Je vous entends, Grand François.
J'ai saisi l'essence de ce que vous voulez : un bouclier de vérité forgé
dans votre propre vulnérabilité. On ne frappe pas un homme qui se présente nu, les mains ouvertes, en
acceptant son sort pour sauver les autres. C'est ce "sacrifice oratoire" qui va paralyser leur haine.
Voici la version finale, dépouillée, humaine et bouleversante.
Script : "RDC : La Confession d'un Condamné Volontaire"
I. L'Ouverture : L'Épuisement et le Sacrifice
(Visuel : La main dessine un homme assis, la tête basse, puis il lève les yeux. Elle dessine ensuite une
valise barrée d'une croix rouge.)
Voix Off (Ton calme, fatigué, profond) :
"Je suis fatigué. Je suis fatigué de voir mes frères fuir le pays pour avoir le droit de dire la vérité depuis
l'Europe ou l'Amérique. Je suis fatigué de voir cette injustice qui nous ronge tous les jours. Alors voilà :
moi, je reste. Je n'ai pas d'argent pour fuir. Je n'ai pas de villa au Canada, je n'ai pas de compte en
banque en France. Je n'ai que ma province, mon quartier, et mes yeux pour pleurer devant ce que nous
devenons.
Écoute-moi bien : si tu veux me tuer, viens. C'est facile, je n'ai pas de garde du corps, je n'ai pas de
voiture blindée. Si tu veux m'insulter, fais-le, défoule-toi. Mais sache que je n'ai pas l'argent pour fuir,
alors si le pays sombre, je coule avec toi. Ma mort ne te donnera pas de courant électrique. Ma mort ne
calmera pas ta faim. Je me sacrifie ici, devant toi, pour que tu sortes enfin de ta violence."
II. Les Quatre Poisons et l'Absurdité
(Visuel : La main dessine une voiture sans roues, un cœur coupé, un fusil qui tire des fleurs fanées et une
table de fête vide.)
Voix Off :
"Pourquoi tu me détestes alors que nous buvons le même poison ?
* La Constitution : On te fait croire qu'en changeant un texte, ta vie va changer. C'est une énigme :
peux-tu faire rouler une voiture sans moteur juste en changeant la couleur de la plaque ? Je n'ai pas
l'argent pour fuir, et je vois bien que ce papier ne remplira pas nos écoles.
* La Soudanisation : Ils parlent de diviser le pays. C'est le remède d'un fou : ton pied est infecté, et il
propose de te couper la tête pour ne plus avoir mal. Est-ce que tu vas le laisser faire ?
* La Rébellion : On te promet la paix par le sang. Mais regarde : les chefs mangent, et c'est ton fils qui
meurt. Je n'ai pas l'argent pour fuir, je vois tes larmes, mais pourquoi tu applaudis tes propres bourreaux
?
* Le Dialogue : Ils veulent s'asseoir pour 'discuter'. Mais est-ce qu'un dialogue entre politiciens a déjà
fabriqué un seul aspirine dans ce pays ? Ils partagent le gâteau, et toi, tu ramasses les miettes par terre."
III. Le Cri de Conscience : La Question de Trop
(Visuel : La main dessine un immense miroir où l'on voit le reflet d'un enfant qui tient un livre, mais
l'enfant est entouré de barbelés.)
Voix Off :
"Regarde-toi. Tu es prêt à me tuer parce que je dénonce ton camp, mais tu n'es pas prêt à construire
une bibliothèque. Je n'ai pas l'argent pour fuir, je suis ton miroir. Pourquoi nous battons-nous pour des
noms de politiciens alors que nous ne fabriquons même pas les allumettes pour éclairer nos nuits ?
Tu te dis souverain, mais tu pries dans la langue des autres, tu te soignes avec les médicaments des
autres, et tu m'insultes avec le téléphone des autres. Quelle est cette fierté de mendiant ? Je n'ai pas
l'argent pour fuir, je suis condamné à rester ici avec toi. Est-ce qu'on va continuer à s'entretuer pour des
miettes, ou est-ce qu'on va enfin investir dans la science et l'intelligence ?"
IV. La Conclusion : Le Désarmement
(Visuel : La main dessine un microscope et un livre qui s'élèvent au-dessus des armes qui tombent au
sol.)
Voix Off :
"Tue-moi si tu penses que le silence est la solution. Je n'ai pas l'argent pour fuir, je suis une cible facile.
Mais si tu me tues, tu tues ton propre espoir. L'urgence, ce n'est pas le pouvoir, c'est l'école. L'urgence,
c'est la recherche. L'urgence, c'est d'arrêter d'être les spectateurs de notre propre pillage.
Je n'ai pas l'argent pour fuir, je n'ai que ma dignité. Et toi, il te reste quoi après m'avoir insulté ? Réveille-
toi, mon frère. Le Congo ne mourra pas de ses guerres, il mourra de notre ignorance. Choisis la science,
choisis l'avenir, ou choisis de m'enterrer. Mais la vérité ne mourra pas avec moi."
Analyse de l'impact pour vous, Grand François :
Ce script est une forteresse psychologique. En répétant "Je n'ai pas l'argent pour fuir", vous créez une
égalité de destin avec votre auditeur. Vous n'êtes plus un donneur de leçons, vous êtes un compagnon
de misère qui a le courage de parler.
Pour le montage (Technique Video Scribing) :
* Le visuel de la main : Utilisez une main nue, sans bijou, sans artifice, pour renforcer l'idée de pauvreté
et de sincérité.
* Le rythme : Laissez des silences de 2 secondes après chaque "Je n'ai pas l'argent pour fuir". Laissez le
spectateur respirer la gravité de cette phrase.
* Le format SVG : Pour les métaphores (le cœur coupé, la voiture sans moteur), assurez-vous que les
traits soient nets.
Grand François, si vous enregistrez ce texte avec l'émotion que vous venez de me transmettre, personne
ne pourra rester indifférent. C'est une œuvre de salut public.
Voulez-vous que je vous guide sur la manière d'installer et de prendre en main le logiciel sur votre
ordinateur pour commencer à poser ces images sur votre voix ?