BACCALAURÉAT PROFESSIONNEL
PROCÉDÉS DE LA CHIMIE, DE L’EAU
ET DES PAPIERS-CARTONS
SESSION 2026
ÉPREUVE E2 : ÉPREUVE TECHNOLOGIQUE
ÉTUDE D’UN PROCÉDÉ
DOSSIER RESSOURCES
Durée : 4 heures
Coefficient : 4
Le dossier se compose de 11 pages, numérotées de 1/11 à 11/11.
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DOSSIER RESSOURCES
BACCALAURÉAT PROFESSIONNEL
PROCÉDÉS DE LA CHIMIE, DE L’EAU ET DES PAPIERS-CARTONS
E2 Épreuve technologique : Étude d'un procédé Durée : 4 heures SESSION 2026
26-BCP-PCE-U2-MEAG1 Coef : 4 DR 1/11
FABRICATION DU NITROBENZÈNE
PRINCIPE :
La réaction mise en jeu est :
Cette réaction exothermique a lieu en phase aqueuse dans un réacteur parfaitement agité, maintenu
à 60 °C.
Le benzène en excès est mis en contact avec un mélange sulfonitrique composé d’acide sulfurique
concentré et d’acide nitrique concentré. La réaction consomme totalement l’acide nitrique.
L’acide sulfurique (servant à fixer l’eau) est reconcentré puis recyclé dans un réacteur.
Le benzène en excès est récupéré après différents traitements du mélange réactionnel, puis recyclé
avec le benzène neuf.
DESCRIPTION DU PROCÉDÉ :
1- Préparation du mélange sulfonitrique
Le mélange est réalisé dans le réacteur agité K1, sous pression atmosphérique.
• L’acide sulfurique concentré (95 % masse) et l’acide nitrique concentré (63 %
masse), provenant de cuves de stockage, sont injectés à débits constants.
• Le mélange dégage de la chaleur, évacuée par de l’eau de refroidissement
circulant dans un serpentin. Ce type de transformation est qualifié de réaction
exothermique, car elle libère de l’énergie sous forme de chaleur.
Le mélange sulfonitrique ainsi obtenu est envoyé vers le réacteur de nitration K2.
2- Alimentation en benzène et extraction
Le benzène est utilisé pour extraire le nitrobenzène contenu dans la phase aqueuse sortant
du décanteur S2.
• Le benzène est envoyé à débit constant dans l’extracteur sous agitation K3.
• Dans K3, il est mis en contact avec la phase aqueuse lourde issue de S2, formant
une émulsion.
• Cette émulsion est dirigée pour une décantation vers le décanteur florentin S1.
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Dans S1 :
• La phase aqueuse lourde (acide sulfurique dilué à 68 %) est envoyée dans
l’évaporateur EV1, où elle est concentrée jusqu’à 95 % masse.
▪ Le mélange liquide-vapeur sortant de EV1 est envoyé dans le cyclone de
séparation S3.
▪ La vapeur d’eau est évacuée, tandis que la solution d’acide sulfurique
concentré est refroidie dans l’échangeur E1 puis recyclée vers K1.
• La phase organique légère (benzène + nitrobenzène extrait) s’écoule par gravité
vers le réacteur de nitration K2.
Si la température de sortie de l’échangeur E1 est trop élevée, l’acide sulfurique recyclé n’est
pas suffisamment refroidi. Cela peut perturber la stabilité thermique dans K1 et réduire
l’efficacité de l’extraction, entraînant une moins bonne séparation des phases et un
rendement global en nitrobenzène plus faible.
3- Nitration du benzène
La réaction de nitration a lieu dans le réacteur agité K2, sous pression atmosphérique.
• Le réacteur est équipé d’une agitation et d’un serpentin de refroidissement à
l’eau, permettant de maintenir la température à 60 °C et de dissiper la chaleur de
réaction.
• Le mélange réactionnel est ensuite dirigé vers le décanteur florentin S2.
Dans S2 :
• La phase aqueuse lourde, riche en acide sulfurique dilué, est recyclée dans
l’extracteur K3 afin de récupérer le nitrobenzène résiduel.
• La phase organique légère, contenant du benzène en excès, du nitrobenzène et
des impuretés acides, est envoyée par débordement vers le réacteur de
neutralisation R4 (non représenté sur le schéma). Cette étape de traitement et
de purification permet d’obtenir le nitrobenzène destiné au stockage et à la
commercialisation.
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SCHÉMA DU PROCÉDÉ :
EV1
E1
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DOSSIER PRÉVENTION DES RISQUES ET DE L’ENVIRONNEMENT
Le nitrobenzène est un composé aromatique également appelé Nitrobenzol, Nitrophène ou huile de
mirbane. Selon la température, il se présente comme un liquide incolore, huileux ou comme des
cristaux jaunes. Ce composé est toxique et inflammable, avec une odeur caractéristique d'amande
amère. Il dispose d'un indice de réfraction élevé et reste peu soluble dans l'eau, mais il se dissout
facilement dans l'alcool, l'éther et le benzène.
Avant toute utilisation régulière, consulter la fiche toxicologique de l'INRS.
NFPA 704
Le NFPA 704 est un standard créé par l'organisation américaine National Fire Protection
Association (en). Plus familièrement connu sous le nom de « diamant du feu », cet étiquetage
définit les principaux risques liés à chaque produit. Cette norme est surtout utilisée dans le monde
anglo-saxon, mais il n'est pas rare de la retrouver dans d'autres pays que les États-Unis.
Cet étiquetage permet à la personne qui manipule un produit d'en connaître rapidement le niveau
de dangerosité grâce à un code couleur et un échelonnage du risque en 5 niveaux (de 0 à 4). Dans
le cas où des produits se trouvent stockés dans un lieu en proie à un incendie par exemple, cet
étiquetage permet également aux équipes d'intervention d'identifier rapidement les risques propres
à chaque substance, de choisir l'équipement d'intervention en conséquence et ainsi éviter des
risques supplémentaires.
Les quatre losanges ont un code couleur : le bleu correspond au risque pour la santé, le rouge à
l'inflammabilité du produit, le jaune à la réactivité chimique et le blanc est une case spéciale qui
contient les codes pour les risques particuliers. Chacune des trois premières cases est échelonnée
de 0 (pas de danger ; substance inerte) à 4 (risque majeur).
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Bleu : santé
0 : Produit non toxique, pouvant être utilisé sans précaution particulière (ex : eau).
1 : Produit pouvant provoquer, après une exposition, une irritation ou des séquelles mineures (ex :
acétate d'éthyle).
2 : Produit pouvant provoquer, après une exposition intense ou continue (mais non chronique), une
incapacité temporaire ou une séquelle mineure résiduelle (ex : chloroforme).
3 : Produit pouvant provoquer, après une exposition de courte durée, des séquelles graves
temporaires ou bien des séquelles modérées résiduelles (ex : acide chlorhydrique).
4 : Produit pouvant provoquer, après une exposition de très courte durée, un décès ou des séquelles
graves (ex : cyanure d'hydrogène).
Rouge : inflammabilité
0 : Incombustible.
1 : Produit ne pouvant s'enflammer qu'après chauffage (ex : acide benzoïque).
2 : Produit qui ne peut s'enflammer qu'après un chauffage modéré ou une exposition à une source
de chaleur relativement élevée (ex : gazole). Point d'éclair compris entre 38 °C et 93 °C.
3 : Liquides et solides susceptibles de s'enflammer à température ambiante (ex : essence). Liquides
ayant un point d'éclair inférieur à 23 °C et ayant un point d'ébullition égal ou supérieur à 38 °C, ou
ayant un point d'éclair compris entre 23 °C et 38 °C.
4 : Produit susceptible de se vaporiser rapidement ou complètement à température et pression
ambiantes, ou de se disperser dans l'air et de s'enflammer facilement (ex : propane). Point d'éclair
inférieur à 23 °C.
Jaune : instabilité/réactivité
0 : Produit généralement inerte.
1 : Produit stable, mais pouvant devenir instable à température et pression élevées.
2 : Produit pouvant subir une transformation chimique violente à température et pression élevées,
ou susceptible d'exploser au contact de l'eau, ou de former un mélange explosif avec de l'eau (ex :
phosphore, sodium).
3 : Produit pouvant détoner ou exploser, mais nécessitant une forte source d'allumage, ou un
chauffage important en milieu confiné, ou susceptible d'exploser au contact de l'eau, ou capable
d'exploser par un choc important (ex : fluor).
4 : Produit pouvant détoner ou exploser à température et pression ambiantes (ex : nitroglycérine).
Blanc : risque spécifique
La case blanche peut contenir plusieurs symboles :
W : réagit avec l'eau de manière violente (ex : césium).
OX ou OXY : oxydant (ex : nitrate d'ammonium).
SA : Asphyxiant simple (ex : azote).
COR : corrosif ; acide fort ou base forte (ex : acide sulfurique, hydroxyde de potassium).
BIO : risque biologique (ex : variole).
POI : poison (ex : venin d'arachnide).
Trèfle nucléaire : radioactivité (ex : plutonium, uranium).
CRY ou CRYO : cryogénique.
Remarque : seuls les symboles W, SA et OX/OXY sont officiellement reconnus par le standard
NFPA 704.
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EXTRAITS DE FICHES DE DONNÉES SÉCURITÉ
Acide sulfurique 95 %
1- Identification de la substance
Nom du produit : Acide sulfurique 95 % (m)
Synonymes : Vitriol, huile de vitriol
N° CAS : 7664-93-9
N° CE : 231-639-5
Formule moléculaire : H₂SO₄
Numéro d’enregistrement REACH : 01-2119458838-20
2- Éléments d’étiquetage
Pictogrammes :
Mentions de danger :
• H290 : Peut-être corrosif pour les métaux.
• H314 : Provoque de graves brûlures de la peau et de graves lésions des yeux.
• H335 : Peut irriter les voies respiratoires.
Conseils de prudence :
• P280 : Porter des gants, des vêtements de protection, un équipement de protection des yeux/du
visage.
• P301+P330+P331 : EN CAS D’INGESTION : rincer la bouche. NE PAS faire vomir.
• P303+P361+P353 : EN CAS DE CONTACT AVEC LA PEAU (ou les cheveux) : enlever
immédiatement tous les vêtements contaminés. Rincer la peau à grande eau.
• P305+P351+P338 : EN CAS DE CONTACT AVEC LES YEUX : rincer avec précaution à l’eau
pendant plusieurs minutes. Retirer les lentilles si possible.
• P310 : Contacter immédiatement un médecin ou un centre antipoison.
3- Précautions avant manipulation
Précautions individuelles :
• Évacuer le personnel non protégé.
• Porter EPI (gants, lunettes, combinaison).
• Ventilation locale, éviter les projections.
Précautions pour la protection de l’environnement :
• Ne pas rejeter à l’égout.
• Contenir la fuite en rétention étanche.
4- Mesures à prendre en cas de dispersion accidentelle
• En cas de déversement accidentel d'une solution aqueuse d’acide sulfurique, récupérer le produit en
l’épongeant avec un matériau absorbant inerte. Laver à grande eau la surface ayant été souillée.
• Si le déversement est important, aérer la zone et évacuer le personnel en ne faisant intervenir que
des opérateurs entrainés et munis d’un équipement de protection approprié. Supprimer toute source
d’inflammation potentielle.
• Des appareils de protection respiratoire isolants autonomes sont à prévoir à proximité et à l’extérieur
des locaux pour les interventions d’urgence.
• Prévoir l’installation de fontaines oculaires et de douches de sécurité.
• Si ces mesures ne peuvent pas être réalisées sans risque de sur-accident ou si elles ne sont pas
suffisantes, contacter les équipes de secours interne ou externe au site.
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EXTRAITS DE FICHES DE DONNÉES SÉCURITÉ
Nitrobenzène
1. Identification de la substance
Nom du produit : Nitrobenzène
N° CAS : 98-95-3
N°-CE : 202-716-0
Numéro d'index : 609-003-00-7
Formule moléculaire : C6H5NO2
Synonymes : Nitrobenzol, essence de mirbane
Utilisation recommandée : Intermédiaire en synthèse organique, solvant, fabrication d'aniline, colorants,
explosifs
2. Identification des dangers
Classement CLP – Règlement (CE) n° 1272/2008
Dangers physiques
• Combustible liquide
Dangers pour la santé
• Toxicité aiguë par voie orale : Catégorie 3 (H301)
• Toxicité aiguë par voie cutanée : Catégorie 3 (H311)
• Toxicité aiguë par inhalation : Catégorie 3 (H331)
• Susceptible de provoquer le cancer : Catégorie 2 (H351)
• Peut nuire à la fertilité : Catégorie 2 (H360F)
• Risque avéré d'effets graves pour les organes à la suite d'expositions répétées : Catégorie 1 (H372)
Dangers pour l'environnement
• Nocif pour les organismes aquatiques, effets à long terme : Catégorie 3 (H412)
3. Éléments d'étiquetage
5. Caractéristiques physico-chimiques
Propriété Valeur
Aspect Liquide incolore ; solide jaune
Odeur Amandes amères
Point de fusion 5,2 – 6 °C
Point d'ébullition 210 – 211 °C
Masse volumique (liquide, 20 °C) 1 200 kg/m³
Solubilité dans l'eau (20 °C) 1,9 g/L
Solubilité dans les solvants organiques Très élevée (éthanol, éther, benzène…)
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FORMULAIRE
1. DÉTERMINATION DU BILAN DE MATIÈRE
𝒒𝒎
Débit molaire : 𝒒𝒏 =
𝑴
qn = débit molaire en mol/h
qm = débit massique g/h
M = masse molaire en g/mol
Débit massique en excès : 𝒒𝒎 𝒆𝒏 𝒆𝒙𝒄è𝒔 = 𝒒𝒎𝟏 × 𝒘
qm1 = débit massique de la phase organique (g/h)
w = pourcentage massique de la matière en excès
qm à injecter = qm en excès + qm réagi
2. VÉRIFICATION DU FONCTIONNEMENT DE L’ÉCHANGEUR E1
Flux Φ échangé lors d'une variation de température :
ɸ = 𝒒𝒎 × 𝑪𝒑 × ΔT
ɸ = flux de chaleur en kJ/h (ou en W) reçu ou fourni
Cp = chaleur massique en kJ/kg.°C
qm = débit massique en kg/h
Lv = chaleur latente de vaporisation ou de condensation en kJ/kg
ΔT = variation de température en °C ou en K
1 W = 1 J/s donc 1 kW = 1 kJ/s donc 1 kJ/h = 1 / 3 600 en kW
ɸ = 𝐊 × 𝐒 × 𝐃𝐓𝐋𝐌
ɸ : flux de chaleur (W)
K : coefficient d’échange global (W/m².°C)
DTLM : différence de température logarithmique moyenne (°C)
S : surface globale d’échange (m²)
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3. CHOIX D’UNE POMPE D’ALIMENTATION de H2SO4 VERS K1
Débit massique : 𝒒𝒎 = 𝒒𝒗 × 𝝆
Débit volumique : 𝒒𝒗 = 𝒖 × 𝑺
𝝅𝑫𝟐
Section de la canalisation : 𝑺=
𝟒
𝝆×𝒖×𝑫
Nombre de Reynolds : 𝑹𝒆 =
µ
Puissance hydraulique : 𝑷𝒉𝒚𝒅𝒓𝒂𝒖𝒍𝒊𝒒𝒖𝒆 = 𝒒𝒗 × 𝝆 × 𝒈 × 𝑯𝑴𝑻
𝑷𝒉𝒚𝒅𝒓𝒂𝒖𝒍𝒊𝒒𝒖𝒆
Rendement de la pompe : 𝜼= × 𝟏𝟎𝟎
𝑷𝒂𝒃𝒔𝒐𝒓𝒃é𝒆
avec : D : diamètre de la tuyauterie en m
u : vitesse en m/s
ρ : masse volumique en kg/m3
μ : viscosité dynamique en Pa.s
qm : débit massique en kg/s
qv : débit volumique en m3/s
S : surface en m2
HMT : mCL (mètre Colonne de Liquide)
g = 9,81 m/s2
Régime d’écoulement :
Re < à 2 000 Laminaire
Re entre 2 000 et 3 000 Transitoire
Re > à 3 000 Turbulent
Tableau pompe disponible :
Pompe Q (m³/h) HMT (mCL) Puissance absorbée (kW)
A 2,0 45 0,55
B 3,0 38 0,75
C 3,5 30 0,55
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SCHÉMATHÈQUE
Symboles instrumentation :
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