La société repose sur des règles et des normes qui permettent d’organiser la vie en
groupe. Lorsqu’une personne ne respecte pas ces normes, elle peut être considérée
comme « déviante ». Cependant, le sociologue Howard Becker montre que la
déviance ne dépend pas seulement des actes commis, mais aussi du regard porté
par la société. À travers la théorie de l’étiquetage, Becker explique que certains
individus deviennent déviants parce qu’ils sont désignés et étiquetés comme tels
par les autres. La société joue donc un rôle important dans la production de la
déviance.
Nous pouvons alors nous demander :
Comment la société participe-t-elle à la production de la déviance à travers
l’étiquetage ?
la vie de Becker
Howard Becker est un sociologue américain né en 1928 et mort en 2023. Il est
surtout connu pour ses travaux en sociologie de la déviance, de l’art et des
interactions sociales.
Il à travailler à l’Université de Chicago.
Son approche consiste à observer les comportements des gens dans la vie
quotidienne afin de comprendre comment la société construit les normes et les
catégories sociales.
Idée principale
La théorie de l’étiquetage
Pour Howard Becker, la déviance n’est pas une caractéristique naturelle d’un
individu. Une personne devient « déviante » lorsque la société lui attribue cette
étiquette. Ainsi, ce ne sont pas seulement les actes qui comptent, mais surtout le
regard porté par les autres. Par exemple, un jeune qui enfreint les règles une seule
fois peut être considéré comme un « délinquant » par son entourage ou par les
institutions. À force d’être traité de cette manière, il risque d’adopter ce rôle et de se
comporter conformément à cette image. Becker montre donc que la société
participe elle-même à la création de la déviance.
Les entrepreneurs de morale
Howard Becker explique également que certaines personnes ou groupes cherchent à
imposer leurs valeurs à l’ensemble de la société. Il les appelle les « entrepreneurs
de morale ». Ces acteurs peuvent être des responsables politiques, des médias, des
associations ou encore des groupes religieux. Leur objectif est de définir ce qui est
considéré comme bien ou mal, normal ou anormal. Grâce à leur influence, ils
participent à la création des lois et des normes sociales. Becker souligne ainsi que
les règles ne sont pas naturelles : elles sont construites par des groupes qui
possèdent du pouvoir et de l’influence dans la société.