0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues27 pages

Media

Ce chapitre traite des différents médias de transmission, notamment le câble électrique, la fibre optique et la transmission radio, en se basant sur des travaux de Tanenbaum et Pujolle. Il aborde les principes de la transmission de données numériques, la largeur de bande, et les limites de débit binaire selon les théorèmes de Nyquist et Shannon. Enfin, il décrit les techniques de transmission en bande de base et les différents codes utilisés pour améliorer la transmission des signaux.

Transféré par

kaheha2221
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues27 pages

Media

Ce chapitre traite des différents médias de transmission, notamment le câble électrique, la fibre optique et la transmission radio, en se basant sur des travaux de Tanenbaum et Pujolle. Il aborde les principes de la transmission de données numériques, la largeur de bande, et les limites de débit binaire selon les théorèmes de Nyquist et Shannon. Enfin, il décrit les techniques de transmission en bande de base et les différents codes utilisés pour améliorer la transmission des signaux.

Transféré par

kaheha2221
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Téléinformatique

Jürgen Ehrensberger

Médias de
transmission

Juergen Ehrensberger [Link] Dernière modification 24/09/2013


Chapitre 3: Médias de transmission 2/27
1 But du chapitre
Ce chapitre présente les différents médias de transmission : câble électrique, fibre
optique et la transmission radio.
Il est essentiellement basé sur des textes repris des livres de A. Tanenbaum et de G.
Pujolle (voir bibliographie).

2 Introduction
Avant d’étudier les caractéristiques des différents médias de transmission, nous allons
réviser brièvement les bases théoriques de la transmission de données.

2.1 Transmission de données numériques


Les informations sont transmises sur les supports de transmission en faisant varier
certains paramètres physiques des signaux qui les représentent. Par exemple, une
tension ou un courant dans le cas de signaux électriques.
L’analyse de Fourier nous donne un outil qui permet d’analyser le spectre du signal.
Regardons un exemple. La Figure 1 montre la transmission du caractère b, codé en
ASCII sur un octet et représenté par la séquence binaire 0110 0010. La partie gauche
de la Figure 1(a) représente le signal de tension électrique en sortie du circuit
transmetteur de l’ordinateur. La partie droite montre la valeur moyenne des
amplitudes des premiers termes de la série de Fourier du signal électrique. On voit que
dans le domaine fréquentiel, le signal a une fréquence fondamentale plus des
composants à des multiples de cette fréquence. Ces multiples de la fréquence
fondamentale sont appelés les harmoniques.

Chapitre 3: Médias de transmission 3/27


Figure 1: Signal numérique et ses composants harmoniques
Il faut savoir qu’aucun système de transmission n’est en mesure de transmettre des
signaux sans leur faire subir d’affaiblissement. Si toutes les composants harmoniques
d’un signal subissaient le même affaiblissement, le signal résultant serait réduit en
puissance sans pour autant être déformé (c’est-à-dire qu’il conservait la même forme
rectangulaire qu’au moment de sont émission comme sur la Figure 1(a).
Malheureusement, dans la réalité, les moyens de transmission apportent aux
différentes harmoniques des affaiblissements différents. C'est ce qui est à l'origine des

Chapitre 3: Médias de transmission 4/27


distorsions. En pratique, les signaux sont transmis avec des affaiblissements
d'amplitude négligeables jusqu'à une fréquence fc, dite fréquence de coupure,
exprimée en Hertz (Hz). Toutes les fréquences supérieures à cette fréquence de
coupure sont fortement atténuées. Dans la plupart des cas, le processus d'atténuation
est dû au média de transmission. Dans certains cas un filtre est inséré volontairement
dans le système de transmission pour restreindre la bande passante (bandwidth) -
l'espace de fréquence des signaux transmis avec un affaiblissement à peu près
constant - attribuée à la transmission d'un signal. Cela réduit fortement le nombre
d'harmoniques du signal qui seront effectivement transmises.
Voyons à quoi ressemble le signal de la Figure 1(a) lorsqu'il est transmis sur un
système de transmission présentant une bande passante tellement étroite que seule une
partie de ses harmoniques sont effectivement transmises. La Figure 1(b) montre la
forme du signal après sa transmission sur un canal de transmission où seule la
première harmonique (la fréquence fondamentale f) est transmise. De la même
manière, les Figure 1(c) à (e) montrent l'évolution de la forme du signal lorsque la
bande passante du canal augmente - i.e., le nombre d'harmoniques effectivement
transmises augmente.

2.2 Largeur de bande


L’affaiblissement est la principale limitation de la fréquence de transmission sur un
canal réel. La plage de fréquences ‘utilisables’ pour la transmission est appelée la
largeur de bande d’un canal. Elle donne le domaine de fréquences dans lequel les
distorsions telle que l’affaiblissement ou la diaphonie sont encore tolérables.
La Figure 2 montre ce concept.

Figure 2: Exemple de la largeur de bande (source : Fontolliet 1996)


Dans cet exemple, on a fixé l’affaiblissement tolérable à 3dB par rapport à une
fréquence de référence, ce qui permet de détermine la bande de fréquence utilisable et
la largeur de bande.
La vitesse de transmission de données sur le canal dépend à la fois de la méthode de
codage utilisée et de la rapidité de transmission des signaux - le nombre de fois par

Chapitre 3: Médias de transmission 5/27


seconde où le signal change de valeur (par exemple de tension électrique). Chaque
valeur distincte du signal représente un symbole élémentaire, ou moment. Le nombre
de moments transmis par seconde est exprimé en bauds.
Une vitesse de transmission de b bauds ne correspond pas nécessairement à un débit
binaire de b bits par seconde (bit/s) sur le canal car chaque moment peut regrouper
plusieurs bits. Si l'on dispose de tensions électriques 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7 volts,
chaque moment (exprimé par une tension) transporte trois bits ; ainsi le débit binaire
serait trois fois plus élevé que le débit de moments. Dans l'exemple de la Figure 1,
nous n'avons utilisé que deux niveaux significatifs (0 et 1) pour représenter le signal,
ainsi le débit binaire est égal débit de moments.
Pour un débit binaire donné de b bit/s, le temps nécessaire pour transmettre, par
exemple, les 8 bits d'un caractère (transmission avec 256 moments) est égal à 8/b
secondes. Le débit de moments est alors égal à b/8 baud et la fréquence de la première
harmonique est b/8 Hz (en vertu de la relation: T = 1/f).
Il est clair que la largeur de bande d’un canal détermine le nombre d’harmoniques qui
peuvent être transmises (avec une distorsion tolérable). Prenons l’exemple d’une
liaison téléphonique normale avec 8 bits par moment et une largeur de bande
volontairement fixée de 3000 Hz (en pratique entre 300 et 3400 Hz). La limitation de
la largeur de bande fait que le nombre d’harmoniques effectivement transmises est
égale à 3000/(b/8) ou 24000/b.
La Table 1 fournit les valeurs des divers paramètres pour les débits binaires courants.
Si nous considérons par exemple un débit binaire de 600 b/s. Avec une transmission
de 8 bits par moment, le débit de moments et de 75 baud et la fréquence de la
fréquence fondamentale est de 75 Hz. Sur une largeur de bande de 3000 Hz, les 40
premières harmoniques du signal (3000 Hz/75Hz = 40) peuvent être transmises, ce
qui donnerait une très bonne approximation du signal rectangulaire original.
De l'ensemble des valeurs de ce tableau, il apparaît clairement qu'essayer de
transmettre à 9600 bit/s sur une ligne téléphonique normale le signal de la Figure 1(a)
conduirait à quelque chose de similaire au signal de la Figure 1(c), ce qui rendrait
difficile la compréhension des signaux binaires originaux. Il apparaît que, sur cette
même ligne, avec un débit supérieur à 38 400 bit/s il n'y aurait aucune chance de
reconstituer le signal transmis même si la transmission était à l'abri de tout bruit
perturbateur. En d'autres termes, le fait de limiter la largeur de la bande passante
limite le débit binaire maximum sur un canal de transmission. Toutefois, des
méthodes de codage complexes basées sur plusieurs niveaux de tensions électriques
existent et permettent d'obtenir des débits binaires plus élevés que ceux apparaissant à
la Table 1.
Table 1: Exemple de la relation entre le débit binaire et les harmoniques
transmises sur un liaison téléphonique normale
Première Nombre d'harmoniques
Débit (bit/s) Période (T, ms)
harmonique (f, Hz) transmises
300 26,67 37,5 80
600 13,33 75 40
1200 6,67 150 20
2400 3,33 300 10

Chapitre 3: Médias de transmission 6/27


4800 1,67 600 5
9600 0,83 1200 2
19200 0,42 2400 1
38400 0,21 4800 0

2.3 Débit maximal d’un canal


Dès 1924, H. Nyqvist a pris conscience de l'existence d'une limite fondamentale du
débit binaire maximum praticable sur un canal de transmission. Cela, dans une bande
passante finie et sur un canal exempt de signaux parasites ou de bruits perturbateurs.
En 1948, Claude Shannon a repris les travaux de Nyqvist et a appliqué les résultats
obtenus à un canal de transmission sujet à des bruits aléatoires perturbateurs, appelés
également bruits thermiques ou bruits blancs. Nous résumons ci-après les principaux
résultats obtenus.
Nyqvist a démontré que, si un signal quelconque était appliqué à l'entrée d'un filtre
passe-bas ayant une largeur de bande H, le signal ainsi filtré pouvait être entièrement
reconstitué à partir d'un échantillonnage de ce signal effectué selon une cadence
précise et égale à 2 H par seconde. Une vitesse d'échantillonnage supérieure à 2 H par
seconde ne présente aucun intérêt car les harmoniques qu'elle permettrait d'isoler pour
reconstituer le signal ont été éliminées lors du passage du signal dans le filtre. Par
ailleurs, si ce signal comporte un nombre V de moments, le théorème de Nyquist
conduit à la formule suivante, exprimant le débit binaire D maximum en bit/s :

Dmax = 2 ⋅ H ⋅ log 2 V

Par exemple, un canal exempt de bruit dont la largeur de bande égale 3 000 Hz ne
peut transmettre un signal binaire (i.e., deux niveaux significatifs) à un débit excédant
Dmax = 6’000 bit/s.
Pour le moment, nous n'avons considéré que des canaux exempts de signaux parasites.
Lorsque des bruits aléatoires apparaissent, la situation se détériore rapidement.
La quantité de bruit présente sur un canal de transmission est exprimée par le rapport
de la puissance du signal transmis à la puissance du bruit et prend le nom de rapport
signal sur bruit. Si nous appelons S l'énergie significative du signal et N l'énergie des
bruits et parasites, le rapport s'écrit S/N. On a coutume de l'exprimer sous la forme
10⋅log10 S/N en décibel (dB). Ainsi un rapport S/N de 10 est égal à 10 dB, un rapport
de 100 est égal à 20 dB, un rapport de 1000 est égal à 30 dB, etc.
Un résultat significatif, obtenu par Claude Shannon, montre, pour un canal de
transmission de bande passante H soumis à du bruit dont le rapport signal sur bruit est
S/N, que la capacité de transmission maximale C, en bit/s, est donnée par
l'équation :

⎛ S⎞
C = H ⋅ log 2 ⎜1 + ⎟ .
⎝ N⎠

La capacité du canal est donc une limite théorique au débit binaire d’un canal.
Par exemple, pour un canal de largeur de bande de 3 000 Hz et un rapport S/N de 1000
(30 dB), valeur typique pour le réseau téléphonique analogique, on obtient C = 30000
bit/s. Cela signifie que l'on ne peut pas transmettre à plus de 30000 bit/s sur ce canal

Chapitre 3: Médias de transmission 7/27


quels que soient le nombre de valeurs représentatives du signal et la fréquence
d'échantillonnage utilisée. Les résultats obtenus par Shannon sont dérivés d'éléments
de la théorie de l'information appliqués à un canal de transmission soumis à un bruit
gaussien. Les contre-exemples devraient être traités dans la même catégorie que les
machines à mouvement perpétuel. Il faut toutefois noter que la limite de Shannon est
purement théorique. Dans la pratique, il est très difficile de s'approcher de cette limite.

3 Transmission en bande de base


Examinons maintenant les techniques de transmission utilisées, c’est-à-dire comment
un émetteur peut envoyer un signal que le récepteur reconnaîtra comme étant un 1 ou
un 0. La méthode la plus simple consiste à émettre, sur la ligne, des courants qui
reflètent les bits du caractère à transmettre sous forme de créneaux, comme ceux
illustrés à la Figure 3. Ce sont les transmissions en bande de base, donc sans
transposition de fréquence et sans modulation.
La codage le plus simple est le code tout ou rien, qui utilise un courant nul pour
indiquer un 0 et à un courant positif pour indiquer un 1. Ce code est simple mais
présente des problèmes de réalisation du fait qu'il est souvent difficile de faire passer
du courant continu entre deux stations, comme lors de longues séquences de 1.
Le même défaut se retrouve dans le code NRZ (Non Retum to Zero). Pour éviter la
difficulté à obtenir un courant nul, on code le 1 par un courant positif et le 0 par un
courant négatif.
Le code bipolaire est un code tout-ou-rien, dans lequel le bit 1 est indiqué par un
courant positif ou négatif à tour de rôle, de façon à éviter les courants continus. Ce
code laisse le bit 0 défini par un courant nul.
Le code bipolaire à haute densité permet de ne pas laisser le courant nul pendant les
suites de 0. Des suites spéciales de remplissage (courant négatif, nul ou positif) sont
alors insérées à la place de ces zéros. Un nouveau 1 est indiqué par un courant positif
ou négatif, en violation avec la suite de remplissage.

Figure 3: Codes en bande de base

Chapitre 3: Médias de transmission 8/27


De nombreux autres codages en bande de base ont été développés au gré de la
demande pour améliorer telle ou telle caractéristique du signal. Nous en donnons
quelques exemples à la Figure 4. Absence d’un courant continu n’est qu’un parmi
plusieurs critère qui détermine le choix d’un code :
• Absence d’une composante continue lors de la transmission d’un séquence
binaire quelconque.
• Concentration de la majeure partie de la puissance dans une bande de
fréquence limitée, compte tenu du fait que l’affaiblissement des lignes
augmente avec la fréquence.
• Bonne teneur en horloge pour faciliter la synchronisation du récepteur. Il est
difficile pour le récepteur de garder la synchronisation si le signal est constant
pendant de longs intervalles de temps, par exemple lors de la transmission
d’une suite de bits ayant tous la même valeur. Un bon code introduit des
changements du signal même dans ce cas-là.

Figure 4: D'autres codes en bande de base


Le code RZ (Return to Zero) code le 0 par un courant nul et le 1 par un courant positif
qui est annulé au milieu de l’intervalle de temps prévue pour la transmission d’un bit.
Ce code facilite la synchronisation du récepteur.
Dans le code Manchester (ou biphase-L), le signal change aussi au milieu de
l’intervalle de temps associé à chaque bit. Pour coder un 0 le courant sera négatif sur
la première moitié de l’intervalle et positif sur la deuxième moitié. Pour coder un 1
c’est l’inverse. Autrement dit, au milieu de l’intervalle il y a une transition de base en

Chapitre 3: Médias de transmission 9/27


haut pour un 0 et de haut en base pour un 1. Un récepteur a donc un signal de
synchronisation pour chaque bit aucune composante continue n’est présente dans le
spectre. L’inconvénient est la largeur de bande élevée de ce code. Ce code Manchester
et ses variantes sont très répandus dans les réseaux locaux, notamment dans les
réseaux Ethernet.
Le code Miller diminue le nombre de transitions en n’effectuant pas de transition lors
d’une séquence de bits 0 1. L’avantage de ce code est que la puissance du signal est
très concentrée dans une bande de fréquence étroite.

4 Modulation
La dégradation très rapide des signaux au fur et à mesure de la distance parcourue
constitue le principal problème de la transmission en bande de base. Si le signal n'est
pas régénéré très souvent, il prend une forme quelconque, que le récepteur est
incapable de comprendre. Cette méthode de transmission ne peut être utilisée que sur
de très courtes distances, de moins de 5 km. Sur des distances plus longues, on utilise
un signal de forme sinusoïdale. Ce type de signal, même affaibli, peut très bien être
décodé par le récepteur. Ce signal sinusoïdal est obtenu grâce à un modem
(modulateur-démodulateur) qui est un équipement électronique capable de prendre en
entrée un signal en bande de base pour en faire un signal sinusoïdal (modulation) et
l'inverse, à savoir restituer un signal carré à partir d'un signal sinusoïdal
(démodulation). Autrement dit il permet de passer d’une entrée numérique discrète (0
ou 1) à des signaux analogiques continus, comme illustré à la Figure 5.

Modem Modem

Figure 5: Modulation et démodulation par un modem


Le spectre des signaux modulés est centré sur la fréquence porteuse, d’où le nom de
transmission par transposition de fréquence. On voit ainsi que le rôle de la porteuse
est de transposer les signaux dans la bande passante du support utilisé. La porteuse
n’est donc qu’un moyen de transport, et elle ne véhicule par elle-même aucune
information. Seule sa modulation a une signification.
La modulation utilise une onde de référence sinusoïdale appelée porteuse dont la
fréquence est très supérieure au signal modulant. La porteuse p(t) est représentée par :
p (t ) = A p cos(ω p t + θ p ) ,

où Ap est l’amplitude, ωp est sa fréquence et θp est la phase de la porteuse. En faisant


varier un ou plusieurs de ces paramètres dans le temps, de l’information peut être
véhiculé. Il existe donc trois types de modulation, comme illustrés à la Figure 6.

Chapitre 3: Médias de transmission 10/27


Figure 6: Types de modulations. Signal numérique binaire (a). Modulation
d'amplitude (b). Modulation de fréquence (c). Modulation de phase (d)
La modulation d'amplitude (ou ASK, Amplitude Shift Keying) envoie un signal
d'amplitude différente suivant qu'il faut transmettre un 0 ou un 1. Cette modulation a
les avantages d’être très simple et de nécessiter une largeur de bande modeste. Sa
faiblesse est la sensibilité aux bruits sur le canal. Elle est typiquement utilisée dans la
radiodiffusion en onde longue.
La modulation de fréquence (ou FSK, Frequency Shift Keying) utilise deux
fréquences différentes pour transmettre les 0 et 1. Elle offre une bonne résistance aux
perturbations. Elle est utilisée pour des transmissions où l’affaiblissement entre
émetteur et récepteur est soumis à des fluctuations, par exemple, dans les faisceaux
hertziens ou pour les radiocommunications mobiles. Sa demande en largeur de bande
est plus élevée que pour la modulation d’amplitude.
La modulation de phase (ou PSK, Phase Shift Keying) change la phase du signal
suivant qu'il s'agit d'un 0 ou d'un 1.
Pour atteindre des débits binaires élevés il n'est pas possible d'agir uniquement sur
l'augmentation de la rapidité de modulation étant donné les limites de bande passante
et notamment la fréquence de coupure supérieure (fréquence haute) du système de
transmission. D'après le théorème de Nyquist et sur un canal de transmission idéal le
débit binaire maximum est limité par le double de la largeur de bande pour une
transmission à un bit par moment. Les recherches entreprises sur les modems pour

Chapitre 3: Médias de transmission 11/27


leur permettre d'offrir des débits binaires plus élevés ont conduit à définir de
nouvelles techniques faisant correspondre plus d'un bit par moment. C'est ce que font
les modems évolués d'aujourd'hui en mixant simultanément plusieurs formes de
modulation, comme c'est le cas sur la Figure 7, où l'on combine modulation de phase
et modulation d'amplitude. Chaque diagramme de la Figure 7, qui montre les
différentes combinaisons de modulation possibles d'amplitude et de phase, est appelé
diagramme spatial. Tout modem à haute performance a son propre diagramme spatial
et ne peut correspondre avec un autre modem que s'il a le même diagramme que le
sien.

Figure 7: Technique de modulation combinant phase et amplitude


La Figure 7 (a) montre une modulation en quatre phases : 45, 135, 225 et 315 degrés
et un seul niveau d'amplitude par phase ce qui conduit à 4 points différents. Ces 4
possibilités peuvent être utilisées pour transmettre 2 bits par moment.
Sur la Figure 7(b) la modulation est différente. On utilise une combinaison phase-
amplitude. Les phases correspondent à l’angle de chaque point par rapport à l’axe
marquée 0, l'amplitude est mesurée par la distance à l'origine. Ce diagramme fait
apparaître 16 combinaisons phase-amplitude. Elles permettent de transmettre 4 bits
par moment. La technique représentée par la Figure 7(b), transmet par exemple à
9’600 bit/s pour une rapidité de modulation de 2’400 bauds, porte le nom de
modulation d'amplitude en quadrature de phase ou QAM (Quadrature Amplitude
Modulation) ou plus exactement 16QAM, comme il y a 16 valeurs différentes par
moment.
Les performances des modems augmentant, le nombre de points de leur diagramme
spatial augmente de plus en plus ([Link]. 64QAM ou 256QAM). La moindre
perturbation d'amplitude ou de phase peut être source d'erreur et entraîne, comme
dans le cas de la modulation de la Figure 7(b), par exemple, 4 bits erronés. Pour
réduire la probabilité d'erreur, la plupart des modems ajoutent un bit de parité
supplémentaire permettant de faire un contrôle d'erreur.

5 Les médias de transmission


L'objectif de la couche physique est de transporter un flot de bits d'information d'un
point à un autre. De nombreux médias sont utilisés en transmission de données.
Chacun d'eux a sa propre spécificité en termes de bande passante, de délai, de coût, de
facilité d'utilisation et de maintenance. Les médias sont arbitrairement classés en
supports avec guide physique - les câbles électriques, les fibres optiques - et en

Chapitre 3: Médias de transmission 12/27


supports sans guide physique: les ondes radio, les ondes lumineuses. Nous examinons
dans la suite de ce chapitre les médias plus répandus.

5.1 La ligne électrique


Le média de transmission le plus ancien est la ligne électrique. On distingue trois
types de lignes électriques :
• Les lignes non équilibrées (asymétriques)
• Les lignes équilibrées (différentielles, symétriques), notamment la ligne à paire
torsadée
• Le câble coaxial

5.2 Ligne non équilibrée


La ligne non équilibre (unbalanced transmission), aussi appelée asymétrique, est
encore souvent utilisée pour des connexions à courte distance et à débit faible, comme
par exemple dans les lignes série. Elles utilisent plusieurs fils pour les différents
signaux et un seul fil pour la voie retour commune. La Figure 8 montre ce principe.
Les fils sont arrangés en parallèle soit comme câble ‘rond’ soit comme nappe, comme
illustré à la Figure 9(a) et (b).

Signal A
Station Station
Signal B
1 2
Signal C

Figure 8: Principe de la transmission non équilibrée

a) Câble à lignes non équilibrées b) Nappe à lignes non équilibrées

Figure 9: Câbles à lignes non équilibrées


Comme plusieurs signaux partagent la même voie retour, ce mode de transmission est
très sensible aux perturbations électriques. L’arrangement asymétrique fait que les
perturbations n’ont pas les mêmes effets sur les différents fils, ce qui modifie le signal
transmis. Cela limite fortement le débit et la distance de transmission à travers des
lignes non équilibrées. Typiquement peut atteindre un débit d’une centaine de kilobits
par seconde sur une distance de quelques dizaines de mètres, comme sur les lignes
séries.

5.3 Ligne à paires torsadée


Une meilleure immunité aux perturbations que les lignes non équilibrées peut être
atteinte en utilisant deux fils par signal – un fil pour le signal et l’autre fil pour la voie
retour. Dans ce mode de transmission équilibrée (balanced transmission), aussi
appelée différentielle ou symétrique, chaque signal a une voie retour séparée, ce qui

Chapitre 3: Médias de transmission 13/27


réduit les interférences entre les différents signaux. L’immunité de lignes équilibrées
est encore améliorée en enroulant les deux fils, le signal et la voie retour, de manière
hélicoïdale. Ce type de ligne porte le nom de paire torsadée (twisted pair). La
proximité des deux fils fait que les perturbations influence de manière similaire deux
fils et que l’influence sur le signal différentiel est réduite. Si plusieurs paires torsadées
sont regroupées dans un seul câble le fait de torsader les fils réduit en plus diaphonie
entre les paires. Deux fils parallèles constituent en effet une antenne rayonnante, ce
qui n'est pas le cas de deux fils torsadés. La Figure 10 montre une paire torsadée.

Figure 10: Paire torsadée


L'application la plus courante de la paire torsadée est le système téléphonique. La
quasi-totalité des téléphones dans le monde sont raccordés aux réseaux téléphoniques
au moyen de paires torsadées. Les signaux transmis par l'intermédiaire de paires
torsadées peuvent parcourir plusieurs kilomètres sans amplification. Au-delà de ces
distances la régénération et l'amplification des signaux devient nécessaire. Elle est
assurée par des répéteurs. Dans les chemins de câbles sous les rues circulent de
nombreux gros câbles téléphoniques de plusieurs centimètres de diamètre regroupant
plusieurs dizaines, voire plus d'une centaine de paires torsadées.
Il existe toute une variété de câbles à paires torsadées ; deux sont principalement
utilisées dans les réseaux d'ordinateurs. Les câbles de catégorie 3 sont constitués de
paires de câbles isolés (quatre paires le plus souvent) faiblement torsadés et recouverts
d'une gaine protectrice en plastique. Jusqu'à la fin des années quatre-vingt, la plupart
des immeubles d'entreprises disposaient de tels câbles de catégories 3 innervant
chacun des bureaux. Ce schéma de câblage permettait de raccorder de un à quatre
postes téléphoniques par bureau.
Au début des années quatre-vingt-dix, un nouveau câble à paires torsadées, de
catégorie 5, commença à être introduit dans les bureaux. Vis-à-vis de celui de
catégorie 3, il offre, sur des distances supérieures, des qualités de transmission et une
immunité aux interférences bien meilleures. Ceci est associé au fait que la torsade des
paires est plus serrée (plus de torsades par centimètre) et que l'isolant utilisé, le
Téflon, présente de meilleures qualités d'isolation. C'est ainsi que ces câbles sont
mieux adaptés à la transmission de données à haut débit entre ordinateurs. Les câbles
de catégorie 3 et 5 sont appelés, dans le jargon technique : câbles UTP (Unshielded
Twisted Pair), c'est-à-dire câbles à paires torsadées non blindés - par opposition aux
câbles STP (Shielded Twisted Pair), câbles à paires torsadées blindés, introduits par
IBM au début des années 1980, qui n'ont toutefois pas eu le succès escompté. Le
câblage dans les immeubles d’entreprises utilise aujourd’hui principalement les câbles
UTP de catégorie 5e, qui permettent la transmission jusqu’à 100 MHz. Ils sont
utilisables avec Gigabit-Ethernet. La Figure 11 montre des schémas de câbles UTP et
STP.

Chapitre 3: Médias de transmission 14/27


(a) Câble UTP (b) Câble STP

Figure 11: Câbles UTP et STP


L’autre utilisation principale des paires torsadées et dans le ‘dernier kilomètre’ des
réseaux téléphoniques. La technologie DSL (Digital Subscriber Line) permet de les
exploiter pour la transmission de données à haut débit. Les paires qui relient les
abonnés au réseau téléphonique sont regroupées en câbles qui peuvent contenir
jusqu’à plusieurs centaines de paires torsadées. Typiquement, ces câbles permettent la
transmission à 1 MHz sur quelques kilomètres, ce qui se traduit [Link] dans les
technologies xDSL en un débit de 8 Mb/s sur 3 km.

5.4 Câble coaxial


Un câble électrique, appelé câble coaxial, est également utilisé comme support de
transmission. Vis-à-vis des câbles à paires torsadées, il offre surtout un meilleur
blindage (une meilleure isolation électromagnétique), ce qui permet d'atteindre des
débits plus élevés sur de plus longues distances.
Un câble coaxial est constitué d'un conducteur central rigide en cuivre, le coeur,
entouré d'un matériau isolant de forme cylindrique enveloppé d'une tresse conductrice
en cuivre. L'ensemble est enrobé d'une gaine isolante en matière plastique. La Figure
12 représente la vue éclatée d'un câble coaxial courant.

Cœur en
cuivre Enveloppe Tresse Gaine de protection
isolante métallique en plastique

Figure 12: Un câble coaxial


Ce type de câble est utilisé dans les réseaux de télédiffusion (CATV). Ils sont
capables de transmettre des signaux à des fréquences de 800 MHz sur des distances de
quelques kilomètres. Pendant plus d’un démi-siècle, ces câbles ont été le milieu de
transmission à grande distance par excellence. Aujourd’hui ils sont de plus en plus
remplacés par les fibres optiques, au moins dans les réseaux étendus.

5.5 Les fibres optiques


Considérée comme le support permettant les plus hauts débits, la fibre optique est une
technologie aujourd’hui bien maîtrisée. Dans les fils métalliques, on transmet les
informations par l’intermédiaire d’un courant électrique. Avec la fibre optique, on
utilise un faisceau lumineux.

Chapitre 3: Médias de transmission 15/27


Dans cette section nous étudions les fibres optiques et leur principe de
fonctionnement.
Un système de transmission optique comprend trois composants :
• la source ou émetteur de lumière,
• le média de transmission et
• le détecteur ou récepteur de lumière.
Par convention une impulsion de lumière signifie un bit à 1 et l'absence de lumière un
bit à 0. Le média de transmission est une fibre de verre de silice très fine, la fibre
optique. Le détecteur génère une impulsion électrique dès qu'une impulsion de
lumière le frappe.
En plaçant un émetteur de lumière à une extrémité de la fibre optique et un détecteur
de lumière à l'autre extrémité, on dispose d'un système de transmission optique
unidirectionnel. Ce système prend un signal électrique, le convertit et le transmet sous
forme d'un signal lumineux qui est à son tour, à l'extrémité de la fibre, reconvertit en
un signal électrique (Figure 13).

Figure 13: Une liaison par fibre optique


Sans précaution particulière, dans ce système de transmission optique, le rayon
lumineux subirait de fortes pertes à tel point qu'il ne servirait à rien en pratique. En
revanche, un intéressant principe d'optique rend ce système bigrement avantageux.
Lorsqu'un rayon lumineux passe d'un milieu à un autre, par exemple du verre à l'air
ambiant, son chemin est dévié à la frontière verre/air ; il est réfracté comme le montre
la Figure 14(a).

Figure 14: Principe de réflexion

Chapitre 3: Médias de transmission 16/27


Un rayon lumineux arrivant à la frontière verre/air selon un angle α1 est réfracté avec
un angle βl. La réfraction dépend des propriétés optiques des deux milieux (en
particulier, naturellement, de leur indice de réfraction). Pour des angles d'incidence
supérieurs à une valeur, dite valeur critique, le rayon n'est plus réfracté mais réfléchi
sur la frontière verre/air ; pratiquement aucune quantité de lumière ne s'échappe dans
l'air. Ainsi, comme le montre la Figure 14(b), un rayon lumineux arrivant dans la fibre
avec un angle d'incidence supérieur ou égal à l'angle critique (par exemple α3 sur la
Figure 14(a) se propage à l'intérieur de la fibre par réflexions multiples totales -
comme pris au piège, il peut ainsi se propager de la sorte pendant des kilomètres sans
subir d'affaiblissements notables.
La Figure 14(b) représente le parcours d'un seul rayon incident. En fait, tous les
rayons lumineux incidents qui ont un angle d'incidence supérieur à l'angle critique
subissent le même sort. Ce sont donc de nombreux rayons réfléchis qui se propagent
dans la fibre optique selon divers modes de propagation. Une fibre optique sujette à ce
type de propagation est dite multimode. Si le diamètre du cœur de la fibre est réduit
dans des proportions telles qu'un seul rayon lumineux puisse s'y propager, on obtient
une fibre optique dite monomode. La fibre se comporte alors comme un guide
d'ondes. Afin d’améliorer les caractéristiques de transmission dans les fibre
multimodes et d’augmenter ainsi la bande passante d’un facteur 10, les fibres peuvent
être fabriquées avec un indice de réfraction variant selon une parabole entre le centre
du cœur et la périphérie. La fibre est alors appelée à gradient d’indice. Les trois
types de fibres sont montrés à la Figure 15.

Figure 15: Les fibres multimodes, à gradient d'indice et monomodes


Les fibres optiques monomodes sont plus coûteuses que les fibres multimodes, mais
elles permettent des débits binaires beaucoup plus importants et sur des distances plus
longues.
Les fibres optiques sont généralement élaborées à partir d'un verre de silice
extrêmement pur - matériau fabriqué en grande partie avec du sable, qui est une
matière première très peu coûteuse et en quantité quasi illimitée.
Lorsqu'un signal lumineux traverse un milieu, par exemple le verre, il subit une perte
de puissance : c'est l'atténuation, qui dépend très étroitement de la longueur d'onde du
signal. L'atténuation de la lumière selon la longueur d'onde dans une fibre optique est
exprimée en décibels par kilomètre de fibre (voir la Figure 16) :

Chapitre 3: Médias de transmission 17/27


Puissance lumineuse émise
Atténuation (dB) = log10 .
Puissance lumineuse reçue
Par exemple, un facteur de perte de puissance de 2 par kilomètre donne une
atténuation de 3 dB (soit 10 log10 2 = 3). La Figure 16 montre la partie infrarouge et
proche infrarouge du spectre de la lumière, qui correspond à celle couramment utilisée
en pratique. La lumière visible s'étale sur des longueurs d'ondes comprises entre 0,4
micron et 0,7 micron (1 micron = 10-6 m).

Figure 16: Atténuation de la lumière dans une fibre optique en région de


l'infrarouge
Trois bandes de fréquences lumineuses sont utilisées en télécommunications. Elles
sont centrées sur 0,85, 1,30 et 1,55 micron respectivement (voir la Figure 16). Les
deux dernières ont de bonnes propriétés d'atténuation (inférieures à 5 % de perte par
km de fibre). La bande des 0,85 micron présente une atténuation supérieure mais la
propriété intéressante de cette bande est que les lasers et les diodes
électroluminescentes LED (Light Emitting Diode) associés sont bon marché et
fabriques avec un même matériau, l'arséniure de gallium (GaAs). La largeur de ces
trois bandes de fréquences lumineuses varie entre 25’000 et 30’000 GHz.
Les impulsions lumineuses transmises dans une fibre optique ont tendance à se
déformer et à s'élargir pendant qu'elles se propagent. Ce phénomène d'élargissement
est appelé dispersion. Il est très dépendant de la longueur d'onde de l'impulsion
lumineuse. Ainsi, deux impulsions de courte durée émises à l'entrée d'une fibre et bien
séparées l'une de l'autre dans le temps peuvent arriver à l'extrémité en se chevauchant.
L'une des façons d'éviter que l'élargissement des impulsions ne conduise à un
chevauchement est d'augmenter la distance (le temps) qui les sépare ; cela n'est
possible qu'en diminuant la vitesse de transmission des impulsions. Les fabricants de
fibres optiques cherchent à développer des méthodes qui permettent de réduire la
dispersion du signal optique. La fibre à gradient d’indice est une des méthodes
souvent utilisées.

Chapitre 3: Médias de transmission 18/27


Des recherches ont montré qu'en utilisant des impulsions d'une forme bien spéciale
qui s'apparente à celle du cosinus hyperbolique inverse, plusieurs effets de dispersions
s'éliminent mutuellement et qu'il est alors possible de transmettre des impulsions
lumineuses sur des milliers de kilomètres sans distorsion de forme appréciable. Ces
impulsions sont appelées des solitons. Une action de recherches importante est menée
aujourd'hui pour faire sortir ces solitons des laboratoires et leur offrir un vaste marché
d'applications.
Les câbles à fibres optiques
Une fibre optique est semblable à un câble coaxial sans tresse métallique. La Figure
17(a) donne le schéma d'une fibre optique. Au centre de la fibre se trouve le cœur en
verre, à l'intérieur duquel se propagent les signaux lumineux. Le cœur d'une fibre
multimode a un diamètre d'environ 50 microns, il est équivalent à l'épaisseur d'un
cheveu humain. Celui d'une fibre monomode varie entre 8 et 10 microns.

Figure 17: Une fibre optique (a) et un câble de trois fibres (b)
Le cœur de la fibre optique est entouré d'une gaine en verre présentant un indice de
réfraction plus faible que celui du coeur de façon à conserver toute la lumière dans la
coeur. Un revêtement protecteur en plastique enveloppe la gaine en verre.
Généralement les fibres optiques sont regroupées en un faisceau de fibres à l'intérieur
d'un tube ou d'une gaine protectrice externe : c'est le câble à fibres optiques. La Figure
17(b) montre un tel câble à trois fibres.
Sources lumineuses
Deux types de source lumineuse sont utilisés avec les fibres optiques, les diodes LED
et les diodes lasers. Comme le montre le tableau de la Table 2, chacune des ces
sources lumineuses présente des propriétés différentes. La longueur d'onde des
signaux lumineux émis par ces diodes peut être ajustée dynamiquement entre deux
valeurs extrêmes au moyen d'un système de filtrage spécialisé un interféromètre,
inséré entre la fibre et la source lumineuse.
Table 2: Comparaison entre diode LED et diode laser
Caractéristique Diode LED Diode laser
Débit binaire Faible Élevé
Mode de propagation Multimode Multimode ou monomode
Distance Courte Longue
Durée de vie Longue Courte

Chapitre 3: Médias de transmission 19/27


Sensibilité à la température Faible Substantielle
Coût Faible Élevé
Le récepteur détecteur de lumière à l'extrémité de la fibre est une photodiode qui
délivre une impulsion électrique dès qu'elle reçoit une impulsion lumineuse. Les
photodiodes actuelles sont capables de travailler à un débit binaire de 2,5 Gb/s, 10
Gb/s, voire 20 Gb/s. Le bruit thermique peut être une source de perturbation, aussi
l'impulsion lumineuse doit elle être suffisamment puissante pour ne pas être altérée.
Ainsi, le taux d'erreur dans la fibre peut-il être extrêmement faible.
Multiplexage en longueurs d’ondes (WDM)
Sur les câbles métalliques et notamment sur le câble coaxial, on utilise fortement le
multiplexage en fréquence, plusieurs signaux transitant en parallèle sur des
fréquences différentes. On peut reprendre cette idée dans la fibre optique et réaliser le
passage de plusieurs signaux lumineux simultanément. Cette méthode est appelée
multiplexage de longueurs d’onde (wavelength division multiplexing, WDM). La
Figure 18 montre le schéma d’un système WDM.
1 1
Laser

2 2
Laser

Laser Fibre optique

Laser

Multiplexeur Démultiplexeur Diodes


WDM WDM

Figure 18: Schéma d'un système WDM


La mise en œuvre d’un système WDM nécessite les composants suivants :
• une série de lasers travaillant chacun à une longueur d’onde différente
• des multiplexeurs qui combinent plusieurs signaux à des longueurs d’ondes
différentes
• des démultiplexeurs pour retrouver les signaux originaux, basés sur des filtres
optiques fixes ou accordables.
• une série de photodiode de réception.
La variante la plus répandue de cette méthode est le multiplexage dense de
longueurs d’onde (Dense WDM, DWDM). Des systèmes DWDM actuels permettent
le multiplexage de jusqu’à 100 canaux à 2,5 Gb/s, 10 Gb/s ou 20 Gb/s. Il est donc
possible de transmettre un débit total de 2 Tb/s sur une seule fibre optique. Les
distances de transmission dépendent du type de la fibre optique et peuvent atteindre
plusieurs milliers de kilomètres, à l’aide d’amplificateurs passifs, comme par exemple
sur des câbles sous-marins.

Chapitre 3: Médias de transmission 20/27


5.6 La transmission sans fil
Nombre de personnes pensent qu'il n'y aura plus que deux moyens de communication
dans l'avenir : les fibres optiques et les liaisons sans fil. Toutes les liaisons fixes (i.e.,
sans mobilité) des ordinateurs, des téléphones, des fax, etc., seront en fibres optiques
et tous les systèmes qui nécessitent une certaine mobilité seront associés à des liaisons
sans fil.
Dans certaines circonstances, les communications sans fil présentent également
nombre d'avantages même lorsqu'il s'agit de raccorder des systèmes fixes. Par
exemple, imaginez que l'on doive faire passer un câble électrique ou une fibre optique
dans des sites très difficiles d'accès comme des montagnes abruptes, une jungle
épaisse ou des marécages. Dans ces cas-là, les systèmes de communications sans fil
sont préférables.
Avant de étudier des systèmes de transmission sans fil, rappelons la théorie des ondes
électromagnétiques.

5.6.1 Le spectre électromagnétique


Lorsque les électrons se déplacent ils créent des ondes électromagnétiques qui
peuvent se propager dans l'espace (et dans le vide). En raccordant un circuit électrique
à une antenne de dimension bien appropriée, les ondes électromagnétiques produites
sont diffusées dans tout l'espace et peuvent être captées par un récepteur également
muni d'une antenne qui se trouve à une certaine distance de l'émetteur. Tous les
systèmes de communications sans fil sont basés sur ce principe.
Dans le vide, toutes les ondes électromagnétiques se propagent à la même vitesse
quelle que soit leur fréquence. Cette vitesse de la lumière c est approximativement
égale à 3⋅108 m/s ou 30 cm par nanoseconde. Dans le cuivre ou la fibre de verre la
célérité diminue d'environ 2/3 de la valeur dans le vide et devient également quelque
peu dépendante de la fréquence.
La relation fondamentale entre la fréquence f, la longueur d’onde λ et la vitesse de la
lumière c (dans le vide) est
λ ⋅ f = c.
Comme c est une constante, si l'on connaît f on peut en déduire À, et vice versa. Par
exemple, une onde de 1 MHz a une longueur d'onde d'environ 300 m et une longueur
d'onde de 1 cm correspond à une fréquence de 30 GHz.
L'ensemble du domaine fréquentiel des ondes électromagnétiques fait l'objet d'une
subdivision conventionnelle en gammes d'ondes qui correspondent en gros à des
modes de propagation et à des types d'utilisation très différents (télécommunications,
radars, applications industrielles ...). Le spectre électromagnétique et ses divisions en
gammes d'ondes sont présentés à la Figure 19.

Chapitre 3: Médias de transmission 21/27


Figure 19: Spectre électromagnétique
Les divisions ondes radio, micro-ondes, ondes infrarouges et lumière visible de la
Figure 19 correspondent à la partie du spectre couramment utilisée pour la
transmission d'informations. Les divisions ultraviolet, rayons X et rayons gamma
correspondent à des ondes apparemment plus efficaces que les précédentes pour la
transmission d'informations en raison surtout de leurs fréquences élevées. Toutefois,
ces dernières sont difficiles à générer et à moduler, ne se propagent pas bien au travers
des immeubles et d'autres obstacles et présentent des dangers pour les êtres vivants.
La quantité d'informations qu'une onde électromagnétique peut transporter est en
relation étroite avec la bande passante du système de transmission. Avec les
technologies actuelles il est possible de coder quelques bits par hertz aux basses
fréquences. On peut atteindre un quota de l'ordre de 40 en haute fréquence sous
certaines conditions. Ainsi un câble de 500 MHz de bande passante pourrait
transporter plusieurs Gb/s. En observant la Figure 19, on voit bien pourquoi les
utilisateurs ont une très nette préférence pour les fibres optiques.

5.6.2 Transmission d’ondes radio


Les ondes radioélectriques (ou radio) sont faciles à générer, peuvent se propager sur
de longues distances et pénétrer aisément à l'intérieur des immeubles. C'est pour cela
qu'elles sont très utilisées en transmission d'informations par ondes
électromagnétiques ; aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur des bâtiments. Les ondes
radio sont omnidirectionnelles, c'est-à-dire qu'elles se propagent dans toutes les
directions autour de la source d'émission. Ainsi, l'émetteur et le récepteur n'ont pas
besoin d'être dans un alignement physique parfait pour entrer en communication.

Chapitre 3: Médias de transmission 22/27


Les propriétés des ondes radio sont très dépendantes de la fréquence. Aux fréquences
basses, elles traversent aisément les obstacles mais leur puissance baisse très
nettement en fonction de la distance, r, du point d'émission; approximativement 1/r3
dans l'air. En hautes fréquences les ondes radio ont tendance a se propager en ligne
droite et à rebondir sur les obstacles, voire à être absorbées par ces obstacles. Elles
sont aussi absorbées par la pluie. Quelque soit leur fréquence, les ondes radio sont
soumises aux interférences émanant des moteurs ou autres appareils électriques.
Étant donné que les ondes radio sont capables de se propager sur de longues distances,
les interférences entre utilisateurs constituent un réel problème. C'est pour cette raison
que les gouvernements imposent des licences d'utilisation strictes et contraignantes
aux émetteurs d'onde radio.
Dans les bandes de fréquences VLF (Very Low Frequencies), LF et MF les ondes
radio se propagent en suivant la courbure terrestre comme le montre la Figure 20 (a).
Ces ondes de surface peuvent être reçues dans un rayon d'environ 1000 km autour de
l'émetteur pour les plus basses d'entre elles. Dans un rayon beaucoup plus faible aux
fréquences plus élevées. La radiodiffusion AM et FM utilise la bande MF. Dans ces
bandes de fréquences, les ondes radio passent facilement au travers les bâtiments ;
vous pouvez le constater en écoutant un poste de radio portatif dans un immeuble,
voire même dans un parking souterrain. L'utilisation de ces bandes de fréquences pour
faire de la transmission de données pose un problème essentiel, c'est celui de la faible
bande passante et du faible débit qu'elles autorisent.

Onde de surface

Surface terrestre Surface terrestre

Figure 20: En VLF, LF et MF les ondes radio suivent la courbure de la terre (a).
En HF et VHF, les ondes se réfractent dans l'ionosphère (b)
Dans les bandes de fréquences HF et VHF, les ondes ont tendance a être absorbées
par le sol. Toutefois, les ondes qui atteignent l'ionosphère - une couche de particules
ionisées qui entoure le globe terrestre à une altitude de 100 à 500 km et qui joue un
rôle important dans la propagation des ondes radio - sont réfractées, absorbées ou
réfléchies - renvoyées vers le sol comme le montre la figure Figure 20(b). Sous
certaines conditions atmosphériques les ondes peuvent rebondir plusieurs fois. Les
radioamateurs utilisent ces bandes de fréquences pour émettre sur de très longues
distances. Les militaires utilisent aussi ces bandes de fréquences pour leurs
communications.

5.6.3 Transmission de micro-ondes


Au-delà de 100 MHz, les ondes se propagent en ligne droite et peuvent être
étroitement concentrées. En concentrant toute l'énergie électromagnétique des ondes

Chapitre 3: Médias de transmission 23/27


en un faisceau fin, avec des antennes réflectives paraboliques (semblables à celles des
antennes satellites de TV), on obtient un bien meilleur rapport signal/bruit. Toutefois,
pour offrir cette capacité, l'émetteur et le récepteur doivent être dans un alignement
physique parfait. La concentration du faisceau et l'alignement de l'émetteur et du
récepteur permettent, en outre, de constituer plusieurs liaisons simultanées, a
proximité l'une de l'autre, entre plusieurs émetteurs et récepteurs sans interférences
mutuelles. Pendant des décennies, les systèmes de transmission par micro-ondes ont
été très utilisés, bien avant les fibres optiques, au coeur des grands réseaux de
télécommunications. On a appelé ces systèmes faisceaux hertziens. Si les fibres
optiques ont supplanté progressivement les faisceaux hertziens, de nos jours ils
bénéficient d'un renouveau avec notamment la déréglementation, les nouveaux
services et les progrès constants des technologies qui s'y rapportent.
Les micro-ondes correspondent à des ondes électromagnétiques de courtes longueurs
d'onde - ondes décimétriques ou centimétriques, voire moindres.
Comme les micro-ondes se propagent en ligne droite, les émetteurs/récepteurs doivent
être en vue directe. Ils sont placés en des points hauts du relief, ou au sommet de
pylônes ou de tours appelés tours hertziennes. S'ils sont trop éloignés l'un de l'autre la
surface courbe du globe terrestre devient un obstacle. En conséquence, sur des
liaisons de communication à longue distance, il est nécessaire d'insérer des répéteurs
régulièrement espacés pour entretenir la liaison. La distance maximale séparant deux
tours (ou répéteurs) est en relation avec leur hauteur. Elle évolue comme la racine
carré de la hauteur. Avec des tours de 100 m de haut on peut atteindre des distances
d'environ 80 km entre deux tours hertziennes. Un autre phénomène intervient dans la
limitation de l'éloignement, c'est l'affaiblissement des signaux qui est proportionnel au
carré de la distance.
Contrairement aux ondes radio à basses fréquences, les micro-ondes ne passent que
difficilement au travers les murs des immeubles. Des fréquences inférieures à 5 GHz
sont encore utilisables pour la communication à l’intérieur d’un bâtiment. Au-delà des
5 GHz, une transmission à travers un mur devient difficile.
Bien que le faisceau d'ondes puisse être très bien concentré par l'émetteur, certaines
différences d'homogénéités physiques de l'espace ambiant (température, pression,
humidité ...) entraînent des réfractions et des perturbations sur la propagation des
micro-ondes dans l'air. Des ondes perturbées arrivent en retard sur d'autres qui, elles,
sont arrivées directement. Les ondes en retard se mélangent aux ondes directes, ce qui
a pour conséquence de réduire le signal reçu jusqu'à l'annuler complètement. C'est
l'effet d'évanouissement (multipath fadding), qui est bref et sélectif. C'est un réel
problème dans ce type de transmission. De plus, ce phénomène est très dépendant de
la fréquence des signaux et des conditions atmosphériques ; il apparaît pendant un
faible pourcentage du temps. Certains opérateurs de télécommunications gardent en
réserve 10 % de leurs faisceaux hertziens juste pour les utiliser en secours lorsque
l'évanouissement se manifeste et annihile temporairement certaines bandes de
fréquences.
La demande croissante de spectre et de bande passante entraîne l'amélioration de la
technologie des systèmes, qui s'adaptent au mieux à ce qui est disponible. Ces
systèmes veulent également utiliser des fréquences de plus en plus élevées. Des
fréquences supérieures à 10 GHz sont aujourd'hui monnaie courante. Mais, aux
fréquences supérieures à 8 GHz, un phénomène nouveau apparaît pour les signaux:

Chapitre 3: Médias de transmission 24/27


leur absorption par l'eau et notamment par la pluie ou la neige, qui devient sensible à
partir de 12 GHz.
De nos jours la diffusion de micro-ondes et les faisceaux hertziens retrouvent une
nouvelle jeunesse. De nouvelles méthodes de modulation (appelé spectre étalé) ont
conduit à un essor vertigineux des transmissions sans fil.
La boucle locale radio rend possible le déploiement d’un réseau d’accès à haut débit
sans pour autant entraîner des coûts de génie civil prohibitifs. Dans nombre de pays,
la transmission par micro-ondes permet de contourner le monopole des ex-PTT sur le
dernier kilomètre. La technologie WLL (Wireless Local Loop) et le standard IEEE
802.16 (WirelessMAN ou WiMAX, en cours d’élaboration) sont les technologies les
plus importantes dans ce domaine. Le standard IEEE 802.16a permettra par exemple
de transmettre à un débit de 75 Mb/s sur une distance jusqu’à 10 km.
Les réseaux locaux sans fils sont également en plein développement du fait de la
flexibilité de leur interface, qui permet à un utilisateur de changer de place dans
l’entreprise tout en restant connecté. Ces réseaux, définis par la norme IEEE 802.11
et souvent appelés réseaux WiFi (Wireless Fidelity), atteignent actuellement des
débits de 54 Mb/s. La prochaine évolution conduira à des débits de 100 Mb/s.
Les réseaux mobiles de 2ème (GSM) et 3ème (UMTS) génération permettent également
la transmission de données. Leur avantage est que la transmission reste possible même
en déplacement rapide, comme par exemple dans une voiture. Le service GPRS de
GSM n’offre que des débits relativement faibles de quelques dizaines de kb/s. Avec
l’introduction d’UMTS, des débits allant jusqu’à 2 Mb/s seront possibles dans
l’avenir. Les premières installations offriront un débit de 384 Kb/s.

5.6.4 Transmission par satellite


Trois catégories de systèmes satellitaires existent :
• LEO (Low Earth Orbit, orbite basse) à environ 1’000 km d’altitude.
• MEO (Medium Earth Orbit, orbite moyenne) à environ 10’000 km d’altitude.
• GEO (Geostationary Earth Orbit, orbite géostationnaire) à 35’786 km
d’altitude.
Les deux premières catégories concernent les satellites défilants, et la dernière les
satellites qui semblent fixe par rapport à la Terre. Le choix de l’orbite influence la
zone de couverture et donc le nombre de satellite nécessaire, le retard d’une
transmission et la puissance du signal de transmission.
Satellites GEO
Les satellites GEO sont voués à des applications multiples : la télévision, la diffusion
radio, les applications militaires et les télécommunications. En outre des systèmes de
télécommunications rarement utilisées comme la téléphonie par satellites, les satellites
GEO permettent aussi l’accès Internet à haut débit, par exemple dans des régions ou
l’ADSL n’est pas utilisables.
Deux techniques principales existent : la voie retour par liaison téléphonique ou la
voie retour par liaison satellite. Dans la solution avec voie retour par liaison

Chapitre 3: Médias de transmission 25/27


téléphonique, un abonné reçoit les données par la liaison satellite mais envoie par
liaison téléphonique. Cette solution peut utiliser des antennes satellite simples
(uniquement réception) et donc bon marché. L’inconvénient de cette solution sont les
coûts pour la liaison téléphonique pendant la connexion à Internet.
Des antennes satellite bidirectionnelles (système VSAT, Very Small Aperture
Terminal) permettent d’utiliser la liaison satellite pour la voie descendante et la voie
montante. Des débits similaires à ADSL ([Link]. 2 Mb/s voie descendante) peuvent être
atteints. Les inconvénients de cette technique sont le prix pour l’installation (autour de
CHF 3000) et les délais de transmission d’au minimum 250 ms pour la voie
descendante et souvent beaucoup plus pour la voie montante.
Les satellites GEO utilisent des fréquences dans la bande des micro-ondes, par
exemple de 10 à 17 GHz pour la transmission de données.
Satellites MEO
A une altitude inférieure que les satellites GEO se trouvent les satellites MEO. Pour
un observateur sur la Terre, ces satellites défilent lentement et effectuent une
révolution complète en 6 heures environ. Comme ils se trouvent plus près de la Terre,
leur zone de couverture est plus petite que celle des satellites GEO. Actuellement, ce
type de satellite n’est pas utilisé pour les réseaux de télécommunications. Les 24
satellites GPS (Global Positioning System) sont les satellites MEO les plus
importants.
Satellites LEO
Les systèmes LEO ont l’avantage de présenter un délai de propagation plus petit
(autour de 10 ms) que les systèmes GEO. En revanche, la nécessité d’avoir un grand
nombre de satellites pour recouvrir la Terre constitue l’inconvénient principal des
satellites LEO. Vers la fin des années 90, plusieurs sociétés ont développés des
réseaux de télécommunications basés sur les satellites LEO. Les plus importants
d’eux sont :
• Le réseau Iridium de Motorola avec 77 satellites prévus mais ensuite réduit à
66 satellites. Iridium a été le premier de ces projets ambitieux. Le lancement
des satellites à nécessité un investissement très important de 5 milliards de
dollar, sans avoir un succès commercial important. En effet, cette
investissement à conduit à des problèmes financiers de Motorola qui a vendu le
réseau entier en 1999 à un nouvel investisseur – pour un prix de 25 millions de
dollar ! Depuis 2001 le réseau est en service, offrant la transmission de la voix
et de données à travers le monde entier. Iridium est utilisé par exemple par dans
des pays sans infrastructure de télécommunications.
• Le réseau Globalstar, développé par un consortium américain autour de
Qualcomm et basé sur 48 satellites LEO.
• Le réseau Teledesic, initié entre autre par Bill Gates, le fondateur de Microsoft.
L’objectif de Teledesic était de fournir un accès à Internet à très haut débit,
allant jusqu’à 100 Mb/s voie montante et 720 Mb/s voie descendente pour les
utilisateurs individuels. Initialement, 288 satellites LEO ont été prévus, mais
plus tard les contraintes du marché ont conduit les concepteurs à une réduction

Chapitre 3: Médias de transmission 26/27


à 30 satellites. L’entrée en service est prévue pour 2005 mais récemment tous
les développements ont été suspendus.

6 Bibliographie
A. Tanenbaum, « Réseaux ; Cours et exercices » ; 3e édition ; Dunod / Prentice Hall ;
1996. Chapitres 2.2 et 2.3
G. Pujolle, « Les réseaux » ; édition 2003 ; Eyrolles ; 2003
P.-G. Fontolliet ; « Systèmes de Télécommunications » ; Traité d’Electricité, Vol.
XVIII ; Presses polytechniques et universitaires romandes ; 1996

Chapitre 3: Médias de transmission 27/27

Vous aimerez peut-être aussi