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Module 5

Ce module aborde les mesures de la température, les instruments utilisés, et les concepts climatiques tels que le refroidissement éolien et l'indice humidex. Il retrace également l'histoire des échelles thermométriques et des outils de mesure, tout en expliquant les causes astronomiques des périodes glaciaires. À la fin du module, les étudiants seront capables de distinguer les instruments de mesure et de comprendre les effets du vent sur la perception de la température.

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Module 5

Ce module aborde les mesures de la température, les instruments utilisés, et les concepts climatiques tels que le refroidissement éolien et l'indice humidex. Il retrace également l'histoire des échelles thermométriques et des outils de mesure, tout en expliquant les causes astronomiques des périodes glaciaires. À la fin du module, les étudiants seront capables de distinguer les instruments de mesure et de comprendre les effets du vent sur la perception de la température.

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Climatologie

GGR-2305-Z1

MODULE 5
Température et changements climatiques

Nathalie Barrette et Laura Daleau

Édition février 2025


© Université Laval
Module 5 : Température GGR-2305-ZI

Table des matières

5.1 La petite histoire des mesures de la température .................................................................. 4


5.2 Quelques instruments de mesure ........................................................................................... 5
5.2.1 Abri météorologique ou abri de Stevenson ..................................................................... 5
5.2.2 Thermomètre minimum ................................................................................................... 6
5.2.3 Thermomètre maximum .................................................................................................. 6
5.3 Refroidissement éolien ............................................................................................................ 7
5.4 Indice humidex....................................................................................................................... 11
5.5 Le redoux automnal ............................................................................................................... 13
5.6 Histoire du climat passé......................................................................................................... 14
5.6.1 En quoi consiste une glaciation? .................................................................................... 14
5.6.2 Les glaciations du Quaternaire ....................................................................................... 15
5.6.4 Des causes astronomiques ............................................................................................. 16

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

Introduction

À travers ce module, les divers outils de mesure de la température seront tout d’abord présentés
par une description de leur fonctionnement et de leur utilité propre. Puis, nous nous attarderons
sur les concepts climatiques de refroidissement éolien et de l’indice humidex ainsi que sur le
phénomène rattaché à l’expression de l’été indien. Finalement, nous décrirons les causes
astronomiques à l’origine de la succession des périodes glaciaires et interglaciaires.

Objectifs du module :

Au terme de ce module, vous serez en mesure de :

Distinguer les différents types d’instruments de mesure utilisés pour évaluer la


température;

Comprendre et calculer le refroidissement éolien et l'humidex;

Expliquer les principes du phénomène de l’été indien;

Décrire les causes astronomiques à l’origine de la succession des périodes glaciaires et


interglaciaires.

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

5.1 La petite histoire des mesures de la température

Peu importe où nous vivons sur la planète, le climat est un facteur que nous ne pouvons contrôler
et que chaque région doit constamment considérer, autant pour ses activités économiques,
comme l’agriculture ou la construction d’infrastructures, que pour ses comportements sociaux,
comme le mode de déplacement de ses habitants ou les loisirs qu’ils pratiquent. La température
est un élément climatique important avec lequel nous devons composer jour après jour.
Toutefois, nos sens ne sont pas suffisamment sensibles et précis pour établir des échelles de
température et les comparer entre elles. En effet, par le seul moyen de la sensation du froid sur
notre peau, il est difficile de déterminer s’il fait –10°C ou –15°C à l’extérieur. À travers les
avancées scientifiques, plusieurs échelles de mesure ainsi que plusieurs outils ont été élaborés
pour permettre de mesurer la température extérieure, le plus utilisé encore aujourd’hui étant le
thermomètre. Le thermomètre classique fonctionne selon le principe de dilatation et de
rétraction du liquide. Lorsque la température se réchauffe, les parcelles qui composent le liquide
se dilatent et prennent plus de volume, tandis que lorsque la température se refroidit, celles-ci
se rétractent. Les liquides pouvant être utilisés dans un thermomètre, peuvent être soit l’alcool
(qui peut indiquer des températures se situant dans une marge de –117,3°C à 78,5°C), du mercure
(qui permet une mesure des températures plus chaudes, c’est-à-dire entre –38,8°C et 356,9°C)
ou plus rarement, du toluène.

1593 : Plusieurs scientifiques ont contribué à la mise en place des bases utilisées encore
aujourd’hui pour mesurer la température. Le premier à s’y appliquer fut le célèbre Galilée qui
inventa le prototype du thermomètre : le thermoscope. Celui-ci ne servait alors qu’à déceler les
variations de température et non à la mesurer de manière absolue.

1641 : Il fallut attendre presque 50 ans avant que le premier thermomètre à alcool ne soit
fabriqué par Ferdinand de Toscane. Or à cette époque, l’échelle universelle de la température,
permettant d’établir des repères quantitatifs, n’avait pas encore été inventée.

1700 : La première échelle thermométrique, conçue par Newton, fut d’abord qualitative. Elle
décrivait les températures selon 20 points de références, partant du froid de l’hiver jusqu’aux
charbons ardents.

1724 : Puis, 24 ans plus tard, Fahrenheit inventa l’échelle thermométrique universelle dans
laquelle on exprimait la valeur de la température de manière quantitative, soit en degré
Fahrenheit (°F). L’échelle en Fahrenheit est encore utilisée aujourd’hui dans certains pays anglo-
saxons.
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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

0°F : mélange d’eau, de glace et de sel marin


32°F : point de congélation de l’eau
96°F : température du corps humain
212°F : point d’ébullition de l’eau

1731 : Ce fut ensuite autour de Réaumur d’inventer sa propre échelle thermométrique; 0°R étant
le point de congélation de l’eau et 80°R étant la température d’ébullition de l’eau.

1742 : L’échelle la plus connue est celle de Celsius qui ajusta la température du point de
congélation de l’eau à 100°C et la température de l’eau bouillante à 0°C. L’année suivante, Pierre
Christin inversa l’échelle pour arriver au point de congélation de l’eau à 0°C et au point
d’ébullition à 100°C que nous connaissons maintenant.

1862 : Kelvin a, pour sa part, instauré une échelle de mesure dite absolue (c.-à-d. que la plus
petite valeur est égale à 0). Le Kelvin correspond à la fraction 1/273,16 de la température
thermodynamique du point triple de l’eau. Le point triple de l’eau est la température et la
pression à laquelle les trois phases (solide, liquide et gazeuse) coexistent en équilibre (0,01°C et
611 Pa). Le zéro absolu (0 K) correspond à –273,15°C, c.-à-d. la température où il n’existe aucune
énergie d’agitation des molécules (et donc aucune émission de rayonnement
électromagnétique). Il faut souligner que la variation de température de 1 K est équivalente à une
variation de 1°C.

5.2 Quelques instruments de mesure

5.2.1 Abri météorologique ou abri de Stevenson


Afin de prendre la mesure de la température extérieure, on utilise un abri Stevenson qui est
comme une mini station météo. On le nomme abri, car il est composé d’un boîtier qui protège le
thermomètre des influences extérieures, notamment la pluie et les rayons directs du soleil, tout
en laissant circuler l’air ambiant. L’abri est toujours de couleur blanche pour limiter au maximum
l’absorption du rayonnement solaire et est placé à deux mètres du sol, au-dessus d’un sol
gazonné. L’endroit où il se trouve doit être parfaitement dégagé pour permettre une circulation
non perturbée de l’air ambiant.

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

5.2.2 Thermomètre minimum


Pour connaître la température minimale atteinte dans une journée, on utilise un thermomètre
minimum (figure 5.1). Ce dernier est muni d’un réservoir rempli d’alcool (ou autre substance)
ainsi que d’une tige dans laquelle se déplace librement un index coloré. On le place de manière
légèrement inclinée du côté du réservoir de telle sorte que lorsque l’alcool monte dans la tige,
l’index ne suit pas à cause de la gravité. Or, lorsque le liquide redescend, l’index est cette fois-ci
entraîné jusqu’au point le plus bas.

Figure 5.1 : Thermomètre minimum


Source : Laboratoire de cartographie, Université Laval

5.2.3 Thermomètre maximum


Pour connaître la température maximale atteinte dans une journée, on utilise un thermomètre
maximum (figure 5.2). Comme le thermomètre médical, il est muni d’un réservoir de mercure
sauf que dans ce cas-ci, une partie très étroite (étranglement) à la base de la tige empêche le
liquide de revenir sur ses pas. Ainsi, le mercure se dilate lorsque la température augmente et
monte le long du thermomètre. Cependant, lorsque la température baisse, le mercure ne peut se
rétracter et demeure piéger à son point le plus haut. De cette manière, il est possible de conserver
la trace du point le plus chaud ayant été atteint pendant la journée. Pour remettre les
thermomètres en fonction après avoir relevé les mesures, il s’agit simplement de les secouer.

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

Figure 5.2 : Thermomètre maximum


Source : Laboratoire de cartographie, Université Laval

Aujourd’hui, on utilise davantage des instruments électroniques ou automatiques pour mesurer


la température comme des thermomètres laser ou à infrarouge. Ils permettent d’avoir accès à
des données beaucoup plus précises et d’effectuer des mesures plus fréquemment.

5.3 Refroidissement éolien

L’hiver, par temps froid, nous observons le thermomètre ou écoutons la météo avant de sortir à
l’extérieur pour pouvoir porter le manteau et les accessoires appropriés à la température à
laquelle nous ferons face. Or, il ne faut pas négliger que lorsque le vent se combine au froid, la
température ressentie est encore plus basse que ce qu’indique le thermomètre. Ce froid
« additionnel » est appelé le refroidissement éolien. Lors de conditions venteuses, la température
de notre peau baisse et nous ressentons davantage de froid qu’en l’absence de vent. En effet, par
temps calme, le corps est isolé par une mince couche d’air près de la peau. Or, en présence de
vents puissants, cette couche d’air protectrice est détruite et le corps doit produire de l’énergie
supplémentaire pour réchauffer une nouvelle couche protectrice. L’indice de refroidissement
éolien traduit cette sensation de froid supplémentaire causée par le vent. Bien qu’il soit calibré
en °C, cet indice n’est pas une vraie température en soi et s'exprime, en contrepartie, sans unité
(tableau 5.1).

Exemple : « La température est de –10°C et le facteur éolien est de –20 ». Cela signifie que vous
ressentez sur votre visage le même froid que si vous étiez dehors à –20°C par temps calme.

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

Comme il s’agit plutôt d’une sensation, les scientifiques n’utilisent pas d’instruments de mesure
pour déterminer l’indice de refroidissement éolien, ils ont plutôt mis au point une expression
mathématique qui détermine la perte de chaleur du visage. Cette dernière se base sur la
température de l’air et la vitesse du vent.

R = 13,12 + (0,6215 × Tair) – 11,37 x (V10m)0,16 + 0,3965 × Tair × (V10m)0,16

où R = indice de refroidissement éolien


Tair = température de l’air (°C)
V10m = Vitesse du vent à 10 mètres d’altitude (km/h)

Les premiers travaux sur le refroidissement éolien ont été accomplis dans les années 1940 par les
chercheurs Siple et Passel. Ils ont élaboré la première équation permettant de quantifier le
refroidissement causé par le vent en se basant sur le temps de congélation de l’eau dans
différentes conditions de vent et de température, en Antarctique. Or, même après quelques
ajustements au cours des décennies suivantes, les progrès scientifiques ultérieurs ont permis une
remise en question de cette méthode de calcul. En effet, la formule Siple–Passel comportait de
sérieuses lacunes et l’expression du refroidissement éolien, alors en W/m2, était mal interprétée
par la population.

Afin d’améliorer la formule existante et de standardiser les indices, le Joint Action Group on
Temperature Indices (JAG/TI) a vu le jour en 2000. Ce groupe était formé du Service
météorologique du Canada (Environnement Canada), de plusieurs organismes du gouvernement
américain, de la communauté universitaire et de la Société internationale de biométéorologie.
Pour se faire, douze volontaires ont participé à des essais cliniques pendant lesquels on leur
demandait de marcher à une vitesse constante sur un tapis roulant (4,8 km/h) alors qu’on les
exposait à des vents de vitesse variable. Ainsi, en fixant des capteurs sur le visage des participants,
on mesurait la température et la perte de chaleur de la peau. Par cette procédure, on s’attendait
à ce que cet indice soit beaucoup plus près de ce que les gens ressentent vraiment quand ils sont
exposés au vent et aux basses températures. Suite à ces expériences, Randall Osczevski de
l’Institut Environnemental pour la Défense (IMED) et Maurice Bluestein, de l’université de Purdue
en Indiana, ont présenté la nouvelle formule du refroidissement éolien qui a été intégrée dans les
stations météorologiques depuis 2001. Dans l’histoire récente du climat, on constate que
plusieurs grandes villes canadiennes ont dû affronter des indices de refroidissement éolien
parfois très importants (tableau 5.2).

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

Tableau 5.1 : Refroidissement éolien Source : Environnement Canada


Tair (°C)
V10m (km/h) 5 0 –5 –10 –15 –20 –25 –30 –35 –40 –45 –50
5 4 –2 –7 –13 –19 –24 –30 –36 –41 –47 –53 –58
10 3 –3 –9 –15 –21 –27 –33 –39 –45 –51 –57 –63
15 2 –4 –11 –17 –23 –29 –35 –41 –48 –54 –60 –66
20 1 –5 –12 –18 –24 –30 –37 –43 –49 –56 –62 –68
25 1 –6 –12 –19 –25 –32 –38 –44 –51 –57 –64 –70
30 0 –6 –13 –20 –26 –33 –39 –46 –52 –59 –65 –72
35 0 –7 –14 –20 –27 –33 –40 –47 –53 –60 –66 –73
40 –1 –7 –14 –21 –27 –34 –41 –48 –54 –61 –68 –74
45 –1 –8 –15 –21 –28 –35 –42 –48 –55 –62 –69 –75
50 –1 –8 –15 –22 –29 –35 –42 –49 –56 –63 –69 –76
55 –2 –8 –15 –22 –29 –36 –43 –50 –57 –63 –70 –77
60 –2 –9 –16 –23 –30 –36 –43 –50 –57 –64 –71 –78
65 –2 –9 –16 –23 –30 –37 –44 –51 –58 –65 –72 –79
70 –2 –9 –16 –23 –30 –37 –44 –51 –58 –65 –72 –80
75 –3 –10 –17 –24 –31 –38 –45 –52 –59 –66 –73 –80
80 –3 –10 –17 –24 –31 –38 –45 –52 –60 –67 –74 –81

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

Tableau 5.2 : Refroidissements éoliens les plus élevés enregistrés (sur une période de 30 ans) pour
quelques villes canadiennes. Source : Environnement Canada
Refroidissement Vitesse du vent Température
Ville Date
éolien (km/h) (°C)
Iqaluit, NU 16 février 1979 –66 61 –40,9
Alert, NU 6 janvier 1958 –65 58 –40,6
Yellowknife 26 janvier 1960 –61 32 –41,7
Regina 17 janvier 1962 –59 39 –38,9
Saskatoon 15 janvier 1954 –59 32 –40
Whitehorse 9 janvier 1963 –58 51 –36,1
Thunder Bay 10 janvier 1982 –58 54 –36,3
Edmonton 15 décembre 1964 –57 55 –35,6
Winnipeg 1 février 1996 –57 19 –41,4
Calgary 15 décembre 1964 –55 55 –33,9
Goose Bay, Lab. 21 janvier 1975 –54 55 –33,3
Québec 12 février 1967 –52 43 –33,3
Charlottetown 18 janvier 1982 –50 37 –32,4
Montréal 23 janvier 1976 –49 45 –30,6
Ottawa 23 janvier 1976 –48 35 –30,8
Toronto 4 janvier 1981 –44 30 –29,1
Fredericton 17 janvier 1982 –43 37 –27,3
Gander, T.-N.-et-L. 8 février 1959 –43 72 –23,9
Halifax 13 février 1967 –41 48 –24,4
Victoria 16 décembre 1964 –25 39 –13,3

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

5.4 Indice humidex

Le concept de l’indice humidex a été implanté pour la première fois par les météorologues
canadiens en 1965. L’été au Canada est souvent caractérisé par une température chaude
accompagnée d’une forte humidité. Ceci a pour effet de créer un inconfort et la sensation sur soi
d’une température plus élevée que ce qu’indiquent les thermomètres. L’indice humidex est donc
utilisé pour décrire à quel point l’air semble chaud ou humide. Dans des conditions chaudes et
sèches, notre corps transpire et produit un excédent d’eau pouvant être absorbé par l’air
ambiant. Or, lorsque le temps est chaud et humide, notre transpiration s’évapore plus
difficilement dans l’air qui est déjà chargé d’eau. Le transfert d’humidité étant ralenti, nous avons
l’impression d’être dans un environnement plus chaud et de sentir notre peau plus collante.
L’indice humidex est pris en considération lorsque la température de l’air est de 20°C ou plus et
seulement lorsque la valeur de l’indice dépasse 25 (tableaux 5.3 et 5.4). En deçà de cette valeur,
l’indice humidex est trop près de la température pour qu’il y ait une différence appréciable.
Encore une fois, on procède par un calcul mathématique :

Humidex = Tair + 0,555 5 × (e – 10)

où e = 6,11 × exp[5 417,753 × ((1 / 273,16) – (1 / (273,16 + Trosée)))]


Trosée = température du point de rosée (°C)

Exemple : «La température extérieure est de 30°C et l’indice humidex est de 40» : Cela signifie que
la sensation de chaleur dans l’air humide à 30°C serait plus ou moins la même que dans de l’air
sec à 40°C.

Tableau 5.3 : Le degré d’inconfort selon l’indice humidex. Source : Environnement Canada
Humidex Degré de confort
20 – 29 Aucun inconfort
30 – 39 Un certain inconfort
40 – 45 Beaucoup d’inconfort : évitez les efforts
Au-dessus de 45 Danger : probabilité d’un coup de chaleur

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

Tableau 5.4 : Valeur de l’indice humidex pour différentes valeurs de température et d’humidité relative.
Source : Environnement Canada

HR (%)
T (C°) 100 95 90 85 80 75 70 65 60 55 50 45 40 35 30 25 20
21 29 29 28 27 27 26 26 24 24 23 23 22
22 31 29 29 28 28 27 26 26 24 24 23 23
23 33 32 32 31 30 29 28 27 27 26 25 24 23
24 35 34 33 33 32 31 30 29 28 28 27 26 26 25
25 37 36 35 34 33 33 32 31 30 29 28 27 27 26
26 39 38 37 36 35 34 33 32 31 31 29 28 28 27
27 41 40 39 38 37 36 35 34 33 32 31 30 29 28 28
28 43 42 41 41 39 38 37 36 35 34 33 32 31 29 28
29 46 45 44 43 42 41 39 38 37 36 34 33 32 31 30
30 48 47 46 44 43 42 41 40 38 37 36 35 34 33 31 31
31 50 49 48 46 45 44 43 41 40 39 38 36 35 34 33 31
32 52 51 50 49 47 46 45 43 42 41 39 38 37 36 34 33
33 55 54 52 51 50 48 47 46 44 43 42 40 38 37 36 34
34 58 57 55 53 52 51 49 48 47 45 43 42 41 39 37 36
35 58 57 56 54 52 51 49 48 47 45 43 42 41 38 37
36 58 57 56 54 53 51 50 48 47 45 43 42 40 38
37 58 57 55 53 51 50 49 47 45 43 42 40
38 57 56 54 52 51 49 47 46 43 42 40
39 56 54 53 51 49 47 45 43 41
40 57 54 52 51 49 47 44 43
41 56 54 52 50 48 46 44
42 56 54 52 50 48 46
43 56 54 51 49 47

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

5.5 Redoux automnal

Le redoux automnal, aussi appelé l’ « été indien » en Amérique et l’ « été de la Saint-Martin » en


Europe, est une expression utilisée pour désigner une période de chaleur qui se produit après les
premières gelées de l’automne. Ce phénomène a lieu uniquement dans l’hémisphère nord et peut
se produire ou non d’une année à l’autre. L’origine de cette appellation est incertaine, c’est
pourquoi on retrouve plusieurs hypothèses dans la littérature. La plus connue veut qu’on appelle
ce phénomène l’été « des Indiens », car pendant cette période plus chaude et sans pluie, les
Amérindiens en profitaient pour préparer leurs habitations et terminer leurs récoltes avant la
saison froide.

Certains critères plus « scientifiques » ont été établis pour reconnaître l’été indien : le temps doit
être généralement ensoleillé, les températures diurnes doivent être plus élevées que la normale
(4 à 6°C) et ces conditions doivent perdurer pendant au moins trois jours consécutifs.

Au Québec, le phénomène de l’été indien s’explique par la présence d’un anticyclone qui s’installe
sur l’est des États-Unis et qui génère une circulation du flux d’air allant du sud vers le nord
pendant quelques jours. Ainsi, le Québec reçoit la chaleur et l’humidité des États américains du
sud. Ces cellules de haute pression sont stagnantes, ou du moins se déplacent très lentement, car
elles s’accompagnent d’inversions de température maintenues par l’air subsident (mouvement
descendant). Généralement, les journées de l’été indien sont chaudes et brumeuses. Cette
humidité s’explique par le fait que l’air chaud provient du golfe du Mexique où il s’est chargé en
humidité.

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

5.6 Histoire du climat passé

Si l’on remonte dans l’histoire de notre planète, le climat terrestre n’a pas toujours été constant
à travers les millénaires. Des oscillations entre de grands épisodes de refroidissement et de
réchauffement ont été enregistrées, notamment lors du Quaternaire, qu’on définit comme la
période des grandes glaciations. Cette période se divise par l’époque du Pléistocène, pendant
laquelle se sont enchaînées quatre grandes glaciations, et de l’Holocène, qui correspond à
l’interglaciaire qui a débuté il y a environ 10 000 ans et dans lequel nous sommes actuellement.

Anthropocène : terme utilisé par certains scientifiques pour désigner une nouvelle ère
géologique succédant à l’Holocène, qui aurait débuté vers 1800. Cette appellation indique une
période où l’humain est devenu un acteur déterminant dans l’évolution du système climatique
terrestre. Ce terme a été évoqué pour la première fois en 1992 dans la publication du livre Global
Warming: a legacy issue de Revkin.

5.6.1 En quoi consiste une glaciation?


Avant de poursuivre, définissons tout d’abord ce qu’est une glaciation et quels sont les éléments
qui la caractérisent. Une glaciation, ou période glaciaire est une phase climatique extrêmement
froide qui génère la formation d’un immense couvert de glace s’étalant sur les continents. On
parle d’inlandsis pour désigner les énormes glaciers qui se forment sur chacun des continents.
Ces derniers sont créés par le même processus que les glaciers de montagne, c’est-à-dire par une
accumulation de neige résultant d’une fonte insuffisante, voire inexistante, dans un contexte
climatique très froid. La couche de neige se transforme progressivement en glace sous le poids
de l’entassement, d’une épaisseur pouvant atteindre 3 km. Près des pôles, il existe actuellement
deux inlandsis, l’un recouvrant l’Antarctique et l’autre, le Groenland.

14
Module 5 : Température GGR-2305-ZI

5.6.2 Les glaciations du Quaternaire


Durant le Quaternaire, quatre périodes glaciaires, entrecoupées de périodes interglaciaires, ont
été mises à jour grâce à des études géologiques. L’extension maximale des inlandsis sur les
continents a atteint des limites similaires, mais variables à chacune des glaciations (figure 5.3).

Figure 5.3 : Extension maximale de la dernière glaciation.


Source : Laboratoire de cartographie, Université Laval

Dans la littérature, on identifie les périodes glaciaires sous différents noms selon qu’elles ont été
nommées par les chercheurs suisses (nomenclature alpine), les nord-américains, ceux du nord de
l’Europe ou de la Grande-Bretagne (tableau 5.5). Même si les noms diffèrent, ils désignent les
mêmes périodes glaciaires.

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

Tableau 5.5 : Périodes glaciaires et interglaciaires selon les différentes nomenclatures.


Nom Période
Alpine Nord- Nord- Grande- Période glaciaire
Époque
américaine européenne Bretagne interglaciaire en milliers
d'années
Flandrien interglaciaire auj. – 12 Holocène
Weichselien Pléistocène
Würm Wisconsinien Devensien période glaciaire 12 – 110
ou Vistulien
Riss-
Sangamonien Eemien Ipswichien interglaciaire 110 – 130
Würm
Wolstonien
Riss Illinoien Saalien période glaciaire 130 – 200
ou Gipping
Mindel-
Yarmouthien Holsteinien Hoxnien interglaciaire 200 – 300/380
Riss
Mindel Kansien Elsterien Anglien période glaciaire 300/380 – 455
Günz-
Aftonien Cromerien interglaciaire 455 – 620
Mindel
Günz Nebraskien Menapien Beestonien période glaciaire 620 – 680

5.6.4 Des causes astronomiques


Mais quels sont les facteurs qui causent les glaciations? On sait que les cycles de Milankovitch ont
joué un rôle déterminant dans la succession de périodes glaciaires et interglaciaires au cours de
l’histoire connue de la Terre. Ces cycles, d’origine astronomique, sont au nombre de trois :

- la variation de l’excentricité

- la variation de l’obliquité

- la précession des équinoxes

L’excentricité caractérise le trajet plus ou moins circulaire de la révolution de la Terre autour du


Soleil. Sur une période d’environ 92 000 ans, la forme de l’orbite terrestre passe graduellement
d’un cercle à une ellipse légèrement aplatie. Plus l’excentricité est élevée, plus l’ellipse est aplatie
(figure 5.5). Le point de l’ellipse le plus éloigné du Soleil se nomme l’aphélie et le point le plus
près se nomme le périhélie. Le déplacement de ces points détermine la variation de la quantité
d’énergie reçue à la surface de la Terre.

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

Figure 5.5 : Excentricité de l’ellipse terrestre


Source : Laboratoire de cartographie, Université Laval

L’obliquité se définit par l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre qui s’aligne du pôle Nord au
pôle Sud. L’angle d’inclinaison varie entre 22,5° et 24,5°, suivant une périodicité d’environ 40 000
ans (figure 5.6). À l'heure actuelle, il est de 23,5°. Le déplacement de l’axe a une incidence sur
l’angle auquel les deux hémisphères reçoivent les rayons solaires et donc, de la quantité de
chaleur reçue selon la période de l’année. Si l’obliquité était nulle (0°), il n’y aurait pas de saisons
distinctes. Présentement, il faut noter que l’obliquité de l’écliptique est dans une phase de
diminution, pour atteindre éventuellement sa valeur minimale dans 10 000 ans. Ceci
correspondra à une période de forts contrastes climatiques entre la zone équatoriale et les zones
polaires, ce qui pourrait conduire, en tenant compte uniquement de ce paramètre (donc en
négligeant les effets des activités anthropiques sur le climat) à une glaciation dans 20 000 ans.

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

Figure 5.6 : Obliquité de l’axe de rotation de la Terre


Source : Laboratoire de cartographie, Université Laval

Finalement, la précession des équinoxes est un phénomène qui implique encore une fois l’axe de
rotation de la Terre, mais qui, cette fois-ci, varie de manière rotationnelle (figure 5.7). À la
manière d’une toupie en mouvement, les extrémités de l’axe s’éloignent ou se rapprochent du
Soleil tour à tour. La précession des équinoxes détermine lequel des solstices d’été ou d’hiver
correspond au point d’aphélie de l’ellipse terrestre autour du soleil. Actuellement, le solstice d’été
dans l’hémisphère nord a lieu à proximité de l’aphélie ce qui permet de tempérer les étés et de
créer des hivers moins rigoureux. Ce cycle a une durée approximative de 26 000 ans et a un impact
majeur sur l’intensité des saisons.

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Module 5 : Température GGR-2305-ZI

Figure 5.7 : La précession des équinoxes


Source : Laboratoire de cartographie, Université Laval

Ces différentes oscillations de l’orbite terrestre et de l’axe de rotation causent des changements
dans la distribution saisonnière du rayonnement solaire qui stimule les variations climatiques. Il
est clair que ces cycles astronomiques ont une incidence de premier ordre sur le climat terrestre,
mais, on sait maintenant que, les cycles glaciaires et interglaciaires sont amplifiés par les
mécanismes intrinsèques au système climatique. En effet, dans le cas d’un éloignement de la
Terre par rapport au soleil, le volume des glaces augmente, ce qui accroît l’albédo, diminue la
végétation terrestre, augmente l’activité phytoplanctonique (pompe biologique océanique) et
diminue la concentration de gaz carbonique; ces effets en chaîne intensifient le processus de
glaciation. Au maximum d’une période glaciaire, la concentration de CO2 dans l’air est très basse,
de l’ordre de 200 ppm.

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