Correction du problème.
PARTIE 1
A : Quelques propriétés de Φu
1. T est le noyau de la forme linéaire non nulle "Tr", c’est donc un hyperplan de L(E) .
2. – Φ est linéaire par rapport à la première variable : ∀(λ1 , λ2 ) ∈ K2 , ∀(u1 , u2 , v) ∈
L(E)3 , on a :
Φ(λ1 u1 +λ2 u2 , v) = (λ1 u1 +λ2 u2 )v−v(λ1 u1 +λ2 u2 ) = λ1 (u1 v−vu1 )+λ2 (u2 v−vu2 ) = λ1 Φ(u
* De plus, ∀(u, v) ∈ L(E)2 , Φ(v, u) = −Φ(u, v), donc Φ est antisymétrique.
** Φ est donc aussi linéaire par rapport à la seconde variable ; c’est donc bien une
application bilinéaire antisymétrique.
3.(a) ∀k ∈ N, uk ∈ ker(Φu ) de façon évidente (uk commute avec u), et ker(Φu ) étant un
sous-espace vectoriel de L(E), Vect{Id, u, . . . , un−1 } ⊂ ker(Φu ). Puisque u n’est
pas une homothétie, {Id, u} est libre dans L(E), donc dim(ker(Φu )) ≥ 2.
(b) Si v ∈ ker(Φu ), alors uv = vu. Donc si x ∈ Eu (λ) pour λ ∈ Sp(u), alors
uv(x) = vu(x) = v(λx) = λv(x)
ce qui justifie que v(x) ∈ Eu (λ). D’où le résultat.
4. – Si w ∈ Im(Φ), il existe (u, v) ∈ L(E)2 tels que w = uv − vu. On a alors :
Tr(w) = Tr(uv) − Tr(vu) = 0, donc w ∈ T et Im(Φ) ⊂ T .
* Im(Φu ) ⊂ T pour la même raison.
** On ne peut donc pas avoir [u, v] = Id, puisque Tr(Id) ̸= 0.
*** On ne peut pas avoir Im(Φu ) = T , car sinon, T étant un hyperplan de L(E),
on aurait dim(ker(Φu )) = 1. Or cela est impossible d’après 3.a, lorsque u n’est
pas une homothétie, et, lorsque u est une homothétie, ker(Φu ) = L(E), donc c’est
impossible aussi dans ce cas.
5.(a) – Si u est une homothétie, alors il est clair que pour tout x ∈ E, la famille (x, u(x))
est liée. – Réciproquement, supposons que pour tout x ∈ E, la famille (x, u(x))
est liée. Soit alors (e1 , . . . , en ) une base de E. Pour tout i ∈ [1, n], (ei , u(ei ))
est liée, donc il existe λi ∈ K tel que u(ei ) = λi ei . On a alors, pour i ̸= j :
u(ei + ej ) = u(ei ) + u(ej ) = λi ei + λj ej . u(ei + ej ) étant colinéaire à ei + ej (et
la famille (ei , ej ) étant libre), on en déduit λi = λj . Ainsi, il existe λ ∈ K tel que
u(ei ) = λei pour tout i, et, par suite, u(x) = λx pour tout x ∈ E, et u est une
homothétie.
(b) * Si u est une homothétie, tout endomorphisme v de E commute avec u, donc
appartient à ker(Φu ), d’où ker(Φu ) = L(E).
** Si ker(Φu ) = L(E), alors, pour tout v ∈ L(E), uv = vu. En particulier, si
x ̸= 0, si H est un hyperplan de E supplémentaire de V ect(x), et si v est la
symétrie par rapport à Kx parallèlement à H, on a : uv(x) = u[v(x)] = u(x),
d’où v[u(x)] = u(x), donc u(x) est invariant par v et, par suite, est colinéaire
à x. Ainsi, pour tout x ∈ E, la famille (x, u(x)) est liée (le cas x = 0 étant
évident), donc u est une homothétie d’après la question précédente.
6. Initialisation Pour k = 0, la formule proposée est évidente.
H.R Supposons la démontrée à l’ordre k ≥ 0. Alors
k
X k
(Φu )k+1 (v) = (−1)p Φu (uk−p vup )
p=0
p
k
X k
(−1)p uk+1−p vup − uk−p vup+1
=
p=0
p
k k
X k X k k−p p+1
= (−1)p uk+1−p vup − (−1)p u vu
p=0
p p=0
p
k k+1
X k X k
= (−1)p uk+1−p vup − (−1)p−1 uk−p+1 vup
p=0
p p=1
p − 1
k k+1
X k k X k + 1
= uk+1 v+(−1)k+1 vuk+1 + (−1)p + uk+1−p vup = (−1)p
p=1
p p−1 p=0
p
(d’après la formule du triangle de Pascal), ce qui est le résultat voulu à l’ordre
k + 1.
7. Supposons u nilpotent. E étant de dimension n, on a un = 0 d’où, pour tout v ∈
L(E) :
2n
X 2n 2n−p p
(Φu )2n (v) = (−1)p u vu
p=0
p
n
2n
X
p2n 2n−p p X
p 2n
= (−1) u vu + (−1) u2n−p vup
p=0
p p=n+1
p
n ! 2n !
X 2n n−p p X 2n 2n−p p−n
= un (−1)p u vu + (−1)p u vu un = 0
p=0
p p=n+1
p
Ainsi, (Φu )2n = 0, et Φu est nilpotent.
B : Détermination de l’image de Φ
1. Si u est une homothétie de rapport λ, alors Tr(u) = nλ, donc, si u est une homothétie
de trace nulle, c’est l’endomorphisme nul, ce qui est exclu ici.
2. D’après A.5, puisque u n’est pas une homothétie, il existe e1 tel que la famille
(e1 , u(e1 )) soit libre.
3. En posant alors e2 = u(e1 ), (e1 , e2 ) est libre donc, d’après le théorème de la base
incomplète, il existe (e3 , . . . , en ) tels que (e1 , e2 , . . . , en ) soit une base de E. Dans
cette base, la matrice de u est donc de la forme
1
t 0
0 X
, avec Y = ..
Y A1 .
0
(et X, Y, A1 comme dans l’énoncé).
4.(a) Posons P (X) = det(U − XIn−1 ). P est un polynôme de degré n − 1, donc en
particulier c’est un polynôme non nul. P possède donc un nombre fini de racine
dans K. Soit alors α ∈ K qui n’est pas une racine de P. On a donc P (α) ̸= 0,
c’est-à-dire det(U − αIn−1 ) ̸= 0, ainsi la matrice U − αIn−1 est inversible.
(b) Le calcul du produit par blocs donne :
αt R − t RU
′ ′ ′ ′ 0
U V −V U = .
U S − αS U V − V U
Puisque A1 = U V − V U , on a donc bien l’équivalence :
A = U ′ V ′ − V ′ U ′ ⇐⇒ t X = −t R(U − αIn−1 ) et Y = (U − αIn−1 )S.
5. – On a déjà vu que Im(Φ) ⊂ T .
– Montrons l’inclusion inverse par récurrence sur n.
— Pour n = 2 : Soit E de dimension 2, et f un endomorphisme de E de trace nulle
(f ∈ T ). D’après la question précédente, il existe une base B de E dans laquelle
la matrice A de f est égale à :
0 x
A= .
1 a
0 x
A étant de trace nulle, on a alors a = 0 et A = . On peut alors écrire :
1 0
0 0 0 x 0 x 0 0
A= − .
1 0 0 0 0 0 1 0
Si on note u et v les endomorphismes de E dont les matrices dans B sont U et V ,
on aura bien a = Φ(u, v) donc a ∈ Im(Φ). Ainsi, on a bien : T ⊂ Im(Φ) dans le
cas n = 2.
— Supposons le résultat acquis pour tout espace vectoriel de dimension n − 1. Cela
signifie que, si A1 est une matrice de trace nulle d’ordre n−1, il existe des matrices
carrées d’ordre n − 1, U1 et V1 , telles que A1 = U1 V1 − V1 U1 .
Soit donc E un K-espace vectoriel de dimension n, et f un endomorphisme de E
de trace nulle. D’après ce qui précède, il existe une base B de E dans laquelle f a
une matrice A de la forme : t
0 X
A= ,
Y A1
avec les mêmes notations qu’auparavant. Mais Tr(A) = 0 + Tr(A1 ), donc on
a Tr(A1 ) = 0. A1 étant une matrice carrée d’ordre n − 1, d’après l’hypothèse
de récurrence, il existe des matrices carrées d’ordre n − 1, U1 et V1 , telles que
A1 = U1 V1 − V1 U1 . Soit alors α tel que U1 − αIn−1 soit inversible, et posons
R = t (U1 − αIn−1 )−1 X et S = (U1 − αIn−1 )−1 Y .
Alors, d’après les calculs précédents, en posant
0 0 0 S
U= et V = ,
0 U1 R 0
on aura bien : A = U V − V U .
Si on note u et v les endomorphismes de E dont les matrices dans B sont U et V ,
on aura bien f = Φ(u, v) donc f ∈ Im(Φ).
Ainsi, on a bien établi : T ⊂ Im(Φ) à l’ordre n. CQFD.
C : Détermination de la trace de Φu
1. uij est l’endomorphisme dont la matrice dans la base canonique est Eij , avec (Eij )kl =
δik δjl . Il est bien connu que les matrices (Eij )1≤i,j≤n forment une base de Mn (K) (base
canonique), donc, par isomorphisme, les (uij )1≤i,j≤n forment une base de L(E).
2. – Pour tout m ∈ [1, n], on a : uij ukl (em ) = uij (δlm ek ) = δlm δjk ei = δjk uil (em ). Cela
étant valable pour tout m ∈ [1, n], on a : uij ukl = δjk uil .
P P
– On a A = 1≤k,l≤n akl Ekl d’où u = 1≤k,l≤n akl ukl , d’où :
Φu (uij ) = uuij − uij u
X X
= akl ukl uij − akl uij ukl
1≤k,l≤n 1≤k,l≤n
X X
= akl δli ukj − akl δjk uil
1≤k,l≤n 1≤k,l≤n
X X
= aki ukj − ajl uil .
1≤k≤n 1≤l≤n
3. La coordonnée de Φu (uij ) sur uij est donc égale à aii − ajj .
X n X
X n
Tr(Φu ) = (aii − ajj ) = (aii − ajj )
1≤i,j≤n i=1 j=1
Xn
= (naii − Tr(u)) = n Tr(u) − n Tr(u) = 0.
i=1
soit : Tr(Φu ) = 0.