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Chap 2

Le chapitre présente la méthode des éléments finis étendus (X-FEM), une amélioration de la méthode des éléments finis (MEF) pour analyser la propagation des fissures. Il aborde les défis liés à la modélisation numérique des fissures, notamment la nécessité de remailler le domaine à chaque étape de propagation, et décrit diverses méthodes de modélisation, y compris les méthodes classiques et non classiques. Enfin, il discute des méthodes basées sur la partition de l'unité pour améliorer la convergence des solutions dans des problèmes non réguliers.

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Chap 2

Le chapitre présente la méthode des éléments finis étendus (X-FEM), une amélioration de la méthode des éléments finis (MEF) pour analyser la propagation des fissures. Il aborde les défis liés à la modélisation numérique des fissures, notamment la nécessité de remailler le domaine à chaque étape de propagation, et décrit diverses méthodes de modélisation, y compris les méthodes classiques et non classiques. Enfin, il discute des méthodes basées sur la partition de l'unité pour améliorer la convergence des solutions dans des problèmes non réguliers.

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CHAPITRE II: LA

METHODE DES
ELEMENTS FINIS
ETENDUS(X-FEM)
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
II.1. Introduction
La MEF est apparu en premier et elle se basse sur l’interpolation d’un champ de
déplacement ou de force pour transformer un milieu discret par sous domaine ou élément
fini. La partition du domaine en sous domaine de plus en plus serré permettait d’arriver à
une solution acceptable. Elle a été utilisée en premier pour analyse la fissuration avec
quelques difficultés. La deuxième méthode appelée éléments finis étendus (X-FEM) basée
comme son nom l’indique essentielle sur une modification de la MEF consistant à utiliser
un enrichissement de la cinématique du milieu continu (des fonctions de formes). Elle permit
de combler l’insuffisance de la MEF à analyser la propagation de la fissuration. Mais d’abord
on prendre une idée générale sur la modélisation numérique de la fissuration. La simulation
numérique en mécanique de la rupture est essentiellement basée sur l’utilisation de la
méthode des éléments finis. Classiquement, pour un problème de propagation de fissure,
un premier calcul est réalisé sur un maillage initial, puis un nouveau maillage est déterminé
en prenant en compte l’avancée de la fissure suivant la loi de propagation choisie. Un
nouveau calcul s’en découle, et le procédé est itéré pour chaque pas de propagation.
Un inconvénient majeur et immédiat est la nécessité de remailler à la chaque pas de
propagation [41]. Le processus de remaillage peut être facilement automatisé en 2D, et dans
certains cas en 3D, mais un remaillage 3D de qualité s’avère couteux en temps et en argent.
En effet avec un meilleur automatique, un raffinement local approprié au niveau de la zone
de fissuration entraine souvent un nombre excessif d’éléments partout sur le reste de la
structure. Un processus de raffinement est généralement utile, solution performante mais
nécessitant une intervention humaine couteuse ; et ce d’autant plus que la forme géométrique
de la fissure est complexe (fissures hélicoïdales par exemple). Le problème de la réalisation
du maillage devient quasi-inconcevable lorsque plusieurs fissures 3D coexistent au sein d’un
même maillage. En plus de ces difficultés pratiques, la projection de grandeurs (contraintes,
variables internes) d’un maillage à l’autre pose des problèmes théoriques fondamentaux
(vérification des équations de conservation de l’énergie, de la quantité de mouvement, de la
masse). Parallèlement aux difficultés liées à la propagation, les méthodes avec maillage
s’avèrent peu efficaces pour des études paramétriques ou l’on s’intéresse à l’influence de la
position et de la forme de la fissure. [42]
La fissuration est simulée par une méthode numérique à l’aide d’analyses successives. Une
première analyse résout les équations aux dérivées partielles qui modélisent le comportement
du solide fissuré en tenant compte des charges appliquées et des déplacements imposés pour
obtenir une estimation des déplacements, déformations et contraintes en tout point de ce

39
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
solide. L’intensité et la variation de ces champs à proximité du front de fissure sont ramenées
à quelques grandeurs caractéristiques qui sont introduites dans le modèle de fissuration
choisi pour obtenir la direction et la longueur de propagation de la fissure. En mécanique
linéaire de la rupture par exemple, ces grandeurs caractéristiques sont les trois facteurs
d’intensité de contrainte. En ajoutant l’incrément de fissure prédit par le modèle au front de
fissure, nous obtenons une nouvelle fissure, qui est la nouvelle frontière interne pour
l’analyse suivante qui donnera les nouveaux champs de déplacement, déformation et
contrainte et ainsi de suite.
II.2. Méthodes « classiques basées sur les éléments finis (FEM)
II.2.1. Historique de méthodes des éléments finis (FEM)
Méthode d’approximations :
 Fonctions de basse sur tous les domaines : Ritz 1908, Galerkin 1915.
 Fonctions de bases locales : Courant 1943
Méthode de calcul :
 Approches énergétiques : Navier 1819, Maxwell-Castigliano 1870
 Développement systématique des approches énergétiques : Levy
Développement des approches matricielles Méthode des éléments finis :
 Unification des deux méthodes : Argyris 1955
 Développement systématique, vulgarisation et utilisation industrielle :
Zienkiewics 1960.
Depuis son introduction dans les années cinquante, la méthode numérique basée sur les
éléments finis a largement été utilisée dans la résolution des problèmes de mécanique de la
rupture. On citera par exemple les travaux de Newman & Strathmeier utilisant des éléments de
bouts de fissures axisymétriques, les travaux de Yoshimura et al utilisant la méthode du
relâchement des nœuds.
Cette méthode, illustrée par la figure (II.1), consiste à bloquer les nœuds du ligament d’une
fissure tant qu’ils ne sont pas rompus. Lorsqu’un critère de rupture est satisfait, on en déduit la
nouvelle position de la fissure, et on relâche les nœuds correspondants.

40
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)

Figure. II.1: Méthode du relâchement de nœuds.

Il existe plusieurs manières de relâcher les nœuds :

 Le relâchement instantané est le schéma le plus simple.


 Le schéma qui consiste à imposer la force de décroitre linéairement dans le pas de temps
est sans doute le plus répandu.

Enfin, il existe d’autres variantes du schéma précédent. Par exemple, Malluck et al propose un
schéma ou on impose à la force de décroitre de manière à maintenir le facteur d’intensité des
contraintes K constant durant le pas de temps.

Cette méthode nécessite la connaissance préalable du trajet de fissure et impose à la pointe de


fissure de se situer sur un nœud. Elle permet de simuler des ruptures en 2D, mais est beaucoup plus
difficile à mettre en œuvre en 3D lorsque le front de fissure n’est pas rectiligne.

II.2.2. Modélisation de la fissuration par la MEF

La modélisation des discontinuités représente toujours un défi d’un point de vue numérique. Si on
veut modéliser les fissures par la méthode des éléments finis classique (MEF), le maillage EF doit se
conformer avec la géométrie de la fissure, de plus, afin de déterminer le vrai champ de contrainte et
de déformation autour de la pointe de la fissure, on a besoin de raffiner le maillage dans cette zone.
De nombreuses méthodes ont été proposées et développées pour surmonter cette difficulté :

II.2.2.1. Méthodes de remaillage

Pour avoir une bonne idée des champs à proximité du front de fissure, il faut conserver un
maillage suffisamment fin lors de la propagation. C’est pourquoi, partant de cette idée, il semble
nécessaire de remailler la fissure lors de sa propagation. Les algorithmes de remaillage sont
souvent complexes et délicats à mettre en œuvre. On peut extraire deux principales sources
d’erreur.

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Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
D’abord, après une opération de remaillage, il est nécessaire de projeter les champs de la solution
du pas précédent sur le nouveau maillage. Comme les solutions discrétisées sur différents
maillages ne sont pas les mêmes, une simple projection ne conduit pas à des champs en équilibre.
Une étape supplémentaire de rééquilibrage est donc souvent introduite en prenant garde à
conserver fermée la surface de fissure fraichement introduite par le remaillage. Malheureusement,
cette étape de rééquilibrage ne garantit pas la conservation de l’énergie mécanique du système
pendant la projection.

Ensuite, tout comme pour la méthode de relâchement de nœud, il est nécessaire de libères la
nouvelle surface de fissure.

Finalement, ces opérations de projection et de relâchement modifient l’énergie du système


discret de manière purement numérique.

L’utilisation d’élément finis espace-temps peut aussi être considérée comme une variante des
méthodes de remaillage puisque la discrétisation de la géométrie varie au cours du temps. Le
principe de ces éléments est de considérer le temps de la même manière que les variables d’espace,
et de remplaces les traditionnels schémas temporels basé sur les différences finies par des
approximations de type éléments finis, ou même par des formulations de type Galerkin discontinu.
L’avantage principal de ce type de formulation réside dans la capacité à raffiner le maillage où et
quand on juge nécessaire de faire grâce à un indicateur de la solution. Comme cela est illustré par
la Figure II.2), le front d’une onde élastique et la pointe de fissure requièrent une finesse de
maillage localement plus élevée que dans le reste de la structure.

[Link].2: Méthode des éléments finis : Exemple de calcul d’une plaque fissurée fixe soumise
à un chargement brutal de traction

42
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
II.2.2.2. Elimination d’éléments (« Elément délétion méthode)

Cette méthode consiste à attribuer une proche de zéro au module d’Young des éléments
satisfaisant un critère de rupture donné. Suivant les logiciels la masse correspondante est elle-
aussi éliminée ou pas. Cette méthode simple à mettre en œuvre et très utilisée dans le milieu
industriel est également très grossière. L’énergie consommée par l’avancée de la fissure dépend
de la taille de maille. En effet, lors de la propagation, on annule l’énergie d’un élément ; donc
si on augmente le volume des éléments, on dissipe plus d’énergie. Afin d’atténuer cette
dépendance à la taille de maille, les autres ont utilisé une loi de comportement élastique en
dommageable modifiée en faisant dépendre la déformation à la rupture du taux de restitution
d’énergie, de la taille et du volume de l’élément. La comparaison effectuée par ces auteurs sur
plusieurs cas test entre la présente méthode « élément délétion méthode », la méthode des
éléments cohésifs « interlément méthode », et la méthode des éléments finis étendus (X-FEM)
est présentée en détaille après dans ce chapitre.

II.2.2.3. Méthode des éléments cohésifs

Les modèles d’interface en dommageable (dits de zone cohésive) sont basés sur le modèle de
Dugdale-Barenblatt. Ce dernier suppose l’existence d’une zone de transition d’une longueur
caractéristique en pointe de fissure à l’intérieur de laquelle la séparation des surfaces est
progressive (Fig. III.3). La loi de comportement à l’intérieur de cette zone d’épaisseur nulle définit
le modèle de la zone cohésive, et consiste en générale en une relation liant les contraintes
d’ouverture avec elle-même .L’aire sous la courbe représente le travail dissipé par l’ouverture des
lèvres identifié comme le taux de restitution d’énergie.

Figure. II.3: Modèle de zone cohésive. (a) Maillage. (b) loi de comportement

Intellectuellement très intéressante, cette méthode possède néanmoins quelques


inconvénients. D’abord, elle introduit un élément d’épaisseur nul, mais de rigidité fini, qui modifie
la rigidité globale de la structure, ce qui, en dynamique, perturbe le trajet des ondes mécaniques.
De plus, il faut connaitre le trajet de la fissure à priori. L’argument le plus souvent reproché à ce

43
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
modèle est le fait qu’il introduit une dépendance au maillage. Ceci a été démontré par Xu et
Neeleman [43] en introduisant des éléments cohésifs entre tous les éléments, et plus récemment
par Zhou et Molinari. La direction de propagation montre alors une forte dépendance à la
construction du maillage en termes d’orientation et de taille des éléments.

Une première évolution de cette méthode est celle que proposent Camacho, Pandolfi et Ortiz et
Zhou et Molinari. Les auteurs n’introduisent de zones cohésives qu’aux bords des éléments qui
vérifient un critère de rupture ou qui sont situés dans le prolongement immédiat de la fissure
préexistante.

II.3. Méthodes non basée sue les éléments finis


II.3.1. Méthode des éléments de frontières (BSF)

Appliquée aux problèmes de mécanique de la rupture depuis une vingtaine d’années, elle
présente pour principale caractéristique de ne demander qu’une discrétisation de la frontière du
domaine et non de l’intérieur. Le travail de remaillage entre chaque étape est donc minime
puisqu’il suffit d’ajouter un ou quelques éléments sur les incréments de fissure.

Dans cette méthode, les équations aux dérivées partielles sont transformées en des équations
intégrale sur la frontière par le biais d’une certaine solution fondamentale de ces équations aux
dérivées partielles, dite solution de Green. Cette méthode n’est applicable que si une telle solution
existe, ce qui n’est pas le cas des problèmes élastoplastique. Pour ces problèmes, un maillage de
la zone plastifiée est nécessaire, ce qui fait perdre une grande partie des avantages de la méthode.
Les articles sur ce sujet sont nombreux, comme par exemple Portela, Aliabadi et Rooke (1991) et
Yan et Nguyen Dang (1995) pour la fissuration à deux dimensions et Mi et Aliabadi (1993) à trois
dimensions. [44]

II.3.2. Méthodes sans maillage

Parmi les méthodes sans maillage, la méthode SPH (Smoothed Particule Hydrodynamics) et
la méthode "Element Free Galerkin méthode" sont certainement les plus utilisées. Ces méthodes
sans maillage ne raisonnent plus sur un découpage de la géométrie en éléments, mais sur une
représentation du volume par une densité de nouds. Ces derniers sont munis de fonctions poids
non nulles sur une zone d'influence qui peut contenir d'autres nœuds

44
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
II.4. Méthodes basées sur la partition de l’unité
II.4.1. La partition de l’unité (PUM)

Nous venons de voir que l’ordre de convergence des solutions éléments finis était réduit
lorsque la solution du problème est non régulière. La diminution de la taille des éléments
(raffinement h) ou l’augmentation de l’ordre des polynômes de la base éléments finis (raffinement
p) ne sont d’aucun secours. L’idée de la méthode de partition de l’unité est d’introduire dans la
base éléments finis des fonctions d’interpolation adaptées à la nature du problème telles que des
polynômes harmoniques pour les problèmes de Laplacien, des solutions trigonométriques en
acoustique ou des solutions asymptotiques en pointe de fissure en mécanique de la rupture.
Celles-ci doivent permettre une amélioration de la solution. Ce type d’approche peut être obtenu
en utilisant la propriété de partition de l’unité des fonctions de forme éléments finis. Les premiers
travaux sur cette approche ont été proposes par Babuska et Melenk (1997, 1996). [45]

Nous présentons maintenant les fondements de cette méthode. Pour simplifier les notations de
ce paragraphe, la fonction (𝑥) à approcher n’est pas vectorielle, mais scalaire.

Soit un domaine Ω discrétisé par un ensemble de 𝒩 nœuds associés à N fonctions de forme


notées 𝑁𝑖. La méthode des éléments finis utilise ces fonctions de formes pour approximer le
champ de déplacement à l’aide des déplacements nodaux 𝑈𝑖:

𝑢(𝑥) = ∑𝑖∈𝒩 𝑁𝑖 (𝑥) 𝑈𝑖 (II.1)

𝑢 (𝑥) : définit une approximation éléments finis standard du champ de déplacement. Il a été
démontré que si les 𝑁𝑖 constituent une partition de l’unité du domaine Ω, c'est-à-dire que :

∑𝑖 𝑁𝑖 (𝑥) = 1 ∀𝑥 ∈ Ω (II.2)

Sous cette condition alors on peut enrichir la base de fonctions de forme en utilisant une fonction
d’enrichissement 𝜑 telle que :

𝑢(𝑥) = ∑𝑖∈𝒩 𝑁𝑖 (𝑥) 𝑈𝑖 + ∑𝑗∈𝒩 𝑁𝑗 (𝑥) 𝑈𝑖𝑒 𝜑(𝑥) (II.3)

Où 𝒩𝑒 est un sous-ensemble de 𝒩 où l’on place un degré de liberté enrichi 𝑈𝑖𝑒 . De plus, le


domaine d’influence de fonction s’enrichissement 𝜑 est ‘ensemble des éléments connectés aux
nœuds appartenant à 𝒩𝑒 ; ces nœuds sont dits « enrichis ». cela revient à enrichir le déplacement
standard par le champ de déplacement (𝑥). Avec cette manière d’écrire, si l’on choisit les
grandeurs 𝑈𝑖 (les degrés de liberté « standards ») égales à 0 et 𝑈𝑖𝑒 (les degrés de liberté enrichis)

45
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
égales à 1, le champ de déplacement discrétisé correspond au champ de déplacement 𝜑 (𝑥)
souhaité :

𝑢(𝑥) = ∑𝑖∈𝒩 𝑁𝑖 (𝑥)𝜑(𝑥) = 𝜑(𝑥) (II.4)


Si l’on veut décrire une fissure, le champ de déplacement est discontinu ; alors la fonction
d’enrichissement doit être discontinue également. Cette propriété s’exploite avec la méthode
des éléments finis étendus.
II.4.2. Méthodes des éléments finis étendue (XFEM)

Plus récemment, des formulations de la FEM mieux adaptées aux problèmes de la


mécanique de la rupture ont été développées. La méthode des éléments finis étendus plus connu
sous le sigle X-FEM (eXtended Finite Elément Méthode) et parfois appelée méthode des éléments
finis généralisée, elle est appliquée aux problèmes de mécanique de la rupture depuis 1999. Elle
se base sur la méthode des éléments finis avec un maillage normal en remplaçant les éléments qui
sont coupés par une fissure par des élément spéciaux possédant quelques degrés de liberté
supplémentaires qui permettent de représenter un champ de déplacement discontinu de part et
d’autre de celle-ci. La propagation est simulée en remplaçant les éléments nouvellement traversés
par une fissure par un élément spécial.

II.4.3. Autres méthodes utilisant la partition de l’unité

Le concept de partition de l’unité permet l’introduction d’une fonction arbitrairement


discontinue dans le champ de déplacement. Il ouvre ainsi la porte à une nouvelle approche de la
modélisation des phénomènes de rupture. Dans ce cadre, on distingue classiquement :

 La modélisation du volume (‘the continuum’),


 La modélisation de la zone de rupture (‘the discontinuons part’).
Ainsi, les modèles classiques de mécanique des milieux continus (élastique, plastique,
viscoplastique, en dommageable,…) s’appliquent directement au volume, tandis que le traitement
de la fissure est réalisé avec la méthode de partition de l’unité en :

 Ajoutant simplement des fonctions ‘saut’ lorsqu’un critère de rupture est vérifié.
 Introduisant un segment cohésif qui coupe de manière arbitraire un élément qu’un
critère désigne comme rompu.

46
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
II.5. Méthode des éléments finis
La méthode des éléments finis est une méthode numérique de résolution approchée des
équations différentielles décrivant les phénomènes physiques de l’ingénierie. Elle connait, depuis
1970 environ [45], une extension fantastique, qui va de pair avec le développement et l’accroissement
de puissance des ordinateurs. Elle est devenue un outil de travail, calcul et conception quotidien, voir
familier, de l’ingénieur, dans des domaines aussi variés que l’analyse des structures, le transfert de
chaleur, la mécanique des fluides, l’électromagnétisme, les écoulements souterrains, la combustion ou
encore la diffusion des polluants.
II.5.1. Avantage de la méthode des éléments finis
 On peut représenter un grand nombre de formes de structures à l’aide du modèle analytique
général commun.
 La faculté de définir des maillages très irréguliers et depuis l’origine est l’un des grands
avantages de la méthode des éléments finis.
 On peut accepter des lois complexes de propriétés intrinsèques des matériaux si on compare aux
possibilités des méthodes classiques de résolution, et offrent plus vastes perspectives en analyse
non linaire.
II.5.2. Procédures de base de la méthode des éléments finis
Les différentes étapes pour l’application de la méthode des éléments finis seront décrites
d’une manière générale.
 Choix du type d’élément et discrétisation
La première étape consiste à choisir le type d’élément le plus adapté au problème donné, ensuite
on discrétise le milieu continu en un certaine nombre d’éléments. En générale, les points suivants
sont à prendre en considération dans la sélection du type d’élément.
 Type d’élément
La sélection de l’élément sera fonction du type de problème à résoudre, généralement :
Ils sont groupés en quatre classes :
1. Les contraintes planes; les déformations planes; axisymétriques (problème à deux
dimensions).
2. La flexion des plaques.
3. Les coques.
4. L’analyse des solides tridimensionnels.
On distingue plusieurs classes d’éléments finis suivant leur géométrie :
 Les éléments unidimensionnels (1D) : sont utilisés de façon individuelle ou
associée des plaques pour modéliser les raideurs. Exemple : barre, poutre
rectiligne ou courbe.

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Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
 Les éléments bidimensionnels (2D) : Elasticité plane déformation ou
contrainte plane). Exemple : plaque en flexion, coques courbes, de forme
triangulaire ou quadrangulaire.
 Les éléments tridimensionnels (3D) : élément de volume, ou coques
épaisses.
 Les éléments axisymétriques : qui constituent une classe bien particulière.

Dans chaque groupe des différents niveaux de précision peuvent être atteints. Ceci
dépend du nombre de degrés de liberté associe avec le type d’élément. Les points nodaux se
trouvent généralement sur les frontières des éléments bien que des nœuds internes peuvent aussi
être inclus dans certains éléments pour augmenter leur efficacité. Généralement, avec l’augmentation
de l’ordre de l’élément, celui-ci devient plus précis et plus couteux. Cependant certaines conditions
doivent être satisfaites dans la sélection du type d’élément pour assurer une bonne convergence
(Convergence vers la solution exacte). Ces conditions sont :

 le champ des déplacements à l’intérieur de l’élément doit être continu.


 Le modèle du déplacement doit inclure un état de déformation constante (L’élément doit
être capable de reproduire un champ de déformation constant, si les déplacements nodaux
le requièrent).
 L’élément doit être capable de reproduire un mouvement de corps rigide : par exemple
quand les degrés de liberté nodaux correspondent à un mouvement de corps rigide,
l’élément doit avoir une déformation égale à zéro et des forces nodales nulles. Ceci est
cas particulier du critère de la déformation constante.
 L’élément doit être compatible, il ne doit pas y avoir de vide entre deux éléments.
L’élément qui ne remplit pas cette condition est dit incompatible ou non conforme.
Cependant un élément incompatible peut être valide et sa convergence maintenue si les
incompatibilités disparaissent en augmentant le maillage et si l’élément se rapproche
d’un état de déformation constante.
 L’élément n’a pas une direction privilégiée, c’est-à-dire que l’élément doit être
géométriquement invariant et donne les mêmes résultats pour n’importe quelle
orientation de l’élément.
 Taille de l’élément
En général plus le maillage est fin plus les résultats obtenus sont meilleurs, mais en même temps
un grand effort de programmation est requis. Le nombre d’éléments utilisés sera la fonction du
type de la structure à analyser, mais généralement plus d’éléments sont requis dans les régions ou
les contraintes varient rapidement que dans les régions ou elles varient graduellement. Cependant

48
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
pour les éléments complexes les maillages grossiers donneront des résultats aussi bons que ceux
des maillages fins ayant des éléments simples.
II.5.3. Les différentes formulations de la méthode des éléments finis
En général, le principe de toute méthode de discrétisation consiste à remplacer un milieu
continu (structure) comportant une infinité de modes de déformations ou de tensions par un milieu
idéalisé ne possédant qu’un nombre fini de tels modes. On va alors définir une approximation de
la solution (déplacement et/ou contraintes) non pas pour l’ensemble de la rupture, mais pour
chacun de ses éléments en les réduisant à un petit nombre de mode décrits par des fonctions
simple. Ils sont choisis parmi les plus fondamentaux pour la description du comportement de
l’élément dans la structure.
La structure entière est donc idéalisée par un nombre fini de modes qui transmet entre
chaque élément de manière bien précise. Les inconnues du problème sont alors les paramètres qui
représentent l’intensité de chaque mode.
Il existe plusieurs manières d’approcher un système réel, cette approche consiste à
formuler un champ qui porte sur tout le système ou une partie de celui-ci, les différentes
formulations existantes sont les suivantes.
a) Formulation en déplacement
C’est une formulation selon laquelle l’approximation est faite sur le champ de déplacements de
façon que l’intégrabilité du champ de déformations soit assurée à l’intérieur de l’élément.
L’élément est dit ‘’cinématiquement admissible’’.
Cette condition est automatiquement réalisée lorsque le champ de la déformation est déduit à un
champ de déplacement continu et éventuellement différentiable.
Si la continuité du champ de déplacement est vérifiée aux surfaces de séparation des
éléments, le modèle est dit Co-déformable ou compatible.
Il existe un autre groupe d’éléments ou l’on satisfait plus que les conditions de compatibilité, ce
modèle est alors dit sur-conforme ou sur-compatible.
En général, dans ce modèle, on assure au moins la continuité au nœud du tenseur complet des
déformations, y compris le changement des courbures.
b) Formulation équilibre
C’est une formulation dans laquelle l’approximation se fait sur le champ de tension de façon que
les équations d’équilibres soient satisfaites à l’intérieur de chaque élément.
c) Formulation hybride
Dans cette formulation, le plus souvent on définit la solution en termes d’approximation, d’une
part du champ de contraintes interne en équilibre, d’autre part de déplacements sur la frontière de
l’élément.

49
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
d) Formulation mixte
Dans celle-ci, on définit la solution en terme d’approximation de deux ou plusieurs champs
indépendants; généralement, le champ des déplacements et celui des contraintes, étendues à tout
l’élément; en général cette formulation conserve les paramètres inconnus de tous les champs
comme DDL; sa mise au point peut être longue et couteuse; elle peut toutefois être d’excellente
qualité.

e) Formulation en déformation

C’est une formulation dans laquelle l’approximation se fait sur le champ de déformation de façon
telle que les équations de compatibilité et d’équilibre soient satisfaites à l’intérieur de l’élément.
Le champ de déplacement est déduit du champ de déformations qui est continu et différentiable.
Ce modèle est sur compatible.

II.5.4. Formulation des éléments finis

La méthode des éléments finis représente l’extension de la méthode de rigidité pour les portiques
à l’étude bidimensionnelle et tridimensionnelle des structures continues (exemple : plaque,
coque…etc.).

Dans la méthode des éléments finis, la structure continue est remplacée par une structure idéalisée
équivalente composée d’un ensemble d’élément appelé « élément finis », qui est censé relier les
uns aux autres en un nombre fini de points appelés nœuds.

On définit de manière unique le champ des déplacements à l’intérieur de chaque « élément


fini » qui est une approximation du problème. Cette approximation de la fonction choisi par un
élément appelé une « interpolation » qui est exprimée en fonction des déplacements aux nœuds.

Il est possible, par l’utilisation des théorèmes de l’énergie, de déterminer la matrice de rigidité
qui relie les forces nodales avec les déplacements nodaux d’un « élément fini ». La matrice de
rigidité de l’assemblage des éléments est obtenue de la même manière que le cas des portiques
(Méthode des rigidités).

Si les conditions d’équilibre sont appliquées, chaque nœud de la structure modélisée, on obtient
un système d’équilibres simultanées résoudre.

50
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
II.5.5. Procédure d’analyse par éléments finis

La procédure comporte les étapes suivantes :

 L’idéalisation et la discrétisation de la structure en éléments finis par un maillage


constitue de lignes ou de surfaces imaginaires. Les éléments sont supposés relies
en un nombre fini de points nodaux situés sur leurs frontières.
 Les déplacements de ces points nodaux seront les inconnues de base du problème.
Il est apparent que la méthode des éléments finis est applicable pour les structures
des matériaux de propriétés hétérogènes ou de formes géométriques compliqués
(bords courbes, trous,…).
 On choisit une fonction de déplacement permettant de définir de manière unique le
champ des déplacements de ces nœuds. On se basant sur cette fonction de
déplacement, nous déduisons- la matrice de rigidité de l’élément qui lie les forces
nodales avec les déplacements nodaux et la matrice masse en utilisant le principe
des travaux virtuels ou le principe de l’énergie potentielle totale minimale.
 L’analyse de la structure idéalisée de l’assemblage des éléments. Cette analyse
procède de la manière classique qui a été décrite par la méthode des rigidités.

En fin la solution de ces équations nous permet d’évaluer les déplacements et les efforts internes
dans la structure (contrainte, déformation).

II.5.6. Grandes étapes de la méthode des éléments finis

Les différentes étapes de la résolution d’un problème par la méthode des éléments finis sont :

1. Maillage : découpage du domaine en éléments géométriques.


2. Choix de la formulation : Choix des fonctions de base.
3. Calcul des matrices de raideur : calcul des matrices élémentaires puis assemblage de la
matrice globale.
4. Calcul du vecteur des forces généralisées : idem.
5. Prise en compte de CL sur les inconnues.
6. Résolution du champ en tout point.
7. Détermination du champ en tout point.
8. Calcul des dérivées sur les éléments.
9. Détermination des réactions des réactions aux limites.

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Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
II.5.7. La modélisation des structures fissurées
La méthode des éléments finis a été utilisée sous de nombreuses formes en mécanique de la
rupture. Un des problèmes dans la modélisation des structures fissurées est la description
géométrique de la fissure ; Dans le cadre de la méthode des éléments finis, elle est décrite
explicitement et fait partie intégrante des frontières du maillage.
Suivant le type de fissure que l’on cherche à étudier, diverses solutions sont envisageables.
II.5.8. Modélisation des fissures par la méthode des éléments finis
Avec cette méthode, le maillage doit tenir compte de fissure : celle-ci doit être positionnée sur
des interfaces entre les mailles, et le fond de fissure sur un nœud du maillage. Au voisinage du
fond de fissure, la mécanique de la rupture prédit que le champ de contrainte tend vars l’infini.
Cette description est peut-être discutable physiquement, mais mathématiquement cela implique
que le déplacement devient singulier près du fond de fissure.
Le taux de convergence d’une méthode numérique dépend principalement du degré des fonctions
de forme utilisées et de la régularité de la solution exacte. Signalons que la présence de cette
singularité empêche généralement que le taux de convergence optimal de l’élément fini soit
atteint. Par exemple, en élasticité bidimensionnelle, avec des éléments finis, une solution
suffisamment régulière permet d’obtenir une erreur en norme de l’énergie homogène à O(h) (ou
h désigne le pas de maillage). La présence d’une fissure fait descendre ce taux à O(√h). [47].
Afin de représenter cette singularité le plus précisément possible, il faut raffiner le maillage
autour du fond de fissure, ou utiliser un élément spécifique. Pour la deuxième alternative,
l’élément de Barsoum est considéré comme une bonne méthode [48]. Il s’agit de construire une
‘’boite à fissure’’, constituée d’un carré contenant 8 éléments triangulaires ayant chacun une
pointe sur le fond de fissure sur ces triangle.

Figure. II.4: Boite à fissure : les 8 éléments ont un sommet sur le fond de fissure.

Dans un deuxième temps, le déplacement du domaine est calculé, et le taux de restitution


d’énergie est déduit, en général au moyen d’un post-traitement. Si celui-ci dépasse l’énergie de
cohésion, et que la fissure doit être propagée, alors cette opération est simulée de manière itérative.

52
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
Une loi de propagation indique de quelle longueur on prolonge la fissure (il peut aussi être
question d’un changement de direction). Il faut ensuite recalculer le taux de restitution d’énergie.
Ce qui nécessite de remailler le domaine, et de mettre à jour le raffinement près du fond de fissure
ou les éléments spécifiques de fond de fissure. Cette opération de remaillage est couteuse, et pas
toujours facile à maitriser. Ensuite, il faut recalculer le déplacement, puis le taux de restitution
d’énergie. Tant qu’il est supérieur à l’énergie de cohésion on répète cette procédure.

II.5.9. Formulation de la méthode des éléments finis à la présence d’une fissure (cas
de dédoublements)

(a) (b)
Figure. II.5: Représentation des maillages avec et sans fissure. (a) Elément fini fissuré.
(b) Elément fini sain.

L’approximation élément fini associée au maillage est :

𝑈 = ∑10
𝑖=1 𝑁𝑖 𝑈𝑖 (II.5)

Ou les Uᵢ sont les déplacements aux nœuds; ᵢ et les Nᵢ sont les fonctions de forme associées
aux mêmes nœuds. On peut définir deux variables a et b par :

u9 +u10
𝑎= (II.6)
2

u9 −u10
𝑏= (II.7)
2
Qui représentent en fait la valeur moyenne et l’écart par rapport à cette valeur moyenne des
déplacements u9 de part et d’autre de la discontinuité. En faisant de même pour deux autres
variables c et d relatives aux déplacements verticaux, nous pouvons exprimer u9, u10en
fonction de a, b, c et d tel que :
𝑢9 = 𝑎 + 𝑏 (II.8)
𝑢10 = 𝑎 − 𝑏 (II.9)
𝜈9 = 𝑐 + 𝑑 (II.10)
𝜈10 = 𝑐 − 𝑑 (II.11)
Ensuite en remplaçant u9, u10 et v9, v10 en termes de a, b, c, d dans l’approximation

53
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
éléments finis, on obtient :
𝑢 = ∑8𝑖=1 𝑢𝑖 𝑁𝑖 + 𝑁9 (𝑎 + 𝑏) + 𝑁10 (𝑎 − 𝑏) (II.12)

𝜈 = ∑8𝑖=1 𝜈𝑖 𝑁𝑖 + 𝑁9 (𝑐 + 𝑑) + 𝑁10 (𝑐 − 𝑑) (II.13)


Si on introduit une fonction de Heaviside telle que :
+1 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑦 > 0
𝐻(𝑥, 𝑦) = { (II.14)
−1 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑦 < 0
On peut alors écrire :
𝑢 = ∑8𝑖=1 𝑢𝑖 𝑁𝑖 + 𝑁9 (𝑎 + 𝐻𝑏) + 𝑁10 (𝑎 − 𝐻𝑏) (II.15)

𝜈 = ∑8𝑖=1 𝜈𝑖 𝑁𝑖 + 𝑁9 (𝑐 + 𝐻𝑑) + 𝑁10 (𝑐 − 𝐻𝑑) (II.16)


Puisque la fonction de Heaviside sera positive pour les fonctions de forme situées dans les
quadrants des y positifs, ce qui est le cas de la fonction de forme N9. Ensuite, en regroupant
les termes a, c, Hb et Hd on a :
𝑢 = ∑8𝑖=1 𝑢𝑖 𝑁𝑖 + 𝑎(𝑁9 + 𝑁10 ) + 𝐻𝑏(𝑁9 + 𝑁10 ) (II.17)

𝜈 = ∑8𝑖=1 𝜈𝑖 𝑁𝑖 + 𝑐(𝑁9 + 𝑁10 ) + 𝐻𝑑(𝑁9 + 𝑁10 ) (II.18)


Si l’on regarde maintenant de plus près l’allure des fonctions de forme aux
nœuds 9 et 10, ainsi qu’aux nœuds 11 dans le cas du modèle sans fissure, on remarque
une chose intéressante : la fonction de forme N11 peut être remplacée par la somme
des fonctions de forme N9 et N10 du modèle "sain". On a alors comme expression
pour les déplacements :
𝑢 = ∑8𝑖=1 𝑢𝑖 𝑁𝑖 + 𝜇11 𝑁11 ) + 𝐻𝑏𝑁11 ) (II.19)

𝑢 = ∑8𝑖=1 𝜈𝑖 𝑁𝑖 + 𝜈11 𝑁11 ) + 𝐻𝑏𝑁11 ) (II.20)


Ou encore sous forme compacte :
𝑢 = ∑𝑖=𝐼 𝑢𝑖 𝑁𝑖 (𝑥) + ∑𝑖=𝐼 𝐻(𝑥)𝑎𝑖 𝑁𝑖 (𝑥) (II.21)

Où : I est l’ensemble des nœuds du domaine, et L l’ensemble des nœuds à enrichir le


long de la discontinuité. Cette forme est très proche de celle que l’on aurait prise pour
étudier le modèle "sain". La seule différence est l’ajout d’un degré de liberté en plus
par dimension. C’est d’ailleurs ce degré de liberté qui par la suite permettra de
prendre en compte la discontinuité dans le champ de déplacement.
II.5.10. La défaillance de la méthode des éléments finis dans le calcul
des matériaux fissurés
D’autre part, pour le calcul numérique [49] de propagation de fissures, la méthode des
éléments finis standard souffre de plusieurs défauts :

54
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
Le problème de mise en œuvre, le calcul par éléments finis d’un domaine fissuré nécessite
un maillage conforme : la fissure doit être localisée sur les interfaces des éléments, et le fond
de fissure doit coïncider avec un nœud du maillage. De plus, au niveau pratique, il faut
raffiner près du fond de fissure afin de représenter correctement la singularité (à cause du
taux de convergence en √ℎ).
La simulation d’une propagation de fissure étant itérative, après une modification de la
fissure il est nécessaire de remailler le domaine, ce qui est une opération couteuse en temps
de calcul et peut poser des problèmes de précision numérique. -problème de précision : en
raison de la singularité en fond de fissure, le taux de convergence n’est pas optimal.
Contraintes au
Niveau du maillage : celui-ci doit être conforme à la fissure, qui doit ainsi coïncider avec
les interfaces entre les maillages. Le fond de fissure doit être sur le nœud du maillage.
Au niveau pratique, ces inconvénients conduisent les utilisateurs de la MEF à devoir définir
des maillages très raffinés près du fond de fissure, afin de représenter la singularité li plus
fidèlement possible. En cas de prolongement de la fissure, il faut alors mettre à jour le
maillage, ce qui est une procédure lourde. La méthode des éléments finis n’est donc pas bien
adaptée à la modélisation de la propagation de fissure, puisque sa mise en œuvre nécessite
des opérations de remaillage et de raffinement de maillage assez lourds, qui peuvent être
difficiles à maitriser (le maillage automatique de domaines bidimensionnel complexes n’est
pas évident).
II.6. La méthode des éléments finis étendue (X-FEM)
II.6.1. Revue de la littérature

Belyschko et Black [50] ont introduit une nouvelle méthode pour modéliser les fissures et leur
propagation per des éléments finis avec un minimum de remaillage. Par cette méthode une fissure
arbitraire alignée avec le maillage peut être représentée par l’intermédiaire des fonctions
d’enrichissement. L’idée essentielle de cette méthode est d’ajouter des fonctions d’enrichissement
de pointe (crack-tip) dans l’approximation, qui contient un champ de déplacement discontinu. La
même technique a été développée par Fleming et al [51]. Pour introduire l’enrichissement dans la
méthode »Galerkin élément-free » [52]. La méthode exploite la partition de l’unité des éléments
finis qui a été développée par Malenk et Babuska [53], à savoir que la somme des fonctions doit
être l’unité.[54]

La méthode a ensuite été améliorée par Moes et al [55]. Et Dolbow [56] et appelée la méthode des
éléments finis étendus (X-FEM : eXtended Finite Element Method). La nouvelle méthodologie a

55
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
permis à la fissure entière d’être représentée de manière indépendante du maillage et construit le
rapprochement enrichi de l’interaction de la géométrie de la fissure avec le maillage. Donc L’idée
principale de la méthode des éléments finis étendus consiste à enrichir la base de la méthode
classique des éléments finis par : des fonctions singulières sur la pointe de fissure afin de
représenter l’aspect asymptotique du champ des contraintes en bout de fissure. Cela permet une
représentation fidèle des phénomènes physiques ayant lieu en fond de fissure, et des fonctions
discontinues localisées le long de la fissure pour prendre en compte la discontinuité du champ de
déplacement autour de la fissure (Elle prend en compte la géométrie de la fissure).

Une méthode des fonctions de niveau (Level-set) progressivement évoluée a été utilisée
pour localiser l’interface de la fissure, y compris la localisation des fronts des fissures. Stolarska
et al [57] introduit le couplage entre la méthode level-set et la XFEM pour modéliser la
propagation des fissures, la même idée de Belytschko et al [58]. En outre, Sukumar et al [59].
Décrit la modélisation des trous et des inclusions par la méthode des éléments finis étendus. Moes
et al [60]. Et Gravoul et al [61]. Ont discuté le modèle mécanique et la mise à jour de la méthode
level-set pour la propagation des fissures en 3D, qui est basé sur l’équation d’Hamilton-Jacobi
(l’idée d’Osher et Sethian [62]).

En ce qui concerne des chargements de fatigue Sukumar et al [63]. Ont développé une
technique numérique pour la simulation de la propagation des fissures par fatigue en trois
dimensions qui couple la méthode des éléments finis étendus avec la méthode de marche rapide
(FMM). Chopp et Sukumaront [64] étendu la méthode à de multiples fissures coplanaires, ou toute
la géométrie de la fissure a été représentée par une seule fonction de distance signée (Level-set)
et la fusion des fissures distinctes pourraient être traitée par la FMM, sans nécessité d’une
détection de collision ou des procédures de reconstruction de maillage.

Le problème des fissures cohésives a été étudié par Moes et Belyschko et al [65], Zi et
Belytschko [66], et la simulation de la propagation des multi-fissures était l’objectif de plusieurs
autres étendues. Budyn et al [67]. Ont présenté une combinaison entre la XFEM et LSM pour
modéliser des milieux de comportement linéaire élastique homogènes ou hétérogènes. Zi et al
[68] ont discuté la jonction entre deux fissures et présenté un modèle XFEM numérique pour
l’analyse de la propagation et la coalescence des fissures dans les Matériaux quasi-fragiles
contenant des multi-fissures, Béchet et al [69] . Ont proposé un enrichissement géométrique au
lieu de l’enrichissement topologique habituel dans lequel un domaine donné serait enrichi,
même si les éléments ne touchent pas le front de la fissure.

56
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
La précision, la convergence et la stabilité ont été également la cible de Laborde et al [70] et
Chahine et al [71]. , qui ont étudié la convergence de la XFEM pour une variété des domaines
fissurés. Peters et Hack [72] ont discuté les façons de liberté. Ventura [73] a montré comment la
standard quadrature de Gauss peut être précisément utilisée dans les éléments contenant des
discontinuités.

II.6.2. formulation standard de la méthode des éléments finis étendus


La méthode des éléments finis étendue, désignée par le sigle X-FEM développée par Moes et al.
[74], permet de s’affranchir des contraintes liées à la méthode des éléments finis concernant la
modélisation des fissures. En effet, dans cette méthode, la fissure est représentée indépendamment
du maillage, par une représentation explicite.
Le domaine est donc maillé sans tenir compte de la fissure, qui est indépendante du maillage. On
définir d’abord une méthode d’éléments finis classique sur le maillage. Sur les éléments touchés
par la fissure, la base élément fini reçoit des libertés spécifiques pour représenter les effets de la
fissure :
Le long de la fissure, pour représenter la séparation du matériau, on multiple les fonctions
de forme classiques par une fonction de Heaviside.
Sur l’élément contenant le fond de fissure, les fonctions de forme classique sont
multipliées par les singularités du modèle.
Signalons qu’un élément indispensable de la méthode X-FEM est une connaissance précise et à
priori des singularités du modèle résolu.
L’introduction de la singularité exacte permet d’éviter de raffiner près du fond de fissure. De plus,
en cas de propagation, il n’est pas nécessaire de remailler le domaine, car le maillage n’est pas
modifié : seuls les degrés de liberté spécifiques qui représentent la fissure et ses effets doivent être
mis à jour.
Basée sur le concept de partition de l’unité au paragraphe précédent, la méthode des éléments
finis étendus est une idée originale de Moes et Black Blytschko T [31]. Les champs asymptotiques
solutions du problème d’une fissure dans un milieu élastique sont connue (II.21), et être exprimés
comme une combinaison linéaire de base Fj donnée par l’équation (II.22).
1 𝑟 𝜃 𝜃
𝑈1 (𝑥) = 2𝜇 √2𝜋 [𝐾𝐼 𝑐𝑜𝑠 2 (𝐾 − 𝑐𝑜𝑠𝜃) + 𝐾𝐼𝐼 𝑠𝑖𝑛 2 (𝐾 − 2 + 𝑐𝑜𝑠𝜃)]

1 𝑟 𝜃 𝜃
𝑈2 (𝑥) = 2𝜇 √2𝜋 [𝐾𝐼 𝑠𝑖𝑛 2 (𝐾 − 𝑐𝑜𝑠𝜃) + 𝐾𝐼𝐼 𝑐𝑜𝑠 2 (𝐾 − 2 + 𝑐𝑜𝑠𝜃)] (II.22)

1 𝑟 𝜃
𝑈3 (𝑥) = 2𝜇 √2𝜋 𝐾𝐼𝐼𝐼 𝑠𝑖𝑛 2
{

57
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)

3 − 4𝜈 𝑒𝑛 𝑑é𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑝𝑙𝑎𝑛
La constant de Kosove est donnée par : 𝐾 = { 3−𝜈
1+𝜈
𝑒𝑛 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑎𝑖𝑛𝑡𝑒 𝑝𝑙𝑎𝑛
𝜃
sin( 2)
𝜃
sin( 2)sin(𝜃)
𝑈𝑖 (𝑥) = ∑𝑗 𝐹(𝑥)𝑢𝑖 𝑗 ou 𝐹𝑗 (𝑥) = √𝑟 𝜃
(II.23)
cos( 2)
𝜃
{cos( 2)sin(𝜃)
Grace à la méthode de partition de l’unité, ces enrichissements sont ajoutés au champ de
déplacement. Ensuite, Moes et al, éliminent complètement les opérations de remaillage en
ajoutant une fonction discontinue dans la base d’enrichissement. Ainsi, le remaillage ne
représente plus une contrainte lors de la modélisation par éléments finis de propagation de
fissure.

+1 𝑠𝑖𝜙 > 0
𝐻(𝑥) = { (II.24)
−2 𝑠𝑖 𝜙 < 0

Ou 𝜙 représente la seconde coordonnée du repère local attaché à la pointe de fissure. On


utilisant un couple de fonctions de niveau (𝜙, Ψ) qui définissent implicitement la position du
plan et du front de fissure comme cela est illustré par la Figure. III.6. Gravouil et al généralisent
l’utilisation des fonctions de niveau au cas tridimensionnel et donnent un schéma numérique
pour actualiser les fonctions de niveau basé sur la résolution d’équations de type Hamilton-
Jacobi (cf. « LEVEL Set méthode » de Sethian).

L’enrichissement du champ de déplacement est réalisé de manière locale selon la position de


l’élément par rapport au plan et au front de fissure, c’est-à-dire selon les valeurs des fonctions de
niveau.

Figure II.6 : Définition de la géométrie de la fissure depuis le couple de fonction de


niveau.

58
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
La stratégie d'enrichissement peut être résumée par l'équation (II.25) et la Figure II.7.

𝑈(𝑥) ≃ ∑𝑖 𝑁𝑖 (𝑥). (𝑢𝑖 + 𝐻(𝑥𝑖 ). 𝑎𝑖 + (∑𝐾=1,..4 𝐹𝐾 (𝑥𝑖 ). 𝑏𝑖𝐾 )) (II.25)

Soit : 𝑈(𝑥) ≃ ∑𝑖 𝑁𝑖 (𝑥). 𝑞𝑖 ou 𝑁𝑖 = {𝑁𝑖 , 𝑁𝑖 𝐻, 𝑁𝑖 𝐹𝐾 }

[Link].7: Stratégie d’enrichissement pour une fissure quelconque placée sur un maillage.

On remarque sur la Figure. II.7 que les nœuds de l’élément contenant la pointe de fissure
ne sont pas enrichis par la fonction discontinue H. Cela n’empêche pas l’ouverture de cet élément
puisque la fonction Fj présente une discontinuité entre -π et π.

On propose d’utiliser la méthode X-FEM comme technique d’enrichissement locale pour


décrire la fissure à une échelle fine. La méthode permet de décrire correctement la solution
singulière en pointe de fissure. L’introduction d’une fonction d’enrichissement discontinue
autorise au maillage de ne plus être conforme à la géométrie de la fissure.

II.6.3. La modélisation d’une fissure selon la X-FEM (Approximation de


déplacement)

Pour représenter une fissure, deux types de fonction d’enrichissement sont utilisés pour
modéliser d’une part la discontinuité du déplacement le long de la fissure et d’autre part, la
solution en pointe de fissure. Le champ de déplacement U est alors cherché sous la forme :

4
𝑈(𝑥) = ∑
⏟𝑖∈𝑁 𝑁𝑖 (𝑥)𝑢𝑖 + ∑
⏟∈𝑁𝑑 𝑁𝑖 (𝑥)𝐻(𝑥)𝑎𝑖 + ∑
⏟𝑖∈𝑁𝑝 𝑁𝑖 (𝑥)(∑𝑖=1 𝐹𝑖 (𝑥)𝑏) (II.26)
Approximation 𝐸𝑛𝑟𝑖𝑐ℎ𝑖𝑠𝑠𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝐸𝑛𝑟𝑖𝑐ℎ𝑖𝑠𝑠𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠
classique élément 𝑑𝑖𝑠𝑐𝑜𝑛𝑡𝑖𝑛𝑢𝑠 𝑠𝑖𝑛𝑔𝑢𝑙𝑖𝑒𝑟
finis

59
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
Où :

 N : est l’ensemble des nœuds du maillage ;


 ui : est le degré de liberté classique au nœud i ;
 Nᵢ(x) : sont les fonctions de forme éléments finis classique associée au nœud і ;
 Nd∈N : est l’ensemble des nœuds enrichis par la discontinuité et les coefficients aᵢ sont
les degrés de liberté correspondants. Un nœud appartient à Nd si son support est coupé par la
fissure mais ne contient aucune de ses pointes. Ces nœuds sont entourés d’un carré sur la figure
II.8.
 Np∈N : est l’ensemble des nœuds à enrichir pour modéliser le fond de fissure et les
coefficients bi sont les degrés de liberté correspondants. Un nœud appartient à Np si son support
contient la pointe de fissure. Ces nœuds sont entourés d’un triangle sur la figure III.8. Les
fonctions Fj permettent de représenter les solutions asymptotiques en pointe de fissure. Elles
valent en élasticité.
𝜃 𝜃 𝜃 𝜃
{𝐹𝑗 (𝑥)} = {√𝑟 𝑠𝑖𝑛 2 , √𝑟 𝑐𝑜𝑠 2 , √𝑟 𝑠𝑖𝑛 2 𝑐𝑜𝑠𝜃, √𝑟 𝑐𝑜𝑠 2 𝑠𝑖𝑛𝜃} (II.27)

Où (r, θ) sont les coordonnées polaires dans les axes locaux en fond d’un fissure. On
𝜃
remarquera que, parmi ces fonctions Fj, seule la fonction √𝑟 𝑠𝑖𝑛 2 est discontinue.

En accord avec Moes et al. (1999), on à :

+1 𝑠𝑖 𝑥 𝑒𝑠𝑡 𝑑𝑒𝑠𝑠𝑢𝑠 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒


𝐻(𝑥) = {
−1 𝑠𝑖 𝑥 𝑒𝑠𝑡 𝑑𝑒𝑠𝑠𝑜𝑢𝑠 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑓𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒

Figure. II.8: Fissure placée sur un maillage uniforme.

Les nœuds entourés d’un carré enrichis par la discontinuité et les nœuds entourés d’un
triangle sont enrichis par les bases de fonctions asymptotiques en pointe de fissure. On remarquera
que cet enrichissement opéré suivant la méthode de la partition de l’unité est très local et ne

60
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
concerne qu’un petit nombre de nœuds et un petit nombre de patchs. Aussi si l’on souhaite que
l’enrichissement soit efficace, la taille de cette zone enrichie doit être pertinente.

II.6.4. Les difficultés techniques de mise en œuvre

Les méthodes d’enrichissement basées sur la PUM donnent lieu à plusieurs difficultés en
ce qui concerne leur implémentation. La grande flexibilité offerte par la X-FEM (le maillage n’a
pas besoin de respecter la position de la fissure a un prix qui se paie dans sa mise en œuvre.

II.6.5. Description de la fissure

Dans une approche éléments finis classique, la position des fissures est décrite par un
ensemble de faces d’éléments. Dans l’approche X-FEM, elle est indépendante de topologie du
maillage et doit donc être fournie à part. En 2D, une fissure peut être représentée par une
succession de segments de droite. Il faut noter que la seule opération où la représentation de la
fissure intervient dans la X-FEM est l’évaluation des fonctions d’enrichissement {Fj(x)} et H(x).
En un point d’intégration, il faut savoir si l’on se trouve d’un coté ou de l’autre de la fissure et
connaitre les coordonnées polaires (r, 𝜃) de ce point dans les axes locaux en pointe de fissure. Ces
évaluations peuvent se révéler ardues à implémenter et lentes si la géométrie de la fissure est
complexe.

II.6.6. Intégration numérique

Sur les éléments finis coupés par une fissure, des fonctions discontinues doivent être intégrées.
Afin de permettre l’intégration de part et d’autre de la fissure, on peut proposer un découpage de
ces éléments en sous-éléments (triangles en 2D et tétraèdres en 3D). La figure III.9 montre un
exemple d’une telle décomposition en 2D. Sur les sous triangles, en 2D, 3 points de Gauss sont
utilisés. Insistons sur le fait que ces sous-éléments créés n’apportent aucun nouveau degré de
liberté. Leur seule raison d’être est l’intégration.

[Link].9: Intégration numérique prenant en compte une fissure avec la X-FEM.

61
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
Les éléments coupés par la fissure sont décomposés en sous-triangles sur lesquels une
intégration à 3 points de Gauss est utilisée. Pour les éléments quadrangulaires qui ne sont pas
coupés par la fissure mais dont au moins un des degrés de liberté est enrichi par les fonctions
asymptotiques (i ∈ Np) une intégration à 16 points est effectuée. Sur les éléments qui ne sont pas
coupés par la fissure mais dont au moins un des degrés de liberté est enrichi par les fonctions
asymptotiques Fj en fond de fissure présentant la singularité en √𝑟, un nombre élevé de points de
Gauss est utilisé : 12 pour les triangles, 16 pour les quadrilatères. Enfin, sur les éléments non
coupés par la fissure et pour lesquels tous les degrés de liberté sont classiques, le nombre de points
de Gauss utilisé est standard : pour des éléments du premier degré, on prend 1 point pour les
triangles, 4 pour les quadrilatères.

II.6.7. Amélioration de la méthode XFEM


II.6.7.1. La méthode LEVEL-SET

Comme montré dans (Figure. II.10) l’idée d’Osher et Sethian [75] est de définir une fonction
φ(x, t) régulière telle que, le sous espace φ(x,t)=0 représente l’interface de coupure (fissure). Cette
méthode s’applique aisément aux problèmes de fissuration en 2D. Par exemple pour la figure
III.10 on définit le plan de coupure ⏀ à l’aide d’une fonction de niveau (level-set) lsn(x) qui
représente la distance normale a la surface on a ⏀={x ϵ ℝ3 /lsn(x)=0}. Mais il faut une indication
de l’endroit où s’arrête la fissure dans son plan et l’idée ce cas c’est l’utilisation d’une level-set
lst(x) qui représente la distance au front de fissure (tangentiellement à la surface) et les deux level-
sets forment une base orthonormée en pointe de fissure. Le lieu de la fissure est défini ainsi : ⏀=
{x ϵℝ3 / lsn(x) =0, lst (x) = 0}. Et finalement on peut définir une base polaire :

𝑟 = √𝑙𝑠𝑛(𝑥)2 + 𝑙𝑠𝑡(𝑥)2
{ 𝑙𝑠𝑛(𝑥) (II.28)
𝜃 = arct 𝑙𝑠𝑡(𝑥)

[Link].10: La stratégie level-set.

62
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
II.6.7.2. Le cas tridimensionnel (3D)

Le cas de trois dimensions est traité par Sukumar et al. De même manière que le cas en deux
dimensions sauf que maintenant le front de la fissure n’est plus composé d’un ensemble de points,
mais un ensemble de courbes, et l’approximation de déplacement d’écrite comme suit :

𝑗 𝑗
u= ∑i Ni (x)Ui + ∑i∈Nd Ni (x)H(x)ai + ∑i∈Np N(x) (∑f=1,..4 𝐹𝑖 (𝑟, 𝜃).𝑟𝑖 ) (II.29)

Les nœuds N sont les nœuds tels que leur support croise avec la fissure, mais pas son front. Notez
que le support d’un nœud est maintenant un volume.

𝑗
Les fonctions d’enrichissement de front 𝐹𝑖 (𝑟, 𝜃) sont toujours données par l’équation (II.27) ou
le couple (r, θ) est défini comme les coordonnées polaires dans le plan (x1-x2), (voir [Link].11). Le
plan contient x*et l’axe x2 est aligné avec le normale n à la fissure au x*.

Figure. II.11: Représentation d’une fissure en 3D.

II.6.7.3. La convergence de la méthode XFEM

Le problème de la convergence est toujours discuté par les auteurs, dans la plupart des
documents susmentionnés seuls les approximations par des éléments finis linéaire ont été utilisées
dans les approximations de la XFEM et l’interpolation level-set. Well et al. [76] ont utilisés le
concept XFEM en visco-plasticité des matériaux avec triangles de 6 nœuds. Mais seulement
considérés comme des fissures qui se sont terminées sur un bord d’élément. Il est bien connu que
les éléments d’ordre supérieur offrant une précision importante pour les problèmes suffisamment
raffinés. Par exemples les éléments finis quadratiques sont les éléments de choix pour la plupart
des problèmes élastique statique et quas-statique cela du à leur taux élevé de convergence et leur
capacité à modéliser les frontalières courbées. Par ailleurs, les fonctions level-set interpolées par
des fonctions de forme quadratique sont capables de décrire des fissures incurvées, et la
description des level-set par des éléments finis linéaires est limitée à des fissures linéaires. Stazi

63
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
et al. [77] étudient la convergence de l’erreur en énergie pour une plaque infinie avec une fissure
droite, en mode I, pour des formulations linéaires et quadratiques. Ils remarquent que
l’approximation quadratique améliore l’erreur, mais pas le taux de convergence. Béchet et al [78]
confirment cette observation et montrent qu’une zone d’enrichissement fixe ([Link].13) permet
de retrouver un taux de convergence presque optimal. Parallèlement, Laborde et al. [79]
approfondissent la question et testent les taux de convergence pour les formulations polynomiales
d’ordre supérieur Dans le cadre de la fissuration par zones cohésives, l’enrichissement par les
fonctions singulières n’a plus lieu d’être, et Zi et al. Proposent de s’affranchir des éléments de
transition. Au lieu d’utiliser des fonctions singulières, ils utilisent une fonction signe qui permet
de représenter le front de fissure (similaire à un enrichissement Heaviside vis-à-vis de la level set
tangente) au sein des éléments contenant le fond de fissure.

[Link].12: Les nœuds « carrés » sont enrichis par les fonctions


singulières (enrichissement géométrique).

II.6.7.4. Les avantages de la méthode X-FEM

La force de la méthode XFEM est liée à sa capacité de prise en compte d’une discontinuité
q qui, contrairement à l’exemple ci-dessus, n’est pas alignée sur le maillage. Dans ce cas, la mise
en œuvre devient plus complexe puisque, par exemple, la discontinuité introduite par la fonction
de Heaviside ne se place plus la frontière entre deux éléments mais bien à l’intérieur des éléments.
De plus, cette approximation n’est en mesure de prendre en compte que les fissures traversant les
éléments de part en part. Dès lors, afin de modéliser avec le plus de réalisme possible une
discontinuité complètement située à l’intérieur du domaine à étudier, il est nécessaire d’introduire
des fonctions qui prennent en compte le caractère singulier de champ de déplacement en son
extrémité. En se basant sur l’allure du déplacement théorique à proximité du fond de fissure,

64
Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)
d’autres fonctions de forme ont été dérivées. Celles-ci s’expriment en terme de cordonnées locales
et seule le première de ces quatre fonctions est vraiment nécessaire à la modélisation de la
discontinuité, les autres ayant été ajoutées pour augmenter la précision. Ces fonctions de forme
supplémentaire ne sont en pratique ajoutées qu’aux quelques éléments entourant le fond de fissure
et s’appliquent elles aussi sur des degrés de liberté supplémentaire bj. Celles-ci sont de la forme
𝜃 𝜃 𝜃 𝜃
suivante : 𝐹𝑖 (𝑟, 𝜃) = [√𝑟 sin ( 2) , √𝑟 cos ( 2) , √𝑟 sin (2) sin 𝜃 , √𝑟 cos ( 2) sin 𝜃](III.30)

Comme on peut le voir ([Link].13), la fonction est discontinue le long de la fissure (pour θ=0).

[Link].13-Représentation de la première fonction de fond de fissure.

II.6.7.5. La difficulté de la méthode X-FEM


La difficulté majeure dans le cas des éléments X-FEM consiste à pouvoir effectuer
l’intégration numérique correctement de part et d’autres de la fissure. En effet, la matrice
contenant les fonctions de forme n’est plus identique les deux côtés de cette discontinuité compte
tenu de la présence d’un terme H dans les équations d’équilibre. Afin d’éviter l’introduction
d’erreur voire même de dépendance dans les matrices éléments finis, chaque élément fini est
divisé en sous-domaines qui nous coupent pas la discontinuité (souvent en triangles). C’est sur
ceux-ci qu’est effectuée l’intégration. Il faut préciser que cette division n’est effectuée que pour
l’intégration numérique, c'est-à-dire qu’elle n’introduit pas de degrés de liberté supplémentaire.
Cette division peut-être illustrée par les deux figures suivantes

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Chapitre II: La méthode des éléments finis étendus(X-FEM)

[Link].14 : Exemple de sous division des éléments.

En regardant la méthode d’intégration utilisée, on remarque que la méthode des éléments


XFEM présente un avantage supplémentaire par rapport aux méthodes permettant d’inclure des
interfaces matériau-vide.

Conclusion :

Ces quarante dernières années ont connu un développement considérable en matière de calcul de
structures. Ce développement est fortement motivé par les progrès effectués dans le domaine de
l’informatique appliquée. Ainsi la méthode des éléments finis est la plus communément mise en
œuvre pour l’analyse des structures dans de nombreux secteurs de l’industrie. Avec la naissance
de la méthode des éléments finis étendu X-FEM (année 2000) dont le principe consiste à enrichir
la base de la méthode classique des éléments finis par : des fonctions singulières sur la pointe de
fissure afin de représenter l’aspect asymptotique du champ des contraintes en bout de fissure cela
a permis de représenter entièrement la fissure de manière indépendante du maillage et de
construire le rapprochement enrichi de l'interaction de la géométrie de la fissure avec le maillage

Les deux méthodes présentées pour l’analyse de la propagation des fissures, la méthode XFEM
semble être de loin la plus performante. Dans le cadre de ce travail qui est et reste une formation
à la recherche. Donc nous nous sommes concentré dans ce travail sur l’utilisation de l’approche
X-FEM en utilisant des codes de calcul très performant afin d’analyse sur des exemples tests les
possibilités de cette approche. Ces exemples tests vont des plus simples (académiques) au plus
compliqués et finir par à un test issues de cas réels de structure ayant subies de dégradations de
fissuration et permettant de suivre la propagation de la fissuration.

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