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Matrices 2017

Le document présente une série d'exercices sur les matrices, couvrant des sujets tels que le calcul matriciel, les puissances de matrices, l'inversibilité, et les structures algébriques associées. Il inclut des exercices pratiques pour déterminer le rang, le noyau, et les propriétés des matrices, ainsi que des démonstrations sur les matrices nilpotentes et diagonales dominantes. Enfin, il aborde des concepts d'algèbre linéaire liés aux applications linéaires et aux endomorphismes associés aux matrices.

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Matrices 2017

Le document présente une série d'exercices sur les matrices, couvrant des sujets tels que le calcul matriciel, les puissances de matrices, l'inversibilité, et les structures algébriques associées. Il inclut des exercices pratiques pour déterminer le rang, le noyau, et les propriétés des matrices, ainsi que des démonstrations sur les matrices nilpotentes et diagonales dominantes. Enfin, il aborde des concepts d'algèbre linéaire liés aux applications linéaires et aux endomorphismes associés aux matrices.

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Lycée Pierre de Fermat 2017/2018

MPSI 1 TD

Matrices

1 Calcul matriciel. Puissances de matrices, inversibilité.


 
1 0 2
⊲ Exercice 1.1. Soit A =  0 −1 1 . Calculer A3 − A et en déduire une expression polynomiale annulant
1 −2 0
A. A est-elle inversible et si oui quel est son inverse ?
⊲ Exercice
 1.2. 
0 0 i
Soit A =  i 0 0  ∈ M3 (C). Calculer Ak pour tout k ∈ N∗ .
0 0 1
 
3 1 −1
⊲ Exercice 1.3. Soit A =  1 1 1  ∈ M3 (C). Montrer que A est inversible et calculer A−1 .
2 0 2

⊲ Exercice 1.4. Notons J la matrice de Mn (K) dont tous les coefficients sont égaux à 1
1. Déterminer le rang et le noyau de l’endomorphisme canoniquement associé à J.
2. Calculer J k , pour tout k ∈ N.
3. Calculer, pour tout λ ∈ R, (J + λIn )k .
 
5 2 2
4. En déduire l’expression des puissances de A =  2 5 2 
2 2 5
   
2 4 6 0 4 6
⊲ Exercice 1.5. Soit A =  0 2 3  ∈ M3 (C) et N =  0 0 3  ∈ M3 (C).
0 0 2 0 0 0
1. Calculer N k , pour tout k ∈ N∗ .
2. En déduire Ak pour tout k ∈ N∗ .
 
0 0 0
⊲ Exercice 1.6. Soit A =  −2 1 −1  ∈ M3 (C)
2 0 2
1. Calculer le reste de la division euclidienne de X n par X 3 − 3X 2 + 2X.
2. En déduire le calcul de Ak pour tout k ∈ N∗ .
⊲ Exercice 1.7. Une matrice N ∈ Mn (K) non nulle est nilpotente s’il existe k ∈ N∗ tel que N k = 0n .
1. Montrer que la somme (resp. le produit) de deux matrices nilpotentes (A, B) ∈ Mn (K)2 qui commutent
est une matrice nilpotente.
2. Montrer que, si N ∈ Mn (K) est nilpotente, ∀λ ∈ K, In + λN est inversible.
 
−2 1 3
En déduire que A =  0 −2 −1  est inversible et préciser son inverse.
0 0 −2
 
a b
⊲ Exercice 1.8. Soit A = ∈ M2 (K) fixée quelconque.
c d
1. Calculer A2 − (a + d)A + (ad − bc)I2 .
2. En déduire une CNS sur (a, b, c, d) ∈ K4 pour que A ∈ GL2 (K).
   
1 2 −1 −3
3. B = et C = sont-elles inversibles et si oui, préciser leurs inverse.
−1 −2 2 −1

⊲ Exercice 1.9. Oral X-2009. Soit B ∈ Mn (R) nilpotente non nulle telle qu’il existe A ∈ Mn (R) vérifiant
AB 2 − B 2 A = B. Montrer que l’indice de nilpotence pB de B est impair. On rappelle que pB = min{p ∈
N∗ | B p = 0}.

1
2 Structures algébriques sur les espaces de matrices.
2.1 Sous-anneaux, sous-groupes, sous-algèbres de matrices.
  
x+y 3y 2
⊲ Exercice 2.1. Montrer que E = | (x, y) ∈ R est un sous-espace vectoriel de (M2 (R), +·),
−y x−y
un sous-anneau de (M2 (R), +, ×), une sous-R-algèbre de (M2 (R), +·, ×), puis que c’est un corps isomorphe à
C.  
1 3
On posera S = .
−1 −1
   
 1 0 0 
⊲ Exercice 2.2. Posons G = M (x) =  −x2 1 x  ∈ M3 (R) x ∈ R
 
−2x 0 1

R −→ G
Soit Φ : .
x 7−→ M (x)
1. Comparer, pour tout (x, y) ∈ R2 , Φ(x + y) et Φ(x) × Φ(y).
2. Montrer que G est un sous-groupe de (GL3 (R), ×) isomorphe à (R, +).
  
a+b b 2
⊲ Exercice 2.3. Soit E = | (a, b) ∈ R
−b a − b
1. Montrer que E est un sous-espace vectoriel de M2 (R) dont on donnera une base et la dimension.
2. Montrer que E est un sous-anneau commutatif de M2 (R).
3. Déterminer les éléments inversibles de E.
4. Déterminer les diviseurs de zéro de E (est-ce nécessaire de distinguer diviseur de zéro à gauche et diviseur
de zéro à droite ?).
On rappelle que dans un anneau (A, +, ×) de neutre additif 0A ,
— a ∈ A \ {0A } est un diviseur de zéro à gauche s’il existe b ∈ A \ {0A } tel que a × b = 0A ,
— a ∈ A \ {0A } est un diviseur de zéro à droite s’il existe b ∈ A \ {0A } tel que b × a = 0A .
Il est évident que si l’anneau (A, +, ×) est commutatif, les deux notions de diviseur de zéro à droite et à
gauche coïncident et donnent la notion de diviseur de zéro.
On rappelle également (voir exercice non évident plus loin) que, dans Mn (K), une matrice est un diviseur
de zéro à droite si et seulement si c’est un diviseur de zéro à gauche.

2.2 Matrices inversibles dans Mn (K).


⊲ Exercice 2.4. Soient (A, B) ∈ Mn (K)2 telles que In + AB est inversible. Montrer que (In + BA) ∈ GLn (K).
⊲ Exercice 2.5. Inversibilité des matrices à “diagonale dominante”.
1. Soit (Ai,j ) 16i6n une matrice de Mn (K) (K = R ou C) telle que
16j6n

n
X
∀i ∈ {1, 2, . . . , n}, |Ai,i | > |Ai,j | , ce qui se lit “A est à diagonale dominante”.
j=1
j6=i

Montrer que cette matrice est inversible.


   
7 −2 2 7 1 6
2. La matrice A =  0 −6 1  est-elle inversible ? et B =  −3 −5 3  ? Donner une condi-
1 3 −10 2 1 −10
 
λ −3 2
tion suffisante sur λ ∈ C pour que Mλ =  −2 λ 2  soit inversible.
1 0 λ

3 Algèbre linéaire sur les espaces de matrices.


⊲ Exercice 3.1. Soit A ∈ Mn (K). Montrer qu’il existe p ∈ N∗ et (λ0 , . . . , λp ) ∈ Kp+1 non tous nuls tels que

λ0 .In + λ1 .A + λ2 .A2 + . . . + λp .Ap = 0n .



M2 (R) −→ M2 (R)
⊲ Exercice 3.2. Soit A ∈ M2 (R) fixée. Considérons ΦA : .
M 7−→ MA

2
1. Montrer que ΦA est une application linéaire et donner sa matrice relativement à la base canonique de
M2 (R).
2. Calculer Tr(ΦA ).
3. Donner une CNS sur A ∈ M2 (R) pour que Φ ∈ GLR (M2 (R)).
⊲ Exercice 3.3. À proposde la trace d’une matrice carrée.
 Mn (K) → n K

Considérons l’application Tr X .

 A 7→ Ai,i
i=1
1. Montrer que Tr est une forme linéaire sur Mn (K).
2. En déduire que l’ensemble des matrices de trace nulle, E = {M ∈ Mn (K) | Tr(M ) = 0}, est un sous-espace
vectoriel de Mn (K) dont on précisera la dimension et une base (que l’on explicitera pour n = 2 et n = 3).
⊲ Exercice 3.4. Base duale de la base canonique de Mn,p (K).
1. Quelle est la dimension de Mn,p (K)∗ (espace dual de Mn,p (K)) ? Expliciter la base duale de la base
canonique de M2,3 (K).

Mn (K) → K
2. Exprimer dans la base duale de la base canonique les formes linéaires Tr et ϕA :
M 7→ Tr(AM )
où A ∈ Mn (K) est fixée.

 Mn (K) →  Mn (K)∗
3. En déduire l’expression de ϕE i,j et montrer que Φ : Mn (K) → K est un
 A 7→
M 7→ Tr(AM )
isomorphisme.
⊲ Exercice 3.5.
1. (a) Soient (A, B) ∈ Mn (K)2 telles que, ∀M ∈ Mn (K), Tr(AM ) = Tr(BM ). Montrer que A = B (on
pourra tester les matrices de la base canonique de Mn (R)).
(b) Soit ϕ ∈ Mn (K)∗ (forme linéaire sur Mn (K)). Montrer qu’il existe une unique matrice A ∈ Mn (K)
telle que
∀M ∈ Mn (K) , ϕ(M ) = Tr(AM ) .
2. (a) Montrer que ∀(A, B) ∈ Mn (K)2 , Tr(AB) = Tr(BA).
(b) Calculer, pour A ∈ Mn (K) et (i, j, k, l) ∈ [[1, n]], Tr(AE i,j E k,l ).
(c) Soit ϕ ∈ Mn (K)∗ telle que ∀(A, B) ∈ Mn (K)2 , ϕ(AB) = ϕ(BA). Montrer qu’il existe λ ∈ K tel que

∀M ∈ Mn (K) , ϕ(M ) = λ.Tr(M ) .

4 Interprétation matricielle des endomorphismes.


4.1 Application linéaire associé à une matrice
 
1 −2 0
⊲ Exercice 4.1. Considérons la matrice A =  0 −1 3  et a l’endomorphisme de R3 canoniquement
1 −4 6
associé à A. Déterminer le noyau et l’image de l’endomorphisme a.

4.2 Matrice représentant une application linéaire.


⊲ Exercice 4.2. Dans tout l’exercice, on traitera le cas n = 4 avant de traiter le cas général n ∈ N∗ .
1. (a) Donner la matrice, relativement à la base canonique de Rn [X], de l’endomorphisme de Rn [X], u :
P (X) 7→ P (X + 1).
(b) Montrer que c’est un automorphisme et préciser sa matrice inverse (on pourra chercher la matrice de
l’endomorphisme réciproque car ici, u s’inverse plus rapidement que sa matrice ! !).
2. Expliciter la décomposition d’un polynôme P ∈ Rn [X] dans la base de Hilbert (T0 , . . . , Tn ) de Rn [X] où,
k−1
Y
(X − i)
i=0 X(X − 1) . . . (X − k + 1)
T0 (X) = 1 , ∀k ∈ [[1, n]] , Tk (X) = = .
k! k!
3. En déduire la base duale (T0∗ , . . . , Tn∗ ) de la base de Hilbert.

3
⊲ Exercice 4.3. Soit f ∈ L(R2 ) telle que Imf = Kerf . On note Bc = (e1 , e2 ) la base canonique de R2 .
 
0 1
1. Montrer qu’il existe une base B de R2 telle que mat(f, B) =
0 0
 
0 1
2. Quel lien y a-t-il entre et mat(f, Bc ) ?
0 0
⊲ Exercice 4.4. Soit f ∈ L(R4 ) tel qu’il existe (u, v) ∈ (R4 )2 vérifiant
u 6= 0R4 , v 6= 0R4 , f (u) = v , f (v) = −u , rg(f ) = 2
On note A la matrice de f relativement à la base canonique Bc de R4 .
1. Montrer que Imf ∩ Kerf = {0R4 }.
 
0 1 0 0
 −1 0 0 0 
2. Montrer que A est semblable à M =   0 0 0 0 .

0 0 0 0
3. Calculer la dimension du commutant C(M ) = {G ∈ M4 (R) | M G = GM } de M .
En déduire la dimension du commutant C(f ) = {g ∈ L(R4 ) | f ◦ g = g ◦ f } de f .

4.3 Changements de base.


⊲ Exercice 4.5. Soit E un K-espace vectoriel de dimension n ∈ N∗ , B = (e1 , e2 , . . . , en ) une base de E et
u ∈ LK (E). On note B ′ la base (en , en−1 , . . . , e1 ).
1. Relier A = mat(u, B) et A′ = mat(u, B ′ ) avec la formule de changement de base. On commencera par le
cas n = 3.
2. En supposant que n = 2 et que tous les coefficients diagonaux de A sont nuls, que dire de A et A′ ?
   
2 1 1 0
⊲ Exercice 4.6. Montrer que les matrices A = et B = sont sembables (i.e. représentent le
1 2 0 3
même endormorphisme lu dans les mêmes bases au départ et à l’arrivée mais relativement à des bases difféffé-
rentes.
On pourra étudier l’équation d’inconnue P ∈ GL2 (R) A = P −1 BP en remarquant que A = P −1 BP ⇐⇒ P A =
BP ⇐⇒ P A − BP = 0.
⊲ Exercice 4.7.  
2 2 a b
1. Soit u ∈ LK (K ) et (e1 , e2 ) une base de K telle que A = mat(u, (e1 , e2 )) = ∈ M2 (K). Exprimer
0 c

en fonction de λ ∈ K , a, b et c les matrices mat(u, (e2 , e1 )), mat(u, (λ.e1 , λ.e2 )) et mat(u, (e1 , λ.e2 )).
   
1 1 1 λ
2. Les matrices et sont-elles dans la même classe de similitude pour tout λ ∈ K∗ ?
0 1 0 1
  
1 λ ∗
3. L’ensemble E = λ∈K est-il une classe de similitude ?
0 1
⊲ Exercice 4.8. Soit u un endomorphisme d’un K-espace vectoriel E de dimension finie n tel qu’il existe k ∈ N∗
pour lequel uk = 0. Montrer qu’il existe une base de E relativement à laquelle la matrice de u est strictement
triangulaire supérieure.
 
1 0 0
⊲ Exercice 4.9. Notons u l’endomorphisme de R3 canoniquement associé à A =  1 2 0 .
1 0 4
1. Résoudre, en fonction de λ ∈ R le système linéaire d’inconnue X ∈ M3,1 (R), (A − λ.I3 )X = 03,1 .
2. Déterminer les droites vectorielles stabilisées par u. En déduire une base de R3 relativement à laquelle la
matrice de u est diagonale.
3. Résoudre dans M3 (R) l’équation M 2 = A. On pourra montrer que l’endomorphisme canoniquement
associé à M commute avec u et qu’il stabilise les droites stables de u.
⊲ Exercice 4.10. Considérons l’endomorphisme de R3 [X], ϕ : P (X) 7→ P (X) + P ′ (X).
1. Donner la matrice de l’endomorphisme de ϕ dans la base canonique de R3 [X].
2. En déduire le rang de l’endomorphisme. Existe-t-il un endomorphisme ψ de R3 [X] tel que ϕ◦ψ = idR3 [X] ?
l’expliciter dans la base canonique de R3 [X]. Calculer ϕ−1 (X 3 + X + 2).
3. En observant le comportement de ϕ2 , ϕ3 ,. . . trouver une expression polynômiale annulant ϕ et retrouver
les résultats ci-dessus.
4. Donner l’expression de la matrice de ϕ dans la base {1, X − 1, (X − 1)2 , (X − 1)3 } d’une part en appliquant
la formule du changement de base et d’autre part en calculant directement la matrice cherchée.

4
5 Rang d’une famille de vecteurs. Rang d’une application linéaire.
⊲ Exercice 5.1. Rang d’un produit de matrices
Soient (A, B) ∈ Mn,p (K) × Mp,q (K).
Montrer que
rg(AB) 6 min(rg(A), rg(B))
⊲ Exercice 5.2. Rang d’un projecteur
1. Rappeler les définitions et les propriétés des sous-espaces vectoriels qui caractérisent un projecteur vectoriel
d’un R-espace vectoriel E.
2. Montrer que le rang d’un projecteur d’un espace de dimension finie est égal à sa trace.
3. Soit E un K-espace vectoriel. Soient (u, v) ∈ L(E)2 . u est semblable à v s’il existe ϕ ∈ GL(E) telle que
u = ϕ−1 ◦ v ◦ ϕ.
(a) Montrer que la relation binaire « être semblable » est une relation d’équivalence sur GL(E).
(b) Montrer que deux projecteurs d’un espace de dimension finie sont semblables si et seulement si ils ont
le même rang.
⊲ Exercice 5.3. Matrices de rang 1
Soit A ∈ Mn (K) une matrice de rang 1.
1. Montrer qu’il existe (C, C ′ ) ∈ Mn,1 (K)2 telle que A = C.t C ′ .
2. Montrer que, si on note a le réel t C ′ .C, pour tout p ∈ N∗ , Ap+1 = ap A.
3. En déduire une CNS pour qu’une matrice de rang 1 soit canoniquement associée à une projection vectorielle
dont on déterminera l’image et le noyau en fonction de C et C ′ .
4. Montrer que A + In est inversible si et seulement si a 6= −1 et préciser son inverse. On pourra chercher
l’inverse sous la forme In + λA.
⊲ Exercice 5.4. Calculer le rang des matrices suivantes et leur inverse s’il y a lieu
     
1 1 0 1 1 1 −1 2 3 1 1
 3 2 −1 3   λ −1 1 1   1 1 λ 
A=  λ 3 −2 0
, B = 
  1 −1 3
, C =   .
−3   −4 4 −4 
−1 0 −4 −3 4 2 0 λ 6 4 0

⊲ Exercice 5.5. Soit (A1 , A2 , . . . , Ak ) ∈ GLn (K)k une famille de matrices stable par multiplication. On note
(ai )i∈{1,...,k} les automorphismes de Kn canoniquement associés à ces matrices.
1. Montrer que la famille constitue un sous-groupe de GLn (K).
k
1X
2. Montrer que l’application linéaire p = ai est un projecteur vectoriel. En déduire que la trace de
k i=1
k
X
S= Ai est un multiple de k.
i=1
n\
k o
3. Montrer que Tr(p) = dimK Ker(ai − id) , ce qui s’écrit aussi
i=1
n o
Tr(S) = k × dimK X ∈ Kn | ∀i ∈ {1, . . . , k}, Ai X = X .

⊲ Exercice 5.6. (Voir exercice 11)


1. Montrer que, dans l’anneau (Mn (K), +, ×), une matrice M est un diviseur de zéro à droite si et seulement
si c’est un diviseur de zéro à gauche. On pourra par exemple utiliser la décomposition P Jr Q de M .
2. On se place dans l’anneau (L(E), +, ◦) où E est le R-espace vectoriel des suites réelles. On considère
l’endomorphisme décalage à gauche. Montrer que c’est un diviseur de zéro à gauche mais pas à droite.
⊲ Exercice 5.7. Application de la décomposition P Jr Q.
Soit f une application de Mn (R) dans R non constante telle que ∀(M1 , M2 ) ∈ Mn (R)2 , f (M1 M2 ) = f (M1 )f (M2 ).
1. f est-elle un morphisme de groupes ?
2. Montrer que f (In ) = 1 et que f (0Mn (R) ) = 0.
3. Soit A ∈ Mn (K) telle qu’il existe p ∈ N∗ : Ap = 0Mn (R) . Montrer que f (A) = 0.
4. Montrer que M ∈ GLn (R) ⇐⇒ f (M ) 6= 0.

5
L’indispensable : complétez, démontrez ou infirmez les assertions sui-
vantes.
⊲ Exercice 5.8.
 
    1 −2 1
1 −2 1 −2
1. Quels sont les inverses, s’ils existent, des matrices A = ,B = ,C = 0 −3 2  ?
0 −3 −2 4
0 0 −2
 
−1 1 1
2. Soit A =  1 −1 1 . Calculer A2 et en déduire une expression polynômiale annulant A. A est-elle
1 1 −1
inversible et si oui quel est son inverse ?
  
 a 0 c 
3. L’ensemble des matrices E = A ∈ M3 (C) | ∃(a, b, c) ∈ C3 : A =  0 b 0  est-il un sous-espace
 
c 0 a
vectoriel de M3 (C) ? un sous-anneau ? Quels sont les éléments inversibles dans cet ensemble de cet en-
semble ?
4. Si A est une matrice de M3 (K) telle que pour tout B ∈ M3 (K), (AB)2 = 0, alors A = 0.
5. Si A et B sont deux matrices carrées de même taille telles que AB = 0, alors A = 0 ou B = 0.
6. Donner une base de {A ∈ M3 (C) | Tr(A) = 0} (comme R-espace vectoriel puis comme C-espace vectoriel).
7. Que peut-on dire d’une matrice A ∈ Mn (K) telle que Tr(t AA) = 0 ?
8. Trouver deux matrices (A2 , B2 ) ∈ M2 (R)2 telles que A2 B2 = 0 et B2 A2 6= 0. En déduire des matrices
(Ap , Bp ) ∈ Mp (R)2 (p > 2) telles que Ap Bp = 0 et Bp Ap 6= 0.
9. Le produit de deux matrices symétriques est une matrice symétrique si et seulement si elles commutent.
10. Il existe A ∈ M2n (R) telle que A2 = −I2n .
11. La trace d’un projecteur vectoriel est égale à son rang.
12. La somme de deux matrices inversibles est inversible.  
1 2 4 8 16
 0 1 2 4 8 
 
13. Vu à l’oral de l’X. Quelle est, sans calcul ou presque, la matrice inverse de A = 
 0 0 1 2 4 ?

 0 0 0 1 2 
0 0 0 0 1
la réponse est dans un exemple du cours.
14. Si A et B sont deux matrices de Mn (K) qui commutent et telles que A3 = 7In + B 3 , alors A − B est
inversible. Que se passe-t-il si la relation précédente est changée en A3 = 7In − B 3 ?
15. Soit A ∈ Mn (R) tel que A3 = 0. Calculer, pour tout k ∈ N∗ , (In + A + A2 )k .
16. Résoudre, dans M2 (C), M 2 = I2 .

6
Correction des exercices
⊲ Corrigé de l’exercice
 1.1
1 0 2
Soit A =  0 −1 1 .
1 −2 0
Le Calcul de A3 − A donne 4.I3 .
 1
On en déduit que A A2 − I3 = 4.I3 donc, en multipliant avec la LCE par et en utilisant le bon comportement
4
de la LCE “·” vis-à-vis de la LCI × (car (M3 (R), +, ·, ×) est une R-algèbre)
 
1 2 1
A× .A − .I3 = I3 .
4 4
De plus, la R-algèbre R[A] des polynômes en A est commutative donc
 
1 2 1
.A − .I3 × A = I3
4 4

1 2 1
si bien que A ∈ GL3 (R) et A−1 = .A − .I3 .
4 4

⊲ Corrigé de l’exercice 1.2 


0 0 i
Le calcul de A2 donne A2 =  0 0 −1 .
0 0 1
 
0 0 i
Le calcul de A3 donne A3 =  0 0 −1  si bien que A3 = A2 .
0 0 1
À partir de cela, un récurrence immédiate permet de montrer que ∀k ∈ N, k > 2 ⇒ Ak = A2 .

 In si k = 0 (par convention),
Ainsi, pour tout k ∈ N, Ak = A si k = 1,
 2
A si k > 2.

⊲ Corrigé de l’exercice 1.3


⊲ Corrigé de l’exercice 1.4
1.
2. Un calcul immédiat permet de montrer que J 2 = n.J ce qui permet de prouver par récurrence que
∀k ∈ N∗ , J k = nk−1 .J

3. La R-algèbre Mn (R) des matrices carrées n’est pas commutative, toutefois In étant l’élḿent neutre pour
le produit matriciel, λ.In commute avec J ce qui permt d’appliquer la formule du binôme de Newton pour
tout k ∈ N :

Xk  
k j
(J + λ.In )
k
= J (λ.In )k−j avec la convention J 0 = In
j=0
j
  Xk  
k 0 k j
= J (λ.In )k−0
+ J (λ.In )k−j car la formule J k = nk−1 .J ne s’applique que pour k > 1
0 j=1
j
  Xk  
k k k j−1 k−j
= λ .In + n λ .J
0 j=1
j
 
X k  
1 k j k−j 
= λk .In +  n λ .J
n j=1 j
 
(n + λ)k − λk
= λk .In + .J
n
(1)

Par exemple,

1
— pour k = 0, par convention (J + λ.In )0 = In et la formule donne
 
0 0 (n + λ)0 − λ0
(J + λ.In ) = λ .In + .J = In + 0.J = In
n
ce qui correspond bien !
— pour k = 1, formule donne
 
(n + λ) − λ
(J + λ.In )1 = λ.In + .J = λ.In + J
n
ce qui correspond bien !
— pour k = 2, (J + λ.In )2 = J 2 + 2λ.J + λ2 In = (n + 2λ).J + λ2 In et la formule donne
   2 
2 2 (n + λ)2 − λ2 2 n + 2nλ
(J + λ.In ) = λ .In + .J = λ .In + .J
n n
ce qui correspond bien !
 
5 2 2
4. A =  2 5 2  = 2.J + 3.I3 .
2 2 5
Soit k ∈ N∗ .
 k
k 3
A = 2 J + I2
k
2
 k   
k 3 1 9k 3k
= 2 .I3 + − k .J
2k 3 2k 2
1 
= 3k .I3 + 9k − 3k .J
3
= 3k .I3 + 3k−1 (3k − 1).J

Ainsi, A0 = I3 et pour tout k ∈ N∗ , Ak = 3k .I3 + 3k−1 (3k − 1).J

⊲ Corrigé de l’exercice 1.5


 
0 0 12
1. Un calcul explicite donne N 2 =  0 0 0  et N 3 = 03 .
0 0 0
   
0 4 6 0 0 12
Par conséquent, N =  0 0 3 , N 2 =  0 0 0  et pour tout k ∈ N∗ , k > 3 ⇒ N k = 03 .
0 0 0 0 0 0

2. Observons d’une part que A = 2I3 + N et d’autre part que 2I3 et N commutent ce qui permet d’utiliser la
formule du binôme de Newton bien que la R-algèbre M3 (R) ne soit pas commutative : pour tout k ∈ N∗ ,
Ak = (N + 2I3 )k
Xk  
k
= N j × 2k−j I3
j=0
j
min(k,2)  
X k
= N j × 2k−j I3
j=0
j
(
2I3 + N si k = 1,
= k(k − 1) k−2 2
2 I3 + k2
k k−1
N+ 2 N si k > 2.
2
  

 1 0 0

 I3 =  0 1 0  si k = 0,



 0 0 1

 

 2 4 6

Ainsi, Ak = 2I3 + N =  0 2 3  si k = 1,

 0 0 2

  k 



 2 k2k+1 3k(k + 1)2k−1

 k k−1 k(k − 1) k−2 2   si k > 2.

 2 I3 + k2 N + 2 N = 0 2k 3k2k−1
 2
0 0 2k

2
 
0 0 0
⊲ Corrigé de l’exercice 1.6 Soit A =  −2 1 −1  ∈ M3 (C)
2 0 2
1. D’après le théorème de division euclidienne dans R[X], pour tout k ∈ N,
∃!(Qk , ak , bk , ck ) ∈ R[X] × R3 : X k = (X 3 − 3X 2 + 2X)Q(X) + ak X 2 + bk X + ck (2)
| {z }
= Rk (X) ∈ R2 (X)

Observons que X 3 − 3X 2 + 2X = X(X − 1)(X − 2).


En particularisant en les valeurs 0, 1 et 2 qui sont les racines du diviseur la relation (2), on obtient :
 
 ck = 0  ck = 0

∀k ∈ N , a k + b k + c k = 1 ⇐⇒ a k + b k = 1
 
4ak + 2bk + ck = 2 k
4ak + 2bk = 2k

ak + b k = 1
Or le système linéaire 2 × 2 a pour déterminant 2 − 4 = −2 donc il admet une
4ak + 2bk = 2k
unique solution donnée par les formules de Cramer :
1 1 1 1
2k 2 4 2n
ak = = 2k−1 − 1 et bk = = 2 − 2k−1
−2 −2
Par ailleurs, pour k = 0, le reste est 1 donc a0 = b0 = 0 et c0 = 1

Ainsi, R0 = 1 et, pour tout k ∈ N∗ , Rk = (2k−1 − 1)X 2 + (2 − 2k−1 )X.

2. On vérifie facilement par un calcul explicite que A3 − 3A2 + 2A = 03 ce qui permet de prendre l’image
des identités polynomiales de la question précédente
∀k ∈ N , X k = ((X 3 − 3X 2 + 2X))Qk (X) + ak X 2 + bk X + ck
R[X] → R[A]
par le morphisme d’algèbre ΦA ce qui donne
P 7→ P (A)

A0 = I3 et ∀k ∈ N∗ , Ak = (2k−1 − 1)A2 + (2 − 2k−1 )A.

⊲ Corrigé de l’exercice 1.7 Une matrice N ∈ Mn (K) non nulle est nilpotente s’il existe k ∈ N∗ tel que
N = 0n .
k

1. Montrer que la somme (resp. le produit) de deux matrices nilpotentes (A, B) ∈ Mn (K)2 qui commutent
est une matrice nilpotente.
2. Montrer que, si N ∈ Mn (K) est nilpotente, ∀λ ∈ K, In + λN est inversible.
Observons que
 1 3 
    0 − −
−2 0 0 0 1 3  2 2 
A =  0 −2 0  +  0 0 −1  = −2 (I3 + N ) où N =  1 
 0 0 
0 0 −2 0 0 0 2
0 0 0
 1 
0 0 −
2 
Un calcul explicite montre que N =  0 0 4  3
0  et N = 03 si bien que N est nilpotente et nous
0 0 0
avons prouvé dans ce cas que In + N est inversible d’inverse
 1 3    1 5 
  0 − − 1  1
1 0 0  2 2   0 0 − 2 4
(I3 + N )−1 = I3 − N + N 2 =  0 1 0  −  1 + 4 =
 1


 0 0  0 0 0   0 1 − 
0 0 1 2 0 0 0 2
0 0 0 0 0 1
Par conéquent, puisque −2 ∈ K∗ et I3 + N ∈ GL3 (K), A = −2(I3 + N ) est inversible
 
1 1 5

 2 − −
 4 8 
−1 −1 −1  1 1  
A = (−2) (I3 + N ) =  0 −
 2 4 
1 
0 0 −
2

3
 
1 1 5
 −2 −
4

8 
 1 1 
Ainsi, A ∈ GL2 (R) et A −1
=
 0 − .

 2 4 
1
0 0 −
2

⊲ Corrigé de l’exercice 1.8


1. A2 − (a + d)A + (ad − bc)I2 = 02,2 .
2. Montrons que A ∈ GL2 (K) ⇐⇒ ad − bc 6= 0K .
• Supposons que ad − bc 6= 0K .
Alors la relation A2 − (a + d)A + (ad − bc)I2 = 02,2 donne
 
1
A − (A − (a + d).I2 ) = I2
ad − bc
1
or K2 [A] est une K-algèbre commutative donc A ∈ GL2 (K) et A−1 = − (A − (a + d).I2 ).
ad − bc
−1
Bonus : nous pouvons expliciter les coefficients de A en fonction de ceux de A :
      
1 a b 1 0 1 d −b
A−1 = − + (a + d) = .
ad − bc c d 0 1 ad − bc −c a

• Supposons que A ∈ GL2 (K).


Raisonnons par l’absurde en supposant que ad − bc = 0.
La relation de la question 1 donne, après multiplication par A−1 ,

A − (a + d)I2 = 02,2

si bien que    
a b a+d 0
=
c d 0 a+d
donc
a = a + d et b = 0 et c = 0 et d = a + d
donc a = b = c = d = 0. Ainsi, A = 02,2 donc ∀B ∈ M2 (K), AB = 02,2 6= I2 , ce qui contredit
A ∈ GL2 (K).
Par conséquent l’assertion ad − bc = 0 est fausse.
3. • B ∈
/ GL2 (C) car 1 × (−2) − (−2) × 1 = 0.
1  3 

2
• C ∈ GL2 (C) car (−1) − (−2) × 3 6= 0 et C −1  7 7 .
2 1
− −
7 7
⊲ Corrigé de l’exercice 1.9
Soit B ∈ Mn (R) nilpotente non nulle telle qu’il existe A ∈ Mn (R) vérifiant AB 2 − B 2 A = B. Montrer que
l’indice de nilpotence pB de B est impair. On rappelle que pB = min{p ∈ N∗ | B p = 0}.
L’idée : montrons que si B 2p+2 s’annule, alors B 2p+1 s’annule aussi, et pour cela, il faudrait exprimer B 2p+1 en
fonction de B 2p+2 . Essayons pour les petites valeurs :
• Par hypothèse, B = AB 2 − B 2 A.

B3 = B2 × B
= B 2 (AB 2 − B 2 A)
2
= B
| {zA} B2 − B4A
= AB 2 − B
= AB 4 − B 3 − B 4 A

donc 2B 3 = AB 4 − B 4 A.

4

B5 = B2 × B3
1 2
= B (AB 4 − B 4 A)
2 
1 2 
=  B
| {zA} B 4 − B 6 A
2
= AB 2 − B
1 
= AB 6 − B 5 − B 6 A
2
donc 3B 5 = AB 6 − B 6 A.
D’où l’idée de prouver par récurrence la conjecture :
∀k ∈ N , (k + 1)B 2k+1 = AB 2k+2 − B 2k+2 A
Soit P(·) la propriété définie pour tout k ∈ N par
P(k) : “(k + 1)B 2k+1 = AB 2k+2 − B 2k+2 A “
• Par hypothèse, B = AB 2 − B 2 A donc P(0) est vraie.
• Soit k ∈ N fixé quelconque tel que P(k) est vraie.
B 2k+3 = B 2 × B 2k+1
1
= B 2 (AB 2k+2 − B 2k+2 A) car P(k) est vraie
k+1
 
1  2 
=  |B{zA} B 2k+2 − B 2k+4 A
k+1
= AB 2 − B
1 
= AB 2k+4 − B 2k+3 − B 2k+4 A
k+1
si bien que (k + 2)B 2k+3 = AB 2k+4 − B 2k+4 A.
Ainsi P(k + 1) est vraie.
Raisonnons par l’absurde en supposant que l’indice de nilpotence de B noté pB > 1 est pair. Alors
⋆ d’une part ∃q ∈ N∗ tel que pB = 2q
⋆ d’autre part B pB −1 6= 0,
donc, en utilisant la formule reliant B 2q−1 et B 2q ,
0 6= qB 2q−1 = AB 2q − B 2q A = A B pB
|{z} A = 0
|{z} − B
pB

=0 =0
ce qui est une contradiction.
Ainsi, l’indice de nilpotence de B est impair.

⊲ Corrigé de l’exercice 2.1


1. Structure de sous-espace vectoriel de M2 (R).
2. Structure de sous-anneau de M2 (R).
3. Structure de sous-algèbre de M2 (R).
4. Structure de corps.
5. Isomorphisme avec C.
E → C√
Considérons l’application ψ Montrons que ψ est un isomorphisme de corps,
xI2 + yS 7→ x + iy 2
ce qui signifie que c’est un morphisme d’anneau entre deux corps :
⋆ ψ est un morphisme pour les lois +.
Soient (M, M ′ ) ∈ E 2 fixées quelconques.
∃(x, y, x′ , y ′ ) ∈ R4 : M = xI2 + yS et M ′ = x′ I2 + y ′ S.
ψ(M + M ′ ) = ψ(xI2 + yS + x′ I2 + y ′ S)
= ψ((x + x′ )I2 + (y + y ′ )S)

= (x + x′ ) + i(y + y ′ ) 2
√ √
= x + iy 2 + x′ + iy ′ 2
= ψ(M ) + ψ(M ′ )

5
⋆ ψ est un morphisme pour les lois ×.
Soient (M, M ′ ) ∈ E 2 fixées quelconques.
∃(x, y, x′ , y ′ ) ∈ R4 : M = xI2 + yS et M ′ = x′ I2 + y ′ S.

ψ(M × M ′ ) = ψ((xI2 + yS) × (x′ I2 + y ′ S))


= ψ((xx′ − 2yy ′ )I2 + (xy ′ + yx′ )S)

= (xx′ − 2yy ′ ) + i(xy ′ + yx′ ) 2

Par ailleurs,
 √  √  √
ψ(M ) × ψ(M ′ ) = x + iy 2 x′ + iy ′ 2 = (xx′ − 2yy ′ ) + i 2(xy ′ + yx′ )

d’où ψ(M M ′ ) = ψ(M ) × ψ(M ′ ).


⋆ L’image du neutre multiplicatif de E par ψ est le neutre multiplicatif de C :

ψ(I2 ) = ψ(1.I2 + 0.S) = 1 + 0.i 2 = 1

⊲ Corrigé de l’exercice 2.2

⊲ Corrigéde l’exercice 2.3


 
a+b b 2
Soit E = | (a, b) ∈ R
−b a − b
1. Observons que par définition,
  
a+b b 2
E = | (a, b) ∈ R
−b a − b
     
1 0 1 1 2
= a +b | (a, b) ∈ R
0 1 −1 −1
 
1 1
= Vect{I2 , M } où M est la matrice .
−1 −1

donc E est le sous-espace vectoriel engendré par les matrices I2 et M .

Ainsi, E est un sous-espace vectoriel de M2 (R).

De plus l’interprétation ci-dessus permet d’affirmer que E est engendré par la famille (I2 , M ).
Soient (λ, µ) ∈ R2 fixés quelconques tels que λ.I2 + µ.M = 02,2 .
  
λ+µ µ λ + µ = 0
Alors = 02,2 donc si bien que λ = µ = 0 d’où la liberté de la
−µ λ−µ µ = 0
famille (I2 , M ).

Ainsi, E est de dimension 2 et (I2 , M ) est une base de E.

2. • E=6 ∅ car I2 ∈ E.
• E ⊆ M2 (R) et M2 (R) est un anneau.
• E est stable pour la loi + car c’est un sous-espace vectoriel de M2 (R).
• I2 ∈ E.
• Soient (A, B) ∈ E 2 fixées quelconques.
∃(xA , xB , yA , yB ) ∈ R4 : A = xA .I2 + yA .M et A = xB .I2 + yB .M .
Calculons, en utilisant que M 2 = 02,2 ,

A × B = (xA .I2 + yA .) × (xB .I2 + yB .M ) = xA xB .I2 + (xA yB + xB yA ).M

On en déduit
⋆ que A × B ∈ E donc E est stable pour la loi ×,
⋆ que A×B = B×A par symétrie des rôles joués par xA et xB , yA et yB donc la loi × est commutative
en restriction à E.
Ainsi, E est un sous-anneau commutatif de M2 (R).

3. Soient (x, y) ∈ R2 fixés quelconques.

6
x.I2 + y.M est inversible ⇐⇒ ∃(a, b) ∈ R2 : (x.I2 + y.M )(a.I2 + b.M ) = I2
⇐⇒ ∃(a, b) ∈ R2 : xa.I2 + (ya + bx).M = I2

2 xa = 1
⇐⇒ ∃(a, b) ∈ R : car (I2 , M ) est une famille libre
ya + xb = 0
⇐⇒ x 6= 0

Pour la dernière équivalence, il est indispensable de lire correctement les


 équivalences précédentes : la CNS
xa = 1
cherchée est une CNS d’existence d’au moins une solution au système d’inconnues
ya + xb = 0
(a, b) et de paramètres (x, y). Or si x = 0, il n’y a aucune solution (car la première équation devient
0 = 1) et si x 6= 0, on trouve une unique valeur pour a et en reportant dans la seconde équation, on trouve
toujours au moins une valeur de b qui convient.

Ainsi, les éléments inversibles de E sont {x.I2 + y.M |x ∈ R∗ , y ∈ R} c’est à dire E \ Vect{M }.

4. L’anneau E étant commutatif, il n’est pas ici nécessaire de distinguer les diviseurs de zéro à gauche et les
diviseurs de zéro à droite.
Soient (x, y) ∈ R2 \ {(0, 0)} fixés quelconques.

x.I2 + y.M est un diviseur de zéro ⇐⇒ ∃(a, b) ∈ R2 \ {(0, 0)} : (x.I2 + y.M )(a.I2 + b.M ) = 02,2
⇐⇒ ∃(a, b) ∈ R2 \ {(0, 0)} : xa.I2 + (ya + bx).M = 02

xa = 0
⇐⇒ ∃(a, b) ∈ R2 \ {(0, 0)} : car (I2 , M ) est une fam
ya + xb = 0
⋆ si x 6= 0,   
xa = 0 a = 0 a = 0
⇐⇒ ⇐⇒
ya + xb = 0 xb = 0 b = 0
or (a, b) ∈ R2 \ {(0, 0)} donc le système n’admet aucune solution,
⋆ si x = 0, alors y 6= 0 car (x, y) ∈ R2 \ {(0, 0)},
  
xa = 0 0 = 0 0 = 0
⇐⇒ ⇐⇒
ya + xb = 0 ya = 0 a = 0

donc le système admet au moins (0, 1) comme solution (en fait l’ensemble des solutions est {(0, t)|t ∈
R∗ }).
Par conséquent,
x.I2 + y.M est un diviseur de zéro ⇐⇒ x = 0

Ainsi, les diviseurs de zéro de E sont {y.M |y ∈ R∗ } .

⊲ Corrigé de l’exercice 2.4


• Supposons que In + BA est inversible.
Soit X ∈ Mn,1 (K) fixé quelconque tel que (In + AB)X = 0n,1 .
Alors X + ABX = 0n,1 si bien qu’en multipliant par B à gauche,
BX + BABX = 0n,1
d’où, en factorisant par BX à droite (possible par associativité du produit matriciel),
(In + BA)(BX) = 0n,1
or In + BA est inversible donc BX = 0.
En reprenant l’équation de départ,
BX = 0n,1
X = −A |{z}
= 0n,1
Par conséquent, la matrice carrée In + AB vérifie
h i
∀X ∈ Mn,1 (K) , (In + AB)X = 0n,1 ⇒ X = 0n,1

donc (In + AB) ∈ GLn (K).

7
• Supposons que In +AB est inversible. En échangeant les rôles joués par A et B on montre comme ci-dessus
que In + BA est inversible.
Ainsi, (In + AB) ∈ GLn (K) ⇐⇒ (In + BA) ∈ GLn (K).

⊲ Corrigé de l’exercice 2.5


1. Raisonnons par l’absurde en supposant que A n’est pas inversible.
Alors, il existe X ∈ Mn,1 (K) tel que AX = 0n,1 et X 6= 0n,1 .
La iième ligne de l’égalité AX = 0 est
n
X
Ai,k Xk,1 = 0n,1
k=1

soit n
X
∀i ∈ [[1, n]] , −Ai,i Xi,1 = Ai,k Xk,1
k=1
k6=i

Puisque X 6= 0n,1 , posons M = max{|Xk,1 | | k ∈ [[1, n]]}. M est bien défini car {|Xk,1 | | k ∈ [[1, n]]} est une
partie
⋆ non vide,
⋆ finie,
⋆ d’un ensemble totalement ordonné (à savoir (R, 6)).
De plus, par définition du plus grand élément d’une partie,

∃i0 ∈ [[1, n]] , M = |Xi0 ,1 |

et puisque X 6= 0n,1 , M = |Xi0 ,1 | > 0.


La iième
0 ligne de l’égalité AX = 0 devient, en prenant le module

n
X
|Ai0 ,i0 | × |Xi0 ,1 | = Ai0 ,k Xk,1
k=1
k6=i

d’où, par inégalité triangulaire,


n
X
|Ai0 ,i0 | × |Xi0 ,1 | 6 |Ai0 ,k ||Xk,1 |
k=1
k6=i

soit, après multiplication par |Xi0 ,1 |−1 ,


n
X X n
|Xk,1 |
|Ai0 ,i0 | 6 |Ai0 ,k | 6 |Ai0 ,k |
k=1
|Xi0 ,1 | k=1
k6=i k6=i

si bien que
n
X
∃i0 ∈ [[1, n]] , |Ai0 ,i0 | 6 |Ai0 ,k |
k=1
k6=i

ce qui contredit l’hypothèse de “diagonale dominante”.


 
7 −2 2
2. • A =  0 −6 1  est à diagonale dominante donc A ∈ GL3 (R).
 1 3 −10 
7 1 6
• B =  −3 −5 3  n’est pas à diagonale dominante car |B1,1 | 6 |B1,2 | + |B1,3 | ce qui ne permet
2 1 −10
pas de conclure a priori.
Toutefois, t B est à diagonale dominante donc t B ∈ GL3 (R)
 donc B ∈ GL3 (R).
 |λ| > 3 + 2
• En utilisant le critère “être à diagonale dominante”, si |λ| > 2 + 2 alors Mλ ∈ GL3 (R). Par

|λ| > 1 + 0
conséquent une condition suffisante d’inversibilité de Mλ est |λ| > 5.

8
Mais ce résultat
 peut être amélioré ! en effet, en utilisant le critère “être à diagonale dominante” pour
 |λ| > 2 + 1
t
Mλ , si |λ| > 3 + 0 alors t Mλ ∈ GL3 (R) doncune condition suffisante d’inversibilité de t Mλ

|λ| > 2 + 2
est |λ| > 4
Or Mλ ∈ GL3 (R) ⇐⇒ t Mλ ∈ GL3 (R) donc la condition suffisante la moins restrictive (parmi les

deux trouvées ci-dessus) garantissant l’inversibilité de Mλ est |λ| > 4 ⇒ Mλ ∈ GL3 (R).

⊲ Corrigé de l’exercice 3.1


Soit A ∈ Mn (K).
2
La famille {In , A, A2 , . . . , An } est de cardinal n2 + 1 dans le K-espace vectoriel Mn (K) qui est de dimension n2
donc elle est liée. Par conséquent,
2 2
+1
∃(λ0 , . . . , λn2 ) ∈ Kn \ {0Kn2 +1 } : λ0 .In + λ1 .A + λ2 .A2 + . . . + λp .An = 0n .

⊲ Corrigé de l’exercice 3.2


1. Soient (M, M ′ ) ∈ M2 (R)2
Notons Bc = (E 1,1 , E 1,2 , E 2,1 , E 2,2 ) la base canonique de M2 (R).
 
a b
Notons A = la matrice A.
c d
Observons que      
1,1 1,1 1 0 a b a b
⋆ u(E ) = E × A = × = = aE 1,1 + bE 1,2 ,
 0 0   c d   0 0 
0 1 a b c d
⋆ u(E 1,2 ) = E 1,2 × A = × = = cE 1,1 + dE 1,2 ,
0 0 c d 0 0
     
0 0 a b 0 0
⋆ u(E 2,1 ) = E 2,1 × A = × = = aE 2,1 + bE 2,2 ,
 1 0   c d   a b 
0 0 a b 0 0
⋆ u(E 2,2 ) = E 2,2 × A = × = = cE 2,1 + dE 2,2 .
0 1 c d  c d
a c 0 0  t 
 b d 0 0  A 02
Par conséquent, mat(ΦA , Bc ) =    =
0 0 a c  02 t A
0 0 b d
2. Montrons que A ∈ GL2 (R) ⇐⇒ ΦA ∈ GL2 (M2 (R)).
• Supposons que A ∈ GL2 (R). Explicitons ΦA ◦ ΦA−1 .
Soit M ∈ M2 (R) fixée quelconque.

ΦA ◦ ΦA−1 (M ) = ΦA (M A−1 ) = (M A−1 )A = M AA −1


| {z } = M
= In
Par conséquent, ΦA−1 vérifie ΦA ◦ΦA−1 = idM2 (R) donc ΦA est surjectif or il s’agit d’un endomorphisme
en dimension finie (M2 (R) est un espace de dimension finie) donc ΦA ∈ GLR (M2 (R)) (on peut aussi
utiliser que pour un endomorphisme d’un espace de dimension finie, l’existence d’un inverse à droite
ou à gauche suffit à conclure à l’inversibilité).
• Supposons que ΦA ∈ GLR (M2 (R)).
Alors, il existe ψ ∈ GL2 (R) telle que ΦA ◦ ψ = idM2 (R) . En particulier,

ΦA ◦ ψ(I2 ) = I2 ⇒ ψ(I2 )A = I2

mais l’égalité ψ(I2 )A = I2 implique l’inversibilité de A à gauche qui est équivalente à l’inversibilité de
A. Par conséquent, A ∈ GL2 (R).
Autre tméthode.  Raisonner sur la matrice par blocs de ΦA dans la base canonique en observant qu’elle
A 02
vaut et justifier qu’une telle matrice diagonale par blocs est inversible si et seulement si tous
02 t A
ses blocs diagonaux sont inversibles.

Ainsi, ΦA ∈ GLR (M2 (R)) ⇐⇒ A ∈ GL2 (R).

⊲ Corrigé de l’exercice 3.3

1. Ainsi, Tr est une forme linéaire sur Mn (K).

9
!
2. Ainsi, (E ) i∈[[1,n]] , (E
i,j i,i
−E n,n
)i∈[[1,n−1]] est une base de E.
j∈[[1,n]]
i6=j

⊲ Corrigé de l’exercice 3.4


1. Quelle est la dimension de Mn,p (K)∗ (espace dual de Mn,p (K)) ? Expliciter la base duale de la base
canonique de M2,3 (K).

Mn (K) → K
2. Exprimer dans la base duale de la base canonique les formes linéaires Tr et ϕA :
M 7→ Tr(AM )
où A ∈ Mn (K) est fixée.

 Mn (K) →  Mn (K)∗
3. En déduire l’expression de ϕE i,j et montrer que Φ : Mn (K) → K est un
 A 7→
M 7→ Tr(AM )
isomorphisme.
⊲ Corrigé de l’exercice 3.5
1. (a) Soient (A, B) ∈ Mn (K)2 telles que, ∀M ∈ Mn (K), Tr(AM ) = Tr(BM ). Montrer que A = B (on
pourra tester les matrices de la base canonique de Mn (R)).
(b) Soit ϕ ∈ Mn (K)∗ (forme linéaire sur Mn (K)). Montrer qu’il existe une unique matrice A ∈ Mn (K)
telle que
∀M ∈ Mn (K) , ϕ(M ) = Tr(AM ) .
2. (a) Soient (A, B) ∈ Mn (K)2 ,
n
X
Tr(AB) = [AB]k,k
k=1
n n
!
X X
= Ak,i Bi,k
k=1 i=1
Xn Xn
= (Ak,i Bi,k )
k=1 i=1
Xn X n
= (Bi,k Ak,i )
i=1 k=1
n n
!
X X
= Bi,k Ak,i
i=1 k=1
Xn
= [BA]i,i
i=1
= Tr(BA)
(b) Soient A ∈ Mn (K) et (i, j, k, l) ∈ [[1, n]].
Observons que
E i,j × E k,l = δj,k E i,l
si bien que
Tr(AE i,j E k,l ) = δj,k Tr(AE i,l ) = δj,k Al,i .
(c) Soit ϕ ∈ Mn (K)∗ telle que ∀(A, B) ∈ Mn (K)2 , ϕ(AB) = ϕ(BA).
D’après la question 1, ϕ ∈ Mn (K)∗ donc
∃A ∈ Mn (K) : ∀M ∈ Mn (K) , ϕ(M ) = Tr(AM ) .
2
⋆ Soient (r, s) ∈ [[1, n]] tels que r 6= s. En utilisant la question précédente pour (i, j) = (s, s) et
(k, l) = (s, r),
Ar,s = Tr(AE s,s E s,r ) = ϕ(E s,s E s,r )
or, par hypothèse, ϕ(E s,s E s,r ) = ϕ(E s,r E s,s ) donc en utilisant le calcul de la question précédente
pour (i, j) = (s, r) et (k, l) = (s, s),
Ar,s = ϕ(E s,r E s,s ) = Tr(AE s,r E s,s ) = δr,s As,s = 0 .
|{z}
=0
car r 6= s
Par conséquent, A est une matrice diagonale.

10
⋆ Soit r ∈ [[1, n]] fixé quelconque. En utilisant la question précédente pour (i, j) = (1, s) et (k, l) =
(s, 1),
A1,1 = Tr(AE 1,s E s,1 ) = ϕ(E 1,s E s,1 )
or, par hypothèse, ϕ(E 1,s E s,1 ) = ϕ(E s,1 E 1,s ) donc en utilisant le calcul de la question précédente
pour (i, j) = (s, 1) et (k, l) = (1, s),

A1,1 = ϕ(E s,1 E 1,s ) = Tr(AE s,1 E 1,s ) = δ1,1 As,s = As,s .

Par conséquent, A possède tous ses coefficients diagonaux égaux.


Ainsi, ∃λ ∈ K tel que A = λ.In si bien que

∀M ∈ Mn (K) , ϕ(M ) = λ.Tr(M ) .

⊲ Corrigé de l’exercice 4.1 Déterminons le noyau de a :


  
x1  x1 − 2x2 = 0
 x2  ∈ Kera ⇐⇒ − x2 + 3x3 = 0

x3 x1 − 4x2 + 6x3 = 0

 x1 − 2x2 = 0
⇐⇒ − x2 + 3x3 = 0

− 2x2 + 6x3 = 0

 x1 − 2x2 = 0
⇐⇒ − x2 + 3x3 = 0

0 = 0
    
x1  6t 
⇐⇒  x2  ∈  3t  t ∈ R
 
x3 t
  
 6 
Ainsi, Kera = Vect  3  .
 
1
Déterminons l’image de a :
• Méthode 1 : résolution d’un système :
  
y1  x1 − 2x2 = y1
 y2  ∈ Ima ⇐⇒ ∃(x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 : − x2 + 3x3 = y2

y3 x1 − 4x2 + 6x3 = y3

 x1 − 2x2 = y1
⇐⇒ ∃(x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 : − x2 + 3x3 = y2

− 2x2 + 6x3 = y3 − y1

 x1 − 2x2 = y1
⇐⇒ ∃(x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 : − x2 + 3x3 = y2

= y3 − y1 − 2y2
⇐⇒ y3 − y1 − 2y2 = 0
    
y1  u 
⇐⇒  y2  ∈  v  (u, v) ∈ R2
 
y3 u + 2v
   
 1 0 
Ainsi, Ima = Vect  0  ,  1  .
 
1 2
• Méthode 2 : puisque le noyau est de dimension 1, d’après le théorème du rang, l’image est de dimension
2 donc il suffit de trouver deux vecteurs libres de l’image. Or les vecteurs colonnes de A sont eds vecteurs
de l’image de a puisque, par définition
  de a,  ce  sont les images respectives des 
trois
 vecteurs
  delabase
1 0  1 0 
canonique de R3 . Par exemple,  0  et  3  sont libres donc Ima = Vect  0  ,  3  . De
 
   1   6     1 6
 1 −2   1 2 
même, Ima = Vect  0  ,  −1  = Vect  0  ,  1 
   
1 −4 1 4

⊲ Corrigé de l’exercice 4.2

11
1. • Montrons que u ∈ LR (Rn [X]).
• Posons Bc,Rn[X] = (X 0 , X 1 , . . . , X n ) et M = mat(u, Bc,Kn[X] ).
⋆ Cas particulier n = 4 :  
1 1 1 1 1
 0 1 2 3 4 
 
M = 0 0 1 3 6


 0 0 0 1 4 
0 0 0 0 1
⋆ Cas général.
2
La matrice M est de taille (n + 1, n + 1) et pour tout (i, j) ∈ [[1, n + 1]] , Mi,j est la coordonnée de
u(X j−1 ) selon X i−1 (les décalages i − 1 et j − 1 viennent du fait que les lignes et colonnes sont
indicées à partir de 1 tandis que les éléments de la base Bc,Rn [X] ont des puissances qui commencent
à 0 : X 0, X 1 , . . . , X n )
Or
j−1 
X  X j − 1
n−1
j−1 j−1
u(X ) = (X + 1)j−1
= X =
k
Xk
k k
k=0 k=0
| {z }
 en rappelant
 que
j−1
= 0 si k > j − 1
k
donc  
j−1
Mi,j =
i−1

Rn [X] → Rn [X]
• Il est immédiat de vérifier que l’endomorphisme v satisfait v ◦ u = idRn [X]
P (X) 7→ P (X − 1)
si bien que u est injectif, or c’est un endomorphisme d’un espace de dimension finie donc c’est
un automorphisme de Rn [X] et u−1 = v.
De plus, u ∈ GL(Rn [X]) donc d’une part M = mat(u, Bc,Rn [X] ) ∈ GLn+1 (R) et d’autre part

M −1 = mat(u−1 , Bc,Rn [X] ) = mat(v, Bc,Rn [X] ) .


⋆ Cas particulier n = 4.  
1 −1 1 −1 1
 0 1 −2 3 −4 
 
M −1 = 
 0 0 1 −3 6  .

 0 0 0 1 −4 
0 0 0 0 1
⋆ Cas général.
2
La matrice M −1 est de taille (n+1, n+1) et pour tout (i, j) ∈ [[1, n+1]] , [M −1 ]i,j est la coordonnée
de v(X j−1
) selon X i−1
(les décalages i − 1 et j − 1 viennent du fait que les lignes et colonnes sont
indicées à partir de 1 tandis que les éléments de la base Bc,Rn [X] ont des puissances qui commencent
à 0 : X 0, X 1 , . . . , X n )
Or
j−1 
X  n−1
X  
j−1 j−1
v(X j−1 ) = (X − 1)j−1 = (−1)j−1−k X k = (−1)j−1−k Xk
k k
k=0 k=0
| {z }
 en rappelant
 que
j−1
= 0 si k > j − 1
k
donc    
−1 j−i j−1 j+i j−1
[M ]i,j = (−1) = (−1)
i−1 i−1
| {z }
(−1)j−i = (−1)i+j
2. ⋆ Cas particulier n = 4.
Rappelons que
X(X − 1) X(X − 1)(X − 2) X(X − 1)(X − 3)
T0 (X) = 1 , T1 (X) = X , T2 (X) = , T3 (X) = , T4 (X) = .
2 6 24
La famille (T0 , T1 , T2 , T3 , T4 ) est constituée de polynômes non nuls de degrés étagés donc elle est libre.
De plus c’est une famille de R4 [X] qui est de dimension 5 donc elle est libre de cardinal maximal donc
(T0 , T1 , T2 , T3 , T4 ) est une base de R4 [X].

12
Soit P ∈ R4 [X] fixé quelconque.
∃(λ0 , λ1 , λ2 , λ3 , λ4 ) ∈ R5 , P = λ0 T0 + λ1 T1 + λ2 T2 + λ3 T3 + λ4 T4 (∗)
En particularisant pour X = 0, X = 1, X = 2, X = 3 et X = 4, (i.e. en prenant l’image de (∗) par les
formes linéaires d’évaluation en 0, 1, 2, 3 et 4) on obtient le système


 λ0 + = P (0)


 λ0 + λ1 = P (1)
λ0 + 2λ1 + λ2 = P (2)



 λ 0 + 3λ 1 + 3λ2 + λ3 = P (3)

λ0 + 4λ1 + 6λ2 + 3λ3 + λ4 = P (4)
dont la version matricielle est
     
1 0 0 0 0 λ0 P (0)
 1 1 0 0 0   λ1   P (1) 
     
 1 2 1 0 0 × λ2 = P (2) 
     
 1 3 3 1 0   λ3   P (3) 
1 4 6 4 1 λ4 P (4)
soit    
λ0 P (0)
 λ1   P (1) 
   
t
M ×
 λ2 =
  P (2) 

 λ3   P (3) 
λ4 P (4)
donc, en utilisant que (t M )−1 = t (M −1 ),
       
λ0 P (0) 1 0 0 0 0 P (0)
 λ1   P (1)   −1 1 0 0 0   P (1) 
  t      
 λ2  = (M −1 )  P (2) = 1 −2 1 0 0 × P (2) 
       
 λ3   P (3)   −1 3 −3 1 0   P (3) 
λ4 P (4) 1 −4 6 −4 1 P (4)
d’où 

 λ0 = P (0)

 λ
 1 = −P (0) + P (1)
λ2 = P (0) − 2P (1) + P (2)



 λ3 = −P (0) + 3P (1) − 3P (2) + P (3)

λ4 = P (0) − 4P (1) + 6P (2) − 4P (3) + P (4)
⋆ Cas général.
La famille (T0 , T1 , . . . , Tn ) est constituée de polynômes non nuls de degrés étagés donc elle est libre.
De plus c’est une famille de Rn [X] qui est de dimension n + 1 donc elle est libre de cardinal maximal
donc (T0 , T1 , . . . , Tn ) est une base de Rn [X].
Soit P ∈ Rn [X] fixé quelconque.
n
X
∃(λ0 , λ1 , . . . , λn ) ∈ Rn+1 , P = λk Tk (∗∗)
k=0

En remarquant que, pour tout k ∈ [[0, n]] et tout p ∈ N,


 
p(p − 1) . . . (p − k + 1) p
Tk (p) = = ,
k! k
l’image de (∗∗) par les formes linéaires d’évaluation en 0, 1, . . ., n, on obtient le système
   
λ0 P (0)
 λ1   P (1) 
t    
M × . = . 
 ..   .. 
λn P (n)
qui est équivalent à
     
λ0 P (0) P (0)
 λ1   P (1)   P (1) 
    t  
 ..  = (t M )−1 ×  ..  = (M −1 ) ×  .. 
 .   .   . 
λn P (n) P (n)

13
Par conséquent, pour tout k ∈ [[0, n]],
n+1
X
λk = [t (M −1 )]k+1,i × P (i − 1)
i=1
n+1
X
= [M −1 ]i,k+1 × P (i − 1)
i=1
n+1
X  
k
= (−1)i+k+1 × P (i − 1)
i−1
i=1
Xn  
k
= (−1)k+s × P (s) en posant s = i − 1,
s=0
s
Xk    
k k
= (−1)k+s × P (s) car = 0 pour s > k.
s=0
s s

3. L’expression de la base duale (T0∗ , T1∗ , T2∗ , T3∗ , T4∗ ) se lie sur les coordonnées d’un polynôme P dans cette
base de Hilbert :
⋆ Cas particulier n = 4.

∀P ∈ R4 [X] , T0∗ (P ) = P (0)


T1∗ (P ) = −P (0) + P (1)
T2∗ (P ) = P (0) − 2P (1) + P (2)
T3∗ (P ) = −P (0) + 3P (1) − 3P (2) + P (3)
T4∗ (P ) = P (0) − 4P (1) + 6P (2) − 4P (3) + P (4)

⋆ Cas général.
Pour tout k ∈ [[0, n]] ;
k
X  
k
∀P ∈ Rn [X] , Tk∗ (P ) = (−1)k+s × P (s) .
s=0
s

⊲ Corrigé de l’exercice 4.3


1. Observons la structure de la solution d’un exercice de ce type :
• Analyse des propriétés de la base B = (e′1 , e′2 ) cherchée.
0 1
Puisque mat(f, B) = , f (e′1 ) = 0R2 et f (e′2 ) = e′1 donc e′1 est un vecteur du noyau de f tandis
0 0
que e′2 est un antécédent de e′1 .
• Construction d’une famille qui est candidate pour être une base B qui convient.
Puisque R2 est un espace de dimension 2, le théorème du rang donne

2 = rgf + dimKerf ,

or Imf = Kerf donc


dimImf = dimKerf = 1
Choisisons u un vecteur non nul de Imf (qui est donc aussi un vecteur de Kerf ).
Par définition de Imf , ∃v ∈ R2 tel que f (v) = u.
Notre famille candidate est (u, v).
• Montrons que (u, v) est une base de R2 .
Soient (λ, µ) ∈ R2 fixés quelconques tels que

λ.u + µ.v = 0R2

En prenant l’image de cette égalité par f , puisque u ∈ Kerf ,

λ.0R2 + µ.f (v) = 0R2


donc µ.u = 0R2 , or u 6= 0R2 donc µ = 0.
En reportant dans l’égalité de départ, λ.u = 0R2 , or u 6= 0R2 donc λ = 0.
Ainsi, (λ, µ) = (0, 0) donc (u, v) est une famille libre, or elle est de cardinal maximal dans R2 qui est
de dimension 2 donc c’est une base de R2 .

14
• Calcul de mat(f, (u, v)).
Puisque u ∈ Imf = Kerf , f (u) = 0R2 et, par construction, f (v) = u si bien que
 
0 1
mat(f, (u, v)) = .
0 0

2. Posons P = P(Bc , (u, v)) la matrice de passage de la base canonique de R2 à la base (u, v).
D’après la formule de changement de base,
 
0 1
= mat(f, B) = P −1 mat(f, Bc )P
0 0

⊲ Corrigé de l’exercice 4.4


1. Observons que u = f (−v) ∈ Imf et v = f (u) ∈ Imf donc (u, v) est une famille de deux vecteurs de Imf .
Soient (α, β) ∈ R2 fixés quelconques tels que

α.u + β.v = 0R4 (3)

En prenant l’image de cette équation par f , on obtient

− β.u + α.v = 0R4 (4)

si bien qu’en calculant α(3)−β(4), on obtient

(α2 + β 2 ).u = 0R4

or u 6= 0R4 donc α2 + β 2 = 0 donc α = β = 0.


Ainsi, (u, v) est une famille libre de Imf , or son cardinal est égal à la dimension de Imf donc c’est une
base de Imf .
⋆ L’inclusion {0R4 } ⊆ Imf ∩ Kerf est immédiate.
⋆ Soit x ∈ Imf ∩ Kerf fixé quelconque.
Puisque (u, v) est une base de Imf , ∃(α, β) ∈ R2 tels que

x = α.u + β.v

donc f (x) = α.v − β.u, or x ∈ Kerf d’où

α.v − β.u = 0R4

or (u, v) libre donc α = β = 0 donc x = 0R4 .

Ainsi, Imf ∩ Kerf = {0R4 }.

2. Les deux conditions


⋆ Imf ∩ Kerf = {0R4 } (question précédente),
⋆ dimImf + dimKerf = 4 (théorème du rang)
permettent de conclure que Imf ⊕ Kerf = R4 .
Par ailleurs, nous avons prouvé que (u, v) est une base de Imf , et nous pouvons choisir (e3 , e4 ) une base
de Kerf (qui est de dimension 2 d’après le théorème du rang) de sorte que B = (u, v, e3 , e4 ) est une base
de R4 .  
0 −1 0 0
 1 0 0 0 
Ainsi, mat(f, B) =  0 0 0 0 .

0 0 0 0
Or ce n’est pas tout à fait la matrice attendue.  Deux idées permettent
 de terminer l’exercice,
0 1 0 0
 −1 0 0 0 
— en posant B ′ = (v, u, e3 , e4 ), mat(f, B ′ ) = 
 0 0 0 0 ,

0 0 0 0
 
0 1 0 0
 −1 0 0 0 
— en posant B ′′ = (u, −v, e3 , e4 ), mat(f, B ′′ ) = 
 0 0 0 0 .

0 0 0 0

15
Enfin, en notant P la matrice de passage de la base canonique de R4 à la base B ′ (resp. B ′′ ), on a
 
0 1 0 0
 −1 0 0 0 
  = P −1 AP .
 0 0 0 0 
0 0 0 0

⊲ Corrigé de l’exercice 4.5


1. Traitons le cas n = 3.  
0 0 1
P3 = P((e1 , e2 , e3 ) → (e3 , e2 , e1 )) =  0 1 0 
1 0 0
 
0 0 1
En résolvant le système linéaire P3 X = Y , on obtient imméditement que P3−1 =  0 1 0  = P3 .
1 0 0
Sachant que la formule de changement de base donne

A′ = P3−1 AP3 = P3 AP3


 
A3,3 A3,2 A3,1
le calcul explicite donne A′ =  A2,3 A2,2 A2,1 .
A1,3 A1,2 A1,1
On observe une sorte de « symétrie centrale par rapport au centre de la matrice ».
Montrons cela en toute généralité.
Posons Pn = P((e1 , . . . , en ) → (en , en−1 , . . . , e1 )). On a

∀(i, j) ∈ [[1, n]]2 , [Pn ]i,j = δi,1+n−j

et la résolution du système Pn X = Y donne Pn−1 = Pn .


Calculons, pour (i, j) ∈ [[1, n]]2 ,

A′i,j = [Pn APn ]i,j


Xn
= [Pn ]i,k [APn ]k,j
k=1
Xn n
X
= [Pn ]i,k Ak,s [Pn ]s,j
k=1 s=1
Xn Xn
= [Pn ]i,k Ak,s δs,1+n−j
k=1 s=1
| {z }
= Ak,1+n−j
n
X
= δi,1+n−k Ak,1+n−j
| {z }
k=1
6= 0
⇐⇒ i = 1 + n − k
⇐⇒ k = 1 + n − i
= A1+n−i,1+n−j

Ainsi, A′ = [A1+n−i,1+n−j ] 16i6n .


16j6n

 
1 0
2. Dans le cas n = 2, en posant P2 = P((e1 , e2 ) → (e2 , e1 )) = ,
0 1
   
′ −1 A1,1 A1,2 A2,2 A2,1
A = P2 AP2 = P2 P2 =
A2,1 A2,2 A1,2 A1,1
 
0 A2,1
de sorte que si A1,1 = A2,2 = 0, A′ = =t A.
A1,2 0
⊲ Corrigé de l’exercice 4.6

A et B son semblables ⇐⇒ ∃P ∈ GL2 (R) : A = P −1 BP


⇐⇒ ∃P ∈ GL2 (R) : P A = BP

16
 
x y
Cherchons donc P = ∈ GL2 (R) telle que P A = BP .
z t
   
2x + y x + 2y x y
P A = BP ⇐⇒ =
2z + t z + 2t 3z 3t


 2x + y = x

x + 2y = y
⇐⇒

 2z + t = 3z

z + 2t = 3t


 x + y = 0

x + y = 0
⇐⇒

 − z + t = 0

z − t = 0

x = 0 + y
⇐⇒
t = 0
z −
   
x y −r r 2
⇐⇒ ∈ (r, s) ∈ R
z t s s
 
−1 1
Parmi toutes les solutions trouvées ci-dessus, la matrice P = appartient à GL2 (R) donc A et B sont
1 1
semblables et la relation de similitude est A = P −1 BP .
⊲ Corrigé de l’exercice 4.7
1. ⋆ Par définition, u(e2 ) = b.e1 + c.e2 = c.e2 + b.e1 et u(e1 ) = a.e1 = 0.e2 + a.e1 donc
 
c 0
mat(u, (e2 , e1 )) =
b a
⋆ u(λ.e1 ) = λ.u(e1 ) = (λa).e1 = a.(λ.e1 ) et u(λ.e2 ) = λ.u(e2 ) = λ(b.e1 + c.e2 ) = b.(λ.e1 ) + c.(λ.e2 ) donc
 
a b
mat(u, (λ.e1 , λ.e2 )) =
0 c
⋆ u(e1 ) = a.e1 et u(λ.e2 ) = λ.u(e2 ) = λ(b.e1 + c.e2 ) = λb.e1 ) + c.(λ.e2 ) donc
 
a λb
mat(u, (e1 , λ.e2 )) =
0 c
   
1 1 1 λ
2. Notons M = et, pour λ ∈ K∗ , Mλ = .
0 1 0 1
Notons mb et mcλ les endomorphismes de K2 canoniquement associés à M et Mλ , (e1 , e2 ) la base canonique
2
de K .
D’après la question précédente,  
1 λ
mat(m,
b (e1 , λ.e2 )) =
0 1
Les matrices M et Mλ représentent le même endomorphisme lu dans des bases différentes, elles sont donc
semblables.  
1 0
Précisons la matrice de passage en posant P = P(e1 , e2 () → (e1 , λ.e2 )). P = . La formule de
0 λ
changement de base s’écrit
b (e1 , λ.e2 )) = P −1 mat(m,
mat(m, b (e1 , e2 ))P
soit    
1 λ 1 1
= P −1 P
0 1 0 1
Vérifions cette relation par le calcul :
           
1 1 1 0 1 1 1 0 1 0 1 λ 1 0 1 λ
P −1 P = = =
0 1 0 λ−1 0 1 0 λ 0 λ−1 0 λ 0 λ−1 0 1

   
∗ 1 1 1 λ
Ainsi, pour tout λ ∈ K , les matrices et sont dans la même classe de similitude.
0 1 0 1

17
 
1 1
3. Notons C la classe de similitude de la matrice .
0 1
D’après la question précédente, E ⊂ C.
Par ailleurs, en utilisant la question 1 et en reprenant les notations et les idées de la question 2,
 
1 0
mat(m,
b (e2 , e1 )) =
1 1
 
1 0
Les matrices M et représentent le même endomorphisme lu dans des bases différentes, elles sont
1 1
   
1 0 1 0
donc semblables d’où ∈ C. Or ∈
/ E,
1 1 1 1
  
1 λ ∗
donc E= λ∈K n’est pas une classe de similitude.
0 1
 
1 1
Rmq Vérifions que M et sont semblables par le calcul : notons Q = P((e1 , e2 ) → (e2 , e1 )).
0 1
 
0 1
Q= . La formule de changement de base s’écrit
1 0
b (e2 , e1 )) = Q−1 mat(m,
mat(m, b (e1 , e2 ))Q
   
1 0 1 1
soit = Q−1 Q.
1 1 0 1
En effet,
          
−1 1 1 0 1 1 1 0 1 0 1 1 1 1 0
Q Q= = =
0 1 1 0 0 1 1 0 1 0 1 0 1 1
⊲ Corrigé de l’exercice 4.8
Procédons par récurrence sur la dimension de l’espace E en considérant la propriété P(·) définie pour tout n ∈ N∗
par
P(n) : « pour tout espace vectoriel E de dimension n , pour tout endomorphisme nilpotent u de E, il existe une
base B de E telle que mat(u, B) est stricatment triangulaire supérieure ».


⊲ Corrigé de l’exercice 4.9
 
x1
1. Notons X =  x2 .
x3

 (1 − λ)x1 = 0
(A − λ.I3 )X = 03,1 ⇐⇒ x1 + (2 − λ)x2 = 0

x1 (4 − λ)x3 = 0
⋆ Si λ = 1,

x1 + x2 = 0
(A − λ.I3 )X = 03,1 ⇐⇒
x1 + 3x3 = 0

+ x2
x1 = 0
⇐⇒
− x2 + 3x3 = 0
  
 −3t 
⇐⇒ X ∈  3t  t ∈ R
 
t
⋆ Si λ = 2,

 −x1 = 0
(A − λ.I3 )X = 03,1 ⇐⇒ x1 = 0

x1 2x3 = 0

x1 = 0
⇐⇒
= 0 x3
  
 0 
⇐⇒ X∈  t  t∈R
 
0

18
⋆ Si λ ∈ R \ {1, 2},

 (1 − λ)x1 = 0
(A − λ.I3 )X = 03,1 ⇐⇒ x1 + (2 − λ)x2 = 0

x1 (4 − λ)x3 = 0

 x1 = 0
⇐⇒ x2 = 0

(4 − λ)x3 = 0
  
 0 
⋆⋆ Si λ = 4, (A − λ.I3 )X = 03,1 ⇐⇒ X ∈  0  t ∈ R .
 
t
⋆⋆ Si λ ∈ R \ {1, 2, 4}, (A − λ.I3 )X = 03,1 ⇐⇒ X ∈ {03,1 }.
2. Soit e ∈ R3 un vecteur non nul générateur d’une droite D (donc D = Vect{e}) stabilisée par u. Alors
u(e) ∈ D donc ∃λ ∈ R : u(e) = λ.e donc il existe λ ∈ R tel que le système AX = λ.X admet au moins
une solution non nulle.
D’après la question précédente, les seules valeurs possibles pour λ sont 1, 2 et 4.
De plus la résolution effectuée dans la question précédent montre que pour chacune de ces valeurs il existe
une unique droite.
      
 −3   0   0 
Ainsi, u admet 3 droites stables : D1 = Vect  3  , D2 = Vect  1  et D4 = Vect  0  .
     
1 0 1

3. Notons Bcan,R3 = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 .


Posons e′1 = −3e1 + 3e2 + e3 , e′2 = e2 et e′3 = e3 .
On montre assez simplement que la famille B ′ = (e′1 , e′2 , e′3 ) est libre, or elle est de cardinal 3 dans un
espace de dimension 3, c’est donc une base de R3 . Posons P = P(Bcan,R3 → B ′ ).
b ∈ L(R3 ) l’endomorphisme canniquement associé à M .
Soit M ∈ M3 (R). Notons m

M 2 = A ⇐⇒ m
b2 = u

On en déduit que m
b ◦u=mb ◦m b2 = mb3 = mb2 ◦ m
b =u◦m b donc m b commute avec u.
Par conséquent,
b ′1 )) = (u ◦ m)(e
u(m(e b ′1 ) = (m
b ◦ u)(e′1 ) = m(u(e
b ′
b ′1 )
1 )) = m(e

b ′1 ) ∈ Ker(u − idR3 ) = Vect{e′1 }. On en déduit qu’il existe a ∈ R : m(e


donc m(e b ′1 ) = a.e′1 .
On montre de même que m(e b ′2 ) ∈ Ker(u − 2idR3 ) = Vect{e′2 } et m(e b ′3 ) ∈ Ker(u − 4idR3 ) = Vect{e′3 }. On
3 ′ ′
b 2 ) = b.e2 et m(e
en déduit qu’il existe (b, c) ∈ R tels que m(e b 3 ) = c.e′3 .

Par conséquent,  
a 0 0
b (e′1 , e′2 , e′3 )) =  0 b 0 
∃(a, b, c)inR3 : mat(m,
0 0 c

b (e′1 , e′2 , e′3 )) = P −1 mat(m,


D’après la formule de changement de base, mat(m, b Bcan,R3 )P donc
 
a 0 0
∃(a, b, c)inR3 : M = P  0 b 0  P −1
0 0 c

On en déduit que l’ensemble des solutions est inclus dans


   
 a 0 0 
P 0 b 0  P −1 (a, b, c)inR3
 
0 0 c
 
a 0 0
Soient (a, b, c) ∈ R3 fixés quelconques. Posons M = P  0 b 0  P −1 .
0 0 c
La formule de changement de base donne mat(u, (e′1 , e′2 , e′3 )) = P −1 mat(u, Bcan,R3 )P donc
 
1 0 0
 0 2 0  = P −1 AP
0 0 4

19
de sorte que

M2 = A ⇐⇒ P −1 M 2 P = P 
−1
AP 
1 0 0
⇐⇒ (P −1 M P )2 =  0 2 0 
0 0 4
 2  
a 0 0 1 0 0
⇐⇒  0 b 0  = 0 2 0 
0 0 c 0 0 4
 2   
a 0 0 1 0 0
⇐⇒  0 b2 0  =  0 2 0 
0 0 c2 0 0 4

 a ∈ {−1, √ 1}√
⇐⇒ b ∈ {− 2, 2}

c ∈ {−2, 2}

Ainsi, l’ensemble des solutions est


   
 a 0 0 √ √ 
P  0 b 0  P −1 a ∈ {−1, 1}, b ∈ {− 2, 2}, c ∈ {−2, 2}
 
0 0 c

⊲ Corrigé de l’exercice 4.10

⊲ Corrigé de l’exercice 5.1


a ∈ L(Kp , Kn ) et bb ∈ L(Kq , Kp ) les applications linéaires canoniquement associées à A et B.
Notons b
• On a

a ◦ bb, Bcan,Kq , Bcan,Kn ) = mat(b


mat(b a, Bcan,Kp , Bcan,Kn ) × mat(bb, Bcan,Kq , Bcan,Kp ) = AB

a ◦ bb si bien que
donc l’application linéaire canoniquement associée à AB est b

a ◦ bb) = dimIm(b
rg(AB) = rg(b a ◦ bb) = dimb
a(Imbb) 6 dim(Imb
a) = rgb
a
|{z}
a(Imbb) ⊂ Imb
b a

• Par ailleurs,
a ◦ bb) = dimIm(b
rg(AB) = rg(b a ◦ bb) = dimb
a(Imbb)
or la dimension de l’image d’un espace vectoriel par une application linéaire est toujours inférieure ou
égale à sa dimension donc dimba(Imbb) 6 dimdim(Imbb) = rgbb d’où rg(AB) 6 rgbb = rgB.

Ainsi, rg(AB) 6 min(rg(A), rg(B)).

⊲ Corrigé de l’exercice 5.2


1. Rappeler les définitions et les propriétés des sous-espaces vectoriels qui caractérisent un projecteur vectoriel
d’un R-espace vectoriel E.
2. Montrer que le rang d’un projecteur d’un espace de dimension finie est égal à sa trace.
3. Soit E un K-espace vectoriel. Soient (u, v) ∈ L(E)2 . u est semblable à v s’il existe ϕ ∈ GL(E) telle que
u = ϕ−1 ◦ v ◦ ϕ.
(a) Montrer que la relation binaire « être semblable » est une relation d’équivalence sur GL(E).
(b) Montrer que deux projecteurs d’un espace de dimension finie sont semblables si et seulement si ils ont
le même rang.

⊲ Corrigé de l’exercice 5.3

⊲ Corrigé de l’exercice 5.4

⊲ Corrigé de l’exercice 5.5

⊲ Corrigé de l’exercice 5.6

20
⊲ Corrigé de l’exercice 5.7
1. Non, (Mn (R), ×) n’est pas un groupe ! f est seulement un morphisme du magma associatif (Mn (R), ×)
dans le magma associatif (R, ×). Ces magmas ne sont pas unitaires (le candidat neutre est In resp. 1 or
0Mn (R) × In = 0Mn (R) resp. 0 × 1 = 0) donc ce ne sont pas des groupes !
2. In2 = In donc f (In )2 = f (In ) d’où f (In ) ∈ {0, 1}. Si f (In ) = 0, pour tout M ∈ Mn (R), f (M ) =
f (M In ) = f (M )f (In ) = 0 donc f est l’application identiquement nulle, contradiction, donc f (In ) = 1.
De même, 02Mn (R) = 0Mn (R) donc f (0Mn (R) )2 = f (0Mn (R) ) donc f (0Mn (R) ) ∈ {0, 1}. Si f (0Mn (R) ) =
1, pour tout M ∈ Mn (R), f (M ) = f (0Mn (R) )f (M ) = f (0Mn (R) M ) = f (0Mn (R) ) = 1 donc f est
l’application constante égale à 1, contradiction, donc f (0Mn (R) ) = 0.
3. Ap = 0Mn (R) donc f (A)p = 0 donc f (A) = 0 car 0 est l’unique solution de xp = 0 dans R.
4. • Si M ∈ GLn (R), alors M M −1 = In donc f (M )f (M −1 ) = 1 donc f (M ) 6= 0.
• Le sens réciproque se prouve par la contraposée : montrons que si une matrice n’est pas inversible, alors
f (M ) = 0. Soit M ∈ Mn (R) \ GLn (R). Notons r ∈ [[0, n − 1]] le rang de M . La décomposition P Jr Q de
M donne : ∃(P, Q) ∈ GLn (R)2 tels que M = P Jr Q si bien que f (M ) = f(P )f (Jr )f (Q). Parailleurs la
0 | Ir | 0
matrice Jr est de rang r < n donc elle est équivalente à la matrice Nr = car cette
0 | 0 | 0
dernière est aussi de rang r (la matrice Nr s’interprète comme la matrice représentant l’endomorphisme
canoniquement associé à Jr relativement à la base {en , e1 , e2 , . . . , en−1 } où {e1 , e2 , . . . , en } est la base
canonique de Rn ). Or la matrice Nr est nilpotente : Nrn = 0Mn (R) donc d’après la question précédente,
f (Nr ) = 0, or ∃(P ′ , Q′ ) ∈ GLn (R)2 tels que Jr = P ′ Nr Q′ donc f (Jr ) = f (P ′ )f (Nr )f (Q′ ) = 0 d’où
f (M ) = 0.
Une autre preuve consiste à introduire, pour tout k ∈ [[1, r]], la matrice Jr,k qui est celle représentant
l’endomorphisme canoniquement associé à Jr relativement à la base {eσ(1) , eσ(2) , . . . , eσ(n) } où σ est la
transposition (k, n) et {e1 , e2 , . . . , en } est la base canonique de Rn . On peut expliciter ces matrices, Jr,k
est une matrice diagonale dont les éléments diagonaux non nuls sont ceux d’indice ([[1, r]] \ {k}) ∪ {n}
et ils valent 1.
Toutes ces matrices étant semblables à Jr d, il existe (Pk )k∈[[1,r] ∈ GLn (R) :

∀k ∈ [[1, r]] , Jr = Pk Jr,k Pk−1


Ainsi,
r
Y
f (M r ) = f (P Jr Q)
k=1
r
Y
= f (P )f (Q) f (Pk Jr,k p−1
k )
k=1
Yr
= f (P )f (Q) f (Pk )f (Pk−1 )f (Jr,k )
k=1
r
!
Y
= f (P )f (Q)f Jr,k car f (Pk )f (Pk−1 ) = f (In ) = 1
k=1
r
Y
d’où le résultat en remarquant que Jr,k = 0n,n .
k=1

⊲ Corrigé de l’exercice 5.8


 
    1 −2 1
1 −2 1 −2
1. Quels sont les inverses, s’ils existent, des matrices A = ,B = ,C = 0 −3 2  ?
0 −3 −2 4
0 0 −2
La résolution des systèmeslinéaires correspondants permet de montrer que
2 
1 −
⋆ A ∈ GL2 (R) et A−1 =  3 ,
1
0 −
  3
2
⋆ B∈ / GL2 (R) car B × = 02,1 ,
1
 
2 1
 1 − −
 3 6 
 1 1 
−1
⋆ C ∈ GL3 (R) et C =  0 − −  .
 3 3 
1 
0 0 −
2

21
 
−1 1 1
2. Soit A =  1 −1 1 . Calculer A2 et en déduire une expression polynômiale annulant A. A est-elle
1 1 −1
inversible
 et si oui quelest son inverse ?
3 −1 −1  
2   2 1 1
A = −1 3 −1 donc A + A − 2I3 = 03 soit A A + I3 = I3 . Par conséquent, A ∈ GL3 (R)
2 2
−1 −1 3  
1 1
 0 2 2 
1 1  1 1 
et A−1 = A + I3 =   0 .

2 2  12 1 2 
0
2 2  
 a 0 c 
3. L’ensemble des matrices E = A ∈ M3 (C) | ∃(a, b, c) ∈ C3 : A =  0 b 0  est-il un sous-espace
 
c 0 a
vectoriel de M3 (C) ? un sous-anneau ? Quels sont les éléments inversibles dans cet ensemble de cet en-
semble ?

       
 1 0 0 0 0 0 0 0 1 
E = a 0 0 0 +b 0 1 0  + c 0 0 0  | (a, b, c) ∈ C3
 
0 0 1 0 0 0 1 0 0
= Vect{E 1,1 + E 3,3 , E 2,2 , E 1,3 + E 3,1 }

donc E, défini comme le sous-espace engendré par (E 1,1 + E 3,3 , E 2,2 , E 1,3 + E 3,1 ) dans M3 (C) est un
sous-espace vectoriel de M3 (C). La famille génératrice (E 1,1 + E 3,3 , E 2,2 , E 1,3 + E 3,1 ) est aussi libre (exo
2
facile en utilisant que {E i,j | (i, j) ∈ [[1, 3]] } est une base de M3 (C)), donc dimC E = 3.
De plus
⋆ E est inclus dans l’anneau M3 (C),
⋆ E= 6 ∅ car 03 ∈ E,
⋆ E est stable pour la loi + car c’est un sev de M3 (C),
⋆ E est stable
 pour la loi  × :′ 
a 0 c a 0 c′
Soient  0 b 0   0 b′ 0  ∈ E 2 fix’ee quelconques.
c 0 a c′ 0 a ′
   ′   
a 0 c a 0 c′ aa′ + cc′ 0 ca′ + ac′
 0 b 0  ×  0 b′ 0  =  0 bb′ 0 ∈E
′ ′ ′ ′ ′ ′
c 0 a c 0 a ca + ac 0 aa + cc

⋆ (E, ×) admet un neutre qui est In (pour a = 1, b = 1 et c = 0).


Ainsi, (E, +, ×) est un sous-anneau de (M3 (C), +, ×). De plus, nous pouvons remarquer que cet anneau
est commutatif (par symétrie des coefficients du produit de deux éléments de E).
 
a 0 c
La matrice M (a, b, c) =  0 b 0  ∈ E est inversible si et seulement il existe (a′ , b′ , c′ ) ∈ C3 tels que
c 0 a

M (a, b, c) × M (a′ , b′ , c′ ) = M (a′ , b′ , c′ ) × M (a, b, c) = In

qui équivaut, puisque l’anneau est commutatif, à

M (a, b, c) × M (a′ , b′ , c′ ) = In (∗)

Or
   
aa′ + cc′ 0 ca′ + ac′ 1 0 0
(∗) ⇐⇒  0 bb′ 0 = 0 1 0 
′ ′
ca + ac 0 aa′ + cc′ 0 0 1
 ′ ′
 aa + cc = 1
⇐⇒ bb′ = 1
 ′
ca + ac′ = 0

 b ∈ C∗
⇐⇒ aa′ + cc′ = 1
 ′
ca + ac′ = 0

22

ax + cy = 1
Or le système linéaire 2×2 d’inconnues (x, y) ∈ C2 et de paramètres (a, c) ∈ C2 (S)
cx + ay = 0
a pour déterminant a2 − c2 si bien que  
1 c a 1
 0 a a c 0 c 
6 0, il existe une unique solution au système qui vaut 
— si a2 −c2 = 
 a 2 − c2 = a 2 − c2 , a 2 − c2 = − a 2 − c2 

— si a2 − c2 = 0, alors
— soit a = c si bien que
 
ax + ay = 1 ax + cy = 1
(S) ⇐⇒ ⇐⇒
ax + ay = 0 0 = 1

donc (S) n’admet aucune solution,


— soit a = −c si bien que
 
ax − ay = 1 ax + cy = 1
(S) ⇐⇒ ⇐⇒
−ax + ay = 0 0 = 1

donc (S) n’admet aucune solution.


En conclusion, (a, b, c) ∈ C3 étant fixés quelconques,

b 6 = 0
∃(a′ , b′ , c′ ) ∈ C3 : M (a, b, c) × M (a′ , b′ , c′ ) = In ⇐⇒
a − c2
2
6= 0
  
6
b = 0 a 1 c
et de plus, si , il existe un unique triplet (a′ , b′ , c′ ) solution qui est , ,−
a 2 − c2
6= 0 a 2 − c2 b a 2 − c2
donc  
a c
 −1 2 2
0 − 2 2
a 0 c  a −c a −c 
 0 b 0  = 1 
 0 0  .
 b 
c 0 a c a
− 2 2
0 2 2
a −c a −c
4. Si A est une matrice de M3 (K) telle que pour tout B ∈ M3 (K), (AB)2 = 0, alors A = 0.
Vrai.
2
Fixons (i, j) ∈ [[1, 3]] .
   
A1,1 0 0 A21,1 0 0
Particularisons pour B = E 1,1 : AB = AE 1,1 =  A2,1 0 0  si bien que (AB)2 =  A2,1 A1,1 0 0 
A3,1 0 0 A3,1 A1,1 0 0
donc A21,1 = 0 donc A1,1 = 0.
Plus généralement, fixons (i, j) ∈ [[1, 3]]2 et particularisons pour B = E i,j , on trouve A2j,i = 0 d’où Aj,i = 0.
Ainsi, A = 0.
5. Si A et B sont deux matrices carrées de même taille telles que AB = 0, alors A = 0 ou B = 0.
Faux.  
0 1
Pour A = B = , AB = 02 et pourtant A 6= 02 6= B.
0 0
6. Donner une base de {A ∈ M3 (C) | Tr(A) = 0} (comme R-espace vectoriel puis comme C-espace vectoriel).
La famille {E 1,2 , E 1,3 , E 2,1 , E 2,3 , E 3,1 , E 3,2 , E 1,1 − E 3,3 , E 2,2 − E 3,3 } est une base du C-espace vectoriel
KerTr (hyperplan de M3 (C) donc de dimension 8). Une base de cet espace vu comme R-espace vectoriel
(donc de dimension 16 et ce n’est plus un hyperplan car le R-espace vectoriel M3 (C) est de dimension 18
donc un hyperplan de cet espace est de dimension 17 ! en effet la trace n’est pas une forme linéaire sur
le R-espace vectoriel M3 (C) car elle est à valeur dans C alors que le nouveau corps de base est R !) est
donnée par l’union de

{E 1,2 , E 1,3 , E 2,1 , E 2,3 , E 3,1 , E 3,2 , E 1,1 − E 3,3 , E 2,2 − E 3,3 }

et de
{i.E 1,2 , i.E 1,3 , i.E 2,1 , i.E 2,3 , i.E 3,1 , i.E 3,2 , i.E 1,1 − i.E 3,3 , i.E 2,2 − i.E 3,3 } .
7. Que peut-on dire d’une matrice A ∈ Mn (K) telle que Tr(t AA) = 0 ?
C’est la matrice nulle. En effet,
n
X n
X n
X
∀i ∈ [[1, n]] , [t AA]i,i = t
Ai,k Ak,i = Ak,i Ak,i = A2k,i
k=1 k=1 k=1

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si bien que
n X
X n
Tr(t AA) = A2i,k .
i=1 k=1

Par conséquent,
⋆ si K = R, Tr(t AA) = 0 implique la nullité de tous les coefficients,
 
i 0
⋆ si K = C, la même conclusion ne tient pas ! par exemple si A = , on a A 6= 02 et Tr(t AA) = 0.
0 1
8. Trouver deux matrices (A2 , B2 ) ∈ M2 (R)2 telles que A2 B2 = 0 et B2 A2 6= 0. En déduire des matrices
(Ap , Bp ) ∈ Mp (R)2 (p > 2) telles que Ap Bp = 0 et Bp Ap 6= 0.
       
0 2 1 0 0 0 0 2
Pour A2 = et B2 = , on a A2 B2 = et B2 A2 = .
0 1 0 0 0 0 0 0
Le passage de la dimension 2 à la dimension p > 2 se fait  en utilisant des matrices diagonales par
A2 02,p−2 B2 02,p−2
blocs, par exemple Ap = et Bp = qui vérifient Ap Bp =
0p−2,2 0p−2,p−2 0p−2,2 0p−2,p−2
   
02,2 02,p−2 B2 A2 02,p−2
et Bp AP = .
0p−2,2 0p−2,p−2 0p−2,2 0p−2,p−2
9. Le produit de deux matrices symétriques est une matrice symétrique si et seulement si elles commutent.
10. Il existe A ∈ M2n (R) telle que A2 = −I2n .
Oui.  
0 −1
Pour n = 1 A1 = vérifie A21 = −I2 .
1 0
Le passage de la dimension 2 à la dimension 2n se fait en utilisant la matrice diagonale par blocs
 
A1 02,2 · · · 02,2
 .. .. 
 02,2 A1 . . 

An =  . 
. . 
 .. .. .. 0
2,2

02,2 · · · 02,2 A1

qui vérifie    
A21 02,2 ··· 02,2 −I2 02,2 ··· 02,2
 .. ..   .. .. 
 02,2 A21 . .   . . 
A2n =   =  02,2 −I2  = −I2n .
 . .. ..   . .. .. 
 .. . . 02,2   .. . . 02,2 
02,2 ··· 02,2 A21 02,2 ··· 02,2 −I2
11. La trace d’un projecteur vectoriel est égale à son rang.
VRAI.
Soit p un projecteur de rang r ∈ [[0, n]] d’un K-espace vectoriel E de dimension n.
Alors E = Imp ⊕ Kerp.
Choisissons (e1 , . . . , er ) une base de Imp (dimImp = rgp = r) et (er+1 , . . . , en ) une base de Kerp
(dimKerp = n − r d’après le thórème du rang)
Posons B = (e1 , . . . , er , er+1 , . . . , en ) la base obtenue par concaténation des deux bases précédentes.
 
Ir 0r,n−r
Alors mat(p, B) = si bien que Tr(p) qui est la trace de toute matrice associée à p
0n−r,r 0n−r,n−r
relativement à une même base au départ et à l’arrivée vaut Tr(mat(p, B)) = r = rgp.
12. La somme de deux matrices inversiblesest inversible.
    
2 0 −2 0 0 0
FAUX. In + (−In ) = 0n ∈
/ GLn (K) ou + = / GLn (K).

0 1 0 1 0 2
 
1 2 4 8 16
 0 1 2 4 8 
 
13. Vu à l’oral de l’X. Quelle est, sans calcul ou presque, la matrice inverse de A = 
 0 0 1 2 4 ?

 0 0 0 1 2 
0 0 0 0 1
la réponse est dans un exemple du cours.
 
0 1 0 0 0
 0 0 1 0 0 
 
Considérons N =  
 0 0 0 1 0  qui est nilpotente d’indice 5.
 0 0 0 0 1 
0 0 0 0 0

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Avec N , A = I5 +2N +(2N )2 +(2N )3 +(2N )4 si bien que l’on pense immédiatement et spontanément
à une identité algébrique vraie dans un anneau en multipliant par In − 2N :

(I5 − 2N )A = (I5 − 2N )[I5 + 2N + (2N )2 + (2N )3 + (2N )4 ] = I5 − (2N )5 = I5


 
1 −2 0 0 0
 0 1 −2 0 0 
 
donc A−1 
= I5 − 2N =  0 0 1 −2 0  .
 0 0 0 1 −2 
0 0 0 0 1
14. Si A et B sont deux matrices de Mn (K) qui commutent et telles que A3 = 7In + B 3 , alors A − B est
inversible. Que se passe-t-il si la relation précédente est changée en A3 = 7In − B 3 ?
Vrai.
Sachant que A et B commutent, on a la relation

A3 − B 3 = (A − B)(A2 + AB + B 2 )

donc  
3 3 1 2 1 1
A − B = 7In ⇐⇒ (A − B) A + AB B 2 = In
7 7 7
1 2 1 1
donc A − B ∈ GLn (K) et (A − B)−1 = A + AB B 2
7 7 7
Si la relation change en A3 = 7In − B 3 , la même technique peut être adaptée en utilisant l’identité

A3 + B 3 = (A + B)(A2 − AB + B 2 )

si bien que  
3 3 1 2 1 1
A + B = 7In ⇐⇒ (A + B) A − AB B 2 = In
7 7 7
d’où l’inversibilité de A + B.
15. Soit A ∈ Mn (R) tel que A3 = 0. Calculer, pour tout k ∈ N∗ , (In + A + A2 )k .
On travaille dans la R-algèbre commutative R[A] des polynômes en A :
— si k = 1, (In + A + A2 )1 = In + A + A2 ,
— si k = 2, (In + A + A2 )2 = In + A2 + A4 + 2In A + 2In A2 + 2AA2 = In + 2A + 3a2 ,
— si k > 2, la formule du binôme de Newton donne

(In + A + A2 )k = (A(In + A) + In )k
Xk  
k
= Ai (In + A)i Ink−i
i=0
i
X2  
k
= Ai (In + A)i
i=0
i
     
k k k
= In + A(In + A) + A2 (In + A)2
0 1 2
k(k − 1) 2
= In + kA(In + A) + A (In + 2A + A2 )
2
k(k − 1) 2
= In + kA + kA2 + A
2
k(k + 1) 2
= In + kA + A
2
16. Résoudre, dans M2 (C), M 2 = I2 .

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