
2011 et la Constitution de 2011. Le pays est en train de renforcer son système de réglementation et
notamment d’améliorer la coordination et la communication entre tous les secteurs concernés. Il est
fortement recommandé d’accélérer l’adoption du projet de loi de santé publique pour que l’ensemble
de la législation nécessaire soit en place.
• Un mécanisme de coordination de la riposte aux urgences de santé publique de portée internationale
potentielles entre les différents secteurs est assuré par l’intermédiaire du poste de coordination central
(PCC) au niveau national et par les postes de coordination préfectoraux ou provinciaux (PCP) au niveau
régional avec une représentation de haut niveau et un mandat bien défini. Ces entités disposent
de protocoles détaillés permettant de faire appel à la police ou à l’armée en cas de catastrophe
majeure. Dans le cas de l’épidémie d’Ebola, le PCC s’est révélé fonctionnel et efficace, en veillant
à la coordination et à la communication rapide entre les différents secteurs pour mettre en place
les mesures de préparation voulues face au risque de cas importés de cette maladie et prévenir la
transmission du virus sur le territoire marocain.
• Une surveillance et un commandement bien développés sont toutefois insuffisants en l’absence d’un
point focal national RSI (PFN RSI) dont les fonctions et les modes opératoires normalisés (MON) sont
clairement établis et fixent les modalités de coordination avec les responsables des autres secteurs.
La création d’un comité multisectoriel RSI avec des rôles et des responsabilités bien définis est donc
nécessaire pour faciliter et suivre l’application des capacités requises au titre du RSI, tous secteurs
confondus. Par exemple, un tel comité instituerait un mécanisme type en bonne et due forme pour
la coordination et l’échange rapide de l’information concernant les événements courants entre les
secteurs de la santé, de l’élevage, de l’agriculture et les autres secteurs , ainsi que la prévision et le
renforcement rapide des interventions qui s’imposent.
• Les systèmes de laboratoire en place peuvent effectuer au moins cinq des 10 tests définis par le RSI et un
mécanisme de transport des échantillons est en place. Le Maroc a accès aux laboratoires internationaux
et la réglementation des transports internationaux est suivie par le personnel qui bénéficie régulièrement
d’une formation. Le Maroc maîtrise les techniques diagnostiques – bactériologie, sérologie, réaction
en chaîne par polymérase (PCR) – dans des laboratoires déterminés. Une unité indépendante doit
toutefois être établie au niveau central pour coordonner les activités des laboratoires et assurer la
mise en œuvre de systèmes de gestion de la qualité, de la sûreté et de la sécurité biologiques dans
tous les laboratoires du secteur public et du secteur privé. En outre un plan stratégique national et une
politique nationale pour les laboratoires, comprenant notamment une politique de sûreté et de sécurité
biologiques doivent, être définis pour améliorer les capacités de laboratoire nationales.
• La résistance aux antimicrobiens est une préoccupation nationale. Le recours aux antibiotiques dans
l’élevage à des fins de croissance sera interdit sur le territoire marocain à partir de juillet 2017. Un plan
d’action multisectoriel national de lutte contre cette résistance n’est toutefois pas en place même si
l’on a dans l’ensemble pris conscience du risque grave que constitue le phénomène pour le Maroc et
la communauté mondiale.
• Le système de surveillance marocain veille au respect des priorités sanitaires nationales et internationales,
et notamment du RSI. Il s’agit d’un système décentralisé avec une chaîne de notification ascendante
des provinces aux régions et au Ministère de la santé. Il faut accélérer la numérisation du système de
surveillance national et appliquer les MON en veillant à fournir des ressources humaines et financières
suffisantes et à établir en bonne et due forme un système de surveillance fondé sur les événements.
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• Le Maroc présente d’excellents niveaux de couverture vaccinale et prévoit des activités de formation
spécialisée et une incitation à la participation communautaire. Il convient désormais de constituer des
stocks de vaccins et d’assurer leur distribution au niveau régional pour refléter la nouvelle restructuration
politique régionale. Le programme d’assurance de la qualité et le suivi et l’évaluation de la couverture
vaccinale doivent aussi être renforcés.
• La cartographie des dangers est réalisée et en cours d’actualisation sur la base des dangers émergents
et des menaces internationales. Des plans de préparation et de riposte à des événements spécifiques
sont en place, mais il n’y a pas de plan de santé publique national pour la préparation et la riposte aux
événements de santé publique notamment aux points d’entrée. L’élaboration d’un tel plan s’impose
avec la participation de tous les secteurs concernés et il doit être éprouvé et modifié en fonction des
résultats des tests. Le Maroc a démontré et éprouvé sa capacité d’activer des interventions de santé
publique d’urgence dans des délais types avec un personnel dédié qui a reçu la formation nécessaire
et conformément aux pratiques courantes. Un manuel du centre d’opérations d’urgence doit toutefois
être établi et évalué par des exercices de simulation. L’adaptation au niveau d’intervention voulu et
l’octroi des ressources nécessaires doivent être assurés en conséquence.
• Le Maroc a procédé à une évaluation des besoins aux niveaux national, régional et local pour définir
les priorités en matière de développement des ressources humaines et veiller à ce qu’un plan d’action
pour le développement du personnel soit intégré à la nouvelle stratégie du Ministère de la santé. Il faut
un programme de formation durable à l’épidémiologie de l’intervention qui appuie une infrastructure
de formation durable, un réseau national de formateurs/responsables et les capacités d’ensemble dans
le pays.
• Une division de la communication existe dans le cadre du Secrétariat général du Ministère de la santé,
et des plans de communication spécifiques ont été établis, par exemple concernant la maladie à virus
Ebola et les pandémies de grippe. La stratégie de communication sur les risques reste à finaliser et un
plan national multidanger de communication sur les risques doit aussi être élaboré.
• Un centre de toxicovigilance bien établi est opérationnel 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. La capacité
d’analyse toxicologique existe au niveau national, mais pas au niveau régional. Une commission
interministérielle sur les événements chimiques doit être mise en place. Le Profil national sur la gestion
des produits chimiques n’est pas régulièrement mis à jour. Un système général obligatoire pour la
classification et l’étiquetage des produits chimiques doit être élaboré dans tous les secteurs.
• L’Agence marocaine de sûreté et de sécurité nucléaires et radiologiques est l’organe chargé de la sûreté,
de la sécurité, de la préparation et de la riposte en matière radiologique. Les ressources humaines sont
suffisantes et un plan d’action d’urgence est en place pour les urgences radiologiques. Il s’inscrit dans
le cadre du plan national de gestion des catastrophes. Un mécanisme de suivi continu des risques
radiologiques dans les produits de consommation est également en place. Des MON pour détecter et
gérer les urgences radiologiques et mener des enquêtes doivent être élaborés et des établissements
médicaux désignés pour traiter les sujets contaminés par des matériels radioactifs ; ceux-ci doivent être
dotés de ressources adéquates et d’un personnel qualifié.
• La majorité des points d’entrée ont des mesures d’urgences opérationnelles pour la prise en charge des
cas suspects, mais ne sont pas écrites. Des ports désignés ont été dotés de la capacité de délivrer des
certificats de contrôle sanitaire de navire. L’évaluation des risques vectoriels aux points d’entrée doit
être menée et les plans nécessaires pour la surveillance et la lutte antivectorielles doivent être élaborés
et mis en œuvre.
En conclusion, l’équipe extérieure reconnaît le rôle de chef de file que le Maroc peut jouer dans le renfor-
cement des capacités requises au titre du RSI aux niveaux régional et mondial et constate que la plupart
des obligations en vertu du RSI sont respectées. D’une manière générale, il reste à formaliser les MON et
à élaborer des plans qui soient communiqués, mis à l’épreuve et officiellement adoptés. Ces plans doivent

3
Évaluation extérieure conjointe

revêtir un caractère multisectoriel et suivre les procédures décentralisées en place. Les capacités des res-
sources humaines doivent être renforcées, notamment par une formation régulière et par des exercices de
simulation.
La mission tient à remercier chaleureusement les autorités sanitaires nationales de l’appui qu’elles ont
apporté et de l’esprit d’ouverture dont elles ont fait preuve dans la conduite de la mission qui reflète vrai-
ment l’esprit de la résolution EM/RC62/R.3 du Comité régional OMS de la Méditerranée orientale fondé
sur l’indépendance et la transparence.

4
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Scores du Maroc
Note sur les scores attribués aux domaines techniques selon l’outil d’évaluation extérieure conjointe
L’évaluation extérieure conjointe est un processus d’examen par les pairs. La première étape est une au-
toévaluation qui consiste pour le pays concerné à fournir des informations sur ses capacités sur la base
des indicateurs et des questions techniques figurant dans l’outil d’évaluation extérieure conjointe. Il peut
proposer un score à ce stade ou pendant la consultation sur site avec l’équipe extérieure. L’évaluation
extérieure dans son ensemble – surtout les discussions relatives au score à attribuer, aux points forts, aux
domaines à renforcer et aux mesures prioritaires – doit être fondée sur la collaboration et la recherche d’un
accord entre les membres de l’équipe d’évaluation extérieure et les experts nationaux.
En cas de désaccord important ou insurmontable entre l’équipe extérieure et les experts nationaux, le
responsable de l’équipe extérieure décidera du score final et il en sera fait état dans le rapport final avec
un exposé sur la position de chacune des parties.

Capacités Indicateurs
Législation, P.1.1 La législation, les lois, la réglementation, les prescriptions administratives, les
politique et politiques ou autres instruments du gouvernement en place sont suffisants pour pouvoir 2
financement appliquer le RSI
nationaux P.1.2 L’État peut démontrer qu’il a adapté et aligné la législation, les politiques et les dispo-
sitions administratives au niveau national pour permettre l’application du RSI (2005) 3
Coordination, P.2.1 Un mécanisme fonctionnel est en place pour la coordination et l’intégration des sec-
communication et teurs concernés dans la mise en œuvre du RSI 4
promotion du RSI
Résistance aux P.3.1 Détection de la résistance aux antimicrobiens 2
antimicrobiens P.3.2 Surveillance des infections causées par des agents pathogènes résistants aux antimi-
crobiens 2
P.3.3 Programme de prévention et de lutte contre les infections associées aux soins de santé 2
P.3.4 Activité de gestion des antimicrobiens 1
Zoonoses P.4.1 Systèmes de surveillance en place pour les zoonoses/agents pathogènes prioritaires 4
P.4.2 Personnels vétérinaires et de santé animale 4
P.4.3 Mécanismes établis et fonctionnels pour riposter aux zoonoses infectieuses et aux
zoonoses potentielles 3
Sécurité sanitaire P.5.1 Mécanismes existants et fonctionnels de détection et de riposte aux maladies d’ori-
des aliments gine alimentaire et à la contamination des aliments 4
Sécurité et sûreté P.6.1 Existence d’un système de sécurité et de sûreté biologiques impliquant l’ensemble du
biologiques gouvernement pour les structures humaines, animales et agricoles 2
P.6.2 Formation et pratiques dans le domaine de la sécurité et de la sûreté biologiques 2
Vaccination P.7.1 La couverture vaccinale (rougeole) fait partie intégrante d’un programme national 5
P.7.2 Accès et délivrance de vaccins au niveau national 5
Système national D.1.1 Analyses en laboratoire pour la détection des maladies prioritaires 4
de laboratoires D.1.2 Système pour le transfert et le transport d’échantillons 4
D.1.3 Tests diagnostiques modernes et efficaces sur les lieux de soins et en laboratoire 4
D.1.4 Système de qualité des laboratoires 3
Surveillance en D.2.1 Systèmes de surveillance basés sur des indicateurs et de surveillance des événements 3
temps réel D.2.2 Système de notification électronique en temps réel interopérable et interconnecté 2
D.2.3 Analyse des données de surveillance 3
D.2.4 Systèmes de surveillance syndromique 3

5
Évaluation extérieure conjointe

Capacités Indicateurs
Notification D.3.1 Système efficace de notification à l’OMS, à la FAO et à l’OIE 4
D.3.2 Réseaux et protocoles de notification dans le pays 4
Développement du D.4.1 Des ressources humaines sont disponibles pour assurer les principales capacités
personnel requises au titre du RSI
4
D.4.2 Un programme de formation en épidémiologie appliquée est en place (type FETP) 3
D.4.3 Stratégie pour les personnels 4
Préparation R.1.1 Un plan national multidanger de préparation et d’action en cas d’urgence de santé
publique existe et est appliqué 4
R.1.2 Les risques et les ressources de santé publique prioritaires sont cartographiés et
exploités 4
Interventions R.2.1 Capacité à activer des interventions d’urgence 4
d’urgence R.2.2 Procédures et plans opérationnels du centre d’opérations d’urgence 3
R.2.3 Programme d’interventions d’urgence 4
R.2.4 Procédures de prise en charge des cas appliquées pour les dangers relevant du RSI 5
Lien entre la santé R.3.1 La santé publique et les autorités chargées de la sécurité (par exemple, les services
publique et les chargés de faire appliquer la loi, le contrôle aux frontières et les douanes) sont en liaison
autorités chargées lors d’un événement biologique suspecté ou confirmé 4
de la sécurité
Moyens médicaux R.4.1 Système en place pour l’envoi et la réception de moyens médicaux lors d’une urgence
et déploiement de de santé publique 5
personnel R.4.2 Système en place pour l’envoi et la réception de personnels de santé lors d’une
urgence de santé publique 5
Communication sur R.5.1 Systèmes de communication sur les risques (plans, mécanismes, etc.) 2
les risques R.5.2 Communication et coordination internes et avec les partenaires 4
R.5.3 Communication publique 4
R.5.4 Communication pour faire participer les communautés touchées 3
R.5.5 Écoute dynamique et gestion des rumeurs 3
Points d’entrée PoE.1 Capacités de routine présentes aux points d’entrée 3
PoE.2 Action de santé publique efficace aux points d’entrée 3
Événements CE.1 Mécanismes fonctionnels en place pour la détection et la riposte à des événements/
d’origine chimique urgences d’origine chimique 3
CE.2 Environnement favorable à la gestion d’événements d’origine chimique 2
Situations RE.1 Mécanismes fonctionnels en place pour la détection et la riposte aux situations
d’urgence d’urgence radiologique et nucléaire 3
radiologique RE.2 Environnement favorable à la gestion des situations d’urgence radiologique 4

6
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
PRÉVENIR
Législation, politique et financements nationaux
Introduction
Le RSI (2005) prévoit les obligations et les droits des États Parties. Dans certains d’entre eux, l’application
du RSI (2005) pourra nécessiter une législation nouvelle ou la modification de la législation existante.
Même lorsqu’une législation nouvelle ou révisée n’est pas spécifiquement requise, un État Partie peut
choisir de réviser certains règlements ou d’autres instruments afin de faciliter une application plus efficace
du RSI. L’application des lois peut permettre d’institutionnaliser et de renforcer le rôle du RSI (2005) et des
opérations au sein de l’État Partie et faciliter aussi la coordination entre les différentes entités concernées.
À cet égard, on se référera au Guide pour l’application du RSI (2005) dans le cadre de la législation
nationale à l’adresse [Link] Par ailleurs, les politiques visant
des structures et des responsabilités nationales ainsi que l’allocation de ressources financières adéquates
ont également leur importance.

Cible
Les États Parties doivent disposer d’un cadre juridique adéquat pour les appuyer et leur permettre de
s’acquitter de leurs obligations et de faire valoir leurs droits, afin de respecter et d’appliquer le RSI (2005).
Dans certains États Parties, la mise en œuvre du RSI (2005) peut nécessiter une législation nouvelle ou
une modification de la législation existante. Même lorsqu’une législation nouvelle ou révisée n’est pas
spécifiquement requise en vertu du système juridique d’un État Partie, celui-ci peut choisir de réviser une
partie de la législation, de la réglementation ou d’autres instruments afin de faciliter l’application du RSI
et son maintien de manière plus efficiente, efficace et bénéfique.
Les États Parties doivent garantir la mise à disposition de fonds suffisants pour mettre en œuvre le RSI,
qu’ils proviennent du budget national ou d’un autre mécanisme.

Niveau de capacité du Maroc


Dans ce document, le terme « législation » s’entend de manière générale du large éventail d’instruments
juridiques, administratifs ou autres dont dispose l’État pour mettre en œuvre le RSI (2005). Il ne s’agit pas
seulement des instruments adoptés par le parlement, mais également de mesures comme les règlements,
décrets, arrêtés et autres documents du système juridique marocain tels que les décrets royaux (dahirs).
Le Maroc dispose d’un large cadre juridique et réglementaire pour appuyer et permettre l’application du
RSI, comprenant notamment des lois et des mesures régissant les médicaments, les professionnels de la
santé et la sécurité sanitaire des aliments, entre autres. Ainsi, le décret royal No 1-09-2012 de 2009 attribue
au RSI un statut légal dans le système juridique marocain et la Constitution de 2011 érige l’accès aux soins
de santé et à l’assurance maladie en un droit fondamental que l’État est tenu d’assurer. En outre, la loi-
cadre No 3409 de 2011, qui constitue la base de l’organisation du système de santé, définit les dimensions
multisectorielles de la protection de la santé. Ce cadre juridique constitue un exemple important d’une
meilleure pratique que d’autres pays peuvent envisager de suivre pour améliorer la coordination et la mise
en œuvre du RSI.
Comme pour tous les autres pays cependant, il y aura des lacunes, des doublons et des domaines où le
contexte juridique national devra être amélioré afin d’être suffisamment complet pour l’application du RSI.

7
Évaluation extérieure conjointe

Il est possible de remédier à ces carences au moyen d’un ou de plusieurs instruments juridiques et il faudra
le faire. Le Maroc s’est engagé sans réserve en faveur de la mise en œuvre du RSI comme l’illustrent la
réforme actuelle de son système de santé et l’élaboration d’un plan national du secteur de la santé pour
2017-2021 et du projet de loi sur la santé publique.

Mesures recommandées en priorité


• Finaliser le projet de loi sur la santé publique.
• Prévoir et organiser une réunion intersectorielle de haut niveau pour approuver les textes relatifs à
l’application de la loi et promouvoir la sensibilisation au RSI et l’engagement à l’appliquer.
• Approuver les textes nécessaires à l’application de la loi sur la santé publique après son adoption.
• Mener des évaluations législatives et réglementaires périodiques pour faciliter la mise en œuvre
effective du RSI.
• Élaborer des lignes directrices pour faciliter le travail du point focal national (PFN) RSI et renforcer la
PRéVENIR

coordination des cadres juridiques et réglementaires entre secteurs.

Indicateurs et scores
P.1.1 La législation, les lois, la réglementation, les prescriptions administratives, les politiques
ou autres instruments du gouvernement en place sont suffisants pour pouvoir appliquer le
RSI
Score 2 : Capacité limitée. Le Maroc s’est résolument engagé à appliquer pleinement le RSI. Une évaluation
de la législation, de la réglementation, des prescriptions administratives et des autres instruments de l’État
comme prévu par le RSI a été effectuée en 2011. Elle a conduit à l’élaboration du projet de loi sur la santé
publique. L’adoption et l’application effective de cette loi permettront au Maroc d’atteindre le niveau 3
pour cet indicateur.

Points forts/meilleures pratiques


• Le Maroc s’est engagé à mettre en œuvre le RSI ; en plus de la présente évaluation extérieure conjointe,
des missions d’évaluation du RSI et une évaluation législative ont également été effectuées.
• Le Maroc dispose d’un cadre juridique important dans la plupart des domaines techniques. Une
législation rigoureuse régit la sécurité sanitaire des aliments et la réglementation des médicaments et
des professionnels de la santé.
• Le Maroc dispose d’un département des affaires juridiques au sein du Ministère de la santé et de
conseillers juridiques dans la plupart des autres ministères concernés. Le Ministère de la santé et le
Secrétariat général du Gouvernement ont des sites Web complets sur lesquels les lois et les règlements
sont accessibles au grand public.
• Le Maroc révise son système de santé et finalise la loi sur la santé publique au moyen de réunions
hebdomadaires entre la Direction des affaires juridiques au Ministère de la santé, le PFN et le Secrétariat
général.

P.1.2 L’État peut démontrer qu’il a adapté et aligné la législation, les politiques et les
dispositions administratives au niveau national pour permettre l’application du RSI (2005)
Score 3 : Capacité développée. L’évaluation législative et réglementaire effectuée en 2011 a mis en
lumière des problèmes qui sont abordés dans le projet de loi sur la santé publique. Le Maroc applique la
législation et les politiques pertinentes dans divers secteurs concernés par la mise en œuvre du RSI.

8
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Points forts/meilleurs pratiques
• Une évaluation des lois et des mesures de réglementation dans tous les secteurs concernés a été
effectuée en 2011. Les ajustements à apporter ont été identifiés et sont prévus dans le projet de loi
sur la santé publique.
• Le Maroc met sur pied un système réglementaire renforcé qui améliorera la coordination et la
communication entre tous les secteurs intéressés. Un système de notification et de surveillance intégré
sera également mis en place avec la création d’un organisme de santé publique national.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La coordination multisectorielle pour la mise en œuvre du RSI devrait être améliorée.
• Des politiques supplémentaires devraient être adoptées pour faciliter les fonctions de base et les
fonctions élargies du PFN RSI.
Documentation pertinente
• Politique de santé publique au Maroc et définitions des éléments du projet de loi sur la santé publique

PRéVENIR
dans le cadre de la mise en œuvre du RSI (2005), décembre 2011. Ce document comporte une liste
détaillée des lois et mesures réglementaires dans tous les secteurs concernés.
• Loi-cadre N° 34-09 de 2011.
• Constitution du Royaume du Maroc de 2011.
• Décret royal N° 1-09-212 de 2009.

9
Évaluation extérieure conjointe

Coordination, communication et promotion du RSI

Cible
Pour que les systèmes d’alerte et d’action soient efficaces, l’application effective du RSI (2005) nécessite
des approches multisectorielles/pluridisciplinaires à travers des partenariats nationaux. La coordination des
ressources dans tout le pays, y compris le fonctionnement pérenne d’un point focal national RSI (PFN) qui
est un centre national de communication pour le RSI (2005), est une exigence clé de l’application du RSI
(2005). Le PFN doit être accessible à tout moment pour communiquer avec les points de contact régionaux
RSI de l’OMS et avec tous les secteurs et autres parties prenantes concernées dans le pays. Les États Parties
doivent fournir à l’OMS les coordonnées des PFN qu’ils doivent mettre à jour continuellement et confirmer
tous les ans.

Niveau de capacité du Maroc


PRéVENIR

Le rôle de PFN RSI est assuré par la Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies (DELM),
dont le directeur est le point focal principal. Le PFN RSI comprend également le chef de la section de la
surveillance au sein de la Direction. Les coordonnées des représentants du PFN RSI ont été communiquées
à l’OMS et sont continuellement mises à jour et confirmées tous les ans. Les rôles et responsabilités du PFN
RSI ne sont cependant pas suffisamment bien définis et mis en œuvre.
Les mécanismes et procédures de base pour la collaboration et la communication intersectorielles passent
par le poste de coordination central (PCC) pour les événements de santé publique pouvant avoir une portée
internationale (mais non pour des événements ordinaires). La coordination et la communication entre les
différents secteurs et avec les points d’entrée ont été testées et renforcées à la suite d’incidents réels.
L’aéroport Mohammed V à Casablanca est un pôle principal pour les vols internationaux en provenance de
l’Afrique de l’Ouest. Lors de la récente épidémie de maladie à virus Ebola, le Maroc a décidé de maintenir
les vols provenant de cette région. La coordination et la communication entre les secteurs concernés et
l’aéroport sur le suivi des cas suspects d’Ebola – et la communication en temps utile entre l’aéroport et le
PFN RSI – se sont avérées fonctionnelles et efficaces dans cet aéroport ainsi qu’aux autres points d’entrée.
Plusieurs exercices de simulation et entraînements ont été organisés pour renforcer le niveau de préparation
et la coordination multisectorielle avec les secteurs chargés des événements de caractère chimique ou
radiologique, mais aucun événement réel n’a permis d’en vérifier la fonctionnalité.
Un comité RSI multisectoriel doit être établi pour faciliter la mise en œuvre des capacités au titre du RSI. Le
PCC pourrait assumer ce rôle, sous réserve d’une révision de son mandat dans ce sens.
Le PFN RSI est habilité à recevoir et à communiquer les informations sur le plan interne, du fait de sa
position hiérarchique et de sa participation au PCC. Celui-ci relève du Ministère de l’intérieur et comprend
des membres de tous les secteurs concernés par la mise en œuvre des capacités au titre du RSI. Les
informations sur les événements de santé publique pouvant avoir une portée internationale sont échangées
en temps utile aux réunions du PCC. Des mécanismes d’échange informel des informations existent entre
les unités de surveillance de la santé animale et humaine, les laboratoires et les autres secteurs concernés
par les risques zoonosiques et les urgences liées aux zoonoses. Sans reposer sur des documents, ces
mécanismes sont respectés en pratique.
On a constaté une sensibilisation insuffisante au RSI lors des entraînements au Maroc en vue de l’évaluation
extérieure conjointe, ce qui peut être attribué au renouvellement des effectifs et à la promotion insuffisante
du RSI et de son application auprès des nouveaux personnels. Il apparaît aussi que le PFN RSI et ses

10
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
fonctions sont mal connus du personnel aux différents niveaux administratifs des secteurs concernés.

Mesures recommandées en priorité


• Établir un comité multisectoriel RSI avec des rôles et des responsabilités bien définis.
• Déterminer et évaluer les fonctions du PFN RSI et élaborer des modes opératoires normalisés pour
assurer la coordination avec les points focaux des autres secteurs.
• Produire des rapports trimestriels sur la mise en œuvre du RSI à diffuser à tous les secteurs concernés.
• Mener des activités de promotion visant différents publics cibles afin d’améliorer leur engagement.
• Élaborer un plan d’action national pour accélérer la mise en œuvre des capacités RSI avec un budget
spécifique.

Indicateurs et scores
P.2.1 Un mécanisme fonctionnel est en place pour la coordination et l’intégration des

PRéVENIR
secteurs concernés dans la mise en œuvre du RSI
Score 4 : Capacité démontrée. Une loi concernant le RSI est en vigueur. Les mécanismes de coordination
et de communication multisectoriels et pluridisciplinaires ont été testés par des exercices en temps réel.
Les mécanismes multisectoriels pour la mise en œuvre du RSI ne sont pas en place et des mises à jour sur
l’état de la mise en œuvre ne sont pas disponibles.

Points forts/meilleures pratiques


• Le PFN RSI désigné au niveau national est doté d’effectifs garantissant l’accès 7 jours sur 7 et 24 heures
sur 24.
• Une loi facilitant la mise en œuvre du RSI est en vigueur.
• La coordination et la communication avec les différents secteurs ont été testées lors de la riposte à un
événement réel – volaille infectée par le virus A(H5N1) – et des activités de préparation mises en place
pour renforcer l’action face au risque d’importation de cas infectés par le virus Ebola, le coronavirus du
syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) et le virus Zika.
Domaines à renforcer/Problèmes à régler
• Les fonctions, rôles et responsabilités du PFN RSI doivent être clairement définis.
• Un comité multisectoriel RSI doit être établi pour suivre la mise en œuvre et le maintien durable
des capacités RSI et communiquer les mises à jour de l’application du RSI à l’ensemble des secteurs
concernés.
• Les parties prenantes, notamment les décideurs dans les secteurs autres que la santé, ne sont pas
assez sensibilisés au RSI et à son application.
• Un plan national d’action est nécessaire pour mettre en œuvre et maintenir les capacités requises au
titre du RSI au Maroc.
Documentation pertinente
• Dahir No 1-09-210, octobre 2009 – Adoption du RSI.
• Structure et mandat du poste de coordination central (PCC) et des postes de coordination provinciaux/
préfectoraux (PCP).

11
Évaluation extérieure conjointe

Résistance aux antimicrobiens

Introduction
Les bactéries et autres microbes évoluent en fonction de leur environnement et acquièrent inévitablement
des mécanismes pour résister aux agents antimicrobiens. Pendant des décennies, le problème était gérable
car la résistance progressait lentement et l’industrie pharmaceutique continuait à mettre au point de
nouveaux antibiotiques.
Au cours des dix dernières années, le problème s’est transformé en crise. La résistance aux antimicrobiens
évolue désormais à un rythme alarmant et plus rapidement que la mise au point de nouveaux moyens
de vaincre les infections humaines. Cette situation constitue une menace pour les soins aux patients, la
croissance économique, la santé publique, l’agriculture, la sécurité économique et la sécurité nationale.
PRéVENIR

Cible
Appuyer le travail coordonné par l’OMS, la FAO et l’OIE pour préparer un ensemble intégré d’activités à
l’échelle mondiale pour combattre la résistance aux antimicrobiens, couvrant les domaines de l’humain,
de l’animal, de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement (approche « Un monde, une santé »),
notamment : a) mise en œuvre, dans chaque pays, d’un plan national global pour combattre la résistance
aux antimicrobiens ; b) renforcement de la surveillance et des capacités des laboratoires aux niveaux
national et international en suivant les normes internationales convenues, élaborées dans le cadre du
plan d’action mondial et en tenant compte des normes existantes ; et c) amélioration de la conservation
des traitements existants et de la collaboration pour soutenir le développement durable de nouveaux
antibiotiques, de traitements alternatifs, de mesures préventives, de tests diagnostiques rapides sur le lieu
des soins, y compris de systèmes pour conserver les nouveaux antibiotiques.

Niveau de capacité du Maroc


Comme beaucoup d’autres pays, le Maroc dispose de capacités insuffisantes face à la résistance aux
antimicrobiens. S’il n’existe pas encore de plan national de coordination multisectorielle permettant une
riposte efficace, le Maroc suit de nombreuses approches positives révélatrices de ses moyens de lutter
contre le problème et dispose notamment de plusieurs programmes verticaux dotés des capacités de
laboratoire nécessaires pour détecter la résistance aux antimicrobiens et d’un protocole national pour
interdire l’usage d’antibiotiques dans l’élevage à partir de juillet 2017. L’engagement contre la résistance
aux antimicrobiens dans le secteur de la santé animale et la capacité de diagnostiquer et de confirmer la
résistance aux antimicrobiens d’origine zoonosique constituent un exemple probant qui peut être suivi par
d’autres pays. L’OMS a aussi récemment aidé le Maroc à élaborer un plan stratégique. Ces facteurs, ainsi
qu’une volonté nationale bien marquée d’aller de l’avant, montrent bien que des progrès sont en cours.

Mesures recommandées en priorité


• Établir un organe national de coordination multisectorielle.
• Élaborer un plan d’action national multisectoriel pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens.
• Désigner à cet effet un laboratoire national de référence.
• Établir des laboratoires régionaux pour la santé humaine et renforcer la capacité de laboratoire
concernant la santé animale.
• Élaborer une politique nationale de rationalisation de l’usage des antibiotiques.

12
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Indicateurs et scores
P.3.1 Détection de la résistance aux antimicrobiens
Score 2 : Capacité limitée. Ce score reflète la constatation selon laquelle le Maroc, tout en ayant la
capacité de détection et de notification de certains agents pathogènes prioritaires (score 3), ne s’est pas
encore doté d’un plan national (score 1).

Points forts/meilleurs pratiques


• Des programmes verticaux sont en place pour certaines maladies avec un suivi de la résistance aux
antimicrobiens (tuberculose, gonorrhée et certaines maladies animales telle que la salmonellose).
• Un laboratoire national de santé publique appuie les programmes verticaux et les laboratoires
alimentaires nationaux sont en mesure de tester les agents pathogènes prioritaires.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Un plan d’action national doit être élaboré d’urgence.

PRéVENIR
• Il faut veiller à la collaboration entre les secteurs de la santé animale et humaine.
• Un laboratoire national devrait être désigné pour tester la résistance aux antimicrobiens.

P.3.2 Surveillance des infections causées par des agents pathogènes résistants aux
antimicrobiens
Score 2 : Capacité limitée. Comme dans le cas précédent, le score reflète l’absence d’un plan national
(score 1), alors que le Maroc dispose de sites sentinelles de surveillance de certains agents pathogènes
prioritaires (score 3).

Points forts/meilleures pratiques


• Cinq sites sentinelles existent et testent certains agents pathogènes humains depuis 2012.
• Un laboratoire animalier national teste la résistance aux antimicrobiens.
• Des tests sont effectués depuis 2015 sur la résistance aux antimicrobiens dans la production animale.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Un plan national doit être élaboré pour élargir la surveillance de la résistance.

P.3.3 Programme de prévention et de lutte contre les infections associées aux soins de santé
Score 2 : Capacité limitée. Le Maroc dispose d’un plan national pour les infections associées aux
soins de santé. Une stratégie nationale mise en œuvre en 2005 est en cours d’actualisation. Comme pour
les catégories précédentes, les progrès sont relativement rapides grâce à la volonté et à l’engagement
politiques.

Points forts/meilleures pratiques


• La stratégie nationale de 2005 est en train d’être actualisée et améliorée.
• Des règlements sont en place pour combattre les infections associées aux soins de santé.
• Un outil de notification des infections associées aux soins de santé est en place.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Il faut élaborer un plan national s’inspirant de la stratégie nationale.

13
Évaluation extérieure conjointe

P.3.4 Activités de gestion des antimicrobiens


Score 1 : Capacité inexistante. Ce score s’explique par l’absence d’un plan national. Ayant décidé
d’interdire les antibiotiques dans la production animale à partir de 2017 et pris l’engagement politique
d’améliorer la sécurité sanitaire humaine, le Maroc devrait pouvoir améliorer ce score.

Points forts/meilleures pratiques


• À partir de juillet 2017, l’usage d’antibiotiques pour promouvoir la croissance animale fera l’objet d’une
interdiction complète.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Un plan national doit être élaboré pour l’usage des antibiotiques en médecine humaine.
• L’utilisation d’antibiotiques dans le cadre des soins de santé devrait être évaluée.
• La législation existante doit être appliquée, car il apparaît qu’elle n’est pas respectée à 100 %.
PRéVENIR

Documentation pertinente
• Règlement intérieur des hôpitaux ; Arrêté de 2010 (pour les infections associées aux soins de santé).
• Manuel d’hygiène hospitalière, 2010 (pour les infections associées aux soins de santé).
• Rapport final de la Consultation pour l’élaboration du plan stratégique national de prévention et de
contrôle de la résistance aux antimicrobiens.

14
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
ZOONOSES

Introduction
Les zoonoses sont des maladies infectieuses transmises entre l’animal et l’homme. Elles sont provoquées
par des bactéries, des virus, des parasites et des champignons dont des animaux sont porteurs et parfois
transmises par l’intermédiaire d’insectes ou de vecteurs inanimés. Les trois quarts environ des récentes
maladies humaines infectieuses émergentes sont d’origine animale et quelque 60 % des agents pathogènes
de l’homme sont d’origine zoonosique.

Cible
Adoption de comportements, de politiques et/ou de pratiques mesurables qui minimisent la transmission

PRéVENIR
de zoonoses de l’animal à l’homme.

Niveau de capacité du Maroc


Plusieurs zoonoses ayant un impact important sur la santé publique sont endémiques au Maroc et
considérées comme des maladies prioritaires. Il s’agit notamment de la rage, de la tuberculose à M. bovis,
de l’échinococcose, de la brucellose, de la leishmaniose et du charbon. De plus, en raison de sa situation
géographique, de ses intenses activités commerciales et de son rôle de pôle aérien régional, le Maroc est
exposé à l’importation d’agents pathogènes par la circulation humaine et animale, notamment d’agents
pathogènes endémiques dans les pays limitrophes.
Le Ministre de la santé collabore depuis longtemps avec les autorités de santé animale dont de
nombreuses activités intéressent la santé publique – surveillance de la faune sauvage et des animaux
domestiques, inspection des abattoirs et diverses chaînes de valeur (volaille, bétail) et vaccination animale
contre les principales zoonoses (rage, charbon, etc.). Si cette collaboration s’avère efficace aux niveaux
central, intermédiaire et local, la coordination d’activités conjointes pourrait être améliorée. Les échanges
de données épidémiologiques entre les deux secteurs sont par exemple efficaces lors de flambées, mais
doivent encore être améliorés à l’occasion d’interventions systématiques.
L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et le Ministère de la santé ont signé
un mémorandum d’accord et élaboré des politiques communes contre la rage ; il serait souhaitable que
d’autres zoonoses comme la tuberculose et la brucellose fassent l’objet d’une coordination intersectorielle
analogue.
Les services sont fournis par le secteur public – niveau central, bureaux dans chaque province, bureaux au
niveau local et unités mobiles – assurant la liaison entre les communautés et les unités de soins de santé
primaires. Les laboratoires peuvent diagnostiquer les principales zoonoses (pour la santé animale et la
santé humaine), même si la communication entre laboratoires laisse à désirer.

Mesures recommandées en priorité


• Se prévaloir de l’élan donné par la Loi sur la santé publique et la création de l’organisme de santé
publique qui y est associé pour institutionnaliser la collaboration entre les principaux acteurs et mettre
en place l’environnement juridique et réglementaire nécessaire pour la surveillance des zoonoses et la
riposte.

15
Évaluation extérieure conjointe

• Définir un cadre type pour la détection des zoonoses et la riposte, et appuyer la mise au point de
procédures intersectorielles pour la définition des rôles, responsabilités et activités des différents
acteurs. De telles procédures devront être mises à l’épreuve par des exercices de simulation associant
les centres d’opérations d’urgence aux niveaux central et régional.
• Encourager les plans d’intervention multisectoriels – associant le Ministère de la santé, l’ONSSA et le
Ministère de l’intérieur – qui ne visent pas qu’une maladie déterminée.
• Encourager la formation conjointe en ce qui concerne l’épidémiologie, l’intervention rapide, la gestion
des risques, la communication conjointe et toutes les autres fonctions essentielles à la gestion des
événements zoonosiques afin de faciliter la coordination entre les acteurs.

Indicateurs et scores
P.4.1 Système de surveillance en place pour les zoonoses/agents pathogènes prioritaires
Score 4 : Capacité démontrée. Des réseaux de surveillance passive des zoonoses sont bien établis et
PRéVENIR

couvrent l’ensemble du territoire par des structures décentralisées, des services provinciaux et des brigades
mobiles. En outre, le secteur de la santé animale a recours à des personnels paravétérinaires et à des
vétérinaires privés auxquels a été confié un mandat sanitaire pour les activités de santé publique vétérinaire,
notamment la surveillance des maladies endémiques et émergentes. Des techniciens vétérinaires se rendent
régulièrement sur les marchés aux bestiaux, ainsi que dans les souks et abattoirs.
Des programmes de surveillance active des principales zoonoses comme la tuberculose, la brucellose et
la grippe aviaire sont en place et pourraient être complétés par de nouveaux programmes contre d’autres
zoonoses. Des enquêtes entomologiques ou sur la faune sauvage (notamment sur les chiens errants) moins
fréquentes sont par exemple effectuées à l’occasion de projets de recherche ou de programmes ciblés.
La notification sur les zoonoses de la liste prioritaire est obligatoire. Les canaux d’information sont connus
et utilisés et les protocoles doivent être respectés sous peine de sanctions. Les activités de surveillance sont
cependant propres à chaque secteur et l’échange d’informations entre les secteurs de la santé animale et
humaine est limité. Une amélioration de la coordination permettrait au Maroc d’atteindre le niveau 5 pour
cet indicateur.

Points forts/meilleures pratiques


• La couverture du territoire est très bonne.
• Les procédures, activités et filières de notification pour la surveillance des maladies, et notamment des
zoonoses, sont bien connues et respectées.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Malgré l’étroite collaboration entre les services de santé animale et humaine, les échanges de données
restent limités. Une plateforme spécialement consacrée à la surveillance et à l’appui au laboratoire est
envisagée.

P.4.2 Personnels vétérinaires et de santé animale


Score 4 : Capacité démontrée. Le cursus de base des étudiants en médecine vétérinaire comprend un
enseignement sur la détection et la lutte contre les zoonoses endémiques ou exotiques. Chaque année une
soixantaine de diplômes et 6 certificats paraprofessionnels sont délivrés par l’école de santé vétérinaire à
l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat. En 2013, on comptait plus de 300 vétérinaires et
plus de 600 techniciens de santé animale actifs aux niveaux central et provincial, dans des laboratoires ou
affectés aux contrôles aux frontières. Des missions de santé publique et de lutte contre les maladies ont en
outre été confiées à plus de 600 vétérinaires privés.

16
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Un programme de formation continue du personnel de l’ONSSA et un catalogue de formation sur mesure
permettent de renforcer les compétences. Les vétérinaires privés auxquels l’ONSSA fait appel n’ont
cependant qu’un accès limité à ce type de formation. Des améliorations, notamment en matière de lutte
contre les zoonoses, permettraient d’atteindre le niveau 5 pour cet indicateur.

Points forts/meilleures pratiques


• Des vétérinaires compétents et bien formés travaillant pour l’ONSSA sont largement déployés sur
le territoire marocain et encadrent les techniciens de terrain pour diverses activités concernant la
surveillance, la lutte contre les maladies et l’inspection des animaux et des produits animaux tout au
long de la chaîne de valeur, auxquelles participent aussi un nombre important de vétérinaires privés.
Le personnel peut donc facilement être mobilisé en cas de besoin.
• La formation continue fait partie des politiques d’assurance de la qualité suivies par l’ONSSA, dont une
unité est spécialement chargée des programmes de formation. Les vétérinaires privés y ont accès s’ils
le souhaitent.
Domaines à renforcer/problèmes à régler

PRéVENIR
• Malgré les effectifs en apparence satisfaisants, de plus en plus de vétérinaires s’occupent de tâches
spécifiques liées à la croissance rapide du secteur de la production alimentaire, ce qui peut diminuer
l’attention accordée à la surveillance des maladies animales, et notamment des zoonoses.
• Les vétérinaires privés ne sont pas tenus de suivre les programmes de formation continue à la
surveillance et à la lutte contre les maladies animales, alors qu’ils sont astreints à des activités de
sécurité sanitaire et d’inspection des aliments.

P.4.3 Mécanismes établis et fonctionnels pour riposter aux zoonoses infectieuses et aux
zoonoses potentielles
Score 3 : Capacité développée. Les services vétérinaires ont démontré leur capacité de réagir rapidement
à l’introduction d’agents pathogènes et de combattre et même d’éradiquer plusieurs pathologies animales
majeures (fièvre aphteuse, peste équine, peste des petits ruminants), qui ne sont toutefois pas des zoonoses.
L’ONSSA applique un plan national cohérent de riposte aux grandes épizooties, qui comprend un cadre
type et des plans, manuels et procédures détaillés concernant les principales maladies animales. S’il couvre
certaines zoonoses importantes, comme les virus de la grippe aviaire hautement pathogènes, ce plan n’est
pas coordonné avec le secteur de la santé humaine. Des mécanismes d’intervention multisectorielle ont
été décrits contre certaines zoonoses (rage et virus A(H5N1) par exemple) ou lors d’événements récents
comme l’émergence du virus A(H9N2) ou du charbon. Ces mécanismes ont fait leurs preuves en situation
de crise, mais doivent être mieux structurés et établis en bonne et due forme.
En conclusion, certaines des capacités propres aux niveaux 4 et 5 de l’indicateur sont en place, mais le
score du Maroc reste de 3 en l’absence d’un mécanisme officiel de coordination.

Points forts/meilleures pratiques


• Il existe des plans d’intervention efficaces.
• Les mécanismes de coordination intersectorielle, élaborés lors de la préparation face au virus A(H5N1),
ont été renforcés par la gestion des événements aux centres d’opérations d’urgence aux niveaux central
et régional (PCC et PCP) et permettent un accès rapide aux fonds d’urgence.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Il faut un plan intersectoriel en bonne et due forme contre les zoonoses, définissant les rôles, les
responsabilités et les procédures à suivre.

17
Évaluation extérieure conjointe

• La riposte à une situation de crise n’existe actuellement qu’au cas par cas.
• Une formation aux interventions rapides doit être offerte aux équipes intersectorielles.
Documentation pertinente
• Rapport d’évaluation des performances des services vétérinaires au Maroc, Organisation mondiale de
la Santé animale, 2013.
• Loi No 25-08 portant création de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires
promulguée par le dahir No 1-09-20 du 18 février 2009.
• Loi No 28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires, promulguée par le dahir No 1-10-
08 du 11 février 2010.
• Dahir portant loi No 1-75-292 du 19 septembre 1977, édictant les mesures propres à garantir les
animaux domestiques contre les maladies contagieuses.
• Plan national contre les épizooties, ONSSA, 2009.
PRéVENIR

18
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Sécurité sanitaire des aliments
Introduction
Les maladies diarrhéiques d’origine alimentaire ou hydrique figurent parmi les principales causes de morbidité
et de mortalité, notamment dans les pays moins avancés. La rapide mondialisation de la production et du
commerce des aliments a entraîné un risque accru d’incidents internationaux impliquant la contamination
de produits alimentaires. La détermination de la source d’une flambée et son endiguement revêtent une
importance primordiale pour les combattre et il faut disposer d’une capacité de gestion des risques pour
la lutte tout au long de la chaîne alimentaire. Si une analyse épidémiologique repère un aliment comme
source d’un événement, des mesures de gestion des risques doivent alors être mises en place sur la base
d’une évaluation des risques afin de prévenir des cas humains (ou des cas supplémentaires).

Cible

PRéVENIR
Les États Parties doivent avoir la capacité de surveiller et de riposter aux événements/risques de maladies
d’origine alimentaires ou véhiculées par l’eau. Cela nécessite une communication et une collaboration
efficaces entre les secteurs chargés de la sécurité sanitaire des aliments, de la sécurité de l’eau et de
l’assainissement.

Niveau de capacité du Maroc


Le Maroc dispose d’un système de sécurité fonctionnel réglementé qui relève de trois ministères : la
Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au Ministère de la santé ; l’ONSSA au Ministère
de l’agriculture et de la pêche maritime ; et la Direction générale des collectivités locales au Ministère de
l’intérieur par le biais de ses bureaux locaux d’hygiène. Ces départements fonctionnent en équipe, chacun
ayant son mandat propre, aux niveaux central, régional et local. Le Ministère de l’agriculture est avant tout
chargé de la production, du traitement et de la vente des produits primaires, des produits alimentaires et
des fourrages, alors que les Ministères de la santé et de l’intérieur opèrent surtout au niveau de la vente
au détail et de la restauration.
Le pays dispose d’un cadre juridique bien développé conforme aux normes internationales. La loi
No 28-07 (2010) relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires, les règlements de mise en œuvre
et les MON disponibles pour chaque secteur couvrent l’amélioration et le contrôle de la sécurité sanitaire
des aliments à toutes les étapes, de la production à la consommation, en passant par le traitement, la
distribution et la vente.
Le Maroc dispose de ressources humaines qualifiées, notamment de médecins, d’ingénieurs et de techniciens
pour veiller à la sécurité sanitaire des aliments et enquêter sur les événements liés à cette sécurité ou à
des flambées de maladies d’origine alimentaire, ainsi que de programmes de formation continue dans
chaque secteur. Les équipes chargées de la sécurité sanitaire des aliments au niveau local comprennent
des personnels issus des trois secteurs concernés susmentionnés, qui collaborent étroitement aux enquêtes
sur ces événements ou flambées.
L’ONSSA s’est récemment doté d’une division de l’analyse des risques comprenant plusieurs comités
scientifiques indépendants des responsables des risques. Ce réseau dispose notamment de laboratoires
compétents (pour la plupart certifiés selon la norme ISO 17025) pour diagnostiquer/détecter la
contamination microbiologique et chimique des produits alimentaires et veiller au contrôle de la qualité
dans les secteurs de la santé et de l’agriculture, qui coordonnent leur action en situation d’urgence. Là
aussi, l’échange systématique des informations et des matériels serait souhaitable.

19
Évaluation extérieure conjointe

Mesures recommandées en priorité


• Renforcer les mécanismes de surveillance des maladies d’origine alimentaire, le suivi de la contamination
alimentaire et l’évaluation des risques.
• Examiner et actualiser les mécanismes de collaboration intersectorielle dans le domaine de la sécurité
sanitaire des aliments.
• Améliorer l’analyse des risques et les mécanismes de communication liés à la sécurité sanitaire des
aliments chez les parties prenantes concernées.
Indicateurs et scores
P.5.1 Mécanismes existants et fonctionnels de détection et de riposte aux maladies d’origine
alimentaire et à la contamination des aliments
Score 4 : Capacité démontrée. Des mécanismes sont en place et il existe des points focaux bien
déterminés au niveau des parties concernées (Ministères de la santé, de l’agriculture et de l’intérieur)
PRéVENIR

et dans leurs laboratoires. Des liens opérationnels sont établis entre le personnel de surveillance et de
riposte, la sécurité sanitaire des aliments, la santé animale et les laboratoires. Les départements ministériels
travaillent en équipe, chacun ayant son mandat propre, aux niveaux central, régional et local. Les personnels
de ces institutions collaborent pour déterminer les risques et les interventions : le Ministère de l’agriculture
s’occupe surtout de la production, du traitement et de la vente au détail des produits primaires, des
produits alimentaires et des fourrages alors que les Ministères de la santé et de l’intérieur interviennent
surtout au niveau de la vente au détail des vivres et de la restauration. La coordination doit encore être
renforcée, tout comme l’échange rapide des informations sur la détermination des risques et l’analyse
entre les parties prenantes.

Points forts/meilleures pratiques


• Le cadre juridique respecte les normes internationales.
• Les procédures sont adaptées aux différents secteurs.
• La coordination intersectorielle est régie par des accords juridiques et officiels conjoints.
• Un bon réseau de laboratoires est en place.
• Le personnel chargé de la sécurité sanitaire des aliments dans les différents secteurs jouit de bonnes
compétences.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
Malgré la collaboration fructueuse entre les trois ministères aux niveaux central et régional, l’échange de
données et d’informations reste limité, notamment en matière d’analyse des risques et de communication
et entre les laboratoires. Il faut donc :
• Réviser et mettre à jour les mécanismes de collaboration intersectorielle pour la sécurité sanitaire des
aliments ;
• Établir des MON en bonne et due forme ;
• Améliorer les mécanismes d’analyse des risques et de communication liés à la sécurité sanitaire des
aliments au niveau des parties concernées ;
• Participer à l’organisation conjointe de l’enseignement et de la formation continue destinés aux
personnels des trois ministères ;
• Favoriser et renforcer les capacités environnementales et la collaboration avec les organisations non
gouvernementales de protection des consommateurs.
Documentation pertinente
• Loi No 28-07 (2010) relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires et ses règlements de mise
en œuvre.
20
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Sécurité et sûreté biologiques
Introduction
La manipulation des agents pathogènes au laboratoire est essentielle pour permettre à la communauté
mondiale d’avoir un ensemble d’outils performants – médicaments, produits diagnostiques et vaccins –
pour lutter contre la menace en constante évolution que présentent les maladies infectieuses.
La recherche sur les agents infectieux joue un rôle capital dans l’élaboration et la disponibilité des
instruments de santé publique et outils médicaux nécessaires pour détecter, diagnostiquer, reconnaître
et combattre les flambées de maladies infectieuses d’origine naturelle ou délibérée. Mais parallèlement,
l’extension de l’infrastructure et des ressources consacrées à la recherche sur les agents infectieux a suscité
des craintes quant au niveau adéquat de sécurité et de sûreté biologiques à garantir pour protéger les
chercheurs et la communauté en général. La sécurité biologique est importante car il faut éviter que les
agents infectieux puissent être utilisés pour nuire délibérément aux êtres humains, aux animaux, aux

PRéVENIR
plantes ou à l’environnement.

Cible
Mise en place d’un système national de sécurité et sûreté biologiques impliquant l’ensemble du
gouvernement, qui soit en mesure de stocker, de sécuriser et de surveiller les agents pathogènes
particulièrement dangereux dans un nombre réduit de structures conformément aux meilleures pratiques ;
dispensation de formations et sensibilisation par l’éducation à la gestion des risques biologiques afin de
promouvoir une culture partagée de la responsabilité, de réduire les risques de double usage, de limiter
la prolifération biologique et les menaces liées à un usage délibéré, et d’assurer le transfert des agents
biologiques en toute sécurité ; mise en place d’une législation sur la sécurité et la sûreté biologiques propre
à chaque pays, de l’homologation des laboratoires et de mesures de lutte contre les agents pathogènes.

Niveau de capacité du Maroc


La sécurité et la sûreté biologiques sont des concepts voisins mais pas identiques. La sûreté biologique
s’entend de la protection individuelle et environnementale contre l’exposition à des agents biologiques
potentiellement dangereux. La sécurité biologique vise à prévenir la perte, le vol, le détournement ou
l’usage néfaste délibéré d’agents microbiens, de toxines ou d’informations liées à la recherche. La sûreté
biologique veille donc à ce que des procédures et des pratiques soient en place pour prévenir l’exposition
et les infections sur le lieu de travail, alors que la sécurité biologique veille à ce que l’accès aux matériaux
biologiques et aux informations sensibles soit sécurisé.
Il n’y a pas actuellement de législation, de réglementation ou de directives nationales sur la sécurité et la
sûreté biologiques au Maroc. En général, les laboratoires ont une liste des agents pathogènes sur lesquels
ils travaillent et ont commencé à évaluer les risques qui leur sont liés. Mais il n’existe aucune liste nationale
des agents pathogènes et ceux-ci ne sont pas cartographiés en fonction de leur stockage. Certains
établissements offrent une formation à la sécurité et à la sûreté biologiques, mais aucun programme de
formation nationale systématique n’est disponible pour l’ensemble des laboratoires et leur personnel.

Mesures recommandées en priorité


• Mettre en œuvre un cadre juridique et des directives nationales pour la sécurité et la sûreté biologiques.
• Établir une politique nationale de laboratoires traitant notamment de la sécurité et de la sûreté
biologiques.

21
Évaluation extérieure conjointe

• Cartographier tous les laboratoires et établir une base de données des agents pathogènes étudiés.
• Établir ou améliorer un programme national de formation de base et de formation continue à la
sécurité et à la sûreté biologiques et vérifier régulièrement les compétences.

Indicateurs et scores
P.6.1 Existence d’un système de sécurité et de sûreté biologiques impliquant l’ensemble du
gouvernement pour les structures humaines, animales et agricoles
Score 2 : Capacité limitée. Si les laboratoires ONSSA de sécurité sanitaire des aliments sont dotés
de programmes et de politiques de sécurité et de sûreté biologiques, les laboratoires de santé humaine
commencent à peine à les introduire. Les laboratoires de l’Institut national d’hygiène (INH) ont établi
une liste et procédé à une évaluation des risques et introduisent actuellement des politiques de sûreté
biologique élaborées dans chaque laboratoire. L’Institut Pasteur et le laboratoire de virologie de l’hôpital
universitaire Mohammed V commencent aussi à le faire ; tous utilisent des techniques de pointe pour le
diagnostic.
PRéVENIR

Points forts/meilleures pratiques


• Des outils et des moyens pour le diagnostic sont en place – comme la réaction en chaîne par polymérase
(PCR) – qui permettent d’éviter la culture d’agents pathogènes dangereux.
• Il existe deux associations de sécurité et de sûreté biologiques au niveau national.
• Le personnel bénéficie régulièrement de visites médicales.
• Le personnel est formé au transport des matières infectieuses (selon l’Association du transport aérien
international).
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Un cadre juridique national de sécurité et de sûreté biologiques devrait être élaboré et appliqué.
• La surveillance de la sécurité et de la sûreté biologiques doit être améliorée.
• Les établissements qui stockent ou traitent des agents pathogènes et toxines dangereux devraient
disposer de registres et de listes actualisés d’agents pathogènes.

P.6.2 Formation et pratiques dans le domaine de la sécurité et de la sûreté biologiques


Score 2 : Capacité limitée. Dans l’ensemble, les laboratoires forment leur personnel à la sûreté biologique,
mais moins à la sécurité biologique. Les laboratoires de sécurité sanitaire des aliments et de santé animale
forment habituellement leurs personnels et effectuent une évaluation de leurs compétences, comme le
requiert la norme ISO 17025. Les laboratoires de santé humaine sont à un niveau différent car non encore
certifiés ; l’INH a toutefois pu mettre sur pied une formation à la sécurité et la sûreté biologiques grâce à
des projets internationaux. Le projet de l’Institut Pasteur n’a pas encore débuté.

Points forts/meilleures pratiques


• Le personnel est formé au transport des matières infectieuses dans des laboratoires publics selon la
réglementation des Nations Unies.
• La formation à la sécurité et à la sûreté biologiques est assurée dans la plupart des laboratoires.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Un programme de formation national à la sécurité et à la sûreté biologiques devrait être élaboré et
mis en œuvre.

22
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• Une formation universitaire doit être offerte durablement aux personnes qui manipulent des agents
pathogènes et toxines dangereux.
• Une formation supplémentaire devrait être prévue pour le secteur privé.
Documentation pertinente
• Arrêté de la ministre de la santé No 2598-10 du 27 ramadan 1431 (7 septembre 2010) relatif au guide
de bonne exécution des analyses de biologie médicale.

PRéVENIR

23
Évaluation extérieure conjointe

Vaccination

Introduction
La vaccination constitue l’une des interventions sanitaires mondiales les plus réussies et l’un des moyens
les plus rentables de sauver des vies et de prévenir la maladie. On estime qu’elle permet d’éviter plus de
deux millions de décès dans le monde chaque année.

Cible
Un système national performant de délivrance de vaccins – envergure nationale, distribution efficace,
accès à des populations marginalisées, chaîne du froid adaptée et contrôle systématique de la qualité – en
mesure de répondre aux nouvelles menaces de maladies.
PRéVENIR

Niveau de capacité du Maroc


Le Maroc applique depuis 1987 – près de 30 ans – un programme de vaccination bien développé. La
couverture vaccinale est élevée dans l’ensemble du pays et l’achat de vaccins est entièrement financé par
le gouvernement marocain ; 97 % de la population reçoit des vaccins du secteur public. Les niveaux ont
été validés lors d’enquêtes nationales sur la couverture vaccinale. Un système est en place pour le suivi des
manifestations postvaccinales indésirables (MAPI). La chaîne du froid et la capacité de distribution sont
satisfaisantes et il n’y a pas de pénuries de vaccins. Un programme spécial est en place pour la vaccination
des populations isolées ; les lignes directrices sont souvent actualisées et le personnel reçoit une formation
en cours d’emploi à tous les niveaux du système de santé.

Mesures recommandées en priorité


• Moderniser la chaîne du froid : favoriser la réfrigération spécifique à chaque vaccin.
• Renforcer le suivi et l’évaluation de la couverture vaccinale.
• Veiller à ce que les stocks de vaccins et leur distribution au niveau régional reflètent la nouvelle
restructuration politique régionale.
• Renforcer le programme d’assurance de la qualité.
• Élaborer un plan de communication et de sensibilisation concernant la vaccination.

Indicateurs et scores
P.7.1 La couverture vaccinale (rougeole) fait partie intégrante d’un programme national
Score 5 : Capacité pérenne. Il ressort des données administratives que 99 % des enfants marocains
ont reçu au moins une dose de vaccin à valence rougeole à 12 mois. Plus de 80 % de toutes les unités
infranationales (districts) sont couvertes.

Points forts/meilleures pratiques


• Les taux de vaccination sont élevés, 99 % des enfants ayant reçu une première dose de vaccin à
valence rougeole selon les données administratives et les meilleures estimations OMS/UNICEF.
• Le budget de vaccination est entièrement financé par le Gouvernement marocain et 97 % de la
population reçoit des vaccins du secteur public.

24
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• La sensibilisation à la vaccination est assurée socialement et par le gouvernement marocain au plus
haut niveau.
• Les guides sur les pratiques de gestion des vaccins sont régulièrement mis à jour.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La surveillance de la paralysie flasque aiguë doit être améliorée, parallèlement à un renforcement
général du suivi et de l’évaluation de la couverture vaccinale.

P.7.2 Accès et délivrance de vaccins au niveau national


Score 5 : Capacité pérenne. La délivrance de vaccins (en maintenant la chaîne du froid) est assurée
dans plus de 80 % des districts au Maroc ; des systèmes ont été mis en place pour atteindre les populations
marginalisées en utilisant des pratiques culturellement adaptées ; la délivrance de vaccins a été testée à
travers une campagne de vaccination à l’échelle du pays ; les prévisions et l’approvisionnement en vaccins
sont efficaces et aucune rupture de stock n’a été constatée.

PRéVENIR
Points forts/meilleures pratiques
• La chaîne du froid est assurée à tous les niveaux.
• Aucune rupture de stock n’a été constatée et les prévisions des besoins sont fiables.
• On observe une forte demande pour la vaccination et la capacité existe de mener des campagnes
à grande échelle ; une campagne à l’échelle nationale contre la rougeole et la rubéole a permis de
vacciner 11 millions de personnes avec une excellente mobilisation sociale, une forte participation
communautaire et une bonne collaboration avec les organisations non gouvernementales.
• Une bonne couverture des populations marginalisées a été assurée grâce à des stratégies fixes et
mobiles et à des campagnes de vaccination réduites.
• Les facilitateurs du programme aux niveaux national et régional assurent le suivi continu du programme
de vaccination.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La chaîne du froid devrait être améliorée en favorisant la réfrigération spécifique à chaque vaccin.
• Les stocks de vaccins et les moyens de distribution devraient être situés stratégiquement au niveau
régional, pour que la distribution reflète la nouvelle restructuration politique régionale.
Documentation pertinente
• Profil national de vaccination OMS :
• [Link]
countries?countrycriteria %5Bcountry %5D %5B %5D=MAR.
• Stratégie sectorielle de santé 2012/2016 ; axe 2, action 35.
• Santé en chiffres 2013, édition 2014, partie 4.4.
• Manuel du programme PEV.

25
Évaluation extérieure conjointe

DÉTECTER
Système national de laboratoires

Introduction
Les laboratoires de santé publique assurent des services essentiels, notamment la détection des maladies
et des flambées, les interventions d’urgence, la surveillance de l’environnement et la surveillance des
maladies. Les laboratoires de santé publique nationaux et locaux peuvent servir de point focal pour un
système national par le biais de leurs fonctions de base pour la sécurité humaine et animale et la sécurité
sanitaire des aliments, notamment la prévention, la lutte et la surveillance concernant les maladies ;
la gestion intégrée des données ; les tests spécialisés et de référence ; la surveillance en laboratoire ;
les interventions d’urgence ; la recherche en santé publique ; la formation et l’enseignement ; et les
partenariats et la communication.
La sécurité vétérinaire dans le secteur animal et alimentaire est assurée par les laboratoires de l’ONSSA et
non par les laboratoires de santé.

Cible
Surveillance biologique en temps réel avec un système national de laboratoires et des tests diagnostiques
DéTECTER

modernes et efficaces sur les lieux de soins et en laboratoire.

Niveau de capacité du Maroc


Le Maroc compte plusieurs systèmes de laboratoires, liés : aux hôpitaux publics, au LEHM (épidémiologie
et hygiène), à la tuberculose, à l’Institut national d’hygiène, aux forces de l’ordre, à la police royale, à
l’armée royale, aux services vétérinaires, à la sécurité sanitaire des aliments, à l’environnement (système
peu développé), à la recherche (universités), aux hôpitaux universitaires, aux centres de transfusion, au
centre antipoison, à Biopharma et à l’Institut Pasteur (laboratoires indépendants avec un laboratoire de
l’Institut Pasteur à Tanger).
Au Maroc, la capacité nationale des laboratoires est généralement bonne dans le secteur public, mais
la coordination entre les différents laboratoires du secteur de la santé et du secteur de la santé animale
devrait être renforcée au niveau central pour améliorer la surveillance et les capacités et détecter et
prévenir les flambées de maladies humaines et animales. Une meilleure coordination au sein du secteur
de la santé permettrait d’examiner de manière plus approfondie les tests diagnostiques qui doivent être
disponibles à chaque niveau du système, la standardisation du matériel et des fournitures de laboratoire
et les considérations essentielles en matière d’entretien du matériel et de contrats de service. Il serait
également utile de définir les principaux éléments d’un plan stratégique de laboratoire, de coordonner le
renforcement des capacités humaines et de mettre en pratique des systèmes de qualité.
Une meilleure coordination entre les secteurs de la santé animale et humaine permettrait d’améliorer
la surveillance des zoonoses et favoriserait l’échange des données d’expérience propres à renforcer les
capacités des laboratoires et à résoudre les problèmes courants auxquels ils font face.
Les laboratoires gérés par le secteur privé ne sont soumis à aucune surveillance.

26
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Mesures recommandées en priorité
• Établir une unité indépendante au niveau central doté d’une ligne budgétaire et de ressources humaines
appropriés afin de coordonner l’ensemble des activités des laboratoires et de veiller à la mise en œuvre
de systèmes de gestion de la sécurité et de la sûreté biologiques de qualité dans tous les laboratoires
publics et privés. Cette unité serait également en mesure de coordonner les contrôles extérieurs de la
qualité nécessaires pour tous les laboratoires de santé humaine au niveau national et d’y donner suite
en fonction des résultats afin de dégager une bonne vue d’ensemble de leurs capacités.
• Établir un groupe de travail national comprenant des représentants issus des laboratoires de santé
humaine et vétérinaire, de sécurité sanitaire des aliments, de recherche et de l’environnement pour
rédiger une politique nationale des laboratoires, englobant la sécurité et la sûreté biologiques et un
plan stratégique national pour améliorer les capacités des laboratoires nationaux.
• Mettre en œuvre des systèmes de qualité dans les laboratoires aux niveaux régional et provincial et
établir un système extérieur de contrôle de la qualité que tous les laboratoires sont tenus de respecter.
• Établir un système de contrôle des laboratoires pour veiller au respect des normes nationales dans les
laboratoires privés et publics.
• Prévoir une ligne budgétaire spécifique pour les activités des laboratoires dans le cadre des systèmes
de laboratoire (transport d’échantillons, contrôle extérieur de la qualité, étalonnage, entretien du
matériel, etc.).

Indicateurs et scores

DéTECTER
D.1.1 Analyses en laboratoire pour la détection des maladies prioritaires
Score 4 : Capacité démontrée. Les laboratoires des systèmes à plusieurs niveaux ont la capacité de
diagnostiquer les maladies prioritaires au Maroc. Des réseaux de laboratoires sont en place pour le VIH,
la tuberculose et le paludisme. Les laboratoires cliniques dans les hôpitaux ont introduit un système à
plusieurs niveaux.

Points forts/meilleures pratiques


• Les systèmes de laboratoires existants sont capables de réaliser au moins 5 des 10 tests principaux
visés par le RSI (VIH, tuberculose, paludisme, Salmonella et Plasmodium).
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Les laboratoires de référence pour les maladies prioritaires devraient être officiellement désignés.

D.1.2 Système pour le transfert et le transport d’échantillons


Score 4 : Capacité démontrée. Pour le VIH, la tuberculose et le paludisme, on a mis en œuvre un système
de transport d’échantillons en cas de besoin. De même, ils peuvent être transportés aux laboratoires de
référence en cas d’urgence.

Points forts/meilleures pratiques


• Le transfert est assuré pour certains des systèmes de laboratoire.
• Un mécanisme est en place pour le transport des échantillons.
• La réglementation internationale en matière de transport est respectée et le personnel est formé en
conséquence.

27
Évaluation extérieure conjointe

Domaines à renforcer/problèmes à régler


• L’échange de données entre les secteurs de la santé humaine et de la santé animale doit être amélioré.
• Les laboratoires de référence doivent être officiellement désignés.

D.1.3 Tests diagnostiques modernes et efficaces sur les lieux de soins et en laboratoire
Score 4 : Capacité démontrée. Des tests rapides de dépistage du VIH et du paludisme sont disponibles
sur les lieux de soins. Tous les laboratoires au niveau central sont équipés d’un matériel moderne et
utilisent des techniques de diagnostic modernes. Lors de la menace due au virus Ebola, on a eu recours
aux techniques de pointe pour éviter autant que possible toute contamination lors de la manipulation des
échantillons.

Points forts/meilleures pratiques


• Tous les établissements de santé du secteur public sont reliés à l’établissement du niveau supérieur.
• Des stratégies de tests diagnostiques spécifiques à plusieurs niveaux sont en place dans le secteur
public.
• Le Maroc maîtrise les techniques diagnostiques classiques, notamment la bactériologie, la sérologie et
la PCR dans des laboratoires déterminés.
• On utilise du matériel et des méthodes diagnostiques modernes.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Une révision des systèmes de laboratoires s’impose pour en améliorer l’efficacité et la coordination
DéTECTER

devrait être centralisée. Plusieurs systèmes de laboratoire existent, mais les laboratoires de référence
nationaux n’ont pas été clairement définis.

D.1.4 Système de qualité des laboratoires


Score 3 : Capacité développée. Au Maroc, des mesures d’homologation ne sont en place que pour
les laboratoires privés. Malgré l’homologation, les laboratoires ne sont pas tenus de respecter des normes
de qualité nationales ou internationales. Il n’y a pas de contrôle extérieur de la qualité dans le cas des
laboratoires privés.

Points forts/meilleures pratiques


• Les laboratoires de santé humaine dans le secteur public prennent les mesures voulues pour obtenir
l’accréditation selon la norme ISO 15189. Les laboratoires animaliers et vétérinaires sont accrédités
selon la norme ISO 17025. Le Centre national de la grippe est reconnu par l’OMS, tout comme le
laboratoire contre la poliomyélite et les laboratoires contre la rougeole et la rubéole de l’Institut
national d’hygiène.
• Les laboratoires du secteur public centraux participent aux tests d’aptitudes internationaux.
• Un système est en place pour l’homologation des laboratoires de santé privés.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Le processus d’homologation doit être élargi à tous les laboratoires des secteurs public et privé.
• Un système national d’assurance de la qualité, ciblant avant tout les laboratoires régionaux et
provinciaux et les laboratoires privés devrait être mis en œuvre.
• Le respect des normes de qualité nationales doit être prévu par la loi et vérifié par des inspections.

28
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Documentation pertinente
• Arrêté de la ministre de la santé N° 2598-10 du 27 ramadan 1431 (7 septembre 2010) relatif au guide
de bonne exécution des analyses de biologie médicale.
• WHO/EMRO Regional external quality assessment scheme, survey 2016-1: microbiology and
bacteriology reports.
• Manuel de prélèvements médicaux et manuel de prélèvements santé environnement de l’INH.
• Guide de supervision des laboratoires de santé publique de l’INH.

DéTECTER

29
Évaluation extérieure conjointe

Surveillance en temps réel

Introduction
Le but de la surveillance en temps réel est d’améliorer la sûreté, la sécurité et la résilience du pays grâce à
un effort intégré de surveillance biologique facilitant l’alerte précoce et la sensibilisation aux événements
biologiques.

Cible
Renforcement de l’indicateur fondamental – et systèmes de surveillance des événements qui soient en
mesure de détecter des événements intéressant la santé publique, la santé animale et la sécurité sanitaire ;
amélioration de la communication et de la collaboration à travers les secteurs et entre les autorités aux
niveaux infranational, national et international dans le domaine de la surveillance des événements relevant
de la santé publique ; amélioration des capacités aux niveaux national et régional pour l’analyse et la
mise en relation des données provenant de systèmes renforcés de surveillance en temps réel, notamment
de systèmes de notification électronique interopérables et interconnectés. Ces données peuvent être des
données épidémiologiques, cliniques, de laboratoire, d’analyses environnementales, de sécurité et de
qualité des produits, et bioinformatiques ; enfin, poursuite du développement des principales capacités
pour répondre aux exigences en matière de surveillance conformément aux normes établies par le RSI et
DéTECTER

l’OIE.

Niveau de capacité du Maroc


Le Maroc a restructuré son système de surveillance épidémiologique en 1995, dans le but de répondre aux
priorités de santé nationales et internationales, y compris le respect du RSI. Parallèlement, il a décentralisé
les modalités de notification en prévoyant une notification ascendante du niveau provincial, aux niveaux
régional puis central, suivie d’une notification descendante. Le Maroc suit l’approche classique de la
surveillance qui consiste à récolter et analyser les données pour les transformer en mesures pratiques. Sa
conception stratégique de la surveillance de la santé a évolué et s’est traduite par des plans sur plusieurs
années et des conférences nationales qui ont abouti à un livre blanc en 2013. La surveillance en temps réel
a fait l’objet d’une mise à l’épreuve concluante quand le Maroc a dû faire face aux multiples problèmes liés
à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, notamment l’évaluation des risques occasionnés par les vols
quotidiens en provenance des trois pays les plus touchés. Le fait de pouvoir compter sur plusieurs milliers
d’agents de santé communautaires et contacter par téléphone les niveaux provincial et central a démontré
l’engagement du pays en faveur de la surveillance des maladies. Il reste maintenant au Maroc à concrétiser
sa stratégie en fournissant les ressources humaines et financières adéquates.

Mesures recommandées en priorité


• Renforcer le système de surveillance sanitaire en mettant l’accent sur la surveillance basée sur des
indicateurs, la surveillance des événements et la surveillance syndromique.
• Accélérer la numérisation du Système de surveillance épidémiologique national et la transmission
électronique des données.
• Mettre au point une plateforme de données commune.
• Élaborer et appliquer des MON à tous les niveaux.
• Prévoir une surveillance des événements en bonne et due forme.

30
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Indicateurs et scores
D.2.1 Systèmes de surveillance basée sur des indicateurs et de surveillance des événements
Score 3 : Capacité développée. La surveillance basée sur des indicateurs ou la surveillance des
événements est en place pour détecter les menaces pour la santé publique. Le Maroc est en mesure de
mettre en œuvre cette surveillance de manière systématique et d’améliorer son score.

Points forts/meilleures pratiques


• Des systèmes sont en place pour détecter les menaces pour la santé publique. Il s’agit avant tout d’une
surveillance basée sur des indicateurs mais aussi d’une surveillance des événements.
• Les responsables se sont engagés à améliorer la surveillance et à mettre en œuvre des plans stratégiques.
• Un cadre juridique est en place pour la notification des maladies à déclaration obligatoire au niveau
national.
• Des lignes directrices actualisées ont été diffusées et le personnel formé à leur utilisation.
• Un réseau de laboratoires lié à la surveillance est en train d’être mis sur pied.
• Un réseau d’agents de santé communautaire bénévoles est en place.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Il faut améliorer l’intégration du secteur sanitaire privé dans la surveillance et la notification des
maladies.
• La collaboration multisectorielle devrait être prévue en bonne et due forme ; des liens existent

DéTECTER
actuellement entre la santé animale et d’autres secteurs, mais surtout au cas par cas. Des MON
devraient donc être élaborés et adoptés.
• La surveillance des événements devrait être mise en œuvre pour atteindre l’objectif d’une détection,
d’une évaluation et d’une riposte précoces aux événements de santé publique.

D.2.2 Système de notification électronique en temps réel interopérable et interconnecté


Score 2 : Capacité limitée. Le Maroc est en train d’élaborer un système de notification en temps réel
interopérable et interconnecté pour les systèmes de santé publique ou vétérinaire.

Points forts/meilleures pratiques


• Un système de notification électronique est en cours d’introduction.
• Le Ministère de la santé s’est engagé à fournir les ressources nécessaires.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La numérisation du Système de surveillance épidémiologique national et la transmission électronique
des données devraient être accélérées.
• Une plateforme commune devrait être établie, sans être limitée à la santé humaine mais en étant
accessible pour la communication avec les secteurs de la santé animale et des laboratoires.

D.2.3 Analyse des données de surveillance


Score 3 : Capacité développée. Le Maroc consigne régulièrement des données dans des rapports,
établis avec un certain retard ; des équipes spéciales sont en place pour analyser les données.

Points forts/meilleures pratiques


• Les données font l’objet d’analyses systématiques et servent à la prise de décisions sur des bases
factuelles.
31
Évaluation extérieure conjointe

• Des rapports détaillant les indicateurs de la santé sont rédigés chaque année.
• Les capacités d’analyse au niveau central sont satisfaisantes.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Les rapports sont parfois en retard et la ponctualité devrait être améliorée.
• Les analyses sont souvent effectuées au cas par cas et devraient être systématiques.
• La capacité au niveau provincial et régional doit être renforcée.

D.2.4 Systèmes de surveillance syndromique


Score 3 : Capacité développée. La surveillance syndromique est en place pour la grippe aviaire et pour
les maladies sexuellement transmissibles ; le Maroc dispose donc de la capacité exigée pour ce score de
détecter un ou deux syndromes majeurs.

Points forts/meilleures pratiques


• Un système est en place pour détecter un ou deux syndromes majeurs.
• Un réseau d’agents de santé communautaire bénévoles est en place.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La capacité de détection de nouvelles maladies ou de maladies émergentes doit être développée.
• Les réseaux de laboratoires doivent être renforcés pour confirmer les cas de nouvelles maladies.
• Le système d’alerte sanitaire national devrait être élargi.
DéTECTER

Documentation pertinente
• Stratégie sectorielle de santé 2012-2016.
• Livre blanc pour une nouvelle gouvernance du secteur de la santé (2013).
• Santé en chiffres 2013, édition 2014.

32
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Notification

Introduction
Les menaces pour la santé à l’interface homme-animal-écosystème se sont aggravées au cours des
dernières décennies à mesure que les agents pathogènes ont évolué et se sont adaptés à des hôtes
et un environnement nouveaux, imposant une charge pour les systèmes de santé animale et humaine.
Par ailleurs, les menaces liées aux contaminations accidentelles ou délibérées par des agents chimiques,
radiologiques et nucléaires suscitent des préoccupations croissantes. La notification pluridisciplinaire sur
les événements de santé publique fondée sur la collaboration réduit le risque de maladies et de leur
propagation internationale.

Cible
La notification précise et en temps utile des événements de santé publique, conformément aux exigences de
l’OMS, et la coordination systématique avec la FAO, l’OIE, l’AIEA et les autres organisations internationales
concernées augmente la probabilité d’une riposte rapide et coordonnée, à l’échelle du pays et du monde
entier.

Niveau de capacité du Maroc

DéTECTER
Le Maroc a désigné un point focal national RSI qui est actuellement opérationnel. Le point focal pour l’OIE
et le Réseau international de l’autorité de sécurité sanitaire des aliments (INFOSAN) relève de l’ONSSA au
Ministère de l’agriculture et de la pêche maritime. Les points focaux de l’AIEA relèvent du Centre national
de protection radiologique (CNRP) au Ministère de la santé.
Les points focaux du RSI, de l’OIE, de l’INFOSAN et de l’AIEA échangent des informations liées aux
événements zoonosiques, aux urgences de maladies d’origine alimentaire et aux situations d’urgence
radiologique, quand il y a lieu. En pratique, ces échanges s’effectuent aux différents niveaux administratifs,
mais ne sont pas fondés sur des protocoles écrits, ce qui pourrait affecter les délais de notification et de
prise de décisions.
Les événements infectieux et zoonosiques survenus au Maroc ont été notifiés en temps utile à l’OMS par
le PFN RSI, conformément au RSI. L’instrument de décision à l’annexe 2 du RSI est mal connu ou n’est pas
utilisé par tous les secteurs concernés. De ce fait, l’évaluation des risques et la notification en temps utile
des événements de santé publique d’origine inconnue, chimique ou radiologique pouvant constituer pour
l’OMS un événement de portée internationale risquent d’être retardées.
Le pays dispose d’un système pour faciliter la riposte aux événements de santé publique de manière
coordonnée.

Mesures recommandées en priorité


• Établir des protocoles/plateformes électroniques en bonne et due forme pour l’échange d’informations
entre le PFN RSI et les points de contact de la FAO, de l’OIE et de l’AIEA.
• Constituer formellement le comité de coordination entre les secteurs de santé animale et humaine en
le dotant d’un mandat bien défini.

33
Évaluation extérieure conjointe

• Veiller à ce que les effectifs soient suffisants pour gérer l’évaluation des risques concernant des
événements inconnus :
m Assurer une formation à l’emploi de l’instrument de décision (annexe 2 du RSI) et l’utiliser
davantage pour repérer les événements pouvant constituer des urgences de santé publique de
portée internationale ;
m Élaborer des MON pour des enquêtes conjointes.
• Mener des exercices de simulation pour tester la capacité de détection précoce, d’évaluation des
risques et de notification en temps utile à l’OMS des événements chimiques et radiologiques par le
PFN RSI.

Indicateurs et scores
D.3.1 Système efficace de notification à l’OMS, à la FAO et à l’OIE
Score 4 : Capacité démontrée. Le Maroc s’est doté de points focaux opérationnels pour le RSI, la
FAO, l’OIE et l’AIEA. Le PFN RSI est représenté au PCC qui reçoit toutes les notifications des événements
pouvant constituer des urgences de santé publique de portée nationale ou internationale. Une fois qu’il a
été identifié, le PFN RSI est autorisé à notifier l’événement à l’OMS dans les 24 heures. Le Maroc a accès
aux capacités de mener une évaluation des risques pour les événements de santé publique, y compris ceux
d’origine inconnue.

Points forts/meilleures pratiques


• Un point focal RSI est défini dans le pays.
DéTECTER

• Il existe aussi des points focaux FAO, OIE et AIEA dotés d’un mandat bien défini.
• Les laboratoires nationaux ont la capacité de confirmer certains agents pathogènes ; ils sont établis
en réseau et ont accès aux laboratoires internationaux et de référence pour confirmer les événements
de santé publique.
• Les secteurs de la santé humaine et animale ainsi que les secteurs alimentaire, chimique et radiologique
jouissent d’une bonne coordination pour identifier les événements pouvant constituer des urgences de
santé publique de portée nationale ou internationale dans ces différents domaines.
• Le Maroc a accès à une expertise internationale pour faciliter l’évaluation des risques d’événements de
santé publique d’origines diverses.
• Des liens directs et étroits de communication existent entre les programmes de santé publique aux
points d’entrée avec le Ministère de la santé, y compris le PFN RSI.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La capacité nationale en ressources humaines pour mener des évaluations des risques d’événements
de santé publique d’origine inconnue devrait être renforcée.
• L’instrument de décision (annexe 2 du RSI) reste mal connu et peu utilisé pour identifier les événements
pouvant constituer des urgences de santé publique de portée internationale et il convient de remédier
à ce problème.
• Il faudrait encourager des mécanismes plus réguliers et formels pour l’échange d’informations entre les
points focaux RSI, FAO, OIE et AIEA.

D.3.2 Réseau et protocoles de notification dans le pays


Score 4 : Capacité démontrée. La coordination multisectorielle est en place pour répondre aux urgences
de santé publique de portée internationale réelles et potentielles aux points d’entrée. Le PFN RSI est

34
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
chargé de notifier en temps utile à l’OMS les événements de santé publique liés aux maladies infectieuses,
zoonosiques et d’origine alimentaire. Les points focaux nationaux FAO, OIE et AIEA sont également chargés
de notifier à leur organisation les événements liés à leur domaine technique. Aucun événement chimique
ou radiologique majeur n’est survenu au Maroc. La notification à l’OMS ne peut donc être comparée aux
événements mentionnés précédemment puisqu’ils relèvent de secteurs différents. Des mécanismes pour
l’échange d’informations entre les différents secteurs au niveau national par le biais du PCC, et au niveau
régional par les PCP, sont en place mais ne sont pas standardisés.

Points forts/meilleures pratiques


• Le PFN RSI est membre du PCC, ce qui facilite l’échange d’informations sur les événements de santé
publique en cours dans le pays.
• Le PFN RSI est habilité à notifier à l’OMS en temps utile les événements pouvant constituer des urgences
de santé publique de portée internationale, notamment en ce qui concerne les maladies infectieuses,
zoonosiques et d’origine alimentaire.
• La coordination est établie avec les parties prenantes par le biais du PCC au niveau national, ce qui
facilite la discussion entre les secteurs concernés et la prise de décisions sur les événements de santé
publique en cours au Maroc ou dans d’autres pays.
• La coordination est établie entre les parties prenantes au niveau régional par le biais des PCP et avec
le niveau national, ce qui facilite la notification des événements de santé publique.
• Les autorités font preuve d’une grande transparence en ce qui concerne les échanges d’informations
sur les événements de santé publique en cours dans le pays et les mesures de préparation liées à des
événements pouvant être importants pour le Maroc.

DéTECTER
• Des MON pour les équipes d’intervention rapide sont clairement définis et permettent de réagir à des
événements spécifiques, y compris aux points d’entrée.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Le pays n’a jamais été confronté à un événement de santé publique réel d’origine chimique ou
radiologique ; la notification à l’OMS en temps utile de tels événements par le biais du PFN RSI pourrait
donc poser des problèmes.
• La documentation de la notification et de la communication des événements de santé publique n’est
pas en place ; le pays ne dispose donc pas d’un processus durable pour entretenir et améliorer ces
capacités et mécanismes.
Documentation pertinente
• Dahir No 1-09-210, octobre 2009 – adoption du RSI.
• Mandats des points focaux OIE, FAO et AIEA.
• Mandats des centres de coordination en cas de crise (PCC et PCP).

35
Évaluation extérieure conjointe

Développement du personnel

Introduction
Le développement du personnel est important pour instaurer progressivement un système de santé
publique durable en assurant et en gardant un personnel de santé publique hautement qualifié ayant
bénéficié d’une formation appropriée et doté de compétences scientifiques et d’une expertise spécifique.

Cible
Pour assurer durablement et efficacement les activités de surveillance de la santé publique et de riposte, à
tous les niveaux du système de santé, et la mise en œuvre effective du RSI (2005), les États Parties doivent
disposer de personnels de santé compétents.

Niveau de capacité du Maroc


Le Maroc a réalisé aux niveaux national, régional et local une cartographie de ses besoins concernant le
développement des ressources humaines. Un plan d’action pour le développement du personnel qui est
intégré à la nouvelle stratégie du Ministère de la santé a été présenté à la deuxième conférence sur les
systèmes de santé. Il reflète l’engagement politique de haut niveau en faveur de la formation de base ainsi
qu’une formation en cours et une formation spécifique sur différents sujets (internat de santé publique).
DéTECTER

Le Maroc applique un programme national de formation à l’épidémiologie de terrain (FETP) depuis 2010
(trois cohortes) avec l’appui des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis et participe à des
programmes régionaux d’épidémiologie de terrain comme le Programme méditerranéen d’épidémiologie
d’intervention MediPIET et le réseau EMPHNET. Le modèle FETP marocain de formation postuniversitaire
en santé publique prévoit des cours universitaires sur deux ans intégrant un travail de terrain et aboutit à
un diplôme de maîtrise en santé publique (MPH).

Mesures recommandées en priorité


• Mettre en place un programme de formation durable en épidémiologie d’intervention qui non
seulement forme les agents au niveau national mais appuie plus largement des infrastructures de
formation durable, un réseau national de formateurs/responsables et des capacités générales aux
niveaux intermédiaire et local. Tous les acteurs devraient y être associés et le programme FETP étendu
à d’autres experts – vétérinaires et techniciens de laboratoire par exemple. Le Maroc devrait également
augmenter la taille des cohortes pour atteindre la cible de 1 épidémiologiste pour 150000 habitants
d’ici 2020.
• Lancer un programme de formation et de sensibilisation au RSI destiné aux cliniciens, traitant surtout
de la préparation et de la riposte aux maladies émergentes.

Indicateurs et scores
D.4.1 Des ressources humaines sont disponibles pour assurer les principales capacités
requises au titre du RSI - Score 4 : Capacité démontrée.

Points forts/meilleures pratiques


• Le Maroc dispose d’un programme de formation sous forme d’un internat de santé publique et a établi
un programme de formation en épidémiologie de terrain de niveau avancé (FETP) qui aboutit à un
diplôme de maîtrise en santé publique.

36
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Il faudrait ouvrir les programmes de formation aux autres agents de santé publique concernés par
les capacités requises au titre du RSI et mettre l’accent sur des programmes de formation spécifiques
destinés aux cliniciens et ciblant les niveaux intermédiaire et local en vue de constituer un réseau de
formateurs et de responsables pour l’ensemble des capacités RSI.

D.4.2 Un programme de formation en épidémiologie appliquée est en place (type FETP)


Score 3 : Capacité développée.

Points forts/meilleures pratiques


• Le Maroc a mis sur pied un programme de formation FETP de niveau avancé à l’intention des
épidémiologistes chevronnés.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Le programme FETP de niveau avancé devrait être ouvert aux autres personnels de santé publique
associés à la détection des flambées, aux interventions de santé publique et à la surveillance de la
santé publique.
• Le Maroc devrait mettre sur pied un programme de formation de niveau intermédiaire pour les districts/
régions et un programme de base destiné aux personnels de santé locaux prévoyant un nombre limité
d’heures de cours et visant à renforcer les capacités de détection rapide des flambées, de riposte et
de surveillance de la santé publique, ainsi que la capacité de réaliser des études épidémiologiques
planifiées et des analyses et évaluations de la surveillance de la santé publique aux niveaux régional

DéTECTER
et local.

D.4.3 Stratégie pour les personnels


Score 3 : Capacité développée.

Points forts/meilleures pratiques


• Une stratégie nationale est en place et fait l’objet d’une révision périodique pour renforcer la
pluridisciplinarité des personnels et leur fournir les compétences nécessaires en épidémiologie
d’intervention pour leur permettre d’exercer des fonctions essentielles de santé publique et de prévenir
et combattre les maladies transmissibles et les flambées nationales et transfrontières.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Le Maroc devrait actualiser sa stratégie en élaborant un plan d’action décrivant comment intégrer
d’autres disciplines et comment organiser la communication entre différentes disciplines aux niveaux
national, intermédiaire et local.
Documentation pertinente
• Programme FETP utilisé au Maroc.
• Stratégie pour les personnels de santé publique.
• Rapports annuels fondés sur la stratégie pour les personnels.

37
Évaluation extérieure conjointe

RIPOSTER
Préparation

Introduction
La préparation comprend l’élaboration et le maintien de plans de riposte à des urgences de santé publique
aux niveaux national, intermédiaire et communautaire/primaire, pour faire face aux dangers biologiques,
chimiques, radiologiques et nucléaires. Elle concerne aussi la cartographie des dangers potentiels, la
recherche et le maintien des ressources disponibles, notamment des réserves nationales, et la capacité
d’appuyer des interventions aux niveaux intermédiaire et communautaire/primaire d’action, pendant une
situation d’urgence de santé publique.

Cible
Pour que les systèmes d’alerte et d’action soient efficaces, l’application effective du RSI (2005) nécessite
des approches multisectorielles/pluridisciplinaires à travers des partenariats nationaux. La coordination des
ressources dans tout le pays, y compris le fonctionnement pérenne d’un point focal national RSI (PFN), qui
est un centre national de communication pour le RSI (2005), est une exigence clé de l’application du RSI
(2005). Le PFN doit être accessible à tout moment pour communiquer avec les points de contact régionaux
RSI de l’OMS et avec tous les secteurs et autres parties prenantes concernés dans le pays. Les États Parties
doivent fournir à l’OMS les coordonnées des PFN qu’ils doivent mettre à jour continuellement et confirmer
tous les ans.

Niveau de capacité du Maroc


Le Maroc met au point un plan d’intervention d’urgence complet multidanger et multisectoriel selon
l’approche « un monde, une santé ». Il s’est doté de lois et de règlements régissant la préparation et la
RIPOSTER

riposte aux événements de santé publique.


Les plans bien développés se rapportant à des maladies ou à des événements spécifiques (Ebola, A(H1N1),
Zika, MERS-CoV etc.) démontrent l’efficacité de la riposte nationale aux incidents et événements, aux
différents niveaux. Ils sont fondés :
• sur la cartographie nationale et internationale des dangers et des menaces et la recherche et le maintien
de toutes les ressources disponibles pour détecter ces menaces et y répondre ;
• sur un processus de mobilisation des ressources si la menace se propage au-delà des frontières ou
s’aggrave ;
• sur la capacité d’appuyer les interventions aux niveaux d’action intermédiaire et local/primaire lors
d’une urgence de santé publique.
Ces plans définissent les parties prenantes qui ont des rôles et des responsabilités bien définis à assumer
pour gérer les opérations d’intervention face à chaque événement spécifique aux niveaux d’action
national, intermédiaire et local ou primaire. Le Maroc doit réexaminer les plans existants se rapportant à
des événements spécifiques, actualiser son profil national de menaces/dangers et élaborer en conséquence
un plan national de santé publique pour la préparation et la riposte, y compris aux points d’entrée, avec
des MON pour sa mise en œuvre. Le plan de santé doit traiter de la logistique, de l’expertise et du
personnel, des achats et de la chaîne de l’offre et de la demande de matériel et de fournitures, et financer

38
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
les opérations d’intervention. Il doit aussi refléter la capacité de renforcement et d’extension efficace
– lorsqu’il y a lieu – des opérations d’intervention contre tout événement de santé publique de portée
internationale.
Le plan national doit être éprouvé lors d’exercices de simulation et modifié en conséquence. En outre, avec
les parties prenantes et les ressources définies, il doit être régulièrement réexaminé sur la base du profil de
risque national et international compte tenu des menaces émergentes.

Mesures recommandées en priorité


• Actualiser la carte des menaces potentielles aux niveaux national et international, examiner les plans
existants concernant des maladies/événements spécifiques et élaborer un plan national de santé
publique pour la préparation et l’action concernant toutes les menaces, y compris aux points d’entrée.
Le Ministère de la santé devrait diriger l’élaboration, l’approbation, la mise à l’épreuve et l’actualisation
régulière du plan.
• Organiser des entraînements nationaux et sectoriels pour vérifier la fonctionnalité du plan ainsi que
l’interopérabilité des systèmes ; et optimiser les résultats des évaluations consécutives aux exercices et
entraînements pour l’actualisation du plan.
• Dresser un inventaire des réserves chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires et élaborer des
lignes directrices pour leur utilisation et leur mobilisation ; mettre en place un mécanisme pour suivre
leur utilisation sur la base des mises à jour issues des évaluations des risques, de l’expérience des
interventions d’urgence et des besoins des usagers.
• Associer le secteur privé en lui déléguant des tâches, des fonctions et des rôles précis en matière de
gestion des événements et des catastrophes et envisager la fourniture éventuelle d’une assistance
technique au secteur privé sur la base des besoins de renforcement des capacités dans le domaine de
la gestion des urgences de santé publique (par exemple formation, entraînements, appui logistique).

Indicateurs et scores
R.1.1 Un plan national multidanger de préparation et d’action en cas d’urgence de santé

RIPOSTER
publique existe et est appliqué
Score 4 : Capacité démontrée. Le plan de préparation mentionne les procédures, les plans ou la
stratégie pour allouer, réaffecter ou mobiliser des ressources des niveaux national et/ou intermédiaire à
l’appui de l’ensemble des mesures nécessaires au niveau de la riposte locale. La capacité d’élargir la riposte
aux niveaux national et local est également intégrée à ces procédures.

Points forts/meilleures pratiques


• Des plans nationaux multisectoriels de préparation et d’action en cas d’urgence de santé publique ont
été élaborés pour faire face à des risques internationaux prioritaires déterminés afin de respecter les
principales capacités requises au titre du RSI.
• Le Maroc a la capacité d’étendre ses mesures de préparation concernant des maladies particulières sur
la base des progrès enregistrés lors d’événements déterminés.
• Le Maroc a défini les procédures à suivre pour allouer et mobiliser des ressources aux niveaux national
et/ou intermédiaire afin d’appuyer toutes les mesures voulues au niveau d’action local.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Un plan national complet de préparation et d’action en cas d’urgence de santé publique et les MON
correspondants font défaut.

39
Évaluation extérieure conjointe

• La cartographie des dangers n’est pas régulièrement actualisée mais fondée sur l’évolution des
menaces internationales émergentes.

R.1.2 Les risques et les ressources de santé publique prioritaires sont cartographiés et
exploités
Score 4 : Capacité démontrée. Les ressources nationales ont été cartographiées (ressources logistiques,
experts, ressources financières, etc.) pour les dangers relevant du RSI et les risques prioritaires, et un plan
de gestion et de distribution des réserves nationales est en place.

Points forts/meilleures pratiques


• Une cartographie réactive des risques de santé publique et des ressources concernant tous les risques
internationaux définis a été établie et répertoriée.
• Une évaluation des risques actifs, fondée sur les recommandations du RSI, a été effectuée aux niveaux
national, provincial et de district afin de repérer tous les événements urgents de santé publique
potentiels. Pour chaque risque, menace ou événement déterminé, les ressources disponibles à tous les
niveaux pour une action d’urgence ont été cartographiés et répertoriés.
• Le Maroc a cartographié et répertorié les ressources nationales nécessaires pour faire face aux
événements et dangers visés par le RSI et les risques prioritaires ont été incorporés aux plans, avec la
gestion et la distribution des réserves nationales, y compris les ressources logistiques, les experts et le
personnel, l’offre et la demande, compte tenu de l’ensemble des parties prenantes et des ressources
financières.
• Le Maroc a été au-delà des risques visés par le RSI pour élaborer des profils spécifiques nationaux
sur les risques et ressources de santé publique : les parties prenantes définies examinent le plan y
compris les réserves (niveau minimal de réserves) pour réagir à des événements d’ordre chimique et
radiologique et à d’autres urgences.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Le Maroc doit définir les parties prenantes et le processus d’examen régulier des profils nationaux de
risque afin d’atténuer les menaces émergentes.
RIPOSTER

• L’évaluation, la gestion, la cartographie et l’allocation des ressources humaines et financières pour


un risque de portée nationale s’imposent, y compris la capacité de prévenir, détecter et combattre les
événements potentiels à tous les niveaux.
• Le secteur de la santé doit aussi refléter, documenter et notifier le processus et actualiser les
modifications des plans selon les besoins.
Documentation pertinente
• Plan d’urgence national et plans subsidiaires sélectifs et décrets correspondants.
• Plans et programmes de santé nationaux.

40
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Interventions d’urgence

Introduction
Un centre d’opérations d’urgence est un pôle qui coordonne l’information et les ressources opérationnelles
pour la gestion stratégique des urgences de santé publique et des exercices les concernant. Les centres
d’opérations d’urgence offrent des outils et des services de communication et d’information et un système
de gestion au cours d’une intervention ou d’un exercice d’urgence, en assurant aussi d’autres fonctions
essentielles pour appuyer la prise de décisions et l’application, la coordination et la collaboration.

Cible
Existence d’un centre d’opérations d’urgence de santé publique dans chaque pays, dont le fonctionnement
suit des normes communes minimales ; maintien d’équipes d’intervention d’urgence multisectorielles
formées et fonctionnelles, de réseaux de laboratoires pour la surveillance biologique et de systèmes
d’information en temps réel ; et présence de personnel au sein du centre d’opérations d’urgence en mesure
d’activer une intervention d’urgence coordonnée dans un délai de 120 minutes à compter de l’identification
d’une situation d’urgence de santé publique.

Niveau de capacité du Maroc


Le Maroc a démontré et testé sa capacité d’activer et de coordonner des interventions d’urgence pour
la santé publique avec un personnel qualifié dans la structure et les délais fixés. Il a aussi démontré et
testé le fonctionnement des plans et procédures, la structure de gestion des incidents, les fonctions, la
communication publique, les moyens de liaison et la conception des interventions. La capacité d’appliquer
des procédures de prise en charge des cas face aux dangers visés par le RSI a également été démontrée.
Le Maroc a relevé que le centre d’opérations d’urgence établi en 2008 opère conformément aux critères
suivants : normes minimales communes ; maintien d’équipes d’intervention rapide formées, opérationnelles

RIPOSTER
et multisectorielles ainsi que de réseaux de surveillance biologique en temps réel ; et maintien de systèmes
d’ information et d’un personnel du centre d’opérations d’urgence en mesure d’activer une intervention
d’urgence coordonnée dans un délai de 120 minutes à compter de l’identification d’une situation d’urgence
de santé publique.
Le centre d’opérations d’urgence opère sur la base de procédures visant à déterminer quand une
intervention d’urgence de santé publique doit être activée. Son organisation, la structure opérationnelle et
le point de contact sont définis et disponibles 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour orienter l’intervention.
Les procédures du centre d’opérations d’urgence s’inscrivent dans le cadre d’une structure définie de
gestion des incidents dont la fonctionnalité est éprouvée par des exercices et lors d’événements réels. Le
centre d’opérations d’urgence gère les événements sur la base de lignes directrices pour la prise en charge
des cas disponibles applicables aux maladies à tendance épidémique prioritaires.
Le personnel suit une formation continue à la gestion des différentes situations d’urgence. Le centre
d’opérations d’urgence dispose de plans qui sont en place et des ressources nécessaires notamment en
matière de santé publique et d’expertise des questions visées, de communication publique et d’accès à
tous les partenaires.
Le centre d’opérations d’urgence peut être activé dans un délai de 120 minutes à compter de l’identification
d’une situation d’urgence de santé publique afin de coordonner les interventions d’urgence.

41
Évaluation extérieure conjointe

On ne dispose toutefois pas encore d’un manuel et de plans d’intervention prévoyant :


• comment le centre d’opérations d’urgence conçoit les interventions ;
• le système, les formes et les modèles de collecte de données, de notification et d’information ; et
• les descriptions des rôles, les aides pratiques et les MON concernant les postes fonctionnels du centre
d’opérations d’urgence.

Mesures recommandées en priorité


• Mettre au point et évaluer un manuel de fonctionnement du centre d’opérations d’urgence couvrant
tous les besoins, notamment en matière de renforcement de la riposte et des ressources allouées
• Assurer le développement du personnel notamment par la formation et des exercices multisectoriels
conjoints.
• Mettre au point un processus d’évaluation régulière pour le programme du centre d’opérations
d’urgence et appliquer un plan d’action pour remédier aux problèmes.
Procéder à des exercices de simulation une ou deux fois par année pour vérifier l’activation des centres,
leurs fonctions et les MON.

Indicateurs et scores
R.2.1 Capacité à activer des interventions d’urgence
Score 4 : Capacité démontrée. Des tests ont été effectués et la capacité d’activer des interventions de
santé publique avec un personnel dédié dans les délais et la structure exigés a été démontrée.

Points forts/meilleures pratiques


• Le centre d’opérations d’urgence fonctionne sur la base de procédures bien rodées pour les maladies
présentant des risques prioritaires et peut coordonner les interventions d’urgence de santé publique
selon les besoins. Il existe un point de contact bien défini qui est disponible 7 jours sur 7 et 24 heures
sur 24 pour orienter les interventions.
RIPOSTER

• L’équipe du centre d’opérations d’urgence est formée à la gestion des urgences de santé publique de
portée internationale et peut activer une intervention dans un délai de deux heures.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Des exercices multisectoriels conjoints devraient être fréquemment organisés pour tester l’activation
par le centre d’opérations d’urgence et ses fonctions.

R.2.2 Procédures et plans opérationnels du centre d’opérations d’urgence


Score 2 : Capacité limitée. Les plans et procédures décrivent les éléments structurels et opérationnels
essentiels des rôles fondamentaux du centre d’opérations d’urgence – gestion des incidents ou
commandement, opérations, planification, logistique et finances.

Points forts/meilleures pratiques


• Le centre d’opérations d’urgence dispose de plans et de procédures décrivant les mesures à prendre
et s’inscrivant dans le cadre d’une structure définie de gestion des incidents, ainsi que des éléments
structurels et opérationnels essentiels pour conduire les opérations et assurer la planification, la
logistique et les moyens financiers.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Un manuel et des MON opérationnels pour le centre d’opérations d’urgence lui permettraient de
mesurer, de maintenir et d’améliorer les ressources pour l’appui opérationnel multisectoriel, ce qui est
42
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
particulièrement important au regard du rôle que joue le centre comme pôle de gestion des incidents
de santé publique et des catastrophes, regroupant l’ensemble des connaissances de santé publique, la
communication publique et l’accès à tous les partenaires.
• Il convient de mettre au point un plan d’intervention du centre d’opérations d’urgence décrivant les
niveaux d’intervention avec les besoins de ressources pour chaque niveau et les procédures à suivre
pour obtenir des ressources complémentaires.

R.2.3 Programme d’interventions d’urgence


Score 4 : Capacité démontrée. La capacité d’activer et de coordonner une intervention d’urgence dans
les délais voulus a été démontrée et éprouvée.

Points forts/meilleures pratiques


• Les plans et procédures du centre d’opérations d’urgence et les opérations du système de gestion
des incidents se sont révélés fonctionnels dans le cadre d’une intervention contre un événement réel,
les capacités opérationnelles ayant été démontrées, examinées et analysées avant, pendant et après
l’intervention.
• Le centre d’opérations d’urgence est en mesure d’activer une intervention d’urgence coordonnée
ou un exercice dans un délai de 120 minutes à compter de l’identification d’une urgence de santé
publique et de gérer et coordonner l’intervention en faisant appel aux fonctions opérations, logistique
et planification.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Le centre d’opérations d’urgence doit procéder à une évaluation de suivi et mettre à jour et appliquer
un plan d’action en conséquence.

R.2.4 Procédures de prise en charge des cas appliquées pour les dangers relevant du RSI
Score 4 : Capacité démontrée. La prise en charge des cas, l’orientation et le transport des patients, et
la prise en charge et le transport des patients potentiellement infectieux sont réalisés conformément aux
lignes directrices.

RIPOSTER
Points forts/meilleures pratiques
• Le centre d’opérations d’urgence prend en charge les cas lors d’événements en suivant des lignes
directrices mises en œuvre pour les principales maladies à tendance épidémique et assure la fonctionnalité
dans le cadre du processus d’application, y compris le transport des patients potentiellement infectieux
dans la communauté et aux points d’entrée.
• Le pays a la capacité d’orientation et de transport des patients atteints de maladies infectieuses ou
contaminés à la suite d’une exposition à des risques chimiques ou radiologiques.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Des efforts accrus s’imposent pour que le fonctionnement du centre d’opérations d’urgence soit
toujours assuré par le personnel et les ressources appropriés dans la gestion des urgences pertinentes
prévues par le RSI.
Documentation pertinente
• Plan et structure du centre d’opérations d’urgence.
• Procédure de fonctionnement du centre d’opérations d’urgence, avec plans, plans subsidiaires, décrets
et description de postes correspondants.

43
Évaluation extérieure conjointe

Lien entre la santé publique et les autorités


chargées de la sécurité

Introduction
Les urgences de santé publique posent un problème particulier pour l’application des lois, que la menace
soit d’origine humaine (comme lors d’une attaque terroriste utilisant la bactérie du charbon) ou naturelle
(comme dans le cas d’une pandémie de grippe). Lors d’une urgence de santé publique, il faudra pour
appliquer la loi rapidement coordonner la riposte avec les responsables de la santé publique et des soins
médicaux pour réduire dans la mesure du possible le nombre des morts et des blessés et assurer un
maximum de sûreté et de sécurité.

Cible
En cas d’événement biologique d’origine suspectée ou confirmée délibérée, un pays sera capable de mener
une action rapide et multisectorielle, notamment en établissant un lien entre la santé publique et les services
chargés de faire appliquer la loi, et de fournir et/ou demander une assistance internationale efficace en
temps utile, notamment pour mener des investigations sur les événements liés à l’usage présumé détourné.

Niveau de capacité du Maroc


Le poste de coordination central (PCC) a été mis en place en 1987 sur l’ordre du roi Hassan II afin
de coordonner la riposte face à une invasion de criquets qui a sévi jusqu’en 1992. En 2006, le PCC a
également coordonné la riposte à la pandémie de grippe aviaire et il a été reconnu depuis comme l’organe
responsable de la coordination face à tous les événements de santé publique en vertu du décret ministériel
No 212 du 17 février 2006. Depuis la pandémie de grippe A(H1N1), le PCC s’est vu confier les activités
de préparation visant à renforcer la détection de virus et la riposte rapides à l’importation potentielle des
RIPOSTER

infections à virus Ebola, MERS-CoV et Zika.


Le PCC dirigé par le commandant général de la gendarmerie royale comprend des représentants de haut
niveau des services de santé militaire, de la sécurité nationale, de la défense civile, de la gendarmerie
royale, de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable et des Ministères de l’intérieur, de la santé,
de l’agriculture, de l’éducation, de la communication et des transports. Les représentants d’autres secteurs
sont invités aux réunions du PCC lorsqu’il y a lieu.
Au niveau national, un comité interministériel de gestion des crises a également été créé pour élaborer des
politiques générales et allouer les fonds nécessaires aux opérations de riposte aux situations d’urgence. En
outre, un comité administratif et financier approuve le budget des opérations de riposte et un comité de
communication institutionnelle coordonne la communication et la diffusion de l’information à la population
et aux médias nationaux et internationaux.
Aux niveaux régional et provincial, des bureaux équivalents (PCP) ont été mis en place pour coordonner
la riposte aux situations d’urgence entre les multiples ministères et parties prenantes au niveau régional.
Chacun des 82 PCP qui existent actuellement est dirigé par un gouverneur (Wali) et comprend des
représentants du Ministère de la santé, de la défense civile, des aéroports, des ports, des douanes, de la
gendarmerie royale, des autorités locales, de la police provinciale, des forces de sécurité, de la division de
l’économie et du bureau de l’hygiène.

44
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Le mandat du PCC et des PCP est clairement défini. Les membres se réunissent régulièrement et par ailleurs
lorsqu’il y a lieu pour échanger des informations et prendre des décisions concernant les événements
survenus dans le pays, notamment les événements de santé publique. Les secteurs concernés dirigent la
riposte aux événements en coordination avec les autres secteurs.
Une cartographie des menaces est mise au point sur la base des risques internationaux émergents/
réémergents et des risques potentiels, notamment de flambées de maladies, et des sources les plus
probables sur le territoire national. Le plan national de préparation et de riposte déjà en place est actualisé
conformément aux mises à jour de la cartographie des menaces. Le plan actualisé est communiqué aux
secteurs concernés de manière confidentielle.
Les rôles et responsabilités de chaque secteur sont définis dans le plan. En outre, des MON ont été établis
et sont accessibles à tous les secteurs. Des exercices sont régulièrement organisés et le plan est adapté en
conséquence. Il existe aussi des plans sectoriels qui ne sont toutefois pas intégrés au plan national.
Au cours de l’épidémie d’Ebola, le Maroc n’a pas interrompu ses vols à destination et en provenance des
pays touchés, ce qui a nécessité une préparation multisectorielle associant les parties prenantes aux plans
national et international. La participation de la sécurité nationale, des forces armées et de la gendarmerie
royale a joué un rôle majeur dans l’application des mesures de préparation. Au sein des pouvoirs publics,
les systèmes de santé publique et de santé animale à tous les niveaux peuvent demander l’appui et la
participation des services chargés de faire appliquer la loi pour assurer la gestion d’événements de santé
ou de menaces par l’intermédiaire du PCC et des PCP.
Des protocoles génériques, à savoir des MON visant à accélérer la coordination nécessaire pour une riposte
rapide et appropriée, ne sont pas en place, à la différence de MON concernant des événements spécifiques.
Ceux-ci – flambées de maladies, événements aux points d’entrée, contaminations des aliments, menaces
d’ordre chimique et radiologique. – nécessitent tous l’échange d’informations, des enquêtes conjointes,
des évaluations conjointes des risques, des activités de lutte coordonnées et l’application des lois.
Les protocoles précisent aussi les modalités de la collaboration avec les entités internationales et les
mécanismes comme Interpol, les organisations du système des Nations Unies et le mécanisme permettant
au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies d’enquêter sur les allégations d’emploi d’armes

RIPOSTER
chimiques, biologiques et à toxines.

Mesures recommandées en priorité


• Examiner et actualiser le plan d’intervention national et assurer l’intégration des plans de préparation
et de riposte de secteurs spécifiques.
• Assurer l’accès à des plans nationaux et sectoriels ainsi qu’à des protocoles d’évaluation conjoints à
tous les personnels concernés aux différents niveaux hiérarchiques.
• Mettre en place un mécanisme d’échange régulier d’informations entre les secteurs de la santé
publique et de la sécurité.
• Passer en revue les MON en vigueur et mettre au point des MON génériques pouvant servir à différents
événements de santé publique.
• Planifier et organiser une formation commune pour le personnel de santé publique et de la sécurité à
tous les niveaux concernant la détection, les enquêtes conjointes et la riposte aux événements de santé
publique d’origines diverses.

45
Évaluation extérieure conjointe

Indicateurs et scores
R.3.1 La santé publique et les autorités chargées de la sécurité (par exemple, les services
chargés de faire appliquer la loi, le contrôle aux frontières et les douanes) sont en liaison
lors d’un événement biologique suspecté ou confirmé

Score 5 : Capacité pérenne. Le PCC coordonne par décret ministériel la riposte aux événements majeurs
de santé publique. Le Comité dispose de tous les pouvoirs nécessaires et d’une représentation à un niveau
élevé de plusieurs secteurs doté d’un mandat bien défini. Une coordination étroite et des échanges
d’informations sont assurés entre les membres du Comité sur les mises à jour et la prise de décisions. Il se
réunit régulièrement et lorsque la situation l’exige. Des protocoles entre les autorités chargées de la santé
publique et de la sécurité existent dans le pays et ont été utilisés de manière officielle.

Points forts/meilleures pratiques


• Le PCC en place qui relève du Ministère de l’intérieur dispose d’une représentation de haut niveau et
d’un mandat bien défini ; il assure de bonnes communications grâce aux moyens techniques dont il
dispose, tient régulièrement des réunions et organise des exercices de simulation et des entraînements.
• Le PCC dispose de protocoles prévoyant la participation de la police ou de l’armée en cas d’événement
grave majeur.
• Des MON visant à orienter l’action des différentes parties prenantes dans le cadre d’une riposte
multisectorielle hautement coordonnée à une urgence sanitaire ont été établis pour des événements
de santé publique spécifiques.
• Le système national et la structure administrative permettent aux autorités civiles de faire appel à l’aide
de la police, de la sécurité ou de l’armée.
• Une coordination et une collaboration étroites existent avec les médias.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Les éléments qui doivent déclencher la notification et l’échange d’informations ne sont pas précisés ;
la notification et l’échange d’informations entre les départements de la santé et de la sécurité reposent
RIPOSTER

sur l’évaluation des risques de chaque événement, ce qui pourrait retarder l’échange de l’information.
• Il y a lieu de renforcer la formation conjointe entre les différents secteurs notamment les services
chargés de faire appliquer la loi et les services de sécurité.
Documentation pertinente
• Mandat et structure du Comité d’urgence permanent.
• Mandat et structure du Conseil suprême de la défense civile.
• Plan d’intervention national.
• Protocoles et modes opératoires normalisés pour l’échange d’informations, les enquêtes et la riposte
aux différents dangers.

46
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Moyens médicaux et déploiement de personnel

Introduction
Les moyens médicaux sont essentiels à la sécurité nationale et protègent les pays contre les menaces
potentiellement catastrophiques liées aux maladies infectieuses. Les investissements en faveur des moyens
médicaux offrent des occasions d’améliorer la santé publique dans son ensemble. Il est en outre important
de pouvoir disposer de personnels qualifiés susceptibles d’être déployés en situation d’urgence dans le
cadre de la riposte.

Cible
Un cadre national pour le transfert (envoi et réception) de moyens médicaux et de personnels de santé
publique et médical parmi les partenaires internationaux lors d’urgences de santé publique

Niveau de capacité du Maroc


Le Maroc dispose de procédures dynamiques multisectorielles à l’appui des moyens médicaux et du
déploiement de personnels. Les moyens législatifs et réglementaires ainsi que les plans logistiques
nécessaires sont en place pour permettre un déploiement transfrontières rapide et recevoir des personnels
de santé publique et médicaux en situation d’urgence. Les procédures ont été testées à plus de quatre
reprises au cours des quatre dernières années lors d’urgences nationales et internationales de santé
publique.

Ces procédures doivent être intégrées dans une politique (ou un plan) définissant les MON et la prise de
décisions concernant l’envoi et la réception de moyens médicaux pendant les urgences de santé publique,
qui devra étayer et incorporer tous les ordinogrammes et/ou accords avec les organisations, les fabricants,
les distributeurs et les autres parties prenantes afin de déployer les personnels et/ou les moyens médicaux

RIPOSTER
au cours d’une urgence de santé publique présentant des risques prioritaires. Cette politique devra aussi
être intégrée au plan de préparation complet multisectoriel multidanger pour la santé publique selon
l’approche « un monde, une santé ».

Les procédures de déploiement de personnels se sont révélées fonctionnelles lors des événements
nationaux et internationaux. Il y a eu deux interventions d’urgence utilisant les procédures de déploiement
et de réception de moyens et de personnels médicaux. Le Maroc participe aussi à un partenariat régional/
international et a conclu des accords en bonne et due forme avec l’Organisation mondiale de la Santé, le
Comité international de la Croix-Rouge et l’Espagne énonçant les critères et les procédures pour l’envoi et
la réception de personnels de santé et de moyens médicaux.

Mesures recommandées en priorité


• Déterminer la disponibilité et la répartition des moyens médicaux et des personnels de santé sur la
base des ressources disponibles pour l’évaluation nationale des risques, des ressources affectées à une
intervention déterminée ou des ressources générales.
• Dresser un inventaire des moyens médicaux et des personnels de santé disponibles sur la base les
besoins en matière de riposte.

47
Évaluation extérieure conjointe

• Mettre au point et tester une politique d’urgence sur le déploiement et la réception des moyens
médicaux et des personnels de santé associant toutes les parties intéressées. Cette politique devra
clairement énoncer un ordinogramme, un calendrier, un échéancier et les aspects logistiques concernant
le déploiement et la réception.
• Établir des accords et/ou un réseau de riposte internationale couvrant les moyens médicaux, le personnel
de santé ou l’expertise qui seraient nécessaires pour la sécurité sanitaire mondiale et le Maroc.

Indicateurs et scores
R.4.1 Système en place pour l’envoi et la réception de moyens médicaux lors d’une urgence
de santé publique
Score 5 : Capacité pérenne. La capacité et l’efficacité du système de déploiement pour l’envoi et la
réception de moyens médicaux au cours d’une urgence de santé publique ont été démontrées et éprouvées.

Points forts/meilleures pratiques


• Le Maroc a une vaste expérience du déploiement des moyens médicaux à l’intérieur et au-delà de ses
frontières.
• Le Maroc participe à un partenariat régional/international et a conclu des accords en bonne et due
forme avec les pays et organisations internationales partenaires énonçant les critères et procédures
d’envoi et de réception de moyens médicaux.
• Le Maroc a envoyé et reçu des moyens médicaux pour appuyer la riposte à l’épidémie d’Ebola.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Une politique doit être établie concernant les MON à appliquer, le suivi, la détermination de l’efficacité,
la recherche-développement et le caractère durable de l’envoi et de la réception de moyens médicaux
lors d’une urgence de santé publique.
• Il serait utile d’organiser des entraînements ou des exercices pour l’envoi et la réception de moyens
médicaux et d’en tirer les enseignements voulus.
RIPOSTER

R.4.2 Système en place pour l’envoi et la réception de personnels de santé lors d’une urgence
de santé publique
Score 5 : Capacité pérenne. La capacité du système de déploiement pour l’envoi et la réception de
personnels de santé au cours d’une urgence de santé publique a été démontrée et éprouvée et des accords
existent énonçant les critères, les procédures et les MON à suivre.

Points forts/Meilleures pratiques


• Le plan de déploiement des personnels nationaux est établi et actualisé.
• Les procédures de déploiement en place régissent l’envoi et la réception des personnels de santé
lors d’urgences de santé publique. Ces procédures ont également éprouvé la prise de décisions et les
protocoles de déploiement des personnels de santé d’autres pays lors d’une urgence de santé publique.
• Le Maroc participe à un partenariat régional/international et a conclu des accords en bonne et due
forme avec l’OMS, le Comité international de la Croix-Rouge et l’Espagne énonçant les critères et
procédures d’envoi et de réception de personnels de santé.
• Le pays a participé à un exercice au cours de l’année écoulée concernant l’envoi et la réception de
personnels de santé.

48
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• La disponibilité et la répartition des personnels de santé devraient être déterminées sur la base des
risques nationaux spécifiques et des besoins en matière de riposte.
• Il convient d’actualiser et de renforcer les accords et/ou le réseau existant pour la riposte internationale
concernant les personnels de santé ou l’expertise nécessaires.
• Il serait utile de procéder à des exercices pour évaluer les MON et actualiser la politique en matière de
personnels en ce qui concerne l’envoi hors du pays et la réception dans le pays.
Documentation pertinente
• Décret concernant l’accord international avec l’Espagne.
• Liste et procédure de déploiement des moyens médicaux et du personnel de santé.
• Procédures de déploiement des hôpitaux mobiles.

RIPOSTER

49
Évaluation extérieure conjointe

Communication sur les risques

Introduction
La communication sur les risques doit être un processus multiniveau et multiforme comportant différents
aspects ayant pour objet d’aider les parties prenantes à définir les risques, à repérer les menaces, à évaluer
les vulnérabilités et à promouvoir la résilience communautaire en favorisant ainsi la capacité de faire face à
une urgence de santé publique émergente. Une part essentielle de la communication sur les risques consiste
à diffuser l’information au grand public sur les risques et événements sanitaires, par exemple les flambées
de maladies. Pour être efficace, toute communication sur des risques liés à un événement spécifique doit
tenir compte des aspects sociaux, religieux, culturels, politiques et économiques associés à l’événement
ainsi que de l’avis des groupes touchés. Les communications de ce type sont de nature à promouvoir la
mise en place de mesures appropriées de prévention et de lutte par des interventions communautaires aux
niveaux individuel, familial et communautaire. Il est indispensable que les informations soient diffusées par
les voies appropriées. Les partenaires de la communication et les parties prenantes dans le pays doivent
être définis et des mécanismes de coordination et de communication fonctionnels doivent être établis. En
outre, la publication des informations en temps utile et la transparence en matière de prise de décisions
sont essentielles pour renforcer la confiance entre les autorités, la population et les partenaires. Un plan de
communication sur les risques doit être évaluer et mis à jour dans selon besoin.

Cibles
Les États Parties doivent avoir une capacité de communication sur les risques qui soit multiniveau et
multiforme, un échange d’informations, de conseils et d’avis en temps réel entre experts et représentants/
personnes faisant face à une menace ou un danger pour leur survie, leur santé ou leur bienêtre économique
ou social de manière à pouvoir prendre des décisions éclairées pour limiter les effets de la menace ou du
danger et adopter des mesures de protection et de prévention. Cela implique un ensemble de stratégies de
communication et de collaboration, comme la communication dans les médias et les médias sociaux, les
RIPOSTER

campagnes de sensibilisation de masse, la promotion de la santé, la mobilisation sociale et la collaboration


des parties prenantes et de la communauté

Niveau de capacité du Maroc


Ces dernières années, le Maroc a pris l’initiative d’améliorer ses capacités et l’organisation en matière
de communication concernant la santé. Une division centralisée de l’information et de la communication
(DICom) a été créée en 2013 dans le cadre du Secrétariat général du Ministère de la santé. La coordination
aux niveaux régional et provincial des unités régionales d’information et de communication (URIC),
opérationnelles depuis 2009, a également fait l’objet d’une récente réorganisation par une circulaire
publiée en avril 2016.
Des plans nationaux spécifiques de préparation et de riposte sont en place pour les maladies qui
constituent les principales préoccupations de santé publique et comprennent une description des plans de
communication sur des risques spécifiques (par exemple MERS-CoV, Ebola, grippe pandémique et Zika).
La stratégie de communication sur les risques actuellement mise au point définit les prochaines étapes
de l’application de la collaboration et du renforcement des capacités afin de doter le pays d’un système
complet et multisectoriel de communication sur les risques. Le projet de stratégie fourni pendant la mission
vise à mettre en place un réseau multisectoriel multiniveau de communicateurs devant permettre l’échange
d’informations, de conseils et d’avis entre les experts et les agents ou les personnes confrontés à un
risque ou à une menace pour leur survie, leur santé ou leur bien-être économique ou social. Des décisions

50
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
peuvent ainsi être prises en connaissance de cause pour atténuer les effets d’un risque ou d’une menace
et intervenir dans un but de protection et de prévention.
La stratégie décrit en outre plusieurs mesures à prendre pour renforcer les capacités et l’échange
d’informations nécessaires pour planifier des activités efficaces de communication sur les risques. Son
application constituera un pas important en vue de l’organisation du système national de communication
sur les risques visant à améliorer la sensibilisation aux risques afin de réduire et d’atténuer l’impact des
risques pour la santé avant, pendant et après un événement de santé publique. Le but en fin de compte est
de mettre en place un plan national de communication sur l’ensemble des risques.
Malgré l’absence d’un comité intersectoriel spécifique chargé de la communication sur les risques, la
coordination multisectorielle et multiniveau est bien organisée par le poste de coordination central (PCC)
et par plusieurs comités qui se réunissent régulièrement pour échanger des informations notamment sur
des questions relatives à la communication sur les risques. Ainsi le « comité tripartite » réunit les Ministères
de la santé, de l’agriculture et de l’intérieur.
La communication destinée au grand public à travers les canaux multimédias est assurée par la DICom et
relayée au niveau régional. Des partenariats avec les parties prenantes et les représentants de la société
civile, y compris des notables religieux, ont en outre été établis pour assurer la diffusion des messages
concernant la santé. La communauté est associée au niveau local grâce aux agents de communication
locaux et les messages concernant la santé sont relayés par les dispensaires mobiles.
Enfin, une collaboration est assurée avec les journalistes et la DICom veille au suivi des rumeurs par un point
de presse quotidien et une gestion communautaire active des médias sociaux du Ministère de la santé. Une
permanence téléphonique est également désormais disponible pour le suivi de la santé publique.

Mesures recommandées en priorité


Les outils et dispositifs formels et informels existants doivent être réunis et intégrés dans des plans,
programmes, MON et lignes directrices relatifs à la communication sur les risques. On améliorera ainsi
la sensibilisation aux risques ce qui permettra de réduire et d’atténuer l’impact des risques pour la santé
avant, pendant et après un événement de santé publique. Les mesures prioritaires sont les suivantes :

RIPOSTER
• Finaliser la stratégie de communication sur les risques, notamment les MON et les lignes directrices sur
les meilleures pratiques à cet égard.
• Mettre en place un plan national de communication multidanger sur les risques comprenant des
recommandations sur la communication en situation d’urgence.
• Mettre au point et appliquer un programme de formation intersectoriel de communication sur les
risques.
• Associer les communautés à la préparation et à la mise à l’épreuve de matériels de campagne
concernant la communication sur les risques.
• Mettre au point un programme d’évaluation des activités de communication.

Indicateurs et scores
R.5.1 Systèmes de communication sur les risques (plans, mécanismes, etc.)
Score 2 : Capacité limitée. Malgré l’existence de plans de préparation et de riposte à plusieurs maladies
et des arrangements officiels en bonne et due forme, le Maroc ne dispose pas encore de plan national
multidanger concernant la communication sur les risques d’urgence comme prévu pour le niveau 2 dans
l’outil d’évaluation extérieure conjointe.

51
Évaluation extérieure conjointe

Points forts/meilleures pratiques


• Le Ministère de la santé comprend une division centrale de l’information et de la communication dotée
de son propre personnel.
• Les fonctions des niveaux régional et provincial des URIC et la coordination avec la DICom ont
récemment été révisées dans une circulaire et un programme de formation aux URIC est en cours
d’élaboration.
• La mise au point de la stratégie de communication sur les risques est en cours. Il s’agit là de la première
d’une série de mesures en vue de la publication d’un plan national multidanger de communication sur
les risques.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Il n’existe pas de plan national multidanger de communication sur les risques en bonne et due forme
définissant et organisant au niveau national les capacités, les rôles, la collaboration et le budget
nécessaires pour un système efficace du secteur de la santé pour la communication sur les risques.
• Les rôles, l’organisation et les responsabilités des parties prenantes en matière de communication sur
les risques doivent être déterminés dans le cadre d’un plan spécifique du secteur de la santé en tenant
compte de tous les niveaux – national, régional et provincial. Ce plan devrait adopter une approche
multidanger et assurer la coordination nécessaire avec les autres secteurs sur les questions concernant
les zoonoses et la sécurité sanitaire des aliments, afin d’assurer la cohérence des messages diffusés au
grand public par les autorités. Le plan-cadre décrit dans le projet de stratégie de communication sur
les risques pourrait combler cette lacune.
• Le personnel chargé de la communication sur les risques devrait être clairement défini au sein du
Ministère de la santé pour qu’il puisse se concentrer sur la préparation des activités de communication
en évitant qu’elles ne soient liées à des considérations de réputation ou se limitent uniquement à la
gestion de situations de crise.
• Enfin, un budget spécifique devrait être alloué à ce domaine pour assurer le soutien des activités de
communication sur les risques même en l’absence d’une flambée ou au lendemain d’une situation
de crise. Le renforcement des activités de préparation concernant la communication sur les risques
RIPOSTER

permettra une riposte plus rapide et mieux ciblée en période de crise.

R.5.2 Communication et coordination internes et avec les partenaires


Score 4 : Capacité démontrée. Il existe une coordination efficace et régulière de la communication
avec la plupart des partenaires répondant aux critères de tous les niveaux précédents. Plusieurs exercices
de simulation ont été organisés et la gestion exemplaire de la situation de crise due à l’épidémie d’Ebola a
permis de constater un haut niveau de coordination lors d’une situation d’urgence sanitaire réelle.

Points forts/meilleures pratiques


• Le PCC et les PCP assurent la coordination entre les multiples ministères et parties prenantes pour
la riposte à une situation d’urgence, notamment en ce qui concerne la communication à travers une
structure PCC spécifique.
• Plusieurs comités multisectoriels de haut niveau assurent une bonne coordination entre les parties
prenantes, en particulier avec les Ministères de l’agriculture et de l’intérieur concernant les zoonoses
et la sécurité sanitaire des aliments.
• Les échanges avec les différents niveaux et départements du Ministère de la santé sont facilités par
un forum en ligne.
• Une collaboration et des partenariats formels et informels sont en place entre le Ministère de la santé
et les représentants et associations et syndicats de professionnels de la santé, ainsi qu’avec les notables
religieux.
52
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• La récente circulaire visant à organiser les capacités de communication aux niveaux régional et
provincial pourraient donner l’occasion d’élargir la collaboration aux communications à ces niveaux.
• Des exercices de simulation ont été organisés pour chacun des plans formels spécifiques de riposte.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Des MON et des lignes directrices pour les meilleures pratiques de communication sur les risques
(gestion de crise, coordination, engagement communautaire, suivi des rumeurs, etc.) devraient être mis
au point ou actualisés et communiqués à tous les niveaux (national, régional et provincial) du Ministère
de la santé, et si possible aux autres secteurs.
• Le programme de renforcement des capacités régionales de communication (établi par la DICom)
devrait être mis en œuvre.
• Un programme de formation à la communication sur les risques devrait être mis au point ou actualisé
pour renforcer les compétences de toutes les parties prenantes.
• Il faudrait continuer à mettre sur pied ou à actualiser les partenariats et à mettre au point les MON
avec les agents de santé, les organisations de la société civile, le secteur privé et les autres acteurs
non étatiques.
• Le réseau multisectoriel et multiniveau des communicateurs sur les risques doit être mis en œuvre pour
mieux renforcer la collaboration et la coordination des parties prenantes, y compris les acteurs non
étatiques et la société civile.
• Les partenariats de communication et la collaboration au sein des ministères et avec les parties
prenantes doivent être régulièrement éprouvés au moyen d’exercices conjoints.

R.5.3 Communication publique


Score 4 : Capacité démontrée.
La diffusion proactive auprès du public fondée sur un groupe de bases (technologies et langues pertinentes
et collaboration constante de journalistes, notamment via des réunions d’information régulières avec les
médias) permet d’assurer une couverture régulière satisfaisante des questions de santé au Maroc.

RIPOSTER
Points forts/meilleures pratiques
• La DICom comprend trois services : l’information et l’éducation pour la santé, la communication
institutionnelle et la production de matériels d’information et de communication. L’existence de
plusieurs plans de communication a conduit à la production de nombreux guides de communication
sur des risques et des cibles spécifiques. Des plaidoyers ad hoc pour la santé ont été renforcés pour
contribuer aux activités de sensibilisation au niveau régional et à la méthodologie de mise au point de
ces plans.
• Des efforts sont consentis pour adapter les messages à des cibles spécifiques, en matière de langues
(français, arabe et amazigh), de vocabulaire et de comportements notamment.
• Divers canaux de communication multimédias ont été mis en place, notamment les médias sociaux,
grâce une équipe spéciale veillant à une couverture régulière des questions et des risques sanitaires.
• Un large réseau de presse a été mis sur pied et il est régulièrement activé au moyen de séances
d’information. En 2011–2013, plusieurs séances ont été organisées à l’intention des journalistes dans
des zones à risque. Les principaux porte-parole du Ministère de la santé ont par ailleurs été formés à
la communication avec la presse.
• L’existence des URIC et les mécanismes de coordination informels avec les parties prenantes
permettent une large communication au grand public. En particulier, la participation d’un agent de
la communication aux dispensaires mobiles contribue à la diffusion aux communautés des messages
concernant la santé.
53
Évaluation extérieure conjointe

Domaines à renforcer/problèmes à régler


• Les messages et outils mis au point par le Ministère de la santé et les autres parties prenantes, en
particulier l’Office national pour la sécurité sanitaire des aliments, devraient être coordonnés sur la
base d’un plan du secteur de la santé pour la communication sur les risques.
• Des lignes directrices relatives aux meilleures pratiques de communication sur les risques devraient
être mises au point et diffusées pour éviter des messages pouvant prêter à confusion et nuire à la
réputation.
• Malgré le bon réseau de presse mis en place, il n’y a pas assez de journalistes spécialisés. La mise sur
pied d’un programme de formation sur les questions de santé et le risque à l’intention des journalistes
faciliterait beaucoup la communication et l’engagement de la presse en situation d’urgence.
• De nouvelles recherches sur les destinataires devraient être entreprises pour déterminer les canaux
de communication préférés et inspirant le plus confiance. Il faudrait en outre mettre en place des
procédures sur les tests concernant les matériels effectués par des groupes cibles représentatifs, ce qui
permettrait d’assurer que les recommandations atteignent les destinataires de manière économique et
avec la rapidité et l’efficacité voulues.
• Les procédures d’évaluation doivent être formalisées pour améliorer à l’avenir les efforts de riposte
nationaux. Les produits de communication en vue de la riposte (communiqués de presse, compte rendus
d’interviews, messages en ligne, suivi des rumeurs, interaction avec les médias sociaux etc.) devraient
être notés et faire l’objet d’un suivi compte tenu des autres mesures de riposte et de l’évolution de la
situation. L’évaluation pourrait ainsi intervenir au cours des examens effectués après une intervention.
• En matière d’information du public, il est essentiel d’assurer la collaboration avec les ministères
et services concernés (Agence nationale des ports, ONSSA, Office national des aéroports, etc.)
responsables des points d’entrée (ports maritimes et aéroports), les laboratoires et les autres domaines
sensibles afin d’être sûr d’atteindre les groupes cibles comme le personnel des aéroports, les passagers,
les techniciens de laboratoire etc.

R.5.4 Communication pour faire participer les communautés touchées


Score 3 : Capacité développée. Certains mécanismes de consultation formelle et informelle de la
RIPOSTER

communauté sont en place (permanence téléphonique, enquêtes par exemple). La cartographie des
parties prenantes au niveau local doit encore être établie et les MON formellement précisés concernant
la participation des communautés et des principales parties prenantes pour la mise au point de matériels
d’information, d’éducation et de communication (IEC).
Points forts/meilleures pratiques
• L’existence des URIC et de mécanismes de coordination informels avec les parties prenantes aux niveaux
régional et provincial permet un système favorisant la participation en matière de communication
de base. En particulier, la participation d’un agent chargé de la communication aux dispensaires
mobiles contribue à la diffusion de messages sanitaires aux communautés. Certains responsables
communautaires ont été définis de manière informelle, surtout au niveau régional.
• Certains mécanismes de consultation de la communauté existent, par exemple une permanence
téléphonique pour le suivi sanitaire.
• Tous les préposés à la communication sur le système de santé ont suivi une formation au changement
de comportement.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Une cartographie en bonne et due forme des parties prenantes et des responsables communautaires
aux niveaux intermédiaire et local doit être établie et communiquée en collaboration avec les autres

54
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
secteurs afin que les recommandations sanitaires atteignent mieux les groupes cibles de manière
rapide, efficace et économique.
• L’élaboration de matériels d’information, d’éducation et de communication avec la communauté et les
principales parties prenantes doit faire l’objet d’un MON.
• Des séances d’information et des formations en bonne et due forme avec la participation d’équipes
multisectorielles de mobilisation sociale doivent être organisées (avec notamment des volontaires, des
responsables communautaires, etc.).
• Les communautés devraient être associées aux exercices de simulation afin de vérifier l’efficacité et la
rapidité de la mobilisation et de la communication de l’information.

R.5.5 Écoute dynamique et gestion des rumeurs


Score 3 : Capacité développée. Il existe des systèmes de routine et basés sur des événements permettant
de rester à l’écoute et de gérer les rumeurs, ou un système permanent, mais leur influence sur la riposte
est limitée ou imprévisible.
Points forts/meilleures pratiques
• L’écoute des rumeurs est assurée activement par un examen de la presse quotidienne et la gestion des
médias sociaux au niveau national. Un examen de la presse au niveau régional est en cours de mise
en place.
• Les rumeurs identifiées font l’objet d’un suivi, avec des interventions sous forme de communiqués de
presse largement diffusés (télévision, presse écrite, médias sociaux, etc.).
• Au Ministère de la santé, une permanence téléphonique est en place pour le suivi sanitaire et le PCC a
établi un large réseau d’informateurs individuels dans la population qui sont régulièrement contactés.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• L’écoute des rumeurs ne devrait pas donner lieu simplement à des communiqués de presse, mais
s’étendre aussi à l’écoute et à la participation communautaire. La collaboration multisectorielle et la
participation des partenaires devraient renforcer la collecte des rumeurs et des fausses nouvelles.

RIPOSTER
• Il serait utile d’élaborer des lignes directrices sur la collecte des rumeurs privilégiant la communication
sur les risques pour éviter de mettre l’accent sur les plaintes et les questions de réputation au lieu de
réunir les fausses nouvelles et les rumeurs potentiellement néfastes sur les recommandations sanitaires.
Les rumeurs peuvent conduire à des mises au point utiles coordonnées du secteur de la santé.
• Les rumeurs et fausses informations sont actuellement recueillies par différentes sources (permanences
téléphoniques, partenaires, informateurs au sein de la population, etc.). Elles ne sont toutefois pas
coordonnées pour donner lieu à des décisions et des interventions gérées à la source au moyen
d’informations fondées sur des données factuelles.
Documentation pertinente
• Bulletin official annonçant la création de la division de l’information et de la communication relevant
du Secrétariat général.
• Organigramme de la division de l’information et de la communication et des URIC.
• Circulaire sur l’organisation de la communication au niveau régional.
• Plans de riposte aux situations d’urgence sanitaire (par exemple. Ebola, Zika, Mers-Cov).
• Projet de stratégie de communication sur les risques, juin 2016.
• Plan de renforcement des capacités en communication destiné aux équipes régionales.

55
Évaluation extérieure conjointe

• Accords avec les partenaires.


• Plaidoyers ad hoc pour la santé.
• Site Web : [Link].
• Programme Intidarat.
RIPOSTER

56
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
AUTRES
Points d’entrée
Introduction

L’ensemble des principales capacités et la gestion des menaces potentielles s’appliquent aux points d’entrée
et permettent ainsi l’application efficace de mesures sanitaires visant à éviter la propagation internationale
des maladies. Les États Parties sont tenus de maintenir les principales capacités requises dans les ports et
aéroports internationaux désignés (et lorsque la situation l’exige pour des motifs de santé publique, dans
des postes-frontières désignés) visant à appliquer les mesures de santé publique nécessaires face à divers
risques pour la santé publique.

Cible
Les États Parties doivent désigner et maintenir les principales capacités requises dans les aéroports et les
ports internationaux (et lorsque la situation l’exige pour des raisons de santé publique, un État Partie peut
désigner des postes-frontières) chargées d’appliquer des mesures de santé publique nécessaires pour gérer
divers risques pour la santé publique

Niveau de capacité du Maroc


Le Maroc compte 17 points d’entrée désignés – huit aéroports, huit ports de mer et un poste-frontière – et
a également notifié 12 ports autorisés le long des côtes atlantique et méditerranéenne. L’importance des
points d’entrée est reconnue en raison notamment des importantes activités commerciales et touristiques.
On observe aussi de nombreuses arrivées de Marocains non-résidents venant de l’étranger qui sont aidés
pendant leur déplacement par la Fondation Mohammed V présente aux points d’entrée.
Le Maroc a officiellement adopté le RSI par un décret royal (dahir) qui comprend toutes les dispositions
sur les points d’entrée. Une structure de coordination a donc été mise en place par le Ministère de la santé
pour rendre le RSI opérationnel aux niveaux régional et local.
Au Maroc, le contrôle sanitaire aux frontières constitue l’autorité nationale de santé aux points d’entrée
chargée de l’application du RSI et des autres lignes directrices nationales, comme les nouvelles mesures
concernant le virus Zika par exemple. Il s’appuie sur la politique nationale de santé et assure la surveillance,
l’évaluation des risques et la prévention des importations/exportations de maladies à tendance épidémique.
Le contrôle sanitaire aux frontières relève du Ministère de la santé.
Les autorités compétentes ont été clairement définies aux points d’entrée pour le contrôle systématique
AUTRES

et les opérations d’urgence et l’on a relevé une coordination régulière avec les autres secteurs (comme
on a également pu l’observer lors de la récente crise de la maladie à virus Ebola). En particulier, le Maroc
a souscrit aux recommandations de l’OMS et de l’Organisation de l’aviation civile internationale au cours
de la crise et n’a pas appliqué de mesures de restriction des déplacements et des échanges commerciaux
avec les pays touchés.
Un nouveau plan national visant la restructuration du contrôle sanitaire aux frontières pour 2016-2020 est
actuellement à l’étude.
Une capacité exceptionnelle a été relevée au port de Tanger Med, en particulier en matière de préparation
aux situations d’urgence au moyen d’exercices de simulation approfondis et de nombreux plans d’urgence
spécifiquement adaptés à la situation. Le plan de santé publique d’urgence peut servir d’exemple pour les
autres points d’entrée.

57
Évaluation extérieure conjointe

Mesures recommandées en priorité


• Formaliser les accords de coopération, la collaboration et le partage des ressources avec les parties
concernées intervenant au sein des points d’entrée au moyen de MON et de mémorandums d’accord
spécifiques. On trouvera des ressources et des modèles auprès du CAPSCA (Accord de collaboration
pour la prévention et la gestion des cas menaçant la santé publique dans le secteur de l’aviation civile)
ou du réseau PAGN et (des ports, aéroports et postes-frontières).
• Promouvoir des plans d’urgence spécifiques pour tous les points d’entrée désignés, en particulier des
plans d’urgence pour la santé publique. Les points d’entrée constituent aussi une priorité pour les plans
de lutte antivectorielle.
• Renforcer la capacité de surveillance et d’évaluation des risques aux points d’entrée désignés, y compris
la formation professionnelle sur la surveillance épidémiologique.
• Mettre sur pied un programme de formation continue à l’intention des responsables de la santé et des
autres secteurs intervenant aux points d’entrée.
• Demander la certification officielle de l’OMS pour les points d’entrée.

Indicateurs et scores
PoE.1 Capacités de routine présentes aux points d’entrée
Score 3 : Capacité développée. Dans l’ensemble, la capacité aux points d’entrée marocains est
satisfaisante. Au cours de la mission, des visites ont été effectuées sur les sites des aéroports de Fès et
de Marrakech et des ports de Casablanca et de Tanger Med. Les discussions et les visites sur sites ont
confirmé que la capacité de routine en place respectait en grande partie les dispositions de l’annexe 1B
du RSI. Les membres de l’équipe d’évaluation extérieure et leurs homologues marocains ont conclu que si
certains des éléments nécessaires pour obtenir la note maximale de 5 pour cet indicateur étaient réunis,
les agents qualifiés pour l’inspection des moyens de transports ainsi que les capacités en matière de lutte
antivectorielle établie et systématique correspondant à la note de 4 faisaient encore défaut.
Points forts/meilleures pratiques
• Les points d’entrée disposent de la capacité d’assurer l’accès aux services et personnels médicaux,
au matériel diagnostique et au transport de cas suspects vers les centres médicaux appropriés par
différents types d’ambulances spécialisées – comme on a pu le constater au cours de la crise due à
l’épidémie d’Ebola.
• La plupart des points d’entrée entretiennent des liens avec les centres de santé locaux et les services
vétérinaires pour la prise en charge des cas suspects.
• Des agents qualifiés sont disponibles pour inspecter les moyens de transport.
AUTRES

• Les ports désignés ont la capacité établie de délivrer des certificats d’hygiène des navires.
• Les points d’entrée offrent un environnement sûr aux voyageurs – toilettes propres, eau potable et
bonne hygiène dans la restauration. La sensibilisation aux questions de santé publique se fait en
français et en arabe.
Domaines à renforcer/problèmes à régler
• Les accords et dispositions de coopération spécifiques pour les points d’entrées devraient être consignés
par écrit et bien diffusés sous forme de MON et de mémorandums d’accord afin d’éviter des lacunes
dans le fonctionnement dues au renouvellement du personnel ou à des changements affectant les
ressources humaines.

58
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• La désinfection et la dératisation des moyens de transport sont souvent sous-traitées à un tiers sous
supervision directe ; une lutte antivectorielle systématique devrait toutefois être introduite dans tous
les points d’entrée désignés jusqu’à 400 mètres conformément aux capacités systématiques prévues
à l’annexe 1B du RSI. Les mesures existantes devraient aussi être coordonnées avec les autres parties
responsables ainsi qu’avec les villes avoisinantes.
• La coordination entre les points d’entrée et les établissements de soins, laboratoires, cellules provinciales
et services de santé publique régionaux devrait encore être renforcée.

PoE.2 Action de santé publique efficace aux points d’entrée


Score 3 : Capacité développée. Les membres de l’équipe d’évaluation extérieure et leurs homologues
marocains ont convenu d’attribuer la note de 3 car les plans d’urgence écrits ne sont pas uniformes dans les
différents points d’entrée et ne sont pas de ce fait et régulièrement actualisés. Des exemples d’interventions
de santé publique ont été énumérés lors de visites sur site et des données ont été échangées sur certains
exercices de simulation concluants.
Points forts/meilleures pratiques
• Le Ministère de la santé a adopté un plan national sur les urgences de santé publique de portée
internationale qui définit clairement les rôles de chacune des parties prenantes.
• La majorité des points d’entrée ont des mesures d’urgence et des coordonnateurs clés bien définis dans
la pratique même s’ils ne sont pas encore expressément indiqués dans les plans écrits.
• Des zones et des protocoles spécifiques sont réservés pour la mise en quarantaine, ainsi que pour
l’application de mesures de contrôle des moyens de transport et des marchandises.
• La protection civile et les stations mobiles de mise en quarantaine disposent d’ambulances pour la prise
en charge de cas suspects hautement contagieux.

Domaines à renforcer/problèmes à régler


• Des plans devraient être élaborés pour les différents points d’entrée prévoyant une liste de contacts
clairement définie et actualisée qui doit être largement diffusée.
• Les plans d’urgence spécifiques/sectoriels devraient périodiquement faire l’objet d’exercices et de tests
en temps de paix et les conclusions doivent être documentées et diffusées.

Documentation pertinente
• Dahir no 1-09-210, octobre 2009 – Adoption du RSI.
• Dahir du 5 janvier 1916 – police sanitaire maritime.
• Arrêté viziriel du 23 novembre 1946 – Contrôle sanitaire aux frontières terrestres, maritimes et
aériennes.
AUTRES

• Circulaire ministérielle No 41/DELM/DRC/10 du 6 août 1999 – organisation et opérations sanitaires


aux frontières.
• Plan de reconstruction des contrôles sanitaires aux frontières.
• Procédures pour les contrôles sanitaires aux frontières.

59
Évaluation extérieure conjointe

Événements d’origine chimique

Introduction
La prévention des événements d’origine chimique incontrôlés constituant une menace significative pour
la santé publique, les secteurs des services et l’infrastructure suppose une mobilisation en temps utile des
moyens de riposte interorganisations. Les États Parties sont donc tenus d’avoir des capacités de surveillance
et de riposte aux événements/risques d’origine chimique par une communication et une collaboration
efficaces entre les secteurs chargés de la sécurité chimique, de l’industrie, des transports et de l’élimination
sans risque des produits, y compris la protection de la santé

Cible
Les États Parties doivent avoir des capacités de surveillance et de riposte aux événements/risques d’origine
chimique. Cela nécessite une communication et une collaboration efficaces entre les secteurs chargés de la
sécurité chimique, de l’industrie, des transports et de l’élimination sans risque des produits.

Niveau de capacité du Maroc


Malgré de nombreux points communs avec les autres risques RSI, les événements d’origine chimique
présentent des aspects spécifiques dont il faut tenir compte pour les capacités requises aux termes du
RSI. En raison de leur omniprésence, un très large éventail de produits chimiques peut entrer en ligne de
compte en cas d’événement d’origine chimique et il faut donc envisager l’ensemble du cycle de vie. Si
les événements radiologiques sont envisagés séparément, les matériels radioactifs peuvent aussi avoir
d’importants effets toxiques en raison de leurs composants chimiques. Les substances chimiques présentes
dans l’air et dans l’eau sont susceptibles de contaminer les sols et les produits alimentaires et peuvent
avoir des effets tant internes qu’internationaux/transfrontières. Des événements d’origine chimique
peuvent aussi contaminer des produits pharmaceutiques ou être à l’origine d’une exposition à des toxines
naturelles. Il faut se préoccuper en priorité des effets toxiques mais parfois aussi des effets chroniques et
à long terme du point de vue de la capacité à faire face aux événements d’origine chimique. Les frontières
sont parfois poreuses et il n’est alors pas facile de définir avec précision les « points d’entrée ». Par ailleurs,
les événements chimiques d’origine aérienne peuvent avoir des points d’entrée assez étendus. Il faut
envisager des considérations analogues en cas d’événements d’origine chimique qui se produisent en mer,
sur des voies fluviales internationales ou lors de forages en mer.
L’infrastructure législative existe en grande partie pour faire face aux événements d’origine chimique et
la législation sur les produits chimiques est également en train d’être renforcée. Pesticides et produits
AUTRES

pharmaceutiques font l’objet d’une réglementation spécifique. On dispose également d’une législation
adéquate pour combattre les déchets chimiques toxiques, mais la capacité technique nécessaire pour une
bonne gestion laisse à désirer. Le Maroc s’est doté d’une politique de sécurité chimique et a élaboré une
stratégie et un plan d’action nationaux (20072020). Il a ratifié les Conventions de Bâle, de Rotterdam et
de Stockholm, ainsi que la Convention de Paris sur les armes chimiques ; la Convention de Minamata sur
le mercure est en cours de ratification. Il souscrit à l’approche stratégique de la gestion internationale des
produits chimiques et s’efforce de déployer ses efforts en vue de la mise en œuvre du Système général
harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques. L’amendement à la Convention de
Bâle a été ratifié et incorporé à la législation sur les déchets toxiques. Les Conventions 170 et 174 de
l’Organisation internationale du travail ne sont pas entrées en vigueur. Les guides et procédures pour
une bonne gestion des substances chimiques ont été élaborés mais leur application n’est que partielle.
L’accès aux bases de données internationales comme INTOX, INCHEM, Poisindex, TOXbase et Toxinz est

60
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
satisfaisant et le suivi environnemental de l’air et de l’eau est assuré même s’il n’en va que partiellement
de même du suivi des autres éléments.
Le Maroc dispose d’un comité interministériel fonctionnel sur les biphényles polychlorés (PCB) et
d’autres substances spécifiques, et ses compétences pourraient être élargies. Un plan national est en
cours d’introduction pour la mise en œuvre de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques
persistants (POP).
La coordination avec les autres secteurs RSI est en place même si les dispositifs de consultation concernant
les événements d’origine chimique entre parties prenantes et la communication sur les risques chimiques
doivent encore être renforcés. La sensibilisation aux risques chimiques et aux événements d’origine chimique
reste insuffisante et leurs effets sont mal perçus au niveau de la prise de décisions dans les régions. Une
meilleure formation des ressources humaines à la communication sur les risques serait souhaitable.
La capacité des laboratoires à repérer les risques chimiques au moyen des MON existe au niveau national,
mais reste insuffisante au niveau périphérique.
Un centre national bien développé de toxicovigilance et de pharmacovigilance a été établi et constitue
un important élément pour définir et surveiller les risques 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, notamment
les expositions aiguës (avec des informations sur plus d’un demi-million de cas d’exposition chimique).
La capacité de repérer et de surveiller les risques chimiques consécutifs à une exposition chronique,
susceptibles de devenir des événements d’origine chimique, doit être renforcée. La capacité existe de
repérer les risques chimiques associés à la contamination des produits alimentaires, même s’il faut encore
renforcer les capacités d’analyse des échantillons toxicologiques cliniques.
Le secteur de la santé coopère avec les services d’urgence (coordonnés par le Ministère de l’intérieur)
concernant la préparation et la riposte aux événements d’origine chimique intéressant le RSI et leur
notification. Chaque grande installation industrielle dispose d’un plan de préparation et de riposte aux
événements d’origine chimique pour le site et les alentours, mais des tests réguliers et des exercices de
simulation permettraient de l’améliorer.
Mesures recommandées en priorité
• Mettre en place sur la base d’une loi une commission nationale interministérielle chargée des
événements d’origine chimique avec un programme de travail et un budget afin d’assurer notamment :
m la collecte et l’échange systématiques d’informations sur les événements d’origine chimique et
leur gestion, et l’analyse régulière de ces informations en vue de se prévaloir de l’expérience
acquise ;
m l’évaluation des risques liés aux événements d’origine chimique et la communication à ce sujet
aux décideurs concernés pour suite à donner ;
m l’éducation du public et une meilleure sensibilisation des décideurs aux risques d’origine chimique,
à leur identification, à leur atténuation et aux mesures de riposte disponibles en cas d’urgence,
AUTRES

avec une formation et un renforcement des ressources humaines ;


m l’organisation tous les deux ans d’exercices de simulation pour tester les capacités nationales et
régionales de repérer les événements d’origine chimique et d’assurer la riposte.
• Actualiser régulièrement le profil national de la gestion des substances chimiques sur la base du format
du Programme interorganisations révisé pour la gestion rationnelle des produits chimiques.
• Renforcer les équipements de laboratoire pour l’analyse toxicologique, avec la création d’un réseau
régional de laboratoires agréés en vue du diagnostic et de la prise en charge des sujets exposés et le
suivi des marqueurs biologiques des événements d’origine chimique, y compris le transport intégré des
échantillons à analyser.
• Continuer à mettre au point et à appliquer un système mondial obligatoire de classification et
d’étiquetage des produits chimiques dans tous les secteurs.

61
Évaluation extérieure conjointe

Indicateurs et scores
CE.1 1 Mécanismes fonctionnels en place pour la détection et la riposte à des événements/
urgences d’origine chimique
Score 3 : Capacité développée. Un système de surveillance est en place pour les événements d’origine
chimique, les intoxications et les empoisonnements, avec des capacités de laboratoire – ou l’accès à des
capacités de laboratoire – pour confirmer les événements prioritaires d’origine chimique
Points forts/meilleures pratiques
• Les lignes directrices de surveillance et un centre national antipoison offrent les capacités nécessaires
pour justifier ce score. Il n’y a toutefois pas d’échange d’informations en temps réel entre les parties
concernées ; le système de surveillance des événements d’origine chimique et la notification laissent
encore à désirer.
• Le Centre antipoison dispose d’une importante base de données couvrant plus d’un million de cas
d’exposition chimique réunis en temps réel 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

Domaines à renforcer/problèmes à régler


• La coordination de la surveillance et la détection des événements doit être renforcée bien que
plusieurs comités existent déjà (notamment sur les PCB, les POP et les EIE) ainsi qu’un plan nucléaire,
radiologique, biologique et chimique national.
• Les responsabilités sont réparties entre plusieurs secteurs peu coordonnés et l’échange d’informations
est insuffisant.
• La capacité de laboratoire, le personnel qualifié et les moyens financiers restent insuffisants.

CE.2 Environnement favorable à la gestion d’événements d’origine chimique


Score 3 : Capacité développée. Une politique, des plans d’action et une législation nationaux existent
pour la surveillance, l’alerte et la riposte concernant les événements d’origine chimique.
Points forts/meilleures pratiques
• Le Maroc participe à des réseaux internationaux sur les produits chimiques comme WHO/IPCS/INTOX.
• 129 substances sont interdites ou strictement réglementées et des limites sur les résidus de pesticides
dans les produits alimentaires sont en place.
• En cas d’événement grave d’origine chimique, des ressources financières peuvent immédiatement être
mobilisées.
• Des exercices de simulation sont effectués sur la pollution marine par les hydrocarbures tous les deux
AUTRES

ans.

Domaines à renforcer/défis à relever


• La surveillance des événements d’origine chimique et la riposte devraient être renforcées et coordonnées
et un plan national de gestion mis en œuvre.
• La législation doit s’étendre à l’ensemble du cycle de vie chimique et garantir l’accès à l’information.
• Un plan de santé complet sur les incidents d’origine chimique devrait être élaboré et régulièrement
évalué.
• La capacité d’évaluation des risques pour la santé et la communication sur les risques doivent être
améliorées.

62
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• Des exercices de simulation pour la riposte aux événements d’origine chimique devraient être organisés
tous les deux ans.

Documentation pertinente
• Revue Toxicologie Maroc, N° 27 – 4e trimestre 2015 Publication officielle du Centre antipoison du
Maroc, Ministère de la Santé.
• Revue Toxicologie Maroc, N° 23 – 4e trimestre 2014 Publication officielle du Centre antipoison du
Maroc, Ministère de la santé.
• Revue Toxicologie Maroc, N° 22 – 4e trimestre 2013 Publication officielle du Centre antipoison du
Maroc, Ministère de la santé.
• Programme on Chemical Safety, guidelines on the prevention of toxic exposure, education and public
awareness activities, publié par l’Organisation mondiale de la Santé en collaboration avec le Programme
des Nations Unies pour l’environnement et l’Organisation internationale du travail.
• Circulaire : Organisation nationale de la lutte antipoison et de pharmacovigilance, Ministère de la
santé, Direction de la réglementation et du contentieux, division des affaires juridiques.

AUTRES

63
Évaluation extérieure conjointe

Situations d’urgence radiologique

Introduction
Les États Parties doivent avoir des capacités de surveillance et de riposte aux dangers/événements/
urgences radionucléaires, ce qui suppose une communication et une collaboration efficaces parmi les
secteurs responsables de la gestion des produits radionucléaires.

Cible
Les États Parties doivent avoir des capacités de surveillance et de riposte aux dangers/événements/
urgences radionucléaires. Cela nécessite une communication et une collaboration efficaces parmi les
secteurs responsables de la gestion des produits radionucléaires

Niveau de capacité du Maroc


Le Centre national de radioprotection (CNRP), établi par le décret N° 2-97-30 du 28 octobre 1997, est
chargé de la sécurité, de la surveillance, de la préparation et des interventions en matière radiologique
avec des ressources disponibles adéquates. Il évalue la sécurité radiologique des services médicaux
et des installations industrielles ainsi que les rapports sur la sécurité qu’ils fournissent. Le système de
gestion des urgences nucléaires et radiologiques est intégré au plan national de gestion des catastrophes
et couvre l’ensemble des urgences radionucléaires. Des plans d’urgence dotés de moyens suffisants
assurent la surveillance, les analyses de laboratoire, l’évaluation des dangers et la conduite d’exercices ou
d’entraînements. Les normes et recommandations internationales sont étroitement suivies, sans toutefois
faire régulièrement l’objet d’une évaluation.

Mesures recommandées en priorité


• Établir un cadre législatif et réglementaire adéquat en vue de la préparation et de la riposte aux
situations d’urgence. Le règlement d’exécution comprend la procédure à suivre pour l’application de la
loi par les organes de réglementation ainsi que les règles régissant la gestion des situations d’urgence
nucléaire ou radiologique.
• Mettre sur pied un comité national chargé des urgences radiologiques avec des points de contact de
toutes les autorités liées à une urgence radiologique suspectée.
• Définir une liste d’établissements médicaux pouvant traiter des victimes d’urgences radiologiques ou
AUTRES

des sujets contaminés et veiller à leur allouer des ressources suffisantes.


• Réviser et actualiser régulièrement les plans d’urgence en veillant à ce que des ressources suffisantes
soient disponibles pour la surveillance, les analyses de laboratoire, les évaluations des dangers et la
conduite d’exercices de simulation.
• Assurer l’échange systématique d’informations entre les autorités radiologiques compétentes et les
unités de surveillance de la santé humaine quant aux événements radiologiques urgents et aux risques
potentiels d’événements de santé publique de portée internationale.
• Coordonner les évaluations des risques, la communication sur les risques, la planification, les exercices
et le suivi, notamment au cours d’urgences radiologiques et de risques potentiels d’événements de
santé publique de portée internationale.

64
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
• Allouer des ressources humaines et financières supplémentaires pour couvrir l’utilisation accrue et plus
étendue des moyens radiologiques en médecine, dans l’industrie et dans d’autres secteurs.

Indicateurs et scores
RE.1 Mécanismes fonctionnels en place pour la détection et la riposte aux situations
d’urgence radiologique et nucléaire
Score 3 : Capacité développée. Un plan de riposte d’urgence aux urgences radiologiques existe dans
le cadre du Plan national de gestion des catastrophes. En outre, les normes internationales de planification
d’urgence sont étroitement suivies. L’évaluation et l’actualisation des MON pour la gestion des urgences
radiologiques, la révision et l’actualisation périodiques des plans d’urgence et l’échange systématique de
données entre les autorités radiologiques compétentes et les unités de surveillance de la santé humaine
sur les événements radiologiques et les risques potentiels d’événements de santé publique de portée
internationale restent limités. L’amélioration de ces pratiques permettrait au Maroc d’accéder au niveau 5
pour cet indicateur.
Points forts/meilleures pratiques
• Le CNRP est un institut expressément chargé de la sécurité radiologique, de la surveillance, de la
préparation et de la riposte en matière radiologique avec des ressources disponibles adéquates.
• Le CNRP procède à des évaluations de la sécurité des services médicaux et des installations industrielles
en matière radiologique débouchant sur des rapports périodiques sur la sécurité soumis à examen.
• Le système de gestion des urgences nucléaires du plan national de gestion des catastrophes est chargé
de la gestion des urgences nucléaires et autres urgences radiologiques.
• Le CNRP est habilité à évaluer les installations, à accorder ou révoquer des licences, à fixer des normes
et des dispositions pour la gestion des déchets et à suivre leur application.
• Les autorités nationales chargées des événements radiologiques et nucléaires ont défini un point focal
pour la coordination et la communication avec le Ministère de la santé et le PFN RSI.

Domaines à renforcer/problèmes à régler


• Un comité national des urgences radiologiques doit être mis en place.
• Des MON écrits devraient être élaborés, évalués et actualisés pour la gestion des urgences
radiologiques (notamment l’évaluation des risques, la communication, la confirmation et la notification
des événements et les investigations).
• Les plans d’urgence devraient être régulièrement révisés et actualisés et des ressources adéquates
AUTRES

prévues pour la surveillance, les analyses de laboratoire, les évaluations des dangers et l’organisation
d’exercices et d’entraînements.
• Un mécanisme d’échange systématique d’informations entre les autorités compétentes en matière
radiologique et les unités de surveillance de la santé humaine devrait être mis en place pour couvrir
les urgences radiologiques et les risques potentiels d’événements de santé publique de portée
internationale.

RE.2 Environnement favorable à la gestion des situations d’urgence radiologiques


Score 4 : Capacité démontrée. Des politiques, stratégies ou plans nationaux de détection, d’évaluation
et de riposte concernant les urgences radiologiques sont en place. Les autorités nationales chargées des
événements nucléaires et radiologiques ont un point focal désigné chargé de la coordination et de la

65
Évaluation extérieure conjointe

communication avec le PFN RSI. Le Maroc accédera au niveau 5 dès que des services médicaux pour le
traitement des victimes d’urgences radiologiques ou des sujets contaminés seront disponibles et dotés de
ressources adéquates et d’un personnel ayant reçu une formation spécifique, ainsi qu’un mécanisme de
coordination avec des parties intéressées aux niveaux national et infranational.
Points forts/meilleures pratiques
• Les autorités nationales chargées des événements radiologiques et nucléaires ont défini un point
focal pour la coordination et la communication avec le Ministère de la santé. La coordination et la
communication de ce point focal avec le PFN RSI sont en place.
• Un plan de riposte aux urgences radiologiques existe (qui pourrait être intégré au plan national de
riposte aux situations d’urgence), de même que des politiques, stratégies ou plans nationaux pour
le transport national et international de matériels et d’échantillons radioactifs et pour la gestion des
déchets radioactifs, notamment ceux des hôpitaux et services médicaux.
• La coordination avec toutes les parties intéressées et tous les secteurs intéressés aux niveaux national
et infranational est en place, par exemple entre les services de santé, de l’environnement et les services
d’urgence et les laboratoires de référence.

Domaines à renforcer/problèmes à régler


• Des services médicaux spécialement désignés devraient être disponibles pour le traitement des victimes
d’urgences radiologiques ou les sujets contaminés et dotés de ressources adéquates et d’un personnel
spécialement formé.
• Un système de gestion des urgences nucléaires et radiologiques devrait être établi avec des MON,
des rôles et responsabilités clairement définis, une communication publique, la gestion des groupes
touchés, la décontamination et des ressources adéquates.
• Des ressources humaines et financières supplémentaires sont nécessaires en raison de l’élargissement
du programme d’énergie nucléaire et de l’utilisation accrue des moyens radiologiques en médecine,
dans l’industrie et dans d’autres secteurs.

Documentation pertinente
• Évaluation et certification de l’AIEA (conclusions).
• Rapports sur les exercices et entraînements.
• Législation.
• Système de gestion des urgences nucléaires et radiologiques.
AUTRES

66
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Annexe 1 : Données sur l’évaluation extérieure
conjointe

Lieu et dates de la mission


Rabat, Maroc : 20-24 juin 2016

Composition de l’équipe de la mission


• Karen Sliter, Regional Manager for Europe, Africa and the Middle East International Services, Animal
and Plant Health Inspection Service, United States Department of Agriculture, Mission des ÉtatsUnis
d’Amérique auprès de l’Union européenne, Belgique
• Michel Thieren, Représentant de l’OMS au Pakistan
• Dalia Samhouri, Administrateur technique, Surveillance de l’épidémiologie et RSI, Bureau régional OMS
de la Méditerranée orientale, Égypte
• Stéphane De La Rocque, Conseiller technique, Capacités mondiales, alerte et action, Siège de l’OMS,
Suisse (détaché de l’Organisation mondiale de la santé animale)
• Benjamin Ben Dahl, Team Lead, Global Immunization Division, United States Centers for Disease
Control and Prevention, Atlanta, Géorgie, États-Unis d’Amérique
• Jessica Barry, Administrateur technique, Évaluation des capacités RSI, Bureau régional OMS de l’Europe,
Danemark
• Catherine Bertrand-Ferrandis, Chef, Unité Communications, Organisation mondiale de la santé
animale, France
• Mohammed Bengoumi, Chef d’équipe, Bureau sous-régional de l’Afrique du Nord, Organisation des
Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Tunisie
• Nissaf Ben Alaya, Directeur, Surveillance de la santé, Observatoire national des maladies nouvelles et
émergentes, Tunisie
• Evalou Gnang, précédemment Responsable régional, Transport aérien, Organisation de l’aviation civile
internationale, Togo
• John Haines, Chargé de recherche associé, Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche,
Suisse
• Wael Kholy, Professor of Medical Protection of Radiation Effects, Supervisor of Safety Sector of
Radioactive Sources and Radiation Facilities, Egyptian Nuclear and Radiological Regulatory Authority,
Égypte
• Mahmoud Orabi, Veterinarian, International Services, Animal and Plant Health Inspection Services,
United States Department of Agriculture, Égypte
• Joanna Zwetyenga, Spécialiste, Sûreté et sécurité biologiques au laboratoire et systèmes de gestion de
la qualité, France

67
Évaluation extérieure conjointe

• Khalid Abu Hamaid, Consultant en soins médicaux d’urgence, soins préhospitaliers, regroupements de
masse et gestion des catastrophes, Ministère de la santé, Arabie saoudite
• Kleio Stoidou, Conseiller juridique en santé publique, Grèce

Objectifs
• Évaluer la mise en œuvre des capacités RSI de surveillance et d’action concernant les événements de
santé publique notamment aux points d’entrée.
• Passer en revue l’ensemble de la documentation pertinente.
• Établir un rapport décrivant les progrès accomplis et les lacunes qui subsistent dans la mise en œuvre
des capacités RSI.
• Recommander des mesures prioritaires pour l’actualisation et la finalisation d’un plan national de mise
en place et de maintien des capacités RSI pour la sécurité sanitaire mondiale.

Le processus d’évaluation extérieure conjointe


Le processus d’évaluation extérieure conjointe est un examen effectué par les pairs. À ce titre, il s’agit d’une
collaboration entre les experts du pays hôte et les membres de l’équipe d’évaluation extérieure. L’ensemble
de l’évaluation extérieure – discussions sur la notation, les points forts, les domaines à renforcer, les
meilleures pratiques, les problèmes à régler et les mesures prioritaires – doit être fondé sur la collaboration,
les membres de l’équipe d’évaluation et les experts du pays hôte cherchant un plein accord sur tous les
aspects des conclusions et recommandations du rapport final.
En cas de désaccord profond et/ou irrémédiable entre les membres de l’équipe extérieure et les experts du
pays hôte ou au sein des deux groupes, le responsable de l’équipe d’évaluation extérieure tranchera ; il en
sera fait état dans le rapport final avec un exposé de la position de chacune des parties.

Préparation et déroulement de la mission


• Avant la visite sur place, des réunions ont eu lieu par téléconférence entre les membres de l’équipe
d’évaluation, le bureau de l’OMS au Maroc et les hôtes marocains afin d’examiner l’ordre du jour de
l’évaluation, les responsabilités des participants et les problèmes de logistique.
• Un atelier de formation national a été organisé les 7 et 8 mai pour donner aux parties prenantes locales
les informations et les moyens nécessaires pour une bonne participation à l’évaluation conjointe et des
lignes directrices sur les prescriptions et les responsabilités concernant l’autoévaluation.
• La documentation de base a été réunie et transmise à l’équipe de l’évaluation, de même que l’outil
d’évaluation complet.
• Le bureau de l’OMS au Maroc et les hôtes marocains ont pris les mesures administratives et logistiques
nécessaires au déploiement des experts extérieurs dans le pays.
• Une séance d’orientation d’une journée a été organisée à l’intention des experts extérieurs sur le
processus et l’outil d’évaluation extérieure conjointe et les résultats escomptés ainsi que pour la mise
au point définitive du programme de la mission.
• Des réunions avec les parties concernées et des visites sur le terrain ont été organisées pour valider les
données recueillies et déboucher sur un consensus sur la notation et les mesures prioritaires.
• Une réunion de fin de mission avec les hauts responsables et les équipes techniques nationales ayant

68
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
participé à l’évaluation a été organisée pour présenter les résultats de l’évaluation, les meilleures
pratiques et les mesures prioritaires.
• Un communiqué de presse a été diffusé sur la participation du Maroc à l’évaluation extérieure conjointe,
mettant l’accent sur les principaux points forts, lacunes et mesures prioritaires qui doivent être en place
pour respecter les dispositions concernant les 19 domaines techniques.

Limitations et hypothèses de travail


• L’évaluation s’est déroulée sur une semaine, ce qui a limité le volume et le caractère détaillé des
informations qui ont pu être traitées.
• Les résultats de l’évaluation seront rendus publics.
• L’évaluation ne constitue pas un audit et les informations fournies par le Maroc n’ont pas fait l’objet
d’une vérification indépendante. Ces informations ont été examinées et la notation issue de l’évaluation
a fait l’objet d’un accord entre le Maroc et l’équipe d’évaluation dans le cadre d’une approche d’examen
par les pairs.

Principaux participants et institutions du pays hôte


Département/organe Nom
Ministère de l’intérieur, Direction générale des autorités locales Zineb Cherrat
Moustaine Ismail Alaoui
Poste de coordination central (PCC) Driss El Qorchi
Mohammed Rbai
Gendarmerie royale Ennaji Sindagad
Services de santé des forces armées royales Mohammed Rbai
Direction générale de la sécurité nationale Jalil Benkassem
Hicham Lasry
Direction générale de la protection civile
BenKacem Jalil
Asmae Kamili
Yassir Lezaar
Ministère de l’agriculture, Bureau national de la sécurité sanitaire des produits
Zineb Semmaoui
alimentaires
Abdelkrim Moujanni
Houriya El Bazaoui
Ministère de l’équipement, des transports et de la logistique, Direction de l’aviation Adil Bouloutar
civile Safae Reddaf
Fergani Kawtar
Ministère des finances, Administration des douanes
Fatima Faddak
Ministère délégué chargé de l’environnement Salma Karakchou
Office national des aéroports (ONDA) M’hammed Nazim Kamri
Abdelali Okacha
Agence nationale des ports (ANP)
Taoufik Drhourhi
Royal Air Maroc Ouafaa Kohen
Mounia Bouhami
Ministère de la santé, Direction de la réglementation et du contentieux
RajaaTahloun
Mohammed Yammou
Ministère de la santé, Direction des hôpitaux et des soins ambulatoires
Moulay Mustapha Alaoui
Ministère de la santé, Direction des ressources humaines Rachid Dekiki
Ministère de la santé, École de santé publique Kenza Bennani

69
Évaluation extérieure conjointe

Département/organe Nom
Noureddine Sakhri
Ministère de la santé, Santé publique (Programme de formation à l’épidémiologie de
Issam Ahadi
terrain)
Ouafae Alaoui Ismaili
Ministère de la santé, Direction de la population Mohammed Ben Azzouz
Ministère de la santé, Direction des médicaments et de la pharmacie Mohamed Wadie Zerhouni
Ministère de la santé, Direction, Secrétariat général, Division de l’information et de la Jamila Jbili
communication Hala Benjelloun
Ministère de la santé, Secrétariat général, Division de l’approvisionnement Fatima Zahra Abdennaim
Abderrahmane Maaroufi (PFN RSI)
Rachid Wahabi
Mohammed Youbi
Ahmed Rguig
Driss Machraa
Hind Ezzine
Ministère de la santé, Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies
Houda Moumni Abdou
Rabia Lahlawti
Nawal Regrag
Moncef Ziani
Bouchaib Benbakhta
Zakia Sebban
Mohammed Rhajaoui
Larbi Baassi
Institut national d’hygiène (INH) Nezha Barakate
Amal Barakate
Ghizlane Selka
Hanane Chaoui
Naima Rhalem
Centre national antipoison et de pharmacovigilance
Oumayma El Bouazzi
Semlali Ilham
Institut Pasteur du Maroc Jalal Nourlil
Mohamed Tazi
Centre national de radioprotection
Houriya El Badaoui
Centre national de transfusion sanguine Khadija Lahjouji
Organisation non gouvernementale, Association marocaine de biosécurité (AMABIOS) Samira Senouci
Abdelkrim Filali Maltouf
Organisation non gouvernementale, Association marocaine, de biosécurité (AMBS)
Mohamed Benbouida
Anissa Ben Aouda
Secteur privé, Hôpital Cheikh Zaid
Mohamed Benbachir
Aéroport Mohammed V, Casablanca Mohamed Moussif
Mohamed Bellout
Aéroport Ménara, Marrakech
Mohamed Zaffa
Aéroport de Rabat-Salé El Amine El Bacha
Aéroport de Fès Sais Saad Mekouar
Mohamed Chikhaoui
Port de Casablanca
Ali Nouaman
Port de Tanger Med Abderrahim Rachdi
Yves Souteyrand
OMS Ahmed Chahir
Abdelaziz Barkia (Consultant)

70
des principales capacités RSI du Royaume du Maroc
Documentation d’appui fournie par le pays hôte
Domaine technique Documents de base/d’appui
Événements chimiques - Réglementation
- Bases de données nationales et rapports nationaux
- Lignes directrices internationales
- Lignes directrices des Conventions ratifiées par le Maroc
- Les systèmes de surveillance existants (environnement, santé)
- Alertes déjà produites
Sécurité sanitaire des aliments - Circulaire du Ministère de la santé sur les TIAC
- Circulaire conjointe Santé Agriculture Intérieur sur les cellules de veille
sanitaire
- Procédure interne de gestion des TIAC spécifique à chaque intervenant
- Loi No 28-07 sur la sécurité sanitaire des aliments et ses textes d’application
- Coordination intersectorielle et communication des risques entre les parties
prenantes
Notification - Réglementation, RSI
- Rapport de notification
- Développer des mécanismes de coordination entre le Ministère de la santé et
l’ONSSA quant à la notification
Législation - Élaboration des textes d’application
Liens entre santé publique et sécurité - PCC et Ministère de l’intérieur
- Réglementation
- Développer un mémorandum entre la santé et l’autorité chargée de la sécurité
au niveau national
Coordination, communication et - Réglementation
sensibilisation concernant le RSI - Rapport d’évaluation
- Développer et mettre en application les procédures de coordination et de
communication multisectorielle
Préparation, interventions d’urgences, - Dahirs, arrêtés, Plan stratégique 2012-2016, circulaires
mesures médicales de riposte et
déploiement du personnel
Surveillance - Réglementation,
- Rapport d’évaluation
- Suivi
- Directives et documents techniques
- Notifications électroniques
- Analyse systématique des données avec évaluation des risques
- Surveillance basée sur les événements
Zoonoses - Guides de programmes
- Rapports d’investigations
- Rapports de programmes
- Textes réglementaires
Vaccination - Plan stratégique du Ministère de la santé
- Guides du programme
- Rapports
- Enquêtes population
- JRF

71
Évaluation extérieure conjointe

Domaine technique Documents de base/d’appui


Communication des risques - Plan stratégique national 2012 -2016
- Arrêté de la création de la division
- Circulaire organisant la communication régionale
- Plan de riposte spécifique et manuels des procédures
Résistance aux antimicrobiens, - Réglementation,
prévention et lutte contre les infections - Rapport d’évaluation
- Lignes directrices et documents techniques
- Élaboration d’un plan d’action national de lutte contre la résistance aux
antimicrobiens inspiré du GLASS
Urgences radiologiques - Décret N° 2-97-30 du 28 octobre 1997 relatif à la protection contre les
rayonnements
- Décret N° 2-97-32 du 28 octobre 1997 relatif à l’utilisation des rayonnements à
des fins médicales ou dentaires
- Élaboration d’un plan d’urgence national
- Mise à niveau de quelques hôpitaux pour la prise en charge des personnes
irradiées
Points d’entrée - Circulaire ministérielle 1999 relative à l’organisation du contrôle sanitaire
international
- Annexe 9 OACI
- Manuel de procédure des contrôles sanitaires au Maroc
- Manuel des procédures de contrôle sanitaire aux frontières
- Exigences OACI (annexe 9)
- Guides OMS
- Plans d’urgence des aéroports
- Manuel d’urgence de l’aéroport Mohammed V

- Ports (ANP, validée par la DELM) : Procédure de la libre pratique des bâtiments
en cas d’urgence de santé publique de portée internationale.
- Plans d’urgence de santé publique à tous les points d’entrée
- Plans de surveillance et d’action en cas d’urgence pour les vecteurs
Sécurité et sûreté biologiques - Loi (GBEA)
- Loi sur le transport des matières dangereuses
- Loi N° 28-00 et décrets d’application
- CWA
- Développement des compétences en biosécurité et biosûreté

72
évalutation extérieure conjointe
des principales capacités rsi
du
ROYAUME DU MAROC

Rapport de mission :
20–24 juin 2016

WHO/WHE/CPI/2017.3

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