SCIENCES DE LA VIE – L2
BIOCHIMIE
Trois des quatre grandes classes de biomolécules ont été vues en
première année :
Les lipides ;
Les protéines ;
Les glucides.
***
Cette année, les trois nouveaux points traités seront les suivants :
Les acides nucléiques ;
Les méthodes de marquage, de fractionnement, d'électrophorèse,
d'analyse des biomolécules ;
Les outils moléculaires de l'analyse des acides nucléiques.
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LES ACIDES NUCLÉIQUES
I) Introduction
L'étude des acides nucléiques est indispensable pour comprendre la
biosynthèse des protéines puisque les acides nucléiques détiennent
l'information génétique pour leur synthèse. Cette étude est également
indispensable pour comprendre les phénomènes de régulation et de
différenciation cellulaire car c'est dans l'ADN que se trouve inscris le
phénomène génétique de développement de tout individu. C'est aussi
indispensable pour comprendre les phénomènes de l'évolution puisque les
mutations sont en quelque sorte le moteur de l'évolution puisqu'elles sont
dues en effet à des altérations précises et localisées dans les séquences
de l'ADN.
Définition des acides nucléiques :
Les acides nucléiques sont des molécules biologiques ayant un poids
moléculaire de 103 à 109 Da. Ils sont formés par la polymérisation sous
forme de longues chaînes non ramifiées d'unités simples appelées
« nucléotides. »
Un nucléotide va être composé d'une base purique ou d'une base
pyrimidique associée à un ose et à un acide phosphorique. Sans l'acide
phosphorique, on parle de « nucléoside. »
Les nucléosides et les nucléotides sont les composants fondamentaux des
acides nucléiques. Nous allons avoir les ribonucléiques (ARN) dans ce cas
là, le sucre est le ribose et les désoxyribonucléiques (ADN) ; dans ce cas le
sucre est un désoxyribose. Ces ARN ou ADN vont être trouvés chez les
virus et dans toutes les cellules procaryotes ou eucaryotes.
II) Composition chimique des acides nucléiques
A) Les bases hétérocycliques
1) les bases puriques majeures
Elles sont constituées d'un noyau de purine hétérocyclique (car présence
de carbone et d'azote en cycle.) On numérote de façon à voir les azotes en
1, 3, 7, 9.
On y trouve :
- Adénine ou 6 - Amino-purine ayant un groupement amine en position 6 ;
- Guanine ou 2 amino 6 - oxy-purine.
L'adénine et la guanine forment les deux bases majeures.
2) les bases pyrimidiques majeures
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Elles comportent un noyau de pyrimidine hétérocyclique (N en position 1
et 3.)
On y trouve :
- Cytosine ou 2 - oxy 4 – aminopyrimidine ;
- Uracile ou 2,4 - dioxy-pyrimidine ;
- Thymine ou 5 méthyl-uracile ou 2,4-dioxy 5 méthyl – pyrimidine.
On parle de base majeure parce qu'en fait, l'adénine, la thymine, la
guanine et la cytosine se retrouvent dans toutes les ADN et l'adénine,
l'uracile, la guanine et la cytosine dans les ARN.
3) les bases mineures ou bases rares
On les rencontre en très faible quantité dans la plupart des acides
nucléiques. Cependant, elles jouent un rôle très important dans la
régulation des acides nucléiques. Ces bases rares sont des dérivés des
bases usuelles. Souvent, elles possèdent des groupements méthyles.
Exemple : 6- méthyl –Adénine :
4) les propriétés physico-chimiques des bases
1-Absorption de la lumière :
Du fait de la présence de double-liaisons conjuguées dans leur structure,
les bases absorbent très facilement la lumière ultra-violette. Entre 250nm
et 288nm. Cela permet leur détection et leur dosage selon la loi de Beer-
Lambert tel que :
D.O. = ε . l . C
Chaque base a son propre spectre d'absorption.
Seul ε varie, c'est-à-dire le coefficient d'extinction molaire, c'est-à-dire le
rendement énergétique de la molécule.
λmax = 260nm
Adénine
ε = 14000
Guanine λmax = 245nm
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ε =
λmax = 270nm
Cytosine
ε = 6000
λmax = 255nm
Uracile
ε = 8000
λmax = 265nm
Thymine
ε = 7500
Si on mélange toutes les bases, on obtient :
Mélange A + T + G + C (ADN) A + U + G + C (ARN)
λ = 260 nm est le chiffre caractéristique de l'absorption de bases libres ou
engagées dans l'acide.
2-Les bases libres sont plus solubles dans l'eau
3-Les formes tautomères
La présence dans les bases de groupement oxy (C == O) et amine (NH 2)
permet leur existence sous plusieurs formes tautomères suivant le pH.
- Les dérivés oxylés :
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- Les dérivés aminés :
Chacune des bases purique et pyrimidine a des groupements oxylés et/ou
aminés, ces groupements ionisables ont dans chaque base un pK
caractéristique.
Chaque base peut donc exister sous plusieurs formes tautomères suivant
le pH, chacune de ces formes sera modifiée d'une façon différente.
Exemple : la guanine :
Les formes tautomères prédominent en fonction des conditions physico-
chimiques et des différents types d'association des bases. Les transitions
tautomèriques ont des conséquences biologiques importantes et sont à la
base des mutations ponctuelles.
B) Les oses
1) Les oses impliqués dans la structure
Il y en 2 :
- Le ribose (5 atomes de carbones, un cycle de 4 carbones et 1 oxygène) ;
β-D(-) Ribofuranose. On le trouve dans tous les ARN.
- Le désoxyribose : β -D(-) 2-désoxyribofuranoses
Pas de fonction OH en position 2.
2) Propriétés physico-chimiques des oses
Les sucres sont très solubles d'eau
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C) Les nucléosides
1) Définition
Un nucléoside est composé d'une base et d'un sucre toujours associés par
une liaison covalente : la liaison β-n-osidique.
2) La liaison β-N osidique
Cas Base purique : elle se fait entre 1' et 9.
Cas Base pyrimidique : elle se fait entre 1' et 1.
3) Les deux types de nucléosides
La nomenclature des nucléosides provient de la combinaison du nom de la
base avec celle du sucre (ose.)
1e type : les ribonucléosides :
Adénine + ribose = adénosine
Guanine + ribose = guanosine
Cytosine + ribose = cytidine
Uracile + ribose = uridine
2e type : les désoxyribonucléosides :
Adénine + désoxyribose = 2-désoxyadénosine
Guanine + désoxyribose = 2-désoxyguanosine
Cytosine + désoxyribose = 2-désoxycytidine
Thymine + désoxyribose = 2-désoxythymidine
4) Les propriétés physico-chimiques des nucléosides
1-On retrouve toutes les propriétés des bases libres, du sucre
2-Leur association fait apparaître trois nouvelles propriétés
- Les nucléosides sont beaucoup plus solubles dans l'eau que les bases
libres du fait de la partie sucre ;
- Les ribonucléosides par rapport aux bases libres présentent un
groupement ionisable supplémentaire. En effet, le OH qui se trouve sur le
carbone du sucre en 2' va s'ioniser pour un pK = 12,5 (OH à O-) ;
- Cette liaison β-N-osidique peut être hydrolysée par des enzymes
spécifiques (ribonucléase / désoxyribonucléique.)
Les bases libres, les oses libres, les nucléosides libres n'existent
pratiquement pas - ou simplement à l'état de trace dans la cellule.
D) Les nucléotides
1) Définition
C'est une base + un sucre + un acide phosphorique (H 3PO4), la liaison
sucre - acide phosphorique est une liaison covalente : liaison ester -
phosphorique.
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2) La liaison phosphodiester
Chez les ribonucléosides : ce groupement H3PO4 peut se fixer à tous les
groupements OH libres (soit en 2', 3', 5'.) On peut obtenir des molécules
cycliques en fixant entre 3' et 5' ou 2' et 3'.
Chez les désoxyribonucléosides : ce groupement H3PO4 peut se fixer à tous
les groupements OH libres (soit 3', 5', pour les molécules cycliques
uniquement entre 3' et 5'.)
3) Structure générale des nucléotides
a) Les nucléotides en 5'
Tous les ribonucléosides et désoxyribonucléosides peuvent exister sous
forme de 5' monophosphate, de 5' diphosphate et de 5' triphosphate.
Nous avons donc trois séries de nucléosides 5' phosphorylés. La position
des trois groupements phosphorylés est indiqué par la lettre α, β, χ.
Tous ces 5' NTP et les 5' dNTP sont les précurseurs dans la synthèse des
acides nucléiques et existent libres dans la cellule.
b) Les nucléotides en 3'
Ce sont les homologues en 3' des 5'. On en trouve dans la cellule et ils
sont libérés par hydrolyse.
c) Les nucléotides en 3'-5' cyclique
On les isole après hydrolyse des acides nucléiques ; il en existe à l'état
naturel.
Exemple : 3'5' CANP. Elle intervient dans le métabolisme des glucides et
constitue un intermédiaire dans l'action de certaines hormones.
4) Propriétés physico-chimiques des nucléotides
Ce sont les mêmes que les bases, les sucres, …
+ des propriétés propres au groupement phosphorique.
a) Caractère anionique
1-L'acide H3PO4
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2-L'acide H3PO4 dans un nucléotide
E) Les polynucléotides
1) Définition
Les nucléotides sont unis les uns aux autres par une liaison
phosphodiester pour donner naissance à une chaîne de plusieurs dizaines
à plusieurs millions d'unités.
2) La liaison phosphodiester
Cette liaison se fait entre deux nucléotides contigus (l'un à coté de
l'autre.) Elle se fait entre le 3' OH du premier nucléotide n et le OH porté
par le phosphore du nucléotide n+1. Donc la liaison est du type 5' 3'.
3) Les différents types de polymères
a) Les polynucléotides
Il a été possible par biosynthèse enzymatique (in vitro) d'obtenir des
polynucléotides homogènes. Exemple :
5' P A - A - P - A - P - A - P - A - P - A - P - A - 3' OH poly (AMP)
poly A
------------------------------------------------------> poly (CMP) poly C
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sens de lecture
5' P A - P - C - P - A - P - C - P - A - P - C - P - A - P - C - 3' OH
-----------------------------------------------------> poly (AMP, CMP) poly (A,
C)
sens de lecture
Cela n'existe pas dans la cellule.
b) Les acides nucléiques
Les acides nucléiques : acides ribonucléiques (ARN) qui sont des
polymères de ribonucléotides et les acides désoxyribonucléiques (ADN)
qui sont des polymères de désoxyribonucléotides. Ils comportent des
milliers voire des millions d'unités de nucléotides.
4) Les propriétés liées à la liaison phosphodiester
a) Caractère polyanionique
Les polymères de nucléotides sont tous des polyanions à pH 7 ; du fait
qu'ils portent tous une liaison diester, ils possèdent une charge-. Ils sont
des polyanions c'est à dire qu'ils portent une charge négative.
b) Enchaînement et lecture
La lecture se fait du 5' phosphate vers le 3' OH libre.
Par convention : on écrit :
Chaîne ARN :
(rechercher image)
Chaîne ADN :
(rechercher image)
III) Structure, propriétés, fonctions des différentes classes des
acides nucléiques dans les cellules procaryotes et eucaryotes
A) Les acides ribonucléiques
1) La structure des ARN
a) La structure primaire des ARN
1-Définition
La structure primaire des ARN se caractérise par une chaîne unique ; l'ARN
est dit « monocaténaire », que l'on écrira du 5' phosphate vers le 3'
phosphate.
La structure primaire est constituée par l'enchaînement linéaire des quatre
principaux ribonucléotides AMP, GMP, CMP, UMP, liés entre eux par une
liaison 3' 5' phosphodiester. Il faut connaître l'ordre, la nature, le nombre.
2-Importance respective de chaque type de ribonucléotides
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Il faut faire une analyse qualitative et quantitative :
Il faut faire une hydrolyse totale de cette ARN.
On fait une hydrolyse alcaline KOH, 1M à une température de 80°C
pendant 1 heure. Cette hydrolyse coupe la liaison phosphodiester, on
obtient une somme de NMP.
Il faut faire une séparation par chromatographie par échange d'ions.
Il faut détecter les différents ribonucléotides : pour cela, on fait passer
dans un photomètre régler à une longueur d'onde de 260 nm.
Identification : on utilise des témoins avec des ribonucléotides connus,
on détermine la quantité et le nom des ribonucléotides.
Les proportions de chaque type de ribonucléotides varient selon les
différentes classes des ARN, selon leur origine biologique, suivant l'état de
nutrition de l'organisme.
3-Séquençage
On peut dire qu'on connaît à l’heure actuelle tous les ARN qui comportent
une centaine de nucléotides. D'un point de vue des recherches, on arrive
à faire le séquençage d'ARN allant jusqu'à 3000 (ARN viral ou ARN
ribosomique.)
b) Conformation tridimensionnelle
1-Définition
L’étude de la structure tridimensionnelle revient à connaître la structure
secondaire qui est du à l'appariement internucléotidique par liaisons
hydrogènes et la structure tertiaire, c'est-à-dire quelle est la disposition de
la molécule dans l'espace. Pour cela, on fait appel à des méthodes
chimiques et enzymatiques et à des méthodes physico-chimiques tel que
la diffraction par rayons X et la RMN (Résonance Magnétique Nucléaire.)
On ne connaît que quelques structures tridimensionnelles des ARN
transferts et ARN viraux.
2-Structure secondaire - propriétés
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La structure secondaire se caractérise schématiquement par deux
propriétés principales.
Appariements internucléotidiques
La structure secondaire est due à la formation de liaisons hydrogène.
Liaison hydrogène :
Pour qu'il ait liaison hydrogène, il faut qu'il y ait un donneur de proton et
un accepteur de proton.
Dans l'espace, il y a des repliements qui font que l'on a des bases qui vont
se trouver les unes à coté des autres.
La cytosine présente deux groupements accepteurs (position 2, 3) et un
groupement donneur (4.)
La guanine a deux groupements donneur (1, 2) et un groupement
accepteur (6.)
Adénine : 1 groupement donneur (6) et un groupement accepteur (1)
Uracile : un groupement donneur (3) et un groupement accepteur (4)
La guanine s'apparie avec la cytosine pour former trois liaisons hydrogène.
L'adénine s'apparie avec l'uracile pour former deux liaisons hydrogène.
Cet appariement n'entraîne aucune régularité géométrique (différent de
celui pour l'ADN.) On dit que les liaisons hydrogène amènent à une
« conformation pseudo-hélicoïdale. »
Conformation pseudo-hélicoïdale
En présence d'une succession quelconque de A, G, C, U, dans la chaîne, il
existe a priori une très grande variété de conformation réalisant des
appariements de types , , , donnant cette conformation
pseudo-hélicoïdale.
3-La structure tertiaire
On va avoir des repliements qui vont donner cette structure dans l'espace
essentiellement due à :
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- Des liaisons hydrogènes de type Watson et Crick et (cas double
hélice)
- Des liaisons hydrogènes de type Wobble (cas pseudo-hélice)
- Des liaisons hydrogènes de type Hoogsten (cas de triple hélice)
- Des liaisons hydrogène entre les groupements 2' OH du ribose et le
phosphate voisin ; dans ce cas, on a une boucle variable.
Une conformation bien précise dans l'espace de l'ARN.
On ne connaît la structure tridimensionnelle que de quelques ARN allant
jusqu'à 100.
2) Les différentes classes d'ARN dans les cellules procaryotes et
eucaryotes
Les cellules contiennent essentiellement 5 types d'ARN :
ARN messager : mARN 2%
ARN transfert : tARN 16%
ARN ribosomique : rARN 81%
ARN Small snARN
nucléaire : nhARN chez les eucaryotes:
ARN hétérogène : 1%
a) Les ARN ribosomiques
1-Définition
Les ARN ribosomiques sont des particules nécessaires à la synthèse des
protéines au cours de l'étape de traduction. Ces ARN ribosomiques sont
situés dans le cytoplasme sur la face externe du réticulum endoplasmique
chez les eucaryotes et à l'état libre dans le cytoplasme chez les
procaryotes. On trouve également des ribosomes dans les mitochondries
chez les eucaryotes où s'effectuent des synthèses de certaines protéines
mitochondriales. Ce sont des particules ribonucléoprotéiniques de haut
poids moléculaire (plusieurs millions.) Les ribosomes sont groupés en
unités fonctionnelles qu'on appelle « polysomes. » Un polysome est un
brin d'ARN messager auquel est fixé les ribosomes.
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Exemple : le polysome nécessaire à la synthèse de la protéine
hémoglobine peu fonctionner avec 7 ribosomes. Pour la myosine (protéine
des muscles), le polysome est constitué de 100 ribosomes.
2-Composition des ribosomes
Les sous-unités ribosomiques
Un ribosome est constitué de deux sous-unités ribosomiques. Ces sous-
unités sont isolées après fractionnement cellulaire par ultracentrifugation.
Elles sont désignées par leur coefficient de sédimentation S (S pour
Svedberg, chimiste suédois.)
Une unité Svedberg est l'unité de la mesure de la vitesse de
sédimentation. Le coefficient de sédimentation dépend non seulement de
sa masse, mais aussi de sa forme et de sa rigidité.
Chez les procaryotes (Exemple : E. Coli) :
On part d'une culture de bactérie, on lyse et broie les bactéries. On fait
une centrifugation pour séparer les éléments de la cellule. Les ribosomes
étant très petits, on fait une ultracentrifugation. Si on fait une
centrifugation d'une vitesse de 100000g (100000 fois la pesanteur)
pendant une heure dans une solution de Mg 2+ à 10mM, cela permet
d'isoler les ribosomes qui ont un poids molaire de 2800000. Un ribosome
présente un coefficient de sédimentation de 70s et 2 unités.
On peut aussi faire à 100000g pendant 1 heure dans une solution de Mg 2+
à 10μM.
On peut ainsi prélever les deux sous-unités : une de 50s et une de 30s.
Celle de 30s est dite « petite sous-unité », celle de 50s « grande sous-
unité. » La grande sous-unité est formée de deux types d'ARN ribosomique
: (55s et 23s) + 34 protéines. La petite sous-unité est, elle, faite d'un ARN
ribosomique de 16s et de 21 protéines.
Chez les eucaryotes :
On prend un foie de rat, on lyse puis broie. Puis on fait un fractionnement
cellulaire par centrifugation pour séparer les différents organites de la
cellule avec des vitesses de 1000 à 20000g. Puis on fait une
ultracentrifugation avec les mêmes conditions que les procaryotes, on
peut isoler des ribosomes de 80s. Dans les mêmes conditions, on peut
séparer les deux sous-unités : une de 60s et l'autre de 40s. La 60s est
formée de 3 unités d’ARN ribosomique de 5s, 5,8s et 28s et de 40
protéines. La 40s d'une sous-unité d’ARN ribosomique 18s et 30 protéines.
Caractéristiques des ARN ribosomiques qui constituent les sous-unités
Si l’on considère les sous-unités procaryotes et eucaryotes, on voit
qu'entre 23s et 28s elles représentent un poids molaire de 1200000 et un
nombre de nucléotides allant de 2900 à 4800 ; qu'entre 16s et 18s
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représentent un poids moléculaire de 500000 et un nombre de nucléotides
allant de 1540 à 1900 ; qu'entre 5s et 5,8s représentent un poids
moléculaire de 38000 et un nombre de nucléotides allant de 121 à 158.
Pour E. Coli
Pour
l'homme
3-La structure primaire des ARN ribosomiques
Les ARN ribosomiques sont toujours formés de A, U, G, C mais on voit
qu'ils sont riches en G et C, et qu'ils ne comportent que quelques bases
rares.
4-La conformation tridimensionnelle
La structure secondaire se caractérise par des zones d'appariement et de
non-appariement monocaténaires flexibles.
La structure tertiaire : l'organisation tridimensionnelle du ribosome.
Pour être fonctionnel, les deux sous-unités du ribosome doivent être
associées.
b) Les ARN de transfert (ARNt)
1-Définition
Ce sont des molécules ribonucléotidiques de petit poids moléculaire (de
23000 à 30000), ils sont indispensables au transfert des acides aminés
qui se trouvent dans le cytoplasme, jusqu'aux ribosomes, lieu de synthèse
protéique.
Pour un acide aminé donné, on aura un ARN de transfert capable de
charger cet acide aminé et d'aller le positionner dans la chaîne peptidique.
Pour 20 acides aminés, il existe une centaine d'ARNs de transfert. Chaque
acide aminé relève de 4 à 5 ARNs de transfert qui sont dits « iso-
accepteurs. » La composition des ARNs de transfert est toujours faite de A,
U, G, C mais une de leur particularité est qu'ils présentent un grand
nombre de bases rares ou mineures.
Exemple : cas de l'adénosine : on peut trouver 20 variantes qui sont des
méthylations différentes sur l'Adénosine, mais elle peut être aussi
déaminée, remplacée par un groupement OH : Inosine.
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Exemple : uracile : pseudo-uridine, l'uracile se lie du carbone 5 à 1' de
l'ose au lieu de 1-1'. On peut aussi trouver de la thymine.
Ces bases inhabituelles ne sont pas incorporées telles quelles au moment
de la synthèse des ARNs de transfert. Mais sont formées secondairement
par modification d'une des quatre bases A, U, G, C post-transcriptionnelles,
les transformant en bases rares.
2-La structure tridimensionnelle
En tant que structure primaire, les ARNs de transfert comportent 75 à 90
nucléotides et leur séquence est entièrement connue.
Pour la structure secondaire, qui est due aux liaisons hydrogènes : le
premier ARN de transfert connu : ARN de l'alanine.
On s'est aperçu que la structure des ARNs de transfert était toujours faite
de cinq régions (structure en trèfle.)
Extrémité 3'OH région de fixation (fixation des acides aminés. Avec la
terminaison identique à tous CCA) ;
Boucle du dihydro-uracile ;
Boucle de l'anticodon ;
Boucle variable qui comprend entre 5 et 20 nucléotides ;
Boucle T avec toujours la même séquence : T - pseudo-uridine - C - base
purique
Structure tertiaire :
Elle est obtenue par rayons X.
On s'aperçoit qu'il y avait des appariements supplémentaires qui donnent
une structure plus compacte.
c) Les ARNs messagers (ARNm)
1-Définition
Les ARN messagers sont de haut poids moléculaire. La séquence des
bases est complémentaire de celle de l'ADN qui lui a donné naissance. Sa
fonction consiste à transporter l'information contenue dans le génome
vers les ribosomes. Sa longueur de chaîne est variable selon le message
de la protéine à coder.
2-Durée de vie
La durée de vie des ARNs messagers est très courte ; chez les bactéries,
quelques minutes, et chez les eucaryotes, quelques minutes à quelques
heures. Les ARNs messagers se renouvellent très vite. Ils sont rapidement
produits puis dégradés. Ils ne durent que le temps d'un message,
cependant chacun pourra être lu plusieurs fois au niveau du ribosome.
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3-Architecture des ARNs messagers
Il existe une différence fondamentale entre les ARNs messager des
procaryotes qui sont dits « polycistroniques », ce qui signifie qu'ils codent
pour plusieurs protéines, et les ARNs messager des eucaryotes dits
« monocistroniques » parce qu'ils codent pour une seule protéine.
Caractéristiques d'un ARN messager :
Pour les procaryotes, on trouvera toujours une extrémité 5' phosphate de
longueur variable servant à la fixation de l'ARN messager au ribosome.
D'autre part, on trouvera des séquences codant pour un début toujours
fait d’un codon AUG (codon initiateur) et des séquences non-codantes et
se terminant toujours par des triplets UAA, UGA UAG (codon stop.)
Quand on a une séquence codante, on a un cistron et lorsqu’elle est non-
codante, un intron.
Pour les eucaryotes, les séquences commencent par AUG et se terminent
toujours par des triplets UAA, UGA UAG (codon stop.)
d) Les ARN nucléaires
1-Les trois classes
Les ARNs hétérogènes (nhARN)
Ils sont de tailles très variables puisque leur constante de sédimentation
se situe entre 10s et 100s. Cela représente un poids moléculaire de
200000 à 2000000 soit 600 à 6000 nucléotides.
Ces ARNs hétérogènes se situent dans le noyau, ils sont destinés à quitter
le noyau et subiront des modifications.
Les ARNs de faible poids moléculaires (SnARN)
Ils sont constitués de 80 à 260 nucléotides, ils sont riches en uracile. Leur
rôle est inconnu.
Les ARNs chromosomiques
Ce type d'ARN est lié à la chromatine.
2-Rôle de ces ARNs chez les eucaryotes
L'ARN polymèrase est une enzyme qui catalyse la transcription. Cette
enzyme est une molécule complexe composée de trois enzymes ARNs
polymèrases I, II, III.
La transcription est un mécanisme par lequel un ARN messager est
synthétisé par copie complémentaire d'une portion d'un brin d'ADN,
d'autres produits sont synthétisés.
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La transcription donne un précurseur qui subit des modifications post-
transcriptionnelles pour donner l'ARN final capable de jouer un rôle lors de
la traduction. La traduction est le mécanisme par lequel l'ARN messager
est décodé selon le code génétique pour permettre la synthèse des
protéines.
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3-Rôle de ces ARNs chez les procaryotes
On n’a qu'un seul type de polymèrase. On ne peut donc pas parler d'ADN
nucléaire (car pas de noyau) mais ici « d'ARN précurseur à la traduction. »
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La transcription d'un ARN ribosomique et d'un ARN de transfert donnera
d'abord un précurseur qui devra être modifié pour donner l'ARN
ribosomique final et l'ARN de transfert final. Par contre, il n'existe pas de
modification de l'ARN messager, la traduction démarre avant même que la
transcription ne soit terminée.
4-Modifications post-transcriptionnelles
Ces ARNs subissent des clivages, des additions de nucléotides ou des
modifications telles que des méthylations ou bien des déaminations.
B) Les acides désoxyribonucléiques
1) La structure de l'ADN
a) La structure primaire de l'ADN
1-Définition
La structure primaire des ADNs est constituée par l'enchaînement linéaire
des quatre principaux désoxyribonucléotides : dAMP, dCMP, dTMP, dGMP
qui sont reliés par une liaison 3' - 5' phosphodiester. On aboutit à des
molécules de haut poids moléculaire. Exemple : ADN humaine : 4.10 9
paires de bases.
2-Importance respective de chaque type de désoxyribonucléotide
L'évaluation qualitative et quantitative des dNMP présents dans les ADNs
est réalisée par hydrolyse totale suivie d'une technique de séparation puis
de détection et enfin d'identification. Les techniques sont proches de
celles des ARNs.
On s'aperçoit qu'il existe d'importantes variations dans la composition des
ADNs de différentes espèces. On peut voir aussi qu'à l'intérieur d'une
même espèce, les ADNs des différents tissus et organes ont une
composition assez voisine. On a pu constater des régularités dans la
composition quelque soit les espèces.
On trouve autant de A que de T et autant de G que de C.
De plus, l'ADN n'évolue pas avec le milieu, on dit qu'il est « invariant. »
Le rapport est spécifique de chaque ADN.
3-Séquençage
Pour connaître l'ordre, on fait appel à un certain nombre de méthodes :
En 1973, on pouvait connaître seulement la séquence des 19 nucléotides
qui se suivaient. En 2000, le séquençage du génome humain de 4.10 9
paires de nucléotides a été réalisé.
23
SCIENCES DE LA VIE – L2
b) Conformation tridimensionnelle
1-Structures bicaténaire, hélicoïdale, linéaire.
Définition
Un ADN est caractérisé par l'existence de deux chaînes polynucléotidiques
appariées l'une à l'autre par l'intermédiaire de liaisons hydrogène entre les
bases puriques et pyrimidiques en vis à vis. Ces appariements se font
exclusivement entre A et T, G et C.
Caractéristiques des deux chaînes d'ADN
Antiparallèles
Cela signifie que les deux brins d'ADN sont parallèles mais de sens
opposé.
Complémentaires
C'est-à-dire qu'en face de A, on a toujours T et en face de G on retrouve C.
Les deux chaînes sont complémentaires et antiparallèles.
Les différentes structures bicaténaires, hélicoïdales, linéaires
Introduction
Des études cristallographiques ont montré que l'ADN peut se présenter
sous plusieurs formes hélicoïdales, elles sont désignées sous les lettres A,
B, C, D, E, Z.
Toute cette classification est basée sur des critères physico-chimiques,
leur apparition dépend des conditions d'observation des fibres d'ADN. Ces
fibres étant étudiées dans des conditions bien définies d'hydratation et de
composition saline du milieu. Toutes les formes sont possibles in vitro.
Mais à l'heure actuelle, on n’a trouvé que trois formes A, B, Z.
La forme B - Caractéristiques
La forme B est la forme biologiquement la plus importante. On l'a lorsque
les fibres ADN se trouvent à 90% d'humidité et en solution de faible force
ionique.
Elle est caractérisée selon 8 paramètres cristal et 7 angles
caractéristiques.
Caractéristiques
B A C Z
géométriques:
droit
Hélice droite droite gauche
e
Position de la base par rapport toutes toutes cytosine ANTI et
au sucre ANTI ANTI guanine SYN
Pas de l'Hélice 34Å 29Å 44,6Å
Distance axiale entre les 3,4 Å 2,6Å 3,71Å
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SCIENCES DE LA VIE – L2
paires de bases
Nombre de paires de bases
10 11 9,3 12
par tour par spire
Angle de basculement 0 20 -7
Angle de torsion 36 32,7 38,6 -30
Largueur des sillons :
Grand sillons : 11,4pm 11pm Disparu
Petit sillons : 6,0pm 2,4pm plus profond
7 angles de rotation
Hélice : c'est l'enroulement des deux chaînes autour d'un axe
hypothétique.
Position de la base par rapport au sucre : il existe deux positions : SYN et
ANTI.
Pas de l'Hélice : c'est la distance par tour de spire.
Distance axiale entre les paires de bases : les plans des bases sont
perpendiculaires à l'axe hypothétique, cette distance représente la
distance entre deux paires de bases.
Nombre de paires de bases par tour de spire.
Angle de basculement : cet angle définit la rotation d'une paire de base
par rapport à la suivante autour d'un axe.
Angle de torsion : c'est l'angle entre les deux plans des deux bases
successives.
Largueur des sillons : le phosphore et le sucre sont toujours à l'extérieur
de la chaîne, c'est la distance entre les phosphates des deux chaînes ou
des sucres qui définissent le grand sillon. Et la distance entre les bases à
l'intérieur définit le petit sillon.
Bases puriques :
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Bases pyrimidines :
La forme A - Caractéristiques
La forme A provient de la forme B (par déshydratation in vitro.)
75% d’humidité et solution de Na+ K+ ou du césium. Voir tableau (forme B)
La forme C - Caractéristiques
La forme C est une variante de B, on fait une déshydratation plus poussée
en restant dans les conditions de solution de faible force ionique.
La forme Z - Caractéristiques
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SCIENCES DE LA VIE – L2
La forme Z a été mise en évidence in vitro d'abord par cristallisation d'un
hexamère qui était fait uniquement de cytosine et de guanine : 5'P C G C
G C G 3'OH. On s'est placé à forte concentration saline. On a mis ensuite
en évidence cette forme Z in vivo. Cette forme a une allure « en zigzag. »
Les formes D et E - Caractéristiques
Ces formes ont été trouvées in vitro mais pas encore in vivo. Ce sont des
variantes extrêmes de la même forme Z. Elles ont un plus petit nombre de
paires de bases par tour (8 pour D et 7,5 pour E.) On les trouve in vitro
quand les molécules d'ADN manquent de guanine.
Distorsion et nouveaux paramètres de l'hélice.
Les études menées sur des polynucléotides synthétiques montrent par
rayons X des distorsions locales. Il est clair que les paramètres
géométriques utilisés sont insuffisants pour les décrire. On passe à 16
paramètres géométriques et 7 angles de rotation.
Le polymorphisme
Ceci signifie que l'ADN peut exister sous différentes conformations et
passer d'une conformation à l'autre. Une telle variété conformationnelle
est-elle reliée à des mécanismes biologiques ? C'est-à-dire : peut-on
trouver des corrélations précises entre un rôle joué par l'ADN et une
conformation donnée? La réponse est partielle.
Exemple : lorsqu'on a une succession de CG dans un ADN, cela permet
que des séquences adoptent localement une conformation Z et on a
montré que certaines protéines se lient spécifiquement au Z-DNA mais ne
peut pas se lier sur une ADN de type B (B-DNA.) On a montré que cela
jouait un rôle régulateur important dans la transcription.
Polymorphisme et flexibilité de l'ADN
Le repliement d'une longue chaîne d'ADN, comprenant plusieurs centaines
de milliers de nucléotides dans un chromosome, implique une grande
flexibilité, qu'on observe un polymorphisme de l'ADN autour des trois
formes A, B, Z, qui donne une certaine rigidité à la molécule ; le passage
de l'une à l'autre ne peut se faire que s'il existe déjà dans la molécule des
zones flexibles, c'est-à-dire des particularités structurales rencontrées tel
que coude ou boucle, ce qui représente un aspect statique. On découvre
maintenant que l'ADN contient non seulement une information codant qui
dirige la synthèse d'ARN mais également une information
conformationnelle.
2-Les structures bicaténaire, hélicoïdale, circulaire
Les différents cas
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Les ADNs des procaryotes : L'ADN principal se trouve sous cette forme
et chez certains procaryotes c'est le cas aussi des ADNs plasmidiques.
Ce sont des ADN de petites tailles (quelques milliers de bases, alors
que l'ADN principal d'E. Coli comporte 4.106 paires de bases.)
Les ADNs des chromosomes des eucaryotes, au moment de la
transcription, se trouvent sous cette structure.
Les ADNs dans les mitochondries et dans les chloroplastes (de petites
tailles) ont cette structure.
Les ADNs qui normalement présentent une structure linéaire dont
chacune des extrémités va se trouver liée à un point d'ancrage dans les
cellules.
Définition et caractéristiques du terme circulaire
Le terme « circulaire » se réfère à la continuité de la chaîne d'ADN et non
à sa forme géométrique. L'ADN circulaire va être caractérisé par trois
nombres :
L : Le nombre d'enlacements : c'est-à-dire le nombre de fois ou la courbe
fermée formant un des bords du ruban recoupe dans l'espace l'autre
courbe fermée formant l'autre bord.
T : Le nombre de torsion, il traduit la déformation du ruban, c'est-à-dire sa
torsion.
W : Le nombre de vrillages, c'est-à-dire la courbe que décrit l'axe du
ruban.
L=T+W
On considère un téléphone avec un combiné :
T petite et W grande
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SCIENCES DE LA VIE – L2
T augmente et W diminue
Les topoisomères
Définition
Deux ADNs circulaires, ayant exactement le même nombre de nucléotides
et la même séquence de bases, mais différant entre eux par le nombre
d'enlacements L, sont appelées « topoisomères. »
Les différents états des topoisomères
L'état relâché :
La tension sur la double hélice est minimale, c'est la configuration la plus
stable de la molécule d'ADN, et que l'on trouve quand l'ADN est sous une
forme B.
L'état surenroulé :
L'axe de la double hélice peut s'enrouler sur lui-même de deux façons :
soit l’on va avoir un surenroulement positif ; à ce moment-là, le nombre L
augmente, l'enroulement de la double hélice droite s'effectue dans le
même sens, ce qui conduit à la formation d'une super hélice droite.
Par contre, il peut aussi se faire d'une façon négative, on parle de
« désenroulement », dans ce cas, le nombre L diminue, on parle de toroïde
gauche.
La plupart des molécules d'ADN rencontrées dans la nature forment des
toroïdes, ce qui représente un désenroulement d'un tour pour 200 paires
de bases (ce qui constitue un avantage puisque à ce moment-là,
beaucoup plus accessible aux enzymes de la transcription et de la
réplication.)
L'intérêt de la super-hélice est que l'ADN soit beaucoup plus compact et,
que chez les eucaryotes, l'ADN forme une super-hélice gauche tout en
s'entourant autour des histones (protéines.)
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SCIENCES DE LA VIE – L2
3-La structure monocaténaire, hélicoïdale
On connaît de rares exceptions chez les virus et les virus à bactéries :
Bactériophages ; exemple : le bactériophage ΦX174 dont la structure de
l’ARN est toujours hélicoïdale mais au sein d'une simple chaîne.
Les appariements sont toujours antiparallèles tel que sur la représentation
n°1. Ou dans le cas circulaire comme sur la seconde représentation.
(1) (2)
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Dans ce cas d'ADN, on constate que GC est plus grand que AT.
IV) Propriétés physico-chimiques des acides nucléiques
A) L'absorption dans l'UV : les ARNs
Les ARNs absorbent fortement la lumière UV, cela s’explique par le fait de
la présence des bases puriques et pyrimidiques.
Si on fait une dégradation totale ou partielle - ou bien une dénaturation -
on constate que pour ce même ARN, il va y avoir un « effet hyperchrome »
dû à la libération des bases qui absorbent beaucoup plus.
Par contre, si on mélange en proportions égales, on synthétise un poly A
et un poly U mélangés en quantités identiques, 100% des bases qui vont
se lier. La formation de ce « copolymère bicaténaire artificiel » entraîne
une diminution de 34% de la densité optique à 260 nm (c’est l’effet
hypochrome.)
B) L'absorption dans l'UV : les ADNs
Tous les ADNs présentent un maximum à 260 nm. On trouve un effet
hyperchrome lorsqu'il y a dégradation totale ou partielle ou lorsqu'il y a
dénaturation. Cette longueur d'onde de 260nm sera d'autant plus
importante que les bases seront libres et non engagées dans les liaisons
hydrogène. On aurait un effet hypochrome si les bases ne se liaient plus.
Pour l'ADN, c'est plus élevé que pour l'ARN.
V) La dégradation des acides nucléiques
A) Définition
Il y a dégradation lorsque l’on détruit la structure primaire covalente des
acides nucléiques.
B) Méthodes de dégradations.
1) Hydrolyse chimique des acides nucléiques
a) Traitement acide
Un traitement acide avec chauffage va entraîner la rupture des bases dans
l'ADN et dans l'ARN et ceci par rupture de la liaison β-N-osidique. A la fin
de la réaction, on se retrouve avec un mélange de bases et la chaîne de
sucre phosphorilé.
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SCIENCES DE LA VIE – L2
b) Traitement alcalin
1-Les ARNs
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SCIENCES DE LA VIE – L2
33
SCIENCES DE LA VIE – L2
3e étape : intermédiaire
4e étape : deux formes possibles :
réactionnel :
1e : solution de K+OH- ou Na+OH- de concentration 0,3M chauffé pendant
18H à 38°C
2e : à concentration 18M pendant une heure à 80°C
pH > 10
Le OH sur le carbone 2' s'ionise.
Au niveau du P : effet mésomère, P porte un δ+.
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Cette attaque provoque la rupture de la liaison diester. On obtient un
intermédiaire cyclique instable.
Un traitement alcalin entraîne la rupture de la liaison phosphodiester dans
l'ARN.
ARN à pH > 10
2-Les ADNs
Dans le cas de l'ADN, il n'y a pas de fonction OH en 2', l'ADN ne peut donc
être dégradé par le mécanisme décrit pour les ARNs. Les ADNs résistent à
une hydrolyse alcaline douce : jusqu'à un pH inférieur à 11.
Si on se place dans des conditions d’un pH supérieur à 11 : du fait des
formes tautomères, il apparaît des charges négatives sur la guanine et sur
la thymine. Cela entraîne une répulsion entre les bases et les liaisons
hydrogène ne peuvent pas s'établir. Il y a déstabilisation de la structure
secondaire, donc il y a dénaturation - mais l'ADN est stable d'un point de
vue covalence.
2) Hydrolyse enzymatique des acides nucléiques : les nucléases et leurs 2
modes d'action
Ce sont des enzymes qui agissent spécifiquement sur un substrat donné.
On a les désoxyribonucléases qui ne peuvent intervenir que sur des ADNs.
On a des ribonucléases qui ne peuvent agir que sur des ARNs.
Tous les nucléases sont capables de cliver (couper) les liaisons
phosphodiester.
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Deux types de coupures :
a) coupure 3' 5' pN = pN
b) coupure 5' Np 3' = Np
On a deux modes d'action :
- L’exonucléase : elle commence à une extrémité puis longe la chaîne
jusqu'au bout
- L’endonucléase : des nucléotides internes avec certaines spécifiées.
VI) La dénaturation des acides nucléiques
A) Définition
Il y a dénaturation quand on altère la conformation tridimensionnelle,
c'est-à-dire les structures secondaire et tertiaire, essentiellement les
liaisons hydrogène sans qu'il y ait altération de la structure covalente dans
la structure primaire.
B) Comportement des acides nucléiques dénaturés
Le comportement est tel, qu'à la longueur d'onde de 260nm, on constate
une augmentation de leur absorption, donc c'est le phénomène
d'hyperchromicité.
C) Les agents physico-chimiques dénaturants.
1) Les agents chimiques
a) Les alcalins.
Lorsqu'on ajoute une base comme de la soude, on entraîne un
changement de pH. Donc, compte tenu des pK, des groupements dans les
bases, on voit apparaître des charges négatives sur la thymidine et la
guanine. L'apparition de ces charges négatives entraîne une répulsion
entre les bases et la structure secondaire se défait, mais l'ADN reste
stable d'un point de vue de la covalence.
b) Les agents chaotropiques
Ce sont tous les réactifs capables d'établir des liaisons hydrogène se
trouvant en compétition avec les axes.
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Avec :
Formaldéhyde :
Formamide :
2) L'agent physique dénaturant : l'élévation de température
a) Effet sur l'ADN
L'augmentation de la température entraîne la rupture des liaisons
hydrogènes entre les paires de bases des deux chaînes. Les deux brins se
séparent c'est le processus de dénaturation ou de fusion.
(i) Courbe de dissociation d'un ADN bicaténaire
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SCIENCES DE LA VIE – L2
La courbe obtenue est une sigmoïde.
L'effet sur l'ADN : on casse des liaisons hydrogène mais la densité optique
reste la même. Il y a coopérativité des liaisons hydrogène. Arrivé à la
limite, tout casse et on constate une grande montée de la DO dans un
intervalle de 20°C.
Cette courbe passe par un point d'inflexion qui s’explique par le fait que
les deux brins d'une molécule d'ADN restent associés à 50%. La
température à laquelle ce phénomène se produit est une caractéristique
de chaque type d'ADN (voir TD.)
2-Influence de différents agents sur la courbe de dissociation d'un ADN
bicaténaire
- La même expérience avec un ajout de Na+ dans la solution.
On obtient un décalage de la courbe vers la droite.
- La même expérience avec un ajout d'ion compensateur ou d’agents
chaotropiques, la courbe est déplacée vers la gauche.
3-Courbe de dissociation d'un ADN monocaténaire
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SCIENCES DE LA VIE – L2
On obtient une droite il n'y a pas de phénomène de coopérativité entre
les bases. Libération des bases au fur et à mesure.
b) Effet sur l'ARN - courbe de dissociation
L'ADN est monocaténaire mais présente des zones d'appariement et de
non-appariement.
Dans une cuve en quartz, puis mis dans un spectrophotomètre :
Chaque Tm représente la température lorsque les zones appariées se
retrouvent non appariées. Phénomène d'hyperchromocité.
Chaque Tm est croissant, on a une somation des T m. Ce qui donne une
courbe multi-phasique qui correspond à une sommation de Tm qui dépend
de chaque hélice.
D) Les courbes de réassociation
1) La courbe de réassociation d'une molécule d'ADN double brin de même
source
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SCIENCES DE LA VIE – L2
La réaction de réassociation se déroule en deux temps.
Le premier temps correspond à la nucléation : c'est-à-dire qu'il y a un petit
nombre de liaisons hydrogène entre bases complémentaires qui se forme
et si cet appariement initial s'effectue de façon correcte du point de vue
de la séquence, le reste se reforme. La courbe obtenue est l'inverse de la
courbe de dénaturation.
2) La courbe de réassociation d'une molécule d'ADN double brin et d'une
molécule de séquences de paires de bases complémentaires
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SCIENCES DE LA VIE – L2
On a réalisé une hybridation ADN - ADN in vitro.
Mais on peut aussi faire une hybridation ADN - ARN ou ADN - séquence de
bases = sonde : 5'P ATAGACT 3'OH
Conclusion : les différentes conversions ADN - ARN.
Quelles sont les conversions qui correspondent à l'étude des gènes et à
l'expression du génome aboutissant à la transmission du patrimoine
génétique et à la synthèse des protéines ?
La transcription est un mécanisme pour passer d'un ADN à un ARN.
Pour passer d'un ADN à un ADN c'est la réplication.
La traduction est le mécanisme de passage d'un ARN vers les protéines.
Le passage ARN vers ADN se fait via une enzyme qui est la transcriptase
reverse découverte en 1970 chez un rétrovirus.
On ne peut jamais passer de protéines à protéines ni jamais de protéines à
ARN.
On peut passer des protéines vers l'ADN découvert en 1997 par Stanley
Prusiner : avec le PRION.
Le PRION est une glycoprotéine qui se trouve dans toutes les cellules des
neurones.
41
SCIENCES DE LA VIE – L2
Les Prions vont se multiplier avant de mourir.
Ces différents mécanismes, la régulation et le contrôle de ces différentes
opérations de conversion font l'objet de la biologie moléculaire. Celle-ci
étant à la base du génie génétique et des biotechnologies.
Si vous voulez faire de la biologie cellulaire, vous allez faire l'étude de ces
mécanismes dans la cellule, c'est-à-dire in vivo alors que la biochimie
étudiera de ces mécanismes in vitro, c'est-à-dire qu'on ne tiendra pas
compte de la cellule.
LES MÉTHODES DE MARQUAGE, DE
FRACTIONNEMENT, D'ÉLECTROPHORÈSE,
D'ANALYSE DES BIOMOLÉCULES
I) La sédimentation (décantation, centrifugation,
ultracentrifugation)
A) Théorie de la sédimentation
1) Définition
La sédimentation est une technique d'analyse permettant de séparer une
dispersion d'un solide au sein d'un liquide ou d'une dispersion d'un liquide
au sein d'un autre liquide non miscible et de densité différente. Cette
séparation peut se faire d'elle-même sous l'action de la pesanteur, lorsque
la dispersion est formée d'une substance beaucoup plus dense que le
liquide : décantation.
Lorsque la densité de sédimentation est gênée par l'agitation thermique, il
faut avoir recours à des champs de force plus intense.
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SCIENCES DE LA VIE – L2
La centrifugation permet de remplacer l'accélération de la pesanteur g par
une accélération centrifuge développée à grande vitesse (jusqu'à 20000
tours par minute.) L'ultracentrifugation utilise des vitesses de rotation
allant jusqu'à 100000 tours par minute.
2) Étude théorique
Étude sur des particules de rayon r, de masse m, dans une solution de
viscosité η.
La décantation
La particule est soumise à trois forces :
Le poids : P = mg ;
La poussée d’Archimède : A = m’g (m’ = la masse de liquide
déplacée) ;
Les forces de frottement : f = 6 r vi
avec vi = vitesse de sédimentation.
(Condition : P > A + f)
La relation fondamentale dit que la somme des forces extérieures
appliquées à un solide =
Quand une particule décante, sa vitesse est constante.
P=A+f
La centrifugation :
20000g
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SCIENCES DE LA VIE – L2
La particule est soumise à 3 forces :
La force de centrifuge : F = m. ²x ;
La poussée d’Archimède : A * m’ ² x ;
Les forces de frottement : f = 6 r vi avec vi = vitesse de
sédimentation.
(Condition : F > A + f)
La relation fondamentale dit que la somme des forces extérieures
appliquées à un solide =
L’ultracentrifugation :
150000g
La particule est soumise à 4 forces :
La force centrifuge : F = m. ²x ;
Archimède : A * m’ ² x ;
f = f 0 . v i = f0 . ;
Diffusion : D = avec T = température en Calvin et R = la constante
des gaz parfaits.
(Condition : F > A + f + D)
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SCIENCES DE LA VIE – L2
S représente la constante de sédimentation d’une distance et sa
dimension est un temps.
B) Les différentes méthodes de centrifugation
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SCIENCES DE LA VIE – L2
1) La centrifugation différentielle
C'est-à-dire que les molécules à séparer ont des poids moléculaires
différents.
Après avoir broyé le foie, on le met dans la centrifugeuse à 600g pendant
5min.
On obtient un culot et un surnageant. Si on veut étudier le noyau, on
garde le culot, si on veut étudier les autres organites, on centrifuge de
nouveau le surnageant à 15000g pendant 10 minutes.
Dans le cas où j'ai des biomolécules qui ont le poids moléculaire très
voisin.
2) La centrifugation en gradient de densité
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Ce type de centrifugation nécessite que la molécule ait une forme, une
taille, un nombre, un encombrement différents et on utilise la
centrifugation de zone.
Dans le cas où les molécules ont une densité différente, on utilise la
centrifugation isopicnique.
a) Centrifugation de zone
1-Fabrication d'un gradient concentration = gradient pré-formé
On utilise un tube de centrifugation remplit au préalable d'une solution de
saccharose préparée par un système qui mélange une solution concentrée
de saccharose à de l'eau dans un rapport décroissant dans le tube.
2-Centrifugation = séparation suivant taille, forme, encombrement
47
SCIENCES DE LA VIE – L2
Séparation en fonction de la taille, forme, encombrement.
b) La centrifugation isopicnique
Quand les molécules différent par leur densité (surtout pour les acides
nucléiques.)
Il faut un gradient de densité homogène.
Pour qu'une centrifugation soit efficace, il faut qu'au cours de la
centrifugation le gradient de chlorure de césium se forme, c'est-à-dire que
le CsCl se distribue le long du tube en un gradient linéaire qu'on appelle
« gradient à l'équilibre. » Les molécules à séparer vont se concentrer en
une bande stable dont la position est telle que la densité de la molécule
est égale à la densité du chlorure de césium. Et part comparaison par
témoin on pourra déterminer la densité de chaque particule.
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SCIENCES DE LA VIE – L2
C) L'ultracentrifugation
1) Détermination d'une constante de sédimentation
Les acides nucléiques (surtout ARN) sont caractérisés par leur constante
de sédimentation. Exemple : ARNs ribosomaux 5s, 23s,…
Dans l'étude théorique sur la vitesse de sédimentation sur
l'ultracentrifugation, on a vu :
S est la constante de sédimentation d'une substance ; elle représente la
vitesse de sédimentation de la particule par unité de champ
gravitationnel, tel que ω²x = 1.
Expérimentalement, on détermine S par l'étude du mouvement de la
frontière.
ln x = f(t)
ω : vitesse angulaire
S = 10-13 sec
2) Détermination de la masse molaire ou moléculaire
Cela sert à la détermination de la masse molaire des ADNs. En étudiant
l'évolution de la frontière en fonction du temps, on démontre que :
49
SCIENCES DE LA VIE – L2
R : Constante des gaz parfaits, nombre avogadro * K avec K constante de
Bolzmann
T : Température en degré calvin.
: représente l'augmentation de l'accroissement du volume de la
molécule quand on la met en solution.
: représente la densité du milieu
=S
D : Coefficient de diffusion
Avec des molécules pures, on préfère déterminer la masse molaire avec
l'électrophorèse.
II) L'électrophorèse
A) Théorie de la migration électrophorétique
1) Définition
L'électrophorèse est une méthode d'analyse qualitative et quantitative, de
séparation et préparative basée sur la différence de migration de
particules chargées électriquement et qui se déplacent sous l'action d'un
champ électrique continu et constant.
2) Les particules chargées
a) Les électrolytes
Exemple :
Ils se dissocient dans l'eau en un nombre égal d'anions et de cations.
b) Les ampholytes
C'est une catégorie particulière d'électrolytes, ils sont capables de porter
simultanément ou non des charges de signes contraires selon le pH du
milieu. Exemple : acides aminés, protéines, bases puriques et
pyrimidiques, les nucléosides, les nucléotides, les acides nucléiques.
Dans tous ces cas, on peut faire une électrophorèse out les analyser en les
plaçant dans un champ électrique.
3) Les différents types d'électrophorèse
a) L'électrophorèse en veine liquide à frontière mobile
50
SCIENCES DE LA VIE – L2
On a une réaction fondamentale de référence qui met directement en
application le principe de l'électrophorèse. La migration s'effectue au sein
d'un liquide de composition bien déterminée, un tampon : le support.
Le principe de séparation se fait par la mesure de migration.
Ce type d'électrophorèse est utilisé dans l'étude de la mobilité des
protéines et pour vérifier leur pureté.
Problème : on n’aboutit jamais à la séparation parfaite des molécules dans
un mélange.
Expérience et schéma expérimental : 1e type page 3.
On choisit le pH du tampon tel que le pH du milieu soit inférieur au pH i.
- Veine liquide car dans un liquide ;
- Frontière mobile car à temps x on a quatre frontières (déplacement.) Ces
quatre frontières sont mises en évidence par méthode optique par UV (ou
fluorescence) ou par mesure de l'indice de réfraction.
On mesure la vitesse moyenne de migration (d)
On a d, et t on en déduit u, la mobilité.
Ce type d'électrophorèse n'aboutit jamais à une séparation parfaite.
b) L'électrophorèse de zone, électrophorèse de support
Dans ce type d'électrophorèse, la migration s'effectue au sein d'une phase
liquide imprégnant un solide poreux ou un gel.
Principe de la séparation : il n'y a pas de proportionnalité entre le champ
électrique, la mobilité et le temps.
Domaine d'application : Cela sera utilisé pour les acides aminés, les
protéines, les bases, les nucléosides, les nucléotides, les acides
nucléiques.
Pour mesurer le poids moléculaire, pour des analyses quantitative et
qualitative, pour mesurer leur degré de pureté et pour les séparer.
Expérience et schéma expérimental : 2e type page 3
51
SCIENCES DE LA VIE – L2
Le but est d'avoir la meilleure séparation possible et quelque soit le
mélange de protéines ou d'acides nucléiques.
On essaye toujours d'avoir la meilleure séparation.
4) La migration
a) La migration en veine liquide
b) La migration en phase liquide imprégnant un support solide
1-Les différents facteurs dont dépend la migration
La mobilité : u dépend de plusieurs facteurs :
La charge de la particule qui dépend
du pH. La référence est le pH i. Quand le pH est inférieur à son pH i, la
charge est positive, si le pH est supérieur, alors la charge est négative.
La mobilité est d'autant plus grande que la charge nette de la molécule
est importante ;
De la force ionique du tampon : la
force ionique µ se définie comme la demi-somme des produits des
concentrations molaires des ions Ci par le carré de leur valence Vi.
Exemple : Tampon d'acétate de sodium de concentration 1M et de valence
1.
Na+CH3COO- µ = 1
En électrophorèse, on utilise des tampons dont la force ionique varie entre
µ = 0,05 à 0,1. La force ionique est proportionnelle à la résistance et
inversement proportionnelle à sa conductivité. Par conséquent, le
déplacement d'une particule augmente lorsque la force ionique diminue.
La mobilité u augmente quand la force ionique diminue.
Les forces de frottements de la molécule, c'est-à-dire que cela varie
suivant la géométrie de la molécule, sa taille et sa forme. La mobilité u
augmente quand la taille et la forme diminuent.
Le champ électrique :
Le champ électrique doit être uniforme. Ce déplacement dépend
essentiellement de l'intensité du champ électrique dont la valeur est égale
à la ddp appliquée entre les électrodes au quotient de la distance entre les
électrodes :
52
SCIENCES DE LA VIE – L2
Le temps de migration :
La migration d n'est plus proportionnelle au temps de migration ; ceci est
du au fait que les molécules sont soumises à un certain nombre de forces
qu'on appelle les « courants liquidiens. » Et lorsque le bilan des vitesses
de déplacement est nul, la molécule ne se déplace plus quelque soit la
durée d'application du champ électrique.
2-Les trois courants liquidiens
Le premier courant liquidien est le courant d'électro-endosmose :
Le support est un solide ayant une certaine épaisseur.
Lorsque le support est imprégné de solution, il va fixer, adsorber des ions
OH- ; on parle de « couche fixe. » Les ions positifs de la solution vont
former des liaisons avec les OH -. Si l’on applique une ddp, la couche d'ions
positifs va se déplacer vers le pôle négatif, on parle de « couche mobile. »
Ces ions vont créer un courant d'électro-endosmose.
Si les molécules sont chargées positivement, elles vont être entraînées par
le courant d'endosmose et donc à une migration supérieure à celle
qu'elles devraient avoir s'il n'y avait pas de courant.
Si les molécules sont chargées négativement, elles vont être entraînées
dans le sens inverse du courant d'endosmose et donc à une migration
inférieure à celle qu'elles devraient avoir s'il n'y avait pas de courant.
Si les molécules sont nulles, elles vont être peu entraînées par le courant
d'endosmose.
53
SCIENCES DE LA VIE – L2
Le courant d'électrolyse :
Dans le tampon, on trouve des ions positifs et des ions négatifs.
Dans ce cas, il y modification de la composition du tampon, d'où du pH,
d'où de la charge des molécules.
Le courant d'évaporation :
Dans un système d'électrophorèse, notre support est imprégné du
tampon ; s'il y a évaporation du tampon, il va y avoir appel d'un liquide qui
tend à compenser cette évaporation.
B) Les différentes électrophorèses et les applications pratiques
1) L'électrophorèse sur papier
a) La cellulose
La cellulose est un polyoside de structure des enveloppes et paroi
cellulaire. La cellulose est un polymère du D-glucose qui est liée par une
liaison -1,4-diosidique. ( : liaison du même coté que CH 2OH.) Elle forme
un réseau serré de polymères :
Les molécules vont migrer à la surface du support.
Donc la séparation se fera suivant la charge des
molécules à séparer. On utilise surtout la cuve
horizontale pour le dispositif expérimental.
Domaine d'application : ce type d'électrophorèse va
être utilisé pour la séparation des protéines :
54
SCIENCES DE LA VIE – L2
À basse tension : 100 à 200 volts par centimètre et de 20min à 1h ;
À haute tension : 1000 à 3000 volts par centimètre et pendant 3h pour la
séparation de petites molécules (acides aminés, peptides.)
b) Ester de cellulose
Ce type de support présente une matrice homogène qui permet des
séparations rapides et une meilleure résolution ; elle est réservée aux
protéines.
Inconvénient : on ne peut utiliser et déplacer que quelques micro-litres
d'échantillon. D'où de simples analyses qualitatives.
2) L'électrophorèse sur gel
a) Sur gel d'agarose
Il est constitué de la même façon de polymère de D ou L-galactose.
L'intérêt : on va pouvoir séparer des molécules
de poids moléculaires élevés et même des
complexes supramoléculaires tel que les virus et
des complexes enzymatiques et des acides
nucléiques.
Le principe est que les molécules migrent à
l'intérieur du réseau à l'intérieur du gel, dont la
taille des pores est à peu prés constante. La
séparation se fera donc selon la charge et
suivant le poids moléculaire et la taille. Mais le
facteur charge prédomine encore.
b) Sur gel d'amidon
L'amidon est un polyoside de réserve du monde végétal qui est formé de
polymères de longues chaînes non-ramifiées de D-glucose (liaison 1 4.) Il
est constitué d'amylose et d'amylopectine, ce qui forme des chaînes
ramifiées en hélice. Cet amidon va donner au gel une porosité plus forte,
la taille étant légèrement plus grande. La séparation va se faire suivant la
charge mais, cette fois-ci, les facteurs "taille" et "forme" vont prédominer.
c) Sur gel de polyacrylamide
Sans agents dénaturants :
C'est une macromolécule qui est un co-polymère de l'acrylamide. C'est-à-
dire qu’il va y avoir formation par enchaînement de cette molécule, ce qui
permettra d'avoir des chaînes et, pour qu'il y ait des pontages entre les
deux, on utilise le N-N-méthylène bis acrylamide.
55
SCIENCES DE LA VIE – L2
Il faut un catalyseur pour faire la polymérisation : le persulfate
d'ammonium. Et il faut le temed qui contrôle et induit la polymérisation.
On peut donc contrôler la porosité des pores en fonction du pourcentage
d'acrylamide qui est utilisé.
Entre 15 à 20%, on va avoir beaucoup de chaînes :
Pour un poids moléculaire de 10000 à 40000.
Entre 10 à 15%, on va avoir moins de chaînes :
Pour un poids moléculaire de 40000 à 100000.
Entre 5 à 10%, il va y avoir encore moins de chaînes :
Pour un poids moléculaire de 100000 à 300000.
Pour 5%, la quantité diminue encore :
Pour un poids moléculaire de 300000 à 500000.
Entre 2 à 5%, toujours moins :
56
SCIENCES DE LA VIE – L2
Pour un poids moléculaire supérieur à 500000.
L'expérimentateur va pouvoir créer le gel en fonction de ce qu'il veut faire.
La séparation se fait toujours suivant la charge, mais le facteur "poids
moléculaire" prédomine.
Dispositif vertical, la migration se fait de haut en bas.
La technique de Laemmli : une plaque sur laquelle on coule un gel
intérieur dont le rôle est de séparer. Pour les protéines, on utilise entre 15
et 5%. Et au-dessus de ce gel, on a un gel de concentration de 2,5%.
Avec agents dénaturants :
On ajoute au gel de polyacrylamide un agent dénaturant :
L'urée :
Elle fait perdre la structure quaternaire des protéines. Dans le cas où une
protéine aurait plusieurs sous-unités, cela nous permettrait de connaître
leur nombre.
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Le SDS (Sodium Dodécyl Sulfate) : CH3—(CH2)11—SO3-N+
C'est un détergent anionique qui modifie la structure tridimensionnelle des
protéines sans les précipiter.
Le SDS se complexe aux protéines à un pH donné et va leur donner une
charge négative proportionnelle à leur taille.
La technique de Laemmli permet de déterminer la masse molaire des
protéines puisqu'il y a proportionnalité entre la masse molaire et la
migration telle que :
log M = f(d)
avec d = Rf =
-------------------------------
-------------------------------
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SCIENCES DE LA VIE – L2
d) Sur gel de polyacrylamide avec des ampholytes : l'électrofocalisation
Méthode exclusivement utilisée pour les protéines, ce qui va permettre de
séparer les protéines en fonction de leur pHi. Pour cela, on utilise un
gradient de pH. Ce gradient de pH va être formé en utilisant des
ampholytes, c'est-à-dire des molécules de faible masse molaire, très
mobiles et comportant chacune plusieurs groupements acide carboxylique
COO- et amine.
Deux types d'ampholytes :
- Type A :
- Type B :
Ce mélange est mis avec le gel.
Gel de polyacrylamide + ampholyte : pH = 3 à 10 et pH = 5 à 7.
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SCIENCES DE LA VIE – L2
On met un mélange de protéines
à pH donné au départ, les
protéines vont migrer vers l'anode
ou la cathode en fonction de leur
charge, mais au fur et à mesure
de leur déplacement, le pH
extérieur va varier, ainsi que leur
pH, donc leur charge. Quand leur
charge est nulle, elle focalise à
l'endroit ou le pH est égal à leur
propre pHi. Cette méthode est
douée d'un grand pouvoir de
séparation.
e) L'électrophorèse à deux dimensions
Ce type d'électrophorèse fait qu'on va utiliser un gel de polyacrylamide et
on y ajoute des ampholytes (première dimension), et donc on va faire une
séparation selon le pHi.
Le mélange 1 avait deux protéines ayant deux pH i différents et le mélange
2 avait 3 protéines de trois pHi différents.
On met la plaque dans une solution de SDS.
On retourne la plaque et on refait une électrophorèse (deuxième
dimension.)
60
SCIENCES DE LA VIE – L2
Dans le mélange 1 se trouvent des protéines qui ont des pH i différents et
des protéines de pHi identiques. Dans la première dimension, on a séparé
par pHi et dans la deuxième, par poids moléculaire.
f) L'électrophorèse en champs pulsés
Elle s'effectue avec un gel d'agarose ou de polyacrylamide mais le champ
électrique qui va être appliqué va changer de sens de façon alternative et
cela selon deux directions en diagonale.
Pour l'ADN 2, le trajet est plus petit car la molécule d'ADN est plus grosse.
Ce type d'électrophorèse permet la séparation de grosses molécules qui
migrent négativement car elles passent la majorité du temps à se
réorienter.
Cette méthode est utilisée pour des molécules d'ADN supérieures à 20
kilobases (20000b), car, avant, une molécule de 20kB était plus grande
que la longueur des pores dans tous les supports. On peut aller de 20 à
1000kB.
3) Mise en évidence des molécules séparées par électrophorèse
a) Les protéines
Les protéines sont incolores donc pour les voir sur le gel, on peut utiliser
un colorant du fait de la présence de groupements azotés : le bleu
d'aniline ou bleu de comassie.
Dans le cas de protéines douées de fonctions enzymatiques, présent sur
une plaque d'électrophorèse, la mise en présence de son substrat permet
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SCIENCES DE LA VIE – L2
d'obtenir un produit et l'enzyme ; ce qui permet d'avoir coloration au
niveau de la protéine. La coloration peut être au niveau du produit ou du
substrat. Il peut y avoir aussi fluorescence sous une lampe UV.
b) Cas de la séparation par électrophorèse de molécule d'ADN
Deux types de support sont utilisés en électrophorèse d'ADN :
- L'agarose, qui permet la résolution des fragments de 30000 paires de
bases à 200pb et, pour un gel de polyacrylamide, des fragments de
2000pb à 50pb.
Dans le cas du gel d'agarose, cela permettra aussi de séparer des
fragments d'ADN qui ont des conformations différentes. Pour le gel de
polyacrylamide, cela permet de séparer les fragments en fonction de leur
taille.
Pour révéler ses fragments, on utilise le bromure d'éthidium, qui a la
particularité de pouvoir absorber à 300nm, qui est fluorescent à l'état
excité (à 300nm) et émet à 590nm.
c) Cas des ARNs
Le bromure d'éthidium est aussi utilisé.
III) Les méthodes de marquage
A) Rappel : structure de l'atome
Un atome peut être représenté par :
Où N représente le nombre de neutrons se trouvant dans le noyau ;
Z le nombre de protons se trouvant dans le noyau ;
A le nombre de masse (c'est à dire Z + N) : nombre de nucléons.
On peut définir unique A et Z.
Exemple : 3115P16 ; 3216S16 ; 126C6
La masse du noyau M = Nmn + Zmp
B) Les nucléides
Un nucléide est un noyau atomique caractérisé par son nombre de protons
et de neutrons.
1) Le défaut de masse - énergie de liaison
62
SCIENCES DE LA VIE – L2
La somme des masses des nucléons liés à l'intérieur du noyau est
inférieure à la somme des masses des nucléons pris séparément. Cette
différence de masse M s'appelle le défaut de masse. M = (Nmn + Zmp) –
M
Ce défaut de masse correspond à l'énergie de liaison.
L = M * c² c = 300 000 km/sec
On compare la stabilité des différents noyaux en calculant en MeV (méga
électron-volts) par nucléon, leur énergie moyenne de liaison. On note un
maximum de stabilité pour une énergie de liaison de 8,7 MeV/nucléon.
2) Le diagramme de stabilité du neutron-proton
Si on porte le nombre de neutrons en fonction du nombre de protons sur
un diagramme, on obtient une répartition suivant une ligne de stabilité qui
s'écarte légèrement de la première bissectrice.
Tous les nucléides qui vont se trouver au-dessus de cette ligne de stabilité
sont instables par excès de neutrons, ils vont se rapprocher de cette ligne
de stabilité par une réaction nucléaire interne, c'est-à-dire une
désintégration du noyau qui va transformer un neutron en proton avec
émission d'un électron négatif qui correspond au domaine de la
radioactivité -
Ceux qui se trouvent en dessous de la ligne possèdent un excès de
protons, et vont transformer un proton en neutron et libérer un électron
positif qui correspond au domaine de la radioactivité +
Les éléments les plus lourds qui sont situés à l'extrémité de la ligne de
stabilité auront une énergie interne insuffisante pour assurer la cohésion
de tous les nucléons, ce sera la zone de la fission spontanée qui va être
caractérisée par l'expulsion d'un atome d'hélium tel que :
63
SCIENCES DE LA VIE – L2
C) La radioactivité
La radioactivité est un phénomène nucléaire caractérisé par l'émission de
particules émises avec une certaine cinétique suivant la relation :
Cette relation associe les quanta d'énergie transportée par les particules à
leur fréquence ou leur longueur d'onde.
h : Constante de Planck ;
c : Vitesse des rayonnements électromagnétiques ;
E en eV et ses multiples (MeV = 106 eV ; KeV = 103eV ; GeV = 109eV.)
Ces différentes en font un danger d'autant plus grand que l'énergie est
grande.
Il existe trois types d’émissions radioactives :
- Les émissions , jamais utilisées en laboratoire de biologie ;
- Les émissions , avec des - et +. Les - sont les plus utilisées, ce qui
représente des nucléides qui vont produire de l'énergie de quelques KeV à
10 MeV. Selon leur énergie, le parcours dans l'air est de quelques mètres à
quelques dizaines de mètres et, dans les tissus vivants, de quelques
millimètres. Cette notion d'énergie permet de les séparer en nucléides
"mous" tels que le carbone 14 avec 0,156MeV, le tritium avec 0,018MeV et
le soufre 35 avec 0,167 et en nucléIdes "durs", comme le phosphore 32
avec 1,7MeV.
- Les émissions : les rayonnements sont émis par les noyaux des
atomes souvent en même temps que des rayons ou . Ces
rayonnements se propagent en lignes droites et sont très pénétrants.
Exemple : le Cobalt 60 (60CO) qui a une énergie de 1MeV, peut parcourir
200 à 300 mètres dans l'air et plusieurs centimètres dans les tissus
vivants. Il y a aussi l'iode 125 et 131 (125I et 131I.)
D) Les lois quantitatives de la radioactivité
1) Définition
a) Activité d'une source radioactive
L'activité d'une source radioactive correspond au nombre de
transformations radioactives qui s'y produisent par unité de temps. A = N
N : Nombre de noyaux susceptibles de se désintégrer ;
: Constante radioactive qui est l'inverse d'un temps et représente la
probabilité de désintégration du noyau.
Cette activité a pour unité CI : le curie.
Le curie représente le nombre de désintégration par seconde.
64
SCIENCES DE LA VIE – L2
1 curie = 3,7.1010 désintégrations/sec.
La définition du curie ne tient pas compte de la nature et de l'énergie du
rayonnement émis. Mais la comparaison des activités de différents corps
donne déjà une idée de la gravité des dangers radioactifs.
1 Ci de radium pèse 1g.
1 Ci d'uranium pèse 3 tonnes.
1 Ci de polonium pèse 0,22mg.
Il existe aussi une autre unité : le becquerel (Bq.)
1 Bq = 1 désintégration/sec.
1CI = 3,7.1010 Bq
b) La période T
La période T représente le temps au bout duquel la moitié des atomes
initiaux N0 est désintégrée.
2) Loi de filiation simple
Si l’on considère un élément radioactif A*, qui est caractérisé par sa
constante de radioactivité et sa période T.
Il va se désintégrer pour donner B. A = N
Cette loi de désintégration est sous sa forme différentielle :
Et sous sa forme intégrée : N = N0 e -t
N0 : Nombre de noyaux au temps 0 ;
N : Nombre de noyaux au temps t ;
t : Temps écoulé ;
: Constante de radioactivité.
Cette désintégration va se traduire sur une courbe de décroissance
exponentielle :
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SCIENCES DE LA VIE – L2
E) Les caractéristiques des radioéléments utilisés en biologie
Les principaux isotopes utilisés en biologie sont des isotopes instables,
c'est-à-dire ceux qui émettent des rayonnements radioactifs : 32P ; 35S ;
14
C ; 3H ; 125I; 131I.
Et peuvent aussi être des isotopes stables ou lourds : 15N ; 18O ; 13C ; 2H.
F) Détection et mesure de la radioactivité
1) L'autoradiographie
Les radiations ionisantes sont susceptibles d'imprégner un film
autoradiographique.
Exemple : on veut suivre la synthèse de protéines dans une culture
bactérienne, E. Coli, on met un acide aminé marqué glycine. Au bout d'un
moment, on extrait des protéines et on les hydrolyse. On prend une
plaque de chromatographie sur gel de silice, on y met un certain nombre
de témoins et notre mélange d'acides aminés.
On fait la chromatographie. Lorsqu’on retire la plaque, on n’observe rien
car protéine incolore. L'anidrine n'est pas assez sensible pour la glycine
incorporée.
On superpose à cette plaque un film photographique et on place
l'ensemble dans l'obscurité pendant 24h. Les radiations ionisantes sont
capables d'impressionner ce film pendant 24h. On développe et on obtient
des taches plus sombres qui permet un repérage de la glycine. On pourra
donc dire que les bactéries ont incorporé de la glycine pendant
l'expérience.
66
SCIENCES DE LA VIE – L2
On utilise l'autoradiographie dans le cas où l’on utilise des molécules
radioactives avec émissions mou : carbone 14 ou tritium. Parce que la
trace donnée pour chaque désintégration est faible sur le film. Dans le cas
du phosphore 32, dur, on fera une électrophorèse mais, cette fois-ci, la
radioactivité est incluse dans un support épais.
2) Compteur de radioactivité
Le principe des compteurs de radioactivité est de transformer l'énergie
cinétique, c'est-à-dire la désintégration par minute d'un émetteur en un
flash lumineux qui sera enregistré par l'appareil sous forme d'impulsions
électriques que l'on mesure en coups par minute.
Entre l'énergie cinétique et l'impulsion enregistrée, il y a une perte qui
correspond à un certain pourcentage. On calcule donc le rapport de
rendement du comptage :
Le comptage peut être effectué en milieu aqueux seulement pour des
molécules marquées au phosphore 32. Car l'énergie émise par le
phosphore 32 est suffisamment forte pour être correcte même avec les
pertes les impulsions électriques. On parle de comptage Cerenkov. On a
30% de radioactivité et 70% de pertes.
Pour les autres émetteurs, on fait un comptage en scintillation liquide :
carbone 14, tritium, soufre 35, … On utilise un agent scintillateur, c'est un
liquide qui contient des substances chimiques excitables par les particules
radioactives et qui vont permettre la transformation de l'énergie des
particules en énergie lumineuse. Le rendement de comptage est de 80%
pour le carbone 14, 30% pour le tritium, 90% pour le soufre 35 et 100%
pour le phosphore 32.
G) Les méthodes de marquage en biologie
1) Leurs utilisations
Ces méthodes seront utilisées dans les cas :
a) Où l'on veut calculer le taux de synthèse instantanée d'une molécule en
un temps très court. C'est-à-dire la quantité synthétisée par unité de
temps de molécules ou macromolécules, ce qui permet de déterminer des
quantités synthétisées de 10-6 à 10-12 M/min.
67
SCIENCES DE LA VIE – L2
b) Où l’on veut étudier le taux d'accumulation en un temps donné plus
long. Dans ce cas, cela revient à mesurer la quantité de molécules qui
vont être accumulées pendant un temps donné et qui représente la
résultante entre le taux de synthèse et de dégradation.
c) Où l'on veut suivre le devenir de molécule au cours du temps.
2) les méthodes
Première méthode : utilisation d'un marqueur radioactif.
Lorsque l’on s'intéresse à la synthèse de macromolécules, on utilise une
petite molécule marquée précurseur spécifique de la macromolécule.
C'est-à-dire que si l'on veut suivre la synthèse de protéines, on va utiliser
un acide aminé, précurseur spécifique, marqué au carbone 14. Pour la
synthèse d'ADN, on utilise le TTP marqué au phosphore 32 en 5' ou du
tritium. Pour l'ARN, on utilise du UTP marqué au phosphore 32 en 5' ou
du tritium.
Cas de l'étude du taux de synthèse, cela revient à calculer le taux de
synthèse instantanée.
On met en culture des bactéries en présence de molécules radioactives.
Pendant un temps de réaction très court, correspondant au temps de
marquage (30s), il y a synthèse de macromolécules composées de
précurseur radioactif. Il reste aussi des molécules radioactives dans le
milieu non-incorporé. Entre le temps 0 et le temps 30s, la radioactivité est
la même. On a trouvé un réactif qui a permis de séparer les molécules
non-incorporées de la macromolécule formée. Dans le cas des protéines,
on utilisera du TCA : acide trichloracétique - ou le SDS. Il coupe les liaisons
ioniques, ce qui fait que les protéines précipitent et les molécules non-
incorporées restent solubles. On connaît la concentration de départ des
molécules radioactives, on mesure la quantité du surnageant.
On obtient le taux de synthèse =
Le SDS déroule et entraîne la modification secondaire et tertiaire des
protéines et les fait précipiter. Dans le cas où l'on suit le taux de synthèse
instantanée d'un ADN ou ARN, on utilise le TCA.
Cas de l'étude du taux d'accumulation.
Le temps est beaucoup plus long 10 min, car durant ces 10 minutes il y
68
SCIENCES DE LA VIE – L2
aura synthèse et dégradation.
Taux d'accumulation par minutes =
Deuxième méthode : la dilution isotopique
Cette technique consiste à ajouter pendant un temps très court un
précurseur radioactif avant d'ajouter le même précurseur non-marqué
d'où une dilution isotopique. On mesure ensuite la décroissance de la
radioactivité pendant un certain temps. On utilise cette méthode dans
trois cas :
1e cas : les molécules marquées et le précurseur radioactif ne peuvent pas
être séparés ;
2e cas: on veut suivre au cours du temps la molécule synthétisée sans la
détruire ;
3e cas: pour des raisons économiques, étant donné que les produits
radioactifs sont très coûteux : exemple : 1ml de glycine marquée au
carbone 14 coûte 2000€.
Comment utiliser cette technique ?
69
SCIENCES DE LA VIE – L2
Cette technique permet de calculer le temps de demi-vie qui correspond à
la dégradation de 50% des molécules. Cette méthode permet d'étudier le
devenir des ARN messagers sans les détruire.
LES OUTILS MOLÉCULAIRES DE
L’ANALYSE DES ACIDES NUCLÉIQUES
70
SCIENCES DE LA VIE – L2
I) Le génome et le programme génome humain
A) Les grandes dates de l'ère de la biologie moléculaire
1928 : première expérience de Griffith :
Il a pris des souches de pneumocoques R (non pathogènes) injectées à des
souris (vivantes.) Il a ensuite pris des souches pneumocoques S vivants
(pathogènes) avec des souris : les souris meurent. Enfin, il a pris des
pneumocoques R et S tuées avec des souris : les souris meurent et on
retrouve des pneumocoques S vivants.
Il y a eu transmission de certains caractères d'une souche à l'autre.
1944 : Avery et Mc Leod :
Souches R de pneumocoques avec un broyat de S ajouté à des souris : les
souris meurent et S vivants.
ADN extrait du broyat de S ajouté à des souris : souris meurent et S
vivants. L'ADN est vecteur de l'hérédité.
1953 : Structure double hélice de l'ADN par Watson et Crick.
1960 : Élucidation du code génétique par Crick et Brewner.
1970 représente le véritable décollage de la biologie moléculaire avec la
mise au point de techniques telles que l'électrophorèse,
l'ultracentrifugation, les méthodes de marquage, la microscopie
électronique et surtout la découverte des enzymes de restriction.
Tous les laboratoires du monde travaillaient sur le problème, chacun de
leur coté, en 1985 : proposition de mise en place d'un programme de
génome humain pour coordonner et systématiser l'analyse moléculaire de
l'ADN humain dans différents pays (États Unis, France, Grande Bretagne,
Italie, Japon.)
1989 : Démarrage du programme par un financement des États-Unis de
100 millions de dollars.
1991 : Premier résultat avec la carte physique complète du chromosome
21, responsable de la trisomie et un chromosome sexuel mâle Y Par Cohen
en France.
1992 : Première carte globale du génome humain, elle peut être comparée
à la carte de la terre dessinée par Christophe Colomb.
1995 : Carte de deuxième génération.
B) Le programme génome humain
Ce programme est à trois niveaux (objectifs) : la cartographie génétique,
la cartographie physique et le séquençage.
Ces trois objectifs sont interdépendants, mais il est commode de les
distinguer en vue de leur analyse.
C) Les deux cartes et le séquençage
1) La cartographie génétique
a) Les objectifs
71
SCIENCES DE LA VIE – L2
L'objectif d'une cartographie génétique est de déterminer la position, les
uns par rapport aux autres, d'un certain nombre de caractère héréditaire.
Exemple : la couleur des yeux, la forme du nez, la présence d'une enzyme
telle que la catalase. Cette carte va être établie en suivant la transmission
des caractères concernés, elle en examine les associations éventuelles et
si l'on constate que deux caractères sont presque toujours hérités
ensemble, on en déduira que les deux gènes correspondant sont situés
près l'un de l'autre sur le même chromosome.
Trois éléments sont indispensables à une telle analyse :
- Le polymorphisme : l'existence de versions différentes du même
caractère et donc du gène qui le détermine.
- L’existence de familles aussi étendues que possible et qui soit
accessibles à l'étude et dans lesquelles les liens de parentés sont bien
connus pour pouvoir faire des statistiques. Ce que l'on pourra alors
mesurer sera un degré de proximité, une distance, et par extension un
ordre. Exemple : le locus C se trouve entre les locus A et B.
- Il faut que le caractère étudié soit monogénique, or de nombreux
caractères comme la taille ou l'intelligence résultent de l'interaction de
nombreux gènes avec le milieu et ne sont pas directement accessibles à
une telle analyse.
b) Établissement de la carte génétique
Unité de la carte : cM = centimorgan.
Un centimorgan représente la longueur ou le nombre de bases de l'ADN
pour une recombinaison.
Une recombinaison signifie que le risque de recombinaisons entre deux
locus lors de la transmission du chromosome du parent à l'enfant existe,
et ceci pour 1000 kB.
Recombinaison = échange entre 2 segments homologues d'ADN.
c) Résultats
Les résultats (première carte du génome) ont été publiés avant le
programme génome humain en 1987 par Donis - Keller + 50 chercheurs
aux États-Unis. Cette carte a été établie à partir de la méthode du
polymorphisme de restriction et de la technique de Southern Blot.
1992 : Deuxième carte établie par [Link] en France grâce au
Téléthon permettant l'ouverture du laboratoire Généthon. Elle est plus
utilisable et informative. Elle a été établie par la méthode des
microsatellites et la technique du PCR.
72
SCIENCES DE LA VIE – L2
d) Rôle
C’est le premier balisage, il sert de cadre et de point de départ aux études
plus précises que sont la cartographie physique et le séquençage.
2) La cartographie physique
a) Les objectifs
Elle correspond à une description plus proche de la réalité moléculaire et
se réfère à la molécule d'ADN. Il s'agit de déterminer la position des gènes
sur les chromosomes ainsi que la distance et le nombre de nucléotides qui
les sépare.
b) Établissement de la carte physique
Son établissement est déduit de l'étude de l'ADN par différentes
expériences biochimiques, qui sont :
La coupure de l'ADN par les enzymes spécifiques (principalement les
enzymes de restriction) ;
La séparation des fragments par électrophorèse en champs pulsés, ce
qui permet de séparer les fragments de 20000 à 106 bases ;
L’hybridation in vivo avec des sondes; clonage de grand segment
d'ADN jusqu'à 1 million de base.
L'ensemble de ces expériences aboutit à définir précisément
l'arrangement des gènes le long d'une fibre d'ADN. L'unité est une
distance exprimée en base et ses multiples.
On va trouver la position des gènes les uns par rapport aux autres. On a
des gènes clonés correspondant aux cistrons ou exons qui s'expriment. On
peut aussi positionner des segments d'ADN dit « anonymes » : les introns
qui ne s'expriment pas (par la synthèse de protéines.)
c) Résultat
Carte d'E. Coli découverte par Kohara et ses collaborateurs en 1987.
E. Coli : 4 800 000 bases établies.
En 1992 : carte de deuxième génération.
d) Rôle
A partir du moment où l’on a en notre possession des centaines ou des
milliers de clones dont on a reconnu le recouvrement, il est possible de
rendre cette zone directement accessible, et si l'on apprend par l'analyse
génétique que le gène inconnu impliqué dans une maladie se trouve entre
les sondes A et B, alors une étude détaillée assortie de comparaison entre
un malade et un individu témoin permettra de l'identifier.
73
SCIENCES DE LA VIE – L2
3) Complémentarité des deux cartes
La carte génétique peut comporter les caractères dont les gènes ne sont
pas connus ; l'important étant qu'il présente un polymorphisme. En
revanche, la carte physique inclue des régions d'ADN identiques chez tous
les individus non-accessibles à l'étude génétique puisque non
polymorphes.
L'ordre des repères sera le même sur les deux cartes.
4) Le séquençage
Jusqu'en 1998, la position de la recherche en France était que les cartes
physiques et génétiques n'étaient pas assez avancées et que connaître le
séquençage (l'ordre des bases dans le génome humain) remplirait 2000
volumes de 500 pages ; or, 10% représentent les 100 000 gènes de notre
patrimoine et il y a 90% dont on ne connaît pas l’utilité.
Or, un laboratoire aux États-Unis a voulu commercialiser des gènes avec
l’intention de breveter le génome humain. Problème.
Dès 1998, tout le monde s'est mis au séquençage et en 2000 :
aboutissement du séquençage du génome humain.
II) Les outils évolutifs de l'analyse des acides nucléiques
A) Les enzymes
1) Les enzymes qui dégradent les acides nucléiques
Ce sont les nucléases.
a) Classification suivant leur mode d'action
Il existe deux groupes :
- Les exonucléases qui dégradent les acides nucléiques à partir des
extrémités par rupture de la liaison phosphodiester des nucléotides
terminaux.
- Les endonucléases qui rompent les liaisons phosphodiesters qui relient
les nucléotides internes dans la molécule.
b) Clivage de la liaison phosphodiester
Soit la coupure de la liaison phosphodiester est en (a), la coupure est dite
en 3' et on obtient des 5' phosphate p5’N.
74
SCIENCES DE LA VIE – L2
Soit la coupure est en (b), la coupure est dite en 5' et on obtient des 3'
phosphate : Np3’.
c) Classification des enzymes suivant la nature de l'acide nucléique
1-Les enzymes qui dégradent l'ARN
Leur nom : ribonucléase : Rnase.
Dans ces ribonucléases, on va avoir des endonucléases et des
exonucléases.
L'ensemble de ces enzymes est donné page 2.
Les endonucléases :
La pancréase coupe du coté 5' entre une base purique et une base
pyrimidique.
La Rnase du foie du rat coupe du coté 3' sans spécificité particulière.
La takadiatase coupe du 5' entre guanine et base quelconque.
La T2 coupe coté 5' entre Adénine et une base quelconque.
U2 coupe coté 5' entre base purique et une base quelconque.
Les exonucléases : voir ADN.
2-Les enzymes qui dégradent l'ADN double brin
Ce sont des dnases : désoxyribonucléase.
Les Dnases endonucléases
Spécificité de clivage basée sur la coupure de la liaison phosphodiester
entre deux bases
Dnase I pancréatique qui coupe en 3' entre base purique et pyrimidique.
Dnase II qui coupe en 5' entre base purique et cytosine.
Phosphoesterase qui coupe en 3' entre deux bases quelconques.
Spécificité de clivage de l liaison phosphodiester basée sur la
reconnaissance d'une séquence de nucléotides - les enzymes de
restriction
Définition
Ce sont des endonucléases qui n'agissent que sur un ADN bicaténaire, ils
reconnaissent une séquence de nucléotide appelée « site de restriction »
et rompent la liaison phosphodiester sur l'un et l'autre brin au niveau de
cette séquence.
Origine
La première enzyme de restriction a été trouvée chez E. coli souche B
lorsque cette bactérie fut infectée par le bactériophage lambda.
Lorsque E. coli souche B est infectée par le phage lambda qui injecte son
ADN dans E. coli B, il y a production de phages lambda par E. coli mais E.
coli B produit des enzymes endonucléases pour détruire l'ADN du phage
75
SCIENCES DE LA VIE – L2
lambda et d'autre part, il produit une méthylase de modification pour
protéger son propre ADN en « méthylant » les séquences de
reconnaissance de l'enzyme de restriction sur son ADN. L'ADN du phage
lambda est produit en présence de la méthylase de modification d'E. coli B
de telle sorte que s'il réinfecte E. coli B, il aura une grande protection, d'où
sa grande efficacité d'infection. Par contre, si ce phage lambda infecte une
autre souche d'E. coli (exemple : souche K), son efficacité est moindre, on
dit que ce phage a été restreint par cette deuxième souche.
Les différents types
Il existe 3 types de restriction :
Type I : peu connue, coupe au hasard, très peu utilisée.
Type II : très utilisée, utilise du magnésium, coupe en des points très
précis.
Type III : pas utilisé parce que ne coupe pas à un site de reconnaissance
très proche de celui qu'elle reconnaît.
La nomenclature
L'enzyme de restriction la plus utilisée : Eco R I.
La première lettre toujours en Majuscule, indique le genre de la bactérie
dont a été extraite l'enzyme (Escherichia ici.)
Les deuxièmes lettres indiquent en minuscule l'espèce (coli.)
Les trois premières lettres sont en italiques.
La lettre suivante indique la souche ou le plasmide où a été extraite
l'enzyme.
Lorsqu’une souche a plusieurs systèmes différents de restriction et de
modification, ces systèmes sont identifiés au moyen des chiffres romains
par ordres successifs d'extraction publiés dans la littérature.
Propriétés du site de reconnaissance
L'action des enzymes de restriction est limitée à des séquences très
spécifiques qui sont, pour la plupart, des palindromes (lecture de droite à
gauche identique à la lecture de gauche à droite.)
Les séquences limitées à 4 bases : tétramères ; à 6 : hexamères ; à 5 :
pentamères.
Exemple : Eco R I
76
SCIENCES DE LA VIE – L2
D'autre part, ce site présente une symétrie rotatoire de type II, l'axe de
rotation est situé entre les paires de bases centrales.
Exemples d'enzymes de restrictions usuelles
Page 5.
Les deux types de coupure
Lorsque l’on considère les deux brins d'ADN, il existe deux types de
coupure :
La coupure décalée des deux brins d'ADN :
Exemple : Eco R I
Cette enzyme va couper à gauche de l'axe. Coupe décalée à gauche
Coupure protubérante ou sortante à l'extrémité 5'P. Présence de bords
cohésifs.
Exemple : Pst I
Coupure protubérante ou sortante à l'extrémité 3'OH.
La coupure au même niveau des deux brins d'ADN.
On obtient des bords francs.
Exemple : Hae III
77
SCIENCES DE LA VIE – L2
Tableau de toutes les séquences palidromiques reconnues existantes
Page 4
Mode d'emploi du tableau :
Ce tableau contient 25 lignes et 16 colonnes.
Dans les colonnes, on a la séquence de bases.
Dans les lignes est indiqué l'ordre des bases, l'enzyme et la coupure.
Dans certaines cases, il existe plusieurs enzymes : ces enzymes de
restriction sont issues d'organismes différents et présentent le même site
de reconnaissance et un même style de coupe. Ce sont des
isoschisomères.
Expérimentation
Les enzymes de restriction sont vendues dans le commerce sous forme de
solution très concentrée. Ces enzymes doivent être pures, c'est-à-dire
qu’elles ne doivent pas présenter d'activité phosphatasique ni
exonucléasique, ce ne sont que des nucléases. Elles se conservent à -
20°C, dans un tampon à 50% de glycérol.
Définition de « l'unité d'une enzyme de restriction » : l'unité est la quantité
d'enzymes nécessaire pour digérer de façon complète un microgramme
d'ADN du phage lambda en une heure.
Les Dnases exonucléases
Ce sont les mêmes que pour l'ARN.
La phosphodiesterase I de serpent commence par l'extrémité 3' ; à
condition que cette extrémité soit sous forme 3'OH. Une fois qu'elle a
commencé à couper, si elle n'est pas arrêtée, elle coupe de base en base.
La phsophodiesterase II de rate de bœuf commence par l'extrémité 5' ;
mais à condition que l'extrémité 5' soit sous forme 5' OH. C'est-à-dire qu'il
faut utiliser d'abord une enzyme : la phosphatase alcaline d'E. coli qui est
une enzyme qui peut déphosphoriler les acides nucléiques.
3-Les enzymes qui dégradent l'ADN simple brin
Ce sont des nucléases : endonucléases et exonucléases.
Elles vont agir sur des ADNs simple brin ; on les appelle « Dnases simple
brin. » Exemple : la nucléase S1 (d'aspergillus orizac) : elle dégrade l'ADN
simple brin en mono ou oligonucléotides 5' de cette façon :
78
SCIENCES DE LA VIE – L2
Elle ne peut pas dégrader l'ADN double brin, ni sur des hybrides ADN-ARN.
Mais par contre pourra le couper après le brin ARN.
Quand on a un plasmide (ADN circulaire) et que l'on possède la séquence
GAATTC sur un brin et CTTAAG sur l'autre, en ajoutant Eco R I, il y a
coupure décalée :
On obtient :
Et on utilise la nucléase I qui donne :
2) Les enzymes qui réparent l'ADN
79
SCIENCES DE LA VIE – L2
Ce sont les ligases. Dans ce cas, on a un seul type, c'est l'enzyme
polynucléotide ligase d'ADN.
a) Définition
Les ligases, par une réaction appelée « ligation », consistent à lier de
façon covalente deux extrémités de cassure simple et donc de combler un
trou le long d'une molécule d'ADN double brin. Cette enzyme catalyse la
formation d'une liaison phosphodiester entre les extrémités 3'OH et 5'P de
deux nucléotides adjacents en présence d'ATP.
b) Rôle in vivo et in vitro
In vivo :
Les ligases jouent un rôle essentiel lors de la réplication de cette molécule,
de sa réparation et assurent ainsi la transmission de l'information
génétique portée par l'ADN d'une génération à l'autre.
In vitro :
Elles sont utilisées en génie génétique lors du clonage comme outil
permettant la ligation de deux fragments d'ADN présentant des extrémités
cohésives ou franches.
Exemple : couche franche :
Une très fréquente : Ligase d'ADN de T4.
3) Les enzymes qui modifient les acides nucléiques
a) Les enzymes qui déphosphorylent
On utilise la phosphatase alcaline d'intestin de veau ou de E. coli.
On déphosphoryle (= lève le phosphate de l'extrémité 5') dans le cas où
l'on veut utiliser une exonucléase qui ne peut agir que si l'extrémité se
trouve sous une forme 5'OH ou lorsque l’on veut marquer l'extrémité de
l’ADN au phosphore 32.
b) les enzymes qui phosphorylent
Phosphoryler l’extrémité :
80
SCIENCES DE LA VIE – L2
B) Les méthodes utilisées pour l'établissement de la carte génétique
1) Établissement de la carte génétique basée sur les polymorphismes de
restriction (RFLP)
a) Les polymorphismes de séquence
1-Le polymorphisme de séquence
Lorsqu’en un point du génome, il existe un polymorphisme de séquence,
cela se traduit par l'apparition ou la disparition de sites de coupure par
certaines enzymes de restriction, de sorte que lorsqu’on utilise une sonde,
celle-ci va révéler des fragments différents chez certains individus.
2-Détection d'un polymorphisme de restriction
La détection d'un polymorphisme de l'ADN va se traduire par une variation
de la taille du fragment révélé par une sonde.
3-Utilisation
Après avoir fait cette expérience sur des familles aussi étendues que
possible, il va être possible d’établir une carte génétique pour un certain
nombre d'individus : famille. Certains seront hétérozygotes et possèderont
deux allèles différents : un de 2,2kb et un de 1,8kb.
2) La technique du Southern-Blot
a) Le but
C'est de permettre de déterminer dans un échantillon la position des
fragments d'ADN complémentaire d'une sonde radioactive et, par
conséquent, des fragments de tailles connues de déterminer la taille des
fragments révélés par la sonde.
b) Les différentes étapes de la technique d'analyse
L’ADN du génome humain est coupé par une enzyme de restriction ; d'où
plusieurs fragments.
c) Avantages de la technique
Elle est très simple et très sensible puisqu'elle permet de détecter et de
mesurer un fragment qui diffère par un nucléotide parmi des milliers de
81
SCIENCES DE LA VIE – L2
fragments. Fait avec l'ADN, on parle de « Southern Blot » ; avec l'ARN, on
parle de « Northern. »
3) Établissement de la carte génétique basée sur les microsatellites
a) Limites de la technique du RFLP
Nous avons dit que pour faire une carte génétique, il fallait un
polymorphisme fort. Or, pour les enzymes de restriction, lorsqu'on
compare plusieurs individus pour une enzyme de restriction, le
polymorphisme est de 99,9% pour certains individus et simplement de
0,1% pour les autres, donc le polymorphisme est faible.
D'où la nécessité de développer une autre technique…
b) Les microsatellites
Ce sont des séquences qui sont constituées par la répétition d'un motif
très simple ; par exemple : GT, CA. Ces motifs chez l'homme sont tels
qu'ils peuvent varier de 5 à 50 fois d'un individu à l'autre. L'intérêt de ces
motifs est qu'ils sont très polymorphiques et que si une telle séquence
existe en un point donné du génome, elle variera de 17 fois chez un
individu et 15 fois chez un autre, etc.
Pour faire une carte génétique, on prélève une goutte de sang : 5
microlitres : 10-15g d'ADN.
4) La technique de la Polymerase Chain Reaction (PCR)
a) Le but
Elle va permettre de multiplier par réactions enzymatiques, 10 6 fois, une
petite région d'ADN présente dans un mélange même très complexe. A
condition toutefois, que l'on ait des informations de séquences sur les
segments à multiplier. C'est-à-dire que l'on connaisse et synthétise deux
oligonucléotides complémentaires à chacun des brins d'ADN à multiplier et
distants de quelques centaines de bases à quelques kilobases.
b) Les différentes étapes de la technique
Il faut déterminer la séquence exacte de part et d'autre du microsatellite.
Ensuite, il faut synthétiser cette même séquence complémentaire.
20 cycles : on obtient 106 ADN.
10-15 g, on obtient 10-9g.
c) Les avantages de la technique
C’est une technique facile et courante facile en labo.
5) Les résultats
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Technique : Possibilité de technique : Résultats :
RFLP Le polymorphisme de restriction
1987 : Benis Kelles (E-
+ n'existe que tous les 1cM = 1000Kb.
U) ils sont arrivés à
SOUTHERN Une fréquence de recombinaisons qui
10cM=10 000Kb.
BLOT se produit tous les 1000Kb.
1992 : J. Weksen Bach
Microsatellite Le polymorphisme des séquences
(France), ils ont
+ répétitives (GT)n et (CA)n tous les
obtenu 5cM =5000Kb
PCR 10Kb.
(espoir : 0,01cM)
C) Les méthodes utilisées pour l'établissement de la carte physique
1) Les techniques d'analyse de l'ADN
Carte physique établie à partir d'une réalité moléculaire.
a) Coupure de l'ADN par des enzymes de restriction.
b) Séparation par électrophorèse. Si les fragments sont supérieurs à 20kb
et inférieurs à 106 bases, on utilisera l'électrophorèse en champs pulsés.
c) Southern blot : transfert pour connaître la taille des fragments.
d) Hybridation avec les sondes de la région étudiée. L'ensemble de ces
techniques permettra d'établir une carte physique.
2) La technique d'hybridation moléculaire in situ
Elle repose sur le fait que nous allons utiliser cette sonde sur les
chromosomes in situ afin de savoir de quelle région chromosomique
provient un fragment donné. Et donc de déterminer l'ordre des fragments
quand on utilise plusieurs sondes.
3) Résultats
En 1992, obtention d'une carte physique du chromosome X.
L'ensemble des techniques a permis d'avoir les résultats (page 18.)
4) Le clonage
a) Le but
Le clonage correspond à une multiplication d'un fragment d'ADN mais par
voie biologique. Mais cette technique ne permet que d'amplifier des
fragments considérés petits de 0 à 20Kb.
b) Les étapes principales
On utilise un vecteur de clonage : un plasmide bactérien qui contient un
gène résistant à un antibiotique. Exemple : résistant aux tétracyclines.
c) Avantage et inconvénient
83
SCIENCES DE LA VIE – L2
Cela nécessite d'avoir tout un laboratoire de bactérie (pas disponible à
tous les laboratoires.) Et on ne peut multiplier que des petits fragments.
5) La technique du Yeast Artifical Chromosome (YAC)
a) Le but
Cette technique permet de multiplier par voie biologique des grands
morceaux d'ADN de 100000 à 1 million de bases ; en utilisant les
chromosomes de levures.
b) Les principales étapes
La levure est un micro-organisme qui a des chromosomes qui ressemblent
aux chromosomes humains. Ils sont constitués d'ADN qui porte des gènes
qui se dédoublent au moment de la division cellulaire avant de se répartir
entre deux cellules filles de façon égale.
6) Les résultats de la carte physique
a) Les différentes formes de la carte physique
1-Carte physique du génome d'E. coli par Kohara en 1987
Elle a été établie en utilisant des coupures par des enzymes de restriction.
On prend un fragment d'ADN d'E. coli et, avec l'enzyme, on obtient un
ensemble de coupures. On obtient un mélange de fragments. On fait un
clonage de chaque fragment par voie biologique. D'où une séparation de
chacun des fragments. Chaque fragment cloné se trouve dans un tube à
essai, et si on veut travailler sur une région, on achète juste le fragment
de la région. On connaît exactement l'ordre des fragments sur l'ADN d'E.
coli. C'est une carte complètement opérationnelle mais l'ADN de E. coli
présente 4,8.106pb.
2-Première carte physique du gène de la dystrophine par Bentley en 1988
Le gène de la distrophine est le gène impliqué dans la myopathie.
La première carte ne fut établie qu'avec une seule enzyme de restriction,
on a utilisé quelques sondes qui correspondent aux régions clonées.
3-Deuxième carte physique du gène de la dystrophine par Bentley en
1991
Utilisation de la technique du YAC.
Cela a permis le clonage de fragments de taille plus importante ; permet
par conséquent de connaître la position des différents gènes par rapport à
la dystrophine.
STS : la barre verticale sur chaque clone introduit une nouvelle échelle :
84
SCIENCES DE LA VIE – L2
Site Etiqueté par sa Séquence. C'est-à-dire que chaque barre verticale est
caractérisée par un couple d'oligonucléotides permettant de multiplier ce
fragment par PCR.
L'inconvénient de cette échelle en STS est qu'elle ne permet pas la
jonction avec la carte génétique (échelle cM.)
Clone chimérique : on n’est pas totalement sûr que la portion en question
soit à l'endroit indiqué. On parle d'« artefact », qui peut se produire au
moment du YAC quand deux fragments se lient aux chromosomes de la
levure lors du mélange. Les deux fragments peuvent être éloignés.
4-Carte physique du génome humain par Cohen en 1995
L'ADN du génome humain correspond à 4.109pb : 23 paires de
chromosomes.
Ils ont coupé l'ADN avec 5 enzymes de restriction différentes (de telle
façon que les coupures ne soient pas au même endroit), cela a donné
22000 fragments d'environ 106 nucléotides et dont la position sur l'ADN
était inconnue. Ils ont fait 33000 clones (pour qu'il y ait recouvrement) par
la technique du YAC. Ils ont séparé les fragments par électrophorèse en
champs pulsés.
On connaît les positions des fragments pour 75% du génome. Dans cette
portion de fragments, on a des gènes qui s'expriment et des parties qui ne
s'expriment pas.
7) La technique de l'ADNc
a) Définition
ADNc signifie « ADN complémentaire », cet ADN complémentaire
correspond à un ADN simple brin synthétisé in vitro par copie d'une
matrice d'ARN messager à l'aide de la transcriptase reverse.
b) Les différentes étapes
On prend un tissu ou un organe et on en extrait l'ARN messager.
85
SCIENCES DE LA VIE – L2
c) Les résultats
Cette technique a été mise au point par Craig-Venter en 1995. C'est une
stratégie complètement nouvelle car on extrait des ARN messagers et on
n’étudie donc que les exons (les gènes qui s'expriment.) Il n’y a pas
d’introns.
Avantage : on ne s'intéresse qu'aux gènes porteurs de maladies.
Mais, inconvénient : c'est un laboratoire privé qui a développé cette
technique, il développe donc un brevet sur tous les gènes (il faut payer
pour avoir un gène !)
Cette technique serait très intéressante si elle n'était pas aux mains d'un
laboratoire privé. Toutefois, ce laboratoire ne connaît pas leur position sur
les chromosomes.
III) Le séquençage des acides nucléiques
A) Le séquençage de l'ADN
1) La méthode chimique de Maxam et Gilbert
a) Le principe de la méthode
Le principe est de couper le brin d'ADN marqué au phosphore 32 en
position terminale par un réactif chimique qui fait disparaître un type de
base déterminée ainsi que le désoxyribose, ce qui coupe la chaîne.
Chaque réaction est spécifique soit d'une base seule (G, C) soit d'un type
de base (purique ou pyrimidique.) Cette technique utilise 4 ou 5 types de
réactions chimiques. Le temps de réaction, la concentration des réactifs et
la température conditionnent la réussite de la répartition aléatoire des
modifications chimiques.
En général, la réaction est utilisée à une concentration qui produit
statistiquement une coupure par molécule.
b) Les réactifs utilisés
1-Le sulfate de méthyl
86
SCIENCES DE LA VIE – L2
(CH3)2 SO4.
Si on l'utilise à une concentration de 50mM pendant 30 minutes, puis
qu’on y ajoute du NaOH à 0,1M, cela coupe après une guanine
supérieurement à une adénine.
Si on l'utilise à une concentration de 50mM pendant 30 minutes, avant d’y
ajouter du HCl à 0,1M, cela coupe après une adénine supérieurement à
une guanine.
2-L'hydrazine NH2—NH2
Si on l'utilise à une concentration de 18M pendant 30 minutes, cela coupe
après une cytosine ou une thymine.
Si on l'utilise à une concentration de 18M et qu’on y ajoute du NaCl à 2M
pendant 40 minutes, cela coupe après une cytosine.
c) La technique
Nous voulons déterminer la séquence d'un ADN bicaténaire. On l’a d'abord
découpée en fragment.
Il faut tout d'abord marquer ce fragment par un phosphate 32 aux
extrémités.
On marque au phosphore 32 car cela permettra de déterminer le point de
départ de chaque base de la séquence pour la détermination de la
position.
On sépare les deux brins (dénaturation) puis on va éliminer sur un des
deux brins. Et on élimine l'extrémité marquée. On obtient des brins avec
une extrémité marquée. On répartit ces fragments dans quatre tubes.
Dans le premier, on veut couper après A, on utilise le sulfate de méthyl
(dans les bonnes conditions.)
Dans le deuxième, on veut couper après G.
Dans le troisième, on veut couper après C et T, on utilise l'hydrazine.
Dans le quatrième on veut couper après C, on utilise l'hydrazine.
Statistiquement, on a une coupure par brin. C'est le principe de cette
méthode.
Après ce temps de réaction, on les met ensuite dans un puits
d'électrophorèse, suivit d'une autoradiographie. On obtient, sur le film, des
bandes qui sont tels que la bande qui a migrée le plus représente le
fragment le plus petit et qui représente l'extrémité 5' phosphate. Cette
plaque permet de déterminer la séquence.
5'P G C A G A T A C G C 3' OH.
L'intérêt est que l'on peut lire directement, sur électrophorèse et
autoradiographie, la séquence d'un fragment d'ADN.
2) La méthode enzymatique de Sanger et Coulson
a) Introduction
87
SCIENCES DE LA VIE – L2
Sanger a déjà eu un prix Nobel pour le séquençage des protéines. Et cette
technique sur l'ADN lui a valu son deuxième prix nobel.
Cette technique marche dans le séquençage de l'ADN mais aussi de l'ARN.
b) La technique de Sanger
Cette technique se fait en trois étapes :
a) L'hybridation : le but est de déterminer la séquence de ce fragment
d'ADN.
On a le fragment dont on veut déterminer la séquence. Pour cela, il faut
une amorce, c'est-à-dire qu'il faut une séquence de bases qui soit
complémentaire par rapport à celle d'une partie de la chaîne d'ADN à
étudier. Cette amorce va s'hybrider à la matrice d'ADN simple brin, et va
fournir une extrémité 3'OH libre nécessaire à l'activité de l'ADN
polymérase I de Klenow.
On met ensuite du dATP-P32, dCTP-P32, dGTP-P32, dTTP-P32, pour le
marquage.
b) L'élongation : dans le premier tube, on a le fragment, l'amorce,
l'enzyme et du dATP marqué au phosphore 32 ainsi que les trois autres
non marqués ; on ajoute maintenant du ddATP. Cette enzyme va
permettre la synthèse du brin complémentaire à la matrice d'ADN dans le
sens 5'P 3'OH à partir du 3'OH libre.
Quand l'enzyme va vouloir mettre en face un T en face de A, il va
incorporer un ddTTP au lieu d'un dTTP. La synthèse s'arrête car il n'y a pas
de OH en 3' sur le ddTTP. La chaîne en cours de synthèse par un
désoxyribose, c'est-à-dire une extrémité H incapable d'établir une liaison
phosphodiester.
On utilise un rapport de concentration tel que :
Ceci est fait pour que, statistiquement, il y ait un arrêt à chaque position
du nucléotide étudié et que cet arrêt soit réparti d'une manière homogène
au regard de chacune des positions possibles sur une longueur de 15 à
200 nucléotides après l'amorce. La présence d'une faible quantité de dNTP
différent pour chacun des tubes marqués au phosphore 32 permet
d'obtenir un marquage des fragments d'ADN nouvellement synthétisés.
c) Correction et arrêt : cela implique que l'on va ajouter en excès les 4
dNTP afin d'éviter les erreurs de lecture qui seraient dues à des arrêts
aléatoires de l'enzyme par manque d'un des dNTP. Ceci permet d'éliminer
les fausses bandes.
Arrêt en ajoutant de la formamide.
Chacun des quatre tubes contient une collection de fragment de longueur
proportionnelle à toutes les positions d'incorporation de la base conservée.
88
SCIENCES DE LA VIE – L2
Pour le tube 1, l'arrêt s'est fait après le A. Pour le tube 2, après le C.
Pour le tube 3, l'arrêt s'est fait après le G. Pour le tube 4, après le T.
d) Électrophorèse puis autoradiographie, cela permet de pouvoir voir les
bandes correspondantes à ces différents fragments de taille variable.
On lit le brin complémentaire :
5' C C G T A A C C C A G T C C A C G 3'
En prenant le complémentaire :
5' C G T G G A C T G G G T T A C G G 3'
3) Résultats
a) Séquence d'ARN Génomique
1-Le premier chromosome identifié a été le chromosome 3 de la levure
Il comporte 385 000 bases par brin.
Ce programme était un programme européen réparti entre 35 équipes de
recherche, chaque équipe prenant en charge le séquençage d'environ
10Kb, avec un financement de 3 dollars par base séquence. Le programme
a commencé en 1989 et a fini en 1991.
Sur les 385Kb, 25Kb ont été déterminées par des machines ; le reste a été
déterminé manuellement.
Ce travail a révélé un très grand nombre de nouveaux gènes : 150 pour ce
modeste eucaryote. Puisqu'on estime à 7000, le nombre de gènes
nécessaires à ces fonctions vitales.
2-Le génome humain
26 juin 2000 : annonce que le séquençage des trois milliards de bases qui
composent notre ADN est décrypté. Ce résultat est principalement dû au
travail de 5 pays : les États-Unis, la France, la Grande-bretagne, le Japon et
la Chine, et 13 autres pays. Le programme a débuté en 1989 et s’est
achevé avec 15 ans d'avance.
Par suite d'une accélération, de la recherche dans ce domaine du fait de la
compétition entre les groupes de recherches publiques de ces pays et la
société privée « Génomix » qui a fait prendre conscience de l'ampleur des
intérêts financiers et du danger de laisser cette société dont le but est de
breveter cette séquence et de vendre ensuite l'information.
Depuis 2000, on est rentré dans la course de la deuxième phase, il s'agit
de localiser et étudier les gènes sur le génome qui sont responsables de
pathologies graves, soit des maladies héréditaires, soit du à des
dérèglements du métabolisme ou bien des maladies (cancer, etc.)
Ce nombre de gène serait situé entre 20000 et 30000.
b) Séquençage d'ADNc
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Les sociétés publiques procèdent au séquençage d'ADNc, en ciblant
l'effort sur des zones importantes, c'est-à-dire à celles qui correspondent
aux gènes. C'est avantageux au niveau qualité-prix, cela coûte moins cher
qu'un séquençage génomique, mais cela ne donne aucun renseignement
sur la localisation des gènes.
B) Le séquençage de l'ARN
1) Introduction
La séquence de l'ARN est beaucoup plus compliquée que celle de l'ADN.
Ceci fait que dans beaucoup d'ARNs, il y a de nombreux nucléotides
modifiés, c'est-à-dire des bases rares ou souvent des bases méthylées et
ceux-ci sont difficiles à mettre en évidence. Le séquençage des ARNs
demande donc l'utilisation simultanée de plusieurs techniques chimiques,
enzymatiques ou de marquage. Et c'est la comparaison des résultats
obtenus par ces techniques qui permet de reconstituer l'ordre
d'enchaînement des nucléotides dans un ARN.
2) comparaison des méthodes de séquençage l'ARN
Il y a trois types de méthodes: des méthodes dites anciennes qui sont plus
utilisées en tant que telles, des méthodes utilisées de temps en temps, et
d'autres qui sont utilisées actuellement. On pourrait se contenter d'étudier
les méthodes utilisées que maintenant mais on s'aperçoit que les
techniques d'écrites dans les méthodes anciennes sont les même que
dans les méthodes actuelles et que l'on assiste à une amélioration au fur à
mesure de ces techniques. Donc il est nécessaire d'en connaître les bases.
a) La méthode froide (1965)
1-Type de marquage radioactif utilisé
Aucun.
2-Techniques de séquençage utilisées
La technique enzymatique
On va utiliser des endonucléases spécifiques telle que la RNase T 1, T2, U2.
On utilise aussi des exonucléases spécifiques telle que la
phosphodiestérase I de venin de serpent et la phosphatase alcaline d'E.
coli.
La technique chimique
On va utiliser des bases telle que la potasse dans les conditions
opératoires déjà vues.
3-Type de fragments obtenus
Après action enzymatique
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Lorsqu'on fait agir une endonucléase, on obtient des mononucléotides et
des oligonucléotides. Donc, une endonucléase consiste à faire une
hydrolyse spécifique partielle.
Lorsqu'on fait agir une exonucléase, on va obtenir des mononucléotides et
des nucléosides. Donc, une exonucléase peut conduire à une hydrolyse
totale si le temps de réaction est assez long.
Après action chimique
Lorsqu'on fait agir la potasse, dans les conditions déjà vues, la coupure
entraîne une hydrolyse totale qui donne, pour le premier nucléoside : un
diphosphate pNp ; pour les intermédiaires : on obtient 50% de N 2'P et 50%
de N3'p ; pour le dernier : un nucléoside N3'OH.
4-Techniques de séparation des fragments obtenus
Les techniques de séparation
Les fragments obtenus sont soit séparés par chromatographie sur plaque
ou sur colonne échangeuse d'ions, exemple : résine cationique
échangeuse d'anions : DEAE cellulose. Ou par électrophorèse.
Critères sur lesquels est basée la séparation
La séparation dans ces différentes techniques utilisées est basée sur les
différences de charges des nucléotides ou des oligonucléotides en fonction
du pH.
La séparation
Chromatographie sur colonne DEAE cellulose :
Si cette chromatographie est menée pour un pH entre 6 et 8, les bases à
ce moment-là sont neutres, les nucléotides ou oligonucléotides seront
séparés en fonction du nombre de phosphate, c'est-à-dire en fonction de
leur taille. Les moins chargés négativement seront les moins retenus, ce
seront donc les pics, qui vont apparaître en premier.
Ce sont les pics qui apparaissent en premier et qui représentent les
molécules de plus petites charges négatives.
Si l’on travaille à pH 5, les bases portent des charges et la séparation se
fera en fonction de la composition en nucléotides.
Cp porte en premier : CP > AP > GP > UP.
A la sortie de la colonne, la détection se fait avec une longueur d'onde de
260nm. Les oligonucléotides vont être hydrolysés de façon enzymatique
ou chimique, et on obtiendra donc un ensemble de nucléotides.
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SCIENCES DE LA VIE – L2
Chromatographie sur plaque de cellulose :
On sépare les nucléotides sur une plaque de cellulose par
chromatographie afin de déterminer qualitativement et quantitativement
la nature de ces nucléotides, d'où la nécessité d'avoir des témoins d'un
point de vue qualitatif et d'un point de vue quantitatif ; on va tenir compte
du fait que chaque nucléotide possède un spectre d'UV caractéristique
dont le maximum est proportionnel à la quantité.
5-Avantages et inconvénients
L'avantage est que l'on peut mettre en évidence tous les nucléotides,
même ceux modifiés.
Inconvénient : cette méthode est limitée à des fragments ne dépassant
pas plus de 100 nucléotides.
6-Résultats
Cette méthode froide a permis la détermination de la structure primaire
d'un certain nombre des ARNs de transfert (les plus petits.) Pour les autres
ARN, d'autres techniques ont du être développées.
b) La méthode radioactive par marquage in vivo
1-Type de marquage radioactif utilisé
Des nucléotides marqués au phosphore 32 sont joutés au milieu d’une
culture, les nucléotides sont donc tous marqués dans les ARNs d'une
manière uniforme.
2-Techniques de séquençage utilisées
Les techniques sont identiques aux méthodes froides. Hydrolyses
enzymatique et/ou chimique qui conduisent à des hydrolyses spécifiques
totales ou partielles ou exhaustives (on peut obtenir toute la coupure en
fonction du temps.)
3-Type de fragments obtenus
Ils sont identiques à ceux obtenus par la méthode froide.
4-Technique de séparation des fragments obtenus
On fait chromatographie ou électrophorèse adaptés à la radioactivité et
aux quantités d'ARN plus faiblement utilisés, il s'agit d'électrophorèse sous
haute tension sur différent support.
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Cette électrophorèse porte le nom de : "Finger Print" : électrophorèse à
deux dimensions à pH acide, support en acétate de cellulose.
Dans ce cas, on va séparer en fonction de la charge, et les
oligonucléotides qui portent la charge négative la plus importante
migreront le plus rapidement.
Il peut y avoir un autre type d'électrophorèse : Homochromatographie,
c'est une électrophorèse à deux dimensions.
Première dimension : acétate de cellulose à pH acide pH 3,5 ;
Deuxième dimension : DEAE Cellulose.
On transfère d'une plaque à l'autre.
Par la première dimension, on a une séparation en fonction de la charge.
La charge négative la plus importante va migrer le plus rapidement.
Avec la deuxième dimension, les groupements cationiques de la DEAE
cellulose interagissent avec les groupements anioniques et ce sont les
fragments dont les charges sont les moins grandes qui migrent le plus
rapidement, c'est-à-dire mono-, di-, trinucléotide. Les grands fragments
seront les moins mobiles.
Le système de détection sera une autoradiographie.
5-Avantages et inconvénients
Avantage : cela permet de détecter tous les nucléotides (même s'ils sont
modifiés), cela nécessite peu d'ARN. Et permet l'élucidation de séquences
de grand nombre de nucléotides.
Inconvénient : ne peut être utilisée que pour un marquage in vivo possible.
Ne peut donc pas être utilisée dans le cas d’animaux ou de plantes.
6-Résultat
Cela a permis de déterminer la séquence primaire d'un ARN 5s d'E. coli
(121 nucléotides ; 1968.)
c) La méthode radioactive par post-marquage in vitro
1-Type de marquage radioactif utilisé
Le principe :
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Le post-marquage in vitro a été rendu possible grâce à la découverte de la
T4 polynucléotide kinase (T4 pK.) Cette enzyme favorise le transfert du
phosphate en position de l'ATP marqué au phosphate 32.
Cette enzyme est capable de transférer ce phosphate sur des acides
nucléiques (ADN, ARN, chaîne d'oligonucléotides ou encore
mononucléotides) sur le 5' OH libre.
Il y a trois groupes de méthodes de séquençage des ARNs qui font appel
au post-marquage.
Le premier groupe utilise directement l'ARN ou des fragments d'ARN post-
marqués. Le deuxième groupe utilise l'ARN comme matrice pour une
synthèse par extension terminaison spécifique. Le troisième groupe fait
appel à l'utilisation de l'ARN comme matrice pour obtenir un ADNc et
procéder au séquençage de cette ADN.
2-La méthode de séquençage par extension/terminaison : méthode de
Sanger, modifiée en 1953
Techniques de séquençage utilisées
On a une amorce de 15 à 20 désoxyribonucléotides marquées qui sont
complémentaires et s'hybrident avec notre ADN. On ajoute les quatre
désoxyribonucléotides et de la transcriptase reverse puis on ajoute des
ddNTP.
La transcriptase reverse copie l'ARN en allongeant l'amorce. Certaines
chaînes seront terminées prématurément quand un ddNTP sera incorporé ;
car la transcriptase reverse ne peut ajouter de nucléotides au bout d'une
chaîne dépourvue de 3'OH terminal.
On procède ensuite à une électrophorèse puis à une autoradiographie ;
alors, on pourra lire directement sur l'autoradiographie, la séquence
correspond à l'ADNc.
La séquence d'ARN recherchée étant son complément.
Avantage et inconvénients
Avantage : aucune limite de taille : de 200 à 300 nucléotides par lecture
directe.
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Inconvénients : on doit avoir une amorce du coté 3' de l'ARN. (Donc il faut
avoir réalisé le séquençage de 15 à 20 nucléotides pour pouvoir
synthétiser cette amorce qui va servir de sonde.) Il faut une amorce tous
les 200 à 300 nucléotides.
Application
C'est la méthode actuellement utilisée.
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