T1 Seconde
T1 Seconde
La culture européenne est marquée par les civilisations antiques grecque et romaine. C’est à
Athènes qu’est née la démocratie. L’empire athénien a laissé des empreintes culturelles
importantes dans la Méditerranée. A sa suite, l’empire romain s’étend pendant près de 8 siècles,
en Méditerranée. Ces siècles d’impérialisme ont laissé des empreintes culturelles importantes.
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A – LES CITOYENS ATHÉNIENS
Parmi les nombreuses cités grecques, Athènes est la seule dont les habitants sont des citoyens.
Grâce à ce statut, les Athéniens participent au gouvernement. Cependant, l’accès à la
citoyenneté n’est réservé qu’à ceux qui remplissent toutes les conditions (sexe, âge, naissance,
service militaire, etc.). Ces nombreuses conditions font du statut de citoyen un privilège
réservé à une minorité de la population athénienne.
Aux Ve et Ive siècles avant J.-C. Athènes compte environ 400 000 habitants mais les citoyens
ne représentent que 10% environ de la population.
Les citoyens athéniens ont des droits, qui représentent de nombreux avantages :
• Des droits civils qui leur permettent de se marier avec la fille d’un citoyen et de posséder
des terres.
• Des droits juridiques qui leur permettent, s’ils sont accusés, de se défendre devant un
tribunal au cours d’un procès équitable.
• Des droits politiques qui leur permettent de discuter et de voter des lois.
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• Le financement des fêtes religieuses et de
l’armement des navires de guerre.
• La défense militaire de la cité ; les citoyens-
soldats de la cité les plus aisés sont chevaliers ou
hoplites et les moins aisés rament dans les trières.
• La participation à la religion civique en honorant
les dieux.
Frise des Panathénées, Entre 442 et 438 av. J.-C.
Ce sont les citoyens qui gouvernent à Athènes en respectant certains principes démocratiques.
Ils sont à la tête de différentes institutions. Il y a toutefois des dysfonctionnements dans cette
démocratie.
Le régime politique athénien est une exception dans le monde grec. En effet, alors que la
plupart des cités ont pour régime politique l’oligarchie, l’aristocratie ou la tyrannie, la cité
d’Athènes est une démocratie. Les principes démocratiques athéniens sont :
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• L’égalité des citoyens : Les citoyens athéniens sont égaux devant la loi, c’est l’égalité
juridique ou « isonomie ». Tous les citoyens acceptent d’obéir aux lois puisqu’elles sont
les mêmes pour tous et que chacun a participé à leur élaboration par le débat puis le
vote. La loi est donc l’expression de la volonté générale.
• La liberté des citoyens : Contrairement aux esclaves, les citoyens sont libres et donc
n’appartiennent à personne et sont maîtres de leurs corps. Ils jouissent de la liberté
d’expression qui leur permet de donner leur avis sur le gouvernement de la cité.
Le régime politique athénien repose sur des institutions démocratiques à travers lesquelles les
citoyens athéniens exercent leur souveraineté. On entend par institution un organe, une
structure qui assume une fonction précise dans le fonctionnement du système [Link]
fonctionnement du système judiciaire athénien est démocratique.
La démocratie directe implique la participation de tous les citoyens à la vie politique mais la
quantité de citoyens met à l’épreuve ce principe. En effet, pour mettre en œuvre la souveraineté
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et l’égalité du peuple, l’Ecclésia doit pouvoir réunir régulièrement et dans de bonnes conditions
près de 40 000 personnes. Or, la colline de la Pnyx où se déroulent les séances de l’Ecclésia
contient 6 000 places seulement. Les lois ne sont donc discutées et votées que par environ 15%
des citoyens soit une minorité restreinte.
La démocratie directe implique que les citoyens s’investissent et consacrent du temps à la vie
politique. Cependant, pour les citoyens les plus modestes, le temps passé dans les institutions
représente une perte financière. Les citoyens athéniens se désintéressent donc de la démocratie
et ne participent pas toujours aux débats publics et aux prises des décisions. Pour limiter
l’absentéisme des citoyens à l’Ecclésia, le stratège Périclès instaure en 454 av. J.-C, le
versement d’une indemnité : le misthos. Comparable au salaire des citoyens, son montant
représente la moitié du salaire quotidien d’un ouvrier.
Les citoyens athéniens sont théoriquement égaux mais, dans la pratique, le fonctionnement de
la démocratie génère des inégalités. Quelques familles aisées monopolisent le pouvoir. En effet,
les citoyens les plus riches sont plus présents dans les institutions, leur influence politique est
donc plus grande. De plus, ils prennent davantage la parole, et grâce à leur éducation, ils sont
les orateurs les plus persuasifs à l’Assemblée.
Les stratèges, qui doivent avoir des compétences militaires ne sont pas tirées au sort mais élus
pour un mandat d’un an renouvelable. Or, les campagnes électorales sont souvent biaisées par
le clientélisme, une stratégie employée par un citoyen riche qui utilise son argent pour
augmenter son pouvoir politique. Le clientélisme permet aux citoyens les plus riches de
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corrompre les plus pauvres en achetant leurs voix. Dans la démocratie athénienne, quelques
familles monopolisent donc les fonctions politiques importantes.
La démocratie n’intègre que la minorité des Athéniens qui sont citoyens, elle écarte donc de la
vie politique une grande partie de la population, pourtant indispensable au bon fonctionnement
du système démocratique :
• Les femmes : cantonnées dans leur rôle d’épouse, de mère et de ménagère, les femmes
transmettent pourtant le statut de citoyen à leur fils et occupent une place centrale dans
la vie religieuse.
• Les métèques : les étrangers qui pourtant enrichissent Athènes car ils sont artisans,
commerçants ou agriculteurs et payent un impôt pour pouvoir habiter la cité et doivent
la défendre.
• Les esclaves : propriété de leurs maîtres, les esclaves sont considérés comme des biens
qui peuvent être loués ou vendus. Par leur travail, les esclaves permettent aux citoyens
d’avoir du temps pour faire de la politique.
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II – L’établissement de l’empire maritime
athénien et la fin de la démocratie
L’empire athénien s’étend rapidement au Ve siècle av. J.-C. Il a d’abord pour but la défense
des cités grecques mais très vite, il impose son impérialisme, qui aura des avantages et des
inconvénients. La violence d’Athènes et la guerre du Péloponnèse conduisent à la fin de la
démocratie.
Les troupes perses L’armée du nouvel empereur La flotte grecque L’armée grecque
sont stoppées à perse Xerxès parvient à vaincre composée de 200 majoritairement
environ 40 km des soldats grecs dix fois moins navires athéniens composée d’hoplites
d’Athènes par les nombreux et dont une partie dirigée par la stratège envoyés par Spartes
grecs. Les s’enfuit, laissant le roi de Sparte Thémistocle parvient repoussent les Perses
hoplotes jouent un Léonidas et ses 300 soldats se à écraser la flotte hors de la Grèce.
rôle décisif pour faire massacrer dans les perse pourtant 3 fois
repousser Thermopyles. La ville d’Athènes plus nombreuse.
l’invasion perse. est mise à sacpar les Perses qui
l’incendient et détruisent les
temples de l’Acropole. Les
Athéniens sont même contraints
de se réfugier à Salamine.
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Première bataille (490 av.
J.-C.)
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2. LA LIGUE DE DÉLOS
La ligue fonctionne grâce à des institutions communes. Une fois par an, chaque cité envoie
une représenta nt au Conseil de la ligue situé au sanctuaire d’Apollon à Délos. C’est dans
cette assemblée, appelé synode, qu’ils discutent et votent les interventions militaires
nécessaires à la sécurité du monde grec.
La ligue est financée par un budget commun. Chaque membre y participe soit en fournissant
des navires de combat, soit, en payant un tribut appelé phoros (cotisation équivalent à 25 kg
d’argent). L’ensemble des sommes versées est conservé à Délos. Il s’agit du « Trésor de la
ligue ».
Grâce à la fondation de la ligue de Délos, la menace d’une nouvelle invasion perse s’éloigne.
L’alliance est maintenue mais elle se transforme à l’initiative d’Athènes. En effet, petit à petit,
le contrôle d’Athènes sur ses alliés se resserre et la liste des contraintes qui leur sont imposées
s’allonge :
• Sur le plan moral : Sans consulter le conseil de la ligue, Athènes instaure un serment
auquel chaque membre doit se soumettre au risque d’être accusé de trahison. Par ce
serment, ils doivent s’engager de façon solennelle à apporter un soutien militaire sans
faille à Athènes, payer le tribut régulièrement en apportant des offrandes à la déesse
Athéna, faire preuve d’obéissance et de loyauté envers Athènes, dénoncer les cités qui
bafouent leur serment, et, ne jamais se séparer de la ligue.
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• Sur le plan fiscal : A partir de 454 av. J.-C. Athènes prend seule le contrôle de la gestion
financière de la ligue. Ainsi, à l’initiative de Périclès, le Trésor de la ligue est délocalisé
de Délos à Athénes. C’est désormais l’Ecclésia qui fixe seule le montant du phoros.
Les alliés percoivent cela comme un impôt imposé et non plus comme une cotisation
consentie.
• Sur le plan militaire : Périclès dissout le Conseil de la ligue, les interventions militaires
ne sont plus ni débattues ni votées mais imposées par Athènes qui demande toujours
plus de navires à ses alliés. La flotte de la ligue est d’ailleurs mise à la disposition
d’Athènes puisqu’elle stationne dans son port du Pirée.
En contrepartie des efforts supplémentaires qu’elle exige, Athènes n’apporte rien de nouveau
à ses alliés puisqu’elle se contente de leur renouveler la promesse de sa protection militaire.
L’alliance devient donc très inégalitaire et déséquilibrée et ne sert désormais que les intérêts
athéniens. Coincés dans une ligue de plus en plus contraignante, les alliés se sentent davantage
menacés que protégés.
L’impérialisme athénien présente des avantages pour la cité d’Athènes car les citoyens sont
solidaires et la ville s’enrichit. Néanmoins, il présente aussi des inconvénients majeurs, car
Athènes devient de plus en plus violente et autoritaire ce qui conduit à de nouvelles guerres.
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1. LES AVANTAGES : LA SOLIDARITÉ CITOYENNE ET LA SITUATION FINANCIÈRE
Au Ve siècle, la politique extérieure d’Athènes aura des conséquences avantageuses sur son
régime politique intérieur.
Au milieu du Ve siècle av. J.-C., le contexte change : les Grecs voient la menace perse
disparaitre avec la signature de la paix de Callias en 449 av. J.-C. En théorie, la ligue de Délos
n’a plus de raison d’être mais Athènes fait pression pour la maintenir et part même à la conquête
de nouveaux alliés. Lorsque des révoltes commencent, Athènes devient plus autoritaire et
réprime ses opposants avec violence.
Certaines cités contestent l’impérialisme athénien et d’autres se rebellent en prenant les armes :
• En 468 av. J.-C., Naxos décide de ne plus mettre sa flotte au service d’Athènes.
• En 465 av. J.-C., Thasos refuse de laisser Athènes piller ses mines d’argent.
• En 445 av. J.-C., Eubée refuse d’intégrer la ligue de Délos.
• En 440 av. J.-C., Samos refuse d’adopter la monnaie athénienne.
Athènes réprime sans tarder chacune de ces révoltes pour éviter la contagion. Ainsi, les cités
rebelles sont systématiquement assiégées par les soldats athéniens et elles subissent les mêmes
sanctions dissuasives : détruire leurs murailles, livrer leur flotte, rembourser les frais de guerre
de l’armée athénienne, payer le tribut et livrer une partie de leur territoire aux colons athéniens.
Les révoltes suivantes se déroulent dans une autre contexte : la guerre du Péloponnèse.
Commencée en 431 av. J.-C., elle oppose deux modèles :
• D’un côté Athènes, la cité démocratique et impérialiste qui commande environ 150
cités,
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• De l’autre Sparte, une cité oligarchique épaulée par ses alliés de la ligue du Péloponnèse
qui comptent stopper l’expansionnisme athénien. Les deux cités entrent en conflit en
431.
En 428 av. J.-C., la cité de Mytilène refuse l’augmentation du tribut et quitte la ligue de Délos.
Ahtènes assiège la cité rebelle, détruit la flotte de Mytilène et colonise une partie de son
territoire. En 416 av. J.-C., Athènes est moins clémente avc la cité de Mélos, une cité neutre
qui refuse d’intégrer la ligue de Délos. Après l’échec des négociations, tous les hommes en âge
de porter les armes sont massacrés, les femmes et les enfants sont réduits en esclavage.
Lâchée par ses alliés à cause de sa violence, Athènes voit sa situation militaire se dégrader
rapidement au cours de la guerre du Péloponnèse.
Comme il l'avaient fait lors des guerres médiques, ils renoncent à combattre sur terre et
abandonnent donc aux Spartiates les campagnes de l'Attique. Mais une épidémie de peste
décime la population et l'empêche de préparer sa riposte. Périclès, désavoué, n'est pas réélu
stratège en 430 et meurt, peut-être victime de la maladie, en 429. Après 27 années de conflit,
Athènes est vaincue en 404 av. J.-C. par Sparte. Cette défaite conduit à la fin de la démocratie.
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• Réduction du corps des citoyens. Les seuls admis à l'Ecclesia sont désormais les
citoyens capables d'entretenir leur armement, autrement dit les membres des trois
classes censitaires supérieures.
• Suppression du misthos : Cela ôte toute possibilité aux citoyens qui ne peuvent pas se
permettre de quitter leur travail d'exercer des fonctions politiques ou judiciaires.
Le coup d'état ne dure pas. En 410 av. J.-C., le régime illégitime est renversé et la constitution
démocratique est rétablie. Si la démocratie est rétablie, elle reste néanmoins en crise.
Au Ive siècle av. J.-C., Athènes manque de soldats et d’argent alors qu’elle doit affronter une
nouvelle menace. Au nord, la
Macédoine du roi Philippe II veut
étendre son impérialisme à la Grèce.
Athènes tente de créer une seconde
confédération en unissant autour d’elle
les cités grecques mais c’est un échec :
le temps de la grandeur athénienne est
terminé. Les cités grecques sont battues
par Philippe II en 338 av. J.-C.
Centré sur la bassin méditérannéen, l’Empire romain forme un immense espace dans lequel
tous les peuples sont soumis à l’autorité de Rome. Conquis petit à petit pendant près de 8
siècles, l’Empire romain repose sur une puissance militaire importante. L’Empire romain
perdure grâce à une organisation administrative, économique et commerciale solide, ainsi
qu’à une bonne gestion de la citoyenneté.
L’Empire romain ne cesse de grandir du VIIIe siècle av. J.-C. au Ier siècle ap. J .-C. Il s’étend
alors sur 3 continents : l’Europe, l’Asie et l’Afrique.
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« Rome ne s’est pas faite en un jour » et c’est aussi le cas de l’empire romain. Après sa
fondation et sa consolidation aux VIIIe et VIIe siècles av. J.-C., la cité de Rome se lance dans
des conquêtes dont la première phase se déroule sous la République entre 509 et 27 av. J.-
C. Les armées composées de citoyens conquièrent la péninsule italienne aux Ive et IIIe siècles
av. J.-C. Après avoir vaincu la puissante cité de Carthage aux IIIe et IIe siècles av. J.-C., les
Romains prennent possession des rivages de la mer Méditerranée qu’ils surnomment Mare
Nostrum (traduisible par notre mer) en latin. Au Ier siècle av. J.-C., Jules César repousse encore
davantage les frontières de l’empire vers le nord grâce à la conquête de la Gaule.
A partir de 27 av. J.-C., l’Empire romain politique est instauré (régime dans lequel l’empereur
détient tous les pouvoirs). Ce changement de régime politique ne remet pas en cause la
dynamique expansionniste ; les empereurs romains successifs poursuivent les conquêtes.
Lorsqu’il atteint son extension maximale à la fin du IIe siècle apr. J.-C., l’Empire romain
mesure environ 5 millions de km2, soit 9 fois la taille de la France actuelle, et, compte près de
70 millions d’habitants répartis dans une quarantaine de provinces sur 3 continents.
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B – UN EMPIRE REPOSANT SUR LA FORCE MILITAIRE
La technique et la tactique de l’armée romaine sont très avancées. La marine militaire romaine
professionnelle domine la Méditerranée et la mer Noire grâce aux trirèmes et aux galères, des
navires de guerre rappelant les trières athéniennes. L’armée de terre se compose de soldats à
pied et de cavaliers. Le légionnaire romain est doté d’un équipement performant qui lui permet
de se défendre, avec son casque, sa cuirasse et son bouclier de bois, mais surtout d’attaquer
avec son glaive et son javelot.
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Enfin l’armée romaine suit une discipline
stricte. Sous les ordres des généraux nommés
par l’empereur, les légionnaires doivent donner
leur vie pour Rome. Lorsqu’une défaite
militaire laisse entendre que la discipline s’est
relâchée, notamment avec les désertions ou
mutineries, une procédure appelée
« décimation » est enclenchée. Il s’agit de
regrouper les coupables par dix et de faire
exécuter l’un d’entre eux par les neuf autres
après un tirage au sort. Les rescapés sont
rationnés et contraints de dormir en dehors du camp, exposés aux ennemis.
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C - L’ORGANISATION DE L’EMPIRE ROMAIN
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Dans chaque cité, une assemblée de citoyens élit un sénat local et
nomme des magistrats qui gèrent la cité.
L’empire romain fait payer à ses provinces des impôts, contrairement aux citoyens romains de
Rome et d’Italie qui ont le privilège de ne pas payer d’impôts. Les provinces doivent donc
payer un tribut qui a la forme d’impôts directs et indirects. Le travail de la terre, l’exploitation
des mines, la fabrication et la vente de produits ainsi que la circulation des marchandises sont
autant d’occasions pour Rome de prélever des taxes. Leur perception et gérée par une
administration spécialisée, le fiscus qui reverse les sommes perçues à l’aerarium, le trésor de
l’Etat sur lequel l’empereur a la main.
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3. LA GESTION DE LA CIOTYENNETÉ DANS L’EMPIRE ROMAIN
Avec l’extention de l’empire romain, le nombre de citoyens Les patriciens : Classe privilégiée et
augmente : réduite qui possède une grande partie des
terres et de l’élevage. Ce sont les
• Au Ve siècle av. J.-C., au début de la république, le nombre descendants des anciens fondateurs de la
ville et occupent les fonctions politiques les
de citoyens ne dépasse pas 200 000 et n’inclut que les
plus importantes.
habitants de Rome.
• Au IIIe siècle av. J.-C., le nombre de citoyens approche 300 Les plébéiens : Classe non privilégiée.
C’est la grande partie de la population
000.
(petits propriétaires terriens, artisans,
• Au Ier siècle av. J.-C., la citoyenneté sort de Rome commerçants).
lorsqu’une loi l’accorde à tous les habitants de l’Italie.
L’empereur Caracalla, qui règne de 211 à 217 après J.-C., choisit d’aller
encore plus loin dans l’extension de la citoyenneté. En 212 après J.-C.,
un édit accorde la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de
l’empire. Le statut de citoyen cesse d’être un privilège réservé à une
minorité et devient un droit universel accessible à tous. Au début du IIe
siècle apr. J.-C., le nombre de citoyens est multiplié par 10. Ils sont
désormais 60 millions dans l’empire.
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IV – L’empire romain : une mosaïque
culturelle et religieuse
L’empire romain est une mosaïque culturelle et religieuse : plusieurs peuples y cohabitent.
Pour permettre cette cohabitation, Rome entreprend une romanisation de l’empire : le mode
de vie romain s’étend et se mélange aux autres modes de vie. Plusieurs religions cohabitent
dans l’empire, qui voit naitre le christianisme.
A – LA ROMANISATION DE L’EMPIRE
• Une limite géographique car le mode de vie romain imprègne davantage les cités que
les campagnes.
• Une limite sociale car la culture est d’abord adoptée par les élites qui espèrent en tirer
un bénéfice économique et/ou politique.
• Une limite culturelle car la romanisation ne gomme pas les traditions régionales.
• Une limite religieuse puisque tout en pratiquant le culte impérial, les populations des
provinces continuent de vénérer les dieux traditionnels locaux, comme en Égypte ou en
Grèce.
Les Romains sont polythéistes. Sous l’empire, ils imposent leurs dieux ainsi que le culte
impérial aux peuples vaincus par le biais de la romanisation. Ils tolèrent cependant les autres
croyances à condition qu’elles se soumettent au culte impérial et ne perturbent pas l’ordre
public. Toutefois, l’arrivée de Jésus et ses enseignements vont être jugés hostiles par l’empire
ce qui entrainera la persécution de ses fidèles.
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voyages en Palestine, en Asie mineure, en Grèce et en Italie pour convertir les juifs et les non-
juifs. Les apôtres Luc, Jean, Marc et Matthieu vont rédiger les évangiles en grec qui forment
aujourd’hui le Nouveau testament.
Au IIIe siècle après J.-C. le prosélytisme chrétien devient un crime puni de mort : tous les
habitants de l’empire qui refusent de sacrifier en l’honneur des dieux romains sont
systématiquement persécutés. Les chrétiens sont donc contraints de pratiquer leur culte dans la
clandestinité. Ces mesures ne freinent pourtant pas la progression du christianisme et s’avèrent
même contre-productives. En effet, les chrétiens font des persécutés des martyrs, des modèles
à imiter pour obtenir « la vie éternelle » ce qui accélère les conversions.
A partir du IVe siècle après J.-C. les persécutions contre les chrétiens cessent. Sous l’empereur
Constantin, l’empire commence un processus de christianisation qui bouleverse la place de la
religion chrétienne dans l’empire romain, qui progressivement deviendra la seule religion
autorisée dans l’empire.
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• Il accorde des terres aux chrétiens qui organisent une institution hiérarchisée composée
d’évêques et de prêtres qui couvre progressivement la totalité de l’empire en s’appuyant
sur le découpage des provinces existantes : c’est la naissance de l’Église chrétienne.
En 325, après J.-C. l’empereur Constantin réunit les évêques chrétiens dans une ville proche
de Constantinople : c’est le concile de Nicée. Il souhaite clarifier les croyances et les pratiques
fondamentales du christianisme, à un moment où les communautés chrétiennes développent
des doctrines divergentes. Ce concile débouche sur la rédaction d’un texte surnommé Credo,
en latin « je crois », qui fixe le dogme chrétien et condamne d’hérésie tous ceux qui s’en
écartent. Les principales fêtes chrétiennes sont également intégrées au calendrier romain
comme par exemple la naissance du Christ le 25 décembre, sa crucifixion le vendredi saint et
sa résurrection le dimanche de Pâques.
En 330, Constantin inaugure une nouvelle cité inspirée de son nom : Constantinople.
Construite sur le site de l’ancienne cité grecque de Byzance, l’empereur chrétien veut en faire
une nouvelle capitale, une seconde Rome, mais chrétienne. Pour cela, un forum, un cirque, un
théâtre, des thermes et plusieurs lieux de culte chrétiens comme des églises et des basiliques
sont construits. En 337, Constantin se fait baptiser avant de mourir.
En 380, l’empereur Théodose impose un édit qui fait de la religion chrétienne la seule autorisée
dans l’empire : il s’agit de l’édit de Thessalonique. Cette situation de monopole débouche sur
la proclamation du christianisme comme religion officielle de l’Empire romain. En 391,
Théodose interdit le paganisme, c’est-à-dire que tous les cultes païens qui concurrencent la
religion chrétienne sont mis hors la loi. Ainsi, le monothéisme chrétien devient une obligation
légale et le polythéisme est criminalisé. L’empire romain est donc désormais aussi un empire
chrétien. Un lien de dépendance relie désormais le pouvoir politique détenu par l’empereur et
le pouvoir religieux revendiqué par l’Église chrétienne.
Aux IIIe et IVe siècles, les migrations vers l’ouest des peuples « barbares » en provenance
d’Asie et d’Europe centrale cassent la dynamique de paix et de prospérité de l’empire romain.
Pour les romains, les peuples « barbares » sont des étrangers. Ils se distinguent :
• Par leur localisation car ils sont situés à l’extérieur des limites de l’empire ;
• Par leur langue puisqu’ils ne parlent pas le latin, ce qui pour les Romains est la preuve
de l’infériorité et de la « barbarie » de leur mode de vie, de leur culture ;
• Par leur religion puisqu’ils sont païens.
Sous l’Empire romain, les tribus barbares, attirées par les richesses des cités, franchissent
régulièrement la frontière pour piller. Ces incursions sont cependant repoussées par les légions
romaines, supérieures en nombre, mieux organisées et armées. Aux Ier et IIe siècles après J.-
C. la supériorité militaire des légions romaines permet de contenir les barbares derrière les
limes (frontières fortifiées). La gestion des peuples barbares demeure néanmoins une
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préoccupation majeure pour tous les empereurs et une question stratégique pour la survie de
l’empire. Les barbares démontrent régulièrement leur capacité d’intrusion et rappellent aux
Romains leur vulnérabilité :
• En 9 après J.-C. lorsque les Germains massacrent 10% de l’armée romaine au cours de
la bataille de Teutobourg, Auguste est contraint de renoncer à la conquête de la
Germanie.
• Aux Ier et IIe siècles après J.-C. les légions romaines sont vaincues par les Daces et les
Parthes.
• Au IIIe siècle après J.-C. la situation aux frontières se dégrade puisque Rome doit faire
face à la pression exercée au nord par les Germains, à l’est par les Perses et au sud par
les Maures.
• En 260 après J.-C. la défaite de l’empereur Valérien fait prisonnier par les Perses,
prouve que la capacité de résistance de l’empire décline.
Aux IVe et Ve siècles après J.-C. le contexte se détériore. Des nomades venus d’Asie, appelés
les Huns poussent les différents peuples germains vers l’ouest. Ainsi, les Wisigoths, les
Alamans, les Vandales ou encore les Francs se pressent aux frontières de l’empire romain et
l’envahissent. En 378 après J.-C. à Andrinople, l’armée romaine est anéantie par les Goths et
l’empereur est tué.
• L’empire romain d’occident s’effondre sous la pression barbare. Rome est pillée et en
partie brûlée par les Wisigoths d’Alaric en 410 puis par les Vandales de Genséric en
455. En 476, Odoacre force le dernier empereur romain Romulus Augustule à
abdiquer : c’est la chute de l’empire romain d’occident, remplacé par les royaumes
barbares.
• L’empire romain d’orient parvient à résister et fait perdurer l’héritage romain jusqu’à
la fin du Moyen-âge en 1453, date de la prise de Constantinople.
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