Maewenn PRIOUL Semaine 3
16/01/2026 – 13h / 15h
Maxime HENNEQUIN UE 12 — SH – Pr. KANE
Introduction aux sciences sociales (suite)
Sommaire :
I. Les pieds d’Adrien
II. Rapport au corps et à la santé
III. Interprétation du corps et santé
IV. Genre et rapport au corps
V. Anthropologie de la douleur
VI. Exemples de douleurs et leurs significations
VII. La plainte douloureuse
VIII. Construction sociale des pratiques d’hygiène
IX. Rapport à l’hygiène
Ce cours est la suite de ce qui a été commencé ce matin et pour votre plus grand plaisir, il
commence par le discours d’Adrien sur la réflexologie plantaire.
I. Les pieds d’Adrien
Réflexologie plantaire : pratique manuelle se présentant comme
thérapeutique. Chaque organe correspondrait à une zone au niveau
des pieds. Croyance sans fondements empiriques. Inspiration
chinoise, thaï, américaine, sud-africaine (émotionnelle, plus douce)
appropriation locale d’une même conception.
On peut trouver la réflexologie dans les services d’oncologie.
II. Rapports au corps et à la santé
A) Socialisation du corps, « techniques du corps »
Un des premiers à avoir conceptualisé la socialisation du corps c’est un anthropologue français :
Marcel MAUSS : père fondateur de l’anthropologie. Il a écrit « Les techniques du corps » : pour lui
c’est la manière dont les sociétés apprennent à se servir de leurs corps, qui diffère selon les sociétés.
Par « technique du corps », on a une perspective très englobante comprenant les différentes façons :
- De marcher : différente d’une société à l’autre selon le genre, l’âge, les milieux sociaux…
- De manger
- Agriculture (pratiques et techniques différentes selon les sociétés)
- De se laver
- De s’occuper d’un enfant
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Elles sont modelées par nos sociétés. Ces techniques du corps sont également modelées par les
contraintes environnementales : comment se laver si on a peu ou pas d’eau ?
Ces techniques ne sont pas forcément transmises volontairement mais plutôt de façon mimétique,
apprentissage dit « par corps », incorporation de la culture.
B) « Corporéité », apprentissage « par corps »
Corporéité : manière corporelle d’être au monde, transmise socialement et culturellement. Ça va
intéresser les anthropologues de la santé car cette corporéité aura des incidences sur la santé
(habitudes d’hygiènes et alimentaires).
Les sociologues vont aussi s’intéresser à la socialisation du corps et mettrons l’accent sur les
inégalités selon les milieux sociaux.
C) Habitus et comportements de santé
Pierre BOURDIEU : a travaillé sur le monde scolaire qui reproduit les inégalités sociales (car la culture
valorisée par le monde scolaire correspond à la culture d’un certain milieu social, donc reproduction
des inégalités sociales).
Le concept de Pierre BOURDIEU c’est l’habitus. (Elle l’a répété plein de fois donc je pense que c’est
important).
Habitus : incorporation différentielle selon les milieux sociaux. Ça correspond aux modes de vie, de se
comporter (comportements qui ont un impact sur la santé).
Selon les milieux, il y aura différentes préférences pour les aliments :
➔ Milieux favorisés : préférence pour des aliments favorables à la santé comme les légumes, le
poisson…
➔ Milieux défavorisés : préférence pour les produits gras et sucrés.
Cette construction différenciée du goût (qui dépend donc du milieu social) aura un impact sur la
santé.
Les habitus peuvent être des habitudes dans les recours aux soins. Ici la prof fait référence à Luc
BOLTANSKI qui a publié « les usages sociaux du corps » dans lequel il parle des modes de vie
différenciés selon les milieux sociaux mais aussi des sensations corporelles et du « décodage de
symptômes » :
• Dans les milieux sociaux défavorisés la socialisation corporelle va plutôt être une socialisation
de la résistance, on ne prête pas beaucoup d’attention aux sensations du corps, et c’est
encore plus valorisé chez les hommes.
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• Dans les milieux favorisés on prête une plus grande attention au corps, une plus grande
écoute des symptômes, donc les personnes ressentent plus précocement les symptômes,
ainsi, elles iront plus rapidement vers les soins.
Le fait de ne pas recourir aux soins ce n’est pas forcément dû à un obstacle économique mais ça
passe par une socialisation corporelle différente selon les milieux sociaux.
Pour ces auteurs (BOURDIEU et BOLTANSKI) la classe sociale ce n’est pas seulement une différence de
moyens économiques mais aussi une différence de culture, différentes manières de penser en
fonction du milieu social.
Autres impacts défavorables sur la santé :
- Les déclassements sociaux comme les personnes qui se retrouvent au chômage, impact par
une perte d’estime de soi, diminution de la disponibilité d’esprit à prendre soin de sa santé.
- Les migrations : on pense souvent que les personnes qui migrent vont se retrouver dans un
pays où l’accès aux soins est plus favorable mais la réalité (il y a eu des études en sciences
sociales qui le prouvent) c’est que la migration se traduit par une dégradation de la santé car
en arrivant dans le pays d’accueil elles subissent un ensemble de discriminations socio-
économiques.
III. Interprétation du corps et santé
A) Pluralité des lectures du corps :
o Identité
o Esthétique
o Sanitaire
Quand on est baignés dans le milieu médical on a tendance à avoir une lecture du corps qui est
uniquement sanitaire et c’est normal car ça fait partie de la professionnalisation, mais il ne faut pas
oublier que les lectures du corps sont toujours des lectures au pluriel. Le corps, en plus de devoir
être en bonne santé (lecture sanitaire) possède également une identité et une esthétique qu’il faut
respecter.
Ces dimensions du corps peuvent aller dans le même sens si on prend l’exemple de la préoccupation
esthétique, elle peut motiver à avoir une meilleure attention pour la santé et favoriser le recours aux
soins.
Ces dimensions du corps peuvent parfois se confronter, la prof prend l’exemple d’enfants qui
mangent des bonbons pour Halloween : d’un point de vue médical l’impact est défavorable pour la
santé bucco-dentaire mais pour l’enfant la signification est différente : partage, sociabilité.
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C’est également le cas pour les personnes qui vivent avec une maladie chronique comme le diabète
car elles sont dans une gestion quotidienne de leur santé. Cette gestion de la maladie va se
confronter à tout un ensemble d’autres dimensions sociales.
Les dimensions sociales peuvent être plus importantes que les dimensions sanitaires.
B) Normes de santé et valeurs sociales
Dans notre société on accorde beaucoup d’importance à la lecture sanitaire.
Médicalisation de la société : la médecine répond à des problèmes pour lesquels au départ nous
avions d’autres réponses. Par exemple la médicalisation de l’accouchement, avant l’accouchement se
faisait principalement sans intervention médicale alors qu’aujourd’hui elle est très encadrée par la
médecine. La médicalisation de la ménopause, avant elle était considérée comme une étape normale
de la vie et aujourd’hui elle peut être traitée médicalement. Aujourd’hui on demande à la médecine
d’apporter des solutions à des problèmes sociaux, des situations qui ne sont pas forcément des
maladies.
Santéisation de la société : la préoccupation de la santé a pris une grande importance dans nos
sociétés actuelles, même s’il reste beaucoup de défis de santé publique. On l’a vu pendant l’épidémie
de Covid : tout à été interrompu (côté social) pour le bien de notre santé → les normes de santé
peuvent donc s’opposer aux normes sociales.
IV. Genre et rapport au corps
A) Différenciation genrée des rapports au corps
Il y a des différences entre les femmes et les hommes concernant leur rapport au corps. Les femmes
sont, de manière générale, plus sensibles aux symptômes corporels (ce qui a été une occasion de
discréditer leurs plaintes) et on sait qu’elles recourent plus souvent aux structures sanitaires et c’est
lié à une socialisation de genre, là où les hommes doivent surmonter les douleurs. Cette socialisation
genrée se construit dès l’enfance.
Il y a également différentes attentes sociales entre les hommes et les femmes, il y’a une pression
sociale plus forte à l’égard des femmes au niveau esthétique et ça se retrouve dans la santé bucco-
dentaire. Si on regarde les publicités pour les produits bucco-dentaires, ce sont plus des femmes.
Invariant : les femmes jouent un rôle particulier (dans toutes les sociétés) au niveau de la santé, dans
les soins quotidiens comme prendre soin des enfants, des personnes âgées etc. Ce qui structure de
manière particulière leur rapport à la santé.
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B) Socialisation genrée
Chez les femmes on peut retrouver des contradictions entre les attentes corporelles/esthétiques et
les attentes sanitaires :
- Certaines pratiques comme le blanchiment des dents est bénéfique socialement mais pas
forcément pour l’hygiène.
- Dans certaines sociétés occidentales, on interdit aux mannequins trop minces de défiler car la
maigreur excessive est considérée comme problématique d’un point de vue sanitaire. A
l’inverse, dans d’autres sociétés, l’obésité féminine peut être perçue comme un signe de
richesse ou de statut social, alors même que, là encore, elle pose un problème sur le plan
sanitaire.
C) Santé et esthétique
Le genre féminin favorise le recours au soin. Il existe des biais de genre liés à des représentations du
féminin, par exemple le sous-diagnostique des maladies cardiaques chez les femmes. Ces biais sont
&
démontrés par les sciences sociales : certaines pathologies sont moins bien diagnostiquées chez les
femmes que chez les hommes (et inversement).
Socialisation différenciée selon le genre : quand les femmes ressentent des maux cardiaques, elles
n’expriment pas les mêmes ressentis que les hommes et les professionnels de santé ont moins
tendance à les identifier comme étant à risque cardiaque mais vont plus facilement se dire « ça doit
être une crise d’angoisse ».
A l’inverse, chez les hommes on retrouve un sous-diagnostique de la dépression car ils expriment
différemment leurs souffrances face à leur santé mentale. ⑤
Il faut que les professionnels soient formés à ces biais, à ces différences bio-culturelles.
Pendant toute une période les femmes ont été exclues des essais cliniques, une des raisons c’est la
crainte d’une grossesse (donc malformation possible en fonction des essais) et comme les femmes
ont des menstruations ça peut faire varier les effets des traitements en fonction du cycle. En effet, les
femmes prennent les mêmes médicaments mais n’ont pas forcément les mêmes effets.
Risque : être moins à l’écoute des plaintes, peut entraîner de moins bonnes prises en charge.
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V. Anthropologie de la douleur
A) Rapport à la douleur
David LEBRETON a publié l’ouvrage « anthropologie de la douleur » dans lequel il va analyser le
rapport à la douleur et de quelle manière il est construit socio-culturellement. Il montre également
que le développement des antalgiques a été une rupture dans le rapport que les sociétés
construisent vis-à-vis de la douleur.
Dans nos sociétés actuelles, on a une grande disponibilité des antalgiques, donc on récompense
moins la résistance à la douleur (avant : pour le passage à l’âge adulte on faisait des tests avec la
douleur et ils ne devaient pas broncher et pareil pour les accouchements, il fallait accoucher sans se
plaindre malgré la douleur). On ne retrouve plus cette valorisation de la résistance à la douleur et ce,
grâce aux antalgiques.
Aujourd’hui : mise en place de solutions antalgiques même si le soulagement de la douleur n’a pas
été une priorité car elle a longtemps été négligée. Être confronté à la douleur signifiait s’endurcir.
B) Seuil de tolérance à la douleur
Un ensemble de travaux ont été réalisés pour étudier les seuils de tolérance à la douleur, dans une
des expériences des personnes recevaient des impulsions électriques et devaient dire à partir de quel
moment c’était trop douloureux (italiens VS irlandais, et apparemment les Irlandais sont les
gagnants). Le seuil de tolérance est différent mais est-ce que c’est le ressenti qui est différent ou est-
ce que c’est la capacité à résister qui est différente ? Il y a un façonnement par la société de la
tolérance à la douleur.
C) Significations de la douleur
Les significations de la douleur vont avoir un impact sur l’expérience ressentie : selon leurs
significations les douleurs seront +/- tolérables. Certaines douleurs, lorsqu’elles sont recherchées,
comprises ou identifiées sont plus supportables que d’autres douleurs qui peuvent être majorées par
la peur, par la tristesse ou par des interprétations négatives.
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VI. Exemples de douleurs et leur signification
A) Douleurs de l’accouchement
Elle est définie comme la « douleur de devenir femme » ou la « douleur de devenir mère ».
Ce sont a priori des douleurs positives et passagères lorsque l’on attend la venue d’un enfant
souhaité, ce qui allège les douleurs. Cependant, elles peuvent être négatives dans le cas où l’enfant
est non-voulu, ce qui signifie que les douleurs physiques et mentales sont à leur paroxysme.
Historiquement, les douleurs de l’accouchement ont été tardivement prises en charge. De nos jours,
la femme est mieux accompagnée et mieux préparée à l’accouchement.
On retrouve différentes techniques pour pallier ce problème de douleur comme principalement la
péridurale et l’accouchement dans l’eau.
B) Douleurs iatrogènes
Ce sont des douleurs causées par le médecin, perçues par le patient soit comme
« acceptable/tolérable » car elles permettent d’éviter des douleurs plus intenses (c’est un mal pour
un bien), soit comme « évitable » dans les soins (cette interprétation serait moins supportable).
Le praticien peut désamorcer cette douleur notamment en expliquant au patient que la douleur est
inévitable, et en se préoccupant de l’anxiété du patient → en fortifiant le relationnel, la douleur sera
plus tolérée.
C) Douleurs de l’effort sportif
C’est une douleur liée à un stress physique, qui peut être positive comme les courbatures car elles
ont un potentiel effet bénéfique, elles sont réversibles donc c’est une douleur passagère, et elles sont
souvent synonyme de bonne séance pour le sportif (satisfaction) → aspect volontaire. Cependant, on
peut avoir des douleurs négatives comme la blessure, qui entraînent un arrêt prolongé de l’activité
sportive pouvant avoir un impact sur le mental → douleurs psychiques en plus de physiques, aspect
involontaire.
D) Douleurs liées à un cancer
C’est une douleur surtout psychologique (souvent on fait la relation cancer → mort) dont on n’a pas
conscience avant le diagnostic, on s’en rend compte plus tard. Plus le cancer progresse, moins cette
douleur est tolérable.
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Elle est rendue plus tolérable grâce au soutien psychologique de la famille et du praticien, si le patient
est sur une voie de rémission (bon pronostic) et si le malade et sa famille sont conscients de sa
maladie.
À l’inverse, cette douleur peut se renforcer lorsque la personne ayant par exemple un cancer du
poumon, se trouve dans un environnement néfaste et culpabilisant pour lui tel que vivre avec des
fumeurs. D’un point de vue religieux, il peut aussi prendre ce cancer et cette douleur comme une
punition afin d’expier ses péchés (ex : le tabagisme).
Le fait de se sentir coupable de son cancer, d’avoir des remords accentue la douleur.
E) Douleurs dentaires
Si la personne interprète ses douleurs dentaires en disant « ma dent se dégrade et on ne pourra rien
y faire », la douleur sera majorée, alors que si la personne est positive sur son état bucco-dentaire en
se disant « ça va aller », la douleur se percevra moins.
Certaines interprétations sont religieuses : revalorisation des douleurs, permettent de se rapprocher
de dieu car mise à l’épreuve divine, peuvent rendre plus acceptable ces douleurs.
VII. La plainte douloureuse
A) Différences dans l’expression de la douleur
On retrouve différentes formes de moralisation dans l’expression de la douleur :
Des normes socio-culturelles pour la manière d’exprimer la douleur (ne pas l’exprimer, ou l’exprimer
d’une manière acceptable) → Socialisation de la douleur.
De plus dans les relations de soins, il peut y avoir des discordances entre les normes des
professionnels et les normes des patients.
Par exemple en Mauritanie avec l’expression de la douleur de l’accouchement, elle diverge selon les
groupes culturels :
• Chez le groupe « Maur » → acceptabilité d’une expression assez théâtrale de la douleur
• Chez le groupe « Peul » → il faut moduler cette expression, une certaine sobriété
dans l’expression de la douleur est valorisée chez eux.
Il peut donc y avoir une incompréhension entre ces deux groupes (professionnel Maur + patiente Peul
= ) comme un risque de sous-estimation si on a une patiente qui se plaint très peu de la douleur
ou un risque de désapprobation si la patiente exprime fortement la douleur.
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En milieu Maur, il est tout à fait normal de se plaindre de la douleur lors de l’accouchement,
notamment en réclamant des cadeaux au mari (c’est culturellement admis).
B) Différences dans la reconnaissance de la plainte « syndrome
méditerranéen »
Le syndrome Méditerranéen = c’est une idée stéréotypée dans laquelle les populations
méditerranéennes vont se plaindre et exprimer de manière grandiose leur douleur (ils en rajoutent
beaucoup selon les praticiens)→ Les praticiens seront possiblement amenés à minimiser de
véritables douleurs de ces populations (discrimination).
Exemple en lien avec ce syndrome :
La Drépanocytose est une maladie génétique rare favorisée par le paludisme qui procure des
douleurs intenses. Elles touchent en particulier les personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, et sont
parfois incomprises car ces personnes se plaignent très fortement et si on ne connaît pas cette
pathologie (car c’est une maladie rare), on peut penser qu’ils surjouent (car c’est aussi une maladie
invisible).
Selon Justine, le seuil de tolérance à la douleur est plus élevé chez la femme que chez l’homme
(confirmé par la prof).
Pour le cas de l’Endométriose, il y avait une non-reconnaissance de cette douleur car elle était
considérée comme une douleur liée au fait d’être une femme. Cette douleur a pu être reconnue grâce
à l’action d’associations et de patientes victimes de ce déni.
VIII. Construction sociale des pratiques d’hygiènes
A) Évolution des sensibilités et de la perception de l’eau
Georges VIGARELLO : Historien et auteur du livre « le propre et le sale, l’hygiène du corps depuis le
Moyen-Âge » qui retranscrit l’histoire de l’hygiène en France. C’est un ouvrage qui va montrer la
relativité de nos conceptions de ce qui est propre et de ce qui est sale, avec une évolution des
sensibilités ainsi qu’une évolution de la perception de l’eau.
• Avant, on évitait de laver les malades et les nouveau-nés car on pensait qu’ils étaient trop
fragiles pour se laver en pensant que l’eau était un vecteur de contaminations (On pensait
que l’eau était dangereuse pour la santé).
• À la fin du Moyen-Âge, on a une focalisation sur le visible → être propre c’est porter des
habits propres et avoir le visage et les mains propres.
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• Au XVIe siècle, on considérait qu’utiliser le linge blanc retenait la crasse donc changer
fréquemment ce linge blanc était signe de propreté.
• Au XVIIe siècle, on craignait les infiltrations d’eau au moment de la toilette → Toilette
uniquement par frottements mais également avec des parfums, afin d’éviter un contact direct
avec l’eau.
• Au XVIIIe siècle, on a un retour du bain et on accorde à l’eau tiède des vertus d’apaisements
et à l’eau froide des vertus d’affermissement.
Ainsi, G. VIGARELLO nous montre bien que l’histoire de l’hygiène n’est pas du tout linéaire.
Pour la question de l’hygiène bucco-dentaire, on va retrouver également divers usages, perceptions,
évolutions de cette hygiène. Dans beaucoup de sociétés, on utilise des bâtonnets pour se laver les
dents.
B) Propreté associée à la civilité puis à la santé
De plus, la propreté n’est pas uniquement associée à la santé, mais est également associé à un
ensemble de normes de civilité. En effet, les personnes se lavent pour la santé mais aussi pour des
raisons de vie en société.
IX. Rapport à l’hygiène
A) Incorporation des gestes d’hygiène, honte, pudeurs
Norbert ELIAS : sociologue et auteur d’un ouvrage se nommant « civilisation des mœurs ».
Dans ce livre, on retrouve l’évolution récente de l’hygiène et de la pudeur des sociétés modernes en
montrant la construction de pratiques d’hygiène et l’incorporation de nouvelles normes d’hygiène.
Par exemple, il était admis de se moucher dans ses mains, d’uriner devant d’autres personnes, de
cracher par terre.
Il y a encore quelques décennies en Afrique de l’Ouest, on pouvait voir des femmes torses nus car
seul le bas du corps était « érotique ». On en voit quasiment plus car il y a eu une mondialisation de
certaines normes de pudeurs.
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B) Propos et pratiques d’hygiène
De nombreux travaux sur les pratiques d’hygiène, menés par les sciences sociales, montrent que
souvent les gens ne font pas ce qu’ils disent comme se laver les mains après être allé aux toilettes.
D’autres travaux portaient sur les soignants face aux risques infectieux à l’hôpital et Danièle
CARRICABURU a étudiée plus précisément la question du lavage de mains à l’hôpital. Elle a constaté
que les soignants se lavaient bien les mains mais c’était surtout pour se protéger eux-mêmes et non
pour empêcher la transmission de maladies vers le patient.
C) Propreté et pureté
Propreté = Respect des pratiques d’hygiène et est considérée comme « propre ».
Pureté = Représentations symboliques et parfois religieuses. Par exemple, dans l’Islam : les ablutions
(passer de l’eau sur les mains avant de prier) permettent d’être dans un état de pureté lors de la
prière mais elles ne sont pas efficaces sur le plan de l’hygiène. Ce qui est pur n’est pas forcément
propre.
Marie DOUGLAS : s’intéresse à la question de pureté et parle dans son ouvrage d’impureté et de la
crainte de la pollution. L’impureté correspondrait des substances qui entrent ou qui sortent du corps.
Par exemple, dans certaines sociétés, une femme ayant ses menstruations ne peut pas cuisiner car
elle n’est pas dans un état de pureté (conception symbolique).
Autre exemple concernant à la fois des pratiques d’hygiènes et des représentations de la pureté :
Dans certaines sociétés, il y a une différenciation entre les mains droite et gauche → la droite est
utilisée pour les activités pures donc on peut manger avec alors que la main gauche va servir à la
toilette avec notamment le nettoyage après la défécation, donc pour des activités impures.
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C’est les QCMMMMMMMMMMMMMMDR 🤣
QCM 1 : A propos des habitus :
A) C’est Luc BOLTANSKI qui est à l’origine de ce concept
B) Ils correspondent uniquement aux habitudes alimentaires
C) Les milieux favorisés ont une préférence pour les aliments bénéfiques pour leur santé
D) Ils dépendent des milieux sociaux
E) Le monde scolaire ne présente aucune inégalité sociale
QCS 2 : A propos de la plainte douloureuse :
A) Les peuls sont des dramaqueens
B) Elle est linéaire, qu’importe la société
C) Les femmes maurs ont le droit à leurs meilleurs cadeaux pour l’accouchement
D) Le syndrome Méditerranéen n’a aucun impact médical
E) La Mononucléose est en lien avec le syndrome Méditerranéen
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C’est la correctionnnnnnnnnnnnnngle 💅
QCM 1 : A propos des habitus :
A) FAUUUUX J’AI DIT QUE C’ÉTAIT PIERRE BOURDIEU 👹
B) Faux, ils correspondent aux habitudes alimentaires mais aussi aux modes de vie, aux
comportements, aux décisions personnelles, à notre façon de gérer nos problèmes de santé,
en gros à nos habitudes
C) Vrai
D) Vrai
E) Faux, dès l’école les inégalités sociales sont présentes : des enfants issus de milieux favorisés
auront probablement un langage plus développé et peineront moins à comprendre et à
apprendre.
QCS 2 : A propos de la plainte douloureuse :
A) Faux, les Peuls ont des expressions à la douleur plus sobre que les Maurs
B) Faux, on retrouve une socialisation de la douleur, comme les exemples des groupes Maur et
Peul en Mauritanie
C) Vrai
D) Faux, ce syndrome peut malheureusement minimiser les douleurs de ces personnes (les
soignants pensent qu’elles overreact😔)
E) Faux, c’est la Drépanocytose la team 🤙
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