Etude D'euphorbiaceae Utilisées en Médecine Empirique en Nouvelle-Calédonie
Etude D'euphorbiaceae Utilisées en Médecine Empirique en Nouvelle-Calédonie
Nouvelle-Calédonie
Edouard Hnawia
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N° d'ordre : 323
THE SE
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INTRODUCTION.
I. BUTS ET OBJECTIFS.
TI TESTS PRELIMINAIRES.
A - Fonction physiologique explorée.
B - Résultats et commentaires.
3
I . RAPPELS BffiLIOGRAPHIOUES.
A - Généralités sur les flavonoïdes.
B - Constituants chimiques des Euphorbiaceae.
C - Composition chimique de Macaranga.
CONCLUSION.
PARTIE EXPERIMENTALE.
BIBLIOGRAPHIE.
TABLE DES MA TIERES.
4
CHAPITRE 1
PHARMACOPEE TRADITIONNELLE
MELANESIENNE.
5
A- CRITERES DE RE COLTE.
Parce qu'on sait que les Apocynaceae contiennent des alcaloïdes à propriétés biologiques
intéressantes, on passera au crible cette famille. Les plantes sont récoltées. Des tests préliminaires
d'identification de substances naturelles (le test de Mayer pour les alcaloïdes, l'indice mousse pour
les saponines, etc... ) sont réalisés sur des extraits frais ou secs.
Enfm, selon les résultats, des échantillons sont préparés pour l'analyse pharmacologique.
Ainsi, la Reine des Prés (Spiraea ulmaria L.) de la famille des Rosaceae, est connue pour
ses propriétés astringentes, diurétiques, antirhumatismales depuis très longtemps.
6
-le salicylate de méthyle antirhumatismal a été isolé de la Reine des Prés, de même que le
salicoside des écorces de Saule. Cette recherche a conduit à la synthèse de l'acide acétylsalicylique
(Aspirine®), l'un des analgésiques-antiinflammatoires le plus utilisé dans le monde.
C'est dans cette voie-là que nous nous sommes engagés pour mener l'étude d'une famille de
plantes de Nouvelle Calédonie :Les Euphorbiaceae.
B - DEFINITION DE L'ETHNOPHARMACOLOGIE.
Une des critiques les plus souvent fàites à l'encontre de la médecine traditionnelle, est
son manque de précision. Effectivement les diagnostics sont souvent imprécis : un trouble au niveau
de l'estomac peut signifier, soit une indigestion, soit un ulcère ou même un cancer.
7
Ces imprécisions sont dues en grande partie au fait que la pathologie de certaines maladies
n'est pas connue des tradipraticiens. Ces derniers essayent de soigner les symptômes plutôt que la
maladie, ce qui peut quelquefois entraîner des complications. Le manque de précision se retrouve
aussi au niveau des dosages.
1 · Généralités.
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LA NOUVELLE-CALEJ)ONIE ET LES [Link] LOYAU1ES .
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La Nouvelle Calédonie est privilégiée par ses ressources minières naturelles (le
nickel, le chrome, le cobalt). Elle est actuellement le 3ème producteur de nickel. La richesse de son
lagon, la beauté de ses paysages et son mode de vie font de la Nouvelle Calédonie un pôle
d'attraction touristique. L'agriculture, l'élevage et la pêche sont des secteurs appelés à se développer.
Les sols calédoniens sont composés d'une grande variété de matériaux qui se
traduit dans les paysages par des formes de reliefs différents. Les basaltes provenant d'éruptions
volcaniques recouvrent une grande partie de la Côte Ouest. Les péridotites et les serpentines se
trouvent essentiellement dans le Sud, et dans certains massifs montagneux. On les désigne sous le
nom de terrains miniers car le nickel et le chrome proviennent de ces roches.
c - La forêt de moyenne altitude qui couvre les pentes bien arrosées des
massifs (la forêt humide) de 400 à 1000 m. Comme toutes les forêts tropicales, elle est peuplée par
un assez grand nombre d'espèces. On y rencontre le kaori (Agathis lanceolata), le houp
<")
(Montrouziera sp.), le tamanou (Calophyllum sp.), le pin colonnaire des montagnes et bien
d'autres essences désignées sous le nom de hêtres et de chênes. Ils dominent un sous-bois de
fougères arborescentes, de petits palmiers abritant eux-mêmes des orchidées et des mousses. Dans
ces peuplements on trouve notamment le bancoulier (Aleurites moluccana).
Pour mener à bien une recherche sur les pharmacopées traditionelles comme celle des
Mélanésiens, il est nécessaire de pénétrer leur système de pensée et leur univers pour mieux
comprendre :
1 - Le Mélanésien et la société.
La société mélanésienne est structurée selon une hiérarchie bien défmie, et régie par un
ensemble de lois sociales (la coutume). La coutume est avant tout une discipline sociale. Elle régit la
vie en société, le savoir-vivre. Dispensée à travers l'éducation, elle fait la spécificité du Mélanésien
(13).
Le clan (groupement de familles), cellule de base de cette organisation, est dirigé par
un chef de clan (généralement le plus ancien car le plus sage).
L'ensemble est uni par des relations entre les clans groupés autour d'une chefferie.
Des liens bilatéraux clans-chefferie donnent à cette structure une parfaite rigidité.
Chaque clan existe par sa fonction sociale vis à vis de la chefferie (clan pêcheur, clan
terrien,etc ... ).
2- pour faire respecter les lois sociales. Ce pouvoir se transmet de père en fils et le
clan est ainsi entouré d'un grand secret.
L' organisation sociale mélanésienne est fondée sur une vision n~n_ r~?_onne~le du
monde : le mythe. Pour le Mélanésien le monde des vivants se limite à ce qui est observable : "le
visible". Au-delà des montagnes, au-delà des horizons se meut déjà le domaine des dieux : )<
(
"l'invisible". Le Mélanésien se confond avec la nature laquelle intègre totalement sa personne. Il
ignore son existence, mais la discerne à travers tout ce qui l'entoure (végétaux, animaux, etc ... ).
11
Son corps communique avec le monde extérieur par de nombreux orifices naturels ou
virtuels (fontanelles, oreilles, yeux, narines, pointe du sternum, deux pointes sous l'aisselle, le
nombril); l'anus et les orifices urogénitaux évacuent les maladies, la bouche servant à ingérer ou à
évacuer (paroles, vomissements). On rencontre cette notion de communication dans les médecines
traditionnelles extrême-orientales.
Cette vie osmotique se matérialise aussi par une croyance à certaines divinités : les
totems représentés par un lézard, un serpent, un requin etc ...Le totem est une représentation vivante
de l'ancêtre, et il est par ailleurs à la base de la stratification de la société mélanésienne. Le totem est
la référence du clan, il permet l'unification et la liaison de tous ses membres. En somme, le totem est
"chose dieu" (16).
Les Mélanésiens vénèrent ces dieux qui, en échange, assurent aux clans la protection
et le bien être. Le non-respect du totem par un membre du clan ou un autre peut entraîner pour lui un
châtiment de la part de ce dernier sous la forme d'une maladie, de· la mort ou de malchance.
1 - Définition de la maladie.
Le Mélanésien n'a pas la notion de virus, ni de microbes, ni de leurs rôles dans les
infections et les maladies. En fait, il soigne d'abord les symptômes tout en recherchant les causes qui
ont amené ces symptômes. Ces causes n'ont pas forcément un fondement biologique.
2 - Causes de la maladie.
Dans chaque tribu, il existe des lieux dits "tabous" (sacrés). Il est interdit d'y fouler le
sol sous peine d'être atteint d'une maladie incurable.
Ainsi à Lifou, une femme enceinte qui viole un tel lieu donnera naissance à un enfant
atteint mentalement. Ces enfants sont appelés" NEKOI DRO" ("enfants de la terre").
TI ne faut pas confondre les intoxications alimentaires avec une ascite. La qualité de la
nourriture est bonne, la maladie vient de la violation de l'interdit.
-le manque de respect envers les "vieux" ou des personnes respectables d'après leur
rang dans la coutume (exemple l'oncle maternel).
Le fautif est maudit:" Ton clan sera atteint de telle maladie". Si la malédiction n'est pas
levée, la descendance sera atteinte aussi, jusqu'à l'extinction du clan.
Ces causes, parmi d'autres, montrent dans quel état d'esprit psychologique, le malade
mélanésien envisage et assume sa maladie.
- d'un interrogatoire ./
- de procédés magiques ./
- en récitant sa généalogie.
Elles transmettent leurs connaissances à une fille du clan, choisie pour ses
qualités humaines, à la fin de ses jours.
n faut souligner cependant que le patient, atteint d'une maladie naturelle, n'en
n'est vraiment convaincu que par l'amélioration rapide de ses symptômes après le traitement
européen ou indigène, faute de quoi il consultera le sorcier.
Stade initiatique 1 (Remèdes) Sad 0 0 0 0 (Remèdes)
-----1•~ t e m1tJatique 2 -------~..,.~ Stade initiatique 3
Vie placentaire Passage 1 Accouchement ~ Passage 2 Sevrage
- Le nourisson est en contact
avec les vivants
-Dépendance (allaitement)
(Remèdes)
Passage3
(Remèdes)
Stade initiatique 5 ~------- Stade initiatique 4
Monde adulte passage 4 Puberté
Tableau 1
Les différents stades de la vie chez un Mélanésien.
14
2 - Maladies physiologiques.
Des états physiologiques tels : la grossesse, la puberté, la fragilité d'un
nouveau-né, sont des états normaux pour un Occidental, mais sont nommés" ~ ladies" par un
M~l!l?ésien. Ainsi , selon le tableau 1, le passage d'un stade de la vie à un autre, est une période
· ..
incertaine qu'il faut protéger contre les puissances maléfiques. TI faut des re_!!!~des pour fa~_giter ces
"passages".
Chaque stade nécessite l'intervention d'un thérapeute traditionnel spécialisé. ,·
3 - Maladies totémiques.
Elles touchent ceux ou celles qui ont enfreint, volontairement ou non, les lois
sociales (17). Elles se manifestent par des états maladifs longs dont l'issue n'est pas forcément fatale.
Quand le totem offensé est découvert, le patient est adressé à son possesseur
qui seul, peut guérir les maux infligés.
-palpation
- songe révélateur.
Le traitement est long, entrecoupé par des bains purifiants et neutralisants (18)
à intervalles réguliers. Les remèdes employés sont souvent en composition tels que Acronychia
laevis (Rutaceae) en mélange avec Agathis moorei (kaori, Gymnosperme) et Glochidion
caledonicum (Euphorbiaceae) (19).
1J
15
- taper des feuilles sur une pierre au rythme de paroles ésotériques et sacrées.
1 - Usage externe.
a- Frictions.
La plante entière (ou les feuilles) est froissée entre les mains à froid ou
après un bref passage au dessus d'une flamme, puis frictionnée sur la région douloureuse dans les
cas de courbatures ou d'hématomes.
16
b- Pulvérisations (crachotements).
c- Cataplasmes.
Les feuilles et l'écorce de tronc ou de racine sont les parties
communément utilisées soit à froid soit légèrement chauffées. Le cataplasme appliqué sur la partie à
traiter est souvent maintenu par un bout de tissu en guise de bandage. Le pansement est remplacé
tous les deux jours, après un lavage de la zone malade par l'eau de mer ou par un décocté de la
plante.
On laisse tremper la plante (ou ses parties) écrasée dans une bassine
d'eau froide ou chaude quelques temps auparavant (généralement une heure). Le malade utilise ce
décocté sous forme de bain ou de lavage de la partie à traiter.
e- Applications.
f- Instillations.
Afin d'obtenir une action rapide et directe sur les muqueuses nasales,
oculaires et pulmonaires dans le cas d'ophtalmies et d'affections des bronches, le suc ou la sève de la
plante est instillé directement soit dans l'oeil, l'oreille ou le nez à l'aide d'une feuille de Piperaceae
roulée en forme de cornet. Les otites sont toujours soignées de cette façon.
17
2 - Usage interne.
a- A froid.
Le plus souvent les organes sont longuement mâchés, puis le jus est
avalé, quelquefois le tout
b- A chaud.
Les ingrédients de la recette sont placés soit dans une casserole, soit
dans une noix de coco évidée ou dans un entre-noeud de bambou (récipient traditionnel) avec de
l'eau, puis laiss~s infuser dans de l'eau bouillante. La préparation une fois refroidie est donnée à
boire au patient.
Très souvent aussi, les ingrédients sont placés dans des feuilles de Piper
austrocaledonicum ou de bananier, celles-ci sont repliées pour former une bourse que l'on place
dans des cendres préalablement chauffées. Le contenu est mélangé avec un peu d'eau, le macérat est
bu.
De temps à autre, le contenu est pressé dans un bout de tissu, le jus qui
s'écoule est récueilli dans un verre, puis donné à boire.
G- POSOLOGIE.
Les guérisseurs mélanésiens sont munis de moyens qui leur permettent de réaliser les
différentes formes galéniques et d'administrer les médicaments, mais ils ignorent les poids et les
mesures, chose capitale dans la préparation et la posologie.
Les indications pondérales concernant les drogues font défaut. Seules sont données
des indications portant sur les longueurs, les quantités et les volumes.
Les quantités sont données "en poignée" pour les feuilles, "en largeur de main ou de
doigt" pour les écorces et les racines.
18
~
Pour les boissons, l'unité de volume est la noix de coco évidée et, de plus en plus, le \
verre.
La médecine traditionnelle mélanésienne utilise des Simples. Dans les temps anciens,
quelques espèces animales ont joué leur rôle dans la pharmacopée indigène. Les ordonnances
contenant ces substances animales ont disparu depuis du Territoire (23).
.< ll existe aussi des plantes fébrifuges, abortives, utilisées en obstétrique, des plantes
ichtyotoxiques et toxiques en général.
Ces indications sont ici formulées selon la terminologie médicale européenne.
Parmi les plantes utilisées en Nouvelle Calédonie par les Mélanésiens, pour "soigner
les coups", contre les "douleurs" et les blessures, un certain nombre appartiennent à la famille des
Euphorbiaceae.
n faut également citer les plantes médicinales cultivées. Ces plantes sont mieux
connues des Mélanésiens et leur usage est important. Certaines plantes sont utilisées dans la
phannacopée traditionnelle par les Mélanésiens comme agents antiintlammatoires.
Le latex de Croton insulare est utilisé dans le traitement des algies dentaires
et des gingivites. Cette plante est aussi employée comme vermifuge (vers intestinaux),
antidysentérique, contre des infections cutanées (eczémas, dermatoses), des maladies vénériennes
(blennorragie, syphilis), contre la goutte. Le genre Macaranga, auquel nous nous sommes
particulièrement intéressés, comprend aussi des plantes utilisées empiriquement, non seulement en
Nouvelle Calédonie, mais aussi dans d'autres pays.
LE GENRE MACARANGA.
Le genre Macaranga est utilisé dans la médecine empirique africaine pour ses
propriétés apéritives et antianémiques (28):
- M. broteri Müll. Arg. entre dans la préparation de poudre magique et
comme antidote contre les morsures de serpent (29).
L'infusion des feuilles de M. alchornoides Pax, petit arbre des forêts sur
péridotites, a des effets antidysentériques et béchiques (1).
B - ASPECf BOTANIQUE.
1- Les Euphorbiaceae.
- leur fruit qui est une capsule à déhiscence triple appelée TRICOQUE d'où le
nom donné à l'ordre.
Ce sont des herbes flottantes, des herbes vivaces, des herbes annuelles, des
arbustes de port très divers, les rameaux peuvent être aplatis en forme de feuilles (cladodes), des
plantes cactiformes en cierge ou en sphère, des arbres.
Les feuilles sont de forme et de position très diverses, alternes ou opposées.
Le limbe est soit entier, soit diversement découpé. Il est souvent palmatilobé
(Jatropha) ou même palmé (Hevea). Les feuilles peuvent être très réduites, voire absentes. Les
stipules fréquentes sont parfois remplacées par des glandes ou des épines (31).
b- Position systématique.
Créée en 1789 par A.L. de Jussieu, la famille des Euphorbiaceae se place dans
la classification actuelle parmi la classe des Dicotylédones, la sous-classe des Dialypétales, la série
des Thalamiflores et l'ordre desTricoques ou des Euphorbiales. L'ordre des Tricoques comprend,
selon les auteurs un nombre variable de familles. Gaussen H. et Coll.(33) se limitent à la grande
famille des Euphorbiaceae, la position des familles généralement jointes étant aléatoire.
c- Eléments de taxogénétique.
Les critères de classification des Euphorbiaceae n'ont cessé de varier depuis les
premières divisions en sous-familles établies par [Link] Jussieu en 1824.
C'est à Webster G.L. que nous empruntons cette classification, la plus récente
à notre connaissance (39). Cet auteur a divisé la famille des Euphorbiaceae en 52 tribus, 5 sous-
familles, réparties en deux ensembles en fonction du nombre d'ovules, de la présence ou de
l'absence de latex, du nombre de chromosomes.
* Les Acalyphoideae.
*Les Euphorbioideae.
* Les Crotonoideae.
-Croton (800 espèces tropicales et subtropicales).
d- Utilisations.
- des médicaments :
Tableau II
Un grand nombre d'entre elles sont des plantes à laticifères, les latex blancs
(Euphorbia, Excoecaria) ou rouges (Macaranga, Baloghia, Fontainea), souvent irritants ou
très toxiques (Excoecaria).
2- Le genre Macaranga.
Le genre Macaranga est représenté par des arbres ou des arbustes avec un
latex souvent coloré. Les feuilles sont alternes, munies de stipules souvent peltés et abondamment
glanduleuses. Les plantes sont dioïques, rarement monoïques. Les inflorescences sont axillaires ou
portées sur des branches défoliées. en forme de ~rrappe ou de panicule avec des bractées.
25
Les fleurs sont apétales, avec des sépales valvés dans le bourgeon; le disque
est absent. Les fleurs staminées sont très petites et groupées. On dénombre 1 à 30 étamines et des
anthères 3 à 4 loculées. Les fleurs pistillées sont quelquefois solidaires de l'axe de l'inflorescence.
L'ovaire a 1 à 6 loges uniovulées.
Macaranga vedeliana (Baillon) Müll. Arg. est une espèce endémique. C'est
un arbuste de 1 à 5m commun dans les forêts littorales, se trouvant dans les groupements ligneux
secondaires assez loin de la mer (lles Loyautés). Le latex est rouge et les tiges sont pubescentes et
glandulaires. Les marges foliaires sont ovales. La face supérieure des feuilles est pubescente à
maturité, la face inférieure très pubescente et glandulaire. On compte 6 à 10 veines secondaires de
chaque côté de la nervure centrale. Les pétioles mesurent environ 4 à 26 cm et les stipules sont
légèrement persistantes.
Les plantes sont dioïques avec des inflorescences non ramifiées très
pubescentes. L'axe staminé mesure jusqu'à 52 cm de long. L'axe pistillé est long de 18 cm avec
quelques fleurs portant deux bractées opposées au-dessous des fleurs.
C- ENQUETES DE TERRAIN.
Compte tenu de ces études pré-existantes et qui ne sont pas encore toutes publiées et
dans le cadre d'une collaboration ORSTOM-CNRS, une liste de treize plantes appartenant à la famille
des Euphorbiaceae a été arrêtée et a fait l'objet de notre étude :
Dans un premier temps, un travail de reconnaissance et d'identification des espèces dans leur
milieu naturel s'est avéré nécessaire et utile. De nombreuses sorties sur le terrain ont permis de les
repérer dans leur biotope.
Au cours de cette étape de familiarisation, un échantillon de chacune des treize plantes a été
récolté, mis sous presse, puis séché. Ainsi, s'est constitué un herbier de référence. Les caractères de
chacune de ces plantes ont été soigneusement notés : port, époque de floraison et de fructification,
nature et disposition des feuilles et des fleurs etc ...
Certains organes, en particulier les fleurs et les fruits, sont collectés, puis disséqués sous la
loupe binoculaire. Avec les clefs de reconnaissance botanique et les échantillons types conservés a
l'Herbier du Centre ORSTOM de Nouméa, nous avons pu déterminer avec précision les treize
plantes avec le concours des botanistes du Centre. Cette étape est primordiale pour éviter de courir
des risques d'erreur d'identification. A cette étape, nous avons entrepris le travail de terrain
proprement dit. Les informations pré-existantes ont été d'abord reprises pour les approfondir, les
confmner ou les infmner.
27
Le questionnaire de base est relativement simple. Le guérisseur doit répondre si telle ou telle
plante, dont on possède le nom vernaculaire, fa_~! p~e du lot de celles qu'il utilise, si la plante est
utilisée seule ou en mélange. On note également la façon dont il prépare ses médicaments, la manière
dont se déroule la consultation, la nature de la maladie à traiter, le type de diagnostic donné [Link]
indications notées avec précaution, une promenade sur le terrain avec l'informateur est alors
entreprise. Ce dernier indique la plante dans son environnement, explique comment il procède pour la
reconnaître. Un échantillon est récolté, rapporté au laboratoire, puis comparé avec l'échantillon de
référence. Cette démarche rigoureuse permet d'éviter toute confusion possible de la part de
l'enquêteur ou de l'informateur sur la désignation de la plante en question.
En second lieu, nous avons élargi notre champ de prospection pour avoir un recueil complet
sur un échantillonnage le plus diversifié possible, pour faire des recoupements ultérieurs. TI était donc
impératif de ne pas se limiter à une aire géographique restreinte, mais d'enquêter sur l'ensemble de
l'archipel néo-calédonien. D'autre part, si la plupart des ordonnances ont été fournies par des
guérisseurs mélanésiens, il existe dans le Territoire des minorités ethniques (Vietnamiens,
Wallisiens, Vanuatains, Tahitiens, Indosésiens ... ) venues au cours d'immigrations successives avec
leurs apports culturels et qui ont joué des rôles différents mais complémentaires dans cette médecine
traditionnelle.
D- RESULTATS ET COMMENTAIRES.
Certains usages sont identiques avec ceux relevés pour Acalypha neocaledonica.
Communénement connue sous le nom de bancoulier, cette espèce fait partie de la sou~\
famille des Crotonoideae. Elle pousse dans les forêts secondaires dans la zone de transition schistes-
péridotites. Ce sont des arbres de six à vingt mètres de haut, aux tiges recouvertes de poils en étoiles
avec un latex peu abondant. Les fruits sont charnus et sphériques.
29
Les noix grillées servent de peinture et de pommade pour enduire la peau lors des
festivités ou en cas de guerre. L'écorce macérée avec lpomea sp. et Erythrina sp. a des propriétés
diurétiques. Cette ordonnance est prescrite pour traiter les maladies vénériennes telles que la
blennoragie, et le diabète. Dans ce cas, un second traitement à base de Ficus sp., Erythrina
pyramidalis ou Agathea sp. est donné à la fin du précédent. Contre les rhumes, les bronchites et
les oppressions de poitrine, l'écorce lixiviée est donnée à boire. Une préparation à base d'écorces
cuites puis infusées seule ou en association avec Ficus habrophylla est administrée aux personnes
souffrant d'adénites.
Dans la maladie " du Lézard", la plante est mélangée avec des feuilles de Piper
austrocaledonicum. Le traitement dure cinq jours, puis une seconde recette à base de
Xylocarpus sp. est alors prescrite.
Une macération de feuilles broyées est ordonnée aux enfants pour sécher les boutons
et les croûtes. Cette potion, associée avec Calophyllum sp., est employée contre certaines
infections notamment sur des plaies qui cicatrisent difficilement. La plante a été signalée comme
abortive, contraceptive, emménagogue et inductrice de l'accouchement.
30
Dans les cas de maladies magico-sociales et notamment "la maladie du serpent" (totem
de la Côte Est) caractérisée par des démangeaisons et des suintements, l'espèce est utilisée en
association avec Cymbopogon citratus, Davalia solida et Microsorium sp. Cette plante est
également employée dans les cas de sorcellerie. L'extrémité des feuilles finement mâchées est
soufflée sur le patient pour éloigner l'esprit malsain. Une décoction en mélange avec Ficus prolixa
est donnée ensuite à boire.
On l'utilise contre les maux de dents et les gingivites. Lors d'une inflammation, le
latex recueilli est mis en contact directement sur la dent cariée ou douloureuse, quelquefois une
infusion à base d'écorces de tronc râpées est administrée pour des bains de bouche. Cette même
préparation est utilisée pour désinfecter les plaies et aide à leur cicatrisation. Parfois, on pulvérise la
partie enflammée par un mâchon de feuilles préalablement mastiquées par le tradipraticien. Pour
soigner des contusions diverses et résorber certains hématomes un paquet de feuilles {environ dix)
est donné à manger. Une macération de feuilles vertes est absorbée en cas de céphalée avec des
frictions du crâne. Les feuilles jaune·s sont réchauffées, puis appliquées en cataplasme sur les
dern1atoses et les eczémas.
Dans les maladies totémiques ou par emboucanement, les branches effeuillées sont
longuement mâchées, puis crachotées sur l'ensemble du corps en commençant par la tête. Cinq
feuilles par enfant ou huit pour un adulte sont auparavant cueillies de la main droite et jetées au pied
de l'arbre. L'espèce a été également signalée pour ses actions abortive et contraceptive, et pour son
utilisation dans le traitement des complications du post partum.
Ce sont des arbres ou des arbustes de la sous-famille des Phyllanthoideae, dont les
fruits ont quatre à huit lobes avec des graines à carapace rouge. On les rencontre principalement sur
les terrains calcaires à la lisière des forêts secondaires.
Le jus des feuilles mâchées a une action vermifuge sur les vers intestinaux. Le mâchon
de feuilles jaunes avec de la noix de coco râpée est pulvérisé sur les abcès et les furoncles. L'infusion
de feuilles est donnée comme analgésique contre des gingivites mais aussi pour traiter des mycoses
buccales chez les jeunes enfants, essentiellement le muguet. Sur des blessures légères, le jus de
feuilles mâchées est crachoté sur la plaie pour favoriser sa cicatrisation.
Dans les maladies dites surnaturelles, quatre branchettes sont mises en macération
dans une bouteille avec quatre de Rhamnella vitiensis. Le macérat est bu pendant cinq jours.
31
De très jeunes feuilles sont données sous forme de sirop aux parturientes au début de
l'accouchement pour faciliter l'éjection du placenta.
On utilise parfois l'écorce râpée. Une recette à base de branchettes est administrée aux
femmes à huit mois de leur grossesse pour faciliter l'accouchement
Certaines indications rapportées sont identiques avec les données receuillies sur
Glochidion glaucus.
Cest une espèce endémique limitée aux zones sédimentaires sur sols calciques, bruns
et humifères, et qui appartient à la sous-famille des Phyllanthoideae. Les arbres de dix mètres de
hauteur, ont des feuilles très larges et des fruits très petits et non lobés.
Les feuilles en tisane, ou l'écorce râpée en macération, possède une action contre la
fièvre. Cette ordonnance est prescrite aussi aux enfants ayant la diarrhée.
Une dizaine de feuilles "marquées par le diable" (légèrement jaunies), associées à deux
feuilles de Breynia disticha, redonnent la mobilité à un foetus qui ne bouge plus au terme d'une
grossesse. Cette recette est également ordonnée aux épileptiques avec des adjuvants non précisés.
Cette plante aurait aussi un effet desséchant sur des oedèmes ("peaux remplies
d'eau"), mais le traitement n'a pas été révélé.
L'espèce est constituée par des arbustes ou arbres d'une quinzaine de mètres de haut,
appartenant à la sous-famille des Acalyphoideae. Les tiges sont pubescentes et glandulaires et les
fleurs rouges sont recouvertes de poils. Ils poussent habituellement dans des forêts côtières sur des
terrasses coralliennes soulevées aux Iles Loyautés.
Les personnes atteintes de goutte sont soignées par des pétioles et des feuilles ou des
racines mâchées enveloppées dans une feuille. Les feuilles sont mâchées, puis le jus est avalé par les
personnes souffrant de rhumatismes. Une préparation d'écorces de racines râpées est aussi
administrée par voie orale.
Les feuilles sont également données sous forme d'infusion aux malades se plaignant
de maux de gorge ou d'angines. Du bois en mélange avec des feuilles est mis à macérer dans une
bouteille. Le macérat est donné à boire pendant trois à quatre jours. Cette préparation rend stérile les
femmes ayant trop d'enfants et arrête le flux menstruel dans les cas d'écoulement prolongé
anormaux.
32
La plante entière est utilisée en macération, contre les rhumatismes. Le jus de la plante
infusée ou mâchée a des propriétés antidysentériques.
La plante appartient à la sous-famille des Phyllanthoideae. C'est une espèce qui croît
dans des terrains schisto-gréseux, le long des berges. Arbustes de 1-2 mètres, souvent multicaules et
entièrement glabres, ils ont des feuilles alternes.
Utilisés comme calmant dans les gingivites, les fruits sont pilés, puis mis à macérer.
Le jus est donné en gargarismes. En association avec Acronychia laevis, la plante aurait des
propriétés fébrifuges.
En forme de crevette, cette espèce est utilisée par les gens habitant le long des rivières
pour attirer les crevettes au fond des nasses.
Aux malades souffrant de ganglions gonflés, on administre la plante entière, mâchée puis
avalée.
Dans toutes les indications recueillies, on voit qu'avec la plante principale, plusieurs plantes
sont souvent ajoutées pour constituer le médicament. Leur rôle exact n'est pas élucidé, mais on
mesure la difficulté pour l'enquêteur d'attribuer à tel ou tel constituant du mélange (ou tous ensemble)
les activités mentionnées et/ou vérifiées.
CHAPITRE II
ETUDES PHARMACOLOGIQUES
MENEES SUR LES EUPHORBIACEAE
SELECTIONNEES
34
1- BUTS ET OBJECTIFS.
L'objectif de ce travail est, compte tenu des indications précédemment recueillies dans la
médecine populaire mélanésienne :
Après ce premier criblage, les produits intéressants sont alors testés sur animaux entiers et
sur des modèles expérimentaux plus élaborés : c'est l'étape de la pharmacologie spécialisée. Le ou les
principes actifs subissent alors des études de toxicologie, de pharmacocinétique et d'analyse
galénique.
Dans le cadre d'une collaboration avec les laboratoires DEBAT, des extraits totaux
hydroalcooliques des treize Euphorbiaceae précédemment citées, ont fait l'objet d'une analyse
pharmacologique générale.
Il Il
HNA9 E.T.
HNAlO Aleurites moluccana E.T Dumbéa
HNA4 Baloghia Iucida F. Baie Tina
Il Il
HNA5 E.T
HNA22 Cleidion spiciflorum F. Vanuatu
Il
HNA23 Il
E.T.
HNA 11 Codieaum variegatum F. Lifou
Il
HNA12 Il
E.T
HNAl Croton insulare F. Thio (péridotites)
HNA2 Il
F. Ouen Toro (calcaire)
Il
HNA3 Il
E.T.
HNA13 Glochidion billardieri F. Lifou
Il Il
HNA14 E.T.
Il
HNA15 Glochidion glaucus F.
Il
HNA16 Il
E.T.
Il
HNA17 Macaranga vedeliana F.
Il Il
HNA18 E.T.
HNA21 Phyllanthus amarus P.E. Vanuatu
HNA19 Phyllanthus bourgeoisii P.E. Hou ailou
HNA20 Phyllanthus persimilis P.E. Poy a
F: Feuilles E.T: Ecorces de tronc P.E.: Plante entière.
* En règle générale ,les extraits destinés à l'analyse pharmacologique sont affectés
d'un numéro de code HNA pour Hnawia (voir tableau IV).
Tableau ID
B- RESULTATS ET COMMENTAIRES.
-L'absence de toxicité aigue des extraits à 2 [Link]-1 par voie orale chez la Souris. Les
extraits ont été testés à 500 [Link]-1 par voie orale (dose maximale).
- Dans le domaine du système nerveux central, certaines activités ont pu être mises en
évidence. Ainsi, l'extrait HNA 2 (extrait de feuilles de Croton insulare) présente une faible action
tranquillisante. Aucun des extraits ne s'est révélé anticonvulsivant vis-à-vis des crises induites par le
.pentétrazol. De même, aucun n'a exercé de protection dans l'hypoxie hypobare.
1 0% - - - - - - - !+ - - non tes té
2 0% - Î+ - - - - - - - - non tes é
3 0% - - - - - - - - + non testé non tes é
4 0% - - - - - - - - - - non tes é
5 0% - - - - - - - - - - Î+
6 0% - - - J,+ - - - !+/- - - non tes té
7 0% - - - - - - - !+/- - !pa !fe non tes :é
8 0% - - - - - - - - - !pa non tes é
9 0% - - - - - - - - - - non tes :é
10 0% - - - J-+ - - - - + !pa !fe Î+
11 0% - - - - - - - !+/- - - non tes té
12 0% - - - - !+/- - - - - - -
13 0% - - - - !+/- - - - - non testé -
14 0% - - - - J-+/- - - - - non testé -
15 0% - - - - - - - - - non testé non tes té
16 0% - - - - - - - J-+/- - non testé non tes té
17 0% - - - - - - - - + !pa!fc non tes té
18 0% - - - - - - - !+/- - non testé -
19 0% - - - - - - - J-+/- - - -
20 0% - - - - - - - !+/- +/- non testé Î+
21 0% - - - - - - - !+/- - - non tes é
22 0% - - - - - - - - - - -
23 0% - - - - - - - - - !pa Îfc non tes :é
Hypertens.
~forte dose
2 - Etudes approfondies.
L'action hypotensive des extraits HNA 7, 8, 10, 17 a été étudiée pour la mise
en évidence d'une éventuelle relation effet/dose. Cet effet apparaît dès la dose de 5 [Link]-1 (voire
2,5 [Link]·l) et il est généralement dose-dépendant. Injecté à 0,625 -1,25 - 2,5 et 5 [Link]-1, l'extrait
HNA 23 provoque une hypotension importante, principalement sur la pression diastolique. Aux
mêmes doses, la fréquence cardiaque n'est que peu modifiée. Lors de l'essai préliminaire, cet extrait
s'était révélé hypotenseur à 20 [Link]- 1. Son action tensionnelle paraît donc complexe.
c- !Micro6iofogie.
Les extraits HNA 3, 17 ont fait l'objet d'une étude sur une gamme élargie de
germes gram positif. Les résultats montrent que les extraits sont actifs pour des concentrations
relativement élevées, comprises entre 0,08 et 0,4 [Link] 1.
- Les activités relevées : anxiolytique, anti-hypoxique. sont réelles mais de faible amplitude,
peu reproductibles et non fonction de la dose administrée.
-Aucun extrait n'a montré d'activité anti-inflammatoire significative associée à un effet
analgésique. Il n y a donc pas confirmation des informations d'usage empirique ou bien la traduction
des symptômes décrits par l'informateur ne correspond pas à un effet douloureux ou inflammatoire.
- Au niveau cardia-vasculaire, plusieurs extraits essayés sont hypotenseurs. Cet effet est
fonction de la dose administrée par voie veineuse. L'effet est particulièrement net avec les extraits
RNA 7, 8, 10 et 17. C'est l'extrait RNA 17 de Macaranga vedeliana qui sera choisi pour l'étude
chimique en raison de son activité hypotensive nette. L'extrait HNA 23 présente la particularité d'être
hypotenseur à faible dose, puis hypertenseur à concentration plus élevée.
- Sur l'iléon de Cobaye, deux types d'action ont été mis en évidence : ainsi les extraits HNA
5 et 20 provoquent une contraction peu ou pas spécifique. L'extrait HNA 10, au contraire, possède
une activité relaxante s'exerçant préférentiellement vis-à-vis de l'histamine et du carbachol.
- En microbiologie les différents extraits ont été testés pour leur activité sur des germes
Gram+ (plusieurs souches de Streptocoques et de Staphylocoques et [Link]) et sur des germes
Gram- ([Link]). L'activité antifongique sur C. albicans a également été recherchée. La méthode
utilisée pour le criblage est l'essai d'inhibition par microdilution en milieu liquide. Aucun extrait n'a
révélé d'activité antibactérienne ou antifongique significative nécessitant une étude ultérieure.
Cela est d'autant plus difficile que les concepts des médecines occidentale et traditionnelle
sont entièrement différents. Le premier veut guérir en essayant de combattre les agents
physiopathologiques responsables du dysfonctionnement, alors que le second s'intéresse aux
symptômes pour les enrayer. Les méthodes utilisées et les remèdes associés ne sont pas toujours
identiques.
Enfin , le problème de communication et de langage entre l'enquêteur et l'informateur n'est
pas négligeable. Très souvent, il faut une tierce personne pour traduire les informations, le guérisseur
ne s'exprimant pas toujours dans la langue de l'enquêteur.
38
B- LA DEMARCHE EXPERIMENTALE.
De plus, les enquêtes montrent que la plupart des ordonnances sont complexes.
On emploie couramment une combinaison de plusieurs plantes, et il serait hasardeux de définir des
actions pharmacologiques individuelles.
Cela contraint le chercheur à faire des tests tous azimuts. De tels essais se
révèlent toujours coûteux et limitent trop souvent leur diversité et leur multiplicité.
Les essais au laboratoire utilisent des animaux tels que le Rat, la Souris, le
Cobaye etc... comme réactifs pour confirmer ou infmner une indication de terrain.
Pour effectuer des tests, le critère de solubilité des extraits est impératif. On
emploie parfois des excipients autres que l'eau, solvant unique utilisé par les médecins traditionnels
dans leurs préparations (infusions, macérats etc...), tels que le diméthylsulfoxide ou le Tween qui
possèdent des activités intrinsèques. Ceci peut induire une erreur dans le commentaire des résultats.
4- Doses et posologie.
Les prises de médicaments sont répétitives, deux à trois fois par semaine, ou
plusieurs fois par jour. L'effet d'accoutumance de l'organisme à la plante pourrait être à l'origine de
l'activité observée par le guérisseur.
Une mixture peut se révéler active après un premier criblage, mais au fur et à
mesure du fractionnement et de la purification de l'extrait, on peut obtenir des niveaux de réponses
faibles et parfois même nuls.
Quel type d'extrait faut-il préparer et quel modèle pharmacologique est le plus
adéquat pour confirmer ou infirmer l'indication ethnopharmacologique?
Cette activité que nous avons présumée analgésique et antiinflammatoire n'a pas pu être
vérifiée au laboratoire sur les modèles de l'oedème à la carraghénine de la patte postérieure du Rat
(test de Jansen) et des contractions abdominales induites par l'acide acétique chez la Souris (test de
Koster).
Extrait Concentration Véhicule Pression syst pression diast [Link]
* * **
HNA 17 20mg/ml Tween 1% -32%- -53% -9%
A 20mg/ml eau -26% -46% -13%
B 20mg/ml Tween 1% -14% -40% -8%
At 20mg/ml eau -13% -29% -6%
Az 20mg/ml eau -36% -38% -4%
A3 Insoluble eau - - -
Acétylcholine lOJ,Lg/ml eau -20% -62% -4%
Noradrénaline 3 [Link]/ml eau +30% +46% +5%
Isoprénaline 5 [Link]/ml eau -25% -63% +5%
Cet effet apparait à la dose de 2,5 [Link]-let cette action est dose dépendante.
Compte tenu de ces premiers résultats, nous avons donc retenu cette plante pour une étude
pharmacologique et chimique poussée.
Dans une première étape, l'extrait HNA 17 a été divisé en quatre sous-extraits : A, B et C
correspondant à des extractions différentes par des solvants de polarité croissante. L'action des ces
échantillons sur la pression artérielle et la fréquence cardiaque a été mesurée chez le Rat anesthésié.
Pour des raisons de temps et parce que le niveau de réponse obtenu ne justifiait pas une
étude plus poussée, nous avons choisi de pousuivre notre étude uniquement sur l' extrait
méthanolique A.
L'extrait méthanolique A a été, à son tour, fractionné par chromatographie sur colonne de
silice en phase inverse. Les trois échantillons At. A2 et A3 que nous avons obtenus ont été soumis à
l'analyse pharmacologique. Les résultats sont reportés dans le tableau V.
B- COMMENTAIRES ET DISCUSSION.
Dans un premier temps,nous avons effectué des essais de solubilité des extraits A1. A2 et A3
dans l'eau et dans le Tween 80 à 1% en solution aqueuse. Seuls les extraits At et A2 sont solubles.
L'extrait A3 n'est pas testé car il est insoluble.
41
On prépare donc des solutions à 20 mg/ml de chaque extrait. On injecte par voie
intraveineuse dans la veine jugulaire, 0.1 ml par 100 g. On enregistre la pression artérielle et la
fréquence cardiaque.
L'extrait Az conserve l'activité hypotensive de l'extrait parent (HNA 17). Une bradycardie
est observée par rapport à l'extrait A1. Cette activité reste tout de même fugace.
Cependant, il faut être vigilant quant à l'interprétation de ces résultats, tant que l'activité A3
n'est pas connue.
L'extrait parent (HNA 17), à la dose de 20 mg/ml, de même que les sous-
extraits dérivés, ont une action hypotensive proche de celle de l'acétylcholine à la
dose de 10 [Link]/ml.
Ainsi, parmi les trois extraits testés, seul l'extrait Az conserve de manière quasi-identique
l'activité hypotensive de l'extrait parent (HNA 17), accompagnée d'une dimunition de la fréquence
cardiaque. L'extrait A1 possède une légère action.
Ces résultats nous guideront dans la suite de notre étude dans le fractionnement et la
purification de ces deux extraits, bien que l'activité de l'extrait A3 n'ait pu être mesurée.
Cependant ces premiers résultats demeurent insuffisants par eux-mêmes. Il aurait été
souhaitable de poursuivre une telle étude sur d'autres modèles expérimentaux (rats hypertendus par
exemple) afm de déterminer le réel intérêt thérapeutique de tels extraits dans la recherche de nouvelles
substances médicamenteuses.
Avec les informations obtenues par cette analyse pharmacologique, notre travail de recherche
s'est alors orienté vers l'étude chimique de la plante, et plus particulièrement de l'extrait
méthanolique.
42
CHAPITRE III
ETUDES CHIMIQUES
phénylalanine
OH
1 H3c-e
~O ~ 3'
3'
5' HO
6' -2H
Chalcone flavanone
oxydase
Flavanone Flavone
Tableau ...YI
Formation du squelette flavonique
43
I -RAPPELS BIBLIOGRAPHIQUES.
3'
1
C-glycosylatioo
3'
4'
~
2. : Flavone R= H Flavanone Isofiavone
(phényl-2 chromone)
l : Flavonol R= OH
R'
R"
Rz
2 1 .a
Chalcone Anthocyane
Flavanne
(phényl-2 chromanne)
44
La méthylation des dihydoxy 3', 4' flavonoïdes est catalysée par des enzymes
de typeS adénosyl-L-méthionine 3'-0-méthyltransférase beaucoup plus tardivement sur la molécule
C6-C3-C6.
a· f})érivés flavonüpus.
Les flavonoïdes sont des composés hétérocycliques oxygénés qui dérivent de la chromone
(benzo y-pyrone). Les flavonoïdes naturels comportent différents types structuraux (flavone,
flavonol, biflavone etc ...) dont chacun se distingue par les modifications : fonctions phénols parfois
méthylées et diverses substitutions des noyaux. On distingue:
- la flavone 2 elle-même
La flavone elle-même, n'a jamais été isolée des plantes. Par contre, on trouve fréquemment
ses dérivés hydroxylés tels que le chrysol ( dihydroxy 5-7- flavone), l'apigénine (trihydroxy 5-7-4'-
flavone), la lutéoline (tétrahydroxy 5-7-3'-4'-flavone).
Les flavonols fréquemment rencontrés sont le quercétol (pentahydroxy 3-5-7-3'-4'-flavone)
et le kaempférol (tétrahydroxy 3-5-7-4'-flavone).
Le terme flavonoïde englobe également :
-les chalcones .Q (isomères des flavanones avec ouverture du cycle pyrone).
-les dérivés du phényl-2 chromanne ou flavanne 1 (catéchines et leucoanthocyanes).
-les dérivés du phényl-2 benzopyrylium .8. (anthocyanes).
OH
OH
OH
1.5.
Cupressufiavone
45
La partie osidique peut être liée à la flavone par une liaison éther (0-
hétéroside) ou par une liaison C-C (C-hétéroside).
* Les 0-hétérosides.
*Les C-hétérosides.
c- Les biflavonoïdes.
Chez les biflavonoïdes, le mode de liaison des deux monomères est
généralement :
- carbone-carbone: 8-6, 8-8, 8-4', 8-3, 6-4'.
-carbone-oxygène: 6-0-3'.
On peut citer par exemple l'amentoflavone ou la cupressuflavone 15.
46
Les flavonoïdes sont largement distribués dans le règne végétal, où ils existent le plus
souvent sous forme d'hétérosides solubles. Quasiment absents chez les Algues, ils apparaissent chez
les Bryophytes. lls sont présents chez les Fougères et les Gymnospermes, mais leur variété
structurale est faible. Par contre, chez les Angiospermes, ils sont très largement représentés et leur
diversité structurale est maximale.
lls sont présents dans tous les organes, mais surtout dans les organes jeunes : feuilles
et boutons floraux. On les trouve dissous dans les vacuoles à l'état d'hétérosides, ou comme
constituants de certains plastes particuliers, les chromoplastes. La lumière intervient dans leur
formation.
Le rôle physiologique des flavonoïdes est mal connu. En raison de leur structure
polyphénolique, ils pourraient jouer un rôle dans les chaînes ~·oxydo-réduction et modifier certaines
réactions concernant la croissance, la respiration et la morphogénèse. Ainsi le kaempférol active
l'auxine-oxydase tandis que le quercétoll'inhibe.
Les flavonoïdes sont capables de se fixer sur certaines protéines et enzymes à cause de
leurs groupes phénols et de modifier ainsi les équilibres enzymatiques. Ils interviendraient à
différents stades du développement, notamment lors de la germination.
Les flavonoïdes, dont l'absorption UV est importante, protègent la plante vis-à-vis des
rayonnements nocifs.
Les flavonoïdes du "bois de coeur" interviendraient contre les parasites des arbres
grâce à leurs propriétés fongicides.
T. Mabry et coll. ont résumé les contributions les plus significatives apportées
à ces problèmes de séparation et d'identification (50-52).
47
a- !Métfwtfes cfiromatograpliiques.
6- !Métfwâts spectrales.
- une bande 1, due au chromophore cinnamoyle B, située entre 320 et 360 nm.
- une bande Il, due au chromophore benzoyle A, située entre 240 et 270 nm.
L'acétate de sodium est une base faible qui n'ionise que les groupes
hydroxyles les plus aci~es, dont l'hydroxyle en position 7. L'ionisation de cet hydroxyle affecte
principalement la bande ll avec un déplacement bathochrome de 5 à 20 nm. Ce déplacement ne se
produit pas quand le carbone en position 7 n'est pas substitué par un hydroxyle.
Ces composés sont très souvent peu solubles dans les solvants usuels.
Les spectres sont habituellement faits dans le DMSO. La dérivation de ces substances par acétylation
ou triméthylsilylation permet de réaliser des spectres dans les solvants de types CDCI3 ou CC4.
49
c- Moaifications cmmique.s.
• !J{ytfro([Link] acitfe.
• acétyfation, métliyfation.
5-lipoxygénase
Cyclooxygénase
5-HPETE
/ Endoperoxydes
PGG2 et PGH2 ..... PROSTAGLANDINES
L TIIROMBOXANE A,
PROSTACYCLINES
Tableau VIII
Cascade arachidonique
50
- lls exercent un "effet scavenger" (effet de capture) sur les
radicaux libres (anion superoxide 02··, radical hydroxyle OH) engendrés dans certains processus
pathologiques (inflammation, hypoxie, irradiation).
- lls peuvent également contrarier la formation des radicaux
libres, parce qu'ils sont capables de se lier aux métaux lourds qui catalysent la formation de ces
radicaux.
• Perméa6ilité mem6ranaire.
• .9Lctivité antiulcéreuse.
• Infection virak.(59b)
• 9-{épatoprotection.
• [Link].
-11
Phorbol R1=R2=R3=H Ingénol R1=RrR3=R4=H
Esters de phorbol Esters d'ingénol
0 0
n
PlaunolA PlaunolB
o- ~o
0- j
,,. ···~
/.
0
HO -
R H
2.l
2Q. Oblongifoliol
Sondérianol R=CH20H
53
1- Composés terpéniques.
10
0
s
6
.2i ~
Taspine Sécurinine
OH
OH
HO
HO
HO 0
21 : R=H Quercéline OH 0
Va: R=galactose Quercétine-3 galactoside 2.8.
27b : R=Rhamnosylglucoside Quen:étine-3 rhamnosylglucoside Rutoside
.-----.':'r'"--CH2
H~O
OH H
OH
H HO H
HO OH H OH 12.
~ Scopolétine
Rutinose (6-méthoxy-7 hydroxy coumarine)
54
2- Composés alcaloïdiques.
OPhAc
Ok
JQ .ll
Macaranganol 6-20 épo:xy-lathyrol-5,10
diacétate-3 phénylacétate
OMe
OMe
34
2'-Hydro:xy 3', 4', 5', 6', 3, 4
Hexaméthoxy chalcone
55
4- Autres espèces.
OH
0 0
~
li : Macaflavone 1 R=OH 6 1 7-diméthoxy-3',4'-méthylène
lill : Macaflavone II R=H dioxyfiavanone
OH
.l8.
.31. 7-méthyltectorigénine
Sumatrol
56
A- MATERIEL U'ITI...ISE.
B- ESSAIS PRELIMINAIRES.
Ces tests ont été réalisés à partir d'un infusé à 5% de plante entière ou
d'organes (feuilles, écorces) séchés puis broyés. Ces premiers essais sont nécessaires dans la mesure
où ils permettent d'orienter les études chimiques ultérieures. Les techniques utilisées s'inspirent de
celles décrites par Paris et Nothis (2).
1- Recherche de saponosides.
2- Recherche de flavannes.
3- Recherche de flavonoïdes.
4- Recherche de tanins.
Croton insulare F. - ++ + - - -
E.T. - + + - - -
Baloghia lu ci da F. - ++ ++ - - -
E.T. - ++ + - - -
Acalypha grandis F. + - ++ - - -
E.T. + ++ ++ - - ++
Acalypha neocaledonic. F. + + ++ - - -
E.T. + + ++ - - ++
Aleurites moluccana E.T. + ++ ++ - - -
Cleidion spiciflorum F. ++ - ++ - ++ -
E.T. ++ - ++ + ++ -
Codiaeum variegatum F. - - - - ++ -
E.T. - ++ ++ - ++ -
Glochidion billardieri F. ++ ++ ++ - - -
E.T. ++ ++ ++ - -
Glochidion glaucus F. + ++ ++ - - -
E.T. - ++ ++ - - -
Macaranga vedeliana F. ++ ++ ++ + - -
E.T. ++ ++ ++ + - -
Phyllanthus amarus P.E - - ++ ++ - -
Phyllanthus bourgeoisi P.E. + + ++ - - -
Phyllanthus persimilis P.E. - ++ ++ - ++ -
Sap: Saponines, Flav: Flavonoïdes, Tan: Tanins, Quin: Quinones, Ster: Stérols,
Ale: Alcaloïdes. Org.: Organes. F: Feuilles, E.T: Ecorces de tronc, P.E: Plante entière.
Tableau IX
41a: 24S
ill : 24R
22
HO
58
Cette espèce a fait l'objet d'une étude chimique approfondie en raison d'une part de son
activité hypotensive lors de l'analyse pharmacologique générale, et d'autre part, du caractère
endémique de sa présence en Nouvelle Calédonie,et de l'absence d'une étude systématique. Les
feuilles de Macaranga vedeliana Mü[Link]. ont été récoltées près de Traput, Lifou , lles Loyautés,
Nouvelle Calédonie, en Janvier 1987.
Elles ont été ensuite séchées sous un courant d'air chaud à la température de 55°C au
Laboratoire des Plantes Médicinales du C.N.R.S. à Montravel, Nouméa.
B- EXTRAIT HEXANIQUE.
Ces substances banales ont été déjà isolées dans la famille des Euphorbiaceae, et en
particulier dans le genre Macaranga.
C- EXTRAIT MEmANOLIOUE.
Dans un premier temps l'extrait méthanolique possédant une nette activité hypotensive a été
dessalé par chromatographie sur une colonne de silice RPts (éluant : eau) jusqu'à obtenir une fraction
dépourvue d'ions chlorures (réaction au nitrate d'argent).
L'extrait obtenu (15g) a été ensuite fractionné par chromatographie liquide préparative à
haute performance (colonne AJodal). Les fractions obtenues (A', B', C', D'etE') ont été purifiées
par diverses techniques, certaines des plus polaires ayant été soumises à une acétylation ou à une
méthylation (Tableau X).
Extrait méthanolique (15g.)
~·
Chromatographie sur colonne de silice RP 18
Eluant : gradient Me0H-H 20
A
i
B' 1. i
D'
i i i
Acide gallique1l 7-glucosyl apigén.ine44 7-glucosyllutéoline .41
i
V édélianine .51 Lutéoline 51
7-glucosyl acacétine 45 3-glucosyl quercétine 49 Macarangine j]_
Düsoprény1-
kaempferol QQ
Tableau X.
Fractionnement de l'extrait méthanolique de Macaranga vedeliana.
OH
Glu-0
OH
OH OH 0
43 44
Acide gallique 7-Glucosyl Apigénine
RO
0
45 : R= Glucose
~ : R= Glucose tétraacétylé
7- VEDELIANINE ,Sl.
:::~~~ ;~
___ __J_ __ _________ j__ _::::::: ___ J_ _____::: ___ _
Tableau XI
OH
13'
A= 1~ 8'
2'
- une tricyclique
Acétylation :
* l'apparition d'un nouveau signal à 2,00 ppm correspondant à deux protons méthyléniques,
- 3 protons aromatiques en position ortho d'un phénol, à 6,97, 7,03 et 7,13 ppm (s élargi)
-2 protons éthyléniques à 7,37 et 7,30 ppm (2d, J= 16Hz),
Hvdrogénation :
Relro
Diels-AldCI"
m/z328
m/z 484 (100%) (32%)
l j
m/z 291 (60%)
)j" CH/
Tableau XII
Fragmentation de masse en lE du composé hydrogéné.
- le proton 3 est équatorial à cause des constantes de couplage faibles avec le méthylène 4.
Donc l'hydroxyle 3 est axial.
Selon les données de la littérature (100) les triterpènes possédant deux hydroxyles en
position trans vicinaux montrent que les protons portés par les mêmes carbones ont des déplacements
chimiques équivalents. Dans le cas contraire, les déplacements chimiques sont différents.
l'
13 12 12'
~ : Védélianine 13'
OH
OH
HO
OH
HO
67
Parmi les quatre hypothèses de départ, seule la substitution en position 7 par le fragment A
rép6nd à ces conditions.
8- MACARANGINE i l (104) •
Tableau X U1
OH
8"
l l : Macarangine
10"
OH
HO
10"
68
~· OH
HO
m/z=422
-~Hu
m/z 353 (82%)
-C4~_/
j rn* 211,85
/ m • 253,2
OH ____ _.~-c~OH
~+
- -CO m/z93
Tableau XIV
Fragmentation de masse en lE de la macarangine.
OH
HO
OH
8" .6Q
10" 51 Macarangine 3'6 -Diisoprényl kaempférol
70
Ainsi, à la suite des résultats positifs obtenus sur le système cardiovasculaire lors de
l'analyse phannacologique de l'extrait méthanolique de feuilles de Macaranga vedeliana, nous
nous sommes intéressés, hormis l'identification de quelques composés banaux de l'extrait
hexanique, aux constituants polaires de l'extrait méthanolique. La très grande polarité de ces
composés a rendu leur purification longue et difficile. L'extrait est majoritairement composé de
flavones. Certaines sont connues, d'autres comme la macarangine et le diisoprényl kaempférol sont
nouvelles. Un autre composé est lui aussi nouveau, la védélianine, que l'on peut considérer comme
un dérivé prénylé du stilbène, type de composé rare dans le règne végétal. Il existe dans la plante
d'autres composés qu'il n'a pas été possible, par manque de temps, de purifier et d'identifier. ll sera
souhaitable de pouvoir continuer l'inventaire des substances chimiques contenues dans cette plante
CONCLUSION
Une série d'Euphorbiaceae utilisées en médecine empirique par les populations rurales de
Nouvelle Calédonie, principalement les Mélanésiens, a été choisie dans le cadre de cette recherche en
raison de l'usage local de ces plantes, "pour soigner les coups, les blessures", contre les douleurs.
Le criblage pharmacologique large d'extraits hydroalcooliques de ces plantes n'a pas mis en
évidence d'activité significative dans le domaine antiinflammatoire. Par contre, plusieurs d'entre elles
révèlent une très nette activité hypotensive. L'une de ces plantes, endémique de la Nouvelle
Calédonie, Macaranga vedeliana Müll. Arg., a été sélectionnée pour en étudier la composition
chimique.
On peut remarquer que ce travail a fait appel à des disciplines très différentes, et à un
investissement très important de tous ceux qui y ont participé : enquêtes soigneusement recoupées
effectuées avec l'ORSTOM sur le terrain auprès des tribus mélanésiennes en Nouvelle Calédonie,
criblage pharmacologique étendu mené aux Laboratoires DEBAT, séparations chimiques et
identifications menées au CNRS.
On voit bien qu'il est difficile de pratiquer un tel criblage sur de nombreuses plantes et sur un
registre étendu. Telle est une limite très importante de cette méthode de recherche. Ainsi le chercheur
doit-il faire preuve d'une grande prudence dans l'utilisation du critère ethnopharmacologique comme
moyen de sélection. L'interprétation des informations est évidemment le point délicat du travail de
l'enquêteur. La traduction de l'information recueillie en terme d'essai pharmacologique sur animal,
est une autre difficulté.
C'est en observant les usages immémoriaux de certaines plantes que des drogues comme la
digitaline, la cocaïne, la morphine, la quinine et, plus récemment, l'artemisinine en Chine, les
guggulstérones en Inde, et tant d'autres, ont constitué autant de médicaments pour la santé de tous.
L'emploi possible dans l'avenir de méthodes biologiques plus fines, praticables in vitro (récepteurs,
enzymes ... ), et l'interface obligatoire entre chercheur de terrain, chimiste et biologiste, permettront de
mieux explorer l'approche très féconde de l'ethnopharmacologie.
73
PARTIE EXPERIMENTALE.
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Acalyphoideae
Genre et espèce Acalypha grandis Bentham.
Noms vernaculaires TIIULUMAT WIE (Lifou), DIMII (Pouembout, Touho),
MAHAl (Ouvéa)
Datederécolte 25.01.1987
Lieu de récolte Centrale Enercal deWaihmenë, Wé (Lifou)
Stade végétatif Arbuste en fleurs
Nature du terrain Roche mère calcaire
Habitat. Ecologie Sol brun calcique humifère
Description som- Arbuste de 2 à 50 rn de haut. Jeunes tiges presque
maire blanches, pubescentes, éventuellement glabres.
Pétioles blanchâtres pubescents. Inflorescences unisexuées,
axillaires, spiciformes.
Utilisations Algies dentaires, gingivites. Anticéphalalgique.
Contre les hématomes internes et externes. Facilite l'accouchement
Démangeaisons. Enveloppe de médicaments. Goutte. Fonction de
plâtre.
Remarques Echantillon en herbier
HNAWlA 28
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Acalyphoideae
Genre et espèce Acalypha neocaledonica Baillon.
Noms vernaculaires TIIULUMAT MADRA (Lifou), OMAKALO (Ile des Pins)
AMAKALE KUTHE (Maré), OHUMO~O (Ouvéa)
Datederécolte 25.01.1987
Lieu de récolte Centrale Enercal de Waihmenë,Wé (Lifou)
Stade végétatif Arbuste en fleurs
Nature du terrain Roche mère calcaire, sol brun calcique' humifère
Habitat Ecologie Forêt côtière
Description sommai Arbuste de 1 à 4 rn de haut. Jeunes tiges
abondamment recouvertes par une pubescence
large et étendue. Face inférieure des feuilles vileuses
avec bords en dent de scie.
Utilisations Céphalées. Contusions. Emménagogue. Déclenche l'accouchement.
Calme la douleur. Cicatrisant. Retient une fausse couche.
Enveloppe de médicaments. Dé[Link]èvre (maux de tête)
Remarques Echantillon en herbier
75
HNAWIA 39
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Acalyphoïdeae
Genre et espèce Cleidion spiciflorum Müll. Arg.
Noms vernaculaires
Date de récolte 16.03.1987.
Lieu de récolte nes Banks-Vanuatu
Stade végétatif Arbre en fleurs
Nature du terrain calcaire
Habitat Ecologie tufs volcaniques sur calcaire
Description sommaire Arbre à feuilles dentelées opposées. Fruit
avec pédoncule de 5cm de longueur.
Fleurs blanches petites en épis
Utilisations Ecorce écrasée, macérée, bains contre les courbatures.
Remarques Echantillon en herbier
HNAWIA 27
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Acalyphoïdeae
Genre et espèce Macaranga vedeliana Müll. Arg.
Noms vernaculaires APIWA (Lifou ), BEC (Maré), HWIIP (Hienghène ),
WHYIAP (Koumac )
Date de récolte 25.01.1987
Lieu de récolte Entre Wé et Traput (Lifou)
Stade végétatif Arbuste en fleurs
Habitat - Ecologie Forêt côtière (roche mère calcaire). Sur terrasses
coralliennes soulevées
Description sommaire Arbuste ou arbre de 1 à 5 m. Latex. Tiges pubescentes
glandulaires. Fleur rouge recouverte de poils
(espèce à petioles rouges)
Utilisations Arrête la menstruation. Rend stérile. Angines. Antirhumatismal.
Goutte.
Remarques Echantillon en herbier
76
HNAWIA 33
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Crotonoïdeae
Genre et espèce Aleurites moluccana L. Wild.
Noms vernaculaires XUNU (Thio), JEM (Oubatche), TENG (Pouembout),
WAGUM (lle des Pins), TAI (Paacie, Goa).
Date de récolte 05.02.1987.
Lieu de récolte DUMBEA-Route du barrage. Ancienne mine des
Travaux Publics.
Stade végétatif Arbre en fruits.
Nature du terrain Zone de transition schistes péridotites.
Habitat Ecologie Forêt secondaire.
Description sommair Arbre de 6 à 20m de haut et latex pas évident.
Tiges recouvertes de poils en étoiles.
Fruit charnu, sphérique, 3.5 cm d'épaisseur. Arbre
de forêt de basse à moyenne altitude. Le bois est
exploité sous le nom de bancoulier.
Utilisations Diurétique. Syphilis. Diabète. Adénites dues au froid.
Bronchite et Oppression de poitrine. Peinture de guerre.
Remarques Echantillon en herbier
HNAWIA 31
Famille EUPHORBIACEAE
Sous- famille Crotonoiâeae
Genre et espèce Codiaeum variegatum BI.
Noms vernaculaires NYIPI-SOMA (Lifou), ARUK (Canala ), SHADRIDRI (Maré)
Date de récolte 25.01.1987
Lieu de récolte Luecila (Lifou)
Stade végétatif Plante en fleurs
Nature du terrain Calcaire
Habitat. Ecologie Plaque récifale corallienne soulevée
Description sommaire Plante ornementale cultivée à cause de la grande
variété de ses feuilles. Variété aux feuilles larges avec
une nervure centrale jaune communément appelée
"Croton"par les horticuteurs
Utilisations Sèche les croûtes et boutons. Carie des os. Fébrifuge, maux de tête.
Infections diverses. Goutte.
Remarques Echantillon en herbier
77
HNAWIA 1
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Crotonoïdeae
Genre et espèce Croton insulare Baillon.
Noms vernaculaires HNEJ (Lifou), HUGENET (Ouvéa),
TEGNYE (Ile des Pins )
Date de récolte 28.11.1986
Lieu de récolte Thio
Stade végétatif Arbre en fleurs
Nature du terrain Péridotites.
Habitat. Ecologie se rencontre aussi bien sur maquis miniers que sur calcaires
Description sommaire Arbuste de 3 m. Fleurs jaunes claires odorantes.
Latex pas évident
Utilisations Dermatoses infectées, eczémas. Céphalée, méningite. Contusions.
Cicatrisant. Analgésique (maux de dents).
Remarques Echantillon d'herbier
HNAWIA 15
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Crotonoïdeae
Genre et espèce Baloghia lucida Endl.
Noms vernaculaires CEKURA (Hienghène), COWAmi (Touho), MADRA
(Lifou)
Date de récolte 26.11.1986
Lieu de récolte Baie de Tina Nouméa
Stade végétatif Arbre en fleurs
Nature du terrain Schistes
Habitat. Ecologie Forêt sclérophylle relique.
Description sommair Arbuste de 3 à 8 m. Feuilles opposées avec écailles
Plantes monoïques ou dioïques. Inflorescences
unisexuées ou bi-sexuées en grappes. Latex translucide.
Utilisations Dé[Link]. Emménagogue. Règles douloureuses.
Antidysentérique.
Remarques Echantillon d' herbier
78
HNAWlA 34
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Phyllanthoïdeae
Genre et espèce Glochidion billardieri Baillon.
Noms vernaculaires INAWAD (Touho), HMANA (Ouvéa)
CEMALA(Wayaget), HMENEPE (Lifou).
Date de récolte 15.02.1987.
Lieu de récolte Centrale Enercal de Waihmenë,Wé (Lifou).
Stade végétatif Arbre en fleurs et en fruits.
Nature du terrain Roche mère calcaire.
Habitat Ecologie Sol brun calcique humifère
Lisière de forêt
Description sommaire Arbre ou arbuste de 1 à 15m de haut
Fruit visiblement 4 à 8 lobes avec graine à
carapace rouge. Inflorescences staminées et pistillées mêlées.
Utilisations Cicatrisant. Infections de la bouche. Constipation. Vers intestinaux.
Appendicite. Furoncles. Facilite l'accouchement (rejet du placenta).
Maux de dent (calmant).
Remarques Echantillon en herbier.
HNAWIA 30
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Phyllanthoïdeae
Genre et espèce Glochidion glaucus Müll. Arg.
Noms vernaculaires HMENE (Lifou ), ETUTU (Paacie,Tchamba)
Datederécolte 15.02.1987
Lieu de récolte Centrale Enercal de Waihmenë,Wé (Lifou)
Stade végétatif Arbuste en fruits et en fleurs
Nature du terrain Calcaire. Sol brun calcique humifère.
Habitat. Ecologie Espèce endémique limitée aux zones sédimentaires
des lles Loyautés et de la Grande-Terre
Description sommaire Arbre de 2 à 10 rn de haut. Feuilles très larges,
fruits relativement petits et non lobés, servent à
le distinguer de G. Billardieri Baillon.
Utilisations Antidiarrhéique. Epilepsie. Fébrifuge. Redonne la mobilité à un
foetus qui ne bouge plus en fin de grossesse. Oedèmes (peau
gonflée d'eau).
Remarques Echantillon d'herbier
79
HNAWIA 38
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Phyllanthoïdeae
Genre et espèce Phyllanthus amarus Schumacher &Thornning.
Nom vernaculaire
Date de récolte 16.03.1987
Lieu de récolte nes BANKS Vanuatu
Nature du terrain calcaires
Habitat. Ecologie Tufs volcaniques sur calcaires
Stade végétatif
Description somm · Plante herbacée ou subligneuse de 38 cm de haut. entièrement
glabre Plante anthropophile commune
Utilisations Antirhumatismal.
Remarques Echantillon en herbier.
HNAWIA 32
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Phyllanthoïdeae
Genre et espèce Phyllanthus bourgeoisii Baillon.
Noms vernaculaires UGOO (Paacie), MAGALA (Touho), HIXULA (Hienghene)
Date de récolte 05.02.1987
Lieu de récolte Chutes de Bâ, Houailou
Stade végétatif Arbuste en fruits
Nature du terrain Schisto-gréseux
Description sommaire Arbuste 0,5 à 2,5 m souvent multicaule entièrement
glabre. Feuilles alternes. Espèce strictement ripicole
croissant le long des berges.
Utilisations Fébrifuge. Arbuste en forme de crevette, attire les crevettes.
Remarques Echantillon en herbier.
80
HNAWIA 37
Famille EUPHORBIACEAE
Sous-famille Phyllanthoïdeae
Genre et espèce Phyllanthus persimilis Baillon.
Noms vernaculaires YENNI (lle des Pins) NEMAKI (Houailou)
Date de récolte 14 .02 .1987
Lieu de récolte POYA. Mine de Saint-Louis
Stade végétatif
Nature du terrain Péridotites. Maquis sur terrain ultrabasique.
Station à plus de 500 rn d'altitude
Description sommaire Sous-arbrisseau dressé dépassant rarement 0,6 rn, très
ramifié dès la base. Feuilles alternes, distiques.
Utilisations Ganglions gonflés. Fortifiant.
Remarques Echantillon en herbier.
Les tests sont pratiqués sur un infusé à 5% de poudre de plante séchée et broyée.
1- Recherche de saponosides.
Le tube contenant 2 ml d'infusé filtré est agité pendant 20". On mesure immédiatemment et
après 20' la hauteur de la colonne de mousse.
Si la hauteur de la colonne de mousse est supérieure ou égale à 3 cm, on peut conclure que la
plante contient des saponines.
2- Recherche de flavannes.
1- Le tube précédent est porté au bain-marie pendant 1h. On ajoute ensuite quelques gouttes
d'une solution de HCl à 5% (conserver un peu de solution mère avant addition de HCl pour
comparer).
La réaction est positive si on obtient une coloration rouge. On note + à +++ en fonction de
l'intensité de la coloration.
81
2- Sur une bande de papier Whatman, on verse une goutte de l'infusé. Sécher, puis verser
une goutte de vanilline chlorydrique 10%.
La réaction est positive si on l'obtient une tache rouge. On note + à +++ selon l'intensité de
la coloration.
Le tube ayant servi à rechercher les flavannes est refroidi, puis on ajoute 2ml d'éther. On
l'agite fortement pendant 20", puis on tranvase la fraction éthérée à l'aide d'une pipette Pasteur dans
un tube à essai contenant 5ml d'eau distillée. Le tube est porté au bain-marie pour évaporer l'éther.
On introduit ensuite : - 5 ml d'alcool chlorhydrique (33% H20, 33% HCl concentré, 33%
C2HsOH distillé)
-2 ml d'alcool isoamylique
- tournure de magnésium.
A l'arrêt de l'effervescence, on observe la coloration de la phase isoamylique que l'on note
de jaune à rouge.
4- Recherche de tanins.
5- Recherche de quinones.
- Dans trois tubes à hémolyse contenant quelques millilitres d'infusé, on introduit quelques
gouttes d'une solution de potasse à 4%. La réaction est positive si on obtient une coloration rouge.
- Dans un bécher contenant 2 g de poudre végétale, on ajoute 4 à 5 gouttes de HCl 5% pour
humidifier la poudre. On mélange avec une spatule en verre et on attend 30'. On ajoute après 20 ml
d'éther éthylique, puis on attend de nouveau 2h. On filtre la solution dans 2 séries de tubes à
hémolyse.
Dans la première série de tubes , on ajoute quelques gouttes d'une solution de potasse
à 4%. La réaction est positive si la coloration est rouge.
Dans la deuxième série de tubes, on introduit quelques millilitres d'alcool 95° et
quelques gouttes d'acétate de nickel. La réaction est positive si la coloration est rouge.
82
6- Recherche de stérols.
7- Recherche d'alcaloïdes.
- chauffage à 35-40°
-agitation magnétique (1/2 à1heure)
- fùtration (fùtre Durieux)
~---- ~-------..,
Filtrat 1 ..
1
Résidu 1
+ 200 ml d'alcool 60°C
- chauffage à 35-40°C
-agitation magnétique (1/2 à 1 heure)
-fùtration (fùtre Durieux)
Bltrat 2 ~--------------.~
Résjdu 2
+ 200 ml d'alcool 60°C
- chauffage à 35-40°C
-agitation magnétique (112 à 1 heure)
-fùtration (fùtre Durieux)
Filtrat 3
----~
Résidu 3
(à jeter)
Le filtrat total (1 + 2 + 3) est ensuite concentré sous vide pour éliminer l'alcool, puis
lyophilisé pendant 48 heures.
2 à 5 g d'extrait sont soumis à un criblage pharmacologique grossier par les laboratoires
DEBAT.
Dans un premier temps, les feuilles de Macaranga vedeliana séchées, puis broyées sont
extraites par des solvants de polarité croissante. On obtient trois sous- extraits A, B et C
correspondant successivement aux extraits hexanique, méthanolique et aqueux. Ces sous-extraits sont
soumis à l'analyse pharmacologique dans le domaine cardio-vasculaire.
84
L'extrait méthanolique, ayant donné une activité hypotensive significative, celui-ci a été
fractionné, à son tour, par chromatographie liquide à haute performance sur colonne Axxial.
On obtient trois sous-extraits A1, Azet A3, soumis à leur tour à l'analyse pharmacologique
dans le domaine cardio-vasculaire.
B- TESTS PHARMACOLOGIQUES.
1- Animaux.
2-Pharmacologie.
a- %~ité aigüe.
Trente minutes après l'administration des produits, les souris sont placées par groupe de 2
dans une enceinte. Leurs déplacements soin objectivés par une cellule photo-électrique pendant une
période de 10 minutes. La comparaison avec des témoins permet de mettre en évidence une
stimulation motrice ou, au contraire, une diminution des phases d'activité (110).
Substances de référence :
-Amphétamine 15 [Link]·l
- chlorpromazine 10 [Link]-1.
85
c- ktion awdo(ytique {Test tfes 4 pfaques).
Substance de référence :
- Méprobamate 100 [Link]-1.
Substance de référence :
- Nialamide 7,5 [Link]-1.
Substance de référence :
-Extrait de Ginkgo biloba (Tanakan®) 200 [Link]-1.
L'injection intra-péritonéale d'acide acétique (180 [Link]-1) chez la Souris provoque une
irritation douloureuse qui déclenche des contractions abdominales et un étirement des pattes
postérieures. Les substances anti-nociceptives peuvent réduire le nombre de ces manifestations de
[Link] animaux sont placés dans des boîtes individuelles transparentes et ils sont observés
pendant 5 minutes après l'injection d'acide acétique.
Substance de référence :
-Acide acétylsalicylique: 200 [Link]-1.
3- Microbiologie.
A- METHODES GENERALES.
*Les chromatographies analytiques sur couche mince (CCM) ont été effectuées sur
plaque de silice Kieselgel 60 F254 Art. 5719 Merck. L'observation en lumière UV est faite à deux
longueurs d'onde (254 et 366 nm). Les produits sont révélés par les réactifs suivants :
-Réactif à l'anisaldéhyde : (124, 125).
anisaldéhyde : 0,5ml
acide acétique :50ml
acide sulfurique concentré : 1 ml
Vaporiser la plaque CCM, puis la chauffer quelques minutes.C'est un réactif
des sucres, des stéroïdes et des terpènes.
AlCl3 :2 g
alcool à 95°c : 100 ml
Noter les fluorescences sous UV à ondes longues avant et après pulvérisation.
Ce réactif est un révélateur des flavonoïdes.
*Les chromatographies préparatives sur couche épaisse (CCE) ont été réalisées sur
plaque de silice Kieselgel60 PF254 An. 7747 Merck.
*Les chromatographies préparatives sous moyenne pression (0,3 à 0,5 bars) ont été
exécutées sur colonne de :
- silice Kieselgel60H An.7736 Merck
- silice RSil C1s HL 35 JJ.m
- Lobar Chronoprep RP1g (40-63 JJ.m) Art. 10625 Merck.
*Les spectres en lumière infrarouge (IR) ont été réalisés sur un spectrophotomètre
Nicolet FIT-IR 205. Les bandes d'absorption principales sont exprimées en cm-1.
*Les pouvoirs rotatoires [a.o] ont été mesurés sur un polarimètre Perkin-Elmer 241
pour la raie D du sodium. Les concentrations sont exprimées en gJ 100 ml.
*Les spectres de masse (SM) ont été effectués sur des appareils de type :
- AEI MS- 50 pour l'impact électronique (IE)
- AEI MS- 9 pour l'ionisation chimique (IC)
-RF MS- 80 pour le bombardement atomique (FAB).
*Les spectres de RMN lH ont été réalisés sur des appareils Bruker de type WP200SY
(Calculateur Aspect 2000), AC200 (Calculateur Aspect 3000) et WM400. Les déplacements
chimiques (0) sont exprimés en ppm par rapport au tétraméthyl silane (TMS) comme référence
interne. J est la constante de couplage exprimée en Hz. Les abréviations s, d, t, dd, rn désignent
respectivement singulet, doublet, triplet, doublet dédoublé et multiplet.
*Les spectres de RMN 13C sont enregistrés sur les appareils Bruker de type
WP200SY (Calculateur Aspect 2000), AC200 (Calculateur Aspect 3000) à la fréquence de 50,2
MHz. Les déplacements chimiques sont exprimés en ppm.
B- MATERIEL VEGETAL.
Un échantillon de cette espèce (Hnawia 27) est conservé, comme référence, à l'Herbier
du Centre O.R.S.T.O.M. de Nouméa.
C- EXTRACfiON SEQUENTIELLE.
La poudre obtenue, soit 2,750 Kg provenant des feuilles fraîches, a été extraite
successivement par des solvants de polarité croissante (hexane, méthanol, eau) dans un soxhlet
métallique, à l'Institut de Chimie des Suostances Naturelles du C.N.R.S. de Gif/Yvette.
Chaque extrait est ensuite concentré sous vide, puis évaporé à sec au rotavapor et enfin
pesé.
Soxhlet
+ 2,750 Kg de poudre végétale
+ 30 1 d'hexane
t=24h
+ 30 1de méthanol
"
Marc séché Extrait hexanique
p= 154,4 g R= 5,6%
t= 12h
'
Marc séché
+ 301 d'eau
Extrait méthanolique
p= 155,7g R= 5,6%
t= 12 h
a- L'apparei{[age.
L'appareil utilisé est constitué de trois parties :
-un appareil de chromatographie gazeuse (Varian 3400 GC) équipé d'une colonne
capillaire.
- celui ci est relié par une ligne de transfert direct à un spectromètre de masse (Finnigan
MAT INCOS 50) comprenant une chambre d'ionisation à 70 e-v connectée à un spectromètre de
masse quadripolaire. Le quadripôle est un véritable sélecteur d'ions fait de quatre barres de section
circulaire, générateur de champ électrique. A la sortie de la source, les ions sont collectés par ce filtre
de masse en fonction de la tension appliquée entre ces quatre barres. Ils sont ensuite dirigés vers un
multiplicateur d'électrons, puis vers un électromètre qui permet de quantifier le courant ionique (RIC)
résultant de la fragmentation de la molécule.
- un enregistreur couplé à un système informatique permet de transformer chaque RIC
en spectre de masse.
6- Mesures.
6,5 g d'extrait ont été chrom':ltographiés sur une colonne (diamètre intérieur 45
mm) de silice sous moyenne pression dans (hexane : 95-acétate d'éthyle : 5) à (hexane: 80-acétate
d'éthyle : 20). On obtient quatre fractions A, B, C, D. Les fractions B, C, et D ont été ensuite traitées
sur plaque préparative de silice dans différents systèmes solvants pour obtenir divers composés.
Le fractionnement de l'extrait hexanique est résumé sur le schéma suivant :
6,5 g d'extrait hexanique
, ,
Fractions : A B c D
(2,48 g)
(1,38 g) (1,19 g) (1,35 g)
Composés : l
.32a
l2h
l l
.4Qa
~
fu
ill
42
FRACTIONB:
FRACTIONC:
300 mg de cette fraction ont été chromatographiés sur plaque préparative de
silice dans acétate d'éthyle: 20-hexane: 80.
On obtient 100 mg d'un mélange de deux produits identifiés en CG/SM qui
sont:
- cx-amyrine ~)
- ~-amyrine ~ -
FRACTIOND:
400 mg de cette fraction ont été chromatographiés sur plaque préparative de
silice dans CHCh : 90-Acétone : 10. On obtient 150 mg d'un mélange de trois produits identifiés en
CG/SM qui sont :
- y-sitostérol (fu)
- ~-sitostérol (m)
- stigmastérol @2).
Précipité fdtrat
j + qq gouttes de
t AgNÜJ aqueux à 8%
Précipité
deAgCl
On obtient un précipité insoluble dans l'eau. Cela confirme la présence de NaCl dans cet
94
extrait
6- 'lJessafage ae Ce;c,trait métlianofique.
30 g de cet extrait ont été déposés au sommet d'une colonne (diamètre intérieur de 45
mm) de silice RP1s (140 g), puis élués par l'eau jusqu'à obtenir une fraction qui donne une réaction
négative au test d'identification des chlorures.
On récupère la fraction ne contenant plus de sels en éluant par le méthanol.
30 g d'extrait méthanolique
Eluants : 1) H 20
2)MeOH
2)MeOH l)H:P
Fz Ft
p=20gR=67% p= 10gR=33%
20 g d' extrait méthanolique dessalé (F2)sont dissous dans 300 ml d'un mélange H20 :
60-MeOH: 40. L'insoluble (5 g) est filtré afin d'injecter une solution limpide. L'élution est réalisée
par un gradient H20 : 60-MeOH : 40 jusqu'à MeOH pur en 90 minutes avec un débit de 100 ml/mn.
La collecte des fractions est suivie à l'aide d'un détecteur UV à Â.=400 nm. Les fractions ainsi
collectées sont regroupées suivant leur polarité, évaporées à sec, puis pesées.
95
Colonne axxial
800 g de silice <; 8 (15-35pn)
Pression d'élution 11 bars
~ ~
j
Produits isolés : Acide gaUique ~
l
7-Glucosyl Apigénine~
j
7-Glucosyl Lutéoline .{l
l
Védélianine ~ L utéoli
l
(1 , 1'
(1,93%) (1 ,33%)
(2,66%) (1,72%)
7-Glucosyl Acaeétine ~ 3-Giucosyl Quercétine ~ Macarangine S1
(1,99%) (0,35%) (0;1.67%)
Diisoprényl kaempférol ~
(0,033%)
* Les rendements des différents composés obtenus sont calculés par rapport à l'extrait
méthanolique dessalé (F2).
La fraction A' a été dissoute dans H20 : 90-MeOH : 10, filtrée, puis
injectée sur la même colonne que précédemment. L'élution est réalisée par un gradient H20 : 90-
MeOH: 10 jusqu'à 100% MeOH en 50 minutes. On obtient trois fractions A't, A'2 et A'3.
La fraction A't est à nouveau chromatographiée sur une colonne de
silice greffée RPts (colonne Lobar B) dans le mélange H20: 90-MeOH: 10. On obtient 400 mg
d'aCide gallique pur. La pureté du composé 43 est contrôlée par CLHP (colonne NOVOPAK Cts.
MeOH : lO-H20 : 90, temps de rétention 2 minutes).
7-GLUCOSYL ACACETINE ~.
Acétylation :
7,89 (2H, d, 1=8 Hz, H2•, H6•); 7,00 (2H, d, 1=8 Hz, H3•, Hs·); 6,76 (1H, s
élargi, Hg); 6,66 (lH, s, H3); 6,46 (1H, s, H6); 5,40 à 4,00 ( H glucosyl acétylé); 3,90 (3H, s,
OCH3); 2,10 à 2,00 ( 4s, 4COCH3).
Masse CIE) : m/z 614 (M+), 331 (sucre acétylé), 284 (M+- sucre
acétylé), 271, 169, 151, 132.
UV Cnm) : (MeOH, 320, 267); (NaOMe, 288, 370); (AICl3,
380, 320, 298, 278); (NaOAc, 320, 267).
IR CCHCl~l: 1740 cm-1.
97
Hydrolyse acide :
Ces deux produits ont été isolés et caractérisés sous forme de leurs dérivés
perméthylés 48 (7-Glucosyllutéoline perméthylée) et 50 (3-Glucosyl quercétine perméthylée).
Méthvlation :
Dans un bicol de 100 ml on introduit successivement :
- 1 g d'hydrure de sodium préalablement lavé a l'hexane et séché sous courant
d'argon
- 800 mg de la fraction C' dissoute dans 10 ml de diméthylformanùde sec
- 10 ml d'iodure de méthyle.
Après agitation, l'ensemble est maintenu sous atmosphère d'argon pendant une
nuit, à l'abri de la lumière. La fraction perméthylée est extraite par le chloroforme (3 x 100 ml).
L'extrait chloroformique (807 mg) concentré est évaporé à sec, puis chromatographié sur une colonne
de silice avec du chlorure de méthylène, puis du chlorure de méthylène à 10% de méthanol.15
fractions (C't à C'15) sont séparées. Deux produits majoritaires sont ensuite purifiés:
La fraction C'11 (118 mg) est purifiée par plaque préparative de silice dans le
sytème CH2C12: 98-MeOH: 2 pour donner la 7-Glucosyllutéoline 48.
RMN lH CCDCI3. 200 MHz): ë) 7,56 (1H, dd, J=4 et 1Hz, H2•); 7,37 (lH, s,
H6'); 6,98 (1H, d, J=4 Hz, Hs•); 6,73 (1H,s, H3 et 1H, d, J=1 Hz, Hg); 6,53 (1H, d, J=1 Hz, H6);
5,00 (1H, d, J=4 Hz, proton anomérique); 4,00 (6H, 2s, 3 OCH3); 3,70 (6H, 2s, 2 OCH3); 3,60
(3H, s, OCH3); 3,40 (3H, s, OCH3).
Masse (ffi) : m/z 546 (M+); 328 (lutéoline perméthylée); 299 , 218 (glucose
perméthylé), 187, 155, 127, 111, 101.
98
La fraction C'10 (60 mg) est purifiée sur plaque préparative de silice dans le
système CH2Cl2: 90-MeOH: 10, puis dans le mélange CHCl3: 5-ACOET: !-Acétone: 4 pour
donner 18 mg du 3-glucosyl quercétine perméthylée 50.
RMN lH( CDCl3, 200 MHz) : i1 8,00 (lH, d, 1=1 Hz, H2•); 7,66 (lH, dd,
1=4 et 1 Hz, lit;·); 6,96 (lH, d, 1=4 Hz, Hs·); 6,50 (lH, d, 1=1 Hz, Hg); 6,30 (lH, d, 1= 1 Hz, H6);
5,63 (lH, d, 1=4 Hz, proton anomérique); 4,00 (3H,s); 3,98 (6H,s); 3,90 (3H, s); 3,66 (3H, s);
3,63 (3H, s); 3,50 (3H, s); 3,10 (3H, s).
~(lE):
576 (M+); 545; 358 (M+- glucose perméthylé); 329; 312; 218 (glucose
perméthylé); 187; 155; 111; 101; 45. Ce produit perméthylé a été comparé par CCM et par RMN lH
au témoin perméthylé (Isoquercetine) et se révèle en tous points identiques.
LUTEOLINE .s.l..
VEDELIANINE S,l,.
Acétylarion :
Dans un ballon, on introduit 10 mg de védélianine, lml de pyridine et 1
ml d'anhydride acétique. L'ensemble est laissé sous agitation magnétique, à température ambiante,
pendant une nuit. Après arrêt de la réaction et extraction de la fraction acétylée par le chlorure de
méthylène, l'extrait obtenu est alors purifié par chromatographie sur plaque préparative de silice dans
CH2Ch : 98- MeOH : 2.
On obtient un_produit aux caractéristiques spectrales suivantes :
RMN lH (CD30D, 200 MHz) :a 7,03 (1H, s élargi); 7,00 (2H, s);
6,97 (lH, s élargi); 6,90 (1H, d, J=16 Hz); 6,86 (lH, d, J=16 Hz); 5,50 (1H, d épais, J=3 Hz);
5,00 (1H, t, J=7 Hz); 4,73 (lH, d, J=4 Hz); 3,15 (2H, d, J=7 Hz); 2,08 (2H, d, J=9 Hz); 2,30 (9H,
3s, 3xCH3C0); 2,10 (6H, 2s, 2xCH3CO); 1,90 (lH, t, J=9 Hz); 1,73 (3H, s); 1,66 (3H, s); 1,36
(3H, s); 1,13 (3H, s); 1,00 (3H, s).
Masse (IE): m/z 690 (M+, 52%); 648 (10%); 528 (8%); 408 (8%); 365
(10%); 323 (12%); 310 (12%); 268 (10%); 149 (20%); 137 (20%); 120 (22%); 69 (23%); 43
(100%).
Masse (IE)53 :m/z 480 (M+, 100%); 306 (18%); 268 (20%); 250
(10%); 222 (10%); 137 (10%); 91 (10%).
Hydrogénation catalvrique :
A 25 mg de produit ~ dans 2 ml de MeOH, on ajoute une pointe de
spatule de Pd/C. Le tout est agité sous atmosphère d'hydrogène pendant une nuit. On filtre, puis on
évapore à sec. On obtient 22 mg d'un produit pur ayant un Rf identique à celui du produit de départ
(Rf=0,3) dans le système éluant CH2Cl2: 90-MeOH: 10, mais la fluorescence est différente.
100
Masse (lE) du composé hydrogéné : m/z 484 (M+, 100% ); 328 (32% );
291 (60%); 273 (29%); 255 (67%); 137 (53%); 135 (30%).
La fraction D'3 (200 mg) est purifiée sur plaque préparative de silice
dans CHCl3 : 90-MeOH : 10 pour donner 40 mg d'un produit majoritaire (macarangine 2:) et 5 mg
d'un composé minoritaire (diisoprényl-kaempférol Q.Q). L'ensemble des données spectrales et
physiques de ces deux nouveaux composés est donné dans la pattie théorique (voir p 63-66).
101
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115
INTRODUCTION. 1
BIOLOGIQUEMENT ACITVES. 4
A - Critères de récolte. 4
B - Défmition de l'ethnopharmacologie. 5
II . ETIINOPHARMACOLOGIE EN NOUVELLE-CALEDONIE. 6
A - La Nouvelle-Calédonie et sa végétation. 6
B - Organisation sociale des Mélanésiens. 8
C - Conception mélanésienne de la maladie. 10
D- Les "médecins" mélanésiens. 11
E - Les maladies naturelles et magico-sociales. 11
F - Méthodes de préparation et administration des médicaments. 14
G - Posologie. 16
H - Catégories pharmacologiques mélanésiennes. 16
II . TESTS PRELIMINAIRES. 32
116
B - La démarche expérimentale. 35
B - Résultats et commentaires. 38
I. RAPPELS BIBLIOGRAPHIQUES. 39
A - Généralités sur les flavonoïdes. 39
B - Constituants chimiques des Euphorbiaceae. 48
C - Composition chimique de Macaranga. 51