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Chap 2

Ce chapitre présente deux méthodes numériques pour l'analyse des fissures : la Méthode des Éléments Finis (MEF) et la Méthode des Éléments Finis Étendus (XFEM). La MEF, bien que largement utilisée, rencontre des difficultés pour modéliser la propagation des fissures en raison de la nécessité d'un maillage conforme, tandis que la XFEM permet de représenter les fissures indépendamment du maillage, offrant ainsi une meilleure flexibilité. Les deux méthodes sont discutées en termes d'avantages, d'inconvénients et de leur application dans la mécanique de rupture.

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Chap 2

Ce chapitre présente deux méthodes numériques pour l'analyse des fissures : la Méthode des Éléments Finis (MEF) et la Méthode des Éléments Finis Étendus (XFEM). La MEF, bien que largement utilisée, rencontre des difficultés pour modéliser la propagation des fissures en raison de la nécessité d'un maillage conforme, tandis que la XFEM permet de représenter les fissures indépendamment du maillage, offrant ainsi une meilleure flexibilité. Les deux méthodes sont discutées en termes d'avantages, d'inconvénients et de leur application dans la mécanique de rupture.

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Chapitre 2 :

Méthode numérique pour l’analyse de la fissure


Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

Introduction

Dans ce chapitre nous présentons les 2 approches numériques utilisées pour analyser une
fissure : la FEM et la XFEM ainsi que leurs avantages et leurs inconvénients.
la MEF et apparu en premier et elle se base sur l'interpolation d'un champ de déplacement ou
de force pour transformer un milieu continu en milieu discret par sous domaine ou élément
fini. La partition du domaine en sous domaine de plus en plus serré permettait d 'arriver à une
solution acceptable. Elle a été utilisée en premier pour analyser la fissuration avec quelques
difficultés. La 2eme méthode appelée éléments finis étendus (XFEM) basée comme son nom
l'indique essentielle sur une modification de la MEF consistant à utiliser un enrichissement
de la cinématique du milieu continu (des fonction de formes). Elle a permit de combler
l'insuffisance de la MEF à analyser la propagation de la fissuration.

2.1. METHODE DES ELEMENT FINIS (MEF) :

La Méthode des Elément Finis, MEF (ou FEM ; Finite Element Method) est une technique
numérique utilisée pour trouver des solutions numérique d'équations différentielles. Des
difficultés surgissent en utilisant le MEF classique pour analyser la mécanique de rupture. En
effet avec la MEF un maillage présentant une discontinuité dans la maille, exige qu'une
nouvelle maille assure que les bords d'élément s'alignent sur la discontinuité [Abdelaziz et
Hamouine, 2008]. Ainsi le processus devient est laborieux et difficile à gérer [Zienkiewicz et
d'autres, 2005].

2.2 La modélisation des structures fissurées :


La méthode des Éléments Finis a été utilisée sous de nombreuses formes en mécanique de
la rupture. Un des problèmes dans la modélisation des structures fissurées est la description
géométrique de la fissure ; Dans le cadre de la méthode des Éléments Finis, elle est décrite
explicitement et fait partie intégrante des frontières du maillage.
Suivant le type de fissure que l'on cherche à étudier, diverses solutions sont envisageables.

24
Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

2.3 Modélisation des fissures par la méthode des éléments finis :


Avec cette méthode, le maillage doit tenir compte de la fissure : celle-ci doit être positionnée
sur des interfaces entre les mailles, et le fond de fissure sur un nœud du maillage. Au
voisinage du fond de fissure, la mécanique de la rupture prédit que le champ de contrainte
tend vers l’infini. Cette description est peut-être discutable physiquement, mais
mathématiquement cela implique que le déplacement devient singulier près du fond de
fissure.
Le taux de convergence d’une méthode numérique dépend principalement du degré des
fonctions de forme utilisées et de la régularité de la solution exacte. Signalons que la présence
de cette singularité empêche généralement que le taux de convergence optimal de l’élément
fini soit atteint. Par exemple, en élasticité bidimensionnelle, avec des éléments finis, une
solution suffisamment régulière permet d’obtenir une erreur en norme de l’énergie
homogène à O(h) (où h désigne le pas de maillage). La présence d’une fissure fait descendre
ce taux à O (√ℎ).

Afin de représenter cette singularité le plus précisément possible, il faut raffiner le


maillage autour du fond de fissure, ou utiliser un élément spécifique. Pour la deuxième
alternative, l’élément de Barsoum (27) est considéré comme une bonne méthode. Il s’agit de
construire une "boite à fissure", constituée d’un carré contenant 8 éléments triangulaires
ayant chacun une pointe sur le fond de fissure voir Fig.2.1. Sur ces triangles,

25
Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

Fig. 2.1- Boite à fissure : les 8 éléments ont un sommet sur le fond de fissure.

Dans un deuxième temps, le déplacement du domaine est calculé, et le taux de


restitution d’énergie est déduit, en général au moyen d’un post-traitement. Si celui-ci
dépasse l’énergie de cohésion, et que la fissure doit être propagée, alors cette opération est
simulée de manière itérative.

Une loi de propagation indique de quelle longueur on prolonge la fissure (il peut aussi être
question d’un changement de direction). II faut ensuite recalculer le taux de restitution
d’énergie. Ce qui nécessite de remailler le domaine, et de mettre à jour le raffinement
près du fond de fissure ou les éléments spécifiques de fond de fissure. Cette opération de
remaillage est coûteuse, et pas toujours facile à maîtriser. Ensuite, il faut recalculer le
déplacement, puis le taux de restitution d’énergie. Tant qu’il est supérieur à l’énergie de
cohésion on répète cette procédure.

2.4 Formulation de la méthode des éléments finis à la présence d’une fissure (cas de
dédoublement des nœuds) :

(a) Élément fini fissuré (b) Élément fini sain

Fig. 2.2: Représentation des maillages avec et sans fissure

L’approximation élément fini associée au maillage de la figure 3 est :

26
Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

10

𝑈𝑈 = � 𝑁𝑁𝑖𝑖 𝑈𝑈𝑖𝑖 (2.1)


𝑖𝑖=1

Où les 𝑼𝑼𝒊𝒊 sont les déplacements aux nœuds i et les 𝑵𝑵𝑵𝑵 sont les fonctions de forme associées
aux mêmes nœuds. On peut définir deux variables a et b par :

𝑢𝑢9 + 𝑢𝑢10
𝑎𝑎 = (2.2)
2

𝑢𝑢9 − 𝑢𝑢10
𝑏𝑏 = (2.3)
2

Qui représentent en fait la valeur moyenne et l’écart par rapport à cette valeur moyenne des
déplacements u 9 et u 10 de part et d’autre de la discontinuité. En faisant de même pour deux
autres variables c et d relatives aux déplacements verticaux, nous pouvons exprimer u 9 , u 10 et
v 9 , v 10 en fonction de a, b, c et d tel que :

𝑢𝑢9 = 𝑎𝑎 + 𝑏𝑏 (2.4)

𝑢𝑢10 = 𝑎𝑎 − 𝑏𝑏 (2.5)

𝑣𝑣9 = 𝑐𝑐 + 𝑑𝑑 (2.6)

𝑣𝑣10 = 𝑐𝑐 − 𝑑𝑑 (2.7)

Ensuite en remplaçant u 9 , u 10 et v 9 , v 10 en termes de a, b, c, d dans l’approximation


éléments finis, on obtient :

𝑢𝑢 = � 𝑢𝑢𝑖𝑖 𝑁𝑁𝑖𝑖 + 𝑁𝑁9 (𝑎𝑎 + 𝑏𝑏) + 𝑁𝑁10 (𝑎𝑎 − 𝑏𝑏) (2.8)


𝑖𝑖=1

𝑣𝑣 = � 𝑣𝑣𝑖𝑖 𝑁𝑁𝑖𝑖 + 𝑁𝑁9 (𝑎𝑎 + 𝑏𝑏) + 𝑁𝑁10 (𝑐𝑐 − 𝑑𝑑) (2.9)


𝑖𝑖=1

Si on introduit une fonction de Heaviside telle que :

27
Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

+1 𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝 𝑦𝑦 > 0
𝐻𝐻(𝑥𝑥, 𝑦𝑦) = � (2.10)
−1 𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝 𝑦𝑦 < 0

On peut alors écrire :

𝑢𝑢 = � 𝑢𝑢𝑖𝑖 𝑁𝑁𝑖𝑖 + 𝑁𝑁9 (𝑎𝑎 + 𝐻𝐻𝐻𝐻) + 𝑁𝑁10 (𝑎𝑎 − 𝐻𝐻𝐻𝐻) (2.11)


𝑖𝑖=1

𝑣𝑣 = � 𝑣𝑣𝑖𝑖 𝑁𝑁𝑖𝑖 + 𝑁𝑁9 (𝑐𝑐 + 𝐻𝐻𝐻𝐻) + 𝑁𝑁10 (𝑐𝑐 + 𝐻𝐻𝐻𝐻) (2.12)


𝑖𝑖=1

Puisque la fonction de Heaviside sera positive pour les fonctions de forme situées dans les
quadrants des y positifs, ce qui est le cas de la fonction de forme N9.

Ensuite, en regroupant les termes a, c, Hb et Hd on a :

𝑢𝑢 = � 𝑢𝑢𝑖𝑖 𝑁𝑁𝑖𝑖 + 𝑎𝑎(𝑁𝑁9 + 𝑁𝑁10 ) + 𝐻𝐻𝐻𝐻(𝑁𝑁9 + 𝑁𝑁10 ) (2.13)


𝑖𝑖=1

𝑣𝑣 = � 𝑢𝑢𝑖𝑖 𝑁𝑁𝑖𝑖 + 𝑐𝑐(𝑁𝑁9 + 𝑁𝑁10 ) + 𝐻𝐻𝐻𝐻(𝑁𝑁9 + 𝑁𝑁10 ) (2.14)


𝑖𝑖=1

Si l’on regarde maintenant de plus près l’allure des fonctions de forme aux nœuds 9 et 10,
ainsi qu’aux nœuds 11 dans le cas du modèle sans fissure, on remarque une

chose intéressante : la fonction de forme N11 peut être remplacée par la somme des
fonctions de forme N9 et N10 du modèle "sain". On a alors comme expression pour les
déplacements :

𝑢𝑢 = � 𝑢𝑢𝑖𝑖 𝑁𝑁𝑖𝑖 + 𝑢𝑢11 𝑁𝑁11 + 𝐻𝐻𝐻𝐻𝑁𝑁11 (2.15)


𝑖𝑖=1

28
Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

𝑣𝑣 = � 𝑣𝑣𝑖𝑖 𝑁𝑁𝑖𝑖 + 𝑣𝑣11 𝑁𝑁11 + 𝐻𝐻𝐻𝐻𝑁𝑁11 (2.16)


𝑖𝑖=1

Ou encore sous forme compacte :

𝑢𝑢 = � 𝑢𝑢𝑖𝑖 𝑁𝑁𝑖𝑖 (𝑥𝑥) + � 𝐻𝐻(𝑥𝑥)𝑎𝑎𝑖𝑖 𝑁𝑁𝑖𝑖 (𝑥𝑥) (2.17)


𝑖𝑖∈𝐼𝐼 𝑖𝑖∈𝐿𝐿

Où I est l’ensemble des nœuds du domaine, et L l’ensemble des nœuds à enrichir le long de la
discontinuité.

Cette forme est très proche de celle que l’on aurait prise pour étudier le modèle "sain".

La seule différence est l’ajout d’un degré de liberté en plus par dimension. C’est d’ailleurs ce
degré de liberté qui par la suite permettra de prendre en compte la discontinuité dans le champ
de déplacement.

2.5 La défaillance de la méthode des éléments finis standards dans le calcul des
matériaux fissurés :

D’autre part, Pour le calcul numérique [28] de propagation de fissures, la méthode des
éléments finis standard souffre de plusieurs défauts :

Le Problème de mise en œuvre, Le calcul par éléments finis d’un domaine fissuré
nécessite un maillage conforme : la fissure doit être localisée sur les interfaces des
éléments, et le fond de fissure doit coïncider avec un nœud du maillage. De plus, au
niveau pratique, il faut raffiner le maillage près du fond de fissure afin de représenter
correctement la singularité (à cause du taux de convergence en √h).

La simulation d’une propagation de fissure étant itérative, après une modification de la fissure
il est nécessaire de remailler le domaine, ce qui est une opération couteuse en temps
de calcul et peut poser des problèmes de précision numérique.
29
Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

– problème de précision : en raison de la singularité en fond de fissure, le taux de


convergence n’est pas optimal.

Contraintes au niveau du maillage : celui-ci doit être conforme à la fissure, qui doit ainsi
coïncider avec les interfaces entre les mailles. Le fond de fissure doit être situé sur un nœud
du maillage.

Au niveau pratique, ces inconvénients conduisent les utilisateurs de la MEF à devoir définir
des maillages très raffinés près du fond de fissure, afin de représenter la singularité le plus
fidèlement possible. En cas de prolongement de la fissure, il faut alors mettre à jour le
maillage, ce qui est une procédure lourde.

La méthode des éléments finis n’est donc pas bien adaptée à la modélisation de la propagation
de fissure, puisque sa mise en œuvre nécessite des opérations de remaillage et de raffinement
de maillage assez lourdes, qui peuvent être difficiles à maîtriser (le maillage automatique de
domaines bidimensionnel complexes n’est pas évident).

2.6 METHODE DES ELEMENTS FINIS ETENDUS MEF-X : (extended finite element
method : XFEM)

La méthode des éléments finis étendue, désignée par le sigle XFEM (Extended finite element
method) développée par Moës & co. [22], permet de s’affranchir des contraintes liées à la méthode des
éléments finis concernant la modélisation des fissures. En effet, dans cette méthode, la fissure est
représentée indépendamment du maillage, par une représentation explicite.

Le domaine est donc maillé sans tenir compte de la fissure, qui est indépendante du maillage. On défini
d’abord une méthode d’éléments finis classique sur le maillage. Sur les éléments touchés par la fissure, la
base élément fini reçoit des degrés de liberté spécifiques pour représenter les effets de la fissure :

– le long de la fissure, pour représenter la séparation du matériau, on multiplie les fonctions de forme
classiques par une fonction de Heaviside.
– Sur l’élément contenant le fond de fissure, les fonctions de forme classique sont multipliées par les
singularités du modèle.
Signalons qu’un élément indispensable de la méthode XFEM est une connaissance précise et
à priori des singularités du modèle résolu.

30
Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

L’introduction de la singularité exacte permet d’éviter de raffiner près du fond de fissure. De


plus, en cas de propagation, il n’est pas nécessaire de remailler le domaine, car le maillage
n’est pas modifié : seuls les degrés de liberté spécifiques qui représentent la fissure et ses
effets doivent être mis à jour.

Basée sur le concept de partition de l'unité présenté au paragraphe précédent, la


méthode des éléments finis étendus est une idée originale de Moës et
Black Belytschko T (14). Les champs asymptotiques solutions du problème d'une fissure dans
un milieu élastique sont connus (2.18), et peuvent être exprimés comme une
combinaison linéaire de la base Fj donnée par l'équation (2.19).

1 𝑟𝑟 θ θ
⎧𝑈𝑈1 (𝑥𝑥) = � �𝐾𝐾𝐼𝐼 cos (𝑘𝑘 − cos 𝜃𝜃) + 𝐾𝐾𝐼𝐼𝐼𝐼 sin (𝑘𝑘 − 2 + cos 𝜃𝜃)�
⎪ 2𝜇𝜇 2𝜋𝜋 2 2

1 𝑟𝑟 θ θ
𝑈𝑈2 (𝑥𝑥) = � �𝐾𝐾𝐼𝐼 sin (𝑘𝑘 − cos 𝜃𝜃) + 𝐾𝐾𝐼𝐼𝐼𝐼 cos (𝑘𝑘 − 2 + cos 𝜃𝜃)� (2.18)
⎨ 2𝜇𝜇 2𝜋𝜋 2 2

⎪𝑈𝑈 (𝑥𝑥) = 1 𝑟𝑟 θ
� 𝐾𝐾 sin
⎩ 3 2𝜇𝜇 2𝜋𝜋 𝐼𝐼𝐼𝐼𝐼𝐼 2

3 − 4𝑣𝑣 𝑒𝑒𝑒𝑒 𝑑𝑑é𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓 𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝


La constante de Kosovo est donnée par: 𝑘𝑘 = � 3−𝑣𝑣
1+𝑣𝑣
𝑒𝑒𝑒𝑒 𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐 𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝𝑝

𝜃𝜃
⎧ sin � �
⎪ 2
⎪ 𝜃𝜃
sin � � sin(𝜃𝜃)
𝑈𝑈𝑖𝑖 (𝑥𝑥) = � 𝐹𝐹𝑖𝑖 (𝑥𝑥)𝑢𝑢𝑖𝑖𝑖𝑖 𝑜𝑜𝑜𝑜 𝐹𝐹𝑗𝑗 (𝑥𝑥) = √𝑟𝑟 2 (2.19)
⎨ 𝜃𝜃
𝑗𝑗 cos �2�

⎪ 𝜃𝜃
⎩ cos �2� sin(𝜃𝜃)

Grâce à la méthode de partition de l'unité, ces enrichissements sont ajoutés au Champ de


déplacement.

Ensuite, Moës et al (10) éliminent complètement les opérations de remaillage en


ajoutant une fonction discontinue dans la base d'enrichissement (cf.équation (1.5)). Ainsi, le
remaillage ne représente plus une contrainte lors de la modélisation par éléments fini de
propagation de fissures.

31
Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

+1 𝑠𝑠𝑠𝑠 ∅ > 0
𝐻𝐻(𝑥𝑥) = � (2.20)
−1 𝑠𝑠𝑠𝑠 ∅ < 0

Où Ф représente la seconde coordonnée du repère local attaché à la pointe de fissure. La


généralisation de ce repère local est réalisée par Stolarska et al (29) en utilisant un
couple de fonctions de niveau (Ф, Ѱ) qui définissent implicitement la position du plan et
du front de fissure comme cela est illustré par la Fig. 2.3 Gravouil et al (30) généralisent
l'utilisation des fonctions de niveau au cas tridimensionnel et donnent un schéma numérique
pour actualiser les fonctions de niveau basé sur la résolution d'équations de type
Hamilton-Jacobi (cf. "Level Set method" de Sethian (31)).

L'enrichissement du champ de déplacement est réalisé de manière locale selon la


position de l'élément par rapport au plan et au front de fissure, c'est à dire selon les valeurs des
fonctions de niveau.

Fig. (2.3) Définition de la géométrie de la fissure depuis le couple de fonction de niveau.

La stratégie d'enrichissement peut être résumée par l'équation (2.21) et la Fig. 2.4

𝑈𝑈(𝑥𝑥) ≅ � 𝑁𝑁𝑖𝑖 (𝑥𝑥). �𝑢𝑢𝑖𝑖 + 𝐻𝐻(𝑥𝑥𝑖𝑖 ). 𝑎𝑎𝑖𝑖 + � � 𝐹𝐹𝑘𝑘 (𝑥𝑥𝑖𝑖 ). 𝑏𝑏𝑖𝑖,𝑘𝑘 �� (2.21)
𝑖𝑖 𝑘𝑘=1,…4

𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠 𝑈𝑈(𝑥𝑥) ≅ � 𝑁𝑁𝑖𝑖 (𝑥𝑥) . 𝑞𝑞𝑖𝑖 𝑜𝑜𝑜𝑜 𝑁𝑁𝑖𝑖 = {𝑁𝑁𝑖𝑖 , 𝑁𝑁𝑖𝑖 𝐻𝐻 , 𝑁𝑁𝑖𝑖 𝐹𝐹𝑘𝑘 }
𝑖𝑖

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Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

(2.4) Stratégie d’enrichissement des nœuds.

On remarque sur la Figure (2.4) que les nœuds de l'élément contenant la pointe de fissure ne
sont pas enrichis par la fonction discontinue H. Cela n'empêche pas l'ouverture de cet
élément puisque la fonction F j présente une discontinuité entre −𝜋𝜋 et 𝜋𝜋

On propose d’utiliser la méthode X-FEM [Belytschko et Black 1999 (14)] comme technique
d’enrichissement local pour décrire la fissure à une échelle fine. La méthode permet de
décrire correctement la solution singulière en pointe de fissure. L’introduction d’une fonction
d’enrichissement discontinue autorise au maillage de ne plus être conforme à la
géométrie de la fissure

2.6.1 Modélisation d’une fissure selon la X-FEM

Pour représenter une fissure, deux types de fonctions d’enrichissement sont utilisés pour
modéliser d’une part la discontinuité du déplacement le long de la fissure et d’autre part, la
solution en pointe de fissure.

Le champ de déplacement U est alors cherché sous la forme :

4
𝑗𝑗
𝑈𝑈(𝑥𝑥) = � 𝑁𝑁𝑖𝑖 (𝑥𝑥)𝑢𝑢𝑖𝑖 + � 𝑁𝑁𝑖𝑖 (𝑥𝑥)𝐻𝐻(𝑥𝑥)𝑎𝑎𝑖𝑖 + � 𝑁𝑁𝑖𝑖 (𝑥𝑥) �� 𝐹𝐹𝑗𝑗 (𝑥𝑥)𝑏𝑏𝑖𝑖 � (2.22)
��
𝑖𝑖∈𝑁𝑁����� �����������
𝑖𝑖∈𝑁𝑁𝑑𝑑 �����������������
𝑖𝑖∈𝑁𝑁𝑝𝑝 𝑗𝑗 =1
𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴𝐴 𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸 ℎ𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖 𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸𝐸 ℎ𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖𝑖
𝑐𝑐𝑐𝑐𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 é𝑙𝑙é𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚𝑚 𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑 𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠
𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓

• N est l’ensemble des nœuds du maillage ;


• 𝒖𝒖𝒊𝒊 est le degré de liberté classique au nœud 𝒊𝒊 ;
• 𝑵𝑵𝒊𝒊 (𝒙𝒙) sont les fonctions de forme éléments finis classique associée au nœud 𝒊𝒊 ;

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Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

• 𝑵𝑵𝒅𝒅 ⊂ 𝑵𝑵 est l’ensemble des nœuds enrichis par la discontinuité et les


coefficients 𝒂𝒂𝑖𝑖 sont les degrés de liberté correspondants. Un nœud appartient à 𝑵𝑵𝒅𝒅
si son support est coupé par la fissure mais ne contient aucune de ses pointes. Ces
nœuds sont entourés d’un carré sur la figure 2.5
• 𝑵𝑵𝒑𝒑 ⊂ 𝑵𝑵 est l’ensemble des nœuds à enrichir pour modéliser le fond de fissure
et les coefficients 𝒃𝒃𝒊𝒊 sont les degrés de liberté correspondants. Un nœud
appartient à 𝑵𝑵𝒑𝒑 si son support contient la pointe de fissure. Ces nœuds sont entourés
d’un triangle sur la figure 2.5.

Les fonctions Fj permettent de représenter les solutions asymptotiques en pointe de fissure.


Elles valent en élasticité

𝜃𝜃 𝜃𝜃 𝜃𝜃 𝜃𝜃
�𝐹𝐹𝑗𝑗 (𝑥𝑥)� = �√𝑟𝑟 sin 2 , √𝑟𝑟 cos 2 , √𝑟𝑟 sin 2 sin 𝜃𝜃 , √𝑟𝑟 cos 2 sin 𝜃𝜃� … … … … … … (2.23)

Où (r, 𝜃𝜃) sont les coordonnées polaires dans les axes locaux en fond de fissure (Figure
𝜃𝜃
3.10). On remarquera que, parmi ces fonctions Fj, seule la fonction √𝑟𝑟 sin 2 est discontinue.

En accord avec Moës et al. (1999), on a :

+1 𝑠𝑠𝑠𝑠 𝑥𝑥 𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒 𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑 𝑑𝑑𝑑𝑑 𝑙𝑙𝑙𝑙 𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓


𝐻𝐻(𝑥𝑥) = �
−1 𝑠𝑠𝑠𝑠 𝑥𝑥 𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒𝑒 𝑒𝑒𝑒𝑒 𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑𝑑 𝑑𝑑𝑑𝑑 𝑙𝑙𝑙𝑙 𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓𝑓

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Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

Fig.2.5 Fissure placée sur un maillage uniforme. Les nœuds entourés d’un carré sont enrichis
par la discontinuité et les nœuds entourés d’un triangle sont enrichis par les bases de fonctions
asymptotiques en pointe de fissure

On remarquera que cet enrichissement opéré suivant la méthode de la partition de l’unité est
très local et ne concerne qu’un petit nombre de nœuds et un petit nombre de patchs. Aussi si
l’on souhaite que l’enrichissement soit efficace, la taille de cette zone enrichie doit être
pertinente.

2.6.2. Les difficultés techniques de mise en œuvre

Les méthodes d’enrichissement basées sur la PUM donnent lieu à plusieurs difficultés
en ce qui concerne leur implémentation. La grande flexibilité offerte par la X-FEM (le
maillage n’a pas besoin de respecter la position de la fissure) a un prix qui se paie dans sa
mise en œuvre.

2.6.3 Description de la fissure

Dans une approche éléments finis classique, la position des fissures est décrite par un
ensemble de faces d’éléments. Dans l’approche X-FEM, elle est indépendante de la
topologie du maillage et doit donc être fournie à part. En 2D, une fissure peut être
représentée par une succession de segments de droite (Belytschko et Black 1999, Moës et al.
1999, Dolbow et al. 2000a) (14) (33) (32). Il faut noter que la seule opération où la
représentation de la fissure intervient dans la X-FEM est l’évaluation des fonctions
d’enrichissement {Fj(x)} et H(x). En un point d’intégration, il faut savoir si l’on se trouve
d’un coté ou de l’autre de la fissure et connaitre les coordonnées polaires (r, 𝜃𝜃) de ce point
dans les axes locaux en pointe de fissure. Ces évaluations peuvent se révéler ardues à
implémenter et lentes si la géométrie de la fissure est complexe.

2.6.4 Intégration numérique

Sur les éléments finis coupés par une fissure, des fonctions discontinues doivent être
intégrées. Afin de permettre l’intégration de part et d’autre de la fissure, on peut

35
Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

proposer un découpage de ces éléments en sous-éléments (triangles en 2D et tétraèdres en


3D). La figure 2.6 montre un exemple d’une telle décomposition en 2D. Sur les sous
triangles, en 2D, 3 points de Gauss sont utilisés. Insistons sur le fait que ces sous-éléments
créés n’apportent aucun nouveau degré de liberté. Leur seule raison d’être est
l’intégration.

Fig.2.6 Intégration numérique prenant en compte une fissure avec la X-FEM.

Les éléments coupés par la fissure sont décomposés en sous-triangles sur lesquels une
intégration à 3 points de Gauss est utilisée. Pour les éléments quadrangulaires qui ne sont pas
coupés par la fissure mais dont au moins un des degrés de liberté est enrichi par les fonctions
asymptotiques (i ∈ Np,) une intégration à 16 points est effectuée.

Sur les éléments qui ne sont pas coupés par la fissure mais dont au moins un des degrés de
liberté est enrichi par les fonctions asymptotiques F j en fond de fissure présentant la
singularité en √𝑟𝑟, un nombre élevé de points de Gauss est utilisé : 12 pour les triangles, 16
pour les quadrilatères.

Enfin, sur les éléments non coupés par la fissure et pour lesquels tous les degrés de liberté
sont classiques, le nombre de points de Gauss utilisé est standard : pour des éléments
du premier degré, on prend 1 point pour les triangles, 4 pour les quadrilatères.

Conclusion :

Des deux méthodes présentées pour l'analyse de la propagation des fissures, la méthode
XFEM semble être de loin la plus performante. Dans le cadre de ce travail qui est et reste une
formation à la recherche, nous nous sommes donné deux objectifs. Un but initial de
programmer cette méthode afin pouvoir la maitriser et ensuite à tester ses performances en
utilisant des programmes commerciaux ou cette approche est implémentée. La premier partie
concernant la programmation de cette méthode dans un but de formation n'a pas pu être
réalisé car elle s'est avéré plus complexe et donc nécessitant beaucoup plus de temps que celui
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Chapitre2 : Méthode numérique pour l’analyse de la fissure

prévue pour terminer dans les délais. Donc nous nous sommes concentré dans ce travail sur
l'utilisation de l'approche XFEM en utilisant des codes de calcul très performant afin
d'analyse sur des exemples tests les possibilité de cette approche. Ces exemples tests vont des
plus simples (académiques) au plus compliqués et finir par à un test issues de cas réels de
structure ayant subies de dégradations de fissuration et permettant de suivre la propagation de
la fissuration.

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