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Chap 1

Le chapitre présente la mécanique de la rupture, une science qui étudie l'apparition et la propagation des fissures dans les matériaux, en mettant en lumière des accidents historiques liés à des ruptures inattendues. Il décrit les types de fissures, leurs causes, et les méthodes d'évaluation des risques, ainsi que les techniques de réhabilitation des structures endommagées. Enfin, il aborde les investigations nécessaires pour diagnostiquer l'état des ouvrages et les méthodes d'auscultation pour surveiller leur intégrité.

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Chap 1

Le chapitre présente la mécanique de la rupture, une science qui étudie l'apparition et la propagation des fissures dans les matériaux, en mettant en lumière des accidents historiques liés à des ruptures inattendues. Il décrit les types de fissures, leurs causes, et les méthodes d'évaluation des risques, ainsi que les techniques de réhabilitation des structures endommagées. Enfin, il aborde les investigations nécessaires pour diagnostiquer l'état des ouvrages et les méthodes d'auscultation pour surveiller leur intégrité.

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Chapitre 1 : Bibliographie

Présentation de la mécanique de la rupture


Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

1- GENERALITES :

Grâce aux progrès réalisés dans le domaine de la mise en forme des métaux durant les trois
derniers siècles, le fer et l'acier ont progressivement remplacé le bois et le ciment comme
matériaux structuraux de base. Malgré leurs hautes caractéristiques, les structures réalisées à
partir de ces matériaux ont connu des accidents importants dès le milieu du 19ème siècle
.L’origine de ces accidents était la rupture inattendue de composants critiques de ces
structures. L’un des premiers incidents enregistré sur une structure importante fut la rupture
d’une chaîne du pont suspendu Montrose en Mars 1830 en Grande Bretagne. Depuis, il y a eu
un nombre important d’effondrements de ponts, dont le King’s Bridge à Melbourne (1962) ou
encore le Point Pleasant Bridge en Virginie (1967). Les accidents ferroviaires dus à une
rupture brutale des essieux, des roues ou encore des rails ont également été très nombreux.
Entre 1860 et 1870, le nombre de personnes victimes d’accidents de train en Grande Bretagne
s’élevait environ à 200 par an. De nombreux accidents intervinrent également sur des
pipelines, des pétroliers, ou encore sur des avions. En 1950, 2 avions se sont brisés à haute
altitude à cause d’un problème de rupture par fatigue sur les trous des rivets près des hublots,
lesquels étaient de forme carrée ! Ces risques d’accidents étaient d’autant plus grand que
l’utilisation d’alliages à hautes caractéristiques mécaniques (ténacité, rigidité…), permettant
la réalisation de structures de plus en plus complexes et sollicitées, a énormément augmenté.
En fait, les estimations de tenue des structures, fondées sur les caractéristiques mécaniques
classiques, ne tenaient pas compte de la ténacité des matériaux en conditions réelles de
service, et les chercheurs étaient alors incapables d’expliquer le phénomène de rupture
brusque sous des sollicitations bien inférieures à celles de la limite d’élasticité .Si Griffith est
souvent cité comme le premier chercheur à avoir introduit la mécanique de la rupture (en tant
que science), ces travaux restent basés sur des études antérieures. On peut notamment citer
l’article de Wieghardt, paru en 1907 et traduit en anglais [Wieghardt1995] , dans lequel
l’existence de la singularité du champ des contraintes en pointe de fissure dans un matériau
élastique linéaire fut reconnue.
Cette branche de la mécanique étudie l’apparition et la propagation des fissures dans les
matériaux. Les travaux fondateurs de cette science sont dus à Griffith (1920), Irwin et Rice
(années 1950-1960). Cette théorie postule l’existence d’une énergie de cohésion, qui ne
dépend que du matériau. Lorsqu’une fissure se propage, l’énergie libérée par la structure est

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Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

appelée taux de restitution d’énergie. On considère qu’il y a rupture si le taux de restitution


d’énergie est supérieur à l’énergie de cohésion.
Des expériences de rupture seront toujours nécessaires pour en évaluer le risque.
Mais la mécanique de la rupture permet d’extrapoler les résultats expérimentaux au cas de
structures aéronautiques, et donc de connaître le risque de propagation de fissure. Avec un
certain succès : de nos jours les fissures ne sont plus les causes d’accident aérien.
En mécanique de la rupture, l’ensemble des matériaux est divisé en 2 catégories.
Ceux dont la rupture est dite fragile et ceux dont la rupture est ductile. Pour le premier qui
nous interesse cas c'est-à-dire ceux dont la rupture se produit pour une contrainte inférieure à
celle de la limite d’élasticité et donc avant un certain nombre de Phénomènes non-linéaire
comme la plasticité ou les grandes déformations, leur étude s’appelle la mécanique linéaire de
la rupture.

Il peut sembler paradoxal de modéliser le comportement relatif à la fissuration par un


modèle linéaire. En effet, la présence de fissure implique celle d’une singularité, aussi la
contrainte tend vers l’infini près du fond de fissure. Or le modèle linéaire est obtenu en faisant
l’hypothèse des petits déplacements et des petites déformations, ce qui montre une
contradiction évidente. Cependant, cette théorie donne des résultats intéressants, réalistes et
parfois suffisants selon le type d’application visée.
Le concept de Facteurs d’Intensité de Contraintes (FIC) est également une notion importante
de la mécanique de la rupture. Les FIC sont équivalents au taux de restitution d’énergie, et
donnent une information supplémentaire sur la sollicitation mécanique de la fissure. En outre,
ils sont plus souvent utilisés que le taux de restitution d’énergie.

1.2. DIFFERENTES FISSURATIONS POUR DIFFERENTES STRUCTURES

1.2.1. Les Fissures :

La plupart des fissurations sont dues à des phénomènes physiques (retrait, dilatation)
concernant les matériaux soumis à différents types de sollicitations, il faut distinguer
les fissures superficielles ou faïençage et les fissures actives (évolutives).

2
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

[Link] de fissures :

On distingue plusieurs types de fissures:

1- Les fissures de décollement entre différentes natures de matériaux (par exemple entre une
ossature béton armé et les remplissages en maçonnerie d'éléments).

2- Les fissures de rupture qui peuvent être traversantes (ou partielles) et qui correspondent à
une sollicitation excessive (contrainte de traction ou de cisaillement supérieure
aux "possibilités" du matériau).

Dans certains cas (enduit, revêtements), la fissure est transmise par le support (mur)
au revêtement qui se fissure à son tour. Dans d'autres cas les fissures (généralement plus
fines) ne concernent que les enduits ou revêtements.

Le traitement ou la réparation possible seront différents, les conséquences sur


l'isolation thermique ou acoustique ou sur le degré de résistance au feu (cas de
fissures traversantes) pourront être plus ou moins graves.

D'autre part, dans l'évolution des fissures, une fissure peut, dans un premier temps, ne pas être
traversante et en stade final affecter la totalité de l'épaisseur de la paroi.

-Caractères des fissures

1- Toute fissure constitue le signe d'une première manifestation de désordres possibles, c'est
ce qui explique, dans une certaine mesure, les préocupations des constructeurs.

2- Mais toutes les fissures ne sont pas dangereuses et ne présentent pas toutes la même
gravité vis-à-vis de la destination des ouvrages.

3- Les fissures ne sont pas dangereuses si elles ne compromettent pas la stabilité et


la durabilité des ouvrages. Elles peuvent être inesthétiques.

4- Certaines fissures peuvent compromettre la durée de vie des ouvrages:

- fissures parallèles aux aciers, conduisant à une corrosion rapide de ceux-ci, et à la


destruction progressive des structure;

- fissures permettant des infiltrations d'eau dans des ouvrages qui sont destinés à être
étanches ou à contenir des fluides (liquides ou gaz);

3
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

- fissures d'ouvrages maritimes;

- fissures mettant encause la stabilité des ouvrages en affaiblissant progressivement la


résistance mécanique des éléments structuraux, et conduisant à l'effondrement final;

1.3. Caractères morphologiques d’une fissure :

Afin de permettre le classement et l'analyse du phénomène général de la fissuration, on peut


établir les caractères de la morphologie correspondante.

1.3.1. Orientation:

- verticale;

- horizontale;

- inclinée (préciser l'angle par rapport à l'horizontal);

- mixte (plusieurs directions);

- quelconque.

1.3.2. Tracé ou forme:

- rectiligne;

- courbé;

- quelconque;

- simple, multiple et composé.

1.3.3. Emplacement

Il faut effectuer un repérage dans l'élément considéré (mur, cloison, etc.) La situation de la
fissure correspond alors :

- pour fissures horizontales inclinées:

- partie (ou zone) basse,

- partie moyenne,

- partie supérieure.

-Pour fissures verticales:


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Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

- rives – parties latérales,

- zone médiane,

- emplacement divers.

1.3.4. Importance

- en nombre (répétition, répartition irrégulière ou régulière);

- en longueur ou développé

- en largeur (mesurable, non mesurable ou variable, constante);

- en épaisseur (par rapport à celle de l'élément): superficielle (non traversante),

traversante partielle, traversante totale)

- fissures visibles à l'oeil nu;

- faïençage (réseau de microfissures) se présentant sous la forme d'un dessin

géométrique à mailles régulières;

- microfissures d'ouverture <= 0.2mm;

-fissures proprement dites, d'ouvertures linéaires au tracérégulier dont la largeur est

comprise entre 0.2 et 2mm;

- par rapport au plan de l'élément: dans le plan, sans décalage ou avec décalage des

parties adjacentes.

1.3.5. Particularités:

- date de la première apparition; certaines fissures apparaissent après quelques

heures ou quelques jours, d'autres après plusieurs années;

- pénétration d'air, d'eau, etc.;

- tâches (humidité);

- destination des ouvrages.

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Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

1.3.6 Evolution morphologique dans le temps

[Link]. Fissures "stables" ou stabilisées (fissures mortes)

Préciser au bout d'une certaine période (à partir de leur apparition) si ce sont des
fissures "stables ou stabilisées".

La stabilisation peut être immédiate (rapide) ou plus lente (après une période déterminée ou
une variation climatique saisonnières).

[Link]. Fissures "vivantes" ou évolutives (non stabilisées)

Une fissure est dangereuse selon la façon dont elle évolue. C'est à dire:

- en variations diurnes (effets de l'ensoleillement);

- en variations périodiques (saisonnières, déterminées par le chauffage ou l'occupation);

- en variations indéterminées (sans cause apparente ou relation de cause à effet).

Ces fissures actives peuvent être dues :

- à la corrosion des armatures (carbonatation des armatures à cause d’un enrobage

insuffisant, ou à l’alcali-réaction ou autres attaques sulfatiques

- à des origines mécaniques (erreurs de conception ou de durée d’exploitation) ;

- à des origines thermiques ;

- aux cycles gel/dégel.

1.4. Elaboration d’une réhabilitation – Phase Etude

Le choix de la méthode de réhabilitation dépend de plusieurs facteurs tels que :

- le type et l’age de l’ouvrage ;

- les conditions locales et environnementales;

- la nature et le degré des dégradations,

- les délais mis à disposition pour l’achèvement des travaux de réhabilitation;

- le niveau de sécurité demandé ;

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Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

- le coût de revient de la méthode.

Pour choisir les techniques de réhabilitation des collecteurs d’assainissement, une bonne
connaissance des dégradations ainsi que leur origine s’avère nécessaire. Afin d’établir un bon
diagnostic de l’état physique de l’ouvrage et aboutir au choix d’une méthode de réhabilitation,
les observations et mesures d’auscultation sont réalisées à l’aide de différentes techniques et
méthodes adaptées aux besoins.

Normalement un ouvrage doit être visité au moins tous les cinq ans, sans dépasser le délai de
dix ans. S’il n’y a pas de constatations au niveau de l’état de l’ouvrage et de son
fonctionnement, il sera classé « sans suite » et reste inscrit dans le cycle régulier des visites.
Dans le cas contraire, l’établissement d’un prédiagnostic sera nécessaire. Ce
prédiagnostic conclut, soit à la mise sous surveillance de l’ouvrage et l’évaluation périodique
de l’évolution des dégradations observées, soit à la nécessité d’effectuer des investigations
complémentaires (essais in situ), afin d’évaluer des paramètres bien définis, dans des zones
déterminées.

Le programme d’auscultation doit être établi soit par les techniciens spécialisés du
gestionnaire, soit par un bureau d’études extérieur spécialisé. Il comprend généralement
des mesures simples caractérisant l’ouvrage dans son ensemble (mesures géométriques,
sondages et essais au laboratoire) et des mesures complémentaires dans les zones critiques.

1.4.1. Investigations In-situ

1.4.2. Inspection Visuelle

Les inspections visuelles permettent de vérifier l’état et le fonctionnement de l’ouvrage en


service. L’observation et le relevé de l’état intérieur de l’ouvrage sont réalisés directement par
un personnel spécialisé. Les dégradations sont repérées et localisés, moyennant des outils de
mesure de distance. L’ensemble des désordres est reporté sur un document graphique et dans
un tableau.

Les anomalies doivent être qualifiées en terme de nature du défaut et quantifiées en terme de
forme et d’orientation. Les résultats des visites sont exploités en analysant les dégradations
relevées sur l’ouvrage et la recherchesur site des éventuelles corrélations avec
l’environnement proche de celui-ci.

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Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

L’exploitation des visites antérieures permet de juger l’évolution des dégradations et


l’importance du paramètre temps comme facteur aggravant.

1.4.3. Auscultation Géométrique

Il s’agit d’enregistrer les déformations éventuelles affectant la géométrie du réseau


d’assainissement suite au comportement mécanique du sol environnant. Ces
auscultations permettent de comparer la mesure du profil en long et du tracé en plan
par rapport à une référence (issues du projet ou des auscultations effectuées
précédemment) et cela permet donc, l’évaluation dimensionnelle des désordres.

Les principales techniques utilisées sont [5] :

- la profilométrie optique et laser, qui permet l’enregistrement des profils en temps réel

- la topographie, qui permet d’effectuer des mesures et représenter sur un plan ou une

carte les détails visibles sur le terrain ;

- la mesure de convergence, qui consiste à effectuer des mesures de distance entres


différents points de mesures ;

- la fissurométrie, qui permet le suivi et mesures de l’évolution de la fissuration ;

- l’inclinométrie, qui permet de contrôler la stabilité des sols et des ouvrages.

1.4.4. Auscultation Géophysique

Le radar est un appareil d’auscultation actuellement utilisé. Il peut apporter des


informations essentielles pour connaître les paramètres de l’état physique des ouvrages et de
leur environnement proche. Il repose sur le principe de la réfléctométrie d’impulsion,
et permet de caractériser la structure de l’ouvrage, la nature du sol encaissant, ainsi
que la détection de :

• Sols décomprimés et zones d’entraînement de fines ;

• Cavités et poches d’eau ;

• L’évaluation des épaisseurs des différents matériaux (sol en place, remblais,


structure…) ;

• Points durs, zones humides, fissurations ;

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Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

• Présence de réseaux et masses métalliques…

D’autres méthodes sont utilisées, il s’agit des méthodes électriques, qui consistent à la
mesure de la résistivité des sols encaissants les ouvrages d’assainissement. Des informations
sont obtenues à partir d’un dispositif de mesure multi-électrodes en courant continu ou
alternatif et l’enregistrement des différences de potentiels

Ces mesures permettent de :

• Détecter la présence de cavités de grandes dimensions ;

• Détecter les différentes anomalies que peuvent présenter les terrains encaissants ;

• Détecter les désordres affectant l’ouvrage (fissures, vides…).

Sauf que la présence de masses métalliques et lignes électriques influençant le signal,


rendent l’utilisation des méthodes électriques limitée en milieu urbain.

Dans le même genre, il existe l’utilisation de caméra infra-rouge.

1.4.5. Sondages carottés

Les sondages carottés sont des reconnaissances destructives. Cela consiste à percer le
revêtement à l’aide d’un matériel spécialement adapté aux ouvrages souterrains. Ces sondages
sont fortement recommandés pour l’étalonnage des reconnaissances non
destructives, notamment le radar.

Les sondages carottés permettent d’examiner visuellement des échantillons de matériaux


constitutifs des ouvrages, ainsi que l’utilisation de ces échantillons en vue d’essais au
laboratoire (déterminations chimiques ou minéralogiques, essai de résistance…). Ces
essais permettent alors de classer l’état structurel de la structure.

1.5 LES DIFFÉRENTES APPROCHES DE MODELISATION DE LA FISSURATION

En vue de d'anticiper l'appartion d'une fissuration, l'outil numérique predictif semble le


meilleur choix. En effet il permet quand il est performant de pouvoir dans la modelisation
predire par simulation l'endroit d'appartion et surtout l'evolution de la propagation de la
fissuration. A cet effet plusieurs approches ont été developpées. Principalement deux
tendances emergent pour représenter la fissuration des structures : des approches décrivant

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Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

la rupture de manière continue (modèle d’endommagement, modèle élasto-plastique


endommageable, …) et ceux décrivant la rupture de manière discontinue (modèle de
zone cohésive, la mécanique de rupture, …). Une autre alternative est l’approche mixte qui
permet de profiter des avantages de chaque approche.

1.5.1. La mécanique d’endommagement :

La mécanique de l’endommagement ne fait intervenir les microfissures qu’au


travers d’un concept d’homogénéisation. En même temps, elle décrit leur évolution de façon
macroscopique, tout en restant dans le cadre de la mécanique des milieux continus.

A partir des travaux de Kachanov [1] en 1958, qui a introduit une variable
d’endommagement pour décrire la détérioration des matériaux par son effet sur les
caractéristiques élastiques, sous sollicitation unidimensionnelle, cette notion par la suite
été généralisée sur la base de la thermodynamique des processus irréversible (Lemaître et
Chaboche [3]). Dans Lemaître et Chaboche [3], l’endommagement est représenté comme la
conséquence d’une diminution de la section utile d’un volume élémentaire
représentatif (VER) du matériau suffisamment grand pour qu’il puisse être considéré
comme homogène et suffisamment petit pour qu’il puisse être considéré comme un point
matériel. L’endommagement qui est décrit par une variable scalaire
(endommagement isotrope), représente la diminution de la section utile par rapport à la
section totale en un point de la structure et donc :

D 1 (1.1)

Et par conséquent la contrainte s’écrit : σ=(1 - D) ʗ :ɛ (1.2)

Avec ʗ le tenseur d’élasticité du matériau sain, σ et sont les tenseurs des contraintes et des
déformations de ce matériau.

La valeur de la variable D varie entre 0 pour le matériau non endommagé et 1 lorsque celui-ci
est complètement endommagé mais pour laquelle reste à postuler une loi d’évolution. Sur la
base de cette théorie, de nombreux modèles ont été développés. Selon l'objectif à
atteindre lors de la modélisation et lors de l'établissement des hypothèses.

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Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

La mécanique de l’endommagement est appropriée pour représenter l’initiation de la


fissuration à partir de microfissures mais aussi d’autres modes de ruine comme le fluage, par
exemple.

L'application des modèles continus décrivant le comportement de ce matériau lors de calculs


par éléments finis se heurte en général à des difficultés de dépendance du maillage
lors de la discrétisation. L'analyse devient de ce fait inobjective. Un des procédés adoptés
pour éviter cette difficulté consiste en l'utilisation d'approches dites non-locales [4]. Le
concept de non-localité a permis d'ouvrir une nouvelle voie pour le développement de ces
modèles.

1.5.2. APPROCHES CONTINUES

Pour le béton la progression de l’endommagement due à des coalescences des microfissures,


se traduit le plus souvent par un comportement non-linéaire adoucissant. Alors, les
approches continues permettent une modélisation non-linéaire de ce matériau, ici les macro-
fissures ne sont pas considérées comme des discontinuités mais des zones
totalement dégradées et les dégradations sont prises en compte par l’intermédiaire de
variables internes. Ces variables agissent sur les caractéristiques mécaniques et par
conséquent, sur le comportement du matériau à l’échelle macroscopique.

1.5.3. APPROCHES DISCONTINUES

Au contraire de l’approche continue, l’approche discontinue suppose l’existence


d’une ou plusieurs macro-fissures présentes dans le matériau de part et d’autre où les
déplacements, déformations et contraintes sont discontinus. Parmi ces modèles on
trouve la mécanique de rupture qui remonte aux travaux de Griffith [5] (1921), et les
modèles dits cohésifs qui sont considérés comme une amélioration de la théorie de
Griffith remontant aux travaux de Dugdale [6] (1960).

11
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

1.5.4. La mécanique de la rupture

D’un point de vu macroscopique, on distingue deux modes principaux de rupture :

la rupture plate correspond à une surface de rupture globalement perpendiculaire à la


direction de la contrainte principale maximale, et la rupture inclinée qui est inclinée dans le
sens transversal par rapport à la direction de propagation s’accompagne souvent
degrandes déformations. La fissuration se manifeste par la séparation irréversible d’un milieu
continu en deux parties, appelées lèvres de la fissure, ce qui introduit une discontinuité
au sens des déplacements. Les mouvements possibles des lèvres de chaque fissure
sont des combinaisons de trois modes indépendants :

Le mode I est le plus important parce qu’il contrôle souvent la rupture. Irwin et Williams
[7,8]

Fig1.1 Les trois modes fondamentaux de rupture.

Mode I : mode d’ouverture de la fissure, où les déplacements aux lèvres de la fissure sont
perpendiculaires à la direction de propagation.

Mode II : mode de cisaillement dans le plan, où les déplacements aux lèvres de la


fissure sont parallèles à la direction de propagation.

Mode III : mode de cisaillement hors du plan (anti-plan), où les déplacements aux
lèvres de la fissure sont parallèles fond de la fissure.

12
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

1.5.5. Approche d’intensité des contraintes

La solution de Westergaard-Irwin-williams [7, 9] pour les contraintes et les


déplacements au voisinage de la pointe de la fissure est donnée par :

⋯ (1.3)

Ou est le tenseur de contrainte, est le facteur d’intensité de contrainte, Il dépend


de la longueur de la fissure, de la géométrie et des forces appliquées, r est la distance
radiale de la fissure, et est une fonction de , l’angle du plan de la fissure.

√ (1.4)

La figure1.2 représente la variation de la contrainte devant la pointe de la fissure, la solution


de Westergaard et al.[8] implique que les contraintes approchent l’infini si r tend vers
zéro (la singularité), le facteur d’intensité de contrainte est donc un constant qui permet de
mesurer la singularité des contraintes à r et donnés.

Fig.1.2. La variation de FIC.

La remarque la plus importante de l’analyse de Westergaard et al.[8, 6] c’est que toutes les
neuf composantes du tenseur de contrainte, ainsi que toutes les composantes du tenseur
des déformations, sont entièrement définies par un seul constant, autrement dit, si

13
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

est connu pour une situation donnée, toutes les contraintes et les déformations à la proximité
de la pointe de la fissure peuvent être calculées a partir de l’équation (1.3).

1.5.6 Approche énergétique

La propagation de fissure est un phénomène d’énergie selon la théorie de Griffith [4].


L’énergie consommée c’est la différence entre l’état énergétique du système avant et
après fissuration. Griffith [5] a postulé que c’était une caractéristique intrinsèque du matériau.

1.5.7. Le taux de restitution d’énergie

Noté G, le taux de restitution d’énergie [5] représente l’énergie nécessaire pour faire
progresser la fissure d’une longueur unité, il correspond à la décroissance de l’énergie
potentielle totale Wp pour passer d’une configuration initiale avec une longueur de fissure a à
une autre ou la fissure est propagée d’une longueur da :

: 1.7
1.5 Ω

1.6 . 1.8

Où représentent l’énergie de déformation élastique, l’énergie potentielle des


forces extérieures , et l’incrément de surface correspondant à l’extension de la fissure.

Irwin [7] a montré que les approches énergétiques et celles basées sur l’intensité de
contrainte sont équivalentes, en utilisant le champ des contraintes dans la zone
singulière et la loi de comportement élastique linéaire, il est possible de relier le taux de
restitution d’énergie avec les

facteurs d’intensité de contrainte :

1.9


1.10
é
1

14
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

Ou est le module de Young et le coefficient de poisson. sont les facteurs


d’intensité de contrainte en mode mixte (I et II respectivement).

Toutes les analyses ci-dessus, pour la mécanique de la rupture ne sont strictement valables
que pour des matériaux isotropes, qui se comportent d’une manière parfaitement linéaire
élastique. Quand il y a une petite quantité de déformation plastique à la pointe de la fissure la
mécanique linéaire de rupture (LEFM linear elastic fracture mechanics) donne une bonne
approximation du comportement de ces matériaux.

1.6. L’intégrale de contour J

La singularité du champ des contraintes au voisinage de la pointe d’une fissure peut


également être étudiée grâce à certaines intégrales de conteur déduite de la loi de conservation
de l’énergie Eshelby et al [10]. Ces intégrales ont la particularité d’être équivalentes au
taux de restitution d’énergie, et d’être indépendantes du contour d’intégration choisi. Parmi
les plus connus, on peut citer l’intégrale J de Rice [11].

Pour l’intégrale de Rice, on considère un milieu bidimensionnel fissuré, dont la fissure


sera supposée rectiligne, le conteur C est un contour ouvert (Fig.1.3), orienté dont les
extrémités se trouvent sur les faces supérieure et inferieure de la fissure.

1.11

15
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

Fig.1.3 Contour-J d’intégration

Ou est la densité d’énergie de déformation élastique telle que

, est le vecteur déplacement en un point M du contour C avec la normale


tournée vers l’extérieur et représente le champ de contraintes.

L’intégrale-J représente le taux de décroissance de l’énergie potentielle (pour la LEFM) :

(1.12)

1.7. MODÉLISATION NUMÉRIQUE DE LA FISSURATION

Le traitement et la modélisation de la fissuration a fait l’objet de plusieurs travaux


spécifiques permettant de répondre aux deux difficultés posées par la propagation de
fissure. La première, d’ordre technique, concerne les difficultés dues aux processus de
maillage et de remaillage au cours de la propagation. Cette difficulté est induite par
l’utilisation de la méthode des éléments finis qui reste aujourd’hui la méthode de
simulation la plus répandue dans le milieu industriel. Elle provient du fait qu’une fissure ne
peut se propager que le long des bords des éléments. En d’autres termes, le maillage doit être

16
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

conforme `a la géométrie de la fissure. La deuxième difficulté concerne la description


correcte des champs singuliers en pointe de fissure. Cette singularité est en effet difficile à
représenter avec des éléments finis classiques. Néanmoins, les lois de propagation de
fissure s’alimentent de données locales en pointe de fissure telles que les contraintes et
les déformations pour prédire la direction de propagation. Mais malgré cela, et étant
donne l'importance et la très large utilisation de la méthode des éléments finis, Les méthodes
et approches qui sont utilisé pour l'analyse des fissures en sont issues. Il existe par ailleurs
d’autres approches permettent de répondre à la question telle que la méthode des
équations intégrales appliquée à la fissuration par (K, Hocine) en 1998 [12] .

Globalement, 3 approches de philosophie différente sont présentées dans cette partie.


La première approche est celle de Tong et Pian en 1973. Afin de mieux décrire la solution en
pointe de fissure, ils proposent un élément fini hybride spécifique pour les problèmes
plans de mécanique élastique linéaire de la rupture. Les deux autres approches sont basées sur
un enrichissement de la cinématique du milieu continu qui permet d’introduire une
discontinuité dans le champ de déplacement. Ainsi, la méthode de la partition de l’unité
(PUM) introduite par Melenk et Babuska [13] propose une façon d’augmenter l’espace
d’approximations de la solution et a donné lieu à la méthode des éléments finis étendus (X-
FEM) Belytschko et Black 1999 [14], Mo¨es et al. 1999 [15] et a celle des éléments finis
généralisés (G-FEM) Strouboulis et al. 2000 - 2001. Enfin, l’approche des fortes
discontinuités (SDA) Oliver et al [36] prend en compte un saut de déplacement au sein de
chaque élément suivant le concept d’enhanced assumed strain [16].

1.8. MODÉLISATION de la FISSURATION par la MEF

La modélisation des discontinuités représente toujours un défi d’un point de vue numérique.
Si on veut modéliser les fissures par la méthode des éléments finis classique (MEF), le
maillage EF doit se conformer avec la géométrie de la fissure, de plus, afin de
déterminer le vrai champ de contrainte et de déformation autour de la pointe de la fissure,
on a besoin de raffiner le maillage dans cette zone. De nombreuses méthodes ont été
proposées et développées pour surmonter cette difficulté :

17
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

1.8.1. Méthodes de remaillage

Une technique de remaillage est traditionnellement utilisée pour modéliser la fissuration dans
le cadre de la méthode des éléments finis standard (Swenson et Ingraffea 1988 [17]),
lorsque un remaillage se fait au voisinage de la fissure pour aligner les bords de l’élément
avec les lèvres de la fissure, cela devient assez lourd dans le cas d’une évolution quasi-
statique ou bien une propagation dynamique des fissures, où à chaque fois on a un
nouveau maillage, alors tous les calculs doivent être répétés plusieurs fois, ces algorithmes
de remaillage sont souvent complexes et délicats à mettre en œuvre.

1.8.2. Modèles de zones cohésives

Les modèles cohésifs ont d’abord été utilisés pour étendre la compréhension des
processus de rupture. Ainsi ils ont été introduits par Dugdale [5] (description de la plasticité à
proximité de la pointe de fissure (plasticité parfaite)) et par Barenblatt [18] (loi Traction
vs. Ouverture pour la décohésion des réseaux atomiques) afin de caractériser les
champs de contraintes et de déformations en pointe de fissure dans les solides
élastiques linéaires. Hillerborg [19] fut le premier à proposer plusieurs formes de loi
cohésive et à en étudier l’influence sur les résultats de calcul par éléments finis.

Les modèles de zone cohésive (CZM pour cohesive zone models) peuvent être considérés
comme une amélioration de la théorie de Griffith (mécanique linéaire de la rupture)
quant à son incapacité à décrire d’une part l’initiation de fissures (en l’absence de
fortes singularités géométriques), et d’autre part à prendre en compte la présence des zones
de microfissurations qui se développent en amont de la pointe de fissure. En effet dans
le cas des matériaux quasi-fragiles comme le béton, cette zone (encore appelée fracture
process zone) dans laquelle le matériau subit des dommages adoucissants, a une taille non
négligeable par rapport aux dimensions de la structure considérée.

Les modèles cohésifs reposent sur l’hypothèse que la zone de microfissuration peut être
décrite comme une interface fictive le long de laquelle le champ de déplacement peut
admettre des discontinuités, tout en continuant à transmettre des efforts. Cette zone cohésive
constitue alors une zone de transition entre le matériau sain et le matériau rompu (Fig.1.4).

18
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

Fig.1.4. Représentation de la zone cohésive.

Parmi les modèles proposés, le modèle de Hillerborg et al [20], est le plus utilisé. Ce modèle
prend en compte l'énergie dissipée par microfissuration au voisinage de la pointe de
fissure. Nous en donnons une brève description dans ce qui suit.

Considérons une éprouvette soumise à la traction simple. Lors de la phase du début


du chargement, le comportement est presque linéaire jusqu'à la résistance maximale ƒt
Dans cette phase, les contraintes et les déformations sont uniformes dans l’éprouvette.
La relation charge-déplacement peut donc être représentée par une courbe contrainte-
déformation. Lors de la phase adoucissante, les déformations se localisent dans une zone
où apparaissent les microfissures et dans laquelle se développera la fissure. La relation
charge-déplacement peut être représentée par une relation entre la contrainte et l'ouverture de
la fissure.

1.9. Propagation des fissures

Afin de prévoir le comportement du matériau fissuré, il reste à postuler une loi d’évolution
pour la propagation de la fissure, tout comme il est nécessaire de postuler une loi
d’évolution pour la variable d’endommagement D en mécanique de l’endommagement.
Pour la mécanique de rupture, l’approche est toute différente de la mécanique de
l’endommagement qui est continue et où la non-linéarité vient plus simplement de la
dépendance de la loi d’évolution de D des déplacements et contraintes. Le modèle le plus
commun pour la rupture instable est simplement de postuler qu’elle se produit quand le
facteur d’intensité de contrainte k dépasse une certaine valeur critique k appelée ténacité
(valeur expérimentale), qui dépend du matériau et de l’environnement.

19
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

Pour le cas ou le matériau est chargé en mode I, la propagation suit l’axe de la fissure. Alors
que pour un chargement en mode mixte (mode I et mode II par exemple) en plus
d’un critère de propagation de fissure il est nécessaire de déterminer la direction de
propagation. Plusieurs critères sont proposés pour déterminer cette direction comme le
critère de la contrainte circonférentielle maximale Erdogan et Sih [21]. Le principe de cette
méthode dit que la fissure se propage dans la direction ou la contrainte tangentielle égale à
Zéro.

La contrainte tangentielle au voisinage de la pointe de la fissure s’écrit comme suit :

k θ 3θ k θ 3θ
σ Ɵ sin sin sin 3 sin 1.13
4√2πr 2 2 4√2πr 2 2

Si on poseque =0 on peut écrire :

1
2 8 1.14
4

C’est l’angle de la propagation de la fissure dans les coordonnés locales de la


pointe de la fissure Et sont les facteurs d’intensité des contraintes en mod I
et mode II respectivement.

Pour la modélisation par zone cohésive (MZC), deux approches peuvent être utilisées pour
évaluer la propagation de la fissure. La première approche permet de mesurer la
contrainte principale à la pointe de la fissure, La propagation de la fissure se passe
alors quand la contrainte principale atteint la résistance à la traction du matériau. La
deuxième approche consiste à utiliser un critère qui évalue le facteur d'intensité de contrainte
pour le mode I ( ), la fissure se propage alors dans les conditions de chargement qui fait
zéro à la pointe de la fissure [22].

20
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

1.10. Méthode d’élimination d’éléments

La méthode de l’élimination d’éléments est l’une des méthodes les plus simples pour simuler
les problèmes de propagation des fissures. Dans cette méthode, les discontinuités ne
sont pas modélisées explicitement, mais on attribue une valeur proche de zéro au
module de Young des éléments satisfaisant un critère de rupture donné. Cette méthode
dépend fortement de la taille de maillage (Beissel et al. [23], Song et al. [24]).

1.11. Méthode sans maillage

Afin d’améliorer les solutions fournies par la méthode des éléments finis, une méthode
numérique appelée méthode sans maillage a été développée [25], Elle est basée sur la
résolution de la forme faible des équations aux dérivées partielles par une méthode de
Galerkin comme en éléments finis mais par contre l’approximation du champ de déplacement
qui est construite pour être introduite dans la forme faible ne nécessite pas de maillage. Seul
un ensemble de nœuds est réparti dans le domaine et l’approximation du champ de
déplacement en un point ne dépend que de la distance de ce point par rapport aux nœuds qui
l’entourent et non de l’appartenance à un certain élément fini. En mécanique de la rupture,
la fissure se propage parmi cet ensemble de nœuds et la présence d’une fissure est
simplement prise en compte en diminuant le poids que possède un nœud sur
l’approximation du déplacement en un certain point si la ligne joignant ce nœud et ce point est
coupée par la fissure.

1.12. Méthodes basées sur la partition de l'unité :


La partition de l'unité (PUM)
Le concept de partition de l'unité (Partition of Unity Method) a été introduit par
Babuska et Melenk (26). Les auteurs cherchent à améliorer la qualité de la solution fournie
par la méthode des éléments finis non pas en raffinant le maillage, mais en injectant dans la
base de fonctions utilisée pour approximer le problème , des fonctions à priori proches de la
solution attendue. Cette méthode s'applique donc particulièrement bien à tout problème
présentant une singularité ou une couche limite dans sa solution.

21
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

Mathématiquement, une partition de l'unité de l'espace ȍ est un ensemble de fonctions {Ni }


qui vérifie notamment la propriété essentielle rappelée par l'équation (1.15):

1∀ ∈Ω 1.15

Si {Ф , } constitue une base de fonctions dont on espère être une bonne approximation locale,
on peut construire et ajouter à l'approximation l'ensemble de fonctions
{Ni Ф , }.Il faut toutefois être prudent car rien ne garantit que cet ensemble de fonctions
soit une base, et l'existence de deux fonctions trop proches peut conduire à un mauvais
conditionnement de la matrice à résoudre. Si cet ensemble constitue une base de fonctions
indépendantes, alors on peut enrichir l'approximation de la manière suivante :

, , 1.16
,

Cette équation (1.16) permet de se rendre compte que la fonction Ф peut être
exactement représentée grâce à la présence de la base de fonctions enrichis.
En pratique et pour des raisons de coût de calculs, on limite l'introduction de fonctions de la
base d'enrichissement aux sous-domaines Ωi, ∈ Ф où cela est nécessaire. IФ
représente par exemple l'ensemble des nœuds des éléments appartenant à la zone
que l'on souhaite enrichir. Ainsi on crée une couche d'éléments de transition pour lesquels
une partie seulement des nœuds est enrichie et qui ne vérifie donc plus vraiment la propriété
de partition de l'unité. Chessa démontre que le traitement de cette zone de transition a des
conséquences sur l'ordre de convergence de la méthode. L'auteur propose de masquer
l'influence des fonctions d'enrichissement en éliminant les termes indésirables introduit
par les fonctions d'enrichissement dans cette couche d'éléments de transition. Farhat
propose également un moyen de s'affranchir de cette zone de transition. L'auteur sépare
l'espace enrichi du reste du domaine et impose la continuité des champs aux frontières entre
ces deux sous-domaines avec des multiplicateurs de Lagrange.

22
Chapitre1 : Présentation de la mécanique de la rupture

Conclusion

Cette étude bibliographie permet de fixer le cadre dans lequel s’inscrit notre sujet de mémoire.
D’un point de vue historique, le développement de la mécanique de la rupture et les travaux
suivis à l’issue de chaque période.

D’un point de vue théorique, nous avons pris une généralité sur les ruptures par fissuration,
ensuite une définition sur la rupture par fissuration, les deux types de fissure et les
deux modèles pour décrire la fissuration des structures et enfin les modes élémentaires
(mode I, mode II et mode III) de la fissuration.

D’autre part, pour la modélisation des structures fissurées il est indispensable de


discuter sle côté numérique et les différentes méthodes déjà implémentées pour ce type
d'analyse. Il y a plusieurs méthodes qui traitent la fissuration des structures, classées en deux
groupes. Le premier groupe expose les méthodes classiques basées sur la méthodes des
éléments finis FEM qui contient le relâchement des nœuds, les méthodes de remaillage,
l'élimination d’éléments et des méthodes des éléments cohésifs. Le deuxième groupe qui
présente les méthodes basées sur la partition de l’unité PU FEM qui conduit à la méthode
des éléments finis étendus X-FEM très utilisée actuellement pour l'analyse de la fissuration.

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