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Chapitre 1: Les Empreintes Grecques Et Romaines

Le document traite des empreintes grecques et romaines sur la culture méditerranéenne, en se concentrant sur l'invention de la démocratie à Athènes. Il décrit les conditions d'accès à la citoyenneté, les droits et devoirs des citoyens, ainsi que les principes et dysfonctionnements de la démocratie athénienne. Enfin, il souligne les exclusions de la démocratie, notamment des femmes, des métèques et des esclaves.

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Chapitre 1: Les Empreintes Grecques Et Romaines

Le document traite des empreintes grecques et romaines sur la culture méditerranéenne, en se concentrant sur l'invention de la démocratie à Athènes. Il décrit les conditions d'accès à la citoyenneté, les droits et devoirs des citoyens, ainsi que les principes et dysfonctionnements de la démocratie athénienne. Enfin, il souligne les exclusions de la démocratie, notamment des femmes, des métèques et des esclaves.

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Thème 1 : Le monde méditerranéen : empreintes de l’Antiquité et du Moyen-âge

Chapitre 1 : Les empreintes grecques et


romaines

La culture européenne est marquée par les civilisations antiques grecque et romaine. C’est à
Athènes qu’est née la démocratie. L’empire athénien a laissé des empreintes culturelles
importantes dans la Méditerranée. A sa suite, l’empire romain s’étend pendant près de 8 siècles,
en Méditerranée. Ces siècles d’impérialisme ont laissé des empreintes culturelles importantes.

Comment les cultures d’Athènes et de Rome ont-elles marqué la Méditerranée ?

I – L’invention de la démocratie à Athènes

Athènes se trouve en Grèce dans la région de l’Attique.


Athènes est la plus riche et la plus puissante de toutes les cités
grecques.

A la fin du VI° siècle avant JC, la cité d’Athènes connaît une


période difficile. Beaucoup d’Athéniens sont très pauvres et
sont endettés. La société est très injuste, une minorité de riches
gouverne une majorité de pauvres. Clisthène pense alors à
mettre en place un nouveau système politique dans lequel les
habitants seraient égaux pour gouverner la cité. En 507 av JC,
Clisthène décrète que tous les citoyens disposent des mêmes
droits et des mêmes devoirs. Les citoyens pourront voter pour
choisir ceux qui dirigent la cité. C’est ainsi que l’idée de
démocratie nait à Athènes.
A – LES CITOYENS ATHÉNIENS

Les conditions d’accès à la citoyenneté sont limitées à Athènes. La citoyenneté donne de


nombreux droits mais impose également des devoirs.

1. LES CONDITIONS D’ACCÈS À LA CITOYENNETÉ

Parmi les nombreuses cités grecques, Athènes est la seule dont les habitants sont des citoyens.
Grâce à ce statut, les Athéniens participent au gouvernement. Cependant, l’accès à la
citoyenneté n’est réservé qu’à ceux qui remplissent toutes les conditions (sexe, âge, naissance,
service militaire, etc.). Ces nombreuses conditions font du statut de citoyen un privilège
réservé à une minorité de la population athénienne.

Pour obtenir la citoyenneté :

• Il y a d’abord une condition de sexe et d’âge


puisque seuls les hommes de plus de 18 ans
peuvent devenir citoyens.
• Il y a aussi une condition de naissance puisqu’il
faut être né d’un père citoyen et d’une mère dont
le père est citoyen. Ce décret que Périclès fait
voter en 451 avant J.-C. va restreindre l’accès à
la citoyenneté.
• Il y a aussi une condition administrative
puisqu’il faut être libre, avoir été inscrit sur un
registre et avoir réussi le service militaire de deux
ans appelé l’éphébie.

Aux Ve et Ive siècles avant J.-C. Athènes compte environ 400 000 habitants mais les citoyens
ne représentent que 10% environ de la population.

2. LES DROITS ET LES DEVOIRS DES CITOYENS

Les citoyens athéniens ont des droits, qui représentent de nombreux avantages :

• Des droits civils qui leur permettent de se marier avec la fille d’un citoyen et de posséder
des terres.
• Des droits juridiques qui leur permettent, s’ils sont accusés, de se défendre devant un
tribunal au cours d’un procès équitable.
• Des droits politiques qui leur permettent de discuter et de voter des lois.

En contrepartie de ces avantages, les citoyens athéniens ont des devoirs :

• La prise en charge des dépenses de la cité, appelées les liturgies.


• Le financement des fêtes religieuses et de
l’armement des navires de guerre.
• La défense militaire de la cité ; les citoyens-
soldats de la cité les plus aisés sont chevaliers ou
hoplites et les moins aisés rament dans les trières.
• La participation à la religion civique en honorant
les dieux.
Frise des Panathénées, Entre 442 et 438 av. J.-C.

B – LE GOUVERNEMENT D’ATHÈNES PAR LES CITOYENS

Ce sont les citoyens qui gouvernent à Athènes en respectant certains principes démocratiques.
Ils sont à la tête de différentes institutions. Il y a toutefois des dysfonctionnements dans cette
démocratie.

1. LES PRINCIPES DÉMOCRATIQUES ATHÉNIENS

Le régime politique athénien est une exception dans le monde grec. En effet, alors que la
plupart des cités ont pour régime politique l’oligarchie, l’aristocratie ou la tyrannie, la cité
d’Athènes est une démocratie. Les principes démocratiques athéniens sont :

• La souveraineté des citoyens : Dans la démocratie athénienne, les citoyens commandent


et personne d’autre que le peuple n’a le pouvoir de décider. Puisque les citoyens votent
les lois eux-mêmes, sans intermédiaires, il s’agit d’une démocratie.
• L’égalité des citoyens : Les citoyens athéniens sont égaux devant la loi, c’est l’égalité
juridique ou « isonomie ». Tous les citoyens acceptent d’obéir aux lois puisqu’elles sont
les mêmes pour tous et que chacun a participé à leur élaboration par le débat puis le
vote. La loi est donc l’expression de la volonté générale.
• La liberté des citoyens : Contrairement aux esclaves, les citoyens sont libres et donc
n’appartiennent à personne et sont maîtres de leurs corps. Ils jouissent de la liberté
d’expression qui leur permet de donner leur avis sur le gouvernement de la cité.

2. LES INSTITUTIONS DÉMOCRATIQUES ATHÉNIENNES

Le régime politique athénien repose sur des institutions démocratiques à travers lesquelles les
citoyens athéniens exercent leur souveraineté. On entend par institution un organe, une
structure qui assume une fonction précise dans le fonctionnement du système [Link]
fonctionnement du système judiciaire athénien est démocratique.

Chaque citoyen peut être désigné


par tirage au sort au Tribunal de
l’Héliée. Lors du procès,
l’accusation et la défense
s’expriment librement et de façon
équitable puisque le temps de parole
est mesuré par une clepsydre. Pour
juger, les jurés choisissent soit un
jeton à tige pleine, qui désigne la
condamnation soit un jeton à tige
creuse qui désigne l’acquittement.
En tenant le jeton par la tige et en le
déposant dans une amphore opaque,
les jurés votent librement sans
pression. Le verdict est rendu après
le comptage des jetons à la majorité.

C – LES DYSFONCTIONNEMENTS DE LA DÉMOCRATIE ATHÉNIENNE

1. LA FAIBLE PARTICIPATION DES CITOYENS

La démocratie directe implique la participation de tous les citoyens à la vie politique mais la
quantité de citoyens met à l’épreuve ce principe. En effet, pour mettre en œuvre la souveraineté
et l’égalité du peuple, l’Ecclésia doit pouvoir réunir régulièrement et dans de bonnes conditions
près de 40 000 personnes. Or, la colline de la Pnyx où se déroulent les séances de l’Ecclésia
contient 6 000 places seulement. Les lois ne sont donc discutées et votées que par environ 15%
des citoyens soit une minorité restreinte.

La démocratie directe implique que les citoyens s’investissent et consacrent du temps à la vie
politique. Cependant, pour les citoyens les plus modestes, le temps passé dans les institutions
représente une perte financière. Les citoyens athéniens se désintéressent donc de la démocratie
et ne participent pas toujours aux débats publics et aux prises des décisions. Pour limiter
l’absentéisme des citoyens à l’Ecclésia, le stratège Périclès instaure en 454 av. J.-C, le
versement d’une indemnité : le misthos. Comparable au salaire des citoyens, son montant
représente la moitié du salaire quotidien d’un ouvrier.

2. L’ÉGALITÉ RELATIVE ENTRE LES CITOYENS

Les citoyens athéniens sont théoriquement égaux mais, dans la pratique, le fonctionnement de
la démocratie génère des inégalités. Quelques familles aisées monopolisent le pouvoir. En effet,
les citoyens les plus riches sont plus présents dans les institutions, leur influence politique est
donc plus grande. De plus, ils prennent davantage la parole, et grâce à leur éducation, ils sont
les orateurs les plus persuasifs à l’Assemblée.

Les stratèges, qui doivent avoir des compétences militaires ne sont pas tirées au sort mais élus
pour un mandat d’un an renouvelable. Or, les campagnes électorales sont souvent biaisées par
le clientélisme, une stratégie employée par un citoyen riche qui utilise son argent pour
augmenter son pouvoir politique. Le clientélisme permet aux citoyens les plus riches de
corrompre les plus pauvres en achetant leurs voix. Dans la démocratie athénienne, quelques
familles monopolisent donc les fonctions politiques importantes.

3. LES EXCLUS DE LA DÉMOCRATIE

La démocratie n’intègre que la minorité des Athéniens qui sont citoyens, elle écarte donc de la
vie politique une grande partie de la population, pourtant indispensable au bon fonctionnement
du système démocratique :

• Les femmes : cantonnées dans leur rôle d’épouse, de mère et de ménagère, les femmes
transmettent pourtant le statut de citoyen à leur fils et occupent une place centrale dans
la vie religieuse.
• Les métèques : les étrangers qui pourtant enrichissent Athènes car ils sont artisans,
commerçants ou agriculteurs et payent un impôt pour pouvoir habiter la cité et doivent
la défendre.
• Les esclaves : propriété de leurs maîtres, les esclaves sont considérés comme des biens
qui peuvent être loués ou vendus. Par leur travail, les esclaves permettent aux citoyens
d’avoir du temps pour faire de la politique.

En réservant exclusivement la communauté civique aux citoyens, Athènes adopte une


conception restrictive de la citoyenneté. Ainsi, les citoyens restent une minorité de privilégiés.
Néanmoins, afin de maintenir la cohésion de la cité, les exclus de la citoyenneté sont conviés
aux fêtes religieuses.

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