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Civilisations

Le document traite des civilisations négro-africaines, mettant en lumière leur organisation sociale, économique et politique, ainsi que les impacts de l'Islam et de la colonisation sur ces sociétés. Il souligne l'importance des liens communautaires et des croyances traditionnelles, tout en décrivant les bouleversements sociaux, politiques et économiques causés par l'influence extérieure. En parallèle, il aborde la naissance et l'expansion de l'Islam, en détaillant ses principes et son impact sur les sociétés arabes et au-delà.

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Le document traite des civilisations négro-africaines, mettant en lumière leur organisation sociale, économique et politique, ainsi que les impacts de l'Islam et de la colonisation sur ces sociétés. Il souligne l'importance des liens communautaires et des croyances traditionnelles, tout en décrivant les bouleversements sociaux, politiques et économiques causés par l'influence extérieure. En parallèle, il aborde la naissance et l'expansion de l'Islam, en détaillant ses principes et son impact sur les sociétés arabes et au-delà.

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Lycée Kénia 2025/2026

M. KANDE TL2A

LES CIVILISATIONS NEGRO-AFRICAINES

INTRODUCTION
Le monde négro-africain regroupe les pays situés au sud du Sahara. C’est un espace géographique compris entre le
tropique du Cancer et le Cap de bonne espérance. Berceau de l’humanité, le monde négro africain a développé de
brillantes civilisations, mais a connu une évolution mouvementée à cause des agressions extérieures. L’Islam et la
colonisation ont eu des impacts considérables sur les cadres de vie des populations.
I / LA NOTION DE CIVILISATION
La civilisation se définit comme étant l’ensemble des manifestations et pratiques culturelles, mais aussi l’ensemble
des valeurs intellectuelles, philosophiques ou spirituelles, visibles et invisibles, subjectives ou objectives qui donnent
à un peuple un esprit et une âme et qui se manifeste à travers le manger (culinaire), le parler (l’art oratoire), le faire
(l’artisanat, la musique, le chant, la danse) et l’Etre en tant que manière de penser.
La définition se base sur des faits sociologiques bien précis : croyance, coutume, mœurs, langues, institutions
politiques, sociales, économiques.
Une civilisation doit pouvoir définir des attitudes à suivre devant des faits naturels et surnaturels. Elle doit pouvoir
donner des réponses aux grands problèmes moraux, métaphysiques, sociaux et politiques. Pour donner de telles
réponses la civilisation se base sur les traditions.
En définitive, la civilisation est comprise comme l’ensemble des caractères appartenant à une certaine société, vivant
sur un territoire déterminé à un certain moment de son histoire.
Les grandes civilisations se diffusent grâce aux guerres, aux langues commerciales, aux échanges intellectuels, à la
colonisation, la religion, les masses média…
II / L’ORIGINALITE DES CIVILISATIONS NEGRO-AFRICAINES
Elle réside dans l’organisation sociale, économique, les institutions politiques et les croyances religieuses.
1 / Les structures sociales
La société négro-africaine est essentiellement communautaire et hiérarchisée. Les individus sont regroupés en clans et
tribus, mais l’élément fondamental reste la collectivité familiale. Dans le clan, tous les membres sont frères et sœurs
sous l’autorité d’un patriarche. Le pouvoir est gérontocratique et un conseil des anciens assiste le chef et participe à
la prise de décision. Chaque unité sociale forme un tout au sein duquel l’homme se sent pleinement intégré. Un
profond lien de solidarité unit les membres de la famille, du clan, tous sensibles à leur commune appartenance. En
général, les mariages sont des alliances scellées par la dot.
Les jeunes, pour accéder au groupe des adultes doivent être initiés : circoncision, excision, scarification…
La société négro-africaine est fortement hiérarchisée et comprend 3 groupes :
* Les Nobles : on naît noble .On les trouve à la tête de l’État et de l’armée.
* Les hommes libres et les gens de castes : Ils sont artisans ou agriculteurs et travaillent pour leur propre compte.
Les gens de castes sont spécialisés dans le travail artisanal. En général les gens de caste ne peuvent se marier qu’entre
eux.
* Les esclaves : ils sont au bas de l’échelle sociale. Ce sont les principaux producteurs de la société. Ils ont des
descendants et possèdent des cases et des terres .Ils peuvent être affranchis.
2 / Les institutions politiques
On distingue plusieurs formes d’organisations politiques :
- La tribu : c’est un assemblage de clans liés en général par la langue. A sa tête, il y a un chef qui à un caractère
religieux. Celui-ci est assisté d’un conseil de chefs de clans et de dignitaires.
- Le royaume : La monarchie constitutionnelle est la forme la plus répandue : c’est un état centralisé. Le roi
appartient à la lignée fondatrice du royaume. Il avait un caractère sacré et détenait tous les pouvoirs politiques
militaires et religieux. Mais son pouvoir est limité par des conseillers et surtout par des coutumes ancestrales. En
réalité, le roi règne mais la coutume gouverne.
- les sociétés égalitaires : Dans certaines sociétés comme en basse Casamance, on note une absence d’hiérarchie. Le
pouvoir était collectif et détenu par les anciens.
3 / Une économie rurale
Dans les sociétés négro-africaines, on note une spécialisation de certains groupes sociaux : agriculteurs, éleveurs.
Chasseurs…
1
L’agriculture de substance, pour les besoins de l’alimentation, est la principale activité économique. La terre était une
propriété collective avec un système de faire valoir direct, mais le travail se fait en commun.
Chez les éleveurs Peuls, le bétail, signe de richesse, peut être une propriété collective ou individuelle.
Le système de troc a permis l’échange des produits, mais l’Afrique a connu aussi la monnaie faite de coquillages
(cauris) ou de pièces métalliques.
4 / Les religions traditionnelles
Elles sont marquées par une croyance vivace en l’existence de deux mondes : visible et invisible. Entre ces deux
mondes, l’homme est le sujet central, à la fois matérielle (corps), et immatérielle (âme). La mort n’est pas la fin de la
vie, mais sa continuation et les morts restent des membres de la société. Ils veillent sur les vivants. L’animisme est la
religion première des africains qui croient en l’existence d’une divinité supérieure. Mais, ils ne peuvent l’atteindre
que par l’intermédiaire des génies, des esprits, les mânes des ancêtres auxquels est voué un culte quotidien. On fait
souvent des offrandes aux génies, aux divinités, et aux ancêtres.
III / LES BOULEVERSEMENTS DU MONDE NEGRO-AFRICAIN
La pénétration de l’Islam, du Christianisme et la colonisation ont provoqué des mutations profondes dans les sociétés
négro-africaines jusqu’à leur faire perdre son authenticité.
1/ Les transformations sociales
Elles se traduisent par l’apparition d’une nouvelle hiérarchie sociale. La bourgeoisie noire, constituée de grands
planteurs, de commerçants, de hauts fonctionnaires et d’hommes d’affaires, est au sommet de la nouvelle hiérarchie
sociale. Des élites aliénées, méprisant leurs cultures sont devenues les subalternes dans l’administration coloniale.
Cette bourgeoisie a un niveau de vie très développé qui tranche avec celui de leurs compatriotes. En effet, à côté de
cette classe favorisée, on trouve les petits salariés, les ouvriers et les sans emploi qui constituent la population la plus
nombreuse.
La colonisation a entraîné un déséquilibre entre villes et campagnes et l’exode rural. L’introduction de l’argent dans
les sociétés a eu pour conséquence la dislocation des familles. L’individu à la recherche de l’argent tend à se délivrer
de la tutelle familiale.
2 / Les bouleversements des structures politiques
La colonisation a entraîné la destruction des royaumes traditionnels. Elle a porté des coups durs aux chefs
traditionnels qui ont été écartés du pouvoir, remplacés par des fonctionnaires nommés par l’autorité coloniale. De
nouvelles organisations politiques font leur apparition dans les colonies : partis politiques, associations…
La colonisation a provoqué la balkanisation du monde négro-africain, marquée par la création d’une multitude de
petits Etats aux frontières héritées du congrès de Berlin qui depuis les indépendances, à l’origine de nombreux
conflits frontaliers et de guerres inter étatiques.
3 / Les transformations économiques
La colonisation a entraîné un bouleversement de l’économie par l’introduction des cultures commerciales qui ont fait
reculer les cultures vivrières, provoquant une insuffisance alimentaire et une alimentation extravertie.
Les infrastructures de transports (routes, chemins de fer, ports, aéroports…) et de transformation (usines) étaient
orientées vers l’exploitation des richesses et l’exportation des matières premières vers la métrpole, au détriment du
développement local. Les importations de produits manufacturés ont détruit l’artisanat africain et freiné l’essor
technologique.
4 / Les mutations religieuses
L’Islam a bousculé les religions traditionnelles il a apporté l’écriture, le calendrier, changé le mode vestimentaire, le
mode d’héritage, enrichi les langues africaines, influencé la pratique du mariage, l’autorité familiale…
Mais les survivances de pratiques animistes, les Africains islamisés font du syncrétisme religieux. On parle alors d’un
islam noir.
Le christianisme n’a pas eu le même succès que l’islam. Il a eu du succès en Afrique Orientale et en Afrique
Centrale. Il a longtemps méprisé en bloc la superstition, le fétichisme et la sorcellerie des africains. C’est ce qui
explique que les missionnaires n’aient pas réussi à implanter le christianisme en profondeur. Mais par contre,
l’Afrique a africanisé le christianisme car, beaucoup de religions syncrétiques sont nées sur la base des emprunts au
christianisme et à l’animisme .Ex. Le Kimbanguisme au Congo ; le Harrisme en Côte d’Ivoire.
CONCLUSION
La civilisation négro-africaine caractérisée d’une part par l’importance des liens de parenté et la vie communautaire
et d’autre part par une économie de subsistance a connu de profondes mutations. Partout les Etats ont mis en place
des économies modernes et des systèmes de gouvernement qui parachèvent ainsi la transformation des sociétés
résolument tournées vers l’Occident.

2
LA CIVILISATION MUSULMANE
INTRODUCTION

Troisième religion révélée, l’Islam est né au VIIème siècle dans la péninsule arabique. Il est aujourd’hui pratiqué par
plus de 1 milliard d’adeptes, à travers toutes les régions du monde. Religion monothéiste révélée au prophète
Mouhamed, l’Islam s’appuie sur le coran, livre sacré et se caractérise par son dynamisme, malgré les nombreux
courants qui le traversent et qui sapent son unité organique. L’Umma tente de s’organiser à travers des organisations
telles que l’Organisation de la Communauté Islamique.
De puis la disparition du bloc de l’Est et la crise des idéologies occidentales, l’Islamisme s’oppose au capitalisme
triomphant.
I / L’ARABIE PREISLAMIQUE
1 / Un milieu physique hostile
La péninsule arabique est située à la jonction des continents asiatique et africain, au sud des deux grandes puissances
de l’époque, l’Empire Byzantin et l’Empire Perse. Cette zone est dotée d'un climat désertique ou semi désertique.
Montagneuse à l'Ouest et au Sud, elle est relativement plane à l'Est. Au Yémen, Le climat y est plus doux, notamment
en raison de l'influence de la Mousson. L'Arabie centrale est quant à elle une vaste zone de steppes arides,
entrecoupées de grandes mers de sable. La chaleur diurne y est insupportable en été. Un peu partout de longues
dépressions forment cependant le réceptacle d'oasis parsemées de plantations de palmiers-dattiers.
2 / Une population nomade et polythéiste
Les Arabes du Sud sont polythéistes. Ils adorent de nombreux dieux et déesses que personnifient les planètes Chaque
tribu avait une divinité particulière, différente de la divinité de la tribu voisine. Cependant les statuettes représentant
ces divinités semblent avoir été rassemblées au sanctuaire central de l'Arabie, la Kaaba, ce qui est le signe d'une
certaine unité.
Des villes marchés, la Mecque se distingue comme centre commercial et déjà comme lieu de culte, mais aussi comme
étape obligée pour les nombreuses caravanes qui sillonnent les pays du Yémen à la Palestine et de l'Ethiopie au Golfe
persique. La ville est également lieu de pèlerinage et l'on vient chaque année visiter la Kaaba et vénérer ses idoles.
Mais l'Arabie connaissait aussi l'influence des deux religions monothéistes d'alors : le Judaïsme et le Christianisme.
Les Juifs sont plus nombreux que les Chrétiens et forment d'importantes communautés comme à Yathrib ou au
Yémen.
II / LA NAISSANCE DE L’ISLAM
1 / Mohammed reçoit la révélation
La religion musulmane apparait au VIIème siècle de l’ère chrétienne. Le prophète Mohammed est né vers 570 à la
Mecque. À l'âge de quarante ans, Mohammed reçut sa première révélation de Dieu par l'intermédiaire de l'ange
Gabriel, lors de l’une de ses retraites dans une grotte du mont Hira, qui lui signifia qu’il a la mission de messager de
Dieu. Les révélations se poursuivirent pendant vingt-trois ans.
L’opposition violente de l’aristocratie mecquoise contraint Mohammed, en 622, à l’exil à Yathrib (la future Médine):
c’est l’Hégire qui marque le départ de l’ère musulmane. De Médine, il mènera plusieurs batailles contre les
Mecquois. En 630, il s’empare de la Mecque. En 632, il disparaît à Médine.
2 / Les principes de l’Islam dans le Coran
Le Coran est le livre sacré des Musulmans. Parole de Dieu, il est composé de 114 sourates
Islam est un mot arabe signifiant paix. Dans le contexte religieux, Islam signifie soumission à la volonté de Dieu. En
tant que révélation, divine, il implique la foi en un Dieu unique et absolu, Allah et à son envoyé Mohammed. L’Islam
exige une soumission inconditionnelle à Dieu et à sa volonté. Il condamne toute association à Allah d’une autre
divinité, tout attachement à un être ou une cause pouvant faire oublier dieu ou de s’éloigner de lui. Il s’affirme non
seulement comme la foi en un Dieu unique, mais aussi comme un cadre juridique de toute vie personnelle ou
collective, constitué par la loi islamique ou charia.
Le message de l’Islam est un message de paix de liberté, de fraternité et de charité. Religion universelle, l’Islam a
réussi à unir Arabes, Persans, Noirs, Blancs, Américains, Turcs, Indiens, Chinois…dans une seule communauté
(Umma) sans distinction de couleurs de peau, de langues ou de rang social.
3 / Une expansion rapide
Par leur position géographique, les territoires de Syrie et de Palestine sont les premiers à subir les raids musulmans.
L'offensive contre les territoires du Nord dominés par les Byzantins commence dès 632, à peine quelques semaines
après la mort du Prophète. Damas est prise une première fois en 635, perdue puis définitivement reconquise fin 636.
3
La même année, une armée envoyée par l'empereur byzantin Héraclius est défaite par les musulmans à Yarmuk. Les
Byzantins se replient alors vers le Nord pour tenter d'y réorganiser leur défense ; Jérusalem tombe en 638. Deux ans
plus tard, les musulmans deviennent les maîtres de la Syrie. Dès 639, les musulmans se lancent à la conquête de
l'Egypte. Quant à l'Empire Perse sassanide, il ne résiste pas à la défaite de Névahend en 642. Les musulmans
s'emparèrent de Persépolis en 648 et de Kaboul en 652.
En une centaine d’années, l’Islam se diffuse rapidement à l’ensemble du bassin méditerranéen par l’intermédiaire des
Arabes qui conquièrent l’Afrique du nord peuplée de longue date par les Berbères, puis, la péninsule ibérique dirigée
par des peuples germaniques. En Europe Occidentale, ils sont arrêtés à Poitiers par Charles Martel en 742.
La rapidité de la conquête s'explique par plusieurs facteurs, en premier lieu la faiblesse des empires byzantin et
sassanide, sortis d'une guerre de cinquante ans ; mais aussi l'effet de surprise pour les Byzantins (les Arabes n'ayant
jamais constitué un danger), l'enthousiasme religieux (guerre sainte), l'intendance de qualité (tradition caravanière) et
une parfaite connaissance du terrain.
II / DIVERSITE ET ORGANISATION DU MONDE MUSULMAN
1 / Les courants dans l’Islam
La religion islamique est unie, mais les expressions sont différentes du fait de la sensibilité des peuples qui
composent l’Umma. On distingue deux grandes branches :
- les Sunnites : composés de quatre courants, Hanafite, Malikites, Chaféites et Hanbalites. Les Sunnites sont
majoritaires dans le monde islamique et prennent pour critère de foi la sunna du prophète et de ses compagnons. Ils
estiment que le calife doit être choisi en fonction de son érudit, sa sagesse… et non son appartenance familiale.
- Les Chiites : Ils représentent 10 à 15 % des musulmans et sont les partisans d’une continuité dans la
descendance du prophète. Ils ne reconnaissent que l’autorité religieuse des imans descendants d’Ali.
L’Islam n’a pu imposer une uniformité comportementale de tous ses adeptes. Tout au contraire, en se "délocalisant",
l’Islam a puisé dans le fonds culturel des peuples non-arabes qui ont élargi sa base d’expansion territoriale, renforcé
sa vitalité confessionnelle et consolidé ses ambitions universelles. Si nous prenons pour exemple l’Afrique
occidentale, de l’atlantique à la boucle du Niger, les croyances traditionnelles sont restées vivaces dans l’esprit des
populations qu’elles soient urbaines ou rurales. Elles ont conduit à une modification notable des organisations et
pratiques religieuses importées. Au Sénégal, le phénomène des regroupements confrériques musulmans s’explique en
partie par le très fort sentiment des populations sénégalaises d’appartenir à une vieille civilisation dont les valeurs
doivent être préservées à tout prix. C’est ainsi que la création des grandes confréries religieuses musulmanes que sont
les Mourides, les Tidjanes, les Khadres et les Layènes du Sénégal constituent aux yeux des populations, une réponse
culturelle donnée à l’absence de clergé et donc d’autorité formelle qui caractérise l’islam sunnite
2 / Les tentatives d’organisation de la Umma
L’Umma regroupe des Etats pétroliers très riches et des Etats pauvres comme la Sierra Léone ou le Niger. Organiser
tout ce monde et faire face aux défis du XXIème siècle telle est la mission dévolue principalement à l’Organisation de
la conférence islamique. L’OCI est créée, en septembre 1969 au Maroc, en pleine crise palestinienne, après
l’incendie de la mosquée Al-Qods de Jérusalem, 3ème grande mosquée de l’Islam. Son objectif initial était alors de
prendre en charge la lutte du peuple palestinien. La charte de l’OCI signée, en 1972 à Djeddah, vise à sauvegarder les
lieux saints et soutenir la cause palestinienne, mais aussi la consolidation de la solidarité islamique entre les Etats
membres, le renforcement de la coopération et l’élimination de la discrimination raciale et du colonialisme sous
toutes ses formes.
L’OCI regroupe 57 pays membres, ce qui en fait est aujourd’hui la deuxième plus grande organisation
intergouvernementale après les Nations unies
La solidarité islamique se manifeste à travers les nombreux dons et subventions alloués aux pays pauvres de l’Umma
par les pays riches à travers des ONG comme le Fonds Koweitien de Développement et le Secours Islamique France
(SIF), fondé en 1991 qui a une vocation sociale et humanitaire. Il soutient les populations défavorisées dans plus de
30 pays.
Le 11ème sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), en mars 2008 à Dakar a mis en place Un
observatoire contre l’"islamophobie", afin de faire échouer toutes les campagnes de diffamation tendant à présenter
l’Islam comme une religion de violence, de guerre ou de terrorisme. Elle s’est engagée à venir en aide aux pays sous-
développés, notamment à travers un Fonds de solidarité islamique mis en place depuis 2007, grâce à l’appui de la
Banque islamique de développement (BID), d’un montant provisoire de 2,5 milliards de dollars.
La nouvelle charte signée à Dakar veut faire de l’OCI un acteur international reconnu, de par sa contribution à
l’instauration de la paix et la sécurité internationales, de l’entente et du dialogue des civilisations et la promotion des
relations d’amitié et de bon voisinage, ainsi que le respect mutuel et la coopération.
III / L’ISLAMISME FACE A LA CRISE DES IDEOLOGIES
1 / L’islamisme : une doctrine politique

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L’islamisme est un courant politique qui prône l’installation d’un Etat islamique. Il vise une application intégrale de
la charia à tous les aspects de la vie quotidienne, la soumission de l’existence humaine dans toutes ses dimensions
individuelles comme collectives à la loi coranique. L’islamisme est donc une idéologie qui se sert de l’Islam pour
asseoir son autorité et accéder au pouvoir politique. Il est à distinguer de l’Islam, car, si tous les islamistes sont
musulmans, tous les musulmans ne sont pas islamistes.
Au 19ème siècle, le triomphe de la Révolution industrielle et la domination du monde arabe par les puissances
occidentales avaient affaibli l’islam. L’islamisme était alors, un moyen de lutter contre la colonisation. Jusqu’au
début des années 1990, l’islamisme était en retrait à cause des rivalités entre capitalisme et communisme pendant la
Guerre Froide. A la disparition du communisme, Francis Fukuyama avait prophétisé la fin de l’histoire et le début de
la pensée unique. Ce fut une erreur de sa part, car la place laissée vacante par le communisme va être occupée par
l’islamisme.
L’essor de l’islamisme est lié, d’une part à l’échec du capitalisme dans les sociétés du tiers-monde où il s’est imposé.
En effet, il y a créé des inégalités sociales très fortes, développé l’individualisme, la corruption, la perte de la dignité
humaine, autant de maux combattus par l’Islam. Par contre, l’islamisme puise ses valeurs dans le coran et la sunna du
prophète et prône la solidarité, la tolérance, l’humilité…, interdit l’injustice, l’égoïsme, le mensonge… D’autre part
il est lié aux humiliantes défaites du monde arabe face à Israël soutenu par les occidentaux et principalement les
Etats-Unis d’Amérique.
La première victoire de l’islamisme fut obtenue en 1979 avec la révolution iranienne qui porta l’ayatollah Khomeiny
à la tête de l’Iran
L’essor de l’islamisme dans le monde à amener Samuel Huntincton à évoquer le choc des civilisations.
2 / Les modes d’actions des islamistes
On distingue deux principales modes d’action, l’une violente, l’autre pacifique :
- La mode violente : elle est portée par les intégristes djihadistes qui prônent une application stricte de la charia.
(Membres d’Al-Qaïda, Talibans en Afghanistan et au Pakistan, Aqmi en Afrique…). Ils commettent des attentats
contre les occidentaux ou leurs intérêts, pour faire passer leurs messages : attentats à New York (11 septembre), à
Bali (Indonésie), à Londres, à Djerba (Tunisie), d’autres comme Aqmi s’adonne à des rapts d’occidentaux. Ils sont en
conflit avec l’occident.
- La mode pacifique : Elle est utilisée par les islamistes modérés et consiste à diffuser les principes islamiques
à partir de cassettes, par des causeries, des conférences… afin de susciter des adhésions volontaires des individus aux
thèses des islamistes.

CONCLUSION

La civilisation musulmane est portée par des valeurs fortes et positives et continue de rayonner dans le monde, mille
trois cents soixante dix neuf ans après la mort du prophète. Seconde grande religion par le nombre, derrière le
Christianisme, l’Islam est aujourd’hui l’objet de plusieurs attaques venues de l’occident qui lui trouve un certain
archaïsme. L’OCI tente de faire face à ses attaques en organisant l’Umma et en encourageant le dialogue islamo-
chrétien.

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