Pere Valentin Diff
Pere Valentin Diff
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THÈSE
en vue de l’obtention du
Unité de recherche :
Centre RAPSODEE, UMR CNRS 5302, IMT Mines Albi
Direction de thèse :
Jean-Louis DIRION, Maître assistant HDR, IMT Mines Albi
Je tiens à remercier Jean-Louis Dirion, mon directeur de thèse. Je le remercie d’avoir placé
sa confiance en moi depuis le début. Il a su me guider en m’empêchant de partir dans de
mauvaises directions. Un directeur attentif à ce que je raconte, tout en ayant un franc-parler
pour donner son avis, je n’aurais pas pu rêver mieux ! Merci Mathieu Milhé pour sa force de
proposition et son humour au quotidien, des idées, du rire, je n’aurais pas pu m’en passer.
Merci également à Fabien Baillon pour m’avoir fait profiter de son recul et son expertise
technique sur divers problèmes qui gravitent autours de mes recherches. J’aurais été souvent
au point mort sans lui. Ces trois personnes m’ont laissé parcourir mon bout de chemin avec
bienveillance, en se rendant disponibles et en me réorientant au moindre égarement. On
formait une super équipe et vous allez me manquer.
Je tiens également à remercier Claire Billet, qui m’a donné l’opportunité de connaître la
recherche en IA et en énergie. Cette thèse en fut la suite logique. Merci à Rachid Ouaret
pour les échanges mutuellement enrichissants, les pistes évoquées. Merci également à Robin
Roche et à Stéphane Grieu qui m’ont fait l’honneur d’être rapporteurs de ma thèse. Merci
aux membres du jury, Hossam Afifi, Catherine Azzaro-Pantel et Vincent Debusschere pour
cette série de questions plus intéressantes les unes que les autres.
Si cette thèse me rend si fier aujourd’hui, c’est parce que sa construction a été une bataille
au long terme, que l’on a fini par remporter. De l’appropriation du sujet à la correction
de la conclusion générale, rien n’a été lisse. Mon encadrement a eu l’oeil, ils ont su déceler
que je travaille mieux dans un environnement de confiance, et ont tout mis en œuvre pour
que cela se déroule harmonieusement. Cependant, l’aventure de la thèse constitue une part
importante de ma vie, qui dépasse le simple temps de travail. Cette confiance, je la dois aussi
à mes proches, à ma famille, à mes amis. Ce bien être quotidien, ces zones de lumières dans
laquelle je peux être moi-même et avancer avec assurance, vous avez su me les apporter aux
moments où j’en avais le plus besoin.
iii
Sommaire
Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iii
Sommaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . v
Introduction générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
v
Sommaire
A Annexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
A.1 Apprentissage par renforcement inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
A.2 Schémas des flux de puissance hebdomadaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
vi
Introduction générale
1
Introduction générale
différentes unités qui constituent le micro-réseau affine la précision des consignes de contrôle
de l’EMS en intégrant les dynamiques et les interactions entre les différentes composantes.
De plus, un modèle basé sur des données est essentiel afin qu’il puisse mieux prendre en
considération les variables aléatoires.
L’objectif de cette thèse est de développer une méthodologie de dimensionnement et de
contrôle d’un micro-réseau comportant une source d’énergie photovoltaïque, une batterie
électrochimique et un stockage hydrogène adaptés aux demandes et productions électriques.
La modélisation du micro-réseau inclut des modèles dynamiques des unités et des données
pour simuler les phénomènes aléatoires. La stratégie de contrôle est construite à partir de
l’apprentissage par renforcement profond, qui permet de prendre des décisions séquentielles
dans un environnement soumis à de fortes incertitudes. Le dimensionnement est effectué
grâce à une méthode d’optimisation bi-niveau avec une méta-heuristique employée pour
l’exploration de l’espace de solution en boucle externe et la stratégie de contrôle du micro-
réseau développée en boucle interne. Une attention particulière est attribuée à la réduction
du temps de calcul pour l’apprentissage des politiques de contrôle. Cet apprentissage peut
s’avérer long et est répété dans le processus de dimensionnement bi-niveau.
2
avec notamment l’intégration de l’apprentissage profond pour gérer des problèmes plus
complexes. Une revue des différents algorithmes est proposée, mettant en lumière leurs
caractéristiques distinctives afin de pouvoir sélectionner l’algorithme pertinent pour le
travail proposé.
5 Le Chapitre 5 expose les travaux réalisés sur le contrôle du micro-réseau. Les différentes
études de sensibilité sur l’apprentissage des modèles, leur adaptation à l’introduction
de la dégradation des systèmes de stockage et l’analyse des stratégies développées
par l’EMS sont présentées. Les paramètres de l’apprentissage par renforcement sont
réajustés afin de développer une politique généralisable à des horizons temporels de
simulation plus longs que ceux sur laquelle elle a été construite. Une analyse technico-
économique est menée sur les différentes stratégies développées.
Enfin, les conclusions tirées de ce travail de thèse sont présentées, suivies des perspectives
et des recommandations pour des recherches futures.
3
I
Contexte et cadre scientifique
5
1
Les micro-réseaux électriques
7
Les micro-réseaux électriques
8
Définition et intérêts des micro-réseaux électriques
en courant alternatif (AC), afin d’assurer une compatibilité avec les exigences des charges
locales et le réseau de distribution. Cette configuration permet une gestion adaptative des
unités en réponse à divers aléas, tels que la production intermittente, l’état du réseau de
distribution et les variations de la demande (A. Hirsch et al., 2018). En revanche, elle re-
quiert de nombreux convertisseurs électroniques de puissance. De plus, lors du passage du
mode îloté au mode connecté, appelé resynchronisation, l’alignement de la tension, de la
fréquence et de la phase au Point de Couplage Commun (PCC) est un processus technique et
complexe (Kandari et al., 2022). Il existe des micro-réseaux fonctionnant en courant continu
(DC). Ils sont plus efficaces énergétiquement, car le besoin de convertisseurs électroniques
est moindre (ils sont compatibles avec de nombreuses sources de production électrique).
Les micro-réseaux DC sont moins courants, principalement parce que les infrastructures
historiques ont été construites en utilisant du courant alternatif. L’AC a été favorisé pour le
réseau de distribution, car il minimise les pertes sur de grandes distances. Toutefois, avec
l’augmentation de l’utilisation des panneaux PV, des batteries et des bornes de recharge pour
véhicules électriques (EV), qui sont plus aisément intégrés dans les micro-réseaux DC, ces
derniers deviennent une option de plus en plus pertinente dans les nouvelles structures. Les
applications spéciales de micro-réseau comme celles pour les navires, les véhicules électriques
et les systèmes de communication fonctionnent souvent en DC (Justo et al., 2013).
Densité de
Catégorie Type Densité Rendement Durée de vie Coût
Puissance
Énergétique
Batterie Lithium-ion Élevée Moyenne Élevé Moyenne Élevé
Flux Redox Faible Moyenne Moyen Élevée Moyen
Nickel Moyenne Moyenne Moyen Moyenne Moyen
Plomb-acide Faible Moyenne Moyen Faible Faible
Stockage Chimique Hydrogène Élevée Moyenne Faible Moyenne Élevé
Électrochimique Super- Faible Élevée Élevé Élevée Élevé
condensateurs
Volant d’iner-
Mécanique Faible Élevée Élevé Moyenne Élevé
tie
9
Les micro-réseaux électriques
10
Contrôle des micro-réseaux
11
Les micro-réseaux électriques
Les trois niveaux de contrôle dans un micro-réseau ont des fonctions distinctes et sont
interconnectés (F. Gao et al., 2019). Le niveau tertiaire et le niveau secondaire sont gérés par
l’EMS, qui prend des décisions basées sur la connaissance des états des différentes unités du
micro-réseau. Ces niveaux se concentrent sur l’optimisation à long terme et la coordination des
ressources, respectivement. Le niveau de contrôle primaire, en revanche, est propre à chaque
unité et fonctionne sans communication avec les autres, en se concentrant sur la régulation
instantanée et l’équilibre local. C’est un mode de contrôle décentralisé. Le niveau de contrôle
secondaire peut être centralisé ou décentralisé (Bharath et al., 2019, Ouramdane et al., 2021).
Le contrôle est considéré comme centralisé lorsque l’EMS détermine conjointement les opéra-
tions de toutes les unités, à partir d’informations transmises par celles-ci et sur des données
exogènes telles que l’ensoleillement et le prix de l’électricité. Bien que la solution avancée
par l’EMS puisse satisfaire l’ensemble des contraintes (qui lui sont accessibles), la collecte de
données augmente les risques d’erreur, d’autant plus que de multiples variables sont intégrées
dans les équations. Le contrôle est décentralisé s’il inclut une solution de contrôle calculée
localement depuis chaque unité. Les unités reçoivent des informations via leurs capteurs et
des consignes de l’EMS. Les décisions de contrôle sont prises selon les contraintes de chaque
unité. L’EMS tranche sur les décisions finales retenues en considérant les contraintes glo-
bales du micro-réseau. Cela requiert la présence d’outils rapides de communication et de calcul.
Cette structure hiérarchique avec trois niveaux de contrôle permet une gestion flexible et
efficace du micro-réseau. Bien que les trois niveaux de contrôle soient largement étudiés
et présentent des défis et opportunités variés (Vandoorn et al., 2013, F. Gao et al., 2019,
Rodriguez-Martinez et al., 2023), l’effort visant à intégrer les énergies renouvelables afin de
rendre le système plus résilient, économiquement viable et respectueux de l’environnement,
est intrinsèquement lié à la planification à long terme. Cela se situe principalement au niveau
de contrôle tertiaire. Par conséquent, les travaux menés et présentés se focaliseront sur ce
niveau spécifique. Il est défini ici comme la prise de décision sur les flux d’énergie dans un
micro-réseau en fonctionnement stationnaire (Rios et al., 2022), qu’il soit complètement isolé
ou connecté au réseau central de distribution, avec une résolution temporelle minimale de 15
minutes.
Le contrôle tertiaire ou de haut-niveau des micro-réseaux peut être classé en trois catégories
(Battula et al., 2021, Sarwar et al., 2022, Allwyn et al., 2023) :
12
Contrôle des micro-réseaux
de production renouvelables à certaines heures peut satisfaire des demandes à des heures
ou la production est moins abondante. La gestion d’un générateur contrôlable augmente
l’autonomie du micro-réseau en répondant aux demandes électriques avec une ressource
supplémentaire. L’intérêt est plus marqué lorsque les ressources se font rares (en hiver pour
un micro-réseau à production PV par exemple). Cependant, les unités de production d’énergie
contrôlables sont souvent des unités qui émettent des gaz polluants. Leur utilisation est liée à
un coût environnemental et à un coût d’approvisionnement en combustible. La consommation
du micro-réseau peut être déplacée ou effacée. Lors du fonctionnement du micro-réseau en
mode îloté, la capacité à subvenir de manière autonome aux demandes énergétiques devient
primordiale. Dans ce cas, le pilotage efficace des systèmes de stockage et des unités de
production contrôlables est essentiel.
La gestion de la demande permet de gérer les déséquilibres du réseau en pilotant directe-
ment la demande énergétique (Kanakadhurga et al., 2022, Dahiru et al., 2023). La diminution
de la demande peut stabiliser le réseau, mais dégrade la satisfaction des consommateurs. Un
compromis entre la satisfaction des utilisateurs et la stabilité du réseau est recherché. Le
délestage, le déplacement de charge et l’effacement énergétique sont des techniques de gestion
orientées sur la demande. Le chauffage et la purification de l’air sont des consommations
flexibles, dont l’alimentation peut être programmée. Les horaires d’utilisation des lave-linges
et des lave-vaisselles sont déplaçables : ils peuvent être décalés pendant les heures creuses.
Certains contrôleurs utilisent un prix virtuel de l’électricité au sein du micro-réseau afin
d’influencer les comportements des unités de production et des consommateurs. Il dépend
généralement de la différence entre la génération et la demande d’énergie ainsi que du prix
d’achat de l’électricité extérieure au réseau (dans le cas où le micro-réseau n’est pas îloté)
qui varie avec le temps.
Le partage d’énergie entre plusieurs micro-réseaux améliore l’autonomie de plusieurs
micro-réseaux proches géographiquement (Rashidi et al., 2021). Puisque plusieurs micro-
réseaux peuvent être connectés les uns aux autres, un micro-réseau, avec des problèmes de
stabilité énergétique à un instant, peut être approvisionné par d’autres. Les micro-réseaux
qui surproduisent peuvent également échanger l’énergie excédentaire à un micro-réseau
proche. Des politiques de partage efficaces sont établies, notamment grâce au développement
d’algorithmes qui optimisent un objectif commun préalablement convenu. Pour cela, les
évolutions du prix de l’électricité, de la production, de la consommation et de la capacité de
stockage de chacun doivent être anticipées. Un système de tarification est souvent utilisé pour
donner la priorité à la transmission d’énergie entre les micro-réseaux plutôt qu’à l’échange
avec un réseau extérieur. Le prix de l’électricité fixé entre les micro-réseaux, qu’il soit virtuel
ou non, doit être plus intéressant que l’offre d’un réseau externe.
13
Les micro-réseaux électriques
Des contraintes propres au système et à ses unités sont à considérer dans la modélisation
dynamique du micro-réseau. Dans la littérature, les micro-réseaux sont contrôlés de différentes
manières.
Les algorithmes basés sur des règles sont des algorithmes déterministes et ont l’avantage
d’être simples à implémenter. Ces algorithmes opèrent en suivant des règles logiques pré-
établies, où des conditions spécifiques sous la forme de « si [...], alors [...] » régissent les
décisions. Bien que pertinents pour des scénarii où la clarté et la rapidité d’exécution sont
prioritaires, ils peuvent manquer de flexibilité et ne s’appuient que sur des données mesurées
directement (Kanwar et al., 2015).
L’optimisation hors ligne consiste à planifier les décisions à un horizon temporel fixé selon
la modélisation physique du système et des prévisions des données aléatoires. Un algorithme
d’optimisation est utilisé pour résoudre un problème de planification qui consiste à minimiser
un coût sous contrainte. Ces algorithmes sont déterministes et ne mènent pas à une prise
de décision optimale en temps réel mais permettent d’élaborer une stratégie décisionnelle
prévisionnelle. Toute incorporation de données actualisées impliquerait un nouveau calcul
dans son intégralité. Les résultats sont grandement affectés par la qualité des prédictions
(Battula et al., 2021). Il est parfois bénéfique de combiner des modèles de prédiction à la
modélisation analytique du système pour déterminer la valeur de certaines variables (Gamarra
et al., 2015). Pour illustrer cette démarche, Mohamed et al., 2013 a utilisé une modélisation
thermique d’une maison basée sur un circuit RC et l’a combinée à des modèles de données
pour estimer les températures extérieures. Cette approche intégrée, en tenant compte du gain
thermique, a permis de déduire les températures intérieures. Ces méthodologies mixtes sont
nommées boîtes grises, car elles contiennent les caractéristiques des boîtes noires (modèles de
données dont les mécanismes internes ne sont pas explicitement définis) et des boîtes blanches
(modèles analytiques où les équations sont posées).
La Commande prédictive ou Model Predictive Control (MPC) (García et al., 1989)
s’appuie aussi sur les caractéristiques physiques du modèle du micro-réseau pour minimiser
un objectif selon des contraintes. La différence avec l’optimisation hors ligne est que cette
méthodologie intègre les valeurs actualisées des variables à mesure du temps. Contrairement
à l’optimisation hors ligne, le MPC incorpore les mises à jour en temps réel des variables.
Cette approche utilise des algorithmes d’optimisation à plusieurs reprises en adoptant une
fenêtre temporelle glissante (Kamal et al., 2022, Erazo-Caicedo et al., 2022). Cela permet de
recalculer la planification en fonction des nouvelles conditions, adaptant ainsi la solution aux
évolutions et écarts des prédictions initiales.
Il existe une grande variété d’algorithmes d’optimisation pouvant être utilisés pour le contrôle
de micro-réseaux en optimisation hors ligne ou en MPC. Il n’est pas intéressant de les lister
ici de manière exhaustive, mais leurs spécificités permettent de les catégoriser et de les choisir
selon le type de problème à résoudre.
Certains algorithmes sont conçus pour optimiser des variables continues et d’autres des
variables discrètes (ou combinatoires). Un problème d’optimisation intégrant des variables
continues et discrètes est dit à variables mixtes. Si l’espace de valeur des variables est un
ensemble dénombrable, le problème est combinatoire.
Un algorithme d’optimisation peut être déterministe ou stochastique. Alors que ces termes
peuvent évoquer la certitude sur les données en jeu, comme évoqué précédemment pour
distinguer l’optimisation hors ligne du MPC, ils peuvent également qualifier la méthodologie
employée pour la résolution. Une méthode déterministe poursuit un cheminement précis pour
trouver la solution au problème d’optimisation, tandis qu’une méthode stochastique incorpore
des éléments aléatoires pour explorer l’espace des solutions. L’optimisation déterministe est
adaptée à la résolution de problèmes représentables par un modèle dans leur totalité et permet
de calculer un résultat optimal. En revanche, ces méthodologies ne sont pas adaptées aux
problèmes partiellement modélisés. L’optimisation stochastique ne permet pas de parvenir
à un résultat optimal avec certitude, mais elle est adaptée aux variables aléatoires et à la
14
Méthodes de dimensionnement
Indicateurs économiques
Parmi les objectifs économiques, l’indicateur le plus populaire est le coût nivelé de l’énergie, ou
Levelized cost of energy (LCE), exprimé en €/kWh. Son expression est donnée par l’équation
1.1.
CAPEX + OPEX
LCE = ∑︀T (1.1)
t D(t)
Avec CAPEX les dépenses de capital, OPEX les dépenses d’exploitation, D(t) la demande
à l’instant t et T le temps maximum de l’intervalle sur lequel l’indicateur est calculé. En
15
Les micro-réseaux électriques
général, le LCE est comparé au prix de l’électricité du réseau central auquel le micro-réseau
est connecté (François-Lavet, 2017), ou à une valeur cible à ne pas dépasser si le micro-réseau
est isolé. Il est calculable sur des échelles de temps variées allant de la durée de vie du
micro-réseau à la journée. La valeur net actualisée (VNA) est un autre indicateur économique
(Chebabhi et al., 2023) calculé par la soustraction des coûts (comprenant l’investissement)
aux flux de trésorerie actualisés du micro-réseau. Si elle est positive, alors le micro-réseau
est rentable. Le taux de rendement interne (TRI) est un indicateur lié à la VNA puisqu’il
s’agit du facteur d’actualisation nécessaire pour que la VNA soit nulle. Plus cette valeur est
grande et plus le projet est rentable.
Indicateurs techniques
Les objectifs techniques sont liés à la satisfaction des utilisateurs. La satisfaction de la
demande des utilisateurs est un objectif primordial pour un micro-réseau, particulièrement
lorsqu’il est isolé. Le facteur de perte équivalent ou Equivalent loss factor (ELF) est le ratio
entre la demande non-approvisionnée et la demande totale (Ardakani et al., 2010). Cette
relation est présentée dans l’équation 1.4.
T
1 ∑︁ DL (t)
ELF = (1.4)
T t=0 D(t)
Avec DL (t) la demande non-approvisionnée à l’instant t. Ce rapport est utile pour déterminer
l’autonomie d’un micro-réseau isolé. Il s’applique à un micro-réseau connecté en ajoutant
16
Conclusion
l’énergie soutirée au réseau central au numérateur et les charges des unités de stockage
au dénominateur. Du point de vue de l’utilisateur, il est nécessaire d’évaluer le nombre de
coupures plutôt que leur amplitude. La probabilité de perte de charge ou loss of power supply
probability (LPSP), dont l’expression est donnée par l’équation 1.5, permet de déterminer
une probabilité de panne (H. Yang et al., 2008).
T
∑︁ tc (t)
LPSP = (1.5)
t=0
T
Avec tc (t) le temps de coupure sur le pas de temps t. L’acceptabilité sociale du projet est à
considérer comme critère d’évaluation lorsque le projet peut susciter de la résistance. L’impact
visuel, acoustique et les effets sur la biodiversité sont à inclure dans la conception (Stigka
et al., 2014).
1.4 Conclusion
Le besoin de décentraliser la production des énergies renouvelables pour faciliter leur intégra-
tion tout en maintenant une stabilité acceptable des réseaux de distribution électriques a
contribué au développement des micro-réseaux électriques. Ces réseaux regroupent localement
la production, la demande et souvent le stockage de l’électricité, et augmentent l’autonomie
des consommateurs vis-à-vis du réseau central de distribution. Ils peuvent opérer en mode
connecté ou îloté.
17
Les micro-réseaux électriques
À cause des fluctuations dans la production d’énergie d’origine renouvelable, leur autonomie
repose sur la qualité du pilotage effectué par un EMS. Le contrôle des unités s’effectue à
différents horizons temporels, entre des temps inférieurs à la seconde pour la sécurité des
installations et jusqu’à plusieurs mois pour la planification à long terme des flux énergétiques.
Le contrôle peut être centralisé ou décentralisé et s’applique à tout type d’unité : production,
stockage et demande électrique. La politique d’échange d’électricité entre des micro-réseaux
est contrôlable dans le cas où ils sont proches. Le contrôle d’un micro-réseau s’effectue avec
un algorithme basé sur des règles, de l’optimisation hors ligne, de la commande prédictive
ou avec une approche basée sur un agent. L’apprentissage par renforcement est une mé-
thodologie stochastique avec un agent dont la stratégie est basée sur des données et une
simulation de l’environnement. Cela rend la politique de contrôle particulièrement adaptable
aux micro-réseaux à production d’électricité renouvelable avec une demande incertaine. Cette
méthodologie sera présentée au chapitre 2 et son utilisation pour le contrôle des micro-réseaux
au chapitre 3.
Le dimensionnement d’un micro-réseau est essentiel pour garantir sa viabilité et vérifier que
ses objectifs sont atteints. Les méthodologies de dimensionnement dépendent des outils de
simulation et des données à disposition.
18
L’apprentissage par renforcement
2
2.1 Des processus de décision de Markov à l’apprentissage par renforcement . . . 19
2.1.1 Processus de décision de Markov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.2 Principes de l’apprentissage par renforcement . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.1.3 Programmation dynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.4 Algorithmes usuels d’apprentissage par renforcement . . . . . . . . . . . . 27
2.2 Apprentissage par renforcement profond . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2.1 Deep Q-learning . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2.2 Méthodes fondées sur le gradient de politique . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.3 Apprentissage par renforcement hors ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.3.1 Apprentissage par imitation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.3.2 Apprentissage par renforcement par batch . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
L’apprentissage par renforcement ou Reinforcement Learning (RL) est une forme d’appren-
tissage automatique, il n’est ni supervisé ni non-supervisé. C’est l’interaction entre un agent
(apprenant) et son environnement qui produit les données d’apprentissage. Cette classe
d’algorithme est particulièrement adaptée à la résolution de problèmes de Markov avec
prises de décision séquentielles. Dans ce chapitre, les processus de décision de Markov et
la programmation dynamique seront abordés dans la Section 2.1, avant d’introduire les
méthodes usuelles d’apprentissage par renforcement. La Section 2.2 présentera les grandes
classes d’algorithmes d’apprentissage par renforcement profond. Puis la Section 2.3 détaillera
le fonctionnement de certains algorithmes hors ligne d’apprentissage par renforcement.
19
L’apprentissage par renforcement
définition de cette probabilité est donnée avec les Équations 2.1 et 2.2.
𝑎 ′
𝑃𝑠𝑠′ = P (s | s, a) (2.1)
= P (St+1 = s′ | St = s, At = a) (2.2)
𝑎 ′
𝑃𝑠𝑠 ′ est donc la probabilité pour l’environnement d’atteindre l’état 𝑠 à l’instant t + 1 en
sachant qu’il était dans l’état 𝑠 et que l’agent a choisi l’action 𝑎 à l’instant t. Les récompenses
étant dépendantes des états de l’environnement, on peut donc les définir comme dépendantes
de l’action prise par l’agent et de l’état dans lequel l’environnement était au moment de la
prise de décision.
La probabilité de choisir chaque action selon l’état de l’environnement est appelée politique
et notée 𝜋 : 𝒜 × 𝒮 → [0, 1]. Puisqu’il s’agit d’une probabilité, pour 𝑛 actions possibles depuis
l’état s, on a :
𝑛
∑︁
𝜋(At = a𝑖 | St = s) = 1 (2.4)
𝑖
Une politique étant une probabilité de choisir chaque action selon un état, la probabilité de
prendre chaque action depuis l’état 𝑠 est notée 𝜋(s), la probabilité de choisir une action 𝑎
depuis l’état 𝑠 est notée 𝜋(a | s). La prise de décision dans un MDP est représentée sous la
forme d’arbre décisionnel présenté sur la Figure 2.2. Les MDP peuvent être finis ou infinis.
20
Des processus de décision de Markov à l’apprentissage par renforcement
Figure 2.2 – Représentation d’une décision dans le MDP sous forme d’arbre
Si un MDP est fini, alors il existe au moins un état dans lequel l’interaction agent-
environnement s’arrête. Cet état est appelé état terminal et l’instant auquel il est atteint est
noté 𝑡 = 𝑇 . Si un MDP est fini, les interactions agent-environnement entre l’état initial et
l’état terminal forment un épisode. L’enchaînement d’états et d’actions échantillonnés lors
d’un épisode forment une trajectoire 𝜏 de l’état initial à l’état final. La politique utilisée
pour générer une trajectoire 𝜋(𝜏 ) et les récompenses perçues sur la trajectoire s’expriment
respectivement selon les Équations 2.5 et 2.6.
𝑇
∏︁
𝜋(𝜏 ) = 𝜋(A𝑡 | S𝑡 ) (2.5)
𝑡=0
𝑇
∑︁
𝑅𝜏 = 𝑅𝑡 (2.6)
𝑡=0
La politique d’une trajectoire est la probabilité de choisir chaque action état par état. C’est
donc le produit des politiques de chaque état. Le but de l’apprentissage par renforcement est
de trouver une politique 𝜋 capable de maximiser les récompenses perçues par l’agent que le
MDP soit fini ou non. Dans les sections suivantes on ne s’intéresse qu’aux MDP finis, car
les problèmes liés à cette thèse sont résolus avec un horizon de temps fixé. L’objectif 𝐽 à
maximiser est donc une espérance s’écrivant selon les Équations (2.7, 2.8, 2.9).
[︃ 𝑇 ]︃
∑︁
𝐽(𝜋) = E R𝑡 | 𝜋(S𝑡 , A𝑡 ) (2.7)
𝑡=0
∑︁
= P (𝜏 | 𝜋) R𝜏 (2.8)
𝜏
∑︁
= 𝜋(𝜏 )𝑟(𝜏 ) (2.9)
𝜏
L’Équation 2.7 montre que c’est l’espérance des récompenses obtenues sur un épisode qui
doit être maximisée. Or elle dépend de la politique à chaque état observé. L’Équation 2.8
apparait lorsque cette espérance s’exprime comme la somme des produits entre la valeur
de la variable aléatoire R𝜏 et sa probabilité. Enfin, l’utilisation de l’Équation 2.3 permet
l’obtention de l’Équation 2.9, car la somme des récompenses espérées sur les trajectoires
échantillonnées dépend aussi de la politique 𝜋 sur une trajectoire.
21
L’apprentissage par renforcement
^ 𝜋 (St ) ← V
^ 𝜋 (St ) + 𝛼 Rt − V ^ 𝜋 (St )
[︁ ]︁
V (2.10)
Le coefficient 𝛼 ∈ [0, 1] est le taux d’apprentissage (ou learning rate), c’est un hyper-paramètre
qui nivelle la force de la mise à jour. À chaque nouvelle récompense reçue par l’agent pour
un état s, la valeur de l’état est recalculée. Ainsi, plus un état sera observé, plus l’estimation
de sa valeur sera précise. La récompense R𝑡 dépend de la politique 𝜋(S𝑡 ) de l’agent. Le calcul
de l’estimation de la valeur V ^ 𝜋 (s) peut s’écrire comme sur l’Assignation 2.11.
Dans la mesure où le choix de l’agent est fondé sur la maximisation d’un enchaînement de
plusieurs valeurs d’état, la valeur d’un état doit prendre en compte les états suivants. Si la
mise à jour de l’estimation V ^ 𝜋 se fait uniquement selon l’équation 2.10, l’agent ne considère
pas les états futurs, mais uniquement la récompense immédiate. Un facteur d’actualisation
(ou discount factor) 𝛾 ∈ [0, 1] est un hyper-paramètre utilisé pour prendre en compte les
récompenses futures. Pour 𝛾 = 1, toutes les récompenses futures ont le même impact que
la récompense immédiate. Si 𝛾 = 0, seule la récompense immédiate est considérée dans le
calcul de V^ 𝜋 (s). L’ajustement de la valeur d’un état en fonction des suivants s’effectue de
manière récursive et empirique. Lorsqu’un agent observe un état St , il utilise l’estimation de
la valeur de l’état suivant St+1 pour mettre à jour V ^ (St ). Si on sait que l’agent arrivera à un
′
état s depuis l’état s en appliquant sa politique 𝜋 (s), alors la mise à jour de V ^ 𝜋 (s) s’écrit
selon l’Assignation 2.12.
L’équation de mise à jour de l’estimation de la valeur d’un état est toujours de la forme
V ← V + 𝛼 (B − V). Le terme multiplié par 𝛼 est la fonction de coût (ou loss function). Il
correspond à l’erreur de l’estimation et doit être minimisé. Le terme B est la valeur cible
(ou target). C’est la valeur vers laquelle l’algorithme cherche à faire converger l’estimation à
22
Des processus de décision de Markov à l’apprentissage par renforcement
chaque pas de temps. On définit donc la valeur d’un état, cible de l’estimation de l’agent à
travers l’Équation 2.13.
V𝜋 (St ) = 𝑟(𝑠, 𝜋(𝑠)) + 𝛾V𝜋 (𝑠′ ) (2.13)
En réalité, l’application de la politique 𝜋(s) depuis l’état s ne mène pas forcément à l’état s′
si l’environnement est stochastique. L’état de l’environnement suivant la prise de décision
𝜋(𝑠)
n’est pas connu à l’avance. V𝜋 dépend de la probabilité de transition 𝑃𝑠𝑠′ . En explicitant
cette dépendance, l’équation 2.13 devient 2.14.
∑︁ 𝜋(𝑠)
V𝜋 (𝑠) = 𝑟(𝑠, 𝜋(𝑠)) + 𝛾 𝑃𝑠𝑠′ V𝜋 (𝑠′ ) (2.14)
𝑠′
∑︁
= 𝑟(𝑠, 𝜋(𝑠)) + 𝛾 P (𝑠′ | 𝑠, 𝜋 (𝑠)) V𝜋 (𝑠′ ) (2.15)
𝑠′
Enfin, la dépendance des valeurs d’état à la politique 𝜋 s’explicite dans l’Équation 2.16.
[︃ ]︃
∑︁ ∑︁ 𝜋(𝑠)
𝜋 𝜋 ′
V (𝑠) = 𝜋 (𝑎 | 𝑠) 𝑟(𝑠, 𝜋(𝑠)) + 𝛾 𝑃𝑠𝑠′ V (𝑠 ) (2.16)
𝑎 𝑠′
∑︀𝑇
avec 𝐺𝑡 = k=𝑡 𝛾 k-t Rk appelé retour amorti à partir de l’instant 𝑡.
Chercher à maximiser Gt revient à maximiser les récompenses ultérieures à chaque prise de
décision. La trajectoire maximisant le retour amorti sera identique à la trajectoire maximisant
les récompenses.
La relation entre valeur d’état et Q-valeur (Équation 2.23) est obtenue à partir des Équations
2.22 et 2.16. ∑︁
𝑉 𝜋 (𝑠) = 𝑄𝜋 (s, a)𝜋 (a | s) (2.23)
𝑎
23
L’apprentissage par renforcement
Des valeurs peuvent être associées à des états ou à des couples action-état de manière à
maximiser le retour amorti et donc le cumul des récompenses. Lorsque les valeurs de couples
action-états sont bien approximées, la politique générant les trajectoires qui maximisent les
récompenses est identifiable. Elle s’obtient en choisissant l’action pour laquelle la valeur Q
est la plus élevée à chaque état.
Politique optimale
Afin de définir une politique optimale, il est nécessaire de comparer les différentes politiques.
Une politique 𝜋 est supérieure à une politique 𝜋 ′ si toutes les valeurs d’état V𝜋 (s) sont
′
supérieures à V𝜋 (s), quel que soit s (Voir Équivalence 2.25).
′
𝜋 ≥ 𝜋 ′ ⇐⇒ ∀s ∈ 𝒮, V𝜋 (s) ≥ V𝜋 (s) (2.25)
*
Une politique 𝜋 * est donc optimale si la fonction valeur d’état associée V𝜋 est toujours
supérieure aux autres, quels que soient les états parcourus (voir Équation 2.26).
*
∀s ∈ 𝒮, V𝜋 (s) = maxV𝜋 (s) (2.26)
𝜋
Les fonctions valeurs d’état ont une équation d’optimalité pour chaque choix d’action (Voir
Équation 2.27). Maximiser une politique revient à choisir l’action qui maximise le retour
espéré depuis chaque état.
(︃ )︃
𝜋* ′
∑︁
𝜋 𝑎
max (V (s)) = max 𝑟(s, a) + 𝛾 𝑃𝑠𝑠′ V (s ) (2.27)
𝜋 a
s′
Ceci est valable pour la fonction associée aux Q-valeurs (voir Équation 2.28).
(︃ )︃
𝜋* ′ ′
∑︁
𝜋 𝑎
max (Q (𝑠, 𝑎)) = 𝑟(𝑠, 𝑎) + 𝛾max
′
𝑃𝑠𝑠′ Q (𝑠 , 𝑎 ) (2.28)
𝜋 𝑎
𝑠′
La politique optimale pour un état 𝑠 et une action 𝑎 dépend donc du choix de l’action
ultérieure 𝑎′ pour la fonction associée aux Q-valeurs. Il en est de même pour la fonction des
valeurs d’état puisqu’elle dépend de l’action maximisant le retour amorti de l’état suivant 𝑠′ .
Une fois la cartographie des fonctions associées aux valeurs effective, l’action optimale 𝑎*
peut être déterminée à chaque instant selon l’Équation 2.29
(︁ * )︁
𝑎* = arg max Q𝜋 (𝑠, 𝑎) (2.29)
𝑎
En revanche, obtenir une politique optimale peut s’avérer très coûteux en temps de calcul
selon la taille du MDP, à cause de l’exploration que nécessite la cartographie des fonctions V
et Q.
vironnement est parfaitement défini. Dans ce cas, on parle d’apprentissage par renforcement
24
Des processus de décision de Markov à l’apprentissage par renforcement
avec modèle. Si ce n’est pas le cas, l’apprentissage par renforcement est sans modèle. La Pro-
grammation Dynamique ou Dynamic Programming (DP) est une méthode de résolution avec
modèle. Elle est peu utilisable en pratique, car les environnements parfaitement connus sont
rares. La DP est néanmoins présentée dans le but d’appréhender les méthodes de résolution
de problèmes sans modèle. La DP est une succession de deux processus : l’évaluation de la
politique et l’amélioration de la politique. Selon la manière dont ils se succèdent, on parle
d’itération sur la politique ou d’itération sur la valeur.
Évaluation de la politique
Il a été notifié dans la sous-section 2.1.2 que les valeurs d’états et Q-valeurs sont calculées
itérativement. En appelant V𝑘 (s) la valeur de V𝜋 (s) à la k-ième itération, l’Équation 2.16
peut être utilisée pour affecter itérativement des valeurs à V𝑘 (s) :
[︃ ]︃
∑︁ ∑︁ 𝜋(s)
′
∀s ∈ 𝒮, V𝑘+1 (s) ← 𝜋 (a | s) 𝑟(s, 𝜋(s)) + 𝛾 𝑃ss′ V𝑘 (s ) (2.30)
a s′
Ainsi, en répétant l’Assignation 2.30, la politique d’un agent peut être évaluée.
Amélioration de la politique
Afin d’obtenir une politique optimale, il faut améliorer la politique au sens de l’Équation 2.25.
L’amélioration d’une politique implique la modification de la probabilité de choisir certaines
actions afin d’augmenter le retour amorti. Par exemple, si pour un état s ∈ 𝒮 il existe une
action a ∈ 𝒜 telle que Q𝜋 (s, a) > V𝜋 (s) alors une politique 𝜋 ′ qui accroit la probabilité de
choisir l’action a depuis l’état s est meilleure que 𝜋.
′
Q𝜋 (s, a) = Q𝜋 (s, 𝜋 ′ (s)) ≥ V𝜋 (s) ⇒ V𝜋 (s) ≥ V𝜋 (s) (2.31)
Dans l’Implication 2.31, 𝜋 ′ est supérieure à 𝜋 seulement si elle lui est identique excepté pour
l’état s. Si 𝜋 ′ (s) = arg max (𝑄𝜋 (s, a)), alors 𝜋 ′ (s) ≥ 𝜋(s) et 𝜋 ′ est dite gloutonne selon a
a
depuis l’état s. Dans le cas inverse, la politique est douce. En général, une politique est
gloutonne si elle choisit uniquement l’action qui maximise la fonction valeur depuis chaque
état.
L’Algorithme 2 montre l’étape d’amélioration d’une politique. La seule modification de la
politique 𝜋(𝑠) d’un état 𝑠 change la politique globale de l’agent. Ainsi, elle doit donc être
réévaluée pour connaître la valeur de chacun de ses états.
25
L’apprentissage par renforcement
sur la politique. Chaque itération induit une évaluation entière de la politique. Cela peut
demander beaucoup de ressources de calcul. Il est possible de tronquer l’évaluation de la
politique de plusieurs manières. La plus répandue est l’itération sur la valeur (Elena et al.,
1996).
La seule différence avec le calcul d’une valeur d’état pour l’évaluation de politique réside dans
la présence de l’opérateur max dans l’Affectation 2.32 qui permet d’améliorer la politique en
a
la rendant gloutonne et donc déterministe. L’Algorithme 4 représente l’itération sur la valeur.
26
Des processus de décision de Markov à l’apprentissage par renforcement
Ainsi, il existe différentes manières de calculer une politique optimale en DP. Le problème
principal de ces méthodes réside dans le postulat que les probabilités de transition et le
système de récompense soient parfaitement connus.
Monte-Carlo
L’algorithme de Monte-Carlo (Sutton et al., 1995) simule un épisode entier avec une politique,
puis utilise la moyenne des retours amortis obtenus pour mettre à jour les valeurs d’état.
Comme dans la sous-section 2.1.3, l’algorithme évalue la politique et l’améliore. L’évaluation de
la politique consiste à générer des épisodes d’interactions avec une politique fixée, enregistrer
la valeur des retours amortis et calculer la valeur de chaque état grâce à la moyenne des
retours amortis observés.
27
L’apprentissage par renforcement
Dans l’Algorithme 6, un réel 𝜀 est utilisé pour déterminer une probabilité non-nulle de choisir
chaque action. Si 𝜀 décroit au fur et à mesure des itérations, alors l’algorithme convergera
vers une politique gloutonne. Ce compromis entre l’emploi d’une politique douce pour ob-
server plus d’états ou de couples action-état et d’une politique gloutonne pour maximiser
les retours amortis est appelé compromis exploration/exploitation. L’exploration consiste
à prendre des décisions pour observer des états dans le but d’affiner l’évaluation. Tandis
que l’exploitation consiste à prendre des décisions qui maximisent les retours amortis pour
améliorer la politique. Avec l’Algorithme 6, la politique évaluée par l’agent est la politique
qu’il déploie lors de l’échantillonnage d’épisodes. C’est un algorithme On-policy. Ces termes
sont employés, car l’agent met à jour la politique à mesure qu’il l’utilise.
Une autre méthode consiste à séparer la politique apprise 𝜋(s, a) de la politique déployée
𝑏(s, a) par l’agent lors de l’échantillonnage des épisodes. La politique utilisée pour échan-
tillonner un épisode est appelée politique comportementale. Un tel algorithme est Off-policy.
Un algorithme Off-policy peut apprendre une politique gloutonne tout en explorant pour
mettre à jour la valeur des états ou les Q-valeurs. La politique apprise n’est pas la politique
28
Des processus de décision de Markov à l’apprentissage par renforcement
déployée, car l’agent explore alors qu’il apprend une politique gloutonne. L’avantage d’une
telle méthode est la souplesse de l’exploration, l’agent ne tend pas forcément vers une politique
gloutonne dans son comportement et peut échantillonner des trajectoires variées.
L’Algorithme 7 est un exemple de Monte-Carlo utilisé en Off-policy pour une politique
comportementale quelconque. L’algorithme de Monte-Carlo a l’avantage d’être utilisable sans
modèle de l’environnement. C’est souhaitable pour la majorité des problèmes de contrôle,
car les modèles sont rarement explicites. En revanche, les calculs des valeurs d’états sont
indépendants. Pour que la méthode soit efficace, toutes les paires action-état doivent donc
être explorées.
L’Algorithme 8 montre la manière dont SARSA met à jour itérativement les Q-valeurs en
fonction des Q-valeurs des couples action-état suivants.
Contrairement à SARSA, l’algorithme de Q-learning (Algorithme 9) met à jour les Q-valeurs
𝑄(S𝑡 , A𝑡 ) indépendamment de la politique utilisée à l’instant 𝑡 + 1, mais en fonction de la
Q-valeur de l’action maximisant le retour amorti depuis l’état 𝑆𝑡+1 .
29
L’apprentissage par renforcement
30
Apprentissage par renforcement profond
Mémoire de
Environnement
relecture
Réseau de
Fonction de coût prédiction
Prédiction
Mise à jour
Réseau cible
Prédiction Réseau de prédiction
Échantillonnage d'interactions
Mise à jour des Q-réseaux Recopier les paramètres
chaque N itérations
Comme vu à la Section 2.1, la mise à jour se fait selon une cible dont la prédiction de la
Q-valeur doit se rapprocher. Ici, la cible dépend d’une prédiction faite par le Q-réseau avec
le paramètre 𝜃 mis à jour. La valeur de la cible évolue donc au cours de l’apprentissage, la
convergence n’est pas garantie. Une solution est de maintenir la valeur de 𝜃 pendant 𝑁𝑐𝑖𝑏𝑙𝑒
itérations. Il y a alors deux réseaux : un réseau de prédiction paramétré par 𝜃 est mis à
jour à chaque itération d’entraînement, tandis qu’un réseau cible paramétré par 𝜃− , utilisé
uniquement pour prédire la cible, est mis à jour toutes les 𝑁𝑐𝑖𝑏𝑙𝑒 itérations. L’Assignation
2.33 devient l’Assignation 2.34.
(︁ )︁
Q𝜃 (S𝑡 , A𝑡 ) ← Q𝜃 (S𝑡 , A𝑡 ) + 𝛼 R𝑡 + 𝛾max (Q𝜃− (S𝑡+1 , 𝑎)) − Q𝜃 (S𝑡 , A𝑡 ) (2.34)
𝑎
Le Q-réseau peut aussi être vu comme un classificateur, car l’action associée à la plus grande
Q-valeur prédite sera sélectionnée avec une probabilité plus grande dans le cas d’une politique
comportementale 𝜀-gloutonne. Sur la Figure 2.3, à droite, la manière d’échantillonner des
tuples est représentée. Le Q-réseau est utilisé pour calculer les Q-valeurs et l’action est
échantillonnée selon 𝜀. La mise à jour des Q-réseaux est représentée à gauche de la figure. Les
tuples échantillonnés sont stockés dans une mémoire de relecture, décrite dans le paragraphe
suivant. Cette mémoire permet de mettre à jour le Q-réseau paramétré par 𝜃 selon l’Équation
2.35. Un réseau de neurones supplémentaire est utilisé pour calculer la cible de cette équation.
C’est le Q-réseau mis à jour qui est utilisé pour échantillonner des interactions à droite de la
figure.
La Q-valeur calculée influence les actions de l’agent et donc les prochains états en entrée du
Q-réseau. Ces états consécutifs sont fortement corrélés, ce qui peut entraîner un apprentissage
inefficace ou instable. En conséquence, une mémoire de relecture, visible sur la Figure 2.3,
est utilisée. Cette mémoire stocke les tuples (S𝑡 , A𝑡 , R𝑡 , S𝑡+1 ) échantillonnés par l’interaction
de l’agent avec son environnement. Le Q-réseau peut prélever de manière aléatoire des tuples
déjà échantillonnés par l’agent en tant qu’entrées pour son apprentissage. Il évite ainsi de
se mettre à jour uniquement sur les choix et observations récents de l’agent. Ainsi, une
méthodologie similaire au Q-learning peut s’appliquer sur des environnements aux états
indénombrables grâce à l’utilisation d’un Q-réseau. En revanche, le DQN ne s’applique pas
31
L’apprentissage par renforcement
aux espaces d’action continus puisque chaque sortie du Q-réseau est une valeur associée à
chaque action. Le Deep Q-learning a évolué vers des algorithmes plus avancés comme le
Prioritized Experience Replay (Schaul et al., 2016), le Double DQN (van Hasselt et al., 2015),
ou le dueling Deep Q-learning (Z. Wang et al., 2015) qui sont des versions plus stables ou
efficaces (en fonctionnant avec moins d’échantillons d’observation).
L’estimation du gradient ∇𝜃 𝐽(𝜃), appelé gradient de politique, est nécessaire. D’après les
Équations 2.38 et 2.5 ce gradient s’écrit selon l’Équation 2.40.
∫︁
∇𝜃 𝐽(𝜃) = ∇𝜃 𝜋𝜃 (𝜏 )𝑟(𝜏 )𝑑𝜏 (2.40)
𝜏
Puisque le gradient de politique s’exprime comme une espérance d’après l’Équation 2.43, il
est possible de l’estimer empiriquement. Le gradient de politique se calcule en utilisant des
données échantillonnées sur une trajectoire entière. Similairement à la méthode de Monte
Carlo, la mise à jour du réseau de neurones se fait donc une fois l’échantillonnage d’un
épisode terminé. Les récompenses échantillonnées 𝑅𝜏 ne dépendent pas directement de 𝜃 que
l’on cherche à mettre à jour, mais de la trajectoire 𝜏 générée selon 𝜋𝜃 . La différenciation
32
Apprentissage par renforcement profond
Une forme plus adaptée au calcul itératif du gradient de politique pour la mise à jour de 𝜃
s’écrit selon l’Équation 2.45, avec 𝑁 le nombre de trajectoires générées.
𝜏𝑁
[︃ 𝑇 ]︃
1 ∑︁ ∑︁
∇𝜃 𝐽(𝜃) = ∇𝜃 𝑙𝑜𝑔𝜋𝜃 (S𝑡 , A𝑡 ) 𝑅𝜏 (2.45)
𝑁 𝜏 =𝜏 𝑡=1
1
Comme avec les méthodes de RL plus classiques, un facteur d’actualisation 𝛾 peut pondérer
l’influence des récompenses lointaines dans le calcul du gradient de politique. Le retour amorti
𝐺𝑡 peut donc être utilisé à la place de la somme des récompenses le long d’une trajectoire
𝑅𝜏 . C’est le cas dans l’algorithme REINFORCE (Sutton et al., 1999) (Algorithme 10). Il
est prouvé (Schulman, 2016) que pour toute fonction 𝑏 dépendant uniquement de l’état,
l’Équation 2.46 est vérifiée.
𝑏 est appelé base de référence. Puisque l’Équation 2.46 est valide pour n’importe quel 𝑏(S𝑡 ),
dépendant de l’état, il est possible de soustraire n’importe quelle base de référence à la
récompense perçue dans l’Équation 2.45. Cette opération est présentée dans l’Équation 2.47.
Cela permet de réduire la variance due à l’échantillonnage sans changer l’espérance utilisée
pour calculer le gradient de politique.
𝑁
[︃(︃ 𝑇 )︃ (︃ 𝑇 )︃]︃
1 ∑︁ ∑︁ ∑︁
∇𝜃 𝐽(𝜃) = ∇𝜃 log 𝜋𝜃 (S𝑡 , A𝑡 ) 𝑅(S𝑡 , A𝑡 ) − 𝑏(S𝑡 ) (2.47)
𝑁 1 𝑡=1 𝑡=1
Si le gradient de politique est écrit avec l’Équation 2.47, la force et la direction de la mise à
jour se déterminent selon l’écart entre la base de référence et les récompenses obtenues. Il est
prouvé que la base de référence peut aussi être la fonction d’estimation de Q-valeur 𝑄𝜋𝜃 bien
qu’elle dépende des actions.
Ainsi, plusieurs algorithmes d’apprentissage par renforcement profond fondés sur le gradient
de politique se différencient par la fonction qui leur sert de base de référence. Quelques
exemples de fonction 𝑏 avec le nom de l’algorithme associé sont montrés dans les Équations
(2.48, 2.49, 2.50) (Konda et al., 1999 ; Mnih et al., 2016 ; Sutton et al., 1999) :
[︃ 𝑇 𝑇
]︃
∑︁ ∑︁
∇𝜃 𝐽(𝜋𝜃 ) = E (∇𝜃 log 𝜋𝜃 (𝑎𝑡 |𝑠𝑡 )) 𝐺𝑡′ REINFORCE (2.48)
𝜏 ∼𝜋𝜃
𝑡=0 𝑡′ =𝑡
[︃ 𝑇
]︃
∑︁
𝑤
= E (∇𝜃 log 𝜋𝜃 (𝑎𝑡 |𝑠𝑡 )𝑄 (𝑠𝑡 , 𝑎𝑡 )) Q Acteur-Critique (2.49)
𝜏 ∼𝜋𝜃
𝑡=0
[︃ 𝑇
]︃
∑︁
𝑤
= E (∇𝜃 log 𝜋𝜃 (𝑎𝑡 |𝑠𝑡 )𝐴 (𝑠𝑡 , 𝑎𝑡 )) Avantage Acteur-Critique (2.50)
𝜏 ∼𝜋𝜃
𝑡=0
33
L’apprentissage par renforcement
— Le Critique estime la fonction valeur (Q, V, A, etc). Ce réseau de neurones est celui
paramétré par 𝑤.
L’acteur et le critique sont complémentaires : Le critique calcule des fonctions de valeur
(d’état, de couple action-état ou d’avantage) et l’acteur redéfinit une politique en fonction
du critique. 𝑄𝑤 n’est pas mis à jour selon argmax𝑄(S𝑡+1 , 𝑎) comme en Q-learning. Son
𝑎
fonctionnement ressemble davantage à SARSA, car il dépend de la politique utilisée pour
échantillonner les interactions agent-environnement. 𝑄𝑤 s’ajuste selon la politique choisie et
donc selon l’acteur. L’acteur et le critique sont interdépendants. L’espace des actions 𝒜 étant
continu, le Q-réseau critique prend en entrée un vecteur d’état et détermine une distribution
de valeurs (selon la base de référence choisie) associée à l’espace d’actions de l’environnement.
De nombreux algorithmes (DDPG Lillicrap et al., 2019, PPO Schulman et al., 2017b, TRPO
Schulman et al., 2017a, A3C Mnih et al., 2016, SAC Haarnoja et al., 2018, TD3 Fujimoto
et al., 2018) fondés sur le gradient de politique ont été construits pour répondre à des
problématiques propres aux premiers algorithmes développés. Les espaces d’état et d’action,
les systèmes de récompense des environnements, et la longueur des épisodes peuvent être
très différents. Ces spécificités peuvent susciter des problèmes dans la convergence d’un
entraînement. Les agents peuvent sous-explorer et apprendre des politiques de contrôles
sous-optimales, perdre les acquis d’un entraînement à cause de gradients de mise à jour trop
élevés. Les algorithmes présentés ont été développés pour répondre à ces problématiques
spécifiques.
Algorithme 10 REINFORCE
Entrées : 𝜃, paramètres d’une politique 𝜋𝜃 , 𝛼 ∈ [0, 1]
Initialisation : 𝜃 arbitraire
Générer un épisode S0 , A0 , R0 ..., R𝑇 en suivant la politique 𝜋𝜃 :
Répéter ∑︀pour chaque pas de l’épisode 𝑡 = 0, 1, ..., 𝑇 − 1 :
𝑇
𝐺 ← 𝑘=𝑡 𝛾 𝑘−1 R𝑘
𝜃 ← 𝜃 + 𝛼𝐺∇𝜃 log (𝜋𝜃 (S𝑡 , A𝑡 ))
34
Apprentissage par renforcement hors ligne
échantillonnés par le démonstrateur. Dans la sous-section 2.3.2, l’agent observe également les
récompenses.
Clonage comportemental
La forme la plus simple de l’apprentissage par imitation est le clonage comportemental ou
behavioral cloning (BC) (Bratko et al., 1995). Pour l’agent, la politique 𝜋 * du démonstrateur
est considérée optimale. Les actions et états issus de la trajectoire 𝜏 * du démonstrateur sont
observés. Un modèle d’apprentissage supervisé (classification) est utilisé pour reproduire
𝜋 * à partir des trajectoires observées. La cible de l’apprentissage est l’action choisie par le
démonstrateur selon l’état. La fonction coût de cet apprentissage est l’écart entre l’action 𝑎*
prise par le démonstrateur et la politique 𝜋𝜃 (𝑠) de l’agent. Le clonage comportemental n’est
applicable qu’à des problèmes de complexité simple. En apprentissage supervisé, les données
(entrées et cible) doivent être distribuées aléatoirement. Le nombre de démonstrations étant
limité, de nombreux états ne sont jamais observés par l’agent. C’est le cas des états faisant
suite aux actions que le démonstrateur ne prend pas. Si l’agent doit prendre une décision dans
un état non observé, elle ne pourra pas correspondre à celle qu’aurait pris le démonstrateur.
Ainsi, une prise de décision de l’agent trop différente de celle du démonstrateur peut le mener
vers un sous-espace d’états non observés, ce qui peut s’avérer catastrophique.
35
L’apprentissage par renforcement
des états à partir des états de l’environnement. L’hypothèse d’une récompense linéaire selon
𝑥(𝑠) pour chaque état 𝑠 ∈ 𝒮 est faite. L’inférence du système de récompense se fait en
trouvant des coefficients de pondération pour chaque élément de ce vecteur.
Dans l’Équation 2.52, 𝑤 ∈ R𝑛 est le vecteur de poids associé aux caractéristiques des états
pour un jeu de démonstrations donné. Le problème principal de ces méthodes est que plu-
sieurs politiques sont optimales selon le système de récompense inféré, car la trajectoire du
démonstrateur n’est pas prise en compte. Plus de détails sur l’IRL sont donnés dans l’Annexe
A.1.
En itérant, l’influence de la Q-valeur des états suivants se propage dans l’estimation des
Q-valeurs.
36
Apprentissage par renforcement hors ligne
L’Équation 2.54 montre le choix de la politique de BCQ pour chaque état 𝑠. Le seuil de BCQ
est un compromis entre DQN et BC. S’il vaut 1, l’algorithme se comporte comme BC. S’il
vaut 0, c’est un algorithme de double DQN. Cet algorithme parvient à obtenir des scores plus
37
L’apprentissage par renforcement
élevés que les démonstrateurs qui ont généré sa mémoire de relecture sur des environnements
classiques (Fujimoto et al., 2019).
2.4 Conclusion
Tout comme la programmation dynamique, l’apprentissage par renforcement est un outil de
prises de décision séquentielles. Par rapport aux autres approches appliquées aux problèmes de
Markov (programmation dynamique, commande prédictive, optimisation), le RL se distingue
par plusieurs avantages. Contrairement à la programmation dynamique, cette méthodologie
est compatible avec un environnement stochastique, et ne requiert aucune connaissance sur
les probabilités de transition. Le RL s’applique au contrôle en temps réel sans nécessité de
disposer de modèles prédictifs des variables aléatoires, ce qui n’est pas le cas de la commande
prédictive. Enfin, les décisions sont prises en temps réel malgré les données aléatoires, une
réponse non-linéaire de l’environnement aux actions de l’agent et l’absence de prédiction.
Si le système de récompense d’un agent est difficile à expliciter, l’apprentissage par imitation
permet d’apprendre une politique de contrôle uniquement en observant des interactions avec
l’environnement. Cet apprentissage est effectué en inférant les objectifs d’un démonstrateur
uniquement en considérant sa politique optimale. Cette possibilité d’apprentissage hors
ligne de l’agent RL permet d’éviter des interactions potentiellement dangereuses entre
l’environnement et l’agent lors de son entraînement. En reprenant les principes du RL et
de l’apprentissage par imitation, le RL hors ligne permet d’apprendre en observant du
démonstrateur sans hypothèse d’optimalité sur les données observées. Ainsi, il est efficace
sur un jeu de données limité et non-optimal. Les micro-réseaux électriques constituent
un environnement liant à la fois modèles dynamiques représentables par des équations et
données aléatoires. Une politique de contrôle (prises de décisions séquentielles) dans un tel
environnement avec un horizon de temps fini peut s’établir avec un algorithme d’apprentissage
par renforcement. Le choix de l’algorithme utilisé se fait selon la taille de l’environnement
défini et selon le système de récompense de l’agent.
38
3
L’apprentissage par renforcement
appliqué au contrôle des
micro-réseaux
39
L’apprentissage par renforcement appliqué au contrôle des micro-réseaux
Le type de contrôle étudié dans cette thèse est le contrôle haut-niveau (niveau tertiaire).
Il est défini ici comme la prise de décisions sur les flux d’énergie dans un micro-réseau
en fonctionnement normal, qu’il soit complètement isolé ou connecté au réseau central de
distribution, avec une résolution temporelle minimale de 15 minutes. Par conséquent, les
décisions qui doivent être prises à haute fréquence sont exclues. Le contrôle haut-niveau des
micro-réseaux peut être séparé en trois catégories :
Le contrôle haut niveau en temps réel de micro-réseaux peut être réalisé par un algorithme
fondé sur un système de règles, comme des méthodes déterministes ou de logique floue, sur
des méthodes d’optimisation ou sur des méthodes d’apprentissage automatique. Néanmoins,
la stochasticité de l’environnement rend difficile un contrôle optimal basé sur des règles de
priorité lorsque la production d’énergie est d’origine renouvelable. La demande, le prix et la
génération renouvelable du micro-réseau sont des phénomènes aléatoires auxquels le contrôle
doit s’adapter. L’approche fondée sur un modèle physique complet du micro-réseau n’est
donc pas adaptée aux incertitudes causées par ces phénomènes. Avec l’utilisation croissante
de capteurs, les modèles d’apprentissage automatique sont des outils adaptés au contrôle
de micro-réseaux. L’utilisation des données permet de construire des modèles permettant
d’anticiper l’évolution des variables aléatoires. Le RL est un outil approprié pour le contrôle de
haut niveau des micro-réseaux, car il permet de prendre des décisions de manière séquentielle
et adaptative.
40
Planification des systèmes de stockage et engagement des unités
41
L’apprentissage par renforcement appliqué au contrôle des micro-réseaux
construite. Les différentes manières d’appréhender le contrôle des unités de stockage seront
donc présentées tout au long de cette section selon le contexte des problèmes de contrôle
exposés. Cette section s’articule en deux parties. L’engagement des unités pour le pilotage
d’un micro-réseau est traité dans un premier temps. Puis, des problématiques de contrôle
plus spécifiques sont examinées.
42
Planification des systèmes de stockage et engagement des unités
des valeurs négatives lorsque la dépendance au stockage virtuel (la puissance des unités de
génération contrôlable) augmente.
Conversion d’énergie. Les micro-réseaux multi-vectoriels (aussi appelés hubs énergétiques)
doivent assurer le contrôle de plusieurs flux tels que l’eau, le gaz, la chaleur et l’électricité.
Leur pilotage nécessite le contrôle d’unités de conversion d’énergie. Par exemple, Sun et al.,
2017 contrôle un hub énergétique transformant l’électricité, la chaleur urbaine et le gaz naturel
en une forme d’énergie désirée selon la consommation avec un algorithme de Q-learning. La
demande énergétique doit être approvisionnée sous la forme d’énergie appropriée, ce qui
nécessite une bonne gestion des flux énergétiques selon les unités de production, de conversion
et de stockage énergétiques disponibles sur le micro-réseau. Dreher et al., 2022 planifie la
puissance d’opération d’un électrolyseur pour approvisionner une turbine à gaz dans un
micro-réseau connecté à un réseau d’électricité et à un réseau de gaz naturel. L’algorithme
PPO est utilisé et ses performances sont comparées à un algorithme basé sur des règles et à
un algorithme de programmation dynamique.
Afin de contrôler l’état des systèmes de stockage électrique et thermique, et les flux d’énergie
entre les différentes unités de production, de stockage et de consommation, Y. Ye et al., 2020
se sert de deep RL. L’algorithme DDPG est utilisé afin de prendre de nombreuses décisions
à chaque pas de temps sans devoir discrétiser l’espace des actions. Cette planification est
effectuée dans le but de réduire les coûts d’achat d’électricité et de gaz à des réseaux centraux
et d’augmenter les revenus liés à la vente du surplus énergétique du micro-réseau. D. Qiu
et al., 2022 a développé un algorithme DDPG guidé par des prédictions d’un réseau de
neurones LTSM afin de contrôler des systèmes de stockage thermiques et électriques, d’un
chauffe-eau, d’une pompe à chaleur et d’une unité de production combinée de chaleur et
d’électricité fonctionnant au gaz naturel. Cet algorithme permet de réduire les violations
de contraintes par l’agent tout en s’adaptant aux multiples incertitudes de l’environnement.
L’utilisation de deep RL est devenue bien plus fréquente que celle des algorithmes de RL
classiques pour ce type de contrôle qui requiert un choix multiple d’actions à chaque instant
dans un environnement complexe.
Plus récemment, des techniques de contrôle multi-agents coordonnés sont développées dans
le but de résoudre ces problèmes. En particulier, l’entraînement centralisé avec exécution
décentralisée ou Centralised training with decentralised execution (CTDE) permet d’améliorer
l’entraînement sans partager d’information entre les agents. L’algorithme multi-agents DDPG
(MADDPG) est ainsi employé par G. Zhang et al., 2022 pour contrôler les flux d’électricité,
de gaz et d’eau dans un hub énergétique. L’algorithme SAC est utilisé par Zhu et al., 2022
pour obtenir une politique « douce » pour le contrôle en temps réel de flux de puissance
électrique, de gaz et de chaleur. Par rapport à l’algorithme classique, des modifications ont
été apportées. Celles-ci incluent l’ajout de multiplicateurs de Lagrange pour empêcher l’agent
de sortir des contraintes des systèmes de stockage. Un « mécanisme d’attention » a également
été introduit pour guider l’exploration en se concentrant sur les informations pertinentes.
Puisque plusieurs unités doivent être contrôlées simultanément, l’approche multi-agents est
courante dans une optique d’engagement des unités.
Micro-réseaux en mode îloté. La gestion des générateurs contrôlables peut s’avérer
cruciale pour la stabilité d’un micro-réseau en mode îloté. Un micro-réseau îloté est autonome
et ne peut pas échanger d’énergie avec l’extérieur. Ces générateurs servent d’unités de secours
lorsque les autres unités ne suffisent pas à fournir la demande énergétique. Les travaux de
Kozlov et al., 2020 mettent en lumière une comparaison de plusieurs algorithmes voués à
contrôler un système de stockage dans un micro-réseau comprenant des générateurs distribués.
La capacité d’approvisionnement de la demande compte tenu de la décision sur la charge
ou la décharge de la batterie est comblée par l’utilisation des générateurs de secours si elle
n’est pas suffisante. S. Zhang et al., 2021 compare aussi la performance d’algorithmes de
deep RL sur l’engagement des unités dans un micro-réseau en mode îloté comportant un
générateur distribué et des panneaux PV pour la production d’électricité. DQN et TD3
obtiennent les meilleurs résultats. Il est conclu qu’il est préférable de vider la batterie avant
43
L’apprentissage par renforcement appliqué au contrôle des micro-réseaux
44
Planification des systèmes de stockage et engagement des unités
journée comme récompense, alors que l’agent perçoit déjà un à un ces coûts distribués
à chaque pas de temps. Les échanges avec un réseau extérieur peuvent être unilatéraux
(possibilité de soutirage) ou bi-latéraux (soutirage et injection). L’établissement d’un contexte
d’échange d’énergie diffère aussi selon les cas d’études. Ainsi, Cao et al., 2019 a pour objectif
de minimiser le coût de l’énergie soutirée et de maximiser les revenus engendrés par la vente
d’électricité à des EVs. L’évolution du prix de l’électricité est pris en compte dans les travaux
de Berlink et al., 2015. La récompense perçue à chaque instant par l’agent est la différence
entre les revenus d’injection d’électricité perçus par le micro-réseau avec le revenu qu’il aurait
perçu en injectant la même énergie à un prix moyen. Les micro-réseaux fonctionnant en
mode îloté ne peuvent pas percevoir de récompense liée aux échanges d’énergie (Levent et al.,
2021, Hasanvand et al., 2020, Domínguez-Barbero et al., 2020). En revanche, la pénalisation
du non-respect de la contrainte d’équilibre énergétique est similaire à celle du soutirage
d’énergie à la différence qu’il n’y a pas de prix associé à la situation où l’énergie produite est
insuffisante pour répondre à la demande.
Valorisation de la production locale d’électricité. Les micro-réseaux îlotés ne peuvent
pas non plus injecter l’électricité générée en excès. Cette énergie non-valorisée est perdue
lorsqu’elle n’est pas stockée ou directement consommée. La quantité d’énergie perdue est
appelée énergie excédentaire et peut intervenir dans le système de récompense d’un algorithme
de RL : Kozlov et al., 2020 contrôle une batterie électrochimique dans un micro-réseau en
mode îloté en pénalisant l’électricité produite non-valorisée. Cette pénalité est vue comme
un manque d’autonomie du micro-réseau qui ne valorise pas une partie de l’énergie produite
localement. En opérant en mode connecté, les micro-réseaux ne peuvent pas toujours vendre
d’électricité sans limites de puissance au réseau extérieur. Un seuil appelé puissance au point
de couplage commun (PCC) est la limite de puissance injectable. Ainsi, toute configuration
de micro-réseau est exposée à un excédent non-valorisé d’énergie. Shuai et al., 2021 pénalise
la différence entre la puissance électrique productible maximale à celle effectivement produite
par des générateurs éoliens et PV, la puissance d’injection à chaque pas de temps étant
contrainte par la puissance de PCC.
Dans les travaux de Y. Liu et al., 2020 une récompense positive est attribuée à la puissance
PV employée pour la charge de la batterie et une récompense négative à la puissance solaire
au réseau central. Cette pénalité est assimilable à un manque d’autonomie du micro-réseau
puisque cette énergie serait perdue sans l’injection au réseau central. Une récompense positive
similaire est perçue par l’agent dans la publication de Kuznetsova et al., 2013, qui dépend de
la proportion d’électricité d’origine éolienne dans la charge de la batterie. D’autres travaux
pénalisent l’énergie excédentaire alors que le micro-réseau a la possibilité d’injecter l’électricité
en surplus. X. Huang et al., 2021 et Leo et al., 2014 attribuent une pénalité au productible
PV que la batterie ne peut pas utiliser pour se charger.
Dégradation des unités Le coût économique d’opération est le système de récompense le
plus répandu en planification des batteries et engagement des unités. Puisque la batterie est
une unité nécessitant un fort coût d’investissement et que son vieillissement dépend de la
politique de contrôle, il est possible de prendre en compte sa dégradation dans le système de
récompense d’un agent de RL. L’agent est récompensé de manière séquentielle. Après ses
prises de décision, la récompense liée au vieillissement de la batterie doit donc être distribuée
à chaque instant. Plusieurs méthodes de modélisation séquentielle de la dégradation de
la batterie sont possibles. Chaque technologie de batterie électrochimique se dégrade de
manière différente et le diagnostic réel de l’état de santé d’une batterie ne peut s’établir sans
interrompre son opération au sein du micro-réseau. La récompense n’est qu’une prise en
compte de l’influence des actions de l’agent sur l’état de santé de la batterie. Elle peut être
plus ou moins réaliste dans la représentation de la dégradation de la batterie induite par les
actions de l’agent. Venayagamoorthy et al., 2016 et Y. Liu et al., 2020 fixent une pénalité en
fonction du nombre d’actions prises sur la charge ou la décharge de la batterie.
L’espérance de vie d’une batterie peut se modéliser selon le nombre de cycles d’utilisation (un
cycle étant une charge complète suivie d’une décharge complète ou l’inverse) et la profondeur
45
L’apprentissage par renforcement appliqué au contrôle des micro-réseaux
de décharge (ou Depth of discharge) (DoD). La température est aussi un paramètre jouant
sur le vieillissement d’une batterie. La majorité des modélisations de la dégradation d’une
batterie sont linéaires. Par exemple, Shuai et al., 2021, Fang et al., 2019, Levent et al., 2019
et Yu et al., 2020 attribuent une pénalité linéaire fonction de la puissance de charge et de
décharge de la batterie. Au contraire, W. Liu et al., 2017 se réfère à des paramètres de
dégradation établis empiriquement et pénalise la dégradation de manière non-linéaire selon
ces paramètres lorsque la batterie se décharge. La récompense liée au vieillissement de la
batterie est construite à partir du DoD dans les travaux de Yoldas et al., 2020 et de Chen
et al., 2018. Le vieillissement en fonction de DoD est exponentiel dans les travaux de Yoldas
et al., 2020 et linéaire dans les travaux de Chen et al., 2018. Shang et al., 2020 établit une
pénalité de vieillissement non-linéaire selon le nombre de cycles d’utilisation de la batterie et
du SOC instantané. Récemment, une modélisation thermo-électrique de la dégradation de la
batterie est employée dans le système de récompense de W. Lee et al., 2022. La composante
négative liée à la dégradation de la batterie dans la récompense perçue par l’agent est souvent
délibérément simpliste. Toutefois, cette simplicité est suffisante pour que la récompense guide
l’apprentissage de l’agent vers une politique dégradant plus faiblement la batterie.
Les contributions les plus récentes intègrent des modèles plus complexes et réalistes du
vieillissement de la batterie (Fallahifar et al., 2023, Seger et al., 2023). Cela pourrait être
attribué aux progrès récents sur les algorithmes de RL.
Récompense et contraintes. La singularité de chaque micro-réseau implique une grande
variété de systèmes de récompense. Parfois, des récompenses négatives sont attribuées lorsque
les contraintes du micro-réseau ne sont pas respectées plutôt que de restreindre les actions
de l’agent. Les contraintes dépendent des solutions technologies intégrées ou des préférences
d’utilisation. Une liste exhaustive de ces récompenses n’a pas d’intérêt. Les plus fréquentes
sont les pénalités liées au dépassement de certaines limites de SOC fixées selon les préférences
d’utilisation des batteries (Samadi et al., 2020, Fang et al., 2020, Bian et al., 2020, Kofinas
et al., 2018b et Venayagamoorthy et al., 2016). Une pénalité de violation de la contrainte de
puissance au PCC est couramment appliquée aux micro-réseaux connectés (Ji et al., 2021,
Q. Zhang et al., 2020b, Fang et al., 2019, B. V. Mbuwir et al., 2019 et Shang et al., 2020).
46
Planification des systèmes de stockage et engagement des unités
47
L’apprentissage par renforcement appliqué au contrôle des micro-réseaux
selon une fonction non-linéaire du SOC. L’algorithme DDPG développe une politique de
contrôle meilleure que celle issue d’un apprentissage avec le DQN. L’auteur a en revanche
développé un algorithme de DQN distributif qui surpasse les performances de DDPG dans
l’environnement réaliste. Plus la représentation du comportement dynamique des différentes
batteries sera précise, plus les différences entre les technologies seront prononcées, cela offrira
plus de possibilités pour répondre à des besoins spécifiques.
48
Gestion de la demande
(l’hôpital par exemple) ou non. Le délestage est une mesure très restrictive qui doit être
adoptée en cas de nécessité dans un micro-réseau isolé. Des stratégies moins restrictives pour
les utilisateurs peuvent être adoptées.
49
L’apprentissage par renforcement appliqué au contrôle des micro-réseaux
Une méthodologie novatrice est établie par Mathew et al., 2020. Le contexte dans lequel
l’agent de DQN évolue est un jeu de Tétris. La largeur de la fenêtre de jeu est assimilée au
temps dans une journée et la hauteur à l’énergie consommée. L’agent peut donc déplacer
l’énergie allouée aux demandes à gauche (plus tôt) ou à droite (plus tard). On observe que
l’agent a tendance à créer des pics de consommation en heures creuses. L’auteur ajuste ce
comportement en ajoutant une récompense négative affectée aux pics de consommation.
Les consignes de contrôle peuvent simultanément inclure le déplacement de la charge en
terme de temps et de puissance. L’agent de Q-learning de X. Huang et al., 2021 contrôle
la génération, le stockage et la consommation électrique des appareils d’une maison dans
laquelle les utilisateurs spécifient le délai maximal acceptable pour chaque consommation
électrique. Y. Liu et al., 2020, S. Lee et al., 2019 et F.-D. Li et al., 2012 optimisent le coût
d’un micro-réseau en jouant sur les puissances et les temps de consommation. En plus de ces
actions, l’agent de C. Huang et al., 2022 planifie l’opération d’une batterie. Un mixte entre
DDPG et DQN a été développé dans cette étude, car l’espace d’actions prend des valeurs
continues (puissances) et discrètes (instants de démarrage de l’opération des appareils).
Ainsi, les progrès dans le domaine du deep RL ont permis l’utilisation d’un seul agent pour
gérer efficacement la demande, même lorsqu’elle implique de nombreuses variables de nature
différente.
50
Échange d’énergie entre plusieurs micro-réseaux
tandis que la demande électrique résidentielle est influencée par le prix généré. Les demandes
non contrôlables sont modélisées en tant que tendance, dont une partie est sensible aux
variations du prix de l’électricité. L’agent associé à l’EMS prend 4 décisions à chaque instant :
il contrôle les demandes thermiques, le prix de l’électricité virtuel au sein du micro-réseau,
et établit un ordre de priorité sur les unités à mettre en service en cas d’excès ou de déficit
énergétique.
La réactivité d’un micro-réseau face aux signaux de prix peut être finement orchestrée par la
planification stratégique de ses systèmes de stockage, générateurs et demandes ajustables.
Cependant, il est souvent plus courant d’opter pour influencer la demande en jouant sur
les signaux de prix plutôt que pour contrôler directement la consommation d’énergie. Cette
approche est en accord avec les préoccupations relatives à la confidentialité et à l’autonomie
des utilisateurs.
51
L’apprentissage par renforcement appliqué au contrôle des micro-réseaux
réseau central. Les échanges énergétiques sont faits soit avec la réserve, soit avec le réseau
central. Des systèmes d’enchères sont également étudiés pour implémenter les interactions
de P2P. Les micro-réseaux peuvent être acheteurs ou vendeurs d’électricité et émettent des
offres de prix et quantités à chaque pas de temps. La manière de déterminer le prix d’échange
et la quantité d’électricité échangée entre les micro-réseaux est montrée sur la figure 3.1. La
quantité d’électricité échangée au sein du groupe de micro-réseaux correspond à la quantité
offerte et demandée à un prix inférieur au prix d’équilibre. Les excès et manques d’électricité
restants sont compensés par le réseau central de distribution. La contribution de N. Wang
et al., 2019 montre l’élaboration d’une architecture modifiée de l’algorithme de Q-learning
appelée Q-Cube pour trouver une politique d’enchères satisfaisante selon les objectifs.
Figure 3.1 – Système d’enchères internes avec N micro-réseaux vendeurs (en rouge)
et M acheteurs (en vert). Le prix et la quantité d’équilibre se lisent sur les axes à la
jonction entre les courbes.
Toutefois, les apprenants indépendants sont exposés à des problèmes de convergence. Ebell
et al., 2019 a comparé la dépendance au réseau central de deux micro-réseaux entre des
EMS ayant appris de manière indépendante et deux EMS qui partagent des informations.
L’apprentissage des EMS indépendants converge vers une politique menant à un score
comparable aux EMS partageant des informations au prix d’un temps d’entraînement cinq
fois supérieur. La confidentialité implique l’opacité des informations observables par les agents
ce qui peut conduire à un entraînement moins stable à mesure que la politique de contrôle
des autres apprenants évolue.
Systèmes multi-agents coopératifs Le partage d’information permet d’éviter des pro-
blèmes de stabilité et de convergence dans l’entraînement de plusieurs agents servant d’EMS
dans un système de partage d’énergie entre plusieurs micro-réseaux. Lorsque c’est possible,
l’intégration des états et actions des autres agents oriente l’apprentissage d’un agent. Y. Yang
et al., 2019 intègre une variable abstraite à l’espace d’états des agents. Elle offre une vue de
la dynamique des décisions collectives, et l’auteur a inclus un élément dans les récompenses
pour encourager la diversité des contributions et éviter des actions uniformes.
Un algorithme d’acteur-critique hors-ligne est développé par W. Liu et al., 2017 avec prise
en considération des états des agents voisins dans la mise à jour du critique. Toutes les
informations de transitions sont stockées après avoir été échantillonnées puis les poids des
réseaux de neurones sont ajustés de manière synchrone. La coordination des agents gagne de
l’intérêt dans le commerce local de l’énergie. CTDE est utilisé par Fang et al., 2020 pour
gérer un problème d’échange d’énergie dans lequel les micro-réseaux émettent des offres et
52
Échange d’énergie entre plusieurs micro-réseaux
demandes ciblées les uns envers les autres. L’algorithme de MADDPG est employé dans les
travaux de G. Gao et al., 2020 pour optimiser des échanges d’énergie régis par un système
d’enchères. Chen et al., 2022 construit un algorithme de MATD3 (proche de MADDPG
dans son fonctionnement) afin de superviser les flux électriques, thermiques et d’eau d’un
hub énergétique constitué de plusieurs micro-réseaux. Les échanges se font en P2P entre
des micro-réseaux identifiés comme commerciaux, industriels et résidentiels. T. Zhang et al.,
2022 se sert de MADDPG la planification des batteries, de certaines demandes et de l’énergie
échangée. Les buts de l’opération sont la minimisation des échanges avec le réseau central, de
la dégradation des batteries, de l’inconfort des utilisateurs et des coûts liés aux transactions
avec le marché local. Même si l’information n’est requise que pour l’entraînement (le critique
n’est pas utilisé en exécution), le partage d’informations est nécessaire et l’algorithme ne
permet donc pas une confidentialité totale entre utilisateurs.
53
L’apprentissage par renforcement appliqué au contrôle des micro-réseaux
couche prédit la puissance au PCC pour chaque micro-réseau dans un intervalle de prédiction
de la production et de demande ainsi que du prix au détail envoyé par le GRD. L’agent
du GRD est entraîné par RL avec l’algorithme de TRPO. L’objectif est la maximisation
des gains de vente d’électricité aux micro-réseaux et la récompense est calculée à partir des
puissances prédites aux PCCs.
3.5 Conclusion
Le RL évite le besoin de modèles prédictifs pour les données aléatoires et s’adapte à des
environnements plus complexes. Sur un micro-réseau isolé du réseau central, l’autonomie est
un enjeu majeur qui requiert une gestion attentive pour éviter les déséquilibres entre la de-
mande et la production. Le pilotage des systèmes de stockage et des générateurs contrôlables
est une stratégie clé pour maintenir l’équilibre et ainsi assurer l’autonomie du micro-réseau.
Les environnements de contrôle deviennent plus complexes, avec des espaces d’action et
d’état de plus grande dimension. L’évolution des algorithmes a conduit au développement de
systèmes coordonnés multi-agents, qui se sont révélés particulièrement efficaces. L’utilisation
d’algorithmes de RL profond et plus précisément d’algorithmes incorporant un gradient de
politique croit de manière significative. Les modèles du stockage électrique employés sont
également de plus en plus sophistiqués.
Dans l’objectif de compenser un déficit énergétique ou d’optimiser les coûts d’opération
d’un micro-réseau, la demande peut être contrôlée par l’EMS. Le RL permet d’adapter les
décisions de contrôle aux habitudes de consommation énergétique variables. La demande
peut être délestée ou déplacée, dans le temps ou en puissance. La gestion de la demande est
souvent couplée au contrôle des systèmes de stockage et de production. La coordination des
différentes unités est renforcée avec un système de tarification virtuelle créant un marché
énergétique local au sein du micro-réseau. Le compromis entre des objectifs antinomiques
tels que le confort des utilisateurs et les coûts du micro-réseau démocratisent l’utilisation
de systèmes multi-objectifs dans la gestion de la demande. L’élaboration de systèmes de
récompenses ingénieux ou la mise en œuvre de systèmes multi-agents permettent de contrôler
les demandes selon des objectifs contradictoires. Le contrôle centralisé reste une méthodologie
largement appliquée.
Les échanges d’électricité entre les micro-réseaux contribuent à réduire la dépendance des sys-
tèmes énergétiques décentralisés au réseau central et aux générateurs contrôlables. Le contrôle
de l’énergie entre plusieurs micro-réseaux peut être centralisé ou décentralisé. Chaque micro-
réseau doit parvenir à optimiser ses flux énergétiques internes, en prenant en considération
les actions des micro-réseaux voisins. Une stratégie bi-niveaux respecte la confidentialité des
utilisateurs et facilite la coordination entre les entités. De nombreux travaux se concentrent
sur la gestion ou la diminution de la complexité des espaces d’état et d’action. L’importance
du temps de calcul indique un intérêt croissant pour l’application en temps réel du RL dans
ce domaine.
54
Synthèse de la partie I
55
Synthèse de la partie I
ne portent que sur un unique micro-réseau sans prendre en considération la possibilité d’être
raccordé à d’autres systèmes autonomes. C’est pour cette raison que l’outil se concentre
principalement sur la planification du stockage d’énergie du micro-réseau. L’approche retenue
pour le contrôle est centralisée, car seule la gestion du stockage électrique est concernée par
les consignes de l’EMS. La formulation du problème de contrôle et de dimensionnement,
ainsi que les hypothèses et la modélisation adoptées pour le micro-réseau sont présentées au
Chapitre 4.
56
II
Contributions scientifiques
57
Méthodologie et modélisation
4
4.1 Modélisation du micro-réseau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
4.1.1 Organisation modulaire du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
4.1.2 Fonctionnement du micro-réseau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
4.1.3 Modèle dynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
4.2 Méthodologie de contrôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
4.2.1 Implémentation du problème de contrôle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
4.2.2 Espace d’états et espace d’actions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
4.2.3 Cadre des études sur le contrôle du micro-réseau . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.3 Dimensionnement du micro-réseau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.3.1 CAPEX et OPEX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.3.2 Méthodologie de dimensionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
4.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
59
Méthodologie et modélisation
60
Modélisation du micro-réseau
61
Méthodologie et modélisation
fixe les objectifs de contrôle du micro-réseau. Ils peuvent être envisagés de diverses manières.
Un micro-réseau peut répondre à des objectifs techniques (garantir l’approvisionnement
énergétique des utilisateurs, bien répartir l’énergie entre usagers), environnementaux (limiter
les émissions de gaz à effet de serre) et économiques (rentabiliser les échanges avec le
réseau principal). La définition de ces objectifs déterminera la politique de contrôle en
phase d’opération du micro-réseau. Les objectifs optimisés en phase de fonctionnement sont
indépendants des objectifs de dimensionnement. La stratégie de contrôle est optimisée en
simulation, avec un horizon temporel de l’ordre de l’année et un pas de temps d’une heure
entre chaque décision de contrôle.
La modélisation des unités dans la simulation de la phase d’opération du micro-réseau intègre
les contraintes de chaque module. La sous-section 4.1.2 définit les contraintes résultantes
pour le micro-réseau type étudié. La sous-section 4.1.3 présente le comportement dynamique
des composants du micro-réseau lors de la simulation.
62
Modélisation du micro-réseau
avec Pbatt
max la puissance maximale de charge ou de décharge selon le mode d’opération de la
batterie et Δt le pas de temps. Ainsi, la puissance de la batterie est contrainte à chaque
instant selon l’Équation 4.5 :
des gaz parfaits est une approximation, elle n’est en pratique pas utilisable à 200 bars et la
compressibilité de 𝐻2 devrait être considérée. L’électrolyseur a un rendement de conversion
d’électricité en masse d’hydrogène de 𝜂 elec = 61,6 kWh/kgH2 (Hancke et al., 2022), soit
1030 kWh/m3H2 . La PAC a un rendement de conversion d’électricité en masse d’hydrogène
de 𝜂 PAC = 16,66 kWh/kgH2 (Dufo-López et al., 2007), soit 280 kWh/m3H2 . Le pourcentage
d’hydrogène stocké par rapport à la capacité de stockage est appelé niveau d’hydrogène ou
Level of Hydrogen (LOH). Des contraintes s’appliquent sur cette variable à chaque pas de
temps comme le montre l’Équation 4.6.
avec mH2 (t) la masse d’hydrogène stockée à l’instant t. Si le réservoir d’hydrogène ne dispose
pas du volume libre nécessaire pour accumuler l’hydrogène formé par électrolyse, la puissance
d’électrolyse correspond à la puissance nécessaire pour le remplir totalement. De même, la
PAC ne peut pas être utilisée à puissance maximale si trop peu d’hydrogène est stocké. Les
Équations 4.9 et 4.10 montrent la contrainte encadrant la puissance de la PAC.
⎛ (︁ )︁ ⎞
mH2 (t) − mH 2
min 𝜂 PAC
∀t ∈ J0; TK, PPAC ⎝ PAC
max = min Pnom ,
⎠ (4.9)
Δt
{︁ }︁
∀t ∈ J0; TK, PPAC (t) = 0, PPAC
max (4.10)
L’électrolyseur et la PAC ne peuvent pas être utilisées en même temps comme le montre
l’Équation 4.11.
∀t ∈ J0; TK, 0 ≤ 𝛿elec (t) + 𝛿PAC (t) ≤ 1 (4.11)
avec 𝛿elec et 𝛿PAC des booléens associés respectivement à l’électrolyseur et à la PAC, dont la
valeur est de 1 si l’unité est en cours de fonctionnement et 0 sinon. La puissance sortant de
l’ensemble du stockage hydrogène PH2 s’écrit selon l’Équation 4.12.
63
Méthodologie et modélisation
avec Egrid l’énergie injectée ou soutirée au réseau central de distribution, D(t) la demande
à chaque instant, Pbatt batt
charg et Pdech les puissance de charge et de décharge de la batterie
grid
respectivement. Si E est positif, la demande électrique n’est pas totalement approvisionnée,
64
Modélisation du micro-réseau
l’énergie correspondante est soutirée du réseau central. Au contraire, si elle est négative,
l’électricité en surplus est injectée au réseau central.
Électrolyseur et PAC
Le signal envoyé par l’EMS indique la puissance de l’électrolyseur et de la pile à combustible
entre l’instant t et t+Δt. Il est reçu par l’environnement comme un signal d’interrupteur
indiquant l’utilisation ou non de l’électrolyseur ou de la PAC. Une seule des deux unités
peut être utilisée à chaque pas de temps, comme l’illustre l’Équation 4.11. La valeur de la
puissance d’opération de l’électrolyseur ou de la PAC est déterminée grâce aux Équations
4.7 à 4.10. Une fois ces puissances déterminées, le LOH est calculé pour l’instant t+Δt avec
l’Équation 4.14 :
avec ṁelec (t) et ṁPAC (t) respectivement le débit massique d’hydrogène entrant et sortant du
réservoir.
Décharge de la batterie
Si l’énergie stockée dans la batterie électrochimique est suffisante, la batterie
peut délivrer l’énergie nécessaire pour l’équilibre du système. Cette condition se vérifie en
considérant le rendement de la batterie d’après l’Équation 4.19 :
(︁ )︁
Pbatt
dech (t)Δt = D
net
(t) si Dnet (t) ≤ Ebatt (t) − Ebatt
min 𝜇
𝑏𝑎𝑡𝑡
(4.19)
avec 𝜇batt le rendement de la batterie. Dans ce cas, le SOC est déterminé en considérant la
décharge effectuée et le rendement de la batterie selon l’Équation 4.20.
(︁ net
)︁
Ebatt (t) − D𝜇batt
(t)
65
Méthodologie et modélisation
L’énergie reçue par le micro-réseau est toujours inférieure à l’énergie déchargée. Si la demande
net
nette est compensée par la décharge, alors l’énergie perdue par la batterie est D𝜇batt (t)
.
L’Équation 4.25 décrit le calcul du SOC à l’instant suivant la décharge selon les cas :
(︃ )︃
Ebatt (t) − Dnet (t)
SOC (t + Δt) = 𝑚𝑎𝑥 SOCmin , (4.25)
Ebatt
nom
Charge de la batterie
Si Dnet < 0, le surplus d’électricité doit être absorbé par la charge de la batterie. Puisque la
batterie est contrainte par un niveau de charge maximal, elle ne peut pas toujours absorber
ce surplus d’énergie. Dans ce cas, l’énergie restante est injectée au réseau central ou perdue.
Si la capacité libre de la batterie est suffisante pour absorber le surplus énergétique, la
demande nette est supérieure à l’écart entre l’énergie stockée et l’énergie maximale stockable
à l’instant t. L’énergie utilisée pour la charger s’exprime selon l’Équation 4.26 :
(︁ )︁
Ebatt (t) − Ebatt
max
Pbatt
charg (t)Δt = −D
net
(t) si Dnet (t) ≥ (4.26)
𝜇𝑏𝑎𝑡𝑡
La condition de capacité libre inclut le rendement, car il limite l’énergie effectivement stockée
par rapport à l’électricité absorbée. Conformément à l’Équation 4.27, le SOC se calcule de
manière linéaire en multipliant l’énergie chargée par l’efficacité 𝜇𝑏𝑎𝑡𝑡 .
Dnet (𝑡)𝜇batt
SOC (t + Δt) = SOC(t) − (4.27)
E𝑏𝑎𝑡𝑡
nom
Une partie de l’électricité absorbée est perdue puisque le rendement de charge est pris en
compte dans le calcul du SOC.
66
Méthodologie de contrôle
L’énergie injectée au réseau central de distribution peut être déterminée à l’aide de l’Équation
4.30.
Egrid batt
inje (t) = Pcharg (t)Δt + D
net
(t) (4.30)
Dnet (𝑡)𝜇batt
(︂ )︂
SOC (t + Δt) = 𝑚𝑖𝑛 SOCmax , SOC(t) − (4.32)
E𝑏𝑎𝑡𝑡
nom
67
Méthodologie et modélisation
de RL. Gym est utilisée dans le but de construire la simulation dynamique du micro-réseau
dans un formalisme propre à l’utilisation du RL. L’environnement gym est une classe qui
interagit avec un agent défini par l’utilisateur. La continuité et les dimensions des espaces
d’état et d’action sont définies lors de l’appel de la classe. Un environnement gym contient
plusieurs fonctions :
— reset permet de réinitialiser tous les états observables et non observables par l’agent.
Elle est appelée dans le but de commencer un nouvel épisode. Elle renvoie en sortie les
premiers états observables par l’agent pour chaque épisode.
— step reçoit en entrée les actions de l’agent à un pas de temps. Les changements de
l’environnement dus aux actions et aux autres facteurs (données de consommation, de
productible renouvelable) sont déterminés. Dans la fonction step, les caractéristiques des
unités, les données et les actions de l’agent sont intégrées dans le processus algorithmique.
Des nouveaux états et une récompense sont ainsi déterminés et transmis à l’agent.
De même l’information sur l’éventuelle fin de l’épisode est déterminée et transmise à
l’agent.
— render est une fonction destinée à l’utilisateur qui permet de visualiser différents
indicateurs de l’environnement pour suivre la simulation.
Deux objectifs peuvent être à l’origine des interactions entre l’agent et l’environnement.
— L’agent peut être en phase d’entraînement et doit apprendre des récompenses et états
pour adapter sa politique de contrôle dans un but de maximisation des récompenses.
Les deux phases s’enchaînent au cours de l’apprentissage de l’agent. Puisqu’il explore pendant
son entraînement, les indicateurs de l’environnement ne sont pas représentatifs de la politique
"réelle" de l’agent : certaines actions sont choisies aléatoirement. Au bout d’un certain nombre
𝑡eval d’itérations pendant lesquelles l’agent apprend, sa politique doit être évaluée. Les agents
ont été développés grâce à la librairie PyTorch. Une fois un épisode initialisé, l’agent envoie
une action à l’environnement, et reçoit un tuple composé des états de l’environnement
à l’instant suivant, d’un booléen indiquant si l’épisode est terminé ou en cours et de la
récompense. Avec ces informations, l’agent choisit l’action suivante selon sa politique de
contrôle. Cette politique est mise à jour au fur et à mesure des interactions si l’agent est en
phase d’entraînement (voir section 2.2). Si l’agent est en phase de validation, sa politique
apprise doit être testée. Il l’utilise donc sur un épisode entier sans explorer ni apprendre. Le
processus itératif de l’interaction entre l’agent et l’environnement est décrit sur la Figure
4.3. Cette représentation n’inclut que l’entraînement de l’agent pour des raisons de visibilité.
Le processus démarre à t = 0 (en haut à gauche). À chaque appel de reset, le numéro 𝑁 𝑒𝑝
de l’épisode généré augmente, le processus se termine lorsque le nombre maximal d’épisode
𝑒𝑝
𝑁max est atteint. À gauche de la figure, l’environnement est représenté dans l’encadré en
pointillé. Il est développé selon le formalisme gym. À droite de la figure se trouve le script de
l’agent. Son entraînement apparaît aussi encadré en pointillé et s’effectue avec une classe
utilisant la librairie PyTorch.
68
Méthodologie de contrôle
Le score de validation d’un agent est la somme cumulée des récompenses obtenues lors
d’un épisode de validation. Lorsqu’un score de validation est meilleur que les précédents, la
politique qui a permis d’obtenir ce score est enregistrée dans un fichier. Seule la meilleure
politique obtenue est conservée. Le nombre d’épisodes maximum n’est pas la seule condition
d’arrêt des interactions. Lorsque l’agent est en phase d’entraînement, un critère d’arrêt utilisé
dépend de la patience 𝑁patience : l’entraînement s’arrête si la politique n’est pas améliorée
après 𝑁𝑝𝑎𝑡𝑖𝑒𝑛𝑐𝑒 épisodes consécutifs. L’Algorithme 12 montre la méthodologie adoptée pour
l’entraînement de l’agent.
69
Méthodologie et modélisation
avec distsols (t) la distance temporelle au solstice d’été au temps t. Elle est intégrée à l’espace
d’état pour prendre en compte la variation annuelle de la production solaire PV. À l’exception
de la distance au solstice d’été, les valeurs attribuées des états se situent dans des espaces
continus. L’espace d’états est défini comme un espace continu. Toutes les valeurs sont
70
Méthodologie de contrôle
normées :
|𝒮|
∀S ∈ 𝒮, S ∈ [0, 1] (4.34)
L’adéquation de ces états avec le problème de contrôle a été vérifiée à travers différents
tests effectués avec l’apprentissage d’un agent de Q-learning. Dans les tests effectués, l’agent
apprend toujours mieux avec tous ces états que lorsque l’un d’entre eux n’est pas observable.
Ces états sont couramment utilisés dans des travaux portant sur le contrôle haut-niveau des
micro-réseaux (François-Lavet et al., 2016, Ali et al., 2021, B. Mbuwir et al., 2017).
Espace d’actions
Les décisions de contrôle de l’EMS concernent le stockage long terme. Consommer l’hydrogène
revient à utiliser la PAC, tandis que sa charge se fait par électrolyse de l’eau. Les actions
consistent donc à utiliser l’électrolyseur à puissance maximale, utiliser la PAC à puissance
maximale ou ne rien faire. L’espace d’actions se représente ainsi :
{︁ }︁
∀A ∈ 𝒜, At = PH2 (4.35)
L’espace d’actions est donc un espace d’une dimension comportant uniquement la puissance
issue du stockage hydrogène. Cette puissance peut donc prendre trois valeurs selon l’Équation
4.36 : {︁ }︁
PH2 = P𝑃 𝐴𝐶 elec
max , 0, −Pmax (4.36)
avec PH2 la puissance sortante du stockage hydrogène. Si cette puissance est positive, le
stockage hydrogène se décharge. Si elle est négative, il se recharge par électrolyse de l’eau et
cette consommation s’additionne aux demandes d’électricité du micro-réseau. Trois valeurs
d’action étant possibles, l’espace d’actions est donc discret.
Algorithme de référence
Afin de pouvoir comparer les politiques de contrôle des agents entraînés, un algorithme de
référence est introduit. Le fonctionnement de l’algorithme de référence ne varie pas selon
71
Méthodologie et modélisation
les cas d’études qui seront abordés. Cet algorithme est fondé sur un système de règles et
n’apprend pas. Les opérations de l’électrolyseur et de la PAC sont déterminées en fonction
de l’écart entre la demande et la production à chaque instant. Si D − PPV > 0 alors la PAC
est utilisée. Si D − PPV < 0 alors l’électrolyseur est utilisé. Leur puissance d’utilisation est la
puissance maximale, déterminée de la même manière qu’à la sous-section 4.1.2. L’éventuel
déséquilibre énergétique restant est comblé par la batterie si son état le permet. Le mode
opératoire de charge et décharge a été présenté à la sous-section 4.1.3.
Une représentation schématique de l’algorithme décrit est visible sur la Figure 4.4.
Objectifs de contrôle
Les objectifs de contrôle sont déterminés pour orienter la politique de l’EMS. Ils sont calculés
de manière séquentielle afin de constituer le système de récompense de l’agent pendant son
apprentissage. Ils peuvent être économiques, environnementaux ou techniques. Puisque la
production locale d’électricité est photovoltaïque, la réduction des gaz à effet de serre n’est
pas envisagée comme objectif de contrôle du micro-réseau. La structure du micro-réseau ne
permet que d’optimiser des objectifs liés aux échanges d’électricité avec le réseau central de
distribution.
72
Méthodologie de contrôle
d’autoproduction 𝜏autoprod sont les indicateurs à maximiser par l’EMS. Ils sont définis par
les Équations 4.37 et 4.38.
T
∑︁ Einje (t)
𝜏autocons = 1 − (4.37)
t=0
PPV (t)
T
∑︁ Esout (t)
𝜏autoprod = 1 − (4.38)
t=0
D(t)
La majorité des études sur le contrôle ne minimisent que le coût de soutirage du réseau
central dans la littérature (voir section 3.2). Les études pour lesquelles le prix de l’électricité
est constant ne considèrent que le taux d’autoproduction comme objectif à minimiser par
l’EMS. Les autres choix d’objectif de l’EMS seront considérés pendant le dimensionnement
sous contrôle optimal afin de déterminer leur impact sur les objectifs économiques de
dimensionnement.
Il est nécessaire de définir un espace borné de l’espace vectoriel 𝒟 dans lequel les variables de
dimensionnement prendront leur valeur. Ainsi, l’optimisation ne s’effectue pas en cherchant
des valeurs dans un espace infini. Le dimensionnement du micro-réseau utilisé lors d’études
sur le contrôle, notamment au chapitre 5, sera choisi dans cet intervalle.
Une simulation sans stockage hydrogène a été effectuée avec différentes valeurs pour la
puissance des panneaux PV et la capacité de la batterie installées. La batterie opère en
production ou en consommation d’électricité en fonction du signe de la différence entre la
demande et la puissance du productible PV à chaque instant pour combler le déséquilibre du
micro-réseau. L’horizon temporel de cette simulation est d’un an. Le taux d’autoproduction a
été relevé pour chaque couple de variables afin de déterminer un intervalle de valeurs pertinent.
Les résultats de ces simulations sont montrés sur la Figure 4.5. Le taux d’autoproduction
est tracé en fonction du rapport de la puissance nominale [︁PV sur la capacité
]︁ nominale de
PV batt
la batterie. Afin de pouvoir identifier la valeur des couples Pnom , Enom , la puissance crête
des panneaux PV est représentée par un jeu de couleurs. Les valeurs de la puissance crête
des panneaux PV et de la capacité de la batterie ont respectivement été prises entières
dans les intervalles J1 kWc, 11 kWcK et J1 kWh, 11 kWhK. La zone dense dans la partie haute
de la figure montre qu’un taux d’autoproduction proche de 1 peut être approché sans
utilisation d’un stockage hydrogène. Inclure des valeurs plus élevées de chaque variable
de dimensionnement n’a donc pas de pertinence dans la recherche d’un dimensionnement
optimal avec stockage long terme inclus. D’après la Figure 4.5, les domaines de valeur des
variables de dimensionnement sont J3 kWc, 11 kWcK et J2 kWh, 11 kWhK.
Il a été choisi une installation PV de puissance nominale de 5 kWc et une capacité de batterie
nominale de 5 kWh. De cette manière, l’impact de l’incorporation d’un stockage hydrogène
contrôlable peut être évalué, car le taux d’autoproduction n’est pas proche de 1. De plus,
le rôle de la batterie est celui d’un stockage de puissance (en stockant l’électricité le jour
pour la nuit par exemple) tandis que le stockage hydrogène doit se comporter comme un
stockage à long terme en stockant l’électricité plusieurs mois. La puissance d’électrolyse et
d’opération de la PAC a été fixée à 1 kW. Ainsi, leurs puissances sont plus faibles que celle
de la batterie (si elle est suffisamment chargée). La capacité du stockage hydrogène reste
supérieure à celle de la batterie électrochimique.
73
Méthodologie et modélisation
10
0.9
9
8
0.8
Taux d'auto-production
0.7 6
0.6 4
3
0.5
2
1
10−1 100 101
Ratio de la puissance PV installée sur la capacité de la batterie
— Les dépenses d’exploitation (OPEX) sont les charges courantes : le budget alloué à la
maintenance Cmaint et les coûts et revenus liés aux objectifs d’opération Cope .
— Les dépenses de capital (CAPEX) sont les dépenses d’investissement Cinv et le coût
de remplacement des unités Cremp : ils sont considérés conjoitement en répartissant le
coût d’investissement de chaque unité sur sa durée de vie.
L’OPEX intègre seulement les coûts de maintenance Cmaint qui s’élèvent à 2 % du coût
d’investissement par an pour la plupart des unités (Diaf et al., 2008, Nagapurkar et al., 2019)
et le coût de remplacement des batteries Cbatt
rempl qui est le coût d’une batterie lissé sur le
nombre d’années nécessaire à une dégradation de 30 % de sa capacité.
Les coûts des différentes unités sont listés dans la Table 4.1. Le coût d’investissement lié aux
différentes unités est décomposé de la manière suivante :
— Les panneaux PV coûtent CPVinv = 1100 €/kWc à l’achat (Coûts et rentabilités du grand
photovoltaïque en métropole continentale 2019).
74
Dimensionnement du micro-réseau
Le coût d’opération Cope se détermine en fonction des coûts de l’énergie soutirée au réseau
central et aux revenus générés par l’injection d’électricité au réseau central. Il s’écrit selon
l’Équation 4.40.
T
∑︁
Cope = (Esout Csout (t) − Einje Cinje (t)) (4.40)
t=1
avec Esout et Einje respectivement l’énergie soutirée et injectée au réseau central de distribution
(en kWh), Csout et Cinje le revenu de soutirage et le coût d’injection (en €/kWh) et T est
l’horizon temporel. Le dimensionnent préalable de chaque module impose des contraintes
pour la simulation, plus de détails sur ces contraintes ont été donnés à la Section 4.2. Selon
les caractéristiques des modules choisis, le comportement dynamique des unités en phase
d’opération sera différent et la quantité d’électricité achetée ou vendue au réseau central
aussi. Le dimensionnement répond à un objectif d’optimisation en minimisant le CAPEX
selon l’Équation 4.41 :
min Cinv (𝑑, 𝑛) + Cope (𝑑, 𝑛) + Cmaint (𝑑, 𝑛) + Cremp (𝑑, 𝑛), 𝑛 ∈ 𝒩 (4.41)
𝑑∈𝒟
75
Méthodologie et modélisation
Ainsi, les coûts liés au contrôle du micro-réseau sont optimisés à chaque itération du dimen-
sionnement. L’optimisation du dimensionnement est non-linéaire en raison de l’intégration
du contrôle dans le calcul des coûts. L’algorithme d’optimisation choisi est le recuit simulé
(Kirkpatrick et al., 1983). Plus de détails sur l’algorithme d’optimisation et son choix seront
donnés au chapitre 6.
4.4 Conclusion
L’application du RL au problème de contrôle permet d’adapter les performances de fonction-
nement selon les dimensionnements du micro-réseau et sans modèle prédictif. Après avoir
examiné les bases théoriques du RL et son application dans le pilotage des micro-réseaux,
une méthodologie pour l’intégrer dans le processus de dimensionnement d’un micro-réseau
sous contrôle optimal a été développée.
Le pilotage et le dimensionnement sont abordés de manière conjointe à travers un algorithme
d’optimisation. Cet algorithme itère sur différents dimensionnements d’unités et calcule les
coûts sur un horizon de temps défini. Les coûts d’opération sont déterminés à partir d’une
phase de contrôle guidée par une politique apprise via un algorithme de RL.
Le dimensionnement du micro-réseau s’effectue avec un objectif de minimisation des coûts.
Le micro-réseau est modélisé de façon modulaire afin pouvoir appliquer la méthodologie
développée à d’autres architectures de micro-réseaux. Les modules sont caractérisés par des
variables, certaines ne sont pas itérables durant le processus de dimensionnement et d’autres
le sont. Ces modules permettent de fixer les contraintes de pilotage du micro-réseau et les
76
Conclusion
objectifs de l’EMS.
Un dimensionnement a été établi pour les études portant sur le contrôle d’un micro-réseau.
Ces études incluent l’apprentissage d’une politique de contrôle cohérente avec les objectifs
définis dans ce chapitre dans différents niveaux de complexité de simulation. Elles sont
présentées dans le Chapitre 5. La réduction du temps de calcul pour la phase de contrôle est
cruciale, étant donné son intégration dans un processus d’optimisation plus large. L’implé-
mentation de l’optimisation du dimensionnement avec une méthode pour réduire le temps
d’apprentissage ainsi que l’analyse des résultats sont détaillées dans le Chapitre 6.
77
5
Contrôle à long terme du système
de stockage d’un micro-réseau
Le contrôle des unités de stockage d’un micro-réseau avec production électrique d’origine
renouvelable est essentiel pour maintenir son autonomie et augmenter sa rentabilité. L’appren-
tissage par renforcement (RL) (Chapitre 2) permet de développer une politique de contrôle
malgré les incertitudes liées aux phénomènes aléatoires et le comportement dynamique
complexe du système (Chapitre 3). La modélisation du micro-réseau et la méthodologie de
contrôle ont été présentées au Chapitre 4. Le développement d’une politique de contrôle est
l’aboutissement de l’entraînement d’un agent en interaction avec une simulation de l’envi-
ronnement. La stabilité de l’entraînement et la garantie de convergence vers une politique
efficace sont recherchées. Pour cela, le choix des paramètres d’apprentissage et l’analyse des
politiques de contrôle vont être réalisés sur une simulation simple et avec un horizon temporel
court. Ces démarches sont détaillées à la section 5.1. Une fois les paramètres d’apprentissage
établis, la modélisation du micro-réseau évolue progressivement pour devenir plus réaliste.
Les paramètres d’apprentissage sont réajustés en fonction des modifications apportées à
la simulation. En particulier, un modèle de vieillissement non-linéaire de la batterie est
incorporé à la simulation. Des modifications sont également effectuées pour que les agents
apprennent des politiques de contrôle qui demeurent efficaces pour des simulations avec un
horizon temporel plus long que lors de l’apprentissage. Cette étude est présentée à la section
5.2.
Enfin, les politiques développées sont analysées à travers diverses visualisations. Des indica-
teurs liés à différents objectifs d’opération permettent de conclure sur l’intérêt du stockage
hydrogène dans la configuration étudiée. Cette analyse est discutée dans la section 5.3.
79
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
Paramètre PPV
nom (kWc) Ebatt
nom (kWh) Pelec
nom (kW) PPAC
nom (kW)
Valeur 5 5 1 1
Table 5.1 – Dimensionnement des unités du micro-réseau pour son contrôle sur un an.
Bien que l’algorithme de DQN soit couramment employé, il existe différentes approches d’im-
plémentations qui lui sont associées. Certaines présentent des fonctionnalités supplémentaires,
comme le Prioritized Experience Replay (Schaul et al., 2016), le Double DQN (van Hasselt
et al., 2015), le dueling Deep Q-learning (Z. Wang et al., 2015). Chaque configuration du
DQN implémenté peut se distinguer par le nombre et la valeur de ses paramètres. Les
configurations varient car elles dépendent de l’environnement, des espaces d’état et d’action
associés et du système de récompense de l’agent. Les hyper-paramètres les plus répandus du
RL (𝛼, 𝜀, 𝛾) et un hyper-paramètre propre au DQN (𝑁cible ) ont été introduits au chapitre 2.
Les paramètres de l’algorithme de DQN employé et leur fonction sont présentés ici. Enfin,
une analyse de l’impact des différents paramètres est menée.
Implémentation du DQN
Le développement de la politique de contrôle d’un agent requiert trois modes d’interaction
avec son environnement : apprenttissage, validation et test.
80
Apprentissage d’une stratégie de contrôle du stockage hydrogène sur un horizon d’un an
81
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
3 - Test Une fois l’entraînement terminé, l’agent ayant obtenu le meilleur score de validation,
doit être testé. Ces tests sont réalisés avec des jeux de données différents de ceux de
l’entraînement et de la validation. Cela permet de vérifier que l’agent n’a pas été sujet
au sur-apprentissage et peut s’adapter à de nouvelles conditions de simulation. Les tests
permettent de comparer les scores de plusieurs agents indépendamment des données utilisées
lors de leur entraînement. C’est utile pour choisir un jeu de paramètres d’apprentissage sans
le biais du surapprentissage.
Le processus itératif de l’entraînement de l’agent est montré avec l’Algorithme 13. La phase de
test n’est pas représentée car elle intervient lorsque l’entraînement est terminé. Les paramètres
décrits balisent le fonctionnement de l’algorithme au cours de l’apprentissage. Leur impact
sur la politique apprise doit être maintenant explicité.
82
Apprentissage d’une stratégie de contrôle du stockage hydrogène sur un horizon d’un an
Jeux de données. Afin d’éviter le sur-apprentissage de l’agent sur les données d’entraîne-
ment, deux jeux de données ont été utilisés. Les données de productible PV proviennent
de la base de données SARAH-2 de PVGIS (Šúri et al., 2005). Les données de produc-
tible PV d’entraînement sont celles de la ville d’Albi en 2013 et les données de test
sont celles de la ville de Toulouse en 2018.
Paramètres immuables. Certains paramètres doivent être déterminés pour définir le cadre
de l’étude de sensibilité des autres paramètres. Les objectifs sont formulés de manière
à attribuer une récompense négative à l’agent lorsque de l’électricité est soutirée au
réseau central de distribution. La minimisation de cette pénalité revient à maximiser le
taux d’autoproduction 𝜏autoprod (voir Équation 4.38). Le système de récompense de
l’agent influence la politique apprise par l’agent. Les politiques développées par le biais
de systèmes de récompense différents feront l’objet d’une étude comparative dans cette
section.
L’agent est entraîné à chaque itération, c’est-à-dire à chaque fois qu’il interagit avec
l’environnement (ttrain = 1). La validation de la politique apprise par l’agent a lieu
toutes les 4 itérations (teval = 4). Le seuil de patience des agents validations vaut 1000.
83
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
Une stratégie de décroissance linéaire a été adoptée pour le taux d’exploration 𝜀, initié à une
valeur 𝜀ini = 1 et progressivement réduit pour atteindre une valeur minimale de 𝜀fin = 0.001.
La taille de la mémoire de relecture est d’un million de tuples. Le nombre d’itérations d’en-
traînement est donc 𝜀dec = 1 e6 puisque ttrain = 1. D’après l’Équation 5.1, 𝜏𝜀 vaut 0.99 e−6 .
Ainsi, l’exploration est maximale lorsque le nombre d’interactions échantillonnées dans la
mémoire est minimale. L’exploration diminue progressivement à mesure que la mémoire de
relecture se remplit. Ce mécanisme a permis d’atteindre un équilibre efficace entre exploration
et exploitation tout au long du processus d’apprentissage.
Taille de batch
La taille des batchs a été itérée sur les valeurs 32, 64, 128 et 256. La récompense cumulée
obtenue en test est similaire pour chaque taille de batch. En revanche, la Figure 5.1 montre
que l’amplitude des mises à jour du Q-réseaux Q𝜃 (aussi appelée fonction perte) est sujette à
des oscillations importantes pour des tailles de batchs plus faibles. Une taille de batch trop
petite peut entraîner des fluctuations perceptibles dans l’évolution de la fonction perte, créant
un certain niveau de bruit et d’oscillations durant l’entraînement (Smith et al., 2018). La
fonction perte est plus lisse quand la taille du batch augmente, ce qui stabilise l’apprentissage.
Des batchs plus grands ont été considérés mais les résultats de convergence et de politique
développée sont similaires au batch de taille 256 pour des besoins de mémoire et puissance
de calcul plus élevés. La courbe correspondant à une taille de batchs de 256 présente les plus
faibles oscillations et est retenue pour les étapes ultérieures de l’étude.
Fonction perte (lissée sur 10 itérations)
Taille de batch
Itérations d'entraînement
Figure 5.1 – Évolution de la fonction perte durant l’entraînement pour des tailles de
batchs différentes.
84
Apprentissage d’une stratégie de contrôle du stockage hydrogène sur un horizon d’un an
Taux d’apprentissage.
Taux d'apprentissage
Récompense cumulée reçue
Numéro de la validation
Figure 5.2 – Évolution des récompenses reçues au long des validations pour différents
taux d’apprentissage.
Facteur d'actualisation
Remplisage du réservoir d'hydrogène (%)
100
80
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Mois de l'année
Figure 5.3 – LOH durant un an de test pour des agents entraînés avec des facteurs
d’actualisation différents.
85
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
meilleures. 1 e−3 est un choix approprié qui équilibre vitesse d’apprentissage et stabilité de
convergence.
Facteur d’actualisation
Le facteur d’actualisation 𝛾 introduit au chapitre 2 permet de pondérer l’importance des
récompenses futures par rapport aux récompenses immédiates. Trois valeurs de 𝛾 ont été
testées : 0.99, 0.75 et 0.5. Les récompenses cumulées reçues au terme de l’entraînement sont
similaires dans les trois cas. Une visualisation du stockage hydrogène en fonction de 𝛾 est
représentée sur la Figure 5.3. Les couleurs de fond permettent de représenter les saisons : les
couleurs sont plus chaudes l’été et froides l’hiver. Chaque simulation commence en janvier,
période de l’année où le stockage d’énergie est limité en raison de conditions d’ensoleillement
défavorables et d’un niveau d’hydrogène initial à zéro. Il apparaît que la quantité d’hydrogène
stocké pour 𝛾 = 0.99 est supérieure. La quantité d’hydrogène présente dans le réservoir en
fin de simulation est plus importante. Le facteur d’actualisation 𝛾 = 0.99 est choisi.
Récompense cumulée reçue
Ncible
Numéro de la validation
Figure 5.4 – Évolution des récompenses cumulées au long des validations pour différents
intervalles de mise à jour du Q-réseau cible.
86
Apprentissage d’une stratégie de contrôle du stockage hydrogène sur un horizon d’un an
100
80
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Mois de l'année
87
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
100
80
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Mois de l'année
Figure 5.6 – LOH sur un an selon le système de récompense défini lors de l’entraînement
de l’agent.
Effet des différentes récompense. Puisque les objectifs de l’EMS peuvent varier selon
les besoins de l’utilisateur, il est essentiel d’examiner leur influence sur la stratégie adoptée
par l’agent. L’apprentissage de différents agents a été mené en utilisant plusieurs systèmes de
récompense (Père et al., 2022). La stratégie développée par un agent formé pour maximiser
le taux d’auto-production 𝜏autoprod en pénalisant le soutirage au réseau central (agent A) est
comparée à celle élaborée par un autre agent qui, en plus de maximiser 𝜏autoprod , cherche
également à maximiser le taux d’autoconsommation 𝜏autocons (agent B). L’agent B est
pénalisé à la fois pour l’énergie soutirée et injectée au réseau central de distribution. Les taux
d’autoconsommation et d’autoproduction ont respectivement été définis par les Équations
4.37 et 4.38. La quantité de H2 stocké selon le système de récompense est présentée sur la
Figure 5.6. L’agent B a stocké le plus d’énergie, avec un maximum atteint en octobre. Ce
système de récompense incite explicitement à minimiser les échanges avec le réseau central.
Les excès d’énergie étant pénalisés autant que les déficits, l’énergie produite est stockée
lorsqu’elle dépasse la consommation. L’agent A a stocké une quantité d’hydrogène légèrement
inférieure. Il a moins stocké l’énergie en excès. Cela peut s’expliquer par le faible rendement
de ce type de stockage et par la contrainte qu’a l’agent à l’utiliser à puissance fixe.
88
Apprentissage d’une stratégie de contrôle du stockage hydrogène sur un horizon d’un an
80
66%
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Mois de l'année
Figure 5.7 – LOH sur un an pour des agents ayant appris avec des initialisations
différentes pour le stockage d’énergie. Cas d’une simulation avec stockage initial à 66%
de sa capacité.
La politique résultante semble significativement différente pour les deux agents. Notamment,
l’agent entraîné avec un environnement initialisé avec un stockage vide atteint la capacité
maximale de stockage à plusieurs reprises sur l’environnement avec initialisation à 66%
(Figure 5.7).
80
60
40
20
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Mois de l'année
Figure 5.8 – LOH sur un an pour des agents ayant appris avec des initialisations
différentes pour le stockage d’énergie. Cas d’une simulation avec stockage initial vide.
Les politiques apprises sont aussi différentes sur l’environnement pour lequel la réserve de
H2 initiale est vide (Figure 5.8) : la courbe rouge est toujours au dessus de la courbe bleue.
L’agent qui a appris à contrôler un stockage hydrogène initialement vide a tendance à stocker
plus d’énergie.
89
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
Les différents taux d’autoproduction obtenus sur cet environnement par les agents entraînés
et par l’algorithme déterministe introduit au chapitre 4 sont comparés sur la Table 5.3.
Ils sont calculés uniquement sur cet environnement car la charge initiale du stockage long
terme biaise les résultats en augmentant le taux d’autoproduction sur l’autre environnement.
L’algorithme déterministe révèle un taux d’autoproduction inférieur par rapport aux deux
Algorithme 𝜏autoprod
Déterministe 0.78
DQN (LOH initial à 66 %) 0.94
DQN (LOH initial à 0 %) 0.97
agents de DQN. Il y a un écart de score de 3% entre les deux algorithmes de DQN. Il n’est
pas significatif malgré les différences observées dans l’évolution du stockage sur les deux
environnements.
Effet de la date initiale de simulation. Deux agents sont entraînés sur un environnement
dont les épisodes commencent à une date différente. Par défaut, la date initiale d’un épisode
est le 1er janvier. Le deuxième agent est entraîné sur des épisodes commençant au solstice
d’été, soit le 21 juin. L’énergie stockée sous forme de H2 pour les deux agents est présentée
sur la Figure 5.9 dans le cas d’une simulation commançant au solstice d’été.
100
80
60
40
20
0
6 7 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6
Mois de l'année
Figure 5.9 – LOH sur un épisode de test d’un an simulé avec épisodes commençant le
21 juin. La stratégie de deux agents est comparée, l’un entraîné sur cet environnement,
l’autre non.
Les taux d’autoproduction obtenus par les deux agents sont très proches et sont respectivement
de 0.9651 et 0.9690. La stratégie développée semble s’adapter à la date initiale des épisodes.
90
Contrôle à long terme avec dégradation de la batterie
91
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
dans cette section. L’impact de la température sur la dégradation de la batterie ainsi que sa
dégradation naturelle sont négligés.
Ebatt batt
max (𝑋) = Enom (1 − 𝛿(𝑋)) (5.2)
X est une variable propre à l’usage de la batterie. Elle peut être le nombre de cycles
d’utilisation, le SOC ou le DOD. Des fonctions de dégradation 𝛿(𝑋) seront employées pour
chaque modèle considéré.
Modèle de dégradation linéaire. Le modèle employé pour représenter la dégradation
linéaire de la batterie est basé sur le nombre de cycles (Le et al., 2023). Un cycle correspond
à une charge complète de la batterie suivie d’une décharge complète. La dégradation 𝛿 lin
peut s’écrire selon l’Équation 5.3.
92
Contrôle à long terme avec dégradation de la batterie
de cycle. Par exemple, une charge de 20% de la capacité de la batterie suivie d’une décharge
de 20% correspond à 0.2 cycle. Une charge seule de 30% équivaut à effectuer 0.15 cycle. Les
dégradations associées se calculent avec l’Équation 5.3.
Modèle de dégradation non-linéaire. Le modèle de dégradation non-linéaire retenu
dépend du DOD. Les formes les plus couramment adoptées pour représenter la capacité
dégradée par rapport à la capacité nominale de la batterie sont exponentielle, polynomiale et
sigmoïdale (Johnen et al., 2021). Les coefficients des fonctions de dégradation relatives sont
déterminés par des tests en laboratoire. Comme des données adaptées sur ces coefficients
sont publiés par Fallahifar et al., 2023 pour la batterie LiFePO4 , ce modèle est choisi pour
cette étude. La fonction de dégradation de la batterie s’exprime en fonction du DOD selon
l’Équation 5.4. (︁ )︁
deg (DOD) = 𝐴deg 2 deg
nl DOD + 𝐵nl DOD Enom
batt
(5.4)
𝐴deg deg
nl et 𝐵nl valent respectivement 4.83 e
−4
et 2.38 e−5 (Fallahifar et al., 2023). La dégradation
de la batterie 𝛿nl se détermine en décharge, donc lorsque le DOD augmente avec le temps,
par l’Équation 5.5.
∫︁ DOD(t+1)
𝛿nl (DOD(t + 1)) = 𝛿nl (DOD(t)) + deg(𝑥)𝑑𝑥 (5.5)
DOD(t)
1600
1400
Nombre d'occurences
1200
1000
800
600
400
200
0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
DOD
Figure 5.10 – Distribution des DOD calculés pendant la simulation sur un épisode
d’un an.
93
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
Le terme 𝛿𝑠batt est l’état correspondant à la dégradation de la batterie. Il est calculé selon
l’Équation 5.7 à chaque pas de temps.
Ebatt batt
nom − Emax (t)
𝛿𝑠batt (t) = (5.7)
Ebatt
nom
La récompense négative 𝛿𝑟batt liée à la dégradation est déterminée selon l’Équation 5.8 à
chaque pas de temps.
Ebatt batt
max (t) − Emax (t-1)
𝛿𝑟batt (t) = = − 𝛿𝑠batt (t) − 𝛿𝑠batt (t-1)
(︀ )︀
batt
(5.8)
Enom (t)
94
Contrôle à long terme avec dégradation de la batterie
batterie est modélisée de manière linéaire (agent A) et non-linéaire (agent B). Les agents
sont ensuite testés dans les deux environnements. Cette approche permet de comparer la
politique apprise par les agents dans ces différents contextes afin de déterminer l’impact de
la dégradation de la batterie et de sa modélisation sur le comportement de l’agent.
(A)
(B)
Année de test
Figure 5.11 – Énergie soutirée au réseau central dans un environnement pour lequel la
batterie se dégrade de manière linéaire (à gauche) et non-linéaire (à droite) en fonction
de l’environnement d’entraînement des agents.
Puissance pour une journée (kW)
(a) (b)
60
5000
Remplissage du réservoir
5
Capacité maximale de
50
d'hydrogène (%)
la batterie (Wh)
4 4500
40
3
30 4000
2
20
3500
1
10
0
0 3000
(c) (d)
l'énergie stockée dans la batterie
1e6
0.0
Récompenses cumulées
Moyenne quotidienne de
4
lissée sur 1 mois (kWh)
-0.4
3
-0.8
2
1 -1.2
0
-1.6
2005 2006 2007 2008 2011 2020 2010 2009 2012 2016 2005 2006 2007 2008 2011 2020 2010 2009 2012 2016
Année
Figure 5.12 – Visualisation d’indicateurs pour le contrôle par un agent entraîné sur
10 ans. (a) Distribution quotidienne de l’origine de l’approvisionnement en réponse à
une demande nette négative. (b) Quantité d’hydrogène stocké et capacité maximale de
la batterie. (c) Indicateurs statistiques sur la moyenne quotidienne du SOC sur une
période plus longue. (d) Décomposition des pénalités reçues par l’agent.
95
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
Énergie soutirée au réseau central. Les résultats sont illustrés à la Figure 5.11. Dans
l’environnement avec dégradation linéaire de la batterie (à gauche), l’agent A, entraîné dans
un environnement similaire, soutire moins d’énergie que l’agent B. La quantité d’électricité
soutirée est plus importante pour l’agent B à partir de la cinquième année. Cet écart se
creuse progressivement. Dans l’environnement incluant une modélisation non-linéaire de la
dégradation de la batterie (à droite), l’agent B soutire moins d’électricité que l’agent A dès
la troisième année. L’énergie soutirée est plus importante dans l’environnement avec une
dégradation non-linéaire de la batterie.
En se basant sur ces observations, il est possible de conclure que la manière dont la dé-
gradation de la batterie est modélisée a un impact sur le comportement appris par l’agent.
De plus, l’agent entraîné dans un environnement avec une modélisation de la dégradation
identique à celle de l’environnement de test obtient sytématiquement de meilleurs scores. La
politique apprise s’adapte au modèle de dégradation de la batterie. Pour la suite de l’étude,
la modélisation non-linéaire de la dégradation de la batterie est adoptée afin de vérifier la
capacité de l’algorithme à garantir une politique de contrôle correcte dans un environnement
plus complexe.
96
Contrôle à long terme avec dégradation de la batterie
données de productible PV sont les mêmes que pour les environnements de la sous-section
5.2.2. La performance des politiques sera évaluée en se basant sur la quantité d’énergie
soutirée du réseau central.
Premiers résultats. Les résultats observés selon l’horizon temporel d’entraînement sont
montrés dans la Table 5.4.
L’énergie soutirée au réseau central est nettement inférieure pour un agent entraîné sur un
horizon temporel de 10 ans. Dans cette configuration, il est préjudiciable de réduire l’horizon
temporel en phase d’apprentissage tout en conservant un taux d’autoproduction acceptable.
Table 5.4 – Énergie soutirée sur un épisode de test sur 10 ans selon l’horizon temporel
de l’entraînement des agents.
Puissance pour une journée (kW)
(a) (b)
Remplissage du réservoir
5000
5 26.4
Capacité maximale de
d'hydrogène (%)
la batterie (Wh)
4 4500
17.6
3
4000
2
8.8
1 3500
0
0
(c) (d)
l'énergie stockée dans la batterie
1e6
4 0.0
Récompenses cumulées
Moyenne quotidienne de
3 -0.5
2
-1.0
1
-1.5
0
2005 2006 2007 2008 2011 2020 2010 2009 2012 2016 2005 2006 2007 2008 2011 2020 2010 2009 2012 2016
Année
97
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
La Figure 5.13 présente les différentes visualisations d’indicateurs liés au contrôle du micro-
réseau par un agent entraîné et testé sur un horizon temporel de 10 ans. On observe des
différences avec la Figure 5.12 (agent avec 5 états observables). L’énergie soutirée au réseau
central de distribution augmente et la dégradation de la batterie est plus faible (Figure 5.13
(a) et (d)). La récompense négative reçue pour l’énergie soutirée devient plus importante
que celle liée à la dégradation de la batterie. Sur la Figure 5.13 (b), on observe que les
courbes de la quantité de H2 stocké sont moins lisses et les pics sont de plus faible amplitude.
La présence de bruit dans les actions de charge et de décharge empêche une accumulation
de l’énergie dans le réservoir. L’aspect bruité de l’énergie stockée résultant des actions de
l’agent suggère une convergence vers une politique qui semble différente des stratégies de
contrôle précédemment développées. L’ajout d’une dimension à l’espace d’états complexifie
l’entraînement. L’agent doit prendre en compte une information supplémentaire à chaque
itération. Les différences dans la forme du stockage H2 pourraient provenir d’un entraînement
instable.
Ajustement des paramètres d’apprentissage. Sous l’hypothèse que l’ajout d’un état
supplémentaire nuit à la convergence de l’apprentissage de l’agent avec les paramètres utilisés,
une nouvelle étude paramétrique a été menée. Les résultats en phase de validation sont
meilleurs pour une fréquence d’entraînement de ttrain = 4, un facteur d’actualisation de
𝛾 = 0.99, avec une taille de batch de 64. La Figure 5.14 montre les visualisations associées
au test de l’agent sur 10 ans après la modification des paramètres.
Les pénalités, énergie soutirée et dégradation de la batterie, sont inférieures (Figure 5.14 (d))
à celles de l’agent entraîné avec 5 états observables. La batterie est légèrement plus dégradée
qu’avant l’ajustement des paramètres d’apprentissage mais l’énergie soutirée au réseau central
est bien plus faible. La Figure 5.14 (a) montre que le réseau central n’approvisionne pas le
micro-réseau sur une année complète. Enfin, les actions de l’agent sur le stockage d’hydrogène
semblent plus lisses et la quantité d’hyrogène stocké est trois fois plus élevée (Figure 5.14
(b)). On remarque toutefois que l’amplitude des pics de stockage d’énergie l’été diminue avec
le temps de simulation.
Puissance pour une journée (kW)
(a) (b)
5000
Remplissage du réservoir
5
Capacité maximale de
100
d'hydrogène (%)
la batterie (Wh)
4 4500
80
3
60 4000
2
40
3500
1
20
3000
0
0
(c) (d)
l'énergie stockée dans la batterie
1e6
4 0.0
Récompenses cumulées
Moyenne quotidienne de
3
-0.5
2
-1.0
-1.5
0
2005 2006 2007 2008 2011 2020 2010 2009 2012 2016 2005 2006 2007 2008 2011 2020 2010 2009 2012 2016
Année
Figure 5.14 – Visualisation d’indicateurs pour le contrôle par un agent entraîné sur
10 ans avec un espace d’états à 6 dimensions après modification des paramètres. (a)
Distribution quotidienne de l’origine de l’approvisionnement en réponse à une demande
nette négative. (b) Quantité d’hydrogène stocké et capacité maximale de la batterie. (c)
Indicateurs statistiques sur la moyenne quotidienne du SOC sur une période plus longue.
(d) Décomposition des pénalités reçues par l’agent.
98
Analyse de la stratégie de contrôle et évaluations avec des indicateurs clés
99
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
25
20
15
10
0
2006-01 2006-03 2006-05 2006-07 2006-09 2006-11 2007-01
25
Électrolyseur
Nombre d'utilisation de l'unité
20 PAC
15
10
0
2016-01 2016-03 2016-05 2016-07 2016-09 2016-11 2017-01
Date
100
Analyse de la stratégie de contrôle et évaluations avec des indicateurs clés
Description des figures. Les Figures 5.17 et 5.18 montrent la répartition des flux entrants
dans le micro-réseau sur une semaine d’été et d’hiver respectivement au début et en fin
de simulation. Ces semaines ont été choisies car la demande nette suit une évolution
comparable sur les deux années étudiées. La courbe de demande nette (rouge) corres-
pond à la soustraction de la production PV à la demande. L’influence de la production
PV est nettement observable puisque la demande nette est négative en journée. Les flux
négatifs indiquent que la puissance sort du micro-réseau, c’est le cas lorsque l’énergie
est injectée au réseau central ou lorsque les systèmes de stockage se chargent.
L’usage de l’électrolyseur et de la PAC sont respectivement représentés par des traits
verticaux vers le bas et vers le haut. La puissance demandée pour l’électrolyse est
supérieure à la puissance produite par l’utilisation de la PAC. En effet, le rendement
d’électrolyse influence la quantité d’énergie effectivement stockée mais pas le flux éner-
gétique sortant du micro-réseau. Inversement, le rendement de la PAC diminue le flux
énergétique reçu par le micro-réseau par rapport à la puissance sortante du stockage
H2 .
L’intensité de couleur de la courbe de puissance de la batterie est inversement propor-
tionnelle au SOC. Pour plus de visibilité, toutes les figures agrandies représentant ainsi
les flux énergétiques hebdomadaires sont à disposition en Annexe A.2.
Été. Sur la Figure 5.17, l’électrolyseur semble être utilisé exclusivement lorsque la demande
nette est négative et plus particulièrement lorsque la batterie est rechargée. Ce phéno-
mène s’observe sur la zone A de la Figure 5.17. L’électrolyseur est employé lorsque la
puissance d’utilisation de la batterie passe de valeurs négatives à zéro. Les conditions
d’utilisation de l’électrolyseur semblent moins restrictives en fin de simulation puisqu’il
est employé plusieurs fois alors que sa puissance dépasse la demande nette en valeur
absolue. Cela provoque des décharges de la batterie pour rétablir l’équilibre (zone B).
Le SOC se situe régulièrement à un niveau faible lorsque la demande nette est positive
en fin de simulation, ce qui provoque l’utilisation de la PAC (zone C) et fait diminuer la
quantité d’hydrogène stocké. L’affaiblissement du niveau du SOC en fin de simulation
plutôt qu’au début pourrait être lié à la forte dégradation du système de stockage.
A 1.00
0
-1
-2 0.75
-3
0.50
C
Flux de puissance (kW)
-1
B 0.25
-2
-3
0.00
Figure 5.17 – Flux énergétiques du micro-réseau pour une semaine d’août en début
(2005) et en fin (2016) de simulation.
Hiver. Les différents flux énergétiques en périodes moins ensoleillées (octobre 2005 et 2016)
sont représentés sur la figure 5.18. La visualisation montre que la batterie atteint des
faibles SOC pour les deux années (zones A). La PAC est utilisée en soutien de la batterie
et intervient comme génération électrique supplémentaire lorsque le SOC de la batterie
101
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
est trop faible (zones A). Le SOC est plus fréquemment faible en fin de simulation (2016).
1
A 1.00
-1
0.75
-2
-3
SOC
09/10/05 14/10/05 15/10/05
0.50
1
A B C
Flux de puissance (kW)
0.25
-1
-2
-3
0.00
Figure 5.18 – Flux énergétiques du micro-réseau pour une semaine d’octobre en début
(2005) et en fin (2016) de simulation.
En fin de simulation, la PAC est employée pour remplacer la batterie dégradée afin de
subvenir aux demandes à court terme. L’amplitude des pics d’énergie stockée est réduite à
cause de cet usage répété de la PAC pendant des périodes ensoleillées (Figure 5.17). De ce
fait, le stockage H2 se vide rapidement lors des périodes peu ensoleillées alors que la batterie
est dégradée. Les besoins de consommation sont donc en grande partie satisfaits par le réseau
central (5.18) à la fin de la simulation.
La dégradation trop importante de la batterie empêche le stockage hydrogène de se remplir
convenablement en été et intensifie sa fréquence de décharge en hiver. Cette hypothèse peut
se vérifier en confrontant la stratégie de l’EMS à celle apprise dans un environnement où la
batterie est remplacée lorsqu’elle est usée.
102
Analyse de la stratégie de contrôle et évaluations avec des indicateurs clés
Remplissage du réservoir
Capacité maximale de
5000
5
100
d'hydrogène (%)
la batterie (Wh)
4 4600
80
3
60
4200
2
40
1 3800
20
0
0
l'énergie stockée dans la batterie
1e6
4 0.0
Récompenses cumulées
Moyenne quotidienne de
3 -0.5
2 -1.0
1 -1.5
0 -2.0
2005 2006 2007 2008 2011 2020 2010 2009 2012 2016 2005 2006 2007 2008 2011 2020 2010 2009 2012 2016
Année
1.00
0
-1
-2 0.75
-3
0.50
Flux de puissance (kW)
-1 0.25
-2
-3
0.00
Figure 5.20 – Flux énergétiques du micro-réseau pour une semaine d’août en début
(2005) et en fin (2016) de simulation. L’environnement inclut un remplacement des
batteries usées.
Analyse des flux énergétiques avec remplacement de la batterie. Les flux énergé-
tiques en simulation pour l’agent ayant appris sur cet environnement sont présentés sur les
Figures 5.20 et 5.21. En période ensoleillée (août), la PAC est peu utilisée en début et en
fin de simulation (voir zones en pointillés sur la Figure 5.20). Ce comportement ressemble à
103
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
la stratégie observée sur la Figure 5.17. La politique de stockage de l’hydrogène sur cette
semaine semble dépendre de la capacité de la batterie.
Un comportement nouveau est observé sur la Figure 5.21 : l’agent semble prioriser l’utilisation
de la batterie par rapport à celle de la PAC. Ce phénomène est particulièrement visible sur
les zones en pointillés de la Figure 5.21. Le SOC de la batterie diminue considérablement
lorsque la demande nette est positive, ce qui se traduit par des DOD élevés et donc une
usure plus importante de la batterie. Cette moindre utilisation de la PAC explique la raison
pour laquelle le LOH n’est presque jamais nul.
Contrainte de SOC. Pour observer la politique adoptée par l’agent sans usure drastique
de la batterie, un environnement dont le SOC de la batterie est contraint a été établi. Sur cet
environnement, le SOC est contraint entre 30% et 80%. Ainsi, la dégradation de la batterie est
limitée (voir section 5.2). L’EMS doit compter sur une capacité et une puissance plus faible
du stockage à court terme. Les résultats obtenus après l’apprentissage sont présentés sur la
Figure 5.22. La Figure 5.22 (a) montre que la part de la batterie est fréquemment plus faible
que celle du stockage hydrogène dans la satisfaction de la demande. L’électricité est toujours
soutirée du réseau central de distribution pour équilibrer la production et la demande. La
batterie semble sous-dimensionnée dans cette configuration du micro-réseau. La Figure 5.22
(b) illustre une utilisation à court terme du stockage hydrogène. Bien que la batterie soit
moins dégradée (Figure 5.22 (c,d)), la viabilité et l’autonomie du micro-réseau sont faibles
car une grande quantité de l’énergie consommée est importée. La capacité disponible de
la batterie influence la politique de contrôle apprise par un agent. L’intérêt du stockage
hydrogène comme stockage long terme semble amoindri à mesure que la puissance transmise
par la batterie diminue. L’hydrogène tend alors à se comporter comme un substitut de la
batterie et sert de stockage à court terme.
1
1.00
-1
0.75
-2
-3
SOC
1
Flux de puissance (W)
0.25
-1
-2
-3
0.00
Figure 5.21 – Flux énergétiques du micro-réseau pour une semaine d’octobre en début
(2005) et en fin (2016) de simulation. L’environnement inclut un remplacement des
batteries usées.
104
Analyse de la stratégie de contrôle et évaluations avec des indicateurs clés
Remplissage du réservoir
5
Capacité maximale de
100
d'hydrogène (%)
4800
la batterie (Wh)
4
80
3 4600
60
2 4400
40
1
20 4200
0
0
(c) (d)
l'énergie stockée dans la batterie
1e6
0
Récompenses cumulées
Moyenne quotidienne de
3
-1
2.5
-2
2
-3
1.5
-4
2005 2006 2007 2008 2011 2020 2010 2009 2012 2016 2005 2006 2007 2008 2011 2020 2010 2009 2012 2016
Année
5000
100
4500
80
4000
60
3500
40
3000
20
0
2005 2006 2007 2008 2011 2020 2010 2009 2012 2016
Influence de la demande
On étudie ici l’influence du niveau de demande électrique sur la politique apprise par l’agent
lors de son entraînement.
Un entraînement a été réalisé à partir de nouvelles données de consommation. Ces données,
fournies par Enedis, correspondent à la consommation moyenne d’un foyer français sur
un an, soit 4679 kWh/an. Cette demande est sensiblement supérieure aux consommations
utilisées jusqu’à présent (2220 kWh/an). La capacité nominale de la batterie et la puissance
105
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
nominale des panneaux PV restent inchangées. Le SOC de la batterie n’est pas contraint, sa
valeur est comprise entre 0 et 1. La politique de contrôle apprise par l’agent est présentée
sur la Figure 5.23. On peut observer que les pics d’hydrogène stocké sont à nouveau de
faible amplitude, avec une valeur maximale de 58,9 kWh. Une diminution de la puissance PV
installée entraînerait un effet similaire dans la politique de contrôle. L’intérêt d’un stockage
long terme d’énergie dans un micro-réseau dépend ainsi fortement du niveau de demande
et/ou des capacités de production et de stockage. Une demande trop importante - ou des
productions ou capacités de batteries trop faibles - entraînent donc l’EMS à piloter le stockage
hydrogène à un usage court terme.
Indicateurs économiques
0.22
0.20
Prix (€/kWh)
0.18
0.16
0.14
14
16
18
20
22
24
20
20
20
20
20
20
Année
Figure 5.24 – Évolution du prix de l’électricité en France (source des données : EDF).
Le coût nivelé de l’énergie (LCE), introduit avec l’Équation 1.1, permet de déterminer le
coût d’un kWh électrique en considérant à la fois le CAPEX et l’OPEX du micro-réseau.
Pour l’étude de la viabilité économique du micro-réseau (relié au réseau central), le LCE
doit être comparé à une valeur seuil comme par exemple le tarif d’électricité proposé par
un fournisseur. Ce tarif influence le coût d’opération du micro-réseau puisqu’il permet de
déterminer le coût de l’électricité achetée et vendue. Depuis août 2023, le tarif d’électricité
est de 0,2276 €/kWh en France (voir l’évolution de ce tarif ces dix dernières années sur la
Figure 5.24). Le tarif de revente d’électricité est de 0,1339 €/kWh pour un particulier en
autoconsommation avec une installation PV de puissance inférieure à 9 kWc (source : EDF
ENR). L’Équation 5.10 donne la formule de calcul du LCE. Seules la demande, l’injection
et le soutirage d’électricité sont fonction du temps et vont dépendre du fonctionnement du
106
Analyse de la stratégie de contrôle et évaluations avec des indicateurs clés
micro-réseau.
T
∑︁ Ccomp + Pelec elec PAC PAC PV PV batt batt
nom Cinv + Pnom Cinv + Pnom Cinv + Pnom Cinv + Esout (t)Csout − Einj (t)Cinj
LCE =
t=0
D(t)
(5.10)
T est l’horizon temporel d’opération du micro-réseau.
Résultats. Le LCE moyen obtenu sur un horizon de 10 ans, avec dégradation non-linéaire
de la batterie et sans remplacement est de 0,2758 €/kWh. Il est significativement meilleur
que le LCE obtenu avec un algorithme basé sur des règles, pour lequel il est de 0,4123 €/kWh.
Cependant, il reste supérieur au tarif du réseau centralisé. Le micro-réseau n’est donc pas
attractif de ce point de vue. La répartition des coûts dans le calcul du LCE est représentée
sur la Figure 5.25 pour les deux algorithmes.
On observe que la part de l’achat d’électricité au réseau central est très faible lorsque le DQN
est déployé. L’opération du micro-réseau génère davantage de revenus grâce à l’injection
d’électricité qu’elle n’engendre de coûts dus au soutirage. Lorsque le revenu d’injection et le
coût de soutirage sont négligés, le LCE calculé vaut 0,2833 €/kWh.
107
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
hydrogène, il pourrait être remplacé par une batterie de capacité plus haute, pour un coût
moindre.
1.0
0.9
0.8
0.7
0.6
b.
b.
r
er
re
em
t
in
ie
ai
s
il
ût
e
em
em
i
ar
ob
vr
nv
Ju
ill
M
Av
Ao
pt
M
Ju
Fé
ov
ct
éc
Ja
Se
108
Analyse de la stratégie de contrôle et évaluations avec des indicateurs clés
a une probabilité moyenne de 6, 46% de ne pas pouvoir satisfaire les demandes à chaque pas
de temps, ce qui n’est pas suffisant pour assurer une bonne autonomie (H. Yang et al., 2008).
0.35
0.30
0.25
0.20
0.15
0.10
0.05
0.00
11
20
09
12
16
06
07
08
10
05
20
20
20
20
20
20
20
20
20
20
Enfin, le ratio d’excès d’énergie (REE) et la fraction d’énergie renouvelable (FER) (voir
Équations 1.2 et 1.3) valent respectivement 33.6% et 98.0%. Cette valeur de FER montre
que l’énergie consommée est en très grande majorité d’origine renouvelable. En revanche, le
REE est trop élevée : l’énergie injectée au réseau central représente un tiers de l’électricité
produite et importée. Les panneaux PV sont bien dimensionnés pour subvenir aux besoins
de consommation électrique des utilisateurs, mais une plus grande capacité de batterie
permettrait d’absorber l’énergie excédentaire pour minimiser le REE.
109
Contrôle à long terme du système de stockage d’un micro-réseau
importante.
(︁ Le )︁
contrôle du micro-réseau équipé d’une batterie ayant une capacité supérieure
Ebatt
nom = 8kWh montre de bons résultats pour l’autonomie du micro-réseau et pourrait être
déployé pour fonctionner en mode îloté. En revanche, le taux d’autoconsommation et le REE
suggèrent que le surplus d’électricité d’origine renouvelable produite pourrait être mieux
valorisé.
La demande nette a un impact fort sur le rôle du stockage hydrogène au sein du micro-réseau.
Plus la demande nette est élevée et plus le stockage hydrogène est utilisé comme substitut
de la batterie. Le stockage hydrogène se comporte comme un stockage à long terme si la
capacité de la batterie est augmentée avec la demande. La Table 5.6 résume les résultats
obtenus avec des simulations incluant des demandes électriques plus importantes.
Lorsque l’agent est entraîné à minimiser à la fois l’énergie injectée et soutirée au micro-réseau,
le taux d’autoconsommation augmente et le REE diminue. Les revenus de la vente d’électricité
au réseau central contribuent à la diminution du LCE. De plus, une dégradation des taux
d’autoproduction, FER et LPSP est constatée.
Les LPSP observés montrent qu’aucune de ces configurations ne pourrait subvenir convena-
blement aux demandes de consommation si le micro-réseau fonctionne en mode îloté.
5.4 Conclusion
Dans ce chapitre, l’application du RL au contrôle du stockage à long terme dans un micro-
réseau a été explorée. Initialement, l’analyse de l’apprentissage et de la politique adoptée
par l’agent a été réalisée sur un horizon temporel d’une année. Pour optimiser l’efficacité
de l’apprentissage, les hyper-paramètres de l’agent DQN ont été sélectionnés en utilisant
110
Conclusion
une méthode de recherche par grille. Il a été démontré que l’agent est capable d’apprendre
efficacement avec plusieurs systèmes de récompense s’ils octroient des récompenses similaires
en termes d’ordre de grandeur et de fréquence d’attribution. Une étude de sensibilité sur la
capacité à généraliser la politique apprise a montré une adaptabilité à la date initiale d’un
épisode, mais pas à la charge initiale de la réserve d’hydrogène H2 au début d’un épisode.
Plusieurs modèles de dégradation de la batterie ont été établis : un modèle linéaire basé sur
le nombre de cycles d’utilisation de la batterie et un modèle non linéaire dépendant du DOD
instantané. Ces modèles ont été intégrés dans le module de la batterie de l’environnement et
un horizon temporel de simulation étendu a été utilisé pour mesurer leur impact. Il a été
observé que le choix du modèle de dégradation a une influence sur la politique apprise par
l’agent. Cela souligne l’adaptabilité de la politique apprise en fonction des interactions de
l’agent avec l’environnement.
Enfin, l’analyse de la stratégie développée par l’EMS montre que le rôle du stockage hydrogène
varie selon les conditions de l’environnement. Bien qu’il soit autonome, le micro-réseau n’est
pas rentable pour une demande faible dans la configuration choisie. Il l’est pour une demande
plus conséquente mais en stockant une quantité très limitée d’énergie à long terme. Il n’est donc
pas résilient pour une forte demande et les configurations, notamment le dimensionnement
des unités, doivent être adaptées afin qu’il puisse fonctionner en mode îloté. L’étude du
dimensionnement sous contrôle optimal du micro-réseau est donc essentielle pour assurer un
système stable et rentable.
111
Dimensionnement sous contrôle
6
optimal
6.1 Transfert de politique de contrôle par apprentissage par renforcement hors ligne 113
6.1.1 Formulation du problème de transfert de politique par apprentissage par
renforcement hors ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
6.1.2 Application de l’apprentissage par renforcement hors ligne et choix des
paramètres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
6.1.3 Analyse et conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
6.2 Méthode d’optimisation globale par méta-heuristique pour le dimensionnement
bi-niveaux du micro-réseau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
6.2.1 Caractérisation du problème d’optimisation et choix d’un algorithme . 121
6.2.2 Recuit simulé pour le dimensionnement du micro-réseau . . . . . . . . . 125
6.3 Résultats de l’optimisation bi-niveaux du micro-réseau et analyse de la métho-
dologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
6.3.1 Analyse des résultats d’optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
6.3.2 Évaluation de la convergence et du temps de calcul dans le processus
d’optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
6.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
113
Dimensionnement sous contrôle optimal
Le dimensionnement du micro-réseau s’effectue sur deux niveaux. À haut niveau (en boucle
principale ou externe), les caractéristiques des équipements du micro-réseau sont choisies
selon un coût global économique. Les variables de dimensionnement sont la puissance crête
des panneaux photovoltaïques (PV) PPV batt
nom et la capacité nominale de la batterie Enom dans
le travail présenté. Un algorithme d’optimisation est employé pour choisir les valeurs qui
minimisent le coût économique global. Ces coûts globaux dépendent notamment du contrôle
du micro-réseau, qui est effectué à plus bas niveau (en sous-boucle ou boucle interne) et des
coûts d’investissement et de maintenance. La politique de contrôle développée dépend du
dimensionnement du micro-réseau, et doit être apprise pour tout nouveau dimensionnement,
c’est-à-dire pour chaque itération de la boucle principale.
Ainsi dans le cadre d’une conception optimale du micro-réseau par une approche bi-niveaux,
il sera nécessaire qu’à chaque itération de l’optimiseur où de nouveaux dimensionnements
sont choisis, un nouvel agent soit entraîné pour générer une meilleure politique de contrôle de
l’EMS. Par conséquent, le dimensionnement bi-niveaux du micro-réseau implique la réalisation
d’une multitude d’entraînements. Cette section établit une méthodologie visant à réduire
le temps d’entraînement de l’agent. Contrairement à la section 5.1 du chapitre précédent,
les études vont être menées pour plusieurs dimensionnements afin de vérifier l’intérêt de la
méthodologie proposée. Comme dit précédemment, les variables de dimensionnement sont la
puissance nominale des panneaux PV installés PPV nom et la capacité nominale de la batterie
batt
électrochimique
[︁ E nom
]︁ . Un agent associé à l’EMS du micro-réseau dont le dimensionnement
PV,𝑗 batt,𝑗
est Pnom , Enom est appelé agent 𝑗.
La méthodologie développée consiste à utiliser la politique de contrôle de l’EMS pour alimenter
la mémoire de relecture d’un agent 𝑖 au début de son apprentissage. L’objectif attendu est une
réduction du temps d’entraînement sans dégrader la politique apprise. En effet, la suppression
de la phase d’exploration initiale doit permettre de réduire le nombre d’itérations nécessaires.
L’EMS dont la politique est réemployée pour accélérer l’entraînement d’un [︁ autre EMS]︁ est
appelé démonstrateur. Le démonstrateur interagit avec l’environnement PPV,𝑖 batt,𝑖
nom , Enom de
l’agent 𝑖. Ses actions sont donc choisies à partir d’une politique apprise sur un environnement
au dimensionnement différent.
Une fois la mémoire de relecture complétée par le démonstrateur, l’agent 𝑖 apprend de manière
hors ligne (sans interagir avec l’environnement). L’algorithme utilisé pour l’apprentissage
hors ligne est le BCQ (voir section 2.3).
Pendant le processus d’optimisation bi-niveaux, un EMS peut soit apprendre à partir de
sa propre interaction avec son environnement avec l’algorithme de DQN soit apprendre
de manière hors ligne en observant les interactions d’un autre EMS déjà entraîné grâce à
l’algorithme de BCQ. L’apprentissage par BCQ n’est possible que si d’autres agents ont déjà
été entraînés lors d’itérations antérieures dans le processus d’optimisation. Un schéma de
principe de l’utilisation de BCQ pour la méthodologie proposée d’optimisation bi-niveaux
est présenté sur la Figure 6.1.
114
Transfert de politique de contrôle par apprentissage par renforcement hors ligne
L’algorithme de BCQ a été présenté au chapitre 2, nous rappelons ici l’Équation 2.54 :
Cet algorithme entraîne un agent 𝑖 à choisir une action 𝑎 depuis un état 𝑠 selon sa proba-
bilité d’être prise par le démonstrateur et son potentiel dans l’environnement de l’agent 𝑖.
L’algorithme de BCQ nécessite qu’un démonstrateur existe et ne peut donc pas être utilisé
dès la première itération de dimensionnement du micro-réseau. Pour la mise en œuvre de
BCQ dans ce travail, deux hypothèses sont formulées :
Afin de vérifier ces hypothèses, des comparaisons entre l’apprentissage effectué selon la
méthodologie proposée et des méthodes plus classiques ont été effectuées. En particulier, les
temps d’entraînement et les taux d’autoproduction 𝜏autoprod sont systématiquement comparés
à ceux obtenus avec l’algorithme de DQN et un algorithme basé sur des règles. Dans cette
section, les performances de l’agent obtenu seront évaluées sur des données de productible
PV de 2018 alors que les entraînements sont menés sur des données de 2020.
115
Dimensionnement sous contrôle optimal
Différence de productible PV journalier répartie mensuellement (données 2020 - données 2018, PVgis SARAH2)
6000
4000
Différence journalière entre les données de l'année 2020 et 2018
de productible PV cumulée chaque jour pour 1kWc installé (Wh)
2000
−2000
−4000
−6000
−8000
Janvier Fevrier Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Decembre
Mois
La Figure 6.2 montre les différences de productible PV journalier pour une installation de
1 kWc entre les données d’entraînement et les données de test. Le productible PV quotidien
moyen est de 3540 Wh pour l’ensemble des données. Les disparités entre les données d’entraî-
nement et de test sont significatives.
L’agent 𝑗 déjà entraîné dont le but est de fournir la mémoire de relecture de l’agent 𝑖 est
appelé voisin de l’agent 𝑖. Deux critères sont définis pour identifier quels sont les agents
voisins de l’agent 𝑖 :
116
Transfert de politique de contrôle par apprentissage par renforcement hors ligne
— Le nombre minimum J de voisins nécessaires pour que l’agent 𝑖 soit entraîné avec
l’algorithme de BCQ plutôt qu’avec l’algorithme de DQN.
Hyper-paramètres Valeur
𝜏BCQ 0.3
Probabilité d’action aléatoire dans un épisode à bruit important 0.3
𝑝 0.9
𝜖 0.05
Si les distances dj sont inférieures à dmax pour au moins J environnements, alors l’agent 𝑖 sera
entraîné de manière hors ligne avec un algorithme de BCQ. Si ce n’est pas le cas, l’agent 𝑖 sera
entraîné avec l’algorithme de DQN et interagira directement avec son environnement pendant
l’apprentissage. Afin de déterminer dmax et J, le taux d’autoproduction obtenu en phase de
test selon le nombre de voisins et leur distance à l’environnement 𝑖 est considéré. Pour éviter
la surreprésentation d’états similaires dans la mémoire de relecture pouvant compromettre la
capacité de généralisation d’un agent entraîné par BCQ, des décisions aléatoires sont prises
lors de chaque épisode avec une certaine probabilité :
Ces probabilités d’exploration sont des hyper-paramètres choisis par l’utilisateur. La version
discrète de BCQ utilisée admet également 𝜏BCQ comme hyper-paramètre supplémentaire
(voir section 2.3). La valeur des hyper-paramètres utilisés est précisée dans la Table 6.1.
L’échantillonnage et le stockage dans la mémoire de relecture pour entraîner un agent 𝑖 de
BCQ à partir des interactions avec un démonstrateur 𝑗 sont présentée sur la Figure 6.3.
Sur cette figure, un démonstrateur unique est considéré et les tuples des séquences échantillon-
nées en interaction avec l’environnement 𝑖 occupent la totalité de la mémoire de relecture.
Lorsque plusieurs démonstrateurs sont voisins avec l’agent 𝑖, chacun interagit avec l’envi-
ronnement 𝑖 de manière à générer une proportion égale d’échantillons dans la mémoire de
relecture. L’entraînement d’un agent via BCQ commence une fois sa mémoire de relecture
complète. Comme indiqué dans les travaux de Fujimoto et al., 2019, l’algorithme de BCQ
montre de bonnes performances pour une mémoire contenant au moins un million de tuples.
Un épisode se termine après une prise de décision à chaque heure pendant un an. 8759
tuples de type {s,a,R,s’} sont donc échantillonnés pendant un épisode. Un million de tuples
sont collectés par interaction avec l’environnement en 115 épisodes. Par conséquent, les
interactions entre les démonstrateurs et l’environnement génèrent 115 épisodes.
117
Dimensionnement sous contrôle optimal
8 5
0
0.90 0.88 0.92 0.94 0.96 0.98 1.00
Taux d'autoproduction
L’étude paramétrique pour déterminer dmax et J s’effectue avec les variables de dimension-
nement égales à [5 kWc, 5 kWh]. Dans un premier temps, l’agent de BCQ est entraîné avec
118
Transfert de politique de contrôle par apprentissage par renforcement hors ligne
un unique démonstrateur dans le but d’évaluer la distance minimale entre les variables de
dimensionnement des deux environnements. Les résultats obtenus sont représentés sous forme
d’histogramme sur la Figure 6.4.
L’histogramme présente la répartition des scores suite à l’entraînement d’agents avec un seul
voisin démonstrateur. Chaque couleur représente la distance d entre l’environnement et le
démonstrateur. Il est observé que les performances sont globalement supérieures avec d = 1.
Des écarts entre les différents taux d’autoproduction sont observés pour des agents entraînés
avec un voisin situé à une distance supérieure. La valeur associée à dmax est donc 1 pour
garantir une politique de contrôle performante selon le taux d’autoproduction. Ainsi, les
démonstrateurs sont tous les agents entraînés pour lesquels la distance euclidienne entre le
dimensionnement de leur environnement d’entraînement et de l’environnement 𝑖 vaut 1.
Une seconde expérience est mise en œuvre en variant le nombre de démonstrateurs pour
alimenter la mémoire de relecture de l’agent entraîné. Les résultats de l’expérience précédente
sont pris en considération pour relever le nombre de démonstrateurs voisins de l’agent 𝑖
parmi les démonstrateurs impliqués. Ceux-ci sont situés à une distance d = 2 au maximum.
Les histogrammes montrant le nombre d’occurrences de scores par tranche de taux d’au-
toproduction après entraînement sont montrés en fonction du nombre de voisins impliqués
dans la génération de la mémoire de relecture de l’agent entraîné sur la Figure 6.5. La figure
est scindée en deux graphiques, l’un exposant les résultats pour une mémoire générée par
deux démonstrateurs et l’autre pour une mémoire générée par trois démonstrateurs.
2 démonstrateurs 3 démonstrateurs
Nombre de voisins (d=1) Nombre de voisins (d=1)
2 3
14 1 14 2
0 1
0
12 12
Nombre d'occurrences
10 10
8 8
6 6
4 4
2 2
0 0
0.90 0.92 0.94 0.96 0.98 1.00 0.90 0.92 0.94 0.96 0.98 1.00
Taux d'autoproduction Taux d'autoproduction
Figure 6.5 – Histogrammes montrant les taux d’autoproduction obtenus en fin d’entraî-
nement de BCQ avec 2 démonstrateurs (à gauche) et avec 3 démonstrateurs (à droite)
en fonction du nombre de voisins parmi les démonstrateurs.
En l’absence de démonstrateur voisin de l’agent 𝑖 entraîné, les scores présentent une variation
plus élevée dans les deux cas. La qualité (mesurée par le taux d’autoproduction) de la
politique de contrôle de l’agent augmente globalement avec la proportion de voisins parmi
les démonstrateurs. Les scores obtenus sont considérés comme acceptables lorsque pour
n démonstrateurs, n-1 sont voisins de l’agent 𝑖. En revanche, puisque la proportion de
voisins dans le nombre de démonstrateurs influe sur la qualité de la politique apprise, les
démonstrateurs utilisés seront voisins de l’agent 𝑖 pour son entraînement. Le nombre minimal
de voisins requis pour entraîner un agent via la méthodologie de transfert de politique
développée est de J = 1. Si plusieurs autres agents déjà entraînés sont voisins de l’agent 𝑖 à
119
Dimensionnement sous contrôle optimal
entraîner, ils seront utilisés à proportion égale pour échantillonner des tuples d’expérience.
Une fois les valeurs des paramètres dmax et J déterminées, il convient maintenant de procéder
à l’évaluation de l’efficacité et de la performance du transfert de politique.
120
Méthode d’optimisation globale par méta-heuristique pour le dimensionnement bi-niveaux du micro-réseau
[︀ PV batt
]︀
Dimensionnement ( 𝑃nom ; 𝐸nom ) Algorithme Environnement du démonstrateur 𝜏autoprod Temps d’apprentissage
DQN - 1 36 min
Déterministe - 0.8775 -
[8; 8] [8; 9] 0.9999 8 min
[9; 8] 0.9775 8 min
BCQ
[7; 8] 1 14 min
[8; 7] 1 16 min
DQN - 0.9344 43 min
Déterministe - 0.8179 -
[5; 8] [5; 7] 1 17 min
[5; 9] 0.9539 10 min
BCQ
[4; 8] 1 10 min
[6; 8] 0.9355 12 min
DQN - 0.9501 26 min
Déterministe - 0.8437 -
[8; 5] [8; 6] 1 5 min
[8; 4] 1 8 min
BCQ
[9; 5] 0.9501 6 min
[7; 5] 1 6 min
DQN - 0.9691 31 min
Déterministe - 0.7766 -
[5; 5] [5; 4] 0.9999 8 min
[5; 6] 1 8 min
BCQ
[4; 5] 0.9711 10 min
[6; 5] 1 9 min
DQN - 0.7672 26 min
[3; 2] Déterministe - 0.5927 -
[4; 2] 0.7592 7 min
BCQ
[3; 3] 0.8025 6 min
Table 6.2 – Comparaison du taux d’autoproduction et du temps d’apprentissage obtenus avec des agents
de DQN et de BCQ selon plusieurs configurations de dimensionnement du micro-réseau simulé.
recherché. Il est explicité avec l’Équation 4.41 qui est rappelée ici :
min Cinv (𝑑, 𝑛) + Cope (𝑑, 𝑛) + Cmaint (𝑑, 𝑛) + Cremp (𝑑, 𝑛), 𝑛 ∈ 𝒩 (4.41)
𝑑∈𝒟
avec Cinv , Cope , Cmaint et Cremp respectivement les coûts d’investissement, d’opération,
de maintenance et de remplacement des unités. 𝒟 et 𝒩 sont respectivement les espaces
de valeur des variables dimensionnables et non-dimensionnables. Le choix de l’algorithme
d’optimisation est justifié à la sous-section 6.2.1. La configuration de l’algorithme pour le
mettre en adéquation avec le problème d’optimisation est décrite dans la sous-section 6.2.2.
121
Dimensionnement sous contrôle optimal
Méta-heuristiques
De nombreux critères de classification des algorithmes d’optimisation méta-heuristiques
existent (Stegherr et al., 2022). Ce algorithmes peuvent être inspirés de phénomènes naturels,
évolutifs ou non, fonctionner avec une population de candidats ou un seul point, garder en
mémoire la meilleure solution trouvée ou non, etc... La Figure 6.6 inspirée de Harifi et al.,
2021, classe les algorithmes méta-heuristiques selon la manière dont ils explorent l’espace des
solutions.
Algorithmes basés sur une trajectoire. Les algorithmes basés sur une trajectoire ne
sont généralement pas à population. Un seul candidat explore l’espace de recherche. Les
algorithmes ont une manière différente de contrôler la trajectoire du candidat pour maximiser
l’exploration et l’exploitation afin de s’approcher rapidement d’une solution optimale globale.
La taille réduite de l’espace de recherche rend la recherche exhaustive envisageable. Cela
consiste à calculer une solution pour chaque candidat possible dans l’espace de recherche.
Le coût en calcul de l’entraînement d’un agent de RL pour le contrôle d’un micro-réseau sur
un horizon temporel long est important. De ce fait, une méta-heuristique est à privilégier
pour parcourir efficacement l’espace des solutions.
Les méthodes basées sur une population pourraient être "lourdes" pour un espace de recherche
122
Méthode d’optimisation globale par méta-heuristique pour le dimensionnement bi-niveaux du micro-réseau
de taille réduite. Pour cette raison, une méthode basée sur une trajectoire est privilégiée.
Les méta-heuristiques basées sur la trajectoire sont sensibles aux optima locaux puisqu’un
seul point est considéré dans l’espace des candidats. Lorsqu’une région semble intéressante,
l’exploitation suggère de choisir des candidats voisins au candidat actuel, pour les étapes
suivantes de la trajectoire. C’est une recherche d’optimum local. L’exploration consiste alors
à incorporer des mécanismes de déplacements aléatoires dans l’espace de recherche. Cela
permet de faire évoluer la région de recherche afin d’empêcher la convergence éventuelle vers
une solution sous-optimale.
Parmi les méta-heuristiques basées sur une trajectoire, quatres sont répandues et adaptables
à de nombreux problèmes. Elles sont caractérisées dans la Table 6.3.
Recherche taboue. La recherche taboue (Glover, 1986) parcourt l’espace des candidats
en gardant en mémoire les solutions déjà visitées dans une liste taboue. Ainsi, la trajectoire
de l’algorithme ne peut plus inclure les candidats déjà vus ce qui contribue à sa capacité
d’exploration. Une mémoire à long terme permet de conserver les meilleures solutions obte-
nues pour l’exploitation de l’algorithme. La recherche taboue fonctionne avec des variables
123
Dimensionnement sous contrôle optimal
discrètes mais peut être adaptée à des variables continues (Siarry et al., 1997).
GRASP. Enfin, le GRASP (pour Greedy Randomized Adaptive Search Procedure, Feo et
al., 1989) est un algorithme qui alterne deux étapes : une étape de construction et une
étape d’amélioration. Comme le nom de l’algorithme l’indique, l’étape de construction est
gourmande et aléatoire. Une liste restreinte de candidats est complétée de manière gourmande.
L’amélioration consiste à explorer localement la région du candidat sélectionné pour atteindre
une solution optimale. Généralement, ces étapes se succèdent et l’algorithme enregistre la
meilleure solution observée. L’étape de construction peut être guidée par une autre méthode
méta-heuristique : Une liste taboue permet par exemple d’éviter de considérer des candidats
déjà observés lors de l’initialisation de la construction (Casado et al., 2022). L’algorithme
est construit pour optimiser des variables discrètes mais peut s’appliquer à des variables
124
Méthode d’optimisation globale par méta-heuristique pour le dimensionnement bi-niveaux du micro-réseau
continues (M. J. Hirsch et al., 2007). La complexité de l’algorithme est modérée à élevée, en
fonction des heuristiques utilisées lors de la construction ou de la recherche locale.
Le recuit simulé sera l’algorithme employé pour l’optimisation du dimensionnement dans la
suite de ces travaux. Il requiert moins de puissance de calcul et est adaptable facilement à de
nombreux problèmes. L’adaptabilité de l’algorithme permet d’ajouter progressivement des
variables au problème d’optimisation en modifiant peu de paramètres. Ces paramètres sont
présentés à la sous-section 6.2.2.
125
Dimensionnement sous contrôle optimal
La Figure 6.7 permet d’illustrer le fonctionnement itératif du recuit simulé. Une fois la
température T0 initialisée, les itérations commencent par le choix aléatoire d’un candidat
dans l’espace de recherche. Ce candidat sera le premier point de la trajectoire, qui servira
à générer d’autres candidats. La fonction objectif est utilisée pour évaluer le candidat. Un
autre candidat est ensuite généré en ajoutant le vecteur Δsi à chaque variable du premier
point. L’écart d’énergie entre les deux candidats permet de définir lequel servira de second
point sur la trajectoire.
Si ΔE > 0, alors le second candidat sera le second point et les prochains candidats seront
générés à partir de ses coordonnées dans l’espace des solutions. Dans le cas contraire, la
température T0 permet de calculer la probabilité d’utiliser le second candidat dans la
trajectoire avec l’Équation 6.2. Un nouveau candidat est généré et le processus est réitéré
jusqu’à atteindre l’équilibre thermodynamique. Une fois atteint, la température diminue
selon les règles de refroidissement et le processus recommence. Lorsqu’il y a un équilibre
thermodynamique (T= Tf ) ou lorsque le nombre d’itérations maximal est atteint, l’algorithme
s’arrête et la solution est le point correspondant à la plus faible énergie observée.
126
Méthode d’optimisation globale par méta-heuristique pour le dimensionnement bi-niveaux du micro-réseau
La Figure 6.8 illustre l’application du recuit simulé au dimensionnement sous contrôle optimal
du micro-réseau électrique.
127
Dimensionnement sous contrôle optimal
Température initiale. La température initiale dans l’algorithme de recuit simulé est para-
métrée de manière à attribuer une probabilité de 90% d’acceptation à un candidat dont
l’énergie est supérieure de 50 € à celle du candidat courant. Ce paramétrage permet
une exploration plus libre de l’espace des solutions dans les premières itérations de
l’algorithme, favorisant la découverte du minimum global.
Paramètre Valeur
Température initiale T∘0 (€) 474.5
Coefficient de refroidissement linéaire 𝛽lin (€) −9.5
Coefficient de refroidissement exponentiel 𝛽exp 0.89
Nombre d’itérations 50
Taille maximale de pas pour PPV nom (kWc) 3
Taille maximale de pas pour Ebatt
nom (kWh) 3
Table 6.4 – Valeurs des paramètres dans la méthode de recuit simulé appliqué au
dimensionnement optimal du micro-réseau.
128
Résultats de l’optimisation bi-niveaux du micro-réseau et analyse de la méthodologie
L’influence de ces deux fonctions récompenses pour entraîner des agents sera évaluée et leur
impact sur le score des candidats sera étudié.
La section 6.3.1 expose les dimensionnements retenus par l’algorithme d’optimisation globale
pour chaque configuration (micro-réseau connecté ou isolé). La performance et la fiabilité de
la méthodologie sont analysées dans la section 6.3.2 selon le temps de calcul et la capacité
d’exploration.
129
Dimensionnement sous contrôle optimal
Échanges bilatéraux avec le réseau central. Les figures 6.9 et 6.10 présentent les LCE
sur 10 ans respectivement pour les EMS A et EMS B. Sur chaque figure sont représentés les
différents candidats rencontrés lors du processus d’optimisation. La solution optimale est
indiquée en rouge.
Figure 6.9 – LCE des différents dimensionnements candidats dans le cas d’échanges
bilatéraux d’énergie. Le système de récompense pénalise l’énergie soutirée réseau central.
EMS B (Figure 6.10) - Le dimensionnement optimal obtenu correspond aux bornes mini-
males de l’espace des variables. La meilleure solution serait donc un micro-réseau avec
3 kWc de panneaux PV et 2 kWh de capacité nominale de batterie. Le LCE obtenu
vaut 0,1871 €/kWh. Les augmentations de la puissance crête PV installée et de la
capacité de la batterie ont tendance à augmenter le coût total du système. Comme
on a pu le voir précédemment, un tel EMS favorise le stockage sur le long terme au
détriment des revenus (voir section 5.1). En réduisant la capacité de la batterie, le coût
d’investissement diminue et l’agent stocke moins d’énergie (voir section 5.2), qui est
donc injectée au réseau central et engendre un revenu.
Le coût d’opération des micro-réseaux varie peu d’un dimensionnement à un autre en
comparaison avec le coût d’investissement : la différence entre le coût d’opération le
plus faible (822 € pour [4 kWc, 9 kWh]) et le plus élevé (1281 € pour [3 kWh, 2 kWh]) est
de 460 €. C’est pourquoi le dimensionnement avec les plus faibles coûts d’investissement
est le dimensionnement optimal dans cette configuration et avec cet EMS. Il est à noter
qu’une composante du système de récompense de l’EMS B (pénalisation de l’injection)
est en contradiction avec l’objectif d’optimisation des revenus. Ceci pourrait expliquer
la faible variation du coût d’opération d’un dimensionnement à un autre.
130
Résultats de l’optimisation bi-niveaux du micro-réseau et analyse de la méthodologie
Figure 6.10 – LCE des différents dimensionnements candidats dans le cas d’échanges
bilatéraux d’énergie. Le système de récompense pénalise tout échange avec le réseau
central.
Les LCE calculés pour les deux EMS des micro-réseaux sont très proches.
L’EMS A injecte suffisamment d’électricité pour que le coût d’opération soit négatif. Une
surface PV plus importante permet d’injecter une quantité plus élevée d’électricité. Avec une
plus grande capacité de la batterie, l’EMS valorise mieux le productible PV (voir section
5.2). Les coûts d’opération dépendent fortement de l’investissement initial pour ce premier
EMS. L’optimisation a convergé selon un compromis entre OPEX et CAPEX.
Avec l’EMS B, les coûts d’opération sont similaires d’un dimensionnement à un autre. L’opti-
misation du dimensionnement du micro-réseau a convergé en minimisant le CAPEX puisque
l’OPEX varie peu. L’EMS n’utilise que très peu l’électrolyseur et le stockage hydrogène ne
sert pas de stockage à long terme.
La similitude entre les deux LCE obtenus interroge sur l’intérêt d’utiliser un stockage hydro-
gène, qui est l’investissement le plus coûteux, dans cette configuration.
Soutirage unilatéral. Ici, seul le soutirage au réseau central est considéré dans le calcul
des coûts d’opération. L’énergie produite en excès et non-stockée est perdue.
131
Dimensionnement sous contrôle optimal
Figure 6.11 – LCE des différents dimensionnements candidats dans le cas de soutirage
d’électricité. Le système de récompense pénalise l’énergie soutirée au réseau central.
EMS B (Figure 6.12) - Le système de récompense de l’EMS B est employé pour maximiser
à la fois le taux d’autoproduction et d’autoconsommation (voir section 4.2). La Figure
6.12 présente les LCE obtenus par les candidats du processus d’optimisation dans la
configuration d’échange unilatéral avec le réseau central. Le dimensionnement optimal
obtenu est [3 kWc, 10 kWh]. Il est identique au dimensionnement optimal obtenu avec
l’EMS A. La valeur de LCE correspondante, 0,2224 €/kWh, est plus élevée que celle
obtenue par l’EMS A. Cela peut s’expliquer par le développement d’une stratégie
de contrôle plus cohérente avec la fonction objectif qu’avec l’EMS A. Les mêmes
observations sur l’influence du dimensionnement de la puissance PV et de la capacité
de la batterie peuvent être faites.
Figure 6.12 – LCE des différents dimensionnements candidats dans le cas de soutirage
d’électricité. Le système de récompense pénalise tous les échanges avec le réseau central.
132
Résultats de l’optimisation bi-niveaux du micro-réseau et analyse de la méthodologie
12000
Coûts du micro-réseau sur 10 ans (€)
10000
8000
EMS A
EMS B
6000 Investissement et maintenance
Contrôle
4000
2000
0
6 7 8 9 10 11
Capacité de la batterie (kWh)
La Figure 6.13 montre les différents coûts obtenus avec une puissance PV installée fixée
à 3 kWc pour les deux instances d’optimisation. Les coûts d’opération diminuent quand la
capacité de la batterie augmente jusqu’à 10 kWh pour les deux EMS. Les coûts de l’EMS
A sur l’environnement avec 6 kWh se révèlent sensiblement supérieurs aux autres. C’est
également le seul cas où les coûts d’opération de l’EMS A sont supérieurs à ceux de l’EMS B
pour le même environnement. Cela suggère que l’entraînement de l’agent n’a pas été optimal
sur cet environnement. Sans considérer ce dimensionnement, les coûts totaux ne semblent pas
varier significativement en fonction de la capacité de la batterie. Les coûts d’investissement et
de maintenance liés à la batterie sont du même ordre de grandeur que le coût d’opération.
Conclusion
La Figure 6.14 expose les coûts des dimensionnements optimaux selon la nature de raccorde-
ment du micro-réseau au réseau central et la stratégie de l’EMS employée.
133
Dimensionnement sous contrôle optimal
Investissement et maintenance
10000 Opération
Total
8000
6000
Coût (€)
4000
2000
Figure 6.14 – Répartitions des coûts des dimensionnements optimaux pour chaque
configuration du micro-réseau.
Le coût du système est forcément plus faible si l’injection du surplus énergétique au réseau
central est valorisée financièrement. Le système de récompense le plus approprié pour ces
fonctions objectif économiques est la pénalisation de l’énergie soutirée au réseau central. Les
indicateurs économiques et techniques des dimensionnements retenus selon la liaison entre
les réseaux figurent dans la Table 6.5.
Configuration EMS Puissance PV (kWc) Capacité Batterie (kWh) LCE (€/kWh) 𝜏autoprod 𝜏autocons
bilatéral A 4 6 0.1787 0.71 0.62
bilatéral B 3 2 0.1871 0.64 0.70
unilatéral A 3 10 0.2171 0.88 0.87
unilatéral B 3 10 0.2224 0.85 0.91
Table 6.5 – LCE, taux d’autoproduction et taux d’autoconsommation sur 10 ans des
micro-réseaux dimensionnés selon chaque configuration.
La table montre que le contrôle des micro-réseaux dimensionnés pour le soutirage unilatéral
autorise des taux d’autoproduction et d’autoconsommation plus importants. Les systèmes de
stockage ont une plus grande capacité et la puissance crête des panneaux PV est minimale,
il y a alors moins d’excès d’énergie ce qui augmente le taux d’autoconsommation.
La minimisation de l’énergie injectée revient à maximiser le taux d’autoproduction (voir
Équation 4.38).
134
Résultats de l’optimisation bi-niveaux du micro-réseau et analyse de la méthodologie
Résulats. Selon les valeurs de K, l’algorithme d’optimisation converge vers des solutions
différentes présentées dans la table 6.6. Ces intervalles de tarifs sont larges et englobent des
tarifs significativement supérieurs à ceux auxquels serait confronté le micro-réseau si il était
connecté (plus de vingt fois supérieurs). Très peu de dimensionnements optimaux différents
ont été obtenus dans cet intervalle de paramètre K. Dans la plus large gamme de prix
raisonnables (inférieurs à 3€/kWh), le dimensionnement sélectionné serait [3 kWc, 11 kWh].
Analyse. Le choix du dimensionnement optimal varie peu par rapport au tarif associé
au déficit énergétique. Cela peut indiquer que les gains en autonomie réalisés par le choix
du dimensionnement sont relativement mineurs par rapport aux autres coûts. Une fois les
dimensionnements optimaux calculés, le choix doit porter sur d’autres indicateurs techniques
et environnementaux pertinents comme le LPSP, le REE et la FER. La table 6.6 montre
la valeur de ces indicateurs pour les dimensionnements obtenus. Le REE et la FER sont
calculés par les Équations 1.2 et 1.3 (section 1.3) avec l’énergie en déficit au dénominateur
(au lieu de l’énergie soutirée) puisque le micro-réseau n’est pas connecté. Plus le prix associé
au déficit énergétique est élevé, plus le LPSP est faible et la FER élevée. Les variations du
REE ne semblent pas directement liées à la fonction objectif.
Table 6.6 – Dimensionnement optimaux, LPSP, REE et FER sur 10 ans pour différents
tarifs de déficit énergétique.
135
Dimensionnement sous contrôle optimal
en déficit est trop arbitraire. Il serait pertinent dans les recherches futures de considérer
les indicateurs liés à l’autonomie de l’utilisateur. En effet, la valeur minimale du LPSP
obtenu est 0.139 alors qu’une valeur acceptable serait 0.02 (H. Yang et al., 2008). Une
technique d’optimisation multi-critère devrait être employée car la fonction objectif aurait
des composants liés à des coûts monetaires et à l’autonomie du système.
Analyse de la convergence
Les paramètres du recuit-simulé ont été présentés à la sous-section 6.3.1. Deux méthodes de
refroidissement ont été envisagées : une décroissance de la température linéaire ou exponen-
tielle. Les résultats obtenus avec les deux méthodes sont ici comparés.
12000
11500
11000
10500
0 5 10 15 20 25 30 35 40
Nombre d'itérations
Figure 6.15 – Représentation des candidats intégrés à la trajectoire durant l’optimisa-
tion du dimensionnement avec refroidissement linéaire de la température.
136
Résultats de l’optimisation bi-niveaux du micro-réseau et analyse de la méthodologie
point de la trajectoire est très élevée avant l’itération 29. Elle diminue significativement
après et les scores ne s’améliorent plus. Le coût le plus faible a été observé à l’itération
13 et correspond au dimensionnement [3 kWc, 8 kWh]. Il est de 10 339 €. En acceptant
un candidat avec une énergie bien plus élevée dans sa trajectoire lors de l’itération
suivante, l’algorithme quitte une région à haut potentiel (voir Figure 6.11). Il converge
vers une solution sous-optimale lorsque la température devient faible. La dernière
solution retenue est [3 kWc, 2 kWh] dont le coût est 11 281 €.
Non retenu
12500 Retenu
12000
Coût total (€)
11500
11000
10500
10000
0 10 20 30 40
Nombre d'itérations
Figure 6.16 – Représentation des candidats intégrés à la trajectoire durant l’optimisa-
tion du dimensionnement avec refroidissement exponentiel de la température.
137
Dimensionnement sous contrôle optimal
0.006
0.004
0.002
0.000
Temps de calcul d'entraînement par BCQ - Histogramme et PDF Approximée
0.06
Fonction densité de probabilité
Données mesurées
0.05 Fonction de densité de probabilité
0.04
0.03
0.02
0.01
0.00
0 200 400 600 800 1000
Temps d'entraînement (minutes)
Figure 6.17 – Histogramme des temps d’entraînement des agents de DQN (en haut)
et de BCQ (en bas) et approximation des fonctions densité de probabilité.
138
Conclusion
d’un entraînement par DQN. Le gain de temps obtenu grâce à la méthodologie dépend
du nombre d’agents entraînés par BCQ.
12000
DQN
BCQ
11500 Observé précédemment
Non retenu
Coût total (€)
11000 Retenu
10500
10000
9500
0 10 20 30 40
Nombre d'itérations
Figure 6.18 – Représentation des candidats intégrés à la trajectoire durant l’optimisa-
tion du dimensionnement selon les algorithmes utilisés pour construire la politique de
contrôle de l’EMS.
6.4 Conclusion
L’utilisation combinée d’optimisation méta-heuristique et d’apprentissage par renforcement
permet de dimensionner le micro-réseau malgré de nombreux facteurs aléatoires. L’approche
d’optimisation bi-niveaux traite le contrôle comme un sous-problème d’optimisation. La
139
Dimensionnement sous contrôle optimal
140
Conclusions générales et
perspectives
Conclusions générales
L’objectif de cette thèse est de développer un outil méthodologique qui aborde conjointement
le dimensionnement et le contrôle d’un micro-réseau électrique avec des sources d’énergie
renouvelable. Le micro-réseau étudié est composé de panneaux photovoltaïques, d’une batterie
lithium-ion, et d’un stockage hydrogène comprenant un électrolyseur et une pile à combustible.
Des données sont utilisées pour la modélisation de la production photovoltaïque et de la
demande énergétique, et des modèles de comportement dynamique sont employés pour la
modélisation des systèmes de stockage. L’apprentissage par renforcement est sélectionné pour
l’élaboration des stratégies de contrôle. Il est implémenté progressivement sur des simulations
de plus en plus complexes du micro-réseau avec un horizon temporel de simulation passant
de 1 à 10 ans. La mise en œuvre de cet algorithme a pour objectif de réduire le coût de
l’électricité en phase d’opération dans un environnement dans lequel les variables aléatoires
ne sont pas prédites et le comportement dynamique des unités n’est pas explicitement formulé.
L’efficacité de la politique de contrôle obtenue est évaluée selon le coût nivelé de l’énergie
avec des données différentes que lors de l’élaboration de la stratégie de contrôle. Une analyse
de la stratégie de contrôle est menée selon différents indicateurs économiques et techniques.
La stratégie de contrôle est ensuite implémentée dans un processus de dimensionnement
optimal du micro-réseau à deux niveaux. Un optimiseur de type méta-heuristique déter-
mine la valeur optimale des variables de dimensionnement du micro-réseau, à savoir la
puissance nominale des panneaux photovoltaïques et la capacité nominale de la batterie,
pour réduire les coûts du système. L’apprentissage par renforcement est employé à plus
bas niveau pour déterminer les coûts d’opération. Les temps de calcul sont conséquents
en raison de l’apprentissage des agents, diverses techniques sont employées pour le réduire.
Ainsi, afin de réduire significativement les temps de calcul, les agents sont entraînés sur un
horizon temporel plus court et une méthode de transfert de politique de contrôle entre les
différents agents est proposée. La méthodologie de dimensionnement bi-niveaux est évaluée
selon sa capacité à explorer l’espace des solutions et son temps de calcul. À l’issue de ces
travaux de recherche, nos principales conclusions sont proposées dans les paragraphes suivants.
141
Conclusions générales et perspectives
142
Conclusions générales
contrôle sur un horizon temporel long est insuffisante si son espace d’état ne comprend pas
toute les variables utilisées. Malgré l’ajustement des états observables et des hyper-paramètres,
l’agent ne peut pas appliquer une stratégie de contrôle efficace sur 10 ans si son entraînement
se limite à une période inférieure à 6 ans. En revanche, les travaux menés ont permis de
développer un politique similaire pour des agents entraînés sur des horizons de 6 et 10 ans.
La stratégie optimale obtenue montre que le taux de remplissage maximal annuel de l’hydro-
gène diminue avec le temps. La dégradation de la batterie conduit l’agent à combler la capacité
dégradée de stockage à court terme par l’utilisation de la pile à combustible, même lorsque
la production photovoltaïque est forte. Ainsi, les pics d’hydrogène stocké l’été sont de plus
en plus faibles et le micro-réseau perd en autonomie lors des périodes de plus faible production.
143
Conclusions générales et perspectives
différentes pour le calcul du coût d’opération du micro-réseau. Une fonction objectif considère
un revenu généré par l’injection d’électricité alors que l’autre non. Pour chaque cas, deux
systèmes de récompense sont définis pour l’élaboration des politiques de contrôle.
Lorsque l’électricité injectée génère un revenu, le dimensionnement optimal n’est pas le même
selon le système de récompense de l’agent. Une solution, avec des équipements dont les dimen-
sions sont minimales est trouvée lorsqu’une composante du système de récompense de l’agent
recherche la minimisation de l’injection d’électricité. Un dimensionnement intermédiaire de
4 kWc de panneaux photovoltaïques et d’une capacité de batterie de 6 kWh est retenu dans
le cas où l’EMS n’est pénalisé que pour l’énergie soutirée. Ce même dimensionnement des
équipements est optimal pour les deux systèmes de récompense lorsque le coût d’opération
ne dépend que de l’énergie soutirée. Ce dimensionnement est de 3 kWc pour les panneaux
photovoltaïques et 10 kWh pour la batterie. Les dimensionnements retenus offrent des coûts
nivelés de l’énergie compétitifs par rapport au tarif actuel de l’électricité (0,2276 €/kWh).
Le dimensionnement d’un micro-réseau non-connecté au réseau central de distribution est
réalisé en associant le coût de soutirage de l’électricité à un coût variable lié au déficit
énergétique. Pour une faible augmentation de ce coût, la capacité optimale de la batterie
augmente pour atteindre la borne maximale fixée (11 kWh). Le dimensionnement optimal
inclut 5 kWc de panneaux photovoltaïques pour des augmentations plus prononcées de ce
coût. L’autonomie augmente avec le prix associé au déficit énergétique mais reste globalement
trop faible pour un micro-réseau isolé (probabilité de panne de 14 % au minimum).
La méthodologie proposée converge rapidement vers les minima globaux. La probabilité pour
un agent d’être entraîné avec l’algorithme de BCQ augmente au long des itérations. Le temps
de calcul nécessaire à l’optimisation est divisé par 2.6. De nombreux dimensionnements déjà
observés le sont à nouveau au cours du processus d’optimisation, ce qui pourrait nuire à la
découverte de l’optimum global dans les dernières itérations.
Perspectives
La méthodologie bi-niveau proposée dans cette thèse offre une nouvelle approche pour le
dimensionnement et le contrôle de micro-réseaux électriques. Toutefois, des questions restent
en suspens pour son application et méritent une exploration plus approfondie.
Vers une modélisation plus complète du problème de contrôle. Le problème de
contrôle, bien que complexifié au cours de ces travaux de recherche, contient toujours des élé-
ments simplifiés. Les consignes calculées par l’EMS ne s’appliquent qu’au stockage hydrogène
alors que la batterie est pourtant une unité contrôlable. Le contrôle conjoint des deux unités
de stockage pourrait être une voie intéressante pour examiner la stratégie de préservation de
la batterie. L’espace d’action serait alors continu et en deux dimensions. L’algorithme de
DDPG est adapté et pourrait être envisagé. Des modèles de vieillissement de l’électrolyseur et
de la pile à combustible pourraient être intégrés à la simulation dynamique de l’environnement.
144
Perspectives
isolé car les coûts d’investissement et le déficit énergétiques sont des objectifs dont la priorité
dépend des utilisateurs.
145
A
Annexe
Avec 𝜇(𝜋) la fréquence pondérée amortie des caractéristiques des états sous la politique 𝜋.
Autrement dit, 𝜇 est une fonction qui décompte le nombre d’observations des caractéristiques
des états, amorti par le nombre de pas de temps avant de les observer. Puisqu’il n’y a pas de
système de récompense, c’est la fréquence d’observation d’états sous certaines politiques qui
dirige l’apprentissage de l’agent. Ainsi, en utilisant l’Équation 2.25 et en faisant l’hypothèse
que la politique montrée par le démonstrateur est optimale, il est possible pour l’agent
d’inférer un vecteur de poids optimal 𝑤*𝑘 (Abbeel et al., 2004) qui vérifie l’Équation A.4 :
avec 𝜋 * la politique optimale selon le jeu de démonstrations. Il s’agit donc de trouver une
fonction récompense telle que la politique affichée par l’expert soit meilleure que n’importe
quelle autre politique. Les valeurs associées aux états selon la distribution d’états observés
sous la politique de l’expert doivent être supérieures aux valeurs de n’importe quelle autre
distribution d’états 𝜇(𝜋) avec le vecteur 𝑤* . Si ‖𝜇(𝜋) − 𝜇(𝜋 * )‖1 ≤ 𝜀, alors l’Équation A.5
est vérifiée.
∀𝑤, ‖𝑤‖∞ < 1, | 𝑤𝑘 𝜇(𝜋) − 𝑤𝑘 𝜇(𝜋 * ) |≤ 𝜀 (A.5)
147
Annexe
Si cette condition est vérifiée, alors la politique de l’expert peut être imitée par l’agent.
En revanche, le calcul de 𝜇(𝜋) requiert d’avoir accès à un modèle de transition et donc de
𝑎
connaître 𝑃𝑠𝑠 ′ pour chaque état. De plus, plusieurs politiques sont optimales selon le système
148
Schémas des flux de puissance hebdomadaire
SOC
0.50
0.25
0.00
0.75
1.00
15/08/05
15/08/16
14/08/05
14/08/16
C
13/08/05
13/08/16
Date
12/08/05
12/08/16
A
11/08/05
11/08/16
10/08/05
10/08/16
B
09/08/05
09/08/16
-1
-2
-3
0
-1
0
-2
-3
Figure A.1 – Flux de puissance du micro-réseau pour une semaine d’août en début
(2005) et en fin (2016) de simulation.
149
150
Annexe
1
A 1.00
-1
0.75
-2
-3
1
A B C
0
0.25
-1
-2
-3
0.00
Figure A.2 – Flux de puissance du micro-réseau pour une semaine d’octobre en début
Schémas des flux de puissance hebdomadaire
SOC
0.50
0.25
0.00
0.75
1.00
15/08/16
15/08/05
14/08/16
14/08/05
13/08/16
13/08/05
Date
12/08/16
12/08/05
11/08/16
11/08/05
10/08/16
10/08/05
09/08/16
09/08/05
-2
-3
-1
-2
-3
0
-1
0
Figure A.3 – Flux de puissance du micro-réseau pour une semaine d’août en début
(2005) et en fin (2016) de simulation. L’environnement inclut un remplacement des
batteries usées.
151
Annexe
SOC
0.50
0.25
0.00
0.75
1.00
15/10/05
15/10/16
14/10/05
14/10/16
13/10/05
13/10/16
Date
12/10/05
12/10/16
11/10/05
11/10/16
10/10/05
10/10/16
09/10/05
09/10/16
-2
-3
-1
1
-2
-3
-1
1
Figure A.4 – Flux de puissance du micro-réseau pour une semaine d’octobre en début
(2005) et en fin (2016) de simulation. L’environnement inclut un remplacement des
batteries usées.
152
Table des figures
5.1 Évolution de la fonction perte durant l’entraînement pour des tailles de batchs
différentes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
5.2 Évolution des récompenses reçues au long des validations pour différents taux
d’apprentissage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
5.3 LOH durant un an de test pour des agents entraînés avec des facteurs d’ac-
tualisation différents. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
5.4 Évolution des récompenses cumulées au long des validations pour différents
intervalles de mise à jour du Q-réseau cible. . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
5.5 LOH sur un an pour à différentes étapes de l’apprentissage de l’agent. . . 87
153
Table des figures
154
5.20 Flux énergétiques du micro-réseau pour une semaine d’août en début (2005)
et en fin (2016) de simulation. L’environnement inclut un remplacement des
batteries usées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
5.21 Flux énergétiques du micro-réseau pour une semaine d’octobre en début (2005)
et en fin (2016) de simulation. L’environnement inclut un remplacement des
batteries usées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
5.22 Visualisation de la politique d’un agent entraîné dans un environnement
dans lequel le SOC est contraint. (a) Distribution quotidienne de l’origine de
l’approvisionnement en réponse à une demande nette négative. (b) LOH et
capacité maximale de la batterie. (c) Indicateurs statistiques sur la moyenne
quotidienne de l’énergie stockée dans la batterie sur une période plus longue.
(d) Décomposition des pénalités reçues par l’agent. . . . . . . . . . . . . . 105
5.23 LOH et capacité maximale de la batterie. La somme des données de consom-
mation électriques utilisées est supérieure aux simulations précédentes. . . 105
5.24 Évolution du prix de l’électricité en France (source des données : EDF). . 106
5.25 Répartition des coûts dans le calcul du LCE. . . . . . . . . . . . . . . . . 107
5.26 Taux d’autoproduction et taux d’autoconsommation mensuels moyens sur 10
ans. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
5.27 Évolution du LPSP calculé mensuellement. . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
155
Table des figures
A.1 Flux de puissance du micro-réseau pour une semaine d’août en début (2005)
et en fin (2016) de simulation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
A.2 Flux de puissance du micro-réseau pour une semaine d’octobre en début (2005)
et en fin (2016) de simulation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
A.3 Flux de puissance du micro-réseau pour une semaine d’août en début (2005)
et en fin (2016) de simulation. L’environnement inclut un remplacement des
batteries usées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
A.4 Flux de puissance du micro-réseau pour une semaine d’octobre en début (2005)
et en fin (2016) de simulation. L’environnement inclut un remplacement des
batteries usées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
156
Liste des tableaux
5.1 Dimensionnement des unités du micro-réseau pour son contrôle sur un an. 80
5.2 Valeur des paramètres du DQN retenus. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
5.3 Comparaison des taux d’autoproduction selon différents algorithmes et condi-
tions initiales d’entraînement sur l’environnement sans charge initiale du
stockage H2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.4 Énergie soutirée sur un épisode de test sur 10 ans selon l’horizon temporel de
l’entraînement des agents. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
5.5 Comparaison des indicateurs pour différents algorithmes et paramètres du
micro-réseau. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
5.6 Comparaison des indicateurs pour différents algorithmes et paramètres du
micro-réseau. La demande est celle d’un foyer résidentiel français. . . . . . 110
157
Liste des symboles
Modélisation du micro-réseau
C € Coût . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
Cmaint € Coût de maintenance d’une unité du micro-réseau du micro-réseau
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .74
Cremp € Coût de remplacement associé aux unités du micro-réseau . . . . . . . . . 74
Cinv € Coût d’investissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
Cope € Coût d’opération du micro-réseau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
Cinje €/kWh Revenus d’injection d’électricité au réseau central de distribution . . . . 75
Csout €/kWh Coûts de soutirage d’électricité au réseau central de distribution . . . . 75
E kW h Capacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
Einje kWh Énergie injectée au réseau central de distribution . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
Esout kWh Énergie soutirée au réseau central de distribution. . . . . . . . . . . . . . . . . .75
𝒟 - Espace des variables dimensionnables des modules . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
𝒩 - Espace des variables non-dimensionnables des modules . . . . . . . . . . . . 60
𝜂 kWh/kg Rendement de conversion d’électricité en masse d’hydrogène pour un
électrolyseur et de masse d’hydrogène en électricité pour une pile à
combustible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
m kg Masse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .63
Dnet kWh Demande électrique nette . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
distsols jour Distance temporelle au soltice d’été . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
𝛿 kWh Capacité de la batterie dégradée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
𝜇 - Rendement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
𝑃 W Puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
159
Liste des symboles
Exposants
batt
- Indice se référant à la batterie électrochimique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
PV
- Indice se référant à la génération photovoltaïque. . . . . . . . . . . . . . . . . . .62
elec
- Indice se référant à l’électrolyseur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
H2
kW Indice se référant au stockage hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
PAC
- Indice se référant à la pile à combustible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
𝜋
- Variable dépendant d’une politique 𝜋 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
comp
- Indice se référant au compresseur en sortie d’électrolyse de l’eau . . . . 75
grid
- Indice se référant au réseau central de distribution . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Indices
𝜃 - Paramétrage du réseau de neurones associé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
max - Valeur maximale de la variable associée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
nom - Valeur nominale de la variable associée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
dech - Valeur liée à la décharge de l’unité associée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
charg - Valeur liée à la charge de l’unité associée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
lin - Caractère linéaire de la variable associée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
nl - Caractère non-linéaire de la variable associée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
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Acronymes
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177
Table des matières
Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iii
Sommaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . v
Introduction générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
179
Table des matières
180
6.1.1 Formulation du problème de transfert de politique par apprentis-
sage par renforcement hors ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
6.1.2 Application de l’apprentissage par renforcement hors ligne et choix
des paramètres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
6.1.3 Analyse et conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
6.2 Méthode d’optimisation globale par méta-heuristique pour le dimension-
nement bi-niveaux du micro-réseau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
6.2.1 Caractérisation du problème d’optimisation et choix d’un algo-
rithme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
6.2.2 Recuit simulé pour le dimensionnement du micro-réseau . . . . . 125
6.3 Résultats de l’optimisation bi-niveaux du micro-réseau et analyse de la
méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
6.3.1 Analyse des résultats d’optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
6.3.2 Évaluation de la convergence et du temps de calcul dans le processus
d’optimisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
6.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
Conclusions générales et perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
Conclusions générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
Perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
A Annexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
A.1 Apprentissage par renforcement inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
A.2 Schémas des flux de puissance hebdomadaire . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
181
Abstract
Contributions to the control and sizing of microgrids by
reinforcement learning : application to systems with
renewable generation and hybrid battery-hydrogen storage
Combining photovoltaic panels with an electrochemical battery reduces the daily phase
difference between electricity production and demand in a microgrid. For long-term electricity
storage, the combined use of an electrolyzer, hydrogen storage and a fuel cell offers the
possibility of conserving electricity produced in summer to meet increased winter demand.
Optimal real-time control of microgrid storage units is hampered by random data and the
non-linear dynamic behavior of the units over long time horizons.
This work presents a methodology for sizing and controlling a microgrid comprising photovol-
taic electricity production, a lithium-ion battery and hydrogen storage, based on economic,
environmental and technical objectives. The sizing of the units in a microgrid establishes their
constraints of use, while the criteria to be optimized for its sizing (such as the cost of energy,
the rate of self-consumption, the probability of breakdowns) depend on the management of
these units. This interdependence justifies the development of a sizing methodology coupled
with long-term energy management algorithm.
The management of a microgrid is influenced by random variables such as demand and the
energy produced at any given time. Reinforcement learning is a sequential decision-making
methodology based on a dynamic model of the system that can adapt its strategy to random
data. As a first step, a reinforcement learning control methodology is adopted by integrating
non-linearities such as the aging of the storage system. Reinforcement learning enabled the
energy management system to maintain an effective unit control policy with respect to the
targeted criteria. This effectiveness is maintained despite different data and a longer time
horizon than those on which the model was built. The control strategies developed suggest
that the advantages of long-term electricity storage depend on the characteristics of the
microgrid, and in particular on the amplitude of demand and the capacity of the battery.
The study shows that a compromise must be found between the economic profitability of the
microgrid and the guarantee of its autonomy.
A bi-level optimization method is developed to achieve optimal unit sizing and energy mana-
gement. The control of the microgrid by reinforcement learning forms the inner loop, while
unit sizing is carried out using a simulated-annealing algorithm in the main loop. Particular
attention is paid to minimizing computing time, by developing a method for transferring
control policy from one iteration of the main loop to another. Offline reinforcement learning
has been used to learn unit control strategies without random interaction with the microgrid
simulation. The strategies are learned by observing the control decisions made by a model
trained on other sizing in previous iterations. The calculation time is reduces by over 50%
and the quality of the control policy learned is not affected. The results are analyzed in
regard to the objectives considered, the control strategy and the data incorporated into the
microgrid simulation.
Keywords : Design, Energy management, Microgrid, Optimization, Reinforcement Learning,
Renewable energy
Résumé
Contributions au contrôle et au dimensionnement des
micro-réseaux par apprentissage par renforcement :
application aux systèmes avec production renouvelable et
stockage hybride batterie-hydrogène
Le couplage de panneaux photovoltaïques avec une batterie électrochimique permet d’atténuer
le déphasage journalier entre production et demande d’électricité dans un micro-réseau. Pour
le stockage d’électricité à long-terme, l’utilisation conjointe d’un électrolyseur, d’un stockage
hydrogène et d’une pile à combustible offre en principe la possibilité de conserver l’électricité
produite en été pour les besoins accrus de l’hiver. Le contrôle optimal en temps réel des unités
de stockage des micro-réseaux est entravé par les données aléatoires et le comportement
dynamique non-linéaire des unités sur des horizons temporels longs.
Ce travail présente une méthodologie de dimensionnement et pilotage d’un micro-réseau
comprenant une production d’électricité photovoltaïque, une batterie lithium-ion et un
stockage hydrogène selon des objectifs économiques, environnementaux et techniques. Le
dimensionnement des unités d’un micro-réseau établit leurs contraintes d’utilisation, tandis
que les critères à optimiser pour son dimensionnement (comme le coût de l’énergie, le taux
d’autoconsommation, la probabilité de pannes) dépendent de la gestion de ces unités. Cette
interdépendance justifie le développement d’une méthodologie de dimensionnement couplée
au contrôle à long-terme du micro-réseau.
La gestion d’un micro-réseau est influencée par des grandeurs aléatoires telles que la demande
et l’énergie produite à chaque instant. L’apprentissage par renforcement est une méthodologie
de prise de décision séquentielle s’appuyant sur un modèle dynamique du système et pouvant
adapter sa stratégie à des données aléatoires. Dans un premier temps, une méthodologie de
contrôle par apprentissage par renforcement est adoptée en intégrant des non-linéarités telles
que le vieillissement du système de stockage. L’apprentissage par renforcement a permis de
maintenir une politique de contrôle des unités efficace au regard des critères ciblés. Cette
efficacité est maintenue malgré des données différentes et un horizon temporel plus long que
ceux sur lesquels le modèle a été construit. Les stratégies de contrôle développées suggèrent
que l’intérêt du stockage à long-terme de l’électricité dépend des caractéristiques du micro-
réseau et en particulier de l’amplitude de la demande et de la capacité de la batterie. L’étude
montre qu’un compromis doit être trouvé entre la rentabilité économique du micro-réseau et
la garantie de son autonomie.
Une méthode d’optimisation bi-niveaux est développée afin de parvenir à un dimensionnement
des équipements avec contrôle optimal. La gestion du micro-réseau par apprentissage par
renforcement en constitue la boucle interne, tandis que le dimensionnement des unités est
réalisé via un algorithme de recuit-simulé dans la boucle principale. Une attention parti-
culière est accordée à la minimisation du temps de calcul, grâce au développement d’une
méthode de transfert de politique de contrôle d’une itération de la boucle principale à une
autre. L’utilisation de l’apprentissage par renforcement hors ligne a permis d’apprendre des
stratégies de contrôle des unités sans interaction aléatoire avec la simulation du micro-réseau.
L’apprentissage des stratégies s’effectue selon l’observation des décisions de contrôle prises
par un modèle entraîné sur d’autres dimensionnements à des itérations antérieures. Le temps
de calcul est plus de deux fois plus court et la qualité de la politique de contrôle apprise n’est
pas affectée. Les résultats sont analysés au regard des objectifs considérés, de la stratégie de
contrôle et des données intégrées à la simulation du micro-réseau.
Mots-clés :Apprentissage par renforcement, Dimensionnement, Énergie renouvelable, Ges-
tion énergétique, Micro-réseau, Optimisation