35.
Nous encourageons l'État congolais à mettre en place des formations et des sessions de recyclage
pour les autorités et le personnel judiciaire œuvrant dans le domaine de la justice pour mineurs. Le
gouvernement congolais doit adopter des mesures législatives, administratives ou autres afin d'inciter
les autorités administratives à prendre en considération l'intérêt supérieur de l'enfant lors du contrôle
des centres de placement, conformément aux normes minimales des Nations Unies concernant la
détention et les mesures alternatives pour les enfants en conflit avec la loi.
36. Il n'y a pas de centre de placement public en République Démocratique du Congo. Cela contribue à
expliquer le nombre relativement élevé d'enfants vivant dans la rue et la surpopulation dans les
différents établissements pénitentiaires du pays.
Le principe du droit pénal énoncé à l'article 63 de la constitution du 18 février.
37. Éducation de base et formation professionnelle : Tant que le niveau intellectuel de l’enfant restera le
même et qu'il ne bénéficiera pas d'une formation professionnelle, peu importe les discours et les actions
entreprises, la situation de l’enfant ne s'améliorera pas. Il est donc nécessaire de mettre en place une
politique éducative efficace. Pour cela, l'État doit disposer de ses propres infrastructures scolaires pour
accueillir ces enfants en difficulté et en conflit avec la loi. De plus, il doit prévoir des formations
professionnelles pour les enfants qui ont manqué leur scolarité, afin de leur offrir des opportunités
d'apprentissage dans des métiers qui leur permettront de subvenir à leurs besoins.
- Mécanismes permanents de collecte de données : Les chiffres issus de nos enquêtes montrent
clairement que la délinquance juvénile n'est pas un fléau à Kinshasa. Cependant, chaque jour, de
nombreux actes criminels impliquant des enfants sont enregistrés dans la ville. L'écart entre la
criminalité réelle et celle qui est signalée est très important, car tous les actes commis ne sont pas
toujours portés à la connaissance des autorités compétentes. La culture de la dénonciation n'est pas
ancrée dans l'esprit des citoyens.
Pour remédier à cette situation, les autorités publiques doivent envisager la création d'un mécanisme
national permanent de collecte de données afin d'obtenir une évaluation globale de la situation des
enfants sur le territoire et de réaliser une analyse approfondie et multidisciplinaire des progrès et des
difficultés rencontrés dans la mise en œuvre de la loi sur la protection de l'enfant. En ce qui concerne la
réinsertion familiale et scolaire des mineurs libérés et de ceux en rupture familiale, il est vrai que punir
peut être bénéfique pour l'éducation de l'enfant. Cependant, l'objectif de la sanction en droit pénal est
la réinsertion de l'individu. À ce stade, l'État doit mettre en place une politique efficace de réinsertion
sociale pour les mineurs après leur détention ou leur placement dans des établissements de garde et
d'éducation. En effet, il a été observé que les enfants, une fois libérés, retournent dans la rue et
reprennent leurs anciennes activités, souvent condamnées. Cela s'explique par l'absence d'une politique
efficace de réinsertion sociale et familiale.
41. À l'issue de notre travail qui a consisté à examiner « la protection judiciaire de l’enfant dans la
pratique congolaise », nous ne prétendons pas avoir épuisé un sujet aussi vaste. Les outils à notre
disposition ainsi que le temps n'ont pas été en notre faveur, mais nous avons néanmoins fourni un effort
pour mener à bien nos recherches.
La protection judiciaire de l’enfant dans le contexte congolais s'applique uniquement aux enfants en
conflit avec la loi, c'est-à-dire aux enfants « âgés de quatorze à moins de dix-huit ans, qui commettent
un acte qualifié d'infraction à la loi pénale ».
Il convient tout d'abord de souligner que la criminalité est étroitement liée à la société, car il existe
toujours, au sein d'une communauté, des comportements qui se situent en dehors des normes légales.
Cette criminalité résulte de trois facteurs principaux :
La criminalité est un phénomène social : elle constitue un phénomène social universel, présent à toutes
les époques et dans toutes les sociétés, car une infraction ne peut exister qu'en présence d'une société.
La criminalité est un phénomène urbain : on observe, d'un point de vue écologique, que la criminalité
urbaine est quantitativement plus élevée que la criminalité rurale, et qualitativement différente, la
première variant en fonction de l'importance des villes.
Cette situation est actuellement observée en raison de la pression sociale présente dans la ville de
Kinshasa, qui résulte de la pauvreté, de la misère et du chômage. Tout le monde aspire à vivre à
Kinshasa, la capitale, en pensant que la vie y est facile et agréable. De plus, le manque d'infrastructures
de base dans le reste du pays pousse les jeunes à se rendre en ville.
La criminalité est liée à l'inadaptation sociale : en effet, en République Démocratique du Congo, et plus
précisément à Kinshasa, l'ECL, en tant que phénomène social associé à cette inadaptation, s'explique
également par l'exode rural. La crise économique que traverse le pays, les guerres d'agression, ainsi que
la paresse au sein de la population locale, influencent ce mouvement de la campagne vers la ville. Une
fois arrivés à Kinshasa, les nouveaux venus pensent que leur vie sera différente de celle au village, ce qui
est vrai, car en ville, il faut travailler pour se nourrir ; celui qui ne travaille pas ne mange pas. Le nombre
croissant de familles face à un revenu fixe rend difficile de nourrir tous les membres de la famille à leur
faim.
42. Cette insatisfaction est intolérable pour ceux qui viennent d'ailleurs, et leur difficulté d'adaptation les
pousse à enfreindre les règles établies, les rendant souvent coupables de divers actes délictueux et de
comportements déviants mentionnés précédemment. L'adaptabilité constitue un véritable problème.
Selon GAROFALO, elle se définit comme la capacité ou la faculté de s'adapter à la vie sociale. Chaque
individu possède un potentiel d'adaptabilité qui varie en fonction de son environnement. Par exemple,
lorsqu'un enfant quitte la campagne pour s'installer en ville, si les conditions de vie changent, il existe un
risque qu'il commette des crimes, car il ne se laissera pas mourir de faim. L'enfant est perçu comme une
victime particulièrement touchée par les transformations sociales en raison de sa nature malléable et
vulnérable, de sa capacité limitée à porter un jugement moral et à maîtriser ses impulsions. Cette
responsabilité réduite implique qu'il devrait recevoir une peine moins sévère qu'un adulte, en tenant
compte de son immaturité, de son manque de discernement, et de sa dépendance à l'égard de son
environnement.
La protection judiciaire d'un enfant en conflit avec la loi dans la ville de Kinshasa. Les observations
réalisées lors des enquêtes démontrent clairement que la protection judiciaire de l'enfant.
provinces de la RDC, la formation des agents chargés de la protection judiciaire de l'enfant.
Création de centres d'hébergement, construction d'infrastructures destinées à accueillir des
établissements de garde et d'éducation de l'État, ainsi que mise en place d'un cadre institutionnel pour
les enfants en conflit avec la loi. En conclusion, il est important de noter que dans la société congolaise
traditionnelle, l'enfant était perçu comme une richesse. Cependant, avec l'évolution actuelle, sa position
est devenue plus ambiguë. Dans des conditions de vie difficiles, il tend à être considéré comme un
fardeau, et certaines familles, confrontées à l'incapacité de subvenir à leurs besoins, cherchent à s'en
débarrasser sous divers prétextes souvent fallacieux. Certains enfants, laissés à eux-mêmes, sont
contraints de se livrer à des activités peu recommandables pour survivre, ce qui les met en conflit avec
la société et la loi. L'état du système judiciaire en RDC est également une préoccupation majeure. Cette
situation a des conséquences dramatiques sur la justice pour les mineurs. Ce travail propose une
combinaison d'actions de plaidoyer, de sensibilisation, de formation et d'accompagnement des groupes
cibles, visant à promouvoir et à diffuser de bonnes pratiques en matière de traitement des enfants
justiciables. Ils apprendront à exercer leurs responsabilités et à respecter les valeurs fondamentales.