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Marc

Le document présente des notes sur les Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (MARC), en mettant l'accent sur l'arbitrage, la conciliation et la médiation, qui sont des mécanismes non judiciaires visant à désengorger les tribunaux et à favoriser des solutions amiables. Il souligne l'importance de la convention d'arbitrage, son autonomie par rapport au contrat principal, ainsi que les conditions de validité nécessaires pour sa mise en œuvre. Enfin, le texte aborde les implications juridiques de ces modes de résolution des litiges dans le cadre du droit OHADA.

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Le document présente des notes sur les Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (MARC), en mettant l'accent sur l'arbitrage, la conciliation et la médiation, qui sont des mécanismes non judiciaires visant à désengorger les tribunaux et à favoriser des solutions amiables. Il souligne l'importance de la convention d'arbitrage, son autonomie par rapport au contrat principal, ainsi que les conditions de validité nécessaires pour sa mise en œuvre. Enfin, le texte aborde les implications juridiques de ces modes de résolution des litiges dans le cadre du droit OHADA.

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P34 COURS : LES MODES

ALTERNATIFS DE REGLEMENT
DES CONFLITS (MARC)

ATTENTION
Je mets à votre disposition mes prises de notes concernant le cours sur
les Modes Alternatifs de Règlement des Conflits. Toutefois, je tiens à
attirer votre attention sur quelques points importants : Ces notes ne
remplacent pas la présence physique au cours ni les supports officiels
du professeur. Malgré toute la rigueur apportée à la rédaction, ce
document peut comporter des erreurs, des fautes de frappe ou des
omissions. Je vous invite vivement à confronter ces notes avec vos
propres prises de notes et avec les textes de loi pour corriger
d'éventuelles coquilles. L'objectif est de s'entraider, mais restez
critiques et attentifs dans vos révisions. Il est important de noter que,
comme toute prise de notes, il peut contenir des erreurs ou des
omissions. La parole vivante est toujours plus rapide que l'écriture, et
malgré nos efforts pour fournir un contenu de qualité, il est possible que
certaines informations soient incomplètes ou inexactes.

BAMBA LA LUMIERE
Introduction

MARC, MARL, MARD, ces trois acronymes traduisent une même réalité : un mouvement de
déjustitialisation du traitement du contentieux notamment du contentieux des affaires. En effet,
même s’ils peuvent être mis en œuvre quelques soit le contentieux en cause c’est dans le cadre
de la gestion du contentieux des affaires que ces modes alternatifs ont prospérer. C’est donc
uniquement sous cet angle que nous les abordons. Les acronymes près citer renvoie à des modes
non judiciaires de traitement des litiges. Il s’agit donc des mécanismes de résolution des conflits
qui se développe parallèlement à la justice étatique. L’objectif étant d’une part pour les pouvoirs
publics qui les promouvent de désencombrer les tribunaux et d’autres part pour les justiciables
qui ont recours d’éviter les tard de la justice étatique. Ils présentent aussi pour certains la
particularité de reposer sur la recherche d’un accord amiable entre les parties pour résoudre leur
litige et maintenir leur relation d’affaire. Ils permettent donc d’aboutir à une solution
volontairement acceptée et résultant des discussions entre les parties. Ces derniers éléments
font dires à certains que l’arbitrage ne relève pas des MARC car l’arbitre est investi du pouvoir
de trancher les litiges, il n’a pas de négociation entre les parties dans l’arbitrage. Mais ce
pouvoir trouvant sa source dans la volonté des parties a pu convenir de son appartenance au
groupe des MARC. La promotion des MARC dans notre environnement s’inscrit dans la
perspective d’élaboration d’un droit harmoniser des affaires, modernes adapté, simple et
attractif garantissant la sécurité juridique et judiciaire. Ces au titre de cet objectif de modernité
et de sécurité judiciaire que le choix de favoriser le développement d’alternative à la justice
étatique a été fait parallèlement à la mise en place d’une haute juridiction supranationale chargé
de garantir l’unité de l’interprétation et de l’application du droit OHADA (CCJA). Le droit
OHADA donne la possibilité aux opérateurs économiques de recourir au MARC il encadre
l’arbitrage, la conciliation et la médiation. Ce sont ces trois modes qui vont retenir notre
attention. Nous les repartirons en deux grandes catégories selon la proximité de leur mode de
fonctionnement avec la justice étatique et la place laissée à la volonté dans la mise en œuvre.
Nous aborderons donc successivement le MARC juridictionnalisé qui est l’arbitrage et les
MARC non juridictionnalisé que sont la conciliation et la médiation.

Première partie : le MARC juridictionnalisé : l’arbitrage

L’arbitrage est le mode alternatif de règlement des conflits le plus important, le plus développé,
le plus utilisé par les opérateurs. Il apparaît comme l’alternatif privilégié à la justice étatique de
fait il est le mode habituel des résolutions de litige dans le commerce international. Il a
l’avantage de présenter des solutions obligatoires pour les parties. Celle-là apparaissent à l’issue
d’un véritable procès dans une décision appelée sentence arbitrale rendue par le tribunal arbitral.
L’arbitrage se rapproche fortement de la justice étatique mais il reste une justice privée. La
doctrine le défini comme « le jugement d’une contestation par des particuliers choisi en principe
par d’autres particuliers au moyen d’une convention » MOTOLOKY. Pour CHARLES
JARROSSO « l’institution par laquelle un tiers règle le différend si oppose deux ou plusieurs
parties en exerçant la mission juridictionnelle qui lui a été confiée par celle-ci ». Pour d’autres
auteurs il s’agit de « mode conventionnel de règlement des litiges par des particuliers Choisi
directement ou indirectement par les parties et investi du pouvoir de juger à la place des
juridictions étatique par une décision ayant des effets analogues à ceux d’un jugement ». Au
Sénégal le droit de l’arbitrage trouve sa source dans divers textes internes et communautaires
au titre des textes internes il faut citer la loi numéro 98-30 du 14 Avril 1998 sur l’arbitrage qui
ajoute un livre à la deuxième partie du COCC. Elle est complétée par le décret numéro 98-492
du 5 juin 1998 relatif à l’arbitrage interne et international et numéro 98-493 du 5 juin 1998
relatif à la création d’institution d’arbitrage. Au titre de l’OHADA autre que le traité constitutif
révisé il faut retenir l’acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage du 21 novembre 2017. Le
règlement intérieur de la CCJA en matière d’arbitrage et le règlement de procédure de 2014. Le
Sénégal est un membre de l’OHADA se pose la question de l’application des deux normes dans
la pratique. Il convient alors de noter en cas de conflit de contrariété les textes de l’OHADA
s’appliquent en vertu du principe de primauté. À ces sources nationales et communautaires il
faut ajouter des sources internationales au premier rang desquels il faut mettre la convention de
NEWYORK du 10 juin 1958, la convention de Washington du 18 mars 1965 dite convention
crédit réglemente des différends entre État et ressortissants d’autres Etats. Il faut
successivement aborder la convention d’arbitrage (titre 1) et la sentence arbitrale avec les voix
de recours contre elle (titre2)

Titre1 : la convention d’arbitrage

L’arbitrage étant un mode volontaire et privé de résolution des litiges. Il est important que le
consentement des parties à l’arbitrage soit exclu il est dans une convention d’arbitrage c’est à
dire une convention dans laquelle les parties décident de faire trancher par un ou plusieurs
arbitres les litiges nés ou à naître entre elles. Cette convention peut prendre la forme d’un
compromis ou d’une clause compromissoire. Soumettant le litige au pouvoir de juger d’un tiers
la convention d’arbitrage est autonome. Après avoir présenté le sens de ce principe d’autonomie
il faut envisager les conditions de validité et les effets de la convention d’arbitrage.
Chapitre 1 : l’autonomie de la convention d’arbitrage

Cette question est relative aux rapports entre la convention d’arbitrage en l’occurrence ici la
clause compromissoire et le contrat qui la contient. Autrement dit, la nullité du contrat a-t-elle
un impact sur la convention d’arbitrage. De même la nullité de la convention d’arbitrage influe
telle sur la validité du contrat. Il est affirmé l’autonomie de la convention d’arbitrage par rapport
au contrat dans lequel elle et stipulé il en découle que la convention d’arbitrage n’est pas
affectée par la nullité du contrat qui la contienne les causes de nullité du contrat n’affecte pas
la validité de la convention d’arbitrage.

Section 1 : l’affirmation du principe

Le principe d’autonomie de la convention d’arbitrage est expressément affirmé dans l’acte


uniforme relatif au droit de l’arbitrage du 23 novembre 2017. Cet acte uniforme dispose en
effet, en son article 4 « aliméa1 la convention d’arbitrage est indépendante du contrat principal
alinéa 2 sa validité n’est pas affectée par la nullité de ce contrat et elle est appréciée d’après la
commune volonté des parties sans référence n’essaie à un droit étatique alinéa 3 les parties ont
toujours la faculté d’un commun accord de recourir à l’arbitrage même lorsqu’une instance a
été engagé devant une juridiction étatique ». Ainsi, il est reconnu que la convention d’arbitrage
bien que lié au contrat qui la contient en est pas moins autonome car il est relatif à la résolution
des litiges pouvant naître de ce contrat. On retrouve ce principe dans divers textes relatif à
l’arbitrage. Il est également affirmé dans la jurisprudence l’arrêt Gosset est à retenir dans cette
perspective. La cour de cassation française y consacrant dès 1963 l’autonomie de la clause
d’arbitrage internationale par rapport au contrat principal si bien que celle-là ne peut être affecté
par l’invalidité de celui-ci. L’arrêt indique ainsi « en matière d’arbitrage international l’accord
compromissoire qu’il soit conclu séparément ou inclus dans l’acte juridique auquel il a trait
présente toujours sauf circonstances exceptionnelles qui ne sont pas alléguées à la cause une
complète autonomie juridique excluant qu’il puisse être affecté par une invalidité de cet acte ».
Cette jurisprudence est constante pour l’arbitrage interne le principe est affirmé dans un arrêt
de la cour d’appel de Paris en date du 8 octobre 1998 il est consacré par la cour de cassation
française dans deux arrêts en date du 4 avril 2002. Dans l’arrêt Barbot la deuxième chambre
civile énonce « la clause compromissoire présentant par rapport à la convention principale dans
laquelle elle s’insère une autonomie juridique qui exclut quelle puisse être affecté par
inefficacité de cet acte l’éventuelle nullité du contrat de sous-traitante est sans incidence sur la
validité de ladite clause ». La chambre commerciale retient elle dans un arrêt Toulousy « en
droit interne de l’arbitrage la clause compromissoire présente par rapport à la convention
principale dans laquelle elle s’insère une autonomie juridique qui exclut sauf stipulation
contraire qu’elle puisse être affecté par une éventuelle inefficacité de cette convention »

Section 2 : les justifications du principe

On peut s’interroge sur la logique de ce principe d’autonomie au regard de la théorie du droit


et notamment du droit des contrats. Au plan théorique, la justification principalement avancée
est que la convention d’arbitrage est une convention distincte du contrat principal avec un objet
particulier d’ordre processuel les deux se distingue nettement. Le contrat principal porte sur les
droits substantiels et la convention d’arbitrage apparaît comme une convention de procédure
visant l’organisation du procès entre les parties. Elle est donc un accessoire, une modalité du
droit d’action qui accompagne les droits substantiels or le droit d’action est autonome du droit
substantiel. La volonté des parties est également présentée comme un des fondements du
principe. Il est avancé que en insérant une convention d’arbitrage dans leur contrat les parties
envisagent de faire trachée les litiges qui y affairant par les arbitres. La nullité du contrat
contenant la convention est un de ses litiges il est dès lors normal qu’elle soit soumise à
l’arbitrage pour être apprécié. C’est parce que les parties ont attendu conférer à la clause son
efficacité même en cas de nullité du contrat qui la contient que la convention d’arbitrage survie
l’annulation du reste du contrat. Sur le plan pratique, l’opportunité du principe d’autonomie est
indispensable à l’efficacité de l’arbitrage. En son absence le mécanisme arbitral serait paralysé.

Section 3 : La portée du principe

On retient que la principale conséquence du principe d’autonomie est de faire échapper à la


convention d’arbitrage les événements pouvant affecter la validité ou la pérennité du contrat
principal. La clause compromissoire produit ses effets bien que le contrat soit nul est était
résilier ou résolu ou encore est pris fin par l’arrivée de son terme. Elle échappe donc aux
vicissitudes du contrat principal. Elle est donc en principe détachable du contrat et indifférente
au sort de celui-ci de fait l’invalidité du contrat est sans incidence sur la compétence de l’arbitre.
En vertu de la règle « compétence - compétence » l’arbitre est compétent pour statuer sur sa
propre compétence même si elle est contestée sur le fondement de la nullité du contrat principal
contenant la clause d’arbitrage.

Chapitre 2 : Les conditions de validité de la convention d’arbitrage


Autonomie du contrat qui la contient, la clause compromissoire droit satisfaire certaines
conditions de validité. Il en va de même du compromis. Ces conditions sont sériées en trois
catégories : celle relative aux parties, celle relative à l’arbitrabilité du litige et celle relative à la
forme de la convention.

Section 1 : Les conditions relatives aux parties

Les conflits de validité classique attendus de tout actes juridiques s’impose. Le consentement à
l’arbitrage doit exister, il doit être libre et éclairé. Il ne présente aucune particularité
contrairement à la question de la capacité et du pouvoir de compromettre.

Paragraphe 1 : la capacité de compromettre

L’exigence d’une capacité de compromettre est normale. La convention d’arbitrage étant un


acte juridique la personne qui la conclu en son nom et pour son compte doit être capable mais
cette exigence de capacité doit également être envisagée lors que la personne agit pour le
compte d’autrui. L’article 2 al 1 de l’acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage indique « toute
personne physique ou morale peut recourir à l’arbitrage sur les droits dont elle a les libres
dispositions ». Au regard de cette disposition la justice arbitrale est ouverte à toute personne.
La personne qui veut passer une convention d’arbitrage doit avoir la capacité générale de
contracter et la libre disposition du droit visé dans la convention. Peut donc compromettre toute
personne qui n’est pas frappé d’une incapacité prévue par la loi. Il en découle que le mineur n’a
pas la capacité de compromettre de même que le majeur placé sous un régime d’incapacité
impliquant un mécanisme de représentation. Dans les deux c’est le droit national des personnes
qui indique la personne pouvant compromettre au nom de l’incapable. Aux termes de l’article
2 al 2 de l’acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage « les États, les autres collectivités
publiques territoriales, les établissements publics et toute autre personne morale de droit public
peuvent également être parties à un arbitrage quelque soient la nature juridique du contrat sans
pouvoir invoquer leurs propres droits pour contester l’arbitrabilité d’un différend leur capacité
à compromettre ou la validité de la convention d’arbitrage ». Cet alinéa pose une règle
matérielle d’arbitrabilité subjective. Il écarte la possibilité pour un État ou ses démembrements
de paralysé une convention d’arbitrage en invoquant son incapacité à compromettre ou le
caractère inarbitrable du litige.

Paragraphe2 : le pouvoir de compromettre


Il est possible pour une personne dans le cadre d’un mandat conventionnel de donner pouvoir
à une autre pour la représenter dans le cadre d’un acte juridique. Ce pouvoir peut avoir
également une source légale. Il en est ainsi, des représentants légaux des personnes morales
pour lesquelles la loi détermine les personnes habilitées à agir en leur nom et pour leur compte
et les limites de ce pouvoir. La question se pose de savoir si ce pouvoir permet aux représentants
de conclure une convention d’arbitrage. S’agissant du mandat conventionnel spécifiques il n’y
pas de difficulté particulière. En effet, le représentant dispose d’un pouvoir spécialement donné
à cet effet par le représenté pour compromettre. Par contre, s’il s’agit d’un mandat général il ne
couvre pas le pouvoir de conclure une convention d’arbitrage. Concernant les représentants
légaux des personnes morales de droit privé il est leur reconnu le pouvoir de compromettre au
nom des dites personnes morales. Concernant les sociétés commerciales, les dirigeants sociaux
ont le pouvoir d’engager la société par une convention d’arbitrage sans avoir à justifier d’un
pouvoir spécial.

Section 2 : l’arbitrabilité du litige

L’arbitrabilité du litige est la deuxième condition de validité de la convention d’arbitrage. C’est


la question de licéité de la convention cela signifie que pour être licite quant à son contenu et
conforme à l’ordre public la convention doit porter sur un litige susceptible d’être réglé par voie
d’arbitrage. L’article 2 lit l’arbitrabilité à la disponibilité des droits « toute personne physique
ou morale peut recourir à l’arbitrage sur les droits dont elle a la libre disposition ». La question
de la disponibilité du droit est donc fondamentale. Un droit est disponible lorsqu’il est sous
l’absolu métrite de son titulaire qui peut tout faire à son propos notamment l’aliéné ou renoncer
mais la disponibilité est susceptible de degré certains droits sont totalement et définitivement
indisponible d’autres sont partiellement indisponible. La disponibilité des droits peut varier
d’un système juridique à un autre.

Section 3 : la forme de la convention

Au terme de l’article 3-1 alinéa 4 « la convention d’arbitrage doit être faite par écrit ou par tout
autre moyen permettant d’en administrer la preuve notamment par la référence faite à un
document la stipulant ». Il ressort de cette disposition que l’exigence d’un écrit n’est pas posée
advaliditatum autrement dit, l’écrit n’est pas une condition de validité de la convention
d’arbitrage. La forme de celle-ci relevant du consensualisme mais l’écrit est privilégié à titre
probatoire ce qui explique que l’on puisse exiger la production de la convention d’arbitrage
intervenu entre les parties dans le règlement d’arbitrage de la CCJA. A défaut d’écrit spécifique-
il possible de recourir à tout autre moyen de preuve

Chapitre 3 : les effets de la convention d’arbitrage

Les effets de la convention d’arbitrage doivent être envisagés dans deux perspectives à l’égard
des parties et à l’égard des tiers.

Section 1 : Les effets à l’égard des parties

La conclusion d’une convention d’arbitrage a principalement pour effet d’imposer aux parties
la soumission de leur litiges éventuelle ou actuelle à l’arbitrage. La convention fait donc naître
à la charge des parties une obligation de soumettre les litiges aux arbitres c’est un engagement
positif pris par les parties à la convention, mais celle-ci fait également naître une obligation
négative, une interdiction de saisir un tribunal étatique.

Paragraphe 1 : L’effet positif de la convention : l’obligation de soumettre le


litige à un arbitre

Au titre de son effet positif, la convention d’arbitrage engage les parties à soumettre les litiges
qu’elle vise à l’arbitrage en lieu et place de la justice étatique et fonde la compétence du tribunal
arbitral pour trancher les dits litiges. Il y a donc un transfert de compétence par la volonté des
parties du tribunal étatique au tribunal arbitral. La convention d’arbitrage rend compétente
l’arbitre pour trancher les litiges qu’elle couvre. L’effet positif de la convention concerne donc
également l’arbitre car il fonde sa compétence pour trancher les litiges visés par la convention.
L’arbitre dispose de par la convention comme un véritable juge d’une compétence qui lui permet
non seulement de trancher le litige mais aussi de prendre des mesures utiles ainsi que des
mesures provisoires et conservatoires qui entre dans l’objet du litige, mais surtout elle fonde la
connaissance de sa compétence pour connaître des contestations relatives à sa propre
compétence, c’est l’effet positif du principe « compétence- compétence ». Lorsque des
contestations sont soulevées relativement à la compétence du tribunal arbitral son existence ou
son étendue, le tribunal peut se prononcer à leur sujet alors même qu’elle semble mettre en
cause son investiture, son pouvoir juridictionnel. Il est aujourd’hui admis que le tribunal arbitral
est le seul compétent pour statuer sur les contestations relatives à son pouvoir juridictionnelle
l’article 11 l’exprime très clairement « le tribunal arbitral est seul compétent pour statuer sur sa
propre compétence y compris sur toutes questions relatives à l’existence ou à la validité de la
convention d’arbitrage ».
Paragraphe 2 : L’effet négatif : l’interdiction de saisir un tribunal étatique.

D’un autre côté, la convention d’arbitrage a pour effet d’empêcher les parties de saisir les
juridictions étatiques pour connaître les litiges visés par la convention. Elle fonde une
incompétence des tribunaux étatiques. Le juge étatique doit se déclarer incompétent pour
connaître des litiges visés par le compromis ou la clause compromissoire. Cet effet négatif de
la convention d’arbitrage, qui oblige le juge étatique à décliner sa compétence et à renvoyer les
parties à l’arbitrage lorsqu’il est saisi au mépris d’une convention d’arbitrage liant les parties,
assure l’efficacité même de la convention et essentiel au fonctionnement de l’arbitrage. Le
principe du transfert de compétence des juridictions étatiques au tribunal arbitral connaît
quelques limites. Les parties peuvent renoncer aux bénéfices de la convention et des
compétences résiduelles peuvent permettre au juge d’intervenir de façon accessoire pour
assurer l’efficacité de l’arbitrage.

Section 2 : Les effets à l’égard des tiers

La convention d’arbitrage est soumise au principe de l’effet relatif des contrats. En vertu de ce
principe la convention n’a d’effet qu’entre les parties les contractants. En principe les effets
internes de la convention d’arbitrage à savoir les droits et obligations qu’elle crée sont limités
aux parties. Ce principe conduit à considérer que la convention d’arbitrage stipulé dans un
contrat ou conclu à la suite de la naissance d’un litige ne saurait lier que les parties à ce contrat.
De même comme tout contrat, la convention d’arbitrage est opposable aux tiers. Cela signifie
que pour le tiers la convention d’arbitrage est un fait social qui s’impose à tous. Mais cette
convention présente certaines particularités lorsqu’on parle de son opposabilité, on envisage la
possibilité pour elle de déployer ses effets à l’égard d’un tiers qui ne l’a pas signé, mais qui
pourrait ainsi soit l’invoquer, soit de la voir imposer. Autrement dit, le tiers pourrait aller ou
être contraint d’aller à l’arbitrage prévu par la convention.

Titre 2 : L’instance arbitrale

L’instance arbitrale renvoie au rapport de droit dont l’objet est de régler un litige. Elle débute
par la mise en place du tribunal arbitral suivi du déroulement de l’instance et du traitement du
litige.

Chapitre 1 : Le tribunal arbitrale


Contrairement au juge étatique, l’arbitre n’est pas investi en permanence du pouvoir de jugé.
Son pouvoir juridictionnel est éphémère ne durant que le temps de l’instance aussi le tribunal
arbitral doit-il être constitué chaque fois que de besoin. Il est composé d’arbitre choisi par les
parties et dont il faut analyser le statut.

Section 1 : Constitution du tribunal d’arbitrage

Il faut envisager d’une part la constitution conventionnelle et d’autre part les règles de
constitution indiquée dans le règlement d’arbitrage de la CCJA.

Paragraphe 1 : La constitution conventionnelle

Il faut ici envisager les différents modes de constitution du tribunal arbitrale par la volonté des
parties. Ce pouvoir des parties de désigner les arbitres trouve son fondement à l’article 6 de
l’acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage qui dispose que « les arbitres sont nommés,
révoqués ou remplacer conformément à la convention des parties ». Mais à défaut d’accords
sur un certain nombre de questions liée à cette désignation ou lorsque l’accord est insuffisant
les règles légales prévu à l’alinéa suivant de l’article 6 s’applique. Elle implique parfois
l’intervention du juge pour assister les parties dans la constitution du tribunal arbitrale. De
même, le juge peut intervenir pour régler les incidents affectant la constitution du tribunal. La
liberté de deux choix reconnus aux parties n’est pas illimitée. La première limite c’est que
l’acte uniforme restreint le choix du nombre d’arbitre à 1 ou 3. Il ressort de l’article 5 alinéa 2
que « le tribunal arbitral est constitué soit d’un seul arbitre, soit de trois arbitres ». En l’absence
d’accords entre les parties le tribunal est composé d’un seul arbitre. La deuxième limite est une
exigence d’égalité entre les parties. L’article 9 dispose que « les parties doivent être traitées sur
un pied d’égalité et chaque partie doit avoir toute possibilité de faire valoir ses droits ». Cette
exigence d’égalité commence avec la constitution du tribunal d’arbitrale. Deux modalités
peuvent permettre aux parties de designer leurs arbitres : les parties peuvent directement
designer l’arbitre ou les arbitres. La deuxième modalité est une désignation indirecte. Les
parties choisissent un tiers qui sera lui-même chargé de la désignation du ou des arbitres. Ce
tiers peut être une personne physique ou une personne morale notamment lorsque les parties
choisissent un arbitrage institutionnel. Dans ce cas c’est le centre d’arbitrage qui en vertu de
son règlement d’arbitrage procède à la désignation des arbitres.

Paragraphe 2 : les règles de constitution contenue dans le règlement


d’arbitrage CCJA
Les parties peuvent choisi un arbitrage institutionnel, les règles du centre fixant les modalités
de désignation des arbitres sont alors applicables. Dans le cas de la CCJA sont règlement fait
une large place à la volonté des parties pour la désignation des arbitres en conformité avec les
règles de base de l’acte uniforme. Ainsi, il ressort des dispositions de l’article 3-1 du règlement
d’arbitrage que la cour n’intervient qu’en cas de difficulté lorsqu’il y a un défaut d’accord entre
les parties pour la nomination d’un arbitre unique. En cas d’option d’un tribunal collégiale pour
la désignation du troisième arbitre qui sera le président sauf si les parties en ont décidé
autrement. Dans tous les cas lorsque l’arbitre unique ou les arbitres sont désignés par les parties
ou les arbitres déjà choisis la cour intervient pour confirmer ses choix. La confirmation permet
notamment de s’assurer que l’arbitre ou les arbitres choisis sont bien indépendants des parties
qui les ont choisis. Aux termes de l’article 3-2 « les arbitres peuvent être choisis sur la liste des
arbitres établies par la cour et mis à jour annuellement ». Lorsque l’arbitre est nommé par la
cour celle-ci tient compte de la nationalité des parties, de leur lieu de résidence de celui de leur
conseil et des arbitres. Le règlement fixe en son article 4 les règles relatives aux incidents de
récusation et de remplacement des arbitres.

Section 2 : Statut des arbitres

Il faut ici envisager d’une part les conditions légales que doivent remplir les arbitres, d’autre
part leurs droits et obligations et en fin leurs responsabilités.

Paragraphe 1 : Les conditions légales

Aux termes de l’article 7 de l’acte uniforme relatif aux droits de l’arbitrage « l’arbitrage doit
avoir le plein exercice de ses droits civils et demeurer indépendant et impartial vis à vis des
parties ». En fait de condition sont ici visé les qualités que la loi exige des arbitres qu’il s’agisse
de qualité attachée à sa personne ou à sa fonction.

A) Qualité attaché à la personne de l’arbitre

L’article 5 alinéa 1 indique que « la mission d’arbitre ne peut être confiée qu’à une personne
physique ». La première qualité exigée est donc celle d’être une personne physique peut
important ses capacités physiques et psychiques, ses qualités humaines, son sexe, sa religion ou
sa nationalité. Cette exigence exclut qu’une personne morale puisse être valablement désigné
comme arbitre. Cette personne physique doit toutefois « avoir le plein exercice de ses droits
civils », l’arbitre doit être donc capable et cette capacité est apprécié d’après la loi personnelle
de l’arbitre. Ne peuvent être désigné arbitre ni un majeur protégé, ni un mineur non émancipé.
La capacité exigée doit être pleine et entière certaines personnes frappées de certaines sanctions
ne peuvent être arbitre. Il en est ainsi des personnes frappées d’une sanction les privant de
certains droits civils ou d’une incapacité spéciale de jouissance.

B) Qualité lié à la fonction de l’arbitre

L’arbitre exerce une mission juridictionnelle, il doit donc présenter certaines des qualités
attendues d’un juge. C’est à cette titre que l’article 7 pose d’exigence d’indépendance et
d’impartialité vis à vis des parties manifestant ainsi le rejet en droit OHADA de l’approche «
arbitre partie ». Cette exigence d’impartialité et d’indépendance est également posé à l’article
4-1 du règlement d’arbitrage de la CCJA. L’indépendance et l’impartialité sont souvent
confondues alors qu’elle se distinguent. L’indépendance suppose l’inexistence de liens entre
l’arbitre et les parties ou tout autre pouvoir de fait alors que l’impartialité renvoie à l’absence
de préjugé de l’arbitre. L’indépendance de l’arbitre suppose l’absence de lien matériel ou
intellectuelle caractérisant une situation de nature à affecter le jugement de l’arbitre et
constituant un risque de prévention à l’égard de l’une des parties. L’arbitre impartial est celui
dépourvu de tout préjugé. L’impartialité peut être appréciée de manière subjective en
considérant les convictions personnelles de l’arbitre, ses traits propres. Elle peut être aussi
appréciée de manière objective au regard de tout fait susceptible de faire douter légitimement
les parties. On retient alors les apparences légitimes peu important que l’arbitre est non été
animée par un véritable préjugé. Ces cette approche que retient la jurisprudence. Cette exigence
l’indépendance et d’impartialité est contrôlé par deux types de mécanisme les uns sont préventif
et les autres curatif. Au titre des mécanismes préventif on note une obligation de révélation et
d’abstention pour prévenir le risque d’indépendance et d’impartialité. L’article 7 alinéa 4
dispose que « tout arbitre pressentie informe les parties de toute circonstance de nature à créer
dans leur esprit un doute légitime sur son indépendance et son impartialité et ne peut accepter
sa mission qu’avec leur accord inanimé et équivoque ». Au titre des mécanismes curatif l’acte
uniforme prévoit la possibilité de récusation de l’arbitre, la possibilité d’annulation de la
sentence arbitrale et l’engagement de la responsabilité de l’arbitre.

Paragraphe 2 : les droits et obligations de l’arbitre

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