Poly Macs205
Poly Macs205
3 février 2021
Table des matières
2 Interpolation Polynomiale 11
2.1 Interpolation de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.1 Existence, unicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.2 Erreur d’interpolation de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.3 Contre exemple de Runge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.1.4 Stabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.1.5 Lien entre stabilité et convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.1.6 Ordre de grandeur de la constantes de contrôle de l’erreur pour n grand 15
2.2 Interpolation aux noeuds de Tchebychev . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.1 Définition et premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.2 Interpolation de Tchebychev sur [a, b] . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.3 Différences divisées, Base de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.3.1 Base de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.3.2 Différences divisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3.3 Méthode de Horner pour l’évaluation . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1
3.3 Ordre des méthodes de Newton-Cotes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.4 Stabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.4.1 Stabilité d’une MQS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.4.2 Stabilité d’une MQC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.5 Majorations de l’erreur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.5.1 Erreur d’une MQS d’ordre N . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.5.2 Erreur d’une MQC d’ordre N sur des intervalles de même longueur . . 27
3.5.3 Erreur des méthodes de Newton-Cotes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.6 Évaluations de l’erreur a posteriori . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.7 Extrapolation de Richardson, application aux trapèzes (méthode de Romberg) 29
3.7.1 Principe de la méthode de Richardson . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.7.2 Méthode de Romberg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4 Équations différentielles 32
4.1 Existence et unicité des solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.1.1 Problème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.1.2 Exemple : les équations du mouvement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
4.1.3 Théorèmes d’existence et unicité des solution . . . . . . . . . . . . . . 33
4.2 Équations différentielles linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.2.1 Géométrie de l’ensemble des solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.2.2 Résolution de y 0 = Ay : équation différentielle linéaire à coefficients
constants et sans second membre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.2.3 Résolution de y 0 = Ay + b(t) : équa. diff. linéaire à coefficients constants 36
4.3 Méthodes numériques à un pas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
4.3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
4.3.2 Consistance, stabilité, convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.3.3 *Condition nécessaire et suffisante de consistance . . . . . . . . . . . . 40
4.3.4 Condition suffisante de stabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
4.3.5 Majoration de l’erreur globale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
4.4 Méthodes de Runge-Kutta . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
4.4.1 Principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
4.4.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.4.3 Stabilité des méthodes de Runge-Kutta . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.4.4 Ordre des méthodes de Runge-Kutta . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
Ce cours d’analyse numérique (calcul scientifique) s’appuie principalement sur les ouvrages
de Quarteroni et al. [2008] et Demailly [2012]. Les deux premiers chapitres de ce document
sont issus des notes de cours rédigées par Baptiste Portenard, que nous remercions chaleu-
reusement.
2
Fonctionnement du cours
Les cours de Macs 205 (a) et (b), sont en pratique regroupés en un seul bloc Macs 205.
Celui-ci est divisé en trois partie, correspondant chacune à un intervenant :
(1) Fondements du calcul scientifique, interpolation polynomial et intégration numérique →
Anne Sabourin
(2) Méthodes numériques pour équations différentielles → Olivier Fercoq
(3) Méthodes de Monte-Carlo → François Portier.
Evaluation Elle comprend une partie théorique (examens écrits) et une partie pratique
(mini-projets). Pour des raisons administratives, deux notes indépendantes doivent être at-
tribuées. Chaque note est calculée sur le barême suivants :
• MACS 205-a :
— Partie (1) : coeff 1
— Partie (2) : coeff 1/2
• MACS 205-b
— Partie (2) : coeff 1/2
— Partie (3) : coeff 1
3
Chapitre 1
F (x, d) = 0,
où F est une fonction à valeurs réelles qui représente le « modèle mathématique », x est l’in-
connue recherchée et d représente l’ensemble des données du problèmes.
On note x0 une solution en x de ce problème. On a recourt à des méthodes numériques lorsque
x0 n’a pas d’expression explicite.
Méthode générale :
On construit un algorithme produisant une suite de solutions approchées (xn )n>1 du problème
approché
Fn (x, dn ) = 0
dans l’espoir que la suite (xn ) tende vers une solution x0 du problème initial,
xn → x0 .
Pour l’instant on n’a pas précisé dans quel sens cette convergence doit avoir lieu. La notion
de convergence dépendra généralement du choix d’une norme dans l’espace des solutions.
4
Problème physique On peut représenter mathématiquement le problème physique sous la
forme
Fphys (x, dphys ) = 0
avec les paramètres suivants
dphys = (q : R+ → R+ , V > 0)
Z x
Fphys (x, V, q) = V − q(t)dt
0
Etape de modélisation : Modification des données du problèmes. On suppose la baignoire
est un parallélépipède rectangle (i.e., un pavé), de sorte que V ' l.L.h.
F (x, d) = 0, d = {l, L, h, q}
où F s’écrit Z x
F (x, l, L, h, q) = l.L.h − q(t)dt.
0
Du fait de l’étape de modélisation, on a x0 6= xphys .
Etape de discrétisation : Modification des données du problèmes
Z x [Link]
X 1 k
q(t)dt ' q( )
0 k=0
n n
Erreur de mesure, arrondi La mesure des données est soumise a des approximations, par
exemple pour calculer un débit on moyenne sur une petite durée d’écoulement. On note avec un
chapeau les variables mesurées et on obtient la solution xcn du problème approché
[Link]
b−
X 1 k
F
cn (x, d l.L.
cn ) = b bh qb( )
k=0
n n
5
• Erreur de troncature = xn − x0
• Erreur de modèle = x0 − xphys .
On appelle erreur de calcul la somme des erreurs d’arrondi et de troncature (i.e. xcn − x0 )
Comme xcn − xphys = (xcn − xn ) + (xn − x0 ) + (x0 − xphys ), on en déduit que l’erreur totale
est la somme des différentes autres erreurs de la définition précédente. En particulier,
xcn − xphys = xc − x + x0 − xphys
| n {z 0} | {z }
erreur de calcul erreur de modèle
La sensibilité d’une méthode numérique par rapport à δd est résumée par la notion de stabilité
et de conditionnement (voir le paragraphe 1.1.3). La sensibilité par rapport à dn −d est résumée
par la notion de consistance (voir le paragraphe 1.2).
1.1.3 Stabilité
Définition 1.1.3 (Stabilité). Un problème F (x, d) = 0 est stable si la résolvante G(d) est
localement lipschitzienne.
∀d, ∃η > 0, ∃K0 (d) tel que khk < η ⇒ kx(d + h) − x(d)k 6 K0 (d)khk (1.1)
où x(d) = G(d)
6
Proposition 1.1.4
La condition (1) de stabilité est équivalente à
x(d + h) − x(d)
lim supkhk< < +∞ (1.2)
→0 h
Définition 1.1.5 (Conditionnement). On définit le conditionnement d’un problème stable
comme la meilleure constante de Lipschitz locale.
x(d + h) − x(d)
Kabs = lim sup (1.3)
→0 khk< h
On définit également le conditionnement relatif
||d||
Krel = Kabs (1.4)
||x(d)||
Exemple 1.3:
Soit A ∈ Mn,m (R), y ∈ Rn et y ∈ Rm . On considère le problème
F (x, d) = Ax − y avec d = (A, y)
Le problème mathématique (PM) a une unique solution si A est inversible, alors x0 = A−1 (y) =
x(A, y). Avec la norme k k2
1
x(d) = A−1 = (ComA)T y
det A
q
kAk2 = Tr(AAT )
et donc G est continue en (A, y). On en déduit que le problème est bien posé.
Maintenant on suppose que A est fixé. La donnée est donc d = y. On a
||x(d + h) − x(d)|| ||A−1 (y + h) − A−1 (y)||
=
khk khk
−1
||A (h)||
=
khk
h
−1
= A
khk
d’où
Kabs = sup A−1 (u) = |||A−1 |||
||u||=1
Si A est symétrique, on note ses valeurs propres (λ1 , ..., λn ). Sans perte de généralité on peut les
ordonner en valeur absolue |λ1 | > ... > |λn |. On obtient alors
1
|||A−1 ||| =
|λn |
Mais également
||d|| ||y|| 1 ||Ax||
Krel = Kabs = Kabs −1 =
||x|| ||A (y)|| |λn | ||x||
1 |λ1 |
Krel 6 sup kAxk =
|λn | ||x||=1 |λn |
7
1.1.4 Calcul de conditionnement lorsque G est différentiable
Définition 1.1.6 (Différentielle). G est différentiable en y si il existe A linéaire tel que
Proposition 1.1.7
On a le conditionnement
Kabs = |||dG||| (1.5)
et
||d||
Krel = |||dG|||
||G(d)||
Démonstration. On calcule le conditionnement
||x(d + h) − x(d)|| ||x(d) + dG(h) + o(khk) − x(d)||
=
khk khk
||dG(h)||
= + o(1)
khk
d’où
||x(d + h) − x(d)||
lim sup = |||dG|||
khk→0 khk
et donc également
||d|| ||d||
Krel = Kabs = |||dG|||
||x|| ||G(d)||
∀d ∈ N, n→∞
lim xn (dn ) = x(d) (1.6)
dn →d
En pratique la convergence est difficile à vérifier directement ; Il est parfois plus facile de
vérifier les propriétés de consistance et de stabilités définie ci-dessous.
8
La stabilité d’une méthode numérique est définie comme celle d’un problème mathéma-
tique à la section 1.1.3. Attention cependant au fait que la condition suivante est uniforme
en n
Définition 1.2.3 (stabilité d’une méthode numérique). Une méthode numérique Fn (x, dn )
est stable si pour tout d il existe K0 (d) et δ tels que :
pour un certain n ∈ N, avec s ∈ {−1, 1} (le signe) et xk ∈ [0, . . . , β − 1]. On note [x]β =
xn xn−1 . . . x1 x0 · x−1 x−2 · · · la représentation en base β.
9
Principe des flottants : faire ’flotter’ la virgule et réserver une case pour l’exposant e.
x = (−1)s × 0. a1 a2 . . . at ×β e
| {z }
taille t
epsilon machine
= min{x > 0 : 1 + x ∈ F(β, t, L, U )}.
. . 0} ×β, le nombre suivant est 1 + = 0. 1| . {z
Puisque 1 = 0. |1 .{z . . 01} ×β.
taille t taille t
D’où = (1 + ) − 1 = 0.0 . . . 01 × β = β 1−t .
Sur les machines suivant la dernière norme ISO en vigueur, IEE559 (i.e., toutes les machines),
on est assuré que
x y − x·y
≤ ,
x·y 2
où = epsilon machine.
10
Chapitre 2
Interpolation Polynomiale
Enjeux de ce chapitre
• Représenter à faible coût des fonctions définies sur un intervalle borné.
• Avoir des garanties sur la qualité de la représentation en terme de norme de l’erreur
• mathématiquement : étudier la stabilité, la convergence des méthodes d’interpolation
• Objectif pour les étudiants : savoir implémenter une méthode d’interpolation et
savoir évaluer l’erreur commise.
11
Ln est un opérateur linéaire, i.e. Ln (f + g) = Ln f + Ln g
Proposition 2.1.4
De la propriété précédente il vient que Ln f ∈ Pn et
De plus, comme les polynômes (li ) forment une base de Pn , on en déduit que Ln f existe et
est l’unique polynôme de degré au plus n a satisfaire cette propriété.
Lemme 2.1.6
Si g : [a, b] → R est p fois dérivable sur [a, b] et si on dispose de x0 < ... < xn dans [a, b] tels
que ∀i ∈ [[0; n]]g(xi ) = 0, alors
Théorème 2.1.7
Si f est (n + 1) fois dérivable sur [a, b] alors
Or par définition de Ln+1 f , en X = xn+1 = x on a Ln+1 f (x) = f (x) et donc il vient que
12
On pose désormais g = f − Ln+1 f qui s’annule en x0 , ..., xn+1 . Comme de plus g est n + 1 fois
dérivable on peut appliquer le lemme 2.1.6, d’où l’existence de yxn+1 = yx tel que g n+1 (yx ) = 0.
Or,
g (n+1) (y) = f (n+1) (y) − (Ln f − Cωn+1 )(n+1) (y)
= f (n+1) (y) − C(n + 1)!.
Pour conclure, remarquons que
f (n+1) (yx )
g (n+1) (yx ) = 0 ⇒ C = .
(n + 1)!
Corollaire 2.1.8
On déduit du théorème précédent
1
kf − Ln f k[a,b],∞ 6 kωn+1 k[a,b],∞ f (n+1)
(n + 1)! [a,b],∞
Exemple 2.1:
On pose sur [−1, 1]
1
f (x) =
1 + 5x2
Et on considère les noeuds equi - répartis xi = a + i b−a
n La figure 1. représente f et son interpolée
de Lagrange.
2.1.4 Stabilité
En pratique on évalue les f (xi ) par des valeurs approchées fb(xi ). On cherche à contrôler
||Ln fb − Ln f || par rapport à ||δf || = ||f − fb||. Ici et dans la suite, on choisit comme norme
sur les fonctions bornées [a, b] → R :
13
Figure 2.1 – f et son interpolée pour n = 10
(rappel : |||Ln ||| est la « norme de opérateur » de Ln , en prenant la norme k · k∞,[a,b] sur les
fonctions continues sur [a, b]. Autrement dit |||Ln ||| = supkf k∞,[a,b] =1 kLn f k.
|||Ln ||| = Λn
14
Démonstration. On vient de montrer que |||Ln ||| 6 Λn , montrons que l’inégalité est atteinte
pour une certaine fonction g telle que kgk = 1.
Les li sont continues sur [a, b], donc ni=0 |li (.)| est également continue. On en déduit qu’il
P
15
2.2 Interpolation aux noeuds de Tchebychev
Dans cette section une alternative aux noeuds équidistants, pour laquelle les constantes
de contrôle de l’erreur Λn et kωkn sont meilleures. Plus précisément, on va choisir les noeuds
d’interpolation (sur l’intervalle [−1, 1] comme étant les racines du n + 1eme polynôme de
Tchebychev. Les propriétés de bases de ces polynômes sont rappelées ci-dessous.
Proposition 2.2.2
Les (tn ) sont des polynômes définis par la relation de récurrence
t0 (x) = 1
t1 (x) = x
t
n+1 (x) + tn−1 (x) = 2xtn (x), n > 1
Démonstration. Si le système précédent est vrai, la relation de récurrence montre que les (tn )
sont des polynômes. Montrons que le système est vrai :
On pose θ = arccos x pour x dans [−1, 1]. On a par trigonométrie
Corollaire 2.2.3
tn est de degré n et de coefficient dominant 2n−1 .
Proposition 2.2.4
tn a n racines distinctes dans [−1, 1]
(k + 21 )π
!
∀k ∈ [[0; n − 1]], xk = cos
n
Démonstration. Soit x dans [−1, 1]. On dispose d’un unique θ dans [0, π] tel que x = cos(θ).
tn (x) = 0 ⇔ cos(nθ) = 0
π
⇔ nθ ≡ [π]
2
π π
⇔θ≡
2n n
d’où le résultat.
16
Figure 2.2 – Noeuds d’évaluation de Tchebychev pour n = 8
Remarque 2.2.6. Étant donné que les (xi ) sont les racines de tn ,et que l’on connaît le
coefficient dominant de tn , on peut écrire
tn = 2n−1 ωn
xk = ϕ[a,b] (uk )
[a,b]
On note par la suite ωn,T le polynôme nodal de Tchebychev pour n points d’interpolation
sur [a, b]. Rappelons que la norme du polynôme nodal est cruciale pour contrôler l’erreur
d’interpolation (c.f. Corollaire 2.1.8). Contrairement au cas des noeuds équidistants, on peut
calculer de manière simple et explicite la valeur de kωkn aux noeuds de Tchebychev :
Proposition 2.2.7
La norme du polynôme nodal aux n noeuds de Tchebychev est donnée par
n
b−a
[a,b]
ωn,T =2
4
17
Démonstration. Soit u dans [−1, 1]
n−1
Y b−a
[a,b]
ωn,T ◦ ϕ[a,b] (u) = (u − uk )
k=0
2
n n−1
b−a
Y
= (u − uk )
2 k=0
b − a n [−1,1]
= ωn,T (u)
2
b−a n
=2 tn (u)
4
Corollaire 2.2.8
On déduit du théorème précédent et de la proposition 2.1.12 :
[a,b]
ωn,T n
e
[a,b]
∼ ( 1 lorsque n → ∞).
ωn,equi 4
18
Proposition 2.3.3
La famille B = {ω0 , ..., ωn } est une base de Pn .
But :exprimer Ln f dans cette base, autrement dit trouver des coefficients a0 , . . . , an tels
que Ln f = ni=0 ai ωi .
P
∆k = Lk f − Lk−1 f
∆k (X) = ak ωk (X).
Ainsi
∀k ∈ [[1; n]], Lk f = ak ωk + Lk−1 f,
Ainsi, il existe bien (a0 , . . . , an ) tels que
n
X k
X
Ln f = aj ωj , et ∀k ≤ n, Lk f = aj ωj (2.2)
j=0 j=0
a0 = f[x0 ] = f (x0 )
Proposition 2.3.6
On peut calculer les coefficients récursivement
f[x0 ,...,xk−1 ] − f[x1 ,...,xk ]
f[x0 ,...,xk ] =
x0 − xk
et plus généralement
f[xi ,...,xj−1 ] − f[xi+1 ,...,xj ]
∀i < j, f[xi ,...,xj ] = (2.3)
xi − xj
Démonstration. exercice de TD
Intérêt de cette proposition : suggère une méthode itérative pour calculer les f[x0 ,...,xk ] ,
à partir d’une table triangulaire.
19
2.3.3 Méthode de Horner pour l’évaluation
c.f. TD : La méthode de Horner permet d’évaluer Ln f (x) en O(n) opérations, étant don-
nées les différences divisées f[x0 ,...,xk ] , k = 0, . . . , n.
20
Chapitre 3
Pratique courante : changement de variable pour se ramener à une intégration sur [−1, 1] :
m = (a + b)/2, h = (b − a)/2, g(u) = f (m + hu), u ∈ [−1, 1].
Z 1
h
I(f ) = g(u) du
2 −1
2. Soit α0 = a < α1 < . . . αM = b une subdivision de [a, b]. Une MQ Composite (MQC)
est un opérateur de type
M
X −1 nm
X
f 7→ I(f
b )= (αm+1 − αm ) λm,i f (xm,i ), (3.2)
m=0 i=0
21
Lien avec l’interpolation de Lagrange, rang d’une MQ Les MQS que nous verrons
seront toujours de type
I(f
b ) = I(Ln f )
X n
Z bX
λ̃i = li (x) dx,
i a i=0
Le polynôme ni=0 li est de degré au plus n et vaut 1 en n + 1 points. C’est donc le polynôme
P
Définition 3.1.3 (Ordre d’une MQ). Une MQS ( resp. une MQC) est dite d’ordre N si elle
est
1. Exacte pour tout les polynômes de degré ≤ N , i.e., si I(p)
b = I(p) pour tout p ∈ PN .
( resp. pour toute fonction polynomiale par morceaux sur la subdivision (αm )m=0:M )), et
2. Inexacte pour au moins un polynôme p ∈ PN +1 ( resp. une fonction polynomiale par
morceaux de degré n + 1).
Remarque 3.1.4 (Rang et ordre). Attention à ne pas confondre le rang d’une méthode de
quadrature(= le degré n du polynôme de Lagrange sur lequel est basée l’approximation) et son
ordre (le plus grand entier N pour lequel la méthode est exacte pour les polynômes de degré
N . On verra plus loin que de manière générale N ≥ n mais l’inégalité peut être stricte.
22
Par linéarité de Iˆ et de I, et par changement de variable, on a le résultat suivant : notons
X0 = 1, X, X 2 , . . . , X N , . . . les polynômes de la base canonique de PN . Une MQS Ib est d’ordre
N sur [a, b] si et seulement si
b i ) = I(X i ) sur (−1, 1] pour i = 1, . . . , N et
1. I(X
b N +1 ) 6= I(X N +1 ) sur [−1, 1].
2. I(X
3.2 Exemples
3.2.1 Rectangles à gauche / à droite
1. Rectangles à Gauche :
• MQS : I(f
b ) = (b − a)f (a)
b ) = PM (αm+1 − αm )f (αm ).
• MQC : I(f m=0
2. Rectangles à droite : Idem en remplaçant f (a) par f (b) et f (αm ) par f (αm+1 ).
b ) = (b − a)f a+b
I(f ).
2
On montre comme au paragraphe précédent que la méthode est d’ordre 1.
23
3.2.4 Méthode de Cavalieri-Simpson
C’est le nom donné à la méthode de Newton-Cotes de rang 2 (N C2 ) : on intègre le
polynôme de Lagrange aux points x0 = a, x1 = (a + b)/2, x2 = b. On montre que les poids
de la méthode sont
1 2 1
λ0 = , λ 1 = , λ 2 = .
6 3 6
(exercice : vérifiez-le par intégration des polynômes de Lagrange li , i = 0, 1, 2).
Proposition 3.3.1
Pour tout n ∈ N, l’ordre N de la méthode N Cn est
• N = n si n est impair
• N = n + 1 si n est pair.
Ainsi
n
2
−1 Z Z
xn+1
X
I(f
b )=
i li + (−xi )n+1 li
i=0
=0
24
3.4 Stabilité
A cause des erreurs de mesure/ d’arrondi, on n’a jamais exactement accès aux valeurs
f (xi ) mais plutôt à des valeurs perturbées f˜(xi ) = f (xi ) + δf (xi ), où δf est la ’perturbation’
de la fonction f . Par linéarité de l’opérateur I,
b ceci induit une perturbation du résultat de la
méthode :
b f˜) − I(f
I( b f˜ − f ) = I(δf
b ) = I( b ).
On pose g = δf . On considère des fonctions (et des perturbations) bornées sur [a, b] et on
utilise la norme infinie sur [a, b], kf k = kf k∞,[a,b] . L’analyse de la stabilité (cf. Chapitre 1)
consiste alors à trouver une constante K (si elle existe) telle que pour toute fonction g bornée,
I(g)
b ≤ Kkgk.
Plus précisément on cherche à donner la ‘meilleure’ constante K telle que la condition ci-dessus
soit vérifiée, c’est-à-dire le conditionnement absolu Kabs = supkgk=1 |I(g)|
b
≤ kgk∞,[a,b] Λn (b − a),
Proposition 3.4.1
Le conditionnement absolu d’une MQS sur [a; b] basée sur l’interpolation aux noeuds (x0 , . . . , xn )
est
Kabs = Λn (b − a)
où Λn est la constante de Lebesgue pour les noeuds (x0 , . . . , xn ).
25
−1 b
on a IbM = M
P
i=0 I[α,m,αm+1 . On en déduit la majoration suivante, pour toute fonction g
bornée sur [a, b] :
M
X −1
|IbM (g)| = Ib[α,m,αm+1 ] (g)
i=0
M
X −1
≤ Ib[α,m,αm+1 ] (g)
i=0
M
X −1
≤ Λn (αm − αm+1 )kgk∞,[αm ,αm+1 ]
i=0
≤ λn kgk∞ (b − a).
Comme au paragraphe précédent, il est facile de construire une fonction g telle qu’il y ait
égalité. On obtient ainsi le même résultat que pour une MQS.
Proposition 3.4.2
Le conditionnement absolu d’une MQC sur [a; b] construite avec M sous-intervalles et une
méthode simple de rang n sur chaque sous-intervalle est le même que le conditionnement
d’une MQS de rang n, c’est-à-dire
Kabs = Λn (b − a)
Conclusion : il est beaucoup plus intéressant d’utiliser des MQC avec un grand nombre
M de sous-intervalles et un rang n modéré, plutôt qu’une méthode simple de rang O(nM ),
car la stabilité ne dépend que du rang de la méthode simple et est meilleure pour des rangs
faibles.
Soit Ib une méthode d’ordre N . On suppose que f ∈ C (N +1) [a, b]. La formule de Taylor avec
reste exacte donne, pour x ∈ [a, b],
f (N +1) (θx )
f (x) = pN (x) + (x − a)N +1 , (3.3)
(N + 1)!
| {z }
gN (x)
26
puisque Ib est exacte sur PN . On obtient la majoration suivante de l’erreur
(a,b)
EIN (f ) = I(gN ) − I(g
b N ) ≤ |I(gN )| + IbN (gN ) (3.4)
D’après (3.3),
D’autre part
n
X
b N ) = (b − a)
I(g gN (xi )λi
0
≤ (b − a)kgN k
kf (N +1) k(b − a)N +1
≤ (b − a)
(N + 1)!
kf (N +1) k
≤ (b − a)N +2
(N + 1)!
3.5.2 Erreur d’une MQC d’ordre N sur des intervalles de même longueur
(a,b)
Soit EIN,M (f ) l’erreur d’une méthode composite sur M sous-intervalles [αm , αm+1 ] sur
lesquels on applique une méthode d’ordre N , Ib[αm ,αm+1 ] . On considère des αi équidistants
αm = a + m b−a b−a
M et on note h = M .
N.B. On ne suppose pas que la MQS utilisée sur chaque sous-intervalle utilise des noeuds
équirépartis.
L’erreur s’écrit alors
M −1 Z b
(a,b) X
EIN,M (f ) = Ib[αm ,αm+1 ] − f
m=0 a
M
X −1 Z αm+1
= Ib[αm ,αm+1 ] − f
m=0 αm
M
X −1
= EIn(αm ,αm+1 (f )
m=0
27
D’où
M −1
(a,b) X
EIN,M (f ) ≤ EIn(αm ,αm+1 (f )
m=0
M
X −1
≤ CN kf (N +1) k∞,[αm ,αm+1 ] (αm+1 − αm )N +2
m=0
b − a N +2
≤ CN kf (N +1) k∞,[a,b] M
|M
{z }
h
=≤ CN kf (N +1)
k∞,[a,b] (b − a) hN +1 (3.6)
h iN +1
On gagne donc un facteur h/(b − a) = M −(N +1) par rapport à la borne d’erreur (3.5)
pour une MQS. En utilisant une MQS d’ordre N modéré (donc de faible rang et ainsi avec
une bonne stabilité), il est toujours possible d’augmenter M (diminuer h), et d’avoir un bon
contrôle de l’erreur.
28
En supposant que f (n+1) (θN,2M ) ≈ f (n+1) (θN,M ). En notant IM (resp. I2M ) la MQC avec
M (resp. 2M ) sous-intervalles, la dernière expression donne une relation simple entre I, IM
et I2M . Une inversion simple permet d’exprimer l’erreur I2M − I en fonction de la différence
I2M − IM .
Exemple : Analyse a posteriori pour la méthode de Cavalieri Simpson (N C2 , ordre N = 3) :
c.f. TP.
Un estimateur ‘naïf’ est Abnaif (0) = A(δ n t). Un développement de Taylor d’ordre 1 donne
A(0) = A(δ n t) + O(δ n t). L’erreur est en O(δ n t).
29
Interprétation de la méthode comme une ‘élimination’ des termes dans le déve-
loppement de A en 0
Supposons que A admette un développement limité en 0,
A(t) = a0 + a1 t + a2 t2 + . . . + O(tk+1 ).
avec a0 = A(0) et k ≥ n.
Puisque l’estimateur de Richardson s’écrit comme une combinaison linéaire des A(δ i t), on
a aussi un développement, à n fixé, de type
(n) (n) (n)
An (t) = b0 + b1 t + b2 t2 + . . . + O(tk+1 )
Par unicité on a
(n) (n) (n)
b0 = a0 = A(0) et b1 = b2 = · · · = bn(n) = 0.
Il est donc préférable d’utiliser An (t) plutôt que A(t) (où même A(δ n t)) pour approcher a0 ,
puisque le premier terme non nul dans le développement de An (t) − A(0) est d’ordre tn+1
(plutôt que t).
Z b k
X
A(t) = f+ ai ti + O(tk+1 ).
a i=1
| {z }
A(0)
30
Appliquer la méthode de Richardson à A(t) plutôt qu’à I(h) permet donc d’éliminer les
n premiers termes non nuls du développement, alors qu’on éliminerait seulement les n/2
premiers en appliquant Richardson à la fonction I(h). b
Concernant le choix de δ : en prenant δ = 1/4, on a δ i t = (h/2i )2 et on doit évaluer
successivement I(h),
b I(h/2),
b . . . , I(h/2
b i ), . . .. Or, il est peu coûteux d’évaluer I(h/2)
b lorsque
l’on connaît la valeur de I(h)
b (voir TP 2-3).
31
Chapitre 4
Équations différentielles
y(t0 ) = y0
y 0 (t) = f (t, y(t)), ∀t ∈ I.
32
4.1.3 Théorèmes d’existence et unicité des solution
Régularité des solutions. ∀y solution, si f est de classe C k , alors y est de classe C k+1 .
En particulier, y est dérivable.
Lemme 4.1.1
La fonction y : I → Rm est solution du problème de Cauchy si et seulement si
Z t
∀t ∈ I, y(t) = y0 + f (u, y(u))du (équation intégrale)
t0
Outil de preuve. Soit C(I, Rm ) l’ensemble des fonctions continues de l’intervalle I (qui
contient t0 ) vers l’ensemble Rm . Soit φ la fonction de C(I, Rm ) → C(I, Rm ) définie par
Z x
m
∀z ∈ C(I, R ) : ∀x ∈ I, φ[z](x) = y0 + f (τ, z(τ ))dτ (4.1)
t0
Lemme 4.1.2
Soit r > 0 et soit φ définie dans (4.1). Il existe T > 0 tel que
si kz − y0 kT = supt∈[t0 −T,t0 +T ] kz(t) − y0 k ≤ r, alors kφ[z] − y0 kT = supt∈[t0 −T,t0 +T ] kφ[z](t) −
y0 k ≤ r.
Démonstration.
Z t Z t
kφ[z](t) − y0 k = k f (τ, z(τ ))dτ k ≤ | kf (τ, z(τ ))kdτ |
t0 t0
33
kφ[z1 ] − φ[z2 ]k = sup kφ[z1 ](t) − φ[z2 ](t)k (déf. kφ[z]k)
t∈[t0 −T ;t0 +T ]
Z t Z t
= sup ky0 + f (τ, z1 (τ ))dτ − y0 − f (τ, z2 (τ ))dτ k (déf. φ)
t∈[t0 −T ;t0 +T ] t0 t0
Z t Z Z
≤ sup | kf (τ, z1 (τ )) − f (τ, z2 (τ ))kdτ | (k fk ≤ kf k)
t∈[t0 −T ;t0 +T ] t0
Z t
≤ sup | kkz1 (τ ) − z2 (τ )kdτ | (f est k-lipschitzienne)
t∈[t0 −T ;t0 +T ] t0
Z t
≤ sup | kkz1 − z2 kdτ |
t∈[t0 −T ;t0 +T ] t0
Si T < k1 , on peut s’arrêter là. En fait, on peut raffiner un peu le résultat. En effet, par un
calcul très similaire, on trouve pour φ2 = φ ◦ φ :
Z t
kφ2 [z1 ] − φ2 [z2 ]k ≤ sup | kkφ[z1 ](τ ) − φ[z2 ](τ )kdτ |
t∈[t0 −T ;t0 +T ] t0
Z t
≤ sup | k sup kφ[z1 ] − φ[z2 ]kdτ |
t∈[t0 −T ;t0 +T ] t0 t∈[t0 ;τ ]
Z t
≤ sup | k × |τ − t0 |kkz1 − z2 kdτ |
t∈[t0 −T ;t0 +T ] t0
(t − t0 )2 2 T 2 k2
= sup k kz1 − z2 k = kz1 − z2 k
t∈[t0 −T ;t0 +T ] 2 2
p p p p
Par récurrence, on prouve que ∀p ∈ N, kφp [z1 ]−φp [z2 ]k ≤ T p!k kz1 −z2 k. Or limp→+∞ T p!k = 0,
donc ∃p, ∃α < 1 tels que ∀(z1 , z2 ) ∈ F × F, kφp [z1 ] − φp [z2 ]k ≤ αkz1 − z2 k. Par le théorème
du point fixe de Picard, φ a un point fixe, il est unique et la suite (φn [z])n∈N converge vers ce
point fixe. Notons ce point fixe y. D’après le lemme 4.1.1, y = φ(y) signifie que y est solution
du problème de Cauchy.
D’après le théorème d’unicité locale, il existe T̃ tel que le problème de Cauchy avec conditions
initiales (t̃0 , y1 (t̃0 )) a une unique solution sur [t̃0 − T̃ ; t̃0 + T̃ ]. Ainsi y1 (t) = y2 (t) sur [t̃0 −
T̃ ; t̃0 + T̃ ]. Cela contredit la définition de t̃0 donc y1 et y2 coïncident sur I tout entier.
34
4.2 Équations différentielles linéaires
Définition 4.2.1. Une équation différentielle y 0 (t) = f (t, y(t)) est linéaire si f est affine en
y, c’est-à-dire si il existe pour chaque t ∈ R une matrice carrée A(t) ∈ Mm (C) et un vecteur
b(t) ∈ C tels que f (t, y) = A(t)y + b(t).
f est continue dès que A et b sont des fonctions continues.
Pour tout t ∈ R, f est lipschitzienne en y de rapport k(t) = kA(t)k (norme d’opérateur).
Conséquence : Le théorème de Cauchy-Lipschitz s’applique et donc le problème de Cauchy
a une unique solution.
(λx + µy)0 (t) = λx0 (t) + µy 0 (t) = λA(t)x(t) + µA(t)y(t) = A(t)(λx(t) + µy(t))
Proposition 4.2.3
Soit S l’ensemble des solutions sur R de l’équation différentielle linéaire (E) : y 0 (t) = A(t)y(t)+
b(t) et soit y(1) une solution quelconque de (E).
Alors S = {y ∈ C(R, Cm ) : ∃z ∈ S0 , y = y(1) + z} = y(1) + S0 (espace affine).
Démonstration. Soit y ∈ S et soit z = y − y(1) . On a que z 0 (t) = y 0 (t) − y(1)
0 (t) = A(t)z(t)
y 0 (t) = y(1)
0
(t) + z 0 (t) = A(t)y(1) (t) + b(t) + A(t)z(t) = A(t)y(t) + b(t)
et donc y(1) + S0 ⊂ S.
35
Théorème 4.2.5
La solution y du problème de Cauchy y 0 = Ay, y(t0 ) = y0 ∈ Cm est donnée par y(t) =
exp((t − t0 )A) × y0 , ∀t ∈ R.
+∞
X 1 n n
exp(tA) = t A
n=0
n!
+∞ +∞
d X 1 X 1
(exp tA) = ntn−1 An = tp Ap+1 = Aexp(tA)
dt n=0
n! p=0
p!
Par conséquent, y 0 (t) = A exp((t − t0 )A) × y0 = Ay(t) (OK pour l’équation différentielle).
D’après le théorème de Cauchy Lipschitz, on a trouvé l’unique solution.
Pour que yp0 (t) = Ayp (t) + b(t), il suffit de choisir v telle que pour tout t, exp(tA)v 0 (t) = b(t).
On prend donc, pour un certain t0 ∈ R, v(t) = tt0 exp(−uA)b(u)du et on obtient
R
Z t
yp (t) = exp((t − u)A)b(u)du.
t0
36
4.3 Méthodes numériques à un pas
4.3.1 Introduction
On veut résoudre le problème de Cauchy
(
y 0 (t) = f (t, y(t)), ∀t ∈ I
y(t0 ) = y0
Mais très souvent, on n’arrive pas à calculer la solution exacte. De la même manière que pour
les intégrales, on va chercher des solutions approchées.
yn+1 − yn
y 0 (tn )
hn
yn+1 = yn + hn f (tn , yn ).
37
4.3.2 Consistance, stabilité, convergence
Définition 4.3.1 (Erreur de consistance locale). Soit z la solution du problème de Cauchy
avec condition initiale z(tn ) = yn
(
z 0 (t) = f (t, z(t))
z(tn ) = yn
L’erreur de consistance locale est définie par en = z(tn+1 ) − yn+1 = z(tn+1 ) − yn −
φ(tn , yn , hn ).
Si f est C 1 ,
(tn+1 − tn )2 00
z(tn+1 ) = z(tn ) + (tn+1 − tn )z 0 (tn ) + z (tn ) + o((tn+1 − tn )2 ).
2
∂f ∂f déf
z 00 (tn ) = (tn , z(tn )) + (tn , z(tn )) ×z 0 (tn ) = f [1] (tn , yn )
∂t ∂z
| {z }
Jacobienne
Ainsi,
h2n [1]
ken k = kz(tn+1 ) − yn+1 k = kyn + hn f (tn , yn ) + f (tn , yn ) + o(h2n ) − yn − hn f (tn , yn )k
2
h2n [1]
= kf (tn , yn )k + o(h2n ).
2
Proposition 4.3.2
L’erreur de consistance locale vérifie ken k ≤ Chp+1 n avec C > 0 indépendant de hn si et
seulement si :
• f est de classe C p
∂lφ 1 [l]
• ∀l, 0 ≤ l ≤ p − 1, l (t, y, 0) = f (t, y)
∂h l+1
dl
où f [l] (t, y) =
f (τ, z(τ )) z(t) = y
(t)
dτ l 0
z (τ ) = f (τ, z(τ ))
Démonstration.
yn+1 = yn + hn φ(tn , yn , hn )
h ∂φ hp−1
n ∂ p−1 φ hpn ∂ p φ i
= yn + hn φ(tn , yn , 0) + hn (tn , yn , 0) + . . . + p−1
(t ,
n n y , 0) + p
(tn , yn , 0) + o(hpn )
∂h (p − 1)! ∂h p! ∂h
h 2 p+1
hn
z(tn+1 ) = z(tn ) + hn f (tn , z(tn )) + n f [1] (tn , z(tn )) + . . . + f [p] (tn , z(tn )) + o(hp+1
n )
2 (p + 1)!
p " l l #
X hn ∂ φ hln
ken k = kyn+1 − z(tn+1 k = khn (tn , yn , 0) − f [l] (tn , z(tn )) + o(hp+1
n )k
l=0
l! ∂hl (l + 1)!
1 ∂pφ 1
= hp+1
n k p
(tn , yn , 0) − f [p] (tn , z(tn ))k + o(hp+1
n )
p! ∂h (p + 1)!
38
Définition 4.3.3 (Consistance). La méthode φ est consistante si pour toute solution exacte
z, la somme des erreurs de consistance relatives à z tend vers 0 quand hmax = maxn hn tend
vers 0.
Soit en = z(tn+1 ) − z(tn ) − hn φ(tn , z(tn ), hn ). La définition signifie que
N
X −1
lim ken k = 0.
hmax →0
n=0
39
PN −1
Comme la méthode est consistante, limhmax →0 n=0 ken k = 0. On obtient que
Théorème 4.3.7
Supposons que f : R×Rm → Rm est continue. La méthode à 1 pas définie par φ est consistante
si et seulement si
∀t ∈ [t0 , t0 + T ], ∀y ∈ Rm , φ(t, y, 0) = f (t, y).
PN
ke k = N A + N
P P
B
PN n
n=0 PN n
n=0 PN n R tn+1
n=0
kf (t, z(t))−φ(t, z(t), 0)kdt = tT0 kf (t, z(t))−φ(t, z(t), 0)kdt
R
An : n=0 An = n=0 tn
Pn=0
N
n=0 Bn : φ est continue donc ((t, h) 7→ φ(t, z(t), h)) l’est aussi.
Pour tout δ, [t0 , t0 + T ] × [0, δ] est compact donc ((t, h) 7→ φ(t, z(t), h)) est uniformément
continue sur cet ensemble. Cela veut dire que ∀ > 0, ∃η > 0 (η ≤ δ) tel que ∀hmax ≤ η, on a
0) − φ(tn , z(tn ), hn )k ≤ . Ainsi, N
PN
∀n, ∀t ∈ [t0 , t0 + T ], kφ(t, z(t), n=0 Bn ≤
P
PN RT n=0 hn = T .
Au final, n=0 ken k = t0 kf (t, z(t)) − φ(t, z(t), 0)kdt + T .
Si ∃J ⊂ [0; T ] tel que f (t, z(t)) 6= φ(t, z(t), 0) sur J, alors N n=0 ken k 6→ 0.
P
PN
Si ∀t, f (t, z(t)) = φ(t, z(t), 0), alors n=0 ken k → 0.
40
4.3.4 Condition suffisante de stabilité
Théorème 4.3.8
Si φ est lipschitzienne en y de constante Λ, alors la méthode est stable avec constante de
stabilité eΛT .
Dit autrement, si ∀t ∈ [t0 , t0 + T ], ∀y1 , y2 ∈ Rm , ∀h ≥ 0, on a kφ(t, y1 , h) − φ(t, y2 , h)k ≤
Λky1 − y2 k, alors pour yn+1 = yn + hn φ(tn , yn , hn ) et ỹn+1 = ỹn + hn φ(tn , ỹn , hn ) + n , on a
N
X
ΛT
max kỹn − yn k ≤ e kỹ0 − y0 k + ken k .
0≤n≤N
n=0
i=1
n−1
θn+1 ≤ (1 + Λhn )θn + n ≤ (1 + Λhn ) eΛ(tn −t0 ) θ0 + eΛ(tn −ti ) i + n
X
i=1
i=1 i=1
yn+1 = yn + hn φ(tn , yn , hn )
ỹn+1 = ỹn + hn φ(tn , ỹn , hn ) + n
Par différence, on obtient kyn+1 − ỹn+1 k ≤ kyn − ỹn k + hn Λkyn − ỹn k + kn k.
On peut utiliser le lemme de Gronwall avec θn = kyn − ỹn k, hn = hn et n = kn k.
Pn−1 Λ(tn −ti )
Cela donne ∀n, kyn − ỹn k ≤ eΛ(tn −t0 ) ky0 − ỹ0 k + i=0 e ki k
Pn
et donc ∀n, kyn − ỹn k ≤ eΛT ky0 − ỹ0 k + i=0 kn k , vu que eΛ(tn −ti ) ≤ eΛT .
41
• Si la méthode est stable de constante de stabilité S,
N
X
max kyn − z(tn )k ≤ S ky0 − z(t0 )k + ken k .
0≤n≤N
n=0
PN PN p+1 PN
En combinant les deux, on obtient n=0 ken k ≤ ≤ Chpmax
n=0 Chn n=0 hn = CT hpmax
et
max kyn − z(tn )k ≤ Sky0 − z(t0 )k + SCT hpmax .
0≤n≤N
Si φ est lipschitzienne en y de constante Λ,
max kyn − z(tn )k ≤ eΛT ky0 − z(t0 )k + CT eΛT hpmax .
0≤n≤N
42
L’algorithme est bien défini de manière explicite car la somme qui définit yn,i n’utilise que
les yn,j pour j < i. On peut le représenter par le tableau
c1 0 0 ... 0 0
c2 a2,1 0 ... 0 0
.. .. .. .. ..
. . . . .
.. .. .. .. ..
. . . . .
cq aq,1 aq,2 ... aq,q−1 0
b1 b2 ... bq−1 bq
Chaque ligne correspond à une méthode d’intégration approchée.
Pq
Il y a des contraintes sur les coefficients : ci = i−1
P
j=1 ai,j , 1 = j=1 bj , c1 = 0, tn,1 = tn ,
yn,1 = yn , pn,1 = f (tn , yn ).
4.4.2 Exemples
q=1
0 0
Le seul choix possible est .
1
c1 = 0, a1,1 = 0, b1 = 1.
L’algorithme est donné par pn,1 = f (tn , yn ), tn+1 = tn + hn , yn+1 = yn + hn pn . Il s’agit
de la méthode d’Euler.
q=2
0 0 0
Pour α ∈]0; 1], et β ∈ R, on a la méthode définie par le tableau : α α 0
1−β β
Exercice : Pour quelles valeurs de α et β la méthode est-elle d’ordre 2 ?
• Pour α = 12 et β = 1, on a la méthode du point milieu :
pn,1 = f (tn , yn )
tn,2 = tn + 12 hn
yn,2 = yn + 12 hn pn,1
ie : yn+1 = yn + hn f (tn + 21 hn , yn + 12 hn f (tn , yn )
pn,2 = f (tn,2 , yn,2 )
tn+1 = tn + hn
yn+1 = yn + hn pn,2
• Pour α = 1 et β = 12 , on a la méthode de Heun :
pn,1 = f (tn , yn )
tn,2 = tn + hn
yn,2 = yn + hn pn,1
pn,2 = f (tn,2 , yn,2 )
tn+1 = tn + hn
yn+1 = yn + 12 hn pn,1 + 12 hn pn,1
La méthode de Heun peut aussi s’écrire
yn+1 = yn + hn 21 f (tn , yn ) + 12 f (tn+1 , yn + hn f (tn , yn ) .
Cependant cette formule fait intervenir 3 évaluations de f alors que le fait de stocker
f (tn , yn ) dans pn,1 permet de n’en faire que 2.
43
RK4 (Runge-Kutta classique avec q = 4)
L’algorithme s’écrit
pn,1 = f (tn , yn )
tn,2 = tn + 12 hn
yn,2 = yn + 12 hn pn,1
pn,2 = f (tn,2 , yn,2 )
0 0 0 0 0
tn,3 = tn,2 1 1
2 2 0 0 0 → rectangles à gauche
yn,3 = yn + 21 hn pn,2 1
2 0 1
2 0 0 → rectangles à droite
pn,3 = f (tn,3 , yn,3 ) 1 0 0 1 0 → point milieu
1 2 2 1
6 6 6 6 → Simpson
tn,4 = tn + hn
yn,4 = yn + hn pn,3
pn,4 = f (tn,4 , yn,4 )
tn+1 = tn + hn
1
+ 26 pn,2 + 62 pn,3 + 16 pn,4
yn+1 = yn + hn 6 pn,1
Pour l’étude de la stabilité, on définit pour tout i la fonction ȳi telle que
ȳi (t, y, h) = y + h i−1
P
j=1 ai,j f (t + cj h, ȳj (t, y, h)).
Lemme 4.4.1
Pi
Rm ,-
Si f est k-lipschitzienne en y alors avec α = max1≤i≤q j=1 |ai,j | , on a ∀y, z ∈
∀i ∈ {1, . . . , q}, kȳi (t, y, h) − ȳi (t, z, h)k ≤ 1 + (αkh) + (αkh)2 + . . . (αkh)i−1 ky − zk
Démonstration. On fait une récurrence sur i. Pour i = 1, on a ȳ1 (t, y, h) = y et ȳ1 (t, z, h) = z
donc c’est bon.
Supposons l’inégalité vraie pour tout j < i.
i−1
X i−1
X
kȳi (t, y, h) − ȳi (t, z, h)k ≤ y + h ai,j f (t + cj h, ȳj (t, y, h)) − z − h ai,j f (t + cj h, ȳj (t, z, h))
j=1 j=1
i−1
X
≤ ky − zk + h |ai,j | kf (t + cj h, ȳj (t, y, h)) − f (t + cj h, ȳj (t, z, h))k
j=1
i−1
X
≤ ky − zk + h |ai,j |kkȳj (t, y, h) − ȳj (t, z, h)k
j=1
44
On utilise l’hypothèse de récurrence pour obtenir
i−1
X
|ai,j |k 1 + (αkh) + (αkh)2 + . . . (αkh)j−1 ky − zk
kȳi (t, y, h) − ȳi (t, z, h)k ≤ ky − zk + h
j=1
i−1
X
|ai,j |k 1 + (αkh) + (αkh)2 + . . . (αkh)i−2 ky − zk
≤ ky − zk + h
j=1
Théorème 4.4.2
Les méthodes de Runge Kutta sont stables, avec constante de stabilité S = eΛT où
Λ = k qj=1 |bj |(1 + (αkhmax ) + . . . + (αkhmax )j−1 ).
P
1
Remarquons que si hmax est petit devant αk , alors S est de l’ordre de ekT , ce qui est
comparable à la méthode d’Euler.
∂lφ 1 [l]
l
(t, y, 0) = f (t, y)
∂h l+1
∂0φ
= φ(t, y, 0) = f (t, y) car ȳi (t, y, 0) = y et qj=1 bj = 1. Ainsi les méthode de
P
1. ∂h0
(t, y, 0)
Runge-Kutta sont toujours d’ordre 1 et donc consistantes.
∂1φ
Pq ∂f ∂f ∂ ȳj
2. ∂h1
(t, y, h) = j=1 bj ∂t (t + cj h, ȳj (t, y, h)) × cj + ∂y (t + cj h, ȳj (t, y, h)) × ∂h (t, y, h)
∂ ȳi P P ∂f ∂f ∂ ȳj
∂h (t, y, h) = j<i ai,j f (t + cj h, ȳj (t, y, h)) + h j<i ai,j ∂t (−)cj + ∂y (−) ∂h (−)
45
3. Il faut dériver encore une fois.
q
∂2φ X ∂f 2 ∂2f ∂ ȳj
(t, y, h) = bj (t + cj h, ȳ j (t, y, h))cj + 2cj (t + cj h, ȳj (t, y, h)) (t, y, h)
∂h2 j=1
∂t2 ∂t∂y ∂y
!
∂f ∂ 2 ȳj D ∂2f ∂ ȳj ∂ ȳj E
+ (t + cj h, ȳj (t, y, h)) 2 (t, y, h) + (t + cj h, ȳ j (t, y, h)) (t, y, h), (t, y, h)
∂y ∂h ∂y 2 ∂h ∂h
q
∂2φ X ∂f 2
2
2 ∂ f
(t, y, 0) = bj (t, y)cj + 2cj (t, y)f (t, y)
∂h2 j=1
∂t2 ∂t∂y
!
∂f X D ∂2f E
+ (t, y)2 aj,l f [1] (t, y) + (t, y)cj f (t, y), cj f (t, y)
∂y l<j
∂y 2
q
X ∂f ∂2f D ∂2f E
= bj c2j (t, y) + 2 (t, y)f (t, y) + (t, y)f (t, y), f (t, y)
j=1
∂t2 ∂t∂y ∂y 2
q X
q
X ∂f
+2 bj aj,l cl (t, y)f [1] (t, y)
j=1 l=1
∂y
q q q q
X 1 X 2 1 X 1 X 3 1
ordre 4 ⇔ bj cj = ; bj cj = ; bi ai,j cj = ; bj c = ;
j=1
2 j=1 3 i,j=1 6 j=1 j 4
q q q
X 1 X 1 X 1
bi ai,j c2j = ; bi ci ai,j cj = et bi ai,j aj,k ck =
i,j=1
12 i,j=1 8 i,j,k=1
12
46
P
1. On a bien j bj =1
1 2 1 2 1 1 1
×0+ × × ×1=
P
2. j bj cj = 6 6 2 + 6 2 + 6 2
2 1 2 1 2 1 1 1
× 02 + × × ×1=
P
3. j bj cj = 6 6 4 + 6 4 + 6 3
2 1 2 1 1 1 1 1
× ×0+ × × ×1×
P
i,j bi ai,j cj = b2 a2,1 c1 + b3 a3,2 c2 + b4 a4,3 c3 = 6 2 6 2 2 + 6 2 = 6
P 3
4. j bj cj = . . . vérification par ordinateur.
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Bibliographie
Alfio Maria Quarteroni, Riccardo Sacco, and Fausto Saleri. Méthodes numériques : algo-
rithmes, analyse et applications. Springer Science & Business Media, 2008.
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