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Cours Télécommunications

Le document présente un cours sur les télécommunications, abordant des concepts fondamentaux tels que la définition, l'historique et les systèmes de communication. Il explique les différences entre les télécommunications analogiques et numériques, ainsi que les éléments clés d'un système de télécommunication, incluant la source, le canal et le destinataire. Enfin, il retrace l'évolution des télécommunications depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours.

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Cours Télécommunications

Le document présente un cours sur les télécommunications, abordant des concepts fondamentaux tels que la définition, l'historique et les systèmes de communication. Il explique les différences entre les télécommunications analogiques et numériques, ainsi que les éléments clés d'un système de télécommunication, incluant la source, le canal et le destinataire. Enfin, il retrace l'évolution des télécommunications depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours.

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Scientifique

LST: Ingénierie Département Génie Electrique


Informatique Electronique
et Automatique Enseignant : [Link]
Télécommunication

TÉLÉCOMMUNICATIONS

Année universitaire 2022/2023


Cours télécommunications

Sommaire

Chapitre 1: Généralités sur les télécommunications………………………………………1


1.1 Définitions des télécommunications……………………………………………………….1
1.2 Concepts élémentaires : signal, message, information………………………………….….1
1.3 Télécommunications analogiques………………………………………………………….4
1.4 Télécommunications numériques………………………………………………………….4
1.5 Schéma général d’un système de télécommunication……………………………………...5

1.6 Historique et évolution des télécommunications…………………………………………6

Les Grecs, l’Empire romain et les Gaulois…………………………………………………6

La télégraphie………………………………………………………………………………….7

La radio………………………………………………………………………………………...7

Le Télex………………………………………………………………………………………..8

Le téléphone classique………………………………………………………………………...8

Le téléphone mobile…………………………………………………………………………...9

La télévision…………………………………………………………………………………..10

L’informatique et Internet…………………………………………………………………...10

Chronologie des télécommunications au 20ème siècle……………………………………...11

1.7 Normes et standards de télécommunications……………………………………………..12

Institutions de normalisation………………………………………………………………….13

Norme et Protocole (Définitions)……………………………………………………………15

Chapitre 2 : Systèmes de communication………………………………………………….16


2.1 Introduction……………………………………………………………………………….17
2.2 Synoptique général d'un système de télécommunications………………………………..17
2.3 Signaux de source en télécommunications……………………………………………….18
2.3.1 Signal vocal ou musical………………………………………………………………19
2.3.2 Vidéo……………………………………………………………………………………19
2.3.3 Signaux numériques…………………………………………………………………….19
Enseignant : Youssef RHAZI Page i
Cours télécommunications

2.3.4 Texte…………………………………………………………………………………….20
2.4 Supports de transmission…………………………………………………………………20
2.4.1 Paires torsadées…………………………………………………………………………20
2.4.2 Câbles coaxiaux………………………………………………………………………...21
2.4.3 Fibre optique……………………………………………………………………………22
2.4.4 Transmissions sans fil…………………………………………………………………..23
Faisceaux hertziens…………………………………………………………………………...23
Ondes radioélectriques………………………………………………………………………..23

Enseignant : Yousef RHAZI Page ii


Cours télécommunications

3.3.2 Modulation d’amplitude………………………………………………………………...32


Bande occupée………………………………………………………………………………..33
Occupation spectrale par une modulation d’amplitude………………………………………33
Puissance émise……………………………………………………………………………….33
Puissance normalisée…………………………………………………………………………34
Formule de Dirichlet Parseval………………………………………………………………...34
3.3.3 Différentes modulations d’amplitudes………………………………………………….34
Modulation d’amplitude sans porteuse……………………………………………………….35
Modulation d’amplitude à bande latérale unique (BLU)……………………………………..35
3.3.4 Démodulation d’amplitude……………………………………………………………35
Démodulation incohérente (ou non cohérente)……………………………………………….35
Enveloppe d’un signal………………………………………………………………………35
Détection d’enveloppe………………………………………………………………………..36
Application……………………………………………………………………………………36
Détermination du détecteur d’enveloppe……………………………………………………..36
Démodulation cohérente ou synchrone……………………………………………………….37
Détection cohérente…………………………………………………………………………37
Application……………………………………………………………………………………37
Démodulation d’amplitude d’un signal modulé à porteuse supprimée……………………….37
Démodulation d’amplitude d’un signal modulé BLU………………………………………...38
3.4 Filtres électriques…………………………………………………………………………38
Comparaison filtre actif – filtre passif………………………………………………………..39

Enseignant : Yousef RHAZI Page iii


Généralités sur les télécommunications

Chapitre 1: Généralités sur les


télécommunications

Enseignant : Youssef RHAZI Page 1


Généralités sur les télécommunications

1. Généralités et définitions sur les télécommunications

1.1 Définitions des télécommunications

Les télécommunications sont aujourd’hui définies comme la transmission à distance


d’informations avec des moyens électroniques. Les télécommunications se distinguent ainsi
de la poste qui transmet des informations ou des objets sous forme physique.

Le mot « télécommunication » vient du préfixe grec « tele » signifiant « loin » et du latin «


communicare » qui signifie « partager ». Le terme « télécommunication » a été utilisé pour la
première fois en 1904 par Edouard Estaunié, romancier et ingénieur français, dans son
Traité pratique de télécommunication électrique. Edouard Estaunié, ingénieur aux Postes et
Télégraphes et directeur de 1901 à 1910 de l’école professionnelle des Postes et Télégraphes,
qui ne tenait alors compte que de l’électricité dans sa définition, souhaitait rassembler sous
une même discipline la télégraphie, la téléphonie et les communications radio, tenant compte
de l’évolution technologique par rapport aux moyens ordinaires de communication.

De nos jours, la télécommunication est caractérisée comme suit : « l’émission, transmission à


distance et réception d’informations de toute nature par fil, radioélectricité, système optique
ou électromagnétique ». Autrement dit, la télécommunication est d’abord et avant tout un
échange d’information dans n’importe quel espace donné. La spécificité de la
télécommunication, contrairement à une communication ordinaire, est que l’information est
véhiculée à l’aide d’un support (matériel ou non), lui permettant d’être transmise sur de
longues distances.

1.2 Concepts élémentaires : signal, message, information

Un signal est la grandeur physique variable porteuse d'information. Si l'information portée


peut être de type analogique ou numérique, la nature physique du signal est toujours
analogique.

Le mot information est utilisé dans des contextes très variés, dans des sens totalement
différents suivants les disciplines scientifiques : on peut à titre d’exemples citer la
thermodynamique avec le concept d’entropie, la physique avec la théorie du signal, la
biologie avec la théorie du génome.

Enseignant : Youssef RHAZI Page 2


Généralités sur les télécommunications

Une définition technique du terme information que nous allons étudier dans ce cours, est la
suivante : « Une information est un élément de connaissance nouveau annoncé à un
destinataire, que ce dernier n’avait pas auparavant »

Un message est une entité logique constituée par une suite cohérente d'informations.

Claude Shannon (1916-2001 : ingénieur électricien et un mathématicien américain) a


développé une théorie mathématique dans laquelle l’information contenue dans un message
est quantifiée. « L’aspect le plus important en science des télécommunications est la mesure
de la quantité d'information contenue dans un message »

Dans la théorie de C. Shannon la quantité d’information est un nombre réel compris entre 0 et
1. Une information nulle a pour mesure 0 et une information « pleine échelle » a pour mesure
1. Cette valeur est assez difficile à cerner, et seul le destinataire est habilité à la fixer comme
l’a précisé C. Shannon :

« Le concept d'information ne s’applique pas à des messages individuels (comme le concept


de signification), mais plutôt à une situation dans son ensemble, l'information 1 indique une
situation dans laquelle le destinataire a la liberté de choisir parmi plusieurs messages reçus
un message qu’il convient de considérer comme quantité standard ou égale à 1 »

Voici un exemple simple pour clarifier le concept, et surtout établir un lien qui existe
réellement entre l’information au sens des masses media et l’information au sens de la théorie
des télécommunications :

1- Si je dis à quelqu’un « la température maintenant est de 8°», et qu’il ne le savait pas


jusque-là, il y a communication d’information

2- Si je lui répète juste après « la température maintenant est de 8°», la quantité d’information
est nulle car il savait déjà que la température est de 8°

3- Il existe un troisième cas de figure, j’aurais pu annoncer à mon interlocuteur « la


température maintenant est de 47° Fahrenheit», ici il y a information, mais en moins grande
quantité que dans le cas 1. C’est à la charge du destinataire de faire l’effort supplémentaire de
convertir 47°F en 8°C pour être réellement informé.

Enseignant : Youssef RHAZI Page 3


Généralités sur les télécommunications

Il est important de noter dans cette introduction que dans la théorie de Shannon une nette
distinction est établie entre les concepts message, signal et information. En règle générale
dans le domaine des télécommunications, un message contenant ou non de l’information est
transporté par un signal.

1.3 Télécommunications analogiques - On a d’abord cherché à transporter le signal tel qu’il


est émis, c’est à dire dans le cas de la téléphonie en analogique. Le téléphone, la radio, la
télévision continuent à utiliser majoritairement, dans le monde, des supports de transmission
analogiques, qu’il s’agisse de fils de cuivre ou de l’atmosphère pour les transmissions dites
hertziennes. Les seules transformations que l’on fait subir au signal sont des transformations
analogiques: amplification du signal pour le régénérer car il a tendance à s’affaiblir avec
l’augmentation des distances et surtout conversion analogique, comme celle qui transforme
dans un microphone les vibrations d’une membrane, au contact des vibrations sonores de l’air,
en oscillations d’un signal électrique (ou l’inverse dans une enceinte acoustique). Dans le
monde des télécommunications analogiques, on cherche donc surtout à transporter sans
altération le signal émis par l’émetteur. Ceci n’est pas simple car les supports de transmission
ne laissent pas passer toutes les fréquences provoquant ainsi un appauvrissement du signal
(ex: différence entre une voix au téléphone et la même voix en direct). De plus l’électronique
analogique est sensible à des bruits parasites et génère elle-même ses bruits de fond.

1.4 Télécommunications numériques - Pour supprimer les inconvénients des


télécommunications analogiques, on a imaginé d’avoir recours à la transmission numérique.
Cela signifie qu’au lieu de transporter une variation (ou modulation) des ondes qui reproduit
la forme très complexe du signal émis, on transporte une "représentation" de ce signal sous
une forme beaucoup plus simple. La représentation du signal d’origine sera obtenue par une
conversion analogique-numérique: ce dispositif électronique, aujourd’hui contenu dans un
composant, prélève à intervalles réguliers des échantillons du signal, mesure leur amplitude
en la comparant à des étalons et attribue une valeur numérique à chaque échantillon. C’est ce
train d’informations, constitué des valeurs des différents échantillons représentant les valeurs
successives du signal d’origine, qui sera transporté. Pour peu que l’on ait prélever
suffisamment d’échantillons avec suffisamment de précision, il sera possible à l’autre
extrémité, par une opération inverse dans un convertisseur numérique-analogique, de
reconstituer le signal d’origine. Les avantages d’une telle solution sont considérables :
puisque la transmission est faite de quelques valeurs discontinues, elle se présente beaucoup
Enseignant : Youssef RHAZI Page 4
Généralités sur les télécommunications

plus simplement que le signal qu’elle représente. De ce fait une transmission numérique est
beaucoup moins sensible au bruit et aux légères variations dus aux imperfections de la
transmission. En conséquence, la transmission numérique pourra se contenter de lignes de
moins bonne qualité, ou plutôt à qualité égale on pourra transmettre plus de signaux sur la
même ligne.

1.5 Schéma général d’un système de télécommunication

Une des contributions de C. Shannon dans son article de 1948 fut un schéma qui modélisait de
façon formelle la communication entre deux machines. Ce schéma est désormais très
largement utilisé en télécommunications, mais également parfois pour modéliser la
communication humaine. Il met en évidence 3 acteurs indispensables à la transmission de
l’information: la source (celui qui envoie l’information), le canal (qui transmet l’information)
et le destinataire (qui reçoit l’information).

La source envoie un message, souvent constitué d’une série de symboles pris dans un
alphabet donné. On parle dans ce cas de message numérique.
• Données discrètes : texte, numéros...
• Données analogiques numérisées : image, voix, vidéo...

L’émetteur prend ce message numérique et réalise les étapes suivantes :


• Codage source: compression des données pour qu’elles prennent le moins de place
possible. Cela revient à remplacer le message à envoyer par un message le plus court
possible, souvent représenté sous forme d’une série de 0 et de 1.
• Codage canal: rajout de bits d’information supplémentaires dans le message pour
permettre de corriger les éventuelles erreurs de transmission
• Transformer le message numérique en un signal physique (onde électromagnétique,
signal électrique, etc...) qui puisse être transmis sur le canal de transmission

Enseignant : Youssef RHAZI Page 5


Généralités sur les télécommunications

Le canal achemine le signal physique d’un point à l’autre


• Le canal peut être de différents types : câbles coaxiaux, paires torsadées, réseau
hertzien, infrarouge, fibres optiques,....
• Généralement perturbé par un bruit qui dépendra de l’environnement et de la nature du
canal: perturbations électriques, réflexion d’ondes, détérioration du câble, etc...
• Ce bruit a pour conséquence une dégradation du signal voire la perte de parties du
signal

Le récepteur prend le signal physique et réalise les étapes suivantes :


• Transformer le signal physique en un message numérique
• Inverser les étapes de codage canal et de canal source pour reconstituer le message
envoyé par la source
Le destinataire reçoit le message

« Le but d’un système de télécommunication est de faire parvenir à un destinataire un


message issue d’une source d’information (parole, musique, vidéo, données, etc.). »

1.6 Historique et évolution des télécommunications

L’histoire des télécommunications modernes remonte à 1792 et l’invention du premier


télégraphe optique. Pourtant, les télécommunications résultent d’un besoin beaucoup plus
ancien de l’être humain, ainsi que des autres espèces animales, de communiquer, autrement
dit « de mettre en commun, de faire connaître des informations ».

Les Grecs, l’Empire romain et les Gaulois (‫ اإلمبراطورية الرومانية واالغريق‬،‫)اليونانيون‬

• Les Grecs anciens : les signaux de feux, « Pour annoncer la bonne nouvelle, les
messagers allumaient des feux qui, dans l’obscurité, étaient repérés à des kilomètres à
la ronde. Ces feux étaient petit à petit relayés par d’autres postes jusqu’au
destinataire final qui en allumait un dernier pour annoncer qu’il avait bien reçu le
message ».
• L’Empire romain : des signaux de feux étaient également utilisés. En effet, des « tours
à feux » permettaient aux marins de se repérer à l’approche des côtes. Ces tours étaient

Enseignant : Youssef RHAZI Page 6


Généralités sur les télécommunications

alors un moyen de guider les marins. Les Romains créèrent ainsi un réseau de postes
télégraphiques reliant 3’000 villes d’Europe et d’Asie. A l’époque d’Auguste (62 av
J.-C. - 14 ap J.-C.), une organisation « postale » voit le jour. Celui-ci établit un réseau
de voies militaires jalonnées de relais de chevaux et de magasins
d’approvisionnement. Ce système appelé cursus publicus (course publique) permettait
au cavalier de franchir plus rapidement les distances en changeant de cheval à chaque
relais. Cette organisation disparaît avec la chute de l’empire romain au Vème siècle.
• Les Gaulois possédaient leur télégraphe « oral ». Ainsi comme le disait César : «
Quand il arrive chez eux quelque événement d’importance, les premiers qui
l’apprennent le proclament à grands cris dans la campagne. Ceux qui entendent ces
cris les transmettent à d’autres, et ainsi de suite, de village en village ; si bien que la
nouvelle traverse la Gaule avec la vitesse de l’oiseau ».

La télégraphie

• Le télégraphe optique : Claude Chappe et ses quatre frères en 1794,


• Le télégraphe électrique : Samuel Morse en 1832 (qui invente en parallèle un alphabet
propre à son utilisation : le fameux code Morse.),
• La télégraphie sans fil, en 1896 (le physicien Russe Alexandre Popoff pense ainsi à
l’utilisation des ondes hertziennes – découvertes quelques années auparavant par
Heinrich Hertz).

La radio

La radio doit son invention au physicien italien Giuglielmo Marconi. Après plusieurs tests de
transmission de signaux par le biais d’ondes électromagnétiques, il effectue, en 1895, la
première transmission radio de l’histoire, à Salvan, en Valais. Alors que les scientifiques de
l’époque prétendaient qu’une telle transmission entre deux points n’était possible que dans un
espace dégagé de tout obstacle, Marconi, aidé de Maurice Gay-Balmaz, installe un émetteur et
un récepteur distants de 1’500 mètres l’un de l’autre et séparés par une colline. Le succès est
au rendez-vous, mais Marconi finit par s’exiler en Angleterre, son pays n’étant pas convaincu
par l’utilité de sa découverte.

C’est là qu’il perfectionne son invention pour finalement créer en juillet 1897 la Wireless
Telegraph Trading Signal CO. LTD, puis en novembre sa toute première station émettrice, qui

Enseignant : Youssef RHAZI Page 7


Généralités sur les télécommunications

établit une liaison de 23 kilomètres entre l’île de Wight et Bournemouth, sur la côte Sud. La
conquête des distances est lancée : elle atteindra les 300 kilomètres le 23 janvier 1901, entre
l’île de Wight et le cap Lizard en Cornouailles, puis deviendra transatlantique le 12 décembre
de la même année.

Les premières communications commerciales voient le jour et c’est dans le domaine maritime
que l’invention de Marconi va connaître sa plus grande expansion.

Le développement du système de Marconi a suscité l’intérêt d’autres scientifiques et trois


autres procédés ont pu être brevetés : Telefunken, Lee de Forest et United Wireless. La
concurrence entre ces procédés, ainsi qu’entre les 15 compagnies de radiocommunication
existantes à l’époque a pour conséquence que les opérateurs radio ont pour consigne de ne pas
intercepter les messages provenant de la concurrence. La radio subit les impacts négatifs dus à
son développement et à un manque de coordination universelle que le naufrage du Titanic a
dévoilé au grand jour. Marconi reçoit le prix Nobel de physique en 1909 pour « sa
contribution au développement de la télégraphie sans fil ».

Le Télex

Le développement de la télégraphie sans fil et de la radio dans les années 1930 ont permis
l’apparition d’un nouveau système de communication : le Télex - contraction de la locution
anglaise telegraph exchange. Le Télex est un réseau international de communication reliant
des téléscripteurs qui transmettent des messages via des signaux électriques. Les informations
sont automatiquement décodées et retranscrites par le téléscripteur, qui remplace ainsi les
anciens opérateurs Morse. Les avantages de ce système sont son faible coût ainsi que sa
fiabilité, puisque chaque message reçu peut être confirmé par le destinataire par un
mécanisme de réponse automatique. C’est en Allemagne que se développe le premier grand
réseau Télex, dans les années 1930, qui permet d’assurer les communications au sein du
gouvernement. En Suisse, les PTT (Postes, Téléphones et Télégraphes) développent le
premier réseau Télex national en 1934, d’abord entre les villes de Zurich, Bâle et Berne. Par
la suite, la plupart des pays font de même, la France inaugurant son propre réseau en 1946.

Le téléphone classique

Parallèlement à la télégraphie, les télécommunications connaissent au XIXème siècle une


autre grande voie de développement avec le téléphone. Deux grands chercheurs s’opposent

Enseignant : Youssef RHAZI Page 8


Généralités sur les télécommunications

alors sur cette piste : Thomas Edison et Graham Bell. Ce dernier finit par l’emporter, mais
Edison améliorera la qualité sonore de l’invention, grâce au microphone à cartouche de
carbone. En juillet 1875, Bell, accompagné de son assistant Thomas Watson, effectue la
première transmission vocale par téléphone. Les deux compères se lancent alors dans une
course à la qualité nécessaire à la commercialisation du produit, concurrencés en cela par un
autre inventeur, Elisha Gray. Après une course effrénée, Bell et Watson purent déposer leur
brevet le 14 février 1876, deux heures seulement avant Elisha Gray.

C’est en juin 1876 que Bell lance officiellement son invention, après en avoir amélioré le
dispositif initial. Ce dispositif, relativement simple à réaliser, fut publié en septembre de la
même année dans le magazine américain Scientific American. Aux quatre coins du monde,
des amateurs se mettent alors à créer leur propre téléphone. Les communications devaient à
l’origine passer par l’intermédiaire d’opératrices, qui mettaient les deux interlocuteurs en
relation. En 1891, Almon Strowger, entrepreneur de pompes funèbres, invente le
commutateur automatique, persuadé que sa faillite provient des opératrices, l’une étant la
femme de son principal concurrent. Cet apport, suivi de l’invention de la triode par Lee De
Forest, marque les premiers pas vers l’électronique.

En 1922, à la mort de Graham Bell, il y a alors 13 millions de téléphones en service dans le


monde. A fin 2006, le nombre d’abonnés à une ligne fixe s’élevait à 1,27 milliards. Alors que
les premiers réseaux se limitaient à une région, puis à un pays, avec la libéralisation du
marché, les entreprises nationales de téléphonie dépassent aujourd’hui souvent les frontières
de leur pays d’origine. Leur domaine d’activités s’est d’ailleurs depuis longtemps élargi aux
nouvelles offres de télécommunications.

Le téléphone mobile

Le téléphone mobile est de nos jours un objet inséparable d’une très grande majorité
d’individus, au point même de modifier nos relations sociales et notre organisation du temps.
Apparu dans le grand public dès les années 1990, son origine remonte pourtant aux années
1940, avec la découverte de la technologie radio. Cependant, ce n’est qu’en 1973 que
l’inventeur du téléphone portable, le docteur Martin Cooper, passe son premier appel par ce
biais. Le qualificatif de mobile n’apparaît qu’avec le premier téléphone réellement
miniaturisé, créé par la marque Motorola, en 1983.

Enseignant : Youssef RHAZI Page 9


Généralités sur les télécommunications

En 1982, la Conférence européenne des administrations des postes et télécommunications


(CEPT) lance le Groupe spécial mobile (GSM), chargé de développer un standard pour la
téléphonie mobile en Europe. En 1987, 13 pays européens adoptent la convention qui lance le
standard GSM (qui signifie cette fois Global System for Mobile communication). Cette
technologie est utilisée aujourd’hui par plus de 3 milliards d’utilisateurs dans 212 pays et
territoires.

La télévision

Le 24 décembre 1883, l’ingénieur allemand Paul Nipkow, alors étudiant à Berlin, réalise
pour la première fois dans une chambre d’hôtel le balayage d’une image à l’aide d’un disque
percé de trous : le principe de la télévision naissait, avant d’être breveté en 1884. Se basant
sur ce procédé, ainsi que sur les travaux notamment de Herz, de Marconi et de Braun (tube
cathodique), l’inventeur écossais John Baird présente en 1926 son procédé de réception
d’images, qu’il nomme « Televisor ». Le public voit apparaître sur l’écran la première
émission télévisée : le visage de deux ventriloques. Cette même année, les sociétés
Westinghouse, General Electric et RCA s’unissent pour former la National Broadcasting
Company, plus connue par ses initiales, NBC. Douze ans plus tard, le même John Baird,
appliqué à améliorer son invention, organise la première démonstration expérimentale de la
télévision en couleur. La télévision s’exporte mondialement, mais ce n’est qu’en 1951 que les
premières émissions de télévision publique en couleur apparaissent, sur la chaîne américaine
CBS.

L’informatique et Internet

Pour le Petit Larousse, l’informatique est « la science du traitement automatique et rationnel


de l’information en tant que support des connaissances et des communications (...), mettant en
œuvre des matériels (ordinateurs) et des logiciels (en anglais, respectivement hardware et
software)». La numérisation de l’information est à la base de l’informatique. Elle consiste en
la conversion d’un objet réel en une suite de nombres permettant de le représenter
informatiquement ou électroniquement. L’arithmétique binaire sur laquelle se base la
numérisation n’est pas récente, puisque le concept apparaît déjà en 3000 av. J.-C. dans le
symbole de l’empereur chinois Fou Hi, l’octogone à trigramme, le Yin et Yang.

Enseignant : Youssef RHAZI Page 10


Généralités sur les télécommunications

L’Américain d’origine hongroise John Von Neumann (1903-1957) crée en 1944 la structure
qui compose les ordinateurs modernes, l’architecture de Von Neumann : unité de traitement,
unité de contrôle, la mémoire et les dispositifs d’entrée-sortie qui permettent de communiquer
avec le monde extérieur. L’informatique permet ainsi de garder des informations en mémoire,
dont la capacité ne cesse d’augmenter avec la technologie. Ce n’est qu’avec l’avènement
d’Internet et de son corollaire, le World Wide Web, que les informations ne sont plus
seulement stockées, mais également échangées et distribuées aux quatre coins du monde C’est
la Bell Company qui, en 1958, invente le modem, qui permettra de transmettre des
informations en données binaires sur une simple ligne téléphonique.

Chronologie des télécommunications au 20ème siècle

1907 : Lee de Forest invente la triode qui permet l’amplification analogique de signaux =>
transmission longue distance.
1921 : Edwin Armstrong invente la FM (Modulation de Fréquences).
1928 : 1ère liaison radiotéléphonique commerciale transatlantique.
1935 : 1ère émission TV en France (Paris).
1938 : Alec Reeves invente la modulation par impulsions codées (MIC, ou PCM pour Pulse
code Modulation) : 1ère représentation numérique d’un signal analogique.
1948 : Invention du transistor => essor de l’électronique
1948 : Claude Shannon développe les bases de théorie de l’information : base de la
numérisation.
1956 : Premier câble transatlantique téléphonique (TAT1) : 60 circuits téléphoniques.
1956 : Premier réseau de radiotéléphonie français (10 000 abonnés).
1962 : 1er satellite de communication ("Telstar-1"), destiné aux communications
téléphoniques et télévision. 1ère émission de télévision entre USA et Europe.
1965 : Premier satellite géostationnaire "Early Bird" (simultanément téléphonie et télévision).
1965 : 3 millions d’abonnés au téléphone en France.
1969 : Transmission en direct des premiers pas sur la Lune.
1971 : Début du système de repérage par satellite GPS. Entièrement opérationnel en 1995 (28
satellites).
1972 : Naissance de l’InterNetworking, organisme chargé de la gestion d’Internet.
1973 : Angleterre et Norvège rejoignent Internet (1 ordinateur par pays !).
1980 : La sonde spatiale Voyager-1 transmet des photos de Jupiter et de Saturne.
Enseignant : Youssef RHAZI Page 11
Généralités sur les télécommunications

1981 : Lancement du Satellite Télécom 1A (France).


1984 : Début des réseaux cellulaires de radiocommunications mobiles aux USA.
1986 : Ouverture du service de mobiles "Radiocom2000" (première génération de téléphonie
mobile... en voiture !)
1987 : Mise en service en France du premier réseau entièrement numérique à intégration de
services (RNIS).
1993, lancement commercial de la 2ème génération de téléphonie mobile (GSM) en France
(ITINERIS). Premier succès commercial de téléphonie mobile.
1997 : Arrêt de l’usage du Morse dans les télécommunications Radio-maritimes en France...
1999 : 35 millions d’abonnés filaires, et le téléphone portable dépasse toutes les
prévisions.
2001 : commercialisation de l’ADSL en France, jusqu’à 8 Mbit/s en réception et 640 Kbit/s
en émission.
2003 : Nouveau record de débit longue distance avec l’internet nouvelle génération IPv6 :
débit à flux unique sur TCP (Transfer Control Protocol) de 983 Gbit/s pendant plus d’une
heure entre le CERN et Chicago.
2004 : Lancement de l’UMTS en France, 3ème génération de téléphonie mobile. Nouvelles
applications (visioconférence, web, mail, streaming...). Développement des Smartphones.
2005 : Lancement officielle de la TNT (Télévision Numérique Terrestre) en France
(procédure débutée en 1996...).
>2006: Vers la convergence voix et données. Donc convergence entre réseaux de
télécommunications fixes et sans fil.

1.7 Normes et standards de télécommunications

La normalisation est un acte primordial dans le domaine de la communication. En effet, il faut


que tout utilisateur connecté au réseau de communication soit apte à recevoir et à transmettre
des informations destinées à l’ensemble des participants.
Il faut se mettre d’accord sur l’ensemble des éléments nécessaires à la communication pour
que des échanges puissent s’effectuer (voir figure ci-dessous).
La normalisation est un ensemble de règles établies qui doivent être suivies par les entités
désirant communiquer.

Enseignant : Youssef RHAZI Page 12


Généralités sur les télécommunications

Institutions de normalisation
Les pouvoirs publics et industriels se sont rendus compte que les fournisseurs de produits
pour le réseau devaient se mettre d’accord sur des normes de communication reconnues et
internationales.
La norme est établie par consensus entre les diverses parties impliquées dans chacun des
sujets à normaliser et approuvée par un organisme reconnu. Les principaux organismes de
normalisation sont :

· ISO (International Standardization Organization, créée en 1947) organisme, dépendant de


l’Organisation des Nations Unies : ONU), qui s’occupe de tous les domaines techniques en
dehors de l’électricité et de l’électronique. Il englobe les organismes nationaux de tous les
pays Organisé en TC (Technical Comittees) ou en SC (Sous-Comités), à leur tour subdivisés
en Groupes de travail (Working Group). Les projets de normes passent par trois stades, DS
(Draft Proposal) ou document de travail, DIS (Draft International Standard) ou proposition de
norme, et enfin IS (International Standard) après l'adoption définitive.
L’ISO regroupe les organismes nationaux de normalisation :

o AFNOR : France (Association française de normalisation)


o ANSI : Etats-Unis (American National Standards Institute )
o DIN : Allemagne (Deutsches Institut für Normung - Institut allemand de normalisation )
o BSI : Royaume Uni (British Standards Institute - Organisme britannique de normalisation)
o JISC : Japon (Japanese Industrial Standards Committee)
o IANOR : Algérie (Institut Algérien de la Normalisation : En 1976, L’Algérie, représentée
par l’IANOR devient membre de l’ISO), Etablissement public à caractère industriel et
commercial (EPIC) ; ([Link]) Sous tutelle du Ministère du Développement Industriel
et de la Promotion de l’Investissement.

Enseignant : Youssef RHAZI Page 13


Généralités sur les télécommunications

Missions de l’IANOR
Elaborer des Normes Algériennes (NA) ;
Assurer la veille sur l’évolution des normes ;
Informer sur les normes ;
Former et sensibiliser ;
Certifier les produits aux Normes Algériennes, les systèmes de management et les
personnes.

. UIT - Union Internationale des Télécommunications (Fondée en 1865) - Organisme


international siégeant à Genève et chargé, dans le cadre de l'ONU, des questions de
télécommunications. Il contrôle en particulier le CCITT, Comité Consultatif International
Télégraphique et Téléphonique, chargé du développement et de l'adoption des normes
internationales en matière de télécommunications. Organisme appartenant à l'ONU et chargé
de coordonner et de promouvoir le développement des télécommunications dans le monde.
Ses principaux objectifs sont de stimuler les avancées technologiques et de garantir la
compatibilité des réseaux nationaux pour permettre les communications internationales. Pour
en savoir plus : [Link]

· IUT-T (International Union of Telecommunication - section Télécommunication) (qui a


remplacé le CCITT : Comité Consultatif Internationnal Télégraphique et Téléphonique en
1993) est chargée par l’ONU des normes qui portent le nom de «recommandations », dans le
domaine des télécommunications.

Les missions et les objectifs de l’Union Internationale des Télécommunications


L’UIT favorise la coopération internationale avec trois objectifs :
- des télécommunications toujours accessibles ;
- des télécommunications partout disponibles ;
- des télécommunications à la portée de tous.

· IEEE (Institute of Electrical and Electronic Engineers : industriels) regroupe de nombreux


chercheurs et ingénieurs en électronique et informatique jouant un rôle important comme
forum d'étude et de discussion sur la normalisation. Elle a notamment joué un rôle

Enseignant : Youssef RHAZI Page 14


Généralités sur les télécommunications

prépondérant dans la normalisation des réseaux locaux avec les normes IEEE 802, 802.3
(Ethernet), 802.4 (bus à jeton), 802.5 (anneau à jeton).

· IETF / IRTF (Internet Engineering/ Research Task Force) de la structure IAB (Internet
Activities Board) qui avait remplacé l’ICCB en 1989. Cet organisme émet des normes de
l’internet appelées RFC (Request For Comment).

La dénomination d’une norme doit tenir compte d’un ensemble de critères :


- Son origine (ISO, IEEE, etc.).
- Son domaine d’application (réseaux publics/privés/locaux/, téléphone, etc.).
- Sa zone d’application (européenne, internationale, etc.).

CEI - Commission Electrotechnique Internationale - IEC International Electrotechnical


Commission - Organisme composé des Comités électrotechniques nationaux de plus de
quarante pays. Elle forme avec l'ISO un comité technique commun (joint technical
committee) ISO/IEC/JTC 1 pour traiter des problèmes relatifs à l'informatique et aux
télécommunications pour l'informatique.

Norme et Protocole (Définitions)

Norme - Standard - Document établi par consensus et approuvé par un organisme de


normalisation reconnu (ISO, CEI, UIT-T, ETSI ...). Ne pas confondre avec standard.

Protocole - Séquence de règles à suivre dans un échange d'informations - Un protocole est


une description formelle de règles et de conventions à suivre dans un échange d'informations,
que ce soit pour acheminer les données jusqu'au destinataire ou pour que le destinataire
comprenne comment il doit utiliser les données qu'il a reçues.

Enseignant : Youssef RHAZI Page 15


Systèmes de communication

Chapitre 2 : Systèmes de communication

Enseignant : Youssef RHAZI Page 16


Systèmes de communication

2.1 Introduction

La théorie des télécommunications s'intéresse aux moyens de transmettre une information


depuis une source jusqu'à un utilisateur. La nature de la source peut-être très variée. Il peut
s'agir par exemple d'une voix, d'un signal électromagnétique ou d'une séquence de symboles
binaires. L’information peut être transmise par le biais de supports de transmission divers,
"bruités", et aux capacités limitées (air, lignes "métalliques", fibre optique) vers différents
blocs de réception (haut-parleur, écran d’ordinateur ou de portable). Il faut alors adapter le
signal initial au canal envisagé, afin de transmettre l’information le plus fidèlement possible
tout en optimisant l’utilisation du canal. Pour un type de transmission donné, on doit alors
définir un système global de télécommunications, intégrant et orchestrant le fonctionnement
d’ensembles et sous-ensembles a priori hétérogènes, conçus par des spécialistes aux
compétences diversifiées.

2.2 Synoptique général d'un système de télécommunications

Le signal est la grandeur physique variable porteuse d’information. Si l’information portée


peut être de type analogique ou numérique, la nature physique du signal est toujours
analogique.
Le canal de transmission est au cœur de cette chaîne. On doit absolument tenir compte de ses
capacités et limitations pour dimensionner le reste de la chaîne.
Par canal de transmission on entend tout phénomène physique identifié et délimité sur le
support physique et capable de véhiculer un signal : fil de cuivre, atmosphère (pour les
transmissions hertziennes ou autrement dit ondes radio) ou fibre de verre (fibre optique). Le
Enseignant : Youssef RHAZI Page 17
Systèmes de communication

signal est transporté sous la forme d’une onde ou d’une oscillation faisant varier une
caractéristique physique du support : différence de potentiel électrique le plus souvent, onde
radio électrique ou intensité lumineuse dans le cas de la fibre optique.

Généralement, le signal se présente sous la forme d’une ondulation de base régulière, baptisée
porteuse, à laquelle on fait subir des déformations qui distingueront les éléments du message.
Cette déformation est appelée modulation. On peut jouer sur l’amplitude des oscillations (on
parlera alors de modulation d’amplitude), sur leur fréquence (modulation de fréquence) ou
encore sur le déphasage de la périodicité d’oscillation (modulation de phase). Un canal de
transmission est caractérisé par sa bande passante, c’est à dire la gamme de fréquences que
laisse passer sans déformation ce canal, en fonction de ses caractéristiques physiques et de
l’environnement susceptible de le perturber, particulièrement en provoquant des modulations
parasites ou bruit. Cette BP exprimée en Hertz est la différence entre la plus haute fréquence
(dite fréquence de coupure) et la plus basse fréquence que laisse passer le support.
Intuitivement on comprend que plus la bande passante est large, plus on pourra transmettre
pendant un temps donné un grand nombre de modulations (déformations du signal). Dans la
réalité, les choses sont plus compliquées, du fait que le signal se dégrade relativement à la
distance (atténuation) et que cette dégradation n’est pas la même pour toutes les fréquences.

Cependant, il existe des lois bien définies, permettant de connaître le nombre de modulations
par seconde qu’accepte de transmettre un canal en fonction de sa BP. Ce nombre est exprimé
en Bauds. Si le codage est binaire, donc si l’on utilise que deux états du signal transmis (0 et
1 ou haut et bas), cette rapidité de modulation sera égale au débit. On exprime ce débit en
bit/sec. parfois en octet/sec. (1 octet = 8 bits).

Dans la pratique, les ingénieurs ont développé des types de codage à plus de 2 états qui,
permettent d’obtenir des débits plus élevés pour une même BP.

2.3 Signaux de source en télécommunications

En général, le message à transmettre est représenté physiquement par une fonction continue
du temps, x(t) par exemple. L’information contenue dans le message réside dans la forme de
cette fonction x(t). On en déduit que le rôle du récepteur consiste à analyser la forme de x(t)
pour en déduire le signal d’information émis par la source.

Enseignant : Youssef RHAZI Page 18


Systèmes de communication

2.3.1 Signal vocal ou musical


Le son consiste en une onde de pression se propageant dans l’air. Ce phénomène physique
peut être étudié de manière quantitative et les propriétés de l’onde acoustique peuvent être
exprimées sous la forme de grandeurs objectives. L’une de celles-ci est l’intensité acoustique
I qui est la puissance transportée par unité de surface du front d’onde et s’exprime, par
exemple, en [W/cm2]. De telles grandeurs sont certes fort utiles, mais lorsqu’il s’agit de
déterminer les conditions de bonne transmission de signaux sonores, il apparaît nécessaire de
tenir compte des propriétés perceptives très particulières de l’ouïe. On fait alors appel à des
grandeurs subjectives qui expriment ce que ressent l’être humain.

Notre oreille perçoit théoriquement des vibrations acoustiques allant de 20 [Hz] (son grave) à
20.000 [Hz] (son aigu). C’est la bande de fréquence qu’il faut restituer convenablement dans
les systèmes haute-fidélité, comme la radio FM, le canal son de la télévision ou le CD-audio.
En radio AM cependant, on ne reproduit les fréquences que jusqu’à 4500 [Hz] et cela procure
une qualité relativement bonne, même pour la musique. En téléphonie, où l’objectif est limité
à l’intelligibilité du message, la bande de fréquence normalisée est 300 − 3400 [Hz]. Cette
bande de fréquences est garantie de bout en bout du réseau. Un modem devra dont utiliser
cette même gamme de fréquences pour permettre l’information numérique sous peine de perte
d’information.

2.3.2 Vidéo
Le signal vidéo est nettement plus complexe qu’un son. Il comporte des informations
visuelles, exprimées pour une image généralement sous la forme de trois couleurs
fondamentales pour tout point de l’espace, et une information temporelle née du mouvement
des objets. De plus, le signal de télévision est un mélange du signal vidéo et de la partie audio
; il s’agit d’un signal composite. Le signal composite occupe une bande de fréquences
d’approximativement 5 [MHz].

2.3.3 Signaux numériques


Le bit est l’information élémentaire en informatique. Il ne peut prendre que deux valeurs, 0 ou
1. En électronique, il est facilement représenté par des tensions différentes.
Un octet, ou byte en anglais, est un ensemble de 8 bits.
Le nombre de symboles transmis pendant une seconde est mesuré en baud.
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Systèmes de communication

Les signaux numériques peuvent prendre différentes formes et il faut s’entendre sur la
définition du terme de signal numérique. La définition que nous avons choisie est celle d’un
signal dont la valeur est constante sur un certain intervalle de temps. Ainsi, pour deux signaux
à représenter 0 et 1, on peut transmettre respectivement un cosinus ou un sinus pour
l’intervalle de temps correspondant au symbole. Cette forme analogique du signal qui en
résulte est l’expression d’un signal fondamentalement numérique. Bien sûr, on peut avoir un
signal analogique de valeur constante durant l’intervalle de temps.

2.3.4 Texte
On peut voir le texte comme une série de lettres appartenant à un alphabet spécifique. Dès lors
qu’il existe une représentation numérique de ces lettres, on se ramène au cas de signaux
numériques, étant entendu que plusieurs symboles binaires sont nécessaires pour désigner une
lettre.

2.4 Supports de transmission


Les supports de transmission sont nombreux. Parmi ceux-ci, on distingue : les supports
métalliques, non métalliques et immatériels. Les supports métalliques, comme les paires
torsadées et les câbles coaxiaux, sont les plus anciens et les plus largement utilisés ; ils
transportent des courants électriques. Les supports de verre ou de plastique, comme les fibres
optiques, transmettent la lumière, tandis que les supports immatériels des communications
sans fil propagent des ondes électromagnétiques et sont en plein essor.

2.4.1 Paires torsadées


Une paire torsadée non blindée (UTP, Unshielded Twisted Pair) se compose de deux
conducteurs en cuivre, isolés l’un de l’autre et enroulés de façon hélicoïdale autour de l’axe
de symétrie longitudinal

Enseignant : Youssef RHAZI Page 20


Systèmes de communication

L’enroulement réduit les conséquences des inductions électromagnétiques parasites dues à


l’environnement. L’utilisation courante de la paire torsadée est le raccordement des usagers au
central téléphonique (la boucle locale ) ou la desserte des usagers de réseaux privés. Son
principal inconvénient est l’affaiblissement des courants, d’autant plus important que le
diamètre des conducteurs est faible. Les paires torsadées contiennent, à intervalles réguliers,
des répéteurs qui régénèrent les signaux. Quand plusieurs paires sont rassemblées dans un
même câble, les courants transportés interfèrent les uns avec les autres. Ce phénomène est
appelé diaphonie.
La paire torsadée suffit pour les réseaux locaux d’entreprise où les distances se limitent à
quelques kilomètres. Ses avantages sont nombreux : technique maîtrisée, facilité de connexion
et d’ajout de nouveaux équipements, faible coût. Certains constructeurs proposent des paires
torsadées blindées (STP, Shielded Twisted Pair) . Enrobées d’un conducteur cylindrique, elles
sont mieux protégées des rayonnements électromagnétiques parasites. Une meilleure
protection prévoit un blindage par paire.
- peu coûteux,
- pertes élevées, débit limité.

2.4.2 Câbles coaxiaux


Pour éviter les perturbations dues aux bruits externes, on utilise deux conducteurs métalliques
cylindriques de même axe séparés par un isolant. Le tout forme un câble coaxial. Ce câble
présente de meilleures performances que la paire torsadée : affaiblissement moindre,
transmission de signaux de fréquences plus élevées, etc. La capacité de transmission d’un
câble coaxial dépend de sa longueur et des caractéristiques physiques des conducteurs et de
l’isolant. Sur 1 km, un débit de plusieurs centaines de Mbit/s peut être atteint. Sur des
distances supérieures à 10 km, l’atténuation des signaux réduit considérablement les débits
possibles. C’est la raison pour laquelle on utilise désormais les fibres optiques sur les liaisons
grandes distances.

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Systèmes de communication

2.4.3 Fibre optique


Une fibre optique est constituée d’un fil de verre très fin. Elle comprend un cœur, dans lequel
se propage la lumière émise par une diode électroluminescente ou une source laser et une
gaine optique dont l’indice de réfraction garantit que le signal lumineux reste dans la fibre.

Les avantages de la fibre optique sont nombreux : diamètre extérieur de l’ordre de 0,1 mm,
poids de quelques grammes au kilomètre. Cette réduction de taille et de poids la rend facile à
utiliser. En outre, sa très grande capacité permet la transmission simultanée de nombreux
canaux de télévision, de téléphone… Les points de régénération des signaux sont plus
éloignés (jusqu’à 200 km), du fait de l’atténuation moindre de la lumière. Enfin, l’insensibilité
des fibres aux parasites électromagnétiques est un avantage très apprécié, puisqu’une fibre
supporte sans difficulté la proximité d’émetteurs radioélectriques. On peut l’utiliser dans des
environnements perturbés (avec de puissants champs électromagnétiques, par exemple). Par
ailleurs, elle résiste bien aux écarts de température. La fibre optique constitue la plupart des
artères des réseaux de télécommunications et des réseaux locaux à très haut débit. Les
premières fibres optiques employées dans les télécommunications, apparues sur le marché à
partir des années 1970, étaient multimodes (à saut d’indice ou à gradient d’indice, selon que
l’indice de réfraction de la lumière varie de manière brutale ou progressive entre le cœur et la
gaine de la fibre). Ces fibres étaient réservées (et le sont encore) aux débits inférieurs au
gigabit par seconde, sur des distances de l’ordre du kilomètre. Plusieurs longueurs d’onde
bien choisies se propagent simultanément en de multiples trajets dans le cœur de la fibre. Pour
des débits plus élevés et des distances plus longues, la fibre monomode, de fabrication plus
récente, plus fine, assure la propagation d’une seule longueur d’onde dans son cœur (quelques
micromètres de diamètre) et offre donc de meilleures performances.
- pertes faibles à très faibles,
- immunité aux bruits,
- bande passante (débit) élevée à très élevée,
- mise en œuvre délicate.
Enseignant : Youssef RHAZI Page 22
Systèmes de communication

2.4.4 Transmissions sans fil


Les ondes électromagnétiques se propagent dans l’atmosphère ou dans le vide (le terme
d’éther désigne parfois ce type de support). L’absence de support matériel apporte une
certaine souplesse et convient aux applications comme la téléphonie ou les
télécommunications mobiles, sans nécessiter la pose coûteuse de câbles.

Faisceaux hertziens
Les faisceaux hertziens reposent sur l’utilisation de fréquences très élevées (de 2 GHz à 15
GHz et jusqu’à 40 GHz) et de faisceaux directifs produits par des antennes directionnelles
émettant dans une direction donnée. La propagation des ondes est limitée à l’horizon optique ;
la transmission se fait entre des stations placées en hauteur, par exemple au sommet d’une
colline, pour éviter les obstacles dus aux constructions. Les faisceaux hertziens s’utilisent
pour la transmission par satellite, pour celle des chaînes de télévision ou pour constituer des
artères de transmission longues distances dans les réseaux téléphoniques.
- spectre disponible limité,
- bande passante limitée,
- propagation linéaire (à vue) en H.F.

Ondes radioélectriques
Les ondes radioélectriques correspondent à des fréquences comprises entre 10 kHz et 2 GHz.
Un émetteur diffuse ces ondes captées par des récepteurs dispersés géographiquement.
Contrairement aux faisceaux hertziens, il n’est pas nécessaire d’avoir une visibilité directe
entre émetteur et récepteur, car celui-ci utilise l’ensemble des ondes réfléchies et diffractées.
En revanche, la qualité de la transmission est moindre car les interférences sont nombreuses et
la puissance d’émission est beaucoup plus faible.

Enseignant : Youssef RHAZI Page 23


Techniques de transmission analogique

Chapitre 3 : Techniques de transmission


analogique

Enseignant : Youssef RHAZI Page 24


Techniques de transmission analogique

3.1 Classification des signaux


3.1.1 Selon leurs origines :
Télécommunications : son, images, données... etc.
Géophysique : évolution d’une température, de pression ...etc.
Biologie : électrocardiogramme, électro-encéphalogramme...etc.

3.1.2 Selon leurs dimensions :


Monodimensionnel (1D)
Bidimensionnel (2D)

3.1.3 Selon leurs morphologies : On distingue les signaux


À évolution temporelle continue ou discrète
À amplitude continue ou discrète

En télécommunications, on distingue aussi :

• Les signaux déterministes


Il s’agit d’un signal dont on peut représenter l’évolution grâce à une fonction
mathématique. On peut citer le signal sinusoïdal, rampe, échelon, impulsion ou Dirac,
… Un signal déterministe peut être périodique ou non périodique.
• Les signaux aléatoires
Un signal aléatoire est un signal dont on ne peut deviner l’évolution. Néanmoins, tout
signal aléatoire peut être caractérise mathématiquement, mais aucune fonction
mathématique ne permet de prédire l’évolution du signal à l’instant donné. Un signal
aléatoire peut être stationnaire ou non stationnaire.

3.2 Signaux élémentaires

Echelon Heaviside (ou échelon unité) : La fonction échelon unité, ou simplement échelon ou
fonction de Heaviside, notée , est une fonction réelle de la variable réelle définie par :
1, si t  0,
(t )  
 0, si t  0.

1
Par convention (0) 
2

Enseignant : Youssef RHAZI Page 25


Techniques de transmission analogique

Rampe Unitaire : La fonction rampe, notée r, est une fonction réelle de la variable réelle
t
définie par : r(t )   (u )du


Fonction signe : La fonction signe, notée sgn est une fonction réelle de la variable réelle
1, si t  0,
définie par : sgn(t )  
1, si t  0.
Par convention, on définit : sgn(0)  c0 , avec  1  c0  1

Fenêtre rectangulaire ou fonction porte: La fonction rectangle, ou fonction porte, de


largeur T, notée rectT, est une fonction réelle de la variable réelle définie par:

rectT (t )  (t  T 2)  (t  T 2)

Fenêtre triangulaire (fonction Bartlett) : La fonction triangle unité, notée tri, est une
fonction réelle de la variable réelle définie par :

1  t si t  1,
tri(t )  
0 sinon.

Enseignant : Youssef RHAZI Page 26


Techniques de transmission analogique

(t )  0, si t  0,

La distribution ou impulsion de Dirac, notée δ(t), vérifie : 
  (u )du 1.


Impulsion de Dirac à l’instant initial d’aire unité :

Impulsion de Dirac à l’instant t0 d’aire a :

Peigne de Dirac : Pour échantillonner un signal avec une période d’échantillonnage régulière
Te, il est pratique de définir une suite d’impulsions de Dirac, périodique et de période Te. Cette
distribution, appelée peigne de Dirac et notée δTe (t), est définie par :


T (t )   (t  kTe )
e
k 

Enseignant : Youssef RHAZI Page 27


Techniques de transmission analogique

Fonction sinus cardinal : Cette fonction est très courante en traitement du signal où elle
intervient comme transformée de Fourier d’une fonction rectangle. Une fonction rectangle
permet de représenter par exemple des opérateurs idéaux de filtrage. La fonction sinus
cardinal, notée sinc(t), est définie :

sin( t )
sinc(t ) 
t

3.3 Principe de la transmission analogique

Les signaux à transmettre sont le plus souvent soit des signaux audiofréquence provenant d’un
microphone excité par le son ; soit des signaux vidéofréquence provenant de la caméra de
prise de vue de télévision. Ce sont des signaux complexes à composantes toutes de basse
fréquence (l’oreille est sensible à des sons de fréquences comprises entre 16 et 104Hz) ou en
partie de basse fréquence (les signaux relatifs à une information vidéo ont des fréquences
allant de 25Hz à 1MHz environ).
A ces signaux, constituant l’information à transmettre, correspondent des ondes que l’on ne
peut pas propager à grande distance par rayonnement dans l’atmosphère, car la puissance
rayonnée, faible puisque proportionnelle au carré de la fréquence, serait perdue entre le départ
et l’arrivée. En plus, la transmission directe par onde hertzienne d’un signal BF est
impossible. Car les dimensions des antennes, étant de l’ordre de ¼ de la longueur d’onde,
seraient prohibitives.
Exemple :
Il faudrait une antenne de longueur :
• 5km si la fréquence du signal est 15kHz ;
• 750km si la fréquence du signal est 100Hz.
On a donc pensé à faire porter l’information B.F par une onde électromagnétique haute
fréquence, modifiée par le signal B.F (figure ci-dessous). Cette onde HF est de la forme

Enseignant : Youssef RHAZI Page 28


Techniques de transmission analogique

e0=Emcosα et a 2 caractéristiques : l’amplitude Em et la phase. A cette phase on associe la


pulsation Ω0=dα/dt et la fréquence F0=Ω/2π.

Modifier l’onde H.F ″e0″ par le signal B.F ″s″ revient donc à modifier une de ses
caractéristiques au rythme du signal B.F et proportionnellement à ce signal : C’est ce qu’on
appelle : moduler l’onde H.F. L’onde H.F s’appelle la porteuse et le signal B.F, le signal
modulant.
Comme illustré sur la figure ci-dessous, le signal modulant peut influencer :
• Soit l’amplitude de la porteuse : c’est la modulation d’amplitude.
• Soit la phase : c’est la modulation de phase (elle est peu utilisée ; on s’en sert en
téléphonie par exemple car le nombre d’informations à transmettre a été réduit et on
opère à ″indice de modulation″ constant).
• Soit la fréquence : c’est la modulation de fréquence.
On peut également combiner modulations d’amplitude et de phase.

Fig. Allure temporelle de signaux obtenus par différentes techniques de modulation

Enseignant : Youssef RHAZI Page 29


Techniques de transmission analogique

Lors de la réception de l’information (figure ci-dessous), il s’avère nécessaire d’extraire le


signal BF, portant l’information, du signal HF modulé émis par l’antenne émettrice et capté
par l’antenne réceptrice : C’est la démodulation. Il existe différents moyens à mettre en
œuvre selon le procédé de modulation utilisé. Dans ce chapitre on va s’intéresser au
principe de la modulation/démodulation d’amplitude, les différents types de la modulation
seront étudiés en détail dans le module « communication analogique » unité
d’enseignement 3.1.1 du semestre 5.

3.3.1 Définitions :
Caractéristique d’un signal sinusoïdal
Un signal sinusoïdal est entièrement défini par trois caractéristiques qui sont :
- son amplitude A
- sa fréquence f
- sa phase 
Le signal sinusoïdal s’écrit de la manière suivante :
En temporel : x(t )  A sin(2ft  )

En fréquentiel : X ( f )  A / 2e j , X (kf )  0,  k  N, k  2
Mélangeur : un mélangeur est un circuit électronique qui effectue la multiplication entre
deux signaux. Couramment utilisé dans les émetteurs/récepteurs HF, un mélangeur effectue
une multiplication entre un oscillateur local (porteuse à fp) et un signal modulé ou modulant.
Au niveau du spectre, cela revient à une simple translation de +/- fp du signal. On observe
ainsi deux bandes, dont une est nécessairement filtrée.

Enseignant : Youssef RHAZI Page 30


Techniques de transmission analogique

Principe du récepteur superhétérodyne : Au niveau de la réception, en amont de


l’amplificateur on peut placer un mélangeur, de fréquence variable selon la station à écouter.
Ainsi, le signal en sortie du mélangeur est défini à une fréquence fixe, appelée Fréquence
Intermédiaire fI. On peut ainsi utiliser un amplificateur qui fonctionne sur une bande de
fréquence réduite et connue. En règle général, un récepteur superhétérodyne consiste à
augmenter ou diminuer la fréquence du signal modulé vers une ou plusieurs fréquences
intermédiaires fI.

Amplificateur : l’amplificateur est un composant électronique qui permet d’amplifier le


signal par un gain G. Idéalement, il amplifie sans déformer le signal. Idéalement, cela revient
à multiplier chaque amplitude du spectre par le facteur G. Cependant, l’amplificateur ne peut
réaliser une telle opération, l’ensemble du spectre n’est pas multiplié par le même gain et
donc le signal est déformé. On appelle plage d’amplification, la bande de fréquence sur
laquelle l’amplificateur peut multiplier les raies du spectre par le gain G. Plus cette bande est
élevée et plus l’amplificateur est cher. Pour réduire le coût du récepteur, on préfère choisir un
mélangeur et un amplificateur faible bande.

Fréquence image : la fréquence image est résultante des structures superhétérodynes car
nous savons que le mélangeur permet de translater le signal vers +/- fp. Si l’information est un
signal sinusoïdal de fréquence f1, le signal en sortie du mélangeur est constitué d’une
fréquence f1+fp et f1-fp. Grâce à un filtre, on ne conserve que la fréquence fI=f1-fp.
Si on applique en entrée du mélangeur un signal de fréquence f2. En sortie du mélangeur on
récupère deux fréquences f2+fp et f2-fp. La fréquence image est la fréquence f2 telle que
f2+fp= f1-fp

Filtres sélectifs : un filtre est défini par son gabarit. Cela représente les fréquences que le
filtre va laisser passer et les fréquences qu’il va filtrer. On représente de plus l’atténuation
apportée par bande de fréquence. Plus cette atténuation est forte, plus le filtre est sélectif.

On peut rappeler que la sélectivité d’un filtre est déterminée par son ordre. Ainsi un filtre
d’ordre 1 atténue autour de la fréquence de coupure de 20 dB par décade. Si la fréquence de
coupure est à 100 kHz, le filtre passe bande atténue de 20 dB à 10 kHz et à 1000 kHz. Donc la
bande de 990 kHz (entre 10kHz et 1000 kHz) est atténuée de moins de 20 dB. Si la fréquence
de coupure est à 1000 kHz, alors il atténue de 20 dB les fréquences situées à 100 kHz et 10
Enseignant : Youssef RHAZI Page 31
Techniques de transmission analogique

MHz, ce qui fait une bande de 9990 kHz ou l’atténuation est inférieure à 20 dB. On remarque
donc que plus on augmente la fréquence de coupure, plus la bande ou l’atténuation inférieure
à 20 dB est grande. Un filtre d’ordre 2 atténue autour de la fréquence de coupure de 40 dB
par décade. Un filtre d’ordre n atténue autour de la fréquence de coupure de 20n dB par
décade.

Coût d’un filtre : plus un filtre est sélectif, plus sa conception est compliquée et plus le coût
est élevé. On choisira par conséquent, dans la mesure du possible, des filtres peu sélectifs
dans une chaîne de transmission. La sélectivité peut être déterminée par le rapport bande utile
sur fréquence utile. Plus le rapport est petit, plus le filtre est sélectif.
Filtre céramique : De nombreuses applications utilisent un filtre céramique très sélectif à
455 kHz. Ce filtre est bon marché car vendu en masse et très sélectif (bande passante de
quelques kHz, facilement accordable).

3.3.2 Modulation d’amplitude


La modulation d'amplitude est la première modulation employée en Télécommunication de
par sa simplicité de mise en œuvre. La modulation d'amplitude consiste à modifier l'amplitude
de la porteuse par une fonction linéaire (y=Ax+b) du signal à transmettre.
Ainsi, soient
- La porteuse x p (t )  S p sin(2f pt   p )

- Le modulant (signal d’information) : Si(t)


- Le signal modulé xt (t )   S p  kSi (t ) sin(2f p t   p )

Où k est un facteur de proportionnalité, souvent appelé sensibilité du modulateur.

Taux de modulation : m
Dans le cas où le signal modulant est un signal sinusoïdal, on obtient :
xt (t )   S p  kSi sin( 2fi t  i ) sin( 2f p t   p )

On préfère l’écriture suivante :


xt (t )  S p 1  m sin( 2fi t  i ) sin( 2f p t   p )

Le taux de modulation, notée m est caractéristique du modulateur. Il représente l’amplitude du


signal modulé par rapport à l’amplitude de la porteuse. Sur la figure ci-dessous, on représente
différentes valeurs de m.

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Bande occupée
La bande occupée correspond à la largeur de bande nécessaire à la transmission du signal
après la modulation. La bande de largeur minimale est la bande spectrale minimale à
transmettre pour être capable de récupérer le signal émis.
En réalité, on cherche à transmettre le signal d’information par un circuit le plus simple
possible, tant à l’émission qu’à la réception (coût du modulateur/démodulateur). D’un autre
côté, on souhaite réduire au maximum la bande occupée pour pouvoir transmettre le plus
d’information dans une même largeur de bande autorisée.
Cependant, ces deux notions sont antinomiques. Il faudra donc faire un choix entre simplicité
et bande occupée.
Occupation spectrale par une modulation d’amplitude
Pour une transmission d’amplitude basique, la bande occupée est double de la bande de base
du signal d’information.
Puissance émise

La puissance émise représente la puissance du signal modulé à l’entrée du câble ou à la sortie


de l’antenne. La puissance est définie par :

1T
PW   u(t )i(t )dt
T0

La puissance s’exprime en Watt, avec la tension u en Volt et l’intensité i en Ampère. On


préfère couramment exprimée cette notion en dB par la relation suivante :
PdB  10 * log10 ( PW )

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On exprime couramment la puissance en dB, car l’avantage de cette écriture permet de


soustraire les pertes et atténuations au lieu de les diviser. En effet, si le signal est atténué de
moitié par 100 mètres, dans le cas où l’on transmet un signal de 1W, au bout de 100 mètres la
puissance sera de 0,5 W. Quelle est la puissance du signal au bout de 1.7 km ? Sachant que
diviser par 2 correspond à une atténuation de -3dB, et qu’en appliquant la formule ci-dessus,
1Watt = 0 dB, au bout de 1.7 km (17*100 m), le signal sera atténué de -3dB*17 soit 51 dB. La
puissance du signal reçu est donc de 0dB-51dB=-51dB.
Puissance normalisée
En règle générale, on s’arrange pour que la puissance transmise soit réalisée via un élément
purement résistif.

En appliquant la définition précédente, la puissance moyenne dissipée est :


1T 1 T 2 1 2
PW   u(t )i(t )dt   u (t )dt  u (t )
T0 RT 0 R

La puissance normalisée est définie pour R=1.


Formule de Dirichlet Parseval
La puissance normalisée d’un signal périodique de période T est égale à la somme des carrées
de chaque raie du spectre :
1T  1
PW   u(t )i(t )dt   S ( kf ), f 
2
T0  T

3.3.3 Différentes modulations d’amplitudes

Pour économiser la puissance transmise, on peut supprimer la raie à la fréquence porteuse


et/ou supprimer une des deux bandes (BLU). La première technique s’appelle : Modulation
d’amplitude sans porteuse, la seconde est la modulation d’amplitude à Bande Latérale
Unique.
L’avantage de la deuxième méthode est de réduire en plus l’occupation de la bande occupée.

Remarque 1 : Dans le cas de dispositif portable, la puissance émise est délivrée par la
batterie. Plus la puissance transmise est élevée et plus l’autonomie sera de courte durée.

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Remarque 2 : La quantité d’information à transmettre est fonction de la largeur de bande


utile occupée. Dans le cas de la BLU, on supprime une bande sur 2 (la deuxième bande
contenait la même information que la première donc une seule bande est utile), ce qui libère
une bande de fréquence. La bande de fréquence libérée peut ainsi être réutilisée pour envoyer
une autre information.
Modulation d’amplitude sans porteuse
Comme son nom l’indique, la modulation d’amplitude sans porteuse consiste à émettre le
signal modulé défini au en supprimant le terme de la porteuse.
Cela revient donc à émettre le signal suivant :
xt (t )   S p  Si (t ) sin( 2f p t   p ) ou S p  0

Modulation d’amplitude à bande latérale unique (BLU)


Nous savons que moduler un signal autour d’une porteuse fp par le biais d’une modulation
d’amplitude consistait à translater le spectre en bande de base vers la fréquence porteuse. De
ce fait, au regard de la, l’information transmise autour de la porteuse est identique (USB,
LSB).
On peut par conséquent réduire l’occupation spectrale en ne transmettant qu’une seule bande
sur les deux.

3.3.4 Démodulation d’amplitude

Démodulation incohérente (ou non cohérente)


On appelle démodulation incohérente, une démodulation qui ne nécessite pas la connaissance
de la porteuse. Sur la , la détection d’enveloppe n’est pas nécessaire.
Enveloppe d’un signal
L’enveloppe d’un signal est la forme Basse Fréquence du signal. Sur la figure ci-dessous,
l’enveloppe du signal est représentée en trait plein et le signal modulé en pointillé.

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Détection d’enveloppe
La détection d’enveloppe permet de récupérer l’enveloppe d’un signal. Un tel procédé est mis
en œuvre pour démoduler des signaux modulés classiquement en amplitude. La détection
d’enveloppe récupère le signal modulé partir de son amplitude seule et ne nécessite pas la
connaissance de la fréquence porteuse. Il s’agit donc bien d’une démodulation non
cohérente.

Application
Par un simple circuit électronique composé d’une diode, d’une capacité et d’une résistance, il
est possible de récupérer l’information transmise en supprimant l’enveloppe. Il s’agit du
détecteur d’enveloppe.

Détermination du détecteur d’enveloppe


Le détecteur d’enveloppe est utilisé pour démoduler des signaux modulés en amplitude (avec
porteuse et double bande). La porteuse est définie avec une fréquence fp. Le signal modulant
(information) est défini sur une gamme de fréquence dont la fréquence max est fmax. Pour
que la démodulation d’amplitude donne des résultats corrects, il faut choisir la résistance R et
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la capacité C du démodulateur d’enveloppe tel que la constante de temps de charge/décharge


du condensateur soit lente par rapport à la porteuse mais sensiblement égale à la fréquence
maximale du signal modulant.
Ainsi, on choisira : 1/RC<<fp et 1/RC> fm.

Démodulation cohérente ou synchrone


La démodulation cohérente, appelée aussi démodulation synchrone nécessite de récupérer ou
de reconstruire la porteuse.

Détection cohérente
Une fois la porteuse reconstruite, on multiplie le signal reçu (signal modulé) avec la porteuse
reconstruite et on filtre le signal par un filtre passe-bas car le signal multiplié se retrouve en
bande de base.

Application
Dans le cas de la modulation d’amplitude avec porteuse, la porteuse à l’émission est définie
autour de fp. Mais, il est impossible de générer une porteuse à fréquence fixe. Il existe
toujours une variation de la fréquence autour de fp. Pour la démodulation, il est préférable de
récupérer la porteuse.
Le circuit de restitution de porteuse est défini autour d’une PLL, élément fondamental pour «
suivre les dérives de» la porteuse. Le circuit de restitution de porteuse est représenté sur la
figure ci-dessous.

Démodulation d’amplitude d’un signal modulé à porteuse supprimée

Dans le cas de la porteuse supprimée, il n’est pas possible de restituer la porteuse. Il faut la
reconstruire. Pour cela, on utilise un doubleur de fréquence. Cela consiste à élever le signal
reçu au carré, de filtrer le signal autour de 2fp, puis de diviser la fréquence par 2 pour restituer
la fréquence porteuse fp.

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Démodulation d’amplitude d’un signal modulé BLU


On crée localement, au niveau du récepteur une fréquence proche de la fréquence porteuse de
l’émetteur. On multiplie le signal modulé reçu par la source reconstruire en réception.
Lorsque la fréquence est différente, il existe un décalage de quelques Hz, qui ne s’entend pas
à l’oreille.

3.4 Filtres électriques

Le filtrage est une forme de traitement de signal, obtenu en envoyant le signal à travers un
ensemble de circuits électroniques, qui modifient son spectre de fréquence et/ou sa phase et
donc sa forme temporelle.
Il peut s‘agir soit :
- d’éliminer ou d’affaiblir des fréquences parasites indésirables
- d’isoler dans un signal complexe la ou les bandes de fréquences utiles.
Un filtre est un dispositif dont la fonction de transfert complexe Ṯ permet d’isoler certaines
composantes en éliminant les composantes de fréquences indésirables.

Applications :
• Systèmes de télécommunication (téléphone, télévision, radio, transmission de données
… etc.)
• Systèmes d’acquisition et de traitement de signaux physiques (surveillance médicale,
ensemble de mesure, radars … etc.)
• Alimentation électrique … etc.
Type Composants Spécifités

Filtres numériques Circuits logiques intégrés Signaux numérisés


F<100MHz
Convient en grand série
Entièrement programmable

Filtres passifs Circuit discret L et C, F élevée


Composants piézoélectriques Pas d’alimentation
(Quartz)
Non intégrable

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Type Composants Spécifités

Filtres actifs AIL, L et C F<1MHz


Besoin d’alimentation
Tension filtrée faible <12V

Filtres à capacité commutée AIL, interrupteur commandé F<qqMHz


MOS, R et C intégré
Besoin d’alimentation
Intégrable
Fréquence programmable

Tableau 3.1. DIFFERENTS TYPES DE FILTRES

Comparaison filtre actif – filtre passif


Filtre passif :
- Fonctionne sans alimentation et à des fréquences élevées
- L’utilisation de bobines et de capacités permet d’obtenir tous types de réponse
- Nécessite des bobines : cher (bobine à faible tolérance), encombrant, non-idéal (résistance
=> facteur de qualité faible en basses fréquences), risque de couplage parasite entre bobines
- Difficulté de mise en œuvre pour les filtres d’ordres élevés (étages dépendants)
- La fonction de transfert dépend de la charge qui doit donc être déterminée très précisément
- Performants jusque 500 MHz.
Filtre actif :
- Moins cher en grandes quantités
- Petite taille => parasites moindres
- Intégration possible
- Nécessité d’alimentation de tension, consommation d’énergie
- Excursion du signal limité par la saturation des AO et par le bruit des AO
- Les imperfections des AO à hautes fréquences modifient la fonction de transfert du filtre
- La contre-réaction sur les AO peut conduire à l’instabilité du système
- Utilisation pour des fréquences inférieures à quelques 100 kHz.

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