SOMMAIRE
INTRODUCTION ................................................................................................................................... 2
I. GENERALITES SUR LES SYSTEMES HYPERSTATIQUES .................................................... 3
I.1 DEFINITION ET PRINCIPE ........................................................................................................ 3
I.2. Liaisons surabondantes ................................................................................................................. 3
1.3. Méthodes fondamentales de calcul des structures hyperstatiques ................................................ 4
1.4. Calcul du degré d’hyperstaticité ................................................................................................... 5
II. METHODES DES FORCES .............................................................................................................. 6
II.1 Principe de la méthode des forces................................................................................................. 6
II.2 Equations canoniques ................................................................................................................... 7
II.3 La procédure de la méthode des forces ......................................................................................... 8
III. LA METHODES DES TROIS MOMENTS ..................................................................................... 9
III.1 DEFINITION ET PRINCIPE ...................................................................................................... 9
III. 2. Calcul des moments fléchissant dans les appuis ....................................................................... 9
II.3 EXEMPLE D’APPLICATION................................................................................................... 12
IV. LA METHODE DES DEPLACEMENTS ...................................................................................... 14
IV.1 Nombre d’inconnues de la méthode .......................................................................................... 14
IV.2 Principe de la méthode des déplacements ................................................................................. 15
IV.3 Classification des structures et Equation d’equilibre ................................................................ 17
IV.4 LES ETAPES DE LA METHODES DES DEPLACEMENTS ................................................ 22
V. APPLICATION EN INGENIERIES ................................................................................................ 23
CONCLUSION ..................................................................................................................................... 24
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................................ 25
CALCUL DE STRUCTURE 1
INTRODUCTION
L’analyse structurelle est une discipline particulière de la mécanique des milieux
continus permettant l’analyse des modèles simplifies (barres, poutres) afin de prendre
une décision technique. On ne saurait parler de l’analyse structurelle sans y référer la
RDM qui en particulier permet de calculer et de tracer les diagrammes des sollicitations
d'une structure (détermination des équations des efforts internes de chaque élément de
la structure M, N et T) et d’en déduire le comportement global de la structure
(déformations). Elle a pour objectif aussi le développement de modèles permettant de
dimensionner les structures. Ces modèles sont élaborés dans le cadre d’hypothèses
simplificatrices. Ils constituent le premier niveau des méthodes de calcul des structures.
On retrouve deux systèmes de structures : les structures isostatiques dites « statiquement
déterminées » et les structures hyperstatiques dites « statiquement indéterminées ». Les
structures isostatiques sont celles ou les trois équations de la statique sont suffisantes à
leur analyse. Par conséquent, les sollicitations internes, telles que : le moment de
flexion, l’effort tranchant et l’effort normal peuvent être déduits en utilisant l’équilibre
interne des sections. Par contre, pour les structures hyperstatiques les équations
d’équilibre ne sont pas suffisantes pour déterminer les réactions d’appui et les actions
internes (le nombre des inconnues (les réactions d’appui) est strictement supérieur au
nombre d’équations d’équilibre). Cette différence est appelée le degré d’hyperstaticité
du système ou de la structure. Notre objectif est porté sur les méthodes de calcul de
structures hyperstatiques, c’est ainsi que tout au long de ce travail, nous allons nous
appesantir sur trois méthodes à savoir : la méthode des moments, la méthode des forces
et la méthode des déplacements. En vue de faciliter la compréhension de ces dernières,
nous allons les illustrer d’exemples.
CALCUL DE STRUCTURE 2
GENERALITES SUR LES SYSTEMES HYPERSTATIQUES
I.1 DEFINITION ET PRINCIPE
Nous ne saurons aborder les méthodes de résolutions sans présenter les différentes
structures mise en jeu.
Si nous considérons un corps (structure) arbitraire soumis à l'action d'un système de forces
dans l'espace x, y, z; son équilibre d'ensemble peut être défini par les équations d'équilibre
statique :
Les équations algébriques
•
•
Les équations vectorielles
Les sommations se rapportent à toutes les composantes de forces et de moments
par rapport aux trois axes de référence x y z. Nous pouvons donc écrire 6 équations
d’équilibre dans le cas général d'un corps tridimensionnel. Lorsque toutes les forces
agissent dans le même plan, seules trois équations d'équilibre sont exploitables.
Dans le cas des systèmes isostatiques, les composantes de réaction se calculent au
moyen des équations d’équilibre de la statique seules (équilibre vertical , équilibre
horizontal et équilibre des moments de rotation ).
Dans le cas contraire où le nombre d’équations de la statique ne suffit pas pour
déterminer les réactions (les inconnues), on est en présence d’une structure hyperstatique.
I.2. Liaisons surabondantes
On appelle liaisons surabondantes, les liaisons supplémentaires qu’il faudrait
supprimer du système hyperstatique pour obtenir un système isostatique. Il représente
le degré d’hyperstaticité du système. On a deux types de liaisons surabondantes :
- Les liaisons surabondantes extérieures que l’on retrouve dans les appuis (les
réactions).
CALCUL DE STRUCTURE 3
Figure 1. 4 . : Cadre simple
- Les liaisons surabondantes intérieures sont celles qui proviennent des
contours fermés (en ouvrant le contour les efforts internes deviennent des
inconnues supplémentaires).
Figure 1.5. : Portique à deux niveaux et une travée
1.3. Méthodes fondamentales de calcul des structures hyperstatiques
Pour étudier et analyser une structure de degré d’hyperstaticité d, il est
nécessaire d’établir équations supplémentaires (dites équations de compatibilités).
Les méthodes consistent à choisir un système de base à partir duquel on détermine le
système isostatique (SI) le plus simple.
CALCUL DE STRUCTURE 4
En raison de l’interdépendance entre les efforts, les moments et les déplacements, il en
résulte trois manières d’aborder le calcul des structures hyperstatiques, c'est-à-dire :
− Soit en s’intéressant aux efforts (dans les liaisons surabondantes) (méthode
des forces ;
− soit en s’intéressant aux moments ( méthode des moments).
− Soit en s’intéressant aux déplacements (méthode des déplacements).
1.4. Calcul du degré d’hyperstaticité
Généralement, le nombre de liaisons surabondantes représente le degré
d’hyperstaticité. Il existe plusieurs méthodes pour calculer ce degré :
A- Méthode de la suppression des liaisons surabondantes :
Cette méthode consiste à supprimer des liaisons jusqu’à ce que la structure devienne
isostatique.
B- Méthode des contours fermés :
Le degré d’hyperstaticité est donné par la formule suivante :
Où c : Le nombre de contours de la structure
a : Le nombre d’appuis doubles
s : Le nombre d’appuis simples
CALCUL DE STRUCTURE 5
Application
P=2KN
P=2KN
1,5m 1.5m
(Système est isostatique) (Structure hyperstatique)
Remarques importantes :
- On remarque que le calcul du degré d'hyperstaticité est indépendant des charges extérieures
appliquées au système. Il dépond surtout des conditions d'appuis.
- Par ailleurs, il existe deux genres d'hyperstaticité ; une hyperstaticité extérieure et intérieure.
Cela signifie qu'il y a des inconnues supplémentaires liées aux appuis (réactions inconnues) et
aussi d’autres inconnues liées aux efforts internes.
II. METHODES DES FORCES
La méthode des forces s’applique aux structures hyperstatiques lorsque les liaisons
sont rigides et parfaites. Elle est basée sur le choix d’un système de base qui permet
d’identifier les réactions surabondantes et aussi le principe de superposition du système
isostatique simple avec les charges réelles et des systèmes virtuels avec une charge
unitaire.
II.1 Principe de la méthode des forces
Le principe de cette méthode consiste à remplacer la structure hyperstatique en une
structure isostatique équivalente c'est-à-dire que les liaisons surabondantes sont
CALCUL DE STRUCTURE 6
remplacées par des réactions inconnues qu’il faut calculer. Le système isostatique
obtenu par suppression des liaisons surabondantes est désigné par :
- Système de base,
- Système fondamental,
- Système principal.
La structure isostatique équivalente est soumise à deux catégories de forces :
- Forces extérieures de départ (les charges réparties, concentrées, …).
- Réactions introduites (les inconnues hyperstatiques).
II.2 Equations canoniques
Il faut utiliser en plus des trois équations d'équilibre, des équations supplémentaires. .Dans
la méthode des forces, ces équations sont connues sous le nom des équations "canoniques"
de la méthode des forces. Le système d'équations canoniques aux inconnues
hyperstatiques constitue l'élément de base de la méthode des forces. Il permet de calculer
les inconnues . Etant donné une structure n fois hyperstatique, soumis
à des forces extérieures. Les équations canoniques de la méthode des forces s’écrivent
sous la forme matricielle :
𝛿𝑖𝛾 =
Ou sous forme la forme analytique suivante :
Chacune de ces équations exprime la condition selon laquelle dans un système
hyperstatique, le déplacement généralisé correspondant à chacune des forces
généralisées superflues inconnues est égal à zéro.
- : matrice des coefficients de flexibilité.
CALCUL DE STRUCTURE 7
- : représente le coefficient de flexibilité c’est le déplacement produit dans la
section selon la direction de la force Xi causée par une force j =1
- : représente le déplacement produit dans la section du système de base
sous l’effet des charges appliquées (charges extérieures).
II.3 La procédure de la méthode des forces
Les différentes étapes de calcul par la méthode des forces sont les suivantes :
- Déterminer le degré d’hyperstaticité et écrire les n équations canoniques.
- Choisir le système de base (système isostatique le plus simple)
- Tracer le diagramme des moments fléchissant Mo du système isostatique due
aux charges extérieures
- Tracer les diagrammes ou épures unitaires correspondant au
système isostatique sans charges extérieures et avec =1 et les autres inconnus
nuls.
- On calcul tous les coefficients et à l’aide des diagrammes.
- Résolution du système d’équations canoniques
- Correction des épures unitaires .
; …. ;
- On fait la somme des épures unitaires corrigées
- En dernier, on obtient le diagramme des moments fléchissant final du système
hyperstatique réel en faisant la somme des moments suivants
Cette méthode est envisageable pour un petit nombre d’inconnus par conséquent moins adapté
pour les grandes structures.
CALCUL DE STRUCTURE 8
III. LA METHODES DES TROIS MOMENTS
III.1 DEFINITION ET PRINCIPE
La méthode des trois moments s’applique aux systèmes dits poutres continues. On suppose
que l’effet de l’effort tranchant est négligé. Cette méthode consiste à déterminer les moments
fléchissant dans le cas des poutres continues. C’est à dire les poutres qui reposent sur plus de
deux appuis. Il existe plusieurs façons pour déterminer le degré d’hyperstaticité :
Soit on a : d= r-3 ou encore d= n-2 où r et n sont respectivement le nombre
de liaisons et le nombre d’appuis.
Le degré d’hyperstaticité est égal au nombre des appuis intermédiaires.
Exemples :
3 réactions
1 réaction
Figure 3.1. : Poutre sur 2 appuis (1 Encastrement et 1 simple)
2reactions
1 réaction 1 réaction 1 réaction 1 réaction
Figure 3.2. : Poutre sur 5 appuis (1 double et 4 simples)
III. 2. Calcul des moments fléchissant dans les appuis
- Considérons l’exemple de la figure 3.3. Le degré d’hyperstaticité de cette
poutre est égal à N-2 où N représente le nombre d’appuis
- Prenons pour inconnues hyperstatiques les moments fléchissant agissant au
droit de chaque appui intermédiaire. Pour ce faire, on procède à des coupures
de manière à supprimer la liaison de moment au niveau de chaque appui.
CALCUL DE STRUCTURE 9
- Dans chaque appui nous avons deux rotations (une à gauche et l’autre à
droite).
- Pour une poutre de N-1 travées, on numérote les appuis de 1 à N. La travée
(li) est comprise entre les appuis (i) et (i+1), avec une rigidité EIi.
Figure 3.3 . : Poutre continue sur N appuis
Une poutre continue comportant N-1 travées peut être décomposée en N-1 poutres
isostatiques sur lesquelles s’appliquent les mêmes charges que sur la poutre continue
avec en plus les moments aux appuis. Nous obtenons alors pour la travée i-1 et i:
- désigne le moment sur l’appui
- désigne le moment sur l’appui
- désigne le moment sur l’appui
On a deux types de rotations :
- Rotation due aux charges extérieures
- Rotation due aux moments fléchissant
A- Rotations dues aux moments fléchissant
Les déformations en général et spécifiquement les rotations dues aux moments
fléchissant peuvent être évaluée par l’une des méthodes analytiques connues comme
par exemple : la méthode de CASTIGLIANO ou Maxwell-Mohr et aussi la méthode
graphique de VERETCHAGUINE. La méthode de Mohr nous permet d’obtenir :
CALCUL DE STRUCTURE 10
Cette équation est appelée méthode des trois moments (dite aussi méthode des
rotations) ou aussi méthode de Clapeyron. Elle permet de calculer les moments aux
appuis intermédiaires des poutres continues.
B- Rotations dues aux charges extérieures
Le tableau suivant résume les valeurs des rotations au niveau des appuis pour
différentes charges extérieures :
Tableau 1 : les valeurs des rotations au niveau des appuis pour différentes charges
extérieures.
Schéma statique (géométrie
et chargement)
CALCUL DE STRUCTURE 11
II.3 EXEMPLE D’APPLICATION
On considère une poutre continue (ABC) de deux travées, de rigidité constante.
Celle-ci est encastrée en A, repose sur deux appuis simples en B et C. Elle supporte une
charge répartie de 6kN/m sur la travée AB et une charge concentrée de 40kN au milieu de
la travée BC.
En utilisant la méthode des trois moments, déterminer :
- Les réactions d’appuis en A, B et C.
- Le diagramme des moments fléchissant et de l’effort tranchant.
6kN/m 40 kN
A B C
5m 3m 3m
Degré d’hyperstaticité :
fois hyperstatique
On remplace l’encastrement par une poutre bi articlée de longueur
6kN/m 40 kN
Ao A B C
EI
𝚫l
CALCUL DE STRUCTURE 𝚫 12
Point A :
Donc :
Point B :
Et
Donc :
Calcul des réactions
32.5
2.5 6 kN/m 40 kN
A B B C
5m 3m 3m
Les réactions dues aux charges extérieures :
5.6
2 20
15 20
CALCUL DE STRUCTURE 13
Les réactions dues aux moments appliqués aux niveaux des appuis :
6 5.42
6 5.42
Les réactions totales :
Ou
Diagramme des efforts tranchants
+
+
-
Diagramme des moments fléchissant :
-
+
+
IV. LA METHODE DES DEPLACEMENTS
La méthode des déplacements ou des déformations est une des méthodes
les plus utilisées pour le calcul des systèmes hyperstatiques. Les déformations
(rotations et translations) sont les inconnues.
IV.1 Nombre d’inconnues de la méthode
Le nombre d’inconnues de la méthode des déplacements est égal au nombre de rotations
des nœuds Nr et le nombre de translations Nt du portique N= Nr+Nt.
- Nombre de rotations Nt: le nombre de rotations d’un portique est égal aux
nombres de nœuds intermédiaires rigides (Nr= nœuds intermédiaires rigides).
CALCUL DE STRUCTURE 14
- Nombre de translations Nt: le nombre de translations possibles du portique :
Nt = 2n - (b+l)
Avec :
n : Nombre total de nœuds (nœuds et appuis).
b : Nombre de barres.
l : Nombre de liaisons (réactions) verticales ou horizontales.
On réduit considérablement avec cette méthode le nombre des inconnues surabondantes et
elle permet de déterminer la matrice de rigidité unique du système.
Dans cet exemple (figure 4.2) nous avons 3 inconnues par liaison encastrée ; ce qui fait
en tout 9 inconnues.
F
q
Figure 4.2. : Système hyperstatique
La statique nous donne trois équations (une équation de moment et 2 équations de
projection de toutes les forces appliquées).
Le degré d’hyperstaticité est 9-3=6 6fois hyperstatique).
Puisque ce système est une structure non déplaçable (
alors nous avons seulement une seule inconnue puisque nous avons un
seul nœud intermédiaire (le nœud 4). Donc l’inconnue c’est la rotation au nœud 4.
IV.2 Principe de la méthode des déplacements
La méthode des déplacements est utilisée pour le calcul des structures constituées de
barres droites encastrées dans les nœuds.
Globalement, le principe de la méthode est décrit par les trois étapes suivantes :
CALCUL DE STRUCTURE 15
a. On détermine le système de base en bloquant (encastrements spéciaux) tous
les nœuds intermédiaires de la structure réelle dans le cas d’une structure
non déplaçable.
Si le système est déplaçable, on bloque aussi les nœuds intermédiaires
(encastrements spéciaux) et en bloque aussi les translations à l’aide de butée
(Figure 4.3b.
Chaque élément de la structure travaille seul comme le modèle bi-encastré ou
encastré-articulé.
A) B)
Structure initiale (hyperstatique) Structure de base
Figure 4.3. : Portique hyperstatique
b. Afin d'obtenir un système équivalent à la structure initiale, on applique des
déplacements (inconnus) correspondant aux liaisons ajoutées (Figure 4.3C).
Z3 z4
C) Z6
nœud ( ) nœud ( )
Z1 z2
Z5
nœud ( ) nœud ( )
&
Figure 4.3. : Portique hyperstatique
CALCUL DE STRUCTURE 16
Les inconnues du problème dans le cas considéré (Figure 4.3C) sont :
: Rotation du nœud 1.
: Rotation du nœud 2.
: Rotation du nœud 3.
: Rotation du nœud 4.
: Translation horizontale des nœuds 1 et 2, la variation de longueur de la barre 1-2
étant négligée.
: Translation horizontale des nœuds 3 et 4, la variation de longueur de la barre 3-4
étant négligée.
c. Pour obtenir les déplacements inconnus on écrit qu'il y a équilibre
des réactions (moments ou forces) apparaissant dans chaque liaison ajoutée sous l’effet des
forces extérieures et des déplacements imposés. Soit :
Z1 = 𝛴 des moments réactifs dans l'encastrement (1) = 0.
Z2 = 𝛴 des moments réactifs dans l'encastrement (2) = 0
Z3 = 𝛴 des moments réactifs dans l'encastrement (3) = 0.
des moments réactifs dans l'encastrement (4) = 0.
des réactions horizontales dans la liaison (2) = 0.
des réactions horizontales dans la liaison (4) = 0.
On retient que la méthode des déplacements est caractérisée par :
- Le blocage des rotations des nœuds intermédiaires et des translations du
portique.
- Donc un seul système de base possible, donc une façon unique de mettre le
problème en équations (de ce fait, la méthode est particulièrement indiquée
pour le calcul automatique).
IV.3 Classification des structures et Equation d’équilibre
Parlons dans un premier temps des structures ou portiques, on en distingue deux types ;
dans ce qui suit nous allons vous les présenter brièvement.
A- Portiques ou structures à nœuds fixes (dit structure non déplaçable) :
CALCUL DE STRUCTURE 17
Ce sont des structures dont les nœuds ne peuvent subir que des rotations. Une
structure à nœuds fixes possède autant de nœuds intermédiaires que de rotations
inconnues Z.
le nombre de translation est nul
Figure 4.5. : Système hyperstatique non déplaçable
B- Portiques à nœuds déplaçables (structures déplaçables)
Ce sont des structures dont les nœuds intermédiaires peuvent subir en même
temps des rotations et des translations (Figure 4.6).
deux translations
Figure 4.6. : Système hyperstatique déplaçable
4.6. Principe du nœud fixe
Considérons le schéma de la Figure 4.7 dans lequel deux barres AB et AC relient
un nœud A à deux nœuds B et C qui sont fixes en translation dans le plan XY.
CALCUL DE STRUCTURE 18
A
Y
B C
X
Figure 4.7. : Principe du nœud fixe en translation
En toute généralité, le point A ne sera mobile que si les longueurs AB et AC varient. Une
telle variation de longueur ne peut résulter que de l’un et/ou l’autre des effets suivants :
a. Raccourcissement de la corde due la courbure prise sous l’effet de la distribution
du moment de flexion ;
b. Variation de la longueur de la corde due à la courbure additionnelle prise sous
l’effet de la déformation d’effort tranchant ;
c. Variation de la longueur de la corde induite par la déformation d’effort normal.
Conformément à l’hypothèse simplificatrice de la méthode des Rotations, les
déformabilités à la base des effets (b) et (c) sont négligées ; ceux-ci ne sont donc
pas à considérer; en conséquence, seul l’effet (a) reste à examiner. Dans le domaine
élastique, il est aisé de démontrer, que le raccourcissement de la corde d’une barre,
engendrée par la prise de courbure de flexion, est d’un ordre inférieur à la variation
de longueur produite par l’effort normal.
Le principe du nœud fixe en translation s’énonce comme suit :
Si, dans un plan XY, un nœud A est relié par deux barres AB et AC à deux nœuds
B et C, tous deux fixes en translation dans ce plan, le point A peut à son tour être
considéré comme fixe en translation.
4.7. Principe du nœud mobile Lorsque la structure plane est constituée d’un
réseau de poutres orthogonal à un réseau de poteaux, il est assez logique de localiser
la structure dans un plan XY tel que l’axe des X soit parallèle aux poutres (barres
horizontales) et l’axe des Y parallèle aux poteaux (barres verticales). L’hypothèse
CALCUL DE STRUCTURE 19
simplificatrice à la base de la Méthode des rotations, notamment, la déformabilité
aux efforts normaux est négligeable, revient à supposer l’incompressibilité
(éventuellement l’inextensibilité) des barres.
Les degrés de liberté de la structure à considérer dès lors sont :
- Le degré de liberté en rotation des nœuds.
- Le degré de liberté en translation horizontale de toute la file des éléments
horizontaux.
- Le degré de liberté en translation verticale de toute la file des éléments verticaux
Ainsi, il suffit désormais d’un blocage simple en translation selon l’axe d’une file
des éléments pour que tous les nœuds de cette file ne translatent pas. En
conséquence, la structure cinématiquement déterminée (Figure 4.8a) est obtenue en
disposant d’un blocage simple associé à chacun des degrés de liberté précités. Les
blocages simples ainsi requis, en nombre , constituent les inconnues
cinématiques. Celles-ci sont donc de deux natures :
- Les angles de rotation aux nœuds intermédiaires ;
- Les déplacements horizontaux ou verticaux du système.
Pour l’exemple de la Figure suivante, on a :
- 6 blocages de rotations de nœuds intermédiaires (Figure 4.8b),
- 2 blocages de déplacements horizontaux (Figure 4.8c),
- 1 blocage de déplacements verticaux (Figure 4.8d).
soit au total M = 9.
La structure cinématiquement (Figure 4.8a) déterminée de référence est la
structure d’origine munie de ces 11 blocages simples (Figure 4.8).
CALCUL DE STRUCTURE 20
b
Blocage des noeuds
Y en rotation
Structure à nœuds mobiles et à
mailles rectangulaires
D
Blocage des déplacements
horizontaux Blocage des deplacements verticaux
C
Figure 4.8. : Principe du nœud mobile
Notions d’équations d’équilibre
Chaque équation exprime l’équilibre des réactions apparaissant dans une
liaison ajoutée. Dans chaque liaison (i) introduite, la résultante des réactions,
engendrées par les forces extérieures (𝑟𝑖0 ) et par les déplacements appliqués 𝑟𝑖 𝑗,
doit être nulle.
- : réaction qui apparaît dans la liaison ajoutée i sous l’action de la sollicitation globale F
(c’est-à-dire les charges appliquées).
- réaction dans la liaison i, dont la nature est déterminée par celle de la liaison,
sous l’action du déplacement (coefficient de rigidité).
CALCUL DE STRUCTURE 21
En vertu du principe de superposition des effets nous pouvons écrire :
où :
- est le déplacement inconnu appliqué.
- est la réaction dans la liaison i sous l’action d’un déplacement unitaire, rotation
ou translation selon la nature de la liaison j, appliqué à la liaison j.
Ainsi, pour une structure à n inconnues (n déplacements inconnus des nœuds), le système
d’équations s’écrit :
Ou encore sous forme condensée :
Sous forme matricielle le système d’équations canoniques s’écrit :
[ est appelée matrice de rigidité.
IV.4 LES ETAPES DE LA METHODES DES DEPLACEMENTS
L’application de la méthode des déplacements peut se résumer aux étapes
élémentaires suivantes :
- Déterminer le nombre d’inconnues Nr et Nt
- Ecrire les n équations canoniques.
- Choisir le système de base (système isostatique le plus simple)
CALCUL DE STRUCTURE 22
- Tracer le diagramme des moments fléchissant M0 du système isostatique due aux
charges extérieures
- Tracer les diagrammes ou épures unitaires correspondant au
système isostatique sans charges extérieures et avec =1 et les autres inconnus
nuls.
- On calcul tous les coefficients de réaction ( à l’aide des diagrammes.
- Résolution du système d’équations canoniques pour obtenir les déplacements des
nœuds.
- Correction des épures unitaires .
; …. ;
- On fait la somme des épures unitaires corrigées
- En dernier, on obtient le diagramme des moments fléchissant final du système
hyperstatique réel en faisant la somme des moments suivants
V. APPLICATION EN INGENIERIES
Les structures hyperstatiques sont très utilisées dans l’ingénierie et l’architecture, car elles
représentent des avantages mécaniques importants : meilleures répartitions des efforts,
meilleures rigidité, sécurité accrue en cas de défaillances, optimisation des matériaux et bien
d’autres. Elles trouvent son application dans plusieurs domaines à savoir :
▪ Génie civil : ici nous avons les poutres continues (dalle de béton armé) ; les
portiques rigides (charpentes de bâtiments industriels) ;
▪ Les ponts et infrastructures de transports : ici nous avons les poutres continues sur
plusieurs appuis (viaducs en béton précontraint) ; les arches encastrées (les ponts
voutés) ;
▪ Gratte-ciels et bâtiments en grande hauteur ;
▪ Génie mécanique : ici nous avons les échafaudages, les châssis de véhicules ou
d’avion qui résistent aux contraintes dynamiques.
CALCUL DE STRUCTURE 23
CONCLUSION
En conclusion, il était question pour nous dans ce devoir de présenter les structures
hyperstatiques, leurs différentes méthodes de résolutions à savoir la méthode des forces, la
méthode des trois moments et la méthode des déplacements ; et aussi de présenter leurs
applications concrètes en ingénieries. Il en qu’elles jouent un rôle essentiel dans la conception
moderne des ouvrages en raison de leurs robustesse et de leurs capacités à mieux repartir les
efforts. Il est bon de savoir que la méthode des forces et des moments reste utile dans les cas
simples et à des fins pédagogiques mais cependant, celle des déplacements notamment dans sa
forme matricielle est très incontournables dans la pratique grâce à sa compatibilité avec les
logiciels de calculs. A l’ère du calcul automatisé, ces connaissances gardent toutes leurs
importances car elles permettent de comprendre, vérifier et optimiser les résultats générés par
les logiciels. Comprendre ces méthodes c’est non seulement savoir analyser les structures mais
aussi garder son regard critique sur les résultats de logiciels faisant de nous de bon ingénieur.
CALCUL DE STRUCTURE 24
BIBLIOGRAPHIE
- Decelle A. F., et Legendre D., Mécanique appliquée au génie civil, Editions
Eyrolles, Paris, 1983.
- Dreyfuss E., Leçons sur la Résistance des matériaux, Editions Eyrolles, Paris,
1966.
- Maquoi R., Mécanique des structures –première partie- Notes de cours destinées
aux étudiants de 3ème Bachelier Génie Civil, Université de Liège –Faculté des
sciences appliquées, 2008.
CALCUL DE STRUCTURE 25