MODULE 12-B : TECHNIQUES DE PECHE.
PAR : FOHKEA MICHEL HERMON, INGÉNIEUR DES TRAVAUX HALIEUTES
Durée globale 180 heures réparties comme suit :
70 heures de théorie,
60 heures de travaux dirigés et travaux pratiques
50 heures en stage en exploitation
OBJECTIF GÉNÉRAL DU MODULE :
Apporter un conseil technico économique dans le domaine de la pêche.
SOUS-OBJECTIF DU MODULE :
Choisir un type (mode) de pêche, matériels
Elaborer des itinéraires techniques de transformation et le mode de commercialisation des produits de
la pêche
Réaliser des opérations techniques liées aux productions halieutiques et à leur transformation
Argumenter la nécessité d’un changement dans la pratique observée
Introduction générale
La pêche est une activité qui consiste à capturer les animaux aquatiques munis de branchies
(poissons, crustacés, mollusques, etc.) dans leur biotope (océans, mers, cours d’eau, étangs, lacs,
etc.). Plus de 12 millions de personne pratiquent cette activité à travers le monde. Il existe
plusieurs types de pêche à savoir la pêche continentale, la pêche côtière et la pêche hauturière. Au
Cameroun on a la pêche artisanale maritime, la pêche artisanale continentale, la pêche industrielle
et la pisciculture.
I- Différents types de pêche
1- La pêche continentale
Elle fait référence à la pêche dans les eaux intérieures (rivières, lacs, étangs). Ce pendant cette
source de nourriture et de revenus est soumis à une pression croissante de la part de l’homme et
du changement climatique.
Importance : fourni une source de protéine et est accessible, contribuant ainsi à la sécurité
alimentaire et à la réduction de la pauvreté.
Menaces : activité de l’homme (barrage, agriculture, l’urbanisation), la surpêche,
2- La pêche côtière
Contrairement à la pêche en haute mer, elle se pratique à moins de 20m de la ligne de cote. Elle
se fait avec les navires de petite taille et la durée des sorties est très courte (moins de 96h) ainsi
que les distances parcourues. Elle est aussi considérée comme une pêche artisanale
Importance : source de revenu et de subsistance pour les populations côtières, c’est un patrimoine
culturel, tourisme
3- La pêche hauturière
La pêche hauturière ou pêche au large est la pêche en mer pratiquée surtout sur des chalutiers de
30 à 50m pour des marées de 10 à 15 jours, sur la plupart des plateaux continentaux et façade
maritime. C’est une pêche qui nécessite des sorties en eaux profondes en océan et une remontée
de la voie navigable inter côtière, loin des côtes. La profondeur de l’eau doit être au moins de
30m pour être considérée comme une zone de pêche en haute mer.
II- Les différents types d’embarcations de pêche
Pirogue monoxyle : elle est formée d’une seule pièce taillée dans un tronc d’arbre. Les
plus grands sont propulsés par des moteurs hors-bord. Long de 4 à 6m et pouvant
atteindre 15m avec durée de vie de 5 à 20ans.
Pirogue monoxyle rehaussée de planche : contrairement au premier, elle a une bordée
qui augmente sa largeur et sa profondeur et protège sa coque de l’usure des frottements.
La pirogue nigériane : réalisée entièrement en planche, de forme rectangulaire sur les
cotés et triangulaire au niveau des extrémités. Les pièces sont jointes par d’innombrables
clous dont on distingue les lignes de cotés. La forme est caractérisée à l’avant par une
étrave réunissant les bordées des deux côtés. Avec une durée de vie de 5ans, les petites
unités avancent à la voile et plus grandes propulsées par un moteur hors-bord.
La pirogue ghanéenne watsha : embarcation monoxyle de grande dimension (12m), elle
est surmontée par une planche et se caractérise par d’un point de vue intérieur par un
certains nombre de compartiment et au milieu un pont sur lequel est installé la senne. Le
moteur HB est monté sur un chevalet en bois résistant situé en arrière de la pirogue.
La pirogue nigérienne watsha : c’est la version en planche de la pirogue ghanéenne
watsha avec possibilité de constructions de grandes embarcations pouvant atteindre
jusqu’à 18m de long sur 3m de large et 1,50m de profondeur. Sa durée moyenne de vie est
de 5ans.
La pirogue de pêche à la crevette de Bekumu : généralement construite en planche
mais certaines unités ont une base monoxyle assez importantes sur laquelle sont montées
ses bordées. Elle est caractérisée par un profil rectiligne et effilé, profond et large et peut
porter 30 à 40 filets à crevettes ainsi qu’un poids d’ancre de de 500kg.
Selon le MIDEPECAM (mission de développement de la pêche artisanale et maritime du
Cameroun), le nombre de pirogue de pêche artisanale est de 5 243 repartit de la manière
suivante : Ndian 1 635, Fako 1 137, Wouri 1 218, Sanaga maritime 445, Océan 808.
Les filets : ils peuvent être passifs en retenant les poissons dans leurs mailles (filet
maillant) ou actifs (senne) qui encerclent et capturent les grands bancs de poissons. Les
matériaux utilisés pour leur fabrication sont le nylon, le polyéthylène ou le monofilament.
Le filet épervier : ce sont des filets coniques que l’on lance à la main pour pêcher dans
eaux peu profondes
La senne de pêche : ce sont des grands filets que l’on utilise pour encercler les poissons
souvent dans les étangs ;
Le filet maillant : ce sont des filets constitués d’une seule nappe de mailles. Ils sont
souvent utilisés pour pêcher diverses espèces de poissons en mer, en rivière ou en étang.
Les tramails : ce sont des filets composés de trois nappes de maille de tailles différentes,
ce qui permet de piéger les poissons plus efficacement. Ils sont utilisés en mer, rivière,
étang.
Le chalut est un grand filet en forme d’entonnoir, trainé par un ou deux bateaux pour
capturer le poissons et d’autres espèces. Le chalut pélagique est utilisé en pleine eau pour
capturer les espèces tels que le maquereau ou le hareng, le chalut de fond quant à lui est
remorqué sur le fond marin pour capturer la sole, le turbot et le chalut à perche avec une
perche pour maintenir son ouverture pour pêcher les poissons plats comme la sole et les
crevettes.
Le chalut est remorqué par un ou deux bateaux et son ouverture est maintenue par des
panneaux qui écartent les ailes du filet ou par des perches et la forme conique du filet
permet la concentration des poissons dans la poche située en arrière.
Son impact sur l’environnement est que le chalut de fond nettement peut détruire les
habitats et perturber les écosystèmes
La pêche à la traine consiste à trainer un leurre ou un appât vif derrière un bateau
naviguant à vitesse variable selon que vous soyez près des cotes ou en mer.
La drague est un engin utilisé pour pêcher des espèces vivant sur ou dans le fond marin.
Elle trainé sur le fond marin et les organismes capturés sont retenus dans la poche de la
drague. On plusieurs type de dragues à savoir la drague à palourdes (équipé d’une lame
qui racle le sédiment, il est utilisé pour les palourdes et autres coquillages), la drague
hydraulique qui injecte l’eau sous pression pour déloger les coquillages et qui sont ensuite
aspirés dans la drague et la drague à coquilles Saint-Jacques qui est équipé des dents
métalliques pour racler les fonds et permet de pêcher les coquilles Saint-Jacques.
L’impact de ce type de pêche est qu’il peut endommager les habitats benthiques et
perturber les sédiments et affecter la faune.
La palangrotte : c’est un instrument de pêche consistant en quelques longueurs de nylon
et un ou plusieurs hameçons.
Les Acadjas : sont une technique traditionnelle d’aquaculture développée sur les étendues
d’eau d’Afrique de l’ouest, principalement dans le sud du Bénin. Il s’agit de parcs
aquatiques entourés des branches d’arbres et d’arbustes, coupées et enfouies à une
profondeur d’un à deux mètres environ, dans les lacs et lagunes. Les acadjas offrent ainsi
un habitat artificiel, propice au développement de certaines espèces de poissons.