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Cours BM

Le cours de Biologie Moléculaire, dispensé par le Prof. Dr. Amine Assouguem à l'Université Moulay Ismaïl, couvre des sujets essentiels tels que la structure du génome, la réplication de l'ADN, la transcription et la traduction, ainsi que la régulation de l'expression des gènes. Il met en lumière les différences entre les génomes procaryotes et eucaryotes, ainsi que les applications pratiques de la biologie moléculaire dans des domaines comme la médecine, la biotechnologie et l'agriculture. Le cours inclut également une introduction aux techniques de biologie moléculaire modernes.

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Cours BM

Le cours de Biologie Moléculaire, dispensé par le Prof. Dr. Amine Assouguem à l'Université Moulay Ismaïl, couvre des sujets essentiels tels que la structure du génome, la réplication de l'ADN, la transcription et la traduction, ainsi que la régulation de l'expression des gènes. Il met en lumière les différences entre les génomes procaryotes et eucaryotes, ainsi que les applications pratiques de la biologie moléculaire dans des domaines comme la médecine, la biotechnologie et l'agriculture. Le cours inclut également une introduction aux techniques de biologie moléculaire modernes.

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Faculté des Sciences et Techniques Errachidia

Cours de
Biologie Moléculaire
S4

Prof. Dr. Amine Assouguem


Département : Biologie
Année universitaire : 2025 – 2026
Université Moulay Ismaïl – Meknès
Cours : Biologie Moléculaire

PLAN

• Chapitre 1 : Introduction, Structure et Organisation du

Génome procaryote et eucaryote

• Chapitre 2 : Réplication de l’ADN

• Chapitre 3 : Transcription et Maturation des ARN

(Expression des gènes procaryotes et eucaryotes)

• Chapitre 4 : Traduction

• Chapitre 5 : Régulation de l'expression des gènes

• Chapitre 6 : Mutations et réparations de l’ADN

• Chapitre 7 : Initiation aux techniques de biologie moléculaire

2
Chapitre 1 : Introduction, Structure et Organisation du
génome procaryote et eucaryote

1 Introduction

La biologie moléculaire est une discipline fondamentale des sciences de la vie qui étudie les
processus biologiques à l'échelle des molécules. Elle se concentre principalement sur l'ADN
(acide désoxyribonucléique), l'ARN (acide ribonucléique) et les protéines, en mettant l'accent
sur la manière dont l'information génétique est stockée, transmise, exprimée et régulée au sein
des cellules.

Les découvertes en biologie moléculaire ont révolutionné la compréhension des mécanismes


cellulaires, notamment :

 La structure de la double hélice d'ADN (Watson & Crick, 1953),


 La transcription de l'ADN en ARN,
 Le décryptage du code génétique,
 La traduction de l'ARN en protéines,
 Les mécanismes de régulation de l'expression des gènes,
 Et les mutations pouvant altérer ces processus.

Cette discipline est à la base de nombreuses avancées scientifiques et médicales telles que :

 La mise au point des tests génétiques,


 Le diagnostic des maladies héréditaires,
 Le développement de thérapies ciblées,
 La production de médicaments par génie génétique (insuline recombinante, vaccins à
ARN),
 La création d'organismes génétiquement modifiés (OGM).

Elle mobilise également des techniques de pointe comme :

 La PCR (réaction en chaîne par polymérase),


 Le séquençage de l'ADN,
 La manipulation de l'ADN (clonage, édition génique CRISPR),
 L’analyse de l’expression des gènes (puces à ADN, transcriptomique).

Ainsi, la biologie moléculaire constitue une base essentielle pour comprendre la cellule au
niveau moléculaire et explorer les applications dans la recherche biomédicale, l’agriculture et
la biotechnologie. Elle s'intéresse particulièrement à l'ADN, l'ARN et aux protéines, ainsi qu'à
leurs interactions dans les cellules vivantes. Cette discipline permet de comprendre les

3
mécanismes cellulaires complexes, de découvrir l'origine de certaines maladies génétiques, et
de développer des outils biotechnologiques modernes (PCR, séquençage, clonage...).

2 Génétique procaryote vs eucaryote

Tableau : Comparaison des caractéristiques du génome chez les procaryotes et les eucaryotes

Caractéristiques Procaryotes Eucaryotes

ADN circulaire, localisé dans le


Organisation du ADN linéaire, contenu dans un noyau
nucléoïde (non séparé du
génome délimité par une membrane nucléaire
cytoplasme)

Nombre de En général un seul chromosome


Plusieurs chromosomes linéaires
chromosomes circulaire principal

Présence
Généralement absents Présents dans la plupart des gènes
d’introns

absence d’histones classiques


ADN associé à ADN enroulé autour d'histones
(présence de protéines analogues
des protéines formant des nucléosomes
chez certaines archées)

Petite (quelques milliers à quelques Grande (plusieurs millions à


Taille du génome
millions de paires de bases) plusieurs milliards de paires de bases)

Les procaryotes (comme les bactéries) possèdent une organisation génétique simple mais
efficace. Leur génome est généralement compact, avec peu de séquences non codantes. Les
gènes sont organisés souvent en opérons, c'est-à-dire en groupes de gènes régulés ensemble et
transcrits sous forme d’un seul ARNm polycistronique. Cela permet une réponse rapide aux
changements environnementaux.

En revanche, les eucaryotes disposent d’un génome beaucoup plus vaste et structuré. La
transcription et la traduction sont séparées dans l’espace : l’ADN est transcrit dans le noyau,
puis l’ARNm est exporté vers le cytoplasme pour être traduit. Cette compartimentation permet
un contrôle plus fin de l’expression des gènes. Les gènes eucaryotes contiennent des introns
(séquences non codantes) qui sont retirés lors de la maturation des ARN. Cette organisation
permet également des phénomènes comme l’épissage alternatif, qui augmente la diversité des
protéines produites à partir d’un même gène.

Enfin, les génomes eucaryotes contiennent de nombreuses séquences répétées, des régions
régulatrices complexes et sont soumis à des mécanismes épigénétiques de régulation, comme
la méthylation de l’ADN ou les modifications des histones.

4
3 Organisation du génome eucaryote

Chez les eucaryotes, l'information génétique est stockée sous forme de chromosomes linéaires
localisés dans le noyau cellulaire. Ces chromosomes sont composés d'ADN enroulé autour de
protéines histones, formant un complexe appelé chromatine.

La chromatine existe sous deux formes principales :

 Euchromatine : peu condensée, transcriptionnellement active, elle permet l'accès aux


enzymes de transcription.
 Hétérochromatine : condensée, généralement inactive, localisée aux pôles des
chromosomes (centromères et télomères).

Structure génétique

Le génome eucaryote se caractérise par :

 Des gènes composés d'exons (séquences codantes) et d'introns (non codantes), ces
derniers étant éliminés lors de la maturation de l'ARN.
 Des séquences régulatrices permettant de moduler l'expression des gènes :
o Promoteurs : sites de départ de la transcription.
o Enhancers (amplificateurs) : augmentent l'expression d'un gène.
o Silencers : répriment l'expression génique.
 Des séquences répétitives comme :
o ADN satellite : présent dans les centromères, joue un rôle structural.
o Minisatellites et microsatellites : utilisés en empreinte génétique (profil ADN,
tests de paternité).
o Transposons : séquences mobiles dans le génome influençant l'évolution
(mutation) et parfois la régulation des gènes.

Télomères

Les chromosomes eucaryotes possèdent des télomères, qui sont des répétitions d'unités courtes
d'ADN non codant (à base de 5' — T T A G G G — 3' chez l'humain). Ils protègent les
extrémités chromosomiques contre la dégradation ou la fusion avec d'autres chromosomes.
Leur raccourcissement progressif au fil des divisions cellulaires est associé au vieillissement
cellulaire.

Organisation fonctionnelle

Le génome est organisé en domaines chromosomiques fonctionnels avec des régions


actives/inactives, influencées par :

 La structure de la chromatine (modifications d'histones, méthylation de l'ADN).


 La localisation dans le noyau (zones périphrériques souvent silencieuses).

5
Ainsi, l'organisation du génome eucaryote reflète la complexité des fonctions cellulaires et la
nécessité d'une régulation fine de l'expression génétique.

Figure : Organisation et structure du génome eucaryote

4 Organisation du génome mitochondrial

Le génome mitochondrial est un petit génome circulaire présent à l'intérieur des mitochondries,
organites responsables de la production d'énergie dans la cellule (via la respiration cellulaire).
Il est spécifique aux cellules eucaryotes.

Caractéristiques principales :

 ADN circulaire double brin, sans histones.


 Taille réduite : environ 16 569 paires de bases chez l'humain.
 Transmis uniquement par voie maternelle, car les mitochondries du spermatozoïde
sont dégradées à la fécondation.
 Comporte 37 gènes chez l'humain :
o 13 gènes codent pour des protéines de la chaîne respiratoire mitochondriale
(ex. NADH déshydrogénase, cytochrome c oxydase).
o 22 ARNt
o 2 ARNr

Fonctionnement :

 Le génome mitochondrial est semi-autonome : il code certains composants de la


mitochondrie mais dépend aussi du génome nucléaire pour la majorité des protéines.
 Il possède ses propres systèmes de transcription et de traduction, avec un code
génétique légèrement différent de celui du noyau.

6
Figure : Organisation du génome mitochondrial

Tableau : Résumé de l’organisation du génome mitochondrial

Élément Couleur Rôle

Composants des complexes I, III, IV et V de la chaîne


Protéines (13 gènes) Vert
respiratoire

ARNt (22 gènes) Jaune Traduction des protéines mitochondriales

Contrôle de la transcription et réplication du génome


D-loop (1 région) Bleu
mitochondrial

5. Organisation du génome procaryote

Le génome des procaryotes (bactéries et archées) présente une organisation simple mais
hautement efficace, adaptée à leur mode de vie rapide et énergétiquement optimisé. Voici ses
principales caractéristiques :

7
 ADN circulaire : Un seul chromosome circulaire constitue la majeure partie du
génome, localisé dans une région du cytoplasme appelée nucléoïde.
 Absence de noyau : Contrairement aux eucaryotes, il n'existe pas de membrane
nucléaire.
 Compact : absence d’histones classiques (présence de protéines analogues chez
certaines archées), ce qui permet une transcription directe et efficace.
 Organisation en opérons : Plusieurs gènes codant pour des protéines aux fonctions
liées peuvent être transcrits ensemble en un seul ARN messager (ARNm
polycistronique).
 Plasmides : Petites molécules d'ADN circulaire supplémentaires, indépendantes du
chromosome principal. Ils peuvent contenir des gènes de résistance aux antibiotiques
ou de virulence, et sont transmis entre bactéries par conjugaison.
 Réplication rapide : Le génome peut se répliquer rapidement, permettant des temps de
division très courts (parfois moins de 20 minutes).

L’efficacité de cette organisation permet aux bactéries de réagir très rapidement à des stimuli
environnementaux en modifiant l’expression de leurs gènes grâce à des systèmes de régulation
simples mais précis, comme l’opéron lactose (lac).

Figure : Organisation du génome procaryote et structure de l’opéron

6 Applications

8
Les connaissances en biologie moléculaire ont des retombées dans de nombreux domaines
scientifiques et industriels. Voici quelques exemples concrets :

1. Génomique

 Séquençage complet du génome humain (projet HGP : Human Genome Project).


 Études de génomes entiers chez les plantes, animaux, bactéries, virus.
 Analyse comparative entre espèces (phylogénie, évolution).

2. Médecine moléculaire

 Dépistage de mutations génétiques responsables de maladies (mucoviscidose,


drépanocytose, cancers héréditaires comme BRCA1/2).
 Diagnostic prénatal et néonatal.
 Identification de pathogènes par PCR (VIH, SARS-CoV-2, HPV...).
 Médecine personnalisée basée sur le profil génétique du patient.

3. Thérapies ciblées et thérapie génique

 Ciblage de gènes ou protéines spécifiques dans le traitement du cancer.


 Édition du génome (ex : CRISPR-Cas9) pour corriger des mutations.
 Vaccins à ARNm (ex : vaccins contre la COVID-19).

4. Biotechnologies et agriculture

 Création d'organismes génétiquement modifiés (OGM).


 Amélioration des plantes (résistance aux maladies, rendement).
 Production de médicaments par génie génétique (insuline, hormones de croissance,
anticorps monoclonaux).

5. Environnement et industrie

 Détection de micro-organismes polluants (bioremédiation).


 Biosenseurs pour l’analyse rapide de contaminants.
 Applications dans les industries alimentaires, pharmaceutiques, cosmétiques (enzymes,
ferments...).

9
Chapitre 2 : Réplication de l'ADN

1. Définition et objectifs

La réplication de l'ADN est le processus biologique au cours duquel une cellule copie
fidèlement son ADN avant de se diviser. Cette copie est essentielle pour transmettre le matériel
génétique à chaque cellule fille, garantissant ainsi la conservation de l'information génétique
d'une génération cellulaire à une autre.

2 Caractéristiques générales

 Semi-conservative : chaque molécule fille reçoit un brin parental (ancien) et un brin


nouvellement synthétisé. Cela permet une transmission fidèle de l'information
génétique.
 Bidirectionnelle : la synthèse de l'ADN commence à une origine de réplication et
progresse dans les deux directions opposées, formant une "bulle de réplication".
 Asymétrique : un brin (le brin directeur) est synthétisé de manière continue dans le sens
5'→3', tandis que l'autre (le brin retardé) est synthétisé de façon discontinue sous forme
de fragments d'Okazaki.

La réplication de l'ADN est dite asymétrique car les deux brins d’ADN ne sont pas copiés de
la même manière.

L’ADN est une double hélice formée de deux brins complémentaires, orientés dans des
directions opposées : l’un va de 5’ vers 3’, l’autre de 3’ vers 5’. Or, l’enzyme ADN polymérase
ne peut synthétiser un nouveau brin que dans une seule direction : du 5’ vers le 3’.

Du coup :

 Le brin directeur (leading strand) est synthétisé en continu, car il est orienté dans le
bon sens pour la polymérase.
 Le brin retardé (lagging strand), lui, est orienté dans le sens opposé. Il est donc copié
par petits morceaux, appelés fragments d’Okazaki. Chaque fragment commence par
une amorce d’ARN synthétisé par primase, et ils sont ensuite reliés entre eux par une
enzyme appelée ligase.

Cette asymétrie est une caractéristique essentielle de la réplication de l’ADN.

10
Figure : le mécanisme moléculaire de la réplication de l’ADN

3 Enzymes principales impliquées;

 Hélicase : sépare les deux brins d'ADN en rompant les liaisons hydrogène entre les
bases azotées.
 Primase : synthétise des amorces courtes d'ARN permettant à l'ADN polymérase de
commencer la synthèse des fragments d’Okazaki.
 ADN polymérase : enzyme clé qui ajoute des nucléotides au brin naissant en utilisant
le brin matrice comme modèle, uniquement dans le sens 5'→3'.
 Ligase : relie les fragments d'Okazaki sur le brin retardé, formant un brin continu.
 Protéines SSB (Single-Strand Binding proteins) : se fixent sur les brins déroulés pour
les stabiliser et empêcher leur réassociation.
 Topoisomérase : prévient la formation de surenroulements et de tensions en amont de
la fourche de réplication en coupant temporairement l'ADN.

4 Origine de réplication

 Chez les procaryotes : une seule origine de réplication (ex. OriC chez E. coli), ce qui
suffit en raison de la petite taille du génome.
 Chez les eucaryotes : plusieurs origines de réplication par chromosome pour répliquer
rapidement des génomes beaucoup plus grands. Ces origines sont activées de façon
coordonnée.

11
5 Synthèse du brin directeur et du brin retardé La réplication de l'ADN ne peut se faire
que dans le sens 5'→3'.

 Brin directeur : synthèse continue car l'ADN polymérase peut suivre la progression de
la fourche de réplication.
 Brin retardé : synthèse discontinue car l'ADN polymérase travaille dans le sens opposé
à l'ouverture de la fourche. Il est formé de fragments d'Okazaki, chacun commençant
par une amorce d'ARN, qui seront ensuite reliés par la ligase.

6 Correction d'erreurs et fidélité

L'ADN polymérase possède une activité exonucléase 3'→5' qui lui permet de vérifier et corriger
les erreurs de couplage de bases au fur et à mesure de la synthèse ("proofreading").

 Ce mécanisme augmente grandement la fidélité de la réplication, réduisant le taux


d'erreurs à environ 1 pour 10⁹ à 10¹⁰ nucléotides incorporés.

Figure : Mécanisme de correction d’erreurs ("proofreading") par l’ADN


polymérase pendant la réplication de l’ADN

12
7 Cas spéciaux

Télomères : les extrémités des chromosomes linéaires des cellules eucaryotes posent un
problème lors de la réplication. En effet, l’ADN polymérase ne peut pas complètement répliquer
l’extrémité 3’ du brin retardé. Cela entraîne un raccourcissement progressif des chromosomes
à chaque division cellulaire. Pour compenser cette perte, une enzyme appelée télomérase ajoute
des séquences répétées (TTAGGG chez l’humain) aux extrémités des chromosomes. Ce
mécanisme est actif dans les cellules germinales, les cellules souches et les cellules cancéreuses,
mais inactif dans la majorité des cellules somatiques.

Réplication des plasmides : chez les bactéries, les plasmides sont des petites molécules d’ADN
circulaires qui se répliquent de manière autonome, indépendamment du chromosome principal.
Cette réplication permet une transmission rapide des gènes, notamment ceux codant pour la
résistance aux antibiotiques. Les plasmides sont largement utilisés en biotechnologie comme
vecteurs d’ADN.

Figure : Télomères et Télomèrase

13
Figure : Structure fonctionnelle du plasmide : un vecteur recombinant pour l'expression
génique et la sélection bactérienne

8 Applications

 Conception d'antibiotiques : certains antibiotiques ciblent les enzymes de réplication


comme la gyrase (une topoisomérase chez les bactéries).
 Lutte contre le cancer : des médicaments anticancéreux peuvent inhiber les
topoisomérases humaines, bloquant la division des cellules tumorales.
 PCR (Polymerase Chain Reaction) : la compréhension de la réplication de l'ADN a
permis le développement de la PCR, une technique essentielle en biologie moléculaire
permettant d'amplifier spécifiquement des séquences d'ADN in vitro.

14
Chapitre 3 : Transcription et Maturation des ARN
(Expression des gènes procaryotes et eucaryotes)

1 Définition de la Transcription

La transcription est un mécanisme biologique fondamental par lequel l’information génétique


portée par l’ADN est copiée sous forme d’un acide ribonucléique (ARN).

 C’est la première étape de l’expression des gènes.


 Le produit principal est souvent un ARN messager (ARNm), mais d’autres ARN
fonctionnels sont aussi transcrits (ARNr, ARNt, etc.).
 Chez les eucaryotes, la transcription se déroule dans le noyau ; chez les procaryotes,
elle se déroule dans le cytoplasme.

Exemple : Lorsqu’un gène codant pour une enzyme digestive est activé, son information est
transcrite en ARNm, qui sera ensuite traduit en enzyme.

2 Étapes de la Transcription

2.1. Initiation de la transcription chez les eucaryotes

 L’enzyme ARN polymérase se lie au promoteur, une séquence spécifique en amont


du gène.
 Chez les eucaryotes, cette enzyme nécessite la présence de facteurs de transcription
généraux (TFIIA, TFIIB, TFIID, etc.) pour initier la transcription.
 L’ADN est localement déroulé, formant une bulle de transcription permettant l’accès
au brin matrice.

Figure : Initiation de la transcription chez les eucaryotes

15
L’initiation de la transcription commence au niveau du promoteur, souvent caractérisé par
la boîte TATA située environ à -30 nucléotides du site +1.

Le facteur TFIID, contenant la protéine TBP, se fixe sur cette séquence et provoque une
courbure de l’ADN, facilitant l’assemblage du complexe de transcription.

Ensuite, les facteurs TFIIA et TFIIB se fixent pour stabiliser le complexe et positionner
correctement l’ARN polymérase II.

L’ARN polymérase II, associée à TFIIF, est recrutée et correctement alignée sur le
promoteur.

Enfin, TFIIE et TFIIH complètent le complexe. TFIIH ouvre l’ADN (activité hélicase) et
phosphoryle l’ARN polymérase II (activité kinase), permettant le démarrage de la
transcription. Une fois le complexe de pré-initiation formé, la transcription débute au site
+1 avec la synthèse d’un pré-ARNm.

2.2 Étapes de l’initiation de la transcription chez les procaryotes

Reconnaissance du promoteur par le facteur sigma (σ)

L’ARN polymérase bactérienne est composée d’un cœur enzymatique (sous-unités α₂ββ')
et d’un facteur sigma (σ).

Le facteur σ permet à l’ARN polymérase de reconnaître des séquences spécifiques du


promoteur situé en amont du site de transcription :

Région -35 : séquence consensus TTGACA

Région -10 (boîte Pribnow) : séquence TATAAT

Formation du complexe fermé

Le complexe ARN polymérase holoenzyme (cœur + σ) se fixe au promoteur, formant un


complexe fermé où l’ADN est encore double brin.

Transition vers le complexe ouvert

L’ARN polymérase induit le dénouement local de l’ADN au niveau de la région -10,


formant une bulle de transcription d’environ 14 paires de bases.

Cela expose le brin matrice d’ADN, permettant l’initiation de la synthèse d’ARN.


16
Initiation de la synthèse d’ARN

L’ARN polymérase commence la synthèse de l’ARN en incorporant des ribonucléotides


complémentaires au brin matrice.

Les premières synthèses peuvent être abortives, produisant de courts transcrits, jusqu’à ce
que l’ARN polymérase dépasse une certaine longueur (~10 nucléotides).

Libération du facteur sigma et passage à l’élongation

Une fois l’ARN polymérase engagée dans la transcription, le facteur σ est libéré.

L’ARN polymérase entre alors en phase d’élongation, synthétisant l’ARN messager en se


déplaçant le long de l’ADN.

Figure : Initiation de la transcription chez les procaryotes

2.3 Élongation de la transcription chez les eucaryotes

L’élongation constitue l’étape centrale de la transcription, au cours de laquelle l’ARN


polymérase synthétise progressivement une molécule d’ARN à partir du brin matrice d’ADN.

Durant cette étape, l’ARN polymérase II progresse le long de l’ADN et ajoute


successivement des ribonucléotides complémentaires, permettant la formation d’un brin
d’ARN simple brin.

17
Principe général de l’élongation

Lors de l’élongation :

 L’ARN polymérase II ajoute des ribonucléotides (ATP, UTP, CTP, GTP)


complémentaires au brin matrice d’ADN.
 La synthèse de l’ARN se fait dans le sens 5’ → 3’.
 L’enzyme lit le brin matrice dans le sens 3’ → 5’.

Ainsi, le nucléotide nouvellement incorporé est toujours ajouté à l’extrémité 3' du brin
d’ARN en croissance.

Phosphorylation de l’ARN polymérase II

Le passage de l’initiation à l’élongation dépend d’une modification post-traductionnelle de


l’ARN polymérase II.

Le facteur de transcription TFIIH contient une kinase appelée Kin28 qui :

 Phosphoryle la sérine 5 du domaine CTD (C-terminal domain) de l’ARN


polymérase II,
 Permet à l’ARN polymérase de quitter le promoteur,
 Déclenche le début de l’élongation de la transcription.

Cette phosphorylation joue donc un rôle essentiel dans la régulation du démarrage de la


synthèse de l’ARNm.

Brin matrice et brin codant

Dans l’ADN, on distingue deux brins :

Brin matrice (brin non codant)

 Orientation : 3’ → 5’
 Il est lu par l’ARN polymérase lors de la transcription.
 La séquence d’ARN synthétisée est complémentaire à ce brin.

Brin codant

 Possède la même séquence que l’ARN transcrit.


 La seule différence est que la thymine (T) est remplacée par l’uracile (U) dans
l’ARN.

Appariement complémentaire

La synthèse de l’ARN repose sur les règles de complémentarité des bases.


18
ADN (brin matrice) ARN synthétisé
A U
T A
C G
G C

Formation de la bulle de transcription

Pendant l’élongation :

 L’ARN polymérase ouvre localement la double hélice d’ADN,


 Ce qui crée une bulle de transcription.

Dans cette région :

 Les deux brins d’ADN sont temporairement séparés,


 L’ARN est en cours de synthèse,
 Un court hybride ARN-ADN (environ 8 à 10 nucléotides) est formé.

Après le passage de l’ARN polymérase :

 L’ADN se réassocie immédiatement,


 Le brin d’ARN nouvellement formé est libéré progressivement.

Produit final de la transcription

À la fin de l’élongation, la transcription aboutit à la formation d’une molécule d’ARN simple


brin complémentaire du brin matrice.

Selon le gène transcrit, cet ARN peut correspondre à :

 ARN messager (ARNm) → codant pour une protéine


 ARN de transfert (ARNt) → impliqué dans la traduction
 ARN ribosomique (ARNr) → constituant des ribosomes

Chez les eucaryotes, l’ARNm nouvellement synthétisé subira ensuite plusieurs modifications
post-transcriptionnelles, notamment la coiffe 5’, l’épissage et la polyadénylation.

19
Figure : Élongation de la transcription chez les eucaryotes

2.4 Élongation de la transcription chez les procaryotes

Étape d'élongation chez les procaryotes

Après l'initiation de la transcription, l'ARN polymérase procaryote entre dans la phase


d'élongation, au cours de laquelle elle synthétise l'ARN messager (ARNm) en se déplaçant le
long du brin d'ADN matrice.

Libération du facteur sigma (σ)

Une fois l'initiation terminée, le facteur sigma (σ), qui a aidé l'ARN polymérase à reconnaître
le promoteur, est libéré. Cette dissociation permet à l'ARN polymérase de poursuivre la
transcription de manière processive.

Synthèse de l'ARN

Direction de lecture de l'ADN : L'ARN polymérase lit le brin d'ADN matrice dans le sens 3'
vers 5'.

Direction de synthèse de l'ARN : L'ARN est synthétisé dans le sens 5' vers 3', par addition
de ribonucléotides complémentaires :

Adénine (A) de l'ADN → Uracile (U) dans l'ARN

Thymine (T) de l'ADN → Adénine (A) dans l'ARN

Cytosine (C) de l'ADN → Guanine (G) dans l'ARN

20
Guanine (G) de l'ADN → Cytosine (C) dans l'ARN

Formation de la bulle de transcription

L'ARN polymérase provoque l'ouverture locale de la double hélice d'ADN, formant une
"bulle de transcription" d'environ 14 paires de bases. À l'intérieur de cette bulle, l'ARN en
cours de synthèse est apparié à l'ADN matrice sur une courte région, formant un hybride
ARN-ADN.

Progression de l'ARN polymérase

L'ARN polymérase avance le long de l'ADN, déroulant l'hélice en amont. La vitesse de


transcription chez les procaryotes est d'environ 40 à 90 nucléotides par seconde.

Stabilité de l'ARN polymérase

L'ARN polymérase procaryote est hautement processive, ce qui signifie qu'elle peut
synthétiser de longs segments d'ARN sans se détacher de l'ADN matrice.

Figure : Élongation de la transcription chez les procaryotes

2.5 Terminaison de la transcription chez les eucaryotes

La terminaison de la transcription correspond à l’étape finale du processus par lequel l’ARN


polymérase II cesse la synthèse de l’ARN et se détache de l’ADN.
Chez les eucaryotes, ce mécanisme est étroitement lié au signal de polyadénylation et au
clivage de l’ARN pré-messager.

Étape de terminaison chez les eucaryotes

ARN polymérase II en cours de transcription

21
Pendant l’élongation :

 L’ARN polymérase II se déplace le long du brin matrice d’ADN.


 Elle synthétise une molécule d’ARN pré-messager (pré-ARNm) par addition de
ribonucléotides complémentaires.
 La synthèse de l’ARN se fait dans le sens 5’ → 3’.

À mesure que la polymérase progresse, différentes séquences spécifiques du gène sont


transcrites, notamment la séquence signal de polyadénylation.

Signal de polyadénylation

La séquence signal de polyadénylation est une séquence spécifique présente dans l’ARN
nouvellement transcrit.

Caractéristiques principales :

 Séquence consensus : AAUAAA


 Suivie d’une région riche en GU ou U

Cette séquence joue un rôle essentiel dans la maturation et la terminaison de la


transcription.

Elle est reconnue par un complexe protéique spécifique, notamment :

 CPSF (Cleavage and Polyadenylation Specificity Factor).

Fixation des facteurs de polyadénylation

Lorsque la séquence AAUAAA est transcrite :

 Le facteur CPSF se fixe sur cette séquence dans l’ARN ;


 Un autre facteur appelé CstF (Cleavage stimulation factor) se fixe sur la région riche
en GU.

Ces protéines recrutent d’autres facteurs impliqués dans le clivage et la maturation de l’ARN.

Il est important de noter que certains de ces facteurs sont associés au domaine CTD de l’ARN
polymérase II, ce qui permet une coordination entre transcription et maturation de l’ARN.

Clivage de l’ARN

Une fois le complexe formé :

 L’ARN pré-messager est clivé (coupé) quelques nucléotides en aval de la séquence


AAUAAA ;

22
 Cette coupure libère la partie pré-ARNm destinée à devenir un ARNm mature.

Après le clivage :

 Une enzyme appelée poly(A) polymérase ajoute une queue poly-A à l’extrémité 3’ de
l’ARN.

La queue poly-A joue plusieurs rôles :

 Stabilisation de l’ARNm,
 Protection contre la dégradation,
 Facilitation de la traduction.

Terminaison de la transcription

Après le clivage :

 L’ARN polymérase II continue brièvement la transcription sur l’ADN ;


 Le fragment d’ARN restant est ensuite dégradé par des nucléases.

Cette dégradation provoque la dissociation de l’ARN polymérase II, entraînant la


terminaison complète de la transcription.

Produit final

À l’issue de ce processus, le transcrit obtenu est un ARN pré-messager, qui subira plusieurs
modifications post-transcriptionnelles :

 Ajout d’une coiffe en 5’ (5’ cap),


 Épissage des introns,
 Ajout d’une queue poly-A en 3’.

Ces modifications permettent la formation d’un ARNm mature, prêt à être exporté vers le
cytoplasme pour être traduit en protéine.

23
Figure : Terminaison de la transcription chez les eucaryotes

2.6 Terminaison de la transcription chez les procaryotes

La terminaison de la transcription correspond à l’étape finale du processus de transcription,


au cours de laquelle la synthèse de l’ARN s’arrête et l’ARN polymérase se détache de l’ADN.

Chez les procaryotes, deux principaux mécanismes de terminaison existent :

 Terminaison intrinsèque (Rho -indépendante)


 Terminaison dépendante du facteur Rho (Rho-dépendante)

Terminaison intrinsèque (Rho -indépendante)

La terminaison intrinsèque, également appelée terminaison indépendante du facteur Rho,


ne nécessite aucune protéine supplémentaire. Elle dépend uniquement de séquences
spécifiques présentes dans l’ADN et l’ARN transcrit.

Le mécanisme repose sur deux éléments principaux :

1. Formation d’une structure en épingle à cheveux (hairpin)


Une séquence palindromique dans l’ARN permet la formation d’une structure
secondaire en tige-boucle.
2. Présence d’une série d’uridines (UUUU…)
Cette structure est suivie d’une séquence riche en uridines dans l’ARN, correspondant
à une région riche en adénines dans l’ADN matrice.

La formation de la structure en épingle à cheveux provoque un ralentissement de l’ARN


polymérase, tandis que les liaisons A–U entre l’ARN et l’ADN sont relativement faibles.
Cette combinaison entraîne la dissociation de l’ARN polymérase et la libération de l’ARN
nouvellement synthétisé, ce qui met fin à la transcription.
24
Terminaison dépendante du facteur Rho (ρ-dépendante)

Le mécanisme illustré dans la figure ci-dessous correspond à la terminaison Rho-dépendante,


fréquente chez les bactéries.

Formation du complexe d’élongation

Pendant l’élongation :

 L’ARN polymérase progresse le long de l’ADN matrice ;


 Elle synthétise un brin d’ARN complémentaire au brin matrice d’ADN ;
 L’ensemble constitué de l’ARN polymérase, de l’ADN et de l’ARN en formation est
appelé complexe d’élongation.

Sur l’ARN transcrit apparaissent certaines séquences spécifiques :

 Une structure secondaire en épingle à cheveux (hairpin) peut se former ;


 Cette structure peut être suivie d’une séquence riche en uridines (UUU).

Une autre séquence importante est le site Rut (Rho utilization site), qui sert de point de
fixation au facteur Rho.

Caractéristiques du site Rut :

 Riche en cytosines ;
 Pauvre en structures secondaires ;
 Facilement accessible au facteur Rho.

Fixation du facteur Rho

Le facteur Rho (ρ) est une protéine hexamérique possédant une activité ATPase et hélicase.

Après la transcription du site Rut :

 Le facteur Rho se fixe sur l’ARN nouvellement synthétisé ;


 Il forme un complexe stable avec ce site.

Cette étape constitue le point de départ du mécanisme de terminaison dépendant de Rho.

Migration du facteur Rho

Une fois fixé sur l’ARN :

 Rho hydrolyse l’ATP pour se déplacer le long du brin d’ARN ;


 Il progresse dans la direction de l’ARN polymérase.

Pendant ce temps :

25
 L’ARN polymérase ralentit ou s’arrête temporairement, souvent à cause de la
formation d’une structure secondaire de l’ARN. Cela permet à Rho de rattraper
l’ARN polymérase.

Terminaison de la transcription

Lorsque Rho atteint le complexe de transcription :

 Il exerce son activité hélicase ;


 Il déstabilise l’hybride ARN–ADN présent dans la bulle de transcription.

Conséquences :

 Le brin d’ARN est libéré ;


 L’ARN polymérase se dissocie de l’ADN ;
 La transcription est arrêtée.

Résultat final

La terminaison de la transcription entraîne :

 La libération de l’ARN messager nouvellement synthétisé ;


 La dissociation du complexe transcriptionnel ;
 La fin de la transcription du gène.

Chez les procaryotes, l’ARNm obtenu peut être immédiatement traduit en protéine, car la
transcription et la traduction peuvent se dérouler simultanément dans le cytoplasme.

Figure : Terminaison de la transcription chez les procaryotes

26
Figure : processus de transcription chez les eucaryotes

Figure : processus de transcription chez les procaryotes

27
Tableau : Comparaison de la transcription chez les procaryotes et les eucaryotes

Caractéristique Procaryotes Eucaryotes


Lieu de la transcription Cytoplasme Noyau

Trois enzymes (I pour ARNr, II


Une seule ARN polymérase transcrit
ARN polymérase pour ARNm, III pour ARNt et petits
tous les types d’ARN
ARN)

Présente : coiffe, queue poly-A,


Maturation de l’ARN Généralement absente
épissage des introns

Séparées : transcription dans le


Relation transcription–
Couplées (simultanées) noyau, traduction dans le
traduction
cytoplasme

Souvent en opérons (plusieurs


Gènes indépendants → ARNm
Organisation des gènes gènes transcrits en un seul ARNm
monocistronique
polycistronique)

3. Maturation des ARN chez les Eucaryotes

Chez les eucaryotes, le produit direct de la transcription par l’ARN polymérase II est un pré-
ARNm. Ce transcrit primaire est immature et ne peut pas être traduit directement en protéine.
Avant d’être exporté vers le cytoplasme, le pré-ARNm subit plusieurs modifications post-
transcriptionnelles essentielles, qui permettent de former un ARNm mature fonctionnel.

Les principales étapes de maturation sont :

 Ajout de la coiffe en 5’ (5’ cap)


 Ajout de la queue poly-A en 3’
 Épissage des introns

3.1 Ajout de la coiffe 5’ (5’-cap)

La première modification du pré-ARNm est l’ajout d’une coiffe à l’extrémité 5’.

Cette coiffe est constituée d’une 7-méthylguanosine (m⁷G) reliée au premier nucléotide de
l’ARN par une liaison triphosphate inhabituelle (5’–5’).

Fonctions de la coiffe 5’

La coiffe joue plusieurs rôles essentiels :

28
 Protection de l’ARNm contre la dégradation par les nucléases.
 Facilitation de l’export de l’ARNm du noyau vers le cytoplasme.
 Reconnaissance par les ribosomes lors de l’initiation de la traduction.

3.2 Ajout de la queue poly-A

La deuxième modification concerne l’extrémité 3’ du pré-ARNm.

Après le clivage du pré-ARNm, une enzyme appelée poly(A) polymérase ajoute une queue
constituée d’environ 200 résidus adénine (A), appelée queue poly-A.

Fonctions de la queue poly-A

La queue poly-A permet :

 D’augmenter la stabilité de l’ARNm dans le cytoplasme ;


 De protéger l’ARNm contre la dégradation enzymatique ;
 De faciliter l’export nucléaire ;
 D’améliorer l’efficacité de la traduction.

3.3 Épissage de l’ARNm

Le pré-ARNm contient :

 Des exons : séquences codantes ;


 Des introns : séquences non codantes.

L’épissage consiste à :

 Éliminer les introns ;


 Lier les exons entre eux pour former une séquence codante continue.

Ce processus est réalisé par un complexe ribonucléoprotéique appelé spliceosome.

Épissage alternatif

Dans certains cas, l’épissage peut être alternatif, ce qui signifie que différentes combinaisons
d’exons peuvent être assemblées.

Cela permet :

 De produire plusieurs ARNm différents à partir d’un même gène ;


 De générer plusieurs protéines différentes.

Exemple

29
Le gène de la tropomyosine peut produire différents ARNm selon le type de tissu :

 Muscle
 Cerveau
 Autres tissus

Ainsi, un seul gène peut donner naissance à plusieurs isoformes protéiques, augmentant la
diversité protéique chez les eucaryotes. Après ces étapes de maturation, le pré-ARNm devient
un ARNm mature, prêt à être exporté du noyau vers le cytoplasme, où il sera traduit en
protéine par les ribosomes.

Figure : Maturation de l’ARN messager (ARNm) chez les eucaryotes

30
Figure : Différence entre la transcription chez les eucaryotes et les procaryotes

4. Les ARN non codants (ARNnc)

Chez les eucaryotes, la transcription produit une grande diversité de molécules d’ARN.
Cependant, seule une petite fraction de ces ARN correspond aux ARN messagers (ARNm) qui
codent pour des protéines.

La majorité des ARN transcrits sont des ARN non codants (ARNnc).

Ces ARN ne sont pas traduits en protéines, mais ils jouent des rôles essentiels dans de nombreux
processus cellulaires, notamment dans la traduction, la régulation de l’expression génique et
l’organisation de la cellule.

4.1 ARN de transfert (ARNt)

Les ARN de transfert (ARNt) sont des molécules d’ARN impliquées dans le processus de
traduction.

Fonction

Les ARNt assurent le transport des acides aminés vers les ribosomes, où se déroule la
synthèse des protéines.

Structure

Les ARNt possèdent une structure secondaire caractéristique en forme de trèfle comprenant
:

 Un site de fixation de l’acide aminé à l’extrémité 3’ ;

31
 Un anticodon, séquence de trois nucléotides capable de reconnaître un codon
complémentaire sur l’ARNm.

Rôle dans la traduction

Chaque ARNt transporte un acide aminé spécifique correspondant à un codon particulier de


l’ARNm, ce qui permet l’incorporation correcte des acides aminés dans la chaîne
polypeptidique.

4.2 ARN ribosomique (ARNr)

Les ARN ribosomiques (ARNr) sont les principaux constituants des ribosomes, les
structures responsables de la synthèse des protéines.

Caractéristiques

Les ARNr :

 Sont associés à des protéines ribosomiques ;


 Forment les deux sous-unités des ribosomes.

Fonction catalytique

Les ARNr jouent un rôle essentiel dans la traduction en :

 Positionnant l’ARNm et les ARNt ;


 Catalysant la formation des liaisons peptidiques entre les acides aminés.

Cette activité enzymatique est appelée activité peptidyl-transférase.

4.3 microARN (miARN)

Les microARN (miARN) sont de petites molécules d’ARN non codant d’environ 21 à 23
nucléotides.

Fonction

Ils participent à la régulation post-transcriptionnelle de l’expression des gènes.

Mécanisme d’action

Les miARN :

 Se lient partiellement à des ARNm cibles ;


 Provoquent soit :
o L’inhibition de la traduction,
o La dégradation de l’ARNm.

Ce mécanisme permet de contrôler la quantité de protéines produites dans la cellule.

32
4.4 siARN (small interfering RNA)

Les siARN sont également de petits ARN non codants impliqués dans la régulation de
l’expression des gènes.

Caractéristiques

 Taille similaire aux miARN : environ 21–23 nucléotides.


 Ils présentent généralement une complémentarité parfaite avec l’ARNm cible.

Fonction

Les siARN induisent la dégradation spécifique de l’ARNm cible, empêchant ainsi la


production de la protéine correspondante.

Applications

Les siARN sont largement utilisés en biologie moléculaire et en recherche dans la technique
appelée :

ARN interférence (RNAi)

Cette méthode permet de désactiver ou « faire taire » un gène spécifique afin d’étudier sa
fonction.

Tableau : Les différents types d’ARN chez les eucaryotes

Type d’ARN Taille approximative Fonction principale


Transporte l’information génétique de l’ADN
ARNm (ARN Variable (centaines à
vers les ribosomes pour la synthèse des
messager) milliers de nucléotides)
protéines
ARNt (ARN de
~75–90 nt Transport des acides aminés vers le ribosome
transfert)
ARNr (ARN Structure des ribosomes et catalyse de la
Variable
ribosomique) formation des liaisons peptidiques
miARN Régulation post-transcriptionnelle de
~21–23 nt
(microARN) l’expression des gènes
siARN (small Dégradation ciblée des ARNm (silencement
~21–23 nt
interfering RNA) génique)

Les ARN non codants jouent un rôle central dans la cellule, notamment dans :

 La traduction des protéines (ARNt, ARNr) ;


 La régulation de l’expression des gènes (miARN, siARN).

33
Ils participent ainsi au contrôle fin du fonctionnement cellulaire et de l’expression du
génome.

Tableau : Rôle des ARN polymérases chez les eucaryotes

ARN Transcrits
Localisation Fonctions principales
polymérase produits
ARNr 28S, 18S,
Polymérase I Nucléole Synthèse des ARN ribosomiques majeurs
5.8S
Polymérase ARNm, snARN, Transcription des gènes codant pour les
Nucléoplasme
II miARN, siARN protéines et certains petits ARN
Synthèse des ARN de transfert, de l'ARN
Polymérase ARNt, ARNr 5S,
Nucléoplasme ribosomique 5S et de certains petits ARN
III snARN U6
nucléaires

34
Chapitre 4 : Traduction

1. Définition

La traduction est le processus par lequel l'information génétique contenue dans l'ARN
messager (ARNm) est convertie en une chaîne d'acides aminés, formant une protéine.
Ce processus se déroule dans le cytoplasme au niveau des ribosomes.

Chez les procaryotes

• Lieu : Traduction et transcription se produisent simultanément dans le cytoplasme.

• Ribosomes : 70S (sous-unités 50S et 30S).

•ARNm :
Pas de coiffe 5’ ni queue poly-A ; il est souvent polycistronique (plusieurs protéines codées
par un même ARNm).

•Initiation :
Nécessite une séquence Shine-Dalgarno en amont du codon AUG pour le bon alignement avec
le ribosome.

•Facteurs d’initiation:IF1, IF2, IF3

IF1: Se fixe au site A du ribosome 30S et empêche les ARNt de s'y fixer prématurément.

IF2: Se lie au fMet-ARNt^fMet et facilite son insertion au site P, il contien le GTP

IF3: Se fixe au 30S pour empêcher l’association prématurée avec la grande sous-unité 50S. Il

Stabilise l’interaction entre le 30S et l’ARNm.

• Particularité :
Absence de compartiment nucléaire → la traduction peut commencer avant la fin de la
transcription.

• Facteurs d’élongation :

 EF-Tu : transporte l’ARNt chargé vers le ribosome.


 EF-G : permet la translocation du ribosome le long de l’ARNm.

• Facteurs de terminaison :

 RF1 : reconnaît les codons stop UAA et UAG.


 RF2 : reconnaît les codons stop UAA et UGA.
 RF3 : facilite la dissociation des facteurs de libération (RF1 et RF2) et la libération de
la chaîne polypeptidique.

Chez les eucaryotes


35
• Lieu :

 Transcription dans le noyau


 Traduction dans le cytoplasme ou sur le réticulum endoplasmique rugueux (RER).

• Ribosomes : 80S (sous-unités 60S et 40S).

 ARNm :
ARNm mature, avec coiffe en 5’ (m⁷G) et queue poly-A en 3’, généralement
monocistronique (un seul cadre de lecture).

• Initiation :
La petite sous-unité ribosomique (40S) reconnaît la coiffe 5’, puis scanne l’ARNm jusqu’au
codon initiateur AUG.

• Facteurs d’initiation :
eIF (eukaryotic initiation factors) :

 eIF1
 eIF2
 eIF3
 eIF4 (complexe eIF4F)

Particularité :
L’ARNm subit plusieurs modifications post-transcriptionnelles avant son export vers le
cytoplasme.

• Facteurs d’élongation :

 eEF1 : transporte l’ARNt chargé vers le site A du ribosome.


 eEF2 : permet la translocation du ribosome le long de l’ARNm.

• Facteurs de terminaison :

 eRF1 : reconnaît les trois codons stop (UAA, UAG, UGA).


 eRF3 : stimule la libération de la chaîne polypeptidique.

2 Principaux acteurs de la traduction

• ARNm : contient la séquence codante sous forme de codons (triplets de nucléotides).

• ARNt : transporte les acides aminés et possède un anticodon complémentaire au codon de


l'ARNm.

• Ribosomes : complexes ribonucléoprotéiques (ARNr + protéines) constitués de deux sous-


unités :

 Petite sous-unité → reconnaissance de l’ARNm


 Grande sous-unité → formation des liaisons peptidiques

36
Le ribosome possède également trois sites fonctionnels :

Site Fonction
Site A entrée de l’ARNt chargé
Site P maintien de la chaîne polypeptidique
Site E sortie de l’ARNt vide

Acides aminés : unités de base des protéines, reliées par des liaisons peptidiques pour former
une chaîne polypeptidique.

3 Le code génétique

 Basé sur des codons de trois bases (triplets).


 Universel (presque identique chez tous les organismes).
 Redondant : plusieurs codons peuvent coder pour le même acide aminé.
 Codons spéciaux :
o AUG = codon d'initiation (Méthionine)
o UAA, UAG, UGA = codons stop

Tableau: Le code génétique et la correspondance entre les codons de l’ARNm et les


acides aminés

4. Les étapes de la traduction

La traduction se déroule en trois étapes principales :


initiation, élongation et terminaison.
Ces étapes sont similaires chez les procaryotes et les eucaryotes, mais les mécanismes
moléculaires et les facteurs impliqués diffèrent légèrement.

4.1. Initiation

37
L’initiation correspond à l’assemblage du complexe de traduction, comprenant l’ARNm,
les sous-unités ribosomiques et l’ARNt initiateur.

Chez les procaryotes

1. La petite sous-unité ribosomique (30S) se fixe sur l’ARNm.


2. Elle reconnaît la séquence Shine-Dalgarno, située en amont du codon initiateur
AUG, ce qui permet le bon positionnement du ribosome.
3. L’ARNt initiateur portant la N-formylméthionine (fMet) s’apparie au codon AUG
dans le site P du ribosome.
4. Les facteurs d’initiation IF1, IF2 et IF3 participent à la formation du complexe
d’initiation.
5. La grande sous-unité ribosomique (50S) s’associe à la petite sous-unité.

Le ribosome complet 70S est alors formé et prêt à commencer la synthèse protéique.

Figure : Phase d’initiation chez les procaryotes

Chez les eucaryotes

1. La petite sous-unité ribosomique (40S) se fixe à l’extrémité 5’ de l’ARNm, au


niveau de la coiffe (5’ cap).
2. Avec l’aide des facteurs d’initiation eIF, la sous-unité ribosomique scanne l’ARNm
jusqu’au codon initiateur AUG.
3. L’ARNt initiateur portant la méthionine (Met) s’apparie au codon AUG.
4. La grande sous-unité ribosomique (60S) s’associe ensuite à la petite sous-unité.

Le ribosome 80S complet est alors formé et la traduction peut commencer.

38
Figure : mécanisme d’initiation de la traduction chez les eucaryotes

4.2. Élongation

L’élongation correspond à l’allongement progressif de la chaîne polypeptidique par l’ajout


successif d’acides aminés.

Le ribosome possède trois sites fonctionnels :

Site A permet l’entrée de l’ARNt chargé, Site P maintien de la chaîne polypeptidique et Site E
sortie de l’ARNt vide.

Chez les procaryotes

1. Un ARNt chargé d’un acide aminé est amené au site A par le facteur d’élongation
EF-Tu.
2. Si l’anticodon correspond au codon de l’ARNm, l’ARNt est accepté dans le ribosome.
3. Le ribosome catalyse la formation d’une liaison peptidique entre l’acide aminé du
site A et la chaîne polypeptidique du site P.
4. Le facteur EF-G permet la translocation du ribosome d’un codon le long de
l’ARNm.
5. L’ARNt vide quitte le ribosome par le site E.

Ce cycle se répète jusqu’à ce qu’un codon stop soit rencontré.

Chez les eucaryotes

Le mécanisme est similaire, mais les facteurs diffèrent.

1. L’ARNt chargé est amené au site A par le facteur eEF1A.


2. Après reconnaissance correcte du codon, le ribosome catalyse la formation de la
liaison peptidique.

39
3. Le facteur eEF2 provoque la translocation du ribosome sur l’ARNm, ce qui
déplacent l’ARNt du site A vers le site P, et l’ARNt vide du site P vers le site E.
4. L’ARNt vide quitte le ribosome par le site E.

La chaîne polypeptidique continue de s’allonger jusqu’à l’apparition d’un codon stop.

Figure : processus d’élongation de la traduction chez les eucaryotes

4.3. Terminaison

La terminaison se produit lorsque le ribosome rencontre un codon stop sur l’ARNm.

Les codons stop sont :

 UAA
 UAG
 UGA

Ces codons ne codent pour aucun acide aminé.

Chez les procaryotes

1. Un facteur de libération (RF) reconnaît le codon stop dans le site A du ribosome.


2. Les facteurs RF1 ou RF2 déclenchent l’hydrolyse de la liaison entre la chaîne
polypeptidique et l’ARNt.
3. La chaîne polypeptidique est libérée.
4. Le facteur RF3 facilite la dissociation du complexe.
5. Les sous-unités ribosomiques se séparent et l’ARNm est libéré.

Chez les eucaryotes

40
1. Le facteur de libération eRF1 reconnaît les codons stop.
2. Le facteur eRF3 stimule l’hydrolyse de la liaison entre la chaîne polypeptidique et
l’ARNt.
3. La chaîne polypeptidique est libérée.
4. Le ribosome se dissocie en sous-unités 40S et 60S, prêtes à être réutilisées.

Figure : Terminaison de la traduction chez les eucaryotes

Résultat final :
La traduction produit une chaîne polypeptidique complète, qui subira ensuite un repliement
et des modifications post-traductionnelles pour devenir une protéine fonctionnelle.

5 Polysomes

 Plusieurs ribosomes peuvent traduire simultanément un même ARNm : on parle de


polyribosomes ou polysomes.

Figure: les trois grandes étapes de la traduction

41
Chapitre 5 : Régulation de l'expression des gènes

1. Définition et exemples de régulation de l’expression génétique

L’expression des gènes est un processus hautement régulé permettant aux cellules d’adapter
la production des protéines en fonction de leurs besoins physiologiques et des conditions
environnementales.

Cette régulation joue un rôle fondamental dans plusieurs processus biologiques, notamment :

 La différenciation cellulaire,
 Le développement embryonnaire,
 L’adaptation aux changements environnementaux,
 La réponse immunitaire, et le maintien de l’homéostasie cellulaire.

Les exemples suivants illustrent différents mécanismes de régulation de l’expression des gènes
chez les procaryotes et les eucaryotes.

1.1 Régulation par opéron chez les procaryotes : l’opéron lactose (lac operon)

Situation :
La bactérie Escherichia coli rencontre du lactose dans son environnement.

Mécanisme :
En absence de lactose, une protéine répresseur se fixe sur la région opératrice et empêche la
transcription des gènes de l’opéron lac.

Lorsque le lactose est présent, il est converti en allolactose, qui agit comme un inducteur.
Celui-ci se lie au répresseur et modifie sa conformation, empêchant sa fixation sur l’ADN.

Résultat :
Les gènes responsables du métabolisme du lactose (lacZ, lacY, lacA) sont exprimés uniquement
lorsque le lactose est disponible.

➡ Cette régulation permet d’économiser l’énergie cellulaire en évitant la synthèse inutile


d’enzymes.

1.2. Régulation de l’expression des gènes d’anticorps chez les lymphocytes B

Situation :
Lorsqu’un antigène est reconnu lors d’une infection.

Mécanisme :
Les lymphocytes B possèdent un grand nombre de gènes codant pour différente
immunoglobulines.

Par un mécanisme de réarrangement génétique somatique (V(D)J recombinaison), un seul


gène d’anticorps est activé dans chaque lymphocyte B.

42
Résultat:
Chaque lymphocyte B produit un anticorps spécifique dirigé contre un antigène particulier.

➡ Cela permet une réponse immunitaire hautement spécifique.

1.3. Régulation hormonale de l’expression génétique

Situation:
Les cellules répondent à des signaux hormonaux.

Mécanisme :

 Insuline : stimule l’expression de gènes impliqués dans le métabolisme du glucose et


l’absorption du glucose par les cellules.
 Œstrogènes : se lient à des récepteurs nucléaires qui agissent comme des facteurs de
transcription activant les gènes responsables du développement de certains tissus,
notamment les tissus mammaires.

Résultat
Les cellules adaptent leur activité métabolique et physiologique aux signaux hormonaux.

➡ Cette régulation permet le maintien de l’homéostasie de l’organisme.

2. Niveaux de régulation de l’expression des gènes

L’expression des gènes peut être régulée à plusieurs étapes du flux de l’information
génétique. Ces mécanismes permettent à la cellule de contrôler quand, où et en quelle
quantité une protéine est produite.
On distingue généralement quatre principaux niveaux de régulation.

2.1 Régulation transcriptionnelle

La régulation transcriptionnelle intervient avant la synthèse de l’ARN messager (ARNm).


Elle détermine si un gène sera transcrit ou non.

Elle repose principalement sur :

Les séquences régulatrices de l’ADN

Ce sont des régions spécifiques de l’ADN qui contrôlent le début et l’intensité de la


transcription.

 Promoteur :
Région située en amont du gène, nécessaire à l’initiation de la transcription.
Exemple : boîte TATA (TATAAAA) , reconnue par les facteurs de transcription.
 Enhancers (amplificateurs) :
Augmentent l’expression d’un gène, même à distance.
Exemple : enhancer du gène de la β-globine
 Silencers (répresseurs) :
Diminuent ou bloquent l’expression d’un gène.

43
Exemple : séquences inhibant l’expression du gène de l’insuline dans les cellules non
pancréatiques

Les facteurs de transcription

Ce sont des protéines qui se fixent sur les séquences régulatrices (Promoteur, Enhancers et
Silencers) pour activer ou inhiber la transcription.

Exemples

 p53 : active des gènes impliqués dans la réparation de l’ADN et l’apoptose


 NF-κB : active des gènes de la réponse immunitaire

L’organisation de la chromatine

L’accessibilité de l’ADN dépend de son état de condensation.

 Euchromatine : ADN décondensé → transcription active


 Hétérochromatine : ADN condensé → transcription inactive

Exemple

Le gène de l’insuline est :

 Actif dans les cellules β du pancréas (euchromatine)


 Inactif dans les cellules musculaires (hétérochromatine)

Les modifications épigénétiques

Ce sont des modifications chimiques qui influencent l’expression des gènes sans changer la
séquence d’ADN.

Types et exemples

 Méthylation de l’ADN :
Ajout de groupements méthyle → répression de la transcription
 Acétylation des histones :
Ajout de groupements acétyle → ouverture de la chromatine → activation de la
transcription

2.2 Régulation post-transcriptionnelle

La régulation post-transcriptionnelle intervient après la synthèse de l’ARNm et concerne les


différentes étapes de sa maturation, de son transport et de sa stabilité. Elle joue un rôle essentiel
dans le contrôle de l’expression des gènes chez les eucaryotes.

Les principaux mécanismes sont :

44
• L’épissage alternatif, qui permet de produire plusieurs ARNm, et donc différentes protéines,
à partir d’un même gène, augmentant ainsi la diversité protéique.

• La stabilité de l’ARNm, qui détermine la durée pendant laquelle il peut être utilisé pour la
traduction. Cette stabilité dépend notamment de séquences spécifiques (comme la queue
poly(A) ou les régions UTR).

• L’export de l’ARNm vers le cytoplasme, étape indispensable chez les eucaryotes pour
permettre sa traduction après sa maturation dans le noyau.

• L’action de protéines régulatrices et de petits ARN non codants (miARN, siARN), qui se
fixent sur l’ARNm et entraînent soit une inhibition de la traduction, soit sa dégradation.

2.3 Régulation traductionnelle

La régulation traductionnelle correspond au contrôle de l’efficacité avec laquelle un ARNm est


traduit en protéine. Elle permet à la cellule de moduler rapidement la synthèse protéique sans
modifier la quantité d’ARNm.

Elle peut être assurée par plusieurs mécanismes. Tout d’abord, certaines structures secondaires
de l’ARNm, notamment au niveau de la région 5’ non traduite (5’ UTR), peuvent empêcher la
fixation ou la progression du ribosome, inhibant ainsi la traduction.

Ensuite, des protéines régulatrices peuvent se lier à l’ARNm et bloquer ou favoriser l’initiation
de la traduction. Ces protéines agissent souvent en réponse à des signaux cellulaires ou
environnementaux.

De plus, les microARN (miARN) jouent un rôle important en se fixant sur l’ARNm cible, ce
qui peut entraîner soit une inhibition de la traduction, soit une dégradation de l’ARNm. Bien
que leur action soit classée dans la régulation post-transcriptionnelle, ils influencent directement
la traduction.

Par ailleurs, la régulation peut également concerner les facteurs d’initiation de la traduction
(eIF). Leur activation ou inhibition (par exemple via phosphorylation) contrôle l’assemblage
du ribosome sur l’ARNm.

Enfin, certains ARNm peuvent être stockés dans des structures cytoplasmiques spécifiques
(comme les granules de stress) où leur traduction est temporairement inhibée.

2.4 Régulation post-traductionnelle

La régulation post-traductionnelle intervient après la synthèse de la protéine et permet à la


cellule de moduler son activité, sa localisation et sa durée de vie. Elle constitue un niveau de
contrôle rapide et efficace de l’expression des gènes.

Les principaux mécanismes comprennent :

Les modifications post-traductionnelles, telles que la phosphorylation (qui peut activer ou


inhiber la protéine en modifiant sa conformation) et l’ubiquitination (qui marque la protéine
pour sa dégradation). D’autres modifications, comme la glycosylation ou l’acétylation, peuvent

45
également influencer la fonction ou la localisation des protéines. La dégradation des protéines,
notamment par le protéasome, qui reconnaît les protéines marquées par l’ubiquitine et les
dégrade en peptides. Ce processus permet d’éliminer les protéines inutiles, mal repliées ou
endommagées, et contribue au maintien de l’homéostasie cellulaire..

3. Régulation chez les procaryotes : l'exemple de l'opéron lactose (lac)

Chez les procaryotes, la régulation de l'expression génique est souvent simple, rapide et
efficace. Un bon exemple est l'opéron lactose (lac) chez Escherichia coli (E. coli), qui permet
à la bactérie d'adapter son métabolisme selon la disponibilité du lactose.

Structure de l'opéron lac

L'opéron est constitué de plusieurs éléments :

 Un promoteur : région où se fixe l'ARN polymérase pour commencer la transcription.


 Un opérateur : site de liaison pour le répresseur.
 Trois gènes structuraux :
o lacZ : code pour la β-galactosidase (enzyme qui coupe le lactose en glucose et
galactose).
o lacY : code pour une perméase (protéine de transport du lactose).
o lacA : code pour une transacétylase.
 Un gène régulateur (lacI) situé en amont, qui code pour le répresseur LacI.

Fonctionnement en fonction de la présence de lactose

 En absence de lactose :
o Le répresseur LacI est actif et se lie à l'opérateur.
o Cela empêche l’ARN polymérase de transcrire les gènes → les enzymes ne sont
pas produites.
 En présence de lactose :
o Le lactose est transformé en allolactose, qui agit comme inducteur.
o L’allolactose se lie au répresseur LacI → changement de conformation → il ne
peut plus se fixer à l’opérateur.
o L’ARN polymérase peut alors transcrire les gènes → production des enzymes
nécessaires à la digestion du lactose.

46
Ce système permet donc à la bactérie d’économiser de l’énergie en produisant les enzymes
seulement si le lactose est présent.

Influence du glucose

Même en présence de lactose, si le glucose est présent :

 Le taux d’AMPc est faible


 Le complexe CAP-AMPc ne se fixe pas à l’ADN
→ transcription faible

En absence de glucose :

 AMPc ↑ → formation du complexe CAP-AMPc


 Activation forte de la transcription

Figure : Composants principaux de l'opéron lactose

4. Régulation chez les eucaryotes

47
Chez les eucaryotes, la régulation de l'expression des gènes est particulièrement sophistiquée
et se produit à plusieurs niveaux. Elle permet une grande diversité cellulaire et une réponse
fine aux signaux de l'environnement.

 Chaque gène est généralement contrôlé indépendamment, contrairement aux


procaryotes où les gènes sont souvent regroupés en opérons.
 Des facteurs de transcription spécifiques se fixent sur des séquences régulatrices de
l'ADN (promoteurs, enhancers, silencers) pour activer ou réprimer la transcription.
Leur action peut dépendre de leur concentration, de modifications chimiques
(phosphorylation, acétylation), ou de leur interaction avec d'autres protéines.
 Les coactivateurs et corépresseurs modulent l'activité des facteurs de transcription,
souvent en modifiant la structure de la chromatine via des enzymes comme les histone
acétyltransférases (HAT) ou déacétylases (HDAC).
 La structure de la chromatine joue un rôle central : une chromatine ouverte
(euchromatine) est plus propice à la transcription qu'une chromatine condensée
(hétérochromatine).
 Des boucles d’ADN peuvent rapprocher les enhancers de leur gène cible, facilitant
l’interaction entre les activateurs et la machinerie de transcription, même à distance.
 Des signaux extracellulaires (ex : hormones stéroïdiennes, cytokines, facteurs de
croissance) peuvent activer des cascades de signalisation intracellulaire. Cela conduit à
l’activation ou l’inhibition de certains facteurs de transcription, ce qui permet aux
cellules de répondre à leur environnement en modulant l'expression de gènes
spécifiques.
 Enfin, la régulation chez les eucaryotes intègre souvent des boucles de rétrocontrôle,
où les produits d’un gène régulent leur propre expression ou celle d’autres gènes,
assurant ainsi un équilibre dynamique.
 Chaque gène est souvent contrôlé individuellement par plusieurs facteurs de
transcription et cofacteurs.
 Des complexes activateurs ou répresseurs se forment pour faciliter ou bloquer la
transcription.

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Figure : Régulation et complexe de transcription chez les eucaryotes

Figure : mécanisme de signalisation cellulaire via la voie mitogène induite par le facteur
de croissance EGF (Epidermal Growth Factor).

Tableau : Deux principaux mécanismes de régulation post-transcriptionnelle de


l’expression des gènes par les petits ARN interférents (siRNA) et les microARN
(miRNA).

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Complémentarité
Type de petit ARN Origine Résultat final
avec ARNm

Exogène (virus, Clivage et dégradation de


siRNA Parfaite
labo) l’ARNm

Endogène (gène Inhibition de la traduction


miRNA Partielle
cellulaire) (sans clivage)

Figure : la biogenèse et le mécanisme d’action des microARNs (miARNs),

Ce schéma illustre les différentes étapes de la biogenèse et du mécanisme d’action des


microARN (miARN). Les miARN sont de petits ARN non codants d’environ 22 nucléotides
qui jouent un rôle essentiel dans la régulation post-transcriptionnelle de l’expression des
gènes.
Ils agissent principalement en inhibant la traduction des ARNm cibles ou en provoquant
leur dégradation.

5. Épigénétique

L’épigénétique est l’étude des modifications héréditaires de l’expression des gènes sans
altération de la séquence d’ADN. Elle joue un rôle central dans la régulation de l’activité
génétique et dans le maintien de l’identité cellulaire. Ainsi, les cellules d’un même organisme,
possédant un génome identique, peuvent exprimer des gènes différents grâce aux mécanismes
épigénétiques.

Mécanismes principaux :

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1. Méthylation de l’ADN : Ajout d’un groupement méthyle (CH₃) sur les cytosines,
principalement dans les régions riches en CpG. Cette modification est généralement associée à
une répression de l’expression génique.

2. Modifications des histones : Les queues des histones peuvent subir diverses modifications
(acétylation, méthylation, phosphorylation, etc.) qui influencent la structure de la chromatine et
donc l’accessibilité de l’ADN aux facteurs de transcription.

Par exemple, l’acétylation est souvent associée à une activation de la transcription.

3. ARN non codants : Certains ARN, notamment les miARN et siARN, participent à la
régulation de l’expression des gènes en modulant la stabilité des ARNm ou en inhibant leur
traduction.

Figure : Comparaison du génome sain (A) et du génome tumoral (B) du point de


vue épigénétique

Maladies liées à des altérations épigénétiques :

• Cancers :
Dérégulation de l’expression des gènes, caractérisée par une activation d’oncogènes et une
inhibition des gènes suppresseurs de tumeurs (souvent par hyperméthylation).

• Maladies neurodégénératives :
Altérations épigénétiques impliquées dans des pathologies comme Alzheimer ou Parkinson.

• Troubles métaboliques :
Modifications de l’expression des gènes liés au métabolisme (ex. : diabète, obésité).

• Vieillissement prématuré :
Accumulation de modifications épigénétiques anormales affectant la régulation génique.
51
Chapitre 6 : Mutations et réparations de l’ADN

1. Définition

Les mutations sont des altérations permanentes de la séquence de l’ADN. Elles peuvent se
produire de façon spontanée (erreurs de réplication, instabilité chimique) ou être induites par
des agents extérieurs (mutagènes). Bien que certaines mutations soient sans conséquence,
d'autres peuvent affecter gravement la cellule. Pour maintenir l'intégrité du génome, les cellules
disposent de systèmes de réparation efficaces.

2. Types de mutations

 Mutations ponctuelles (affectent une seule base) :


o Substitution : remplacement d'une base par une autre.
 Synonyme ou silencieuse : aucun changement dans la protéine
(changement de base sans modification de l'acide aminé codé).
 Faux-sens : changement d’un acide aminé → protéine modifiée
(pouvant altérer la fonction de la protéine.).
 Non-sens : introduction prématurée d’un codon stop → protéine
tronquée.
 Insertions ou délétions : ajout ou perte d’une ou plusieurs bases.
o Si le nombre de bases modifiées n’est pas un multiple de 3, cela entraîne une
mutation décalante (frameshift) → modification complète de la séquence
protéique en aval.
 Mutations chromosomiques (modifient des régions entières du chromosome) :
o Délétion : perte d’un fragment d’ADN.
o Duplication : copie d’un segment.
o Inversion : renversement d’un segment.
o Translocation : déplacement d’un fragment vers un autre chromosome.

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Figure : Les trois types de mutations ponctuelles

Figure : mutations frameshift

53
Figure : Principaux types de mutations chromosomiques structurales

3. Origine des mutations

 Mutations spontanées :
o Résultent d’erreurs naturelles lors de la réplication ou de la dégradation
spontanée de bases (ex : désamination).
 Mutations induites : causées par des mutagènes :
o Physiques : rayons UV (dimères de thymine), radiations ionisantes (cassures
d’ADN).
o Chimiques : agents alkylants, oxydants, analogues de bases.
o Biologiques : certains virus insèrent leur matériel génétique dans l’ADN hôte
ou perturbent sa réplication.

4. Conséquences des mutations

 Neutres : n’affectent pas la fonction protéique (mutation silencieuse ou dans une


région non codante).
 Bénéfiques : source de diversité génétique (ex : résistance à une maladie, adaptation
évolutive).

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 Délétères : perturbent la fonction cellulaire → peuvent causer des maladies
génétiques, des cancers ou la mort cellulaire.

Exemples illustrés avec un brin d’ADN et d’ARN :

 Mutation neutre :
o ADN : ...ATG GGA TTA...
o ARN : ...AUG GGA UUA...
o Acides aminés : Méthionine - Glycine - Leucine
o Mutation : GGA → GGG (toujours glycine) → pas de changement de protéine
 Mutation bénéfique :
o ADN : ...ATG GGA TTA...
o ARN : ...AUG GGA UUA...
o Acides aminés : Méthionine - Glycine - Leucine
o Mutation : GGA → GAA (glycine → glutamate) → nouvelle fonction
avantageuse
 Mutation délétère :
o ADN : ...ATG TAA GGT...
o ARN : ...AUG UAA GGU...
o UAA = codon STOP → la protéine est tronquée, non fonctionnelle

6.5 Mécanismes de réparation de l'ADN Les cellules ont développé des mécanismes
sophistiqués pour préserver la stabilité génomique

 Réparation par excision de base (BER) :


o Corrige les lésions simples sur une base (ex : base oxydée).
o Une glycosylase reconnaît la base anormale et l’élimine → l’ADN polymérase
et la ligase comblent le trou.
 Réparation par excision de nucléotide (NER) :
o Élimine les lésions volumineuses (ex : dimères de thymine causés par les
UV).
o Un segment entier d’environ 30 nucléotides est retiré, puis remplacé.
 Système de relecture (proofreading) :
o Activité exonucléase 3’ → 5’ de l’ADN polymérase pendant la réplication.
o Permet de corriger immédiatement les erreurs d’appariement.

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 Réparation des mésappariements (MMR) :
o Corrige les erreurs post-réplication (non corrigées par le proofreading).
o Reconnaît les mauvaises paires de bases et les remplace.
 Réparation des cassures double brin :
o Recombinaison homologue (HR) : copie intacte du chromosome sœur utilisée
comme modèle.
o Recombinaison non-homologue (NHEJ) : recolle les extrémités cassées sans
modèle → plus sujette aux erreurs.

Ces mécanismes assurent la fidélité de la transmission génétique et protègent l’organisme


contre les mutations dangereuses.

56
Chapitre 7 : Initiation aux Techniques de Biologie
Moléculaire
1. Extraction d’ADN / ARN

But : Isoler le matériel génétique (ADN ou ARN) à partir de cellules ou tissus pour pouvoir
l’analyser.

Matériel utilisé :

 Tampon de lyse (détergents pour casser les membranes)


 Enzymes (protéinase K, RNase ou DNase)
 Solvants organiques (phénol/chloroforme) ou kits à colonnes

Étapes :

1. Lyse cellulaire : casser les membranes pour libérer le contenu cellulaire.


2. Déprotéinisation : éliminer les protéines liées à l’ADN.
3. Précipitation : avec éthanol ou isopropanol pour faire apparaître l’ADN/ARN.
4. Lavage et resuspension : purifier l’ADN et le remettre en solution.

Exemple :

 Extraction d’ADN salivaire pour test ADN (parenté ou diagnostic génétique).

2. Électrophorèse sur gel

But : Séparer les molécules d’ADN, d’ARN ou de protéines selon leur taille et charge
électrique.

Matériel :

 Gel d’agarose (pour ADN/ARN) ou polyacrylamide (pour protéines)


 TBE ou TAE (tampon conducteur)
 Colorants : bromure d’éthidium (ADN), Bleu de Coomassie (protéines)

Fonctionnement :

 Les acides nucléiques sont chargés négativement → migrent vers le pôle positif.
 Les petits fragments migrent plus loin que les gros.
 Un marqueur de poids moléculaire permet d’estimer la taille des fragments.

Applications :

 Vérifier la réussite d’une PCR.


 Vérifier la qualité d’un ARN extrait.
 Séparer des protéines pour Western blot.

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3. PCR – Réaction en chaîne par polymérase

But : Amplifier un fragment précis d’ADN en des millions de copies.

Composants :

 ADN cible (matrice)


 Deux amorces (courtes séquences spécifiques)
 ADN polymérase thermostable (ex. Taq polymerase)
 dNTPs (nucléotides)
 Tampon et ions Mg²⁺

Étapes :

1. Dénaturation (95°C) : séparation des deux brins d’ADN.


2. Hybridation (annealing) (~55°C) : fixation des amorces.
3. Élongation (72°C) : synthèse des nouveaux brins.

🔁 Le cycle est répété 25–40 fois → amplification exponentielle.

Applications :

 Détection du VIH ou COVID-19.


 Identification génétique (criminologie, paternité).
 Études de mutations dans un gène (cancers, maladies rares).

4. Clonage moléculaire

But : Insérer un fragment d’ADN (gène) dans un vecteur pour le multiplier ou l’exprimer.

Étapes :

1. Découpe de l’ADN cible avec des enzymes de restriction.


2. Insertion dans un vecteur (souvent un plasmide).
3. Ligation : coller l’ADN avec une enzyme appelée ADN ligase.
4. Transformation : introduction du vecteur dans une bactérie.
5. Culture bactérienne : multiplication de la bactérie contenant le gène.

Applications :

 Produire de l’insuline humaine par des bactéries.


 Étudier un gène humain dans des cellules bactériennes ou animales.
 Créer des plantes transgéniques.

5. Séquençage d’ADN

But : Lire l’ordre des nucléotides dans un fragment d’ADN.

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Méthode classique – Sanger :

 Utilisation de didésoxynucléotides (ddNTP) qui bloquent l’élongation.


 Chaque ddNTP est marqué (coloré ou radioactif).
 Lecture des fragments de différentes tailles → on en déduit la séquence.

Méthodes modernes – NGS (Next Generation Sequencing) :

 Séquençage massif de millions de fragments en parallèle.


 Très rapide et très précis.

Applications :

 Génomique humaine, microbiome, cancers.


 Séquençage de virus émergents.
 Recherche sur les maladies génétiques.

6. Western Blot et Northern Blot

Western blot – Détection de protéines

 SDS-PAGE : séparation des protéines par taille.


 Transfert sur une membrane.
 Détection par anticorps spécifiques (primaire + secondaire marqué).

Northern blot – Détection d’ARN

 Séparation des ARN sur gel.


 Transfert sur membrane.
 Hybridation avec une sonde d’ADN complémentaire.

Applications :

 Vérifier l’expression d’une protéine dans un tissu.


 Étudier l’expression d’un ARN messager dans des conditions différentes.

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