Lycée Blaise Pascal MPSI 1 - 2024/2025
MATHÉMATIQUES
Devoir n°7
Vendredi 20 Mars 2025
La qualité de la rédaction et de la présentation, la clarté et la précision des raisonnements
constitueront des éléments importants dans l’appréciation des copies. En particulier, il est
indispensable de conclure vos réponses et d’encadrer vos résultats à la règle.
On pourra admettre le résultat d’une question après l’avoir mentionné explicitement sur sa copie.
Questions de cours :
Soit a ∈ C. Justifier que (1, X − a, (X − a)2 , ..., (X − a)n ) est une base de Cn [X].
Énoncer la formule de Grassmann.
Donner trois caractérisations d’un hyperplan en dimension finie.
Donner le nombre de parties d’un ensemble à n éléments.
Exercice 1 Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie avec dim E = n ⩾ 2. On considère
une forme linéaire non nulle φ sur E.
1. Quel est le rang de φ ?
2. Montrer que φ est surjective. Est-elle injective ?
e(n+1)x −1
Exercice 2 Soit n ⩾ 1. On note f : x 7→ ex −1 .
1. Montrer que f est prolongeable par continuité en 0.
2. Déterminer le développement limité de f en 0 à l’ordre 3. On commencera par déterminer
un développement asymptotique de ex1−1 .
n
k3 .
P
3. Interpréter f comme une somme et retrouver la valeur de
k=1
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Problème On dit qu’une matrice M ∈ Mn (R) est nilpotente s’il existe un entier p tel que
M p = 0Mn (R) .
Dans tout ce problème, on note :
Tn0 (R) = {M ∈ Mn (R), tr(M ) = 0} l’ensemble des matrices de trace nulle.
En (R) l’ensemble des matrices de Mn (R) dont tous les coefficients diagonaux sont nuls.
Nn l’ensemble des matrices de Mn (R) nilpotentes.
L’objectif de ce problème est d’établir quelques résultats sur les matrices de trace nulle.
Partie 1 Préliminaires
n
P
On définit la fonction tr : Mn (R) → R par tr(A) = [A]i,i .
i=1
1. Soient (A, B) ∈ Mn (R)2 et (λ, µ) ∈ R2 .
a) Montrer que, tr(λA + µB) = λtr(A) + µtr(B).
b) Montrer que tr(AB) = tr(BA).
2. Soit N ∈ Nn . On suppose que N p = 0Mn (R) mais N p−1 ̸= 0Mn (R) .
a) Justifier qu’il existe un vecteur X1 de Mn,1 (R) tel que N p−1 X1 ̸= 0Mn,1 (R) .
b) Pour tout k de J1, pK, on pose Xk = N k−1 X1 . Montrer que la famille B = (X1 , X2 , ..., Xp )
est une famille libre de Mn,1 (R)
c) En déduire que p ⩽ n.
a b
3. On suppose n = 2 et on pose A = ∈ M2 (R). Montrer que si A est nilpotente
c d
alors tr(A) = 0. On pourra exprimer A2 en fonction de A et I2 .
Partie 2 Sev engendré par les matrices nilpotentes
Dans toute cette partie, pour tout (i, j) ∈ J1, nK2 , on note Ei,j la matrice élémentaire de Mn (R)
composée de 0 partout sauf sur la ligne i colonne j où il y a un 1.
1. Dans cette question uniquement, on suppose n = 2. Justifier que T20 (R) est un sev de
M2 (R) et en donner une base.
2. L’entier n est à nouveau quelconque.
a) Montrer que, pour i ̸= j, la matrice Ei,j est nilpotente.
b) Déterminer les puissances successives de E1,2 + E2,1 . L’ensemble Nn est-il un sev de
Mn (R) ?
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c) On pose A = Ei,i + Ei,j − Ej,i − Ej,j . Montrer que si i ̸= j alors A2 = 0Mn (R) .
d) En déduire que, si i ̸= j alors Ei,i − Ej,j ∈ Vect(Nn ).
3. Montrer que Tn0 (R) ⊂ Vect(Nn ).
4. Montrer que l’inclusion précédente est une égalité dans le cas n = 2. En réalité, pour tout
entier naturel n, on a Tn0 (R) = Vect(Nn ).
Partie 3 Commutateurs et trace
Mn (R) → Mn (R) qui à
1. On définit la fonction p : matrice M = (mi,j ) ∈ Mn (R)
une
m1,1 0 ··· 0
. ..
m2,2 . .
0 .
associe la matrice p(M ) = .
. .
.
.. .. ..
0
0 ··· 0 mn,n
a) Démontrer que p est un projecteur. On n’oubliera pas de justifier que p est une appli-
cation linéaire.
b) En déduire que En (R) et l’ensemble Dn (R) des matrices diagonales de Mn (R) sont deux
sous-espaces vectoriels de Mn (R) et que Mn (R) = Dn (R) ⊕ En (R).
c) Expliciter une base de Dn (R) puis en déduire dim Dn (R) et dim En (R).
1 0 ··· 0
.
0 2 . . . ..
(
Mn (R) → Mn (R)
2. On pose A = . .
et on considère φ : .
.. .. ... 0 M 7→ AM − M A
0 ··· 0 n
a) Montrer que φ est un endomorphisme de Mn (R).
b) Montrer que ker φ = Dn (R).
c) En déduire rg(φ).
d) Montrer que Im(φ) ⊂ En (R).
3. Soit B ∈ Mn (R) à diagonale nulle (ie B ∈ En (R)).
a) Montrer qu’il existe M ∈ Mn (R) telle que B = AM − M A.
b) Montrer qu’il existe une matrice N ∈ En (R), unique, telle que B = AN − N A.
4. Soit M ∈ Mn (R). On admet que si M ∈ Tn0 (R) alors il existe P ∈ GLn (R) et B ∈ En (R)
telles que B = P −1 M P . Montrer que :
tr(M ) = 0 ⇔ ∃(X, Y ) ∈ Mn (R)2 , M = XY − Y X.
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Exercice 3 Une matrice M ∈ Mn (R) est dite diagonalisable s’il existe une matrice P ∈ Mn (R)
inversible telle que P −1 M P soit une matrice diagonale.
1. Soit M
matrice antisymétrique
il existe P ∈
et diagonalisable. Par hypothèse, GLn (R) et
λ1 (0) λ1 (0)
D=
.. ∈ Mn (R) telles que P −1 M P = D =
.. .
. .
(0) λn (0) λn
a) Montrer que, pour tout i ∈ J1, nK, il existe Xi ∈ Mn,1 (R) tel que Xi ̸= 0 et que
M Xi = λi Xi .
b) Calculer de deux manières différentes XiT M Xi et en déduire que M = 0.
2. Déduire des questions précédentes qu’un sous-espace vectoriel S de Mn (R) constitué de
matrices toutes diagonalisables vérifie dim S ⩽ n(n+1)
2 .
Vous exhiberez l’an prochain un sev de Mn (R) de dimension n(n+1) 2 dont toutes les matrices
sont diagonalisables. L’inégalité obtenue dans cet exercice est donc optimale.