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Chap 1

Le chapitre aborde la mécanique de la rupture, introduite par Griffith dans les années 1920, qui vise à caractériser le comportement des structures fissurées à travers des paramètres quantifiables. Il décrit les différents types de ruptures, notamment fragile et ductile, ainsi que les effets des entailles sur les concentrations de contraintes. Enfin, il présente les modèles de fissuration, les modes d'ouverture des fissures et les mécanismes de rupture associés aux matériaux soumis à diverses contraintes.

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Chap 1

Le chapitre aborde la mécanique de la rupture, introduite par Griffith dans les années 1920, qui vise à caractériser le comportement des structures fissurées à travers des paramètres quantifiables. Il décrit les différents types de ruptures, notamment fragile et ductile, ainsi que les effets des entailles sur les concentrations de contraintes. Enfin, il présente les modèles de fissuration, les modes d'ouverture des fissures et les mécanismes de rupture associés aux matériaux soumis à diverses contraintes.

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CHAPITRE I :

APPROCHE A LA
MECANIQUE DE LA
RUPTURE
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

I.1. Introduction
La mécanique de la rupture a été introduite par Griffith [1] vers 1920. L'objectif de la
mécanique de la rupture est de caractériser le comportement à la fissuration des structures à l'aide
de paramètres quantifiables au sens de l'ingénieur, notamment le champ de contraintes, la taille de
la fissure et la résistance à la fissuration du matériau. Les premiers développements théoriques
d'analyse des champs de déplacements, déformations et contraintes au voisinage d'une fissure ont
été entrepris par Westergaard vers 1940. Une théorie de la rupture basée sur la stabilité de la fissure
valable uniquement pour les matériaux fragiles, ne tenant pas compte de la dissipation de l’énergie
due à la plastification. En 1948 Irwin proposa une modification de la théorie de Griffith en incluant
justement dans le bilan énergétique, l’énergie due à la plastification, pour que l’approche de
Griffith soit applicable aux matériaux ductiles.
En 1956, un groupe de chercheurs de la marine américaine, ont développé le concept du
taux de restitution d’énergie à partir de la théorie de Griffith sous une forme facilement exploitable
par les concepteurs de structures. En 1957, s’appuyant sur les travaux de Westergaard [2], Irwin [3]
montra que les déplacements et les contraintes au voisinage de l’extrémité d’une fissure peuvent
être décrits à l’aide d’un paramètre unique relié au taux de restitution d’énergie. Ce paramètre
caractérise l’état de sollicitation dans la région dans laquelle la rupture se produit, il est appelé
facteur d’intensité de contrainte (FIC).
La période s'étaler de 1960 à 1980 a vu une intensification des recherches sur la rupture
avec deux écoles concurrentes. D’une part, les tenants de l’approche utilisant la mécanique linéaire
de la rupture et d’autre part ceux qui s’intéressaient essentiellement à la plastification qui se
développe à l’extrémité d’une fissure. Pour tenir compte de l’effet de cette plastification sur les
champs de contraintes et de déplacements à l’extrémité d’une fissure, plusieurs auteurs comme
Barenblatt [4] proposèrent ce qu’on appelle une correction de la zone plastique. La taille de la
fissure est alors augmentée de cette zone plastique pour retrouver les champs de contraintes
élastiques décrits par le FIC. Plus tard, Hutchinson en 1968, Rice et Rosengren (HRR) [5]
développèrent un nouveau paramètre appelé intégrale J. Ce paramètre décrit parfaitement la
répartition des contraintes dans les zones plastifiées (champ HRR).

3
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

I.2. la Mécanique de la rupture


Localement, la rupture est caractérisée par la séparation irréversible d’un milieu
continu Ω en deux parties distinctes. On définit alors une fissure comme étant la surface
géométrique 𝑆 de séparation (Fig1.1). [6]

Figure I.1 : Fissure dans un milieu continu.


Dans un matériau homogène soumis à une contrainte uni-axiale, l’effort se transmet
d’un atome à l’autre en suivant des lignes de force qui sont parallèles. Dans un matériau qui
possède une fissure, les lignes de force doivent contourner cette fissure, ce qui conduit à une
concentration de ces lignes au voisinage de la pointe de la fissure, d'où une concentration de la
contrainte dans cette région, appelée tête ou pointe de fissure. On observe deux types de
rupture principaux suivant les mécanismes mis en jeu : une rupture fragile contrôlée par une
contrainte normale, et une rupture ductile, précédée de déformations plastiques et contrôlée
par les contraintes de cisaillement.
Pour ces types de rupture, les déformations à rupture, l'énergie de rupture, les faciès de
rupture sont différents. De même, les sollicitations extérieures imposées auront une influence
sur le mode de rupture.
 Rupture fragile, c'est une rupture contrôlée par la contrainte normale ou
contrainte de clivage ; elle se produit sans déformation plastique (mécanique
linéaire de la rupture) : les ruptures sont transgranulaires (rupture dans un grain
cohérent suivant des plans cristallographiques bien définis) ; on observe des
ruptures brillantes avec des facettes.

4
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

Figure I.2 : Exemple de rupture fragile [7]


 Rupture ductile, la rupture ductile est précédée d'une déformation plastique
importante (mécanique non linéaire de la rupture). L’aspect est granuleux, on
observe souvent des cupules liés à une décohésion autour des inclusions. Dans ce
cas, suivant l’étendue de la zone plastique en pointe de fissure, on différencie le
cas de la plasticité confinée, de celle de la plasticité étendue.

Figure I.3 : Exemple de rupture ductile [7]


I.2.1 .Effet d’entaille
D'une manière générale, on appelle une entaille une discontinuité imposée ou
créée accidentellement. Elle peut être nécessaire pour des raisons de fabrication, par
exemple dans un siège de palier à roulement, une rainure de clavette, un perçage pour
loger des goupillés, ou un pas de vis pour une connexion. Des entailles peuvent
également être provoquées en service, par exemples : les cavités dans la coulée, les

5
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
marques d'outils dans l'usinage ou les marques d'usure en service.

Figure.I.4: Schéma de flux des forces : a) Plaque soumise à une force de tension. b)
Plaque avec entaille.
Les entailles entraînent des fortes concentrations de contraintes locales et
peuvent donc induire une défaillance prématurée si elle n'est pas correctement prise en
compte lors de la conception des composants mécaniques. Leurs effets résultent dans la
modification du flux de force (Figure I.4) Prés du fond d’une entaille, les lignes de force
sont relativement proches et cela conduit à une concentration du champ de contraintes
local avec un maximum en fond d’entaille [8].
La distribution des contraintes dans un composant, peut être visualisée en utilisant
ce qu'on appelle les trajectoires des contraintes, par analogie avec l’écoulement d’un
fluide ou un courant électrique parcourant un conducteur plat, percé d’un trou. Ces
trajectoires sont toujours exécutées dans la direction de la contrainte principale
maximale. Leur distance est inversement proportionnelle à la contrainte de telle sorte,
que la densité de la trajectoire de contraintes est une mesure de la contrainte agissant
localement [9]. Chaque changement brusque de section transversale dévie les
trajectoires de contraintes qui se déplacent alors en se rapprochant. L’effet d’entaille
dépend de trois facteurs essentiels, en plus des dimensions de l’entaille, de l’angle ‘ψ’ et
surtout son rayon ‘ρ’ (Figure I.5).

6
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

Figure .I.5: Géométrie définissant une entaille simple.


Ces deux facteurs conduisent à la classification suivante :
Fissure : ρ = 0 et ψ = 0
Entaille en V : ρ = 0 et ψ ≠ 0
Entaille en U : ρ ≠ 0 et ψ = 0
Entaille simple : ρ ≠ 0 et ψ ≠ 0

Figure. I.6: Configurations des entailles de bords.


I.3. La mécanique de rupture par fissuration
Hormis les processus chimiques de ruine des matériaux et structures, il existe plusieurs
processus essentiellement mécaniques de rupture :
 Le flambage,
 La rupture ductile par surcharge,
 La rupture fragile sous des contraintes généralisées inférieures à la limite
élastique,
 La rupture par fatigue à grand nombre de cycles,
 La rupture par fluage à haute température…
La rupture par fissuration est la création de la surface de discontinuité [10]. L’échelle
dimensionnelle de cette discontinuité surfacique dépend, en fait, directement du moyen de
mesure utilisé, et bien entendu, de la nature de l’approche recherché. La mécanique des
solides aborde les problèmes de calcul de structure où l’on parle d’un élément de volume dont

7
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
les dimensions de 1 mm, et de structure pour 10 mm à 103 mm. Dans ce domaine, on traite de
problème de la ‘’rupture par fissuration’
La fissuration prend en compte l’existence de défauts comme des inclusions ou des
vides dans le matériau ou encore des zones d’endommagement à partir desquels des fissures
vont s’initier puis se propager pour parvenir à une taille provoquant la ruine de la structure. En
général.
I.3.1. Modèles de la fissuration des structures :
Il y a principalement deux modèles pour décrire la fissuration des structures, la
mécanique d’Endommagement et mécanique de la rupture. Lorsqu’une pièce est soumise à
des efforts d’origines variées, il existe des limites, en contraintes ou en déformations, qu’elle
ne doit pas dépasser, sous peine d’endommager le matériau et provoquer sa rupture. Suivant
que l’on s’intéresse à la dégradation du matériau d’un point de vue micromécanique ou macro-
mécanique, deux approches peuvent être utilisées :
 La mécanique d’Endommagement propose de décrire continûment la dégradation
progressive du matériau due à l’apparition, à la croissance, puis à la coalescence de
microfissures ou de microcavités présentes dans le matériau. Lorsque les microfissures, les
microcavités créées par croissance ou par coalescence des défauts sont de taille assez grande,
cette façon d’aborder le problème n’est plus valable, et il faut alors utiliser la mécanique de la
rupture.
 La mécanique de la rupture pour objet l’étude du comportement mécanique d’un
matériau en présence de fissures macroscopiques. Cela revient notamment à déterminer le
champ des contraintes et des déformations au voisinage de la pointe d’une fissure. L’étude de
ces champs mécaniques permettant ensuite de juger de la stabilité ou non d’une fissure. Il est
également possible, comme nous le verrons par la suite, d’aborder la mécanique de la rupture
à travers une étude énergétique du solide fissuré.
I.3.2. Les trois modes d’ouverture d’une fissure :
D’un point de vu macroscopique, on distingue deux modes principaux de rupture:
La rupture plate correspond à une surface de rupture globalement perpendiculaire à la
direction de la contrainte principale maximale, et la rupture inclinée qui est inclinée dans le
sens transversal par rapport à la direction de propagation s’accompagne souvent de grandes
déformations.
La fissuration se manifeste par la séparation irréversible d’un milieu continu en deux
parties, appelées lèvres de la fissure, ce qui introduit une discontinuité au sens des
déplacements. Les mouvements possibles des lèvres de chaque fissure sont des
combinaisons de trois modes indépendants :

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Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

Figure I.7 : Modes de rupture


 Mode I : mode d’ouverture de la fissure, où les déplacements aux lèvres de la fissure
sont perpendiculaires à la direction de propagation.
 Mode II : mode de cisaillement dans le plan, où les déplacements aux lèvres de la
fissure sont parallèles à la direction de propagation.
 Mode III : mode de cisaillement hors du plan (anti-plan), où les déplacements aux
lèvres de la fissure sont parallèles fond de la fissure.
Le mode I est le plus dangereux pour l’extension d’une fissure ; cependant une fois amorcée et
pour des sollicitations mixtes ou des géométries complexes. La fissure a tendance a bifurquer,
et reste donc rarement rectiligne (2D) ou plane (3D).
I.3.3. types de fissuration
Le mécanisme de rupture par fissuration peut intervenir selon deux types de fissuration :
 La fissuration brutale : pour les solides, ou pour les matériaux à très haute
résistance, les contraintes de travail sont très élevées, une énergie potentielle
considérable est ainsi créée ; La présence de petites fissures peut alors conduire à une
rupture brutale qui souvent ne s’accompagne pas de déformations plastiques
macroscopiques par suite de la très faible ductilité.
 La fissuration successive : il s’agit ici, d’une succession de mécanismes (fragile
ductile) qui, sous contraintes répétées, entraîne la fissuration successive, appelée la
rupture par fatigue. Les facteurs qui influencent le comportement à la rupture par
fissuration des matériaux sont de deux natures : métallurgique et mécanique. Les
facteurs mécaniques concernent l’état de déplacements, déformations et contraintes,
ainsi que les conditions d’environnement tel que la température ou le taux d’humidité
relative [11].
 Fissure médiane : elle s’étend en profondeur pendant le chargement sous l’action
d’un champ élastique ;
 Fissure radiale : elle s’étend en surface à partir des angles de l’indenteur et se

9
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
développe sous l’action des contraintes résiduelles ;
 Fissure latérale : elle provient également de l’action des contraintes résiduelles. Ces
fissures se développent presque parallèlement à la surface et sont responsables de
l’écaillage de l’échantillon.

Figure I.8 : Les différents types des fissures [16].


I.3.4. Formation des fissures
Lorsqu’un indenteur Vickers est appliqué à la surface d’un matériau céramique
avec une charge suffisamment élevée (selon le matériau), il se crée des fissures. Des
observations au cours de l’indentation de matériau transparent ont montré que la
configuration finale de ces fissures est achevée lorsque l’indenteur est déchargé. Cela
montre que la force motrice de fissuration lors de l’indentation est due aux contraintes
résiduelles créées par la zone de déformation plastique formée autour de l’empreinte
d’indentation. L’initiation et le développement des fissures sur du verre sont décrits
par [Link] et [Link] [12] à travers les séquences suivantes (figure I.8).

10
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

Figure.I.9: Schématisation de la séquence de formation de fissures sous l’action d’un


indenteur Vickers. (1) empreinte du diamant Vickers; (2) fissure médiane; (3) fissure half-
penny; (4) fissure radiale primaire, (5) fissure radiale secondaire; (6) fissure latérale (b).
1. En début du chargement, l’indenteur produit autour du point de contact une zone de
déformation qui augmente avec la charge. C’est l’empreinte du diamant Vickers. La
pression moyenne P0 sur l’élément de surface reste constante.
2. Au cours du chargement, une fissure dite fissure médiane se produit sous la zone de
déformation et croît jusqu’à former un cercle à mesure que la charge augmente mais
n’apparaît pas à la surface de l’éprouvette [12]. Elle s’initie aux défauts se trouvant à
la
3. limite de la zone de déformation et se développe sous l’effet du champ de contraintes
résultant du chargement élastique de l’indenteur sur la surface de l’éprouvette.
4. Lors du déchargement, la fissure médiane grandit, s’étale vers l’extérieur et apparaît
en surface. Elle prend ainsi un autre profil et peut devenir soit une fissure dite du type
half-penny au déchargement complet, soit :
5. Une fissure du type radial dite fissure radiale (ou fissure du type Palmqvist). Elle
prend naissance aux défauts qui se trouvent près de la surface à la limite de la zone de
déformation. Elle évolue de part et d’autre de celle-ci jusqu’à apparaître en surface,
sous l’action des contraintes résiduelles, au déchargement complet. Si la fissure
radiale se trouve dans le plan des diagonales de l’empreinte du diamant, elle est dite
fissure radiale primaire sinon c’est une fissure radiale secondaire. Les fissures radiales
forment en principe un couple de fissures perpendiculaires.
6. Aux charges d’indentation élevées, une fissure latérale se forme au déchargement,

11
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
sous la zone de déformation et se développe presque parallèlement à la surface [12].
Elle est responsable du phénomène d’écaillage. D’une façon générale l’amorçage des
fissures a lieu aux endroits de fortes concentrations de contraintes, c’est-à-dire aux
arêtes du diamant vickers et semble avoir deux aspects: les conditions de propagation
d’un défaut préexistant pendant le chargement [13], d’une part, et l’existence d’un
seuil de charge pour l’apparition d’un type de fissures [14-15], d’autre part. Lorsqu’un
indenteur Vickers est appliqué à la surface d’un matériau céramique avec une charge
suffisamment élevée (selon le matériau), il se crée un système de trois types de
fissures (figure I.9)

I.3.5. Zone délimitant le voisinage d'une pointe de fissure


D'un point de vue mécanique on distingue schématiquement, dans un milieu fissuré
trois zones successives
1. La zone d’élaboration : elle se trouve à la pointe de fissure et dans le sillage
laissé par la fissure au cours de sa propagation. L’étude de cette zone est très
complexe à cause des contraintes importantes qui ont fortement endommagé le
matériau. Elle est discontinue au sens de la mécanique des solides. La théorie
classique de la mécanique de la rupture réduit cette zone à un point pour les
problèmes plans et à une courbe pour les problèmes tridimensionnels.
2. La zone singulière : dans laquelle les champs de déplacements, déformations et
contraintes sont continus et possèdent une formulation indépendante de la
géométrie lointaine de la structure. On démontre que dans cette zone, les
composantes du champ de contraintes sont infinies au voisinage du front de fissure
(r →0).
Plus exactement, la singularité est en (1⁄√𝑟) en milieu élastique linéaire. Le
matériau ayant une limite élastique, il existe un rayon rp autour de la pointe de

fissure qui détermine la forme de la zone plastique. En fonction de la valeur de rp,

on dira que la rupture est fragile pour rp petit et qu’elle est ductile pour rp grand.

Cette distinction sur la base du paramètre rp est très importante car elle
conditionne la validité de la théorie utilisée :
 La Mécanique Linéaire de la Rupture pour les ruptures fragiles
 La Mécanique Non Linéaire de la Rupture dans le cas de zone plastique
non négligeable (rupture ductile).
3. La zone des champs lointains : extérieure aux deux précédentes, elle raccorde la

12
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
zone singulière aux conditions aux limites de chargement et déplacement.

Figure I.10 : les zones de champs mécaniques


C’est la singularité d’ordre -1/2dans la zone singulière qui caractérise la
solution obtenue en élasticité pure. Cette solution n’est malheureusement pas
physiquement réaliste. En fait, les contraintes en pointe de fissure sont « écrêtées » par
la plasticité (Figure I.11) [17].
De plus, la signification énergétique de la rupture proposée par Griffith
devient plus ambiguë, dans la mesure où elle consiste à représenter la
propagation de fissure comme un déchargement. Or, en plasticité, Une partie de
l’énergie est dissipée (phénomène irréversible) et on ne peut donc pas toujours
évaluer la fraction d’énergie « disponible » pour la propagation.

Figure I.11 : plasticité en point de fissure

I.4. Les Critères de rupture et de propagation


Les premiers travaux réalisés en mécaniques de la rupture visaient à établir, de façon
précise, les champs mécaniques au voisinage d’une fissure statique la difficulté d’une telle
étude résident dans la prise en compte de la singularité introduite par la pointe d’une fissure.
Le calcul précis de paramètres mécanique tels que les facteurs d’intensité des contraintes, ou
le taux de restitution d’énergie réside en grande partie dans la bonne prise en compte de cette
singularité.
Ces paramètres mécaniques ainsi calculés, il est possible de prévoir la propagation ou

13
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
non de la fissure. Suivant le type de matériau étudié, Et le chargement appliqué, la propagation
pourra être qualifiée de stable (la fissure a besoin de plus d’énergie pour reprendre sa
progression) ou d’instable (la fissure poursuit sa progression jusqu'à la ruine de la structure,
sans nécessiter d’énergie supplémentaire).
La propagation quasi-statique de fissure étudiée a l’aide de critères d’amorçage, de
bifurcation, et de stabilité.
I.4.1. Critères d’amorçage
Ces critères permettent de déterminer à quel moment et a quel endroit la fissure
va s’amorcer. Ils sont généralement basés sur une comparaison des paramètres de fissuration
(K, G, J, ...) à des valeurs critiques de ces paramètres.
Pour une approche locale, et en mode I pur, il y aura amorçage lorsque le
paramètre KI « le facteur d’intensité de contrainte » atteint une valeur critique KIC appelée
ténacité du matériau.
De même, au niveau énergétique, Griffith [Griffith 1920] a proposé une valeur limite du taux de
restitution d’énergie, appelée résistance à la fissuration et notée GC. Il y aura alors

propagation lorsque G atteint la valeur critique GC qui représente l’énergie nécessaire à la


création de nouvelles surfaces libres en fond de fissure. Remarquons que pour un mâtereau


élastique fragile, GC ne dépend que de l’énergie superficielle intrinsèque 2 du matériau :

GC = 2 ᵧ (I.1)

De même que pour G ou K, il existe une caractéristique intrinsèque du matériau δC, qui
représenté l’ouverture de fissure critique (CTOD) que peut subir le matériau avant qu’il n’y ait
propagation.
De son côté, Sih [Sih 1074] a introduit un critère basé sur la densité d’énergie de
déformation N minimale. Après avoir détermine l’angle Ө0 de bifurcation, il suppose que la
propagation a lieu dans cette direction lorsque Nmin atteint une valeur critique NC
caractéristique du matériau. NC peut être reliée à KIC en se plaçant en mode d’ouverture pur et
en identifiant N=NC à KI=KIC.
I.4.2. Critère de bifurcation
Lorsque le chargement ou la géométrie d’une structure n’est pas symétrique par
rapport à l’axe de la fissure, la rupture se présente en mode mixte, et la fissure ne se propage
pas de façon rectiligne. Il est alors nécessaire d’utiliser des critères de bifurcation, afin de
déterminer la nouvelle direction de propagation.

14
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
a) Critère de la contrainte normale maximale
Proposé par Erdogan et Sih [Erdogan et Sih. 1963], ce critère est basé sue les
hypothèses suivent :

 la fissure se propage dans la direction pour laquelle la contrainte de traction


circonférentielle δӨӨ est maximale.

 L’accroissement de fissure se produit lorsque


√2𝜋𝑟𝛿өө =KIC (I.2)

Figure I.12 : fond de fissure


Finalement, l’angle de bifurcation de la fissure est solution du système :
𝐾𝚤𝚤 sin(𝜃⁄2) ˂0
KI sin (𝞱) +KII (3cos (𝞱) -1) = 0 sous les conditions { 𝜃𝜖] − 𝜋; 𝜋[ (1.3)
Kı˃0
Ce critère permet également de montrer qu’il existe un angle limite, correspondant au
cas du mode de cisaillement pur, au-delà duquel la fissure ne peut se propager : Ө0=±70.54°.
Cette technique a été étendue aux matériaux anisotropes par Saouma et Al [Saouma et Al.
1987].
Sa facilité de mise en œuvre, entièrement basé sur la notion de facteurs d’intensité de
contraintes, le rend très utilisé. Il peut cependant paraitre discutable dans la mesure où le
champ de contraintes locales en fond de fissure est seulement un champ approché. De plus,
l’existence d’une zone non élastique en fond de fissure modifie également la répartition de
contrainte. C’est pourquoi les critères énergétiques, faisant intervenir des grandeurs globales
au niveau de la structure, peuvent paraitre plus appropriés.
b) Critère de la densité d’énergie de déformation minimale
Dans ce critère énergétique, considère que l’énergie de déformation s’oppose à la
croissance de la fissuration. Celle –ci cherchera donc à se propager dans la direction ou la
densité d’énergie de déformation N est minimale.

15
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
𝜕𝑁
L’angle de déviation 𝜃0 est alors défini par : ( 𝜕𝜃 )𝞱0=0 sous la condition
𝜕²𝑁
( 𝜕𝜃² )𝞱0≥0

c) Critère du taux de restitution d’énergie maximal :


Parmi tous les accroissements virtuels et cinématiquement admissibles,
l’accroissement réel est celui qui maximise le taux de restitution d’énergie, en calculant le
taux de restitution d’énergie pour différentes directions de propagation éventuelles de fissure,
on détermine celle pour laquelle G est maximal.
I.4.3. Critère de stabilité
Il existe deux types de propagation :
La propagation stable : après son amorçage, la fissure s’arrête, nécessitant plus
d’énergie pour reprendre sa propagation. Ce mode de propagation n’est a priori pas
dangereux ;
La propagation instable : après son amorçage, la fissure poursuit sa progression en
l »absence de toute modification des paramètres de la sollicitation. Cette instabilité
conduit alors a la ruine de la structure. L’analyse de la stabilité de propagation est
fondée sur le bilan énergétique : I=Wext+We+Wd (I.4)
Où:
 I : est l'énergie interne du système
 Wext : représente le travail des forces extérieures
 We : est l'énergie de déformation
 Wd : est l'énergie dissipée lord d’une extension de fissure)
Alors, pour une fissure de longueur « a » donnée, et un incrément de propagation
𝑑2 I
Stable si 𝑑a2 (𝑎) < 0
« da », la propagation sera : { 𝑑²I
(I.5)
𝐼𝑛𝑠table si 𝑑a² ˃0

Pour étudier la stabilité d’une propagation de fissures, plusieurs méthodes ont été proposées.
Parmi ces méthodes, la notion de courbe de résistance revient souvent.
I.5. Les facteurs de la rupture
I.5.1. Facteur de concentration de contraintes
Les paramètres de rupture sont très sensibles à la présence de concentration de contraintes
d’hétérogénéités, issues des formes de pièces ou de contraintes dues à la façon dont elles sont
assemblées. Ces zones de concentrations sont des sites préférentiels d’amorçage. Pour étudier
ce phénomène, des entailles artificielles sont créés sous différentes formes et tailles. L’angle
d’entaille φ et le rayon ρ en fond d’entaille sont donnés en figure I.13.

16
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
Le facteur de concentration de contrainte (Kt) relie la contrainte nominale de
chargement à la contrainte maximale que va subir l’extrémité a l’entaille. Ce facteur dépend
uniquement des dimensions géométriques relatives de l’entaille (plus le rapport a/ρ augmente
et plus Kt augmente) et son expression analytique diffère selon le chargement [18].
Peterson [19] définit le facteur de concentration des contraintes Kt de deux manières :
la première étant le rapport de la contrainte maximale σmax (ou du cisaillement maximal τmax)
en fond d’entaille à la contrainte nominale σn (ou de cisaillement nominal τn) dans la section
correspondante de la pièce entaillée. Dans le cas d’une plaque semi-infinie comportant des
entailles en U et semi elliptiques (figure I.13), Baratta et Neal [19] ont procédé aux calculs des

facteurs de concentration de contraintes Kt pour différents rapports a/ρ. Ces auteurs

regroupent les valeurs des rapports du facteur de concentration de contraintes correspond à


l’entaille en U et celui de l’entaille semi elliptique obtenus par Bowie [20]. Pour le calcul, ces
auteurs divisent la contrainte circonférentielle par la contrainte globale appliquée. Pour une
plaque comportant un trou elliptique, Inglis [21] utilise la formule du facteur de concentration
de contraintes suivante : Kt = 1 + √𝑎/ρ (I.6)
Avec a profondeur de l’entaille et ρ rayon d’entaille. Cet auteur obtient des facteurs de
concentration de contraintes identiques à ceux de Baretta [19] et Bowie [20]. Dans le cas
d’une plaque de largeur finie et une entaille de bord en U, Isida [22] a proposé un facteur de
correction permettant le passage du cas d’une plaque infinie à celui d’une plaque de largeur
finie. La forme générale du facteur de concentration de contraintes peut s’écrire selon [23]
σ max
sous la forme : Kt = (I.7)
σg

Où, Kt, σmax et σg sont respectivement le facteur de concentration de contraintes, la


contrainte élastique maximale au fond d’entaille et la contrainte globale à laquelle la structure
est soumise.

Figure.I.13:Différents paramètre géométrique définissant une entaille simple selon


[19] et [21].

17
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

Figure. I.14: Définition de la contrainte globale, maximale et nominale [24].


Pour [20] le facteur de concentration de contrainte élastique est relié à la contrainte nominale
σnom selon la relation suivante :
σ max
Kt = (I.8)
σnom

La définition de la contrainte maximale, de la contrainte globale et de la contrainte nominale


est donnée en figure I.14
Les contraintes maximales σmax et τmax sont déterminées numériquement par éléments
finis ou expérimentalement par la méthode de la photoélasticimétrie. Les contraintes
nominales σnom et τnom sont données par les équations de la résistance des matériaux. Ces
contraintes sont déterminées mathématiquement au moyen des équations établies à la suite des
travaux de Neuber [25] (formule de Peterson). Smith, (1978) [26] indique que la propagation
de la fissure sera gérée uniquement par la contrainte nominale.

I.5.2. Facteur d’intensité des contraintes


Les facteurs d’intensité de contraintes correspondent à des cinématiques particulières
du mouvement des fissures, dans le cadre de la mécanique linéaire de la rupture, les
contraintes et les déformations au voisinage d’une fissure admettent un développement
asymptotique dont le terme singulier s’écrit :
1
𝜎𝑖𝑗 = Kα 𝑓 𝛼 (𝜃)
√2πr 𝑖𝑗
{ 𝐾 1 𝛼 𝛼 = 1,2,3 (I.9)
𝜀𝑖𝑗 = 𝛼 𝑔𝑖𝑗 (𝜃)
√2πr

Kα est le facteur d’intensité des contraintes (FIC) en mode α, avec α=I, II ou III. Les
fonctions f et g donnent la répartition angulaire. Ainsi que dans plusieurs ouvrages de
mécanique de la rupture [François et Al.1993], [Miannay 1995]. Lorsque l’on se trouve en
mode I pur, l’état local de contraintes et de déformations peut être caractérisé à l’aide du seul
1
paramètre KI : 𝜎𝑖𝑗 = K 𝐼 𝑓 1 (𝜃) + 𝑇𝜎𝑥𝑖 𝜎𝑥𝑗 + 𝑂(√𝑟) (I.10)
√2πr 𝑖𝑗

18
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
Les FIC caractérisent la force de la singularité du champ des contraintes à l’extrémité
de la fissure. Ils sont proportionnels aux discontinuités des déplacements des lèvres de la
fissure, et ne dépendent que de la répartition des efforts extérieurs et de la géométrie de la
fissure.
KI KII KIII sont des constantes indépendantes de r et 𝞱. Elles sont appelées facteurs d'intensité
des contraintes. Ils caractérisent la distribution des contraintes au voisinage du fond de fissure.
Chaque facteur caractérise un mode de sollicitation. Les facteurs d’intensité des contraintes
sont fonction de la longueur de la fissure, de la géométrie de la pièce et de son chargement ; ils
s'expriment en MPa√𝑚.
Les coefficients KI dépendent à la fois de la structure, par sa géométrie et son
chargement, et de la fissure par sa taille, sa forme et sa position. Ils sont caractéristiques de la
singularité de contrainte en pointe de fissure et de la discontinuité de déplacement le long des
lèvres de la fissure.
K est le facteur d’intensité de contrainte. Il dépend de la longueur de la fissure, de la
géométrie et des forces appliquées, r est la distance radiale de la fissure, et fij est une fonction
de θ, l’angle du plan de la fissure : 𝐾𝐼 = 𝜎𝑎𝑝𝑝 √𝜋𝑎 (I.11)
Avec :
 𝜎𝑎𝑝𝑝 =la contrainte applique
 2a: la longueur de la fissure
Les FIC caractérisent la force de la singularité du champ des contraintes à l’extrémité
de la fissure. Ils sont proportionnels aux discontinuités des déplacements des lèvres de la
fissure, et ne dépendent que de la répartition des efforts extérieurs et de la géométrie de la
fissure. La Figure I.15 représente la variation de la contrainte devant la pointe de la fissure, la
solution de Westergaard et al. [28] Implique que les contraintes approchent l’infini si r tend
vers zéro la singularité), le facteur d’intensité de contrainte est donc un constant qui permet de
mesurer la singularité des contraintes à r et θ donnés.

19
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
Figure. I.15: La variation de FIC.

I.5.2.1. Champs de contrainte et déplacement an fond de fissure


On donne les résultats correspondant successivement aux modes I, II, III Où r et θ sont
les coordonnées polaires d’un point P par rapport au front de fissure (Figure I.20). Ainsi la
singularité du champ de contraintes est connue dès que l’on connait l’expression des F.I.C.
[27]

Figure.I.16: champ des contraintes au voisinage de la fissure.


Mode I
Contraintes :
𝜃 3𝜃
1 − sin( 2 ) sin( 2 )
𝜎𝑥𝑥
𝐾 𝜃 𝜃 𝜃
{𝜎𝑥𝑦 } = 𝐼 cos ( ) sin( )cos ( ) (I.12)
√2𝜋𝑟 2 2 2
𝜎𝑦𝑦 𝜃 3𝜃
{1 + sin( 2 ) sin( 2 )}
𝜎𝑧𝑧 = 𝑣 (𝜎𝑥𝑥 + 𝜎𝑦𝑦) 𝑒𝑛 𝑑é𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑝𝑙𝑎𝑛𝑒
{
𝜎𝑧𝑧 = 0, 𝑒𝑛 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑎𝑖𝑛𝑡𝑒 𝑝𝑙𝑎𝑛𝑒
Déplacements :
𝜃 𝜃
1 − 𝑐𝑜𝑠 (2) [𝑥 − 1 + 2 sin2 ( 2)]
𝑈𝑥 𝐾𝐼 𝑟
{𝑈 } = 2𝜋𝑟 √√2𝜋 { 𝜃 𝜃 } (I.13)
𝑦 sin ( ) [𝑥 + 1 − 2 cos2 ( )]
2 2

Avec :
u : le module de cisaillement
𝑥 = 3 − 4𝑣 𝑒𝑛 𝑑é𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑝𝑙𝑎𝑛𝑒
{
𝑥 = 3 − 𝑣/1 + 𝑣 𝑒𝑛 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑎𝑖𝑛𝑡𝑒 𝑝𝑙𝑎𝑛𝑒

Mode II
Contraintes :

20
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
𝜃 𝜃 3𝜃
sin( 2) [2 + 𝑐𝑜𝑠 ( 2 ) sin( 2 )]
𝜎𝑥𝑥
𝐾 𝜃 𝜃 3𝜃
𝜎
{ 𝑥𝑦 } = 𝐼𝐼 cos( 2) [1 − 𝑠𝑖𝑛 ( 2 ) sin( 2 )] (I.14)
√2𝜋𝑟
𝜎𝑦𝑦 𝜃 𝜃 3𝜃
{ sin( 2) cos ( 2) cos( 2 ) }
Déplacements :

𝜃 𝜃
1 − 𝑠𝑖𝑛 ( 2) [𝑥 − 1 + 2 cos 2 ( 2)]
𝑈𝑥 𝐾𝐼𝐼 𝑟
{𝑈 } = 2𝜇 √ { 𝜃 𝜃 } (I.15)
𝑦 √2𝜋 cos ( 2) [𝑥 − 1 − 2 sin ( 2)]

Mode III
Contraintes :
𝜃
−sin( 2)
𝜎
{ }=
𝐾𝐼𝐼𝐼
{
𝑥𝑦 𝜃 } (I.16)
𝜎𝑦𝑦 √2𝜋𝑟 cos( 2)

Déplacements :
𝐾𝐼𝐼𝐼 𝑟 𝜃
{𝑈𝑧 } = √√2𝜋 sin( 2) (I.17)
√2𝜇

I.5.2.2. La singularité
Les calculs précédents montrent que les champs de contraintes et de déformations
présentent une évolution1/√𝑟, qui lorsque r tend vers zéro, le terme singulier dominait les
autres termes (qui ne deviennent pas infinis au fond de fissure). Il s’en suit que est le seul et
unique caractéristique de ce qui se passe au front de fissure pour un corps élastique linéaire.

I.5.2.3. Critère de rupture :


Nous nous placerons dans la mode I de sollicitation, la rupture se
produit lorsque le facteur KI atteint une valeur critique KIC cette valeur
caractérise la résistance d‘un matériau à la propagation brutale d’une fissure en
mode I et en déformations planes. KIC est indépendant de la géométrie de
l’entaille et de l’éprouvette. On a donc ce critère de rupture :
KI ˂ KIC : Pas de rupture.
KI = KIC : Rupture brutale.
Ce critère de rupture correspond à une distribution critique des contraintes an
fond de fissure. C'est ce que montre la figure (I.17) :

21
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

Figure.I.17 : la distribution normale et critique des contraintes à fond de


fissure correspondant respectivement à KI et KIC.
I.5.3. le taux de restitution d’énergie
Le taux de restitution d’énergie représente l’énergie nécessaire pour faire progresser la fissure d’une
longueur unité. Elle correspond à la décroissance de l’énergie potentielle totale Wp pour passer
d’une configuration initiale avec une longueur de fissure « a », à une autre ou la fissure s’est
propagée d’une longueur da :

𝜕𝑊𝑝
𝐺 = − 𝜕𝐴 𝑊𝑒 = ∫Ω 𝜎: 𝜀
{ Avec { (I.18)
𝑊𝑝 = 𝑊𝑒 + 𝑊𝑒𝑥𝑡 𝑊𝑒𝑥𝑡 = ∫Ω 𝑓𝜇

Ou We représente l’énergie de déformation élastique, Wext l’énergie potentielle des forces


extérieures f, et ∂A l’incrément de surface correspondant à l’extension de la fissure.
En utilisant le champ des contraintes dans la zone singulière et la loi de comportement
élastique linéaire. Il est possible de relier le taux de restitution d’énergie aux facteurs
d’intensité de contrainte par :
𝐸′ = 𝐸 𝑒𝑛 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑎𝑖𝑛𝑡𝑒𝑠 𝑝𝑙𝑎𝑛𝑒𝑠
𝐸
(𝐾𝐼2 +𝐾𝐼𝐼
2
) 2
𝐾𝐼𝐼𝐼 𝐸 ′ = 1−𝜐2 𝑒𝑛 𝑑é𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑝𝑙𝑎𝑛𝑒𝑠
𝐺= + (I. 19)
𝐸′ 2𝜇
𝐸
{𝜇 = 2(1+𝜐) 𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑒 𝑚𝑜𝑑𝑢𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑖𝑠𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡

Ou E est le module d’Young et υ le coefficient de poisson. Pour un matériau orthotrope, ces


relations s’écrivent :
1 1
𝛼 𝛼 𝛼 1/2 2𝛼12 +𝛼66 2
2
𝐺𝐼 = 𝐾𝐼2 ( 112 12 ) [(𝛼22 ) + ] (I.20)
11 2𝛼11

1 1
𝛼 𝛼 1/2 2𝛼12 +𝛼66 2
2
𝐺𝐼𝐼 = 𝐾𝐼𝐼2 ( 211 ) [(𝛼22 ) + ] (I.21)
11 2𝛼11

De ces relations, nous voyions que la connaissance du taux de restitution d’énergie G I, II et des
coefficients élastiques αij, permet d’accéder aux facteurs d’intensité de contraintes KI et KII.

22
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
Sur la courbe Force/Déplacement, OA correspond à une fissure de longueur a, et OB à une
fissure de longueur a+δa. G représente l’aire située dans le triangle OAB pour un essai
effectué à charge imposée ou dans le triangle OAC pour un pilotage en déplacement imposé.

Figure I.18: Relation entre G et la complaisance de la structure

I.5.4. Intégrale de Rice

On considère un milieu bidimensionnel fissuré, dont la fissuré sera supposée rectiligne.

Le contour c’est un contour ouvert, orienté dont les extrémités se trouve sur les faces
∂μi
supérieure et inférieure de la fissure : J = ∫C (We (ε)ηI − σij ηj ) ds (I.22)
∂x

Figure I.19 : Contour d’intégration

Où : We : est la densité d’énergie de déformation élastique telle que : σij=∂We/∂ εij (I.23),

μ : est le vecteur déplacement en un point du conteur C avec la normale n tournée vers


l’extérieur et σ représente le champ de contraintes.

 L’intégrale J est indépendante du contour (à condition qu’il n’y ait pas de forces de surface
sur les lèvres de la fissure, que l’on soit en conditions isothermes, et en quasi-statique) ;

 L’intégrale J représente le taux de décroissance de l’énergie potentielle :


J = (∂Wp/∂A)=G (I.24)

 L’intégrale J permet, dans certaines conditions, de décrire le champ des contraintes et des
déformations à la pointe de la fissure.

23
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
Dans les cas où la plasticité est importante, on effectue une analogie avec un matériau
élastique non linéaire. Cette hypothèse est valable à condition qu’il n’y ait pas de brusques
variations dans la direction du chargement appliqué, et donc, pas de déchargement. En effet, le
déchargement en élasticité non linéaires, et permet ainsi d’intégrer le champ des contraintes et
des déplacements à la fissure. Ayant ainsi fait l’analogie entre l’élastoplasticité et l’élasticité
non linéaire, l’intégrale J peut être obtenue, comme précédemment, par la méthode de la
𝑊 𝜕𝑃 𝑃 𝜕𝑊
complaisance : 𝐽 = − ∫0 (𝜕𝑎 ) 𝑑𝑊 = ∫0 ( 𝜕𝑎 ) 𝑑𝑃 (I.25)
𝑊 𝑃

Figure I.20:Détermination de J par la méthode de la complaisance

I.5.5. La relation entre J, G, K en élasticité :


𝑑𝑃 1−𝜐2
− 𝑑𝑎 = 𝐽𝐼 = 𝐾𝐼2
𝐸
On a : 𝑑𝑃 1−𝜐2 2
} (I.26) En déformation
− 𝑑𝑎 = 𝐽𝐼𝐼 = 𝐾 𝐼𝐼
𝐸

𝐾𝐼2
𝐽𝐼 = = 𝐺𝐼
𝐸
2 } (I.27) En contrainte plane
𝐾𝐼𝐼
𝐽𝐼𝐼 = = 𝐺𝐼𝐼
𝐸

Lorsque les deux modes se superposent, on aura :


1−𝜐2
𝐽𝐼 = (𝐾𝐼2 + 𝐾𝐼𝐼2 ) (I.28)
𝐸

I.6. Méthodes d’enrichissement traitant de la fissuration


Le traitement de la fissuration a fait l’objet de plusieurs travaux spécifiques permettant de
répondre aux deux difficultés posées par la propagation de fissure. La première, d’ordre
technique, concerne les difficultés dues aux processus de maillage et de remaillage au cours de
la propagation. Cette difficulté est induite par l’utilisation de la méthode des éléments finis qui
reste aujourd’hui la méthode de simulation la plus répandue dans le milieu industriel. Elle
provient du fait qu’une fissure ne peut se propager que le long des bords des éléments. En
d’autres termes, le maillage doit être conforme à la géométrie de la fissure. La deuxième
difficulté concerne la description correcte des champs singuliers en pointe de fissure. Cette
singularité est en effet difficile à représenter avec des éléments finis classiques. Néanmoins,

24
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
les lois de propagation de fissure s’alimentent de données locales en pointe de fissure telles
que les contraintes et les déformations pour prédire la direction de propagation. Dans cette
partie, conscient de l’intérêt très marqué des industriels pour la méthode des éléments finis,
nous présenterons essentiellement des approches qui en sont issues. Mais d’autres approches
permettent de répondre à la question telle que la méthode des équations intégrales appliquée à
la fissuration par (K, Hocine) en 1998 [29]. Trois approches de philosophie différente sont
présentées dans cette partie. La première approche est celle de Tong et Pian en 1973. Afin de
mieux décrire la solution en pointe de fissure, ils proposent un élément fini hybride spécifique
pour les problèmes plans de mécanique élastique linéaire de la rupture. Les deux autres
approches sont basées sur un enrichissement de la cinématique du milieu continu qui permet
d’introduire une discontinuité dans le champ de déplacement. Ainsi, la méthode de la partition
de l’unit´ e (PUM) introduite par Melenk et Babuska [30] propose une façon d’augmenter
l’espace d’approximations de la solution et a donné lieu à la méthode des éléments finis
étendus (X-FEM) Belytschko et Black 1999 [31], Moes et al. 1999 [32] et `a celle des
éléments finis généralisés (G-FEM) Strouboulis et al. 2000 - 2001. Enfin, l’approche des
fortes discontinuités (SDA) Oliver et al [33] prend en compte un saut de déplacement au sein
de chaque élément suivant le concept d’Enhanced Assumed Strain [34].

25
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

I.7. La concentration des contraintes

I.7.1. Introduction
Beaucoup de composants d’ingénierie contiennent des discontinuités géométriques, telles que des
épaules, rainures de clavette, trous d’huile et cannelures, généralement nommées des entailles. Quand
un composant entaillé est chargé, des concentrations locales de contraintes et déformations sont
produites dans une petite région autour de l’entaille, même pour des contraintes nominales élastiques
relativement faibles.
L’entaille, au sens strict du terme, n’est pas la seule particularité morphologique susceptible de créer
une concentration de contraintes. Les épaulements, les trous et, en règle générale, toutes les
discontinuités de forme provoquent le même phénomène. Afin de bien illustrer ce problème, considérons
une plaque en présence d’un trou central sous traction. En effet, sans la présence d’un trou, la trajectoire
de ces lignes sera modifiée. On constate que ces lignes sont perturbées autour du trou ainsi que leur
densité. C’est juste une illustration schématique qualitative pour bien montrer que l’origine de la
concentration de contraintes est une perturbation de forme d’une pièce mécanique [35].

I.7.2. Concentration de contrainte dans une plaque trouée en traction


Ce problème a pour objectif de montrer que la présence de trous, et plus généralement d’entailles
et autres congés de raccordement conduit à un affaiblissement de la structure en raison de sur contraintes
locales, appelées concentrations de contrainte. Il est donc bon d’éviter, autant que possible, le perçage
ou l’usinage de d´défauts ou de parties fonctionnelles de ce type. Lorsque la présence de concentrateurs
de contraintes est inévitable, il est n´nécessaire de connaître le facteur de concentration de contrainte
associe à chaque géométrie, notion introduite dans ce problème, afin de dimensionner les structures. Le
cas de la traction d’une plaque percée d’un trou circulaire est analysé dans le détail avant d’évoquer
d’autres concentrateurs tels que les trous elliptiques. L’étude est menée dans le contexte des petites
perturbations pour un milieu isotrope, dans son ´état naturel, au comportement élastique linéarisé. On
commence par la description de l’outil de résolution privilégié pour les problèmes traités, à savoir les
fonctions de contraintes ou fonctions d’Airy, qui sera appliqué dans les sections suivantes.
I.7.2.1. Champ de contraintes dans une plaque trouée en traction simple
Une plaque d’épaisseur (e=2mm) percée d’un trou cylindrique à section circulaire de rayon (a) est
soumise à ses extrémités à un état de traction simple. La géométrie et les données de ce problème sont
illustrées par le schéma de la figure II.1. L’axe du trou est e3 et la direction de traction est e1. La longueur
et la largeur de la plaque sont supposées suffisamment grandes par rapport à (a) pour que l’état de

26
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
contrainte loin du trou ne soit pas affecté par la présence du trou et puisse donc être assimilé à l’état
homogène suivant :
𝜎 ∞ = 𝜎 ∞ 𝑒1 ⨂ 𝑒1 (II.1)
Où σ∞> 0 est la contrainte imposée, donnée du problème. Dans tout le problème, le bord du trou
ainsi que les surfaces z = ±h (telle que z = T/2) sont libres d’effort.
Un système de coordonnées cylindriques (O, r, θ) est adopté, O étant le centre du trou, l’angle θ
étant mesuré par rapport à e1. Compte tenu des caractéristiques du chargement, le traitement du
problème est justiciable d’une résolution en contraintes planes, fût-elle approchée. Le champ de
contraintes est donc recherché sous la forme.

Figure I.21 : Plaque percée d’un trou circulaire de rayon a et soumise, loin du trou, à une
sollicitation de traction simple d’intensité σ ∞
I.7.2.2. Champ de contraintes loin du trou
Donner les composantes du tenseur des contraintes loin du trou dans le système de coordonnées
cylindriques. Donner une fonction de contraintes X(r, θ) correspondant à un champ de traction simple
en intégrant les relations.
1 𝜕𝑋 1 𝜕2 𝑋 𝜕 1 𝜕𝑋
𝜎𝑟𝑟 = + (II.2) Et 𝜎𝑟𝜃 = − ( )(II.2)
𝑟 𝜕𝑟 𝑟2 𝜕𝜃2 𝜕𝑟 𝑟 𝜕𝜃
On substitue
𝑒1 = cos 𝜃 𝑒𝑟 − sin 𝜃 𝑒𝜃 (II.3)

Autrement dit,

27
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
∞ 𝜎∞
𝜎𝑟𝑟 = (1 + cos 2𝜃)
2
∞ 𝜎∞
𝜎𝜃𝜃 = (1 − cos 2𝜃) (II.4)
2
∞ 𝜎∞
{ 𝜎𝑟𝜃 = − 2
sin 2𝜃

Pour trouver une fonction de contrainte conduisant au champ de traction simple, ont intégré
2
𝜕 𝑋
l’équation 𝜎𝜃𝜃 = 𝜕𝑟2
𝜎∞ 𝑟2
En trouve 𝜒= (1 − cos 2𝜃) + 𝑔(𝜃)𝑟 + ℎ(𝜃) (II.5)
2 2

En calculant σrθ grâce à l’équation, on trouve que h = Constante. En calculant σrr, on trouve que g =
g1 cos θ + g2 sin θ. On vérifie que la contribution aux contraintes des termes en h, g1, g2 est nulle de sorte
qu’on ne perd pas en généralité en prenant h = g1 = g2 = 0. Finalement, une fonction de contraintes
𝜎∞ 𝑟2
associée à l’état de traction simple est 𝜒= (1 − cos 2𝜃) (II.6)
2 2

I.7.2.3. Concentration de contrainte au bord du trou


Le champ de contraintes trouvé précédemment indique que les contraintes ne sont pas homogènes
dans une plaque trouée sollicitée en traction à ses extrémités. La décroissance rapide du champ de
contraintes assure que ces hétérogénéités se développent seulement au voisinage du trou et que le champ
suffisamment loin du trou peut être considéré comme homogène.
Le champ de contraintes σ est représenté sur la figure II.2(a), ce qui permet de voir que cette
composante est plus forte au bord du trou que partout ailleurs dans la plaque. Les cartes des contraintes
principales des figures II.2(b) et (c) montrent que celles-ci sont maximales au bord du trou. Il existe donc
des sur contraintes en bord de trou, appelées concentrations de contraintes. Elles jouent un rôle essentiel
dans l’amorçage de la rupture dont l’étude fait l’objet de cette partie.

28
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
(a) : σθθ/ σ∞ (b) : σ1/ σ∞

(c) : σ2/ σ∞
Figure I.22 : Représentation par lignes de niveaux du champ de contraintes autour d’un trou
dans une plaque en traction selon la direction 1. Les grandeurs représentées sont : (a) la
composante σθθ, (b) la plus grande contrainte principale en chaque point, (c) la plus petite
contrainte principale en chaque point.
Toutes les contraintes sont normalisées par la valeur de la contrainte axiale loin du trou. Pour des
raisons de symétrie, un quart seulement de la plaque trouée est représenté [36].
I.7.3. Concentration élastique linéaire de contrainte
I.7.3.1. Entaille circulaire dans une plaque infinie sous chargement de traction
Les distributions des contraintes autour d’un trou central peuvent être estimées pour le cas
simple d’une plaque infiniment large soumis au chargement de tension. Les distributions globales
de contrainte dans la plaque sont:
𝜎 𝑎2 𝜎 𝑎4 𝑎2
𝜎𝑟𝑟 = (1 − 2 ) + (1 + 3 4 − 4 2 ) cos 2𝜃
2 𝑟 2 𝑟 𝑟
𝜎 𝑎2 𝜎 𝑎4
𝜎𝜃𝜃 = 2 (1 + 𝑟 2 ) − 2 (1 + 3 𝑟 4 ) cos 2𝜃(II.7)

𝜎 𝑎4 𝑎2
𝜎𝑟𝜃 = − (1 − 3 4 + 2 2 ) sin 2𝜃
2 𝑟 𝑟
Ou : σ est la charge appliquée.

29
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

Figure I.23: distribution des contraintes autour d'une entaille circulaire


La surface de l’entaille est définie par la position r = a.
Nous avons appris que l’état de contrainte dans la plaque est approximativement en contrainte
plane (l’épaisseur de la plaque e a) donc : σzz =σzr = σzθ =0.
Pour r = a, la distribution des contraintes autour du trou est donnée par :
𝜎𝑟𝑟 (𝑟 = 𝑎, 𝜃) = 0
𝜎𝜃𝜃 (𝑟 = 𝑎, 𝜃) = 𝜎(1 − 2 cos(2𝜃))(II.8)
𝜎𝑟𝜃 (𝑟 = 𝑎, 𝜃) =0
I.7.3.2. Facteurs élastiques linéaires de concentration de contrainte Kt
Les valeurs du facteur de concentration de contrainte ont été obtenues pour différentes
géométries et sont généralement regroupées dans des tables « mechanical engineering
handbook », deux types de facteurs de concentration de contraintes sont généralement trouvés
dans la littérature [37]. Le premier est le facteur de concentration de contraintes basé sur la
contrainte élevée Ktg. Il est donné par :
σmax
𝐾𝑡𝑔 = (II.9)
σ

Ou σmax est la contrainte maximale sur le font d’entaille et σ la contrainte appliquée. De même,
on peut aussi définir le facteur de concentration de contrainte basé sur la contrainte nominal, Ktn.
Il est donné par la formule suivent :
σmax
𝐾𝑡𝑛 = (II.10)
σnom

Ou σnom est la contrainte nominale (moyenne) agissant sur la section nette Anet le long de
ligament.
Pour une charge appliquée P, on a :
𝑃 = 𝜎. 𝐴 = 𝜎𝑛𝑜𝑚 . 𝐴𝑛𝑒𝑡 (II.11)
Donc
𝐴
𝜎𝑛𝑜𝑚 = 𝜎. 𝐴 (II.12)
𝑛𝑒𝑡

Pour une plaque de largeur 2W avec un trou circulaire de rayon a = r, σnom est donnée par :

30
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
𝜎
𝜎𝑛𝑜𝑚 = 𝑟 (II.13)
1−
𝑤

Les deux facteurs de concentration de contrainte sont reliés par l’équation suivante :
𝑟
𝐾𝑡𝑛 = 𝐾𝑡𝑔 . ( 1 − 𝑤)(II.14)

Ces définitions reposent sur une constatation fondamentale. Pour un type de chargement donné, le
rapport entre la contrainte réelle (dans le cas où elle est inférieure à la limite d’élasticité) et la contrainte
nominale en un point ne dépend pas de la valeur de la charge appliquée. Le choix du coefficient qui
représentera les concentrations de contraintes est donc tout naturel.
L’indice « t » est employé pour indiquer que ces coefficients sont théoriques et que leur calcul repose
sur les hypothèses de la théorie de l’élasticité.
I.7.3.3. Facteur de Concentration de contrainte
Donner la valeur de la contrainte ortho radiale σθθ au bord du trou en fonction de l’angle θ.
Indiquer à quel endroit cette contrainte est maximale et quelle valeur elle y prend. Calculer le facteur de
concentration de contrainte défini par
σmax
𝐾𝑡 = 𝜃𝜃
(II.15)
σ∞

La contrainte ortho radiale vaut


𝜎𝜃𝜃 (𝑟 = 𝑎) = 𝜎∞(1 − 2 cos(2𝜃))(II.16)
Au bord du trou, on distingue deux situations :
Traction simple : la contrainte σθθ est maximale en θ= ±π/2 et vaut trois fois la contrainte
appliquée. Le facteur de concentration de contrainte vaut donc :
𝐾𝑡𝑡𝑟𝑎𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 = 3
La contrainte σθθ est minimale en θ = 0 et θ = π ou elle vaut -σ∞.
Le facteur de concentration de 3 en traction montre l’affaiblissement qu’apporte la
présence d’un trou dans une plaque. Il peut conduire à une rupture précoce de la plaque étudiée.
Les facteurs de concentration de contrainte se lisent aussi sur les courbes de la Figure II.4.

31
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

Figure I.24 : Profils des contraintes radiales et ortho radiale normalisées par la contrainte
appliquée en partant du pôle (θ = 0) et de l’équateur (θ = π/2) en fonction de la distance
relative r/a par rapport au trou.[36]
I.7.3.4. Facteur de concentration de contrainte pour une entaille elliptique

Figure I.25: plaque contenant une entaille elliptique avec a et b les deux demi axes soumis à
un chargement de traction
On considère que le matériau est élastique linéaire et obéis à la loi de Hooke contenant
un défaut de forme elliptique de longueur 2a et de rayon a fond d’entaille ρ ([Link].5) la
frontière du trou elliptique est décrit par la forme :
𝑥2 𝑦2
+ 𝑏2 = 1(II.17)
𝑎2

Le rayon de courbure au point C est :


𝑏2
ρ=
𝑎

32
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
Là où la plus grande concentration de contrainte se produit. La contrainte locale à l’extrémité.
C’est d’après les calculs :
2𝑎 𝑎
𝜎𝛾𝛾 (𝑎, 0) = 𝜎 (1 + ) = 𝜎 (1 + 2√𝜌)(II.18)
𝑏

Pour un trou circulaire (a=b), alors σγγ (a, 0)/σ ≈3


L’expression mathématique du facteur de concentration de contrainte pour une entaille elliptique a
été donnée par Peterson [38] à la suite des travaux de Neuber [39], pour des formes de pièces simple,
pour le cas en traction. Il a proposé :
2𝑎 𝑎
𝐾𝑡𝑛 = 1 + = 1 + 2√𝜌(II.19)
𝑏

a et b étant les demi- longueur de l’entaille et ρ le rayon de courbure de l’entaille.


Dans le cas d’un trou, on a a= b, d’où Ktn=3. Ktn est défini comme le rapport de la contrainte
maximale réelle dans la zone de discontinuité (entaille, trou, par exemple) a la contrainte dans la section
nette :
𝐾𝑡𝑛 = 𝜎𝑚𝑎𝑥 /𝜎𝑛𝑜𝑚 (II.20)
σmaxest calculable par les méthodes numériques comme la méthode des éléments finis ou par
méthodes analytiques pour les géométries simples. Elle est également mesurable par les techniques
d’analyses de contraintes expérimentales comme la photoélasticimétrie, l’extensomètre ou encore les
méthodes technique.
En résumé, la contrainte σmax est déterminée par un calcul analytique dans les configurations
géométriques connues, dans les autres cas (entaille aigue), on a recours à un calcul par la méthode des
éléments finis.

I.7.4. Méthode utilisées pour mesurer le facteur de concentration de


contrainte
I.7.4.1. Théorie de l’élasticité
Dans certains cas simples, il est possible de résoudre mathématiquement les équations de
l’élasticité et d’obtenir les facteurs théoriques de concentration des contraintes. Cas type : le
calcul du facteur de concentration, résultant de l’introduction d’un petit trou elliptique, dans une
grande plaque soumise à des contraintes unie-axiale avec une contrainte nominale σ0, on trouve
𝑎
𝐾𝑡 = 1 + 2 𝑏(II.21)

Ou a et b sont les demi-longueurs des axes de l’ellipse. Cependant, dès que la géométrie ou l’état
de contrainte devient un peu compliqué, il est quasi impossible de calculer théoriquement les

33
Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
facteurs de concentration. On utilise alors une des méthodes expérimentales décrites brièvement
ci-après.

Figura I.26 : Distribution des contraintes à une discontinuité. [38]


I.7.4.2. Photoélasticité
La photoélasticité est la méthode expérimentale la plus pratique et la plus universelle pour étudier
les concentrations des contraintes. Elle utilise un polariscope qui permet de visualiser sous la forme
de franges de polarisation. Les contraintes induites dans un modèle translucide. Elle permet de
visualiser la répartition des contraintes dans la pièce et de déceler ainsi les régions ou les contraintes
sont très élevées (concentration de contrainte) ou faibles.
Le phénomène utilisé en photoélasticité est celui de la biréfringence (double réfraction) que
développent certains matériaux transparents en présence d’un état de contrainte. Il existe alors une
relation entre les axes principaux de contraintes et les axes optiques principaux.

Figure I.27:Montage de polariscope.


La figure IV.8 montre des résultats expérimentaux par la technique de photoélasticité, afin de
appliqué un essai de traction sur une plaque trouée. [39]

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Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

Figure I.28 : Photoélasticité d’une plaque trouée en traction. [39]


I.7.4.3. Jauges électriques de contrainte
Une jauge de contrainte est un capteur dont la résistance varie selon la force appliquée. Elle
convertit la force, la pression, la tension, le poids, etc. en une variation de la résistance électrique
qui peut ensuite être mesurée.
Lorsque des forces extérieures sont appliquées à une plaque, il en résulte une contrainte et une
déformation. La contrainte est définie par les forces de résistance internes, et la tension est définie
par le déplacement et la déformation qui en découlent.
La jauge de contrainte constitue l’un des outils les plus importants des techniques de mesure
électriques appliquées à la mesure de facteur de concentration de contrainte.
On peut coller une très petite jauges électrique sur le point présume de concentration
maximale (par exemple : le bord d’un trou, le fond d’un congé ou d’un filetage). Cette méthode
courante ne permet d’obtenir que les contraintes induites en surfaces. Mais ce sont généralement les
plus grandes. La photo de la figure IV.9 indique la position et la direction des trois jauges a, b et c.

Figure I.29 : L’emplacement de jauges sur la plaque troué. [40]

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Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

I.7.4.4. Autre méthode expérimentale


De nombreuses autres méthodes sont utilisées pour connaitre les concentrations de
contrainte. Le procédé de « vernis craquelant » consiste à déposer sur la région étudiée une
couche de laque fragile. Lorsque celle-ci est sèche. On applique les charges progressivement et
on surveille l’apparition de la première craquelure. Les première fissures apparaitront la ou des
déformations sont les plus grandes et elles seront perpendiculaires a leur direction.
Il existe aussi plusieurs procédés ou une grille est tracée ou collée sur la surface de la pièce. Les
déformations de cette grille permettent de déduire les contraintes au voisinage d’une
discontinuité (méthode de la grille incluse ou des franges de moiré).
I.7.4.5. Méthode analogique
Les méthodes analogiques consistent à reproduire des phénomènes physiques obéissant
aux mêmes lois que les contraintes. On peut montrer en effet que les contraintes normales.
Dans une pièce bidimensionnelle par exemple satisfont aux mêmes équations que les vitesses
d’un fluide s’écoulant dans un canal plan de même forme que la pièce sollicitée. Ces méthode
sont commodes pour deux raisons surtout : elles peuvent être appliquées de manière
approximative et elles permettent de concevoir des moyens pour diminuer l’effet des
changements brusques de section. Considérons la pièce de la figure II.11. Imaginons que les
forces. Dans la pièce, sont représentées par une série de lignes semblables à celles qui forment
les lignes de courant de l’écoulement d’un liquide, dans une conduite ayant la même forme
que la pièce.
Plus la contrainte des lignes est grande plus les contraintes sont grandes (les contrainte se
comparent à la vitesse du fluide dans le problème analogique d’écoulement)

Figure II.30 : analogie entre un écoulement et la distribution des contraintes.

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Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture
I.7.5. Moyens de diminuer les effets des concentrations des contraintes

La méthode des lignes de forces permet d’envisager des modifications géométriques à apporter
aux pièces de machines de façon à diminuer les concentrations de contrainte. Il s’agit, en fait,
d’empêcher la concentration des lignes de force au chargement de section. Le principe directeur est le
suivant : le chargement de section droit se faire le moins brusquement possible. Il faut donc employer
les plus grandes rayons de raccordement possibles.

En partant du même principe, on peut imaginer ce qui suit : dans une plaque en traction, un trou
elliptique est moins dommageable si son grand axe est dans la direction des contraintes, et ce pour une
même section nette ou t est l’épaisseur de la plaque, donc, en enlevant plus de matériau, on diminue
l’effet du chargement de section.

Lorsqu’on ne peut éviter d’avoir un petit rayon de raccordement. D’avoir un trou dans un arbre ou
une plaque. Et que ces chargements de section présentent des dangers pour la pièce, on peut, en enlevant
du matériau, réduire effet dommageable Figure II.12 (a) et (b).

Figure II.31 : Effet d’un trou dans une plaque.

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Chapitre I : Approche à la mécanique de la rupture

Figure II.32: moyen de diminuer les concentrations des contraintes.

Conclusion :

Le but de la mécanique de rupture est de formuler des critères, c’est-à-dire de définir les
conditions pour les quelle un défaut identifié (ou non) peut se propager sous une sollicitation
donné.

On cherche alors des relations quantitatives entre la taille des défauts, les contraintes
appliquées et un paramètre caractéristique du matériau, dit de ténacité KIC.

Dans ce chapitre, nous avons essayé de donner une idée générale sur la mécanique de
rupture, les différents paramètres de la rupture, le facteur d’intensité des contraintes, le taux de
restitution d’énergie et l’intégral de Rice.

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