Introduction – De la critique en communication des organisations 1
Thomas HELLER, Romain HUET et Bénédicte VIDAILLET
Cet ouvrage porte sur les recherches articulant, dans une perspective critique, communication et
organisation2.
Il est le prolongement d’un colloque qui s’est déroulé à Roubaix en juillet 2011, sous le titre
Communications-organisations et pensées critiques ; cet événement a été organisé par trois
laboratoires universitaires, deux de sciences de l’information et de la communication (GERIICO de
Lille3 et PREFICS de Rennes 2) et un de gestion (LEM de Lille1). Cette double orientation
disciplinaire a donné sa tonalité à cette manifestation, puisque la majorité des interventions relevaient
de l’une ou de l’autre, mais sans pour autant s’y réduire.
Un des intérêts majeurs de ces rencontres a été de rassembler une diversité de point de vue tout en
nouant un dialogue plus spécifique entre sciences de gestion et sciences de l’information et de la
communication, en prenant appui sur la dimension critique portée par chaque discipline. Dans cette
orientation particulière de la recherche, ces deux disciplines ont une histoire singulière, qui nourrit les
orientations théoriques et méthodologiques ainsi que les choix d’objets sur lesquelles pouvaient se
faire tout à la fois l’échange et la dispute.
En gestion, l’engouement pour les approches critiques des organisations en France est relativement
récent (cf. notamment Hatchuel et al., 2006 ; Golsorkhi et al., 2009), même si quelques pionniers
avaient, à partir des années 80, fait émerger des réflexions originales dans ce champ (Berry, 1983 ;
Chanlat, 1990 ; Brabet, 1993). Pendant longtemps la psychosociologie avec des auteurs tels qu’Eugène
Enriquez, Max Pagès ou Vincent de Gaulejac, ou la psychodynamique du travail, autour de Christophe
Dejours notamment, y ont détenu le quasi-monopole d’une critique des organisations sans pour autant
faire de celles-ci leur principal objet d’étude. Cependant au Royaume-Uni et dans les pays
scandinaves, c’est un courant de recherche important qui, sous le terme de Critical Management
Studies (CMS), a donné dès le milieu des années 90 un contour et une légitimité à des approches
variées dont le point commun était de se réclamer d’une posture explicitement critique pour étudier les
1
Une version ultérieure de ce texte est publiée dans l’ouvrage : Communication et organisation :
perspectives critiques, sous la direction de Thomas Heller, Romain Huët, Bénédicte Vidaillet, Presses
Universitaires du Septentrion, 2013.
2
Dans le champ scientifique, en France du moins, l’articulation entre organisation et communication s’exprime
diversement, selon que l’organisation est envisagée comme entité ou processus, selon que la communication est
envisagée comme relation, interaction, médiation ou comme discours et médiatisation, selon que l’un et l’autre
termes sont envisagés comme objet ou cadre épistémologique : ainsi parle-t-on de communication des
organisations, d’organisation communicante, de communication organisationnelle, de communication
organisante, ou encore d’approche communicationnelle des organisations. Mais il n’y a pas d’expression qui
permettrait de rassembler sous un même vocable la disparité des orientations de sens concernant à la fois la
communication, l’organisation et les relations entre les deux. Le terme de « communication organisationnelle »
choisi pour le titre de cet ouvrage doit donc être entendu dans cette pluralité de sens.
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organisations (cf. par exemple Alvesson et Deetz, 1996, 20003). Si les approches critiques se sont
développées initialement au Royaume-Uni, c’est qu’elles y ont rencontré un terreau favorable dès le
début des années 80 : de manière assez paradoxale, la diminution drastique des sciences humaines et
sociales dans les universités britanniques sous l’effet des politiques conduites par M. Thatcher
conduisait des sociologues et des philosophes à postuler dans des départements de management qui,
soucieux d’obtenir une légitimité académique, recrutaient des universitaires intellectuellement actifs.
Ceux-ci disposaient alors de l’outillage théorique nécessaire à l’analyse critique d’un nouvel objet :
l’organisation (Fournier et Grey, 2000).
En ce qui concerne les Sciences de l’Information et de la Communication, dont la reconnaissance
comme discipline universitaire date en France de 1975 (Boure, 2002), la recherche critique y a
toujours été présente et y a aussi été discutée (Moeglin, 1991). Les travaux de l’école de Francfort, de
Bourdieu ou encore de Foucault – par exemple - ont participé d’une « pensée communicationnelle »
(Miège, 1995) et ont influencé (et influencent encore) les recherches critiques en SIC et plus
particulièrement celles consacrées à la communication des organisations. Ce domaine d’études
particulier fut un temps identifié avec les termes de « communication d’entreprise », en relation forte
avec les préoccupations du champ professionnel ; aussi une approche critique renvoyait-elle à une
volonté de mise à distance (tout autant politique qu’épistémologique) vis-à-vis des approches
fonctionnalistes. L’abandon de l’appellation « communication d’entreprise » pour celle de
« communication des organisations » dans les années 90 (Bernard, 2000) témoigne de cette volonté de
distanciation et en même temps d’un élargissement à d’autres problématiques et théorisations. La
recherche critique dans cet axe des SIC n’a jamais constitué un courant bien établi (comme on pourrait
le dire des Critical Management Studies en gestion), autour d’un projet précis. Elle est néanmoins une
orientation reconnue dans le champ de la communication des organisations, comme approche
particulière à côté d’autres approches (Grosjean et Bonneville, 2011).
Les analyses du développement du capitalisme des dernières décennies avaient mis en évidence sa
capacité à s’appuyer sur la critique qui lui était adressée, pour renouveler sa légitimité, son esprit et sa
force (Boltanski, Chiapello, 1999), si bien qu’on a pu parler d’un affaiblissement ou d’une crise de la
critique, vidée de son sens, et de sa visée émancipatrice. On pourrait interpréter le sursaut actuel
comme un effet de mode, lié à la crise du capitalisme financier, depuis la fin des années 2000, qui
conduirait à une mise en visibilité de la question de la critique sur la scène scientifique et éditoriale. Il
serait injuste cependant de s’arrêter à une telle interprétation, même si on ne peut mettre de côté – pour
des raisons justement de visibilité – l’hypothèse d’un buzz de la critique. Derrière cet engouement, il y
a un travail de fond, des avancées, une constellation de penseurs et de travaux qui offrent la possibilité
de réarmer la critique et invitent aussi à la mise en débat. Cet ouvrage s’inscrit dans ce contexte, et
3
On pourra se référer à Vidaillet et Bousalham (2012) pour une présentation synthétique de ce courant.
2
vise à apporter une contribution à une compréhension critique des rapports entre communication et
organisation.
Avant de présenter l’organisation générale de ce livre, et pour en clarifier le contenu, il nous faut
revenir sur cette notion de critique.
Du sens et du rôle de la critique
On peut partir de l’idée, comme Boltanski, que les dispositifs sociaux qu’on appelle les institutions
sont réducteurs d’une incertitude qui a pour objet ce qu’est la réalité – idée que l’on retrouve plus
précisément dans le champ des organisations autour de Karl Weick qui décrit les organisations comme
des lieux de construction de sens permettant de réduire l’équivocité et l’incertitude de la réalité dans
laquelle il faut agir. Cette incertitude est sans arrêt résorbée par le travail des acteurs et notamment
« par une sous-réflexivité qui fait qu’on ferme les yeux sur les écarts d’interprétation et les écarts
d’usage » (Boltanski, 2011, p. 477). Ce travail de résorption de l’incertitude se fait notamment au
moyen de la constitution d’une fiction, censée dire « ce qui est depuis le point de vue de nulle part ».
L’existence de toute institution repose donc sur l’existence de cette fiction, censée dire ce qu’est la
situation vécue par les acteurs d’un point de vue qui se présente comme non situé.
Qu’est ce que la critique alors ? Si l’on reprend les deux positions d’énonciation possibles avancées
par Lacan, la position S1 et la position S2, la position de laquelle on affirme « c’est cela », et celle de
laquelle on affirme « ce n’est pas tout à fait cela », on peut mettre la critique du côté de S2, de cette
position d’énonciation qui vient questionner le signifiant, qui attire l’attention du côté du réel, et de
l’impossibilité du signifiant à embrasser ce réel. Pour que cette position tienne, bien sûr, il faut qu’en
face, il y ait du S1, qu’il y ait des institutions affirmant être ceci ou cela, proposant des systèmes de
pensée et un langage prétendant nous dire « ce que c’est », comment c’est censé fonctionner, ce que
c’est censé faire, que c’est comme ça et pas autrement, etc. Etre du côté de la critique signifie donc
alors : attirer inlassablement l’attention sur le reste, sur ce qui n’a pas été symbolisé, sur l’impossibilité
contenue dans toute institution. En résumé, la critique vient mettre en cause la fiction, elle vient dire
« vous avez oublié ça », ou « ça ne fonctionne pas comme vous le prétendez ». Elle remet en question
l’institution elle-même.
En ce sens, la critique est d’abord un moyen de connaissance de notre objet de recherche : les
organisations (objet qui sous-tend celui tout aussi imprécis et avec lequel il entretient des rapports de
nécessité, la communication). Les organisations, entendues comme forme et comme processus, ont
une particularité qui est de secréter ou encore d’abriter ou de mettre en jeu ou de tendre vers
l’institution. Si la critique vient mettre en question les institutions, elle concerne le chercheur quand il
s’agit justement de produire un savoir sur les organisations.
Par définition, le chercheur est censé être dans cette position qui consiste à dire « ce n’est peut-être pas
ce que vous croyez » ; il est celui qui apporte des éléments pour remettre en cause la fiction, pour
attirer l’attention sur ce que l’on ne voit pas, sur ce que l’on ne veut pas voir, et qui pourtant produit
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ses effets. Or bien souvent, la recherche sur les organisations vient plutôt à l’appui du « c’est ça » que
du « ce n’est pas tout à fait ça ».
Ainsi, la critique consiste à questionner les évidences qui fondent ou justifient l’action, à mettre en
cause les impositions symboliques, à dévoiler les logiques politiques inscrites dans ces impositions, et
à mettre à jour en définitive la violence contenue dans le « c’est ça » et son prolongement dans les
pratiques organisationnelles.
Une conséquence en est que la critique est aussi ce qui aide à rendre la réalité, et en particulier ici la
réalité organisationnelle, inacceptable, pour paraphraser Boltanski (2008) assignant aux sciences
sociales de « rendre la réalité inacceptable ». La critique, donc, consiste ici à mettre au jour ce qu’il
peut y avoir d’inacceptable dans les organisations que nous observons, mais aussi dans lesquelles nous
travaillons. Cette perspective se soutient de conceptions de ce qui est inacceptable, qui renvoient
notamment aux catégories de la critique : aliénation, réification, emprise, perte de sens, domination,
mépris, assujettissement, désubjectivation, injustice… Et ces catégories elles-mêmes sont ce qui fait
obstacle à d’autres possibilités de l’existence humaine en société qui s’expriment en terme de justice,
de liberté, d’autonomie, de réalisation de soi… sur quoi se fondent a contrario les conceptions de
l’acceptable. Un corollaire de cette conception est que l’acceptable et l’inacceptable impliquent de
définir pour qui. Ce qui oblige le chercheur engagé dans la critique à se situer, ou au moins, à ne pas
prétendre produire un savoir neutre et objectif, évitant ainsi de participer à la fiction d’une
organisation unifiée, non traversée par des relations de pouvoir et d’intérêt. Or c’est précisément
souvent ce qui se produit en sciences de gestion et en sciences de l’information et de la
communication, lorsque par exemple, il est présenté comme une évidence que toute recherche doit
aboutir à des « implications managériales » : est ainsi escamotée la position toute particulière qu’ont
« les managers » dans l’organisation et les intérêts qu’ils sont susceptibles de représenter.
La critique est aussi porte-parole de la souffrance (qui est la manifestation subjective de
l’inacceptable). La force du S1, du « c’est comme ça », est qu’il prend l’individu à parti, le place au
centre, le somme de se réaliser, l’oblige à trouver en lui les réponses aux difficultés qu’il endure, les
causes de ce qui lui arrive, le sens de sa souffrance au point qu’il lui est difficile de se représenter cette
souffrance comme une injustice. La critique a cette vocation – au risque de briser le rêve prométhéen
de l’individu libre et autosuffisant – de redonner un sens social et politique à ces difficultés et à cette
souffrance, de rapporter cette expérience singulière à une dimension collective, partagée, et de changer
les raisons de la lutte contre soi qui découle du S1 en raisons de la lutte collective. Cela commence par
être attentif à cette souffrance, à ce qu’elle nous dit des attentes des sujets sociaux et, en creux, des
pathologies de l’organisation et de la communication.
Enfin la critique peut s’envisager comme moyen de transformer les organisations et de penser les
alternatives. En effet, en étant du côté du S2, du « ce n’est pas tout à fait ça », la critique est ce qui
permet d’éviter à l’institution de devenir totalitaire, de prétendre être le tout, la seule façon possible de
fonctionner, de dire, et d’être. La critique penche alors vers l’alternative, vers l’utopie, elle est là pour
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nous rappeler qu’il y a toujours d’autres possibles organisationnels à penser, à imaginer, à tenter, à
construire. Etre du côté du S2, c’est sans cesse creuser la faille, au sens d’ouvrir, de tracer de
nouveaux chemins, de nouvelles voies, de rappeler qu’on pourrait fonctionner autrement, d’identifier
les expériences organisationnelles et communicationnelles qui montrent qu’il y aurait, et qu’il y a déjà,
d’autres manières de s’y prendre4. Des manières plus démocratiques, qui génèrent moins de
souffrance, qui sont plus émancipatrices, qui innovent sur la question du pouvoir et de sa répartition,
qui favorisent l’autonomie, au sens où l’entend Castoriadis, plutôt que la dépendance, la coopération
plutôt que la concurrence, le long terme plutôt que l’immédiateté, etc. Etudier et valoriser des
alternatives, par nos recherches, participe de la création d’un autre imaginaire.
De l’institutionnalisation de la critique comme risque
Pour l’essentiel, donc, la visée du travail critique s’attache à comprendre les conditions sociales qui
permettent à une conception du monde (une idéologie) de se diffuser et par quels moyens elle
s’impose dans l’univers du sens, et dans celui de l’action (à travers notamment son articulation aux
pratiques d’organisation et aux pratiques de travail, aux techniques et technologies utilisées). Le rôle
de la critique peut alors s’envisager comme l’élaboration de savoirs à visée libératrice, capables
d’offrir des leviers aux sujets sociaux dans leurs efforts pour se défaire d’entraves symboliques
contribuant au maintien des rapports de domination.
Ce n’est pas sans risque… Celui d’une institutionnalisation de la critique. Quand la critique
s’institutionnalise, ce qui n’a rien à voir avec le fait que la critique puisse trouver sa place dans une
institution, celle-ci devient langue de bois. Le risque de la critique, en effet, est de se figer dans une
nouvelle fiction, portée par des chercheurs qui ne seraient plus que récitants, rassemblés autour d’elle
comme autour du mythe instituant ; ou encore le risque est d’instaurer un clivage entre d’une part des
sujets ordinaires sous l’emprise de l’idéologie et d’autre part des sujets agissant en leur nom pour leur
émancipation grâce à des savoirs critiques étrangers aux premiers ; enfin, il est de reproduire, dans le
mode d’organisation et de fonctionnement de la communauté des chercheurs engagés dans la critique
des organisations, les travers qu’ils dénoncent dans leurs propres travaux : établissement de
mécanismes de domination favorisant le pouvoir de certains (en particulier hommes, blancs,
hétérosexuels, etc.), mandarinat basé sur l’exploitation d’un positionnement critique, etc.5
Fort heureusement il existe des gardes-fous pour tenter de se prémunir contre cette
institutionnalisation de la critique. On peut par exemple prendre en considération les compétences
interprétatives des sujets sociaux, leur compétence morale aussi, dans l’élaboration d’une pensée
4
C’est tout le sens d’un ouvrage tel que Parker M., Fournier V. et Reedy P. (2007) The Dictionary of
Alternatives: Utopianism and Organization. Londres : Zed Books.
5
Pour une critique bien documentée de ces aspects, on se référera à Tatli A., On the power and poverty of
critical (self) reflection in critical management studies : a comment on Ford, Harding and Learmonth, British
Journal of Management, vol. 23, n° 1, p. 22-30, 2012.
5
critique. On peut également compter sur la pluralité et les divergences entre les différents courants sur
lesquels les chercheurs peuvent s’appuyer pour développer leur propre démarche. A cet égard, cet
ouvrage reflète la diversité, les contradictions et les dynamiques qui traversent la constellation des
pensées critiques : certains auteurs s’appuient sur Foucault, d’autres sur Honneth, Lacan, Zizek,
Boltanski, Chiapello, Thévenot, Habermas, Honneth, Marx, Freitag, Bourdieu, Castoriadis, Gorz,
Deleuze, Butler, Latour, Agamben, Althusser, Negri, Gramsci, Marcuse, etc. Il serait vain d’imaginer
construire un récit unifié à partir de cette diversité. On peut enfin compter sur les évolutions de la
société, qui obligent à prendre en compte de nouveaux objets, des transformations, et à remettre la
boîte à outils conceptuels sur l’établi, ou à en forger de nouveaux.
Un autre écueil auquel se confronte le chercheur critique est que les notions qui ont porté les
revendications d’émancipation – autonomie, créativité, authenticité, réalisation de soi…- font
dorénavant partie de la panoplie managériale de la mise au travail, arrimé à de nouvelles formes
d’organisation plus individualisantes, à des nouvelles pratiques relationnelles (le coaching par
exemple) et conjugué à de nouvelles contraintes d’efficacité dans les organisations marchandes et non
marchandes. Cependant, cette difficulté constitue également l’opportunité de réinterroger les
catégories de la pensée critique, de mieux les expliciter, et de décrire avec vigilance les pratiques pour
en saisir les implications en termes d’émancipation.
Organisation de l’ouvrage
Le rapport à la critique et la portée critique des articles présentés dans ce livre sont variables. De
manière générale, le rapport des contributions à la recherche critique renvoie à trois niveaux de la
critique. On repère tout d’abord des travaux qui se situent à un niveau général en nouant les rapports
communication/organisation à une critique du capitalisme. D’autres travaux ne remontent pas si loin
en généralité et fixent leur apport critique sur le local, par exemple sur une organisation particulière ou
sur une pratique située. Ici ce sont plutôt les processus organisationnels qui sont problématiques et
avec eux les modes de communication, articulés à leur finalité de façon relativement autonomes. On
trouve enfin des travaux qui ne se centrent pas sur un objet particulier, mais interrogent les conditions
méthodologiques d’appréhension du réel organisationnel pour fonder une approche critique.
Nous avons organisé l’ensemble des textes selon deux parties. La première, intitulée « Penser la
critique », rassemble : dans le chapitre 1, des articles à visée généraliste interrogeant la communication
et l’organisation en référence au développement du capitalisme ; dans le chapitre 2, des articles offrant
une approche réflexive sur la critique : analyse de la manière dont a été produite la démarche critique
relative à un objet particulier, questionnement du potentiel critique de certaines méthodes
d’appréhension de la réalité organisationnelle, proposition d’approche d’une catégorie particulière de
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la critique ; enfin, dans le chapitre 3, des articles explicitant la place de la critique dans les travaux en
communication et en gestion de manière large ou au contraire plus centrée sur certains objets.
La deuxième partie, intitulée « Communication, organisation : études critiques » rassemble
essentiellement des recherches empiriques relatives à des objets spécifiques. Le chapitre 4 est consacré
aux discours et à l’analyse critique des discours institutionnels ; le chapitre 5 aborde certaines
pratiques managériales et ses implications identitaires ; le chapitre 6 porte sur les formes de
colonisation, par l’idéologie gestionnaire, de sphères jusqu’alors relativement préservées (domestique,
publique, associative, etc.) ; le chapitre 7 pose la question des implications pédagogiques d’une
perspective critique, entre autres dans des formations à vocation professionnalisante qui sont une
caractéristique des études en management ou en communication. Le chapitre conclusif aborde sous
forme d’ouverture des pistes relevant d’une praxis critique. Il vise à inscrire la démarche de réflexion
proposée dans ce livre dans un nouvel imaginaire, susceptible de réouvrir les possibles en matière
d’organisation et de communication.
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