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Analyse Conplexe

Le document traite des fonctions analytiques, définissant ce qu'est une fonction analytique et présentant des propriétés telles que la somme, le produit et la composition de fonctions analytiques. Il aborde également des exemples de fonctions analytiques, des formules trigonométriques complexes, et des concepts liés au logarithme complexe et aux fonctions homographiques. Enfin, il présente des théorèmes fondamentaux sur le prolongement analytique et l'équivalence de fonctions analytiques dans des domaines connexes.

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Le document traite des fonctions analytiques, définissant ce qu'est une fonction analytique et présentant des propriétés telles que la somme, le produit et la composition de fonctions analytiques. Il aborde également des exemples de fonctions analytiques, des formules trigonométriques complexes, et des concepts liés au logarithme complexe et aux fonctions homographiques. Enfin, il présente des théorèmes fondamentaux sur le prolongement analytique et l'équivalence de fonctions analytiques dans des domaines connexes.

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V - Fonctions analytiques

Définition. Soient f une fonction définie sur U un ouvert de C à valeursPdans C, et z0 ∈ U.


On dit que f est analytique en z0 s’il existe R > 0 et une série entière an z n tels que :

n
P
f (z) = n∈N an (z − z0 ) , |z − z0 | < R

 f (n) (z0 )
an =
 , n∈N
n!
f est analytique dans U ssi f est analytique en tout point de U.
Exemple. ex , sin x, cos x sont analytiques dans R. Car elles admettent des développements en
série de Taylor-DL en tout point de R.

Opérations sur les fonctions analytiques


Proposition 1 (Somme et produit). Soient f, g deux fonctions analytiques en z0 , alors f + g et
f · g sont analytiques en z0 .
En effet au voisinage de z0 :
X
f (z) = an (z − z0 )n , |z − z0 | < R1
n≥0
X
g(z) = bn (z − z0 )n , |z − z0 | < R2
n≥0
Alors : X
(f + g)(z) = (an + bn )(z − z0 )n , |z − z0 | < min(R1 , R2 )
n≥0

(f · g)(z) = n≥0 Cn (z − z0 )n ,
P
|z − z0 | < min(R1 , R2 )

Cn = nk=0 ak bn−k
 P

Exemple. Les polynômes sont analytiques dans C.


Proposition 2 (Composée de fonctions analytiques). Soient f une fonction analytique en z0 et
g analytique en f (z0 ).
Alors g ◦ f est analytique en z0 .
Preuve. Au voisinage de z0 ,
X
f (z) = an (z − z0 )n , |z − z0 | < R1
n≥0

Un voisinage de f (z0 ), g(u) = m≥0 bm (u − f (z0 ))m , |u − f (z0 )| < R2 .


P
P m
Cn Z n la série composée m≥0 bm n
P P
Soit n≥1 n a Z .
Alors :
X
g(f (z)) = bm (f (z) − f (z0 ))m
m≥0
 m
X X
= bm  an (z − z0 )n 
m≥0 n≥1
X
= Cn (z − z0 )n
n≥0

pour |f (z) − f (z0 )| < R2 (∗)


Par continuité de f , il existe δ > 0 tel que |z − z0 | < δ =⇒ |f (z) − f (z0 )| < R2 .

1
Proposition 3 (Inverse pour la multiplication). Soit f une fonction analytique en z0 avec
1
f (z0 ) ̸= 0, alors est analytique en z0 .
f
an (z − z0 )n , |z − z0 | < R avec a0 = f (z0 ) P
P
Preuve. Au voisinage de z 0 : f (z) = ̸= 0.
La série entière n≥0 an Z avec a0 ̸= 0 admet une série inverse pour la multiplication n≥0 bn Z n .
n
P
Par conséquent, au voisinage de z0 , on a :
1 X
= bn (z − z0 )n , |z − z0 | < R′
f (z)
n≥0

Proposition 4 (Théorème d’inversion locale). Soit f une fonction analytique en z0 telle que
f ′ (z0 ) ̸= 0. Alors, il existe un voisinage V de z0 , un voisinage W de f (z0 ) et une fonction g
analytique dans W tels que : (
g ◦ f (z) = z, ∀z ∈ V
f ◦ g(u) = u, ∀u ∈ W

2
Preuve (Du théorème d’inversion locale). Au voisinage de z0 :
X
f (z) = f (z0 ) + an (z − z0 )n , |z − z0 | < R
n≥1

f
z0 f (z0 )
V W

z u
g

Puisque a1 = f ′ (z0P
) ̸= 0, la série n≥1 an Z n admet une série réciproque m≥1 bm Z m .
P P
Posons : g(u) = z0 + m≥1 bm (u − f (z0 ))m .
Par définition, g est analytique en f (z0 ). On a :
X m
g(f (z)) = z0 + bm f (z) − f (z0 )
m≥1
 m
X X
= z0 + bm  an (z − z0 )n 
m≥1 n≥1

= z0 + z − z0
= z, pour |u − f (z0 )| < R′

et on a :
X
f (g(u)) = f (z0 ) + an (g(u) − z0 )n
n≥1
 n
X X
= f (z0 ) + an  bm (u − f (z0 ))m 
n≥1 m≥1

= f (z0 ) + u − f (z0 )
= u, pour |g(u) − z0 | < R.

Au voisinage de x0 :

X f (n) (x0 )
f (x) = (x − x0 )n
n!
n∈N

1
Si f est analytique en x0 , f (x0 ) ̸= 0 alors x 7→ est analytique en x0 .
f (x)
Exemple. — Les polynômes sont analytiques dans tout domaine.
1
— z 7→ n (n ∈ N) est analytique dans C∗ .
z
— La somme d’une série entière est analytique dans son disque de convergence.

Par constat, les fonctions suivantes sont analytiques : z 7→ ez sur C∗ , z 7→ log(1 + z),
1
z 7→ , z 7→ sin z, z 7→ cos z, z 7→ sinh(z), z 7→ cosh(z).
1−z

3
Formules trigonométriques complexes

eiz + e−iz eiz − e−iz


cos z = sin z =
2 2i
ez − e−z ez + e−z
sinh z = cosh z =
2 2
exercice. Soit z = x + iy, (x, y) ∈ R2 .
1. Montrer que :
| sin(x + iy)|2 = sin2 x + sinh2 y
| cos(x + iy)|2 = cos2 x + sinh2 y

2. Déterminer les zéros des fonctions sin(az) (a ∈ R∗ ).


3. Montrer que si −π < α < π, n ∈ N alors :

sin(αz) cosh(αy) 1
≤ pour z = n + + iy.
sin(πz) cosh(πy) 2

4
Fonction logarithme complexe
Dans C∗ , z = |z|ei arg(z) , on a :

log(z) = log(|z|) + i arg(z)

Tout z ∈ C∗ admet une infinité d’arguments, par conséquent une infinité de logarithmes, appelés
déterminations du logarithme.

Définition. Une détermination du logarithme est une fonction continue log : z 7→ log(z) définie
sur un secteur angulaire de longueur 2π :

θ0 < arg(z) < θ0 + 2π

et est telle que : log(z) = log |z| + i arg(z).

Le logarithme a pour secteur principal ] − π, π[. Si θ0 = π6 :


n πo
D π6 = z ∈ C | arg(z) =
6
D π6 est la demi-droite d’origine 0. Si θ0 < arg(z) < θ0 + 2π, alors le domaine de cette détermi-
nation du logarithme est C \ Dθ0 , appelé C fendu par la demi-droite Dθ0 .
Si θ0 = −π, on a −π < arg(z) < π. Ce logarithme est le prolongement dans C∗ du logarithme
népérien.

5
Fonctions Homographiques

az + b
f (z) = (a, b, c, d) ∈ R, ad − bc ̸= 0
cz + d
Si c = 0 alors f (z) = a′ z + b′ représente une similitude affine. Les fonctions homographiques sont
des transformations conformes sur le plan complexe.

Exemple. Soit D0 = D(0, 1) le disque unité ouvert.


z−a
f : z 7→ eiθ où a ∈ D0 , θ ∈ R
1 − āz
1. Montrer que f (D0 ) = D0 .
2. Montrer que f est bijective.
f (z)
Exemple. Soit f une fonction analytique dans D(0, 1) telle que f (0) = 0. Posons g(z) = ,
z
∀z ∈ D(0, 1) \ {0}. Montrer que g admet un prolongement analytique dans D(0, 1).

Par quotient de fonctions analytiques au voisinage :

X f (n) (0) f ′ (0) f (n) (0) n


f (z) = z n = f (0) + z + ··· + z
n! 1! n!
n∈N
+∞ +∞
f (z) X f (n) (0) n−1 X f (n+1) (0) n
=⇒ g(z) = = z = z
z n! (n + 1)!
n=1 n=0

Par conséquent, g est analytique en 0.


Exemples de limites usuelles :
À l’aide de ce prolongement, on constate que lorsque z → 0 :
       
sin z sinh z tan z tanh z
→ 1, → 1, → 1, →1
z z z z

De même :
1 − cos z 1 1 − cosh z 1
2
→ , 2
→−
z 2 z 2

Théorèmes fondamentaux des fonctions analytiques


1 - Principe de prolongement analytique


∗ ∗

Connexe Non connexe

Rappel : Soit U un ouvert de C. On dit que U est ouvert connexe si deux points quelconques
de U peuvent être joints par une ligne brisée de U .

theorem. Soient U un ouvert connexe de C, f : U −→ C une fonction analytique, z0 ∈ U.


Il y a équivalence entre :
i) f ≡ 0 dans U (f identiquement nulle dans U partout).

6
ii) f (n) (z0 ) = 0, ∀n ∈ N.
iii) f = 0 dans un voisinage de z0 .

Preuve. i) =⇒ ii) =⇒ iii) =⇒ i).


i) =⇒ ii) et ii) =⇒ iii) sont triviales car au voisinage de z0 :
X f (n) (z0 )
f (z) = (z − z0 )n = 0
n!
n∈N

iii) =⇒ i) : Supposons que f ≡ 0 dans V(z0 ), montrons que f ≡ 0 dans U .


La preuve est basée sur la propriété suivante : la seule partie à la fois ouverte et fermée de U est
égale à U.
Soit D = {z ∈ U | f ≡ 0 dans V(z)}.
a) D est un ouvert de U.
Soit z0 ∈ D, f ≡ 0 dans V(z0 ). Tout z ∈ V(z0 ) admet unS voisinage dans lequel f s’annule
identiquement, par conséquent V(z0 ) ⊂ D, d’où D = z0 ∈D V(z0 ) donc D est un ouvert
car réunion d’ouverts.
b) D est un fermé de U.
Soit (zk )k∈N une suite convergente d’éléments de D, montrons que la limite de cette suite
appartient à D.

7
Posons x0 = limk→+∞ zk . Puisque f ≡ 0 dans V(zk ), par continuité, f (n) (x0 ) = limk→+∞ f (n) (zk ) =
0 pour tout n ∈ N. D’où, ainsi x0 ∈ D, d’où D ⊂ U est fermé.
D’où une partie à la fois ouverte et fermée de U elle est égale à U, soit D = U . Par conséquent
f ≡ 0 dans U.

Corollaire. Soient U un ouvert connexe de C, f : U −→ C, g : U −→ C analytiques, z0 ∈ U.


Il y a équivalence :
i) f = g dans U.
ii) f (n) (z0 ) = g (n) (z0 ), ∀n ∈ N.
iii) f = g dans V(z0 ), ∀n ∈ N.

Preuve. Appliquer le théorème précédent à la fonction f − g.

Corollaire. Soient U un ouvert connexe de C, f : U −→ C, g : U −→ C analytiques.


Une suite (an )n∈N d’éléments de U ayant une limite a ∈ U alors a est un point d’accumulation.
Si f (an ) = g(an ), ∀n ∈ N, alors f ≡ g dans U.

Preuve. Supposons g = 0 alors (f (an ) = 0 =⇒ f ≡ 0). Démo par récurrence :


i) f (a) = limn→+∞ f (an ) = 0 par continuité de f .
ii) Théorème des A.F. :

f (an ) = f (a) + f ′ (cn )(an − a) =⇒ f ′ (cn ) = 0 =⇒ · · · =⇒ = 0

=⇒ f ′ (a) = lim f ′ (cn ) = 0


n→+∞

iii) Supposons f (a) = f ′ (a) = · · · = f (n) (a) = 0.


n
X f (k) (a) f (n+1) (cn )
f (an ) = (an − a)k + (an − a)n+1 = 0
k! (n + 1)!
k=0

=⇒ f (n+1) (a) = lim f (n+1) (cn ) = 0


n→+∞

Par analyticité de f en a, f ≡ 0 dans V(a). Par prolongement analytique, on a f ≡ 0 dans U .

8
Exemple. Les polynômes sont analytiques dans leur domaine.
1
— z 7→ n (n ∈ N) est analytique dans C∗ .
z
— La somme de série entière est analytique dans son disque de convergence.

Par constat, z 7→ ez (C∗ ), z 7→ sin z, z 7→ cos z, z 7→ cosh z, z 7→ sinh z, z 7→ log(1 + z).


+∞ n
z
X z eiz + e−iz eiz − e−iz
e = , cos z = , sin z =
n! 2 2i
n=0

ez + e−z ez − e−z
cosh z = , sinh z =
2 2
exercice. Soit z = x + iy, (x, y) ∈ R2 .
1. Montrer que :
| sin(x + iy)|2 = sin2 x + sinh2 y
| cos(x + iy)|2 = cos2 x + sinh2 y

2. Déterminer les zéros de la fonction sin(az) (a ∈ R∗ ).


3. Montrer que si −π < α < π, n ∈ N alors :
sin(αz) cosh(αy) 1
i) ≤ pour z = n + + iy.
sin(πz) cosh(πy) 2
1
sin(αz) cosh(α(n + 2 ))
ii) ≤ 1 pour z = n + i(n + 21 ).
sin(πz) sinh(π(n + 2 ))

9
19/04/2026

Lemme de Schwarz
Soit D = D(0, 1), f holomorphe (analytique) sur D telle que :
(
f (0) = 0
f (D) ⊂ D

f (z)
1. Avec g : z 7→ , montrer que |f (z)| ≤ |z|, ∀z ∈ D et que |f ′ (0)| ≤ 1.
z
2. (a) S’il existe z0 ∈ D, z0 ̸= 0 tel que |f (z0 )| = |z0 |.
Montrer qu’il existe λ ∈ C, |λ| = 1 t.q. f (z) = λz, ∀z ∈ D.
(b) S’il existe |f ′ (0)| = 1, montrer qu’il existe λ ∈ C, |λ| = 1 t.q. f (z) = λz, ∀z ∈ D.
g0 = f (0) = 0.

P sur D \ {0} étant quotient de fonctions analytiques sur D \ {0}.


1. g est analytique
En 0, f (z) = n≥0 an z n (série de Taylor)

= a0 + a1 z + a2 z 2 + · · · + an z n + . . .

Or a0 = f (0) = 0, donc :
X
f (z) = a1 z + a2 z 2 + · · · + an z n + · · · = an z n
n≥1

f (z) X
g(z) = = a1 + a2 z + · · · + an z n−1 = an z n−1
z
n≥1

f (z) X X
g(z) = = an z n−1 = an+1 z n
z
n≥1 n≥0

g est analytique en 0. Par conséquent, g est analytique sur D = D(0, 1). D = D(0, 1) a pour
frontière C = C(0, 1).

f (z) |f (z)|
sup |g(z)| = sup |g(z)| = sup = sup
z∈D z∈C z∈C z z∈C |z|

Or, C(0, 1) = {z ∈ C | |z| = 1}, d’où :

|f (z)|
sup = sup |f (z)|
z∈C |z| z∈C

On a f (D) ⊂ D, donc ∀z ∈ D, f (z) ∈ D, donc |f (z)| ≤ 1 =⇒ supz∈C |f (z)| ≤ 1.


Par conséquent :
sup |g(z)| ≤ 1
z∈D

Comme supz∈D |g(z)| ≤ 1 =⇒ |g(z)| ≤ 1, ∀z ∈ D =⇒ f (z) z ≤ 1, ∀z ∈ D.


D’où :
|f (z)| ≤ |z|, ∀z ∈ D.
D’autre part, par définition de la dérivée :

f (z) − f (0) f (z)


f ′ (0) = lim = lim
z→0 z z→0 z

10
f (z)
=⇒ |f ′ (0)| = lim
z→0 z
f (z) f (z)
Puisque ≤ 1, alors limz→0 ≤ 1.
z z
D’où :
|f ′ (0)| ≤ 1.

11
2) a) On suppose qu’il existe z0 ∈ D, z0 ̸= 0 tel que |f (z0 )| = |z0 |.
Il vient que :
|f (z0 )|
|g(z0 )| = = 1.
|z0 |
Donc |g(z)| atteint son maximum sur D.
D’après le principe du maximum, g est constante dans D.
Donc ∃λ ∈ C tel que |λ| = 1 et g(z) = λ, ∀z ∈ D.

f (z)
= λ, ∀z ∈ D =⇒ f (z) = λz, ∀z ∈ D.
z
2) b) On suppose que |f ′ (0)| = 1. On a :
X
g(z) = an+1 z n au voisinage de 0.
n≥0

g(0) = a1 = f ′ (0) et |g(0)| = 1.


Donc |g| atteint son maximum en 0, donc sur D.
D’après le principe du maximum, g est constante dans D. Donc ∃λ ∈ C tel que |λ| = 1
et :
f (z) = λz, ∀z ∈ D.

12
exercice. Soient D = D(0, 1), g analytique sur D.
Si M > 0, |g(z)| ≤ M, ∀z ∈ D.
g(z) z − f (0)
1. Posons f (z) = ; φ(z) = .
M 1 − f (0)z
(a) Mtr que φ est analytique sur D et que φ(D) ⊂ D.
(b) Déduire que :
|g(z) − g(0)| |z|
≤ .
2
|M − g(0)g(z)| M

2. De plus, si |g ′ (0)| = M , mtr que ∃λ ∈ C, |λ| = M t.q. g(z) = λz, ∀z ∈ D. (Passer à la


limite).

Preuve. 1) a) Mtr que φ(D) ⊂ D, c’est-à-dire |φ(z)| < 1, ∀z ∈ D. On a :

|φ(z)|2 = φ(z) × φ(z)

z − f (0) z̄ − f (0) |z|2 − zf (0) − f (0)z̄ + |f (0)|2


|φ(z)|2 = × =
1 − f (0)z 1 − f (0)z̄ 1 − f (0)z̄ − f (0)z + |f (0)|2 |z|2
Posons :
N = |z|2 + |f (0)|2 − zf (0) − f (0)z̄
D = 1 + |f (0)|2 |z|2 − f (0)z̄ − f (0)z
N − D = |z|2 + |f (0)|2 − 1 − |f (0)|2 |z|2

13
N − D = −1 + |z|2 + |f (0)|2 − |f (0)|2 |z|2
= −1 + |z|2 (1 − |f (0)|2 ) + |f (0)|2
= (1 − |f (0)|2 )(|z|2 − 1) < 0
donc N < D, ∀z ∈ D, d’où |φ(z)|2 < 1.
D’où |φ(z)| < 1, ∀z ∈ D.
g(z) − g(0) M (f (z) − f (0)) 1 f (z) − f (0)
b) = = ·
M2 − g(0)g(z) M 2 (1 − f (0)f (z)) M 1 − f (0)f (z)
z − f (0) f (z) − f (0)
Posons φ(z) = =⇒ φ(f (z)) = .
1 − f (0)z 1 − f (0)f (z)
D’où :
g(z) − g(0) 1
= · φ(f (z))
M2 − g(0)g(z) M
f (z) − f (0)
Soit φ(f (z)) = .
1 − f (0)f (z)
φ ◦ f est analytique dans D car composée de deux fonctions analytiques dans D.

f (0) − f (0)
φ(f (0)) = =0
1 − |f (0)|2

14
∀z ∈ D, f (z) ∈ D donc φ(f (z)) ∈ D d’où φ(f (D)) ⊂ D. D’après le lemme de Schwarz :

|φ(f (z))| ≤ |z|

D’où :
g(z) − g(0) 1 |z|
= φ(f (z)) ≤ . (Q.F.D.)
M 2 − g(0)g(z) M M

21/04/2026

Chap III : Intégrales curvilignes


Formules de Cauchy
Prérequis : Courbes paramétrées
y
r(b)
r(t) B
y(t)

r(a)
A x
x(t)

 
x(t)
r(t) =
y(t)
Une particule parcourt un Chemin dans un intervalle de temps [a, b]. r(t) est la position de
cette particule à l’instante t.
L’ensemble {r(t) | t ∈ [a, b]} est la trajectoire du chemin.
L’application t 7−→ r(t) est appelée courbe paramétrée.

I - Chemin, lacet
Définition. On appelle chemin toute application γ : [a, b] −→ C définie par t 7−→ γ(t) =
x(t) + iy(t), continue, d’un intervalle [a, b] vers C, et de classe C 1 par morceaux.

γ(a) désigne l’origine du chemin.


γ(b) désigne l’extrémité du chemin.
L’image de γ, notée Im(γ) = {γ(t) | t ∈ [a, b]}, est la trajectoire du chemin γ.
Un chemin est dit fermé ou lacet si l’origine et l’extrémité coïncident :

γ(a) = γ(b)

15
Ex : 1) Cercle centré en 0 de rayon R.
y

R z (
x = R cos θ
coordonnées de γ :
0 x y = R sin θ

γ(θ) = x(θ) + iy(θ) = R(cos θ + i sin θ) = Reiθ


γ : [0, 2π] −→ C
θ 7−→ Reiθ
2) Cercle centré en a de rayon R.
z
a× |z − a| = R ⇐⇒ z − a = Reiθ
⇐⇒ z = a + Reiθ

γ : [0, 2π] −→ C
θ 7−→ a + Reiθ
3) Cercle centré en 0 de rayon R, parcouru 2 fois.

γ2 : [0, 2π] −→ C
0
θ 7−→ Re2iθ

4) Cercle centré en 0 de rayon R, parcouru n fois.

γn : [0, 2π] −→ C

θ 7−→ Reinθ

5) Ellipse centrée en 0, d’axes de longueurs a et b.


(
x2 y 2 x = a cos θ
2
+ 2 = 1 =⇒ (cos2 θ + sin2 θ = 1)
a b y = b sin θ

γ : [0, 2π] −→ C
θ 7−→ a cos θ + ib sin θ

yB B
AM x(t) − xA y(t) − yA
r(t) = =
y(t) AB xB − x A yB − yA
6) Segment de droite [AB].
yA A AM
Posons t = , t ∈ [0, 1]
AB
xA x(t) xB x

16
(
x(t) = xA + t(xB − xA ) = txB + (1 − t)xA
y(t) = yA + t(yB − yA ) = tyB + (1 − t)yA
=⇒ γ(t) = tzB + (1 − t)zA

γ : [0, 1] −→ C
t 7−→ tzB + (1 − t)zA

II - Intégrale le long d’un chemin


Ex : On veut intégrer f : z 7−→ 3z 2 + 2 le long Z du cercle unité C(0, 1).
L’intégrale de f (z) le long du cercle C(0, 1) : f (z) dz où z = eiθ , θ ∈ [0, 2π].
C(0,1)
Z Z 2π
f (z) dz = f (eiθ )ieiθ dθ
C(0,1) 0
Z 2π
= (3e2iθ + 2)ieiθ dθ
0
Z 2π
=i (3e3iθ + 2eiθ ) dθ
0
2π
e3iθ eiθ

=i +2
3i i 0
h i2π
= e3iθ + 2eiθ
0

= e6iπ + 2e2iπ − 1 − 2
=1+2−1−2=0

le chemin γ : [a, b] −→ C et f une fonction continue. L’intégrale de f le long


Définition. Soient Z
du chemin γ, notée f (z) dz, est égale à :
γ
Z Z b
f (z) dz = f (γ(t))γ ′ (t) dt
γ a

III - Existence de primitives


Définition. Soit U un ouvert de C. Une fonction f : U −→ C holomorphe sur U est une fonction
dérivable sur U.
f (z) − f (z0 )
∀z0 ∈ U, lim existe et est la dérivée de f en z0 , notée f ′ (z0 ).
z→z0 z − z0

17
Définition. Soit f une fonction continue sur U . On appelle primitive de f dans U toute fonction
F holomorphe dans U telle que :
F ′ = f dans U.
Supposons que f admetteZ une primitive F dans U, alors pour tout chemin fermé de U, γ :
[a, b] −→ C, calculons f (z) dz :
γ
Z Z b
f (z) dz = f (γ(t))γ ′ (t) dt
γ a
Z b
= F ′ (γ(t))γ ′ (t) dt
a
Z b ′
= F (γ(t)) dt
a
 b
= F (γ(t)) a
= F (γ(b)) − F (γ(a))
Or γ est un laccet, donc γ(a) = γ(b), alors :
Z
f (z) dz = 0.
γ
Z
1
Ex : γ : [0, 2π] −→ C, calculer dz on pose z = eit .
γ z
PropositionZ 5. Une fonction f continue sur un ouvert U admet des primitives sur U si et
seulement si f (z) dz = 0 pour tout lacet de U.
γ

Ex :
1. z 7−→ 3z 2 + 2 admet des primitives sur C.
1
2. z 7−→ n’admet pas de primitive sur C∗ .
z

Table des matières


1 Preuve de l’Inversion Locale au Voisinage d’un Point 19

2 Rappels sur les Fonctions Analytiques 20


2.1 Exemples de fonctions analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

3 Propriétés des Fonctions Trigonométriques et Hyperboliques 21

4 Exercices de Prolongement et d’Existence 21

5 Théorèmes Fondamentaux de l’Analyse Complexe 23


5.1 Principe des Zéros Isolés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
5.2 Principe du Maximum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

6 Suite de la Preuve du Principe du Maximum 23

7 Exemples d’Application du Principe du Maximum 25

18
8 Le Lemme de Schwarz 25
8.1 Correction de la question 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

9 Généralisation du Lemme de Schwarz (Exercice d’application) 26

10 Détermination de Domaines d’Analyticité 28

11 Exemple d’une fonction de classe C ∞ non analytique 29

12 Compléments sur l’Analyticité Réelle et Prolongement 30

13 Singularités Isolées 31
13.1 Singularités effaçables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
13.2 Les Pôles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
13.3 Singularités essentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

14 Exercices d’Application : Étude des singularités 32

15 Intégration le long d’un chemin (Intégrale de contour) 33

16 Le Théorème de Cauchy 34
16.1 Existence de primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

17 La Formule Intégrale de Cauchy 35


17.1 Formule pour les dérivées successives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

18 Inégalités de Cauchy et Théorème de Liouville 35


18.1 Inégalités de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
18.2 Théorème de Liouville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

19 Développement en Séries de Laurent 36


19.1 Classification des singularités via la série de Laurent . . . . . . . . . . . . . . . . 37

20 Le Théorème des Résidus 37


20.1 Formules de calcul pratique des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
20.2 Théorème des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
R +∞
21 Intégrales de fractions rationnelles de la forme −∞ R(x) dx 38
R 2π
22 Intégrales trigonométriques de la forme 0 R(cos θ, sin θ) dθ 39

23 Intégrales de Fourier et Lemmes de Jordan 40

24 Principe de l’Argument et Théorème de Rouché 41


24.1 Le Théorème de Rouché . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41

25 Intégration avec singularités sur l’axe réel 42

1 Preuve de l’Inversion Locale au Voisinage d’un Point


Démonstration. Au voisinage de z0 :
X
f (z) = f (z0 ) + an (z − z0 )n , avec |z − z0 | < R
n≥1

19
Puisque a1 = f ′ (z0 ) ̸= 0, la serie n≥1 an z n admet une serie réciproque m≥1 bm z m .
P P
Posons : X m
g(u) = z0 + bm u − f (z0 ) , avec |u − f (z0 )| < R′
m≥1

Par définition, g est analytique au voisinage de f (z0 ), et on a :

Vérification de g(f (z)) = z

X m
g(f (z)) = z0 + bm f (z) − f (z0 )
m≥1
 m
X X
= z0 + bm  an (z − z0 )n 
m≥1 n≥1

= z0 + z − z0
=z pour |u − f (z0 )| < R′

Vérification de f (g(u)) = u
Et on a également :
X n
f (g(u)) = f (z0 ) + an g(u) − z0
n≥1
 n
X X m
= f (z0 ) + an  bm u − f (z0 ) 
n≥1 m≥1

= f (z0 ) + u − f (z0 )
=u

Pour |g(u) − z0 | < R.

2 Rappels sur les Fonctions Analytiques


Mercredi 25 Mars 2026
Rappel. Au voisinage de x0 :
X f (n) (x0 )
f (x) = (x − x0 )n
n!
n∈N

1
Si f est analytique en x0 et f (x0 ) ̸= 0, alors la fonction x 7→ f (x) est aussi analytique en x0 .

2.1 Exemples de fonctions analytiques


— Les polynômes sont analytiques dans C.
— z 7→ z1n (n ∈ N) est analytique dans C∗ .
— La somme de séries entières est analytique dans son disque de convergence.
Par conséquent, les fonctions suivantes sont analytiques dans leurs disques de convergence
respectifs :
1
z 7→ ez , z 7→ log(1 + z), z 7→ , z 7→ sin z, z 7→ cos z, z 7→ sinh z, z 7→ cosh z, . . .
1−z

20
3 Propriétés des Fonctions Trigonométriques et Hyperboliques
On rappelle la relation fondamentale : cosh2 x − sinh2 x = 1. Les définitions en séries entières
et formes exponentielles complexes sont :
∞ ∞
X zn X z 2n eiz + e−iz
ez = , cos z = (−1)n =
n! (2n)! 2
n=0 n=0

eiz − e−iz ez + e−z ez − e−z


sin z = , cosh(z) = , sinh(z) =
2i 2 2
Exercice. Soit z = x + iy avec (x, y) ∈ R2 . Montrer que :

| sin(x + iy)|2 = sin2 x + sinh2 y

| cos(x + iy)|2 = cos2 x + sinh2 y

Preuve. On développe en utilisant les formules d’addition :

sin(x + iy) = sin x cos(iy) + sin(iy) cos x

En utilisant cos(iy) = cosh y et sin(iy) = i sinh y, on obtient :

sin(x + iy) = sin x cosh y + i sinh y cos x

Ainsi, le module au carré est :

| sin(x + iy)|2 = (sin x cosh y)2 + (sinh y cos x)2


= sin2 x cosh2 y + sinh2 y cos2 x
= sin2 x(1 + sinh2 y) + sinh2 y(1 − sin2 x)
= sin2 x + sin2 x sinh2 y + sinh2 y − sinh2 y sin2 x
= sin2 x + sinh2 y

La démonstration est analogue pour | cos(x + iy)|2 .

4 Exercices de Prolongement et d’Existence


Mercredi 1er Avril 2026

Exercice. 1. Montrer qu’il existe une fonction f analytique telle que :


 
1 1
f = , ∀n ∈ N∗
2n n
1
Solution : Posons 2n = z =⇒ 2z = n1 . D’où f (z) = 2z, qui est analytique dans C.
2. Montrer qu’il existe une fonction g analytique telle que :
 
1 1
g = , ∀n ∈ N∗
2n + 2 n
1
Solution : Posons 2n+2 = z =⇒ 2n + 2 = z1 =⇒ 2n = z1 − 2 = 1−2z
z .
Donc n = 1−2z 1 2z
2z , d’où n = 1−2z .
2z
, qui est analytique sur C \ 21 .

Par conséquent, g(z) = 1−2z

21
3. Montrer qu’il existe une fonction h analytique telle que :
1
(  1
h 2n = n
, ∀n ∈ N∗
1
h 2n+2 = n1

Représenter f et g graphiquement pour analyser le comportement.

y z = 1/2

f (z) = 2z

2z
g(z) = 1−2z

x
0

Il existe des fonctions analytiques c et s telles que :


h(z) = c(z)f (z) + s(z)g(z)
avec :
0 ≤ c(z) ≤ 1, 0 ≤ s(z) ≤ 1, ∀z ∈ C
c(z) + s(z) = 1, ∀z ∈ C
et les conditions d’annulation :
   
1 1
c = 1, c =0
2n 2n + 2

22
   
1 1
s = 0, s =1
2n 2n + 2

5 Théorèmes Fondamentaux de l’Analyse Complexe


5.1 Principe des Zéros Isolés
Théorème. Soit U un ouvert connexe de C et f : U → C une fonction analytique non identi-
quement nulle. Alors les zéros de f sont isolés. (C’est-à-dire, si f (z0 ) = 0, alors il existe R > 0
tel que D(z0 , R) ⊂ U et f (z) ̸= 0 pour tout z ∈ D(z0 , R) \ {z0 }).

U
R
z0

Preuve. Par l’absurde :


Soit z0 un zéro de f et supposons que :

∀R > 0, ∃z ∈ D(z0 , R) \ {z0 } tel que f (z) = 0

Alors pour tout n ∈ N∗ , il existe zn ∈ D z0 , n1 \ {z0 } tel que f (zn ) = 0.




Donc la suite (zn )n∈N∗ tend vers z0 . Par conséquent, f ≡ 0 dans un voisinage de z0 . Par
analyticité et connexité de U , on en déduit que f ≡ 0 dans U , ce qui contredit l’hypothèse f ̸≡ 0
dans U .

5.2 Principe du Maximum


Théorème. Soit U un ouvert connexe de C et f : U → C une fonction analytique. Si |f | admet
un maximum relatif en un point z0 ∈ U :
 
∃R > 0, D(z0 , R) ⊂ U et |f (z)| ≤ |f (z0 )| pour |z − z0 | < R

alors f est constante sur U .


Preuve. Au voisinage de z0 :
X
f (z) = an (z − z0 )n , |z − z0 | < ρ
n∈N

Si |z − z0 | < ρ =⇒ ∃r ∈ [0, ρ[, z = z0 + reiθ avec θ ∈ R.

6 Suite de la Preuve du Principe du Maximum


Preuve. Si z − z0 = reiθ , alors :
X
f (z) = f (z0 + reiθ ) = an rn einθ
n∈N

23
Posons pour r ∈ [0, ρ[ :
Z 2π
H(r) = |f (z0 + reiθ )|2 dθ
0
Cherchons un encadrement de H(r). On a :

|f (z0 + reiθ )|2 = f (z0 + reiθ ) · f (z0 + reiθ )


! 
X X
= an rn einθ  ap rp e−ipθ 
n∈N p∈N
XX
= an ap rn+p ei(n−p)θ
n∈N p∈N

On obtient ainsi : Z 2π XX
H(r) = an ap rn+p ei(n−p)θ dθ
0 n∈N p∈N
n einθ
PP R P
On peut intervertir les signes et car la série n∈N an r converge uniformément sur
[0, ρ[.
XX Z 2π
n+p
H(r) = an ap r ei(n−p)θ dθ
n∈N p∈N 0

D’autre part, on calcule l’intégrale :


R 2π h i(n−p)θ i2π
— Si n ̸= p : 0 ei(n−p)θ dθ = ei(n−p) =0
R 2π i(n−p)θ R 2π 0
— Si n = p : 0 e dθ = 0 dθ = 2π

Conclusion de la preuve
Finalement, seuls les termes où n = p subsistent :
X X
H(r) = 2π an an r2n = 2π |an |2 r2n — (2)
n∈N n∈N

Puisque |f (z0 + reiθ )|2 ≤ |f (z0 )|2 d’après l’hypothèse de maximum relatif, alors :
Z 2π
H(r) ≤ |f (z0 )|2 dθ =⇒ H(r) ≤ 2π|f (z0 )|2
0

D’après l’expression (2) et sachant que a0 = f (z0 ), on a :

2π|a0 |2 ≤ H(r) ≤ 2π|a0 |2 =⇒ H(r) = 2π|a0 |2

Par conséquence : X
2π |an |2 r2n = 0, ∀r ∈ [0, ρ[
n≥1

D’où |an |2 = 0 =⇒ an = 0, ∀n ≥ 1.
Ainsi, f (z) = a0 dans un voisinage de z0 . Par analyticité et connexité, f ≡ a0 sur tout U .
Corollaire Soit f une fonction analytique dans un ouvert connexe U de C. Si f est non
constante, alors le maximum de |f | . . . est atteint à la frontière de U (notée ∂U ) :

sup |f (z)| = sup |f (z)|


z∈U z∈∂U

Corollaire

24
7 Exemples d’Application du Principe du Maximum
Exemple (1. Sur le disque unité). Soit f : z 7→ ez . Calculons le maximum de |f | dans le
disque fermé D(0, 1). Le disque ouvert est D(0, 1) = {z ∈ C | |z| < 1}, et sa frontière est le cercle
unité :
C(0, 1) = {z ∈ C | |z| = 1} = {eiθ | θ ∈ R}
D’après le principe du maximum :
sup |f (z)| = sup |f (z)| = sup |f (eiθ )|
z∈D(0,1) z∈C(0,1) θ∈R

Comme eiθ = cos θ + i sin θ, on a :


f (eiθ ) = ecos θ+i sin θ = ecos θ · ei sin θ =⇒ |f (eiθ )| = ecos θ
Or, −1 ≤ cos θ ≤ 1 =⇒ e−1 ≤ ecos θ ≤ e. D’où :
sup |ez | = e
z∈D(0,1)

Exemple (2. Sur une ellipse). Soit f : z 7→ ez . Calculons le maximum de |f | dans l’ellipse E
de centre 0 et de rayons (demi-axes) a et b.
y

b E
z
θ x
0 a

Exemple. La frontière de l’ellipse ∂E est paramétrée par x = a cos θ et y = b sin θ, soit :


z = a cos θ + ib sin θ, θ∈R
Le maximum est atteint sur la frontière :
sup |f (z)| = sup |f (z)| = sup |f (a cos θ + ib sin θ)|
z∈E z∈∂E θ∈R

= sup |ea cos θ · eib sin θ | = sup ea cos θ = ea


θ∈R θ∈R

8 Le Lemme de Schwarz
Exercice (Énoncé du Lemme de Schwarz). Soit D = D(0, 1). Soit f une fonction analytique
(holomorphe) sur D telle que : (
f (0) = 0
f (D) ⊂ D
1. En considérant la fonction g(z) = f (z)
z , montrer que |f (z)| ≤ |z| pour tout z ∈ D, et que
|f ′ (0)| ≤ 1.
2. On suppose de plus qu’il existe z0 ̸= 0 tel que |f (z0 )| = |z0 |. Montrer qu’il existe λ ∈ C
avec |λ| = 1 tel que f (z) = λz pour tout z ∈ D.
3. On suppose que |f ′ (0)| = 1. Montrer de même que f (z) = λz avec |λ| = 1.

25
8.1 Correction de la question 1
Lundi 13 Avril 2026
f (z)
Preuve. Définissons g(z) = z . La fonction g est analytique sur D \ {0} comme quotient de
fonctions analytiques.

Étude en 0
Comme f est analytique sur D, elle admet un développement en série entière en 0 :
X
f (z) = an z n = a0 + a1 z + a2 z 2 + · · · + an z n + . . .
n≥0

Or, l’hypothèse f (0) = 0 implique a0 = 0. Ainsi :


X
f (z) = an z n
n≥1

On peut alors écrire pour z ̸= 0 :

f (z) X X
g(z) = = an z n−1 = an+1 z n
z
n≥1 n≥0

Cette série entière définit une fonction analytique en 0 (prolongement par continuité en posant
g(0) = a1 = f ′ (0)). Par conséquent, g est analytique sur tout le disque D.

Application du Principe du Maximum


Pour tout r ∈]0, 1[, appliquons le principe du maximum au disque fermé D(0, r) dont la
frontière est le cercle Cr = {z ∈ C | |z| = r} :

f (z) |f (z)|
sup |g(z)| = sup |g(z)| = sup = sup
z∈D(0,r) z∈Cr z∈Cr z z∈Cr r

Comme f (D) ⊂ D, on a |f (z)| < 1 pour tout z ∈ D. Donc :


1
sup |g(z)| ≤
z∈Cr r

En faisant tendre r vers 1 par valeurs inférieures (r → 1− ), on obtient :

sup |g(z)| ≤ 1
z∈D

Ainsi, pour tout z ∈ D, |g(z)| ≤ 1, ce qui donne :


— Pour z ̸= 0 : f (z)
z ≤ 1 =⇒ |f (z)| ≤ |z|
— Pour z = 0 : |g(0)| = |f ′ (0)| ≤ 1
Le résultat est bien démontré.

9 Généralisation du Lemme de Schwarz (Exercice d’application)


Exercice (Exercice 7.3.2). Soit D = D(0, 1) le disque unité ouvert de C. Soit g : D → C une
fonction analytique sur D telle qu’il existe une constante M > 0 vérifiant :

|g(z)| ≤ M, ∀z ∈ D

26
g(z)
1. On pose f (z) = M et on définit la fonction ψ sur D par :

f (z) − f (0)
ψ(z) =
1 − f (0)f (z)

(a) Montrer que ψ est analytique sur D et que ψ(D) ⊂ D.


(b) En déduire l’inégalité suivante pour tout z ∈ D :

|g(z) − g(0)| |z|



|M 2 − g(0)g(z)| M

2. De plus, si |g ′ (0)| = M , montrer qu’il existe une constante λ ∈ C avec |λ| = M telle que
g(z) = λz pour tout z ∈ D.

Preuve. 1. (a) Analyticité et inclusion ψ(D) ⊂ D


La fonction ψ est la composée de f et d’une homographie (transformation de Möbius). Elle
est analytique sur D car son dénominateur 1 − f (0)f (z) ne s’annule jamais dans le disque D.
En effet, comme |g(z)| ≤ M , on a |f (z)| ≤ 1. Puisque f est non constante (cas trivial), on a par
le principe du maximum |f (0)| < 1 et |f (z)| < 1, d’où :

|f (0)f (z)| = |f (0)| · |f (z)| < 1 =⇒ 1 − f (0)f (z) ̸= 0

Montrons maintenant que ψ(D) ⊂ D, c’est-à-dire que pour tout z ∈ D, |ψ(z)|2 < 1 ou de
façon équivalente 1 − |ψ(z)|2 > 0. Calculons le module au carré :

1 − |ψ(z)|2 = 1 − ψ(z)ψ(z)
 
f (z) − f (0) f (z) − f (0)
=1−  
1 − f (0)f (z) 1 − f (0)f (z)
1 − f (0)f (z) − f (0)f (z) + |f (0)|2 |f (z)|2 − |f (z)|2 − f (z)f (0) − f (0)f (z) + |f (0)|2
 
=
|1 − f (0)f (z)|2
1+ |f (0)|2 |f (z)|2 − |f (z)|2 − |f (0)|2
=
|1 − f (0)f (z)|2
(1 − |f (z)|2 )(1− |f (0)|2 )
=
|1 − f (0)f (z)|2

Comme |f (z)| < 1 et |f (0)| < 1, le numérateur est strictement positif. Le dénominateur étant
un module au carré non nul, on a bien :

1 − |ψ(z)|2 > 0 =⇒ |ψ(z)| < 1, ∀z ∈ D

L’inclusion ψ(D) ⊂ D est ainsi établie.

27
Preuve (Suite de la preuve). 1. (b) Application du lemme de Schwarz à ψ

Remarquons que ψ(0) = f1−|f(0)−f (0)


(0)|2
= 0. Puisque ψ est analytique sur D, ψ(0) = 0 et ψ(D) ⊂
D, on peut lui appliquer le Lemme de Schwarz classique. On obtient alors pour tout z ∈ D :

f (z) − f (0)
|ψ(z)| ≤ |z| =⇒ ≤ |z|
1 − f (0)f (z)

g(z) g(0)
En remplaçant f (z) par M et f (0) par M :

g(z) g(0) g(z)−g(0)


M − M M |g(z) − g(0)|
≤ |z| =⇒ ≤ |z| =⇒ M ≤ |z|
g(0)g(z) M 2 −g(0)g(z) |M 2 − g(0)g(z)|
1− M2 M2

Ce qui donne l’inégalité recherchée :

|g(z) − g(0)| |z|



|M 2 − g(0)g(z)| M

2. Cas d’égalité
Si |g ′ (0)| = M , calculons la dérivée ψ ′ (0) :

f ′ (z)(1 − f (0)f (z)) − (f (z) − f (0))(−f (0)f ′ (z))


ψ ′ (z) =
(1 − f (0)f (z))2

En z = 0 :
f ′ (0)(1 − |f (0)|2 ) − 0 f ′ (0)
ψ ′ (0) = =
(1 − |f (0)|2 )2 1 − |f (0)|2
g ′ (0)
Puisque f ′ (0) = M , on a :

|g ′ (0)| M 1
|ψ ′ (0)| = 2
= 2
=
M (1 − |f (0)| ) M (1 − |f (0)| ) 1 − |f (0)|2

D’après le cas d’égalité du Lemme de Schwarz, si |ψ ′ (0)| = 1 (ce qui implique |f (0)| = 0 =⇒
g(0) = 0), alors ψ(z) = λ0 z avec |λ0 | = 1.
Ainsi, f (z) = λ0 z =⇒ g(z)
M = λ0 z =⇒ g(z) = (M λ0 )z.
En posant λ = M λ0 , on a bien |λ| = M et g(z) = λz.

10 Détermination de Domaines d’Analyticité


Lundi 20 Avril 2026

Exercice. Déterminer le domaine d’analyticité maximal dans C pour chacune des fonctions
suivantes :
sinh z
1) a(z) = 2) b(z) = e1/z
1 + z2
sin z
3) c(z) = tan(z) 4) d(z) =
  z
1 1 cosh(z) − 1
5) e(z) = cos + 6) f (z) =
z2 1 − z z2
sin z 1
7) g(z) = 8) h(z) = z
(1 + z 2 )2 e

28
Solutions et Analyses détaillées
1) Pour a(z) = sinh z
1+z 2
: Le dénominateur s’annule pour 1+z 2 = 0 =⇒ z 2 = −1 =⇒ z = ±i.
Le domaine maximal est donc : Ωa = C \ {−i, i}.
2) Pour b(z) = e1/z : La fonction exponentielle est entière (C), mais la fonction z 7→ z1
possède une singularité essentielle en 0.
Le domaine maximal est : Ωb = C∗ = C \ {0}.
sin z
3) Pour c(z) = tan z = cos z : Les pôles de cette fonction correspondent aux zéros de cos z.
π
cos z = 0 =⇒ z = 2 + kπ avec k ∈  Z.
Le domaine maximal est : Ωc = C \ π2 + kπ | k ∈ Z .
4) Pour d(z) = sinz z : A priori définie sur C∗ . Cependant, en utilisant le développement en
série entière du sinus :

X z 2n+1 z3 z5
sin z = (−1)n =z− + − ...
(2n + 1)! 3! 5!
n=0

On a pour z ̸= 0 :

z2 z4 X z 2n
d(z) = 1 − + − ··· = (−1)n
3! 5! (2n + 1)!
n=0

Cette série entière a un rayon de convergence infini. Le point 0 est une singularité
effaçable (fausse singularité). En prolongeant par continuité en posant d(0) = 1, la
fonction devient holomorphe sur tout C.
Le domaine maximal est : Ωd = C.
5) Pour e(z) = cos z12 + 1−z 1
: Les points de non-définition des fractions internes sont z = 0
et z = 1.
Le domaine maximal est : Ωe = C \ {0, 1}.
6) Pour f (z) = cosh(z)−1
z2
: De même que pour la question 4, étudions le comportement en 0
à l’aide des séries entières :

X z 2n z2 z4 z2 z4
cosh z = =1+ + + · · · =⇒ cosh z − 1 = + + ...
(2n)! 2! 4! 2! 4!
n=0

D’où pour z ̸= 0 :

1 z2 X z 2n
f (z) = + + ··· =
2! 4! (2n + 2)!
n=0

Le point 0 est une singularité effaçable. En posant f (0) = 12 , la fonction est entière.
Le domaine maximal est : Ωf = C.
sin z
7) Pour g(z) = (1+z 2 )2 : Le dénominateur s’annule aux points z = ±i qui sont des pôles

doubles.
Le domaine maximal est : Ωg = C \ {−i, i}.
8) Pour h(z) = e1z = e−z : L’exponentielle ne s’annule jamais dans C.
Le domaine maximal est : Ωh = C.

11 Exemple d’une fonction de classe C ∞ non analytique


Il est important de distinguer les notions de régularité réelle (C ∞ ) et d’analyticité. Dans R,
il existe des fonctions indéfiniment dérivables qui ne sont pas développables en série entière.
Théorème. Soit la fonction f définie sur R par :
(
exp − x12

si x ̸= 0
f (x) =
0 si x = 0

29
Alors :
1. f est de classe C ∞ sur R.
2. f n’est pas analytique au voisinage de 0.

Preuve. 1. Régularité C ∞
Sur R∗ , la fonction est une composée de fonctions de classe C ∞ , elle est donc C ∞ .
Montrons par récurrence que pour tout n ∈ N, la dérivée n-ième sur R∗ s’écrit sous la forme :
   
(n) 1 1
f (x) = Pn exp − 2
x x

où Pn est un polynôme.
— Pour n = 0 : P0 (t) = 1, vrai.
— Si la propriété est vraie au rang n, alors en dérivant :
         
1 1 1 1 2 1
f (n+1) (x) = − 2 Pn′ exp − 2 + Pn · exp −
x x x x x3 x2

En posant t = x1 , on obtient bien un nouveau polynôme Pn+1 (t) = −t2 Pn′ (t) + 2t3 Pn (t).
Par croissances comparées, lorsque x → 0 (donc t → ±∞) :
2
lim f (n) (x) = lim Pn (t)e−t = 0
x→0 t→±∞

D’après le théorème de prolongement de la dérivée, f est indéfiniment dérivable en 0 et on a :

f (n) (0) = 0, ∀n ∈ N

2. Non-analyticité
Si f était analytique au voisinage de 0, elle coïnciderait avec sa série de Taylor sur un
intervalle ] − δ, δ[ (δ > 0) :
∞ ∞
X f (n) (0) X 0 n
f (x) = xn = x =0
n! n!
n=0 n=0

Or, pour tout x ̸= 0, f (x) = exp − x12 > 0. La fonction n’est donc pas identiquement nulle sur


] − δ, δ[, ce qui est une contradiction.


Ainsi, f n’est pas analytique en 0.

12 Compléments sur l’Analyticité Réelle et Prolongement


Exemple. Pour clore l’étude de la fonction de classe C ∞ non analytique définie par :
(
exp − x12

si x ̸= 0
f (x) =
0 si x = 0

On remarque graphiquement et analytiquement que toutes ses dérivées en 0 sont nulles (f (n) (0) =
0, ∀n ∈ N). Sa série de Taylor centrée en 0 est donc la série nulle. Cependant, f (x) > 0 pour
tout x ̸= 0. La fonction n’est donc pas égale à la somme de sa série de Taylor sur un voisinage
de 0.
En analyse complexe, une telle situation est impossible : toute fonction holomorphe (dérivable
au sens complexe) sur un ouvert est analytique (développable en série entière) sur cet ouvert.

30
13 Singularités Isolées
Mercredi 22 Avril 2026

Définition (Singularité isolée). Soit z0 ∈ C et U un ouvert de C contenant z0 . On dit que z0


est une singularité isolée d’une fonction f si f est analytique (holomorphe) sur l’ouvert privé
U \ {z0 }. En d’autres termes, il existe un rayon R > 0 tel que f est analytique sur le disque
pointé :
D∗ (z0 , R) = {z ∈ C | 0 < |z − z0 | < R}

On distingue trois types de singularités isolées selon le comportement de f (z) lorsque z tend
vers z0 :
1. Les singularités effaçables (ou régulières)
2. Les pôles
3. Les singularités essentielles
4. Les singularités non isolées (par exemple, les points de branchement du logarithme
ou des racines).

13.1 Singularités effaçables


Définition. On dit que z0 est une singularité effaçable de f si limz→z0 f (z) existe dans C
(limite finie).

Théorème (Théorème de prolongement de Riemann). Soit f analytique sur U \ {z0 }. Les as-
sertions suivantes sont équivalentes :
i) z0 est une singularité effaçable.
ii) f est bornée au voisinage de z0 .
iii) f se prolonge en une fonction analytique sur tout U .

Exemple. Soit d(z) = sinz z définie sur C∗ . Le point z0 = 0 est une singularité isolée.
Comme limz→0 sinz z = 1, la limite existe et est finie. C’est une singularité effaçable. On prolonge
d en posant d(0) = 1, rendant la fonction entière (analytique sur C).

13.2 Les Pôles


Définition. On dit que z0 est un pôle de f si :

lim |f (z)| = +∞
z→z0

Proposition 6 (Caractérisation d’un pôle). Le point z0 est un pôle de f si et seulement s’il


existe un entier m ∈ N∗ (appelé ordre du pôle) et une fonction g analytique au voisinage de z0
avec g(z0 ) ̸= 0 tels que :
g(z)
f (z) =
(z − z0 )m
Si m = 1, on parle de pôle simple. Si m = 2, un pôle double.
1 1
Exemple. Soit f (z) = z 2 +1
= (z−i)(z+i) .
g(z) 1 1
— En z0 = i : f (z) = z−i avec g(z) = z+iComme g(i) =
. 2i ̸= 0, z0 = i est un pôle simple
(m = 1).
— En z0 = −i : De même, c’est un pôle simple.

31
13.3 Singularités essentielles
Définition. On dit que z0 est une singularité essentielle de f si limz→z0 f (z) n’existe ni sous
forme finie, ni sous forme infinie.
Le comportement d’une fonction au voisinage d’une singularité essentielle est extrêmement
chaotique, comme le montre le théorème suivant :
Théorème (Théorème de Casorati-Weierstrass). Soit z0 une singularité essentielle de f définie
sur D∗ (z0 , R). Alors pour tout voisinage V ⊂ D(z0 , R) de z0 , l’image f (V \ {z0 }) est dense dans
C.
C’est-à-dire :

∀α ∈ C, ∀ε > 0, ∀δ > 0, ∃z ∈ C tel que 0 < |z − z0 | < δ et |f (z) − α| < ε

Exemple. Soit f (z) = e1/z au voisinage de z0 = 0.


— Si z = x ∈ R∗+ → 0, alors limx→0+ e1/x = +∞.
— Si z = x ∈ R∗− → 0, alors limx→0− e1/x = 0.
— Si z = iy ∈ iR → 0, alors e1/(iy) = e−i/y , qui oscille indéfiniment sur le cercle unité.
La limite n’existe pas, 0 est donc une singularité essentielle de e1/z .

14 Exercices d’Application : Étude des singularités


Exercice. Déterminer la nature des singularités isolées pour chacune des fonctions suivantes :
1 − cos z sin z
1) f1 (z) = 2) f2 (z) =
z2  z3
1 z2 − 1
3) f3 (z) = exp 4) f4 (z) =
z2 z−1

Correction détaillée
Preuve. 1) Pour f1 (z) = 1−cosz2
z
en z0 = 0 :
Utilisons le développement en série entière de cos z autour de 0 :

z2 z4 z2 z4
cos z = 1 − + − · · · =⇒ 1 − cos z = − + ...
2! 4! 2! 4!
Ainsi, pour z ̸= 0 :
z2 z4
2! − 4! + 1 z2
...
f1 (z) = − =
+ ...
z2 2 24
On a limz→0 f1 (z) = 21 . La limite est finie, il s’agit donc d’une singularité effaçable.
2) Pour f2 (z) = sin z3
z
en z0 = 0 :
Par le développement en série entière du sinus :

z3 z5
sin z = z − + − ...
3! 5!
D’où pour z ̸= 0 :
z3 5
z− 3! + z5! − . . . 1 1 z2
f2 (z) = = − + − ...
z3 z 2 6 120
On constate que limz→0 |f2 (z)| = +∞. On peut réécrire f2 (z) = g(z)z2
avec g(z) = sinz z . Comme
limz→0 g(z) = 1 ̸= 0, z0 = 0 est
 un pôle d’ordre 2 (pôle double).
1
3) Pour f3 (z) = exp z 2 en z0 = 0 :
Comme pour la fonction e1/z , si on s’approche de 0 par l’axe réel (z = x), la limite vaut +∞. Si

32
on s’approche par l’axe imaginaire (z = iy), z 2 = −y 2 , la limite de exp(−1/y 2 ) vaut 0.
La limite n’existe pas : z0 = 0 est une singularité essentielle.
2 −1
4) Pour f4 (z) = zz−1 en z0 = 1 :
Pour tout z ̸= 1, on peut simplifier l’expression :

(z − 1)(z + 1)
f4 (z) = =z+1
z−1
On a limz→1 f4 (z) = 2. La limite existe et est finie, c’est une singularité effaçable.

15 Intégration le long d’un chemin (Intégrale de contour)


Lundi 27 Avril 2026

Définition (Chemin paramétré). On appelle chemin continu dans un ouvert U ⊂ C toute


application continue :
γ : [a, b] → U (a, b ∈ R, a < b)
— γ(a) est le point initial (origine) du chemin.
— γ(b) est le point final (extrémité) du chemin.
— Si γ(a) = γ(b), on dit que le chemin est un lacet (ou chemin fermé).
— Le chemin est dit continûment dérivable (ou de classe C 1 ) si γ est dérivable et sa
dérivée γ ′ est continue sur [a, b].
— Un chemin est dit régulier par morceaux s’il est constitué d’une juxtaposition finie de
chemins de classe C 1 .

Définition (Intégrale le long d’un chemin C 1 ). Soit U un ouvert de C, f : U → C une fonction


continue et γ : [a, b] → U un chemin de classe C 1 . On définit l’intégrale de f le long de γ par :
Z Z b
f γ(t) · γ ′ (t) dt

f (z) dz =
γ a

Propriété 1. L’intégrale curviligne est indépendante du paramétrage choisi pour le chemin γ


(tant que l’orientation est conservée). Si l’on parcourt le chemin en sens inverse, noté −γ, on
a: Z Z
f (z) dz = − f (z) dz
−γ γ

Exemple (Exemple fondamental de calcul). Soit f (z) = z1 et γ le cercle de centre 0 et de rayon


R > 0, parcouru une fois dans le sens direct (anti-horaire). Le paramétrage classique est :

γ(t) = Reit , t ∈ [0, 2π]

La dérivée par rapport au paramètre réel t est :

γ ′ (t) = iReit

Appliquons la définition de l’intégrale :


Z Z 2π Z 2π
1 1 it

dz = · iRe dt = i dt = 2iπ
γ z 0 Reit 0

Exercice. Généraliser le calcul précédent pour f (z) = (z − z0 )n où n ∈ Z et γ est le cercle


C(z0 , R) paramétré par γ(t) = z0 + Reit pour t ∈ [0, 2π].

33
Preuve. On a γ ′ (t) = iReit . Remplaçons dans l’intégrale :
Z Z 2π Z 2π
n it n it n+1
ei(n+1)t dt

(z − z0 ) dz = Re · iRe dt = iR
C(z0 ,R) 0 0

Distinguons deux cas :


— Si n = −1 : Z 2π
0
iR 1 dt = 2iπ
0
— Si n ̸= −1 :
" #2π
ei(n+1)t Rn+1  i(n+1)2π  Rn+1
iRn+1 = e −1 = (1 − 1) = 0
i(n + 1) n+1 n+1
0

En résumé, on obtient le résultat capital de la théorie des résidus :


(
2iπ si n = −1
Z
n
(z − z0 ) dz =
C(z0 ,R) 0 si n ∈ Z \ {−1}

16 Le Théorème de Cauchy
Mercredi 29 Avril 2026
Le théorème de Cauchy est le pilier central de l’analyse complexe. Il relie l’holomorphie d’une
fonction à la nullité de ses intégrales sur les chemins fermés.

Définition (Domaine simplement connexe). Un ouvert connexe U ⊂ C est dit simplement


connexe s’il n’a pas de “trous”. Plus formellement, tout lacet tracé dans U peut être contracté
de façon continue en un point (il est homotope à un point).

Théorème (Théorème de Cauchy). Soit U un ouvert simplement connexe de C. Si f : U → C


est une fonction analytique (holomorphe) sur U , alors pour tout lacet régulier par morceaux γ
tracé dans U , on a : Z
f (z) dz = 0
γ

Remarque. L’exemple précédent où C(0,R) z1 dz = 2iπ ̸= 0 ne contredit pas le théorème de Cau-


R

chy car la fonction z 7→ z1 n’est pas analytique sur le disque complet : elle admet une singularité
en 0. L’ouvert C∗ n’est pas simplement connexe.

16.1 Existence de primitives


Une conséquence directe du théorème de Cauchy est l’existence de primitives globales pour
les fonctions holomorphes sur les domaines sans trou.

Théorème. Soit U un ouvert simplement connexe et f : U → C une fonction analytique. Alors


f admet une primitive analytique F sur U (c’est-à-dire F ′ (z) = f (z)).
Dans ce cas, pour tout chemin γ d’origine α et d’extrémité β, on a :
Z
f (z) dz = F (β) − F (α)
γ

34
17 La Formule Intégrale de Cauchy
Cette formule exprime un fait propre à l’analyse complexe : les valeurs d’une fonction holo-
morphe à l’intérieur d’un disque sont entièrement déterminées par ses valeurs sur la frontière (le
cercle enveloppant).

Théorème (Formule intégrale de Cauchy). Soit U un ouvert contenant un disque fermé D(z0 , R).
Si f : U → C est analytique, alors pour tout point z situé à l’intérieur du disque ouvert D(z0 , R),
on a : Z
1 f (ξ)
f (z) = dξ
2iπ C(z0 ,R) ξ − z
où C(z0 , R) est le cercle orienté dans le sens direct.

17.1 Formule pour les dérivées successives


En dérivant sous le signe intégral par rapport à la variable z, on montre que toute fonction
holomorphe est indéfiniment dérivable, et ses dérivées s’expriment par :

Théorème. Avec les mêmes hypothèses, la dérivée n-ième de f en un point z ∈ D(z0 , R) est
donnée par : Z
(n) n! f (ξ)
f (z) = dξ
2iπ C(z0 ,R) (ξ − z)n+1

Exercice (Application directe). Calculer l’intégrale suivante où γ = C(0, 2) est le cercle de


centre 0 et de rayon 2 parcouru dans le sens direct :
ez
Z
I= dz
C(0,2) z − 1

Preuve. Posons f (z) = ez . La fonction f est entière (analytique sur C tout entier). Le point
singulier du dénominateur est z1 = 1, qui se trouve bien à l’intérieur du contour γ (puisque
|1| < 2). D’après la formule intégrale de Cauchy pour n = 0 :


Z
1
f (1) = dξ
2iπ C(0,2) ξ−1

On en déduit immédiatement :

I = 2iπ · f (1) = 2iπe1 = 2iπe

18 Inégalités de Cauchy et Théorème de Liouville


Lundi 4 Mai 2026

18.1 Inégalités de Cauchy


Proposition 7. Soit f une fonction analytique sur un ouvert contenant le disque fermé D(z0 , R).
Si f est bornée sur le cercle frontière C(z0 , R) par une constante M , c’est-à-dire :

|f (z)| ≤ M, ∀z ∈ C(z0 , R)

Alors, pour tout entier n ∈ N, la dérivée n-ième vérifie :


n! · M
|f (n) (z0 )| ≤
Rn

35
Preuve. D’après la formule intégrale de Cauchy pour les dérivées successives en z0 :
Z
n! f (ξ)
f (n) (z0 ) = dξ
2iπ C(z0 ,R) (ξ − z0 )n+1

En passant au module et en appliquant l’inégalité triangulaire intégrale (majoration par la lon-


gueur du cercle 2πR) :
|f (ξ)|
Z
(n) n!
|f (z0 )| ≤ |dξ|
2π C(z0 ,R) |ξ − z0 |n+1
Comme |ξ − z0 | = R sur le cercle et |f (ξ)| ≤ M :

n! M n! · M
|f (n) (z0 )| ≤ · n+1 · (2πR) =
2π R Rn

18.2 Théorème de Liouville


Définition. Une fonction est dite entière si elle est analytique (holomorphe) sur tout le plan
complexe C.

Théorème (Théorème de Liouville). Toute fonction entière et bornée sur C est constante.

Preuve. Soit f une fonction entière bornée sur C. Il existe donc M > 0 tel que |f (z)| ≤ M pour
tout z ∈ C.
Appliquons l’inégalité de Cauchy pour n = 1 en un point quelconque z0 ∈ C sur un cercle de
rayon R > 0 arbitrairement grand :
1! · M M
|f ′ (z0 )| ≤ =
R R
Puisque f est entière, cette inégalité est vraie pour tout R > 0. En faisant tendre R vers +∞,
on obtient :
M
lim = 0 =⇒ |f ′ (z0 )| = 0 =⇒ f ′ (z0 ) = 0
R→+∞ R

La dérivée s’annulant en tout point de C, la fonction f est constante.

Corollaire[Théorème fondamental de l’algèbre / D’Alembert-Gauss] Tout polynôme non constant


à coefficients complexes admet au moins une racine dans C. Corollaire

19 Développement en Séries de Laurent


Mercredi 6 Mai 2026
Lorsqu’une fonction possède une singularité isolée en z0 , elle ne peut pas être développée en
série entière (série de Taylor) autour de ce point. On généralise cette notion en autorisant des
puissances négatives : c’est le développement en série de Laurent, valable dans des couronnes
circulaires.

Définition. On appelle série de Laurent centrée en z0 une série de la forme :


+∞ +∞ +∞
X
n
X a−n X
f (z) = an (z − z0 ) = + an (z − z0 )n
n=−∞
(z − z0 )n
n=1 n=0

— La partie P+∞ n
P
n=0 an (z − z0 ) est appelée partie régulière ou analytique.
+∞ a−n
— La partie n=1 (z−z0 )n est appelée partie principale ou singulière.

36
19.1 Classification des singularités via la série de Laurent
Le nombre de termes de la partie principale permet de caractériser précisément la singularité
en z0 :
1. Singularité effaçable : La partie principale est nulle (an = 0 pour tout n < 0).
2. Pôle d’ordre m : La partie principale est finie. Il existe un rang m ≥ 1 tel que a−m ̸= 0
et an = 0 pour tout n < −m. Le coefficient a−1 joue un rôle crucial.
3. Singularité essentielle : La partie principale comporte une infinité de termes non nuls.
Exemple. Développer en série de Laurent la fonction f (z) = z 2 e1/z autour de z0 = 0.
+∞ n
On sait que eu = n=0 un! pour tout u ∈ C. En posant u = z1 (pour z ̸= 0) :
P

+∞  
2
X 1 2 1 1 1 1
f (z) = z =z 1+ + + + + ...
n! z n 1! z 2! z 2 3! z 3 4! z 4
n=0

1 1 1
f (z) = z 2 + z +
+ + + ...
2 6z 24z 2
La partie principale comporte une infinité de termes. Le point 0 est donc bien une singularité
essentielle. Le coefficient devant z1 est a−1 = 16 .

20 Le Théorème des Résidus


Lundi 11 Mai 2026
P+∞
Définition (Résidu). Soit z0 une singularité isolée d’une fonction analytique f , et soit n=−∞ an (z−
z0 )n son développement en série de Laurent dans un disque pointé autour de z0 .
1
On appelle résidu de f en z0 , noté Res(f, z0 ), le coefficient a−1 du terme en z−z 0
:
Z
1
Res(f, z0 ) = a−1 = f (z) dz
2iπ C(z0 ,R)

20.1 Formules de calcul pratique des résidus


— Pour un pôle simple (m = 1) :

Res(f, z0 ) = lim (z − z0 )f (z)


z→z0

P (z)
Si f (z) = Q(z) avec P (z0 ) ̸= 0, Q(z0 ) = 0 et Q′ (z0 ) ̸= 0 :

P (z0 )
Res(f, z0 ) =
Q′ (z0 )
— Pour un pôle d’ordre m :
1 dm−1
Res(f, z0 ) = lim [(z − z0 )m f (z)]
(m − 1)! z→z0 dz m−1

20.2 Théorème des résidus


Théorème (Théorème des Résidus). Soit Ω un ouvert simplement connexe, et γ un lacet régulier
par morceaux orienté positivement dans Ω. Si f est une fonction analytique sur Ω privé d’un
nombre fini de singularités isolées z1 , z2 , . . . , zk situées à l’intérieur du lacet γ, alors :
Z k
X
f (z) dz = 2iπ Res(f, zj )
γ j=1

37
Exercice. Calculer l’intégrale suivante le long du cercle γ = C(0, 2) parcouru dans le sens direct :
Z
1
I= 2
dz
C(0,2) z − 1

1
Preuve. Posons f (z) = z 21−1 = (z−1)(z+1) .
Les singularités de f sont z1 = 1 et z2 = −1. Ces deux points ont pour module 1 < 2, ils se
trouvent donc tous les deux à l’intérieur du contour de rayon 2. Ce sont deux pôles simples.
Calculons les résidus :
1 1
— En z1 = 1 : Res(f, 1) = limz→1 (z − 1) (z−1)(z+1) = 1+1 = 12
1 1
— En z2 = −1 : Res(f, −1) = limz→−1 (z + 1) (z−1)(z+1) = −1−1 = − 21
D’après le théorème des résidus :
 
 1 1
I = 2iπ Res(f, 1) + Res(f, −1) = 2iπ − =0
2 2

R +∞
21 Intégrales de fractions rationnelles de la forme −∞ R(x) dx
Mercredi 13 Mai 2026
Nous étudions le calcul des intégrales de la forme :
Z +∞
P (x)
I= dx
−∞ Q(x)

où P et Q sont deux polynômes à coefficients réels.


R +∞
P (x)
Proposition 8 (Conditions de convergence). L’intégrale −∞ Q(x) dx converge si et seulement
si :
1. Q(x) ̸= 0 pour tout x ∈ R (pas de pôle réel).
2. deg(Q) ≥ deg(P ) + 2 (condition de convergence à l’infini).

Théorème. Sous ces conditions de convergence, si l’on note z1 , z2 , . . . , zm les zéros du polynôme
Q(z) situés strictement dans le demi-plan supérieur (c’est-à-dire tels que Im(zj ) > 0), alors :
Z +∞  
P (x) X P
dx = 2iπ Res , zj
−∞ Q(x) Im(zj )>0
Q

Preuve. On considère un contour fermé ΓR constitué du segment [−R, R] de l’axe réel et du


demi-cercle supérieur CR de rayon R centré à l’origine, orienté positivement. D’après le théorème
des résidus, pour R suffisamment grand pour contenir toutes les singularités à partie imaginaire
positive : Z R Z  
P (x) P (z) X P
dx + dz = 2iπ Res , zj
−R Q(x) CR Q(z) Im(zj )>0
Q

Or, comme deg(Q) ≥ deg(P ) + 2, par application du lemme de majoration standard, on a :


Z
P (z)
lim dz = 0
R→+∞ CR Q(z)

En faisant tendre R → +∞, l’intégrale sur le segment réel converge vers l’intégrale généralisée,
ce qui démontre le théorème.

38
Exercice. Calculer l’intégrale réelle suivante :
Z +∞
1
I= dx
0 x4 +1
Preuve. Par parité de la fonction, on peut écrire :

1 +∞ 1
Z
I= dx
2 −∞ x4 + 1
1
Posons f (z) = z 4 +1
. Les singularités de f sont les racines quatrièmes de −1 = eiπ :
 
π + 2kπ
zk = exp i , k ∈ {0, 1, 2, 3}
4

√√ √ √
2
iπ/4 2 i3π/4 2 2
z0 = e = +i z1 = e =− +i
2√ 2√ √2 √2
2 2 2 2
z2 = ei5π/4 = − −i z3 = ei7π/4 = −i
2 2 2 2
Seules les racines z0 et z1 possèdent une partie imaginaire strictement positive (Im(z) > 0). Ce
1
sont des pôles simples. Calculons les résidus à l’aide de la formule Res(f, zk ) = Q′ (z k)
= 4z13 :
k
z0
— En z0 : Res(f, z0 ) = 1
4z03
= 4z04
= − z40 (car z04 = −1).
z1
— En z1 : Res(f, z1 ) = 1
4z13
= 4z14
= − z41 (car z14 = −1).
La somme des résidus vaut :
√ √ √ √ ! √
X 1 1 2 2 2 2 i 2
Res(f, zj ) = − (z0 + z1 ) = − +i − +i =−
4 4 2 2 2 2 4
Im(zj )>0

Par le théorème des résidus :


Z +∞ √ ! √ √
1 i 2 2π 2 π 2
dx = 2iπ − = =
−∞ x4 + 1 4 4 2

On en conclut la valeur de I : √ √
1 π 2 π 2
I= · =
2 2 4
R 2π
22 Intégrales trigonométriques de la forme 0 R(cos θ, sin θ) dθ
Lundi 18 Mai 2026
Nous étudions à présent les intégrales de fonctions rationnelles en cos θ et sin θ sur une période
complète.
Proposition 9 (Changement de variable sur le cercle unité). On effectue le changement de
variable complexe z = eiθ pour θ ∈ [0, 2π]. Lorsque θ décrit [0, 2π], z parcourt le cercle unité
C(0, 1) dans le sens direct. On a alors :
dz
dz = ieiθ dθ = iz dθ =⇒ dθ =
iz
En utilisant les formules d’Euler, on remplace les fonctions trigonométriques par :

eiθ + e−iθ
 
1 1
cos θ = = z+
2 2 z

39
eiθ − e−iθ
 
1 1
sin θ = = z−
2i 2i z
L’intégrale se transforme en une intégrale de contour le long du cercle unité :
Z 2π Z
R(cos θ, sin θ) dθ = f (z) dz
0 C(0,1)

Exercice. Calculer pour a > 1 l’intégrale :


Z 2π
1
I= dθ
0 a + cos θ

Preuve. Appliquons la transformation de la proposition :


Z Z Z
1 dz 2 dz 2 1
I= 1 1 · iz = 2
· = 2
dz

C(0,1) a + 2 z + z C(0,1) 2az + z + 1 i i C(0,1) z + 2az + 1

Soit P (z) = z 2 + 2az + 1. Cherchons ses racines :

∆ = (2a)2 − 4 = 4(a2 − 1) > 0 (car a > 1)


p p
z1 = −a + a2 − 1 et z2 = −a − a2 − 1
Déterminons √ quelles racines se situent à l’intérieur du cercle unité C(0, 1) : Comme z1 · z2 = 1
et |z2 | = a + a2 − 1 > 1, on en déduit que |z1 | < 1. Seul le pôle simple z1 est à l’intérieur du
contour.
Calculons le résidu de la fonction sous l’intégrale en z1 :
 
1 1 1 1
Res 2
, z1 = = √ = √
z + 2az + 1 2z1 + 2a 2(−a + a2 − 1) + 2a 2 a2 − 1

Par le théorème des résidus :


 
2 1 2π
I = · 2iπ · √ =√
i 2 a2 − 1 a2 − 1

23 Intégrales de Fourier et Lemmes de Jordan


R +∞
Pour calculer des intégrales du type −∞ R(x)eimx dx, les majorations simples du grand
demi-cercle ne suffisent plus toujours lorsque le degré du dénominateur n’est supérieur que de 1
à celui du numérateur. On a recours aux lemmes de Jordan.

Lemme (Premier Lemme de Jordan). Soit CR le demi-cercle supérieur de rayon R centré à


l’origine. Si m > 0 et si g est une fonction continue sur CR telle que limR→+∞ maxz∈CR |g(z)| =
0, alors : Z
lim g(z)eimz dz = 0
R→+∞ CR

Exercice. Calculer l’intégrale impropre suivante (Intégrale de Dirichlet) :


Z +∞
sin x
J= dx
−∞ x

40
iz
Preuve. Considérons la fonction complexe f (z) = ez . Elle possède un pôle simple en z = 0, qui
se situe sur l’axe réel. On ne peut donc pas utiliser le contour standard [−R, R] ∪ CR . On utilise
un contour “indanté” ΓR,ε évitant l’origine : le segment [−R, −ε], un petit demi-cercle supérieur
Cε de rayon ε orienté dans le sens horaire, le segment [ε, R] et le grand demi-cercle supérieur CR
orienté dans le sens anti-horaire.
Comme aucune singularité n’est emprisonnée à l’intérieur de ce lacet fermé, le théorème de
Cauchy donne : Z −ε ix Z R ix
eiz eiz
Z Z
e e
dx + dz + dx + dz = 0
−R x Cε z ε x CR z

— Par le premier lemme de Jordan avec g(z) = z1 , l’intégrale sur CR tend vers 0 quand
R → +∞.
— Pour le petit demi-cercle Cε (orienté négativement), le lemme du demi-tour donne :

eiz
Z  iz 
e
lim dz = −iπ · Res , 0 = −iπ · 1 = −iπ
ε→0 Cε z z

En combinant les deux segments réels et en passant aux limites :


Z +∞ ix Z +∞
e cos x + i sin x
VP dx − iπ = 0 =⇒ dx = iπ
−∞ x −∞ x

Par identification des parties réelles et imaginaires (la partie en cosinus s’annule par imparité) :
Z +∞
sin x
dx = π
−∞ x

24 Principe de l’Argument et Théorème de Rouché


Cette section traite de la localisation des zéros et des pôles d’une fonction holomorphe ou
méromorphe à l’intérieur d’un contour fermé.

Définition (Fonction méromorphe). Une fonction f est dite méromorphe sur un ouvert Ω si
elle y est holomorphe partout, sauf éventuellement en un ensemble de points isolés qui sont tous
des pôles.

Théorème (Principe de l’argument). Soit γ un lacet simple régulier par morceaux, orienté po-
sitivement dans un ouvert simplement connexe Ω. Soit f une fonction méromorphe sur Ω, sans
zéro ni pôle sur le support de γ. Alors :
Z ′
1 f (z)
dz = Z − P
2iπ γ f (z)

où :
— Z est le nombre total de zéros de f à l’intérieur de γ (comptés avec leur multiplicité).
— P est le nombre total de pôles de f à l’intérieur de γ (comptés avec leur ordre).

24.1 Le Théorème de Rouché


Le théorème de Rouché est un outil géométrique très puissant permettant de dénombrer les
racines d’un polynôme ou d’une fonction holomorphe complexe compliquée en la comparant à
une fonction plus simple.

41
Théorème (Théorème de Rouché). Soit γ un lacet simple dans un domaine simplement connexe
Ω. Soient f et g deux fonctions holomorphes sur Ω. Si elles vérifient l’inégalité stricte suivante
sur le contour γ :
|f (z) − g(z)| < |f (z)|, ∀z ∈ γ
Alors f et g ont le **même nombre exact de zéros** (comptés avec leur multiplicité) à l’intérieur
du lacet γ.
Exercice. Déterminer le nombre de racines du polynôme P (z) = z 7 − 5z 3 + 12 = 0 situées à
l’intérieur du disque unité ouvert D(0, 1).
Preuve. Décomposons P (z) en deux fonctions sur le cercle unité γ = C(0, 1) où |z| = 1. Posons :

f (z) = 12 et g(z) = z 7 − 5z 3 + 12

Majorons la différence |g(z) − f (z)| pour z ∈ C(0, 1) en utilisant l’inégalité triangulaire :

|g(z) − f (z)| = |z 7 − 5z 3 | ≤ |z|7 + 5|z|3

Comme |z| = 1 sur le contour :

|g(z) − f (z)| ≤ 1 + 5 = 6

Or, on a |f (z)| = 12 pour tout z. Par conséquent, sur le cercle γ :

|g(z) − f (z)| ≤ 6 < 12 = |f (z)|

L’hypothèse du théorème de Rouché est satisfaite. Ainsi, g(z) = P (z) a le même nombre de zéros
que f (z) = 12 à l’intérieur du cercle unité. Comme la fonction constante f (z) = 12 ne s’annule
jamais (0 zéro), le polynôme P (z) ne possède aucune racine dans le disque D(0, 1).

25 Intégration avec singularités sur l’axe réel


Vendredi 22 Mai 2026
Lorsque nous calculons des intégrales de fonctions dont certains pôles se situent directement
sur le chemin d’intégration réel, l’intégrale au sens classique peut diverger. On utilise alors la
notion de **Valeur Principale de Cauchy** (VP).
Définition (Valeur Principale de Cauchy). Soit f une fonction continue sur R \ {x0 } où x0 est
une singularité. On définit :
Z +∞ Z x0 −ε Z R 
VP f (x) dx = lim f (x) dx + f (x) dx
−∞ R→+∞ −R x0 +ε
ε→0+

Pour calculer ces limites dans le plan complexe, on contourne la singularité x0 par un petit
demi-cercle de rayon ε. Le comportement de ce petit arc est régi par le lemme suivant.
Lemme (Lemme du demi-tour / Petit demi-cercle). Soit z0 un pôle simple d’une fonction f .
Soit γε un arc de cercle d’angle α (orienté dans le sens direct) défini par γε (t) = z0 + εeit pour
t ∈ [t0 , t0 + α].
Alors, lorsque le rayon ε tend vers 0, on a :
Z
lim f (z) dz = iα · Res(f, z0 )
ε→0+ γε

Remarque. Si l’arc de cercle est un demi-cercle parcouru dans le sens des aiguilles d’une montre
(sens indirect), l’angle effectif vaut −π, et la limite est égale à −iπ · Res(f, z0 ).

42
Exercice. Calculer la valeur principale de l’intégrale de Fourier suivante :
Z +∞
eix
I = VP 2
dx
−∞ x(x + 1)

iz iz
Preuve. Posons f (z) = z(ze2 +1) = z(z−i)(z+i)
e
. Les pôles de cette fonction sont :
— z = 0 : pôle simple situé sur l’axe réel.
— z = i : pôle simple situé dans le demi-plan supérieur (Im(z) > 0).
— z = −i : pôle simple situé dans le demi-plan inférieur.
On construit un contour fermé indanté ΓR,ε constitué de :
1. Les segments réels [−R, −ε] et [ε, R].
2. Le petit demi-cercle supérieur Cε centré en 0, de rayon ε, parcouru dans le sens horaire.
3. Le grand demi-cercle supérieur CR de rayon R, parcouru dans le sens anti-horaire.
Le seul pôle strictement contenu à l’intérieur de ce contour est z = i. Par le théorème des
résidus :
Z −ε Z Z R Z
f (x) dx + f (z) dz + f (x) dx + f (z) dz = 2iπ · Res(f, i)
−R Cε ε CR

Calculons les différentes composantes lorsque R → +∞ et Rε → 0+ :


— Sur CR : Par le premier lemme de Jordan, limR→+∞ CR f (z) dz = 0.
— Sur Cε : Par le lemme du demi-tour (sens horaire =⇒ −π) :
Z
lim f (z) dz = −iπ · Res(f, 0)
ε→0+ Cε

Calculons à présent les résidus nécessaires :


iz e0
— En z = 0 : Res(f, 0) = limz→0 z · z(ze2 +1) = 1 =1
eeiz −1 −1
— En z = i : Res(f, i) = limz→i (z − i) · = i(2i)
z(z−i)(z+i)
1
= e−2 = − 2e
Injectons ces valeurs dans l’équation limite globale :
Z +∞
eix
 
1
VP 2
dx − iπ(1) = 2iπ −
−∞ x(x + 1) 2e
+∞
eix
Z  
iπ 1
VP dx = iπ − = iπ 1 −
−∞ x(x2 + 1) e e
Par identification des parties réelles et imaginaires via la formule d’Euler (eix = cos x +
i sin x), on en déduit les deux intégrales réelles associées :
Z +∞
cos x
VP 2 + 1)
dx = 0 (par imparité de l’intégrande)
−∞ x(x
Z +∞  
sin x 1
2
dx = π 1 −
−∞ x(x + 1) e

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